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Vice-présidence à la Stratégie et à la Communication Fiche argumentaire : le non-cumul des mandats
Vice-présidence à la Stratégie et à la Communication
Fiche argumentaire : le non-cumul des mandats
le 05/04/2013

Promesse de campagne du candidat Hollande, le non-cumul des mandats butte depuis lors sur les réticences d’une part importante des parlementaires de la majorité socialiste. Lors de son intervention télévisée du 28 mars sur France 2, le président de la République a néanmoins renouvelé son engagement en promettant le vote d’une loi dès cette année, pour une application « avant la fin de [son] mandat ». A cet effet, Manuel Valls a présenté le 3 avril dernier en Conseil des ministres un projet de loi* organique portant sur « l’interdiction du cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député, de sénateur ou de représentant au Parlement européen».

*la version présentée ici est susceptible d’être amendée et modifiée, notamment le calendrier d’application.

Projet et calendrier :

Tel que prévu dans le projet de loi, le non-cumul des mandats consiste en l’impossibilité de cumuler un mandat parlementaire (député, sénateur, représentant au Parlement européen) avec une fonction exécutive locale, c’est à dire: président ou vice-président de conseil régional, président ou vice-président de conseil général, maire ou maire-adjoint, président ou vice-président d’une intercommunalité.

Il ne s’agit donc pas d’un non-cumul strict et un parlementaire pourra toujours exercer un mandat local de conseiller régional, général ou municipal.

L’entrée en application de la loi est prévue en 2017, très exactement pour tout renouvellement d’assemblée à compter du « 31 mars 2017 ». Légalement, les parlementaires actuels, en situation ou non de cumul, pourront donc se présenter aux prochaines municipales et conserver leurs différents mandats éventuels jusqu’en 2017 ; après quoi seulement, s’ils sont réélus parlementaires, ils devront choisir. Cette disposition calendaire, très conciliante, a pour but d’éviter au maximum l’organisation de législatives partielles avant 2017. En effet, la démission d’un député de son mandat provoque automatiquement l’organisation d’une élection partielle dans sa circonscription (sauf si les pouvoirs de l’Assemblée expirent moins de douze mois après cet acte).

De fait, la future loi organique devrait également introduire une disposition permettant au suppléant de remplacer un parlementaire en situation illégale de cumul. Actuellement, cette suppléance ne peut s’exercer qu’en cas de décès ou de nomination gouvernementale.

Si la loi entrait en application aujourd’hui, 58% des députés et 59% des sénateurs seraient concernés.

La position du Front National :

Le Front National est favorable au non-cumul des mandats. Il permettra en effet de renforcer la défense de l’intérêt général qui doit motiver l’action de tout député, élu de la nation, moins tenté de satisfaire à quelque intérêt local. A cette fin, la plus efficace des mesures consisterait incontestablement à réintroduire un mode de scrutin à la proportionnelle intégrale sur liste nationale (ou au moins départementale).

C’est aussi un gage d’efficacité dans l’exercice des différents mandats, le non-cumul permettant à l’élu de mieux se concentrer sur les devoirs de sa charge. Entre autres effets positifs, probable diminution de l’absentéisme à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Auteur : Joffrey Bollée