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François Marie Arouet dit Voltaire (1694-1778)

Aujourd’hui nous allons voir François Marie Arouet dit Voltaire (1694-1778)
Voltaire.

Noter le titre au tableau + le 1. Eléments biographiques


sous-titre (leur dire de prendre
une feuille et de prendre note)
Connaissez-vous Voltaire ? Que Philosophe – XVIIIe s. – Siècle des lumières – Pamphlet
savez-vous de lui ? – Ecrivain

Noter le titre au tableau a. Qui est Voltaire ?

Dicter une présentation générale François Marie Arouet dit Voltaire est un écrivain, un
de Voltaire en reprenant les mots philosophe du XVIIIe siècle.
donné par les élèves

Donner un court texte sur la Annexe 1


jeunesse de Voltaire, l’analyser.
(annexe 1)

Faire lire le texte par un élève

Y a-t-il des mots dans ce texte - Receveur des épices à la Chambre des comptes :
que vous ne comprenez pas ? le receveur des épices est la personne qui reçoit
Notez la définition en dessous de les amendes que doit payer l’accusé.
votre texte. - Jésuites :
- Charge : fonction, emploi dont quelqu’un a tout
le soin.
- Barreau : profession d’avocat
- Secrétaire d’ambassade : celui qui est nommé par
le gouvernement pour faire et pour écrire les
dépêches de l'ambassade
Expliquer certains mots ou - Huguenote : nom donné aux protestants en
expressions (s’ils ne les ont pas France durant les guerres de religion.
demandées avant). Notez les - Régence : période durant laquelle une personne
explications en dessous de votre prend le pouvoir en attendant la majorité du futur
texte. monarque.
- Sully-sur-Loire : ville de la Loire près d’Orléans.
- Bastille : prison de Paris considérée à une époque
comme le lieu de rendez-vous des intellectuels.

Expliquer aux élèves que sa


peine de prison sera commuée en
exil en Angleterre.

Quel est la différence, à Angleterre = Monarchie constitutionnelle (expliquer) : le


l’époque, entre l’Angleterre et la pouvoir du roi est limité par la constitution. Cette
France ? Quels sont les monarchie se transformera en monarchie parlementaire

1
personnages importants c’est-à-dire que le roi nomme le chef du gouvernement et
anglais ? ne garde comme pouvoir qu’un pouvoir représentatif.
France = Monarchie absolue de droit divin
Nouvelles réalités : philosophique (Locke), politique,
scientifique (Newton), littéraire (Shakespeare).

Leur noter le titre 2 au tableau b. L’exil en Angleterre ou la découverte d’un


nouveau mode de fonctionnement politique.

Leur dicter l’explication. Ayant réussi à convertir son emprisonnement en exil,


Voltaire s’embarque pour l’Angleterre en 1726. Là-bas,
il découvre une nouvelle réalité qui influencera
directement son œuvre. Cette nouvelle réalité est
philosophique (Locke), politique (monarchie
constitutionnelle), scientifique (Newton) et littéraire
(Shakespeare). C’est dans ce cadre que Voltaire écrira
ses Lettres anglaises (appelée aujourd’hui Lettres
philosophiques) d’abord dans la langue anglaise.

Leur dire de noter les définitions - Locke : Philosophe anglais ayant développé des
en dessous de leur texte. idées sur la politique notamment.
- Monarchie constitutionnelle :
- Newton : Philosophe, mathématicien, physicien
et astronome anglais. Connu pour avoir
développé la théorie de la gravité.
- Shakespeare : dramaturge anglais de la
Renaissance.

Expliquer aux élèves que c. Le retour en France


Voltaire retourne en France en
1734.

Qui est roi de France à cette Louis XV


époque ?

Nous avons vu que Voltaire avait


écrit les Lettres philosophiques.
Celles-ci sont publiées en France Quand le roi n’est pas content il met les gens en prison.
mais ne plaisent pas au roi que Cf. Lettres de cachet.
se passe-t-il quand on déplait au
roi ?

Que fait-on si on veut éviter On s’enfuit.


d’aller en prison ?

Voltaire s’enfuit donc et se


réfugie chez une amie à Cirey.

Dicter Voltaire rentre en France en 1734 et y publie ses Lettres

2
philosophiques. Mais il doit se réfugier à Cirey en
Lorraine, chez son amie Mme du Châtelet, pour échapper
à la lettre de cachet le condamnant.

Définition - Lettre de cachet : lettre servant à la transmission


des ordres du roi souvent un emprisonnement à la
Bastille pour les intellectuels.

Noter le titre 4 au tableau d. Voltaire et le despotisme éclairé

Qu’est-ce que le despotisme Eclairé est en rapport avec les Lumières. Un despote
éclairé ? éclairé est un dictateur qui est influencé par un
philosophe des Lumières.

Qu’est ce que les Lumières ? Mouvement littéraire et culturel français du XVIIIe s.. A
ce moment, une nouvelle conception de l’homme et du
monde apparaît. Origine du mot : on émerge des siècles
marqués par l’obscurité pour arriver à un nouvel âge
illuminé par la raison. Voici les principaux représentants
de ce courant en littérature : Montesquieu (1689-1755),
Voltaire (1694-1778), Jean-Jacques Rousseau (1712-
1778). La liberté de l’homme et la raison sont les mots
d’ordre des philosophes.

Voltaire correspond alors avec Frédéric II est le troisième roi de Prusse. Il est surnommé
Frédéric II. Savez-vous qui est Frédéric le grand.
Frédéric II ?

Voltaire rejoindra Frédéric II et


resta à ses côtés pendant deux
ans mais Voltaire remarquera
qu’il n’a pas sur Frédéric II
l’influence qu’il aurait voulu
avoir. Il l’amuse au lieu d’en
faire le roi dont il rêve. Voltaire
fuira alors la cour de Prusse en
1752.

Dicter Dès 1736, Voltaire correspond avec le prince de Prusse,


le futur Frédéric II. Il espère influencer ce roi et en faire
un despote éclairé. En 1750 Voltaire le rejoint en Prusse
alors que Frédéric est roi. Mais Voltaire remarque après
deux ans qu’il n’est là que pour amuser ce roi par ses
connaissances. Voltaire fuit alors la cour de Prusse, déçu.

Noter le titre 5 au tableau e. Voltaire et la religion

Quelle était la religion Le catholicisme


dominante à cette époque ?

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En fait Voltaire a reçu une Un déiste est une personne croyant à l’idée du dieu
éducation catholique mais est horloger c’est-à-dire un dieu qui a créé le monde mais
considéré comme un déiste. Que qui n’intervient plus après.
veut dire ce terme ?

Noter le titre 6 au tableau f. Voltaire et la jeune génération

Connaissez-vous d’autres Diderot, Rousseau, Montesquieu


philosophes du XVIIIe s. ? (s’ils citent Montesquieu, expliquer qu’il est à part)

Diderot et Rousseau sont des


auteurs plus jeunes que Voltaire.
Ils subiront son influence et le
prendront comme modèle.

Dicter Voltaire était déjà un auteur bien établi au début du


XVIIIe s.. Les jeunes philosophes liront ses écrits et
désireront le rencontrer. Parmi eux nous pouvons citer
Diderot mais surtout Rousseau avec qui Voltaire
entretiendra des relations conflictuelles.
Noter le titre 7 au tableau g. La fin de la vie de Voltaire

A partir de 1759 il acquiert un domaine à Ferney, en


pays de Gex, territoire indépendant entre la France et la
Suisse. C’est là-bas qu’il finira sa vie. Mais sa retraite à
Ferney ne l’empêcha pas de s’engager ainsi il défendra le
huguenot Calas, condamné pour avoir prétendument tué
son fils qui voulait se convertir au catholicisme. Tout en
Avez-vous déjà entendu parler de rédigeant son Traité sur la tolérance(1763), il mobilisa
l’affaire Calas ? Que pouvez- l’opinion pour transformer le procès en « affaire » et
vous en dire ? obtint la réhabilitation de Jean Calas en 1765.
En 1778 il retourne enfin à Paris, à l'Académie et à la
Expliquer puis dicter Comédie Française, mais épuisé par son triomphe, il y
meurt peu de temps après.

Noter le titre et le sous-titre au 2. Son œuvre


tableau.
a. Les Lettres Philosophiques

Nous en avons déjà parlé Elle a été écrite suite au voyage de Voltaire en Angleterre
avant que savons-nous de
l’origine de cette œuvre ?

Que découvre Voltaire en Une nouvelle manière de vivre et de nouvelles


Angleterre ? connaissances tant au point de vue philosophique, politique,
littéraire, scientifique que religieux (Angleterre =
anglicanisme).

Pourquoi parle-t-il de cette Pour faire passer ses idées, parce qu’il trouve que

4
autre manière de vivre dans l’Angleterre peut être un modèle.
une œuvre publiée en France ?

En fait il fait ce qu’on appelle Propagande = Tout ce qui est fait pour répandre une
de la propagande. Que veut opinion.
dire ce mot ?

Dicter. Durant don voyage en Angleterre, Voltaire découvre une


nouvelle manière de penser. Là-bas, il écrit les Lettres
anglaises appelée plus souvent les Lettres philosophiques.
C’est une œuvre de propagande : elles montrent les
bienfaits de la liberté d’un point de vue politique, religieux,
scientifique, philosophique et littéraire.

En plus de cette dimension Satire = Discours écrit ou oral qui se moque de quelque
propagandiste, on peut déceler chose, souvent de façon ironique.
une dimension satirique.
Qu’est-ce qu’une satire ?

De quoi peut-il bien se De la France, de sa société.


moquer ?

Quels sont les défauts de la Pas égalitaire, monarchie absolue,…


France ?

Pourquoi se moque-t-il, quel Il veut des réformes.


est son but ?

Toutes ces idées présentes


dans son texte influenceront
beaucoup les Lumières.

Dicter. C’est aussi une œuvre satirique : il y fait une critique de la


société française de manière directe ou déguisée. Ce qu’il
critique c’est son intolérance, son inégalité, son système
politique. L’auteur ne voulait pas seulement philosopher
mais aussi demander des réformes.
Noter le sous-titre au tableau b. Le conte philosophique

Voltaire écrit une série de


romans qui font partie du
genre du conte philosophique.
Ce genre était très en vogue au
XVIIIe s. et était issu de la
tradition anglaise. Le conte est un récit de fiction généralement assez bref qui
Qu’est-ce qu’un conte ? relate au passé les actions, les épreuves, les péripéties
vécues par un personnage (ou parfois un groupe de
personnages).

Lorsqu’on rajoute à cela l’idée On veut faire passer des idées en utilisant le genre du conte.

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philosophique qu’est-ce que ça
veut dire ?

Dicter. Le conte philosophique est un genre très en vogue au


XVIIIe s.. Ce genre était issu de la tradition anglaise ce qui
explique pourquoi Voltaire l’a choisi. Le conte est un récit
de fiction qui relate au passé les actions, les épreuves, les
péripéties vécues par un personnage. A cela est ajoutée une
idée philosophique. Les contes les plus connus de Voltaire
sont : Zadig (1747), Micromégas (1752), Candide (1759) et
L’ingénu (1767).
Noter le sous-titre au tableau c. Analyse de Candide

Nous allons étudier les


caractéristiques du genre en
lisant un extrait d’un de ceux
les plus connu, à savoir
Candide ou de l’optimiste.

Donner un résumé de l’œuvre. Annexe 2


Le faire lire par les élèves.
Expliquer le vocabulaire qui
serait incompris.

§ Extrait du chapitre I :
Faire lire l’extrait par les Annexe 3
élèves.

Nous allons tout d’abord


analyser l’extrait ligne par
ligne pour en dégager le sens.

Noter le titre au tableau o Analyse du contenu

- Premier paragraphe

l. 1 « Il y avait » : référence au conte.


Westphalie = région historique d’Allemagne.
Thunder-ten-tronckh = trait humoristique, il se moque des
aristocrates.
Les mœurs les plus douces = caractère doux, manière de
vivre douce. (dico XVIIIe s.)

l. 2 Physionomie = physique
Sa physionomie annonçait son âme = rapport entre le
caractère et le physique de Candide.

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l. 3 Il parle de jugement droit et d’esprit le plus simple =
honnêteté et simplicité du personnage.

l. 4 Quartier = sens « quartier de noblesse » : se dit de chaque


degré de descendance dans une famille noble, tant en ligne
paternelle qu'en ligne maternelle.
Il faut 72 quartiers pour être baron. Le père de Candide
n’en avait que 71 à ridicule.
La mère de Candide n’a pas pu épouser son amant car il
n’était pas assez « noble ».

Conclusion §1 (dicter) à Nous sommes ici en présence du début du roman de


Voltaire. Le texte nous situe d’abord l’action dans l’espace
et dans le temps. Le « il y avait » nous situe dans une
époque lointaine et nous rappelle le début des contes
classiques. Le personnage de Candide est le personnage
important des premières phrases. Le narrateur établit
d’abord une relation entre sa physionomie et son caractère
et ensuite il nous explique ses origines. On peut noter déjà
dans ce premier paragraphe un trait humoristique dans le
nom du baron.

Analysons le second - Second paragraphe


paragraphe.
l. 1 Monsieur : signe de respect
Un des plus puissants : un des plus riche, des plus influent.
Le baron est qualifié de grand seigneur parce qu’il y a dans
son château des portes et des fenêtres : ironie ?

l. 2 Tapisserie semble être ici un signe extérieur de richesse.

l. 3 Chiens de ses basses-cours à meute


Il fait de la chasse à courre mais ce sont des vulgaires
chiens de basse-cours (ferme) qui sont utilisés comme une
meute de chiens de chasse.
Palefreniers à piqueurs
Palefreniers = valets qui s’occupent du soin des chevaux.
Piqueurs = Valets de meute qui poursuit la bête à cheval
lors de la chasse à courre.
Vicaire du village à grand aumônier
Vicaire = prêtre assistant le curé du village
Grand aumônier = Ecclésiastique chargé de distribuer les
aumônes des personnes à qui il est attaché, et de leur dire la
messe.

Tout cela montre un décalage. Le baron a l’air puissant


mais lorsqu’on regarde de plus près, on remarque qu’il n’a
pas tant de choses que ça.

l. 4 Respect pour le seigneur. Le rire en fait partie.

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Conclusion §2 (dicter) à Le baron nous est ensuite présenté. Des phrases brèves
font le tour de tous ses biens. Son pouvoir est tout d’abord
mis en avant mais on remarque que Voltaire ironise ce
semblant de pouvoirs : ces chiens de chasses ne sont que de
vulgaires chiens de basse-cour ; ses valets de chasse, des
valets d’écurie ; quant à son grand aumônier, il n’est qu’un
vulgaire vicaire de village. Cependant cette apparence de
richesse fait de lui un personnage important.

Analysons le 3e § - Troisième paragraphe :

l. 1 350 livres
Savez-vous ce qu’est une Une livre est une unité de poids qui vaut un demi-kilo.
livre ? 350 livres = 175 kilos. à la baronne est donc très grosse.

Pourquoi dit-on qu’elle A l’époque, avoir un poids important était synonyme de


s’attirait par là une très richesse.
grande considération ?
La baronne s’impose donc uniquement par son physique
important et non par ses qualités morales ou intellectuelles.

l. 2
De qui nous parle-t-on On parle d’un quatrième personnage : Cunégonde.
ensuite ? Que nous dit-on ? Elle est qualifiée de « fraîche, grasse et appétissante » :
représentation de la sensualité.

l. 3 Phrase courte pour présenter le fils du baron.

l. 4 Présentation de Pangloss
Oracle = si dit d’une personne dont les opinions sont
considérées comme infaillibles. (cf. Oracle chez les grecs et
les romains = réponse qu’une divinité donnait aux
questions des hommes). à Ironie

Pangloss était le précepteur de Candide et Candide


l’écoutait avec attention.

Conclusion §3 (dicter) à La baronne est évoquée d’abord par sa masse qui lui
apporte le respect de tous, elle est la maitresse de maison.
Ensuite Cunégonde est décrite par trois adjectifs qui font
référence à sa sensualité. Le fils du baron est, quant à lui,
décrit très brièvement. Enfin Pangloss est présenté en
dernier, il est décrit comme l’érudit qui est précepteur de
Candide.

Conclusion sur cette première


moitié :

Que fait l’auteur dans ces trois Il présente les personnages de son roman

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premiers paragraphes ? Il indique le lieu de départ du roman : Westphalie
Il nous indique que c’était il y a longtemps.

Savez-vous comment s’appelle Un incipit. L’incipit est le terme désignant les premiers
le début d’un texte ? mots ou paragraphes d’une œuvre littéraire. L’incipit
Expliquer. répond à une série de questions : Qui ? Quand ? Où ?

Dicter à Nous sommes ici en présence de l’incipit du roman


(c’est-à-dire son début). L’auteur nous donne une série
d’informations :
- l’époque : « Il y avait »
- le lieu : « En Westphalie »
- les personnages : Candide, le baron, la baronne,
Cunégonde, le fils du baron et Pangloss.

Continuons notre analyse : §4 - Quatrième paragraphe

l. 1 Métaphysico-théologo-cosmolonigologie :

Métaphysique = branche de la philosophie ayant pour objet


la connaissance de l’être, des causes de l’univers et des
principes premiers de la connaissance.

Théologie : science de la religion.

Cosmologie : théorie de la formation et de la nature de


l’univers.

« nigologie » = ironie de Voltaire, logos = science en grec


et nigo = nigaud à la science des nigauds.

l. 2 « il n’y a point d’effet sans causes » = théorie du


providentialisme de Leibniz (philosophe allemand).
Providentialisme = doctrine qui soutient que le mal est
relatif, que tout sert à quelque chose, que Dieu s'occupe du
bonheur des hommes.

Idée positive du château, du baron et de la baronne : tout va


pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Voltaire critiquera dans tout


son roman les idées de
Leibniz.

Conclusion § 4 (dicter) à Voltaire ironise les nombreux enseignements de


Pangloss grâce notamment à l’expression « nigo »
signifiant « nigaud ». Ensuite, l’auteur nous indique quelle
sont les théories philosophiques suivies par Pangloss, à
savoir la théorie de Leibniz. Pangloss est donc un grand
optimiste qui considère que tout va pour le mieux dans le

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meilleur des mondes.

- Cinquième paragraphe :

l. 1 Présence de guillemets = discourt direct, paroles de


Pangloss.
« Tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour
la meilleure fin » : optimisme en rapport avec les idées de
Leibniz.

l. 2 « Remarquez bien » : Pangloss justifie son discours


C’est parce que les nez sont fait pour porter des lunettes
que nous avons des lunettes.

l. 3 Chausses = chaussures

l. 4 Continue à donner des exemples absurdes.


Tout est bien, non, tout est au mieux.

Comment fait Pangloss pour Il donne une cause puis une conséquence.
argumenter son discours ? « les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-
nous des lunettes » : Il n’y a pas d’effet sans cause (cf. §6)
La cause = les nez sont fait pour porter des lunettes.
Le fait = nous avons des nez
La conséquence = nous portons des lunettes

Mais cette argumentation est absurde.

à Ce procédé peut être apparenté au sophisme : ex. de


sophisme : Tout ce qui est rare est cher, une maison bon
marché est rare, donc une maison bon marché est chère.

Pourquoi Voltaire utilise un On remarque l’ironie de Voltaire par l’utilisation de


sophisme dans le discours de sophismes dans la bouche de Pangloss.
Pangloss ?

Conclusion §5 (dicter) à Nous sommes en présence d’un discours direct


reprenant les paroles de Pangloss et ses idées. Pangloss
démontre à Candide que tout est fait pour le mieux et lui
donne des exemples absurdes pour justifier ces idées.
Voltaire utilise ici des sophismes pour se montrer ironique.
Un sophisme est une technique d’argumentation portant sur
un argument faux ou absurde : comme les nez sont fait pour
porter des lunettes, nous avons des nez donc nous portons
des lunettes.

- Sixième paragraphe :

l. 1 « Candide écoutait attentivement et croyait innocemment »


= élève docile, dépourvu d’esprit critique.

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Il trouve Cunégonde très belle (optimisme) mais n’ose pas
lui dire parce qu’il manque de courage.

l. 2 Recherche du bonheur
Candide idéalise sa famille, d’abord le baron puis
Cunégonde.
Candide généralise les choses : exemple de Pangloss.
« Pangloss, le plus grand philosophe de la province, et par
conséquent de la terre ».

Conclusion § 6 à Candide écoute et retient les leçons de Pangloss. Il


idéalise sa famille et son précepteur et fait d’un exemple
une vérité générale comme lui a apprit son maître.

o Le genre du conte philosophique

Quels sont les indices qui « il y avait » = il était une fois


peuvent rapprocher ce texte du « en Westphalie » = lieu éloigné, méconnu voire inconnu
conte classique ? « Thunder-ten-tronckh » = le nom du château a des
sonorités particulières et imaginaires.

à Le livre peut être apparenté au genre du conte dont il


reçoit certaines caractéristiques. L’époque durant laquelle
se déroule le récit est inconnu, nous savons seulement que
ces évènements se sont déroulés à une époque passées (« il
y avait »). Le lieu, même si la Westphalie existe, est
méconnu et lointain quant au nom du château il est
imaginaire et revêt des sonorités éloignées du réel.

Quant est-il des personnages Le milieu aristocratique et le château sont des éléments
et de leur habitation ? récurrents dans les contes traditionnels.
Le début est très positif, tout est beau, tout est riche, tout est
parfait : début idéalisé comme dans certains contes.

à On retrouve le milieu traditionnel des contes : une


famille aristocratique vivant dans un château. Le début du
conte est idéalisé, tout est beau tout est parfait. Le nom de
Candide est quant à lui en relation directe avec son
caractère. Ce procédé est couramment utilisé dans les
contes traditionnels.

Nous avons définis ce qui Voltaire nous livre sa critique de la philosophie de Leibniz,
faisait de ce texte un conte de l’optimisme exacerbé : « Tout est pour le mieux dans le
mais qu’est-ce qui en fait un meilleur des mondes possibles » (satire du « [...] si ce
conte philosophique ? n'était le meilleur monde possible, Dieu n'en aurait produit
aucun » de Leibniz).
Il critique aussi l’ordre social de l’aristocratie de province
en ridiculisant le baron dans sa présentation.

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Dicter à Voltaire utilise le genre du conte pour faire passer ses
idées : la satire des philosophes et celle du monde
aristocratique. Ainsi, il critique l’optimisme exacerbé de
Leibniz sous les traits de Pangloss. A coté de cela, il
critique le monde aristocratique puisqu’il se moque de la
famille du baron lorsqu’il les présente de manière
superficielle.

Mais quels procédés utilise Il argumente ses idées à l’aide de l’ironie :


Voltaire pour se moquer ? - dans le nom du château
- dans la manière dont est traité le baron (comme un
puissant alors qu’il n’a pas grand chose)
Il utilise aussi le sophisme pour se moquer des idées
philosophiques de Pangloss.

Pourquoi utiliser l’ironie ? Permet de faire un récit semblant innocent mais imprégné
de critique.

à Pour faire passer ses idées, Voltaire utilise surtout


l’ironie : par exemple dans le nom du château, assurément
ridicule. Quant aux idées de Pangloss, Voltaire utilise le
procédé du sophisme pour montrer le ridicule de
l’optimisme démesuré. Ces procédés permettent à l’auteur
de donner ses idées en gardant un semblant d’innocence au
texte.

Noter au tableau § Extrait du chapitre XIX :

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Annexe 1

François Marie Arouet naquit dans un milieu bourgeois, aisé mais austère : son
père, ancien notaire, était receveur des épices à la Chambre des comptes et sa
mère, pleine d’esprit, avait ses introductions à la cour. Voltaire fit de brillante étude
chez les jésuites au collège Louis-le-Grand où il se lia aux frères d’Argenson, tous
deux futurs ministres de Louis XV. Féru de latin et de versification, et décidé à
devenir homme de lettres, il refusa de reprendre la charge de son père, qui l’obligea
néanmoins à s’inscrire au barreau. Mais ses tumultueuses fréquentations du milieu
libertin lui valurent d’être envoyé en 1713 comme secrétaire d’ambassade aux Pays-
Bas, qu’il dut quitter un an plus tard pour ses amours avec une huguenote. Après un
bref passage dans l’étude d’un procureur à Paris, profitant du vent nouveau de la
régence, il sut séduire la cour par ses divertissements improvisés, des contes et des
satires versifiées ; mais pour une épigramme contre le régent, il fut enfermé à Sully-
sur-Loire, puis à la Bastille pour avoir récidivé. Libéré en avril 1718, il fit jouer avec
succès sa première tragédie Œdipe, adoptant dès lors son pseudonyme de Voltaire,
anagramme des lettres d’Arouet le jeune (à l’époque le U équivalait à un V et le J à
un I). Il publia clandestinement La Ligue, première version de son épopée La
Henriade. Alors qu’il commençait à se faire une place à la cour, il fut incarcéré à la
Bastille en avril 1726 pour avoir répondu avec insolence au chevalier de Rohan-
Chabot qui l’avait attaqué sur son nom.

VOLTAIRE, L’ingénu, Paris, Petits classiques Larousse, 2OOO, p. 10-11

Annexe 2

Candide est élevé au château d'un baron westphalien, avec le fils du baron et sa
fille, la charmante Cunégonde, sous la direction du précepteur Pangloss, un disciple
de Leibniz, qui enseigne que tout est toujours pour le mieux dans le meilleur des
mondes. Amoureux de Cunégonde, il est chassé par le baron, puis enrôlé de force
par les recruteurs de l'armée bulgare; il déserte, passe en Hollande et retrouve
Pangloss en pitoyable état ; il apprend que le château a été brulé et que tous les
habitants ont été massacrés par les bulgares. Tous les deux gagnent Lisbonne,
assistent au tremblement de terre et sont condamnés à mort par l'inquisition.
Candide est sauvé par Cunégonde, qui a échappé au massacre de sa famille et qu'il
retrouve à Lisbonne. Il doit tuer un Juif et le Grand Inquisiteur pour leur arracher
celle qu'il aime; et il s'embarque avec elle pour l'Amérique. Candide et Cunégonde
arrivent à Buenos Aires ; mais Candide recherché par l'Inquisition, doit se séparer
de sa belle et s'enfuir au Paraguay. Il y retrouve le frère de Cunégonde, qui est
devenu jésuite, et le tue dans une querelle, puis il gagne le royaume imaginaire
d'Eldorado, terre d'abondance et de bonheur, où il ne séjourne pas. Il repart pour
l'Europe avec le savant Martin, qui trouve toujours que tout est au plus mal. Tous les
deux séjournent à Paris où ils ne rencontrent que des coquins, gagnent l'Angleterre
pour voir fusiller l'amiral Byng, puis Venise, où le carnaval réunit les rois en exil.
Candide part pour Constantinople; il y retrouve Pangloss, qui a échappé à
l'inquisition, le fils du baron qu'il avait mal tué, et Cunégonde qui est devenue, hélas,
vieille et acariâtre. Il l'épouse et s'installe avec ses compagnons dans une métairie,
où ils travailleront paisiblement.

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Annexe 3

Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh, un


jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. Sa
physionomie annonçait son âme. Il avait le jugement assez droit, avec l'esprit le plus
simple ; c'est, je crois, pour cette raison qu'on le nommait Candide. Les anciens
domestiques de la maison soupçonnaient qu'il était fils de la sœur de monsieur le
baron et d'un bon et honnête gentilhomme du voisinage, que cette demoiselle ne
voulut jamais épouser parce qu'il n'avait pu prouver que soixante et onze quartiers,
et que le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l'injure du temps.

Monsieur le baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son
château avait une porte et des fenêtres. Sa grande salle même était ornée d'une
tapisserie. Tous les chiens de ses basses-cours composaient une meute dans le
besoin ; ses palefreniers étaient ses piqueurs ; le vicaire du village était son grand
aumônier. Ils l'appelaient tous monseigneur, et ils riaient quand il faisait des contes.

Madame la baronne, qui pesait environ trois cent cinquante livres, s'attirait par là
une très grande considération, et faisait les honneurs de la maison avec une dignité
qui la rendait encore plus respectable. Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans,
était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. Le fils du baron paraissait en
tout digne de son père. Le précepteur Pangloss était l'oracle de la maison, et le petit
Candide écoutait ses leçons avec toute la bonne foi de son âge et de son caractère.

Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigologie. Il prouvait


admirablement qu'il n'y a point d'effet sans cause, et que, dans ce meilleur des
mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des
châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles.

« Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement : car, tout étant
fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que
les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes. Les
jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des
chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des
châteaux, aussi monseigneur a un très beau château ; le plus grand baron de la
province doit être le mieux logé ; et, les cochons étant faits pour être mangés, nous
mangeons du porc toute l'année : par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est
bien ont dit une sottise ; il fallait dire que tout est au mieux. »

Candide écoutait attentivement, et croyait innocemment ; car il trouvait Mlle


Cunégonde extrêmement belle, quoiqu'il ne prît jamais la hardiesse de le lui dire. Il
concluait qu'après le bonheur d'être né baron de Thunder-ten-tronckh, le second
degré de bonheur était d'être Mlle Cunégonde ; le troisième, de la voir tous les
jours ; et le quatrième, d'entendre maître Pangloss, le plus grand philosophe de la
province, et par conséquent de toute la terre.

VOLTAIRE, Candide ou de l’optimiste, maxi poche, La Flèche, 2005, Chapitre I, p. 13-14

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Annexe 4

En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus
que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce
pauvre homme la jambe gauche et la main droite. « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide
en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ? -- J'attends
mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. -- Est-ce M.
Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ? -- Oui, monsieur, dit le nègre, c'est
l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année.
Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous
coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me
suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe.
Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée,
elle me disait : " Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront
vivre heureux, tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais
par là la fortune de ton père et de ta mère. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur
fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets
sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m'ont
converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam,
blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous
sommes tous cousins issus de germains. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en
user avec ses parents d'une manière plus horrible.
VOLTAIRE, Candide ou de l’optimiste, maxi poche, La Flèche, 2005, Chapitre XIX, p. 77-78

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