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Liberté
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SAÂD DAMMA, P-DG DE MOBILIS, L’A ANNONCÉ HIER

L’EN-Real de Madrid : le 18 mai 2014 à Alger P.8

Supplément Économie

À LA VEILLE DU RUSH ESTIVAL

SÉJOUR CHEZ L’HABITANT, LA FLAMBÉE

P.9 à 14

ESTIVAL SÉJOUR CHEZ L’HABITANT, LA FLAMBÉE P.9 à 14 AF LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR

AF

LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR D’INFORMER

LIBERTE

à 14 AF LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR D’INFORMER LIBERTE AF QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION. 37,

AF

QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION. 37, RUE LARBI BEN M’HIDI, ALGER - N° 6372 MERCREDI 31 JUILLET 2013 - ALGÉRIE 15 DA - FRANCE 1,30 € - GB 1£ 20 - ISSN 1111- 4290

10 MILITAIRES TUÉS À DJEBEL CHAÂMBI, PRÈS DE LA FRONTIÈRE ALGÉRIENNE

AFP
AFP

La Tunisie bascule dans le terrorisme P.3

UN QUART DE LA NOURRITURE FINIT DANS LES POUBELLES

Yahia/Liberté Le Ramadhan de tous les gaspillages P.6/7
Yahia/Liberté
Le Ramadhan de
tous les gaspillages P.6/7

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POUBELLES Yahia/Liberté Le Ramadhan de tous les gaspillages P.6/7 Publicité ANEP n° 533 545 Liberté du

ANEP n° 533 545 Liberté du 31/07/2013

2 L’actualité en question

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

APRÈS LA DÉTÉRIORATION DE LA SITUATION SÉCURITAIRE EN TUNISIE

Surveillance accrue de la wilaya d’El-Oued par l’ANP

Le paquet a été mis pour sécuriser en priorité la région d’El-Oued, qui est mitoyenne avec le gouvernorat de Kasserine, en territoire tunisien.

Louiza/Liberté
Louiza/Liberté

Les forces de sécurité algériennes sont sur le qui-vive.

L e dispositif de surveillance et d’inter- vention de la bande frontalière de l’Est, qu’on savait opérationnel mais discret, depuis des mois, est devenu ostensible hier et tout le monde ne parle plus que de ça. D’intenses

mouvements de troupes en direction de la zone frontalière sont, en effet, signalés un peu partout à travers toutes les wilayas du Nord-Est, à El-Tarf, Souk-Ahras, Tébessa et El-Oued. Des dizaines de gros camions transportant des militaires en armes auraient été dirigés au plus près du terri-

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toire tunisien, indique-t-on. Des sources généralement bien informées affirment que le pa-

quet a été mis pour sécuriser en priorité la région d’El-Oued, qui est mitoyenne avec le gouvernorat

de Kasserine, en territoire tunisien et ce, pour des

raisons évidentes, semble-t-il. C’est dans cette zone du Sud-Ouest, à peine distante de 300 km

de la capitale Tunis, que se déroulent des évène-

ments cruciaux pour l’avenir du pays avec la

présence dans ce maquis de terroristes surarmés

et déterminés à détruire quiconque se mettrait

en travers de leur projet intégriste. Le mont Chaâmbi, où 9 éléments des forces spéciales tunisiennes ont trouvé la mort, lundi, dans d’horribles conditions et où leurs assassins ont trouvé refuge depuis des mois, n’est qu’à un jet

de pierre de la ville d’El-Oued et c’est cette prox-

imité propice à des exfiltrations d’éléments d’Aqmi, qui explique le renforcement du gigan- tesque cordon de sécurité précisément dans cette zone. Le système de verrouillage, qui serait doté de moyens humains et matériels imposants, est confié à l’ANP, épaulée par la gendarmerie,

les gardes-frontières, les douaniers et la police des frontières, indiquent nos sources. Ces dernières affirment qu’une dizaine de milliers d’hommes, au total participe à cette opération, dont la durée est indéterminée. Selon elles, le travail d’ob- servation effectué par les forces terrestres, jusque dans le no man’s land, par endroits est complété par les hélicoptères et les avions de chasse des forces aériennes de la gendarmerie et de l’armée algériennes, qui survolent le tracé frontalier sans interruption, de jour comme de nuit. Des missions qui entrent dans le cadre de ce que les aviateurs de l’armée algérienne appellent le “prédispositif global de sécurité”, qui consiste en la surveillance aérienne de tout le territoire na- tional, en général, mais qui a concerné de manière particulière, les wilayas de Tébessa et Souk-Ahras, hier et avant-hier, par exemple. Ces survols ne passent bien évidemment pas in- aperçus et les habitants de la région ont vite fait de tirer leurs conclusions sur la situation qui pré- vaut de l’autre côté de la frontière.

A. ALLIA

LA CHEF DE LA DIPLOMATIE EUROPÉENNE L’A RENCONTRÉ LUNDI SOIR AU CAIRE

Mohamed Morsi “va bien”

À sa demande, Catherine Ashton a rencon- tré, lundi soir, le président égyptien dé- chu, Mohamed Morsi, pendant deux

heures. À l’issue de cet entretien, la chef de la di- plomatie de l'Union européenne a affirmé, hier

au Caire, que l'ex-président Mohamed Morsi, gardé au secret par l'armée depuis près d'un mois, allait “bien et avait accès aux informations”. Ca- therine Ashton a indiqué qu'elle était en Égyp- te pour “faciliter l'échange d'idées” entre les parties égyptiennes sur la manière de sortir du blocage politique actuel, même si elle n'était pas porteuse d'une initiative européenne particuliè-

re. M me Ashton s'est toutefois refusée à donner des détails sur la localisation de Mohamed Morsi, arrêté après sa destitution, le 3 juillet, par l'armée après des manifestations monstres récla- mant son départ. Il n'a officiellement reçu aucu- ne visite jusqu'alors, sa famille s'étant plainte de n'avoir aucun accès à l'ex-président. Dans la nuit,

M me Ashton a pu se rendre, à bord d'un hélico-

ptère militaire, sur son lieu de détention et le ren- contrer “pendant deux heures”, selon sa porte-

parole. “Nous avons eu une discussion amicale, ouverte et directe”, a assuré M me Ashton, se refu- sant toutefois à divulguer le contenu de ces dis- cussions. “Nous avons discuté en profondeur”, a- t-elle ajouté. M me Ashton s'est également refusée à rendre public ce que Mohamed Morsi lui avait dit. “Je ne vais pas parler pour lui”, a-t-elle dit. Pour rappel, Catherine Ashton avait demandé

lors de sa précédente visite au Caire, le 17 juillet, la libération de Mohamed Morsi et avait déploré n'avoir pu le rencontrer. Ainsi, elle a in- diqué hier qu'elle avait conditionné cette nou- velle visite au Caire à la possibilité de le voir. M me Ashton, qui a multiplié les rencontres avec les ac- teurs politiques de tous bords, a ajouté qu'elle était venue “pour voir ce qu'un terrain d'enten- te pourrait être” et “essayer de trouver des éléments sur lesquels bâtir une certaine confiance”. Elle a toutefois ajouté qu'elle était là “pour aider, pas pour imposer” et que la sortie de crise restait avant tout de la responsabilité des Égyptiens eux- mêmes. La responsable européenne s'est décla- rée prête à revenir au Caire si nécessaire. Arri- vée dimanche soir dans le pays, elle avait rencon- tré lundi les nouvelles autorités et des membres de formations islamistes proches de Mohamed Morsi. Ces derniers ont indiqué dans un com- muniqué avoir prévenu M me Ashton que “le peuple égyptien ne quittera pas les rues et les places jusqu'au retour à la légitimité constitutionnelle”. Depuis sa destitution, les partisans de Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, organisent ré- gulièrement des manifestations, émaillées de vio- lences meurtrières qui ont fait plus de 200 morts, et observent des sit-in, notamment sur plusieurs places du Caire. Ils ont appelé à une ma- nifestation “d'un million” de personnes hier pour réclamer la réinstauration du premier président élu démocratiquement du pays.

M. T./AGENCES

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AU MALI

Un deuxième tour est “inévitable”

n Un deuxième tour de la présidentielle au Mali est “indispensable et inévitable”, a affirmé lundi à Bamako Soumaïla Cissé, un des deux favoris du scrutin dont le premier tour dimanche s'est déroulé dans le calme et a été marqué par une forte mobilisation. “Nous pensons qu'un deuxième tour est indispensable et inévitable au Mali, compte tenu des chiffres que nous avons”, a déclaré M. Cissé lors d'une conférence de presse commune avec trois autres candidats dont les partis appartiennent à une coalition qui s'était créée pour s'opposer au coup d'État du 22 mars 2012, le Front pour la démocratie et la république (FDR). Soumaïla Cissé, 63 ans, ancien ministre des Finances et ex-dirigeant de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), n'a cependant pas donné “les chiffres” dont il dit dispose. “Il faut rester serein pour le bien de tous”, a-t-il ajouté. Ses déclarations surviennent après la publication dès dimanche soir, par des médias maliens, de premiers résultats non-officiels donnant une nette avance à son principal rival, Ibrahim Boubacar Keïta, 68 ans, ancien Premier ministre et cacique de la vie politique malienne. Ces médias affirmaient qu'il pourrait même l'emporter au premier tour devant les 26 autres candidats en lice. Modibo Sidibé, autre favori et ancien Premier ministre qui assistait à la conférence de presse, a estimé qu'il fallait “que la sincérité des voix des Maliens soit respectée”. Dans un communiqué, le FDR “met en garde ceux qui, à l'intérieur et à l'extérieur, tentent de proclamer un candidat élu dès le 1 er tour au mépris de la volonté du peuple”. Le premier tour s'est déroulé sans aucun incident majeur et a fortement mobilisé les électeurs.

R. I./AFP

LIBERTE

Mercredi 31 juillet 2013

L’actualité en question

3

10 MILITAIRES TUÉS À DJEBEL CHAÂMBI, PRÈS DE LA FRONTIÈRE ALGÉRIENNE

La Tunisie bascule dans le terrorisme

Une heure après le discours, lundi soir, du Premier ministre, Ali Laârayedh, la nouvelle est tombée : huit militaires tunisiens ont été tués au mont Chaâmbi. Le nombre de victimes passera à dix un peu plus tard dans la soirée.

L’ annonce qui a plongé les Tunisiens dans l’émoi est le sujet qui était sur toutes les langues après la rup- ture du jeûne. Selon

des informations concordantes, les militaires as-

sassinés ont été tués et dé- pouillés de leurs armes et

de leurs uni- formes en fin d’après-midi du lundi dans le mont Chaâmbi, près de la fron- tière algérienne. C’est dans cette région que l’armée tunisienne, soutenue par les forces spéciales algériennes, tente, depuis plusieurs mois, de neutraliser

un groupe lié à Al-Qaïda. Suite à cet at- tentat, la présidence de la République

a décrété un deuil national de trois

jours. Le groupe terroriste n’a appa- remment laissé aucune chance à la pa- trouille du commando militaire d’éli- te. Mais les circonstances de l’attaque

sont encore floues. Selon les autorités,

il s’agirait d’une embuscade tendue par

un groupe jihadiste qui a coûté la vie

à huit militaires dont cinq d’entre

DE NOTRE CORRESPONDANT À TUNIS : IMED O.

eux auraient été égorgés, peut-être post mortem, trois décapités et trois autres encore laissés blessés. L’assaut s’est déroulé vers 18 heures près du mont Chaâmbi. L’équipe venait de prendre la relève d’une autre brigade dans le cadre des opérations de ratis- sage menées depuis décembre par l’armée pour tenter de venir à bout de groupes jihadistes liés à Aqmi, logés dans ce maquis de la frontière algé-

bords politiques. Nous appelons tous les partis et organisations à assumer leurs responsabilités devant les Tunisiens et à former un gouvernement d'union na- tionale”, a indiqué Ettakatol dans un communiqué. Le parti dirigé par le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mus- tapha Ben Jaâfar, n'a cependant fixé au- cun ultimatum à Ennahda, le parti is-

sition. Ettakatol a expliqué sa position

rienne. Leurs armes et uniformes ont été récupérés par les assaillants qui sont parvenus à prendre la fuite. Sitôt la nouvelle connue, la population s’est déchaînée à Sidi Bouzid, ville dont est originaire Mohamed Brahmi. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui scandaient des slogans hostiles à En- nahda, parti islamiste au pouvoir. Signe de la tension persistante entre les

lamiste à la tête du gouvernement, et n'a pas évoqué son éventuel retrait du cabinet actuel. Lundi après-midi, le Premier ministre Ali Laârayedh a ex- clu dans un discours très ferme de dis- soudre son gouvernement ainsi que l'ANC, les revendications phares d'une coalition hétéroclite de partis d'oppo-

par la mort de huit militaires lundi dans une embuscade au mont Chaâm-

deux camps, le local du parti islamis-

bi

dans l'ouest du pays, près de l'Al-

te

à Kasserine, dans l'ouest du pays, a

gérie, où un groupe armé lié à Al-Qaï-

été saccagé dans la nuit de lundi à mar-

da

est actif. La Tunisie est plongée dans

di

par des manifestants après la mort

une nouvelle crise politique depuis jeu-

de huit militaires dans la région. À Tu-

di

et l'assassinat d'un député d'oppo-

nis, elles étaient environ 20 000 per- sonnes à avoir occupé la place du Bardo en camps séparés, pour et contre le gouvernement, lors d'un sit-

sition, Mohamed Brahmi, le deuxième du genre depuis le début de l'année, prêté à la mouvance salafiste jihadiste.

in

nocturne devenu une tradition de-

Niet catégorique du Premier ministre

vant le siège de l'ANC. Entre 4 000 et

Le

premier ministre tunisien, Ali Laâ-

5 000 manifestants, dont plusieurs députés et dirigeants de l'opposition

rayedh, riposte. Il a carrément rejeté la demande d'Ettakatol, parti laïque

laïque, s'étaient rassemblés peu avant

membre de la coalition au pouvoir, qui

la

rupture du jeûne de Ramadhan sur

demandait la démission du gouver-

place du Bardo, faisant face au Pa-

lais beylical abritant le siège de l'ANC, pour exiger la démission du gouver- nement et la dissolution de la Consti- tuante, tous deux dominés par En- nahda.

la

nement et la constitution d'un cabinet d'union nationale. “Ce gouvernement continuera d'assumer ses fonctions, nous ne nous accrochons pas au pou- voir, mais nous avons un devoir et une

responsabilité que nous assumerons jusqu'au bout”, a-t-il dit tout en se di- sant “ouvert au dialogue”.

Un gouvernement d’union nationale exigé

La

date du 17 décembre est hautement

Le parti tunisien Ettakatol, forma- tion laïque de centre gauche alliée aux islamistes au pouvoir, a réclamé hier la formation d'un gouvernement d'union nationale après la mort de huit militaires dans une zone où Al-Qaï- da est active. “L'unité nationale est une obligation pour tous les Tunisiens de tous les

symbolique, car il s'agit du jour en 2010 où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s'est immolé par le feu, avant d’être ce bouc émissaire de ce qu’ils ap- pellent la “révolution”. Les autorités ont annoncé de multiples calendriers électoraux qui n'auraient pas été respectés et Ali Laârayedh promettait jusqu'à présent un scrutin

AFP
AFP

avant la fin 2013. Le gouvernement est l'objet d'une contestation grandissan- te depuis l'assassinat jeudi de Brahmi, deuxième opposant à être tué après Chokri Belaïd, abattu le 6 février 2013. Ce premier assassinat avait provo- qué la chute du premier gouvernement d'Ennahda. Par ailleurs, l'un des par- tenaires laïques des islamistes, Etta- katol, a indiqué tenir une réunion dans la nuit de lundi à mardi pour se prononcer sur un éventuel retrait du gouvernement. Enfin, une soixantai- ne de députés continuent de boycot- ter les réunions de l'ANC et réclament sa dissolution.

La Tunisie enterre ses victimes.

Appel à “l'unité nationale” Dans son intervention télévisée, le président Moncef Marzouki a appelé à “l'unité nationale” après cette em- buscade sanglante. “Si nous voulons af- fronter ce danger (du terrorisme), nous devons l'affronter unis. J'appelle la classe politique à revenir au dialogue car le pays, la société sont menacés”, a- t-il dit. Revenant sur la crise politique déclenchée par l'assassinat de l'oppo- sant Mohamed Brahmi attribué aus- si à des salafistes djihadistes, le prési- dent Marzouki a regretté que cette “tragédie” n'ait pas provoqué l'union, mais “la division et l'anarchie” en Tu-

nisie. Dans la nuit, après la rupture du jeûne, environ 20 000 manifestants se sont ré- unis une nouvelle fois devant l'Assemblée nationale consti- tuante (ANC) pour en récla- mer la dissolution et la dé- mission du gouvernement. L'armée et la police étaient présentes en nombre, alors que des heurts y ont eu lieu ces dernières nuits. En fin d'après- midi, le Premier ministre Ali Laârayedh, issu du parti isla- miste Ennahda, a, lui, exclu tout départ mais promis des élections le 17 décembre. La puissante union générale des travailleurs tunisiens, qui a toujours joué le rôle plutôt d’organisation politique que syndicale et qui continue à fai- re la pluie et le beau temps, a réclamé le départ du gouver- nement lors d'une longue ré- union dans la nuit de lundi à mardi, selon son secrétaire général adjoint. La centrale syndicale n'a ce- pendant pas fixé d'ultimatum

et n'a pas appelé à la dissolu- tion de l'Assemblée nationale consti- tuante (ANC), revendication phare d'une coalition hétéroclite de partis d'opposition. “L'UGTT appelle à la dis- solution du gouvernement et à la com- position d'un gouvernement de com- pétence formé par une personnalité consensuelle”, a déclaré à l'antenne de la radio Mosaïque FM le secrétai- re général adjoint du syndicat, Sami Tahri. Il a aussi indiqué que l'UGTT, forte de quelque 500 000 membres, était favorable à ce que l'ANC vote le projet de Constitution, dont l'élabo- ration est à la peine depuis des mois.

I. O.

L’ÉDITO

PAR MERZAK TIGRINE

Incertitudes C

e qui était redouté par les Tunisiens, est là : après les assassinats politiques, les islamistes armés s’en prennent à présent aux services de sécurité. En tuant dix soldats appartenant à un corps d’élite de l’armée tunisienne, les

L’attentat perpé- tré contre les

éléments de l’ar- mée tunisienne ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà : le projet isla- miste est indissociable de la violence. Du coup, les fondements de la République tunisienne sont en danger. ”

groupes armés confirment leur présence sur le terrain et, surtout, leur prépara- tion à des actions armées aussi spectaculaires que sanguinaires. Ainsi, le grou- pe terroriste, qui était replié dans le mont Chaâmbi depuis quelques mois déjà, signe son premier coup d’éclat. Alors que les observateurs considéraient que l’arrivée des islamistes au pouvoir au lendemain de la chute du régime de Zine al-Abidine Ben Ali allait empêcher les extrémistes de basculer dans le terrorisme, dès lors qu’ils ont non seulement une tribune politique mais aussi les leviers de commande pour mettre en œuvre leur projet, l’attentat perpétré contre les éléments de l’armée tunisienne ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà : le projet islamiste est indissociable de la violence. Du coup, les fondements de la République tunisienne sont en danger. Conciliant, depuis sa prise du pouvoir, avec la montée du fondamentalisme religieux, dont il est issu, le parti Ennahda de Rached al-Ghannouchi a fini par voir le contrôle de la situation lui échapper peu à peu. Ainsi, à la crise politique que vit le pays ces derniers mois, en raison du refus de l’opposition d’accepter le diktat d’Ennahda, vient se greffer cette détérioration de la situation sécuritaire qui pourrait coû- ter cher à la Tunisie. Les appels à la chute du gouvernement en place ont im- médiatement fusé de partout et, notamment, de la part de la puissante organi- sation syndicale, l’Union générale des travailleurs tunisiens, dont le nom est in- timement lié aux péripéties de l’histoire contemporaine de la Tunisie. Mais l’en- têtement du mouvement Ennahda reste de mise, le Chef de l’Exécutif issu de ses rangs s’étant empressé d’exclure une éventuelle démission du gouvernement. Le mouvement Ennahdha ne propose, pour toute solution, qu’un élargissement de la coalition gouvernementale qu’il dirige. Il ne fait aucun doute qu’il sera très difficile de parvenir à un consensus. Un scénario à l’égyptienne ? n

4 L’actualité en question

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

LA FACTURE A AUGMENTÉ DE 14,5% DURANT LE PREMIER SEMESTRE 2013

1,18 milliard de dollars pour l’importation de blé !

Les statistiques des Douanes algériennes sont claires : la facture alimentaire ne fait que grimper alors que la production nationale semble incapable de satisfaire la demande.

L es Douanes algériennes viennent d’enregistrer un pic de 14,5% dans la fac- ture des importations de blés durant le premier se- mestre 2013, par rapport à

la même période de l’année dernière.

Si l’on en croit les chiffres rendu pu- blics hier par le Cnis, cette facture a augmenté seulement en valeur, passant de 1,03 milliard à 1,18 milliard de dol- lars US car en volume, les importations ont plutôt stagné à 3,171 millions de tonnes sur la période considérée. D’après les statistiques des douanes, ce sont essentiellement les importations de blé tendre qui alourdissent la fac- ture. Elles ont atteint 868,2 millions de dollars, contre 682,98 millions, à la même période de l’année dernière, en hausse de 27,12%.

Les quantités ont totalisé 2,411 millions de tonnes, contre 2,358 millions de tonnes, en hausse également de 2,24%. Quant à la facture du blé dur, celle-ci

a connu durant le premier semestre

2013 une baisse tant en valeur (-11%)

D. R.
D. R.

La facture d’importation de blé a augmenté en valeur mais pas en volume.

qu’en quantité (- 7,4%), soit 306,86

millions de dollars (pour 752 720 tonnes), contre 346,270 millions de

dollars (pour 813 107 tonnes) à la même période de 2012. On en conclut donc à une hausse importante des

ELLE EST ESTIMÉE À 800 MILLIONS DE LITRES/AN

La moitié de la production laitière n’est pas collectée

P lus de la moitié de la production nationale de lait cru n’est pas collectée en Algérie. Si l’on tient compte des statistiques de l’exercice écoulé où il a été produit 800

millions de litres, plus de 400 millions de litres ne sont de ce fait pas exploités car n’arrivant pas aux laiteries. Cette défaillance dans la collecte a pour cause l’éloignement des éleveurs et aux zones inaccessibles aux moyens de trans- port. Le retard pris à chaque fois pour l’acheminement de ce produit vers les usines de transformation provoque des méfaits sur sa qualité et devient acide. Afin d’éviter un tel gâchis, les agriculteurs le donnent pour la consommation du bétail. D’où la nécessité d’organiser les accès, d’ouvrir des pistes et d’utiliser des moyens de transport adéquats. Mahmoud Benchekor, président du Comité interprofes- sionnel du lait, n’a pas caché sa satisfaction quant aux lai-

teries qui se sont installées dans les zones reculées. Car, cet-

te décision, avoue-t-il, est en elle-même une solution au pro-

blème de collecte. Autre problématique posée par les ac- teurs de cette filière a trait à la difficulté à satisfaire les be- soins nationaux. La demande est estimée entre 4,5 et 5,5 mil- liards de litres. La production représente à peu près 1/5 de ce que consomme l’Algérien. Le déficit est donc comblé par l’importation. Environ 3 milliards de litres sont ainsi im- portés annuellement par notre pays afin de faire face à la demande. Ce qui place l’Algérie parmi les gros importateurs de poudre de lait dans le monde.

Pour pouvoir renverser la vapeur et répondre aux besoins par la production, il faut prendre une batterie de mesures. La plus prioritaire est l’alimentation du bétail à travers le développement de la culture fourragère. Il faut pour cela, diminuer davantage les surfaces mises en jachère. Il faut consacrer 200 000 à 250 000 hectares de terres irrigables pour produire du fourrage. Cela va permettre de nourrir 600 à 700 000 vaches à même de produire 3 à 4 milliards de litres par an. Ainsi, presque la totalité de la demande sera satis- faite. Cela passe également par l’introduction de la cultu- re à haut rendement tels que le maïs et la luzerne. Un tel objectif nécessite également d’accorder un maximum de concessions de terres aux agriculteurs. Parallèlement à cet- te démarche, il y a lieu de consolider les dispositifs d’aide aux éleveurs tels que les moyens hydrauliques, les pivots, le système de goutte à goutte et l’aspersion. Le soutien du trésor public dans ce sens est évalué à 50%. Une chose est certaine, c’est que la production nationale de lait augmente d’année en année. Les principaux facteurs ayant concouru à cette augmentation sont l’évolution qu’a enregistrée l’effectif des vaches laitières, doublée d’une amélioration du potentiel génétique de ces animaux, ainsi que l’amélioration de l’offre alimentaire par une dis- ponibilité accrue de fourrages verts et l’amélioration des conditions d’hygiène et d’élevage au sein des étables.

B. K.

cours de blé tendre qu’il va falloir vé- rifier. Le ministre de l’Agriculture, qui avait longuement insisté sur la fonction “régulation” réhabilitée, selon lui, depuis 2009, devrait demander à cette occasion des explications aux res- ponsables de l’Office algérien inter- professionnel des céréales (OAIC), principal importateur de céréales et qui aurait dû, si l’on suit son raisonne- ment, “anticiper” ladite hausse en fai- sant, par exemple, des achats en bas- se saison. Benaïssa avait notamment précisé que l’État pouvait intervenir sur le marché et pas seulement par des actions phy- siques telles que le stockage. Quoi qu'il en soit, il pourrait aussi interpeller aujourd'hui le Conseil interprofes- sionnel des céréales pour déterminer les mesures arrêtées afin de concréti- ser, a minima, les objectifs de sécuri- té alimentaire et pour intéresser da- vantage l’amont agricole. S’agissant enfin de l’origine des im- portations de blé tendre, elles ne font aucun doute qu’elles proviennent,

bien évidemment, de l’ancienne puis- sance coloniale, en l’occurrence la France. Et pour cause ! Pour mettre fin à une polémique naissante, le mi- nistre algérien de l’Agriculture a fait valoir que les habitudes alimentaires des Algériens imposent un certain type de blé et que même les équipe- ments, notamment les fours des bou- langers algériens, sont conçus exclu- sivement pour “la baguette française”. À cet effet, les cahiers des charges ré- digés en 1980 (le dernier amendement

date de 1999) favorisent, en Algérie, la fabrication d’un pain à partir d’une fa- rine de blé avec un indice de panifi- cation que l’on retrouve, pour ainsi

dire, uniquement en France

métro-

politaine. C’est pourquoi l’Algérie est devenue très vite l’un des principaux marchés captifs des céréaliers français et un dé- bouché presque “naturel” pour des ex- cédents agricoles qu’elle paye, au- jourd’hui, au prix fort.

MOHAMED-CHÉRIF LACHICHI

PROJET RENAULT ALGÉRIE

Treize entreprises de sous-traitance d'Oran retenues

n Treize entreprises publiques et privées de sous-traitance d'Oran ont été retenues dernièrement dans le cadre du projet de l'usine automobile Renault Algérie qui sera implanté dans la daïra de Oued Tlélat, a indiqué le directeur de l'industrie et des petites et moyennes entreprises et de la promotion de l'investissement de la wilaya, Abderrahim Khaldoun. Ces entreprises spécialisées dans plusieurs créneaux dont le caoutchouc, les batteries, le plastique font partie de plus de 26 entreprises au niveau national retenues par le comité chargé d'identifier les entreprises de sous-traitance de ce projet, a souligné à l'APS M. Khaldoun. Cette opération intervient dans le cadre des objectifs de concrétisation du projet de l'usine Renault Algérie qui seront concentrés sur l'intégration nationale de ce genre de projets. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait insisté, en inspectant en avril dernier le projet de réalisation de l'usine Renault lors de sa visite dans la wilaya d'Oran, sur la nécessité d'intégrer des entreprises nationales en sous-traitance dans le cadre de ce projet. Par ailleurs, l'installation du projet de l'usine enregistre un avancement selon le calendrier et le plan fixé avec la mise en place de la base de vie, selon le directeur de la PME. Le projet de réalisation de l'usine, qui concrétisera l'accord signé en décembre dernier à Alger à l'occasion de la visite du président français François Hollande, s'étend sur une superficie de 151 hectares. Une production de 25 000 véhicules par an est prévue dans une première phase avant d'atteindre 75 000 voitures/an. L'usine bénéficiera d'une meilleure plateforme technologique de la société Renault, ce qui permettra la production d'une voiture avec les mêmes critères en vigueur en France. La première voiture Renault Algérie sortira à Oued Tlélat en novembre 2014.

R. N./APS

ALORS QUE BENSALAH DÉSIGNE UN EX-SÉNATEUR À LA TÊTE DU DIRECTOIRE DU RND BÉJAÏA

Les partisans d’Ouyahia s’insurgent

U ne dizaine de militants du RND, bien con- nus comme étant proches de l’ancien se- crétaire de wilaya, le député Omar Alilat,

ont observé, hier, un rassemblement de protes- tation devant l’immeuble abritant le siège régional du parti, sis à la cité Rabéa, en plein centre-ville de Béjaïa. Ils s’insurgent contre la décision du se- crétaire général par intérim du RND, Abdelka- der Bensalah, qui vient de désigner un directoire composé de 11 membres, dont la mission est de préparer le 4 e congrès du parti, prévu pour le mois de décembre prochain à Alger. “Nous considérons unanimement que c’est inop- portun de désigner une instance exécutive provi- soire (directoire parachuté) non représentative de la base militante et de surcroît sans consultation de l’ensemble des membres de l’instance dirigeante du parti existante au niveau de notre wilaya”,

soulignent les militants protestataires dans une déclaration politique rendue publique hier. Les signataires du document, n’arrivant pas à digérer leur mise à l’écart de la nouvelle instance régionale du parti, demandent à Bensalah d’an- nuler la désignation et l’installation du directoire de la wilaya de Béjaïa, arguant que “la démarche de la direction du parti s’est faite à l’insu de la ma- jorité de la base militante”. Pour sa part, le tout nouveau coordinateur de wilaya, Ammar Mehdi, dit Khodir, ancien mem- bre de la direction nationale de l’UGTA et ex-sé- nateur de Béjaïa, membre du tiers présidentiel, se veut rassembleur dans la mesure où il développe un discours quelque peu conciliant. Il tentera de réconcilier les deux clans antagonistes : les pro- Alilat, qui ne sont autres que les partisans d’Ouyahia, et les redresseurs qui font partie de

l’aile de Yahia Guidoum. “Le RND est complète- ment déstructuré par des gens qui en ont fait un tremplin. À Béjaïa, c’est la pire des choses qui s’est passée. On y a tout fait pour installer un climat de suspicion et de haine. Tous les meilleurs cadres et les militants sincères de la région ont été exclus ou marginalisés. Ce sont les intérêts personnels qui pri- maient au détriment de ceux du parti et de la na- tion. La chkara a beaucoup nui à la politique”, s’indigne le président du directoire de wilaya du RND, de Béjaïa. Invitant l’ensemble des cadres et anciens militants du RND à s’unir autour d’un seul projet, celui de l’Algérie démocratique et républicaine, l’ancien syndicaliste de l’UGTA martèlera qu’“on doit reprendre le RND à Béjaïa. Tout s’y prête pour que notre parti devienne la pre- mière force politique dans la région.” Interrogé sur le sort qui sera réservé aux militants protestataires,

notamment les partisans de l’ex-coordinateur, Omar Alilat, M. Mehdi tient à rassurer que “les portes du RND resteront ouvertes à tout le monde. Néanmoins, il n’y aura que l’engagement et l’in- tégrité qui vont primer dorénavant.” À noter, en- fin, que le nouveau directoire du RND de Béjaïa, installé officiellement le 14 juillet dernier, au siège national du parti, à Alger, par l’ex-ministre des Finances, Abdelkrim Harchaoui, est composé de 11 membres, parmi lesquels figurent d’anciens cadres, à l’image de Salem Djama et Rachid Zatout, membres fondateurs du RND à Béjaïa, Hafid Boudraham et Kheïra Yahiaoui, respec- tivement chef de file des redresseurs et présidente de l’UNFA à Béjaïa. Il y a aussi l’actuelle députée RND, Zina Ikhlef, et l’ancien parlementaire de Bé- jaïa, Kamel Bouchoucha.

KAMEL OUHNIA

LIBERTE Mercredi 31 juillet 2013 LE RADAR 5 PAGE ANIMÉE PAR HAMID SAÏDANI radar@liberté-algerie.com {de
LIBERTE Mercredi 31 juillet 2013
LE RADAR
5
PAGE ANIMÉE PAR HAMID SAÏDANI
radar@liberté-algerie.com
{de Liberté
{

ORAN

50% des huiles usa- gées déver- sées dans les réseaux

d’assainis-

sement

n Moins de 50% des huiles usagées sont collectées au niveau de la wilaya d’Oran, alors que les 50% restantes sont déversées dans les ré- seaux d’assainissement, a indiqué à l’APS la chargée de l’environnement indus- triel à la direction de l’envi- ronnement de la wilaya, M me Souad Benouis. Malgré la gratuité de la collecte de ces huiles avec une quinzai- ne d’entreprises privées et publiques agréées par l’État qui opèrent à Oran, les gé- nérateurs de types de dé- chets (usines et stations de lavage et graissage) conti- nuent à les déverser dans les réseaux d’assainissement, s’est-elle indignée. Selon M me Benouis, 13 stations de lavage et graissage ont été fermées au cours de l’année 2013 et une cinquantaine de stations ont fait l’objet de mise en demeure pour avoir déversé leurs déchets en huiles usagées dans les égouts.

leurs déchets en huiles usagées dans les égouts. RÉSEAUX SOCIAUX Les trois quarts des dirigeants mondiaux

RÉSEAUX SOCIAUX

Les trois quarts des dirigeants mondiaux sont sur Twitter

n Soixante-dix-sept pour cent des dirigeants

mondiaux des 193 pays représentés à l'ONU sont aujourd’hui détenteurs d’un compte Twitter. La moitié des 505 comptes Twitter analysés dans cet- te étude élaborée par l’agence internationale de communication Burson-Marsteller sont des comptes personnels de chefs d'État, de chefs de gouvernement ou de ministres des Affaires étrangères. Un tiers d'entre eux environ rédigent des “tweets” eux-mêmes, mais très peu le font de

manière régulière. Le dirigeant le plus suivi de la planète est Barack Obama avec 33,5 millions “d'abonnés”. Un autre indice, tout aussi intéres- sant, concerne le niveau d'interaction des diri- geants avec leurs pairs ayant un compte Twitter. Ils sont 68% des dirigeants mondiaux à l'utiliser pour échanger avec leurs pairs. Nos responsables sont évidemment complètement absents de ce ré- seau social… ils ne savent peut-être même pas ce que cela signifie.

PARTICIPATION DE PAYS AFRICAINS ET DE L'EUROPE

Une conférence internationale sur la ville les 28 et 29 octobre

n L'Algérie abritera une conférence internatio-

nale sur la ville les 28 et 29 octobre prochain à Al- ger. Cette manifestation regroupera des acteurs

et intervenants dans le domaine de la ville, no- tamment du Maghreb, de l'Afrique, du monde arabe et de l'Europe, des représentants de dé-

partements ministériels, du mouvement associatif et des représentants d'organismes onusiens ain- si que des experts en la matière. Elle vise à assu- rer un partage d'opinion sur les politiques de la gestion et de la promotion de la ville.

GRÈCE

Campagne de dépistage du sida parmi les… migrants !

Campagne de dépistage du sida parmi les… migrants ! n Athènes a réintroduit, il y a

n Athènes a réintroduit, il y a quelques semaines et dans la discrétion la plus totale, une mesure pour procéder à des tests de dépistage forcés du VIH sur les prostituées, drogués et immigrants sans papiers. Cette mesure choquante, mais passée inaperçue, donne le quitus aux forces de police pour procéder à des tests de dépistage forcés du VIH sur les populations concernées. Des arrestations qui peuvent parfois ouvrir la voie à des détentions arbitraires de la part des autorités, ont dénoncé des ONG. “Il est profondément inquiétant qu'il n'ait fallu qu'un jour au nouveau ministre de la Santé pour réintroduire une mesure qui viole les droits de l'Homme, stigmatise les groupes à risques”, a déclaré Judith Sunderland, une analyste de Human Rights Watch (HRW), qui dénonce régulièrement la politique d'Athènes à l'égard des migrants.

DES ÉLUS DÉNONCENT LE MAIRE DE SIDI-M'HAMED

Tout semble rentrer dans le désordre à l’APC

Tout semble rentrer dans le désordre à l’APC n Vitrine du centre de la capi- tale

n Vitrine du centre de la capi- tale avec Alger-Centre, la com- mune de Sidi-M’hamed vit de- puis quelques jours dans la tourmente. Et pour cause, la grande majorité des élus bou- dent les réunions du maire à qui ils reprochent de faire ca- valier seul, surtout dans les dé- cisions concernant le parti de son obédience (MSP). Et dans cette cacophonie, le premier magistrat de la commune se se- rait distingué durant le mois sa- cré en “faisant bénéficier sa mère et sa sœur du couffin de Ramadhan”, qu’il aurait ins-

crites sur la liste des handicapés. L’élu dénonciateur déclare dé- tenir les documents attestant de cette pratique illégale, sachant que ni la mère vivant sous le même toit que le maire ni la sœur dont le mari est un cadre de la municipalité ne sont han- dicapées, ajoutant que ces der- nières n’ont aucune carte éta- blie par le service compétent de la mairie attestant de leur han- dicap. Le règlement est pour- tant clair à ce propos : les pa- rents des fonctionnaires de la mairie n’ont pas droit au couf- fin de Ramadhan.

2,3 MILLIARDS DE LITRES EN 2011

Les Algériens grands consommateurs de limonades et de jus

Les Algériens grands consommateurs de limonades et de jus n Selon l’Association des producteurs algériens de

n Selon l’Association des producteurs algériens de boissons, les Algériens auront bu 2,3 milliards de litres entre sodas, jus et eau aromatisée en 2011. Véritable marché s’il en est puisque pas moins de 695 entreprises concoctent près de 300 marques, même si seulement 20 pro- ducteurs se partagent 99% du marché parmi lesquels on retrouve les multinationales de boissons.

6 DOSSIER

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

UN QUART DE LA NOURRITURE FINIT DANS LES POUBELLES

Le Ramadhan de tous les gaspillages

Nous jetons 20 kg de nourriture par année et par personne. Mois de piété, de méditation, d’abstinence et de sobriété, le mois sacré est aussi le mois où le triste phénomène du gaspillage alimentaire explose en Algérie. Il décuple pendant le Ramadhan pour atteindre des pics inquiétants. Et on n’a pas tort de dire que Ramadhan est synonyme de jeûne la journée et de festin le soir. L’enquête que nous avons menée auprès des services et des associations concernés renseigne que nous avons raison d’être indignés devant cette situation.

T roisième semaine de Ramadhan. Les ménages sont sur le carreau après que la flambée des prix des lé- gumes, fruits et autres denrées composant le f’tour du début du mois sacré a eu raison de leur

bourse. Mais on n’abdique pas pour autant, quit-

te à s’endetter et la folie des achats continue, même si un petit re-

cul est enregistré, jus- tifié essentiellement

par la raison invo- quée. Commençons d’abord par ces chiffres qui donnent le tournis : les ménages algériens gas- pillent chaque Ramadhan plus de 5 milliards de dinars en produits alimentaires, prévient El-Hadj Tahar Boulanouar, président de l’Union des com- merçants et artisans(UGCAA), ajoutant que la consommation des fruits et légumes est de 10 mil- lions de quintaux dont 500 000 qx vont à la pou- belle. Pour ce dernier, le gros du gaspillage est constitué de produits subventionnées avec à leur tête le pain. Plus de 4 milliards de baguettes sont achetées durant ce mois et dont 120 millions fi- nissent aux coins des rues attendant les ramas- seurs. Contrairement à ce que l’on pense, même certains produits alimentaires qui ne sont pour- tant pas à la portée des petites bourses n’échap- pent pas à ce phénomène. C’est le cas des viandes rouge et blanche dont la consommation est respectivement de 40 000 tonnes et 30 000 tonnes en ce mois. Ces viandes sont souvent trou- vées dans les poubelles lors des collectes. Pour le lait, autre produit subventionné, la demande est de 150 millions de litres dont 12 millions sont gas- pillés et jetés. L’UGCAA a enregistré que le pain et le lait constituent 60% du gaspillage durant ce mois. Remontant la chaîne de gaspillage, le pré- sident de l’UGCAA pointe un doigt accusateur en direction des pouvoirs publics dont la politique d’éradication des marchés informels n’a pas eu les résultats escomptés. Selon lui, les espaces de détail, auparavant occupés par les marchands in- formels, ont disparu. Au lieu de pourvoir ce manque, on se rend compte que ce vide a créé le gaspillage au niveau des marchés de gros qui ne trouvent pas à qui vendre leurs marchandises et se voient souvent dans l’obligation de les jeter. Pour lui, il y a urgence à mettre en place les mar- chés de proximité ayant pour but de résorber ce gaspillage. Parallèlement, fait-il remarquer, il exis- te un manque de maîtrise de la chaîne au niveau des chambres froides, d’où des quantités im- portantes de produits qui périssent par ce fait. En réalité, certains produits connaissent un début d’avarie, si ce n’est la totalité, au niveau des ports en raison de problèmes bureaucratiques, parfois durables, entre l’importateur et l’administration portuaire, ce qui s’impute d’ailleurs sur la valeur du produit revu à la hausse au détriment du consommateur. “Mais on ne peut parler de gas- pillage sans évoquer la part du citoyen dont la consommation rationnelle n’est pas dans sa cul- ture”, ajoutera M. Boulanouar. Et on l’aura de- viné, le gaspillage touche beaucoup plus les quar- tiers huppés avec un taux de 70%, confie notre interlocuteur.

REPORTAGE RÉALISÉ PAR : ALI FARES

“Gaspilleur malgré moi !” Dahmane est comme par hasard harrachi. Il ado- re la bonne cuisine algéroise. Le mois de carême, il préfère prendre son congé annuel. Des faiblesses il en a pour les produits du terroir, ce qui en fait un invétéré des marchés où il pas- se une bonne partie de sa journée. Son dada, c’est le pain, sous toutes ses variétés qu’il va chercher un peu partout, quitte à faire des dizaines de ki- lomètres. “Il m’est arrivé d’aller jusqu’à Cherchell pour acheter du pain chez un artisan boulanger. Imaginez-vous, une fois je me suis retrouvé avec dix pains sur les bras. À quatre, on a consommé

que deux pains. Le malheur, c’est que le lendemain, j’en achète du frais, car il n’est pas ques- tion de manger du pain rassis”, confie-t-il avant de déclarer que le bouzellouf (tête de mouton) fait partie de ses “envies” du- rant le mois sacré, concluant qu’il lui est arrivé de ren- trer chez lui avec deux ou trois têtes de mouton, à la grande stupéfac- tion de sa femme. Samir est un en- fant de Soustara ayant quitté “el- houma” pour Aïn Naâdja, logement oblige. Ce jeune homme de 35 ans traque le kalbel- louz et la zlabia. Il fait le déplacement tous les jours de Ramadhan à Bou- farik et Blida où il

en profite pour acheter aussi la fa- meuse cherbet (jus de citron aromatisé à la va- nille). “La moitié de ce que j’achète prend la di- rection de la poubelle. C’est du gaspillage et j’en suis conscient, mais je n’y peux rien. Hada houa ramdane, naklou biaynina”, conclut-il. Ramad- han quand tu nous tiens ! La pratique du gas- pillage n’a pas d’âge et, contre toute attente, elle peut concerner les personnes âgées. Le cas de âammi Belkacem est assez édifiant. À 78 piges mais bien conservé, ce grand-père écume les mar- chés. Il achète tout ce qui le tente, dont il ne consomme généralement que de petites quanti- tés. Avec sa femme, il est souvent en guerre à cau- se de ses incartades boulimiques. Âammi Bel- kacem, Dahmane et Samir ne sont qu’une infi- me représentation des millions d’Algériens dé- pensiers en ce mois particulier, à l’exemple de ce citoyen qui a avoué que pour venir à bout de ses convoitises culinaires, il fait appel à sa paie, cel- le de sa femme et une avance sur salaire. Sidérant !

La bataille de Netcom Dans le domaine du gaspillage, qui dit surcon- sommation, dira plus gros volume de déchets mé- nagers. Netcom, établissement en charge de la collecte de ces derniers, est en état d’urgence de- puis le début du Ramadhan. Et pour cause, le vo- lume des ordures ménagères passe d’une moyen- ne de 1 700 t/j les 11 mois de l’année à 2 200t/j durant ce mois, soit une augmentation de 30%. Ceci implique une augmentation des rotations de ramassage qui passent de 350 à 500 voyages par jour. “C’est pour cette raison que nous dou- blons les programmes”, dira M. Smaïl Naït Cha- bane, chef d’unité de Sidi M’hamed qui regrou- pe les quatre communes du centre de la capita- le qui a bien voulu nous expliquer les différentes missions de l’établissement, particulièrement du- rant le mois de Ramadhan. Nous avons pris pla- ce avec lui à bord de son véhicule sur le trajet Sidi M’hamed-Bir Mourad Raïs. Plusieurs collectes sont en effet programmées, celle de nuit d’abord qui travaille de 22h à 6h, secondée par une col- lecte spéciale de 4h à 7h30 destinée aux grandes artères et itinéraires officiels, mais aussi les quatre marchés couverts de la circonscription, et

Liberté
Liberté

Le volume des ordures ménagères est estimé en moyenne à 1 700 t/j.

une troisième appelée collecte de rattrapage qui s’étend de 6h à midi. De même qu’il est mis en place un groupe d’intervention pour les opé- rations d’urgence. Durant la nuit, 8 bennes tas- seuses et un K120 sont mobilisés uniquement pour cette circonscription administrative. On de- vine aisément donc le nombre de véhicules mis en branle pour les 28 communes intra-muros de la capitale. Le ramassage dans les autres com- munes étant jusqu’à présent du ressort des mu- nicipalités. “Malgré cela, notre mission reste in- grate devant le manque de civisme de certains ci- toyens agissant par des pratiques révoltantes”, af- firme ce responsable. Il est vrai que les bacs à dé- chets ménagers ne désemplissent jamais. Quant au volet gaspillage alimentaire, Netcom est bien placé pour évaluer le degré de ce phénomène. “Les bacs à ordures sont de véritables garde-mangers. On y trouve de tout et souvent de la nourriture non entamée. Des yaourts, des boîtes de conserve, des fruits et des légumes. Un de nos agents, qui a man- gé des yaourts et des mille-feuilles trouvés intacts, est actuellement en lutte contre la maladie qui ron- ge son corps. Toutefois, le ramassage du pain n’est pas de notre ressort. Mais il est désolant de constater toutes ces quantités de pain et souvent des pains entiers, jetés pas loin des bacs à ordures”, a fait savoir le fonctionnaire de Netcom. L’on ap- prendra qu’il existe une filière du pain qui com- mence de la collecte jusqu’à la vente aux avicul- teurs et aux éleveurs de bétail. C’est un marché très lucratif où la perte est inexistante.

Le scandale des restos collectifs Le D r Mustapha Zebdi, SG de la Fédération de la protection des consommateurs, voit les choses autrement. Pour lui, il y a lieu de distinguer entre le gaspillage qui ne concerne que des individus et dont le nombre n’est pas aussi alarmant qu’on veuille le faire croire et l’autre gaspillage, plus grave et à plus grande échelle, qu’on trou- ve au niveau de certaines structures de l’État. Il pointe sans hésiter l’index sur les restos collec- tifs étatiques ou ce qu’on appelle les cantines. “Je lance un appel aux enquêteurs mandatés afin de contrôler ce qui se trame au niveau de ces restos”,

dira-t-il. Et de révéler qu’il existe une filière du pain. Ces cantines, s’approvisionnent, selon lui, en surplus de pain pour le revendre comme dé- bris à des éleveurs. Les responsables de ces agis- sements auraient recours à une pratique peu ca- tholique en servant aux travailleurs du pain ras- sis qui, en perdant de sa fraîcheur, le rend peu ra- goûtant et donc moins consommé. Ainsi, la quan- tité commandée ne sera consommée qu’en par- tie pendant que le reste sera tout simplement re- vendu. Du moins, c’est ce qu’affirme le D r Zeb- di. Ce dernier, sur un autre plan, propose l’ins- tallation d’une police communale pour sur- veiller ceux qui gaspillent. “Accuser le petit peuple de gaspiller, c’est l’arbre qui cache la forêt. Pour voir le vrai gaspillage, il n’y a qu’à aller dans les quartiers huppés. En revanche, il ne faut pas oublier ceux qui vivent des décharges publiques, ceux qui ne mangent de la viande qu’à la saint glinglin. Pendant ce temps, des caisses pleines de toutes sortes de légumes et de fruits sont jetées au niveau des restos collectifs. Un contrôle des pou- belles de ces établissements renseignerait sur le vé- ritable gaspillage”, s’écrie notre interlocuteur, sou- lignant que le gaspillage est un comportement in- trus dans nos traditions d’abord du point de vue religieux dont plusieurs versets du Saint Coran condamnent ceux qui gaspillent. Ces derniers sont cités comme étant les frères de satan. Le pro- phète Mohammed (QSSSL) en parle également dans divers textes rapportés par les livres traitant de la sunna. Cependant, la réalité est toute autre. Le gaspillage existe. Le constat est assez éloquent pour dire que durant le mois de la piété et de l’abstinence, rien n’arrête ce mode de consommation. Consommer rationnellement est une culture qui s’acquiert avec le temps. Ne perdons pas de vue le fait que beaucoup d’Algériens ont vécu dans la frustra- tion et leur mode de vie a changé avec l’évolu- tion de leur situation sociale. Le rôle sensibili- sateur des mosquées et des associations par- viendra-t-il un jour à changer les mentalités en attirant l’attention notamment sur l’effet préju- diciable porté à l’économie du pays ?

A. F.

LIBERTE

Mercredi 31 juillet 2013

Dossier

7

ALORS QUE DES CENTAINES DE DÉMUNIS SONT RECENSÉS À TRAVERS LA RÉGION

À Tlemcen, le pain, première nourriture jetée à la poubelle

Tlemcen et sa région dont la population approche le million d’habitants n’échappent pas au phénomène du gaspillage de denrées alimentaires durant le mois de Ramadhan.

I l n’y a qu’à s’en convaincre en voyant les camions des ser- vices municipaux chargés à ras bord de ces victuailles jetées çà et là dans les poubelles, de quoi subvenir aux besoins de

toute la population du Kiribati. Le centre d’enfouissement technique de Tlemcen est

saturé par le

des

déchets do- mestiques en cette période de sur- bouffe et l’hygiène accuse un sérieux coup, surtout que c’est l’été. Alors que ces centaines de démunis frappent chaque jour à la porte des fidèles et des institutions sociales pour quémander un peu de nourriture, de nombreuses familles aisées et moins aisées ne trou- vent pas mieux que de jeter dans les poubelles une quantité importante d’aliments et même des plats tout entiers. Dans les mosquées, les imams n’ont eu de cesse dans leurs causeries reli- gieuses de soulever ce phénomène vécu à chaque période de jeûne, en pre- nant comme référence le Coran dont notamment le fameux verset 141 de la sourate Les animaux : “C’est Lui qui a créé les jardins treillagés et non treilla- gés, les palmiers et les cultures au goût si varié, l’olivier et le grenadier de même espèce ou d’espèces différentes. Mangez de leurs fruits quand ils ont at- teint leur maturité et acquittez-vous de la dîme le jour de la récolte. Mais évi- tez tout gaspillage, car Dieu n’aime pas ceux qui gaspillent.” Le gaspillage étant proscrit dans la religion musulmane,

Par :

B. ABDELMADJID

poids

Liberté
Liberté

les citoyens semblent ne pas en tenir

compte bien que dans leurs discussions

à bâtons rompus, ils sont les premiers

à le dénoncer.

En tête de liste du gaspillage vient in- contestablement le pain, comme constaté du reste à travers les autres ré- gions du pays. Non seulement ce sont des centaines de baguettes qui sont je- tées dans les poubelles et à même le sol,

Chaque jour, une quantité importante d’aliments est jetée.

mais également, fait nouveau, le pain artisanal.

Au marché et dans les ruelles, c’est un

nombre impressionnant de vendeurs qui proposent ce pain cuit maison dont une importante proportion ira par la suite dans les décharges publiques car le citoyen a tendance, ici et ailleurs, à “manger avec les yeux” comme on dit, multipliant par deux les achats dont

une partie sera irrémédiablement je- tée comme les fruits et légumes, la fa- meuse chamia et même les gâteaux. C’est parce que le budget alloué à la pé- riode du Ramadhan est souvent im- portant, que ces dépenses, mêmes celles superflues, influent sur le com- portement du consommateur. Dans les réseaux sociaux, les avis sont unanimes à dénoncer cette situation.

“Regardez autour de vous et constatez le gaspillage de nourriture auquel nous nous livrons. Voyez les restes de cous- cous qui jonchent les rues le vendredi, phénomène exacerbé pendant le Ra- madhan où le f’tour est l’occasion de tables croulant sous des quantités de nourriture que nous sommes inca- pables de terminer et qui finissent à la poubelle”. “Outre que s’empiffrer est très mauvais pour la santé (beaucoup d’entre nous sont d’ailleurs un peu trop gros et on peut se nourrir avec deux galettes de pain et quelques fruits), ce gaspillage de nourriture, cette volonté de faire croire à l’abondance sont pro- prement scandaleux.” Cet autre avis d’une jeune internaute est très significatif : “Il ne serait jamais venu à l’idée de ma grand-mère de je- ter le moindre morceau de pain ni de me laisser sortir de table sans finir mon assiette. Voilà bien une réflexion que je me suis faite il y a longtemps, c’est pour- quoi cette conception de Ramadhan me laisse dubitative. Appeler jeûne la pri- vation de nourriture de quelques heures pour mieux aller s’empiffrer après, vraiment ont devrait se pencher sur la question.” Chaque année durant le mois sacré de Ramadhan, cette situation de gas- pillage est décriée sans qu’une solution radicale soit envisagée. Par exemple, pour le pain, il serait judicieux que les APC collectent les baguettes jetées dans les poubelles pour les faire par- venir aux éleveurs qui en ont grande- ment besoin pour l’alimentation du bétail.

B. A.

LES MAUVAISES HABITUDES ONT LA PEAU DURE À CONSTANTINE

“Nous jetons tout, même la chorba….”

À l’instar des autres villes du pays, Constan- tine vit, pendant le Ramadhan, au rythme d’abstinence et de l’excès de nourriture. En

plus des repas, les familles aiment garnir pour la soirée leur table de confiseries, comme kalb el- louz, la zlabia, la djaou-

zia ou des gâteaux. Mais où partent alors

tous ces aliments, com- me la galette, le reste de la chorba et des boureks, la zlabia ou kalb ellouz lorsqu’ils ne sont pas consommés ? Malika, mère de famille, affirme :

“Je conserve uniquement la galette. Quant au res- te de la nourriture, la chorba, les plats et même les confiseries, nous jetons tout à la poubelle. Mes en- fants n’aiment pas manger le lendemain les mêmes plats, encore moins la chorba de la veille.

Par :

DRISS B.

J’ai beau leur expliquer qu’ils ramènent trop de pro- duits, comme la zlabia ou la djaouzia, mais mon mari et mes deux enfants ne veulent rien savoir et achètent tout et n’importe quoi avant le f’tour.” C’est connu, les tentations de manger se multi- plient et la prolifération des vendeurs qui se spé- cialisent dans les produits qu’on consomme souvent durant le Ramadhan : “Bien sûr que j’achète de la nourriture que ma mère jettera le len- demain. C’est plus fort que moi, dès que je passe devant une boutique qui vend des confiseries, je suis attiré. Ces derniers jours et parce qu’il fait trop chaud, j’achète plutôt des boissons comme le cherbet ou les sodas. Le vrai gaspillage intervient durant les deux premières semaines du Ramad- han. Maintenant que les gens ont pris l’habitude, ils gaspillent moins”, nous avoue Riad, 32 ans. Is-

sam, 37 ans, père de famille, avoue qu’il gaspille moins depuis une dizaine de jours : “Finis la zla- bia, kelb ellouz et toutes les confiseries, plus de la moitié finissait à la poubelle le lendemain. La deuxième quinzaine du Ramadhan est toujours fa- tigante, je fais donc très attention à mon alimen- tation. Je ne mange rien après le repas du f’tour, sauf des fruits.” Le gaspillage dans la ville des Ponts suspendus est toutefois moins important que les Ramadhan précédents, nous fait remar- quer M. Hadj Bougarne, représentant des bou- langers de Constantine au sein de l’Union gé- nérale des commerçants et artisans : “À Constan- tine, les gens consomment beaucoup de galettes maison. Il y a donc moins de pain, la production chute de 60% et certains boulangers préfèrent ne pas travailler. Il y a moins de gaspillage de pain

parce que les boulangers ont pris des dispositions. On vend du pain amélioré qui coûte plus cher, et donc le consommateur évite les excès. Nous avons tenu avant le Ramadhan une réunion avec les bou- langers de la wilaya pour les préparer à ce mois, car nous savons que cette période n’est pas propice aux bonnes affaires.” Les familles jettent non pas parce que la nourriture n'est pas comestible, mais parce qu'elle n'a pas l'air appétissante, nous ré- vèle un responsable du service assainissement de l’APC de Constantine qui ajoute : “Il est diffici- le de donner les chiffres sur le ramassage des or- dures, mais ce qui est certain, c’est que nos agents et ceux des entreprises privées constatent toujours une hausse des déchets ménagers en cette période. Cela est dû, sûrement, à une surconsommation.”

D. B.

LAGHOUAT

Les gens ont les yeux plus grands que le ventre !

P endant le mois béni du Ramadhan, il y a de ces foyers qui cuisinent des quantités conséquentes de nourriture, sures-

timant souvent les besoins des uns et des autres. Et, dans bien

des foyers, ce surplus de nourriture finit malheureusement dans les ordures. Laghouat, dont les habitants sont majoritairement conservateurs et très attachés aux

préceptes d’un islam tolérant, est, malheureusement, l’une de ces ré-

gions où le paradoxe est visible à l’œil nu. En effet, le contenu des ordures ménagères renseigne suffi-

samment d’un gaspillage de denrées alimentaires très variées. Et le surplus de nourriture finit malheureusement aux ordures, quoique des jeûneurs n’aient pas accès à ces “victuailles” jetées. Le désolant constat a fait réagir plusieurs citoyens organisés en groupes de bienfaiteurs ainsi que les éléments du Croissant-Rou-

Par :

BOUHAMAM AREZKI

ge algérien, en appelant à faire de ces surplus, autant d’actes de bienfaisance en direction des nécessiteux, notamment les familles maliennes ayant fui leur pays en raison des conflits armés. “Il y a certes des gens qui ont les yeux plus gros que le ventre’’, a ironi- sé un citoyen. Pour ce médecin, qui préfère garder l’anonymat, “il est grand temps de dénoncer le phénomène de gaspillage de la nourriture qui se ré- pète à chaque mois de Ramadhan”, avant d’ajouter que “chacun de nous se doit de calculer la quantité de nourriture nécessaire à préparer afin d’éviter tout gaspillage”. Du côté des restaurants et des hôtels implantés dans la région, le constat est plus que déso- lant. Le gaspillage de la nourriture ne cesse de prendre de l’am- pleur. En effet, les gérants des hôtels et des restaurants préparent chaque soir, pour la rupture du jeûne, une quantité énorme de plats

qu’ils finissent par jeter plus de la moitié à la fin de chaque vaca- tion. “Chaque jour, des tonnes de nourriture sont jetées après l’iftar. Quelle honte quand on sait que le Ramadhan est synonyme de par- tage, modestie et de charité !” s’indigne un citoyen. Par ailleurs, l’aspect écologique est, lui aussi, menacé par les risques environnementaux, notamment climatiques, provoqués par l’émission massive de déchets (alimentaires entre autres). Parce que le phénomène du gaspillage alimentaire concerne la grande majorité de la communauté musulmane, il serait bien de rappe- ler en ce mois béni la parole d’Allah “azzawajel” qui dit dans la sourate 17 Al-Isra : “Et donne au proche parent ce qui lui est dû ainsi qu’au pauvre et au voyageur (en détresse). Et ne gaspille pas indûment, car les gaspilleurs sont les frères des diables ; et le diable est très ingrat envers son Seigneur.” (Versets 26 et 27).

B. A.

8 L’actualité en question

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

SAÂD DAMMA, P-DG DE MOBILIS, L’A ANNONCÉ HIER

L’EN-Real de Madrid :

le 18 mai 2014 à Alger

L’opérateur public officialisera l’accord avec les représentants de l’équipe madrilène le 15 août prochain en Espagne.

E t

ça

reprend

!

Saâd

tains écrits émanant de la presse algérienne et de la polémique créée de toutes pièces”. Il n’est question donc que d’un report pour des raisons pratiques que les deux

parties corrigeront dans la mesure où un accord sera offi- cialisé le 15 août prochain en Espagne. “Nous avons déjà convenu d’une date qui pour- rait être modifiée selon la con- venance des deux parties. Ce dont je suis sûr c’est que les Al- geriens auront le plaisir d’ad- mirer leurs idoles sur un terrain algérien”, insiste l’animateur du point de presse abordant certaines des clauses du contrat qui va être entériné incessam- ment. Celles-ci portent, entre autres, sur les droits arrachés par Mobilis pour le passage du match amical sur la chaîne al- gérienne (terrestre). L’opéra- teur compte également faire profiter certains de ses clients et les feront assister à des matches du Real qui se dérouleront entre 2013 et 2014. En attendant, la question dû- ment posée : est-ce que Mobilis

a cette fois-ci choisi la bonne date à plus forte raison qu’elle inter- vient très peu de temps avant la Coupe du monde ? “Oui” dira Saâd Damma précisant que “s’il y a un problème, la date peut toujours changer dans la mesure où cette fois-ci nous avons tout le temps nécessaire pour mener à terme ce projet. Le plus important c’est d’œu- vrer pour l’intérêt des Algériens et leur

faire plaisir. C’est leur droit…” Saâd Damma, qui a manifesté ouvertement

son intérêt en direction du sport al- gérien en général et du football en par- ticulier, ne cache pas non plus son am- bition de devenir à son tour, le spon- sor officiel des Verts et de hisser, par

Liberté
Liberté

ailleurs, Mobilis au meilleur rang dans son cœur de métier.

25% de progression sur le chiffre d’affaires pour le 1 er semestre 2013 Ce qui force le respect et encourage les pouvoirs publics à soutenir Mobilis à trait aux performances réalisées ces derniers temps par l’opérateur public. Le P-DG d’ATM Mobilis a révélé hier une progression de 25% du CA pour le 1 er semestre 2013 et 14,2 milliards de dinars en termes d’Ebitda soit 59% de progression en comparaison avec la même période de l’année dernière. Mobilis qui enregistre aujourd’hui

presque 11 millions et demi d’abonnés occupe toujours la 1 re position en ter- mes de parc d’abonnés post-paid avec 100 000 nouveaux clients entre juin 2012 et juin 2013 en plus de 1,5 mil- lion de cartes SIM activées et 873 000 nouveaux abonnés. Mobilis qui a sensiblement amélioré son image de marque annonce son parrainage pour la seconde édition de la série fantastique “Switchers” qui rencontre un succès sans précédent avec 9 millions de consultations sur Youtube et 15% d’entres elles qui s’effectuent à travers des Smartphones et des Tablettes. L’opérateur public qui se dit fin prêt pour le lancement de la

Saâd Damma, P-DG de Mobilis

3G en Algérie a indiqué que “le pro- cessus d’entrée en bourse est en cours et il serait sur le point d’entamer la phase d’évaluation”. C’est donc une ren- contre pleine d’annonces durant laque- lle Saâd Damma a évoqué, également, le lancement du concours spécial jour- naliste avec pour thème : “Le rôle de la presse dans le développement social” et dont les résultats seront commu- niqués le 22 octobre, date décrétée, rappelons-le, par voie présidentielle comme étant “la journée nationale de la presse algérienne”.

NABILA SAIDOUN

Damma P-DG d’ATM Mobilis ne semble pas vouloir lâcher prise et re- vient à la charge en con-

firmant, encore une fois,

la venue du Real de Madrid en Algérie

qui disputera un match amical avec les Verts. Lors de la conférence de presse tenue hier à l’hôtel Hilton, Saâd Damma avance, cette fois-ci, une date précise en l’occurrence le 18 mai 2014 et explique dans le détail ce qui devient carrément “l’affaire Real de Madrid”. “Nous avons travaillé sur ce projet depuis février dernier et je rends hom- mage à mes cadres qui ont mené l’opération dans la plus grande discré- tion pour assurer son aboutissement. Une fois l’accord de principe arraché, j’ai informé ma tutelle ainsi que le min- istre de la Jeunesse et des Sports qui à leur tour se sont entretenus avec le Pre- mier ministre à ce propos. Tout sem- blait bien se dérouler et nous avons eu des encouragements de toutes parts”,

rapporte le patron de Mobilis qui a dé- ploré à l’occasion que “certaines par-

ties ont œuvré pour faire capoter ce pro- jet oubliant que les Algériens ne sont pas achetables” sans pour autant nommer les “coupables. L’accusation ne semble pas être orientée vers le président de la FAF que Saâd Damma a qualifié de “professionnel”. “Nous avons pris at- tache avec la FAF et nous avons reçu une réponse professionnelle. Je souligne que Mobilis n’a jamais voulu dépass- er ses prérogatives mais certains ma- nipulateurs ont tenté d’orienter les choses dans ce sens”, raconte M. Damma qui a pris la peine de lire

la correspondance du Real (en Anglais)

qui est venue en réaction à tout ce qui

a été rapporté par la presse après l’an-

nonce de leur venue en Algérie. Le pa- tron de Mobilis a reconnu que “c’est le Real qui a ajourné sa venue en Algérie après avoir pris connaissance de cer-

ELLES ONT LIEU AU NIVEAU DE L’ÉTABLISSEMENT D’AFFECTATION

Dernier jour des inscriptions universitaires

Les bacheliers retardataires n’ont plus que cette journée pour procéder à leur inscription définitive.

A près avoir accompli via la Toile toutes les formali- tés de préinscription et de confirmation de l’affec- tation, les 192 057 bacheliers, sur un total de

195 000 lauréats, procèdent à leur inscription définitive. L’ul- time étape pour s’assurer officiellement une place péda- gogique au sein de la faculté ou l’école d’affectation. Contrairement aux premières procédures qui se sont dé- roulées exclusivement en ligne, l’inscription définitive des nouveaux bacheliers a lieu comme chaque année au ni- veau des universités où ils entameront leurs études à par- tir de la prochaine rentrée universitaire 2013-2014. Cette opération, qui “s’est déroulée dans de bonnes conditions”, prend fin aujourd’hui. Les bacheliers retardataires, pour une raison ou une autre, n’ont plus que cette dernière journée du mois de juillet pour confirmer sur place leur inscription universitaire. Une fois la carte d’étudiant dont ils ont tant rêvé en poche, ils accompliront, toujours sur place mais au niveau des bu- reaux de l’Onou, les formalités liées à la demande des pres- tations universitaires, à savoir la bourse, l’hébergement, le transport et la restauration. Il faut dire que cette dernière étape ressemble au moment de la proclamation des résul-

tats du baccalauréat où le lauréat pose directement son re- gard sur la mention arrachée. La joie de la réussite est alors, soit très grande, soit mélangée à une profonde déception. Depuis que la moyenne est devenue la véritable clé de l’uni- versité, nombreux sont les bacheliers qui ne réussissent pas finalement à atteindre leurs objectifs. Une grande décep- tion qui fait que leur inscription définitive ne se fasse pas dans la joie. “Ce n’est pas de gaieté de cœur que je suis là”, nous confie d’emblée Ramzi, rencontré lundi à l’universi- té de Bab-Ezzouar. “J’ai décroché mon bac avec une moyen- ne de 13 sur 20, et des études en sciences et technologie à l’US- THB étaient certes parmi les dix choix mais avec un fol es- poir que je puisse être orienté vers une autre faculté ; ce- pendant, je n’ai pas eu de chance. Je me suis résigné à mon sort. Qui sait, je vais peut-être finir par apprécier cette filière !” Ce n’est pas le cas de Manel qui l’accompagnait. Intéressée par des études au sein d’une école supérieure, Manel a été affectée vers les sciences, une matière qu’elle ne pense pas pouvoir aimer un jour. “Ma décision est pri- se. Je vais refaire mon bac pour tenter d’arracher une meilleu- re moyenne.”

MALIKA BEN

TOUR DE CONTRÔLE DE L’AÉROPORT INTERNATIONAL D’ALGER

L’incendie n’a pas touché les équipements techniques

n Un incendie, vite maîtrisé, s'est déclaré lundi soir, une demi-heure avant la rupture du jeûne à la tour de contrôle de l'aéroport international Houari-Boumediene. Cette situation inédite a amené les responsables de l’entreprise de gestion de la sécurité aéroportuaire ainsi que le ministère des Transports à prendre une mesure préventive afin d’éviter tout désagrément. C’est ainsi que plusieurs avions devant atterrir à ce moment-là ont été orientés vers Oran. Mais cette suspension du trafic aérien n’a pas duré longtemps, puisque tout est rentré dans l’ordre une heure plus tard. Une tour mobile a été installée pour assurer la continuité du trafic. À l’origine de cet incendie, un court-circuit qui s’est produit au niveau de deux climatiseurs de la tour. L’information a fait le tour d’Alger, donnant lieu à plusieurs versions, allant même jusqu’à évoquer la destruction de la tour de contrôle de l’aéroport. Il n’en était rien et preuve en est, même les équipes de la Protection civile dépêchées immédiatement vers l’aéroport n’avaient plus besoin d’y accéder, les unités stationnées à l’intérieur même de l’infrastructure ayant maîtrisé la situation rapidement. Le ministre desTransports, Amar Tou, qui s'est déplacé sur les lieux pour s'enquérir de la situation, a indiqué que le sinistre avait pour origine un court-circuit qui s'est déclaré dans un climatiseur dans un niveau inférieur de la tour. Le ministre des Transports, qui était accompagné du P-DG de l'Entreprise de gestion des services et infrastructures aéroportuaires d'Alger (EGSA), Allache Tahar, a également souligné que les équipements techniques de la tour de contrôle n'ont pas été endommagés.

R. N.

LIBERTE

Mercredi 31 juillet 2013

Supplément Économie

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À LA VEILLE DU RUSH ESTIVAL

SÉJOUR CHEZ L’HABITANT, LA FLAMBÉE

DU RUSH ESTIVAL SÉJOUR CHEZ L’HABITANT, LA FLAMBÉE À la veille du grand rush estival, l’offre

À la veille du grand rush estival, l’offre touristique reste déséquilibrée. Si on conjugue toutes les formules, séjour à l’hôtel, camps de toile, cam- pings, hébergement chez l’habitant, ce qui est proposé en Algérie res-

te nettement insuffisant par rapport à la demande. En un mot, le tourisme interne souffre toujours de l’inadéquation entre l’offre et la demande. En 2013, une grande partie des Algériens ne partira pas, une fois encore, en vacances. Les plus chanceux au sein des couches moyennes opteront, pour la plupart, pour la Tunisie ou pour un séjour chez l’habitant. Là, les prix sont excessifs, 4000 ou 5000 DA/jour minimum pour une famille, soit des vacances plus chères qu’en Tunisie. Les plus fortunés ont une infinité de choix, y com- pris les destinations les plus exotiques : Cuba, Saint Domingue, Thaïlande… Cette situation marque une inégalité entre Algériens, du fait de l’absence d’un tourisme de masse dans le pays. Les camps de toile et les formules cam- pings, qui s’étaient généralisés et qui touchaient beaucoup de familles al- gériennes, ne prédominent plus dans l’offre touristique. L’État est en retrait par rapport à cette question. Le travailleur algérien n’a-t-il pas le droit de pro- fiter de ses vacances comme d’autres salariés dans nombre de pays dans le monde ? Les pouvoirs publics, le monde de l’entreprise, les syndicats doivent s’y impliquer. Car développer le tourisme de masse participe à la cohésion sociale et entretient la santé des salariés. Cependant, il convient de recon- naître ici que le secteur touristique en Algérie est mieux pris en charge de- puis peu de temps. Les pouvoirs publics tentent de faciliter davantage l’in- vestissement touristique et de développer la formation tous azimuts. Mais

Déficit

PAR K. REMOUCHE

libecosup@yahoo.fr

les choses sur le terrain n’avancent pas au rythme souhaité. Eu égard au dé- ficit important en termes de lits et d’hôtels deux à trois étoiles, de camps de toile, destinés aux couches moyennes, il faudra attendre plusieurs années pour que cette tendance puisse s’inverser. Le bon sens veut que les pouvoirs publics réagissent plus rapidement pour de multiples raisons. Le secteur tou- ristique crée beaucoup d’emplois. Un facteur qui joue dans la lutte contre le chômage. Question balance des paiements, il draine une plus-value de plus en plus importante, du fait d’une croissance des besoins née de l’envie d’une bonne partie des Algériens résidant à l’étranger de passer leurs vacances en Algérie. Ces derniers exercent de plus en plus un rush sur les hôtels dispo- nibles. C’est donc cette rareté qui fait exploser les prix des séjours, aussi bien à l’hôtel que chez l’habitant en ce mois d’août. D’où cette urgence d’accroître rapidement aussi bien l’offre touristique que de la diversifier en fonction des différentes couches de la population. Un défi à la portée de l’Algérie. Pour peu que les entraves bureaucratiques encore nombreuses à l’investissement tou- ristique soient gommées.

LE SUPPLÉMENT ÉCONOMIE NE PARAÎTRA PAS AU MOIS D’AOÛT

Nous informons notre aimable lectorat qu’en raison des congés annuels le supplément économie ne paraîtra pas au courant du mois d’août . Il reprendra la première semaine du mois de septembre.

Saha aïdkoum

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Supplément Économie

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LIBERTE

SÉJOUR CHEZ L’HABITANT, LA FLAMBÉE

 

HADJ SAÏD MOHAMED AMINE, SECRÉTAIRE D’ÉTAT CHARGÉ DU TOURISME À LIBERTÉ

“Le grand rush touristique après le Ramadhan”

Dans cet entretien, le secrétaire d’Etat au Tourisme aborde la question de l’offre et de la demande touristique en Algérie et dresse un plaidoyer pour la formule du séjour chez l’habitant.

Liberté : Pouvez- vous fournir un premier bilan

de la saison estivale durant la période de juin et début juillet en termes de flux touristiques, de séjours d'Algériens résidant à l'étranger ? M. Hadj Saïd Mohamed Amine : La saison semble se présenter sous de bons auspices, y compris pen- dant le mois sacré du Ramadhan, qui est à l’ori- gine du séjour

de nombreux

Algériens ré-

à

l’étranger et qui préfèrent le passer en famille dans leur pays d’origine. Pour ce qui est des chiffres, sachez que les données de la Direction générale de la Pro- tection civile indiquent plus de 21,5 millions d’estivants à ce jour, dont plus de 9 millions de- puis début juillet. Il demeure entendu que le grand “rush” sera pour après Ramadhan, soit du 10 août jusqu’à la fin septembre. En termes de flux touristiques, les services de la Direction de la po- lice des frontières au niveau de la DGSN ont en- registré plus de 1 200 000 touristes dont plus de 800 000 Algériens résidant à l’étranger. Il y a lieu par ailleurs de souligner la forte amélioration des animations nocturnes dans toutes les wilayate, for- tement appréciées par la population.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR K. REMOUCHE

sidant

Comment se présente l'offre touristique par rap- port à la demande durant la saison estivale 2013? La saison 2013 est particulière en ce sens qu’elle coïncide avec le mois sacré du Ramadhan, et son impact sur la demande est essentiellement concentré sur la période post-Ramadhan, ce qui accentue nécessairement le déséquilibre entre l’offre et la demande, au-delà du déséquilibre struc- turel existant et que les investissements en cours devraient résorber, à moyen terme, fin 2015. Il faut cependant souligner les prémisses d’une de- mande d’hébergement au niveau des différentes structures d’accueil, durant ce mois de Ramadhan, alors qu’elles étaient pratiquement désertes les autres années.

Yahia / Liberté
Yahia / Liberté

Faut-il encourager la formule “séjour chez l'habitant”? Evidemment oui, puisque cette formule présen- te de nombreux avantages, notamment une amélioration de la capacité d’hébergement, sans investissement ou du moins avec un investisse- ment minime, un brassage de cultures à travers les échanges avec le touriste national et interna- tional, des opportunités de revenus supplémen- taires pour les habitants des zones touristiques et

enfin, c’est une formule adaptée aux besoins de la famille algérienne avec un niveau de prix en adé- quation avec le niveau de revenu moyen de cel- le-ci.

Pensez- vous que la formule “séjour chez l'ha-

bitant” pourrait dès cet été dissuader une gran-

de partie des Algériens

nation Tunisie , dans une situation de surenchère ( les prix du séjour notamment à Jijel sont pas-

d'opter pour la desti-

sés du simple au double : de 2000 DA/jour à 4000 DA/jour)? Elle pourrait en tous cas constituer une alterna- tive pour beaucoup de familles, avant de devenir un choix principal dans les années à venir. Je m’ex- plique, le touriste cherche le dépaysement, la quié- tude, et la qualité du service. Nous n’avons pas de problème pour les deux pre- miers éléments, pour ce qui est du troisième élé- ment il ne pourra que s’améliorer. En effet, vous avez, à juste titre, observé que les prix ont doublé à Jijel, ceci va pousser de plus en plus d’habitants à ouvrir leurs demeures aux estivants ce qui aura pour effet mécanique d’exacerber la concur- rence permettant ainsi d’améliorer la qualité de service, d’une part et de ramener les niveaux des prix à un seuil plus conforme aux revenus de la famille algérienne, d’autre part, ce sont là les mé- canismes du marché. Ceci dit, connaissez-vous beaucoup des sites touristiques qui égaleraient la Corniche jijlienne en beauté ?

Quelles sont les perspectives en termes de dé- veloppement du tourisme interne d'ici 2015 ? Je tiens à rappeler que le secteur considère le dé- veloppement du tourisme interne comme une priorité absolue, pour deux raisons essentielles que sont la réduction des effets des crises internatio- nales sur le secteur d’une part, et l’existence d’une demande touristique nationale très sou- tenue, avec des prévisions de croissance des plus optimistes, d’autre part. Il s’agit pour le secteur de capter la plus grande partie de cette demande. En termes de dévelop- pement, il y a lieu de noter qu’à l’horizon 2015, le secteur devrait réceptionner près de 85000 lits. Il faut souligner que les investissements en cours sont de nature à permettre de développer des pro- duits touristiques adaptés à la demande nationale dans un premier temps et à la demande inter- nationale, par la suite.

K. R.

SÉJOUR CHEZ L’HABITANT

Une formule en vogue

Si la saison estivale est propice au tourisme, elle l’est tout autant à la location de maison, studio ou autre niveau de villa. Une formule qui a pris de l’ampleur au fil des années et qui durant la saison estivale fait le bonheur des propriétaires.

L es préférences des touristes algé- riens sont essentiellement orien- tées vers la Turquie, le Maroc,

l'Egypte et la Tunisie au regard des fa-

cilités offertes par ces pays aux plans du

visa, des pres- tations et des similitudes des cou- tumes avec celles de l'Algérie. Les coûts des voyages touristiques appli- qués sont, certes, étudiés mais ne sont pas à la portée de tous. Alors, la gran- de majorité des vacanciers algériens se

rabattent sur les infrastructures locales. Reste que de ce côté-là, il n’est vraiment pas aisé de s’offrir des vacances adé- quates pour toute la famille. En effet,

la demande dépasse largement l’offre.

A cela s’ajoutent les prix inabordables

l’offre. A cela s’ajoutent les prix inabordables PAR SAÏD SMATI pratiqués par les hôteliers qui, à

PAR SAÏD SMATI

pratiqués par les hôteliers qui, à par- tir du moment où ils ont fait le plein, ne font pas d’efforts pour améliorer la qualité des prestations de service. Sur un autre volet, l’Algérie est le seul pays au monde à pratiquer les mêmes tarifs hôteliers du 1er janvier au 31 dé- cembre. Tout cela explique que ces der- nières années ont vu l'apparition et l'ex- pansion d'un phénomène nouveau, à savoir l'exploitation des habitations par leurs propriétaires pour accueillir des touristes durant la saison estivale pour les villes côtières et les vacances pour les régions du Sud et des Hauts- Plateaux. Ce phénomène a connu une courbe ascendante au fil du temps en raison, d'une part, de l'insuffisance en-

registrée dans les structures d'héber-

gement touristique et le besoin de re-

venus supplémentaires pour les pro- priétaires. Le constat de ces dernières années est que les estivants algériens préfèrent de loin cette formule aux éta- blissements hôteliers. Cette forme d’hébergement permet de régler un tant soit peu le déficit de l’hébergement Le séjour chez l’habitant qui est parti- culièrement en vogue dans les stations balnéaires, s’impose comme la grande gagnante entre les différentes formules d’hébergement. La location d'une habitation pour passer ses vacances d'été est devenue une pratique très courante sur tout le littoral algérien. Sur Internet, les petites annonces foisonnent, signe d’un en- gouement réel des Algériens pour les vacances. Bien avant l'arrivée de l'été, les personnes intéressées commen-

cent à chercher des contacts pour se dé- goter un appartement, un bungalow, un cabanon ou une petite villa à louer. Les moins aisés se rabattent sur les garages aménagés, les baraques ou hangars de pêcheurs et tout autre abri où ils pourraient passer quelques semaines en bord de mer. L'absence de commodités, ils s'en ac- commodent. D'année en année, la lo- cation gagne du terrain. Certains estivants sont même devenus “clients” et reviennent chaque année, à tel enseigne où des liens amicaux se tis- sent entre des locataires et des pro- priétaires, qui réservent leurs habita- tions pour ces “amis”. Cette offre témoigne sans doute que le phénomène des locations saisonnières est un créneau touristique sérieux. Mais, si louer son logement à des va- canciers constitue une rentrée d’argent supplémentaire, elle doit nécessaire- ment passer par des prestations de ser- vices adéquats. Sur ce chapitre, force est de constater que la pratique est loin de toute réglementation. Si loger chez

l’habitant reste une formule plus ap- préciée que l’hôtel, les particuliers qui offrent ce type de prestations sont loin de jouer le jeu. Le prix des locations est loin d’être à portée des bourses moyennes. Seul avantage, le nombre de personnes n’est pas limité. Pour une famille de cinq personnes, louer chez un particulier re- vient assurément moins cher que l’hô- tel. Seulement, dans la plupart des cas, le confort n’est pas la priorité des loueurs. L’Algérie a le privilège d’avoir la mer, la montagne et les dunes. Mais pour fai- re du tourisme, il faudrait d’abord qu’il y ait des structures pour chacun de ces sites et qu’ensuite, celles-ci soient proposées à des prix abordables pour le citoyen au revenu moyen. Le tourisme, c’est l’affaire des pou- voirs publics avec des dispositions ap- propriées qui contribuent à l’édification d’une base touristique sur laquelle s’appuieront les Algériens qui recon- naissent que l’Algérie est un beau pays.

S. S.

LIBERTE

Mercredi 31 juillet 2013

Supplément Économie

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SÉJOUR CHEZ L’HABITANT, LA FLAMBÉE

HÉBERGEMENT CHEZ L’HABITANT

Une activité en pleine expansion à Béjaïa

La direction du Tourisme estime cette offre à quelque 5 000 unités proposées chaque année en location. Les prix sont prohibitifs pour ce mois d’août : de 5 000 dinars à 20 000 dinars/jour.

lles sont louées souvent de manière illégale, du moins sans déclaration préalable, a-t-on précisé. Cependant, ces unités participent à l’absorption du déficit en- registré en

E

matière

d’héberge-

a

confirmé une source proche de la direction du tourisme. C’est la raison pour laquelle ladite di- rection avait tenté, en vain d’ailleurs, de réglementer cette activité en la trans- férant vers les agences de voyages en lieu et place des agents immobiliers et autres courtiers. Dans l’esprit des cadres du tourisme, si l’agence de voyage assure ce lien, il sera possible d’établir un fichier de ces lo- cataires, qui deviendront partie prenan- te du dispositif mis en place pour ré- guler le marché locatif et prétendre à terme à le réglementer.

PAR MOUSSA

OUYOUGOUTE

ment,

Standardiser l’activité Ainsi, du produit de la location sera prélevée une taxe au profit de la com- mune, qui ne manquera pas de réinves- tir cet argent. Soit sous forme d’emplois, directs ou indirects, au profit des jeunes de la cité, soit pour s’occuper du curage des oueds, du désherbage et du nettoyage des plages, notamment pour qu’elles soient prêtes à recevoir les es- tivants. Par ailleurs, l’agence sera en mesure de

D. R.
D. R.

normaliser et de standardiser cette activité. “Le loyer, par exemple, d’un F2 avec ou sans douche ne pourrait pas être le même comme c’est le cas présentement. La spéculation sera amoindrie, chose que nous ne constatons pas aujour- d’hui”, a-t-on expliqué. Ces deux dernières années, la saison es- tivale a été amputée d’un mois, en rai- son du Ramadhan. Conséquences ? Les loyers ont baissé de manière significa- tive. Mais pour le reste du mois d’août, la nuitée est fixée chez l’habitant à pas

moins de 5 000 dinars, a indiqué Tou- fik, un agent immobilier à Béjaïa. Mais il y a des résidences où le prix peut atteindre les 20 000 dinars la nuitée. Sinon globalement, on peut avoir un appartement ou des niveaux de villa qui sont cédés entre 5 000 et 8 000 dinars sur la côte Est de Béjaïa. Idem sur le littoral Ouest. C’est le même cas au niveau du village touris- tique de Saket. Pour avoir des prix compétitifs, beau- coup de familles préfèrent louer des ap-

La côte ouest demeure relativement vierge.

partements ou niveaux de villa à Bé- jaïa-ville. Et paient des loyers variant entre 3 000 et 7 000 dinars la nuitée. Si- non la location pour le mois, c’est à par- tir de 75 000 dinars. Ils peuvent at- teindre les 300 000 dinars, a confirmé un gérant d’une agence immobilière qui a pignon sur rue.

Conditions d’accueil S’il est vrai qu’en matière d’infrastruc- tures hôtelières, des opérateurs ont énormément investi ces vingt der-

nières années, notamment sur la côte est de Béjaïa, la côte ouest demeure re- lativement vierge. Toutefois, il est évi- dent que la réussite d’une saison esti- vale passe par une augmentation tous azimuts des capacités d’accueil et par de meilleures conditions d’accueil. Il s’agit d’offrir aux visiteurs toutes les commodités nécessaires : assurer la sé- curité des biens et des personnes avec le concours des services de sécurité, améliorer l’hygiène, la qualité de la prestation et éviter autant que possible les coupures d’eau et d’électricité qui sont légions en cette période de l’année. Et pour cause ! Ce dynamisme ne manquera pas d’induire des impacts positifs sur le plan socioéconomique. Le chômage va baisser sous l’effet des emplois saisonniers. Un opérateur touristique, gérant de l’hôtel Club Al- loui, a même osé parler de 0% de chômage dans la commune de Tichy durant les trois mois d’été. Plus enco- re, les collectivités locales rentabilisent leurs espaces. La wilaya de Béjaïa, qui compte 52 campings, voit cohabiter annuelle- ment quelque 23 000 personnes. Et en matière d’hébergement dans les hôtels, on n’en compte que 3 000 lits dont près de 1 000 dans les unités bal- néaires. Il est donc difficile de satisfai- re comme il se doit la demande. L’offre étant nettement inférieure. Et quoique les hôtels urbains participent grande- ment à l’absorption de la demande, le déficit reste flagrant.

M. O.

CORNICHE ORANAISE

Flambée des prix des locations au mois d’août

quelques jours de la fin du mois du Ra- madhan, les réservations des locations es- tivales dans l’immobilier semblent afficher complet, enregistrant

ainsi un engouement particulier chez les va-

canciers. “Les per- sonnes vont en congé en juillet et août, mais com- me le mois de Ramadhan a coïncidé avec le mois de juillet, les changements d’habitudes s’opèrent de façon spectaculaire”, affirme un gérant d’une agen- ce immobilière. Ainsi, les prix des locations

À

PAR K. REGUIEG- ISSAAD

dans l’immobilier laissent indifférents les logeurs qui pratiquent des prix excessifs. À titre illustra- tif, la location d’un appartement pour le mois de juin sur la Corniche oranaise varie entre 70 000 et 90 000 DA. Concernant la deuxième quinzai- ne du mois de juillet “spécial Ramadhan”, le prix fixé est de 40 000 et 60 000 DA pour un appar- tement de trois pièces. Le début du mois d’août est sans conteste le plus demandé par les estivants, puisque le tarif avoisine 100 000 DA. Pour les vil- las, la location (juin) est de 100 000 à 120 000 DA, alors que pour le mois d’août, les prix vont at-

RÉGLEMENTATION

Une activité normalisée

teindre 200 000 DA et plus, ajoute-t-on de même source. “Nous nous attendons à l’arrivée massive des touristes étrangers et des émigrés au mois d’août, que nous comptons mettre à profit pour renflouer nos caisses”, affirme-t-on. Ainsi, pour les mois d’août et septembre, il faut comp- ter entre 130 000 à 250 000 DA pour la location d’un appartement haut standing. “Nous avons eu une clientèle du Sud pour la deuxième quinzaine de juillet, mais aussi des vacanciers qui préfèrent faire le jeûne sur la Corniche oranaise”, affirme notre interlocuteur. Selon lui, ces tarifs seront ap-

pelés à augmenter à partir de l’année prochaine. Pour les plus avertis, les mentalités ont tendan- ce à changer concernant les locations estivales dans l’immobilier. En effet, notre interlocuteur indique détenir une grande commande pour les locations de courte durée au centre-ville. Les va- canciers préfèrent louer un appartement pour une ou deux semaines en ville. Pour notre interlocu- teur comme pour de nombreux logeurs, le mois d’août sera mis à contribution pour “rattraper le retard” enregistré en juillet.

K . R.-I.

ongtemps loin du contrôle des services chargés du tourisme et même des collectivités locales, qui ne disposent d'aucune

statistique sur l'offre de l'hébergement extra-hôtelière ou le flux touristique saisonnier, la formule

d'hébergement touristique chez l'habi-

tant est désormais encadrée par une cir- culaire interministérielle. Depuis une année, il y a une circulai- re interministérielle signée par les ministres de l’Intérieur et du Tou- risme, qui fait ressortir les conditions d’accès à cette formule. Vu le développement qu’elle a connu, il était devenu impératif de conce- voir une législation pour encadrer cette activité qui permettrait une meilleure connaissance de la composante et les conditions de son exercice et d'assurer la sécurité et les droits des touristes et des pro- priétaires locataires. La circulaire vise notamment à réguler cet- te activité et à assurer la sécurité du locataire et du propriétaire,

L

PAR SAÏD SMATI

dans le cadre du respect des obligations et des droits. Elle permet-

tra par ailleurs d’organiser l’hébergement des touristes hors du cadre de l’hôtellerie et de recueillir des statistiques précises sur les flux touristiques et le taux d’occupation touristique saisonnière au ni- veau des foyers. Concrètement, le propriétaire doit présenter “une copie de l’acte de propriété aux services de la commune qui délivrent une autorisation à la police territorialement compétente et à la di- rection du tourisme de wilaya”. Le propriétaire doit également “si- gner un contrat d’assurance contre les risques d’incendie et de vol”. Outre la sécurité, le logement à louer doit être doté d’un minimum

). La cir-

de commodités minimales (couchage, hygiène, sanitaires

culaire prévoit l’installation d’une cellule à la wilaya, composée de représentants des directions du tourisme, de la santé, de la protec- tion civile et de la sûreté. L’autorisation est délivrée par les services de la commune dans un délai de 20 jours, après l’inspection du site.

Le propriétaire peut également, selon la circulaire, héberger des personnes de nationalité étrangère, après accord des services de sécurité, conformément à l’article 29 de la loi 08-11 de juin 2008 concernant la circulation et le séjour des étrangers en Algérie. Les promoteurs de cette circulaire espèrent voir ceux qui louent leur maison illégalement s’inscrire dans cette circulaire. Reste qu’au même titre que toutes les autres activités, ce sont les impôts qui font fuir les gens. Pourquoi se soumettre à une régle- mentation et imposition quand on peut travailler au noir sans de- voir rien payer, se diront de nombreux propriétaires. Le contre- argument sur lequel devront insister les promoteurs de la formu- le “séjour chez l'habitant”, c'est assurément les mesures d'accom- pagnement pour convaincre les propriétaires qu'ils auront plus à gagner en y adhérant.

S. S.

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Supplément Économie

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

SÉJOUR CHEZ L’HABITANT, LA FLAMBÉE

 

ANNABA : LOCATION D’APPARTEMENTS PARTICULIERS

Les familles du Sud algérien en profitent le plus

Des dizaines de familles, principalement des wilayas de l’intérieur et du Sud (Tébessa, El-Oued, Biskra et Ouargla), séjournent pendant ce mois de carême à Annaba et son littoral.

À Annaba, à l’exception du complexe Sabri ou encore le Seybouse In- ternational, qui peu- vent offrir des suites aux vacanciers, les

structures balnéaires n’existent pas.

En outre ceux-ciaux vacanciers, les structures balnéaires n’existent pas. sont générale- ment fréquentés PAR B. BADIS D. R.

sont générale-

ment fréquentés

PAR B. BADIS

D. R.
D. R.

de nombreuses familles ont regagné les cités cô- tières de Annaba, principalement la ville chef-lieu, Annaba, Seraïdi et Chetaïbi. Elles s’y installent chaque soir sur les plages pour dîner en profitant de la brise de la grande bleue. “Cette pratique de sous-location des appartements est devenue léga- le à Annaba, et c’est tant mieux pour nous les tou- ristes, surtout en période estivale, d’autant plus que tout le monde y trouve son compte, il faut l’avouer. Les hôtels sont chers et surtout indisponibles au vu de l’insuffisance des capacités d’accueil. Au lieu d’une chambre d’hotel, avec cette formule on dis- pose d’au moins deux ou trois chambres avec un

Les prix de location pratiqués pendant les vacances sont à la hausse.

tarif de loin moins cher que celui d’un hôtel”, se fé- licite Houmana Laïd, un touriste de Oued Souf en vacances, en sous-location à Annaba avec sa famille. Pour ces familles venues d’ailleurs, les veillées au bord de la mer sont devenues au fil des jours une tradition. Chaque soir, ils sont des cen- taines de promeneurs à longer les boulevards du front de mer. Jeunes et moins jeunes, seuls ou en groupe, tous prennent le chemin de la mer. Les uns pour une promenade, d’autres pour dégus- ter une belle blonde. La ville millénaire est célèbre surtout par sa corniche «urbanisée». Ici, la mer fait partie du décor urbain. Les plus importantes

cités du nord de la ville sont à la fois

dans la ville et entre ciel et mer sur la corniche. Saint-Cloud, comme Kou- ba ou encore la Caroube sont à la fois des cités d’habitations et des plages.

A Seraïdi, le village touristique situé

à quelques 900 mètres d’altitude, où

la fraicheur est garantie, les apparte-

ments sont pratiquement loués au même prix que ceux d’Annaba. Bien qu’elle soit située à quelque 13 km, l’unique plage du village, à savoir Oued Bakrat, Djenane El-Bey pour

les gens de la ville, est fréquentée par les hôtes d’Annaba, de nuit comme de jour. Du côté de l’ex-Bugeaud, les lo- cations d’appartements sont rares et restent hors d’atteinte d’ailleurs pour beaucoup d’entre-deux. La location d’une villa de luxe est estimée à 450€

la semaine, de juin à fin septembre.

En réalité, le village attire plutôt les émigrés et les gens aisés. Malgré toutes ses potentialités naturelles, l’autre pôle d’attraction des estivants de la wilaya, Chetaïbi, ne profite, quant à lui, de ces atouts que l’espa-

ce d’une saison, celle de l’été. Là en-

core, beaucoup reste à faire. Les ca- pacités d’accueil sont pratiquement

inexistantes. Les nombreux touristes n’ont à leur disposition, en fait, que quelques ap- partements. Ici, les maisons sont louées à hauteur de 35 000 DA et les dizaines de familles venant du Sud pour les grandes vacances trouvent leurs comptes du côté de la Marsa, une ville côtière de la wilaya de Skikda, située aux limites de celles de la wilaya d’Annaba. Certes, moins luxueuses mais néanmoins moins chères que celles de la par- tie haute de cette ville, les maisons individuelles du front de mer ont toutes été pratiquement ré- servées et louées aux vacanciers du grand Saha- ra dès le début de l’année.

B. B.

en majorité par une clientèle d’affaires, et les prix de lo- cation demeurent hors d’atteinte pour la majeure partie des familles. Donc, les touristes n’ont à leur disposition que la location des appartements de par- ticuliers, situés non loin de la côte, à des prix plus ou moins abordables, même pour une quinzaine de jours. La formule location chez l’habitant, qui est pratiquée au noir depuis des années, avait été autorisée à Annaba durant l’été 2011, on s’en souvient, et ce, dans le but de pallier la faible capacité d’ac- cueil de cette ville. C’est ainsi que les habitants peuvent sous-louer leur do- micile durant la période estivale et même au courant de l’année. Cette me- sure, rappelle-t-on, a été convenue lors d’une réunion entre l’ensemble des responsables de l’exécutif concernés et le wali. Ainsi permise, la location de logements a connu un boom extraordinaire, même si les prix pratiqués pendant les vacances tendent exagé- rément à la hausse. Les prix de location d’un ap- partement meublé ou d’un étage d’une villa meublée, diffèrent évidemment d’un endroit à un autre. Sur la corniche annabie, autrement dit les pieds dans l’eau, le prix est fixé entre 150 000 et 200 000 DA pour un mois. Ceux situés aux alen- tours, à l’exemple de Kouba ou Gassiot, par exemple, les prix baissent à 80 000 voire 60 000 DA. Cette saison, fuyant la chaleur insupportable qui sévit en ce mois de Ramadhan au Sud du pays,

SKIKDA

Un boom qui échappe aux statistiques de l'État

La saison estivale arrive et une multitude de petits commerces sont proposés aux estivants et aux visiteurs au niveau des sites touristiques, qui connaissent dès lors une ambiance singulière.

à Skikda et Collo. D'autres estivants de la diaspora ne sont non plus à négliger puisque leur nombre est important mais qui passent leurs vacances chez les familles. A Collo, par l'exemple, chaque famille du frère ou de la sœur installés ailleurs se re- trouvent généralement à la maison des grands- parents. Tout ce beau monde fait généralement doubler ou tripler le nombre d'habitants de ces

villes touristiques. En d’autres termes, les statis- tiques du nombre des visiteurs que le secteur du tourisme élabore chaque fin de saison continuera d’échapper aux services compétents, tant qu'au- cune obligation de déclaration d’accueil de ces es- tivants n'est rendue obligatoire comme cela se pas- se chez les pays voisins.

A. B.

L a location des appartements pendant la sai- son estivale est l'une des plus anciennes ac- tivités, particulièrement depuis que le tou-

risme de villégiature est installé dans notre pays.

Des familles à revenus mo-

destes profitent de l'insuffi- sance des capacités d'ac-

cueil ou bien des tarifs hors de portée des hôtels de la famille modeste, et donc de la forte demande, pour céder leurs apparte- ments et ainsi se refaire une santé financière pour répondre aux besoins de la rentrée sociale. L'abandon presque total des camps de toile et des centres de vacances pour familles a fait flamber les tarifs de location des appartements. Au niveau des trois plus importants sites balnéaires de la wi- laya, à savoir Skikda, Collo ou La Marsa, cette ac- tivité informelle et lucrative est pratiquée ou- vertement depuis des lustres et avec, bien sûr, la tolérance de l'État. Des familles qui habitent gé- néralement des appartements au niveau des ci- tés urbaines et qui disposent de lieux où passer l'été, généralement chez les grands-parents ou au bled, cèdent leurs appartements pendant la sai- son estivale avec tout le nécessaire pour la mettre en location au prix fort. D'autres disposent de stu- dios qu'ils ne louent que pendant cette saison de

forte demande. Même certains locataires de chalets, propriété de la commune, les relouent à des prix fort. Les estivants devront réserver bien à l'avance pour disposer d'appartements ou de chalets afin de passer leurs vacances. Ces réser- vations commencent au printemps mais, géné- ralement, ce sont toujours les mêmes familles qui sont fidèles et qui renouvellent chaque été la lo- cation du même appartement. Face à l'absence presque totale des agences de location d'appar- tements, les estivants à la recherche de ce genre d'appartements comptent sur les connaissances pour dénicher un toit non encore loué. Les tarifs des appartements, qui sont généralement meu- blés, varient entre 2 000 DA et 6 000 DA la nuit, selon un petit sondage que nous avons effectué durant cette saison estivale au niveau de ces trois villes balnéaires. L'emplacement, la qualité de l'ameublement et la climatisation ainsi que la du- rée du séjour pèsent sur le prix de la location. Ce sont d'ailleurs les estivants qui viennent de l'in- térieur du pays comme Ouargla, Batna, Guelma, Oum El-Bouaghi et particulièrement Constan- tine qui sont les plus nombreux à fréquenter les plages de la wilaya de Skikda. Même si de plus en plus de familles du centre du pays, notamment d'Alger et de Boumerdès passent leurs vacances

BOURSE D’ALGER

SÉANCE DE COTATION DU 29 JUILLET 2013

TITRES NON COTÉS ACTION

DERNIER COURS DE CLÔTURE

ALLIANCE ASSURANCES Spa EGH EL AURASSI NCA-ROUIBA SAIDAL

825,00

360,00

400,00

600,00

OBLIGATION

SPA DAHLI

9 500,00

SONELGAZ 14

5 000,00

PRINCIPAUX INDICATEURS BOURSIERS

Capitalisation boursière :

16 345 501 575,00

Valeur transigée :

0,00

Encours global des titres de créance :

32 360 140 000,00 303 759 000 000,00

Encours global des valeurs du Trésor :

PAR A. A.

BOUKARINE

LIBERTE

Mercredi 31 juillet 2013

Supplément Économie

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SÉJOUR CHEZ L’HABITANT, LA FLAMBÉE

TOURISME : LA FORMULE DU LOGEMENT TOURISTIQUE CHEZ L’HABITANT

Palliatif ou option stratégique ?

Le logement touristique chez l’habitant est désormais autorisé et régi par une circulaire interministérielle des secteurs du tourisme et de l’intérieur. Mais qu’en est-il dans la réalité ?

C haque fois que les pé- riodes de vacances se présentent, les Algériens se demandent où aller, comment et avec quels moyens ? Mais que leur

offre-t-on chez eux ? Pourtant, dans les années 1970, l’Algérie s’était engagée dans une politique volontariste de dé- veloppement du tourisme, es-

sentiellement

orienté vers la clientèle étrangère, sans complexe, y compris à travers des opérations de partenariat en relation avec “Club Med”, mais aussi, pour le tourisme de masse, en grande partie supporté par les œuvres sociales des grandes entre- prises publiques. L’activité touristique avait créé beau- coup d’emplois, de même que les ins- tituts de formation de la ressource humaine permettaient d’offrir des pres- tations de qualité. C’était un début plein de promesses, sauf que la dyna- mique du secteur privé était carrément bloquée, contrairement à nos voisins de l’Est et de l’Ouest. Au fil des années, la situation s’est dé- gradée. Dans le même temps, l’amélio- ration relative du niveau de vie des Al- gériens a généré des besoins nouveaux en loisirs et dans le domaine touris- tique. Dès lors, la demande locale est allée en s’accroissant, alors que l’offre nationale est restée inchangée. Pis en- core, elle a régressé en termes d’infra- structures, de lits et de qualité de ser- vice. Hormis quelques réalisations pri- vées, au demeurant loin d’égaler les standards internationaux, et qui sont inaccessibles pour la majorité des ci- toyens du fait des tarifs exorbitants pra- tiqués dans une situation de déficit d’ac- cueil touristique. Ceux qui ont les moyens préfèrent re- courir, à prix égal ou inférieur, et avec une meilleure qualité de service, aux

inférieur, et avec une meilleure qualité de service, aux PAR A. HAMMA D. R. Certaines locations

PAR A. HAMMA

D. R.
D. R.

Certaines locations chez l’habitant se pratiquent en dehors de tout cadre réglementaire.

prestations touristiques étrangères, souvent chez nos proches voisins. Face à cette situation de déficit de l’offre, une formule a fait son apparition depuis quelques années déjà : l’hébergement chez l’habitant. Le bilan de cette formule, établi par les citoyens de même que les pouvoirs pu- blics, n’est pas réjouissant pour le mo- ment. Spéculation sur les tarifs de lo- cation, insalubrité, logements pré- caires souvent sans un minima de commodités telles que les sanitaires, l’eau, l’électricité, le gaz… Pourtant, cer- tains parents, pour satisfaire le désir de leurs enfants de passer des vacances en bord de mer, acceptent de loger, y

compris dans des garages, des tentes de fortune sur des petits lopins de terre… De plus, la location chez l’habitant se pratique en dehors de tout cadre régle- mentaire et dans l’illégalité. Au-delà de contexte conjoncturel, chaque fois que les périodes de va- cances se présentent, les Algériens se demandent où aller, comment, et avec quels moyens ? Une question aussi anodine nous ren- voie nécessairement à des réponses complexes. D’abord, de quels Algériens s’agit-il ? Les couches moyennes et celles dites “aisées”. Oui, mais les autres, tous les autres, ceux pour qui la question n’effleure même pas l’esprit.

Mais que leur offre-t-on ? Politique de tourisme dites-vous ? Tous, à Tunis,

Ankara, Agadir, Charm El-Cheikh, Palma, Barcelone, Benidorm… et je ne sais quelle autre contrée, parce que, tout simplement, ils ne trouvent rien chez eux. Qui ne sait pas que les infrastruc- tures touristiques de l’époque avaient été réalisées par le fameux architecte Pouillon ? Les sites offerts par notre pays avaient attiré des milliers de tou- ristes étrangers. L’activité touristique avait créé beaucoup d’emplois, de même que les instituts de formation de la ressource humaine permettaient d’offrir des prestations de qualité. L’ac- tivité touristique de par le monde, non seulement constitue un facteur d’échanges et de connaissances des cultures universelles, mais également un puisant levier de croissance écono- mique à travers l’apport en devises et la création d’emplois. Des pays comme la Tunisie, le Maroc, l’égypte, la Turquie, etc., ont bâti notamment leur écono- mie autour de l’activité touristique, pace qu’ils ont su libérer l’initiative privée. Il est grand temps, au-delà des discours de conjoncture, de développer une stratégie touristique qui tienne à la fois compte de la demande locale et du né- cessaire placement du “produit Algérie” sur le marché touristique international. La diversification de nos ressources hors hydrocarbures passe aussi par là.

A. HAMMA

La formule réglementée

Au cours d’une réunion d’évaluation des activités des directions de wilaya, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat a annoncé qu’une circulaire interministérielle a été signée entre le ministère du Tourisme et le ministère de l’Intérieur, en vue “d’adopter l’hébergement touristique pour pallier le déficit enregistré en matière d’infrastructures d’hébergement face à la demande croissante des touristes durant la saison estivale”. Par ailleurs, selon les propos du ministre, cette circulaire viserait à “réguler cette activité et assurer la sécurité du locataire et du propriétaire dans le cadre du respect des obligations et des droits”. L’habitant qui loge les touristes s’y conformera-t-il ?

A. HAMMA

EN TOUTE LIBERTÉ MUSTAPHA MEKIDECHE mustaphamekideche@ymail.com LE SECTEUR TOURISTIQUE ALGÉRIEN EN 2013
EN TOUTE LIBERTÉ
MUSTAPHA MEKIDECHE
mustaphamekideche@ymail.com
LE SECTEUR TOURISTIQUE ALGÉRIEN EN 2013

Une vision claire mais des progrès insuffisants

P our cette dernière chro- nique d’avant les vacances, je traiterai du sujet le plus

directement concerné par cette période celui du tourisme. Le cabinet londonien Oxford busi- ness group nous apprend dans sa dernière livraison de juillet 2013 que “le tourisme algérien est en retard”. Ce n’est pas un scoop. Tout le monde sait, qu’en l’état actuel de l’économie natio- nale, le secteur du tourisme ne pèse pas beaucoup ; il ne parti- cipe qu’à hauteur de 2% du PIB soit la moitié de la contribu- tion de l’industrie qui nécessite elle même une redynamisation historiquement inédite. Mais en termes d’emplois il repré- sente le double de celui des hy- drocarbures qui pourtant gé- nère plus de 40% du PIB. D’où le double intérêt dans la perspec- tive d’établissement d’un nou- veau régime de croissance, à dé- velopper ce secteur à la fois pour l’emploi et l’apport en de-

vises hors hydrocarbures. Pour ce faire, une fois n’est pas cou- tume, le cap et la vision ont été déjà clarifiés et même formali- sés depuis quelques années déjà. Le secteur algérien du tou- risme dispose ainsi d’un schéma d’aménagement touristique (SDAT) à l’horizon 2025, lui- même, déclinaison sectorielle du schéma national d’aménage- ment du territoire (SNAT 2025). Mieux encore les objectifs sont bien segmentés dans le champ temporel : court terme pour 2009(période consommée sans résultats significatifs), moyen terme pour 2015(rythme de croi- sière trop lent) et 2025 pour le long terme. Au plan spatial sept pôles territoriaux d’excellence touristiques ont été prévus et in- tégrés dans le SNAT 2025. Alors pourquoi les choses n’avancent pas en tout cas au rythme programmé ? Pour le moment on sait que ce n’est pas une question d’insuffisances

de dotations budgétaires pu- bliques ou même de manque de ressources privées ou ban- caires. Principal obstacle récur- rent avancé par les investis- seurs celui du foncier touris- tique bloqué pendant des dé- cennies pour des raisons appa- remment bureaucratiques, no- tamment, celles des lenteurs dans les arbitrages à prononcer. Pourtant la démarche de rattra- page en matière d’infrastruc- tures hôtelières avait prévu, depuis quelques années déjà, la mise en place de 405 zones d’expansion touristique (ZET) couvrant 53 000 ha. Alors si 85% des investissements touris- tiques se font hors ZET c’est qu’il y a en vérité deux raisons profondes. La première est qu’une partie de ces ZET ne sont pas attractives parce que les localisations et/ou les équi- pements sont inadéquats ; la se- conde est qu’effectivement les procédures d’acquisition sont

Pourquoi

les choses

n’avancent

pas en tout cas au rythme pro- grammé ? Pour le moment on sait que ce n’est pas une question d’insuffi- sances de dotations budgétaires publiques ou même de manque de res- sources privées ou bancaires.

trop lentes. À ce sujet, il me semble que le profil du premier responsable du secteur, qui avait été directeur général des Do- maines, est de nature à régler ra- pidement cette question fonciè- re dans et hors des ZET exis- tantes. En attendant, compte tenu des déficits, on ajuste la stratégie en revoyant à la bais- se les objectifs initiaux. Ainsi on segmente la demande touris- tique en plaçant la priorité sur la demande domestique et on essaye de promouvoir des for- mules d’hébergement chez l’ha- bitant (maisons d’hôtes et gîtes). Cette formule, encadrée pour le moment par une simple circu- laire interministérielle du mi- nistre du Tourisme et celui de l’Intérieur, a un début d’applica- tion dans le site balnéaire de Ji- jel qui est particulièrement sous équipé - avec seulement 28 éta- blissements hôteliers - pour faire face à la forte demande es- tivale. Cette formule de loca-

tion chez l’habitant est appelée à se généraliser sur les sites balnéaires du Nord, mais égale- ment aux régions touristiques du Sud car les déficits en la ma- tière mettront du temps à être résorbés. Rappelez-vous que cet- te approche avait été initiée - de- vant la forte pression de la de- mande en logements- pour fa- ciliter la location des biens im- mobiliers des propriétaires qui le désiraient. La démarche, qui avait mis du temps à gagner la confiance des loueurs redou- tant de ne pouvoir récupérer leurs biens, s’est finalement généralisée élargissant ainsi un marché locatif qui était étroit et donc peu concurrentiel. En conclusion, beaucoup reste à faire dans le secteur du touris- me longtemps marginalisé ; mais la bonne nouvelle c’est qu’on sait ce qu’il faut faire. Mais il faudra faire vite car la concurrence internationale, no- tamment, celle de nos voisins immédiats, n’attend pas. Déjà toutes les compagnies aériennes affichent complet pour le lende- main de l’Aïd, et les jours d’après, captant une grande partie de la clientèle algérienne. En atten- dant, chers lecteurs, bonnes va- cances que vous les preniez ici ou ailleurs.

M. M.

D. R.

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Supplément Économie

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

AVIS D’EXPERT

 

ÉVOLUTION DU SECTEUR DES HYDROCARBURES

Déplétion des gisements conventionnels et après-pétrole

Après plus d’un demi-siècle d’exploitation des hydrocarbures, l’Algérie est arrivée à un tournant de ses capacités de production pétrolière et gazière qui, après avoir atteint un maximum, viennent d’entrer dans une phase de déclin.

L e fameux pic pétrolier (oil peak) est déjà derrière nous. Il suffit de regar- der les profils de production pour constater qu’il a eu lieu vers 2007- 2008 aussi bien pour le pétrole que pour le gaz.

Avec le vieillissement et l’épuisement de la plu-

part des gisements du pays, y compris les su-

per-géants de Hassi Messaoud et de Hassi R’mel, le rythme de production ne peut plus se maintenir. La phase de déclin dans laquelle ils sont entrés depuis plusieurs années se poursuivra pro- gressivement et inéluctablement jusqu’à leur fin de vie car le soutirage qu’ils subissent entraîne une baisse continue de la productivité et des réserves qui ne peuvent plus être compensées par les ap- ports, plutôt modestes, des nouvelles découvertes. Déclin des exportations et de la rente pétro-ga- zière Le déclin de la production auquel se superpose un accroissement rapide de la consommation lo- cale se traduit par un déclin rapide des exporta- tions et de la rente des hydrocarbures. Cer- taines projections laissent entendre que, si la ten- dance actuelle perdure, les exportations dimi- nueront progressivement jusqu’à arrêt complet vers 2020 pour le pétrole avec, à cette date, dis- parition de la rente et fin de l’autosuffisance pé- trolières puis vers 2030 pour le gaz avec, à cette date, disparition de la rente et fin de l’autosuffi- sance gazières. En d’autres mots, l’après-pétro- le est en train de s’inviter plus tôt que prévu, alors que nous ne sommes pas prêts pour le recevoir. On est en droit, bien sûr, de contester la précision de telles prévisions. Mais même si elles s’avéraient imprécises au point de les reculer de quelques années, cela ne chan- gerait pas grand-chose au fond du problème car elles resteront trop rapprochées et ne laisseront que très peu de temps pour mettre en œuvre les mesures qui s’imposent. Par conséquent, il de- vient urgent de trouver des solutions pour re- pousser le plus loin possible de pareilles échéances et gagner ainsi un supplément de temps précieux pour mieux se préparer à l’après-pétrole. A dé- faut de quoi, il y a risque d’être pris de court sans avoir eu le temps de répondre comme il se doit à une situation aussi préoccupante et aux réper- cussions qu’elle peut engendrer pour un pays dé- pendant à près de 98% de ses exportations de la rente pétro-gazière. Conscients des problèmes qui se posent et des en- jeux qu’ils impliquent, les responsables du secteur de l’énergie se sont résolument engagés à mobi- liser et à stimuler toutes les ressources énergé- tiques du pays pour tenter de remédier, ou à dé- faut d’atténuer, le déficit de production et de re- cettes qui s’annoncent. D’abord avec les énergies conventionnelles qui, effectivement, ont un cer- tain potentiel à améliorer la situation dans le court et le moyen terme mais sur lesquelles il ne faut pas trop compter pour le long et le très long ter- me, sauf découvertes majeures. Ensuite avec les énergies renouvelables et les hydrocarbures de schistes sur lesquelles, au contraire, il ne faudra pas trop se faire d’illusions pour le court et le moyen terme (ainsi que cela sera montré dans une prochaine contribution) mais qui offrent des pers- pectives prometteuses pour le long et le très long terme.

PAR MOHAMED

TERKMANI*

L’après-pétrole est-il pour bientôt ? Il convient, avant d’aller plus loin, de commen- cer par un commentaire sur la signification de cer- tains termes ambigus tels que “durée des réserves’’ et “après-pétrole” qui peuvent s’avérer déroutants pour les personnes non averties. En ce qui concerne la “durée des réserves’’, elle est généra- lement définie dans les statistiques comme étant le rapport (R/P) du volume des réserves sur ce- lui de la dernière production annuelle. Or cela ne

sur ce- lui de la dernière production annuelle. Or cela ne correspond en rien à la

correspond en rien à la réalité puisqu’il est in- correctement supposé que cette dernière pro- duction restera constante encore longtemps jus- qu’à épuisement total des réserves. D’où la faus- se idée pouvant induire certains en erreur en les laissant penser que la rente va, elle aussi, durer longtemps et qu’il n’y a pas lieu de trop s’inquiéter pour le moment de l’après-pétrole.

En réalité la production, après avoir atteint le pic, entre dans une phase de déclin avec des débits en constante régression jusqu’à la fin de vie des gi- sements alors que la consommation domes- tique s’accroît à un rythme rapide d’environ 7% par an pour le pétrole et davantage pour le gaz. Le déclin de la production et l’accroissement de la consommation se feront donc aux dépens des exportations qui diminueront et prendront fin d’autant plus rapidement que ce déclin et cet ac- croissement seront rapides. Par conséquent, les exportations peuvent prendre fin beaucoup plus tôt qu’on ne s’y attend habi- tuellement. Dans environ 7 ans pour le pétrole et 17 ans pour le gaz, laissent entendre certains ex- perts aussi bien algériens qu’étrangers, et non pas dans respectivement 25 ans et 55 ans comme le laisse entendre le rap-

port R/P Il est clair, dans ces conditions, que la no- tion d’après-pétrole est une notion vague pou- vant être interprétée différemment par dif- férentes personnes et souvent confondue avec la fin de vie des gisements. Elle a donc besoin d’être définie de manière plus expli- cite dans un contexte d’épuisement et non pas de disparition des réserves qui peuvent traîner encore long- temps mais avec des débits insignifiants. Parmi les différentes définitions possibles, une approche réaliste consisterait à le définir comme étant “la pé- riode commençant le jour où la rente pétro- gazière ne suffira plus pour équilibrer le bud- get de l’Etat”. C’est cet- te définition que nous

retiendrons car elle s’applique le mieux à un pays dont l’écono- mie est basée sur une mono-rente pétro-gazière correspondant à près de 98% de ses exportations. Une telle définition n’est pas fortuite. Elle repo- se sur l’expérience déjà vécue d’une rente vulné-

L’énergie solaire et les hydrocarbures de schistes seront loin, à eux seuls, même s’ils s’avèrent rentables, de compenser le déficit énergétique anticipé. Ils ne pourront, tout au plus, que légèrement atténuer les effets

de l’après-pétrole. Leur apport ne sera donc pas d’un grand secours pour une économie privée trop tôt de sa rente et d’une partie de son approvisionnement énergétique avec les conséquences pouvant en résulter alors que la population aura dépassé les 50 millions dans le contexte d’un après-pétrole peu

rassurant.

rable devenue insuf- fisante : tout le mon- de se souvient de l’avant-goût amer que peut avoir l’après-pétrole lors- qu’on ne s’y est pas préparé. C’était à la fin des années 80 lorsqu’une simple chute des prix a suf- fi pour ébranler le pays malgré l’abon- dance des réserves. 2020 et 2030 c’est demain matin et de- main après-midi. Si ce scénario s’avère

exact, il signifie éga- lement que, quelque part entre maintenant et 2030, mais à une date beaucoup plus proche de maintenant que de 2030, les recettes d’exporta- tion auront chuté au point de ne plus pouvoir cou- vrir le montant des importations. En d’autres termes, l’après-pétrole est à nos portes. En fait, des signes avant-coureurs prémonitoires commencent déjà à apparaitre et laissent craindre qu’un tel scénario se confirme. C’est ce qui ressort d’un récent communiqué de la Banque d’Algérie(BA) qui “avertissait officiel-

lement contre un risque de choc externe sur la ba- lance des paiements extérieurs de l’Algérie du fait d’un recul de 13,9% des recettes pétrolières du pays au premier trimestre de l’année en cours”. Il importe par conséquent, même si ce scénario s’avère moins sévère que prévu, de prendre dès à présent les mesures qui s’imposent pour faire face aux défis d’un après-pétrole trop proche et pour lequel nous ne sommes pas prêts. Etant bien en- tendu qu’une telle démarche ne servirait pas à grand-chose si elle ne se fixait comme priorité le passage progressif d’une économie basée essen- tiellement sur une rente pétro-gazière vers une économie diversifiée basée essentiellement sur les autres ressources du pays. Apport marginal de l’énergie solaire et des hydrocarbures de schistes dans le court et le moyen terme( …)

Sur la base des informa- tions disponibles, les cal- culs, recoupements et extrapolations nous per- mettent de conclure que l’énergie solaire et les gaz de schistes combinés permettront, au mieux, de prolonger les expor- tations jusque vers 2035, au lieu de l’échéance pré- vue pour 2030, soit en- viron 5 années de plus. Mais cela, entendons- nous bien, pour des ex- portations à bout de souffle qui ne dépasse- ront pas les 11 milliards de m3 en 2030 et qui chuteront progressive- ment pour s’annuler en 2035 soit une moyenne de 5,5 milliards de m3/an pendant 5 ans.

Un chiffre sans commu- ne mesure avec les 55 milliards d’exportations actuellement et les 85 milliards visés pour les années à venir. Par conséquent, l’énergie solaire et les hydrocar- bures de schistes seront loin, à eux seuls, même s’ils s’avèrent rentables, de compenser le déficit

énergétique anticipé. Ils ne pourront, tout au plus, que légèrement atténuer les effets de l’après-pé- trole. Leur apport ne sera donc pas d’un grand se- cours pour une économie privée trop tôt de sa rente et d’une partie de son approvisionnement énergétique avec les conséquences pouvant en ré- sulter alors que la population aura dépassé les 50 millions dans le contexte d’un après-pétrole peu rassurant. Il devient donc apparent que le gros des efforts devrait porter sur la promotion des énergies conventionnelles tant que les autres formes d’énergie ne seront pas rentables. L’objectif re- cherché étant de maintenir les revenus pétro-ga- ziers et autres à leur maximum le plus longtemps possible. Les récents amendements à la loi sur les hydro- carbures devraient faciliter cette démarche en in- tensifiant l’exploration, en améliorant la perfor- mance des vieux gisements, en accélérant la mise en production des nouveaux gisements, en étendant l’expérience acquise avec les schistes aux gisements compacts, en promouvant l’efficacité énergétique et en luttant contre le gaspillage. On pourra gagner de la sorte un sursis supplé- mentaire, le dernier sans doute, pour préparer, sans secousses trop fortes, la transition vers l’après-pétrole. Quant aux énergies renouvelables et aux hydro- carbures de schistes, ils ne sont pas encore ren- tables pour justifier des projets de grande en- vergure. Cela n’empêche pas de lancer des petits projets-pilote dès maintenant afin d’acquérir le savoir-faire et être prêts au moment opportun même si ce moment semble encore lointain.

Conclusions Quel que soit le succès résultant de ces actions, il ne pourra apporter qu’un soulagement provi- soire en aidant à surmonter ou à alléger les pro- blèmes du court et moyen terme. Le nouveau sur- sis ainsi obtenu n’aura servi à rien si on oublie, comme par le passé, que tôt ou tard la rente pé- tro-gazière prendra fin inéluctablement et que l’après-pétrole est inévitable. Et il ne faudrait surtout pas se laisser leurrer par l’idée, qui commence d’ailleurs à faire rêver cer- tains, qu’une rente schisto-solaire providentiel- le pourrait prendre la relève de la rente hydro- carbures actuelle. L’ère de l’énergie facile à produire et qui rapporte gros touche à sa fin : il faudra s’ha- bituer à une énergie difficile et coûteuse. L’objectif primaire sera alors de satisfaire avant tout la consommation locale qui aura atteint des niveaux record. Et même si l’objectif secondaire, consistant à ex- porter un éventuel excédent, pouvait se réaliser, les revenus seraient insignifiants comparés aux énormes revenus auxquels nous sommes habitués avec les hydrocarbures conventionnels. D’ailleurs une rente schisto-solaire trop importante ne se- rait pas souhaitable car risquant de perpétuer les mauvaises habitudes en s’appuyant sur une ren- te vulnérable et dangereuse aux dépens d’une éco- nomie diversifiée plus sûre et créatrice de ri- chesses. Par conséquent, la seule solution pérenne pou- vant prendre le relais de la rente pétro-gazière et éviter, ou à défaut atténuer, les mauvaises surprises d’un après-pétrole qui se tient prêt à l’affût consiste, et il n’est pas inutile de répéter cette la- palissade pour terminer, à:

accélérer le passage progressif d’une économie ba- sée principalement sur une rente pétro-gazière vers une économie diversifiée basée principale- ment sur les autres ressources, nombreuses, du pays.

M. T.

* Ingénieur, ancien directeur à la Sonatrach. mterkmani@msn.com

KACI ABDERRAHMAN Loin des routes du show-business Amesmar (Le clou) est le titre du dernier
KACI ABDERRAHMAN Loin des routes du show-business Amesmar (Le clou) est le titre du dernier
KACI ABDERRAHMAN Loin des routes du show-business Amesmar (Le clou) est le titre du dernier
KACI ABDERRAHMAN Loin des routes du show-business Amesmar (Le clou) est le titre du dernier

KACI ABDERRAHMAN

Loin des routes du show-business

Amesmar (Le clou) est le titre du dernier album de l’artiste, sorti il y a quelques semaines. L’un des plus anciens chanteurs kabyles des quarante dernières années s’ouvre dans cet opus sur de nouvelles musiques et mélodies.

P laisant, cool, insolent mais en dou- ceur, le nouvel album de Kaci Abder- rahman est arrivé sans se presser… Amesmar (le clou) est le titre du dernier album qui est sorti il y a quelques se- maines.

L’un des plus anciens chanteurs kabyles des quarante dernières années s’ouvre dans cet opus sur des mu- siques et des mélodies, des vraies, pas de brutalité, et des textes bien faits et bien polis. On a cru à di- verses périodes que l’artiste Kaci Abderrahman al- lait se retirer de la chanson pour s’occuper unique- ment de sa famille, mais à chaque fois il ne pouvait se défaire de l’emprise irrésistible de la musique et de la chanson. Après une éclipse de quelques mois, peut-être de quelques années, il nous revient en fan- fare avec les grands succès que nous lui connaissons. Des titres accrocheurs, des chansons conjoncturelles touchant divers domaines : amour, social, misère, séparation, exil, etc. Amesmar, Alwiza, Nemxalaf, Aami Ali, Tudimts et Tamacahuts sont autant de titres qu’on peut écouter et réécouter sans s’en las- ser. Toutes ses chansons sont entourées de pudeur et faites pour durer et résister à la puérilité des modes. à travers son long répertoire, Abderrahman s’adon- ne toujours à un travail de longue haleine, lui per-

mettant de revoir et de corriger le moindre détail. L’auteur ne voudrait en aucun cas se mordre les doigts pour des erreurs qui se paient cash dans ce métier qui ne pardonne pas. Alors, il prend tout le temps nécessaire pour revoir ses textes, ses musiques, ses refrains, ses rimes… Ab- derrahman, l’adulé des publics de tous les âges, n’a pas forcé son destin pour se faire adopter. à travers ses produits, on perçoit la subtilité de l’homme, on décrypte son art de bien dire, de bien faire et défaire

on décrypte son art de bien dire, de bien faire et défaire ments. à travers son

ments. à travers son répertoire, c’est surtout l’histoire qui revient, la culture qui régénère, l’amour qui fleurit, l’union qui se sacralise… Tous ces thèmes sont servis sur des musiques suintantes qui manifestent hautement l’accent du terroir. Un cas de vérité : on dirait que, sur lui, le temps, l’époque violente et souvent vulgaire n’a pas de prise. Toujours en bon entrain, l’œil toujours aussi malicieux, les chansons tou- jours aussi tendres où il parle de paix, d’amour et de compréhension. Comme quoi, on peut être un chanteur qui prône les valeurs humaines, le respect de la nature et celui de la famille et trouver son public. Ce n’est pas faire fausse route que s’écarter des sentiers trop battus du show-business. Pas fa- cile d’aborder ces sujets sans tomber dans la caricature. Avec Kaci Abderrahman, le public en général, l’auditeur en particulier ne se trompe pas de choix. Les paroles et les musiques sont le pur pro- duit de l’auteur. L’orchestre est composé de musiciens professionnels, comme Dahmane Bendahmane au violon et banjo ; Kerrouche Salem à la flûte ; Djamel Dekkoun aux per- cussions ; Kaci Ferhat pour les arrange- ments et les claviers ; Youcef Hadj Saïd, Athmane Boukaïs, Malek Bachi et Kaci Ferhat dans l’accompagnement ; Nabil Chérifi pour la prise de son et le mixage. L’auteur dédie son album, sorti chez Pro- duction Akbou Edition, à Dahmani Ali d’Ighil Bou- kiassa (Idjeur).

C. NATH OUKACI

toutes les passions de l’être humain. Résultats : un produit musical parfait. L’auditeur est porté par un souffle continu à travers les transformations élec- tro-acoustiques du timbre de la voix et des instru-

YASMINA KHADRA À ORAN

Un fort enthousiasme pour le cinéma

L e talentueux romancier algé- rien Mohamed Mouleshoul, mondialement connu sous l’ap-

pellation “Yasmina Khadra” a expri- mé, lundi soir à Oran, un fort en- thousiasme pour le cinéma, déclarant “j’aime toujours écrire pour le cinéma”. Invité à une séance-débat “Autour d’une œuvre” dans le cadre de la 5e édi- tion des rencontres de l’Institut de dé- veloppement des ressources humaines (IDRH), l’auteur de la prestigieuse œuvre L’attentat a estimé “intéressant de se tourner pleinement vers le 7 e art

et marquer une petite trêve avec le ro-

man. Histoire d’exceller dans la créa- tivité et de se lancer dans un nouveau créneau artistique”. Au passage, Yasmina Khadra a révé- lé qu’il a consacré deux scénarios, l’un pour le réalisateur algérien Rachid Bouchareb, qu’il compte accompagner dans sa percée cinématographique, déplorant le fait que le film Ce que le jour doit à la nuit n’a pas eu l’écho es- compté en Algérie. Il a déclaré, dans ce sens, “le cinéma chez nous est à la traîne. Au lieu de plaider pour l’ouverture de salles de ci- néma, certains s’attaquent à l’initiati-

ve”. Abordant son expérience édito- riale, l’orateur a fustigé certains réseaux qui s’opposent à l’émergence de talents algériens, qui n’arrivent pas à inté- resser le monde. “Le talent il faut le dé- fendre”, a-t-il affirmé faisant allusion à du lobbysme ou ce qu’il a appelé “pa- risianisme”. À titre illustratif, il a indiqué qu’il a fi- nancé trois romans d’écrivains algé- riens, sans pour autant réussir à les hisser plus haut. “Le monde éditorial n’a rien laissé aux débutants”, conclut- il. Commentant les traductions de ses œuvres, Yasmina Khadra estime que

“c’est généralement bon, comme l’atteste le succès qu’elles ont remportées”. Faisant part de ses projets, il a annoncé la parution de son nouvel ouvrage Les anges meurent de nos blessures au mois d’août prochain. Un autre roman paraîtra l’année pro- chaine, a-t-il ajouté. Les rencontres de l’institut IDRH se poursuivent durant les soirées du Ramadhan avec di- verses activités d’animation artis- tiques, scientifiques et culturelles.

APS

SORTIE DE 4 RECUEILS DE ZERGUINE WARDA

De la richesse culturelle populaire

C’ est une louable et belle ini- tiative dans le domaine du collectage de notre patri-

moine immatériel, que celle de Zer- guine Warda, cadre à l’ADE de la wi- laya de Guelma. Elle a présenté récemment à Tizi Ou- zou, lors d’un jumelage interculturel (ou échange interwilayas) qui s’est dé- roulé à la maison de la culture Mou- loud-Mammeri de Tizi Ouzou, une série de quatre recueils contenant plus de 400 proverbes populaires, devinettes et bouqalate (pluriel de bouqala, proverbes sous forme de souhaits), tirés du terroir algérien et inspirés de la sagesse populaire. Selon l’auteur, ce sont des écrits ins- pirés du monde rural et populaire de l’Algérie, et sont souvent récités durant les mariages et durant les soirées fa- miliales, particulièrement en ce mois

les soirées fa- miliales, particulièrement en ce mois Un des 4 recueils de la série dédiée

Un des 4 recueils de la série dédiée aux devinettes.

de jeûne où les veillées sont quoti- diennes. Concernant les bouqalate, elles sont notamment puisées dans le milieu algérois et celui de Aïn Defla, mais on retrouve dans l’ouvrage des bouqalate de différentes régions du pays. Pour les proverbes et devinettes, ils sont souvent tirés du terroir oral de Annaba, de Guelma, de Souk Ahras, ou encore de Batna. “L’idée de publier ces proverbes m’est propre, avec bien sûr le soutien de mes proches. C’est une ini- tiative née d’une patience, celle d’écou- ter les vieilles mémoires qui parlent en employant des maximes notamment, puis récolter toute cette richesse cultu- relle populaire et la sauver de l’oubli est un devoir pour moi”, déclare l’auteu- re. Et de souligner : “C’est pourquoi j’ai décidé d’englober dans mes livres et de sauver le maximum de proverbes, qui

sont un patrimoine.” Warda Zerguine soutiendra également qu’elle compte traduire ses textes. “Je compte tradui- re ces bouqalate en français et en ta- mazight, et en même temps collecter des proverbes kabyles et les traduire ensuite en arabe”, a-t-elle annoncé. “Dans ces proverbes populaires, on parle sou- vent de la nature, des expériences quo- tidiennes des gens. Il m’a fallu du temps et de la patience pour arriver à terme de mon projet, mais j’ai pu quand même obtenir un résultat, celui de recueillir plus de 400 citations et autres, imprimées en petits livres”, in- diquera en conclusion Mme Zergui- ne.

K. TIGHILT

in- diquera en conclusion Mme Zergui- ne. K. TIGHILT …SORTIR… Soirées Mille et Une News n
…SORTIR…
…SORTIR…

Soirées Mille et Une News

n Soirées Mille et Une News du

quotidien Algérie News à l’espace Plasti (28, rue des frères Boualem et Ahmed-Khalfa, ex-Burdeau, Alger), à partir de 22h.

n Ce soir : monologue Dahaliz, de

Tounes Aït Ali.

n Demain : concert du groupe Diwane

El-Bahdja.

n Vendredi 2 août : projection du

documentaire, Retour à Montluc, de Mohamed Zaoui. Samedi 3 août : clôture.

Salle Algeria

n Dans le cadre des soirées Mille et

Une News et d’un partenariat avec l’APC d’Alger-centre, concert du groupe Diwane El-Waha, le vendredi 2 août à 22h30 à la salle Algeria.

Salle El-Mouggar

n Soirées Tarab, Andalou et Chaâbi, à

partir de 22h.

n Ce soir : Noureddine Allam, Réda

Doumaz. Demain : Samir Toumi.

Théâtre de verdure Casif

n Soirées musicales au Théâtre de

verdure -Casif- de Sidi Fredj, à partir de

22h.

n Ce soir : Bled Fusion, Badji El-Bahri,

Abdallah Marseille, cheb Zoheir. Demain : Ahellil, Dzaïr, Fethi KZ.

Palais des expositions -Pins Mari- times

n

Soirées musicales à partir de 22h.

n

Ce soir : Slimane Maizet, Mbarek

Dakhla, groupe Mazal, cheb Abdou. Demain : Kamel Fares, Ghani Khencheli, Aldjiya, Ouled El-Hadja Maghnia.

Palais de la culture Moufdi-Zakaria

n Activités culturelles et artistiques, à

partir de 22h30. Jusqu’au 4 août, expo-vente d’objets d’artisanat d’art et de décoration (de 22h à 1h).

n Ce soir : concert de Zineddine

Bouchaâla de Constantine. Demain : concert du groupe Ferda de Béchar.

Khaimetkoum

n 6 e édition de Khaimetkoum au

Théâtre de verdure du complexe culturel Laâdi-Flici. Ouverture des portes : 21h30, début des concerts : 23h.

n Ce soir : Gnawa Diffusion.

Vendredi 2 août : Cheikh Sidi Bémol.

Nouveau chapiteau du Hilton

n Ce soir : Xriss Jor.

Demain : Rhany Maroc.

Layali Ramadhan

n Soirées musicales à 23h à la salle Ibn

Khaldoun.

n Ce soir : Omar Bashir.

Vendredi 2 août : Hassiba Amrouche.

Expositions

n Exposition, «les Manuscrits de la

bibliothèque de l’Institut Ibn Khaldun en Pologne», au musée national des Antiquités (177, boulevard Krim Belkacem, Parc de la Liberté, Alger).

MaMa

n Concert de Hamidou, demain à

partir de 22h, au Musée public national d’art moderne et contemporain (MaMa) (25, rue Larbi Ben M’hidi, Alger). Prix d’accès : 200 DA.

Vente-dédicace

n Anya Merimeche signera son

ouvrage Alexander : La Chute aux Enfers (éditions El-Ikhtilef/ Difafpublishing), le samedi 3 août, de 22h à 1h, à la Librairie internationale Aurassi Omega de l’hôtel El-Aurassi à Alger.

20 L’Algérie profonde

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

L’Algérie profonde Mercredi 31 juillet 2013 LIBERTE BRÈVES du Centre MAGRA (M’SILA) Saisie de 260 quintaux

BRÈVES du Centre

MAGRA (M’SILA)

Saisie de 260 quintaux de blé destiné à la contrebande

Les agents de la brigade de gendarmerie de Magra, 57 km du chef-lieu de la wilaya de M’sila, ont saisi, la semaine passée, 260 q de blé tendre destiné à la contrebande, provenant de Annaba vers la wilaya de Laghouat. Cette quantité, qui était destinée à être transformée en farine, a été détournée pour être vendue comme aliment de bétail. Selon nos information, les contrebandiers préfèrent vendre le blé comme aliment de bétail qui coûte 4000 DA le quintal contre 2000 DA pour le blé qui sera transformé en farine.

CHABANE BOUARISSA

ALLILIGUIA (BOUMERDÈS)

La mort d’une fillette de 4 ans provoque la colère des citoyens

C’est la mort d’une fillette âgée de 4 ans, fauchée avant-hier à 23h par un automobiliste, qui a provoqué la colère des citoyens de Alliliguia. Des dizaines de manifestants ont fermé hier matin la route reliant la RN12 à Boumerdès au centre de Alliliguia, à l’aide de pneus et de blocs de pierres pour exiger l’aménagement urbain de leur cité, la réfection des routes et la rénovation de l’éclairage public. “Alliliguia a été toujours délaissée, et tout l’argent va au centre-ville, c’est pourquoi nous voulons des engagements tout de suite et pas demain”, affirment les citoyens en colère. Bien que le maire en déplacement sur les lieux se soit engagé pour démarrer le projet de l’aménagement de la cité dans une semaine, les citoyens ont refusé, arguant que de telles promesses leur ont été faites par le passé. “Nous voulons parler avec le wali de Boumerdès, et c’est à lui que nous nous adressons pour qu’il prenne en charge nos préoccupations”, ont-ils martelé.

N. Z.

MÉDÉA

Croissant-Rouge algérien :

2300 repas/jour

à pied d'œuvre depuis le début du mois de Ramadhan, les bénévoles du Croissant-Rouge algérien sont chaque jour prêts à l'heure de la rupture du jeûne pour servir des repas chauds et des repas à emporter aux nécessiteux et aux personnes n'ayant pas où se restaurer. Pas moins de 2300 repas sont quotidiennement servis à travers les 13 restaurants ouverts à travers les grandes agglomérations situées sur les grands axes routiers, pour permettre aux voyageurs de passage et aux routiers de pouvoir partager avec les autres convives un repas chaud, constitué de mets traditionnels, de boissons gazeuses et de dessert. En outre, le CRA s'apprête à mener une opération de circoncision, en collaboration avec les services de santé publique, à l'occasion de la célébration de Leilet El-Qadr, au profit des familles nécessiteuses, en prenant en charge les frais des soins et d'achat de tenues pour les enfants circoncis.

M. EL BEY

AÏN DEFLA

20 blesses dans divers accidents de la circulation

Pas moins de 20 blessés, dont 5 grièvement touchés, ont été enregistrés durant le week- end à travers le réseau routier de la wilaya de Aïn Defla, a indiqué une source de la Protection civile de Aïn Defla. En effet, sur l'autoroute Est-Ouest, trois accidents ont eu lieu à Oued Dziri, Ouled Barahma et Ouled Belgacem, dépendant respectivement des communes de Zeddine (2) et Aïn Soltane, et se sont soldés par 16 blessés dont 3 sérieusement touchés au crâne. Un véhicule de transport public assurant la liaison Chlef-Annaba, roulant à vive allure, a dérapé avant de percuter les balises de l'autoroute. On déplore 8 blessés. Par ailleurs, un poids lourd a percuté un semi-remorque sur la même voie. Suite à l'impact, le premier s’est renversé sur la chaussée provoquant une panique chez les usagers de l'autoroute. Quatre autres blessés ont été signalés sur la RN167 reliant El-Attaf à Beni Haoua, précisément au douar Nedjadjara (commune d’El-Abadia). Toutes les victimes ont été évacuées vers l'hôpital du chef-lieu de wilaya et celui d'El-Attaf. Ainsi, la wilaya de Aïn Defla occupe la 4e place en matière d'accidents de la circulation, avec 42 morts et 279 blessés depuis janvier dernier.

B. BOUZAR

VISITE DE TAYEB LOUH À BLIDA

Des lunettes et des soins dentaires gratuits pour des enfants scolarisés

Selon le ministre, cette décision entre dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre du programme de réforme de la sécurité sociale relatif à l’amélioration de la qualité des prestations.

D. R.
D. R.

L es enfants scolarisés même en préscolaire et dont le père perçoit un salaire de moins de 40 000 DA pourront à partir d’octobre prochain bénéficier de soins dentaires et acquérir

des lunettes gratuitement auprès des médecins conventionnés avec la Cnas”, a déclaré Tayeb Louh, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécuri- té sociale, lors de sa visite de travail et d’inspec- tion effectuée avant-hier dans la wilaya de Blida. Selon le ministre, cette décision entre dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre du pro- gramme de réforme de la sécurité sociale, rela- tif à l’amélioration de la qualité des prestations. Au cours de sa visite, le ministre s’est rendu au siège de la Cacobatph, où il a assisté à la premiè- re évaluation du projet de télédéclaration. Une opération qui permettrait aux entreprises des tra- vaux publics, de l’hydraulique et du bâtiment de déclarer leur personnel à distance. En moins d’un

Les enfants scolarisés dans le besoin bénéficieront gratuitement des soins dentaires.

mois de son lancement, 65% des entreprises ont adopté l’opération. “Ce programme permet de ga- gner du temps pour les employeurs et faire béné- ficier les travailleurs de ces secteurs de leurs droits de congé annuel et d’autres avantages”, explique le ministre pour qui ce programme est une pre- mière dans le monde arabe, africain et même dans certains pays européens. “C’est le fruit du program- me de la modernisation du secteur”, estime le mi- nistre, qui évoque le rôle important des ressources humaines dans la réussite de tout programme de développement. à ce titre, il annonce la tenue d’un séminaire sur les ressources humaines à la fin du mois d’octobre prochain, avec la participation des experts étrangers. À l’occasion de sa visite, les responsables des di- rections de l’Ansej et de la Cnac ont organisé un salon dans lequel des jeunes promoteurs ont ex- posé leurs produits. Le ministre a proposé l’idée de créer des zones d’activités spécifiques pour les jeunes entrepreneurs ayant bénéficié du dispo-

sitif d’aide de l’état. “C’est une idée qu’il faut ex- ploiter du fait que presque la majorité des jeunes promoteurs se heurte au problème du local pour pouvoir développer leur activité”, a fait savoir le mi- nistre. Ce dernier, après avoir assisté à la distri- bution des chèques bancaires et des attestations de stages d’accompagnement au profit des jeunes promoteurs, a indiqué que son département, en collaboration avec les experts du Bureau inter- national du travail (BIT), organise des stages au profit des promoteurs pour les accompagner dans l’organisation et les méthodes afin d’éviter la lour- deur de la bureaucratie. En matière de création d’emploi, la wilaya de Bli- da qui enregistre 19000 postes d’emplois créés en 2012 a par contre un taux de chômage qui atteint 6,5%. à ce sujet, le ministre instruit les respon- sables de la Cnac et de l’Ansej à faire plus d’efforts pour inciter les jeunes à s’inscrire dans les deux dispositifs.

K. FAWZI

TIZI OUZOU

Sit-in des habitants de la cité 400-Logements de Draâ Ben Khedda

L e conflit opposant les habitants de la cité 400-Logements de la ville de Drâa Ben Khedda

(wilaya de Tizi Ouzou) au proprié- taire d’une coopérative privée, en construction sur un terrain consi- déré par les habitants comme un es- pace vert de leur cité, n’est décidé- ment pas près de connaître son épilogue, en dépit d’un arrêté du wali qui a ordonné, en juin dernier, l’arrêt des travaux. Ils étaient enco- re avant-hier plus de 300 habitants

de ladite cité à organiser un rassem- blement de protestation devant le siège de la wilaya pour dénoncer la poursuite des travaux de réalisation de ladite coopérative sur l’espace vert de leur cité. “à travers son arrêté da- tant de juin dernier, le wali a ordon- né la suspension de toute construc- tion et l’annulation de tout permis de construire sur le site en question, et a instruit tous les services concernés de veiller au respect de ladite décision, mais malheureusement on assiste en-

core chaque jour à la poursuite des travaux”, nous explique un des ha- bitants de la cité. Une délégation a été constituée à l’effet d’aller à la ren- contre du wali qu’ils voulaient inter- peller à nouveau, mais celle-ci s’est heurtée dans un premier temps à un refus qui a provoqué une vive ten- sion. Une tension qui a failli éclater en affrontement entre les forces de l’ordre et les manifestants, qui ont momentanément barré l’accès à la wilaya. Les responsables de la wilaya

ont fini par recevoir les représen- tants des manifestants, auxquels ils ont expliqué que l’affaire est pendan- te au niveau de la justice et qu’elle sera tranchée prochainement. Le sit- in a été ensuite levé, mais les habi- tants de la cité promettent de reve- nir à la charge, en cas de non-règle- ment de ce conflit qui a déjà provo- qué à plusieurs reprises des affron- tements avec les forces de l’ordre de- vant le siège de la wilaya.

S. LESLOUS

20 L’Algérie profonde

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

L’Algérie profonde Mercredi 31 juillet 2013 LIBERTE BRÈVES de l’Est MILA Cinq blessés dans un accident

BRÈVES de l’Est

MILA

Cinq blessés dans un accident de la circulation

n Cinq personnes ont été blessées dans un

accident de la circulation survenu dimanche, à 14 heures, sur la RN.79, au rond-point desservant le centre universitaire, trois kilomètres à l’ouest de la ville de Mila. L’accident s’est produit entre une voiture touristique de marque Renault-Clio et un bus de transport de voyageurs de marque Toyota-Coaster. Les victimes, âgées entre 28 et 56 ans, ont été évacuées par la Protection civile à l’hôpital de Mila. Selon notre source, le conducteur du véhicule léger accuse une double fracture au niveau de la jambe gauche, les autres victimes s’en sont sorties avec des blessures moins graves. Une enquête a été ouverte.

KAMEL BOUABDELLAH

KHENCHELA

Découverte macabre

n Le cadavre d'une personne de sexe masculin,

âgée de 55 ans, a été découvert dans la petite forêt sise sur la sortie nord de la ville de Khenchela, selon une source digne de foi. C'est une personne de passage dans les environs qui a remarqué la présence du corps inerte. Notre source indique que la victime a été retrouvée ligotée, ce qui laisse penser à un crime. La dépouille mortelle a été transportée à l’hôpital de Khenchela pour autopsie. Une enquête a été ouverte par les services compétents pour déterminer les circonstances de ce décès.

Un motocycliste percuté par un bus

n Un bus est entré en collision avec une

motocyclette, causant la mort du motocycliste. Cet accident a eu lieu à Ouled Rechache, 30 km à l’est du chef-lieu de la wilaya de Khenchela. La victime, âgée de 35 ans, est morte sur le coup, selon des témoins de la scène. Aussitôt informés, les agents de la Protection civile se sont rendus sur le lieu de l'accident pour évacuer la victime vers la morgue de l'hôpital de la ville et rétablir la circulation. Une enquête a été ouverte par les services compétents.

Z. M.

Z. M.

BORDJ BOU-ARRÉRIDJ

Un mort dans un accident de la route

n La chute dans un ravin d’une voiture a causé la

mort d’un homme de 59 ans sur la voie qui mène vers Kolia, au lieudit Nadar Labyad (commune de Tassameurth, 22 km du chef-lieu de wilaya). L'accident mortel s'est produit peu avant 22h, dans la nuit du lundi à mardi. Pour des raisons encore indéterminées, la victime, H. B., a perdu le contrôle de son véhicule, explique-t-on. La dépouille a été transportée à la morgue de l’hôpital Bouzidi-Lakhdar. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes et les circonstances exactes de l’accident.

CHABANE BOUARISSA

SIGUS (OUM EL-BOUAGHI)

Une voiture percute un arbre à l'entrée de la ville

n Une voiture de tourisme, immatriculée dans la

wilaya de Tébessa, a dérapé dimanche après- midi, avant de percuter un arbre à l'entrée de la ville de Sigus, faisant trois blessés âgés de 44, 59 et 64 ans, dont une femme. Les victimes ont été transportées par la Protection civile à l'EPSP de la ville, et la police a ouvert une enquête.

B. NACER

CONSTANTINE

Les voleurs de viande sous les verrous

n Neuf personnes, âgées de 18 à 50 ans,

impliquées dans une affaire de vol qualifié avec recel et d'association de malfaiteurs, ont été présentées, la semaine écoulée, devant le procureur de la République près la cour de Constantine. Ce dernier a placé les six présumés contrevenants en détention préventive et a prononcé des citations directes à l’encontre de trois autres, selon le communiqué adressé hier à

la presse. Les éléments de la 7e Sûreté urbaine de Boussouf ont reçu, le 19 du mois en cours, un appel téléphonique de la part d’un commerçant, signalant le vol de 21 cartons de viande fraîche d'importation depuis son dépôt de froid et de conditionnement de produits alimentaires, situé dans la zone des artisans à Boussouf, en indiquant que le poids de chaque carton est entre

25 et 28 kg, soit au total 500 kg de viande. Une

enquête a été immédiatement ouverte par les éléments de la 7e Sûreté de Boussouf, lesquels

ont pu, au bout de quelques jours, identifier les malfaiteurs et les arrêter, tout en récupérant

19 cartons de viande.

INÈS BOUKHALFA

GUELMA

Le Croissant-Rouge algérien au secours des démunis

Le C-RA a ciblé, cette année, les sept communes les plus déshéritées de la wilaya pour procéder, dans la plus grande discrétion, à la distribution de couffins garnis de produits alimentaires aux familles nécessiteuses.

Archive/Liberté
Archive/Liberté

C omme à l'accoutumée, le bureau de wilaya du Croissant-Rouge al-

gérien apporte sa contribution pour soulager les familles dému- nies, durant ce mois sacré du Ra- madhan. Dans ce contexte, il a été

procédé à l'ouverture de deux restaurants de la Rahma au chef-lieu de wilaya, avenue Ali- Chorfi, et à Bouchegouf, où sont servis respec- tivement 90 et 80 repas chauds à des per- sonnes vivant seules, à des voyageurs de passa- ge et à des personnes de condition modeste. D'autre part, le président du C-RA, le docteur Azzedine Boughaba, nous confie : “Nous avons ciblé les sept communes les plus déshéritées de la wilaya, qui ont été destinataires chacune d'un quota de 15 couffins garnis de produits alimen- taires, lesquels ont été remis par les APC aux fa- milles nécessiteuses qui n'ont pas perçu le mandat de quatre mille dinars. Les bénévoles du C-RA ont distribué à Guelma- ville 195 couffins à des familles préalablement recensées, et cette opération s'est effectuée dans la discrétion totale par le biais du porte- à-porte pour sauvegarder la dignité des béné- ficiaires. “Le personnel du CRA, en collabora- tion avec les services de la sûreté de wilaya, a dis- tribué, ce week-end à partir de 18 heures 30, au niveau des barrages fixes érigés à la sortie de Guelma sur les RN 20 et 21, des dattes, des fruits, des produits laitiers, des bouteilles d'eau miné- rale et des sodas aux automobilistes devant ral- lier des destinations assez éloignées. Des prospectus recommandant la prudence au volant ont été également remis aux conducteurs. Ce jeudi, après le f 'tour et jusqu'à deux heures du matin, le siège du C-RA, sis rue Séridi-Mo-

Des repas chauds sont servis à des personnes de condition modeste.

hamed-Tahar, a abrité une louable opération de collecte de sang avec le précieux concours du personnel médical du centre de transfusion san- guine de l' EPH docteur Okbi. De nombreux citoyens se sont présentés spon- tanément pour donner leur sang qui contribue- ra à sauver des vies humaines. Le bureau de wi- laya du C-RA pilote une opération de circon- cision de 90 garçonnets au niveau des services de chirurgie générale des établissements hospi- taliers de Guelma, Oued-Zénati et Bouchegouf. Les bambins recevront des tenues traditionnelles et des cadeaux. Le docteur Azzedine Bougha- ba nous apprend que le C-RA organisera une

soirée de variétés le 27 e jour du Ramadhan au foyer des personnes âgées de Hammam-Debagh avec la participation d'une pléiade d'artistes. La pouponnière de Oued-Maiz, à Guelma, et le foyer de l'enfance assistée d'Héliopolis recevront, le jour de l'Aïd el-fitr, la visite des responsables du C-RA, qui distribueront des jouets et des friandises aux jeunes pensionnaires. Le président du C-RA saisit cette opportunité pour rendre hommage à tous les éléments de cet organe humanitaire, et notamment au docteur Mohamed Djalleb et à Rachid Ferkous.

HAMID BAALI

COUPURES D’ÉLECTRICITÉ À MILA

Plusieurs communes dans le noir

P lusieurs localités de la wilaya de Mila ont connu, samedis et dimanche derniers, des cou- pures d’électricité plus ou moins longues. Il s’agit notamment de la localité de Sidi Zerrouk, commune de Rouached, et de l’agglomération de Sidi Merouane. Mais si la coupure qu’a vé-

cue cette dernière commune dans l’après-midi de ce dimanche n’a pas dépassé les trois heures, celle endurée par les habitants de Sidi Zerrouk a été de plus de 20 heures. En effet, les centaines de foyers de la localité de Sidi Zerrouk ont été plongés dans l’obscurité pendant pratiquement 21 heures, soit de samedi à 21h jusqu’à dimanche à 18h. Cette très longue coupure d’électricité a causé d’importants désagréments aux riverains, qui sont restés près de 24 heures sans lumière, ni climatisation. Une source locale affirme que des quintaux de denrées alimentaires périssables ont été avariés faute d’électricité, alors que les enfants en bas âge et les vieillards ont souffert le martyre à cause de la chaleur caniculaire qui a sévi en début de semaine dans la région. Notre informateur soutient que des dizaines de citoyens sont sortis dans les rues de l’agglomé- ration, dans l’après-midi de dimanche, et ont appelé le reste de la population à manifester. Et n’était l’interposition des sages du village, la situation aurait pu dégénérer en émeute, affirme-t-on. Si- gnalons que les coupures d’électricité à Mila se font de plus en plus fréquentes depuis le début de l’été, mais d’habitude, elles ne durent jamais plus de deux heures de temps.

KAMEL BOUABDELLAH

ALORS QUE 27 LOCAUX COMMERCIAUX ONT ÉTÉ FERMÉS

Saisie de viandes avariées à Khenchela

D urant le mois de juillet qui coïncide avec le mois de Ramadhan, les brigades de

contrôle de la Direction du com- merce de la wilaya de Khenchela sont intervenues dans les 21 com- munes que compte la wilaya. On note dans ce cadre 533 interven- tions pour les pratiques commer- ciales, où 44 infractions ont été en- registrées avec 170 procès-ver- baux transmis à la justice, selon une

source bien informée. Les infrac- tions portent sur le défaut d'afficha- ge de prix, l’absence de registre du commerce et le défaut de factura- tion. Quant au contrôle de la qua- lité et de la répression des fraudes, les mêmes éléments ont effectué durant le 20 premiers jours du mois sacré, 456 interventions sui- vies de 126 contraventions. La bri- gade spécialisée dans la répression des fraudes a prononcé 27 ferme-

tures administratives de locaux de commerce pour diverses infrac- tions aux lois régissant l'activité commerciale, selon la même sour- ce. Bien que les infractions relevées restent aussi nombreuses que di- versifiées et concernent différents produits, les viandes et dérivés viennent, toutefois, en tête des marchandises suspectes, voire im- propres à la consommation. Selon notre source, le dernier bilan trans-

mis aux services du ministère du Commerce fait état de la saisie d’une importante quantité de vian- de blanche, viande rouge et de différents produits impropres à la consommation d'une valeur de plus de 600 millions de centimes. En sus, une marchandise d’une va- leur de 500 millions de centimes a été saisie par les mêmes services pour défaut de facturation.

Z. M.

20 L’Algérie profonde

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

L’Algérie profonde Mercredi 31 juillet 2013 LIBERTE BRÈVES de l’Ouest TRAFIC DE CARBURANT À AÏN

BRÈVES de l’Ouest

TRAFIC DE CARBURANT À AÏN TÉMOUCHENT

Les stations-services réfractaires seront sanctionnées

n La lutte implacable menée depuis

quelques jours dans la wilaya de Aïn Témouchent à l’encontre des hallaba est une réalité. Les résultats enregistrés avec la disparition très remarquée des chaînes interminables des automobilistes devant les stations-services sont là pour témoigner de cette volonté de main de fer affichée par les autorités locales, à la faveur de l’activation de l’instruction du gouvernement 05-06 du 23 août 2005 portant sur la lutte contre le trafic, en particulier celui du carburant, à travers l’application d’un arrêté signé par Mme le wali sommant l’ensemble des gérants des stations-services implantées dans la wilaya de plafonner la distribution du carburant à raison respectivement de 40 l, 70 l et 100 l pour les véhicules utilitaires et de tourisme, les microbus ainsi que les autocars et les camions. De leur côté, les hallaba doublent d’ingéniosité en se faisant servir dans plusieurs stations- services à hauteur de la quantité plafonnée par les autorités, pour en fin de compte se retrouver avec des réservoirs pleins, prêts à être déversés de l’autre côté de la frontière. Pour pouvoir suivre cette opération, une commission mixte, composée des représentants des services de sécurité, des douanes, des impôts, de la DAS, du commerce et de l’industrie, a été mise sur pied avec pour mission d’effectuer des contrôles inopinés à travers l’ensemble des stations-services et au niveau de tout endroit sensible suspecté ainsi qu’à travers le réseau routier avec l’utilisation de gros moyens techniques. Les gérants des stations- services surpris de violation des mesures exceptionnelles prises par les autorités de la wilaya seront sévèrement sanctionnés, allant des mesures préventives immédiates à celles répressives afin de parvenir à atteindre l’objectif tracé par le plan de lutte contre ce trafic. Dans son dernier communiqué de presse, la wilaya “se félicite des résultats enregistrés jusqu’à ce jour et qui sont visibles à l’œil nu à travers l’ensemble de la wilaya avec ce retour à la normale de la distribution du carburant, qui a vu disparaître la pénurie au niveau des différentes stations-services”.

M. LARADJ

BÉCHAR

L’éducation recrute

n L’opération de dépôt des dossiers pour la

participation au concours de recrutement dans le secteur de l’éducation à Béchar

s’est déroulée dans de bonnes conditions. En effet, 1741 dossiers de candidats à ce concours ont été déposés à la direction locale de l’éducation. Les dossiers sont répartis comme suit :

880 pour le cycle primaire, 511 pour le

moyen et 350 pour le secondaire. Ces candidats, qui sont tous titulaires d’une licence et plus, passeront un examen oral le 12 août prochain. Il est à rappeler que

cette année scolaire, la wilaya de Béchar, à l’instar des autres wilayas, a bénéficié de

184 postes budgétaires pour les

enseignants des différents cycles d’enseignement (primaire, moyen, secondaire).

R. R.

ORAN

Logements incessibles, la grande arnaque !

Le logement social est devenu une source d’enrichissement pour certains : “Vous bénéficiez d’un logement social gratuitement, et vous le revendez à 600 millions de centimes, voire plus selon la localité et le positionnement”.

Liberté
Liberté

L e secteur du logement vit une anarchie presque totale. Outre, les prix af- fichés qui donnent le tournis, surtout quand on sait que le SNMG ne

dépasse pas les 18 000 DA/mois, le statut d’incessible pose problème. En effet, des logements sociaux avec mention «incessible» en rouge pas- se d’une main à une autre sans que l’OPGI ne trouve à redire. “L’OPGI n’a pas les moyens de sévir contre les locataires indélicats. Le lo- gement est un dossier éminemment politique”, fait savoir un cadre, et de poursuivre : “Face à l’impunité affi- chée des pouvoirs publics à l’égard des revendeurs de logements avec un simple désistement rédigé par un écri- vain public ou une déclaration léga- lisée à la mairie, le marché du loge- ment est complètement gangréné par des courtiers sans scrupules.” Le logement social est devenu une source d’enrichissement pour cer- tains. “Vous bénéficiez d’un logement social gratuitement, et vous le reven-

dez à 600 millions de centimes, voire plus selon la localité et le positionne- ment”, rappelle un jeune avocat qui n’a pas hésité à soulever les nom- breuses affaires traitées par la justi- ce à propos de ce document nommé “désistement”. Le ministre de l’Habitat vient d’an- noncer l’interdiction de revendre son logement type LPP (logement promotionnel public) et AADL avant 10 ans. “C’est un coup d’épée dans l’eau. Depuis des années que le loge-

Le logement social est devenu une source d’enrichissement pour certains.

ment social est incessible mais la réa- lité sur le terrain est tout autre”, dou- te un bénéficiaire sur l’utilité de cet- te mesure. Le recul de l’Etat à cause de la crise de logement a encouragé les dépas- sements et les atteintes à la règle- mentation avec la complicité des élus locaux et des fonctionnaires corrompus. “Des familles construisent leurs ha- bitations sans permis de construire sans que les APC ne réagissent, et des

centaines de bénéficiaires ont vendu leur logement social puisque ils savent pertinemment que leurs fils ou leurs filles vont aussi bénéficier d’un loge- ment social ou aidé et aucune sanc- tion n’est envisageable à leur en- contre.” La solution ? “Aux pouvoirs publics d’appliquer les mesures prises contre les abus ou s’abstenir de lancer des me- naces irréalisables”, suggère un com- merçant.

NOUREDDINE BENABBOU

De la cocaïne dans une Renault Campus

n Travaillant sur informations, les éléments de la Brigade de recherches et d’investigations (BRI) de la Sûreté de la wilaya d’Oran ont intercepté, après filature, un véhicule de type Renault Campus, à son bord 3 suspects connus des services de police. Âgés entre 26 et 28 ans, ils étaient recherchés dans plusieurs affaires, dont association de malfaiteurs, vol avec violence et trafic de drogue. La fouille du véhicule a permis aux policiers de découvrir une quantité “importante” de cocaïne.

Les trois mis en cause ont été placés sous mandat de dépôt. Rappelons que ce n’est pas la première fois que de la cocaïne est découverte à Oran, même si son marché demeure strictement fermé, apanage exclusif d’initiés friqués. Au cours du premier semestre de cette année, plus de 217 g de cocaïne et 6,8 g d'héroïne ont été saisis sur le territoire national par les différents services de sécurité.

S. O.

SIDI BEL-ABBÈS

Reprise des travaux de réalisation du centre anticancéreux

À l’arrêt depuis plus de quatre années, et ac- cusant un énorme retard par rapport aux délais prévus de trente mois, les travaux

de réalisation du centre anticancéreux, dont l’inscription remonte à 2006, au titre du pro- gramme complémentaire de soutien au déve- loppement, ont été relancés, dimanche dernier, lors d’une cérémonie présidée par le wali. Découpée en huit lots, la réalisation du projet du centre en question a été confiée à deux entreprises privées locales qui ont réalisé et achevé les gros œuvres du projet, réalisant un taux de réalisation

global estimé à 50%. Cette phase a été suivie par le lancement d’un avis d’appel d’offres interna- tional pour la réalisation de diverses structures spécialisées, notamment les services de radio- thérapie, de réanimation, de curiethérapie, d’on- cologie, les blocs opératoires et pédagogiques, le laboratoire, la pharmacie, les bunkers et le res- taurant ainsi qu’un service de médecine nucléaire. Les travaux d’achèvement de cette seconde par- tie du projet ont été confiés à la filiale BTPH du Groupe Hasnaoui, en lot unique avec clés en main et sans équipements médicaux. “Il sera réceptionné

durant l’année 2014 et mettra ainsi un terme aux souffrances de nos malades qui attendent des ren- dez-vous de plus de 18 mois pour aller se soigner dans d’autres wilayas”, a déclaré la wali lors d’un point de presse. Par ailleurs, le parachèvement des travaux se conclura par un avis d’appel d’offres national et international pour l’acquisition et l’installation des équipements médicaux et autres qui seront sé- lectionnés par le comité médical national. Selon le directeur de wilaya de la santé, ce projet, d’un coût global de 5,8 milliards de dinars, sera doté

de 120 lits, extensible à 200 lits, et sera en mo- noblocs pour se conformer aux recommandations du ministère de la Santé. Conçu comme une structure multidisciplinaire spécialisée en can- cérologie, le centre anticancéreux de Sidi Bel-Ab- bès est en mesure de couvrir un bassin de po- pulation élargi aux wilayas limitrophes, et ce pour l’oncologie médicale et la radiothérapie. La struc- ture aura également pour mission d’assurer les opérations de dépistage précoce dans le cadre de la prévention contre le cancer.

A. BOUSMAHA

LIBERTE

Mercredi 31 juillet 2013

L’actualité en question

21

CONTRIBUTION

Tourner la page des divisions historiques du mouvement national

Dans cette contribution, Ali Agouni, un des derniers compagnons de lutte de Messali Hadj, revient à nouveau à la charge pour appeler à une réconciliation nationale qui tournerait aussi la page des divisions qui avaient surgi au moment du déclenchement de la Révolution, entre le FLN et le MNA.

À l'occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance de l'Al- gérie, Ali Agouni, ancien com- pagnon de Messali Hadj et res- ponsable du PPA, profite pour rendre un hommage à tous les

martyrs. “En ce grand jour historique de l'Algé-

rie, M. Ali Agouni présente ses vœux de bonheur, de prospérité, de paix, d'unité nationale, de

fraternité au peuple

algérien et à tous les moudjahidine qui ont donné le meilleur d’eux- mêmes pour arracher l’Indépendance de l’Algérie et rend un vibrant hommage et s'incline devant les martyrs morts pour l’Algérie quelle que soit leur opinion politique”. Le compagnon d’armes de Messali Hadj lance un vibrant appel aux autorités algériennes et à tous les hommes sages, épris de

paix, de justice et de bonté, de faire tout leur pos- sible et œuvrer pour que la réconciliation na- tionale devienne une réalité entre tous les Algé- riens, afin de construire une Algérie basée sur une véritable démocratie, la justice pour tous, la paix,

PAR ALI AGOUNI

la

fraternité, et l’écriture de la véritable Histoi-

re

de la Révolution algérienne.

Au passage, il souhaitera “un rapide rétablisse- ment et guérison du président de la République, Abdelaziz Bouteflika”, pour sa politique de ré- conciliation nationale qu’il considère, comme un des marqueurs de son action pisolithique depuis son retour au pouvoir. Ali Agouni remonte le temps pour évoquer des

rencontres, des anecdotes entre de grandes figures du mouvement national : “Si j'étais professeur, et j'avais le peuple algérien comme élève, je lui ferai

conjuguer le verbe organise-toi, organise-toi

million de fois dans tous les sens et dans tous les

temps”, rapporte t-il, mettant ainsi en relief le sou-

ci du père fondateur du mouvement national à

organiser le peuple algérien pour être en capa-

cité de se débarrasser du joug colonial. En 1951, Messali Hadj, de retour du pèlerinage

à La Mecque, arrive à Chantilly où il coordon-

ne l'activité de la délégation du MLTD auprès de

la délégation afro-asiatique durant la session de

l'ONU de décembre 1951 à Paris. Là, Messali

Hadj poursuit également la même activité qu'il

a entreprise au Caire auprès du monde arabo-is- lamique.

Messali Hadj a reçu Ben Youcef Benkhada pour l'informer de ses contacts avec la ligue arabe avec l'émir Abdelkrim El Khatabi et Azzem Pacha sur

la situation générale du peuple algérien, ses as-

pirations, et l'aide du monde arabo-islamique à

la Révolution algérienne.

Messali Hadj tenait à le retenir pour examiner les problèmes qui touchent à la Révolution algé- rienne et l'aide de la Ligue arabe, se souvient en- core Ali Agouni, qui rappelle aussi que Messali Hadj avait reçu Aït Ahmed Hocine avec Radjef Belkacem et de Rabah Fillali dans la forêt de Chantilly, avant son départ pour le Moyen- Orient. Messali Hadj avait mis au courant Aït Ahmed de tous les contacts et décisions prises en Arabie Saoudite et au Caire et aussi de l'installation de Mohamed Khider à la tête de la délégation du PPA/MLTD au Caire avec Chadli Mekki. Ali Agouni évoque une autre rencontre qui a eu lieu

le 18 janvier 1952.

Ce jour –là, Messali Hadj avait reçu tous les di- rigeants du mouvement nord-africain présents

à Paris pour examiner l'union intérieure et ex-

térieure de l'Afrique du Nord. Ont participé a cet-

te réunion du côté PPA/MTLD, Messali Hadj,

Hocine Lahouel, Ahmed Mezrana. L’UDMA était représentée par Boumendjel et Benadjila. Les Ulémas avaient comme délégués Cheik Kheïrreddine et Cheik Abbas. Mohamed Mas-

moudi, Habib Bourguiba étaient présents à cet-

te rencontre au nom du parti tunisien, le Neo

un

Zehani/Liberté
Zehani/Liberté

Destour, tandis que le Maroc était représenté par Bensouda, et Youssef Bensalem du parti Istiqlal. El-Miki Ennaciri, pour sa part représentait le Ma- roc Espagnol. C'est grâce à Messali Hadj que, pour la première fois tous les nationalistes maghrébins se sont réunis pour examiner la si- tuation dans les trois pays, estime Ali Agouni. Une reoncontre à la suite de laquelle Messali Hadj rejoindra Alger le 10 février 1952 après cinq mois

Les militants du PPA en Algérie sont

totalement engagés dans l'ALN, aux Aurès où leur chef Benboulaid se réclamait encore de Messali Hadj. C'est cette ALN qui a fait l’insurrection du 20 août 1955. C'est pourquoi Messali Hadj, au nom du PPA, a demandé une Constituante élue au suffrage universel, un Parlement algérien, un Président élu au suffrage universel et la parole au peuple algérien.”

d'une activité intense, débordante et concluan- te en Arabie Saoudite, en Égypte et à Chantilly auprès des délégations de l'ONU. D'ailleurs, les facilités, les dispositions et l'accueil qu’avait pu avoir la délégation du PPA au Caire, après le pas- sage de Messali Hadj, en témoignent. Avant la tenue du Congrès d'Hornu (Belgique), Mezrana arriva le 8 juillet à Genève ( Suisse) en mission pour s'entretenir avec Khider et Ben Bel- la des événements en Tunisie et au Maroc et la

Ali Agouni

volonté de Messali Hadj de poser le problème al- gérien dans le cadre du même combat pour la li- bération des trois pays d'Afrique du Nord (Al- gérie, Tunisie, Maroc). Le congrès PPA/MTLD organisé par Messali Hadj les 14,15,16 juillet 1954 s'est tenu dans une atmosphère révolutionnaire. La Révolution de- vait être déclenchée début janvier 1955, il y avait plus de 350 délégués venus de toutes les régions d'Algérie, de France et de Belgique. Un Conseil national révolutionnaire algérien (CNRA) s'est créé autour de Messali Hadj et qui tiendra sa pre- mière réunion le 15 août 1954 à Birkhadem ( Al- gérie). Au cours de cette réunion les tâches fu- rent déterminées aux responsables. Ahmed Mezrana et Abdellah Filali ont été char- gé d'aller au Caire pour expliquer à Mohamed Khider, Ben Bella et Aït Ahmed les décisions prises au Congrès et préparer avec eux l'action diplomatique. En 1953, Aït Ahmed, du Caire, écrit à Messali Hadj à l'occasion de son 55 e anniversaire pour lui manifester ses sympathies et son attachement et lui souhaiter un retour en Algérie afin de prendre les leviers du commandement du parti et le re- mettre sur sa vraie voie révolutionnaire pour me- ner le combat libérateur. Messali Hadj laissa des traces très profondes. Après la Toussaint rouge, le MTLD dénonça dans Alger Républicain la répression et les arrestations qu'il subit. Le 8 novembre 1954, Messali Hadj, dans une dé- pêche à l'agence AFP, appelle à la lutte armée contre le régime colonial. À l'ONU, l'interven- tion d'Abed Bouhafa et Moulay Merbah a été dé- terminante pour inscrire la question algérienne à l'ordre du jour. Les militants du PPA en Algérie sont totalement engagés dans l'ALN, aux Aurès où leur chef Ben- boulaid se réclamait encore de Messali Hadj. C'est cette ALN qui a fait l’insurrection du 20 août

1955. C'est pourquoi Messali Hadj, au nom du PPA, a demandé une Constituante élue au suf- frage universel, un Parlement algérien, un Pré- sident élu au suffrage universel et la parole au peuple algérien. M. Ali Agouni rappelle un fait historique qui lui tient à cœur : “J' ai été militant du PPA/MLTD où, avec fierté et courage pour le programme du Parti et de Messali Hadj qui ré- clamait l'Indépendance totale de l'Algérie, je dis- tribuais des tracts, j’écrivais sur les murs, les ponts, les routes : l'Algérie libre vaincra, Vive l’Indé- pendance de l’Algérie, libérez Messali Hadj, je ven- dais clandestinement le journal L’Algérie libre et j'étais alors convaincu que le PPA uni pouvait me- ner le peuple algérien à la révolution armée contre le colonialisme”. Ali Agouni se souvient en- core : “À la fin de l'année 1955, sous les ordres de mon responsable Mouaci Hocine Benkadeur,

Le compagnon d’armes de Messali

Hadj lance un vibrant appel aux autorités algériennes et à tous les hommes sages, épris de paix, de justice et de bonté, de faire tout leur possible et œuvrer pour que la réconciliation nationale devienne une réalité entre tous les Algériens, afin de construire une Algérie basée sur une véritable démocratie, la justice pour tous, la paix, la fraternité, et l’écriture de la véritable Histoire de la Révolution algérienne.”

que Dieu ait son âme au Paradis, j’étais envoyé avec un groupe de jeunes au maquis. Nous avions rencontré, la nuit de notre départ, le responsable du parti Rabah Ben Rabah, Abdelkader Benafa- la et d'autres. Nous étions sous les ordres de Si Ra- bah Tebessi, nous avions été aux djebels Bouzeg- za, Tablat, Sakamody et Hammam Melouane”. Puis, de poursuivre son témoignage : “Le mois de mars 1956, c'est là que j'ai appris la nouvelle foudroyante d’une division au sein de l'ALN. Qu'il y a deux tendances, une qui suit le MNA de Mes- sali Hadj, et l'autre le FLN. La Révolution est di- visée, et au douar Beni Misra où nous étions, nous recevons la visite de Abane Ramdane, Krim Bel- kacem, Ouamrane, le colonel Si Sadek. Abane Ramdane s'adresse à nous en nous disant qu'ils ne sont plus d'accord avec Messali Hadj”. À l’annonce de cette nouvelle, stupéfiante pour lui, Ali Agouni, alors âgé de 17 ans, interroge à nou- veau le leader de la Révolution : “Pourquoi cet- te division ? Nous avions un seul ennemi : le co- lonialisme, nous avions un seul but : arracher l’In- dépendance de l’Algérie. Pourquoi ne pas s'unir et combattre tous ensemble unis et quand on ar- rache l’Indépendance on donne la parole au peuple algérien pour choisir ses représentants car la division de la Révolution est néfaste”. “C’est pour cela que j'appelle au plus profond de mon cœur pour une réconciliation nationale, une véritable justice, une véritable démocratie”. Enfin, le com- pagnon de Messali Hadj, a profité de la célébra- tion du 51 e anniversaire de la Révolution pour ré- clamer “L’agrément du PPA et la reconnaissan- ce de tous les valeureux moudjahidine tombés au champ d'honneur contre le colonialisme et de tous les militants qui ont suivi le père du Nationalis- me algérien, Messali Hadj”.

A. A.

22

Des

Gens

& des Faits

Mercredi 31 juillet 2013

LIBERTE

Vous écrivez des histoires et aimeriez les faire publier. Envoyez-les-nous à l’adresse suivante : libertehistoires@gmail.com. Si après sélection, elles retiennent l’attention de la rédaction, elles seront publiées.

CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE Récit de Adila Katia

76 e partie
76 e partie

Pour toi

Résumé : L’inspecteur poursuit son enquête au sein de la clinique. Les agents de sécurité ne se souviennent pas d’elle. La réceptionniste voit tellement de femmes qu’elle n’est pas sûre de pouvoir l’aider. Elle l’oriente vers la pharmacie interne qui possède un fichier des patients qui s’approvisionnent chez eux. La pharmacienne possè- de une fiche au nom de Fouzia. Elle a été suivie médica- lement pendant quinze ans. La fiche est ancienne. L’inspecteur commence à douter, se demandant où est la vérité ?

- Vous travaillez ici, depuis quand ?, in- terroge-t-il la pharmacienne qui pré- parait des médicaments dans des sa- chets.

- Dix ans, répond-elle. Pourquoi ?

- Connaissez-vous bien Dr Kamel ?

- Non, je travaille seulement pour

lui… Pourquoi ?

- J’enquête sur lui et cette patiente.

D’après elle, ils auraient eu une relation pendant des années ! La pharmacienne hausse les épaules.

- Qui sait ?

- Pouvez-vous me la décrire ?

La pharmacienne la décrit grande,

teint et yeux clairs. Quant à la couleur de ces cheveux, elle l’a vue en blonde, en rousse et en châtain foncé.

- Malgré le miracle des teintes qui

transforme complètement la person- ne, saurez-vous la reconnaître ?

L’inspecteur lui montre la photo de Fouzia et la voit froncer des sourcils, une légère moue aux lèvres.

- Je ne sais pas si c’est elle ou c’est une

femme qui lui ressemble beaucoup !

Mais ça pourrait être elle !

-Merci… Il garde la fiche et retourne auprès de

l’assistante qui a vidé tous les tiroirs. Des centaines de dossiers sont empi-

lés sur le bureau, sur son fauteuil et sur le meuble de la photocopieuse.

- Je ne comprends pas, dit-elle. C’est la

première fois que cela m’arrive ! Jamais je n’ai égaré de dossiers avant aujour-

d’hui ! J’espère qu’il est chez le docteur !

- Je l’espère…

- Il arrive !

Depuis la fenêtre de son bureau, elle l’a aperçu dans sa voiture. Il se gare tou-

jours au même endroit. En face de leurs

bureaux. L’inspecteur s’approche de la fenêtre et le regarde descendre de sa voiture, prendre son cartable et des journaux avant de fermer. Il le perd de vue à son entrée dans la clinique. Il prend tout son temps pour venir à son bureau. Quand il arrive enfin, il n’est pas sur- pris de trouver l’inspecteur. Les agents de sécurité l’ont avisé de sa présence.

- Bonjour !, leur dit-il avant de de- mander à son assistante :

- Combien de malades aujourd’hui ?

- Une dizaine…

- Pardon de perturber votre pro-

gramme, l’interrompt l’inspecteur, mais je suis votre premier rendez- vous ! J’ai des questions à vous poser ! Vous verrez vos malades après ! D’ailleurs, c’est pour parler de l’une

d’elles ! Fouzia… Votre assistante ne re-

trouve pas le dossier ! L’avez-vous pris ?

- Oui, j’en avais besoin ! Allons dans

mon bureau, nous y serons plus à l’ai- se…

L’inspecteur l’y suit. Le psychiatre de re- nom a retiré sa veste et l’a accrochée à un portemanteau, dans le coin du bu- reau.

- Du café ?, propose-t-il.

- Non…

L’inspecteur va s’asseoir sur le divan, un sourire ironique au coin de la bouche.

- C’est ici que vos malades se livrent à

vous…Mais aujourd’hui, c’est moi qui vais vous écouter, dit-il. Parlez-moi de Fouzia…

(À suivre)

A. K.

Dessin/Amouri
Dessin/Amouri

adilaliberte@yahoo.fr :

VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS.

: VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS. 45 e partie Récit de Yasmina Hanane

45 e partie

Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

e partie Récit de Yasmina Hanane Le vent de l’été Dessin/Amouri Résumé : Offusqué par la
Dessin/Amouri
Dessin/Amouri

Résumé : Offusqué par la proposition de Nacéra, Djamel lui demande s’il comptait pour elle. Il avait deviné qu’el- le était très attachée à lui, voire amoureuse… Ce qui l’arrangeait, car il nourrissait les mêmes sentiments envers elle. Déroutée par cette vérité, Nacéra ne savait plus quoi penser… Djamel lui parle de mariage ! Avait- elle bien entendu ?

Elle voulut lui répondre, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Alors il poursuit :

-Oui. Je le conçois… Tu es surprise, et tu vas me dire qu’on ne se connaît pas assez pour un tel projet… Tu viens tout de même de dire une vérité : nous ne

sommes pas de la prime jeunesse… Le temps file entre nos doigts… Pourquoi rallonger l’attente ? -Tu veux… Tu veux te marier tout de suite ? -Si tu n’y vois pas d’inconvénient… Mais je suppose que tu aimerais d’abord organiser ce défilé de mode. Cela te laissera un temps pour réfléchir et prendre une décision. Je n’aimerais pas du tout te bousculer. Nacéra se dit que cette journée mar- quera à jamais son esprit. Elle avait ac- cepté cette sortie avec Djamel, afin de prendre un bol d’air et de se détendre. Parler de ses projets ne l’avait pas dé- rangé, mais se voir demander en ma- riage au moment où elle n’attendait plus un tel événement dans sa vie Elle relève les yeux et comprit que Dja- mel attendait sa réponse :

vais réfléchir à ta proposition…

-Je

Ce défilé de mode va occuper tout mon temps, et les prochains jours ne seront pas de tout repos… Je pense qu’il se- rait plus sage pour nous deux d’attendre la fin de cet événement. -Bien… Alors… Disons qu’à compter de cette semaine, nous devrions nous atteler sans relâche aux préparatifs et aux menus détails de ce défilé… Tu de- vrais donner des instructions à tes ou- vrières afin que tout soit prêt le jour J. Je sens que cela sera un succès. Nacéra ferme encore les yeux. Cet homme avait le don de mettre tous ses sens en alerte. Elle ne connaissait en- core pas grand-chose de lui, et lui non plus d’elle. Et pourtant, elle le sentait si proche et si amoureux, qu’elle n’aurait

pas hésité à le suivre au bout du mon- de. Ils revinrent en ville, et Nacéra eut l’im- pression qu’elle venait de vivre en quelques heures ce qu’elle n’a pu vivre durant toute sa vie. Elle demande à Djamel de la déposer devant son atelier, qui ne se trouvait pas trop loin de la maison. Il lui demande s’il pouvait entrer pour visiter. Mais elle refuse gentiment, ar- guant qu’il était un peu tard, et qu’el- le n’était passée que pour récupérer des tissus et quelques tenues qu’elle devait terminer rapidement. Il n’insista pas. Mais au moment où elle allait descendre du véhicule, il lui re- tint le bras :

-Tu réfléchiras à ma proposition, n’est- ce pas ? Elle tente de se dégager mais il ne vou- lut pas lâcher prise. -Voyons Djamel, quelqu’un pourrait nous voir, tu oublies que nous sommes dans mon quartier. Il hausse les épaules :

-Je veux avoir une réponse à ma ques- tion. Elle hoche la tête :

-Bien sûr que je vais y réfléchir. Je crois que nous avons déjà assez discuté sur le sujet. Il relâche son bras et sourit :

-Je voulais juste être sûr que je ne rê- vais pas. Elle descend du véhicule et referme la porte avant de se pencher pour lancer par la vitre :

-Tu ne rêves pas et moi non plus. Et si c’est le cas, faisons en sorte que le rêve continue. Il sourit, et elle lui fait un signe de la main avant de le quitter en courant. Elle pénètre dans son atelier et re- marque tout de suite que quelques ou- vrières se trouvaient encore là malgré l’heure tardive. Des retouches de der-

nière minute, des essayages à faire ou des tenues à remettre aux clientes qui ne peuvent se présenter qu’en fin de journée les retiennent. Nacéra avance d’un pas ferme à travers les machines alignées sur sa gauche et les tables de coupe qui se trouvaient sur sa droite. Elle huma d’un air coutumier l’odeur si familière des tissus et des vêtements fraîchement repassés. Ici, c’était son monde à elle. Un univers qu’elle avait édifié avec courage, volonté et abnégation. Que de nuits blanches passées à faire la coupe ou à travailler sur sa machine à coudre, avant de pou- voir enfin s’offrir cet atelier ! Son père certes l’avait aidée en lui fournissant le premier matériel de base. Mais cela n’avait pas suffi, vu que les commandes allaient crescendo. Elle avait alors pensé à contracter des prêts bancaires pour des investissements sûrs et à long terme. Les années sont passées. Sa jeunesse aussi. Mais ses projets pro- fessionnels avaient rapidement et considérablement progressé. Aujour- d’hui, elle se retrouve à la tête d’une af- faire qui lui rapportait assez pour vivre sinon à l’aise, du moins à l’abri du besoin. Elle vit une des ouvrières s’avancer vers elle et sourit en reconnaissant une des plus anciennes de ses modélistes. -Salut Nabila… Désolée si je viens un peu tard, mais je passais dans le coin et j’ai voulu jeter un coup d’œil… Question de voir si tout allait bien. -Tout va bien… Nous sommes enco- re là pour remettre quelques tenues et terminer des commandes urgentes…

(À suivre)

Y. H.

y_hananedz@yahoo.fr :

VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS.

Sudoku N° 1418 : PAR FOUAD K. Comment jouer ? Le sudoku est une grille
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Sudoku

N° 1418 : PAR FOUAD K.