Supplément gratuit à L’Équipe N°21554 du dimanche 21 juillet 2013

S N E O T Y E L L NN A IPC I E H E D OR T D ON A M R S U E S DU E T A D CO NN O I P AM U H A AL C I C SPE
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Interview
Propos recueillis par PIERRE FOARE – Photo FFH

MARIE BOCHET
« LE NIVEAU DU HANDISPORT A VRAIMENT AUGMENTÉ »

En février dernier aux Mondiaux de ski handisport à La Molina (Espagne), Marie Bochet réalisait un fabuleux Grand Chelem : cinq médailles d’or en cinq épreuves (descente, géant, Super-G, slalom et combiné). À 19 ans, la Savoyarde est déjà entrée dans la légende du sport. Née en 1994 sans avant-bras gauche (agénésie), Marie Bochet est rapidement montée sur les skis. Issue d’une famille d’agriculteurs, la jeune fille (1,73 m) – tête d’affiche du soutien de Société Générale dans le handisport – passe les étapes une à une jusqu’à découvrir les Jeux Paralympiques, en 2010, à Vancouver. Lucide et réservée, bercée par les montagnes, elle décroche son Baccalauréat ES, en juin dernier, avec une moyenne de 16,52. 2013 est donc bien une année exceptionnelle pour Marie Bochet. 2014, avec Sotchi dans le viseur, pourrait l’être encore davantage.

Journal du Handisport : Les Jeux Paralympiques de Vancouver en 2010 ont été votre première expérience du haut niveau. Quel souvenir en gardez-vous ? Marie Bochet : C’était ma première participation à un tel événement, donc ça reste forcément un moment fort. Mais, je n’ai pas atteint mes objectifs (2 places de 4e). C’était donc une période frustrante de ma vie de sportive. Mais j’ai acquis beaucoup d’expérience au Canada. Je connaissais déjà un peu le circuit mondial, et participer à ce genre d’événement permet de s’habituer à gérer la pression. Vous vous êtes rattrapée depuis, en décrochant cinq médailles d’or aux Mondiaux, l’hiver dernier... M. B. : Il y avait moins de pression aux Championnats du Monde qu’aux Jeux. J’étais attendue car j’avais réussi un début de saison, mais j’étais sereine. J’avais confiance en mes capacités. J’ai beau m’entraîner, c’est le jour de la course qu’on voit si le travail paye. Les Mondiaux, c’est moins impressionnant que les Jeux. Et j’ai mieux géré cette compétition. J’ai savouré à la fin, en rentrant chez moi. J’espère pouvoir aborder les prochains Jeux comme j’ai abordé les Championnats du Monde. Même si je sais que la préparation pour les Sotchi sera différente, car c’est plus intense.

Vous avez gagné à La Molina dans toutes les disciplines. Quelles sont vos préférées ? M. B. : J’apprécie les disciplines techniques, le slalom et le géant, qui réclament de l’engagement mais surtout de la réflexion. Je pense que je réfléchis un peu trop sur les disciplines de vitesse... Et comme ce sont généralement les mêmes pistes, au fur et à mesure des saisons, cela nécessite aussi un peu plus d’expérience. Je me sens donc beaucoup plus à l’aise dans le technique, mais je suis en train d’acquérir de l’expérience en vitesse. Vous émergez au moment où le handisport est en train de changer de dimension. Comment ressentez-vous ce changement ? M. B. : Les discours changent en fonction du handicap de la personne. J’ai toujours très bien accepté mon handicap, car il est assez léger et je suis autonome. Les gens accordent beaucoup plus de mérite aux personnes en situation de handicap, alors que certains valides réalisent aussi des choses exceptionnelles... Du coup, les médias sont un peu plus présents. Et comme le niveau du handisport a vraiment augmenté, que la professionnalisation tend à se généraliser et que les athlètes ont des choses à dire sur leur handicap, suivre le handisport devient vraiment intéressant. Cela nous permet d’avoir une vraie image de sportif. Ressentez-vous déjà l’effet médiatique de vos récentes médailles d’or ? M. B. : Nous n’arrivons pas à vivre de notre sport, donc je continue mes études. Mes médailles m’ont permis d’ouvrir certaines portes avec les partenaires et de pouvoir négocier plus facilement. Mais au printemps, avec la préparation du bac, je n’ai pas pu répondre à toutes les sollicitations. La vie de sportive de haut niveau, c’est beaucoup de compromis. Je suis beaucoup plus sollicitée depuis mes médailles, mais ce n’est pas désagréable. Je ne me fais pas d’illusions pour autant. Je sais bien que si un valide avait fait ma saison, on en aurait beaucoup plus parlé. Mais les médias étaient vraiment présents. Le handisport reste un monde plus intime, plus fermé. J’espère qu’il va se développer, pour la situation de chacun et pour notre visibilité, mais je n’ai pas envie de perdre cet aspect familial. Pendant encore combien de temps vous voyez-vous faire du ski ? M. B. : Je suis encore assez jeune pour continuer. Je prends beaucoup de plaisir. Après Sotchi, ce sera peut-être moins intense, mais j’ai du mal à m’imaginer skier à ce niveau sans m’engager complètement. J’ai aussi envie de me consacrer à mes études quelques années. Je vais quand même continuer un moment...

À SOTCHI, CE SERA DIFFICILE DE REFAIRE CINQ MÉDAILLE D’OR

Justement, quels sont vos objectifs pour Sotchi, l’an prochain ? M. B. : Tous les sportifs se fixent des objectifs élevés. C’est ce qui nous pousse à aller nous entraîner, nous préparer. On sait vers quoi on veut aller. Pourtant, l’an dernier, je ne m’étais pas fixé d’objectifs aussi élevés, je ne pensais pas réussir tout ça. Je n’ai pas eu encore le temps de me pencher sur mes objectifs à Sotchi. J’ai savouré ma saison et mon bac, mais on ne va pas tarder à en parler avec mon staff. Ce sera difficile de refaire cinq médailles comme aux Championnats du Monde. Et puis, ce n’est pas forcément l’objectif avoué, car une médaille aux Jeux serait déjà formidable. Je ne vais pas trop m’avancer, car je ne sais pas à quoi m’attendre. La saison sera longue. Comment allez-vous gérer l’environnement tout neuf des études universitaires ? M. B. : Après avoir obtenu mon bac, je vais entamer une licence économique et sociale par correspondance à Grenoble. Je pense bien sûr à l’avenir, mais c’est aussi un moyen de penser à autre chose qu’au ski. On part en septembre en stage à Ushuaïa (Argentine). La rentrée se fera plus tard. C’est difficile de tout prévoir, car on pratique une discipline en extérieur et le planning se fait aussi en fonction de cela. Des stages sont prévus une semaine sur deux, donc l’autre semaine sera consacrée au travail et à la préparation physique. C’est un peu l’inconnu. C’est un peu effrayant aussi... Dans la section spécifique que je fréquentais à Albertville, nous étions cadrés. Cette fois, ce sera à moi de me débrouiller !

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R I E N N ’ E S T P L U S B E A U Q U E L ’ E S P R I T D ’ É Q U I P E

FRED & FARID

CHRISTIAN AVEC SON

E T S T É FA N , E N T R A I N E U R S D E M A R I E B O C H E T, C H A M P I O N N E D E S K I A L P I N , PÈRE YVON, UN MATIN D’ENTRAINEMENT SUR LE GLACIER DE TIGNES.
F A C E B O O K . C O M / T O U S H A N D I S P O R T.

SOCIÉTÉ GÉNÉRALE EST FIÈRE D’ÊTRE AUX CÔTÉS DE TOUS LES SPORTIFS DE LA FFH DEPUIS 2003.

P A R T E N A I R E

O F F I C I E L

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