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JULES FERRY LES COMPTES FANTASTIQUES B'HAUSSMANN suivide

LES FINANCES DE VILLE

par

DE L'HOTEL J.-E. HORN

JULES FERRY

J U L E S FERRY

Lors de la

publication

», Ferry,

de l'Empire.

de

la

Seine,

1832-1893.

L'année

en 1868 des « Comptes

avocat, s'oppose

fantastiques

gime

puté

politique qui ne s'achèvera

au

ré-

suivante,

élu dé-

carrière

il entame

qu'à

une

sa mort.

Ministre

nise l'Université

tuant

de l'Instruction

puis

publique,

voter

il réorga- la loi insti-

de

fait

la gratuité,

l'obligation

et la laïcité

l'enseignement

primaire.

Successivement

ministre

des Affaires

étran-

gères,

président

du

Conseil,

sénateur

des

Vosges, sa carrière s'achève

comme président

du Sénat.

Ses discours, publiés un vif succès.

après sa mort,

connurent

H Après l'invasion

Gravure dédiée

à l'auteur

des

comptes fantastiques

d'Haussmann

Musée Carnavalet

COMPTESFANTASTIQUES

D'HAUSS

MANN

COMPTES FANTASTIQUES

D'HAUSSMANN

LETTRE

ADRESSÉE A MM. LES MEMBRES DE LA COMMISSION DU CORPS LÉGISLATIF CfiARGES D'EXAMINER LE NOUVEAU PROJET D EMPRUNT

DE LA VILLE DE PARIS

Par JULES

FERRY

etu/euû

qA Meffieurs

du

Corps

les Membres

de

législatif

chargés

la

Commiffion

d'examiner

nouvel Emprunt

de la

Ville de Paris.

le

MESSIEURS,

Pour un citoyen

ser à vous.

affaires, les Parisiens

ou de la Lozère

cela que la majorité,

de Paris,

c'est une liberté

grande tout ce qui touche

nous

convient.

de s'adres-

leurs propres

Il est entendu

savent

qu'en

sont incapables, seuls ce qui

et que les gens du Cantal

C'est pour

dont vous êtes la fleur,

ses mains

n'a pas daigné

d'une

et notre

mais

ou-

Com-

avenir.

vrir

mission

Je ne le dis pas,

de

à un seul des élus

qui tient

entre

cela qu'il s'agit.

de la ville de Paris l'accès

notre

présent

pour vous surfaire,

Messieurs,

c'est bien

Vous pouvez,

si vous le voulez,

nous sauver

de la catastrophe, si vous ne voulez

L'instant

cette fois, se passer

doute

à laquelle

ou n'osez,

on nous conduit

nous

tête baissée;

seigneur,

mais

fossé.

irons droit jusqu'au

de la Seine

est critique,

de

c'est plus qu'un

et M. le préfet

ne saurait,

sans

une des

vous.

grand personnage,

C'est un puissant

c'est comme

6

institutions fondamentalesde ce temps. 11est entendu que les foliesde la Villefont partie de la raisond'Etat. Maiscommevous tenez, commeon dit, le bon bout, j'ai toujours cru que le pou- voir avait,dansle fond, autant peur de vous que vousavez peur de lui. Soyezhommes, et vousle verrezbien.

Vousne pourrez, dans tous les cas, prétexter d'ignorance. Tout vous avertit, et la vérité crievers vous par-dessus lestoits. Les humblesréflexions qui suivent, et qu'unjournal (l),peu lu de vous sans doute, malheureusement, a bien voulu accueillir, sont à la portée de tout le monde. C'est des écrits de M. le préfet de la Seine que j'ai tiré tout mon savoir. Je ne suis point sorcier,commevous voyez. Mais vous, devant qui tout voiledoit tomber,tout arcane s'ouvrir, que de choses vous allez apprendre, qu'un pauvrejournaliste ne peut voir. Il n'est vraiment pas de mission plus enviable que la vôtre, et c'est se faire honneur que de vous aider, si peu que ce soit, à la remplir.

(i) Le Tempsdu moisde décembre1867au moisde mai1868.

1

Position de la question

Avant d'entrer

en matière,

permettez-moi,

à cette

Messieurs,

entre

de

M. le

bien poser la question

préfet

triture

Parisiens ne disent

Paris, au moment

tructeur

accompli fait du nouveau

les parasites

Nous tenons compte

sable

mins

ment mauvais

qui s'agite,

heure,

de la Seine et la population

depuis

quinze

ans,

pas

qu'il

où M. le préfet disent

ils ne

pas non d'utile ou de nécessaire.

Paris

qu'il régente,

impose, endette,

sans mesure

et sans

contrôle.

Les

n'y eût rien

à faire

dans l'ancien

a commencé

son office

n'ait

des-

rien

qu'on

a

et que

plus que M. le préfet Nous reconnaissons

auberge

de la

la plus belle

terre

des deux mondes

ne trouvent

rien de comparable.

indispen-

de ce qu'exigeait

l'aménagement

d'une grande

ville, qui est la tête de ligne de tous les che-

de dire

que tout

soit absolu-

trouées

qui, dépeçant

de fer. Nous n'avons

garde dans ces innombrables

obliquement la nouvelle l'aspect

trouvons

mauvais

et dans tous les sens

déplaisant

pour notre

la vieille

capitale,

donnent

que

à

Nous le

le

d'un casse-tête

chinois.

laid,

compte,

mais nous convenons

complice

goût de M. le préfet

a ici pour

le mauvais

8

goût des architecteset d'une portion notable du public de ce temps-ci.

peine perdue de regretter l'an- penseur, dont nous recueillons

aujourd'hui les derniers soupirs; le Paris artiste et philosophe,

cien Paris, le Paris historique et

Noussentonsaussi que c'est

où tant de

gens modestes,àppliqués aux travaux d'esprit,pou-

vaientvivre avec 3,000livres de rente; où il existaitdes grou- pes, des voisinages, des quartiers, des traditions; l'expro- priation ne troublait pas à tout instant les relationsanciennes,

les plus chères habitudes;oùl'artisan,qu'unsystèmeimpitoyable chasse aujourd'hui du centre,habitaitcôte à côte avec le finan- cier où l'esprit était prisé plus haut que la richesse; où l'étran- ger, brutal et prodigue, ne donnait pas encore le ton aux théâtreset aux mœurs.Ce vieux Paris, le Paris de Voltaire,de Diderotet de Desmoulins, le Paris de 1830 et de 1848, nous le pleurons de toutesles larmesde nos yeux, en voyant la magni- fique et intolérable hôtellerie, la coûteusecohue,la triomphante vulgarité,le matérialisme épouvantableque nous léguons à nos neveux. Mais, encore, c'est peut-être la destinée qui s'accom- plit. Nos reproches contre l'administration préfectorale sont plus positifset plus précis. Nous l'accusonsd'avoir sacrifié

d'étrange façon à l'idée fixe et à

l'accusonsd'avoir immolél'avenir tout entier à ses caprices et à sa vaine gloire; nous l'accusonsd'avoir englouti, dans des œuvres d'une utilité douteuseou passagère, le patrimoine des générationsfutures nousl'accusonsde nous mener, au tri-

ple galop, sur la pente des catastrophes.

l'esprit de système; nous

Nosaffairessont conduites par un dissipateur, et nous plai- dons en interdiction.

Trois conseillers

11

Valtaire et M. Haussmann

d'Etat,

de la maison

de M. le préfet

ou à peu

prBs,bIllT. Genteur, Alfred Blancheet Jollibois,vousontfaitsavoir,

Messieurs,

ce que

prunté,

à la sourdine,

la Préfecture

attend

de vous.

La Ville a em-

elle

398 millions,

et répartir

qu'elle

ne peut

payer;

sur soixante

veut prendre

Voilà tout.

peut-être,

la Ville quelques

penser de répondre.

398 millions

on fait avec droit,

elle que ces 398 millions?

foncier est-il une liquidation

indispensable,

du temps

sa dette

ans.

Et l'on vous prie de voter

mais vous poserez,

questions

sans

sans phrases.

Vous voterez

de

pas se dis-

au préalable,

auxquelles

elle

se trouve-t-on

à l'administration

ne peut

Comment

avoir emprunté

que le Corps législatif

l'a-t-on

ou n'est-il,

y ait mis le nez? L'a-t-

La Ville ne doit-

avec le Crédit

le

fait avec prudence?

Le traité qu'elle

a passé

ou un expédient?

comme

le

disent

Est-il nécessaire,

les gens

de M.

préfet,

qu'un superflu

vraiment

au-dessus

au-dessous?

de précautions?

La ville de Paris

est-elle

de ses affaires,

ou serait-elle,

par

hasard,

Voilàce qui importe,et ce de quoi MM.les conseillersd'Etat à

la suitene paraissentguère se soucier.Leur exposé est un mo- dèlede discrétion cavalière, le chef-d'oeuvredu sans-façon.Vrai- ment, Messieursles députés, on vous traite en vrais Gérontes. Examinezde près ce bel exposé, et vousverrezde quoi il est fait

dix lignes extraitesd'un écrit de Voltaireet dix pages tirées du

derniermémoirede M.le préfet de la Seine.Cesdeuxchosesne sont point nouvelles.Il n'est qu'un conseillerd'Etat pour décou-

vrir, de cet air triomphant, un des pamphlets les plus connusdu

grand agitateur du dix-huitièmesiècle.Voicile

taire « Il seraitfacilede démontrer qu'onpeut, en moinsde

ans, faire de Paris la merveilledu monde. Une pareille en-

treprise ferait la gloire d'une nation et un honneurimmortel

passage de Vol-

dix

au

corps de Ville, encouragerait tous les arts, attirerait

les

étrangers du bout de l'Europe, enrichiraitl'Etat. Il en

résulterait le bien de tout le monde et plus d'une sorte de bien. On lit encoredans le mêmeécrit ces lignes, que la modestiedes amisde M. Haussmanna pu seule les empêcher

de transcrire «Fassele ciel qu'il se trouve quelque homme

assezzélé pour embrasserde tels projets, d'une âme assezferme pour les suivre, d'un esprit assezéclairépour les rédiger, et qu'il soitassezaccrédité pour les faire réussir.» On voit par que M. Haussmannétait clairementdésigné dans les pro-

phéties.

Certes, ce n'est pas nous qui reprocherons au conseild'Etat d'éleverVoltaireau rang de prophète. Le conseil pouvaitplus mal choisirses auteurs.Nousne chicaneronsmême pas sur le sensde la prophétie. Voltaire, comme tous les gens de bon sens, était modestedans son utopie; si bien que, dansce même article sur les embellissementsde Paris, en l'année 1749, l'audacieuxphilosophe ne demandait pas plus de « quatre ou cinq mille ouvriers,pendant dix ans, » pour faire le né-

il

cessaire,

avec cette

condition

« que tout

l'argent

soit fidèle-

ment économisé;

que

les projets

soient

reçus au concours

que

l'exécution

soit au rabais.

taire devient

un

faux

u Voyez comme,

tout de

suite,

Vol-

prophète.

Rabais, concours, économie,

ces mots

de

si chers

au précurseur

Les

M. le préfet,

plans se font et se

de

n'ont

pas

à la

en

sens dans

ses bureaux.

défont

l'affaire actuelle

vapeur, sans réflexion,

contient,

sions se distribuent

sans prévoyance

à chaque

parmi

le bilan

voir,

pas, des preuves

sous le manteau,

publique

les mythes

inimaginables.

par centaines

est relégué,

Les conces-

de millions

comme celui

le principe de l'adjudication

de concours,

nomie,

vous fera

demeure

d'un autre

âge. Quant

des choses.

à l'éco-

de la Ville, que nous dresserons

Messieurs,

que,

sur

ce point,

de la réalité

tout à l'heure, l'instinct

public

C'est

là

encore au-dessous

toute notre querelle

avec notre préfet.

Et l'on voit que Voltaire

est pour

nous,

dans cette affaires, et que

Paris,

qui y ait mis

nous

ne sommes

point

?

les ré-

tantôt

gâtez.

pu

se

Embellir

Etes-vous donc le premier

gimes

quatre-vingts

Vous n'embellissez

contre Voltaire.

mais

qui vous

la main?

l'autre,

pas,

l'avenir,

en empêche

Tous

depuis

vous

n'y ont-ils

pas travaillé

vous

l'un après

n'embellissez

ans? Mais

pas, vous démolissez,

vous compromettez

vous

vous endettez et ce sera une

aient

écrasez le présent,

des énigmes

de ce temps-ci

qae de

telles fantaisies

tolérer aussi longtemps.

D'un peu de Voltaire

conseillers

simplement

même

d'Etat

paraphrasé.

et de beaucoup leur

exposé.

d'Haussmann

M. Haussmann

près,

et

ont fait

copié, copié textuellement,

MM. Genteur,

ou à peu Alfred Blanche

MM. les

est tout

et pas

Jolli-

bois

idée de leur cru. Quel métier

conseillers

dictée

la

n'y ont

pas ajouté

un mot, un chiffre,

un argument,

avoir

écrivant

l'on

est-ce là? Nous croyions

que des scribes

d'Etat,

et nous n'avons

de la Préfecture.

C'est ainsi qu'aujourd'hui

une

des

sous

en-

12

tend le contrôle.Mieuxvalait donc renvoyer tout simplement le Corpslégislatifaux mémoiresdu préfet de la Seine.Nousallons nous y reporterensemble, si vous le voulez bien,puisqu'en toute choseil vaut mieux avoir affaireà Dieuqu'à ses saints, et aux premierssujetsqu'aux doublures.

La confession

m

de M. Haussmann.

Grands travaux

et grandes bévues

Pour juger

M. le préfet que d'étudier

vous

d'examen

qu'elle

d'opposition,

d'avertir

le plus

de

la Seine,

je

ne vous

demande,

Messieurs,

paru dans les derniers

quable,

pour le

étions trop certains

hommes

tâche

plus grand

commencé

Sa politique

déconvenue

dée au dedans

près

choyées,

sa diplomatie

nous,

son dernier mémoire.

jours de l'année

savez bien,

année

de conscience

arriverait,

dans

Ce document

remar-

Nous

a

1867, une année

comme

pays,

ingrate

et

de désenchantement

pour le pouvoir. cette année

si longtemps

Car

le

L'année

justicière,

à la

est le

a

1867

voués depuis

le

désert.

temps

sûr des liquidateurs.

de toutes

au dehors

les fautes

et de Sadowa;

la liquidation

s'est liquidée

du Mexique

du second Empire.

qui n'est

et immense

s'est liqui-

pas encore

qu'il

avait créées,

sort que

dans

le

par cette double

sa prospérité

par une crise douloureuse,

les

institutions

financières

avec le plus d'amour,

après avoir

de finir;

couvées

ont eu le même

de bruit

fait beaucoup

monde, essoufflées et boursouflées,

du Crédit mobilier ces désastres

rieurs. Tous

que

mécomptes,

vu l'administration

du voile,

dinaire

des aveux.

elles s'affaissent et tombent.

fait pendant

aux échecs exté-

et, tandis

à la franchise,

les

La catastrophe

le chef

poussent

de l'Etat exposait,

les inquiétudes

de la ville

de la Seine

avec une louable bonhomie,

noirs,

et les « points

n nous avons

un coin

extraor-

de Paris lever elle-même

nous apporta ce spectacle

entrant

et la fin de l'année

M. le préfet

à son tour dans la phase

De toutes ces confessions,

vous avez dû trouver,

Messieurs, que

la dernière

imperturbable,

hésite et s'ébranle;

peur, parle d'ajournement esprit si sûr de lui-même

dans sa confidence,

jusqu'ici qu'un bulletin

des déceptions,

l'orgueil préfectoral

était la plus extraordinaire.

la plus

grande

pour

pour

cette

Pour que cette confiance

des temps modernes,

?

lancée

à toute va-

(1); pour

que cet

de mettre

annuel,

le public

n'était

qui cette fois que

leçon

grande

peut-être

que et de temps d'arrêt

volonté,

éprouve

le besoin

que

que ce Mémoire

ce Mémoire

de victoire,

donc passé

pu recevoir

ne mentionne

et quelle

que s'est-il

.a-t-il

C'est le mémoire

publié

qui va répondre.

par le Moniteur

du il

décembre

1867

Passez, Messieurs,

celle

chiffres,

qui

sur la première établit le compte

partie,

final

de

la plus hérissée

de

1866, la situation

provisoire

vez au chapitre

que vous trouverez

M. le préfet,

mende honorable de ce grand administrateur.

du budget

intitulé

de 1867

ce que

et les prévisions

de 1868, et arri-

voirie.

» C'est

déplaise

l'a-

cette

« Opérations

nous

de grande

appelons,

n'en

même malgré lui, Pour choisir

et pour lui en faire honneur,

à

(1) Voir la note i, à l'Appendice

ci-après.

15

annéeet ce moment, M.le préfet a des raisons diverses celle qu'il donnenoussuffiraprovisoirement.L'année 1868 est une annéedécisivedans l'histoiredes travauxde la Ville.A la finde

1868 expire le traité de dix années passé avec l'Etat le 3 mai 1858.La Villedoit avoir terminé, à cette époque,l'ensembledes travaux pour lesquels le Trésor lui paye, depuis dix ans, une subvention.M.le préfet affirme que la Villeest en mesure.La Ville aura égalementterminé, au 1er janvier 1869, l'oeuvre

qu'elle a entreprisesans subventionde

forces.C'est doncle cas de regarder en arrière et de résumer à

l'Etat et

par

ses seules

grands traits les grandeschoses qui vont être accomplies.

M. le préfet divisecette histoire en trois

parties, ou en trois

germe,

réseaux. Le premier réseau peut s'appelerle percement cen-

tral il date de la République: il est devenule nœud, le

le point de départ des deux autres. Le centrede Paris était im-

pénétrable les Tuileries, le Louvre,les Halles, l'Hôtelde Ville formaient, avec les quartiersadjacents, un pâté énormede rues

étroites,courtes,sinueuses,qui

capitaleen deux.Avecl'aide de l'Etat,

loisde 1849, de 1851, de 1855, de 1857, un concours en argentou en exemptiond'impôts,la Villea percé ce massif, détruit cette

coupaient, en quelque sorte, la

qui lui apporta, par les

forteresseet ces obstacles,dégagé les abords des monuments

qui viennent d'être

nommés, et tracé ce qu'elle appelle « la

prolongeant la rue de Rivoli,en

grandecroisée de Paris, » en

établissantle boulevardde Sébastopolsur la rive droite, en ou- vrant le boulevardSaint-Michelsur la rive gauche. Ce premier

réseau, qui représente 9,467 mètres de parcours ajoutéesà la

lesquels

121 ont été fournis par les emprunts de 1852et de 1855. Cette

premièrepartie des travaux de la Ville, la plus sérieuse, à notre

sens, et la moins sujette à critique, est achevée,réglée depuis longtemps,et elle n'a donnélieu à aucunedifficulté.

voie publique, a coûté à la Ville 272 millions, sur

16

Le secondréseau n'est pas achevé,mais il toucheà sa fin.

C'estcelui que la Villedoit avoirterminéau 1Arjanvier1869.Il

comprend, en

mite de la façon la

du traité passé entre l'Etat et la Ville, le 3 mai 1858, ratifiéle

28 mai

l'Etat a dû fournir une subventionde 50 millions,en dixan-

nées, s'est proposépour

percé à jourpar les travauxdu premierréseau, aveclesextré-

mités

gent les pouvoirspublics, et la Ville entière avec les tètes de

cheminsde fer. Nommons,parmi les principales voies de cette série, les boulevardsdu Prince-Eugène et de Magenta, llales- herbeset Haussmann, Saint-Marcelet Arago l'achèvementdu boulevardSaint-Michelet la rue Médicis.Toutcela représenteun

parcours de voie publique de 26,994 mètres. Cela fut extrait,

effet, et par là mêmeil se détermineet se li-

plus précise les travaux qui font l'objet

Corps législatif. Cette participation, à laquelle

but de relier le centre de Paris,

le

par

les quartiers de la circonférenceavecles édificesoù sié-

lors de la loi de 1858, par le conseil

choisi,trié, nous dit-on,

d'Etat et le Corpslégislatif, sur un vasteplan d'ensembledressé

de longue date « par une main auguste. » Les pouvoirsélectifs, lescorps délibérantsont encore, dans une certainemesure,passé par là. Cesecondréseauaura coûté410 millions.

Autreest l'histoire, autre la constitutiondu troisièmeréseau. C'est exclusivementet proprement le réseau personnel de M. Haussmann.En fontpartie les boulevards Richard-Lenoir, des Amandiers;presque toute la rue Réaumur,, la plus grande partie de la rue Lafayette, le prolongement des rues Drouot, Le Peletier,Ollivier, Neuve-des-Mathurins; la continuationdu boulevardSaint-Germain, les 2eet 3esectionsde la rue de Ren- nes, le prolongement de la rue Madame, de la rue des Saints- Pères, de la rue Bonaparte, de la rue du Vieux-Colombier,etc. Démolitioncolossaleet redoublée,qui s'est abattue sur tous les quartiers de Paris, quireprésente un développement de 28,000

17

mètres,et que la ville a entreprise sansaucunesubvention.Mais

ce troisièmeréseau, troisfois plus considérable que le premier, et plus étenduencore que le second, n'était pas, suivantM.le

préfet, moinsnécessaire que

les grandesvoies, dontle traité de 1858n'avait ouvert que les amorces,niveler,raccorder,aligner,compléter le second réseau, et, pour quelquesgrandes voies nouvelles, céder au cri public. « Pour quelques-unes de ces voies, ce n'était pas une demande, une réclamation,c'était une sorte de cri public, s'élevant pour sommerla Villedeles exécuter.»M.le préfetestimeles dépenses de ce troisièmeréseauà 300 millions.Lestrois réseauxfont en-

semble 64,500mètres,plus de seizelieues anciennes et, à eux trois, ils représentent, au plus bas mot, 982 millions,près d'un milliard.Restentd'ailleursen dehorsde cette carte à payer et les dépenses nécessitées par l'annexionde l'ancienne banlieue, lesquelles sontchiffrées par M.le préfetà 300millionsen nombre

les deux autres. Il fallaitachever

rond, et les millions dépensés«par centaines

moire de M. le préfet qui le dit) dans l'ancien Paris, en bâti-

ments publics, en marchés, en églises, en égouts, en jar- dins, etc., etc.

le mé-

(c'est

C'estla premièrefois, croyons-nous,que ces gros chiffresse

sont étaléset groupéssous les

rions nousarrêterlà et redire après tant d'autres

de millionsaux mainsd'un seul Mais deux milliards, c'est le

budgetde la France, et M.le préfet, depuisquinzeans, n'a dé-

penséguère moinsde deux

qu'exerce,depuisquinzeans, une administrationsans contrôle, un pouvoirirresponsable, un seul homme doublé d'un conseil municipal non élu l En vérité, en aucun lieu, en aucun temps, pareillechose,s'est-ellejamaisvue?

milliards! Et voilà la puissance

yeux du public. Et nous pour-

Quoi

tant

Maisla plainte est banale, à force d'être juste. Nousavons

2

18

aujourd'hui mieuxà dire. Jusqu'à présent, aux adversairesdu gouvernementpersonnel de la ville de Paris, on avait coutume de répondreque ce gouvernement faisait de grandes chosesà bon compte,qu'il avait l'art de ne grever ni le présent ni.l'avf\- nir qu'il prévoyaitjuste, calculaità propos, et que d'ailleurs, quoiqu'on en dît, il respectait les lois. Le mémoirede 1867 prouve avec éclat deux choses c'est que, dans la pratique de M. le préfet de la Seine, l'oubli de la légalité n'a d'égal que 'imprévoyance.

L'imprévoyance?Jugez-en,Messieurs.

En 1858, on dessineet on arrête le secondréseau. M.le préfet

de la Seineen évalueles dépenses à 18OmilIions.Le Corpslégis- latif vote50 millionsdesubvention.En 1867, on fait son compte, et l'on s'aperçoitque le secondréseau ne coûtera pas moins de

410 millions,toute défalcationfaite du produit des reventesde

lerrainset de matériaux.La Villecroyait n'avoirà dépenser, sur

le devisde 180millions,que 130 millions,puisque l'Etatlui en a donné50 elle se trouveen face d'une dépense effectivede 360 millions.Premier mécompte et premier aveu. Le mécompte est

énorme, mais quelle qu'en soit l'explication, sur laquelle nous reviendronsdans un instant, il faut que l'on sache bien que l'aveuest tardif. Depuis neuf ans, c'est le chitlreprimitif, le de- vis de 1858,que la Villeprenaitpour point de départ de tous ses calcu's; c'est ce chiurequi figurait dans ses prévisions,qui était implicitement ou expressément affirmédans les communiqués

qu'elle

adressaitaux journaux, dansles discoursdes avocats qui

inséréau Moniteurdu Il décembre1864, il y a trois ans

la défendaientdevantla Chambre,dans les mémoiresdu préfet,

commedans les rapports de M.Devinck.Ainsi le mémoiredu

préfet

de cela, parcourant, comme aujourd'hui, d'un longregard, mais d'un regard alorstout à fait triomphant, le passé et l'avenirdes

19

travaux de la Ville,évaluaità 350 millionsla dépense de toutes

les opérationsde voirie engagées qui s'achevait;du second, en voie

qui commençait à poindre,-que dis-je?M le préfet, il y a trois

ans, dans cette sommetotale de 350 millions,faisait entrer, en outre de l'achèvementdes trois réseaux,l'ensembledes travaux

nécessités par l'annexion Aujourd'hui,M. le préfetnous

prend que l'annexion, à elle seule, aura coûté300 millions.Au-

celledu premier réseau, d'exécution; du troisième,

ap-

jourd'hui, le mécompte! sur le secondréseau que, dans

son rap-

port du 19 décembre 1865,M. Devinckestimait à environ100

millions,apparaîtdans son énormitéde 360 millions.

En 1864,M. le préfet de la dans les dixannées suivantes, à

capital de 350 millions,et, à ce

son œuvre.Troisans

Seine s'engageaità ne consacrer,

la transformationde Paris,qu'un

prix, il promettaitd'achever

après, il est forcéde reconnaître qu'à la fin

quatre ans seulement,il aura dépensé

dépenséessur le

de 1868,c'est-à-direen

710

préfet nous a donné lui-même,en

premier et le voyonsqu'à

mil-

qu'elles'était

publiquement et solennellement engagée à n'en consommer que

350

lions,ou 634millions en quatre années alors

la fin de 1868, la Villeaura dépensé 710millionsmoins76

deuxième réseau, 76 millionsen nombrerond, nous

millions.Et commeM. le

1864,le chiffredes sommesalors

en dix années.

Et 634 millions,ce n'est pas assezdire.

C'estde

900millionsenviron qu'est l'écartdes réalitésde 1868

sur les prévisionsde 1864,puisque le devisde 1864, le devisde

350

dépensesde l'extensiondes limites

de Paris, évaluées aujourd'huià 300millions (1) ellesn'avaient

millions,comprenaitles

(1) Tousceschiffressont

empruntés au Mémoirede 1864,donton

trouverala partiela plus importanteà l'Appendice,note3.

20

encore,à cette époque, coûtéà la Ville que 33 ou 34 millions.C'est donc 266 millions (300-34) à ajouter aux 634, pour avoirle chiffrede l'imprévu total, au moins900millions.

Si M.le préfet de la Seinese doutait,en 1864, de l'erreur co- lossale qui viciaitses calculs,que faut-il penser de sa franchise? S'il ne s'en doutaitpas, quelleopinion avoir de sa sagesse,de sa raison pratique, de sa prévoyance?

IV

Mauvaises excuses.

Cependant,

comme

Ni. le préfet

de la Seine

est le plus ingé-

nieux,

force enfin de l'honorable

de ses mécomptes.

le plus intrépide,

le plus retors

M. Rouher,

des procureurs,

de la

il a essayé une défense

Trois causes

d'erreur,

bouleversé

ses calculs.

selon lui invincibles,

ont fatalement

Première cause d'erreur

et un décret

la Ville ne pouvait

d'exécuter,

une certaine jurisprudence du 27 décembre

1858, auquel,

quand

elle

année,

en dix ans, le deuxième

du con-

à ce qu'il

avec

seil d'Etat

paraît,

l'Etat la convention

sait l'obligation

s'attendre,

du 3 mai de la même

a signé

qui lui impo- réseau.

Il faut, en effet, se rappeler

du 26 mars

quand

la totalité

elle juge

que la ville

de Paris tient,

atteints

restantes

par

ne

d'un

dans ses prcjets les voies

décret

d'expropriation

nouvelles,

1852, le droit de comprendre

des immeubles

que les parties

sont pas

22

d'uneétendueou

d'uneforme qui permetted'y

tructionssalubres.Il reste ainsi souvent, sur le bord des grands

tracés, des parcellesde terrain,qu'aux termes d'une loi bien vieille, la loi de 1807, les propriétaires contigus ont le droit d'acquérir.11paraîtque l'administration municipale avait compté conservertoutes ces parcelles, et profiter de la plus-value.Au- tant à déduire,dit-elle, du chiffrede ses reventes.

éleverdes cons-

La

chose est longuementexpliquée dans le mémoire de

M.le préfet

« Lorsque l'administration municipalefaisaitses évaluations, en 1858,d'après les résultats des opérationsqu'elle avaitexé- cutées depuis 1852 jusqu'alors, elle comptait sansles effetsd'une jurisprudence du conseil d'Etat, contre laquelle,d'ailteurs, au- cune objection n'est possible,puisqu'elleest basée sur un dé- cret réglementaire en date du 27 décembre1858 (postérieurde près de huit moisau traité sanctionné par la loi du 28 mai de la même année)qui est venue interpréter et compléter, à quel- ques égards, le décret-loidu 26 mars1852.

Désormais, aucune parcelle ne put être expropriée, en de- hors des alignements des voiesnouvelles,sansmiseen demeure expresse des propriétaires, et en cas d'opposition,sansune dé- clarationd'utilité publiquespéciale.

» Cette disposition,évidemment-inspiréepar la plusvive solli- citudepourlesintérêtsdes personnes soumisesà l'expropriation, a eu pour effetnaturelde conduire chaquepropriétaire à retenir tous les terrains qui recevaientun grand accroissementde va- leur de la créationdes voiesnouvelles,pour abandonnerseule- ment à la Ville ceux qui paraissaient moinsutilement exploi- tables.

23-

u Or, l'administration

municipale

probable

avait

fait entrer

en ligne de

des expro-

compte,

priations value des terrains

près les précédents,

de la voie publique.

tombé au-dessous de la proportion

comme atténuation

dont toutes

de la dépense

les chances

restaient

à sa charge,

de voirie

la plus-

d'a-

du tracé

est donc

dont chaque opération

devait,

lui laisser la disposition,

Le produit

réel

ses

sur laquelle

de

en dehors

reventes

ses calculs avaient

été basés. »

Vous pourriez avoir raison, monsieur

du 27 décembre

une excuse,

les propriétaires

simplement régularisé l'exercice à la Ville le devoir d'adresser

meure spéciale,

les formalités

l'œil à bon nombre

est trop naïf, de la part de M. le préfet,

1858, entrer

une sorte

depuis si longtemps décret du 27 décembre

le préfet,

et ce seraitlà

si le décret

contigus

1858 avait constitué pour

mais

ce décret

a

un droit

nouveau; d'un droit ancien,

en imposant une mise en de-

des intéressés,

ait ouvert

mais

qu'il faisait,

il

en

d'un droit

tiré du

aux propriétaires

en cas d'opposition

et de remplir,

de la loi de 1841. Que

de propriétaires,

dans ses calculs

reconnu

par

cette procédure

cela est possible;

d'avouer

d'escamotage

nos lois. L'argument

1858 est donc une pure fantasmagorie.

Deuxième

cause d'erreur

une certaine

jurisprudence

de la

Cour de Cassation,

que le mémoire

préfectoral

explique ainsi

(1 La loi du 3 mai

1841 admet

trois formes

l'administration

per pour l'utilité

peut acquérir

publique

les immeubles

selon lesquelles

qu'elle

doit occu-

! Un jugement

d'expropriation,

en cas de refus du propriétaire;

du consentement

du propriétaire,

accord

entre les parties

sur

le

amiable.

après arrêté

de cessibilité,

2° un jugement

qu'il y ait

de

la

prix

qui donne

acte

n'y ait pas 3° l'achat

ou qu'il

cession;

24

» 11avaitété tenu pour

constant pendant longtempsque les

deuxderniersmodes d'acquisition ne faisaient point cesser né-

cessairementla jouissance des locataires la Courde cassation

a jugépar divers arrêts, de 1861à 1865,que, vis-à-visde la Ville,

le jugement donnantacte du consentementdu vendeur et le

contratamiableont pour effetde résoudre ipsojure lesbauxdes

locataires.

» En conséquence,beaucoup de locataires exerçant des indus- tries dans des maisons acquisespar la Villeà l'amiable,plus ou moins longtemps avantle momentde l'ouverturede la voie pu- blique,n'ont pas voulucontinuerà jouir de leurs baux jusqu'à l'expiration de ce délai, et ont exigé d'être immédiatementévin- céset indemnisés car l'expropriation,contre laquelle s'élèvent si souventdes plaintes collectives,est désirée par chacunen particuliercommeune sourcede fortune.

» La Ville, en respectant,commeelle le devait, la jurispru- dence nouvelle,a payé d'énormes indemnités,qu'elle n'avait pas prévues. »

Voilà qui est plus naïf encore La Courde cassationa décidé, simplement, conformémentà la loi de 1841, que les acqui- sitionsfaitesà l'amiable par la Ville,après décret d'utilité pu- blique,équivalaient à une expropriation, et donnaientouverture au droit des locataires.Tant pis pour la Ville si elle s'étaitflat- tée d'exproprier,par un moyenquelconque, les locataires pari- siens sans indemnité1 Ellen'a pas le droit de dire que ce déni de justice fût conformeaux précédents. M.le préfet sait bien que la jurisprudencede la Cour de cassationn'a pas un seul instant varié sur cette question de droit, d'équité et de bon sens et nousciteronsà la Ville,quand elle voudra, un avis du conseild'Etat de l'année 18i9, qui résoudla question, en prin- cipe, tout commela Courde cassation.

25

Troisièmecause d'erreur les travaux prévus par la loi du 28 mai 1858 (le second réseau) ayant dû s'exécuteren dix ans, il est arrivé, cheminfaisant,«que la valeur des immeubless'est accrue dans une proportionconsidérable,sous la double in- fluencede la prospéritépublique et de l'augmentation constante de la population. Les propriétaires et locatairesont dirigé tous leurs efforts, tous leurs calculs,tous leurs actes, dans la vue de faire monterà la plus haute sommeleurs indemnités.Enfinles jurys d'expropriation ont enchériles uns sur les autres.

A la bonneheure1 et noussommesaises que la Villeconsente à la finà le reconnattre.Si la Ville a payé le terrainde ses rues

nouvelles plus cher qu'elle ne s'y attendait, c'est qu'elle a fait elle-même, dans Paris, et sur une prodigieuseéchelle,, la hausse des terrains. Mais ne pas l'avoir prévuen 1858!ne pas l'avoir aperçu en 1864, en 1865, en 1866 cela passe en vérité toute croyance. Vousfaisiezla hausse; vousenflammiezla demande vousdonniezà la spéculation sur les immeublesla plus colos- sale impulsion dontl'histoire ait gardé souvenir, et vous êtes surpris, en faisantvotre compte,après dix ans d'aveuglement,

de vous

que tout le monde,subi la haussedes prix

apercevoirque vous avez, commetout le monde,plus

Cela nousremet en mémoireune aventure que raconte je ne sais plus quel historiendes banques. Des spéculateurs américains avaientrésolud'achetertous les boeufsexistantsdans les Etats du Nord. LaBanque des Etats-Unisétantdans l'affaire,l'opération paraissaitaussi sûre que fructueuse.On acheta, on acheta tant que l'on put, mais, surprise 1à mesurequ'on achetaitet que le bétaildevenait rare, les prix haussaient.Et plus on achetait, plus montaientles prix. Ils montèrenttant et si haut, que la Banque des Etats-Uniselle-même n'y put suffire, et que la spé- culationse solda par une perte immense.Moinsénormesans

26

doute, et surtout moins funeste, l'erreur de M. le préfet de la Seine n'est pas moinsnaïve. Veut-il que là encorenoustrou- vionsmotifà admirersa prévoyance?

Maislà où se montretout entière l'imprévoyance de la Pré- fecture,c'est dans l'histoiredu troisièmeréseau.Toutesles ar- guties que nousveinonsde passer en revueet qui ne supportent pas l'examen, ne tendent qu'à une chose expliquer l'erreur des devisdu deuxième réseau, l'écart de 230 millions,que l'on avoue sur ce chapitre. Maisle troisièmeréseau? Maisles300millions d'imprévuqui s'y rattachent et qui complètent le mécompte total de 530 millionsdontM.le préfet nousa fait la confidence1

Oh1 ceci passe toute croyance 1

En effet,Messieurs, le Mémoiredu i décembre1867ne révèle

pas

seau pour la premièrefois il révèleau public, au conseilmuni- cipal, au mondeentier, qu'il existeun troisième réseau, que ce troisièmeréseausera terminéà la fin de i868, en même temps que le second, et que ce troisièmeréseau aura coûté 300 mil- lions 1 Il faut l'avoir lu pour le croire il faut avoir reçu, commeil nous est arrivé à nous-même, un corrimuniquéqui fait, en cestermes,le curieuxaveu En 1864,les travaux du troisièmeréseau n'étaient pas encoreentrepris (1).» Nous le savonsbien Et ce que nous reprochons à M. le préfet de la Seine,c'est de les avoir entrepris que dis-je, entrepris? de les avoir engagés; que dis-je, engagés? de les avoir presque menés à tin sans en informerni le conseilmunicipal, ni le public, ni le

gouvernement.

On ne saurait trop le répéter En 1864,M. le préfet évaluait à 260 millions pour l'ancien Paris, et à 120 millions pour la

seulementpour la premièrefois le chiffredu deuxièmeré-

en

(1) Voirla note 2, à l'Appendice.

27

banlieue, les sommesà dépenser pendant la période décennale qui commençait.En 1865,il maintenaitavec fermeté ce pro- grammefinancier, il s'y attachaitau nomde la prudence il dé-