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Est-il raisonnable d'avoir une religion ? et laquelle ? / par le Dr L. Pascault
Est-il raisonnable d'avoir une religion ? et laquelle ? / par le Dr L. Pascault

Est-il raisonnable d'avoir une religion ? et laquelle ? / par le Dr L. Pascault

Pascault, Louis. Est-il raisonnable d'avoir une religion ? et laquelle ? / par le Dr
Pascault, Louis. Est-il raisonnable d'avoir une religion ? et laquelle ? / par le Dr

Pascault, Louis. Est-il raisonnable d'avoir une religion ? et laquelle ? / par le Dr L. Pascault. 1913.

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DEBUT

D'UNE

SERIE

OE DOCUMENTS

EN COULEUR

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FIN

D'UNC

SERIE

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OOCUMENTS

EN COULEUR

QUESTIONS

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~'at~rM~

Mf~a?

F~~M~? PAR Le D~L,PASCAULT

«.L'ignpraQtn'hësiterapas

àtQutnier.Lesavetntate

droitet)ecouragedetout

crotre,)'J.-B.CuMAs.

?~

~)

1 G1

6~

PARIS

LIBRAIRIE

7,

P~ACE

BLOUD

&

C'~

SAINT-SULPIÇE:,

7

ET 3,

RUE PEROU,

6,

RUE DU CANIVET

t9t3

Reproduçtiot!

et Traductjott

interdites

AVANT-PROPOS

Le besoin

de croire

sentiment

moins

est obscur,

vouloir

croire.

hommes,

époqu3,

étourdis

s'enlisent,

par

sans

est

et,

inné

pour

chez

croire,

l'homme.

il

faut

Mais

tout

ce

au

des

la

l a plupart

plupart

fiévreuse

souvent,

de

de notre

notre

d a n s

dans

Aujourd'hui,

l'existence

y penser

le plus

une pitoyable

nous

Pourtant,

indifférence.

été de ceux-là.

dans

le

Pendant

de la

vie,

admiré

de

à

les

ceux

mettre

De

plus

qui,

plus,

nous

de trente

avions

d'accord

ans

fré-

avons

cours

et

nous

hautes

quemment

morales

leur

conduite

profession

maintes

remarqué

des catholiques,

qualités

leur

par

dans

la

plus

connaissant

de

religion,

avec

s'appliquent

leurs

convictions.

foncièrement

courage

de

joie

a mille

à rechercher

appelé

avions,

frappé

ou

à voir

circonstances,

des

esprits

de leur

mort

avec

lors

môme

enfin

tant

souffrir

d'un

quelle

vrai

qu'il

et mourir,

été

nos

un

vivement

amis

en

croyant

raisons

de

patience

exactement

leurs.

chrétiens,

face

bien

des

pires

dou-

cher,

en

nous

peut

quitter

de

le regretter,

notre

propre

de

vertus

agis-

ce

La

montrant

monda,

nous

compte

santes,

décida

cette

de

pour

foi génératrice

de vaillance

tant

et de consolations.

Abandonnant

pour quelque

temps

nos travaux

habi-

tuels,

impartial

apprise

étude,

que

estiment

quefois, Les éléments

tirés

nous

nous

entreprîmes

et approfondi

notre

de soumettre

les fondements

à

de

un

examen

la religion

de

en

cette

jeu,

qui

» quel-

partie

Raison

dans

où seule

enfance.

C'est

raisonnante

le résumé

fut

la raison

aux

mise

lecteurs

livrons

méditations

et sage

des

utile

et de

à l'homme

chercher

de ce

du

de

« penser

ses

la vérité

travail

P.

sur

destinées.

grande

Foi

et

ont

été en

de l'ouvrage

VALVEKENS,

4

('Retaux,

édit.,

Paris,

AVANT-PROPOS

1904).

Ce

livre

étant

mainte-

nant

désireuses

lerons

difficile

à se procurer de s'éclairer

de

in-18

lecture

en librairie,

plus complètement,

Abbé

par

un

ordre

vol.

Croire,

(Poussielgue,

personnes nous conseil- DE GiBERCuss 8° Mou-

aux

1906).

LARD

in-16

lique,

et VINCENT

(Bloud,

1910).

un

vol.

in-16

)a. rédaction

entre

Apologétique

chrétienne

1911).

nous

 

(1),

un

vol.

La

Foi

catho-

avons

aussi

L'Église

BRASSAC

1908).

3° H. LESÊTRE

travail,

(Lecoffre,

(Roger

(Beauschesne,

de

ce

ouvrages

Pour

consulté,

naissante

~fa~Me~ biblique,

autres

BATIFFOL

1909).

et le catholicisme

t. III

et Chernoviz

Abbô

GAYRAUD

 

J.

GUIRAUD

(Beauchesne,

La ~o:~eca'K~a!rc!soR(B!oud,1906).

77M<o!e

pay~M~e P. MoNSABRÉ

Histoire

Exposition

1911).

vraie

du

Dogme

catholique

Dictionnaire

de

la

naire

de Théologie

Carèmes

Bible,

catholique,

de

1874,

de VIGOUROUX, de VACANT.

1875,

etc.

et Diction-

(1) Apologétique;

démonstration

r'.isonnëe

des motifs de croire.

CONSIDÉRATIONS

PHILOSOPHIE

PRÉLIMINAIRES

OU

RELIGION

?

«Aimez

autant

que

votre

vous aimez

vanité,

votre

votre

la vérité

santé,

liberté,

votre

plaisir,votrefantaisie,

et vous

la trouverez, FÉNBLON.

»

Le besoin

de croire

L'incrédule

lui-même

foi dans

le système

lequel

il s'appuie

s'atteste

toujours

on trouve

pour

par l'universalité

existe

a au

chez

moins

tous

une

rien

religieux

les hommes

(2).

Ce

(1).

il a

sur

besoin

et

croyance ou d'indifférence

a

de négation

ne

croire

du

des prêtres,

fait

partout

des temples,

des autels,

des sacrifices.

jours

n'a

Bien

momentanément

plus,

«

pas

une

triomphé

doctrine

de

la

en

nos

religion

se donnant

qu'en gion a (Brunetière). défini Aristote

à elle-même

L'homme

un animal

l'apparence

est

religieux.

donc

d'une

bien,comme

reli-

l'a

La

raison

de

ce sentiment

de l'humanité

si profondément

ancré

dans

le

cœur

ce est naturellement

dans

fait

que,

pour

amené

peu

est vraisemblablement l'homme

réfléchisse,

d'où

que à se demander

il vient,

il

où

il va,

D'cù

pourquoi

il vient

? Il

il est

peut

sur

cette

se répondre

terre.

peu m'importe.

(t) D'après

l'abbé

d après !e fond de notre

bien souvent

M GiBERGUES

Cyo&'e, p. 116 et suiv.

que nous mais ajouté ou retranché

avons

sans en

Si le motif

Par

ce

un

la

mot «

ouvrage

forme;

que

(2) On peut douter

n'est

quelque raisonnement

peut douter

certain.

Foi devant

nous

vertu

voulons dire

pris dans

respecter

argumentation,

même nous avons

de tout, mais

il est sans

à l'auteur

du doute

par

l'on

que

nous citons.

comment

pas raisonné,

en

valeur.

S'U est tiré

informa,

de la raison

plus ou moins

on conclut

d'un raisonnement

que l'on accepte

comme

C'est d'une

logique plutôt discutabte.

p. 175.)

(Abbé GAYRAUD La

la Raison,

6

CONSIDÉRATIONS

PRÉLIMINAIRES

Mais

où il

va exige

delà

est inquiétante,

l'idée

que

nous

mort

dépend

se sont

De

une solution.

même

faisons

pour

de

de notre

cette

en principe

ou une

religion.

pas

le fait,

L'ignorance

vie.

inconnue,

de

l'au-

». De

la

im-

a

un

notre

« esprit

« esprit

destinée

destinée

Il

y a

fort

après

donc

et c'est

nous la conduite à résoudre

appliquées

donc

prime

portance

quoi

Nous poserons ou une philosophie La philosophie

choisir?

tourne

qu'il

questions

de saisir

est incapable,

toutes

vie

variations

torturé

dans

pratique

la philosophie

que

il

la religion. faut à ~AomMe

et

affirme;

qui

laquelle

réfléchit

se

il en

revient,

à

toutes

lors-

les

raison

de

vérités,

permet

de

elle

sur

la

ont

a

nous

le droit

raisonne;

la religion

l'homme

Souvent

abord,

n'a

Par

vers la philosophie.

qu'elle

s'aperçoit

qu'il

celles

repos

réponse

si la

se pose. un certain

à elle

seule,

clairement

qui

nombre

de donner

une certitude

sont nécessaires

au règlement De là les incessantes

doutes

qui

le désarroi

elle

religieuse

a

et au

de l'esprit

humain.

de la philosophie

de grandes

sincères.

Tout

multiples.

de là les

tant

les âmes

intelligences

comme

et jeté

la philosophie,

doctrine

Logiquement

qu'elle

Reste

revêtu

faut-il

devons

la religion.

des formes

donc

donner

répondre

A quelle

prouve

la préférence

à celle

qui

d'affirmer.

preuves.

outre

principes

qu'on

Le

L'esprit

Christianisme

positif

qui

prétend

posséder

demande

dans

ces

en

ses

du

de notre

siècle

au

une religion

le raisonne,

se raisonne,

nous

proclamant

»

Dieu

(le

Dieu

unique

des

par

moins

fondamentaux.

si

le

Le

en croyons solennellement

Christianisme

accepte une décision

ne

naturelles

de l'univers)

Concile

quelqu'un

Créateur

être

de

créées

qu'il

la

~du Vatican

dit

et

que

Maître

aoec

« Si

notre

peut

gM'/<

nous

a

et véritable,

chrétiens),

choses

connu

certitude

les lumières

raison

(par

humaine,

au

raisonné

des

des choses

moyen

l'examen

soit anathème.

Puisque

le Christianisme

o:fre

des

preuves

de sa

de nous

une adhésion

nons-le

donc

d'un

faire.

peu

véracité,

aveugle

près;

et puisqu'il

a ses

doctrines,

n'exige

pas

exami-

c'est

ce que

nous

allons

CONStDÉRATIONS

PRÉLIMINAIRES

7

Mais

auparavant

il importe

de déterminer

les

mé-

thodes

genre

qu'il

pour

convient

en obtenir

d'employer

les résultats

dans

les

Saints, Les méthodes

applicables.

en

ont

une

étude

de

ce

plus a le drott dans

probants.

d'affirmer

l'Ancien

Les preuves

leur

que le Christianisme

dans

les Livres

sont contenues

le Nouveau

torique

plus

et

his-

Testament.

sont

de la critique Nous démontrerons

subi l'épreuve

donc

loin (chap.n)

qu'elles

victo-

rieusement.

Le Christianisme,

Nous

sonne.

allons

d'autre

part,

donc

le juger

admet

qu'on par le raisonnement

le rai-

et,

ne point

nous égarer,

ou d'identité,

vraies

nous baserons

autant

pour

sible nos raisonnements

nécessairement

que

pos-

de

peut

sur

les principes les principes à deux vertu

sur

en

qui s'imposent

d'évidence.

1° Principe

on ne

à

l'esprit,

se ramènent

Ces

principes

contradiction

accepter

duquel

qui

comme

2° Principe

duquel

les choses

absurdes, ou de raison ce

tout

contradic-

suffisante,

commence

toires

en

de causalité

que

vertu

on affirme

d'exister

s'exprime

cause,–ajoutons,

c'est-a-dire

produit,

Comme

ou

chez

tout

ce

par

qui

arrive

tout

a une

connue

cause.

pas

Ce principe

d'effet

sans

suffisante,

égale

à l'effet

du moins.

est

aussi

la formule

sans

cause

proportionnée,

ne

au

peut

moins

sortir

la notion

le prouve

des

Nous

choses.

supérieure

que

ou

le plus

attendu

le besoin

l'homme

instant

à

de croire,

l'enfant

de causalité

en demandant

Elle s'impose

donc

des

aux

innée

à chaque

naturellement

pas,

principes et du Christianisme

ie pourquoi

l'esprit

(1).

n'insisterons

et passerons

immédiatement

à l'application

d'évidence

à l'examen

en particulier.

de causalité

certains

de la religion

paraisse

en général

(1~ Bien que le principe

da plus grand nombre,

incontestable

philosophes subtits ont essayé

par

le ptmcipe de contradic-

yeux de le nier.

Or, il est facile de le vérifier

tion.

V~ici

Ce qui commence d'exister Ce qu'il reçoit,

pas de tui-mème,

Donc

il lareçoitd'un

d'une manière

(Dictionnaire

par

quel

raisonnement

reçoit quelque

chose ou de lui-même

Cette existence,

il ne

ou

il

peut

se

d'un autre.

c'est l'être,

l'existence.

L'effet,

catholique,

ne la reçoit

rien

se

donner.

lie à la cause

dans

l'absurde

car, n'existant

autre.

pas encore,

par

conséquent,

logique, nécessaire.

de

Théologie

Le nier, c'est tomber

fascic.

XVI,

art. Canse,

par A. CHOLLET, page 203t).

EST-IL

RAISONNABLE

D'AVOIR

UNE

RELIGION

9

IL

EST

D'ADMETTRE

1

RAISONNABLE

UNE

RELIGION

La

rattache

discuter,

Les

rappor!

suivantes:

nature,

religion

(de religare,

à

relier)

étant

le

avant

lien

l'homme

d'étudier

multiples

à Dieu,

Dieu,

il convient,

l'homme

séparément

A.

questions

et Dieu.

se

DIEU

qu'on

se ramener

peut

poser

aux

peuvent

toutes

de

qui

la

par

deux

quels

Dieu

sont

existe-t-il?

ses attributs

S'il

g

existe,

quelle

est

sa

PREUVES

DE

L'EXISTENCE

DE

DIEU

Quelle

vers,

lors

que

soit

même

la conception

que

l'on suppose

qu'on

que

se fasse

de l'uni-

tout

ce qui

existe

actuellement

sans

matière,

vie,

Peut-on

même

causalité.

dérive

première de se demander la « matière

que

d'une

matière

informe

et

on est

d'où

obligé

d'où

vient

cette

s'est

créée

elle-

au principe se créer

pour

de

que

vient

a (1).

admettre

la matière est contraire dit

sens

nous

? Cette

hypothèse

Le simple

bon

soi-même,

n'existait

il

pas;

faut

donc

exister;

elle

n'a

or,

pas

avant

d'être, pu se créer

la matière

elle-même.

art. (1) D'après Création,

le

Z)t<*<t<Mna&'e de Théologie catholique, fascic. XXtV, par H.

PtNARD.

10

EST-IL

RAISONNABLE

D~A~OIR

UNE

RELIGION

A-t-elle

existé

singulier

de voir

c o m m e n c e m e n t ,

commencement,

de

cette

avoir

toute

matière

une

fin.

éternité?

II est

qui

Or,

n'aurait

elle paraît

au moins

pas

bien

eu

de

avoir

une

certaines

démontrent,

dérée

fin.

Les découvertes

substances

en

effet,

récentes

sur

les Gmanations

jusqu'ici

de

(radium,

que

être

uranium,

iridium.)

consi-

au

con-

!es

la matière,

se

et disparatt

que

tout

comme

d'une

(G.

perd

Le

indestructible,

continue

ne

De

que

rien

désagrège

traire

façon

Bon).

rien

un peu

tous

axiome

« Rien

», doit

celui-c~

par

finalement

tout

le

monde

aient

possédassent

le

d'être,

Or,

comme

la

un

raison-

prouve

évolué,

nébu-

il est

ici,

jamais

En

de

effet,

jours

ne se

très

« Tout

se perd.

sorte

se crée

le vieil

se transforme

et

qu'ils

vraisemblablement

se transforme

»

pour

remplacé

crée

ne se

matière

leur

la

il eût

D'ailleurs,

existé

en eux-mêmes

de toute

fallu

raison

éternité,

leur

cause, de l'immanence.

ne pouvons

le monde

l'état

des

prétend

nement

la

que

que,

serait

leuse

s'il

en

toujours

qu'il

fut

doctrine

nous

était

qu'esquisser

n'aurait

chaotique

(1).

ainsi,

resté dans

à l'origine

temps

illogique

d'être,

puisse

étudierons

d'admettre

autrement

changer.

la. nature

La matiéredonc

de

toute

éternité.

que

dit

Nous

ce

ce

qui

qui

porte

existe

le démontrerons

de Dieu,

(p.

J6).

en

par

soi

sa

soi,

lorsque

n'a pu nisecréereHe-meme,ni

Reste

une troisième

et dernière

raison

doive

et

nous

exister

façon

d'expliquer

supérieur

son existence

à elle.

Parmi

elle

a été

créée

les nombreuses

par

un

preuves

être

qui

en

Voltaire,

son

un

ont

été données,

parce

qui

existe

de

être

tous

cet

nous

les

être

est

citerons

la

plus

seulement

facile

celle

de

qu'elle

de AMopA~s~Me

à saisir.

dit

Dans

y a

~Mt

le

Traité

Etre

saurait

(2), Voltaire

que

lui

« qu'il

e~

matériel

que

ni

? »

nécessairement

autres;

par lui-même

le monde

sont

parce

est l'origine

ne

mouvement,

nécessaire.

ne

ni l'intelligence

essentiels.

(1) Voir

Mgr d'HaLST

Con/grences

de JVo~e-Dame,'

Carême

de 1891, p. 119 et note 24 à la fin du vol., et Carême

et notes

de 1892, p. 24

4, 5.

(2) Œ'Me/'M complètes,

t. XXIV, pp. 10, 11 (édit. Plancher,

1818).

EST-!L

RAISONNABLE

D'AVOIR

UNE

RELIGION

11

Remarquons

un

incidemment

que

s'il

r i e n ~ ' e - C M ~ ,

rien ~'e-CM~,

nous

rien

oblige

peut-t-il

matériel

ce que

serait

s'il

n'existe

car

existe

un

n'y

pas

s'il

au

un

moins

être

fut

à reconnaître

s'il

nécessaire,

temps

ou rien

n'était,

la raison

que jamais

rien

ne sera

de

chose

que

rien?

Or,

le monde

essaie

avait

donc

pas

de concevoir

d'êtres

sortir

fait,

autre

« Qu'on

n'y

pas

un phénomène,

avait

d'existences

Mais

mouvement,

L'expérience

absolument

(1).

revenons

»

à la preuve n'e~t

proposée

dit-il,

nous

incapable

essentiel

pas

apprend,

en effet,

de se mouvoir

par Voltaire.

que

tant

à

la

matière.

la matière

qu'elle

n'y

Le

est

est

pas

Si même,

poussée

une

force

indépendante

nées

d'elle-même.

on veut

par

adoptant

des théories

qu'une

d'hier, condensation de vibrations

pourquoi

elle est

ne

voir

dans

la

qu'une

charge

tuelles,

on devra

cette

charge

et non

au

repos.

matière

d'énergie,

perpé-

de

électrique

alors

agitée

expliquer

pourquoi

matière,

l'équilibre

est rompu,

en mouvement

un premier

A cette

il a fallu

figée dans

ne

lui

évidence

de

moteur, tie qu~ la

davantage

le bois,

qui préside

tout

parler la « matière brute? Y

sinon

elle serait

toujours

restée

l'iner-

est

pas

voyez

caractérise.

L'intelligence

essentielle.

C'est

de

toute

le fer.

Alors,

d'où

vient

à l'évolution

du monde

et dont

à l'heure?

D'où

vient

l'intelligence

humaine

» et

la

distingue

côte

qu'on

retourne

forcément,

fatalement,

 

à

un

pour

être

créer

appelons-la

pas

d'objections

la pierre,

l'intelligence

nous

allons

qui anime

la matière

on

en

le

à

agissant

la

vie.

De quelque

donc

la question,

vient

principe

comme

en appliquant

et

de causalité,

cause première cause

première,

la

science

n'a

nécessaire,

le monde

Dieu,

Cette

que

et constatons

peremptoires

l'existence

à démontrer

moderne

plutôt

vous

de

Dieu.

Elle

d'autre

M.

est, sa non-existence.

Le

de l'athéisme, « Mes

brièvement,

le reconnaît

raisons

mais

ingénus

les dire

(d'être

je ne

part,

impuissante

Danteu,

l'apôtre

dans

ces

termes

f.thée),

je

me dissimule

vais

pas

(1)

CARO

L'idée

de Dieu,

p