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Conférence Témoignages : L'enseignement bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la

Conférence Témoignages : L'enseignement bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP

bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP Colloque de la FLAREP

Colloque de la FLAREP / 26è rencontre inter-régionale

Conférence / témoignages L’enseignement bilingue public a 30 ans, un peu d’histoire…

Quelle a été la genèse de l’enseignement bilingue du service public d’éducation en France ? Comment le bilinguisme français langues régionales est-il entré dans les usages ? Interventions et témoignages protagonistes de l’époque

J ean-Yves Broudic

Alors on va commencer la table ronde si vous voulez bien. Avec d'anciens parents, d'anciens présidents de l'association. Moi, on m'a invité à venir en tant qu'ancien président, mais aussi pour passer la parole aux uns et aux autres. Je vais commencer par lire le courrier qu'une conseillère pédagogique qui a bien travaillé pour l'enseignement du breton dans les Côtes-d'Armor a adressé pour s'excuser de son absence. Il s'agit donc de Klaoda an Du qui nous rappelait qu'elle a : « anvet e oan bet kentañ kuzulierez pedagogel yezh ha sevenadur Breizh evit Aodoù an Hanternoz e 1978. Bevet em eus al lañs bras degaset gant kelc'hlizher Savary, stummadur an danvez mistri-skol, stummadur dibaouez dre stajoù hir evit ar vistri-skol brezhonegerien a-vihanik, krouidigezh postoù mistri bale-bro war ar brezhoneg evit sikour ar re ne oant ket ampart a-walc'h evit kelenn ar yezh, sikour a-bouez-

bras ar CDDP, ha da-c'houde, krouidigezh ar c'hlasoù divyezhek. » [traduction

   

: j'ai été nommée

en tant que première conseillère pédagogique pour la langue et la culture bretonne pour les Côtes-du-Nord en 1978. J'ai vécu le grand élan apporté par la circulaire Savary, la formation des futurs maîtres d'école, la formation continue par des stages de longue durée pour les maîtres bretonnants de naissance, la création de poste de professeurs de breton itinérants afin d'aider ceux qui n'étaient pas assez qualifiés pour enseigner la langue, l'aide importante du

CDDP, et ensuite, la création des classes bilingues.]

 

Donc je vous lisais là un courrier de Claude Le Du, première conseillère pédagogique du breton dans les Côtes-d'Armor qui avait travaillé pour l'enseignement du breton et l'enseignement bilingue dans les Côtes-d'Armor. Je vais passer la parole assez vite parce qu'il se trouve qu'on a du retard, qu'il y a une table ronde où il y a une douzaine de personnes qui sont invitées à parler pendant une petite heure, donc en gros ça fait cinq minutes chacun. Je vais passer la parole aux uns et aux autres et il serait assez logique que je passe la parole à Jakez Cosquer qui avait créé l'association de parents d'élèves pour l'enseignement du breton avant la circulaire Savary. Et puisqu'on est là, je pense, non pas seulement pour réveiller le passé mais pour faire des liens entre le passé et aujourd'hui et également lier et délier et relier ce passé à du futur. Jakez, ma 'teus c'hoant da lavaret un dra bennak, mar kav dit out selaouet a-walc'h, n'ouzez

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP ket ? Gortoz a

ket ? Gortoz a rez un tamm.

? [Jakez, sit tu veux dire un mot, si tu penses qu'on t'écoute

suffisamment. Tu ne sais pas

? Tu attends un peu?]

 

Jakez Cosquer Pa vo ket mui trouz.

[Lorsqu'il n'y aura plus de bruit]

Jean-Yves Broudic Pa vo ket mui trouz. Marteze eo gwelloc'h, ya. Kemeret eo ar mikro. Adkemer unan all. Setu

selaouet out.

[Lorsqu'il n'y aura plus de bruit. Peut-être est-ce mieux, oui. Le micro est déjà pris.

Prends-en un autre. Voilà, on t'écoute.]

Donc, Jakez Cosquer était le premier président de

l'association des parents d'élèves pour l'enseignement du breton à Rennes. Créée avec d'autres collègues qui sont d'ailleurs aussi dans la salle. Je pense à Rozenn Cornu qui était aussi l'une

des créatrices de l'association. Dit-te, Jakez

[A toi, Jakez]

.

Jakez Cosquer Ya. C'est avec beaucoup d'émotion que je vois plus de trente ans plus tard, une salle aussi comble, quoi qu'avec un certain vide maintenant suite aux discours. Mais ces discours aussi sont impressionnant car c'est la première fois qu'on voit autant de députés, autant de maires, autant de conseillers généraux venir participer à un congrès d'une association de parents d'élèves pour l'enseignement de langues comme le breton, le basque, etc. Alors je vais essayer d'être très bref parce qu'il faudra que tout le monde dise son sentiment. Alors je partirai d'une observation à mon égard, du député Paul Molac qui a dit que j'étais un utopiste. Je ne suis pas du tout un utopiste et je ne l'étais pas lorsque nous avons créé, avec un certain nombre de parents d'élèves, l'association de parents d'élèves pour l'enseignement du breton, en 1979. Je n'étais pas un utopiste, mais j'étais quelqu'un qui était dans une situation tendue, très dure, qui subissait la poussée des élèves qui sentaient qu'il y avait quelque chose qui n'était pas correcte dans l'éducation qui leur était donnée par l’État - en tous cas par l'école laïque – et qui réclamaient qu'on leur apprenne le breton. Donc c'était une obligation. Devant cette obligation, il y avait un choix. Ou bien on choisissait d'aller aux écoles Diwan, qui venaient d'être créées un an ou deux auparavant, ou bien on choisissait de se retourner vers l'école publique, dans laquelle ses parents avaient appris le français et conduits plus ou moins à oublier le breton. Alors là je me suis trouvé devant une autre attitude, c'est celle de l'indignation. Parce que les indignés, ce n'est pas seulement depuis quelques années qu'on en trouve sur le marché. A l'époque déjà, on pouvait être indigné de voir que l’État continuait à enseigner le français et uniquement le français en faisant fi des langues, en faisant fi de la réalité, et de la réalité en Bretagne qui faisait qu'il n'y avait pas que le français. Donc cette indignation nous a conduit à créer cette association de parents d'élèves. Et puis il y avait un troisième point, qui était, je ne sais pas comment le dire, mais c'était aussi peut-être une obligation morale de salut public. A savoir, là il y avait une certaine utopie peut-être, à savoir qu'il n'était plus tolérable pour certains d'entre nous que l'école publique fasse fi, méprise le breton et les langues des autres régions. Et en choisissant un ancrage dans l'école publique, il y avait un objectif. Cet objectif, c'était, je dirais, de prendre un peu de pouvoir en tant que parents d'élèves intéressés par le breton, dans cette institution scolaire afin de l'amener progressivement à tenir compte de

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP cette réalité qui est

cette réalité qui est justement le bilinguisme en Bretagne. Voilà quelle était la situation lorsque en 1979 nous avons créé cette association qui a scolarisé, si on peut dire, 800 élèves à Rennes

et qui a essaimé dans toute la Bretagne, à savoir à Lannion, au Faouët, dans d'autres villes

également. Il n'y a qu'à Saint-Rivoal qu'on n'a pas essaimé. On n'a pas essaimé à Saint-Rivoal

et donc, lorsqu'il s'est agi de créer

choisi dès le départ, de transformer une initiation au breton qui se faisait en dehors des heures de classe, nous avons choisi de les transformer en classe bilingue mais en suivant la circulaire, c'est à dire en demandant aux parents s'ils étaient intéressés pour que leurs enfants suivent un enseignement bilingue. Nous étions sûrs de notre coup parce que, lorsque en 1979, nous avons demandé aux parents d'élèves de l'école de la liberté s'ils souhaitaient que leurs enfants

apprennent le breton, ils étaient 70 sur 200 élèves à dire « oui ». Et lorsque le recteur Rollin en 1981 a fait une enquête auprès de tous les établissements de la région Bretagne, cette enquête

a été plus ou moins faite par les enseignants, mais cependant des résultats qui étaient

intéressant, parce qu'on savait qu'il y avait au moins 30% des élèves en Bretagne qui souhaitaient suivre un enseignement du breton et dans certaines communes, pas loin d'ici, du

Il y avait 90% p our

ne pas dire 99% des élèves qui souhaitaient apprendre le breton et donc en 2002, ah non, pardon en 1982, nous avons décidé d'ouvrir deux classes bilingues, une à Lannion et une à Rennes. Ce qui fait qu'à la rentrée 1983, il y a eu deux ouvertures de classes bilingues, l'une à Rennes, l'autre à Lannion. Ah oui ! Une dernière chose. A propos de l'espoir ou de l'utopie de voir l’État prendre en charge l'enseignement du breton dans le cadre de classes bilingues avec, pourquoi pas, une immersion comme dans d'autres écoles, on a parlé de lois, on attend des lois, mais il y a quelque chose que je n'ai pas entendu, alors je ne sais pas si on ne le sait pas, mais il existe actuellement en droit européen, un service d'intérêt général qui s'applique à tout, qui s'applique notamment à la culture et à la langue et qui est de la compétence de la Région. C'est-à-dire que la Région peut décider de déclarer un service « public » et, à ce moment-là, dégager des crédits pour assurer ce service public. Je suis spécialiste de la mise en place de ce type de service public dans diverses régions, sauf en Bretagne. Je pense qu'on pourrait aussi

côté de Belle-Isle-en-Terre

lorsque la circulaire Savary est arrivée, et bien nous avons

Je ne sais plus si c'est Belle-Isle ou Bégard ou

s'orienter vers cette solution. C'est-à-dire passer outre la réglementation, la législation française

et prendre de plein pied le droit européen et l'appliquer en Bretagne.

Dernière observation, ça ne me plaît pas beaucoup de faire partie d'un patrimoine, même s'il s'agit d'un patrimoine linguistique. Je crois que là il faut dépasser cette notion de patrimoine et effectivement s'orienter vers l'avenir et se dire que le breton tel que l'enseignement est parti maintenant, devra permettre à nos enfants de vivre dans une situation de bilinguisme et de choisir la langue qu'ils souhaitent à la fois dans la famille, mais également dans l'économie, dans la vie sociale. Ce ne seront plus des représentants d'un patrimoine, ce seront des acteurs actifs de la vie sociale, politique, culturelle etc. Bon il y aurait bien des choses à dire, mais je pense que d'autres ont également

Jean-Yves Broudic [applaudissements] Mersi dit, Jakez. Boñ, me 'gav din e vefe mat da Annaig Kere respont diwar-benn Sant-Riwal peogwir Jakez en deus komzet un tamm eus Sant-Riwal, lâret petra zo c'hoarvezet e Sant-Riwal ivez. Ur mikro zo aze dirazoc'h.

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP [Merci, Jakez. Bien, je
[Merci, Jakez. Bien, je pense qu'Anna Quéré voudra bien répondre à propos de Saint-Rivoal

[Merci, Jakez. Bien, je pense qu'Anna Quéré voudra bien répondre à propos de Saint-Rivoal

puisque Jakez a parlé un peu de Saint-Rivoal également. Il y a un micro devant vous.]

à propos de Saint-Rivoal puisque Jakez a parlé un peu de Saint-Rivoal également. Il y a
Anna Quéré Hennezh ? [Celui-ci?]
Anna Quéré
Hennezh ?
[Celui-ci?]

Jean-Yves Broudic

Ya 'gav din.

[Oui, je pense.]

Anna Quéré Pemp munut ?

[Cinq minutes?]

Jean-Yves Broudic Ya, pemp munut, ya. [

Oui, cinq minutes, oui.]

Anna Quéré Bon alors, je vais juste rappeler la genèse de l'école bilingue de Saint-Rivoal, c'est un

témoignage en tant que parent. Donc à Saint-Rivoal, à la veille de la publication de la circulaire Savary, il y a à l'école, 10 enfants pour une commune de 207 habitants à l'époque. Déjà, avant

bien sûr aux parents, mais grâce à l'institutrice

qui était en poste à ce moment-là, les enfants bénéficiaient un tamm brezhonek kwa,

et donc la circulaire a été publiée et portée à notre connaissance, de parents, à

l'automne 1982. Alors immédiatement, nous sommes totalement enthousiasmés par cette

même la publication de la circulaire, grâce à

peu de breton

un petit
un petit

possibilité de, enfin, plantañ brezhoneg ba'r skolioù publik, de vraiment

cœur de l'enseignement

public

et

on

y

a

vu

vraiment

mettre le breton au

une solution, et

immédiatement, plusieurs d'entre nous avons demandé que l'école de Saint-Rivoal devienne école publique bilingue. Donc, cette année 1982-83 a été consacrée à ce travail et je dois

souligner avant, bien sûr le rôle de l'institutrice directrice de la classe unique, des parents bien

sûr, mais le rôle essentiel de l'inspecteur

nationale ou inspecteur pédagogique, qui était monsieur Moricet à l'époque, qui est un

Lui

c'était un militant de l'école rurale, donc voilà c'est une autre problématique. Militant de l'école rurale et qui a compris l'enjeu que ça représentait le bilinguisme pour lui, dans son optique, le sauvetage de l'école. Il a beaucoup influencé nos élus, le conseil municipal qui devait donner son accord. Et je tiens à rappeler absolument le rôle de cette personne-là qui n'a pas pu venir. Il a été invité, il est assez âgé et il est retourné maintenant dans sa région qui est le Poitou. Et donc grâce à cela, à une conjonction de personnes, toute un dynamique qui a fait que, à la rentrée 1983, l'école de Saint-Rivoal devient officiellement école publique bilingue et le résultat c'est évidemment pour nous, c'était très enthousiasmant car le breton avait toute la place qui lui convenait et aussi du coup, un certain nombre d'enfant des écoles des paroisses, des communes environnantes ce sont inscrits à l'école de Saint-Rivoal. Donc à la fin de 1983 il y a déjà une quinzaine d'enfants et le nombre d'élève ne va cessé de croître, pour aboutir à

inspecteur qui n'a rien pour le breton, ni contre, sans doute d'ailleurs, et qui a compris

une ouverture,

alors je ne sais pas si on dit inspecteur de l'éducation

l'ouverture d'une seconde classe en 198

je ne sais plus exactement si c'est en 1984 ou 1985,

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP mais enfin c'est l'une

mais enfin c'est l'une ou l'autre de ces années-là. Donc l'école bilingue a été évidemment un

a permis également le développement du breton, sa visibilité aussi là où nous

étions sur notre territoire et puis aussi a participé au dynamisme de la commune et a été vraiment tout à fait soutenu et admise par la population et aussi, je le souligne, le soutien continu de la municipalité qui a ensuite dû mettre en place la cantine, la garderie et bien sûr financer un poste d'ATSEM lorsqu'il y a eu les deux classes. Voilà donc ce que je peux dire. Alors les problèmes. Les problèmes qui se sont posés, ce sont ceux que nous avons déjà évoqué, c'est-à-dire, mais de façon extrêmement crucial, je pense que Jean-Yves Broudic s'en souvient, nous nous en parlions beaucoup, c'était le problème des enseignants. Ça a été extrêmement compliqué, parfois douloureux, je vous passe les courriers multiples, les rencontres avec les inspecteurs que sais-je encore, les conseillers généraux, enfin bon tous ceux qui voulaient bien nous recevoir, nous les avons harcelés pour avoir un financement pour ceci pour cela parce qu'il y avait soit une seule, soit un seul enseignant bilingue, l'autre monolingue enfin bref c'était extrêmement compliqué. Il a fallu donc attendre 1993 pour que, enfin, il y ait deux instituteurs bilingues, bretonnant, à l'école. Voilà donc ce problème qu'on a évoqué tout à l'heure, monsieur l'inspecteur l'a évoqué tout à l'heure. Et le deuxième problème, c'est un problème qui est un petit peu plus spécifique à Saint-Rivoal donc je vais en parler quand même très rapidement, c'est que c'est l'école de la commune, moi j'en suis très très

comment dire

fière, mais seulement ça a posé quand même un certain nombre de problèmes à savoir que l'école communale et bien les parents n'ont pas le choix. Ou ils mettent leurs enfants là et leurs enfants apprennent le breton ou bien ils sont obligés d'aller ailleurs dans les communes avoisinantes et ça n'a pas toujours été facile à vivre ça. Ça a été un problème. Et je souligne le dernier problème et je vais m'arrêter, mais ça fait le lien je crois avec l'autre table ronde. Aujourd'hui, l'école est confrontée, c'est pas l'école en fait, c'est la municipalité qui est confrontée à des problèmes financiers parce qu'elle doit prendre en charge le coût de l'école qui représente aujourd'hui le quart de son budget. La municipalité a demandé bien entendu la participation des communes qui envoient leurs enfants chez nous, parce que de Saint-Rivoal pour le moment il n'y a que cinq enfants, c'est une toute petite commune qui a cent soixante- dix habitants aujourd'hui, donc il est normal qu'on demande le soutien des communes avoisinantes qui le refusent. Les dernières solutions, nous nous sommes tournés vers la solution communautaire, mais pour le moment il y a un blocage aussi au niveau de la communauté de communes. Alors, pour nous, je pense que maintenant c'est la contrainte par la loi pour qu'il y ait une participation équitable pour le maintien de l'école et pour soulager les finances de la

commune, qui fait déjà, je le rajoute

Il y aura trente-deux enfants au

printemps, deux classes, il faudra très certainement agrandir, en particulier la cantine. Ça me paraît être des problèmes bassement matériels, mais il s'agit de la survie de notre école.

Qu'il faudra bientôt

Jean-Yves Broudic Merci. Annaig parlait aussi en tant que conseillère municipale de Saint-Rivoal. Mersi dit. Kement hag ober, marteze Michèle a zo bet unan eus ar re gentañ ivez oc'h ober skol e Lannuon.

Marteze e vefe kenkoulz dit lavarout da soñj ivez.

Michèle Kerrain était donc l'une des première

enseignantes ou la première enseignante dans les classes bilingues de Lannion. Elle va

rappeler aussi comment ça s'est passé.

Peut-être un petit point d'histoire également que Jakez

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP n'a pas souligné, qui

n'a pas souligné, qui est en rapport. L'association a aussi été amenée à salarier du personnel, quand il n'y avait pas d'enseignant, déjà avant 1982 pour l'initiation, c'est comme ça que ça s'est passé dans les écoles de Rennes, mais même également après 1982 quand il y avait des vacances de poste, il est arrivé que l'on salarie des professionnels à partir également d'aide, de subventions des collectivités locales, des communes. C'est juste une petite parenthèse, un petit

point d'histoire. Michèle mar plij

[s'il te plaît]

.

Michèle Kerrain Alors je vais rectifier parce que je n'aie pas été, je ne suis pas la première enseignante à Lannion. Par un malheureux concours de circonstances, j'ai cru ce qu'un collègue m'avait dit

lorsque le projet de la classe a été lancé, on a donc lancé un appel à candidature et moi j'ai un collègue qui m'a dit : « Ca ne sert à rien que tu demandes le poste. » J'étais enseignante depuis deux trois ans, « De toute façon tu ne l'auras pas, il y aura tellement de gens plus âgés que toi

à le demander

enfin, pour moi c'était lui et il a été le seul candidat et il a été embauché et puis au bout d'une

année il a voulu changer et donc là on est venu me chercher, on m'a dit : « Tu y vas, tu connais la maternelle, tu connais le breton, tu y vas. » Bon j'ai dit : « Oui, c'est vrai je connais la maternelle et le breton, j'y vais. » Je regardais depuis quelques années avant nous les écoles Diwan qui s'étaient créées. Ça me paraissait formidable de pouvoir faire en même temps un travail que j'aimais et en plus de pouvoir y associer le breton qui pour moi était vraiment ma

langue, ma langue au niveau affectif et donc je trouvais ça

certainement cafouillé mais j'ai trouvé. Je suis arrivée à Lannion en 1984 et j'ai trouvé des

» Et le collègue lui me dit que c'était pas lui qui m'a tenu ces propos-là, mais

Donc j'y suis allé, ça a

parents d'élèves pour soutenir le projet et ça a été vraiment formidable. Par contre, le premier contact que j'ai eu avec mon inspecteur de l'époque m'avait beaucoup refroidi. Il m'avait dit :

« Euh c'est une expérimentation. L'année dernière il y a eu des moyens et des grands donc cette année on ne prendra pas de nouveaux élèves. Vous allez prendre les grandes sections et les CP. L'année d'après vous continuerez avec les CP et les CE1 et comme ça jusqu'en CM2 et quand ça sera fini on fermera. » Ça m'a un peu épouvanté, parce que je me suis dit, s'il faut

que je me forme à un nouveau niveau tous les ans

peu entendre. C'était pas du tout l'avis des parents. Donc ça commençait à la rentrée par une

occupation à l'école primaire. Les parents ont envoyé leurs enfants qui allaient au CP occuper le

Ils m'ont

imposé les moyennes sections, enfin imposé

Si, moi je refusais évidemment, en tant que

fonctionnaire mais enfin bon, ils ont trouvé un instit' qui était dans une autre école, qui avait les

compétences

parents qui ont envie de quelque chose, qui ont envie que ça marche et qui sont attentifs à tous

les problèmes, et qui mènent le combat. C'est ce qu'a dit Lena tout à l'heure, on ne peut pas

En fait tout ce qui s'est passé à Lannion et qui se passe encore, c'est toujours les

CP. Ils avaient trouvé une grand-mère, une retraitée, pour faire la classe en attendant

Et puis c'était pas ce qu'on m'avait fait un

Il

faut être militant et je crois que les parents ont su être militant et nous on a essayé d'être militants dans notre travail, c'est-à-dire en le faisant le mieux possible avec l'appui des parents. Donc ça s'est passé comme ça, d'une année sur l'autre, à chaque fois qu'il y a eu besoin. Il y a

eu quelques rentrées un peu difficiles. On a vécu des choses

instit' que j'ai rencontrés là cet été, qui disaient : « Moi j'ai une ouverture de classe bilingue dans

une école, les autres enseignants sont pas très

» Alors moi j'ai vécu ça parce que j'étais seule

Moi j'ai entendu plein de jeunes

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP enseignante à la maternelle,

enseignante à la maternelle, j'ai vécu l'expulsion de l'école, carrément. Parce que je l'ai vécu

comme ça moi, ça n'a pas été vraiment

ont vécu avec moi, ça a été très dur. On ne voulait plus de nous dans l'école, alors la

municipalité de Lannion nous a trouvé une école d'accueil mais c'était

de monsieur Coadou comme inspecteur pourtant.

Donc la première année où je suis arrivé il y avait maternelle CP. Il y a eu la création du CE1.

Enfin tous les ans ou

tous les deux ans, il y a eu jusqu'à ce que le cycle soit complet. Après les parents se sont mobilisés pour créer à Lannion la filière au collège. Ça s'est à peu près bien passé si mes souvenirs sont bons jusqu'au brevet. Après, je crois qu'ils se sont battus pour avoir des épreuves en breton en histoire-géo et après c'est reparti sur le lycée jusqu'à arriver à avoir le droit – c'est toujours parti de Lannion – le droit de passer l'histoire-géo au bac en breton et puis

voilà jusqu'à remplir la filière. Et en fait l'histoire-géo au bac en breton a eu lieu à Lannion avant Diwan. Parce que moi j'ai souvent entendu dire que c'était Diwan qui avait gagné ça, mais non, je ne pense pas commettre d'erreur en disant que c'étaient les parents de Lannion, donc Div Yezh Lannion qui avaient les premiers la première filière complète et qui s'est battu pour ça. Et on vit toujours sur ces acquis-là et qui nous semble maintenant d'une évidence telle, mais ça n' a pas été si évident que ça à vivre, je pense surtout pour les parents. Moi, j'étais en maternelle jusqu'à très récemment, donc c'était facile une fois que c'était lancé. Mais je reviens sur ce que Lena disait tout à l'heure, c'est toujours du militantisme parce qu'on est confronté

maintenant, et peut-être sans doute aussi avant

se battre. Pour avoir des ATSEM qui parlent breton, pour avoir des compléments de mi-temps

ou de trois-quarts temps qui parlent breton, donc soit avec les mairies, soit avec l'éducation nationale. Là on est confronté au manque d'enseignants, on est confronté aussi au problème des effectifs qui montent. On arrive à des 25 ou 30 élèves par classe, double niveau bilingue

dans des conditions comme ça, moi je ne dis on ne peut pas, c'est un travail

dit, il n'y a plus d'enseignants, moi je dis on nous demande beaucoup, beaucoup de travail pour le même salaire que les autres. Je pense que ça peu rebuter des gens. C'est un petit peu ma conclusion.

Après il y a eu le CE1-CE2 avec le même instit'. Après il y a eu une autre

ça a inauguré l'arrivée

Ben il n'en a pas voulu aux classes bilingues

Mais il y a des parents qui sont là dans la salle qui

Il n'y a aucun acquis, il faut toujours, toujours,

Alors, on nous

Jean-Yves Broudic Merci Michèle. Avant de passer la parole à Jean Coadou à ma droite, on va annoncer qu'il y a d'autres conférences qui commencent là maintenant.

David Redouté Oui, donc il y a la conférence avec monsieur Dalgalian qui commence dans la salle Lannion Devenir bilingue avec l'école. Et sinon, il y a aussi dans la salle Saint Michel, une autre

conférence qui commence, Les langues régionales au travail et dans le monde économique. Si

des gens sont intéressés, ils peuvent s'y rendre. Donc la salle Lannion c'est à l'extérieur et la salle Saint Michel je ne sais pas.

Jean-Yves Broudic

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP Bon je pense que

Bon je pense que dans la logique de ce qui vient d'être dit par Michèle, c'est logique que je passe la parole à mon collègue de droite, Jean Coadou qui était du côté de l'éducation nationale dans ce montage de l'enseignement bilingue.

Michèle Kerrain Je peux rajouter quelque chose ? Je tiens à dire mon sentiment sur, avant qu'il parle, ce qui a été l'action de Jean Coadou quand il a été nommé inspecteur, parce que ça été une bouffée d'air. Enfin l'institution nous reconnaissait et l'institution nous formait, nous apportait, avec une très grande bienveillance et un souci de bien faire. Et ça a été pour nous bilingues, ça a été des années formidables.

Jean-Yves Broudic Dit-te neuze, Jean Coadou da zisplegañ da soñj.

donner ton avis.]

[C'est donc ton tour, Jean Coadou, de nous

Jean Coadou Trugarez deoc'h memestra

. Bien ! Alors je suis arrivé, dans le

contexte qui vient de vous être décrit, en 1985 en tant qu'inspecteur à Lannion. J'étais inspecteur à Saint-Malo auparavant où je m'étais attelé à la création d'une ZEP et instituteur pendant quatorze ans au pays breton, puisque j'ai été pas mal d'années à Tregrom où les parents étaient bretonnants à 80 %. Et le breton a été utilisé évidemment ne serait-ce que pour apprendre aux élèves à se défaire de certains bretonnismes dont on parle depuis quelques années. Alors je suis arrivé à Lannion et j'y suis resté jusqu'en 1995, c'est-à-dire pendant dix ans, les dix années qui ont suivi la mise en place des classes bilingues suite aux circulaires Savary dont on a parlé tout à l'heure. Je distinguerais deux périodes dans ces dix années. La première qui va de 1983 à 1988 et une seconde qui va de '88 à '95 où j'ai rendu mon tablier d'inspecteur à Lannion pour aller faire du développement en Afrique. Première période. Donc les classes bilingues, Michèle Kerrain était déjà à l'école maternelle et il y avait deux classes à l'école primaire. Logique, CP-CE1, après deux ans, l'ouverture en 1983, septembre 1985. Et là je dois dire que ça a été un moment, pour moi, privilégié dans mon itinéraire professionnel. Pourquoi ? Parce que prenant la circonscription, il y avait 320 instituteurs unilingues et donc 5 instituteurs bilingues. Et là j'ai trouvé des pionniers, ce n'étaient plus des instituteurs, c'étaient des pionniers qui, suite à la circulaire Savary, et en symbiose, je dois dire, avec les parents d'élèves, ont créé sans aucun outil pédagogique à leur disposition, ils ont créé leurs propres outils pédagogiques avec un travail acharné durant toute cette période pour mettre en place cet enseignement bilingue. Je me suis contenté, je n'ai aucun mérite, je me suis contenté de les accompagner dans leur démarche, de les réunir, de faciliter un certain nombre de séances de travail, mais sur une base qui soit claire et sur les prescriptions du recteur d'alors, qui a apporté tout son appui – c'était le recteur Legrand – qui a apporté tout son appui à la mise en place de ces filières bilingues selon des principes simples : pas d'école primaire bilingue dans l'enseignement public, mais des classes bilingues dans l'enseignement public. La nuance est forte. Et derrière cette idée, il y avait l'idée d'une symbiose entre l'enseignement dans les classes bilingues et l'enseignement des cultures et langues régionales

[Merci à vous, tout de même]

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP dans les classes unilingues.

dans les classes unilingues. Le contexte qu'on vous a décrit ne l'a pas permis et c'est mon grand regret, de faire en sorte qu'il n'y ait pas eu de symbiose entre les filières bilingues et, disons, entre les classes unilingues alors que c'était possible. C'était possible, c'est un constat d'échec, malheureusement. Deuxième principe, et on y a fait état tout à l'heure par le président, un maître unique. Pourquoi un maître unique et non un maître une langue comme cela s'est déroulé au Pays Basque, en Alsace et ailleurs dans le système éducatif français ? Le choix a été fait par les instituteurs et que j'ai acquiescé. A savoir que la règle c'était, selon les prescriptions du recteur Legrand, que :

tout enfant sortant du cycle bilingue puisse, si les parents déménageaient par exemple, réintégré l'enseignement unilingue. Donc le choix c'était respect des horaires de la langue française et enseignement de la langue bretonne, de la langue elle-même et enseignement d'autres disciplines en breton en tant que langue d'enseignement. Donc, une contrainte, huit heures en maternelle évidemment c'était beaucoup plus de l'immersion, selon le principe en

c'est-à-dire qu'il vaut mieux parler la

langue, être le plus à l'aise au plus jeune âge pour pouvoir aborder l'apprentissage de la lecture dans de bonnes conditions. Voilà c'était, à partir de ces deux principes-là, on construit des outils pédagogiques. En français, bien sûr, on les avait, en breton on ne les avait pas et ça a été tout le travail des instituteurs disons de cette période-là, jusqu'en 1988, je dis bien un travail de pionnier et de militantisme au-delà du travail du simple instituteur. Et à partir de ce moment- là, quand certains outils étaient créés, à partir de ce moment-là, on a ressenti le besoin d'aller voir ailleurs, là où il y a un enseignement bilingue, ce qui se pratiquait. C'est ainsi qu'avec l'aide du centre culturel breton de Lannion et avec Pierre Lavanant, qui en était le président, et la municipalité de Lannion, on a initié une mission au Pays de Galles pour voir comment était organisé pendant une semaine l'enseignement du gallois au Pays de Galles qui était plus avancé que le nôtre dans le domaine du bilinguisme. Voilà et en '88, cela faisait cinq ans que les classes bilingues fonctionnaient. Fin de cette période, événement à mon avis important et capital parce que, à l'initiative des parents d'élèves, s'est tenue une exposition, une grande exposition sur les travaux effectués dans les classes, au centre Joseph Moran à Lannion où Michèle Kerrain d'ailleurs était le pilote pour expliquer tout ce qui se faisait à l'époque avec Jean-Dominique Robin qui avait le CM2 à cette période-là. Surprise, que voit-on arriver ? Monsieur le recteur Legrand avec monsieur De Keyser qui était inspecteur d'académie à l'époque dans les Côtes-d'Armor, où le Recteur a réaffirmé tous ces principes, et encouragé, disons, le développement de ces classes sur ce modèle en insistant sur un troisième principe mais que nous avions déjà dans la tête, c'était le développement de ce qu'il appelait des filières, qui sont devenues aujourd'hui des pôles. A savoir pas de création d'écoles bilingues maternelle-primaire partout mais scolarisation en bilingue en maternelle de proximité. C'est ce qui a été fait à Cavan, et je dois dire de l'action de Pierre Yvon Trémel, qui nous a quitté vous le savez, et qui, en tant que vice-président du Conseil Général des Côtes-d'Armor à l'époque, a soutenu la mise en place, et chez lui tout d'abord à l'école de Cavan, où il y avait effectivement une école maternelle, et la complicité des communes. Parce que pour le transport des enfants c'est le Conseil Général qui prenait en charge le transport des enfants, et les communes ont participé, à ce que je sache, à la scolarisation des élèves à partir du moment où on les regroupait dans des structures pédagogiques viables, pas moins de trois classes, nous disait

breton an abretañ, ar gwellañ

[le plus tôt, le mieux]

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP monsieur l'inspecteur d'académie en

monsieur l'inspecteur d'académie en introduction. Et c'est sur ce principe-là, que le pôle, aujourd'hui on dirait pôle, mais les filières de Lannion - et on appelait filière, voire bassin de formation bilingue – se sont développées, et ce n'est pas par hasard si le recteur Legrand est venu en mai 1988 parce que c'était l'entrée en septembre de la première promotion des classes bilingues au collège Charles Le Goffic à Lannion où ça a été prolongé. Voilà en gros la conclusion de cette première période 1983-1988. Deuxième période, 1988-1995, approfondissement de ce dispositif, approfondissement des démarches pédagogiques. Le recteur décide d'instituer deux semaines de formation continue

des maîtres bilingues, à tour de rôle, dans les IUFM qui allaient se créer à l'époque. C'était la réalisation du ministre Jospin qui était alors ministre de l'Education Nationale. Création des IUFM et formation continue deux semaines donc, ce qui était très important, parce que ça faisait regrouper tous les instituteurs bilingues de Bretagne, à l'époque c'était une vingtaine pas plus,

de vingt à trente, où ils s'échangeaient leurs outils pédagogiques. Et en même temps un

approfondissement disciplinaire avec les professeurs d'université, soit de Rennes soit de Brest,

qui ont beaucoup apporté à cet approfondissement. Je ne dirais pas qu'il y a un e pédagogie

bilingue, je dirais que il y a des techniques qui permettent, notamment lorsque le breton est utilisé comme langue d'enseignement, de mettre en œuvre des pratiques pédagogiques très importantes. Et en même temps, lorsque les IUFM se sont créés, on m'a désigné comme disons le coordinateur de la mise en place de la formation initiale à l'IUFM, avec les professeurs d'université de Brest, avec les professeurs d'université de Rennes, et Erwan Evenou qui s'occupait du secondaire, inspecteur du secondaire pour les collèges et les lycées à l'époque. Et ça avait été compliqué, très compliqué, parce que Rennes voulait le morceau, l'IUFM étant à Rennes. Brest voulait le morceau de son côté parce que ça faisait loin, et on a coupé la poire en deux, ce sera Saint-Brieuc. Et donc c'est ainsi qu'a été créé ces formations initiales des maîtres bilingues à Saint-Brieuc avec un programme de formation qui a permis évidemment de consolider la formation des enseignants de manière institutionnelle. Voilà donc, ça c'était 1990-1991 et mise en place 1992. Ensuite les stages de formation continue se poursuivant. Et connaissant la méthodologie mise en œuvre dans le Trégor, puisque c'était

un développement, les classes se sont créées à Tregastel. Je ne reviens pas sur les difficultés, je mets au pluriel les difficultés, de ces classes puisque c'était perçu comme retirer des élèves aux filières unilingues, parce qu'on ne pouvait pas les compter deux fois. C'est ce qu'on m'avait demandé : « Mais il faut les compter deux fois ? » Ah non, le budget de l'éducation nationale ne

Et donc je passe là-dessus parce qu'on en a largement assez parlé, mais petit

à petit, les créations se faisaient sur les mêmes bases que les taux d'encadrement dans le

permet pas de

public. Et ça se passait relativement bien à partir du moment où ces créations étaient admises et, il faut bien le reconnaître, les associations de parents c'était l'APEEB à l'époque, c'était pas

Div Yezh, enfin ce sont les mêmes n'est-ce pas, qui appuyaient fort évidemment pour que ces

créations aient lieu. Alors nous avons reçu, sachant comment était mis en place, nous avons reçu une délégation alsacienne, une dizaine de personnes, dont l'inspecteur régional à l'époque Daniel Morgen auprès du recteur. Et je relève certaines conclusions, la principale, dans leur compte-rendu de visite, c'était le cohérence du système développé, au niveau de la création et des relations, disons, de l'enseignement primaire au lycée, puisque au lycée également à Lannion ont suivi ces cohortes, avec de bons résultats, je le dis en passant puisque

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP les évaluations des systèmes

les évaluations des systèmes unilingues le permettaient de voir que les enfants des classes bilingues avaient des résultats tout à fait - peut-être toutes les choses n'étant pas égales par ailleurs – mais de très bons résultats. Troisième élément durant cette période, et c'était en 1993, la création de TES – Ti-embann ar

skolioù brezhonek

conseil régional. Où ont été regroupés au CDDP de Saint-Brieuc, donc sous l'autorité du CRDP et du recteur bien entendu, cette unité de production d'outils pédagogiques à destination des enseignants de la maternelle à, je ne dirais pas à l'université, mais au baccalauréat au lycée. Et le premier ouvrage à être sorti, ça a été Enora, qui était un recueil de comptines avec des bandes magnétiques, dont Michèle était justement la maîtresse d’œuvre dans les stages justement de formation continue des enseignants que l'on faisait à tour de rôle dans les IUFM

du

ah ! et je le souligne, en rassemblant toutes les potentialités de l'enseignement bilingue breton à savoir l'enseignement public, Diwan bien sûr et les représentants des écoles catholiques qui s'étaient lancées dans les enseignements bilingues en 1990. Dernier, il est temps que je termine, dernier point, un bilan de tout cela avait été effectué aux assises de Pontivy, à la fin du mois de Juin 1995. Certains d'entre-vous certainement y avaient assisté, où j'avais eu l'honneur de dresser le bilan de l'enseignement des langues et cultures

Alors la création de TES évidemment, c'était Ronan Coadic qui en était le premier directeur

– initiée par le recteur et le

[Maison d'édition des écoles en langue bretonne]

régionales, non seulement des classes bilingues, mais de l'ensemble de ces enseignements, en Bretagne et bien sûr en Loire-Atlantique, la Bretagne historique. Le bilan c'était une courbe en J des effectifs. Sur les effectifs de l'année 1993, il y avait 1950, à quelques unités près, élèves, dans l'ensemble de l'enseignement bilingue de Bretagne. Diwan en avait un peu plus en primaire, un peu plus à l'époque en 1993, et depuis, ça va être la transition tout à l'heure peut-

être avec ce qui

Depuis, vous imaginez, la croissance elle est restée en J. Voilà et je dirai tout

le plaisir que j'ai eu pendant ces dix années à participer et à accompagner et tout le mérite, je

le dis, revient aussi bien aux parents qu'aux enseignants qui étaient dans les classes parce que ce sont eux qui ont construit ces outils-là.

Jean-Yves Broudic Merci bien. Avant de passer la parole effectivement tout à l'heure aussi à la salle, d'autres parents anciens ou toujours aujourd'hui, et puis d'échanger et poser des questions à ceux qui ont parlé ou entre-vous, c'est assez logique que je passe la parole à Aziliz Cornu qui enseigne les mathématiques dans la filière bilingue de Rennes et qui est une ancienne élève de la filière

bilingue de Rennes. Aziliz, dit-te da gaozeal

[Aziliz, à toi de parler]

.

Aziliz Cornu Bonjour à tous. Donc effectivement, je suis ancienne élève de la filière bilingue. Les trente ans, eh bien j'en ai 27. Grâce aux parents d'élèves, aux enseignants qui se sont battus, j'ai fait partie des premiers élèves qui ont pu bénéficier d'un enseignement bilingue. Alors, en maternelle, c'était pas aussi développé qu'aujourd'hui avec des intervenants, de temps en temps, pour nous apprendre des comptines et ensuite en primaire, on a eu la chance d'avoir des enseignants bilingues et ensuite arrivé au collège, on n'était pas encore rendu à la parité, puisque il n'y avait que l'histoire-géo en breton, du collège jusqu'au baccalauréat. Au collège

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP Emile Zola. Au niveau

Emile Zola. Au niveau des effectifs, je crois qu'on a terminé à six élèves à peu près dans la classe en terminale, donc très petits effectifs, et je suis devenu moi-même enseignante de mathématiques en breton. Donc j'ai commencé d'abord dans la région de Lorient, à Lannester et Quéven et les effectifs étaient toujours aussi petits, peut-être un peu plus développés, j'avais toujours douze élèves au maximum, mais monsieur Guillou a parlé tout à l'heure d'une classe où il n'ont été que cinq pendant une inspection, eh bien j'ai eu à un moment donné que deux élèves dans la classe. Donc effectivement, ça arrive. Maintenant je suis passée à Rennes, au collège Anne de Bretagne, et alors là c'est tout autre chose. Les choses ont beaucoup évolué. D'abord ce n'est plus seulement l'histoire-géo qui est enseignée en breton, mais les mathématique, l'art plastique, la musique, l'EPS, donc pour moi c'est vraiment un changement. Quand je suis arrivée en tant qu'enseignante là-dedans, je me suis dit il y a vraiment une bonne évolution, et au niveau des effectifs, cette année on a vingt-huit élèves en sixième. Donc c'est complètement autre chose. Bon, vingt-six en cinquième, treize en quatrième et vingt-trois en troisième. Dont un élève présent dans la salle. Je ne m'étais pas destinée du tout au départ à enseigner dans la filière bilingue, mais je suis vraiment fière d'en avoir fait partie en tant qu'élève et de pouvoir maintenant transmettre à mes élèves le breton, l'enseignement d'autres disciplines en breton, pour pas seulement, justement, avoir juste un cours de breton trois heures par semaines, mais aussi l'entendre par différentes personnes avec différents accents, avec différents vocabulaires, pour faire vivre la langue. Voilà, je trouve ça très intéressant et beaucoup plus vivant.

Jean-Yves Broudic Peut-être pourrais-tu dire quelques mots, un peu, sur ce qu'a évoqué Jean ? A savoir le travail avec les collègues sur l'enseignement des mathématiques en breton.

Aziliz Cornu

Alors oui c'est vrai que le travail avec d'autres collègues de mathématiques, moi ça a été plutôt

Enfin des fois on entend qu'on vole, enfin je ne sais pas comment

je peux dire ça, des postes d'enseignants non-bilingues, mais au collège Anne de Bretagne, ça s'est très bien passé. On échange beaucoup nos données entre collègues de mathématiques, et entre collègues de breton aussi. On discute souvent entre-nous, on s'entraide pour avoir plus de matière aussi bien au niveau de la langue, parce qu'il est vrai que pendant mes études, pendant cinq ans ou six ans, j'ai quand même arrêté le breton, donc j'ai dû reprendre des cours de breton pour adultes. Et grâce à ça j'ai pu revenir dans la filière.

bien accueilli parce que j'ai

Jean-Yves Broudic Est-ce que vous travaillez ensemble les enseignants de mathématiques en breton sur l'académie ? Est-ce que vous travaillez ensemble un petit peu ?

Aziliz Cornu J'ai pas vraiment eu l'occasion, non, je ne connais pas vraiment mes collègues de mathématiques en breton. Non, malheureusement, parce que c'est vrai que ça pourrait être bien d'échanger des informations, parce que comme disait madame Kerrain, c'est quand

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP même beaucoup de travail

même beaucoup de travail même si, grâce à TES, on a des manuels en breton. On a quand même une part de traduction en plus que les autres professeurs n'ont pas forcément parce qu'on se base aussi sur des manuels en français. Les programmes sont exactement les mêmes, parce que ça aussi c'est souvent la question des parents. Les programmes sont exactement les mêmes, c'est pas parce que c'est en breton qu'on va parler par exemple en histoire, que de l'histoire de la Bretagne. Non, c'est le même programme que les autres. Et c'est vrai qu'on a une part de traduction à faire et c'est vrai que des fois j'ai peut-être l'impression de manquer d'outils pour construire mon cours, d'outils en breton pour m'aider. Je serais tout à fait heureuse d'avoir une formation continue là-dessus, si c'était possible.

Jean-Yves Broudic

Bien, merci. On va continuer la table ronde, effectivement, le micro tourne et je vous présente

On ne te voit pas donc il faut que tu te déplaces. Juste un mot pour

dire, je pense que, si je me rappelle bien, Jakez a été le premier président de l'association, ensuite ça été moi, ensuite ça a été Michel, voilà le flambeau.

Michel Sohier qui a été

Michel Sohier Oui donc voilà ancien

mais ce n'est pas ce dont je voulais parler rapidement, c'est que on est

à l'origine à plusieurs de la mise en place de la filière bilingue à Rostrenen en 1986. Donc ça n'a

Ça n'a pas été forcément simple politiquement. Je ne

vais pas détailler, mais quand on arrive sur une commune, c'est pas innocent que Callac n'ouvre que cette année alors qu'on en parle depuis quinze ans, c'est un problème politique, il faut dire clairement les choses, on n'est pas là pour parler la langue de bois. Donc nous, on était comme ça au départ à Rostrenen, comment va-t-on concilier des choses aussi différentes que des visions politiques. Ça s'est fait, bon ça s'est fait, avec des parents comme nous qui faisions quinze et quinze, trente kilomètres par jour parce que j'habite Saint-Nicolas-du-Pélem. Donc on démarre. Bon ça se passe bien, on va pas refaire tout l'historique. Et puis je prends ma retraite de président. La fille est partie, je l'emmenais à Lannion après. A Lannion toutes les semaines seulement parce qu'elle était interne, c'était un peu loin. Donc on a eu cette volonté-là qu'elle suive une filière complète et puis du coup on a levé le pied un petit peu, il faut laisser la place aux jeunes parents. Et puis tout d'un coup on se dit tient on a une filière en place mais elle marche bien. On a une certaine fierté. Elle marche tellement bien à Rostrenen que ma foi ils ont des effectifs pléthoriques en maternelle, ils sont quarante-deux avec un poste et demi quoi. Vous l'avez peut-être lu dans la presse, on en parle un petit peu. Ça fonctionne, ils vont être aux alentours d'une quarantaine de plus de trois ans, si mes informations sont bonnes. Donc voilà, nous sommes assez fières de la chose, mais on ne peut pas débrayer. On ne peut pas débrayer complètement, on a toujours un pied en double pédalage. On se dit qu'il va falloir remettre un peu notre costume de militant et remonter au créneau, on a encore des filières et des possibilités de le faire. Moi j'ai maçonné les porte de l'IUFM, je peux vous envoyer les articles de presse. Je suis un militant assez ancien et assez vindicatif. Donc c'est pour ça que je ne veux pas parler trop longtemps parce que quand je parle trop longtemps, c'est pas toujours bon. Et je vois les copains qui rigolent là-bas. Je voulais dire quand même, c'était très clair, il faut régler ce problème de Rostrenen, parce que

pas été forcément simple parce que

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP Rostrenen va arriver en

Rostrenen va arriver en classes maternelles bilingues, il va y avoir autant qu'en classes maternelles monolingues d'ici la fin de l'année je pense. Bon il va falloir aussi régler le nombre de postes entre les deux filières. Pour l'instant c'est la filière monolingue qui à mon avis serait légèrement privilégiée, bon ben on a été privilégiés dans d'autres domaines, on va pas crier au scandale, mais quand même il va falloir y penser sérieusement, sinon il va falloir qu'on rappelle les anciens pour monter au créneau un peu. J'ai pas, j'ai plus trop envie non plus. Enfin voilà, je crois que le message est passé aux instances. Je pense qu'il faut régler ce problème-là parce que les jeunes parents d'élèves qui sont derrière, ils sont très actifs. Vous les avez tous vus. Les élus ils les ont tous vus. Mais il ne faut pas qu'ils aient besoin de nous, il faut leur laisser mener ce combat, mais faut qu'ils gagnent parce que c'est l'avenir de la filière derrière. Donc il faut qu'ils gagnent ce combat. Voilà, sinon on va y aller quoi.

Jean-Yves Broudic Bien parmi la liste des personnes qui pourraient avoir envie de dire quelque chose, je vais lire les noms. Ça ne veut pas dire que les autres ne peuvent pas parler. Donc on m'avait indiqué que peut-être Marie-Claude Lagain serait susceptible de dire un mot. Maryvonne Guyader, je sais pas Maryvonne si tu veux dire quelque chose. Mireille Rubin. Également Gael Herbert. Gael Herbert elle est également inspectrice de l'éducation nationale je crois, je sais pas si elle est dans la salle. Rozenn Cornu. Gérard Coupier ancien administrateur aussi de l'association. Donc je vous laisse, je vais prendre le micro baladeur, je vais vous le passer. Et puis qui c'est qui veut dire quelque chose ? Gérard ? Gérard Coupier là-bas.

Gérard Coupier J'ai rien préparé donc j'improvise un petit peu. Donc, je suis ancien parent d'élève, pas de la première génération, mais de la deuxième génération donc militant dans les années '90, pendant une dizaine d'années. Je voulais rappeler, ce qui a bien été évoqué, c'était un combat continu pour ouvrir des classes pour faire avancer la reconnaissance du breton par rapport aux instances. Cela a été évoqué à Lannion. C'est nous la première génération qui avons fait en sorte que le breton soit reconnu au brevet des collèges via l'épreuve d'histoire-géographie. Donc ça a été reconnu en 1993, de mémoire. Et rebelote avec le bac, ce sont donc les premiers élèves qui ont rédigé en langue régionale, donc en breton. C'était six Lanionnais en 1996. Donc on a participé activement au niveau du bassin de Lannion à cette avancée. Donc je voudrais dire que visiblement le combat c'est toujours présent par rapport aux instances de l'éducation nationale. Je remarque aussi, quand même, que les constantes c'est le combat, les réticences

qui sont toujours présentes. Je lis un petit peu la presse, je suis un petit peu en retraite, en tant que parent. Je vois que par rapport aux élus, ils sont beaucoup plus réceptifs. Les collègues, enfin, vos collègues enseignants sont un peu plus réceptifs aux classes bilingues, donc c'est

On a toujours défendu l'école laïque et on voulait un

moins difficile qu'avant, parce qu'avant

enseignement bilingue dans l'école laïque et il fallait expliquer aux collègues parents et aux collègues enseignants unilingues, que nos enfants étaient les mêmes élèves que les autres, qu'ils n'étaient ni plus ni moins importants, que le breton était un devoir important pour nous et un devoir de l'éducation nationale d'assurer cet enseignement. Je sens donc qu'il y a des choses qui ont évolué, au niveau des élus, au niveau des enseignants unilingues, ils acceptent

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP un peu plus, mais

un peu plus, mais on voit toujours, enfin j'ai l'impression – je n'ai pas l'actualité – j'ai

l'impression qu'il est toujours difficile. Bon tu parlais de créer un nouveau poste bilingue, alors il

y a le problème des enseignants bilingues effectivement, mais j'ai toujours l'impression que

c'est difficile d'ouvrir des classes bilingues. Ça paraît plus facile, mais c'est encore quand même difficile. C'est pas un droit acquis. Rien n'est acquis, je sais pas, quelqu'un l'a dit, voilà. Voilà je voulais juste ma petite intervention modeste pour voir la continuité des choses et en même temps l'évolution positive. Quand j'étais parent d'élève dans les années 1990, il y avait une filière à Tregastel-Cavan qui se poursuivait sur Lannion. Il y avait, de mémoire, Pabu, Rostrenen.

Enfin je ne connais

Bégard, etc. Enfin ça prend quand même de l'importance, mais

plus tous les sites maintenant

Il n'y avait pas Plestin-les-Grèves, ça commençait tout juste. Il n'y avait pas

j'ai l'impression que c'est pas encore un droit acquis. Je peux me tromper, je sais pas.

Jean-Yves Broudic Okay, merci Gérard. Gwelet 'm eus ur biz o sevel aze madame, devant là.

Marie-Jeanne Verny Merci. Merci de l'historique.

Jean-Yves Broudic Présentez-vous

[J'ai vu un doigts se lever là]

. Le micro à

Marie-Jeanne Verny Moi c'est Marie-Jeanne Verny, FELCO, Fédération des Enseignants de Langue et Culture Occitane. Moi c'est une demande que je voudrais faire aux collègues bretons ici. C'est que la FLAREP est la seule association qui rassemble toutes les personnes qui, en France, s'intéressent aux langues et cultures régionales dans l'enseignement public. Or, comme association d'enseignants, nous souffrons vraiment de ne pas avoir dans la FLAREP d'autres associations d'enseignants des autres langues. Et moi quand j'entends les collègues parler des difficultés du métier, parler d'outils pédagogiques, je me sens en phase, je suis enseignante. Et que je pense que le point de vue des parents et des profs comme le montre la table ronde qui est excellente parce qu'il y a les deux complémentaires ce point de vues de parents et de profs, impossible de les séparer. Enfin comme profs, on se sent vraiment, vraiment, en manque de vous les Bretons. Il y a des années que je dis à Div Yezh : « Demandez à vos profs de venir à la FLAREP. » Or il ne viennent pas à la FLAREP. Donc je profite de ce que nous en sommes en Bretagne pour vous demander chers collègues, de bien vouloir vous associer, je ne sais pas comment, et de faire partie, de façon institutionnelle, de la FLAREP. On a vraiment besoin, quand on va ailleurs on a besoin du point de vue des enseignants des différentes langues, complémentaire de celui des parents.

Jean-Yves Broudic Merci de votre demande. Je vois un bras se lever. Deux bras ! Allez-y, allez-y. Peut-être les dernières interventions quand même puisqu'on m'a dit de faire en sorte que ça se termine, je

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP sais pas pour une

sais pas pour une histoire de salle ou d'autres tables rondes qui doivent commencer.

Jean-Marc Cléry Donc une intervention de professeur militant, non pas enseignant de breton ni en breton, mais d'un professeur militant à la FSU.

Jean-Yves Broudic Votre nom

Jean-Marc Cléry Jean-Marc Cléry et depuis de nombreuses années nous travaillons sur le dossier du breton et nous sommes une fédération syndicale majoritaire. Nous représentons aussi les collègues qui enseignent le breton et qui enseignent en breton. Un petit mot pour dire quand même, je dirais ces quelques points positifs qu'on a noté dans le développement de l'enseignement bilingue, vu du second degré en tous cas, que je connais un petit peu mieux que le premier degré, on voit bien que les difficultés sont encore très très fortes. On parlait de la nécessité de se battre et des résistances, résistances internes au milieu enseignant, oui peut-être, résistances idéologiques je crois beaucoup moins, mais résistances institutionnelles toujours très fortes. Toute l'année dernière nous avons pesé beaucoup, autant que possible, dans les instances. Il y a de nombreuses instances dans lesquelles on parle de l'enseignement du et en breton, les CLR, des groupes de travail qui se sont mis en place l'année dernière à l'initiative du rectorat dans le sillage du rapport Broudic de façon à réfléchir sur l'avenir de l'enseignement du et en breton. Et aussi dans les instances régionales, le CESER où la FSU est présente. Nous n'avons cessé de porter la parole des parents et des enseignants pour dire que la question du breton elle doit s'inscrire dans la durée. Un des obstacles majeurs, c'est le temps, pour les familles le temps pour porter des demandes, un temps qui parfois leur est objecté pour ouvrir des filières. Un temps qui parfois est difficile aussi à faire comprendre dans les inspections académiques où il peut y avoir une parole différente entre ce qui va se dire à l'échelon du rectorat et ce qui va se dire dans les départements. Il y a aussi la question de la continuité, continuité entre le premier et le second degré ; continuité territoriale, tout à l'heure monsieur Guillou lorsqu'il a parlé de la politique des pôles a parlé des points positifs de la politique des pôles, mais il a noté aussi qu'il pouvait y avoir quelques limites à cette politique, dont la question des transports, dont la question des dérogations nécessaires pour arriver dans des établissements qui vont être pôles sont des éléments de frein. Donc nous on a cessé de se battre sur cet aspect-là, de souligner que l'engagement de l’État, que l'engagement de la politique en matière de langues est insuffisant, qu'il n'est pas suffisamment résolu pour permettre un véritable soutien, un véritable développement, mais il est clair aussi que la question de l'enseignement du breton ne suffit pas à elle seule, je dirais à développer et à permettre la lutte pour le maintien et le développement de la langue en Bretagne. C'est l'engagement de l'ensemble de la collectivité qui doit être fait.

Jean-Yves Broudic Merci. Alors dernier mot à droite, là, peut-être ? Dernière intervention.

Conférence Témoignages : L'enseignement bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la

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bilingue public a 30 ans – 26 e colloque de la FLAREP Joan Jaume Prost Merci,

Joan Jaume Prost Merci, je serai très bref. Lorsque l'on parle qu'un enseignant bilingue prendrait éventuellement la place d'un enseignant monolingue, je pense que ce n'est qu'une forme de sectarisme. Je vous rappelle qu'il y a soixante ans environ, certains hommes se plaignaient que les femmes allaient prendre leur place dans la fonction publique. C'était du même acabit. Donc les femmes ont acquis leur place, je pense que les enseignants bilingues bretonnants n'ont droit qu'à leur place. C'est tout.

Jean-Yves Broudic Merci, mais ça va être le mot de la conclusion. Merci à toutes les personnes qui ont accepté de parler. Et donc le colloque se continue.