Vous êtes sur la page 1sur 7

DOSSIER

Automne 2004 • Septembre - octobre - novembre

Océans, habitat en péril


Nos mers sont (sur)exploitées. Après avoir écumé les eaux côtières, les grands bateaux
de pêche vont toujours plus loin, jusqu’à pêcher dans les grandes profondeurs mari-
nes, dans un univers encore méconnu, qui mérite d’être protégé. La surpêche sévit
dans les océans du monde entier, saccageant aussi bien les stocks de poissons com-
mercialement rentables que les poissons non commercialisables qui succombent par
milliers dans les filets de pêche. La chasse baleinière reste elle aussi d’actualité malgré
les appels répétés de la communauté internationale. Point de vue de la situation et
ébauches de solutions proposées par Greenpeace.
© 2004GREENPEACE/ROGER GRACE
DOSSIER
Les profondeurs océaniques pourraient
ne jamais livrer tous leurs secrets…
Mai 2004. Le Rainbow Warrior entame peu d’espèces vivantes. Mais les techno- vie sur leur passage. Des études réalisées
une expédition au large de la Nouvelle- logies modernes ont prouvé le contraire. en eaux peu profondes ont démontré que
Zélande. Jusqu’il y a peu, Greenpeace La découverte de ce nouveau monde a éton- les chalutiers ne pêchent pas unique-
menait essentiellement campagne contre né les scientifiques, inlassablement en ment les espèces halieutiques convoi-
la surpêche dans les eaux proches des quête d’informations sur l’origine de la tées. On estime qu’un quart des poissons
côtes. Aujourd’hui, c’est dans les eaux vie sur notre planète, sur les possibilités finissant dans les filets des pêcheurs sont
internationales, en haute mer, que le d’utiliser des gènes de telle ou telle espè- rejetés morts à la mer. On parle alors de
navire amiral s’aventure (1). Pourquoi? ce à des fins médicales… ou tout simple- “prises accessoires”. Autre constat: 95%
Nous avons posé la question à Carmen ment fascinés par la découverte d’un être des dommages infligés aux écosystèmes
Gravatt, chargée de mission océans à vivant jusque-là inconnu. Malheureuse- des grandes profondeurs seraient la
bord du navire. “J’espère que nous allons ment, ce nouveau monde commence conséquence de la pêche au chalut…
enfin réussir à faire sortir de l’ombre une pro- aussi à être exploité par les financiers de
blématique cachée. La plupart des gens igno-
rent ce qui se passe dans les eaux internationa-
la mer. En une vingtaine d’années, ils ont
adapté leurs vaisseaux aux exigences de
[ Le seul moyen d’assurer la survie à long
terme de l’industrie de la pêche est
les. Nous sommes ici pour dénoncer la destruc- cette pêche au large. Les espèces des d’empêcher l’effondrement ultérieur des
tion à grande échelle d’une vie marine unique grandes profondeurs ont aujourd’hui la stocks de poissons
et vulnérable, vivant dans les grandes profon-
deurs océaniques. C’est tout un écosystème
cote mais cette popularité soudaine pour-
rait bien leur causer quelques soucis.
Kristina Gjerde, Union Internationale
pour la Conservation de la Nature
]
marin que les bateaux de pêche risquent de
détruire à jamais, alors qu’ils ne sont intéres- Pêche au chalut, mort au A ce jour, cette forme de pêche reste
sés que par quelques espèces de poissons com- tournant encore limitée en haute mer (entre 100 et
mercialement intéressantes.” La pêche au chalut est certainement la 200 bateaux exploitent à temps plein,
forme de pillage des mers la plus des- alors que la flotte de pêche mondiale
Jusqu’à récemment, nombreux sont ceux tructrice. Ces engins raclent littérale- totalise plus de 3 millions de bateaux).
qui pensaient que les eaux des grandes ment les fonds marins, jusqu’à 1.500 Douze pays (2), principalement de l’OCDE,
profondeurs, noires et froides, abritaient mètres de profondeur, détruisant toute se partagent 95% du marché. Cette flotte
(1) Pour tout savoir sur la problématique de la pêche en eau profonde: http://www.greenpeace.org/international_en/campaigns/intro?campaign_id=461050
(2) Nouvelle-Zélande, France, Espagne, Portugal, Iles Féroé, Islande, Norvège, Lituanie, Lettonie, Estonie, Japon, Russie.
© 2004GREENPEACE/ROGER GRACE

Ce chalutier photographié par Greenpeace rega-


gne le port, ses cales pleines de poissons pêchés
dans les eaux profondes de la mer de Tasmanie.
DOSSIER
étant encore relativement restreinte, il
est encore possible d’en limiter le déve-
loppement.

Greenpeace en action à côté des


biologistes marins pour deman-
der un moratoire
Les eaux internationales, situées au-delà
de la zone économique exclusive de 200

© GREENPEACE
miles, sont l’héritage commun de l’humani-

© GREENPEACE
té. Cette belle citation masque une réalité
plus sombre: ces eaux sont insuffisam-
ment contrôlées et surveillées par les
instances régionales de gestion des
pêcheries. La pêche n’y est donc pas
réglementée et les prises ne sont généra-
lement pas comptabilisées.

[ Les scientifiques doivent avoir le temps


d’étudier les modèles de distribution, la
valeur et la vulnérabilité des montagnes
sous-marines avant qu’il ne soit trop tard
Daniel Pauly, directeur du Centre des
Pêcheries, Université de Colombie
]
© GREENPEACE

© GREENPEACE
Britannique, Canada

Greenpeace fait pression sur les Nations


unies pour qu’elles instaurent un mora- Un monde sous l’eau, un monde méconnu
toire sur la pêche au chalut en haute mer.
Les habitats les moins explorés sur Terre ne sont pas les Andes ou les forêts reculées
Le délai imparti par le moratoire permet-
d’Asie. Il ne s’agit pas non plus de l’Antarctique, mais bien des fonds océaniques. A
trait aux scientifiques de récolter des
plus de 1.000 mètres de profondeur s’élèvent, dans les océans du monde entier, de
données sur ces écosystèmes uniques. Il
véritables chaînes de montagne, havres d’une vie foisonnante. Coraux d’eau froide,
leur incombe ensuite de transmettre ces
anémones de mer et planctons y abondent, tout comme d’ailleurs un grand nombre
données aux autorités politiques compé-
d’espèces de poissons endémiques, qui ont pris l’habitude de se rassembler sur les
tentes. Le sort des stocks de poissons de
pentes des montagnes sous-marines. L’une des plus prisées est l’hoplostète rouge
haute mer en dépend. En effet, avec les
(Hoplostethus atlanticus) dont on trouve encore des bancs très denses. Mais il y a
stocks de poissons qui s’effondrent dans
aussi le grenadier de roche, le sabre noir, la lingue bleue… Il s’agit d’espèces à crois-
les eaux peu profondes et avec des tech-
sance lente qui n’arrivent à maturité sexuelle que sur le tard, ce qui les rend d’autant
nologies toujours plus performantes
plus vulnérables à la surpêche.
pour pêcher en haute mer, le risque est
Les scientifiques estiment à 50.000 le nombres de montagnes sous-marines peuplant
réel de voir de plus en plus de navires
les fonds océaniques, dont seules une petite cinquantaine a fait l’objet d’études
industriels prendre le chemin des eaux
approfondies. Une vie incroyable y a été découverte qui rivalise, en abondance et en
profondes pour y pêcher les espèces
diversité, avec celle des forêts anciennes. Les montagnes sous-marines non encore
commercialement intéressantes…
explorées pourraient abriter entre 500.000 et 5.000.000 d’espèces marines inconnues
à ce jour. Les océans sont loin d’avoir livré toutes leurs richesses. Allons-nous nous en
[ Des espèces qui pourraient servir l’hu-
manité entière sont détruites. Et si le priver avant même de les connaître?
remède pour guérir le sida ou la leucé-
mie se trouvait dans les montagnes sous- d’un tel moratoire. Leurs arguments sont sors sous-marins ne doit nous empêcher
marines? Une poignée de bateau n’a pas le clairs: ils commencent seulement à com- d’agir pour les préserver. Cette évidence
droit de détruire les ressources qui prendre la diversité, l’importance et la est très clairement inscrite dans le princi-
appartiennent à tous…
Michael Hirshfield, scientifique ] vulnérabilité des écosystèmes des gran-
des profondeurs. Ils s’inquiètent de voir
pe de précaution qui figure dans la décla-
ration de Rio.
ces zones profondément bouleversées
Plus de 1.000 biologistes marins (3) parmi avant même qu’ils n’aient eu le temps de La pêche en haute mer n’est malheureu-
les plus réputés au monde se sont égale- découvrir les richesses qu’elles abritent. sement qu’un des nombreux problèmes
ment exprimés avec fermeté en faveur Cette relative méconnaissance des tré- qui affectent les océans.
(3) Pour consulter la déclaration des biologistes: http://www.mcbi.org

Greenpeace • Automne 2004 III


DOSSIER
De la crevette à la baleine en passant par le thon,
Océan glacial Atlantique nord, les Norvégiens massacrent le
arctique, petit rorqual
baleiniers islan- C’est sur l’Atlantique nord que les baleiniers norvégiens jettent leur dévolu.
dais en action Aujourd’hui encore, ils continuent à chasser quelques centaines de petits
En août 2003, l’Islande a rorquals par an (670 petits rorquals prévus pour la saison 2004). Les outils
décidé de reprendre la sont les mêmes que ceux utilisés par les Japonais (chasseurs, canon lance
chasse baleinière dans les harpon...) à la différence que les Norvégiens n’ont pas besoin de navires-
mers froides de l’Arctique. usines car ils chassent près de leurs côtes et ramènent régulièrement leurs
Heureusement, suite aux prises à terre… lorsque leurs cales sont pleines de graisse et de viande!
actions de Greenpeace et
© GREENPEACE/DORREBOOM

un vaste mouvement de
pression international, le
gouvernement a décidé,
en juin 2004, d’abandon-
ner la chasse du rorqual de
Rudolphi et du rorqual commun et de réduire son
quota de chasse de 500 petits rorquals sur deux ans à
25 petits rorquals pour 2004.

Côtes d’Afrique
occidentale, OC.
pêcheurs pirates ATLANTIQUE
à l’horizon
Si les eaux entourant
© GREENPEACE/DAVISON

l’Antarctique sont le lieu


privilégié des pirates de
haute mer, ils exercent
aussi leurs activités le OC.
long des côtes africaines. La technique de pêche est la même que
celle utilisée en Antarctique, à savoir la palangre, longue ligne
PACIFIQUE
armée de milliers d’hameçons déroulée sur parfois 100 kilomètres.
Durant ces opérations de pêches incontrôlées, des requins et des
tortues de mer sont tués et rejetés à la mer, car non souhaités.

Antarctique, un
sanctuaire bafoué
Depuis le début de la chasse balei-
nière en Antarctique, la baleine
bleue a été pratiquement extermi-
© GREENPEACE/BAKER

née, passant de 100.000 individus


à un millier. Aujourd’hui, les balei-
niers japonais y massacrent 400
petits rorquals chaque année,
bafouant le sanctuaire baleinier établit en 1994 autour de l’Antarctique.
Et comme si cela ne suffisait pas, les mers australes sont pillées par des
“pêcheurs pirates”, bravant les lois internationales de gestion des pêcheries.
© GREENPEACE/BELTRA

Ils y braconnent des milliers de tonnes de légine australe, un poisson de fond.


Les scientifiques estiment que si la situation ne change pas, la population de
légine y sera éteinte commercialement dans moins de trois ans.
DOSSIER
quelques exemples d’exploitation des mers
Mer du Nord et
Baltique, le cabillaud
traqué
La surpêche est la principale
menace en mer du Nord et dans
© GREENPEACE/CUNNINGHAM

© GREENPEACE/VISSER
la Baltique. En 2002, les captu-
res totales en mer du Nord s’éle-
vaient à 2,3 millions de tonnes,
ce qui équivaut à presque un
quart de la population totale estimée dans cette mer. Les stocks de
cabillaud, mais aussi de sole, de plie, de merlan et d’aiglefin y sont
aujourd’hui proches, voire en dessous, des limites biologiques sûres.
C’est aussi en mer du Nord et dans la Baltique que se trouvent les routes
de navigation les plus empruntées au monde. 200.000 navires y croisent
tous les ans. Un accident peut avoir des conséquences dramatiques pour
les ressources halieutiques. Fin avril 2004, les Nations unies ont toute-
fois fait de la Baltique une “zone maritime particulière sensible”, obli-
geant un contrôle plus sévère de la navigation.

Pacifique nord,
fief des Japonais
Chasseurs baleiniers par
excellence, les Japonais
chassent bien sûr dans
© GREENPEACE/GRACE

les eaux autour de


l’Antarctique mais aussi
OC. près de chez eux, dans le
INDIEN Pacifique nord-ouest.
Pour 2004, le gouvernement prévoit d’y chasser 210 petits ror-
quals, cachalots, rorquals de Rudolphi et rorquals de Bryde. Leur
viande sera vendue sur les marchés, comme celle de toutes les
baleines chassées pour des raisons dites “scientifiques”.

Pacifique
sud, le
thon
convoité
© GREENPEACE/GRACE

Après avoir
Asie du sud-est et Amérique latine, notre gourman- écumé les mers
dise pour les crevettes menace les écosystèmes de l’hémisphère
Les crevettes sauvages sont pêchées dans les filets des chalutiers raclant Nord, les flottes
les fonds océaniques. La situation est telle les crevettes ne sont plus dispo- de pêche sont aujourd’hui de plus en plus présentes
nibles en quantités suffisantes pour satisfaire la demande croissante des dans le Pacifique sud. L’un des poissons les plus pri-
consommateurs européens et américains friands de scampis et autres sés y est sans aucun doute le thon. Plus de la moitié
gambas. Résultat, les aquacultures de crevettes fleurissent le long des de l’offre mondiale de thon, soit 2 millions de tonnes
côtes d’Asie du sud-est et d’Amérique latine, dégradant sévèrement les par an, provient de cette région. La situation est telle
écosystèmes de mangroves caractéristiques de ces régions. que l’avenir de ce poisson est compromis.
DOSSIER
“Meilleur respect des règles
et plus grande transparence”
pêche. Ceci nécessite une série de mesu-
res qui doivent d’abord voir le jour, puis
être mises en œuvre. Entre autres: un
arrêt des pêcheries effectuées hors des
règles (on parle ici des pêches illégales,
non déclarées et non réglementées ou les
fameux pêcheurs pirates). On estime que
25 à 50% des prises sont effectuées par
ces derniers. Comment arriver à une
bonne gestion si autant de pêcheurs
bafouent systématiquement les règles? Il
faut aussi beaucoup plus de transparen-
ce. Greenpeace plaide par ailleurs pour
un réseau mondial de réserves mariti-
mes, fermées à la pêche. Ces réserves
doivent permettre aux stocks de poissons
© GREENPEACE/BAIGENT-MERCER

de se régénérer et agir comme zones de


reproduction. Dans un premier temps, ce
réseau doit englober 40% de chaque mer
et de chaque océan. Dans les parties res-
tantes, la pêche doit être pratiquée de
façon responsable. Enfin, il faut réduire à
Les techniques utilisées par les chalutiers sont lourdes de conséquences pour la vie marine et entraînent un niveau proche de zéro les prises
aussi la destruction des coraux et autres organismes vivant sur les fonds marins. accessoires.

Les problèmes liés à la surpêche d’un mauvais contrôle. La réponse des GPM: que faire contre les pêcheurs
pêcheurs face aux stocks de poissons qui pirates?
sont dramatiques. Quelles sont les
s’effondrent? Ils déplacent le problème GJG: nous l’avons dit, beaucoup de
ébauches de solution que Green- (ils pêchent dans d’autres régions et pêcheurs bafouent les règles. Ils font par
peace propose? Nous avons posé exploitent de nouvelles espèces) et déve- exemple enregistrer leur flotte dans des
loppent de nouvelles technologies (filets pays qui ne sont pas signataires d’ac-
la question à Gert Jan Gast, char-
de pêche encore plus grands, informa- cords internationaux relatifs aux quotas
gé de la problématique “océans” tion satellite, sonar) pour mieux détecter de pêche. De la sorte, ils bravent les lois
à Greenpeace aux Pays-Bas. les derniers bancs de poissons et pour internationales de gestion des pêcheries.
ensuite les pêcher. La surpêche n’est pas Il est temps que les gouvernements
uniquement un problème des pays riches réagissent. Ils peuvent par exemple faire
Greenpeace Magazine (GPM): la pêchant à bord de grandes flottes. La plu- pression sur les navires sous pavillon de
(sur)pêche est-elle à ce point un fléau? part des zones côtières sous les tropiques complaisance. Ils pourraient refuser,
GJG: oui. La pêche est le principal pro- sont également surexploitées par les dans leurs ports, tout poisson provenant
blème qui affecte nos mers et nos océans pêcheurs locaux, travaillant à plus petite de ces navires pirates et bloquer les im-
(il y a aussi les changements climatiques, échelle. En conclusion, le drame de la portations. Mais bien sûr, pour ce faire, il
la pollution, la destruction de l’habi- pêche – où que l’on se trouve – c’est un faut d’abord plus de transparence…
tat…). Selon les estimations de l’Organi- manque de gestion cohérente.
sation des Nations unies pour l’Alimen- Réduire les prises accessoires
tation et l‘Agriculture (FAO) (4), 75% des Vers la création de réserves
stocks commerciaux de poissons sont maritimes GPM: et comment réduire drastique-
pêchés, surpêchés ou épuisés. Les cau- ment les prises accessoires?
ses? Une mauvaise gestion des pêcheries GPM: et que propose Greenpeace? GJG: en revenant d’une part à des
résultant de compromis politiques fai- GJG: Greenpeace demande une gestion méthodes de pêche plus classiques,
bles, des quotas de pêche trop élevés et plus durable de toutes les formes de occasionnant moins de prises accessoi-

(4) Site de la FAO: http://www.fao.org

VI Greenpeace • Automne 2004


DOSSIER

mer. Cette interdiction est en vigueur c’est que les communautés côtières, lar-
depuis 1992. Greenpeace a aussi contri- gement dépendantes de la pêche, notam-
bué au code de conduite de la FAO pour ment dans le Sud, puissent pêcher en
une pêche responsable ou encore au plan priorité dans leurs propres eaux territo-
d’action de cette même FAO contre les riales.
pêches illégales, non déclarées et non
réglementées. GPM: informez-vous les communautés
locales des dangers de la surpêche dans
GPM: la solution passe-t-elle aussi par leurs régions?
une pêcherie à plus petite échelle? GJG: oui. Près des côtes pacifiques de
GJG: la pêche à petite échelle est souvent l’Australie par exemple, Greenpeace
moins destructrice. Néanmoins, la pré- informe activement la population locale
sence d’une foule de petits pêcheurs sur les risques d’épuisement des stocks
© 2004GREENPEACE/ROGER GRACE

n’arrange généralement pas le problème de thon. L’année dernière, nous y avons


et on finit quand même par être confron- organisé une tournée le long d’un grand
té au problème de la surpêche. Les petits nombre d’îles et maintenant, de nou-
bateaux doivent, comme les grandes flot- veau, le Rainbow Warrior est actif dans
tes, pêcher de manière durable, pour évi- cette région… Pas question de lâcher
ter l’effondrement des stocks de pois- prise!
sons. Ce qui est important par contre, Caroline Veter
Pour un oursin sauvé, combien périssent
dans les filets des pêcheurs?

res. D’autre part, en développement des


techniques mieux adaptées. En gros, on
peut dire que les méthodes de pêche pas-
sives (le poisson entre de lui-même dans
le filet) provoquent nettement moins de
dégâts que les méthodes actives, où le
filet est “abattu” sur le poisson.

GPM: on pêche de plus en plus dans les


grands océans de l’hémisphère Sud.
Pourquoi?
GJG: au cours de ces cent dernières
années, le plateau continental le long des
côtes des pays riches a été “vidé” de ses
poissons. Bref, on est allé pêcher plus
loin. Les pêcheurs européens de thon
écument aujourd’hui le Pacifique sud, lit-
téralement à l’autre bout du monde.
Difficile d’aller plus loin!

GPM: Greenpeace fait régulièrement


des actions et du lobby contre les flottes
de pêche. Cette démarche a-t-elle porté
ses fruits?
GJG: le lobby constitue une partie
© GREENPEACE/PHILIP REYNAERS

importante de notre travail. Combiné


avec un certain nombre d’actions, il nous
a déjà permis d’obtenir quelques belles
victoires. Ainsi, après des années de lob-
bying de Greenpeace et d’actions direc-
tes en mer, les Nations unies ont décrété
Août 2004: Greenpeace mène action en mer du Nord contre les "prises accessoires": un quart
un moratoire sur l’utilisation des grands des poissons pêchés sont rejetés morts à la mer.
filets dérivants pour la pêche en haute

Greenpeace • Automne 2004 VII