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GEOGRAPHIE.

CHAPITRE 6. LES USA.

III.
La façade atlantique de l’Amérique du Nord.

Une façade maritime est un espace littoral qui met en contact un arrière-pays
continental et un avant-pays maritime, grâce à des réseaux de communication denses
et variés. C’est un espace d’échanges, mais aussi de production, favorisé par le
phénomène de littoralisation, lui-même animé par le phénomène de la mondialisation.
Dans le cas des Etats-Unis, cette façade atlantique est d’une épaisseur inégale.
Cette dernière dépend en effet des liaisons avec l’arrière-pays. Elle s’étend du golfe
du Saint-Laurent (Canada) jusqu’au Yucatan (Mexique), son cœur étant situé aux
Etats-Unis, où elle est aussi la plus large. Au Mexique elle est très limitée, ne
dépassant pas 100 km ; elle l’est moins au Canada, avec une épaisseur de 300 km ;
enfin, aux Etats-Unis, grâce à la présence des Grands Lacs et du bassin fluvial du
Mississippi, elle s’étend sur 1000 km, intégrant de ce fait Saint-Louis.
On s’aperçoit tout de suite que la qualité des réseaux de communication de
toutes natures aux Etats-Unis est le principal facteur de cette importante extension de
la façade.
A. Un espace très peuplé et économiquement dynamique.

1. Un foyer de peuplement très urbanisé.

Dans l’ensemble, la façade atlantique est très peuplée, à l’exception de régions


longtemps répulsives pour des raisons naturelles, comme l’Est de la région du Saint-
Laurent (froid), les régions de Floride et de Louisiane (trop humides, marécages avec
de la mangrove, cyclones et inondations fréquents) et des parties de la côte mexicaine,
le pays ayant été peuplé d’abord dans les montagnes à cause de l’hostilité du littoral
pour les mêmes raisons qu’en Floride et en Louisiane. En dehors de ces régions, où
les choses commencent tout de même à changer (surtout en Floride), la totalité du
reste de la façade est très peuplé, avec des densités très fortes (la Mégalopolis,
Atlanta, Miami, Monterrey et Mexico).

Il existe plusieurs foyers de peuplement importants le long de la façade


atlantique nord-américaine :
- la Main Street America, allant de Montréal à Chicago. C’est la région
des Grands Lacs, qui est très dynamique. C’est un espace original,
organisé autour du fleuve Saint-Laurent, et qui concentre 30 millions
d’habitants.
- la Mégalopolis atlantique, la lus grande concentration de peuplement de
la région, avec 80 millions d’habitants, dont le quart dans la région de
New York. Elle regroupe de nombreuses agglomérations millionnaires
(certaines tout aussi peuplées que les plus connues, Baltimore et
Philadelphie), avec des densités parfois supérieures à 200 habitants/km2.
C’est le cœur économique, culturel et financier des Etats-Unis, le
principal centre d’impulsion mondial.
- la Floride, avec 18 millions d’habitants, et une forte attractivité
touristique.
- le Texas, avec 20 millions d’habitants. Ces deux régions ne sont pas très
peuplées, mais elles sont tout de même importantes sur le plan
économique pour la région.
- le long de la frontière des Etats-Unis avec le Mexique, il existe un foyer
très dynamique, dont les deux pôles respectifs sont Monterrey et San
Antonio. Ces deux villes, comme les nombreuses autres Twin Cities qui
existent du Texas à la Californie, sont des villes interdépendantes, qui se
renforcent mutuellement. Du côté mexicain, des maquiladoras sont crées
par les capitaux étatsuniens ; il y a de nombreux flux humains d’IDE,
légaux et illégaux, il s’agit d’une frontière très active. Au Texas, 30% de
la population est hispanophone, et ce chiffre s’élève à 40% au Nouveau-
Mexique.
- l’ensemble de Mexico-Veracruz, qui rassemble approximativement 30
millions d’habitants. C’est le foyer de peuplement majeur de la façade
atlantique au Mexique ; il se prolonge jusqu’à Cancun.

Au total, plus de 200 millions de personnes vivent le long de la façade atlantique


nord-américaine.
Les conditions naturelles qu’elle présente sont favorables, étant donné qu’il
s’agit d’une région de grandes plaines littorales, très larges. Les communications sont
facilitées par la présence de routes et de grands fleuves navigables, favorisant de ce
fait les échanges. Ainsi, toute la production céréalière des plaines converge vers la
Nouvelle-Orléans par le biais du Mississippi ; la capitale de la Louisiane est le
premier port céréalier au monde.

2. Un espace productif diversifié.

Pendant longtemps, il a existé un schéma le long de la façade atlantique nord-


américaine : le Nord étai la région industrielle, alors que le Sud était agricole, une
région rurale.
Cette ‘répartition des côtes’ a été de nos jours complètement modifiée, avec
l’industrialisation du Sud (grâce aux nouvelles technologies) et la réveil du Vieux
Sud. Au contraire, le Nord connaît, lui, une désindustrialisation, notamment dans la
zone des Grands Lacs. La frontière entre le Texas et le Mexique s’est elle aussi
industrialisée avec l’installation des nombreuses maquiladoras. Il y a donc un
rééquilibre de la répartition des forces productives dans la région.
Le tourisme est un autre élément important de la région. Le Sud est plus
avantagé que le Nord dans ce domaine, avec des villes comme Orlando
(Disneyworld), Miami, et Cancun, qui sont les plus grandes stations balnéaires
d’Amérique du Nord.
B. Une interface active.

1. Une porte d’entrée pour les migrants.

New York a longtemps été la porte d’entrée des Etats-Unis. Le point de passage
était Ellis Island, où les immigrés étaient mis en quarantaine et soumis à divers
contrôles pour vérifier leur santé physique et morale, ainsi que le fait qu’ils avaient les
moyens d’assurer leur existence pendant quelques semaines. Ils étaient suite à cela
soit acceptés sur le territoire étatsunien, soit renvoyés dans leur pays d’origine,
généralement en Europe.
Cette situation a duré jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Aujourd’hui, les
migrants sont plutôt originaires d’Amérique latine. Ils passent par le Texas et la
Floride, le plus souvent en bateau.

2. L’interface économique.

En ce qui concerne la vie portuaire de la façade atlantique nord-américaine, on


peut dire que les ports sont relativement modestes, mais nombreux. En territoire
étatsunien, la façade atlantique compte un trafic global de 250 millions de tonnes par
an, soit moins que Rotterdam, le premier port européen. Sur les côtes du golfe du
Mexique, le trafic est de 300 millions de tonnes par an, chiffre assez élevé grâce à la
Nouvelle-Orléans (céréales), au Texas (pétrole) et à Veracruz.
Cependant, ces ports connaissent actuellement une évolution lente par rapport à
ceux de la côte Pacifique. On peut mentionner Long Beach, premier port de l’Union,
qui profite des échanges avec l’Asie.