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Transferts thermiques; loi de fourier.

Les pré requis mathématiques:

L'opérateur gradient: grad f

grad est un opérateur vectoriel du premier ordre agissant sur un ⎧ ∂ f

f ( x, y , z) a grad f =


∂ x ⎪ ∂ f ⎨ ⎪ ∂ y ∂ f
∂ x
⎪ ∂ f
∂ y
∂ f

⎩ ∂ z

.

grad f

en

M

est défini par la relation: df

=

grad

M

f d OM

champ scalaire:

. Cette

définition intrinsèque du gradient permet d'expliciter les composantes du

gradient dans les autres systèmes de coordonnées.

Interprétation physique du gradient: grad

surface de niveau f(x,y,z) = Cste au point M, dirigé dans le sens de f .

L'opérateur divergence: div div est un opérateur scalaire du premier ordre agissant sur un

est perpendiculaire à la

M f

a =

a

a

a

x

y

z

a div a =

a

a

x +

y +

a

z

x

y

z

champ vectoriel:

Définition intrinsèque de la divergence : divest la trace de la matrice jacobienne du champ vectoriel (utile pour expliciter la divergence en coordonnées cylindriques ou sphériques).

L'opérateur laplacien scalaire: f

La laplacien scalaire est un opérateur scalaire du deuxième ordre

agissant

f = div (grad f ) .

Expressions du laplacien scalaire en coordonnées :

par:

sur

un

champ

scalaire,

défini

intrinsèquement

2

f

2

f

2

f

 

f

=

 

+

+

 

x

2

 

2

2

 

Cartésiennes :

 

y

 

z

.

 

f

=

1

f

⎟ +

2

1 f

+

2 f

 

Cylindriques :

 

r r

r

r

r

2

θ

2

z

2

.

Sphériques

 

f

=

1

2

f

⎟ +

 

1

sin

θ

f

⎟ +

 

1

2

f

r

2

r

r

r

2

r sin

θ

θ

 

θ

2

r sin

θ

ϕ

2

.

:

Équation de Laplace:

C'est l'équation aux dérivées partielles telle que f = 0.

Avec des conditions aux limites imposées (l'équivalent des conditions initiales pour une équation différentielle ordinaire) et pour une géométrie donnée, la solution de l'équation de Laplace est unique. De façon générale, les fonctions solution de l'équation de Laplace sont appelées fonctions harmoniques.

I : Les différents modes de transferts thermiques. 1°) Transfert par rayonnement; loi de Stefan.

C'est le seul mode à pouvoir se propager dans le vide.

Trouve son origine dans le mouvement des charges électriques présentes dans la matière.

Le spectre émis est continu et d'autant plus décalé vers les fréquences élevées (c'est-à-dire les grandes énergies) que la température est plus grande. La longueur d'onde (λm) du maximum d'énergie rayonnée dépend de la température T suivant la loi dite du déplacement de Wien: λm.T 3 mm.K.

L'étude du rayonnement a conduit le physicien allemand Max Planck au concept de quantum d'énergie pour interpréter le spectre émis par un corps noir (objet physique défini comme un absorbeur intégral sur la totalité du spectre électromagnétique). Le rayonnement émis par un corps noir en équilibre thermodynamique et radiatif ne dépend que de sa température T et en rien de sa nature (des atomes qui le constituent).

Dès 1879, le physicien autrichien Stefan proposait une loi expérimentale reliant la puissance surfacique totale (sur toutes les longueurs d'onde du spectre) émise par un corps noir en équilibre thermodynamique et radiatif dans un demi espace (angle solide de 2π) en fonction de la seule température du corps noir. Cette loi trouva sa justification théorique par la suite, à la lumière des travaux de Planck. On retient la loi de Stefan:

P = σ.T4 (P en W/m²), avec σ = 5.7 10-8 usi. (ou

P = ⎜ ⎛

T

64,7

4

W m

/

2

)

2°) Transfert par convection; loi de Newton.

Ce mode suppose la présence d'un milieu matériel.

Il se fait avec transfert de matière dans un fluide initialement (ou maintenu) hors équilibre.

Dans de nombreux cas, au transfert de chaleur convectif s'ajoute un transfert conductif (voir 3°) au niveau de la paroi de la canalisation dans laquelle s'écoule le fluide: on parle alors de couplage conducto-convectif. Le flux thermique surfacique, noté jcc (c'est-à-dire la chaleur transférée par unité de temps et par unité de surface) peut dans de nombreux cas être décrit par la loi dite de Newton:

jcc = h.(Tparoi - Tfluide), où h est un coefficient empirique appelé coefficient de transfert convectif. L'unité SI de h est W.m-2.K-1. Le flux thermique est dirigé dans le sens des T .

Type de transfertfluideh (W.m-2.K-1). Convection naturellegaz5 - 30eau100 - 1000 Convection forcéegaz10 - 300eau300 - 12 000huile50 - 1700

3°) Transfert par conduction; loi de Fourier.

Le transfert par conduction nécessite la présence d'un milieu matériel.

Contrairement à la convection, la conduction se fait sans mouvement

d'énergie

macroscopique

prépondérant dans les solides. La conduction correspond à un mode de transfert d'énergie interne. Elle se produit dans un milieu hors équilibre. Le maintien de ce déséquilibre, ou le retour à l'équilibre se traduit par un flux thermique (ou flux de chaleur) émis des régions chaudes vers les régions froides.

de

matière:

c'est

donc

le

mode

de

transfert

Au flux thermique ΦΣ (chaleur transférée par unité de temps à travers

une surface Σ), on associe un vecteur noté appelé vecteur densité de flux (ou de courant) thermique (ici d'origine conductif), dont la norme représente le flux thermique surfacique, en W.m-2.

:

Φ

La

Σ

=

Puissance

thermique

∫∫ Σ

j dS

th

.

Loi de Fourier:

transférée

par

conduction

s’écrit

La loi de Fourier se traduit par la relation: j

th = −λ . grad T

.

λ (λ toujours positif) est la conductivité thermique du matériau. L'unité SI de λ est le W.m-1.K-1. λ dépend du matériau et (un peu) de la température. Le signe moins dans la loi de Fourier traduit l'orientation de vers les basses températures.

Ce transfert de chaleur caractérise une évolution intrinsèquement irréversible. Rappelons-nous l'énoncé historique de Clausius du 2nd principe:

"la chaleur ne passe pas naturellement des régions froides vers les régions chaudes".

Quelques valeurs typiques de λ (en W.m-1.K-1):

0,25cuivre390béton0,9 à 1,75huile

minérale0,13aluminium238brique0,84laine de verre0,04laiton120eau( à 20

argent418verre

~

1bois0,12

à

°C)0,6mousse de polyuréthane0,03 fer 82corps humain0,5polystyrène expansé0,0039plomb 35plâtre0,46air24.10-3acier inox 16ciment,

liège0,3argon18.10-3

II : L'équation de diffusion (ou équation de conduction). 1°) Expression la plus générale de l'équation de diffusion.

Soit un solide homogène et isotrope de masse volumique ρ et de capacité calorifique massique c, hors équilibre (dont la température n'est pas uniforme), à l'intérieur duquel peuvent exister des sources internes d'énergie (géothermie, radioactivité, source de chaleur, … ) qu'on caractérise par leur puissance volumique

pth.

Soit le vecteur densité de courant thermique dans le matériau.

Un bilan énergétique établi sur un élément de volume d3τ = dxdydz pendant une

durée dt conduit à l'équation aux dérivées partielles appelée équation de conduction

(on dit aussi diffusion) dont l'expression la plus générale est:

ρ

.

c

T

t

=

p

th

div j

th

.

2°) Diffusion sans sources internes: l'équation de Fourier.

En l'absence de sources internes (pth = 0) , en supposant que le milieu suit la loi de Fourier et si l'on considère λ indépendant de la température, on aboutit à

l'équation dite "de la chaleur" ou "équation de Fourier":

a =

λ

ρ .

c

T

t

=

λ

.

T

.

On pose

m2/s.

ρ .

c , coefficient appelé "diffusivité thermique", dont l'unité SI est le

On retient l'équation de Fourier sous la forme:

T =

t

a . T

.

Diffusivités thermiques de quelques matériaux:

Cuivre114 10-6acier inox 4 10-6sol6 10-7Aluminium 86 10-6verre 0,58 10-6eau à 25 °C1,4 10-7Laiton 33 10-6bois0,45 10-6corps humain~ 1 10-7

Analyse qualitative de l'équation de Fourier.

Remarquez les rôles dissemblables joués par les variables spatiales et temporelle.

En particulier, l'inversion du temps (changer t en -t) ne laisse pas l'équation invariante: cela traduit l'irréversibilité physique du phénomène de conduction thermique ce qui permet de définir une "flèche du temps". L'équation de Fourier est linéaire. Ainsi:

Toute combinaison linéaire de fonctions solutions de l'équation de Fourier est aussi solution. On peut aussi chercher à résoudre l'équation dans et prendre pour solution la partie réelle de la solution complexe trouvée.

Remarque: La résolution de l'équation de Fourier est assez complexe en général et peu de configurations se prêtent à une résolution numérique. Si on se limite à un problème à une dimension (T fonction de x et du temps t), et suivant les conditions aux limites imposées, nous pouvons chercher certains types de solutions particulières:

T(x,t) = f(x).g(t) (méthode de séparation des variables, pour étudier la réponse forcée à une excitation sinusoïdale par exemple).

A x 2 ⎞ T ( x t , ) = exp ⎛ ⎜ −
A
x
2 ⎞
T
(
x t
,
)
=
exp
⎛ ⎜
t
4
at
⎝ ⎜ ⎠
x
2
2 at
T
(
x t
, ) =
A
exp(
π
0
dynamique).
Analyse dimensionnelle.

(Étude de la diffusion d'un pic de température).

2

u du

)

(pour le problème de la température de contact en régime

Revenons sur la dimension du coefficient de diffusivité: a en m2/s. Soit ainsi l et τ une longueur et une durée caractéristique du phénomène de conduction.

∂ T 2 l ∂ t ≈ ∂ 2 T τ 2 ∂ x
∂ T
2
l
∂ t
∂ 2
T
τ
2
∂ x

a =

On peut écrire:

s'étire en longueur dans le temps à mesure qu'on s'éloigne du centre originaire de

la diffusion. Donc, si pour une barre de longueur L0, il faut attendre une durée T0 pour obtenir à peu près le régime permanent, il faudra attendre 4 fois plus longtemps avec une barre de longueur 2L0.

. Cette relation entre l et τ montre que la diffusion

3°) Cas d’un écoulement unidirectionnel, sans termes de production interne.

Diffusion axiale (suivant Ox) à section constante S.

En

l’absence

de

pertes

latérales

rayonnement

par

T

=

λ

.

2

T

ρ

. c

t

x

2

.

l’équation de Fourier s’écrit dans ce cas :

ou

convection,

On suppose maintenant que la surface latérale du conducteur cylindrique (rayon R) n’est pas isolée du milieu extérieur à la température Te : les échanges thermiques sont régis par la loi de Newton (flux conducto-convectif) : dP’ = h.( T(x) -Te ).dSlat, où dP’ est la puissance thermique échangée par la surface latérale élémentaire (dSlat = 2πR.dx). (L’échange conducto-convectif est une grandeur algébrique et comptée ici positivement si le flux de chaleur est dirigé vers l’extérieur, compté donc comme une perte). Le bilan énergétique conduit alors l’équation suivante :

ρ

.

c

T

=

λ

.

2

T

2

h

t

x

2

R

(

T ( x

)

T

e

)

.

Diffusion axiale à section variable S(x), sans pertes latérales.

Le bilan énergétique conduit à l’équation :

ρ

.

c

T

1

T

t

S x

(

)

x

x

=

λ

.

S x

(

)

.

III : Résolution de l'équation de diffusion thermique. 1°) Réponse en régime permanent, sans termes de production.

En régime permanent et sans sources internes dans le matériau, la température (champ scalaire des variables d'espace) est solution de l'équation de Laplace:

T = 0. On a aussi

div j

th

= 0

.

De plus le flux thermique à travers une surface Σ est constant: ΦΣ = Cste.

La solution (qu'on sait unique compte avec des conditions aux limites fixées) dépend de la géométrie du problème posé.

2

T

T

=

x

2

.

Cas d'un problème unidimensionnel: T(x). La solution est : T(x) = A.x + B. λ.A = Cste.

Cas d'un problème à symétrie cylindrique: T(r).

Dans ce cas:

La loi

de Fourier s'écrit alors: jth = -

Dans

ce

cas:

T

=

1

r

T

r

r

r

.

de Fourier s'écrit alors: jth = -

λ.A/r.

Notion de résistance thermique:

Soit Φth le flux de conduction thermique à travers une surface S d'un matériau de conductivité thermique λ. La loi de Fourier et la conduction thermique présentent le même formalisme que la loi d'Ohm et la conduction électrique associée. Précisons ces analogies:

Loi d'Ohm : conduction électriqueLoi de Fourier : conduction

La solution est : T(r) = A.ln(r) + B.

La loi

thermique. j =γ E = −γ grad V j

(=flux de à travers Σ)⇔Φth (= flux de à travers Σ)Conductivité électrique γ (en -1.m-

1)Conductivité thermique

R =

:

Potentiel électrique VTempérature TI

th =−λ gradT

λ (en

R

th

W.m-1.K-1)Résistance

=

T

1

T

2

Φ th

électrique

V

1

V

2

I Résistance thermique :

On retient la définition générale de la résistance thermique :

R th

=

T

1

T

2

Φ th

.

Les analogies établies ci-dessus, montrent que les lois d'associations des résistances thermiques sont les mêmes que celles des résistances électriques.

Cas d'une propagation unidimensionnelle à travers un matériau de longueur l et de section s:

R th

=

1 l

λ s

.

Cas d’une propagation radiale à travers un cylindre (problème à symétrie cylindrique).

l

R 2 R 1
R 2
R 1

Φ th

Le flux conductif est radial, ne dépendant que de la distance r à l’axe Oz, s’écoulant entre deux cylindres coaxiaux de rayons R1 et R2 (R2 > R1). Pour un tronçon de longueur l, on établit que :

R th

=

1

λ

ln

2 R 1
2
R
1

R

2πl

.

2°) La sensation de "chaud" ou de "froid" : température de contact.

Étude statique du problème en régime permanent.

Soit 2 cylindres de même section S et de même longueur l, constitués de 2 matériaux différents de conductivités thermiques λ1 et λ2 et traversés par un flux thermique Φth. On suppose un régime permanent établi. La température de contact Tc à l'interface des deux matériaux vaut :

T c

=

λ

1

T

1

+

λ

T

2 2

λ

1

+

λ

2

.

Exemples:

°C.

contact main (λ1 = 0,5) à 37 °Csur

contact main à 37 °C

sur

bois (λ2 = 0,2) à 20 °C :

Tc

32

acier inox (λ2 = 16) à 20 °C : Tc 20,5 °C.

Étude dynamique.

On affine le modèle précédent: on suppose maintenant que les cylindres sont illimités et emboîtés en x = 0. L'extrémité gauche (x - ) du cylindre 1 est maintenue à la température constante T1, tandis que l'extrémité droite (x → ∞) du cylindre 2 est maintenue à T2 constante. On admet qu'à l'interface, il s'établit instantanément une température stationnaire Tc. On détermine alors le profil de température, qui fait appel à la fonction erf(y) (fonction error), avec

y =

x 2 at
x
2 at

. En écrivant l'égalité du flux thermique à l'interface à tout instant (j1(x = 0, t) = j2(x = 0,

t)), on aboutit à :

=

b T

1

1

+

b T

2 2

b

1

+

b

2

T

c

, où b1 et b2 sont les effusivités thermiques des matériaux 1 et 2.

λ

b =

ρ . c .λ =
ρ
.
c
.λ =

a . Elle caractérise la réponse d'un

milieu à une perturbation thermique non stationnaire.

Cuivrealuminiumplombacier inoxcorps humainboisb (usi)36,5 10323,9 1037,2 10314 1031,8 1030,4 103

L'effusivité est définie par:

3°) Réponse en régime sinusoïdal forcé.

On s’intéresse au profil de température dans le sous-sol, modélisé comme un milieu homogène de diffusivité a (a 6 10-7 m2/s), localement assimilé à un demi espace infini. Le plan yOz est la surface du sol et l’axe Ox est la verticale descendante. On cherche la réponse T(x,t) dans le sous sol à une excitation en surface périodique sinusoïdale de la forme :

T(x=0, t) = T0 + θ0 cos(ω.t) T0 représente la température moyenne au dessus du sol et θ0 l'amplitude des variations (journalières ou saisonnières selon le problème envisagé). Après un régime transitoire l'évolution de la température au niveau du sol va imposer des variations sinusoïdales de celle du sous-sol, la réponse se faisant avec la même fréquence que l'excitation (phénomène très général en physique pour les systèmes linéaires). On pose à priori une solution de la forme: T(x,t) = T0 + Re(θ(x,t)), en recherchant la solution complexe θ(x,t) par la méthode de séparation des variables: θ(x,t) = f(x).exp(jωt) (f à priori à valeur complexe).

2 d f 2 − j f = 0 2 2 dx δ
2
d f
2
− j
f = 0
2
2
dx
δ

δ

=

2 a ω .
2
a
ω
.

f est solution de l'équation différentielle:

δ est homogène à une longueur. On l'appelle souvent épaisseur (ou profondeur) de peau.

, avec

La résolution de cette équation, en se limitant aux solutions physiquement acceptables compte tenu du problème posé conduit finalement à l'expression du profil de température dans le sous-sol:

T

( x , t ) = T

0

+

θ

0

. exp

x

δ

x

δ

. cos

t

ω

.

On constate que la fluctuation de température est négligeable au delà d'une profondeur de quelques δ. Pour ce problème particulier, δ est appelé épaisseur thermique. A noter aussi le décalage temporel entre l'excitation et l'effet, décalage d'autant plus important

que la profondeur est grande et ω petit:

Cas des fluctuations journalières :

20 min Cas des fluctuations annuelles :

mois.

t =

x 1 = x ω δ . 2. aω .
x 1
= x
ω δ
.
2. aω .

ωjour 73 10-6 rad/s;

ωan 2 10-7 rad/s;

δ ≈ 13 cm.

δ ≈ 2,5 m.

t à 25 cm 7 H

t

à

5

m

4