JUILLET-AOUT 2013 / n°187 / 1,70 €

BILAN ET PROJETS
Lors de son dernier Conseil fédéral, EÉLV a appelé à « changer de cap », inquiet de l’obstination des gouvernements européens à réduire le déficit, ce qui débouche sur une spirale de rigueur et de récession (1). Rigueur et récession dont on sait qu’ils font le lit du désespoir d’une jeunesse privée d’emploi, de la montée de l’extrême droite, de l’intolérance, de l’homophobie. Le 5 juin, Clément Méric était tué en pleine rue. Quelle haine, à ce point exacerbée, peut expliquer que des humains battent à mort un autre humain, tout simplement parce qu’il défendait ses idées ? Des idées antifascistes. Plusieurs rassemblements (en Franche-Comté comme ailleurs) ont montré combien il était urgent de déconstruire, systématiquement, les discours de l'extrême droite. Le gouvernement a la responsabilité de défendre les droits humains et de mettre fin à une politique absurde de rigueur conduisant à la désespérance et à la multiplication de positions extrêmes. Quant à l’actualité franc-comtoise, le premier semestre fut bien chargé, avec deux conventions régionales - la première sur la transition énergétique et la seconde sur la transition industrielle (2) , un voyage à Bruxelles au sein des institutions de l'Union européenne et pour rencontrer le groupe des élus écologistes au Parlement européen. La rentrée de septembre sera, elle aussi, bien occupée pour les militants EÉLV de Franche-Comté : nous nous retrouverons les 15 et 16 novembre 2013 pour deux moments forts de débats et de décisions, le Congrès régional et l’Assemblée générale nationale décentralisée (3). Ce sera également le moment d’élire notre nouveau CPR. Enfin, nos pensées, en ce mois de juin, vont vers notre ami Yves Ketterer, qui a engagé le 10 juin une grève de la faim devant le ministère de la Santé. Il se bat depuis des années pour que les laboratoires fournissent à nouveau des vaccins sans aluminium pour nos enfants. Son combat est le nôtre et nous vous appelons à signer la pétition www.change.org/VaccinSansAluminium et à la diffuser largement autour de vous (4). Le contexte national est préoccupant : nous souhaitons que la pause estivale soit pour tous l’occasion de se ressourcer et de revenir en forme pour continuer à porter nos idées et les faire aboutir. Sans oublier, bien sûr, de participer aux Journées d'été d'EÉLV, qui auront lieu cette année à Marseille du 22 au 24 août (Cf. article de Suzy Antoine) et seront, comme d'habitude, intéressantes et festives... Si vous souhaitez en être, rendez-vous sur le site eelv.fr et prenez contact avec le Secrétariat régional.

Brigitte Monnet et Bernard Lachambre
Cosecrétaires régionaux
(1) On trouvera ce texte sur le site d’EÉLV : http://eelv.fr/2013/05/28/ gouvernement-un-changement-de-cap-simpose/ (2) Voir l'article à ce sujet dans ce numéro. (3) AG qui préparera le Congrès fédéral des 29 et 30 novembre. (4) Voir l'article à ce sujet dans ce numéro.

Un oxymore ? Que nenni !

ET SI L’ÉCOLOGIE ÉTAIT L’AVENIR DE L’INDUSTRIE ?
Tel est le titre d’un livret publié par EÉLV en mai dernier (1). Christophe Porquier, délégué à l'industrie pour EÉLV, a présenté les propositions du mouvement et animé une Convention régionale à Montbéliard le 6 juin dernier. Le texte qui suit est un compte rendu de cette Convention, mais il reprend aussi des éléments du livret en question et du Hors-Série d’Alternatives Économiques n° 97, « Faut-il dire adieu à la croissance ?», qu’on ne saurait trop conseiller de lire. significatives, certaines évolutions touchent tous les pays de l’OCDE. Contrairement à ce qui se passe en Allemagne, la France a peu d’entreprises de taille moyenne. Sa politique industrielle a longtemps été favorable à la centralisation, aux grands programmes, aux grands groupes (nucléaire, aéronautique, espace, automobile, etc.), au détriment d’un tissu de grosses PME dynamiques.

C’est quoi, l’industrie ?

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

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On pense souvent aux gros sites industriels tels que PSA, Alstom ou General Electric dans le nord-est de la Franche-Comté, ou aux filières traditionnelles de la sidérurgie, de la métallurgie, de la chimie. Si les propos qui suivent ne concernent pas l’industrie agroalimentaire, qui est une branche à part, il n’en reste pas moins que le monde de l’industrie est très diversifié. Au côté de grands groupes, on y trouve des PME et même de Très Petites Entreprises. La crise de l’industrie et la désindustrialisation sont manifestes en France, mais les branches et les territoires sont très inégalement touchés. Des filières marchent bien, comme l’industrie du luxe et de la chimie (bien présentes en Franche-Comté), d'autres sont sinistrées ou au moins en difficulté. Et la France est coupée en deux : celle du Nord-Est (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Champagne-Ardennes, Lorraine, FrancheComté) subit de plein fouet le déclin industriel. Enfin, dans certains secteurs, l’activité industrielle n’est pas là où l’on croit. Christophe Porquier cite l’exemple d’Apple : « Apple, ce n’est pas une usine, c’est de la stratégie, du marketing ; la partie industrielle se trouve dans une multitude d’usines en Asie, qui fabriquent puis assemblent. L’iPhone en sort à 179 $ et il est revendu par Apple 599 $. »

D’une façon générale et plus particulièrement dans bon nombre de PME, les investissements dans l’innovation et la recherche sont moins importants en France que dans d’autres pays (2) - voir graphique. Et la production industrielle française est plus souvent de gamme moyenne. Elle entre ainsi plus en concurrence avec celle des pays émergents.

Des spécificités françaises et des tendances lourdes
On compare souvent les caractéristiques de l’industrie de part et d’autre du Rhin ; s’il y a des différences

La répartition du profit des entreprises s’est complètement inversée : la part distribuée aux actionnaires est passée de 33 % à 80 % depuis 1970. Cette progression s’est faite au détriment de l’investissement. L’autofinancement des entreprises reste bas et leur endettement s’accroît. La situation est opposée en Allemagne - voir graphique.

Parmi les tendances lourdes qui touchent tous les pays européens, même si c’est à des degrés divers, l’automatisation et la délocalisation ont fait baisser les effectifs industriels. À cela s’est ajoutée l’externalisation de nombreux emplois (entretien…), qui étaient auparavant comptés dans le secteur industriel et le sont maintenant dans la catégorie des services.

Les propositions des écolos
Le projet des écologistes, Vivre mieux (3), la proposition d’Eva Joly pour la dernière présidentielle, un million d’emplois (4), fixent le cadre des propositions des écologistes. Dans ce projet, l’évolution, la transformation de l’industrie française se concentre sur deux volets. Le premier consiste à réduire l’impact de l’industrie sur la dégradation de notre environnement, avec des technologies plus propres, plus économes, avec une meilleure utilisation des matières premières, un meilleur retraitement des déchets, plus de recyclage, etc. Le second doit accompagner, impulser même la transition écologique de notre société, en répondant à de nouveaux besoins : nouveaux outils pour se déplacer, nouveaux matériaux pour construire et isoler les bâtiments, nouveaux moyens de communication, amélioration des technologies de production et de stockage des énergies renouvelables, chimie verte, réduction de l’obsolescence et amélioration du recyclage…

Développer l’économie circulaire : pour que les déchets d’une fabrication deviennent une ressource pour d’autres entreprises. Cette démarche intègre aussi le recyclage et la réduction de l’obsolescence La mise en place d’un fonds de reconversion industrielle. Actuellement, on traite les problèmes quand ils apparaissent avec des restructurations, des plans sociaux, etc. Ce fonds devra aider et accompagner les branches dans leur reconversion sans attendre. Il vaut mieux prévenir que guérir, et encore mieux anticiper. La Banque Publique d’Investissement (BPI) pourra être le fer de lance financier de cette politique. Une stratégie européenne de filières, pour réussir la transition écologique : les pays européens ont trop souvent des stratégies de compétition dans ce secteur plutôt que des stratégies de coopération. Les exemples sont nombreux dans l’éolien offshore, les nouveaux modes de déplacement, l’efficacité énergétique. Sans vouloir conclure, Christophe Porquier terminera son intervention sur une note (plutôt) optimiste et volontariste. La France et l’Europe ont de nombreux atouts pour faire évoluer leur industrie, un système de formation performant, même s’il est perfectible, un système social qui peut accompagner les reconversions, des compétences et des centres de recherche… Les idées écologistes arrivent à maturité et la société est prête, au moins dans une certaine mesure, à s’engager dans une transition écologique. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est une volonté politique forte et une ligne directrice claire : oui aux réformes, à condition de savoir où elles nous mènent.

Christophe Porquier présente les huit
propositions d’Europe Écologie Les Verts qui permettront à l’industrie de relever ce double défi : Une politique territorialisée de soutien aux entreprises : accompagner les choix stratégiques, aider au financement des entreprises et particulièrement des PME doit être du ressort des collectivités locales (régions, agglos), afin de mieux coller aux besoins des territoires. Le soutien à l’innovation : l’aide publique doit être ciblée sur les secteurs innovants, par exemple en réorientant le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Une fiscalité juste et écologique : en augmentant la part de la fiscalité écologique et en corrigeant par exemple les inégalités de taux d’imposition des sociétés. Ces taux sont, de fait, autour de 30 % pour les entreprises de moins de 10 salariés et autour de 13 % pour les très grandes entreprises. Soutenir la démocratie sociale et la responsabilité sociale des entreprises : l’innovation n’est pas seulement technologique, elle est aussi sociale. Accompagner l’évolution professionnelle vers l’industrie verte.

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Bernard lachambre

(1) On peut le consulter ou le télécharger sur Internet : http://www.youblisher.com/p/611770-Livret-industrie/ (2) D’après Alternatives Économiques (HS n°97) : 2,2 % du PIB en France, 2,8 % en Allemagne et aux États-Unis. (3) Vivre mieux, éditions Les Petits Matins, 2012 et sur le site d’EÉLV : http://eelv.fr/wp-content/uploads/2012/03/ projetpdf.pdf (4) À consulter par exemple sur : http://toulouse.eelv.fr/ presidentielle-2012/projet-1-million-demplois/

Rivières malades

DES CITOYENS AU CHEVET DE LA LOUE

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Près d'une centaine de personnes se sont retrouvées à Ornans pour parler de la Loue, le vendredi 7 juin, à l'invitation de l'association « Pour un Canton Vivant », présidée par Eliane Meneguin. Signe de l'importance du problème : la présence du maire et conseiller général JeanFrançois Longeot, du conseiller régional Eric Durand et du député de la circonscription Éric Alauzet. Ainsi , après celle de l'automne 2011 sur la dépendance, l'association renoue avec les conférences-débat. Et c'est Isabelle Guillame qui a présenté les différents intervenants : Pascal Reilé, hydrogéologue, Alain Cuinet, spécialiste en hydrobiologie, le garde fédéral de pêche Alexandre Cheval et Jacques Breuil, vice-président du Conseil général du Doubs, le CG 25 ayant été co-organisateur avec la Préfecture des Assises de la Loue en octobre 2012.

des plans d'épandage de fumier et de lisier. Mais elles ne semblent pas suffisantes puisque la mortalité des poissons continue. La question se pose donc de réviser notre vision et d'adapter les pratiques de consommation et les pratiques agricoles à la fragilité du karst.

Nitrates et phosphore
Alain Cuinet va revenir sur certaines études, comme celle de la source de Plaisir-Fontaine ou les analyses réalisées sur la Basse Loue, qui démontrent la très grande variation de la teneur en nitrates. Celle-ci peut passer de 6 à 8 mg par litre en période sèche à 25 ou 30 mg en cas de forte pluie. Il ne faut pas faire attention uniquement aux nitrates, mais aussi à l'azote ammoniacal, qui peut poser des problèmes parce que c'est un consommateur d'oxygène dans le milieu aquatique. En définitive, si la teneur en phosphates a été divisée par 6 entre 1973 et 2010, en partie grâce à la sensibilisation des consommateurs sur les lessives sans phosphates puis à leur interdiction, la quantité d'azote a doublé pendant la même période. Et là, il faut bien évoquer l'augmentation de la population et les changements de pratiques agricoles avec, par exemple, l'épandage de lisier. L'hydrobiologiste évoque pour terminer l'état du fond de la rivière. Tout le monde a pu observer les phénomènes de colmatage du fond et il semble que ce soient les eaux qui circulent entre les galets ou les graviers qui sont les plus polluées. Ces eaux qui circulent dans les sédiments peuvent représenter 40 % du débit de la Loue et les processus d'auto-épuration ne fonctionnent plus correctement.

La fragilité des milieux karstiques
Pascal Reilé démontre à l'aide de quelques cartes bien choisies comment fonctionne le bassin versant de la Loue, regrettant au passage que la région de MouthePontarlier ne soit pas correctement prise en compte, alors qu'on sait, depuis l'incendie des usines Pernod en 1901, que la Loue est en grande partie une résurgence du Doubs. Dans les régions calcaires, les sols sont peu épais et très rapidement lessivés en cas de forte pluie. Les nitrates et les phosphates ont vite fait de traverser le calcaire pour se retrouver dans les rivières. Il n'y a ni stockage de l'eau, ni épuration naturelle comme dans d'autres régions. La « charge » de l'agriculture s'ajoute à celle de l'habitat, qui a augmenté, des industries et des anciennes décharges réparties un peu partout. Des actions ont bien été menées pour améliorer le fonctionnement des stations d'épuration, ou en établissant

Vingt fois moins de poissons
La garde-pêche parle du fruit de ses observations : depuis 10 ans, aucune rivière comtoise ne s'est améliorée. Et Alexandre Cheval est bien obligé de faire un constat pessimiste : « Si tout ce qu'on a fait depuis 20 ans avait servi à quelque chose, on n'en serait pas là aujourd'hui. » C'est un vrai constat d'échec. D'ailleurs, les pêcheurs à la mouche ont déserté la rivière. Chaque année, les responsables de la pêche font un inventaire de la faune piscicole : on est passé de 600 à 700 kg de poissons à l'ha à 30 kg ! La sonnette d'alarme tirée depuis 20 ans n'a donc pas servi. On peut parler de vraie catastrophe écologique.

Un débat intéressant et quelques conclusions
Pendant plus d'une heure, le débat s'est installé entre le public et les quatre intervenants. Faut-il désespérer de la situation ou reverra-t-on un jour une Loue propre ? La pollution de la Loue pose-t-elle un problème sanitaire pour les baigneurs ou les pratiquants de sports nautiques ? Quel est le rôle respectif des différentes causes de pollutions : agriculture, effluents domestiques, fromageries, industries, traitement du bois ? Comment en est-on arrivé à une évolution des pratiques agricoles vers des changements qui sont défavorables aux rivières ? Le débat a été calme et serein et tout le monde s'en est félicité, les interventions et les arguments des uns et des autres ont été de grande qualité. Les réponses apportées par les intervenants ont été plutôt rassurantes sur les risques sanitaires pour l'homme, mais assez pessimistes sur l'avenir de la Loue. En effet, les interrogations sont fortes sur le modèle économique qui engendre de tels inconvénients. Éric Durand, conseiller régional EÉLV, s'interroge : « La filière comté va-t-elle profiter de la fin des quotas pour augmenter sa production et mettre ainsi encore plus en péril la Loue ? Les projets de porcheries pour fabriquer des saucisses de Morteau avec du porc local et non importé est logique en soi, mais les conséquences sur l’environnement ne doivent pas être omises. » Éric Alauzet, député EÉLV de la circonscription, évoque d'autres éléments qui pourraient intervenir dans la dégradation de la qualité des eaux de la Loue et de la faune aquatique : le réchauffement climatique, la pollution de l'air, la présence de substances chimiques comme les perturbateurs endocriniens. Il a critiqué la course à la compétitivité à tout prix en soulignant que l'écologie ne s'opposait pas forcément à l'économie, mais que c'était une autre manière de l'aborder. Aux Assises de la Loue, l'association SOS Loue avait proposé un contrat de territoire pour regrouper les moyens et mettre plus de cohérence dans les actions entreprises. Le chemin semble encore long, mais cette cohérence est une condition nécessaire pour qu'un jour la Loue retrouve la limpidité de ses eaux, la propreté de ses bancs de galets et la richesse de sa flore et de sa faune.

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Les stations d'épuration sont en partie en cause, les pratiques agricoles aussi. Mais c'est toute notre manière de consommer qu'il faut changer, parce qu'elle contribue à la dégradation des rivières. Et la Loue pourrait être un pourvoyeur d' « emplois non délocalisables » avec le tourisme vert. Une partie des élus agissent dans le bon sens, mais il faudrait une plus grande implication de tous les responsables politiques.

Après l'état des lieux, les actions
Pour Jacques Breuil, l'initiative de la soirée est intéressante parce qu'il est très important de ne pas se limiter aux seuls élus et d'informer l'ensemble des citoyens. En octobre, les Assises de la Loue ont fait un état des lieux avec le concours de scientifiques. Il faut maintenant renforcer les actions. Le Conseil général encourage par des subventions l'amélioration du fonctionnement des réseaux et des stations d'épuration. Après la mise aux normes des bâtiments d'élevage, les plans d'épandage sont en train d'être affinés pour mieux tenir compte des analyses de sols et de la présence des dolines.

Gérard Mamet

Les prairies fleuries, source de gourmandises

VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE FLEURS ?...
pour offrir une alimentation au cheptel et c'est la fauche ou la dent du bétail qui maintiennent les prairies. Sans cela, en quelques dizaines d'années, après les fourrés et les arbustes, c'est la forêt qui s'installe de nouveau. Et les pratiques agricoles ont une grande influence sur la composition floristique des prairies : la fumure azotée qui favorise les graminées au détriment des légumineuses, la date de fauche, le piétinement, etc. Les espèces les plus appréciées par le bétail sont éliminées au profit de celles qui constituent les « refus » : chardons, gentiane, rumex. Un des objectifs pour le maintien de la biodiversité va donc être de trouver le bon équilibre entre agriculture et environnement.

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L'Institut franc-comtois des Vins et du Goût (IFCVG), dont le siège se trouve au Château Pécault, à Arbois, organise dans le cadre du Plan régional de l'Alimentation des « conférences gourmandes » avec, chaque fois, une dégustation de produits régionaux. Le thème de la conférence du 6 juin était « Les prairies fleuries, source de gourmandises », avec dégustation de deux comtés différents, de gelée de pissenlit et de miel. Une initiative intéressante pour l'esprit comme pour les papilles...

Garde-manger et livret A
Pierre-Emmanuel Belot, chargé du contrôle laitier à la Chambre d'Agriculture, montre comment peuvent se combiner les différents types de prairies dans un système d'exploitation agricole : - Les prairies intensives, qui sont très productives mais supposent une date de fauche précise. Si les conditions climatiques sont défavorables, elles peuvent perdre rapidement l'essentiel de leur valeur nutritive. C'est, en quelques sorte, le garde-manger de l'agriculteur. - Les prairies intermédiaires.

La recherche environnemental

d'un

équilibre

agro-

C'est d'abord Jean-Yves Vansteelant, chargé de mission au Parc national régional du Haut-Jura, qui explique que les prairies permanentes représentent en France 13 millions d'hectares, soit 40 % des surfaces agricoles. Mais attention, chaque année, 1 % des surfaces disparaît, à cause de l'urbanisation par exemple. Les prairies permanentes s'opposent aux prairies artificielles et aux prairies temporaires. Ce sont ces prairies permanentes qui présentent la plus grande biodiversité : jusqu'à 120 espèces différentes sur une dizaine de mètres carrés. Elles offrent une nourriture variée aux animaux et présentent aussi un intérêt pour les abeilles et pour les paysages. François Dehondt, directeur du Conservatoire botanique de Franche-Comté, rappelle ensuite que les prairies permanentes n'existent pas sans l'intervention de l'homme. À l'origine, il y a eu le défrichement

- Les prairies extensives « fleuries ». Si elles sont moins productives, elles conservent leur valeur alimentaire dans la durée.

C'est une sorte de « livret A » pour les éleveurs, puisqu'elles seront très peu affectées par les pépins climatiques. Et remarque intéressante au passage : certaines plantes aromatiques vont même jouer un rôle de « phytothérapie » pour le bétail. La combinaison de ces différentes sources d'herbe et de de fourrage et la pratique des compléments alimentaires (les « concentrés »), va avoir une incidence sur la production et sur la qualité du lait.

Dans la conférence, il a donc surtout été question du maintien de la biodiversité des prairies et c'est dans le débat qui a suivi que les effets néfastes de l'agriculture intensive sur les rivières comtoises ont été évoqués (voir par ailleurs l'article sur la Loue). On peut regretter aussi que la démonstration sur le rapport entre la biodiversité des prairies et la qualité du comté n'ait pas été davantage approfondie. C'est un participant de Pontarlier qui a rappelé que les plantes ingérées par les vaches pouvaient contenir des milliers de substances différentes et que celles-ci influençaient les qualités organoleptiques (1) du lait, et donc du comté qui en est issu. Or, avec la fin programmée des quotas laitiers, l'enjeu est très important. L'élevage franc-comtois va-t-il choisir la fuite en avant dans le productivisme et dans le déni des questions environnementales ou chercher à maintenir la qualité de l'AOP comté, dans une volonté de trouver un équilibre avec le respect de la biodiversité des prairies et de la protection des milieux aquatiques ?

L'élevage comtois à la croisée des chemins
Un agriculteur, une apicultrice et deux productrices de confitures et de plantes médicinales ont ensuite apporté leur témoignage. Philippe Cantet, l'agriculteur, a été lauréat national du Concours des prairies fleuries, organisé par les 24 Parcs naturels régionaux et les 5 Parcs nationaux. Il livre le lait de ses 28 vaches, qui broutent à plus de 1 000 m d'altitude, à la fruitière de Grande-Rivière (Jura). À cette altitude, il n'est guère question d'intensification.

Gérard Mamet

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Conseil régional de Franche-Comté

VOUS AVEZ DIT DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE ?
Le débat sur la transition énergétique en FrancheComté a montré l’intérêt et la mobilisation des Franc Comtois pour l’avenir de notre territoire. La participation des citoyens a permis d’élever le débat en cohérence avec les besoins régionaux. À l’automne sera ouverte une consultation publique sur notre Schéma régional d’Aménagement et de Développement durable du Territoire (SRADDT). Celui-ci fixe les orientations fondamentales jusqu’en 2025. Ce temps de dialogue territorial vous offre la possibilité de participer à la conception nouvelle d’un modèle de développement durable de notre région. Les réalités écologiques, sociales et économiques nécessitent d'être toutes trois prises en compte pour progresser vers une plus grande cohésion des territoires, une réelle préservation de la biodiversité et une économie au bénéfice de tous.

Les rendez-vous de la rentrée sont (dès 10 heures) :
Vendredi 18 octobre : Orientations budgétaires 2014 Vendredi 15 novembre : Décision modificative n°2 (budget) 2013 Jeudi 12 et vendredi 13 décembre : Budget primitif 2014

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Nous vous invitons à participer nombreux
sur le site de la région pour l’avenir de la FrancheComté : http://www.franche-comte.fr

Vous pouvez également consulter sur le site
officiel de la Région toutes les décisions qui ont été prises lors des plénières passées, ainsi que les modalités des aides octroyées par la région (par exemple, appel à projets, Effilogis). Pour le groupe des élus régionaux d’Europe Écologie - Les Verts de Franche-Comté (1),

Nous vous rappelons que vous pouvez assister aux assemblées du Conseil régional ou visionner en
direct les débats des assemblées plénières du Conseil régional de Franche-Comté sur le site : http:// www.franche-comte.fr/.

Isabelle Nouvellon

(1)Retrouvez-nous sur : http://elus-verts-crfc.blogspot.fr/ (vidéos des élus EÉLV en plénière et autres infos).

Municipales 2014

LE GROUPE LOCAL DE BESANÇON EN CAMPAGNE

Après le bilan des élus, après un premier forum en mars, des réunions de travail, le groupe local EÉLV de Besançon a diffusé un premier tract pour lancer le débat (1).

La mobilité
Le tram va transformer la ville en améliorant les déplacements et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, mais il reste beaucoup à faire pour diversifier et coordonner l'ensemble des modes de transport (bus, vélo, marche, etc.).

Quel message veut-on faire passer ?
Que les élections municipales vont se dérouler dans un contexte marqué par une crise chronique qui pèse sur les finances publiques. La réponse n'est ni dans les recettes libérales ni dans la croissance, mais dans de nouveaux modèles de développement, de production et de « vivre-ensemble ». Que la réorientation des politiques économiques dépend pour beaucoup d'un nouveau souffle européen, que nous espérons voir se lever lors des élections européennes de 2014. Elle dépend aussi de la politique gouvernementale, qui nous laisse sur nombre de points insatisfaits malgré des avancées certaines. Qu'au niveau local, nous avons la responsabilité d'agir pour vivifier notre territoire et de débattre des enjeux essentiels. Ces enjeux, nous en avons identifié sept :

La jeunesse, l'éducation
La défense de l'université est un défi majeur pour Besançon et la région. La question des rythmes scolaires doit être l'occasion d'élaborer un véritable projet pour l'enfance et la jeunesse avec les enseignants, les associations d'éducation populaire, les associations de parents...

Le « vivre-ensemble »
Il ne se résume pas à la tranquillité publique, pour laquelle les caméras de surveillance ne peuvent remplacer la présence humaine. Il impose de renforcer les différentes politiques de solidarité et de les articuler au niveau local entre ce qui relève de la compétence de l'État, du Département et de la Ville.

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La démocratie
Renouveler les conditions de la prise de décision publique, sa préparation, son suivi et relier démocratie participative et démocratie représentative sont, pour nous, deux impératifs tant pour la ville que pour l'agglomération.

La culture
Bibliothèques, musées, théâtres, mais aussi pratiques des amateurs et associatives : il faut maintenir et enrichir l'offre pour un public plus large. Vous le constatez, il ne s'agit pas (encore) d'un programme, mais de lignes directrices qu'il nous faudra développer et rendre concrètes. Pour le groupe local,

La transition écologique et l'emploi
Nous disons clairement non à des projets dits « de développement », comme celui de la ZAC d'Auxon, non-sens économique et écologique. Nous disons clairement oui à des projets de développement locaux au bénéfice de tous (éco-pole pour favoriser l’implantation d'une industrie d'avenir, rénovation de l'habitat, agriculture de proximité, etc.).

Anne Vignot et Michel Boutanquoi

Le logement
Se loger, réduire les charges de chauffage, rénover, construire, favoriser l'habitat participatif, éviter l'étalement urbain constituent pour les écologistes des axes majeurs des politiques du logement et de l'urbanisme.

(1) Une AG se prononcera fin juin (en fait, ce sera fait quand vous lirez cet article) sur une stratégie de premier tour (autonomie, négociation avec le PS en vue d'un éventuel accord pour une liste commune, négociation avec d'autres partenaires).

Un militant EÉLV franc-comtois à l’honneur

CONCOURS LÉPINE : MÉDAILLE D'ARGENT CONTRE LES POLLUTIONS
Claude Simonin n’a l’allure ni d’un
héros, ni d’un jeune premier ; il passe inaperçu quand on le rencontre dans la rue. Et pourtant, cet agriculteur de 64 ans a décroché une médaille d’argent au concours Lépine (1). Sa conscience écologique se réveille alors et, comme il n’est pas à court d’idées, il conçoit l'« enrouleur de plastiques usagés », un appareillage très simple, qui consiste à enrouler les filets (des bottes de paille par exemple) et les films plastiques dès la séparation d’avec le fourrage. Il importe en effet que ces filets restent propres et ne comportent ni souillures, ni corps étrangers.

Son parcours
Né en 1948 à Jussey (Haute-Saône), dans une famille de huit enfants, il a passé son enfance à Gevigney (toujours dans le 70). Après une scolarité ordinaire, qui s’est terminée par l’obtention du « certif’» (2) en 1962, il travaille avec son frère dans la ferme familiale jusqu’au service militaire. À son retour, passionné d’agriculture, il souhaite poursuivre la tradition familiale, mais faute de terre disponible, il ne peut réaliser son rêve. Il suit alors une formation de chauffeur routier et travaille à Vesoul. C’est alors qu’un grave accident l’oblige à se reconvertir : il obtient un poste à l’équipement, où il restera pendant 19 ans, jusqu’à sa retraite. Il se consacre alors à sa petite ferme, dans laquelle il élève des bêtes de concours. Claude Simonin est marié, a eu trois enfants, dont un est devenu agriculteur ; il est également l’heureux grand-père de trois petits- enfants.

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L’axe d’enroulement comporte des crochets qui s’escamotent de façon que la manivelle soit amovible.

« Inventeur pas bricoleur » (L’Est Républicain, 23 mai 2013
À force de ranger des sangles lorsqu’il rentrait du foin, Claude Simonin a eu l’idée d’inventer un enrouleur. Mais n’ayant pas une âme de bricoleur, il se fait aider par une entreprise locale de Gevigney-et-Mercey. Il dépose le 20 mai 2010 la demande de brevet de son invention, qui lui sera délivré le 28 décembre 2012, et c’est ce qui lui vaut une invitation à participer au concours Lépine 2013.

De la suite dans les idées
Mais Claude Simonin ne s’arrête pas là. En effet, il est révolté par le comportement de certains de ses collègues agriculteurs, qui laissent des déchets plastiques en bordure de chemin. L’agriculture produit environ 100 000 tonnes de déchets plastiques par an, dont 50 000 sont récupérées et recyclées, pas toujours dans de bonnes conditions ; les 50 000 autres tonnes restent dans la nature, ou sont brûlées à l’air libre, contribuant ainsi à la pollution de notre planète. Parmi ces déchets, les filets de bottes de foin et les films d’enrubannage.

Cela permet d’obtenir une boule propre (important pour le recyclage) de 25 kg, comprenant environ 80 filets, facile à manipuler.

En attente de ramassage, ces boules peuvent être stockées dans le hangar à foin, en remplacement de quelques bottes. Elles prendront néanmoins moins de place que l’ensemble des bottes de foin.

peut-être pourrait-on en tirer un matériau d’isolation pour les maisons ; ou bien les utiliser comme combustible pour une chaufferie ; ou encore... Parviendra-t-il à convaincre ? Pas si simple pour un homme issu d’un milieu modeste, que le « tout informatique » a laissé au bord de la route, qui n’est pas introduit dans des réseaux et qui ne connaît pas des gens « bien placés ». Et ensuite, combien de temps faudra-t-il pour que l’invention de Claude Simonin (4) soit utilisée par les agriculteurs et que l’on ne voie plus les déchets plastiques agricoles dans la nature ? Mais notre homme est un optimiste. Après nos premières rencontres, il a pris sa carte chez Europe Écologie. Nous lui souhaitons la bienvenue et le félicitons pour son action sur le terrain, en faveur du respect de l’environnement.

Le chemin qui mène chez les Verts
C’est cette invention qui a amené Claude Simonin à se rendre à Besançon, au 14 rue de la République, en juillet 2012, juste après les élections législatives. Il s’était réjoui de l’élection d’un député écologiste franc-comtois, Éric Alauzet, et voulait le rencontrer pour lui présenter son projet, qui n’était encore (et n'est d’ailleurs toujours) qu’à l’état de prototype. Au bout de quelques rencontres et de la rédaction du projet, l’invention est envoyée à l’ADEME (3), qui n’a pas encore répondu à la sollicitation.

Et du travail pour notre député
Claude Simonin martèle : « Si les députés ne votent pas une loi pour lutter contre les pollutions agricoles, les agriculteurs ne bougeront pas et ne feront pas d’efforts. Je les connais bien, je viens de ce milieu et je sais ce qu’ils pensent. » C’est la raison pour laquelle il a sollicité Éric Alauzet pour lui demander de rédiger et faire voter un décret qui oblige les agriculteurs à récupérer les filets et films d’enrubannage, et les vendeurs de ces matériaux à organiser les collectes pour leurs clients (ces vendeurs savent exactement les quantités utilisées par chaque agriculteur), tout cela sous le contrôle de la préfecture. De plus, il a constaté que l’intérieur des boules dégageait de la chaleur. Et les idées de continuer d’affluer :

Suzy Antoine

(1) Louis Jean-Baptiste Lépine, 1846-1933 Plusieurs concours Lépine ont lieu par an, dans des endroits différents. Celui qui nous intéresse dans cet article est le concours Lépine international, qui a eu lieu à Paris, Porte de Versailles, du 30 avril au 12 mai 2013. (2) Certificat de fin d’études primaire : (3) Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (4) Claude Simonin - 10, route de Jussey - 70500 Gevigneyet-Mercey - Tél : 03 84 76 77 40 / 06 82 08 42 13

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Lure : Conférence-débat

SATANÉS CHAMPS MAGNÉTIQUES !
Le 3 mai, l’Association Familiale Laïque (AFL) de Lure (70) a coorganisé avec l’Association Luronne de Protection de l’Environnement et de la Nature (ALPEN) une conférence-débat sur les champs électromagnétiques (CEM). Plus d’une centaine de personnes étaient présentes ce soir -là à Lure, ce qui montre la préoccupation de la population face à cette pollution invisible qui envahit notre cadre de vie, tant dans les habitations qu’en dehors. Pierre Le Ruz, docteur en physiologie, expert européen en matière de CEM et président du CRIIREM (Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur les Champs Électromagnétiques) avait fait le déplacement pour expliquer les phénomènes physiques en jeu et leurs conséquences sur le vivant. Il n’est pas possible de résumer son exposé en quelques lignes, mais voici les lignes de force de son propos. Par ailleurs, une pollution électromagnétique d’importante croissante provient des ondes dites « hyperfréquence » ou « micro-ondes », engendrées par les relais de téléphonie mobile, les téléphones cellulaires, les radars, les fours à micro-ondes (qui émettent des ondes à l’extérieur, même quand ils fonctionnent bien), les équipements wifi et Wimax, les téléphones mobiles d’intérieur (DECT), et bien d’autres sources encore. Comme les ondes basse fréquence, ces ondes sont indétectables sans appareil, mais certaines personnes, dites électrosensibles, les ressentent plus ou moins fortement.

L'électro-smog , vous connaissez?

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M. Le Ruz a commencé par parler des ondes « basse fréquence » de 50 herz (Hz). Il a expliqué que les conducteurs électriques qui traversent nos campagnes en haute, moyenne ou basse tension, ainsi que ceux qui équipent nos habitations, engendrent un champ électrique et un champ magnétique, qui lui-même crée un courant induit dans notre organisme. Plus la tension est élevée, plus les champs sont importants. Ils se mesurent en volts par mètre (V/m) pour les champs électriques et en micro-Tesla (µT) pour les champs magnétiques. Au-delà de certaines valeurs, ces champs présentent des effets nocifs. Les couloirs de lignes à haute tension posent un vrai problème sanitaire aux personnes qui vivent à proximité. Par ailleurs, les champs électromagnétiques engendrés par les conducteurs 220 V peuvent polluer les pièces d’habitation. C’est particulièrement gênant pour les lieux de repos. Une exposition chronique à cet « électro smog » a des effets physiologiques délétères (voir plus loin).

Stress métabolique
En fait, nous sommes tous électrosensibles, car notre système nerveux est un système bioélectrique. À l’instar des animaux, un certain nombre de nos cellules contiennent des microcristaux de magnétite, qui se mettent à vibrer sous l’effet des CEM. Jusqu’à un certain niveau, variable selon les individus, leur état de santé et leur âge (les enfants sont beaucoup plus vulnérables que les adultes), l’organisme s’en accommode. Au-delà, le stress métabolique subi engendre des dysfonctionnements organiques potentiellement cancérigènes à partir d’un certain niveau. Un certain nombre d’effets cliniques sont répertoriés : fatigabilité, irritabilité, nausées, céphalées, anorexie, dépression, brachycardie, tachycardie, hyper ou hypotension, somnolence, insomnie, difficulté de concentration, allergies cutanées, eczéma, psoriasis, modifications de la formule sanguine, perturbations de l’électroencéphalogramme et de la reproduction, atteintes aux organes des sens (vision, ouïe, odorat). Des normes sont sensées protéger la population. Elles diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre, les françaises étant particulièrement laxistes. À titre d’exemple, pour les hyperfréquences, les Français peuvent être

exposés à 41 V/m, quand les Suisses sont protégés à partir de 4 V/m, et les Toscans de 0,5 V/m. Il faut savoir que les équipements électroniques ne doivent pas être exposés à plus de 3 V/m, sous peine de dysfonctionnement, soit 13 fois moins que les personnes vivant en France ! Les recommandations scientifiques internationales, quant à elles, préconisent de ne pas dépasser 0,6 V/m. (1) (1) M. Le Ruz nous laissé sa documentation et ses supports de présentation. Si vous souhaitez approfondir la question, organiser une causerie sur ce sujet ou vérifier votre niveau d’exposition aux CEM (nous disposons d’un peu de matériel de mesure), vous pouvez prendre contact avec l’AFL de Lure : 06 65 47 65 29 ou asso.fami.laique70@gmail.com. Nous vous invitons également à visiter le site du CRIIREM : www.criirem.org.

François Vetter

LA PUB NOUS AIME, ON AIME LA PUB

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Quatre pleines pages de pub en couleur pour
célébrer la naissance du nouveau smartphone Galaxy S4 de Samsung ! Passons sur l'obscénité du fric engagé dans une pareille campagne (et aussi des retombées financières attendues, bien sûr) ; passons même sur l'emploi de l'anglais – Dual Camera, Drama Shot, Sound and Shot dans une pub destinée à un public français : il faut vraiment être un vieux schnock pour faire encore de telles remarques alors même que notre beau pays, sous la houlette de socialistes quasi analphabètes dans leur propre langue, introduit des cours en anglais dans son Université. En fait, le plus beau dans cette publicité, c'est son slogan : Mon smartphone, ma vie. Tout est dit en quatre mots. Et c'est vrai qu'il suffit de regarder autour de soi pour le constater : pour des millions de gens, la vie semble être devenue proprement impensable sans smartphone (1)… un outil de « marketing territorial », destiné à vendre du Toulouse comme de la bagnole, de la godasse ou de la cacahouète. (Notons que Tellement Toulouse eût été insupportablement ploucquissime !) Nul doute qu'on ne tardera pas à voir apparaître l'équivalent dans d'autres villes ou régions (l'ineffable Gérard Collomb a déjà, lui, Only Lyon). En attendant, c'est la ville de Nougaro et de Zebda qui est livrée aux marketeux, aux pubeux, aux anglomanes. So what ?...

Gérard Roy

Qu'on se le dise : Toulouse, ça fait plouc.
Pour être dans le coup, maintenant, on est prié de dire So Toulouse. Pour les « créatifs » de la Ville rose, le nom seul de leur cité ne suffit manifestement plus à attirer l'attention... et surtout les visiteurs - objectif 2013 : en accueillir plus de 6 millions !... So Toulouse se veut donc

(1) Au fait, ça nous écorcherait de dire plutôt « ordiphone », « TP » (pour « terminal de poche »), voire, comme nos cousins québécois, « téléphone intelligent » (encore qu'on puisse voir dans cette expression comme un vague oxymore) ?

Elle court, elle court, la Fourest

VAS-Y, CARO !
Ils ont de la suite dans les idées, les journalistes de M, le magazine du Monde (1). Après avoir consacré leur couverture du 9 mars à l' « agaçante » Cécile Duflot (voir La Feuille Verte d'avril dernier, pp. 24-25), les voilà qui titrent celle du 15 juin : « Caroline Fourest, la laïque qui rend hystérique » - autre façon de dire que celle-ci aussi agace passablement. elle par toute une fraction de la gauche : Caroline ferait le jeu des racistes et des islamophobes. M'étant déjà longuement expliqué à ce sujet, je ne reviendrai pas sur l'aveuglement des uns et la perversité des autres qui placent sur le même plan le racisme et la méfiance envers une religion. Dans le cas qui nous occupe, le simplisme du raisonnement saute aux yeux : Fourest milite pour une stricte laïcité, elle s'en prend aux dérives des islamistes (entre autres, elle s'élève contre le port du voile), elle dénonce (en septembre 2001, lors de la conférence contre le racisme tenue à Durban) l'antisémitisme virulent de certains soutiens à la cause palestinienne, donc elle est antimusulmane, donc elle est raciste puisque les musulmans, dans leur quasi-totalité, ne sont pas des « blancs » ou, si l'on préfère, des Européens. Et toc ! Imparable !

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Journaliste et essayiste considérablement médiatisée (peut-être trop, ce qui expliquerait en partie cet agacement ?) depuis quelque temps, Caroline Fourest, c'est sûr, ne laisse pas indifférent. On ne s'attardera pas sur le fait que la droite la déteste, toutes tendances confondues : c'est normal, et c'est très bien ainsi, vu sa vie personnelle (lesbienne revendiquée, elle partage l'existence de Fiametta Venner, avec qui elle a fondé la revue ProChoix), les combats qu'elle mène (pour le mariage gay, contre l'homophobie, contre le Front national, etc.) et les valeurs qu'elle défend (le féminisme, une laïcité sans compromis par exemple). Comme elle le dit elle-même en citant Diderot, « il y a des hommes dont il est glorieux d'être haï ». Notons que cette détestation va jusqu'à la menace et l'agression physiques, à tel point que Caroline Fourest « bénéficie » désormais d'une protection policière.

La tarte à la crème islamophobe
Plus « intéressante », si l'on peut dire, la franche inimitié que lui voue une très large partie de la gauche (en admettant que soient réellement « de gauche » tous ceux qui s'en revendiquent, mais on ne s'engagera pas ici dans ce débat). Certes, cette animosité peut en partie s'expliquer : par certaines erreurs ou approximations dans ses enquêtes ; par la proximité réelle (Philippe Val) ou supposée (Manuel Valls) qu'elle entretient / entretiendrait avec des personnalités qui, à tort ou à raison, hérissent le poil d'une certaine gauche ; par la jalousie (compréhensible ?) de certains qui, réfléchissant et se battant peu ou prou sur les mêmes « créneaux », se retrouvent moins placés qu'elle sous les feux médiatiques, etc. Mais on n'acceptera pas, en revanche, les accusations récurrentes portées contre

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Intégrisme, où ça ?
Évidemment, il est beaucoup plus facile (et bien plus payant en matière de popularité) de s'en prendre ainsi au « racisme » et à l' « islamophobie » de Caroline que de partager ses combats. Pour une certaine extrême gauche, par exemple (la même qui se pâmait d'admiration devant Hugo Chavez et ne déteste pas les diatribes antijuives des autorités iraniennes, lavées de toute infamie puisque anti-israéliennes), toute réticence dans le

soutien aux « bonnes » causes (et Allah sait si la Palestine en est une !) est immédiatement assimilable à une position hostile. De même, démont(r)er les ambiguïtés d'un Tariq Ramadan (lequel réclama naguère, rappelons-le, un « moratoire » sur les lapidations de femmes adultères !) ou ne pas se voiler pudiquement la face devant le sexisme et l'intégrisme qui font des ravages dans certains quartiers populaires, c'est forcément faire preuve de discrimination envers les opprimés, de préférence musulmans. Caroline a récemment aggravé encore son cas en défendant les Femen, qui sont au féminisme soft et bien élevé de certaine)s ce que Voltaire est à Bernard-Henri Lévy.

On l'aura compris : comme Cécile Duflot, comme Dominique Voynet, comme Sophia Aram dans un autre genre (mais finalement pas si éloigné que ça), Caroline Fourest fait partie de ces « agaçantes » qui filent de l'urticaire aux dogmatiques, aux bien-pensants, aux songe-creux et aux mous du genou. Dans une société où le débat intellectuel ressemble de plus en plus à un sirop de barbapapa dans une eau tiédasse, ça fait du bien de lire ou d'entendre ce genre de teigneuses.

Continuez, les filles !

Gérard Roy

(1) Entre parenthèses, il est permis de trouver assez déconcertant (doux euphémisme) le succès de cette publication, sorte de catalogue BCBG futile et friqué.

Bebolucija

UN PRINTEMPS BOSNIAQUE ?
La Bosnie - ou plus exactement et plus complètement la Bosnie-Herzégovine -, tout le monde s'en fiche, ou peu s'en faut. Depuis que ces sauvages de Bosniaques, de Serbes et de Croates ont cessé de s'étriper joyeusement comme ils l'ont fait avec un bel enthousiasme entre avril 1992 et décembre 1995, les médias se désintéressent presque totalement de ce petit pays des Balkans ; les touristes, eux, font trois petits tours sur le pont de Mostar (refait à l'identique après sa destruction par les Croates) et puis s'en vont vite retrouver les plages de la proche Dalmatie. Tout au plus souligne-t-on de temps en temps que la Bosnie est un pays bien compliqué (que voulez-vous, c'est ça, les Balkans !), que le taux de chômage y tutoie les 46 % et que 18 ans après les calamiteux accords de Dayton, les trois « ethnies » principales, et tout particulièrement les représentants politiques d'icelles, s'y regardent toujours en chiens de faïence. Même les sinistres Karadzic et Mladic, incarcérés à La Haye, ne font plus que très exceptionnellement recette. Et pourtant, à l'heure où j'écris ces lignes, il est en train de se passer là-bas (à deux heures d'avion de Paris, comme on disait à l'époque où Mitterrand faisait tout pour ne pas gêner la Serbie et ses supplétifs locaux dans leur entreprise de nettoyage ethnique) ce qu'on appellera peut-être un jour le « printemps bosnien » (1). Certes, ça n'a - pour le moment ? - que peu à voir avec les « printemps » arabes ou turc, pas plus qu'avec le « printemps érable » des étudiants québécois en 2012 ou le tout nouveau (et désormais plus estival que printanier) « printemps brésilien ». Mais le mouvement entamé début juin à Sarajevo a un caractère si particulier qu'il pourrait bien (en tout cas, c'est ce qu'il faut souhaiter à ce merveilleux pays) faire enfin bouger des lignes complètement bloquées depuis la fin de la guerre.

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Pas de numéro, pas de passeport !
Tout a commencé à cause d'une situation ubuesque. Depuis début février, les députés bosniens (auprès desquels nos élus sont des parangons de vertu, d'efficacité et de dévouement au bien public) sont incapables de se mettre d'accord sur un nouveau système d'enregistrement administratif des nouveaux-nés. On doit à la vérité de préciser que, si les représentants des trois « ethnies » ont leur part de responsabilité, ce sont surtout les députés de la Republika Srpska (République serbe), l'une des deux « entités » du pays (l'autre étant la Fédération croato-musulmane ou croato-bosniaque), qui font des pieds et des mains pour paralyser un État central dont ils ne veulent pas et que Dayton s'est ingénié à créer aussi faible que possible (2). Or, sans cet enregistrement administratif, les nouveaux-nés ne peuvent plus obtenir ni passeport, ni sécurité sociale. C'est Belmina Ibrisevic, une petite fille de 3 mois, qui a été le détonateur de la colère bosnienne. Atteinte d'une grave maladie, elle avait besoin d'une intervention médicale à l'étranger, rendue impossible par l'absence de numéro d'identification. L'affaire a fait grand bruit sur les réseaux sociaux et un mouvement spontané de rage et d'écœurement a abouti, le 6 juin, à la « prise en otages », par une foule de Sarajeviens excédés, mais parfaitement calmes et pacifiques (3), des députés coincés dans le Parlement avec les 350 participants étrangers à une conférence.

avantages qu'ils s'octroient). Depuis, les manifestations se succèdent et ont gagné plusieurs autres villes : Zenica, Tuzla, Prijedor, Brcko, Mostar, etc. Les étudiants - traités de « bâtards » par le chef du parti gouvernemental de la Republika Srpska - ont même pris le relais à Banja Luka, « capitale » de la RS, malgré l'interdiction décrétée par les autorités de l'entité.

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La révolution des poussettes
Le mouvement était lancé. Baptisé « bebolucija » (mot-valise formé à partir de beba - bébé et de revolucija - révolution), il a rapidement pris de l'importance. Le 11 juin, près de 10 000 citoyens (et un grand nombre de bébés en poussettes !) ont de nouveau protesté dans la capitale contre l'incroyable incurie de leurs députés grassement payés (en gros, ils touchent 7 à 8 fois le salaire moyen du pays, sans compter les multiples

Comme les autres « printemps », celui-ci est populaire, spontané, sans leaders et ne doit rien aux partis, de toute façon aussi discrédités que leurs élus (même si les Bosniens désabusés continuent à voter majoritairement pour eux) ; bien plus que les autres (sauf peut-être le québécois), il est totalement pacifique et non-violent : les manifestants décident même des moments de silence absolu... pour permettre à leurs députés de travailler ! Mais ce qui constitue - pour le moment du moins - sa caractéristique la plus remarquable, et peutêtre la plus porteuse d'espoir, outre qu'il rassemble les foules les plus nombreuses depuis les manifestations pour tenter d'éviter la guerre en 1992, c'est son caractère totalement multiethnique.

Tous ensemble, tous ensemble, ouais !
Depuis 1995, les politiciens (surtout du côté serbe, mais pas seulement) s'ingénient à maintenir, voire à accroître les divisions ethniques, en jouant sur des peurs et des méfiances réciproques qui leur permettent de maintenir leur pouvoir et leurs privilèges ; ils sont en cela puissamment aidés par une division administrative aussi incohérente que paralysante (sans parler de son coût financier démentiel). Or ce mois de juin aura vu, pour la première fois depuis 20 ans, des citoyens de toutes les régions du pays se réveiller d'une sorte de longue léthargie due non seulement aux séquelles d'une guerre impitoyable, mais aussi à une situation économique et sociale catastrophique. Bosniaques, Croates et Serbes réunis sont peut-être en train d'ébranler sérieusement un système pourri. Autre raison de se réjouir : dans une Sarajevo à 80 % musulmane depuis les déplacements de population des années 90, les extrémistes islamistes (il y en a, généreusement subventionnés par certains pays du Moyen-Orient, qui financent par exemple de luxueuses mosquées) ne jouent strictement aucun rôle dans ce mouvement.

Pour le moment, le « moteur » de cette colère populaire est surtout l'exaspération, voire le dégoût, devant un système politique totalement « bloqué » et inefficace, soigneusement maintenu dans son incohérence par des politicards jamais à court d'idées pour empêcher l'État bosnien de fonctionner (4) ; mais est-il exagérément optimiste, dans une région où le pire est toujours possible, de voir dans cette « bebolucija » l'amorce d'une conscience citoyenne transcendant enfin les divisions ethniques et religieuses soigneusement entretenues par ceux qui en profitent - mafias politiques, autorités religieuses (5) ? La réponse ne devrait guère tarder : après la mort de la petite Belmina, il est difficile d'imaginer que la tension retombe…

Gérard Roy
(1) Oui, bosnien, et non bosniaque. Les Bosniaques (ex-Musulmans dans la terminologie officielle yougoslave) constituent avec les Serbes et les Croates le peuple bosnien, c'est-à-dire le peuple de BosnieHerzégovine. (2) Ça va, vous suivez ?... (3) Ce qui n'est pas forcément évident dans un pays où j'ai vu, à la porte d'un musée, un panneau d'interdiction d'entrer... avec une arme !

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(4) Arguant de « l'insécurité » qui règnerait dans la capitale, les plus extrémistes des députés serbes d'abord, croates ensuite ont décidé de ne plus aller siéger à Sarajevo ! (5) Ah ! les popes orthodoxes qui bénissaient les miliciens partant pour leur « nettoyage ethnique » au début des années 90 !... Les deux photos de cette page ont été prises par Gérard Roy lors de son séjour en Bosnie.

Science et écologie

SPECIAL PERTURBATEURS ENDOCRINIENS
Cette rubrique a pour ambition de proposer un regard critique sur l'actualité scientifique, en montrant tantôt les dangers, tantôt les espoirs suscités par les recherches et les découvertes. La revue La Recherche a publié, dans son numéro de juin 2013, un dossier spécial de 17 pages sur les perturbateurs endocriniens, ces substances qui perturbent le fonctionnement hormonal et menacent notre santé. Une autre revue, Pour la Science, du même mois, publie aussi un article sur le sujet. Cela valait bien une attention particulière de La Feuille Verte. continue les expériences au-delà, avec des concentrations bien plus faibles, on peut détecter de nouveau des effets à un moment donné. Les chercheurs sont en train de mettre au point de nouveaux protocoles de test incluant les faibles doses et donc une gamme de concentrations plus étendue. (La Recherche n° 476, juin 2013, pp. 46 à 48).

3. La carte d'identité du bisphénol A

1. Des poisons qui malmènent les hormones
Le distilbène est une hormone de synthèse (voir 4), le chlordécone un insecticide, les PCB ont servi d'isolants électriques et le bisphénol A est un composant de certains plastiques (voir 3). Ces produits ont en commun de perturber le système hormonal. Les hormones circulent dans le sang, agissent sur des cibles variées et concernent l'ensemble du corps. Or le nombre de maladies liées au dérèglement hormonal ne cesse d'augmenter depuis vingt ans. Une des difficultés dans la compréhension de ces maladies, c'est que les perturbateurs endocriniens, comme les hormones, agissent à très faible dose. Pire : il n'y a pas forcément des effets proportionnels à la dose. Si, à partir de zéro, on augmente progressivement la dose, les effets augmentent d'abord, passent par un maximum puis diminuent (forme en U inversé). On a même des cas où la dose élevée aboutit à l'effet inverse de la faible dose. Pour cette raison, les tests habituels de toxicité, basés sur l'idée que c'est la dose qui fait le poison, sont inadaptés. (La Recherche n° 476, juin 2013, pp. 40 à 45).

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2. La contre-attaque s'organise pour les éliminer
Les tests règlementaires utilisés actuellement pour détecter les effets toxiques d'un produit, avant sa mise sur le marché, ne sont pas adéquats pour les perturbateurs endocriniens. Ils permettent de repérer des effets cancérigènes, la mort ou les malformations du fœtus, mais pas des effets plus discrets, n'intervenant parfois que sur la descendance. Une autre cause de difficulté est l'action à faible dose. En toxicologie classique, en diminuant progressivement les doses, on arrive à un seuil de concentration en dessous duquel le produit n'a plus d'effets (dose dite acceptable). Or avec les perturbateurs endocriniens, si on

Le bisphénol A a d'abord été étudié dans les années 30 pour ses faibles propriétés d'œstrogène. À partir des années 60, il est massivement utilisé dans la fabrication de certains plastiques et résines. La production annuelle est de 3,8 millions de tonnes. On le retrouve dans les plastiques en polycarbonate (bouteilles, emballages alimentaires, CD, DVD...), les revêtements internes des boîtes de conserve, les colles et les peintures, les tickets de caisses et les reçus de carte bancaire, etc. La voie alimentaire représente 80 % des expositions au bisphénol A, par la diffusion du produit du contenant vers la boisson ou l'aliment. En France, la loi interdit depuis le 1er janvier 2013 le bisphénol A dans les conditionnements de produits alimentaires destinés aux enfants de moins de 3 ans. En 2015, l'interdiction s'étendra à tous les conditionnements de produits alimentaires. (La Recherche n° 476, juin 2013, pp. 49 et 53).

4. Le distilbène en France, un scandale au long cours

En 1970, deux médecins américains de Boston observent six cas de cancer rare chez des jeunes filles de 15 à 22 ans. Ils suspectent rapidement un problème de santé publique et, poursuivant leur enquête, il font le rapprochement avec la prise d'un médicament, appelé en France le distilbène, pendant le premier trimestre de grossesse des mères. Dès 1971, ce médicament est contre-indiqué aux USA pour les femmes enceintes. En 1972, lors d'une conférence à Paris, un des médecins américains met en garde ses collègues français contre l'utilisation du produit. Mais il faudra attendre 1977 pour que la contre-indication intervienne en France chez les femmes enceintes, et encore de manière très discrète. C'est en 2010 que le distilbène est décrit comme le premier perturbateur endocrinien connu. Bien que ses effets aient été progressivement observés aussi chez les enfants puis les petits-enfants, une surveillance des femmes exposées et de leur descendance vient seulement d'être mise en oeuvre, en 2013. (La Recherche n° 476, juin 2013, pp. 50 à 54).

Commentaire général :
Avec les perturbateurs endocriniens, il y a bien, au départ, une difficulté méthodologique pour détecter leur nocivité, parce que leurs effets ne sont pas de type « linéaire », c'est-à-dire proportionnels à la dose, et parce que les conséquences sur la descendance ne peuvent pas être signalées tout de suite. Mais, chaque fois, des médecins ont assez rapidement observé des pathologies inexpliquées et, en poursuivant leurs investigations, ils ont fait des rapprochements avec ces substances.

5. Perturbateurs endocriniens : l'EFSA botte en touche

Ensuite, il y a eu beaucoup de temps perdu et de nombreux drames auraient pu être évités. Les causes du retard sont multiples : inertie des habitudes, ignorance et manque d'information des personnels de santé, peur d'affoler les patients, poids du lobby des fabricants qui pourrait être aussi à l'origine de la récente position de l'EFSA, etc. EÉLV a toujours été favorable au renforcement des tests préalables à la mise sur le marché et au développement des systèmes d'alerte. Dès que des effets indésirés graves sont mis en évidence, il faut que les responsables politiques aient le courage d'affronter les lobbies et d'imposer rapidement des principes de précaution stricts. C'est leur rôle de défendre la primauté absolue de l'intérêt général en matière de santé publique.

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Le 20 mars 2013, l'Autorité européenne de Sécurité des Aliments, l'EFSA (1), a rendu public son avis sur les perturbateurs endocriniens à la suite d'une demande de la Commisson européenne. Alors que de très nombreuses publications montrent les effets de ces substances sur les écosystèmes et la santé humaine, l'EFSA considère que le fondement scientifique de ces effets « n'est pas concluant », bafouant au passage le principe de précaution. Pire, l'EFSA suggère même que les faibles doses n'auraient pas forcément un effet néfaste et que l'organisme pourrait s'adapter. L'EFSA se fourvoie donc avec le vieux schéma selon lequel « c'est la dose qui fait le poison », ralentissant ainsi la mise au point et la généralisation de tests mieux adaptés à la détection des perturbateurs endocriniens. (Pour la science n° 429, juin 2013, pp. 14-15).

Gérard Mamet
(1) EFSA : European Food Safety Authority, Autorité européenne de Sécurité des Aliments.

Des vaccins sans aluminium ?

OUI, TOUT DE SUITE !
EÉLV-Franche-Comté apporte son soutien sans faille à Yves Ketterer, militant écologiste franc-comtois, qui a entamé le 10 juin une grève de la faim devant le ministère de la Santé, et demande avec lui et l'association E3M (Entraide aux Malades de Myofasciite à Macrophages) la mise à disposition sans tarder de vaccins sans aluminium. En effet, bien qu'utilisé comme adjuvant (depuis 90 ans aux USA), l'aluminium non seulement n'a jamais fait la preuve de son innocuité, mais est aujourd'hui de plus en plus fortement soupçonné de faire courir des risques, d'autant plus que, dans le cas des vaccins, il est directement introduit dans l'organisme, sans l'effet barrière des voies digestive et cutanée ; ses effets néfastes pourraient se manifester des années, voire des dizaines d'années plus tard… EÉLV rappelle à la Ministre de la Santé, Marisol Touraine, qu'elle s'était engagée à permettre aux familles d'avoir le choix (vaccin avec ou sans aluminium), comme c'était le cas avant 2008. La suspension cette année-là du DTPolio sans aluminium s'est faite sur la base de déclarations inexactes, comme l'a démontré l'enquête de l'AFSSAPS (devenue ANSM, Agence de Santé du Médicament). L'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) du DTPolio sans aluminium est toujours valide . Alors que l’Académie de Médecine reconnaît que l’aluminium contenu dans les vaccins migre vers le cerveau, que le Conseil d'État a reconnu le lien de causalité entre cet adjuvant et la myofasciite à macrophages (fin 2012, début 2013) et que l'aluminium est soupçonné de favoriser, voire de provoquer, diverses autres maladies graves, la sécurité vaccinale doit-elle continuer à rester un sujet mineur ? Combien de malades faudra-t-il pour réagir ? Les autorités sanitaires françaises doivent appliquer le principe de précaution en remettant immédiatement à disposition un vaccin DTPolio sans adjuvant ou sur phosphate de calcium (utilisé pendant des décennies sans effets indésirables), le DTPolio étant obligatoire pour les enfants en collectivité (1).

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Brigitte Monnet et Bernard Lachambre
Cosecrétaires régionaux EÉLV (1) N'oubliez pas de signer en ligne la pétition portée par Change.org : http://www.change.org/fr/pétitions/nous-demandonsdes-vaccins-sans-aluminium-pour-protéger-nos-enfants Site E3M : http://myofasciite.fr Blog E3M: http://blog.myofasciite.fr

Une concertation, quelle concertation ?

RETRAITES : UN JEU DE DUPES
Le gouvernement veut réformer les retraites. Pour cela, il a commandé un rapport, un de plus. Il invite les partenaires sociaux à une concertation. Et il annonce un projet de loi pour la fin de l'été. Le premier ministre s'engage à une juste répartition des efforts et de son côté, le président affirme qu'il ne s'agit pas de remettre tout à plat. Alors de quoi s'agit-il ? Visiblement, de combler le déficit à moyen terme. Autrement dit, de poursuivre le travail d'ajustement à la baisse entrepris depuis 20 ans et la réforme Balladur. À qui fera-t-on croire qu'en mettant sur la table les propositions du rapport Moreau et uniquement celles-ci, en limitant le temps de la discussion au cœur de l'été, une réelle concertation s'organisera et on verra s'ouvrir la possibilité de réfléchir au système et à ses évolutions souhaitables ? Est-on si pressé de passer un nouveau coup de rabot qui, à coup sur, sera suivi d'un autre ?

Comme pour la fiscalité, comme pour les allocations familiales, le gouvernement avance en
canard, dodeline sur un horizon immédiat, comme incapable d'une vision à plus long terme. Il ne reste alors qu'à négocier un nouveau recul des droits sociaux au lieu de tenter de penser leur refonte. Nous sommes dans le règne du compromis social-démocrate : on se satisfait du fait que chaque partenaire abandonne un petit quelque chose (comme dans le cadre de l'ANI), sans jamais oser dessiner d'autres perspectives. Le courage politique consisterait d'abord à affronter les oppositions idéologiques, à ouvrir le débat de fond en liant les questions qui le méritent. Peut-on un simple exemple - parler de la retraite sans aborder les questions du travail (accès, conditions, déroulement de carrière, formation, etc.) ? Le courage politique consisterait non pas à simplement franchir l'obstacle, mais à poser les bases d'une refondation. Et cela exige du temps pour passer d'un compromis fragile et peu durable à un consensus qui marque une rupture et un renouveau (1). C'est peu dire que nous n'avons pas fini d'accumuler les déceptions.

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Michel Boutanquoi
Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Ce qui va advenir relève du jeu de dupes : je monte au créneau sur la retraite des fonctionnaires pour que soit lâché un peu de lest sur la durée de cotisation ! Je cause indexation des pensions et on finit sur une petite augmentation des contributions salariales et patronales !
L'avenir des retraites ne mérite-t-il pas qu'on prenne le temps de tout mettre sur la table, et pas uniquement quelques chiffres auxquels, on les sortant de leurs contextes, on peut faire dire n'importe quoi ? Pourquoi soudain cette urgence quand, depuis vingt ans, on bricole, on rafistole et on précarise ?

(1) Le terme consensus a pris une connotation péjorative et quasiment le sens de compromis à travers l'expression « consensus mou ». Serge Moscovici (psychologue social et père du député du Doubs) a montré dans son livre Dissensions et consensus que le consensus est une élaboration collective qui permet, à partir de deux représentations en conflit, d'en produire une nouvelle et ainsi de produire du changement. On passe de la logique « qui gagne ? qui perd ? » à une logique de création. Pour le dire autrement, la protection sociale demeure une valeur et une exigence essentielles. La question est aujourd'hui de savoir comment on la fait vivre dans un monde qui n'est plus celui de l'après-guerre.

Séparation des activités bancaires

LA FINANCE EST-ELLE AUJOURD'HUI SOUS CONTRÔLE ?
C'est le thème qu'avait choisi de développer le groupe bisontin de « Roosevelt 2012 » (1), mardi 18 juin, à la salle Battant. Inutile de laisser planer le moindre suspense : la réponse est non. La conférencière, Laurence Scialom, spécialiste de l'économie financière, est revenue sur la loi de séparation des activités bancaires. Voici quelques éléments d'analyse et de réflexion. banques puis les économies dans la crise. Et il y a en fait « privatisation des gains » (des fortunes énormes se constituent pendant les périodes d'euphorie) et « socialisation des pertes » au moment de la crise (puisque ce sont les contribuables qui paient à ce moment-là).

Des risques inconsidérés... non assumés
Les banques généralistes ont deux types d'activités : les dépôts et les placements. Depuis le développement de l'ingénierie financière, les banques ont des comportements extravagants : elles prennent des risques inconsidérés sur des placements spéculatifs. Or, depuis 1996, ce sont elles-mêmes qui calculent ce risque, comme un risque météo (le fait de prendre son parapluie ne fait pas pleuvoir). Or dans le fonctionnement financier, le risque est aussi « interne » : le fait que les banques prennent certaines décisions va changer la donne et provoquer des comportements mimétiques qui ne sont pas du tout pris en compte dans le modèle. Mais pourquoi les banquiers se gêneraient-ils ? D'une part, ils bénéficient d'une garantie de l'État qui leur permet d'avoir des taux avantageux de prêts. Cela correspond, en France, à une sorte de « subvention de 48 milliards pour l'année 2011 », somme bien supérieure à ce que les banques paient en impôts et taxes. Par ailleurs, elles se débarrassent aussi du risque par le système opaque de la « titrisation », qui va le diffuser dans l'ensemble du système financier, rendant celui-ci extrêmement vulnérable en cas de crise, comme on l'a vu en 2008. Et plus le système est dérégulé, plus les crises sont graves. Dans ce type de cycle, on a d'abord une période d'euphorie, avec distribution massive de crédit : l'immobilier, les actions grimpent, la bulle spéculative gonfle. À un moment donné, la belle machine s'enraye, le doute puis la panique s'installent. Les cours s'effondrent, entraînant les

Une réforme vraiment minimale
À partir de ce qui vient d'être dit, on peut entrevoir certains éléments de solution. Par exemple, obliger les banques à mettre davantage de capital dans le risque pour qu'elles aient un comportement prudentiel. Mais une partie de la réforme ne sert à rien, puisque la loi votée « interdit des opérations qui n'existent pas », dixit la conférencière. Une autre partie de la solution serait de limiter la taille des banques puisque les études montrent que plus une banque accroit sa taille, « plus elle déforme son bilan par des activités de marché ». À la question « Estce que le système financier soutient l'activité économique ? », Laurence Scialom répond : « Jusqu'à un certain seuil, qui est aujourd'hui largement dépassé. » Actuellement, le système financier « pèse » sur la croissance. Mais la question-clé reste la séparation entre les activités de dépôts et les activités de placements. Or, dans une banque généraliste comme le Crédit Agricole, c'est le même capital qui garantit les sommes placées sur les marchés et les dépôts des particuliers.

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Les activités spéculatives peuvent donc mettre en danger les dépôts. Et tant que les banques bénéficient de cette protection et de la garantie de l'État, elles sont dans une sorte d'impunité qui les pousse à prendre des risques inconsidérés qui, aux dires de la conférencière, ne profitent qu'aux traders et aux dirigeants des banques, et même pas à leurs actionnaires. Pire, en cas de crise, c'est l'ensemble de l'économie qui trinque. Or Bercy - comprendre Moscovoci - n'a pas voulu d'une vraie séparation. On fait moins bien qu'en Angleterre ou aux États-Unis. La séparation se fait sur « un critère mou », « sur la base de la satisfaction des besoins du client » (2), et ne concerne qu'une très petite partie des activités. Les amendements sur les paradis fiscaux ont même été refusés au départ par le gouvernement, au grand dam des députés PS, qui se sont plaints de n'avoir aucune marge de manoeuvre (les choses ont un peu bougé depuis l'affaire Cahuzac).

Signalons enfin que nos députés EÉLV, Éric Alauzet en tête, se sont démenés dans une bataille d'amendements pour essayer d'améliorer la loi, avec des résultats très mitigés. Sur son livre, que j'ai acheté (3), Laurence Scialom a écrit la dédicace suivante : « À force d'efforts, on va y arriver... » J'avoue que j'ai des doutes : il manque pour l'instant une vraie volonté politique.

Gérard Mamet
(1)° Collectif citoyen fondé par des personnalités comme Stéphane Hessel, Susan George, Edgar Morin, Patrick Pelloux, etc. Leur Manifeste a été signé par plus de 100 000 personnes. (2)°Voir le Bulletin de la Fédération bancaire française : http://www.fbf.fr/fr/files/96GJ3P/AB561.pdf (3) Laurence Scialom, Économie bancaire, La Découverte (janvier 2013).

PTCI

GAZ DE SCHISTE, LE RETOUR !
Les journalistes ont fait beaucoup de bruit autour de la « protection de la diversité culturelle », mise à mal par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Mais personne ne nous a dit que l’extraction des gaz de schiste entrait à nouveau par la petite porte. En effet, grâce au PTCI (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement), l’accord de libre échange que l’Europe s’apprête à négocier avec les États-Unis et le Canada, les grandes compagnies pétrolières américaines pourront bientôt attaquer la France en justice. La loi de juillet 2011 qui interdit la fracturation hydraulique pour extraire les gaz de schiste constituera une entrave illégale à la bonne marche des affaires. La tentation est grande de s’abandonner au chant des sirènes des économistes. Notre pays regorge de ces « petites bulles », qui nous rendraient autonomes par rapport aux pays producteurs de pétrole, abaisseraient la facture énergétique et pourraient créer des emplois. Mais on oublie bien vite que la fracturation hydraulique est désastreuse pour l’environnement, que l'empreinte carbone du gaz de schiste équivaut à celle du charbon et que notre pays serait transformé en gruyère. Soutenons nos élus qui bataillent pour le développement des énergies alternatives, respectueuses de l’environnement. Continuons l’éducation de la population pour apprendre à économiser l’énergie, isoler nos maisons, consommer moins et mieux. L’argent n’ira pas dans les mêmes escarcelles, certes, mais il profitera plus à notre pays. Et en prime, l’héritage que nous laisserons à nos enfants et petits-enfants sera plus propre et porteur d’espoir. Il va sans dire que cet accord PTCI requiert aussi notre vigilance sur bien d’autres aspects : normes sanitaires des plantes et de la viande, OGM, politiques sociales et environnementales (qui seront fortement influencées par la perte de souveraineté des démocraties européennes). Il subsiste encore beaucoup d’opacité et il est impératif que nous, écologistes, agissions pour faire lever le voile sur toutes ces questions.

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Suzy Antoine

UN MOIS, ÉMOIS, ET MOI
Cow-boys. Le Texas a exécuté le 12 juin son 499e condamné depuis le rétablissement de la peine de mort aux Etats-Unis en 1976. Encore un effort et ça fait un compte rond.

Progrès. Jean-François Copé, à propos de la primaire
parisienne organisée par son parti avec le succès que l'on sait : « À l'UMP, nous apprenons la démocratie. » Ben mon colon, y a encore du boulot, hein !

Symbiose. Les députés de la Douma ont adopté une loi
pénalisant la « propagande » en faveur des « relations sexuelles non traditionnelles », c'est-à-dire « non conformes aux traditions russes » - comprenez l'homosexualité. En Géorgie, l'Église orthodoxe mène les manifs anti-homo au nom de la lutte contre « un péché devant Dieu », « une anomalie et une maladie ». Russes et Géorgiens, qui ne s'aiment guère, arrivent quand même à s'entendre sur quelque chose.

Grecs. Le peuple inventeur de la philosophie a manifesté parce qu'on voulait lui arrêter la télé. Socrate, reviens, ils sont devenus fous ! Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Culture. D'après Le Monde, l'ERT (l'audiovisuel fermé

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par le gouvernement, puis rouvert par décision de justice) « privilégiait des programmes de qualité et jouait un rôle actif dans [la] vie culturelle grecque ». Je confirme : elle retransmettait la messe du dimanche.

Lyrique. L'ineffable NKM après son brillant succès à
ladite primaire : « Il souffle ce soir un parfum de liberté qui sied si bien à Paris et à son histoire. » Ça sent plutôt le Chanel, non ?

Nuance. Le mot « race » disparaît de la législation française. Dorénavant, on ne niquera plus la race de ta mère, mais son ethnie.

Orient. Un adolescent exécuté à Alep par des djihadistes syriens pour avoir « blasphémé ». Encore un pays où on va fort se divertir après la chute du tyran.

Chiche ! Ludovine de La Rochère (déjà, rien que le
nom, j'adooore), présidente de la Manif pour tous, se dit « prête à passer sous le char de Tiananmen » pour s'opposer à la loi Taubira. Quoique viscéralement antimilitariste, je suis volontaire pour le conduire moimême, ce char.

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Radins. Zahia Dehar, la - très jeune - call-girl héroïne du
feuilleton Benzema-Ribery et compagnie, déclare qu'elle « n'aime pas les footballeurs, parce qu'en plus de leur mauvais comportement, ils ne paient pas très bien ». Décidément, chez les footeux, tout est à jeter.

Con(ne)s. En Israël, féministes (vraiment ?) et ultraorthodoxes s'affrontent au mur des Lamentations, les unes pour avoir le droit de prier comme les hommes, les autres pour les en empêcher. Dans la série « Les controverses les plus cons de la planète », celle-ci monte d'emblée sur le podium.

Stades. On aura tout vu : les Brésiliens manifestent
contre le Mondial de foot ! À quand des manifs au Vatican contre le port de la soutane ?

ignore si la Vierge a pu nager jusqu'à la sortie.

Dégénérescence. Medef et CFDT sont les deux principaux signataires du rapport Réinventer la croissance, dans lequel il est question, en vrac, d' « améliorer partout la compétitivité », de proposer « une vision conquérante de l'économie française », de « promouvoir l'esprit d'entreprise dès l'école », et j'en passe. La CFDT, c'était pas cette bande de gauchistes qui publia jadis Les Dégâts du progrès ?

Dimanche. Plusieurs députés PS (dont Bartolone et
Le Roux) sont pour l'ouverture dominicale des magasins de bricolage. Et pourquoi pas les toilettages pour chiens ?

Visionnaire. Le Hezbollah libanais décide d'arrêter les
tirs en l'air, des autorités religieuses chiites d'Iran et d'Irak ayant signalé que cette pratique était prohibée par l'islam. Costaud, quand même, le Mahomet : au 7e siècle, il interdisait déjà fusils et kalachnikovs !

Podium. Pour la plupart des Russes, c'est Léonid
Brejnev qui fut le « meilleur dirigeant du XXe siècle ». Seul le chauvinisme slave a pu les empêcher de choisir Sarko ou Berlusconi.

Avions. Droite et gauche sont parfaitement d'accord
pour développer (et subventionner) l'aéroport de Dole. Perny, le président PS du Conseil général du Jura, appelle cela « une forme d'intelligence collective ». Concernant ces guignols, c'est pas le mot « intelligence » qui me serait venu en premier à l'esprit.

Méga. Au Nicaragua, l'ex-révolutionnaire sandiniste
Ortega veut faire creuser (par les Chinois) un « canal de Panama bis » à travers son pays. L'Éthiopie, elle, a commencé sur le Nil et au grand dam de l'Égypte la construction du plus grand barrage d'Afrique. Nos décideurs à nous, amateurs d'aéroports et de LGV, sont vraiment des petits rigolos.

Au voleur ! Le PC compte regagner plus de 40 villes aux
prochaines municipales, en particulier Aubervilliers et Montreuil, que nos amis communistes estiment s'être fait « voler » en 2008. Si le PC a gardé quelque chose de son époque stalinienne, c'est bien la manipulation éhontée du langage.

Love. « Je suis à tes côtés pour te servir », « Utilisemoi », « J'ai besoin de toi »... Ma parole, elle a un vrai talent d'écriture, Christine Lagarde ! Au lieu d'envoyer sa lettre à Sarkozy, elle aurait dû proposer sa prose à la collection Harlequin.

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Debout ! Marine Le Pen estime qu'en se suicidant, l'historien d'extrême droite Dominique Venner a voulu « réveiller le peuple de France ». Personnellement, ça ne me déplairait pas que tous les fachos essaient de nous « réveiller » de la même façon.

Taïaut ! Le groupe EÉLV à l'Assemblé nationale dépose
une proposition de loi « visant à interdire la chasse à courre, à cor et à cri ». Histoire de ne pas se brouiller avec les chasseurs, l'une des élues (1) retire sa signature et précise : « La chasse à courre est une tradition. C'est plutôt une bonne tradition. Actuellement, il y a des sujets plus graves, avec les difficultés économiques et sociales. » Encore une qui fait de la « politique autrement ».

Féministe. Estimant que « 60 % des femmes de Kiev
[d'où est parti le mouvement des Femen] sont des filles de joie », l'un des avocats des salafistes tunisiens qui tentent de se porter partie civile dans le procès des trois Femen déclare : « Une femme libre préfère être affamée que de manger par ses seins. » Lui, on ne sait pas par quoi il mange, mais c'est sûr qu'il pense par sa queue.

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Gérard Roy Inquiétude. La grotte de Lourdes submergée par les
flots torrentiels du Gave de Pau. À l'heure où j'écris, on (1) Qu'on s'abstiendra de nommer pour ne pas faire de pub à une élue de Poitou-Charentes...

JDE

Les Journées d’été d'EÉLV sont ouvertes à
tout le monde, adhérents ou non, curieux, voisins… Elles auront lieu cette année à Marseille, du jeudi 22 au samedi 24 août 2013, à l’université de Marseille SaintCharles. En effet, c’est la bouillonnante Marseille, Capitale européenne de la culture 2013, qui va nous accueillir cette année. Au cœur de la cité phocéenne, à quelques minutes à pied de la Canebière, l’université de Saint-Charles, située à côté de la gare, est le lieu idéal pour découvrir toutes les écologies au soleil du Midi. Au programme, six grandes plénières, rassemblant à chaque fois plus de 2 000 écologistes, une douzaine de forums, pour approfondir les sujets qui ont fait ou qui feront l’actu, et près d’une centaine d’ateliers pour analyser en détail les débats, mais également apprendre à utiliser des outils et toujours mieux comprendre le monde… Ateliers, débats, concerts, animations, buvette et restaurateurs ambulants, visites et actions militantes : cette année, Marseille va voir la vie en vert! Nous avons tout prévu : accessibilité handicap, accueil des enfants et baby-sitting.

de la place. Vous êtes arrivés : on est là. Venir en avion (vous habitez loin…) : Prenez l’avion jusqu’à Marseille-Provence. Arrivés à l’aéroport, prenez le train en direction de Marseille, puis suivez le paragraphe « en train ». Venir à pied, à vélo ou à roulettes (on ne sait jamais) : Le plus simple est de prendre le métro, jusqu’à l’arrêt « Marseille Saint-Charles ». Sortez de la station, sortez de la gare, tournez la tête vers la droite, on est là!

Pour les personnes à mobilité réduite

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Les Journées d’été de Marseille, au sein du campus, ne seraient pas vraiment un long fleuve tranquille pour les personnes à mobilité réduite sans les quelques aménagements et services que l’équipe d’organisation aura mis en place. Au premier abord, le campus peut paraître difficile car situé sur une butte ; en fait, les lieux que nous fréquenterons sont tous accessibles, les abords des bâtiments concernés par nos activités sont plats ou pourvu d’ « esplanades », avant un autre niveau desservi par une rampe ou la voirie interne au campus. Alors pas d’inquiétude, le maximum sera encore fait pour que tout le monde puisse être accueilli dans de bonnes conditions. La route sépare le campus de la gare, qui n'est qu'à quelques minutes ; si vous avez des problèmes pour vous déplacer malgré le faible temps de parcours, n’hésitez pas à nous appeler, notamment en prévenant le référent Handicap des JDE. Une fois arrivé au campus, à l’accueil, si vous avez des problèmes de mobilité, il vous sera remis un plan pour vous proposer les cheminements les plus courts et/ ou les plus faciles. Pour permettre aux personnes à mobilité réduite de se rendre aux ateliers qui auront lieu dans un bâtiment un peu excentré et difficile d’accès, il vous sera proposé de vous transporter en Proxi-pouss, la formule marseillaise des rickshaws asiatiques.

Un accès très facile
Cette année, c’est très simple: nous serons au pied de la gare TGV. D’où que vous veniez, il est quasiment impossible de vous perdre ; mais à toutes fins utiles, voici l’adresse et quelques informations : Université Marseille Saint-Charles, Place Victor Hugo 13003 Marseille—Coordonnées GPS: 43.304, 5.378 Venir en train : Gare TGV Marseille Saint-Charles. Sortez de la gare, tournez la tête vers la droite… on est là, à moins de cent mètres. Venir en voiture (covoiturage, bien sûr !) : Depuis l'A7, filez droit vers Marseille. À la Porte d’Aix (un arc de triomphe entouré d’un carrousel de voitures), suivez le panneau « Gare TGV » qui vous fera sortir vers la gauche

Des points de prise en charge vous seront proposés, aux heures des ateliers notamment. Les lieux et salles équipés de boucles magnétiques vous seront précisés dans le programme. Cette année, le CROUS ne semble pas en mesure de fournir des chambres pour personnes en fauteuil roulant. Pour l’hébergement (surtout si vous réservez une chambre en cité U), quel que soit votre handicap, ou simplement votre difficulté à la marche, contactez David Marais (1) qui, selon les besoins, vous conseillera au mieux des possibilités (cela vaut aussi pour les gens déjà inscrits). La restauration sera organisée comme l’an dernier, composée de multiples stands de producteurs locaux, dans un espace nettement plus « carrossable » que les pelouses du campus de Poitiers. Pour faciliter votre bon accueil, remplissez le formulaire « Personne en situation de handicap », et pour toute question, avant ou pendant les JDE, n’hésitez pas à faire appel à David, votre référent handicap

Hébergement : ça se bouscule !
Les hébergements sont pris d’assaut : dépêchezvous de réserver le vôtre. Les dernières informations de l'Office de tourisme nous font craindre un manque de chambres d'hôtel à proximité du site. Faites-le vite, très vite : après, il sera trop tard pour trouver un hébergement dans la ville ! La hotline de l’équipe des Journées d’été est désormais ouverte du mardi au vendredi, de 14h à 17h, au 01 53 19 53 19, et presque 24 h/24 par mail à jde@eelv.fr.

La fête
Les Journées d’été, c’est aussi (et surtout) l’occasion de faire la fête… Animations et concerts jalonnent ces trois jours d’épuisants débats. Samedi soir, une fête de clôture est organisée, pour nous faire danser et nous amuser jusqu’au bout de la nuit. Mais pour en connaitre les contours, il faudra être très patient et aimer les surprises… Samedi 24 aout en soirée, horaire et lieu à définir.

Suzy Antoine

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(1) david-marais@orange.fr ou 06 09 86 84 72

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