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des allergies printanières

Enfin les beaux jours ! Les arbres bourgeonnent, les graminées fleurissent :
pour les 15 à 20 % d'adultes allergiques aux pollens, c'est aussi le début des
misères... Le Dr Pierrick Hordé (1), allergologue, fait le point sur les allergies de
printemps.

Qui sont les grands responsables des allergies printanières ?

Les allergies de mars-avril concernent avant tout des allergies aux pollens. C'est la
période de floraison, de pollinisation de différentes espèces végétales : bouleau,
frêne, chêne, platane, saule et graminées dans l'Ouest par exemple. Parfois, au début
de l'été, on voit aussi quelques allergies aux moisissures atmosphériques. Selon les
régions et les années, toutes ces allergies arrivent plus ou moins tôt.

Peuvent-elles apparaître à l'âge adulte ?

Oui : la sensibilisation aux pollens peut prendre des années et la première réaction
allergique peut survenir à tout âge. De plus, il y a aujourd'hui une telle quantité de
pollens dans l'air que certaines personnes n'ayant jamais eu d'allergie commencent à
être touchées. On parle de « pollution pollinique » ou « pollution verte ».
Pourquoi y a-t-il de plus en plus de pollens et d'allergies ?

En 10-20 ans, les allergies aux pollens ont doublé. D'abord, avec le réchauffement
climatique, les saisons sont de plus en plus précoces et longues. Petit à petit, en
France, le paysage des pollens change car les plantes se développent dans des
conditions plus agréables. On retrouve désormais au Nord des pollens habituellement
présents dans le Sud : l'ambroisie et le cyprès commencent ainsi à arriver dans le
Grand Ouest. La deuxième raison est la pollution atmosphérique : les polluants se
combinent aux pollens et aggravent la réaction allergique. Enfin, on voit aujourd'hui
les conséquences des plantations d'arbres d'il y a 20 à 30 ans, quand les
municipalités et les particuliers ne connaissaient pas le pouvoir allergisant des
bouleaux et cyprès par exemple.

Si on ne traite pas l'allergie, peut-elle devenir grave ?


D'année en année, les allergies aux pollens ont plutôt tendance à s'aggraver qu'à
disparaître, notamment à cause de l'augmentation de la quantité de pollens. Les
symptômes peuvent durer plus longtemps, un asthme peut apparaître ou s'aggraver.
Cet asthme est souvent méconnu car les crises se limitent parfois à de la toux.
Pourtant, de très petits pollens comme ceux du bouleau se faufilent jusqu'aux
bronches et peuvent déclencher des crises d'asthme.

Quels sont les traitements ?

Pour réduire les symptômes, il existe des traitements locaux (sérum physiologique,
collyres, sprays anti-inflammatoires) et différents antihistaminiques. S'ils ne suffisent
pas, on prescrit des comprimés de corticoïdes pendant quelques jours, voire des
antibiotiques en cas de surinfection et les traitements de l'asthme lorsque celui-ci
existe. Enfin, une désensibilisation est possible.

Quand opter pour la désensibilisation ?

A priori, elle s'adresse plutôt à des personnes gênées depuis plusieurs années par une
allergie ayant tendance à s'aggraver. Elle est réalisée par l'allergologue après le
diagnostic, l'identification des pollens responsables de l'allergie et en fonction de la
gêne, des tests cutanés et de la prise de sang. On administre l'allergène quelques
mois par an pendant 3 à 5 ans, généralement sous forme de gouttes sous la langue.
Le traitement est bien toléré, remboursé et amène 60 à 70 % d'amélioration : il
empêche l'aggravation des manifestations et l'apparition d'un asthme.
Antihistaminiques et désensibilisation ne sont pas incompatibles ; lors des pics
polliniques, mieux vaut renforcer les traitements locaux.