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2011 sources génétiques Ges tion des ressources généti ques PRE SERVATION DE LA BIODIVERSITE EN
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01/01/2011

INRAA

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SOCIO ECONO MIQUES DE LA PO PULATION HUMAINE ET DE L’EQ ECOSYSTEMES UILIBRE DES FERRAH ALI

Sommaire

Gestion des ressources génétiques

2

Sigles et acronymes

4

Introduction

7

1. Biodiversité et équilibre des écosystèmes

7

1.1 - La biodiversité : une vision globale

7

1.2 - L’équilibre dynamique des

7

1.3 - L’érosion de la

8

2. Ecosystèmes et préservation de la biodiversité

9

2.1 - Pourquoi préserver la biodiversité ?

9

2.2 - Comment conserver la biodiversité? : Les méthodes et leurs

10

2.2.1 - La conservation in situ (Article 8 de la CBD)

10

2.2.2 - Conservation ex situ (Article 9 de la CBD)

11

2.2.3 - L’écologie de la restauration (Articles 7f et 9c de la CDB)

12

3. Biodiversité, besoins socio-économiques et bien être des populations

12

3.1 - Assurer le bien être général des populations

13

3.2 - Maintenir et consolider les moyens de subsistance et les sources de revenus des

14

3.3 - Développer les capacités productives agricoles et alimentaires

14

3.4 - Rompre le cycle de la pauvreté par la valorisation des territoires difficiles et la

préservation des moyens de subsistance des

14

4. Biodiversité, équilibre des écosystèmes et besoins socio-économiques en

17

4.1 - Contexte

17

4.2 - Les écosystèmes en Algérie : Biodiversité et incidences économiques

19

4.2.1 - Les écosystèmes marin et

19

4.2.2 - Les écosystèmes des zones

20

4.2.3 - Les écosystèmes

21

4.2.4 - Les écosystèmes de

22

4.2.5 - Les écosystèmes

24

4.2.6 - Les écosystèmes

27

4.2.7 - Les écosystèmes agricoles

31

4.3

– Politiques et stratégies de conservation de la diversité biologique en

33

4.3.1 – La conservation In

33

4.3.2 – La conservation Ex Situ

36

Conclusion Annexe Références bibliographiques

Gestion des ressources génétiques

37

42

43

3

Sigles et acronymes

Gestion des ressources génétiques

4

ADPIC: Accords sur les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. ANN : Agence Nationale pour la conservation de la Nature APC : Assemblée populaire communale (Mairie) APN : Assemblée populaire nationale (Parlement, Chambre basse) APW : Assemblées populaires de wilaya ASPIM : Aires spécialement protégées d’importance Méditerranéenne BNEDER Bureau national d’études pour le développement rural CNMA : Caisse nationale de la mutualité agricole CDARS Commissariat au développement de l’agriculture des régions sahariennes CDB : Convention sur la diversité biologique CIHEAM : Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes CITES : Convention sur le commerce internationale des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction CNDRB : Centre national de développement des ressources biologiques CNIAAG Centre national de l’insémination artificielle et de l’amélioration génétique CNIS : Centre national de l’informatique et des statistiques (Douanes Algériennes) CNL : Commissariat national au littoral CNRDPA : Centre national de recherche et de développement de la pêche et de l’aquaculture CNTS : Centre national des techniques spatiales CNFPN : Conseil national des forêts et de la protection de la nature CNFE : Conservatoire national des formations à l’environnement CRSTRA : Centre de recherche scientifique et technique des régions arides DA : Dinar Algérien DFRV : Direction de la formation, de la recherche et de la vulgarisation (MADR) DGF : Direction générale des forêts (MADR) DRDPA : Direction de la régulation et du développement agricole (MADR) DSA : Direction des services agricoles (MADR) DSAEE : Direction des statistiques agricoles et des études économiques (MADR) ESSMAL (ISMAL) : Ecole supérieure des sciences de la mer et de l’aménagement du littoral EPST : Etablissement public à caractère scientifique et technique FAO : Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture FDRMVTC: Fonds de développement rural et de mise en valeur des terres par la concession FEDEP : Fonds pour l’environnement et la dépollution FEM : Fonds pour l’environnement mondial FFEM : Fonds Français pour l’environnement mondial FIDA : Fonds international pour le développement agricole FLDDPS: Fonds pour la lutte contre la désertification et le développement du pastoralisme et de la steppe FNAT-DD : Fonds national de l’aménagement du territoire et du développement durable FNDIA : Fonds national pour le développement des investissements agricoles FNDPA : Fonds national de développement de la pêche et de l’aquaculture FNPLZC: Fonds national pour la protection du littoral et des zones côtières FNRDA : Fonds national de régulation et de développement agricole FNRPA : Fonds national pour la régulation de la production agricole FNRS : Fonds national de la recherche scientifique. FNUF : Forums des nations unies sur les forêts FSDEHP : Fonds spécial pour le développement économique des hauts plateaux FSDRS : Fonds spécial de développement des régions du sud HCDS : Haut commissariat au développement de la steppe ICARDA : International centre for agricultural research in dry areas. INA : Institut national agronomique

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INPV : Institut national de protection des végétaux INRAA : Institut national de la recherche agronomique d’Algérie INRF : Institut national de la recherche forestière ITAFV : Institut technique de l’arboriculture fruitière et de la vigne ITDAS : Institut technique de développement de l’agronomie saharienne ITELV : Institut technique de l’élevage ITGC : Institut technique des grandes cultures. JO : Journal Officiel JORADP : Journal officiel de la République Algérienne Démocratique et Populaire LRSE : Laboratoire Réseau de Surveillance Environnementale MAB : Man And Biosphère MADR : Ministère de l’Agriculture et du Développent Rural MATET : Ministère de l’aménagement du territoire, de l’environnement et du tourisme MedMpa : Mediterranean marine protected areas MEDPOL : Programme Méditerranéen pour la lutte contre la pollution marine METAP : Mediterranean environnemental technical assistance program MICLE : Ministère de l’intérieur et des collectivités locales MEN : Ministère de l’éducation nationale MESRS : Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique MPRH : Ministère de la pêche et des ressources halieutiques MRE : Ministère des ressources en eau OILB: Organisation internationale de lutte biologique contre les animaux et les plantes nuisibles OMC : Organisation mondiale du commerce OMPI : Organisation mondiale de la propriété intellectuelle OMS : Organisation mondiale de la santé ONEDD : Observatoire national de l’environnement et du développement durable ONG : Organisation non gouvernementale (Association) ONM : Office national de météorologie ONS : Office national des statistiques ONU : Organisation des nations unies. ORDF : Office régional de développement forestier PAC : Plans d’aménagements côtiers PAM : Plan d’action pour la méditerranée PANMPAMCP: Plan d’action national pour la mise en place des aires marines et côtières protégées PAS BIO: Plan d’action stratégique pour la protection de biodiversité en région méditerranéenne PAT : Programme d’action territoriale PER : programme emploi rural (I Et II) PNAE-DD: Plan national d’actions pour l’environnement et le développement durable PNALCD : Programme national d’action pour la lutte contre la désertification PNDAR : Plan national de développement agricole et rural PNDPA : Plan national pour le développement de la pêche et de l’aquaculture PNR: Plan national de reboisement PNR: Programme national de recherche PNUD: Programme des nations unies pour le développement PNUE Programme des nations unies pour l’environnement PNUE : Programme des Nations Unies pour l’environnement PPDRI : Projets de développement rural intégré PRCHAT : Programme de renforcement des capacités humaines et d’assistance technique. RADP : République Algérienne Démocratique Et Populaire REMPEC : Regional marine pollution emergency response center for the mediterranean sea SAU : Surface agricole utile SDAT : Schéma directeur d’aménagement touristique

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SDRD : Stratégie de développement rural durable SIG : Système d’information géographique SMCP Stratégie Mondiale de la Conservation des Plantes SNAT : Schéma national d’aménagement du territoire SPAN : Stratégie et plan d’action SRAT : Schéma régional d’aménagement du territoire UICN : Union internationale pour la conservation de la nature UNESCO : Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture UPOV : Union internationale pour la protection des obtentions végétales USTHB : Université des sciences et de la technologie Houari Boumediene WWF : World Wildlife Fund (Fonds Mondial pour la Nature).

6

Gestion des ressources génétiques

Introduction Le développement des activités économiques et les impératifs liés au bien-être social des populations humaines ont eu pour effet l’extension des activités consommatrices de ressources naturelles, l’élargissement des armatures urbaines, la densification du tissus industriel et infrastructurel ainsi que le renforcement des conditions de la vie moderne (Mobilité, recherche de loisirs, tourismes…etc.). Impliquant une intensification de l’utilisation des sites biologiques et une pression anthropique sur les ressources biologiques, ces processus constituent une menace constante et croissante sur les écosystèmes en termes d’appauvrissement du patrimoine génétique et de rupture des équilibres. Face aux risques réels d’érosion des ressources génétiques mais aussi, et surtout, aux engagements internationaux découlant de la ratification de nombreuses conventions internationales (Cf. Annexe), dont celle relative à la préservation de la biodiversité (CDB, 1995), l’Algérie est amenée à accorder un intérêt stratégique à la gestion de ses ressources génétiques. Dans le présent document il sera question de la problématique inhérente à la préservation de la biodiversité en rapport avec les exigences socioéconomiques de la population humaine et de l’équilibre des écosystèmes.

1. Biodiversité et équilibre des écosystèmes.

1.1 - La biodiversité : une vision globale.

7

La biodiversité est la « Variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces et ainsi que celle des écosystèmes » (CDB, Article 2 1 ). La diversité biologique est appréhendée à trois niveaux :

- La diversité génétique, apparente ou non, au sein des espèces. Elle se rapporte à

la variété des gènes chez les plantes, animaux, champignons et micro-organismes et se rencontre aussi bien chez une espèce qu'entre les espèces.

- La diversité des espèces qui fait référence à la variété des différentes espèces (plantes, animaux, champignons et micro-organismes).

- La diversité des écosystèmes.

1.2 - L’équilibre dynamique des écosystèmes. L’écosystème est, selon les termes de la CDB, « le complexe dynamique formé des communautés de plantes, d’animaux et de micro-organismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle» 2 . Communauté des organismes vivants (Biocénose) et Biotopes (environnement de vie des organismes, y compris l’Homme) sont en perpétuel interaction pour assurer des fonctions multiples propres à l’écosystème.

Les définitions de la CDB postulent de ce que la meilleure façon de protéger les espèces et la diversité génétique au sein des espèces consiste à protéger les écosystèmes qui les sous tendent.

Les écosystèmes ne sont pas en équilibre statique (Climax). Les nouvelles théories écologiques ont développé un autre concept : Celui de la capacité d’adaptation des écosystèmes (Résilience) que l’on peut définir, à la suite de Wallington (2005), comme la capacité d’adaptation et la faculté qu’un système a d’absorber les perturbations et de se réorganiser en cours du changement, maintenant pour l’essentiel la même fonction, la même

1 ONU - Convention sur la diversité biologique (Avec Annexes). Rio de Janeiro le 5 Juin 1992.

2

Ibid.

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structure, la même identité et les mêmes réponses 3 . Les tenants de cette théorie mettent en exergue :

- L’extrême complexité des écosystèmes qui sont non seulement dynamiques mais

imprévisibles dans le temps et dans l’espace (Scoones 1999 4 , Pickett et al. 1992 5 ).

- Le fait que les écosystèmes disposent d’une capacité d’adaptation face aux

changements de l’environnement (Loreau et al.2002 6 ).

- L’importance des perturbations anthropiques dans l’évolution des écosystèmes

(Langston, 1998 7 ).

- La nécessité d’intégrer le rôle de l’Homme en tant que composante à part entière

des processus écologiques, évolutifs, et de l'environnement (Robertson et Hull 2001 8 ).

- La nécessité d’intégrer l’Homme et les communautés humaines dans les stratégies

de conservation de la biodiversité qui serait un moyen de concilier la conservation de la

biodiversité avec son utilisation durable.

- L’importance de la biodiversité dans la résilience des écosystèmes 9 par la répartition des risques, via la diversité des espèces et les fonctions écologiques remplies par ces dernières, qu’elle procure face aux diverses perturbations.

8

1.3 - L’érosion de la biodiversité. La biodiversité est sujette à érosion ou appauvrissement. L’ensemble des spécialistes s’accordent à relever ce constat. En effet, les ressources génétiques sont soumises à des risques naturels d’extinction aléatoires. Ceux-ci sont d’origine génétique, environnementale ou démographique, communément désignés sous le vocable de « risques stochastiques d’extinction », par opposition aux menaces déterministes liées aux activités anthropiques.

3 Wallington et All., 2005 - Implications of current ecological thinking for biodiversity conservation: a review of the salient issues. Ecology and Society 10(1): 15.

http://www.ecologyandsociety.org/vol10/iss1/art15/

4 Scoones, I., 1999 - New ecology and the social sciences: what prospects for a fruitful engagement? Annual Review of Anthropology 28:279–507.

5 Pickett et All., 1992 - The new paradigm in ecology: implications for conservation biology above the species level. PP 65-88. In P. Fielder and S. Jain, editors. Conservation biology: the theory and practice of nature conservation. Chapman and Hall, New York, New York, USA.

6 Loreau, M. et All, 2002 - A new look at the relationship between diversity and stability. PP 79-91. In

M. Loreau, S. Naeem and P. Inchausti, editors. Biodiversity and ecosystem functioning: synthesis and

perspectives. Oxford University Press, Oxford, UK.

7 Langston, N. E, 1998 - People and nature: understanding the changing interactions between people and ecological systems. PP 25-76. In S. I.Dodson, T. F. H. Allen, S. R. Carpenter, A. R. Ives,

R. L. Jeanne, J. F. Kitchell, N. E. Langston and M. G. Turner, editors. Ecology. Oxford University

Press, New York, New York, USA and Oxford, UK.

8 Robertson D.P., R.B. Hull, 2001 - Beyond biology: toward a more public ecology for conservation. Conservation Biology 15(4):970– 979.

9 Hilborn R., Quinn T.P., Schindler D. E., Rogers D.E., 2003 - Biocomplexity and fisheries sustainability. PNAS 100 (11): 6564-6568.

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L’érosion

de

la

biodiversité

d’origine

mécanismes (Eldredge, 1998 10 ):

anthropique

se

décline

en

six

types

de

Etiolement et/ou dégradation des habitats (Cohen 1997 11 , Laurance et All., 2002 12 ).

Surexploitation des espèces biologiques.

Invasion d’espèces exotiques (Wilcowe et All., 1998 13 ).

Pollutions (Eldredge, 1998).

Réchauffement climatique global de la planète en relation avec l’émission des gaz à effet de serre (Luterbacher et All. 2004 14 ).

Modernisation de l’agriculture et prééminence des variétés sélectionnées (Rétrécissement des gammes variétales 15 ).

9

Les risques d’érosion de la biodiversité imposent aux communautés humaines une démarche orientée vers la conservation des ressources génétiques.

2. Ecosystèmes et préservation de la biodiversité.

Par « conservation des ressources génétiques», on entend les politiques et les activités de gestion mises en œuvre pour assurer la disponibilité et l'existence continue de

ces ressources.

2.1 - Pourquoi préserver la biodiversité ? La conservation de la biodiversité est un impératif stratégique découlant de son intérêt majeur aussi bien pour les générations actuelles que futures (Eldredge,1998 16 ).

La biodiversité possède une valeur écologique. En effet, la biodiversité est considérée comme un «service écologique» (Scherr et All. 2004 17 ) permettant l’amélioration des conditions de vie des Hommes et procurant aux écosystèmes une capacité d’adaptation face aux variations des facteurs environnementaux. De plus, une relation positive entre la diversité spécifique et la production primaire a été démontrée (Tilman et All. 1996 18 ).

10 Eldredge N., 1998 - Life in the balance. Humanity and the Biodiversity Crisis. Princeton University Press, Princeton.

11 Cohen J.E., 1997 - Conservation and human population growth: what are the linkages? In Pickett STA, Ostfeld RS, Shachak M and Likens GE editors, The ecological basis of conservation, London: Chapman and Hall, PP29-42.

12 Laurance W.F. et All, 2002 - Predictors of deforestation in the Brazilian Amazon. Journal of Biogeography 29:PP 737-48.

13 Wilcove D.S., Rothstein D., Dubow J., Phillips A., Losos E., 1998 - Quantifying threats to imperiled species in the United States. BioScience 48:607-15.

14 Luterbacher J., Diestrich D., Xoplaki E., Grosjean M., Wanner H., 2004 - European seasonal and annual temperature variability, trends and extremes since 1500. Science 303:1499-1503.

15 Ronnie Vernoyoy, 2003 - Un focus sur les semences du monde. L’amélioration participative des Plantes. IDRC-CRDI.

16 Eldredge N., 1998 – Op. Cit.

17 Scherr S., White A., Khare A., 2994 - Tropical forests provide the planet with many valuable services. Are beneficiaries prepared to pay for them? ITTO Tropical Forest Update14:11–14.

18 Tilman D., Wedin D., Knops J., 1996 - Productivity and sustainability influenced by biodiversity in grassland ecosystems. Nature 379 : 718-720.

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La biodiversité et les écosystèmes qui les sous tendent possèdent une valeur économique 19 qui est la somme de :

- La valeur de consommation et d’usage direct (i.e. Production agricole)

- La valeur d’usage hors-consommation (i.e. Loisir) qui est difficilement quantifiable.

10

La biodiversité est à la base du fonctionnement d’un certain nombre d’activités économiques majeures: Tourisme, pêche, cynégétique, sylviculture, industrie du médicament, biotechnologies et industries alimentaires. Plus particulièrement, l’agriculture y puise des variétés d’espèces cultivées pour assurer une productivité et une qualité élevée de la production agricole. La biodiversité est en ce sens un moyen de subsistance des communautés humaines.

Enfin, à la biodiversité il est souvent attribué une valeur patrimoniale, esthétique, récréative et spirituelle.

2.2 - Comment conserver la biodiversité? : Les méthodes et leurs limites. Les stratégies de conservation et les méthodologies mises en œuvre sont fonction de la nature du matériel biologique, de l'urgence des problèmes posés ainsi que des objectifs spécifiques. La conservation de la biodiversité s’effectue selon 3 grandes stratégies: la conservation In situ, la conservation Ex situ et la restauration écologique.

2.2.1 - La conservation in situ (Article 8 de la CBD) Celle-ci implique la protection des écosystèmes, assure la conservation de la diversité globale à l’échelle du gène, des populations, des espèces, des communautés et des processus écologiques. Cette stratégie requiert l’établissement d’un réseau d’aires protégées représentatif de la diversité biologique qui reste difficile à mettre en œuvre

compte tenu des enjeux économiques de l’exploitation intensive des ressources naturelles. Hors de ces zones protégées, la conservation in situ exige une gestion durable de l’exploitation des ressources naturelles afin de réduire les pressions anthropiques sur les populations naturelles. L’Algérie a fortement progressé dans ce domaine puisqu’avec 24 aires protégées, elle a largement dépassé l’objectif fixé par la CDB à l’Horizon 2010 20 . Cette conservation in situ doit être, à chaque fois que cela est possible, accompagnée de conservation Ex situ des ressources génétiques (Cohen et All, 1991 21 ; Maunder et Byers,

2005 22 ).

19 Pavan Sukhdev et All - L’Économie des écosystèmes et de la biodiversité : Intégration de l’économie de la nature. Une synthèse de l’approche. TEEB, 2010. 49 pages. En ligne

20 Cf. MATET – Quatrième rapport national sur la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique au niveau national. Mars 2009.

21 Cohen J.I., Williams J.T., Plucknett D.L., Shands H., 1991 - Ex Situ conservation of plant genetic resources: Global development and environmental concerns. Science 253:866-872.

22 Maunder M., Onnie Byers O., 2005 - The IUCN technical guidelines on the management of Ex Situ populations for conservation: reflecting major changes in the application of ex situ conservation. Oryx

39:95-98.

Gestion des ressources génétiques

Dans le cas des animaux domestiques il est fait appel à la « conservation in vivo » qui regroupe une série d’approches: gestion des paysages et de la végétation, l’agriculture biologique, la sélection participative, la production pour des marchés de niche et l’élevage amateur qui offrent des opportunités pour maintenir les races en utilisation. Dans certains cas des subventions directes pour la détention de races rares peuvent être nécessaires

pour empêcher leur disparition. Cette approche, aussi efficace soit-elle, implique un certain nombre de préalables :

11

- Une volonté politique en faveur de la conservation de ces taxons.

- Une capacité institutionnelle suffisante pour assurer l’encadrement des agriculteurs.

- Existence de travaux de caractérisation des races suffisamment avancés pour permettre d’identifier les populations raciales et leur attribuer un état de danger.

- L’existence de ressources financières suffisantes.

La conservation in situ ne peut pas être séparée des efforts pour développer les systèmes de production dans lesquels les races sont détenues et ne doit pas être une entrave au développement des moyens de subsistance, en particulier ceux des éleveurs les plus pauvres.

Dans cette veine notons que la CDB a introduit, à travers son article 8j, la nécessité de prendre en compte les savoirs traditionnels des communautés autochtones et locales en tant qu’élément central dans la conservation de la biodiversité. Le partage des avantages et l’octroi de droits de propriété aux communautés rurales et agricoles fournissent, en outre, un encouragement à la conservation de la biodiversité (UICN 23 , OCDE 24 ).

2.2.2 - Conservation ex situ (Article 9 de la CBD) Solution complémentaire à la conservation in situ, cette stratégie implique la conservation des ressources biologiques hors de leur site naturel. La conservation Ex Situ est souvent utilisée pour une sauvegarde d’urgence et pour les espèces menacées d’extinction (Guerrant et All. 2004 25 ). Dans le cas de la préservation de la biodiversité agricole, l’objectif de base de la conservation est la maintenance de la diversité pour un éventuel usage futur. Dans le cas spécifique des populations animales domestiques, le meilleur gage de diversité fonctionnelle des espèces est la diversité des races, ou de populations distinctes qui se sont développées dans des environnements différents 26 .

23 Union Internationale pour la Conservation de la Nature - Recommandations Avril 2002.Sixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP6) », Gland, IUCN, p. 3.

24 Organisation de Coopération et de Développement Économique - Préserver la diversité biologique :

les incitations économiques, Paris, OCDE, 1996, p. 145.

25 Guerrant EO., Havens K. et Maunder M eds., 2004 - Ex Situ plant conservation: supporting species survival in the Wild. Washington (DC): Island Press.

26 FAO - L’état de l’art de la gestion des ressources zoo génétiques.

ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/010/a1260f/a1260f07.pdf

Gestion des ressources génétiques

La conservation Ex situ fait appel à des techniques et des infrastructures diverses à l’instar des :

Banques de semences, de pollen ou de tissus.

Collections vivantes (Arboretums, banques de clones, jardins botaniques et zoologiques).

Peuplements de conservation ex situ.

Conservatoires pour animaux (Conservation In Vivo Ex situ 27 ).

Multiplication et conservation In Vitro.

12

La cryoconservation (stockage à ultra basse température) est utilisée pour la préservation des ressources génétiques. Cette technique reste la seule approche permettant d’assurer la conservation à long terme des ressources génétiques végétales à multiplication végétative, les espèces à semences récalcitrantes 28 et des espèces rares ainsi que des produits biotechnologiques. La cryoconservation est particulièrement usitée pour la conservation des populations animales sensibles (Cryoconservation de sperme, des ovocytes, des embryons et des tissus).

2.2.3 - L’écologie de la restauration (Articles 7f et 9c de la CDB) C’est une stratégie pour la conservation de la biodiversité 29 qui implique la réintroduction ou l’introduction d’espèces, la restauration des communautés végétales, fongiques et animales. La restauration d’espèces en danger et d’habitats dégradés reste, cependant, un procédé extrêmement difficile. De nombreux projets de restauration ont échoué dans leur mise en œuvre.

3. Biodiversité, besoins socio-économiques et bien être des populations.

Qu’il s’agisse de la théorie des besoins selon Abraham Maslow 30 ou de la déclaration universelle des droits de l’Homme, les besoins de l’Homme relèvent de catégories rattachées à la satisfaction des besoins physiologiques, la sécurité, le travail dans des conditions satisfaisantes et équitables, l’éducation, la culture et les loisirs. En référence à la déclaration universelle des Droits de la personne Humaine « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté » 31 .

27 Les animaux vivants y sont conservés en dehors de leur milieu naturel. Parcs animaliers dévoués à maintenir des races rares. Dans les pays en voie de développement, les activités de conservation ex situ in vivo communément observées sont des troupeaux maintenus dans des institutions appartenant à l’Etat (conservatoires, fermes relevant d’instituts de recherche…). Voir FAO - L’état de l’art….op. Cit.

28 La semence récalcitrante est celle qui, à l’instar des semences d’origine tropicale, ne peut survivre à des processus de dessiccation et de conservation au froid.

29 Voir à cet effet :

Jordan WR., Peters R.L., Allen EB., 1988 - Ecological restoration as a strategy for conserving biological diversity. Environmental Management 12:55-72. Bradshaw A.D., 1993 - Restoration ecology as a science. Restoration ecology 1:71-73. Dobson A.P., Bradshaw A.D., Baker AJM., 1997 - Hopes for the future: Restoration ecology and conservation biology. Science 277:515-522. Pour d’amples détails voir le site Internet de la Société pour la restauration écologique

30 Maslow A. H., 1943 - A Theory of human motivation. Psychological Review, 50, 370-396.

31 Déclaration universelle des droits de l’Homme. http://www.un.org/fr/documents/udhr/

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L’impératif de satisfaction des besoins des populations humaines a été, par ailleurs, conforté par plusieurs conférences internationales :

Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED, ou sommet de la planète Terre) en 1992 à Rio de Janeiro.

Conférence mondiale sur les droits de l'homme organisée à Vienne en 1993 (Droit à un environnement sain).

Conférence Internationale sur la Population et le Développement du Caire (CIPD, 1994) en faveur de la satisfaction des besoins des individus.

Sommet mondial pour le développement social de Copenhague (1995) qui consacre la nécessité de lutter contre la pauvreté et le chômage.

Quatrième conférence mondiale sur les femmes de Beijing (1995) qui met en évidence le rôle central de la femme dans le processus de développement et la préservation des ressources.

Deuxième Conférence sur les établissements humains à Istanbul (Habitat II, ou Sommet des Villes, 1996) qui consacre le droit pour des villes saines et au logement décent.

Sommet mondial de l'alimentation de Rome (1996) qui réaffirme le droit de chaque être humain à une nourriture adéquate et à être à l'abri de la faim.

13

En quoi la préservation de la biodiversité et des écosystèmes est-elle importante pour la satisfaction des besoins socio économiques des populations?

Les écosystèmes sont reliés au bien-être et aux besoins humains par le biais des services écologiques fournis à savoir, les services de production, les services de régulation, les services culturels ou de soutien (Cf. Tableau 1). Ces services assurent la couverture des besoins des populations mais ont, aussi, une valeur économique qui se situe bien au delà de la seule production agricole et alimentaire. La science économique, à travers sa branche dédiée à l’économie de l’environnement, commence à poser le cadre théorique et pratique pour une analyse de la valeur économique de la biodiversité et des écosystèmes 32 .

Les diverses services écologiques générés par les écosystèmes et la biodiversité contribuent directement ou indirectement à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations (Tableau 1).

3.1 - Assurer le bien être général des populations. Préserver la biodiversité revient à assurer l’équilibre dynamique des écosystèmes de manière à ce que ces derniers puissent continuer à assurer les fonctions écologiques vitales (Tableau 1) nécessaires à la couverture des besoins et de bien être des populations, soit en l’occurrence :

- Un environnement propre et sécurisé (Absence de pollution, contrôle des

catastrophes naturelles, développement des espaces naturels récréatifs).

- Une eau potable et une alimentation saine et équilibrée accessibles à l’ensemble des catégories sociales.

- Un état de santé général adéquat (Alimentation, soins).

32 L’économie des écosystèmes et de la biodiversité fait, aujourd’hui, l’objet de nombreux travaux spécialisés. Voir en particulier le site relatif à l’économie des écosystèmes à l’URL suivante :

http://www.teebweb.org/ A titre de cas concret, nous pouvons renvoyer le lecteur à l’analyse réalisée sur les écosystèmes marins. Cf. Mangos A., Bassino J.P. Sauzade D., 2010 - Valeur économique des bénéfices soutenables provenant des écosystèmes marins méditerranéens. Les Cahiers du Plan Bleu 8, Juillet 2010, 82 pages.

Gestion des ressources génétiques

3.2 - Maintenir et consolider les moyens de subsistance et les sources de revenus

des populations. Nous l’avons déjà souligné, la biodiversité constitue la base biologique des activités économiques à l’instar de l’agriculture, de la pêche, de la chasse, de la sylviculture, de l’artisanat et du tourisme. Préserver la biodiversité contribuera non seulement à améliorer la résilience des écosystèmes mais aussi à sécuriser les revenus des populations. Cette affirmation prend tout son sens dès lors que l’on s’attache à améliorer les conditions de la production agricole et alimentaire.

14

3.3 - Développer les capacités productives agricoles et alimentaires.

C’est sans doute l’incidence la plus visible et la plus évidente qui soit liée au fonctionnement des écosystèmes et de la biodiversité. De ce point de vue, une dégradation

des écosystèmes et de la biodiversité qu’ils sous tendent est susceptible d’affecter la sphère de la production agricole, halieutique et forestière se traduisant par :

La baisse des rendements végétaux, liée à l’appauvrissement des sols, le stress

hydrique), et des animaux (Réduction de la biomasse). La relation entre les rendements et la biodiversité a été mise en évidence à travers l’analyse de l’incidence des insectes pollinisateurs sur les rendements arboricoles. En, effet, à l’échelle mondiale, la valeur

économique totale de la pollinisation par les insectes a été estimée à prés de 153 milliards d’euros, soit 9,5 % du rendement agricole de 2005 33 .

Le reflux des superficies allouées à la production agricole et alimentaire découlant des pertes d’habitat en relation avec le développement des activités anthropiques).

La baisse des productions et des services rendus par les écosystèmes forestiers et aquatiques (Elevages forestiers, chasse, activités de cueillette, pêche).

Le changement de la structure biologique et la baisse de la productivité des

écosystèmes, agricoles, aquatiques et marins (Réchauffement climatique, surexploitation des ressources).

La fragilisation des écosystèmes agricoles liée à l’intensification en capital et son

corolaire, l’artificialisation des milieux et le rétrécissement de la base biologique de la

production agricole par l’adoption massive des variétés et des races animales sélectionnées. La conséquence en est l’accroissement de la vulnérabilité des cultures et des élevages face aux divers stress (Climatiques, hydriques et microbiens).

La réduction voire la perte de la production agricole valorisée par le territoire

d’appartenance (Labels, produits du terroir, produits biologiques) ou des produits

traditionnels, fruits ancestraux des communautés humaines (Identité culturelle).

La disparition des petits métiers et des micros entreprises rurales (Pêche, basse

cours, transformation artisanale) et des moyens de subsistance des populations rurales.

3.4 - Rompre le cycle de la pauvreté par la valorisation des territoires difficiles et la

préservation des moyens de subsistance des populations. Le fait est admis par la communauté scientifique. Les ressources génétiques constituent la base biologique de la sécurité alimentaire et le moyen de subsistance des populations humaines dans le monde. Aussi, toute altération des fonctions écologiques des écosystèmes affecte directement la sécurité alimentaire des populations.

Toutefois, la dégradation des écosystèmes et de la biodiversité qu’ils sous tendent affecte, de manière plus accrue, les pauvres, les populations rurales et les groupes sociaux-économiques vulnérables (Petits métiers, petits agriculteurs, micro entreprises rurales et groupes féminins dont les moyens de subsistance sont liés aux ressources naturelles). La dégradation des écosystèmes et de la biodiversité a des effets encore plus dévastateurs sur les populations les plus pauvres du monde et est quelquefois la cause

33 Gallai N. et All, 2009 - Economic valuation of the vulnerability of world agriculture confronted with pollinator decline. Ecological Economics, 68 (3): 810-821.

Gestion des ressources génétiques

principale de la pauvreté 34 . En effet, la baisse du niveau de vie à tendance à amplifier la dépendance des ménages à l’égard des services des écosystèmes laquelle se traduit par des pressions supplémentaires sur ces derniers. Ces pressions amenuisent, à leur tour, la capacité des écosystèmes à fournir des services et alimentent le cercle vicieux de la pauvreté (Aggravation de la vulnérabilité sociale et économique des ménages, dégradation de l’état de santé). Ces processus sont d’autant plus amplifiés que ces groupes sociaux vivent et sont intégrés dans des écosystèmes sensibles à l’instar des montagnes, des déserts et des steppes. Préserver la biodiversité revient, alors, à lutter efficacement contre l’apparition et l’extension des poches de pauvreté mais aussi, et surtout, à préserver les écosystèmes les plus sensibles.

15

34 PNUD et All- Pauvreté et changement climatique. Réduire la vulnérabilité des populations pauvres par l’adaptation. En ligne :

http://ec.europa.eu/development/icenter/repository/env_cc_varg_poverty_and_climate_change_fr.pdf

H. Reid et K. Swiderska, 2008 - Biodiversité, changement climatique et pauvreté. Rapport de l’IIED, Février 2008. En ligne : http://www.iied.org/pubs/pdfs/17034FIIED.pdf

Gestion des ressources génétiques

16

 

Tableau 1 - Les services écologiques des écosystèmes

Types de

Services écologiques

Bénéfices évaluables (Exemples)

services

Production

Production d’oxygène Production de ressources alimentaires Production de ressources en fibres Fourniture en eau potable (Eau douce) Production d’énergie et combustibles Ressources médicinales Ressources ornementales Ressources biochimiques Ressources minérales Ressources génétiques (Pour l’alimentation, les exploitations agricoles, les industries de transformation, la pêche et la biotechnologie).

Rentes de ressources liées à la production des ressources alimentaires, hydriques, halieutiques, sylvicoles et génétiques.

primaire

Services de

Production de biomasse Formation et rétention des sols Cycle des nutriments Cycle de l’eau Approvisionnement de l’habitat des espèces. Maintien de la biodiversité

Rentes de ressources foncières

soutien

Services

Aménités (Valeurs spirituelles, et esthétiques, Support aux activités récréatives. Support aux activités éducatives et sportives Support aux activités touristiques Support aux activités scientifiques

Rentes de ressources liées à la fourniture des aménités

culturels

 

Régulation climatique (CO2, O2, pluies)

Valeur de la séquestration du co2 anthropique (Mer, forêts)

Atténuation des risques naturels (Inondations, érosion, glissements de terrains, désertification.)

Valeur de la protection contre l’érosion (Barrages, digues, autres dispositifs, barrages verts)

Services de

Stockage et recyclage des déchets (humains et industriels), de la matière organique et des minéraux (Microorganismes)

Valeur des dispositifs d’épuration.

régulation

Protection des bassins hydrographiques Protection contre l’érosion et maintien de la fertilité de sols. Pollinisation des cultures

 

Régulation des maladies

Valeur de la protection contre les maladies, coût des soins occasionnés, frais d, frais d’assurance médicale

 

Source : Synthèse bibliographique (Plusieurs sources)

Définitions :

Production primaire ; Services de la production matérielle ou énergétique des écosystèmes Services de soutien Services nécessaires à la production d’autres services d’origine éco systémiques

Gestion des ressources génétiques

4. Biodiversité, équilibre des écosystèmes et besoins socio-économiques en Algérie.

17

4.1 - Contexte institutionnel. Les impératifs de préservation de la biodiversité en relation avec les besoins sociaux et

l’équilibre des écosystèmes s’inscrivent dans un trame législative dense et remarquable qui

impératifs s’inscrivent, par ailleurs,

dans des stratégies et des plans sectoriels:

impacte sur les secteurs sensibles de l’économie. Ces

Schéma national d’aménagement du Territoire (2025).

Stratégie et plan d’action national (SPAN) pour la préservation de la biodiversité

élaborée en 1997 et lancé en 1998.

Programme du renouveau de l’économie agricole et rurale (2007-2013).

Plan d’action national pour la mise en place des aires terrestres, marines et côtières protégées.

Plan national d’action pour l’environnement et le développement durable.

Programme national d’action pour la lutte contre la désertification.

Plan national pour le développement de la pêche et de l’aquaculture.

Plan national de reboisement

Programme national de recherche et de développement technologique.

L’approche « écosystèmes» a été, en partie, mise en œuvre dans le cadre de la stratégie de la conservation de la biodiversité en Algérie. Celle-est attestée par l’intégration des écosystèmes dans le schéma national d’aménagement du territoire (SNAT 2025), la promulgation de textes de loi spécifiques aux écosystèmes (Montagne, littoral, agricole) et la création d’agences gouvernementales spécialisées (CNDRB, Conseil de la montagne, HCDS, HCPL…etc.).

Gestion des ressources génétiques

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Encart 1 ECOSYSTEMES ET BIODIVERSITE EN ALGERIE CADRE LEGISLATIF

CONVENTION INTERNATIONALES RATIFIEES PAR L’ALGERIE

Décret présidentiel N° 95-163 du 6 juin 1995 portant ratification de la convention sur la diversité biologique, signée à Rio de Janeiro le 5 juin 1992.

Décret présidentiel n° 06-405 du 14 novembre 2006 portant ratification du protocole

relatif aux aires spécialement protégées et à la diversité biologique en Méditerranée, signé

à Barcelone le 10 juin 1995.

Décret présidentiel n°04-170 du 8 juin 2004 portant ratification du protocole de

Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques relatif à la diversité biologique,

adopté à Montréal le 29 janvier 2000.

LOIS

Loi N° 01-20 du 12 décembre 2001 relative à l’aménagement et au développement

durable du territoire.

Loi n° 2002-02 du 5 février 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral

Loi n°03-10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l’environnement

Loi n°04-07 du 14 août 2004 relative à la chasse.

Loi n°04-03 du 23 juin 2004 relative à la protection des zones de montagne

Loi n° 05-03 du 6 février 2005 relative aux semences, aux plants et à la protection de l'obtention végétale.

Loi n° 07-06 du 13 mai 2007 relative à la gestion, à la protection et au

développement des espaces verts.

Loi n° 08-14 du 20 juillet 2008 modifiant et complétant la loi n° 90-30 du 1er

décembre 1990 portant loi domaniale. Loi consacrant les richesses et ressources naturelles comme relevant du domaine public.

Loi n° 08-16 du 3 août 2008 portant orientation agricole.

Loi n° 08-05 du 23 février 2008 modifiant et complétant la loi n° 98-11 du 22 août

1998 portant loi d’orientation et de programme à projection quinquennale sur la recherche

scientifique et le développement technologique 1998-2002. Loi consacrant les domaines

de recherche sur la biodiversité comme une priorité nationale.

Loi n° 08-03 du 23 janvier 2008 modifiant et complétant la loi n° 05-12 du 4 août

2005 relative à l’eau.

Projet de loi relative à la circulation des ressources biologiques.

Gestion des ressources génétiques

4.2 - Les écosystèmes en Algérie : Biodiversité et incidences économiques. L’Algérie présente une diversité d’écosystèmes abritant une importante diversité biologique mais, néanmoins, confrontés à des menaces réelles : écosystèmes marins et littoraux, écosystèmes des zones humides (Incluant les Sites RAMSAR), écosystèmes des montagnes (Humides et arides), écosystèmes forestiers, écosystèmes steppiques, écosystèmes agricoles et les écosystèmes Sahariens.

4.2.1 - Les écosystèmes marin et littoral.

19

Avec une superficie globale de 27 998 km² et un linéaire côtier de 1623 Km l’écosystème marin reste peu connu en Algérie. La biodiversité marine globale a été estimée à 3793 espèces confirmées 35 . L’écosystème marin renferme 130 espèces d’intérêt alimentaire et économique (dont 90 poissons) 36 . Avec une superficie marine exploitable évaluée à 9,5 millions d’hectares, mais dont seuls 2,2 millions d’hectares sont effectivement exploités, et un stock halieutique estimé à 210 000 Tonnes 37 , l’écosystème marin constitue la base biologique de l’activité halieutique en Algérie. Il constitue une source de revenu pour une population relativement importante (45 000 personnes en 2005) et socialement sensible (petits métiers et pêcheurs). L’écosystème marin et littoral reste est de loin l’écosystème le plus exposé aux agressions et aux risques de dégradation de la biodiversité liés en grande partie à la très forte pression anthropique attestée par une la littoralisation de la vie économique et sociale en Algérie,

- Forte concentration démographique. La bande littorale représente à peine 1,8% du territoire national et concentre 45 % de la population pour une densité démographique de 281 hab. /Km (Moyenne nationale : 12 hab. /Km). Il s’en suit une forte pollution par les eaux usées (Rejet quotidien de 1 millions de M3 dans la mer).

- Le développement des activités de BTP et son corolaire, l’essor de la demande en matériaux de construction, qui se traduit par une extraction abusive des sables. Les conséquences sont dramatiques aussi bien pour les écosystèmes (Erosion côtière, avancée de la mer, perturbation de la biodiversité marine et littorale) que les communautés humaines (salinisation des nappes phréatiques).

- Concentration des industries polluantes. Le littoral concentre plus de 50 % du parc d’entreprises en Algérie impliquant une forte pollution chimique (zinc, cadmium, acide sulfurique, chlore soude, mercure, autres minéraux lourds, pesticides, détergents). A ces éléments chimiques il ya lieu de rajouter les eaux de refroidissement des centrales thermiques et les saumures dégagées par les stations de dessalement.

- Forte Intensité du trafic maritime pétrolier se traduisant par une pollution liée aux pertes d’hydrocarbures et les rejets de bateaux (Eaux de cales et de ballast).

- Agriculture intensive polluante (Nitrates et phosphates).

- Tourisme balnéaire. En dépit d’un faible niveau d’activité, le tourisme balnéaire, sous toutes ses formes, affecte de manière significative les écosystèmes du littoral en absence d’infrastructures appropriées.

- Accroissement de la flottille de pêche (2 400 bateaux en 1999 à presque 4532 en 2009) et étroitesse de la bande marine exploitée sont autant de facteurs de perturbation qui affecteront, dans un proche avenir, la structure de la biodiversité des

35 MATET, 2009 – Quatrième rapport national. Sur la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique au niveau national. Mars 2009.

36 Campagne de prospection et d’évaluation des ressources halieutiques en Algérie effectuées par le MPRH (2003-2004).

37 Ibid.

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Gestion des ressources génétiques

espèces commerciales voire même le niveau de productivité de l’écosystème. Cette tendance est aggravée par l’utilisation de techniques de pêches non réglementaires.

20

Aux pressions anthropiques multiformes, un autre facteur perturbateur de l’écosystème marin devra être dorénavant pris en considération : le réchauffement climatique. Les premiers travaux scientifiques mettent en évidence :

- Une élévation du niveau de la mer et ses conséquences sur l’érosion côtière en

termes de rétrécissement des plages et de modification de la structure de biodiversité d’intérêt commercial.

- Risque de prolifération des algues invasives (Caulerpa racemosa) et incidence

négatives sur les herbiers à posidonie.

- Une modification sensible tant au plan structurel que fonctionnel des zones humides

littorales.

- Les nuisances liées à la prolifération du phytoplancton toxique. A cet effet, Il y a

lieu de considérer les risques liés aux conséquences sur les ressources halieutiques et sur la santé de l’homme par la transmission des toxines le long de la chaîne alimentaire, ou consommation de poissons et crustacés.

- La réduction des stocks de sardines et d’anchois.

4.2.2 - Les écosystèmes des zones humides. Réceptacles d’activités récréatives et économiques importantes (Agriculture extensive, aquaculture), les zones humides constituent des écosystèmes remarquables par leurs rôles dans les processus écologiques de base (Cycles de l’eau et des minéraux), leur productivité naturel et leur biodiversité. L’Algérie renferme 1451 zones humides dont 762 sont naturelles 38 (DGF, 2006). Quarante deux sites sont classés sur la liste de la Convention de Ramsar des zones humides d'importance internationale, avec une superficie de 3 millions d'hectares, soit 50% de la superficie totale estimée des zones humides en Algérie.

En termes de biodiversité, La faune des milieux humides est très diversifiée, elle est représentée par les invertébrés, les poissons, les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères. Toutefois, ce sont toutefois les oiseaux, représentés par plus de 120 espèces, qui caractérisent véritablement les zones humides Algériennes. Les zones humides intègrent, par ailleurs, 70 espèces de poissons d’eau douce dont 2 endémiques. Les zones humides renferment prés de 300 sites, répartis sur 39 wilayate, potentiellement favorables à l’exercice des activités aquacoles (Mollusques, crustacés, poissons d’eau douce, culture d’algues) 39 . La flore est représentée par 784 espèces végétales aquatiques connues. Les végétaux supérieurs aquatiques sont représentés par 350 espèces appartenant à 56 familles.

Cette biodiversité est moyennement conservée même s’il y a lieu de relever l’existence de menaces pesantes sur certains taxons. Les menaces d’érosion de la biodiversité sont d’autant plus exacerbées que certains écosystèmes humides, localisés sur le littoral, sont confrontés à la double problématique des pressions anthropiques et du réchauffement des eaux 40 (Tableau 3).

38 Les zones humides sont représentées par plusieurs types géomorphologiques et hydrogéologiques : lacs, étangs, lagunes, marais, marécages, lacs de barrages, retenues « collinaires », chotts, sebkhats, gueltas et d’oasis.

39 MPRH – Shéma directeur d’activités de pêche et d’acquaculture. Horizon 2025.

40 Leur vulnérabilité vis-à-vis des changements climatiques est amplifiée par leur proximité de la mer, leur faible profondeur et leur localisation au niveau zéro de la mer. Source : Grimes, 2008. Impact des changements climatiques sur la biodiversité marine et côtière en Algérie. Contrat CAR/ASP, N° 04/2008: 59 p.

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4.2.3 - Les écosystèmes forestiers. Avec une superficie globale de 1,7 millions les forêts naturelles remplissent plusieurs fonctions biologiques, économiques et sociales en Algérie. Les aires protégées (Conservation In situ) représentent 12% de la superficie globale forestière. Les massifs forestiers sont constitués par 7 genres majeurs:

21

- Pinus de la famille des Pinacées (Pins d’Alep et pins maritime),

- Quercus de la famille des Fagacées (Chênes vert, liège, afares, zen),

- Eucalyptus de la famille des Myrtacées (Eucalyptus),

- Juniperus de la famille des Cupressacées (Genévriers),

- Tetraclinis de la famille des Cupressacées (Thuyas de Bérbérie),

- Cedrus de la famille des Pinacées (Cèdre de l’Atlas),

- Abies de la famille des Pinacées (Sapin de Numidie). Par delà la flore arbustive dominante, les écosystèmes forestiers intègrent une biodiversité faunistique, fongique et microbiologique importante dont certains taxons sont dans un état critique.

Les écosystèmes forestiers sont le réceptacle d’activités économiques dont l’importance reste, néanmoins, modeste 41 :

- Activités de cueillette qui sont au centre de la vie des populations riveraines (Bois de chauffage, fourrages pour le bétail, fruits sauvages, plantes médicinales),

- Activités cynégétique dont l’essor récent, mais néanmoins timide, découle de la promulgation d’une législation favorable,

- Activités agricoles extensives notamment l’élevage bovins et caprins,

- Activité sylvicole (Une production marginale de bois),

- Activités récréatives (Tourisme, campings).

En dépit de la faible activité économique, la biodiversité forestière au sein des écosystèmes forestiers est en régression sous les effets conjuguées de:

- la vulnérabilité naturelle qui caractérise la forêt méditerranéenne et les formations sub-forestières,

- impacts anthropiques qui contribuent à réduire considérablement ses potentialités végétales, hydriques et édaphiques. Parmi les facteurs de dégradation, il y a lieu de relever les incendies, le surpâturage les coupes de bois et les défrichements.

Au regard de cette tendance à la dégradation des écosystèmes forestiers et de la biodiversité qu’ils intègrent, les impératifs de préservation de ces écosystèmes ont été placés au centre du schéma national d’aménagement du territoire (SNAT 2025) et de la stratégie national du développement forestier mise en œuvre par le département ministériel chargé de l’agriculture et du développement rural ; l’objectif fondamental étant d’instaurer un équilibre écologique par la progression du taux de boisement du Nord du pays de 11,5% à 13% à moyen terme 42 . Outre le reboisement au niveau des bassins versants et des zones steppiques, la stratégie de préservation des écosystèmes forestiers est essentiellement basée sur l’implication des populations riveraines dans le processus de conservation et de régénération

41 L’intensité d’exploitation économique des forêts est relativement faible en Algérie. Seuls 35 % des superficies forestières sont affectés à la production. Les revenus générés par les activités économiques ont été estimées, en 2005, à prés de 4,6 millions USD. Cf. FAO – Evaluation des ressources forestières mondiales 2010. Rapport principal. Etudes FAO, N° 163, 380 pages. En ligne

http://foris.fao.org/static/data/fra2010/FRA2010_Report_F.pdf

42 MATE, 2007 – Algérie 2025 : Schéma national d’aménagement du territoire. Equilibre durable et compétitivité des territoires. SNAT 2025. Février 2007

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Gestion des ressources génétiques

des forêts dans le cadre de l’aménagement des bassins versants, des plans de reboisement et des Projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI).

22

4.2.4 - Les écosystèmes de montagne. Les massifs montagneux occupent une superficie de 8,7 millions d’hectares, soit 3,66 % du territoire national. Cet espace intègre 3 millions d'hectares de forêts et une superficie agricole utile de 3,5 millions ha (43% de la SAU nationale totale) 43 .

Occupant des bioclimats très variés les écosystèmes de montagne recèlent un spectre de biodiversité relativement large. Parmi les espèces de flore, l’Algérie compte un grand nombre d’arbres et d’arbustes. Sur les 70 taxons arborés de la flore spontanée algérienne (QUEZEL et SANTA, 1962), 52 espèces se rencontrent dans les zones de montagne 44 . A cette strate arbustive il convient d’ajouter la biodiversité liée aux parcs nationaux qui intègrent des structures montagneuses (5 parcs pour une superficie globale de 100 000 ha) sans omettre l’apport appréciable de la biodiversité agricole et forestière propre aux zones de montagne (Espèces forestières, arboriculture rustique, espèces fourragères spontanées, élevages de montagnes, plantes médicinales).

L’importance écologique et le rôle de la montagne dans le développement socio économique ont été consacrés aussi bien par le schéma national d’aménagement du territoire (SNAT 2025) que par la loi portant sur la protection des zones de montagnes dans le cadre du développement durable promulguée en 2004. Les écosystèmes de montagne fournissent des services écologiques vitaux. En effet, ces écosystèmes contribuent, à travers les bassins versants, à l’approvisionnement des villes et des populations rurales aussi bien en eau douce qu’en énergie hydroélectrique. Les écosystèmes de montagnes sont le réceptacle d’activités économiques qui sont à la base de l’équilibre économique et social des ménages ruraux :

Agriculture extensive des montagnes (Arboriculture, élevage et pastoralisme, cultures maraichères).

Activités artisanales et récréatives (Tourisme populaire et d’élite)

Néanmoins, les écosystèmes de montagnes sont dans un état d’équilibre précaire traduisant, d’une part, l’amenuisement de leur capacité à assurer les fonctions écologiques essentielles et, d’autre part, l’impact considérable des pressions anthropiques.

Une pression anthropique irrésistible. Les zones montagneuses d’Algérie abritent 33% de la population globale de l’Algérie. Les densités, relativement faibles au niveau de l’Atlas saharien, sont très élevées au niveau des massifs du nord de l’Atlas Tellien. La pression démographique est d’autant plus forte que certaines demandes urbaines sont, aussi, adressées à ces écosystèmes à travers l’explosion de la demande en eau, en énergie et en produits agricoles (Fruits, huiles). L’essor de la demande découle aussi bien de la croissance démographique au sein des montagnes que du développement des villes à leur périphérie. La dynamique démographique a entraîné la nécessité de défricher et de labourer de nouvelles terres. Ce défrichement se fait souvent au détriment de formations forestières déjà dégradées (Processus naturels de vieillissement et incendies).

43 MATET, 2009 – Quatrième rapport national. Sur la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique au niveau national. Mars 2009.

44 Idem.

Gestion des ressources génétiques

Les écosystèmes de montagne sont, par ailleurs, soumis à une forte pression pastorale évaluée à 5 500 000 têtes qui risque d’aggraver la dégradation de ces zones déjà fortement fragilisées. Des études montrent que la charge pastorale est au moins quatre fois supérieure aux capacités d’équilibre. La pression sur les ressources (défrichements, exploitation abusive et peu préservatrice des ressources) a conduit à la généralisation de l’érosion qui affecte l’ensemble des terres avec pour résultat la fragilité de nombreuses zones de montagne, la dégradation des terres et la diminution des terres de cultures et des surfaces boisées. La superficie des terres sujettes à l’érosion (zones instables à très instable) étant de 3 423 866 hectares, soit 40% de l’espace montagneux.

23

Crise de l’économie et des communautés des montagnes

Le fait est désormais établis par les organisations internationales à l’instar de la FAO :

l’économie et les communautés traditionnelles des montagnes sont en crise attestées en cela par :

- la disparition de l’ancien cadre traditionnel de régulation des ressources naturelles (Droits de jouissance et d’usage, droit coutumier, organisations et structures sociales communautaires) et la difficulté à asseoir un nouvel ordre institutionnel favorable à une remontée écologique salvatrice qui placerait les communautés rurales au centre du processus de décision économique.

- Le non renouvellement des savoirs faire et des métiers communautaires propres à la

gestion de ces écosystèmes qui est, en grande partie, lié au processus de modernisation et

de l’exode rural et agricole.

Pressions anthropiques et crise des économies traditionnelles aggravent les disparités montagnes/Plaines, alimentent le processus d’exode des populations, accroissent la dépendance des communautés rurales résidantes à l’égard des services écologiques des écosystèmes et, par conséquent, exacerbent la pression sur les ressources de l’écosystème et contribuent, en définitive, à la dégradation des biens de subsistance des populations pour déboucher sur l’apparition de poches de pauvreté.

C’est ainsi que la restauration des écosystèmes de montagne est apparue, depuis le

début de l’an 2000, comme une préoccupation majeure des pouvoirs publics à travers :

- L’intégration des écosystèmes de montagne dans le processus général d’élaboration

et de mise en œuvre des instruments d’aménagement du territoire (SNAT et SRATs).

- La promulgation d’une loi relative à la protection des zones de montagne appelée à

structurer l’occupation de l’espace montagnard et à veiller à l’exploitation rationnelle des ressources naturelles ainsi qu’à la protection des ressources biologiques.

- La mise en place de programmes de gestion des bassins versants (Bassins

hydrographiques) et des agricultures de montagne. Les bassins versants sont au nombre de 102 pour une superficie globale de 13 millions hectares répartis sur 350 communes pour une population totale de 7 millions d’habitants.

- La mise en œuvre de programmes ruraux intégrés, en zones de montagne, financés

par le FIDA (Oued Saf Saf, Traras et Sebaa Chioukh, M’sila).

- Le lancement d’une politique du renouveau rural centrée sur les PPDRI (Projets de proximité de développement rural);

- Le reboisement forestier réalisé dans le cadre du programme national de

reboisement (PNR) ;

- Le soutien aux revenus des familles rurales dans le cadre du processus de

reconversion des systèmes de production (sur fonds publics) se traduisant en particulier par l’implantation d’une arboriculture rustique et le développement des petits élevages (aviculture, apiculture) dans les zones de montagne.

Gestion des ressources génétiques

4.2.5 - Les écosystèmes steppiques. Intégrés entre les isohyètes 400 mm au nord et 100mm au sud et insérés entre l’Atlas Tellien au Nord et l’Atlas saharien au Sud, les écosystèmes steppiques s’étendent sur une superficie de 20 millions d’hectares soit 9 % du territoire national. Les zones steppiques couvrent tout ou partie des territoires de 7 wilayas, 190 communes pour une population estimée à 11, 5 millions d’habitants (23% de la population totale) 45 .

24

Ces écosystèmes connaissent une régression historique du couvert végétal et une baisse de la productivité pastorale liés au processus de désertification dont les effets ne manqueront pas de se traduire par une tendance à l’accentuation de l’appauvrissement de la biodiversité et la rupture des équilibres écologique et socio-économique 46 .

4.2.5.1 - Biodiversité des écosystèmes steppiques. Les écosystèmes steppiques se caractérisent par une diversité biologique appréciable, fruit d’une adaptation séculaire aux conditions agro-pédo-climatiques particulièrement difficiles.

En terme floristique, les formations steppiques sont dominées par 6 grands types de formations végétales :

- Les steppes à alfa (Stipa tenacissima).

- Les steppes à armoise blanche (Artemisia herba alba).

- Les steppes à sparte (Lygeum spartum).

- Les steppes à remt (Arthrophytum scoparium) formant des steppes buissonneuses chamaephytiques.

- Les steppes à psamophytes.

- Les steppes à halophytes.

Des données récentes ont mis en évidence une forte détérioration (défragmentation) de la structure de ces formations steppiques, une tendance à la baisse de leur productivité pastorale et, stade ultime du processus, une désertification se traduisant par la réduction du potentiel biologique et par la rupture des équilibres écologique et socio-économique 47 .

Les écosystèmes steppiques sont l’habitat de nombreuses espèces animales sauvages dont certaines sont menacées de disparition à l’instar des espèces de Gazelles, du Mouflon à manchette, de l’Outarde houbara…etc. La faune domestique steppique est notamment caractérisée par son patrimoine génétique ovin et caprin bien adapté aux conditions climatiques de la région. Le cheptel ovin est évalué à 19 millions de têtes (80% des effectifs nationaux) dont 50% constitué par la race « Ouled Djellal ». Cette dernière, effet sélectif des marchés aidant, est en passe d’absorber toutes les autres populations ovines locales. Toutes les races ovines algériennes sont menacées ou vulnérables (Hamra, D’men, Barbarine, Rembi, Taadmit).

45 MADR - Projet de schéma directeur des espaces naturels protégées. Document, ronéo. Septembre

2007.

46 Le Houérou, 1985 ; Aidoud, 1996 ; Bedrani, 1999. In Nedjraoui Dalila et Bédrani Slimane, « La désertification dans les steppes algériennes : causes, impacts et actions de lutte », VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement [En ligne], Volume 8 Numéro 1 | avril 2008, [En ligne], mis en ligne le 01 avril 2008. URL : http://vertigo.revues.org/5375. Consulté le 30 octobre 2010.

47 Cf. Nedjraoui Dalila et Bédrani Slimane – Op.cit

DSPPRE- INRAA

Gestion des ressources génétiques

4.2.5.2 - Des écosystèmes en déclin sous menace permanente Au-delà de l’impact réel du climat et de son évolution, les écosystèmes steppiques sont engagés dans un processus de dégradation alimenté par la pression anthropique insoutenable.

25

Aux origines : La crise de l’économie et des communautés pastorales.

Porteurs de Savoirs, de Savoirs faire et d’organisations séculaires en phase avec les impératifs d’une gestion rationnel d’écosystèmes fragiles, les communautés pastorales ont développé des capacités indéniables de régulation des services écologiques générés par les écosystèmes steppiques. L’effondrement des institutions du pastoralisme traditionnel, concomitamment à l’avènement du colonialisme et du marché, ont précipité le processus de dégradation de ces écosystèmes.

La pression anthropique : facteur de désertification des écosystèmes steppiques L’insertion brutale des écosystèmes steppiques dans le marché a été un facteur majeur de déstabilisation. L’enclenchement du processus de sédentarisation, enclenché dès le début du 19 siècle, et confirmé par des études récentes, l’essor de la démographie, l’adoption des technologies modernes (Transport mécanisé, communication) et la modification des systèmes de production en faveur de l’association céréales/élevage ont contribué à accentuer les pressions sur les écosystèmes et à favoriser la dégradation et, en définitive, à consolider le processus de désertification des écosystèmes steppiques.

4.2.5.3 - Vers de nouveaux mécanismes de valorisation et de protection des écosystèmes steppiques. Plusieurs programmes et politiques de développement ont été mis en œuvre depuis le début des années 60 en vue de freiner le processus de dégradation des écosystèmes steppiques : Chantiers populaires (1962-60), Barrage vert et code pastoral (1973-74), création du HCDS (1983), mise en valeur par la concession et PNDA (2000).

Des évolutions récentes ont placé les impératifs de préservation des écosystèmes au centre du Schéma national de l’aménagement du territoire (CNAT 2025). Des plans d’aménagement des territoires steppiques (PAT 3, 4 et 5) ont été établis avec comme objectifs :

- La promotion d’un mode de développement et de gestion durable de l’espace steppique par un élevage maîtrisé,

- La diversification de l’économie pour lutter contre le surpâturage et la dégradation induite des parcours,

- La mise fin à la dégradation de l’écosystème steppique et aux pratiques les faisant naître,

- La réhabilitation des espaces dégradés et la lutte contre la désertification,

- La mise en place d’une stratégie de gestion intersectorielle et intégrée de la steppe en impliquant les populations concernées et l’introduction des programmes coordonnés de prévention de la dégradation de l’écosystème.

Ces stratégies ont été confortées par :

- La mise en œuvre d’un Plan d’action national de lutte contre la désertification (PAN/LCD).

- La politique du renouveau de l’économie agricole et du renouveau rural.

Gestion des ressources génétiques

Des programmes d’investissements publics tentent, par ailleurs, d’apporter une

solution au rééquilibrage de l’écosystème par le développement infrastructures et de l’emploi à travers

- Programme de développement des hauts plateaux.

- Programme de développement des régions sud.

26

L’ensemble de ces programmes est soutenu par plusieurs fonds publics (FNRPA, FNDIA, FLDDPS, FDRMVCT, FSDEPH).

Encart 2 LA DEGRADATION DES PARCOURS STEPPIQUES La dégradation des parcours steppiques est la résultante
Encart 2
LA DEGRADATION DES PARCOURS STEPPIQUES
La dégradation des parcours steppiques est la
résultante du surpâturage et de l’utilisation de pratiques
culturales inadaptées.
Le facteur majeur de dégradation est le
surpâturage produit par un cheptel ovin pléthorique
(19 millions de têtes). Il est aggravé par une
sécheresse intermittente.
Le cheptel est maintenu en place, même en
mauvaise année, favorisant une pression de pâturage constante sur les parcours, ne
permettant pas ainsi leur régénération. Les pertes de productivité des sols dégradés en
milieu steppique sont importantes. Prés de 600 000 ha de terres en zone steppique
sont irrémédiablement désertifiés alors que près de 6 millions d'ha sont très menacés
par les effets de l'érosion. La productivité pastorale des principaux parcours steppiques
a fortement baissé durant la période 1978-1993 (Tableau).
Par
ailleurs,
l’introduction
des
pratiques
agricoles
inadaptées
a
favorisé
le
processus de dégradation des parcours steppiques:
 L’introduction de la charrue à disques en milieu steppique tend à aggraver le
processus de désertification. Les superficies labourées annuellement et soumises à
l'érosion éolienne sont estimées à prés de 1,2 millions Ha.
 La salinisation des sols perçu au niveau des certains périmètres agricoles situés
dans les zones arides et semi-arides.
Tableau - Évolution de la production pastorale des principales steppes
(ROSELT/Algérie, 2005).
Faciès
Productivité pastorale 1978
(UF/ha)
Productivité pastorale 1993
(UF/ha)
Alfa
70-140
18-74
Armoise
70-190
22-120
Sparte
80-200
25-82

Gestion des ressources génétiques

4.2.6 - Les écosystèmes sahariens. Avec une étendue de 2 millions de Km 2 , soit 87 % de la superficie de l’Algérie, les écosystèmes sahariens se distinguent par l’hyperaridité du climat et la fragilité de leurs structures pédologiques qui les rendent particulièrement vulnérables aux actions anthropiques. Limitée aux vallées des oueds et aux dépressions humides (daïas, Sebkhas), où l’eau peut faire l’objet d’une captation, la Vie est l’exception dans l’immensité désertique marquée par l’étendue des grands ergs, des montagnes, des plaines sableuses et des regs (hamadas).

27

4.2.6.1 - Etat de la biodiversité : Richesse et fragilité.

La biodiversité des écosystèmes sahariens est le reflet de la variété des biotopes et des conditions pédoclimatiques qui ont permis l’émergence d’un capital biologique original est adapté à ce contexte. Au plan floristique, l’écosystème saharien renferme 2 800 taxons avec un fort taux d’endémisme. La faune est représentée par une variété de taxons remarquables à l’instar des gazelles, du mouflon et du guépard. Cinq espèces sont emblématiques de l’écosystème et source de revenu pour les populations sahariennes.

Le palmier dattier (Phoenix dactylifera) avec prés de 1000 variétés.

Le camelin (Camelus dromedarius) représenté par 4 à 5 types génétiques.

Les ovins (Ovis aries) représentés par trois types génétiques (D’men, Sidaho et barbarine).

Les caprins (Capra hircus) représentés par deux types de populations (Arabiya, Mozabite).

Les abeilles (Apis mellifica) représentées par une race (Abeille saharienne).

4.2.6.1- Services écologiques des écosystèmes sahariens

En dépit des conditions climatiques extrêmes, les écosystèmes sahariens sont pourvoyeurs de services écologiques vitaux nécessaires au maintien de la vie et des activités économiques :

Les services de production primaire (Eau, production agricole et élevage, énergie fossile, énergie solaire et éolienne).

Services de soutien (Ressources hydriques nécessaire pour le maintien et le développement de la Vie).

Services culturels (Tourisme saharien et artisanat).

L’eau c’est la vie ! Les écosystèmes sahariens renferment des quantités importantes d’eau générées par le système aquifère saharien (Continental Intercalaire et Complexe Terminal), qui recouvre une étendue totale de plus de 1 Million de km2, dont 700 000 km2 en Algérie. Les réserves en eau sont certes considérables mais peu renouvelables 48 .

Le système aquifère saharien est fortement sollicité en Algérie par le biais de 6500 points d’eau, forages et sources pour une exploitation globale de l’ordre de 1,33 Milliard m3/an 49 .Cette exploitation intensive se traduit par plusieurs risques (Baisse de l’artésianisme, salinisation des sols) préjudiciables au maintien de l’équilibre de l’écosystème saharien et la préservation des biens de subsistance des populations et des ménages sahariens.

48 MATE – Algérie 2025 : Projet de schéma national d’aménagement du territoire. Equilibre durable et compétitivité du territoire. Tome I. Février 2007.

49 Ibid.

DSPPRE- INRAA

Gestion des ressources génétiques

L’agriculture et l’élevage Les activités agricoles constituent la base de la sécurité alimentaire des ménages Sahariens. L’arboriculture (Dattiers, abricotiers…), l’élevage (Camelin, ovin et caprin), les cultures maraichères (Y compris la plasticulture) et industrielles (Arachide, henné, tabac), les plantes médicinales et condimentaires constituent autant de sources d’approvisionnement alimentaire et de revenus pour les ménages Sahariens.

28

En dehors de l’exploitation des ressources pétrolière et gazières la phoeniciculture est la principale activité économique. Elle est à l’origine de la stabilité économique et sociale des populations résidantes de l’écosystème. Avec 140 000 hectares de superficie, une production de l’ordre de 450 000 tonnes et des exportations estimées à 11 000 tonnes, les palmeraies génèrent des emplois aussi bien dans les oasis que dans les industries de transformation, de conditionnement et d’emballage. La phoeniciculture est une activité hautement stabilisatrice dans l’écosystème saharien d’Algérie. Par ailleurs, de nouvelles tendances économiques sont observées avec des spécialisations agricoles et l’émergence de dynamiques agricoles périurbaines.

L’élevage du bétail est une activité majeure de subsistance des populations sahariennes. L’activité s’organise dans des systèmes de production qui intègrent des ressources biologiques adaptées aux conditions agro-pédo-climatique de l’écosystème saharien. L’élevage des camélidés joue un rôle moteur dans l’économie oasienne. Source de protéines animales, valorisateur de la végétation ligneuse et halophyte des espaces

désertiques, moyen de transport et outil de travail incontournables, producteur d’inputs pour l’artisanat (Artisanat vestimentaire, tapisserie) et ressource touristique, l’élevage des camélidés est une activité fondamentale pour le maintien de l’équilibre de l’écosystème saharien. Circonscrit aux oasis, l’élevage ovin et caprin participe à la valorisation des écosystèmes sahariens et à l’approvisionnement des ménages en protéines animales (Lait et viandes).Ces élevages sont représentés par un matériel biologique adapté aux écosystèmes sahariens :

Les populations ovines : trois types génétiques menacés (D’men, Sidaou et Barbarin).

Les populations caprines : sont représentées par deux types génétiques (Mozabite et Arabiya).

Tourismes et activités récréatives L’écosystème saharien offre une diversité de sites naturels et culturels, de paysages et de sites remarquables à forte valeur ajoutée économique. Ceux-ci sont confortés par l’existence de deux parcs nationaux (Tassili, Ahaggar) et la création récente (2008) de trois parcs culturels (Atlas saharien, Tout-Gourara, Tindouf). Ce patrimoine constitue un support pour le développement d’activités touristiques potentielles de nature familiale, culturelle et commerciale qui pourraient contribuer au bien être des populations sahariennes sous la forme de revenus touristiques et d’aménités.

4.2.6.2 - Les écosystèmes Sahariens : Menaces et fragilité En dépit de l’étendu du territoire saharien et de la faible densité démographique, il subsiste des menaces réelles sur l’équilibre de l’écosystème saharien qui risque non

seulement d’affecter l’état de la diversité biologique mais aussi de réduire la capacité de l’écosystème à assurer les services écologiques essentiels. Ces menaces se déclinent en plusieurs points :

- Effets des aléas climatiques (Erosion éolienne, sécheresse, inondations. Rappel :

Ghardaïa, Béchar…etc.).

- Salinisation et déficience du drainage des sols en milieu oasien.

Gestion des ressources génétiques

- Effets des activités anthropiques en milieu oasien : développement des zones

d’habitation, intrusion des technologies modernes de transport, développement de l’agriculture et de l’élevage.

- Développement d’activités illégales de braconnage et de chasse (Pressions sur les espèces menacées).

29

Points de concentration des populations humaines, centre de rayonnement des civilisations sahariennes et socle de développement des activités économiques (Agriculture, artisanat) les oasis, partie intégrante et sous système de l’écosystème saharien, sont confrontées à des menaces qui témoignent d’une pression anthropique insoutenable.

Encart 3. UN SYSTEME OASIEN MENACE

Encart 3. UN SYSTEME OASIEN MENACE Les systèmes de production et les modèles d’organisation des sociétés

Les systèmes de production et les modèles d’organisation des sociétés sont les produits de l’adaptation historique aux conditions naturelles extrêmes de l’écosystème saharien pour se constituer en système oasien. Le système oasien intègre harmonieusement des structures d’habitat (Ksour), des pratiques agricoles (Système combiné de la palmeraie et de l’élevage) et hydrauliques (Systèmes des Foggaras) régis par des Savoirs et des Savoirs faire ancestraux centrés sur l’optimisation de ressources naturelles.

Relativement bien structuré et en phase avec les impératifs de la gestion rationnelle des ressources biologiques et de l’écosystème Saharien, le système Oasien a permis aux ménages sahariens de se doter d’une relative autonomie de vie et aux hommes et femmes de ses contrées hyperarides de se doter d’un modèle d’organisation sociale et écologique qui a été à la base de la fondation de plusieurs archipels oasiens : Ziban, Oued Righ, Ourgla, Tidikelt, Touat, Gourara, Saoura, pentapoles de Ghardaïa).

Ce système est aujourd’hui menacé du fait de la rupture des équilibres se traduisant, notamment, par :

La remontée des eaux découlant d’une déficience en matière de drainage (El Oued, Ouargla, Touggourt et El Goléa).

La salinisation des sols.

L’utilisation irrationnelle de l’eau (recours abusif au pompage).

Le tarissement et la dégradation des foggaras.

La désertification et l’ensablement des oasis.

Il en a résulté une dégradation et une baisse significative de la productivité des palmeraies, d’autant plus exacerbée qu’elle s’accompagne du non renouvèlement des savoirs faire communautaires découlant du bouleversement des structures sociales et économiques oasiennes (Exode, développement des villes, urbanisation agressive des palmeraies, économie pétrolière…etc.).

Gestion des ressources génétiques

4.2.6.3 - Développement des régions du sud et préservation de l’écosystème Saharien Aujourd’hui que la fragilité de l’écosystème saharien est mise en évidence, des politiques et des stratégies de développement ont été mises en œuvre en vue d’en assurer la restauration et la préservation.

30

Les questions relatives à la biodiversité des zones arides ont été intégrées dans le

programme national d’action pour la lutte contre la désertification (PNA LCD). Ce dernier s’intègre dans le plan national d’actions pour l’environnement et le développement durable (PNAE-DD) qui a pour objectifs stratégiques:

- de préserver les ressources de la biodiversité ;

- d’améliorer la gestion des sols et lutter contre la désertification ;

- de protéger les écosystèmes oasiens.

Le schéma national d’aménagement du territoire (SNAT 2025) intègre ces impératifs à travers plusieurs axes :

La nécessaire gestion rationnelle des ressources naturelles impliquant :

La gestion intégrée des ressources du continental intercalaire et du terminal,

Le développement des techniques d’économie d’eau y compris les systèmes traditionnels (Foggaras),

La réutilisation des eaux usées épurées ainsi que les eaux de drainage pour l’irrigation,

Le développement de l’énergie renouvelable pour les besoins domestiques et les activités de traitement des eaux usées,

La préservation des sols et la lutte contre la désertification par l’introduction d’un système adapté de gestion des parcours,

La préservation et la réhabilitation du système oasien par :

- La réhabilitation des Ksour et des habitats traditionnels.

- La protection des oasis contre les rejets domestiques, les inondations, la salinisation et l’ensablement (Mise en place des ceintures vertes).

- La réglementation des pompages la réhabilitation des systèmes d’irrigation traditionnelle (foggara).

- La valorisation des atouts touristiques liés aux aspects culturels.

- La réorientation de la grande mise en valeur des terres vers le développement de la phoeniciculture et la plasticulture de primeur (Biskra, Adrar, Laghouat) via l’adoption des techniques d’irrigation économes en eau (système goutte à goutte …).

- Valorisation et protection des ressources biologiques agricoles (Protection des palmeraies contre les fusarioses, valorisation des petits élevages, Introduction des espèces adaptées au stress hydrique en milieu aride)

Un développement économique et urbain équilibré orienté vers :

- Le développement de l’urbanisation en dehors des Ksour et des oasis.

- La diversification des activités économiques en vue de la réduction de la pression sur les ressources naturelles

4.2.7 - Les écosystèmes agricoles.

Gestion des ressources génétiques

31

La position biogéographique de l’Algérie et la structure de ses étages bioclimatiques font d’elle un gisement important de ressources agrobiologiques. Ces dernières ont évolué sous l’influence des apports de diverses civilisations en termes d’introduction de taxons et d’apports de savoir-faire qui ont contribué à façonner, de biens de façons, la richesse et l’originalité des écosystèmes agricoles.

4.2.7.1 L’érosion génétique. Mais, à l’instar des tendances observées à l’échelle mondiale, par le FAO, l’Algérie connaît un rythme de dégradation de la biodiversité agricole en relation avec les pressions exercées par le développement des activités humaines et les transformations socio-économiques. En effet, les pertes des taxons cultivés enregistrés en Algérie avoisinent moyennement les 59 % et celle des animaux à 56 % 50 . Cette évolution est principalement liée aux mutations sociales et économiques qui ont marqué l’Algérie, depuis 1962, en termes de croissance démographique, d’urbanisation accélérée, d’intensification capitalistique de l’agriculture et de développement des marchés agro alimentaires.

Tableau 2 - Etat de la biodiversité agricole en Algérie

Catégories végétales et animales

Nombre de taxons actuels (Espèces, variétés, races, lignées, cultivars)

Céréales

41

Fourrages

?

Légumes secs

21

Arbres fruitiers

1259

Cultures maraichères

111

Cultures industrielles

10

Animaux domestiques

38

Total

1480

MATET, 2009 – Quatrième rapport national. Sur la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique au niveau national. Mars 2009.

Globalement, il est loisible de relever une certaine tendance à la baisse de la biodiversité agricole (Tableau 2) liée à quatre facteurs essentiels :

Pollution génétique et absorption par les importations massives des semences, des plants, et des reproducteurs.

Dégradation de certains écosystèmes : steppes, littoral, forêts, écosystèmes oasiens.

Caractère sélectif des marchés qui ont tendance à privilégier les variétés et des races à forte valeur ajoutée commerciale (Deglet Nour, race ovine Ouled Djellal,…etc.) au détriment des autres variétés et races dont le statut est de plus en plus vulnérable.

Surexploitation (Plantes médicinales en particulier)

4.2.7.2 Des politiques agricoles favorables à l’agro biodiversité.

Des mesures institutionnelles et organisationnelles ont été mises en œuvre par l’Etat en vue d’assurer un développement agricole durable permettant la réhabilitation et la conservation des taxons agricoles locaux. Les considérations sur la biodiversité agricole sont intégrées dans plusieurs stratégies sectorielles:

- Stratégie Nationale de l’Environnement et du développement durable ; - Stratégie du renouveau de l’économie agricole et du renouveau rural à l’horizon 2014.

50 K. MEDIAOUNI (1999) cité par A. ABDELGUERFI (2003). MATE - Rapport de synthèse sur «La Biodiversité Importante pour l’Agriculture en Algérie». Plan d’action national sur la biodiversité. Tome IX, P 12

DSPPRE- INRAA

Dans les plans de développement :

- Plan national pour le développement agricole et rural ;

- Plan national de développent forestier ;

- Plan national de reboisement (PNR, 2000) ;

Gestion des ressources génétiques

32

- Plan national d’actions pour l’environnement et le développement durable (PNAE- DD) ;

- Plan national de développement du patrimoine cynégétique ;

- Plan d’action national de lutte contre la désertification ;

- Plan d’actions de conservation de la biodiversité biologique.

La politique du renouveau de l’économie agricole et du renouveau rural mise en œuvre par le MADR vise à asseoir un développement agricole et rural intégré et durable, en plaçant la sécurité alimentaire au centre de ses préoccupations tout en visant la revitalisation équilibrée des territoires ruraux. A ce titre, plusieurs actions ont été inscrites et soutenues par les divers fonds publics crées à cet effet - FDRMVTC : Fonds de développement rural et de la mise en valeur des terre par la concession et ce au profit des ménages et des collectivités locales. - FNRPA : Fonds national de régulation de la production agricole - FNDIA : Fonds national pour le soutien aux investissements agricoles

L’ensemble de ces fonds visent à la :

- Diversification des activités économiques

- Protection et valorisation des ressources naturelles : forets, steppes, oasis, montagne, littoral, terres agricoles

- Soutien au développement des ressources génétiques locales.

La démarche adoptée pour la protection et la valorisation des ressources naturelles, dans le cadre des politiques de développement agricole et rurale s’est basée sur les axes suivants :

- Protection, extension et développement du patrimoine forestier

- Lutte contre la désertification.

- Traitement des bassins versants (écosystèmes de montagne)

- Protection de la faune et de la flore.

- Développement des produits forestiers et alfatiers.

- Amélioration du niveau de vie des populations riveraines.

- Création d’emplois en milieux ruraux.

- Promotion des activités traitant de la valorisation des produits agricoles.

- Soutien au développement des ressources génétiques locales.

Ces impératifs sont traduits dans des textes législatifs :

- Loi n° 05-03 du 6 février 2005 relative aux semences, aux plants et à la protection de l'obtention végétale.

- Loi n° 08-16 du 3 août 2008 portant orientation agricole.

- Arrêté N° 1005 du 25 novembre 2008 fixant les modalités et procédures d’attribution des indications géographiques des produits agricoles. - Avant projet de Décret relatif au système de qualité des produits agricoles ou d’origine agricole.

Au plan de la mise en œuvre des principales orientations sur le terrain, il y a lieu de relever :

- l’intégration des produits biologiques locaux dans les dispositifs d’aides publiques (FNRPA et FNDIA) ; - la réorientation des activités des fermes pilotes vers le développement, la conservation et la diffusion des ressources génétiques locales ;

Gestion des ressources génétiques

- la consolidation des missions des instituts techniques par l’intégration des impératifs de conservation du matériel biologique locale ; - la mise en place du comité des indications géographiques : Protection et intégration des taxons agricoles locaux dans le processus de développement agricole pour les taxons suivants : Race ovine Ouled Djellal, Olive Sigoise, Datte Deglet Nour, Figue de Béni Maouche.

33

4.3 – Politiques et stratégies de conservation de la diversité biologique en Algérie. Les impératifs de conservation de la diversité biologique en Algérie ont été consignés dans la stratégie et le plan d’action national d’utilisation durable de la biodiversité établis en 1997. Ceux-ci ont été confortés aussi bien par le plan national d’action pour l’environnement et le développement durable (2002) que par le Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT 2025) établi en 2007. La stratégie Algérienne de conservation de la diversité biologique a privilégié l’approche basée sur la protection des habitats et des écosystèmes à travers la multiplication des aires protégées. La conservation Ex-Situ n’a pas été négligée pour autant.

4.3.1 – La conservation In Situ.

Le fait est indéniable. L’Algérie a fortement investi dans les stratégies de conservation in situ impliquant le développement d’un nombre relativement important d’aires protégées

.

Présentement l’Algérie dispose de 28 aires terrestres protégées pour une superficie globale de 80 millions d’hectares auxquelles il faudra rajouter les 42 sites humides RAMSAR

(Tableau 8). Ces aires renferment, selon les scientifiques, 80 % de la biodiversité Algérienne.

Tableau 3 - La conservation In situ en Algérie : Etat des lieux (Arrêté à fin 2008)

Désignation

Superficie

Nombre

Localisation géographique

(Hectares)

Parcs nationaux

   

Tlemcen, Djebel Aissa, Thniet El hed,

terrestres

193 837

9

Gouraya, Chréa, Djurdjura, Taza, Belezma, El Kalla

Parcs culturels

80

067 000

5

Ahaggar, Tassili, Tindouf, Gourara-Touat- Tidikelt, Atlas saharrien

Réserves naturelles

 

46

392

5

 

Réserves de chasse

 

41

589

4

Zéralda, Mascara, Djelfa et Tlemcen

Centres

   

Mostaganem, Réghaïa, Sétif, Tlemcen, Zéralda

cynégétiques

 

192

5

Total

80

349 010

28

 

Sites humides

2 958 705

42

A fin 2006, l’Algérie comptait 1451 zones humides

Ramsar

La conservation des écosystèmes marins est aussi mise en œuvre depuis 2002, année durant laquelle un plan national de mise en place d’aires marines et côtières protégées a été élaboré. Ce dernier a défini 12 sites prioritaires d’aires marines protégées pour la conservation des sites d’intérêt écologique majeur. En ce qui concerne les parcs marins et côtiers, des études ont été réalisées entre 2003 et 2008. Elles ont concerné les îles Habibas, l’île de Rachgoun, les aires marines d’El Kala, de Taza, de Gouraya, de Chenoua, d’Aguelli et de Kouali. Des plans de gestion sont en voie de finalisation et des décrets de classement et de mise en réserve sont en préparation pour les aires marines qui n’ont pas encore de statut juridique.

Gestion des ressources génétiques

Dans le cadre du plan d’aménagement côtier (PAC), deux autres aires protégées ont été délimitées : les sites du mont Chenoua (Tipaza) et le lac de Réghaïa (Alger).

34

Avec le classement de la Réserve naturelle marine des Iles Habibas 51 (Oran), l’Algérie inaugure un nouveau type d’aires protégées qui concernent à la fois les écosystèmes marins et littoraux. Des projets similaires existent pour d’autres zones littorales et marines d’Algérie et concernent 14 wilayas implantées le long du littoral algérien: Tlemcen, Ain-Temouchent, Oran, Mostaganem, Chlef, Tipaza, Alger, Boumerdès, Tizi-Ouzou, Bejaïa, Jijel, Skikda, Annaba et El-Taref.

Ces réalisations s’inscrivent dans un vaste programme de conservation des écosystèmes à l’horizon 2025. En effet, le développement des aires protégées à travers le SNAT 2025 constitue la pierre angulaire de la conservation in situ de la diversité biologique en Algérie. Ainsi, d’ici les quinze années à venir, pas moins de 25 nouvelles aires protégées sont programmées. La superficie totale des aires protégées passerait de 22% du territoire national à 24,5 %.

Les mesures relatives à la protection et à la préservation du patrimoine du littoral, concernent :

- Le classement et l’aménagement de 11 parcs marins et terrestres ;

- Le classement et l’aménagement de 22 réserves marines et terrestres.

Par ailleurs, des programmes sectoriels inscrivent implicitement ou explicitement les

impératifs de conservation de la diversité biologique dans leurs orientations principales :

- Mise en œuvre d’une stratégie de développement agricole et rurale durable à travers les PPDRI, qui visent notamment à la protection et la valorisation des ressources naturelles et du patrimoine rural, et les plans de développement des activités agricoles visant à la valorisation des écosystèmes agricoles.

- Réorientation les activités des fermes-pilotes du secteur public vers la conservation et le développement des ressources génétiques locales,

- Mise en place du Comité national des Indications Géographiques a en vue de protéger et d’intégrer des taxons dans le processus de développement agricole (Deglet Nour, Figue de Béni Maouche, Olive de Sig, Race ovine Ouled Djellal)

- Mise en œuvre d’un projet de valorisation des ressources phytogénétiques du palmier dattier.

- Cadastre, Identification et classement des zones humides susceptibles d’intégrer le système RAMSAR (DGF)

- Régénération, plantations et mise en défens des parcours steppiques (HCDS)

- Programme d’extension et de reconstitution du patrimoine forestier en vue d’atteindre un taux de boisement de 18 % à travers plusieurs programmes (Reboisement,

inventaire, lutte contre la désertification, développement des activités cynégétiques).

- Conservation In situ de la biodiversité dans les écosystèmes de montagnes intégrée dans le cadre

o

du Programme d’Emploi Rural (PER) (Protection des ressources, plantations forestières et rustiques, améliorations foncières)

o

Programme de détermination et de classement des zones de montagnes (Loi relative à la montagne).

- Conservation In situ des ressources biologiques marines à travers :

51 Décret exécutif n° 03-147 du 29 mars 2003

Gestion des ressources génétiques

o

la stratégie nationale de gestion intégrée de la zone côtière définissant les lignes directrices de sa gestion pour une utilisation durable des ressources marines et côtières,

o

la mise en place d’un réseau de surveillance de l’herbier à Posidonie.

o

La surveillance de la qualité des eaux marines

o

La mise en place d’un SIG pour une gestion rationnelle de ses ressources sur 14 wilayate.

35

Encart 4 PROGRAMME DE CONSERVATION IN SITU HORIZON 2010

Programme de création d’espaces protégés (les parcs naturels)

Monts des Ksours (Naâma et El Bayadh),de création d’espaces protégés (les parcs naturels) Monts des Ouled Nail-Sénalba (Djelfa et M’Sila), Djebel

Monts des Ouled Nail-Sénalba (Djelfa et M’Sila),(les parcs naturels) Monts des Ksours (Naâma et El Bayadh), Djebel Amor (Laghouat et El Bayadh),

Djebel Amor (Laghouat et El Bayadh),Bayadh), Monts des Ouled Nail-Sénalba (Djelfa et M’Sila), Monts des Aurès-Nemamcha-Gorges du Ghouffi (Batna,

Monts des Aurès-Nemamcha-Gorges du Ghouffi (Batna, Khenchela et Tebessa).(Djelfa et M’Sila), Djebel Amor (Laghouat et El Bayadh), Béchar-Taghit-Béni Abbes (Béchar). Gourara-Touat (Adrar),

Béchar-Taghit-Béni Abbes (Béchar).du Ghouffi (Batna, Khenchela et Tebessa). Gourara-Touat (Adrar), Tindouf (Arganier), Grand Erg

Gourara-Touat (Adrar),Khenchela et Tebessa). Béchar-Taghit-Béni Abbes (Béchar). Tindouf (Arganier), Grand Erg Occidental (Adrar), Bordj

Tindouf (Arganier),Béchar-Taghit-Béni Abbes (Béchar). Gourara-Touat (Adrar), Grand Erg Occidental (Adrar), Bordj Badji Mokhtar (Adrar).

Grand Erg Occidental (Adrar),Abbes (Béchar). Gourara-Touat (Adrar), Tindouf (Arganier), Bordj Badji Mokhtar (Adrar). Création de réserves par

Bordj Badji Mokhtar (Adrar).(Adrar), Tindouf (Arganier), Grand Erg Occidental (Adrar), Création de réserves par espèces protégées réserves

Création de réserves par espèces protégées

réserves pour l’Outarde Houbara : Hauts Plateaux-Est, Ouest et Centre;(Adrar). Création de réserves par espèces protégées réserves pour le Mouflon à manchette: Sahara central et

réserves pour le Mouflon à manchette: Sahara central et Septentrional;l’Outarde Houbara : Hauts Plateaux-Est, Ouest et Centre; réserves pour la gazelle: Sahara central et Septentrional

réserves pour la gazelle: Sahara central et Septentrional ;le Mouflon à manchette: Sahara central et Septentrional; réserves pour le guépard (Illizi-Tamanrasset) ; réserves

réserves pour le guépard (Illizi-Tamanrasset) ;réserves pour la gazelle: Sahara central et Septentrional ; réserves pour l’Addax (Illizi-Tamanrasset) ; réserves

réserves pour l’Addax (Illizi-Tamanrasset) ;; réserves pour le guépard (Illizi-Tamanrasset) ; réserves pour l’Autruche (El Bayadh-Naâma) ; réserves

réserves pour l’Autruche (El Bayadh-Naâma) ;; réserves pour l’Addax (Illizi-Tamanrasset) ; réserves pour le Cerf de Barbarie (Guelma-Souk Ahras) 3 2

réserves pour le Cerf de Barbarie (Guelma-Souk Ahras); réserves pour l’Autruche (El Bayadh-Naâma) ; 3 2 2 2 2 2 2 Aussi, il

3

2

2

2

2

2

2

Aussi, il est prévu de lancer au niveau des parcs nationaux de Tlemcen, de Chréa, de Gouraya, de Taza, du Djurdjura, de Théniet el Had, du Belezma, des programmes :de valorisation des ressources naturelles, de préservation des monuments historiques, de suivi des plantes utilitaires notamment les plantes médicinales, d’élaboration de plan de gestion de forêt,de réintroduction de certaines espèces animales, de création de pépinières et d’extension des parcs.

Il est prévu également la création de parcs régionaux en collaboration avec les collectivités territoriales concernées et en concertation avec tous les partenaires. Cette catégorie de parcs a pour objectif de réaliser une gestion efficace de la diversité biologique par rapport à l’espace qu’elle couvre et de la valoriser comme ressources agricole, médicinale, forestière, fourragère.

Enfin il a été institué un plan de gestion pour l’ensemble des parcs nationaux

Gestion des ressources génétiques

4.3.2 – La conservation Ex Situ. Dans la situation actuelle, la conservation In Situ est assurée, Algérie, par quelques stations de conservation relevant d’institutions de recherche et de développement (ITCMI, ITAFV, ITGC). On notera également qu’il n’existe, à ce jour, aucune infrastructure appropriée et répondant aux normes internationales pour les collections taxonomiques marines.

Cependant

afin de développer la conservation ex situ, plusieurs actions ont été

programmées et sont en cours d’exécution:

ont été programmées et sont en cours d’exécution: Réhabilitation des Jardins 36 - Réhabilitation et

Réhabilitation des Jardins

36

- Réhabilitation et restauration, en voie d’achèvement, du Jardin d’Essais du Hamma, site d’acclimatation classé parmi les plus importants du monde parce qu’il abrite une riche collection végétale ;

- Réhabilitation des jardins London (Biskra), 5 juillet et Laverdure (Biskra).

Création de parcs urbains Projets de création de pars urbaines à l’horizon 2010-2012 (12 wilayate) et 2012-2014 (13 wilayate). Projets de création de pars urbaines à l’horizon 2010-2012 (12 wilayate) et 2012-2014 (13 wilayate).

Création de jardins botaniques. Des projets de jardins botaniques sont inscrits pour les wilayate de Djelfa (finalisé), d’Illizi, de Laghouat et de Tlemcen.

Djelfa (finalisé), d’Illizi, de Laghouat et de Tlemcen. Centre des ressources phylogénétiques - Projet de mise
Djelfa (finalisé), d’Illizi, de Laghouat et de Tlemcen. Centre des ressources phylogénétiques - Projet de mise

Centre des ressources phylogénétiques

- Projet de mise en place à Illizi d’un centre d’évaluation et de conservation des ressources phytogénétiques du Tassili impliquant.

des ressources phytogénétiques du Tassili impliquant. Centre de conservation des taxons végétaux - Consolidation

Centre de conservation des taxons végétaux

- Consolidation du CNDRB, créé en 2002, est doté, en 2006 et 2008, de deux annexes

régionales érigées en réseau de conservation et de protection des taxons végétaux. Il s’agit des annexes de Lagarmi dans la wilaya d’El Bayadh et de Moudjbara (Djelfa). Une troisième annexe est en projet au niveau de Tinerkouk (Adrar).

- Création d’une banque de ressources phytogénétiques (INRAA), banque dont

l’infrastructure est achevée et qui devrait devenir opérationnelle au cours de l’année 2009.

- Projet de réalisation d’une banque de gènes du CNDRB à Dounya Park (MATET).

d’une banque de gènes du CNDRB à Dounya Park (MATET). Création d’Herbarium national (2012-2014) Projet visant

Création d’Herbarium national (2012-2014)

Projet visant à remédier aux carences enregistrées dans le domaine des collections de références (Mortes ou vivantes) végétales. Conservation des ressources animales

- Constitution d’une une banque nationale des semences et embryons pour les races animales par le CNIAAG.

- Création d’un conservatoire des races animales domestiques au niveau de l’Institut technique des élevages.

d’un conservatoire des races animales domestiques au niveau de l’Institut technique des élevages. DSPPRE- INRAA

Gestion des ressources génétiques

Conclusion La préservation de la biodiversité nécessité une gestion dynamique des écosystèmes qui sont, en dernière instance, les pourvoyeurs de services écologiques nécessaires à la satisfaction des besoins socio économiques de la population. Au plan opérationnel, la préservation de la biodiversité la mise en œuvre de stratégies centrées sur les écosystèmes impliquant les acteurs de la société et les institutions Les plans de gestion de cette biodiversité devront être placés au confluent des besoins de l’Homme, partie intégrante des écosystèmes, mais aussi des impératifs de connaissance scientifique des ressources biologiques.

37

La prise de conscience des enjeux de la préservation de la diversité biologique et de sa contribution à la satisfaction des besoins socio-économique des populations a conduit l’Algérie à développer des mécanismes institutionnels en vue de préserver l’ensemble des écosystèmes de manière les processus de dégradation (Tableau 5). Mais par delà la progression notable enregistrée dans la mise en œuvre de la stratégie de la conservation de la biodiversité, le processus souffre encore de la problématique de la connaissance scientifique des ressources et des écosystèmes.

Tableau 4 – Principales phases d’un plan de gestion des ressources biologiques et des écosystèmes

Sphères

 

Capital Biologique

Identification, répartition Taille populations

 

Connaissance et Suivi

Evaluation du Statut (Définitions de l’UICN, FAO)

Ressources

Ressources

Ressources non exposés à des risques

présentant des

potentiellement

 

risques

à risques

Conservation In situ et Ex situ

+++

+++

-

Législation (Protection, listes rouges, limitations, quoutas)

+++

+++

-

Stratégies agricoles et rurales Politiques comemrciales Politiques d’aménagement Programmes génétiques

   

Développement,

besoins du

-

-

marché et de la population

Veille et biovigilance

+++

+++

+++

TABLEAU 6 - TYPOLOGIE DES MENACES S’EXERÇANT SUR LES DIVERS ECOSYSTEMES EN ALGERIE

Ecosystèmes

Tendance

Menaces et facteurs de dégradation

Incidences sur les besoins sociaux et économiques des populations

générale de

biodiversité

   

Aires

Probable

- Littoralisation de la vie économique et sociale

Régression des stocks activités halieutiques. Dans 20

marines

diminution

- Espèces (Algues) invasives en relation avec le

ans les ressources halieutiques marines vont baisser de 30% même si l’Algérie ne pêche ne que le tiers autorisé du stock disponible, évalué à 210000 T.

Les petits métiers sont fortement affectés (Emploi, équilibre social, nutrition)

réchauffement climatique. Menaces sur l’herbier à

Posidonie

Pollution chimique (déversements d'hydrocarbures, eaux des ballasts).

-

Pêche abusive et non conventionnelle (explosifs, maillage)

-

 

- Réchauffement climatique

Littoral

Diminution

- Littoralisation de la vie économique et sociale.

Réduction des stocks halieutiques (Sardines, anchois) Dégradation des services écologiques liés aux zones humides littorales Rétraction des plages et des revenus issus des activités touristique balnéaires Régression de l’agriculture périurbaine et côtière

- Tourisme domestique balnéaire.

- Agriculture et élevages intensifs et commerciaux.

Aquaculture commerciale (introduction de matériels génétiques).

-

- Mines et carrières (extraction des sables).

- Réseaux de transport, routes et autoroutes.

Impact négatif sur les petits métiers, la pêche artisanale et les activités récréatives

- Travaux publics.

Extraction des eaux à des fins domestique, commerciales et agricoles.

-

 

Pollution par les eaux usées (domestiques et urbaines), les effluents agricoles (engrais, pesticides) et industriels.

-

Pollution (déversements d'hydrocarbures, eaux des ballasts).

-

- Ordures ménagères et déchets solides.

- Pollution atmosphérique et sonore.

- Conditions climatiques sévères (inondations).

Réchauffement climatique (Effets sur la structure de la biodiversité, érosion côtière, pollution des zones humides littoral )

Gestion des ressources génétiques

TABLEAU 6 - TYPOLOGIE DES MENACES S’EXERÇANT SUR LES DIVERS ECOSYSTEMES EN ALGERIE (SUITE)

39

Ecosystèmes

Tendance

Menaces et facteurs de dégradation

Incidences sur les besoins sociaux et économiques des populations

générale de

biodiversité

   

Ecosystèmes

Une certaine

- Pression démographique.

Fortes incidences sur les perspectives de

des zones

stabilité

- Développement résidentiel et commercial.

développement de l’aquaculture et de la pêche artisanale. Impact négatif sur les activités récréatives et touristiques Affectation des fonctions écologiques de l’écosystème notamment la production de l’eau douce (Prononcée pour les zones humides littorales)

humides (y

- Tourisme.

compris les

- Agriculture et élevages intensifs et commerciaux.

Sites

Aquaculture commerciale (introduction de matériels génétiques, concessions pour l’exploitation).

-

RAMSAR)

- Mines et carrières (extraction des sables).

 

- Réseaux de transport, routes et autoroutes.

- Travaux publics (Barrages, autoroutes, villes)

Extraction des eaux à des fins domestiques, commerciales et agricoles.

-

Pollution par les eaux usées (domestiques et urbaines), les effluents agricoles (engrais, pesticides) et industriels.

-

- Chasse et piégeage des animaux.

- Pêche et collecte des ressources aquatiques.

- Conditions climatiques sévères (assèchements

Ecosystèmes

Tendance à la régression

- Pression démographique (versant nord de l’Atlas

Affectation des fonctions écologiques de l’écosystème (Production des eaux par les bassins versants, énergie hydroélectrique, activités cynégétique) Déclin de l’agriculture et de l’élevage de subsistance Déclin des produits de terroir a forte valeur commercial (Olives, figues) Dégradation des supports aux activités touristiques de montagne (Sports d’hivers, campings,) Déclin des revenus des ménages et exode agricole et rural

des

Tellien).

montagnes

 

- Agriculture et élevages de subsistance.

- Pâturages.

- Chasse et piégeage d'animaux terrestres.

- Collecte de plantes terrestres.

Exploitation forestière et la récolte du bois (échelle de subsistance)

-

- Incendies.

- Barrages, utilisation et management des eaux.

Introduction de matériel génétique pour l’agriculture et l’élevage.

-

 

-

Effluents forestiers : Erosion des sols, sédimentation.

Gestion des ressources génétiques

TABLEAU 6 - TYPOLOGIE DES MENACES S’EXERÇANT SUR LES DIVERS ECOSYSTEMES EN ALGERIE (SUITE)

40

Ecosystèmes

Tendance

Menaces et facteurs de dégradation

Incidences sur les besoins sociaux et économiques des populations

générale de

biodiversité

   

Les

Tendance à la régression

- Tourisme et aires de récréation.

Affectation des fonctions écologiques de l’écosystème Déclin de l’agriculture et de l’élevage de subsistance Baisse de la productivité des des activités agricoles et sylvicoles Déclin des produits de terroir a forte valeur Incidence sur l’économie cynégétique et touristique Tendance à la baisse de la productivité pastorale des parcours foretiers

écosystèmes

- Agriculture itinérante.

forestiers

 

- Pâturage transhumant.

- Chasse et piégeage d'animaux terrestres.

- Collecte de plantes terrestres.

- Exploitation forestière et la récolte du bois.

- Feux et suppression de feux.

- Barrages, utilisation et management des eaux.

- Introduction de matériel génétique.

 

- Erosion des sols, sédimentation.

- Ordures ménagères et déchets solides.

Les

Forte diminution

- Développement résidentiel et commercial

Appauvrissement des sols et désertification Baisse de la productivité fourragère Baisse de la productivité du bétail

écosystèmes

steppiques

Agriculture et aquaculture (agriculture itinérante, pâturage transhumant).

-

 

- Transports et routes

Détérioration des conditions de vie et précarisation des conditions de vie des populations. Déclin de la productivité des élevages (Disponibilités des protéines animales)

- Utilisation des ressources biologiques, chasse et

piégeage d'animaux terrestres, collecte de plantes terrestres. exploitation des nappes alfatières.

- Pollution : eaux usées domestiques et urbaines.

 

- Erosion des sols et désertification

Changements climatiques et conditions climatiques sévères, sécheresse, température extrêmes. Tempêtes et inondations

-

Gestion des ressources génétiques

41

TABLEAU 6 - TYPOLOGIE DES MENACES S’EXERÇANT SUR LES DIVERS ECOSYSTEMES EN ALGERIE (FIN)

Ecosystèmes

Tendance

Menaces et facteurs de dégradation

Incidences sur les besoins sociaux et économiques des populations

générale de

biodiversité

   

Ecosystème

Baisse

-

Variations climatiques (sécheresse extrême, durée

Dégradation des biens de subsistance des ménages oasiens Réduction de la productivité de l’agriculture et de l’élevage oasiens Risuqes de disparition des races ovines sahariennes Dégradation des palmeraies

Sahariens

d’insolation importante, vents violents et desséchants,

érosion éolienne et hydrique, phénomène de salinisation, tempêtes et inondations), Energie et mines : forages (pétrole et gaz), mines et carrières.

- Transports et routes.

- Utilisation des ressources biologiques : chasse et

piégeage d'animaux terrestres, collecte de plantes terrestres.

-

Pollution par les eaux usées domestiques et urbaines :

 

eaux d’épuration, stagnation des eaux.

-

Ordures ménagères et déchets solides.

Changements climatiques et conditions climatiques sévères : sécheresse, température extrêmes, Tempêtes et inondations.

-

Ecosystème

Tendance à la baisse

- Développement résidentiel et commercial

Impact sur la viabilité des systèmes de biens de subsistance des populations rurales Sécurité alimentaire à long terme Accroissement des volumes des importations en biens alimentaires Réduction des biens alimentaires exportés (Dattes, huiles, vins) Disparition des produits de terroir de qualité

agricole

- Transports et routes

 

- Introduction de matériel génétique

Pollution : eaux usées domestiques et urbaines, effluents industriels.

-

Changements économiques (effet sélectif des marchés au détriment des ressources génétiques locales)

-

Changements climatiques et conditions climatiques sévères : sécheresse, température extrêmes. Tempêtes et inondations.

-

Annexe

Conventions et protocoles internationaux ratifies par l’Algérie

Convention relative aux zones humides d’importance internationale, particulièrement comme habitats de la sauvagine, signée à Ramsar (Iran) le 1er février 1971. Ratifiée le 11 décembre 1982.

Convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles (Convention d’Alger). Ratifiée en 1982.

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) (Adhésion en 1982).

Convention relative à la diversité biologique, signée en juin 1992. Ratification en 1995.

Protocole relatif aux aires spécialement protégées et à la diversité biologique de la Méditerranée. Ratification en 1995.

Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage faite à Bonn (dite Convention de la CMS). Ratification en 2004.

Accord sur la conservation des cétacés de la Mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente, signé à Monaco le 24 novembre 1996. Ratification le 19 Mars 2007.

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