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CHAPITRE

1.1.10.

LIGNES DIRECTRICES POUR LES NORMES INTERNATIONALES APPLICABLES AUX BANQUES DE VACCINS

INTRODUCTION

La vaccination díurgence est líune des nombreuses mesures qui peut Ítre utilisÈe pour contrÙler une maladie puisquíelle apporte un prÈcieux complÈment ‡ líapplication des mesures zoosanitaires essentielles. Celles-ci comprennent le diagnostic rapide, la traÁabilitÈ, le contrÙle des mouvements et la dÈsinfection, et peuvent aussi inclure líabattage díanimaux infectÈs ou ayant ÈtÈ en contact avec líagent pathogËne.

Les termes ´ vaccin díurgence ª et ´ vaccination díurgence ª peuvent avoir diffÈrentes connotations, mais sont habituellement utilisÈs pour diffÈrencier une vaccination de routine, prophylactique (prÈventive) et une vaccination díurgence, cette derniËre Ètant appliquÈe en rÈponse immÈdiate ‡ une Èpizootie. La vaccination díurgence peut Ítre mise en place dans un certain nombre de circonstances et de diffÈrentes faÁons, incluant notamment :

a) lors díune Èpizootie dans un pays qui est normalement indemne de cette maladie et qui ne pratique pas la vaccination contre cette maladie. Elle peut Ítre appliquÈe comme Vaccination en anneau ou Vaccination frontiËre, en dehors ou autour díun foyer de maladie pour empÍcher sa diffusion vers líextÈrieur ;

b) lors díune Èpizootie dans un pays voisin ou une rÈgion quand la Vaccination frontiËre díurgence peut Ítre appliquÈe le long de cette frontiËre dans le pays ou la rÈgion qui prÈsente un risque ;

c) comme mesure complÈmentaire dans le cadre díune Èradication, quand la vaccination díurgence est appliquÈe vis-‡-vis díune population animale autour díune zone díÈpizootie, habituellement au sein de la zone de protection dans laquelle les Èpizooties sont apparues, par la vaccination dite Vaccination suppressive ou Vaccination díÈtouffement. Il síagit díune forme de vaccination en anneau suivie par líabattage des animaux vaccinÈs.

d) lors díune Èpizootie dans un pays qui ne pratique pas normalement la vaccination mais o˘ les vaccins díurgence sont utilisÈs pour stimuler líimmunitÈ existante ;

e) lors díune Èpizootie dans un pays qui pratique habituellement la vaccination prÈventive, mais o˘ le(s) vaccin(s) employÈ(s) ne procure(nt) pas de protection contre la souche impliquÈe dans líÈpizootie.

Les critËres qui dÈterminent le succËs de la mise en place díune vaccination díurgence incluent la rapiditÈ díaccËs au(x) vaccin(s) qui (i) contient la(les) souche(s) de virus ayant une antigÈnicitÈ suffisamment proche de la(les) souche(s) de líÈpizootie (ii) sont du type de formulation de vaccin requis (iii) ont une innocuitÈ et une efficacitÈ acceptables (iv) ont une disponibilitÈ appropriÈe, en terme de quantitÈ et de livraison immÈdiate et (v) sont en accord avec les considÈrations financiËres. Le besoin Èvident de maintenir des rÈserves stratÈgiques, ou des banques, de produits ayant ces valeurs est bien illustrÈ par les vaccins contre la fiËvre aphteuse (FA). Ils sont prÈvus dans des plans díurgence pour Ítre utilisÈs lors díune Èpizootie de FA et ont conduit ‡ une montÈe en puissance dans líÈtablissement au niveau national et international de rÈserves de vaccins contre

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la FA pour une utilisation au niveau mondial (3), avec líassurance que le vaccin sera disponible immÈdiatement et mis ‡ la disposition du pays demandeur.

Les vaccins díurgence contre la FA sont habituellement formulÈs ‡ un niveau díefficacitÈ plus ÈlevÈe que le vaccin conventionnel Èquivalent et certaines banques stipulent la nÈcessitÈ díau moins 6 DP 50 (50 % de la dose protectrice) par dose pour un bovin par opposition ‡ la dose rÈglementaire minimale nÈcessaire de 3 DP 50 . Une efficacitÈ plus ÈlevÈe peut Ítre atteinte en augmentant simplement la charge díantigËne par dose et le bÈnÈfice peut inclure la rapiditÈ, líamplitude et la durÈe de la rÈponse protectrice (1, 4). Cependant, des vaccins conventionnels peuvent aussi Ítre utilisÈs en cas díurgence, particuliËrement lorsquíun vaccin constituÈ de la souche appropriÈe est immÈdiatement disponible ou lorsquíune re-vaccination est souhaitable dans une population dÈj‡ prÈ-immunisÈe.

Le concept des banques de vaccins, illustrÈ par la FA, et la confiance croissante en de telles banques indiquent quíelles sont un vÈritable complÈment aux autres mesures de contrÙle qui peuvent Ítres utilement adoptÈes pour un certain nombre díautres maladies comme la fiËvre catarrhale du mouton, la peste porcine classique et la grippe aviaire.

D…FINITION DíUNE BANQUE DE VACCIN

Les rÈserves stratÈgiques, ou les banques comme elles sont le plus communÈment appelÈes, sont de deux types. Elles peuvent contenir le produit fini, un vaccin formulÈ prÍt ‡ líemploi, et/ou un composant antigÈnique, qui peut Ítre conservÈ pendant une pÈriode de temps trËs longue pour une formulation ultÈrieure dans un vaccin comme et quand cela est nÈcessaire. Pour la FA, le composant antigÈnique a ÈtÈ plus couramment adoptÈ parce quíil est Èconomiquement avantageux, et il Èvite le remplacement constant des vaccins qui dÈpassent leur date de validitÈ. Des rÈserves de sÈcuritÈ díantigËnes, ou de vaccins prÍts ‡ líemploi, seront rÈfÈrencÈes comme banques de vaccins dans ce chapitre.

TYPES DE BANQUES DE VACCINS

Un pays peut dÈtenir sa propre banque nationale et/ou il peut faire partie díun groupe plus grand de pays ayant dÈterminÈ des droits et qui partage une banque comme cíest le cas pour líAmÈrique du Nord ou líUnion EuropÈenne pour les banques de vaccins contre la FA. De tels consortiums peuvent partager une rÈgion gÈographique commune, ou avoir des statuts de maladies et une approche de contrÙle similaires. La banque peut Ítre maintenue sur le territoire de líun ou de plusieurs de ses membres ou Ítre dÈtenue par le producteur, et, si elle est sous forme díantigËne, elle sera formulÈe pour une utilisation soit par le producteur, soit maintenue par les membres de la banque dans une enceinte dÈdiÈe. Cependant, dans ce dernier cas, du fait des demandes rÈcentes croissantes formulÈes par les autoritÈs rËglementaires qui souhaitent obtenir les mÍmes normes concernant les installations des producteurs indÈpendants (comme cíest le cas dans le secteur privÈ avec les produits mis sur le marchÈ), cela rend cette option trËs difficile ‡ concrÈtiser. Dans le cas díune banque díantigËne, un contrat entre les autoritÈs et le fabricant de vaccin (formulation et conditionnement) doit clairement dÈfinir dans le dÈtail la formulation du vaccin, par exemple : le temps nÈcessaire depuis la rÈception de la commande jusquí‡ sa livraison, la disponibilitÈ des solutÈs et des ampoules, etc.

Le lieu o˘ sont stockÈs les antigËnes est díune importance vitale ‡ partir du moment o˘ la formulation du vaccin peut nÈcessiter un approvisionnement en antigËne par le fabricant du vaccin et ainsi nÈcessiter un dÈlai dans líapprovisionnement. MÍme síil est vrai que les antigËnes sont produits par le secteur privÈ, des dÈlais, suite ‡ une demande díapprovisionnement pour un vaccin en urgence, peuvent cependant encore se produire si le fabricant díantigËne est ‡ ce moment dans sa phase de production ‡ mi-rÈgime du produit, et cela mÍme si le fabricant dispose díinfrastructure disponible, car le temps nÈcessaire ‡ la production devrait obligatoirement Ítre compris entre 48 ‡ 72 h. De tels dÈlais dans la fabrication et la livraison des vaccins díurgence pour circonscrire une Èpizootie peut amener ‡ une propagation de la maladie et, par la suite, ‡ des difficultÈs pour la maÓtriser. Des vaccins dÈj‡ formulÈs permettraient, bien entendu, une disponibilitÈ immÈdiate. Cependant, au-del‡ de la perte de temps et díargent qui rÈsulterait du remplacement rÈgulier des vaccins, ces derniers pourraient de surcroÓt ne pas toujours contenir la souche la plus appropriÈe pour faire face ‡ líÈpizootie.

Les avantages Èconomiques de disposer díune banque partagÈe sont Èvidents, mais ils fournissent Ègalement líopportunitÈ de disposer díun stock plus grand de rÈserve de doses et díun nombre de souches vaccinales plus large, rÈduisant ainsi le problËme de dÈcider de líintroduction díune gamme rÈduite de souches vaccinales. La collaboration entre les banques de vaccin constituerait Ègalement un moyen Èconomique díaugmenter la capacitÈ de disposer de vaccins díurgence. La plus grande attention doit Ítre apportÈe pour síassurer que les banques qui collaborent entre elles opËrent avec les mÍmes normes, que les droits de distribution des vaccins sont clairement dÈfinis et enfin que des contacts rÈguliers sont maintenus entre les banques pour síassurer de líinnocuitÈ,

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líefficacitÈ et la disponibilitÈ des vaccins. Il est nÈcessaire Ègalement que tout ce qui est relatif aux questions de rÈglementation soit abordÈ le plus tÙt possible afin de síassurer que les vaccins produits par la banque reÁoivent une autorisation de commercialisation dans tous les pays participant ‡ cette banque.

S…LECTION DES VACCINS POUR UNE BANQUE

En fonction de la maladie et de la probabilitÈ de besoins Èventuels, une gamme de souches vaccinales peut Ítre nÈcessaire. Les autoritÈs de contrÙle des maladies en concertation avec les administrateurs de la banque de vaccin dÈcident des souches de vaccins qui doivent Ítre maintenues et sur quelles bases elles doivent Ítre conservÈes (ex : sous forme díun antigËne sÈparÈ pour une formulation ultÈrieure, ou sous forme díune formulation prÍte ‡ líemploi). La valeur de chaque banque de vaccins est trËs dÈpendante de líadÈquation de son contenu avec líapplication sur le terrain, particuliËrement par rapport aux maladies qui relËvent de plusieurs sÈrotypes et qui prÈsentent une grande variation de souche. Le risque potentiel díune Èpizootie qui níest pas couverte de maniËre appropriÈe par un vaccin díune banque, doit Ítre modÈrÈ par un contrÙle continu de la situation globale de la maladie et par la reconnaissance de la nÈcessitÈ díinclure des souches vaccinales supplÈmentaires dans les banques ou, dans le cas o˘ aucune souche vaccinale adÈquate níest pas disponible, de les dÈvelopper rapidement pour une adjonction ultÈrieure.

Parce que le monde est aujourdíhui une communautÈ interdÈpendante o˘ les mouvements des personnes, des animaux et des produits animaux sont de plus en plus rapides et lointains et parce quíil est de plus en plus probable que de maniËre dÈlibÈrÈe une maladie soit introduite dans le cadre du bioterrorisme, le risque díapparition díune Èpizootie est plus grand, et rÈaliser des prÈdictions díune menace spÈcifique devient plus difficile. Pour amÈliorer le processus de sÈlection des vaccins, un Èchange continu díinformations ainsi quíune coopÈration et une collaboration plus Ètroite entre les diffÈrents laboratoires internationaux, rÈgionaux et nationaux, les fabricants de vaccins et les autoritÈs en charge des banques díantigËnes/vaccins doivent Ítre encouragÈs. Les Ètudes díanalyse de risque doivent Ítre rÈalisÈes afin díÍtre en mesure de classer les souches des virus qui doivent Ítre stockÈes selon que la prioritÈ soit grande, moyenne ou faible. Un lien Ètroit avec les laboratoires de rÈfÈrences nationaux et internationaux est de fait recommandÈ puisque quelques laboratoires procurent dÈj‡ des recommandations pÈriodiques sur les souches qui devraient Ítre inclues dans les banques de vaccins contre la FA. Dans le contexte du risque de bioterrorisme, les autoritÈs de contrÙle des maladies doivent considÈrer la pertinence de restreindre la diffusion des informations liÈes ‡ la conservation de stocks spÈcifiques díantigËnes et/ou de vaccins.

QUANTIT…S DE VACCIN N…CESSAIRES DANS UNE BANQUE

DÈcider du nombre de doses nÈcessaires de vaccin est ‡ la fois complexe et problÈmatique. Cela englobe les questions de sÈrotypes, de souches, líutilisation de vaccins mono ou polyvalents, et le type de formulation. Les facteurs ‡ prendre en considÈration comprennent le type de maladie, les diffÈrentes circonstances et maniËres díappliquer des vaccinations díurgence (items a) ‡ e) dÈcrits dans líintroduction), les espËces, la taille et la localisation du bÈtail qui doit Ítre protÈgÈ, les considÈrations gÈographiques, la connaissance de la situation ÈpidÈmiologique actuelle et la prÈvision globale, les analyses des risques de líintroduction et de la diffusion díune maladie, associÈs avec les Ètudes co˚ts/bÈnÈfices. Dans la dÈtermination de líapprovisionnement de vaccins díurgence, le choix de la quantitÈ du produit implique inÈvitablement un compromis entre le co˚t díachat et le nombre probable de doses nÈcessaires. Le minimum de vaccins nÈcessaires doit de fait Ítre basÈ sur le nombre de doses qui peuvent Ítre distribuÈes et appliquÈes dans la premiËre semaine de vaccination, il serait souhaitable quíun approvisionnement supplÈmentaire puisse se faire soit par díautres banques soit par des sources commerciales. Par exemple, 500 000 doses bovines de diffÈrentes souches de vaccin contre la FA Ètaient maintenues en routine par la Banque Internationale de Vaccin contre la FA (IVB pour International FMD Vaccine Bank) et les retraits directs des pays membres ont variÈs de 100 000 ‡ 500 000 doses bovines. NÈanmoins, elles seront vite ÈpuisÈes si elles sont utilisÈes dans une zone de forte densitÈ en bÈtail.

ACQUISITION DE VACCINS POUR UNE BANQUE

En fonction du type de banque de vaccin et de la maladie concernÈe, líacquisition du (des) vaccin(s) ou antigËne(s) appropriÈ(s) dÈpendra de leur disponibilitÈ ‡ partir du secteur commercial ou díune institution gouvernementale ou produit ´ fait-maison ª.

Le contrÙle concernant les produits immunologiques de mÈdecine vÈtÈrinaire (IVMPs pour Immunological Veterinary Medicinal Products) existant ou potentiels et le bien-fondÈ díutiliser des mÈdicaments approuvÈs et autorisÈs, prÈdisposera une banque pour acquÈrir, ou maintenir, ses vaccins et ses antigËnes de maniËre sÈlective. Il est recommandÈ que les fabricants convenablement autorisÈs ayant les autorisations de commercialisation nÈcessaires et les normes internationalement acceptÈes de Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF), une assurance qualitÈ (AQ) moderne et un personnel qualifiÈ soient utilisÈs comme sources autorisÈes.

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Cela a ÈtÈ parfaitement illustrÈ dans ces derniËres annÈes par les banques de vaccins contre la FA pour lesquelles il y a eu une forte prÈfÈrence díacheter et de maintenir des antigËnes/vaccins au sein du secteur de fabrication commerciale et ainsi díÈviter les dÈpenses et les difficultÈs de maintenir des locaux ´ agrÈÈs ª dÈdiÈs et soumis aux BPF pour une formulation en cas díurgence.

Les services de contrÙle des maladies doivent síorienter vers líoption díun appel díoffre pour les antigËnes/vaccins auprËs de plusieurs fournisseurs, particuliËrement lorsque les considÈrations rÈglementaires sont de grande importance. Ils pourront chercher des conseils auprËs des autoritÈs de rÈglementation appropriÈs concernant les normes applicables ‡ de tels produits. La demande díappel díoffre peut assurer non seulement un prix compÈtitif, mais aussi un produit mÈdical ‡ usage vÈtÈrinaire fabriquÈ ‡ un niveau de qualitÈ acceptable. Elle doit aussi Ètablir que les fournisseurs sont capables de produire le nombre de doses dÈsirÈ dans une pÈriode de temps spÈcifiÈe qui satisfasse nÈcessairement, ou mÍme obligatoirement, les tests de conformitÈ tels que líinnocuitÈ et líefficacitÈ.

Síil est nÈcessaire de maintenir les antigËnes/vaccins sur un site autre que celui du site principal de fabrication, les services de contrÙles des maladies peuvent souhaiter de ne líaccepter quíaprËs quíil ait rÈussi les procÈdures de tests díadmission nÈcessaires comme líinnocuitÈ et/ou líefficacitÈ. Dans le cas contraire, si líantigËne/vaccin doit Ítre localisÈ dans la banque avant díavoir rempli les tests díadmission, cet antigËne/vaccin devra alors Ítre stockÈ sÈparÈment et identifiÈ comme matÈriel en quarantaine jusquí‡ ce que les tests satisfassent complËtement les exigences des banques de vaccins.

NORMES R…GLEMENTAIRES ó INOCUIT…, EFFICACIT… ET QUALIT…

Les exigences rÈglementaires pour un produit de mÈdecine vÈtÈrinaire doivent Ítre prises en compte par chaque pays souhaitant avoir líautorisation nÈcessaire díutilisation du vaccin díurgence lors díune situation díÈpizootie. Par exemple, tous les produits de mÈdecine vÈtÈrinaire qui sont disponibles sur le marchÈ en Union EuropÈenne (UE) doivent prÈsenter une autorisation de mise sur le marchÈ et líUE impose certaines exigences pour de telles autorisations. LíUE a Ègalement des dispositions díurgence sous les Articles 7 et 8 qui permettent la diffusion díun vaccin sans autorisation dans le pays qui le demande. Cependant, une directive plus rÈcente de líUE, 2003/85/CE, sur les rËgles actuelles et futures du contrÙle de la FA renforce líutilisation des vaccins comme une part díune politique de ´ vacciner-pour-vivre ª. Ceci rend la question de produit autorisÈ encore plus essentielle, particuliËrement lorsque les animaux vaccinÈs sont destinÈs ‡ la chaÓne alimentaire et nÈcessite le soutien díagences responsables de la santÈ humaine. De fait, il est important que les produits avec licence soient utilisÈs et que les produits sans licence soient vraiment un dernier recours.

La qualitÈ, líinnocuitÈ et líefficacitÈ sont de fait les plus importantes et varieront en fonction de la maladie. Lorsque des produits immunologiques particuliers sont couverts par des monographies individuelles dans la PharmacopÈe officielle (ex : vaccin contre la FA dans la PharmacopÈe EuropÈenne ñ Monographie 63) alors les normes pour la sÈcuritÈ, líefficacitÈ, la stÈrilitÈ et la qualitÈ sont indiquÈes. Dans díautres cas o˘ les produits immunologiques dÈpendent de la Section GÈnÈrale de la PharmacopÈe sur les vaccins ‡ usage vÈtÈrinaire, ces normes minimums doivent alors síappliquer, et les autoritÈs de contrÙles peuvent souhaiter ajouter aux normes minimums, díautres exigences individuelles. Ces normes peuvent inclure líidentitÈ de la souche díantigËne ; líabsence díagents fortuits, líinnocuitÈ, líabsence de toxicitÈ, la quantitÈ díantigËne par dose, la sÈcuritÈ, líefficacitÈ et la stÈrilitÈ, et la fabrication dans un cadre díassurance qualitÈ (AQ) officiellement approuvÈ de bonnes pratiques de fabrication.

Tout adjuvant ou ingrÈdient pharmacologiquement actif utilisÈ dans la formulation doit aussi Ítre conforme vis-‡-vis des exigences requises y compris les rÈsidus dans les espËces destinÈes ‡ la production alimentaire.

La diffÈrenciation entre les animaux qui ont ÈtÈ vaccinÈs et les animaux qui ont soit rÈcupÈrÈs díune infection, soit qui ont contractÈ une infection sub-clinique post-vaccinale peut aussi Ítre une question importante, comme cíest le cas pour la FA. Il a ÈtÈ dÈmontrÈ que la dÈtection des anticorps dirigÈs contre des polyprotÈines non structurelles (PNS) telle que la 3ABC de la FA Ètait une mÈthode sensible et spÈcifique pour distinguer líinfection de la vaccination. Cela repose sur des mÈthodes de fabrication o˘ le composant PNS peut Ítre rÈduit ‡ un niveau qui níinduira pas de sÈro-conversion dÈtectable aprËs la vaccination, ce qui fait de la puretÈ du vaccin un point important.

STOCKAGE DES VACCINS/ANTIG»NES DANS UNE BANQUE

Il est important que les endroits de stockage choisis pour conserver les vaccins/antigËnes soient convenables dans le contexte des exigences nationales ou des normes internationalement acceptÈes de bonnes pratiques de fabrication. Cíest habituellement le cas lorsquíune banque est gÈrÈe dans une fabrique de vaccins ´ agrÈÈe ª et inspectÈe rÈguliËrement. Cependant, si la banque est localisÈe en dehors díune installation donnÈe de

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formulation de vaccins, alors les aspects rÈglementaires doivent Ítre l‡ encore de grande importance et les autoritÈs de contrÙle des maladies doivent rechercher des conseils auprËs des autoritÈs de rÈglementation appropriÈs sur les normes applicables.

Si la banque de vaccins est associÈe ‡ un laboratoire, ou une autre installation, o˘ des agents pathogËnes sont manipulÈs, cela doit Ítre totalement indÈpendant des installations de stockage de la banque, et le personnel de maintenance et de surveillance doit subir une pÈriode de quarantaine avant díentrer dans la banque.

Le stockage appropriÈ des antigËnes /vaccins dans une rÈserve díurgence sera trËs dÈpendent de la maladie contre laquelle ils sont dirigÈs. LíantigËne peut Ítre un virus chimiquement inactivÈ ou tuÈ, comme par exemple ceux utilisÈs pour les vaccins contre la FA, ou cela peut Ítre un vaccin attÈnuÈ tel que ceux contre la fiËvre catarrhale du mouton. Les antigËnes eux-mÍmes peuvent Ítre concentrÈs et maintenus ‡ une tempÈrature ultra-basse, dans de líazote liquide par exemple, ou une conservation sous froid sec o˘ la basse tempÈrature níest pas nÈcessairement importante. Quelle que soit la mÈthode de conservation, il est crucial quíils soient maintenus de faÁons optimales et surveillÈes en routine pour avoir quelques assurances concernant leur efficacitÈ en cas de besoin. Les responsables des banques de vaccins doivent donc síassurer que les arrangements nÈcessaires sont en place pour surveiller leurs rÈserves sur une base systÈmatique et pour inclure, lorsque cela est nÈcessaire et ‡ des intervalles de temps appropriÈs, des contrÙles pour assurer líintÈgritÈ du composant antigÈnique ou líefficacitÈ acceptable du produit final. Par exemple, la tempÈrature de stockage sur 24 h peut Ítre enregistrÈe ainsi que líinspection rÈguliËre des flacons contenant líantigËne pour leur rÈsistance ‡ líÈcrasement ou aux fuites. Dans ce contexte, les responsables peuvent Ègalement rÈclamer des contrÙles indÈpendants ou un degrÈ de confiance plus grand dans le systËme de surveillance/vÈrification des procÈdures de contrÙles du fabricant.

Le besoin de tester en routine les stocks pour leur stabilitÈ est Èvident, et cíest pour cela que les rÈserves díantigËnes/vaccins doivent inclurent un grand nombre de petits Èchantillons, reprÈsentatifs du grand stock, destinÈs ‡ ces analyses et conservÈs dans les mÍmes conditions.

Bien que cela ne concerne pas directement la mise en place, la conservation et le fonctionnement des banques de vaccins ou díantigËnes, les pays doivent nÈanmoins reconnaÓtre líimportance díun programme díurgence pour síassurer que le vaccin stockÈ soit distribuÈ et administrÈ de faÁon rapide et efficace quand de besoin. Ils doivent síassurer que les installations nÈcessaires ‡ la chaÓne du froid sont disponibles, que les protocoles de vaccination sont dÈfinis ‡ líavance, que les Èquipes de vaccination sont Ètablies et convenablement entraÓnÈes et que les documentations, Èquipements, rÈactifs et vÍtements nÈcessaires sont conservÈs en nombre suffisant pour soutenir toute campagne de vaccination potentielle. En cela líavantage des exercices et des simulations effectuÈs ne doit pas Ítre nÈgligÈ.

Il serait judicieux pour les pays et territoires membres de prendre connaissance de la littÈrature publiÈe sur les avancÈes importantes qui sont faites sur des sujets liÈs ‡ la technologie des banques de vaccins. Les recherches en cours conduisent ‡ des amÈliorations des produits, Èquipements, fabrication et distribution et de fait ‡ une utilisation plus efficace et plus pratique des Banques. Dans ce contexte, une Ètude rÈcente a examinÈ les mÈthodes de prolongation de la conservation díun vaccin complËtement formulÈ par une nouvelle procÈdure de formulation (2).

R…F…RENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1. BARNETT P.V., KEEL P., REID S., ARMSTRONG R.M., STATHAM R.J., VOYCE C., AGGARWAL N. & COX S.J. (2004). Evidence that high potency foot-and-mouth disease vaccine inhibits local virus replication and prevents the ëcarrierí state in sheep. Vaccine, 22, pp. 1221ñ1232.

2. BARNETT P.-V. & STATHAM R.-J. (2002). Stratified and cryogenically stored (SACS) vaccines, a new concept in emergency foot-and-mouth disease vaccine formulation and storage. Vaccine, 20, pp. 2060ñ2064.

3. FORMAN A.J. & GARLAND A.J.M. (2002). Foot and mouth disease: the future of vaccine banks. Rev. sci. tech. Off. Int. Epiz., 21, pp. 601ñ612.

4. RWEYEMAMU M.M., BLACK L., BOGE A., THORNE A.C. & TERRY G.M. (1984). The relationship between the 140S antigen dose in aqueous foot-and-mouth disease vaccines and the serum antibody response of cattle. J. Biol. Standard., 12, pp. 111ñ120.

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