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Discours prononcé par M. Michel Lastschenko Ambassadeur de S.M. le Roi des Belges en République démocratique du Congo à l’occasion de la Fête nationale belge le 21 juillet 2013

Excellence Messieurs les Vice Premier Ministres Excellence Messieurs les Ministres Honorables Membres de l’Assemblée Natinale et du Sénat Monsieur le Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Membres du Corps diplomatique Beste landgenoten Chers compatriotes Geherte Landsleute

Mon épouse et moi nous réjouissons de vous accueillir si nombreux ce soir dans les jardins de la Résidence de Belgique. Votre présence, chers amis congolais, chers collègues diplomates, chers compatriotes témoigne de votre amitié, de votre attachement à la Belgique, à ses institutions et à ses traditions.

Batata bamana,bandeko mpe baninga , mbote na bino

Batata bamana bapangi, mbote na beno

Ba baba, bamana, bandungu djambo sana

Batatu ni bamanu , meyo wenu bonso

Nous sommes bien conscients que ce 21 juillet 2013 et une fête Nationale particulière pour nous , puisqu’au-delà de sa signification historique qui remonte à 1831, la fête d’aujourd’hui est également appelée à entrer dans l’histoire de notre pays. Contrairement à d’autres Etats , dont la fête nationale commémore l’Indépendance ou célèbre un grand fait d’arme, la fête nationale belge est intiment associée à la Monarchie , et plus particulièrement à l’insécable lien qui unit la monarchie belge à la démocratie parlementaire, cette démocratie parlementaire qui exprime la volonté nationale et l’attachement de la population à nos institutions. La fête nationale commémore en effet en Belgique la prestation de serment de notre premier roi, le Roi Léopold 1 er le 21 juillet 1831, prestation de serment à la Constitution et aux lois du peuple belge, qui fit de Léopold non pas le premier roi de Belgique, mais bien le premier Roi des Belges, ce qualificatif et ce titre disant mieux que tout discours savant la consubstantialité de l’institution monarchique belge et de l’assentiment populaire.

C’est ainsi qu’il faut comprendre la décision du Roi Albert II de choisir ce 21 juillet 2013 pour mettre fin à sa vie publique et transmettre la Couronne à son fils , le Duc de Brabant , qui est devenu ce midi, par sa prestation de serment devant les Chambres réunies au Parlement, le 7e Roi des Belges, 182 ans jour pour jour après la prestation de serment du Roi Léopold 1 er , Sa Majesté le Roi Philippe renouvelant ainsi l’attachement mutuel qui existe entre la Nation et le Chef de l’Etat.

Les images qui défilent sur les écrans ce soir témoignent à la fois de la simplicité et de la dignité des évènements que la Belgique a connus aujourd’hui, de cette dimension aussi à la fois institutionnelle et populaire qui caractérise si justement notre pays

Dans son allocution télévisée il y a quelques semaines, le Roi Albert expliquait les raisons de sa décision, évoquant à la fois son âge et sa santé, mais aussi la conviction que le temps était venu de confier les responsabilités à une génération nouvelle

Les dernières vingt années, celle du règne du Roi Albert , ont vu la Belgique profondément évoluer dans ses structures constitutionnelle, la Belgique s’inscrivant résolument dans une évolution nouvelle de la répartition des pouvoirs , une Belgique fédérale , fidèle à l’évolution de la société, aux vœux de la Flandre, de la Wallonie, de Bruxelles , fidèle donc à sa devise nationale soulignant que l’union fait la force, l’union signifiant forcément une alliance, une volonté commune crée entre des régions et des communautés choisissant librement de vivre ensemble. La grandeur du Roi Albert aura été de préserver dans des temps parfois difficiles pour le bien être des Belges, ce « vivre ensemble » entre Flamands , Wallons, Bruxellois et la communauté alémanique de Belgique , un « vivre ensemble « qui n’est pas toujours évident, qui est souvent décrié par des observateurs étrangers lorsque des crises se manifestent, mais qui est – croyez le vieil ambassadeur qui vous parle- une exception presque miraculeuse dans le monde actuel, où tant de pays s’entredéchirent violement sans avoir la volonté de rechercher et de trouver les compromis et les paroles apaisantes qui permettent l’harmonie et la solidarité agissante de tous . Dans cette recherche permanente de ce qui nous rassemble dans la complémentarité nationale, de ce qui est nécessaire pour nous adapter aux changements, pour préserver une subsidiarité solidaire entre les communautés et les régions, le Roi Albert fut le garant du respect des institutions et de la volonté démocratique, fut le gardien de ce qui nous unit et l’arbitre de ce qui nous divise parfois. Permettez moi ce soir, en votre nom à tous, chers compatriotes, de rendre hommage avec affection et reconnaissance au Roi Albert et à la Reine Paola dont les qualités humaines et l’empathie naturelle qui les caractérisent tous deux, les ont rendu si proches du cœur des Belges tout au long de leur règne.

Nous avons donc aujourd’hui un nouveau Roi et une nouvelle Reine , Leurs Majestés le Roi Philippe et la Reine Mathilde, Leurs Majestés le Roi et la Reine.

Je ne doute pas un instant que leurs Majestés le Roi et la Reine s’inscriront dans la tradition de la famille royale qui est d’être les premiers serviteurs du pays. Pour avoir eu le privilège de les recevoir dans un autre ville , et d’avoir voyager avec eux , je sais à quel point le Roi et la Reine sont à l’écoute du pays, à l’écoute de la jeunesse et de ses aspirations , à l’écoute aussi de ce qui se passe dans le monde, principalement sans doute dans les pays qui sont proches de la Belgique, comme l’est la République démocratique du Congo au premier chef

Beste landgenoten, ik heb deze namiddag namens de Belgische gemeenschap in de Democratische Republiek Kongo de volgende boodschap overgebracht aan Zijn Majesteit de Koning

Ter gelegenheid van de troonsbestijging van Uw Majesteit, wens ik, in naam van de Belgische gemeenschap in de Democratische Republiek Kongo , Uw Majesteit en Haar Majesteit de Koningin een voorspoedige en langdurig Koningschap toe. Bij deze

gelegenheid betogen de Belgen in de Democratische Republiek Kongo opnieuw hun diepe genegenheid en trouw aan het Vorstenhuis.

Ce midi , j’ai envoyé au Palais de Bruxelles le message dont je vous donne lecture

A l’occasion de l’accession au trône de Votre Majesté, je souhaite au nom de la

communauté belge en République Démocratique du Congo à Votre Majesté et à Sa Majesté la Reine un long et heureux règne . Les Belges en République démocratique du Congo saisissent cette occasion pour réaffirmer leur profond attachement et loyauté envers la Maison royale

Tout au long de ces dernières années - comme en témoigne la présence en 2010 à Kinshasa du Roi Albert et de la Reine Paola lors du 50 e anniversaire de l’Indépendance du Congo- la Belgique s’est trouvée au côté de la République démocratique du Congo dans la poursuite d’un développement économique et social durable, dans la recherche de la paix régionale et d’une consolidation des institutions démocratiques . Je n’évoquerai pas ce soir le chemin parcouru ensemble au cours de l’année écoulée ni les innombrables défis auxquels la République démocratique du Congo doit courageusement faire face. Qu’il me soit permis de souligner que la Belgique poursuivra résolument ses politiques bilatérales et multilatérales en faveur de l’établissement de la paix régionale, en faveur du développement économique et social du pays . Le Ministre de la Coopération au Développement Jean Pascal Labille était ici il y a moins de deux semaines, le Chef d’Etat Major Général le Général Van Caelenberg aussi. Dans moins d’un mois le Vice Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders sera à nouveau à Kinshasa . Ce sera le troisième voyage qu’il effectuera ici depuis le début de mon ambassade il n’y pas encore un an. C’est dire l’importance, l’attachement, la volonté de la Belgique d’être un ami fidèle de la République démocratique du Congo

Cette volonté de continuité dans nos relations trouvera également dans les mois qui

viennent une visibilité nouvelle, puisque le 11 août prochain sera inauguré officiellement

le chantier de construction de notre nouvelle ambassade que nous espérons pouvoir

inaugurer au début de 2015 si tout va

Tout ceci souligne de la solidité de nos

relations, de la volonté de les développer d’avantage.

L’un des derniers documents que le Roi Albert a d’ailleurs signé avant son abdication, était une lettre d’invitation que j’ai transmise il y a quelques jours à la Présidence de la République, invitant le Président Joseph Kabila Kabange à se rendre en Belgique en 2014 pour prendre part à nos côtés aux cérémonies commémorative qui marqueront l’année prochaine le centième anniversaire de la Grande Guerre – la guerre 1914-1918-

au cours de laquelle en Afrique et en Europe des soldats congolais participèrent au côté

de leurs frères d’armes belges à l’effort de guerre allié. Cette commémoration se voudra

non pas une commémoration de la guerre et de la violence, mais une célébration de la paix et de la concorde nécessaire entre toutes les nations de la terre, des efforts constant que nous devons faire pour chercher ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare

Mesdames et Messieurs

Je ne voudrais pas achever mon propos ce soir sans remercier tous ceux qui ont rendu cette soirée possible. D’abord vous tous, en venant si nombreux partager ce moment de fierté et d’espérance nationale. Ensuite évidement tous nos sponsors et amis, la société

MIDEMA, la Chambre de Commerce Belgo-congolaise, l’Hôtel Memling, le Centre Wallonie Bruxelles, les sociétés ASCO, BRACONGO , SOGENAC, NICE CREAM et l’Institut français. Je voudrais aussi remercier toute l’équipe de l’ambassade qui a œuvré sans relâche pendant plusieurs jours, le personnel si dévoué de la Résidence et évidement mon épouse qui a su canaliser tous les enthousiasmes et les énergies.

Je voudrais aussi remercier la société ORANGE pour le geste fort généreux qu’elle a promis de faire en appui à la Coopération universitaire belge, pour assurer à l’avenir une inter-connectivité électronique entre plusieurs universités congolaises, et au delà sans doute entre ces universités et des universités en Belgique. Il s’agit là d’un geste particulièrement généreux et qui s’inscrit comme nous le souhaitons dans une politique voulant favoriser l’épanouissement de la jeunesse congolaise et sa volonté de se joindre aux grands instituts d’enseignement et de recherche en Belgique et dans le monde

Il est impossible de parler du Congo ou de Kinshasa sans évoquer le fleuve Congo qui poursuit inlassablement sa course tranquille ou tumultueuse.

J’y songeais hier en écrivant ce discours, en cherchant peut-être dans ce puissant fleuve , une image pour clôturer mon propos, pour en résumer la substance. J’étais il y

a quelques semaines à Kisangani une ville si chère au cœur de nombreux Belges et

Congolais, une ville martyrisée il y a peu et qui reprend progressivement l’importance

qu’elle revêtait jadis. Nous avions embarqué dans des canots à moteur et descendions

le fleuve à grande vitesse pour nous rendre à Yangambi, l »’’ancien centre de recherche

agronomique, à quelques cent kilomètres en aval. Et bien que nos embarcations aillassent vite, je voyais le long des rives le ciel et les arbres se refléter comme un immense ruban poétique au fil de l’eau , comme défilerait un film ou le cours même d’une vie . Et ce ruban eut été le même tout en étant différent si plutôt que de descendre le fleuve je l’avais remonté , un fil qui se serait déroulé lui aussi plus lentement sans doute à cause du courant et malgré la force des moteurs, mais qui me serait également

apparu comme le déroulement du temps dans l’espace.

En évoquant le passé , la continuité de la monarchie belge depuis le Roi Léopold 1 er il y

a 182 ans , c’est à ce voyage en amont du fleuve que j’ai voulu vous mener, aux

origines de ce qui fait notre identité nationale, aux origines des innombrables liens qui se

sont tissés au cours des décennies entre la Belgique et le Congo.

En vous parlant de notre nouveau Roi, de notre nouvelle Reine, c’est dans l’autre sens que j’ai mentalement pris le fleuve, partant des sources anciennes dont il découle vers les horizons nouveaux auxquels inlassablement il nous mène ; le fleuve comme le symbole de la vie qui avance, toujours changeante et pourtant immuable dans sa volonté de tracer le même chemin. Le fleuve comme une espérance et comme une promesse pour l’avenir.

C’est à cet avenir que je vous invite à lever votre verre, en nous félicitant de la solidité

et du dynamisme de l’amitié entre la République démocratique du Congo et le Royaume

de Belgique. Amitié Belgo-Congolais oyé

C’est à cet avenir que je vous invite à boire, en portant avec moi un toast à la santé du Président de la République et surtout – en cette journée si particulière pour nous , à la santé de Leurs Majesté le Roi et la Reine

Je vous remercie