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DICTIONNAIRE INTERNATIONAL DES TERMES LITTÉRAIRES (DITL

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Norbert-Bertrand Barbe
(Universidad Nacional Autónoma de Nicaragua)

Lexique de l’esthétique de Roland Barthes
Sous la direction de / Edited by Jean-Marie Grassin (Université de Limoges)

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Seules de brèves citations sont autorisées avec la référence : Barbe, Norbert B., «Lexique de l’esthétique de Roland Barthes», in : Grassin, Jean-Marie (ed.), Dictionnaire International des Termes Littéraires, http://www.ditl.info [date de la consultation]. Copyright : Vita Nova

Introduction Il est évident aujourd'hui que Roland Barthes (1915-1980) a eu un rôle central dans et pour la pensée esthétique du XXème siècle. Nombreux sont ses émules et son principal apport à la théorie sur l'art est sans doute d'avoir, par la pluridisciplinarité de sa démarche, grandement contribué à éclaircir les conceptions de l'esthétique traditionnelle. Le caractère systématique de ses analyses et sa volonté constante d'intellectualisation n'ont laissé aucun "vide", aucun "creux", aucune "inconnue", dans l'élaboration de sa pensée. Le moindre terme, la moindre notion, par leur récurrence au sein même de ce que l'on

peut aujourd'hui appeler l'"œuvre" de Barthes, ont permis un véritable travail sur le sens. Nous pensons néanmoins que ce travail doit moins porter, malgré ce qu'a voulu Barthes, sur les oeuvres qu'il a étudiées que, comme nous l'avons dit, sur l'esthétique traditionnelle. Or, en se raccrochant à cette esthétique ambiante et en en éclaircissant les termes et les notions de manière systématique, Barthes nous permet d'en faire la critique. C'est pourquoi, afin de rendre encore plus palpables ces termes et ces notions, disséminés dans l'ensemble de l'œuvre de Barthes, nous nous proposons dans les pages qui suivent d'en offrir un petit dictionnaire. (NBB)
Adjectif : en tant qu'expression même de "l'impossibilité de dire", selon Barthes, l'adjectif représente parfaitement le vide sémantique de l'art, qui s'oppose par là même à la littérature. C'est pourquoi dans la terminologie barthésienne, le statut de l'adjectif recouvre complètement et de manière récurrente la notion de "tautologie", v. "Poujadisme", "Rien", "Tautologie", "Tout".

Affect : v. "Cadre", "Ethos/Pathos", "Frite", "Sentimentalisme (de l'art)".

Analité : v. entre autres notamment "Animalité /Analité", "Femme", "Hystérie".

Animalité/Analité : le Du Sublime (ouvrage attribué au philosophe et stoïcien grec Longin, qui vécut au IIIème siècle après J.-C., mais probablement antérieur - peut-être du Ier siècle après J.-C. -; en 1674, Nicolas Boileau fut le premier à en donner une traduction en français dans ses Œuvres diverses, plusieurs fois rééditée du vivant de l'auteur) et les phénoménistes (John Locke, David Hume) opposent traditionnellement le monde animal, qui n'a pas de langage et marche à quatre pattes, à l'humanité, langagière et "bipède" (en référence directe donc, on le voit, à la définition aristotélicienne classique). Longin va même jusqu'à écrire que chez l'animal la bouche est au niveau du derrière. Dans L'obvie et l'obtus (v. cette occurrence), Barthes oppose pareillement l'animalité à la position debout ("dressée") dans les niveaux d'"écoute". La première écoute, animale, est pour lui celle des actes primitifs, la seconde celle du langage. Barthes confond donc ici deux discours : premièrement philosophique (l'opposition entre l'animalité et l'humanité, langagière) et psychanalytique (l'idée freudienne que l'art est une pulsion non totalement assouvie). Ainsi, Barthes oppose le langage (humain par excellence, écoute "dressée") et l'art (première écoute, primitive, celle des

"bruits"). V. par ex. "Bruit", "Ecoute", "Entre-deux", "Freud (Sigmund)", "Musique", "Oralité", "Primordial", "Psychanalyse".

Arcimboldo (Giuseppe) : peintre de "caprices" italien (vers 1527-1593), représentant de l'illustre Ecole de Prague de l'empereur germanique, roi de Hongrie et de Bohême, Rodolphe II (1552- 1612), célèbre notamment pour ses portraits dont chaque élément (le nez, les yeux,...) est figuré par un fruit, un légume, un poisson, etc. Barthes lui a consacré un texte en 1978. Sans nul doute l'art d'Arcimboldo, avec celui de peintre français contemporain Réquichot peutêtre (et celui du cinéaste russe Eisenstein au cinéma) est l'archétype, pour Barthes, de l'art comme "insignifiance", à cause de la décomposition des visages de ses personnages (ce qui a d'ailleurs valu sa célébrité au peintre). Or cette décomposition symbolise pour Barthes la "dé-figuration", c'est-à-dire la mort du sujet linguistique, en ce qu'elle rend parfaitement l'impossibilité de l'art à interpréter les caractères, qu'il ne peut qu'imiter. V. "Détail (statut du... en art)", "Décomposition", "Imitation", "Platon", "Récit", "Sujet linguistique (perte du)", "Visage".

Aristote : philosophe grec (384-322 av. J.-C.). Barthes est sans doute l'auteur le plus proche d'Aristote, en ce qu'il analyse de manière beaucoup plus systématique qu'aucun autre au XXème siècle, des oeuvres artistiques particulières qu'il essaie d'analyser par la méthode linguistique. En effet, la plupart des autres auteurs (historiens de l'art et esthéticiens exceptés, bien sûr) proposent des classifications ou des théories générales de l'art, en ne s'attachant à l'étude d'une oeuvre en particulier que rarement. Au contraire, les textes de Barthes abondent en analyses d'oeuvres précises (d'Arcimboldo, d'Erté, de Réquichot, de Steinberg, de Lucien Clergue, d'Eisenstein, de la Tour Eiffel, etc.).

Art : par ce terme, Barthes désigne souvent moins une forme d'art particulière que soit, d'une part, l'ensemble des arts autres que littéraires dans leur ensemble (architecture, peinture, etc.), soit, d'autre part, selon le modèle stoïcien (Aristote, Longin) et de quelques auteurs contemporains (Hana Jechová notamment), la rhétorique en tant qu'art littéraire.

Art abstrait : l'art abstrait, en ce qu'il décompose les formes, devient pour Barthes, comme l'art baroque, et notamment celui d'Arcimboldo, le paradigme

V. notamment "Arcimboldo". c'est pourquoi Barthes associe les deux). il n'est pas "illocutoire" (v. Il s'inspire notamment en cela de la théorie de l'art contemporain mise en place par Robert Klein. et surtout au détail (v. et accessoirement peinture). cinéma. Ce mouvement se développa durant une assez longue période.. sinon de "faire joli". l'art n'offre pas de sens. "Brouillé". "Décomposition". "Klein (Robert)". puisqu'il va même jusqu'à qualifier de "baroque" les artistes contemporaines (Erté).. Dans plusieurs textes. V. Bêtise : l'art. mais plus précisément cependant des arts du visuel (photo. Aussi son sens. On comprend donc aisément son importance dans la pensée esthétique de Barthes en tant que paradigme de l'art. Barthes s'intéresse de très près à l'art baroque. cette occurrence). Auteur/Narrateur : la distinction entre l'auteur et le narrateur est souvent très confuse chez Barthes. qui va approximativement du XVIème siècle au XVIIIème siècle. Il n'a pas de finalité morale. Les deux s'identifient le plus souvent. notamment dans Arcimboldo et dans ses articles sur la musique. le peuple aime l'art parce qu'il est bête. "Dieu". Barthes considère explicitement l'ensemble des arts comme baroque. le classicisme (réponse académique à l'art baroque). "Réalité". "Prolétariat". "Cinéma". comme le peuple (l'art abêtit le peuple. "Verbe". en art)"). Baroque : mouvement artistique caractérisé par l'importance donnée au sentiment (v. le maniérisme. Arts analogiques : synonyme chez Barthes d'arts plastiques. . Différents mouvements se sont donc tout naturellement développés parallèlement. "Sujet linguistique (perte du)". "Sentimentalisme (de l'art)"). De fait. Brouillé : pour Barthes. autrement dit le Verbe même. au naturalisme (v. c'est la bêtise. créateur d'une réalité alternative qui organise de manière rationnelle le "brouillé de la Vie". en tant que le narrateur n'est autre que l'instance narrative. "Nature"). "Détail (statut du. "Baroque". V. symbole pour lui de la déliquescence de l'art. à la même époque. comme l'Ecole de Fontainebleau. "Romantique". V. "Dé-figuration". pour Barthes. le narrateur étant même souvent vu comme supérieur à l'auteur.de l'art comme "dé-figuration" et "perte du sujet linguistique". "Cadre".

dont l'ambiance feutrée et "noire" le prédisposait à dormir ("ce noir. sont le propre de la littérature. à s'abîmer finalement dans un cube obscur. cette occurrence). L'art est donc explicitement pour Barthes ce sens vide qui abêtit. ces occurrences). autrement dit les actants (les personnages littéraires). en abandonnant jusqu'à la reproduction fidèle du monde tel qu'on peut l'observer. "Description". en tant qu'exemples moraux qui doivent servir à l'éducation du lecteur (c'est ainsi qu'actants. "Polysémie". en art)"). "Imitation". Caractères : pour Barthes. il explique que le film lui importait moins que la salle de projection. pouvoir . Cadre : pour Barthes. v. Cet état le rendait végétatif. en ce qu'il s'inspire de la notion de "camera oscura". Le titre aussi bien que le contenu de l'ouvrage est très intéressant. "Détail (statut du. l'art étant incapable de caractériser ses personnages. p.. où doit se produire ce festival d'affects qu'on appelle un film". par contrecoup. indifférent. V. Les exemples implicites auxquels Barthes se réfère lorsqu'il reprend à son compte cette théorie néo-stoïcienne du rôle moral des personnages littéraires (en effet. Or la "camera oscura" n'était rien d'autre qu'un appareil servant aux peintres à définir les justes proportions et la perspective. Bruit : autre terme de Barthes pour définir l'art comme un sens "brouillé" et non "illocutoire" (v. Il se compare d'ailleurs explicitement à une "frite". car la ressemblance pourrait laisser penser que l'art aurait pour le moins un sens descriptif).... imposa au spectateur de se tenir à une distance précise de l'oeuvre pour. "Description". 1984.. narrateur et lecteur sont parfois confondus chez Barthes). pensait-on. typique de l'art moderne. à laquelle Barthes identifie l'art (les meilleurs artistes selon lui étant ceux qui rendent cet aspect "brouillé" de l'art. V. Chambre claire : titre d'un ouvrage de Barthes sur la photographie. "Illocutoire". les caractères. anonyme. paru en 1980. l'art n'est que cadre (autrement dit un amoncellement de détails sans fil conducteur. L'exemple le plus évident de cette pensée est le récit que fait Barthes d'une journée au cinéma. comme la Vie ellemême. est-il "brouillé" (autrement dit inexistant). Là en effet. "Noèse/Noème".. conduit le sujet (v.selon Barthes. ce qui. Points-Seuil. L'aventure sémiologique. 408). on rencontre déjà cette notion chez Longin) sont clairement les héros de Balzac et de Zola.

s'identifie tout naturellement pour Barthes au corps. en art)". car il associe abusivement ces formes d'expression à l'art abstrait parce qu'elles sont contemporaines. de la critique barthésienne de l'art. Culture : l'opposition entre l'art et la littérature passe chez Barthes par une conception élitiste de la société. l'art (ou plutôt les "arts analogiques". et ses articles sur le cinéma le "disent" explicitement. plus du cadre (ou du détail. De plus. pour Barthes. l'art. Cinéma : art au premier plan. historique. pour reprendre sa terminologie) ne sont rien d'autre que des oeuvres vides de sens. v. "Eco (Umberto)". Corps : en tant qu'il s'oppose à la littérature qui est esprit. Il est évident dès lors que.. cette occurrence) que du sens (sociologique. "Sujet linguistique (perte du)") dans la théorie structuraliste (chez Barthes et Umberto Eco notamment) est parfaitement mise en scène par la référence explicite que Barthes fait ici au principe de la "camera oscura". "Spectateur".). "Hiérarchie des arts". v. "Formalisme". etc. Ainsi oppose-t-il d'un côté la civilisation . l'art s'identifie à une "cuisine du sens". Cuisine : pour Barthes. Pour Barthes. "Détail (statut du. "Décomposition". "Fonctions". "Illocutoire". V. archétypes des peintures "à message"). C'est pourquoi sans doute son étude (1975) de la très fameuse Physiologie du goût (1825) d'Anthelme Brillat-Savarin est très proche de ses analyses artistiques. Code : v. V. l'art est moins un produit de l'intelligence (puisqu'il est la forme la plus basse d'expression selon lui. c'est encore à dire plus de la forme que d'un véritable signifié (bien sûr. "Polysémie". "Primordial") qu'une praxis au même titre donc que la cuisine. "Klein (Robert)". toujours selon Barthes. comme la photographie et la publicité. l'importance accordée au spectateur (v. et par là même leur message provient. V.l'apprécier totalement (un aboutissement extrême de cette conception étant les anamorphoses). "Corps". "Polysémie". "Noèse/Noème". en tant qu'expression la plus basse de l'intellect humain. il serait facile d'opposer à cette conception réductrice de l'art les Vanités..

Décomposition : en tant que polysémique (v. en art)". "Sujet linguistique (perte du)". V. "Décomposition". comme l'attestent les descriptions balzaciennes des personnages. autrement dit de "faire vrai". Détail (statut du. "vie larvaire". Dé-figuré : terme qui. "Visage".. etc. "dé-former". "Détail (statut du. et de l'autre la société cultivée et livresque des intellectuels. inculte. abêtit par les expositions. "Caractères". cancéreux. ce que. désigne l'art comme "perte du sujet linguistique". dé-formé et dé-formant.voire même le thème - . cette occurrence). Description : Barthes oppose la description en littérature (que ce soit à propos du roman moderne ou dans "L'Effet de réel" de 1968. L'art est ainsi identifié par Barthes à la "moisissure" du "corps" et de la "peau" ("organe hypertrophié. hideux". fait la littérature. l'art se vide de son sens. "Ethos/Pathos". brouillent le sens. par ex. comme preuve de l'"insignifiance" totale de ce dernier. et qu'en cela il a un signifié intrinsèque) à la description en art (Barthes affirme sans cesse que la multitude des détails en art. "grouillement".). Barthes utilise ainsi pour parler de l'art des termes tels que : "dégénératrice". Une telle opposition reste néanmoins paradoxale il faut bien le dire. "embrouillement". dans la mesure où d'un côté Barthes affirme que le sens en littérature vient du fait que chaque détail y a au moins pour rôle de "faire vrai". selon Barthes (qui reprend en cela la théorie stoïcienne du personnage littéraire comme "ethos"). en art) : le statut du détail en art. par cette polysémie latente. interpréter ou comprendre l'âme de l'individu. V.bourgeoise". alors que de l'autre côté Barthes écrit que l'art est insignifiant justement parce que les détails n'y ont pour but que de décrire.. "Arcimboldo (Giuseppe)". "Arcimboldo". dans Arcimboldo. dont l'archétype est très évidemment pour lui l'oeuvre d'Arcimboldo. V.. Barthes affirme que tout détail en littérature a pour le moins un rôle descriptif. Barthes dira que l'art se "dé-forme" et s'"infigure"). "Poujadisme". et qu'en cela. c'est-à-dire comme preuve de l'impossibilité de l'art à transcender la simple reproduction des traits pour arriver à rendre compte.. prolétaire ou "petite. L'archétype de cette position de Barthes se trouve sans nul doute dans son travail sur Arcimboldo.contemporaine. l'art apparaît à Barthes comme dégénéré. "Expositions". "Polysémie". est un thème . "Polysémie". V.

la littérature étant pour Barthes avant tout morale (c'est-à-dire.littéraire. Barthes en veut pour preuve l'obsession de Ferdinand de Saussure qui voyait. là aussi éponyme. de "Gai Savoir" (selon le titre. "Lettre".même si les deux niveaux sont toujours plus ou moins imbriqués -. de constance (v. "Loi du texte". "Polysémie". en art)". Dieu du récit : v. V. organisateur suprême de la réalité. V. niveau qui s'oppose à celui du discours (interprétation par l'auteur-narrateur des événements racontés) . nietzschéenne. à la fois légendaire et d'origine divine.. "Sujet linguistique (perte du)". "Lettre") . dans tout texte classique le nom d'un "dieu" ou d'un "héros". Dionysisme : on peut sans doute rapprocher la conception barthésienne du "Plaisir du texte" développée dans l'ouvrage éponyme de 1973 de celle. "Description". Dans le propos qui nous intéresse.ou l'histoire donc -. dit-il. "Chambre claire". soit l'étude de l'évolution et des changements des phénomènes linguistiques. "Baroque". "Loi du texte (Logos)". nous désignerons la diachronie comme ce qui désigne chez Barthes le niveau du récit dans le texte littéraire. "Histoire".central de l'esthétique barthésienne. Diachronie : en linguistique désigne soit le niveau de l'histoire ou du récit (compte-rendu objectif des événements) dans le texte littéraire. "Arcimboldo (Giuseppe)". "Dieu du récit". "Décomposition". V. lorsqu'elle désigne chez Barthes le monde de l'art s'oppose alors à la notion de synchronie . Ce caractère "épique" et religieux avoué de l'oeuvre littéraire chez Barthes marque à la fois son rôle d'exemple et de Logos. v. il faut voir dans la conception barthésienne de l'art une reprise de la critique nietzschéenne des "plaisirs dionysiaques" et de la "Muse voluptueuse" d'Aristote.1887 de Friedrich Nietzsche). v. mais qui peut aussi être associé à la figure du "héros" en tant que symbole du caractère exemplaire du personnage littéraire. A noter toutefois que la diachronie . la notion de diachronie s'oppose à celle de synchronie (qui est l'étude des constantes des phénomènes linguistiques). Dieu : terme par lequel Barthes désigne généralement le "dieu du récit". "Détail (statut du. "Héros". et la reprise par le philosophe allemande de l'opposition platonicienne entre d'une part la recherche . selon la théorie stoïcienne développée par Longin.. de l'ouvrage de 1881. en ce qu'elle est amoncellement de détails sans suite. De même. "Verbe"). dans ce sens.ou de logique.

"Noèse/Noème". ce que. "Récit") . le signifiant (identifié. au mythe et à l'oralité) et le signifié ou "lekthon" (sens même du mot. on appellerait la "phantasia katalêptikê" ou "présentation compréhensive". "Oralité"). Eco (Umberto) : italien. selon Barthes. Cette conception linguistique est directement inspirée des stoïciens et de Saussure (en ce qui concerne l'opposition entre le signifiant et le signifié. incompréhensible pour un étranger). "Langue/Parole". animale et non intellectuelle (en cela il s'identifie à l'oralité. du monde primitif. Ainsi. On notera cependant que pour Barthes l'art correspond à la "première écoute".. au théâtre. Dogons : société africaine modèle. en art)". "Synchronie". en tant que réalité corporelle de l'air frappé et de manière assez peu logique. "Ecoute". selon Barthes. le premier étant considéré comme l'"image acoustique" du second). v. dans la théorie stoïcienne. v. "Détail (statut du. oral et non intellectuel. elle intelligente et intellectuelle. "Entre-deux". alors que la littérature s'identifie à la "seconde écoute". Discours"/"Récit : La distinction linguistique traditionnelle entre le récit (les événements racontés tels qu'ils se sont passés. cette occurrence) du monde. V. pour paraphraser Barthes. sans les interpréter) et le discours (mise en place dans le récit d'une interprétation subjective des événements de la part du narrateur) . "Oralité". "Diachronie".les deux niveaux étant souvent étroitement imbriqués dans le texte. V. "Illocutoire". simple imitation non intellective du réel (en ce qu'il ne vise qu'"à faire vrai". aussi bien à l'art qu'à la musique. "Spectateur". V. Pour faire une comparaison éclairante.excessive du plaisir par l'homme et d'autre part la recherche de la pureté et de la vertu spirituelle ascétique par le surhomme. c'est-à -dire à reproduire le monde tel qu'on le perçoit). "Primordial". "Idiolecte/Sociolecte". qu'il identifie pour cela explicitement au monde de l'art. on peut rapprocher ces deux niveaux de l'écoute de la conception magique du .. puisque le locuteur les produit en même temps (pour une définition plus précise du rapport entre récit et discours en linguistique et de ses différents sens. Ecoute : v. s'opposeraient. à la littérature.devient chez Barthes le moyen d'opposer l'art. qui s'identifie pour lui par excellence à la conception noétique (v. célèbre sémiologue et auteur à succès contemporain. "Récit".

en tant qu'intermédiaires entre le non sens (ou le sens vide. notamment étudiée. "Primordial"). V. "Théâtre". s'identifient au domaine de l'"entre. esthétique et linguistique. "Musique". ce titre est trompeur et ne rend nullement la perception néocolonialiste de la culture japonaise. s'identifie à la génération physique (le fait de faire des enfants . cette occurrence) de la littérature. pratique. Empirique : notion assez vague chez Barthes. comme celle des expositions (prolétaire et petitebourgeoise selon Barthes) dans le monde occidental.deux" dont les "intermezzi" sont. l'état du monde sauvage au moment de la Création. v. La seconde parole est le langage lui-même. V. Epique : v. selon eux. ces occurrences). Esthétique : Il est très clair que la pensée de Barthes sur l'art a deux sources principales. Cependant. . les archétypes en musique. cette occurrence). V. celui de la procréation et de la génération. Empire des signes (L') : titre d'un ouvrage de Barthes sur le Japon (1970). la musique. par Griaule. au stade primordial donc de l'écoute. si l'on préfère) de l'art et le "Tout" sémantique (v. "Mythologies". plus généralement.verbe chez les Dogons d'Afrique (cette peuplade. "Histoire". "Linguistique". qui met en correspondance l'art d'Arcimboldo et les masques cultuels africains. la première écoute s'identifie explicitement à l'aguet des bêtes sauvages. Or pour Barthes dans "Ecoute". alors que la seconde est bien celle. le théâtre et l'oralité. intellective. la civilisation japonaise s'identifie explicitement à l'art. et donc non intellectuel) de la nature ou du corps (v. qui est tabou et uniquement féminin. "Dieu". est citée comme modèle de civilisation primitive à caractère religieux par Barthes. Entre-deux : pour Barthes. avant celle de l'homme -). "Japon". selon lui.ce qui symbolise.qu'on peut expérimenter quotidiennement sans pourtant que cela n'entraîne d'interprétation du phénomène de la part de la noèse -. de la "parole". réel . le premier verbe. "Influences". En cela. qui sert à désigner l'art comme un produit religieux (c'est-à-dire primitif. "Oralité". En effet. que Barthes considère comme exemplaire du "sens vide" (v. comme on le sait.

il faut voir une allusion. livresque et intellectuelle. Barthes parle de "Masque". "Mythologies". C'est notamment sensible dans son texte sur Erté (1973). que Barthes a défini dans l'"Introduction à l'analyse structurale des récits". ce qui revient en fait pour lui à faire de l'art une forme d'involution (v. cette occurrence). selon lui). identifie le "génie" artistique à une forme de folie. "Stoïcisme". donc. il parle ainsi de "Terre-Mère" et de "monde de la Mère" pour définir l'art du peintre. notion qu'il associe à celle de "Femme". "Culture". assez explicite. notamment dans ses articles sur la musique. Femme : comme Jung (L'Ame et la Vie) faisait déjà de l'art le "domaine des mères". "Femme". V. Fonctions : ensemble. 1930).symbole explicite pour Barthes de cette "féminité mythique" -. concurrente à la "bouche" et à la "fente séparatrice" de la "schizophrénie" de l'artiste . et de "traumatisme" à propos de la photographie. Il l'oppose à la civilisation de son enfance. Fétiche : v. de meurtre et de "schizophrénie" à propos de l'art pictural. selon Sigmund Freud (Malaise dans la civilisation. Expositions : pour Barthes. à la conception freudienne de l'art comme expression d'une pulsion sexuelle non aboutie et. . Dans son texte sur Arcimboldo. reproduit dans L'obvie et l'obtus. d'artiste "fou" ("vérité symbolique"). anale. "Prémisses". Dans la réf. Etonnement : v. des relations syntaxiques qui. Folie : Barthes. "Zéro (degré)". comme Nietzsche identifiait l'art du masque à la femme (trompeuse par essence. au niveau linguistique. la civilisation des expositions est par essence populaire et inculte. de "panique". Là en effet. Barthes va jusqu'à parler d'"angoisse". Barthes identifie l'art à la féminité.Ethos-Pathos : v.

l'art n'aurait pas. Débat: . pour Barthes. "Empire des signes (L')". "Holophrastique"). il s'oppose en cela à la littérature. Haïkaï : les haïkaï (sing. l'art n'est que formel et non intellectuel. il ne s'établirait donc que dans le domaine du sentiment et du mythe (v. ces occurrences). "Femme". "Dieu". "Folie". "Dogons". V.qui suit en cela un précepte de l'esthétique traditionnelle -. appliquée à l'écrivain. père de la psychanalyse (1856-1939). Freud (Sigmund) : médecin autrichien. Frite : v. Cette notion. v. poèmes courts typiques de la littérature japonaise. Il faut cependant noter que l'écrivain s'identifie pour Barthes. et donc pas de "code". ce qui le conduit à avoir sur elle. "Culture". "Cadre". Formalisme : v. "Oralité". haïku). Cette notion qui définit pour Barthes la littérature comme un "code". le désigne donc clairement comme un "dieu du récit".structurent dans le texte les différents éléments du récit entre eux. par ex. de "fonction". "Forme". A l'inverse. comme sur les populations dites "primitives". cette occurrence. sont au centre même de la réflexion de Barthes sur le Japon. notamment dans l'"Introduction à l'analyse structurale des récits" (Communications 8. Leur aspect toujours descriptif et naturaliste fait supposer à Barthes que la culture japonaise est avant tout descriptive et non morale. Forme : selon Barthes . "Verbe". 1966). et c'est pour cette raison que la culture livresque occidentale les dominerait). V. On peut donc affirmer que l'esthétique barthésienne est formaliste. un point de vue que nous qualifierions de néo-colonialiste (car il considère ces cultures comme des souscultures à l'instar de celle de l'art. "Petit-bourgeois". c'est-à-dire comme un message "illocutoire". au "génie" en tant qu'organisateur du monde (v. Génie : v. V. et non de l'intellect.

unilim. à la conception moral du personnage littéraire comme exemplum. le cadre descriptif de l'oeuvre qui permet aux caractères (les actants) d'entrer en scène. Or. comme le rappelle fort justement par exemple Thomas Dacosta Kaufmann à propos des peintures d'histoire de L'école de Prague (Flammarion. Dans les écrits de la Renaissance. comme mot désignant un récit narratif peint. établit implicitement une hiérarchie des arts. Pour Barthes. les animaux agissant sans conscience collective. historique ou allégorique". signifie à l'origine le récit. la notion d'histoire. le progrès ou ce qu'on a appelé la "fin de l'histoire"). c'est justement par cette inscription de l'humanité (à conscience sociale d'une part. c'està-dire des thèmes humains dont le contenu pouvait être d'inspiration biblique. Histoire : en philosophie. très généralement. pp. 88-89). 1985. dans le sens où il est dérivé des antiques traditions théoriques et critiques. alors que les actes de l'humanité vont tous vers une même finalité (que ce soit. selon les interprètes. ainsi que le premier sens du mot "histoire" le laisse entendre.fr/ditl/ARTHTM/HAIKU. la notion d'histoire désigne ce qui distingue l'homme de l'animal. notion que Barthes développe abondamment. "Caractères". dans les descriptions de tableaux de la littérature et de la rhétorique antiques. ce qui est une erreur (nullement imputable à Berthes.flsh. En ce sens sans doute. au niveau littéraire. et dont l'archétype est l'histoire littéraire) que du point de vue de la rhétorique classique car. v. au sommet de laquelle il place la littérature. dans les anciennes expressions toutes faites. comme on l'a dit.ce qui est dit à l’entrée « haikai » m’a fait sursauter : « haikai » est présenté comme le pluriel de « haiku ». la peinture de sujets comportant certains éléments narratifs. la distinction singulier/pluriel n’existe pas en japonais) et la culture japonaise comme une « sous-culture » que la culture occidentale « dominerait » aux yeux de Barthes : on de doit pas avoir lu les mêmes textes de Barthes! MD Voir l’article HAÏKU du DITL : http://www. conformément aux théories philosophiques classiques. sur le plan .htm Héros : terme qui renvoie. Le terme histoire est effectivement utilisé dans ce sens. ce terme signifiait. mythologique. chez Barthes. Hiérarchie des arts : Barthes. distinctive de l'homme. on peut dire que Barthes considère l'histoire autant du point de vue philosophique (comme symbole de la conscience sociale. désigne. qui s'identifie à la diachronie (le "chronotope" de Bakhtine). "Le terme "histoire".

l'opposition "Langue/ Parole" chez Barthes).les deux étant liées -. désigne les langues dans lesquelles une phrase s'exprime par un mot unique. Barthes utilise une double perspective propre à l'histoire de l'art elle-même : c'est-à-dire à la fois historique (voire historiciste . Barthes impose de voir le "code" littéraire comme le passage de ce que Noam Chomsky nomme la "réalité psychologique de la structure profonde" et "holophrastique" à une maturation structurée de la langue (v. ces occurrences) . comme on l'a dit. Ainsi. En identifiant explicitement la notion de "génie" à la "performance" chomskienne dans l'"Introduction à l'analyse structurale des récits". le phénomène littéraire se résout dans l'opposition de l'oeuvre à son milieu (ce que Bakhtine nomme l'"hybridation" . on s'aperçoit que ce dernier terme (qui. de l'art comme expression du domaine "primordial" de l'"animalité" et de la "première écoute" (v. "Dieu". cette occurrence). v. qui veut que l'"hétéroclite du langage" soit organisé par le scripteur (v. selon Barthes. Histoire de l'art : le rapport de Barthes à l'histoire de l'art est complexe à définir. cette occurrence -. Historicisme : conception qui n'aborde la question de l'art que par le biais de la vie de l'artiste et des influences formelles qu'il a pu subir de ses contemporains ou des maîtres qui lui sont directement antérieurs. Autrement dit. "Langue/Parole". le témoignage culturel et sociologique -). en linguistique. pour Barthes. même si. Il est clair néanmoins que. cette occurrence).historique. . et à juste titre.et bien que le concept auquel il renvoie ne soit pas directement barthésien. si l'on rapproche cette conception de Barthes. au sens où Dumézil utilisait ce terme) et critique (question de la forme. dans ses analyses sur l'art. "Verbe"). et comme productrice d'actes d'autre part.v. désigne traditionnellement les langues dans lesquelles une phrase est exprimée par un mot . productrice de caractères (v.l'oeuvre littéraire étant avant tout pour Barthes. Une telle position s'oppose à la technique mise en place par l'Ecole de Warburg et qui consiste à considérer l'oeuvre d'art comme un témoignage sociologique. comme on vient de le voir. de la notion chomskienne de la "structure" "holophrastique". sur le plan littéraire) dans une trame narrative que l'histoire (ou chronotope) devient. Holophrastique : terme qui. partant. il entre parfaitement dans la théorie de Barthes -) rend clairement perceptible la vision barthésienne du langage comme "deuxième écoute" et.

l'art. comme Barthes le fera (v. se pourrit sous ce trop plein et devient mort ou sens vide ("organe hypertrophié. "Détail (statut du. Idiolecte"/"Sociolecte : v.ce courant. Illocutoire : tout acte de parole réalisant en même temps l'action indiquée par le mot (selon la définition qu'en a donnée J. V. pose en réalité la question du rapport entre la noèse et le noème. "Femme". Platon (v. étymologiquement.. d'une manière ou d'une autre. qu'on a parfois appelé "nominaliste".Hypertrophié : notion qui renvoie chez Barthes à l'idée que l'art se perd sous les détails "en trop" et se décompose donc. En cela. ces occurrences. "Masque". cancéreux. Hystérie : terme qui Barthes emploie à propos de l'art. n'est qu'une tromperie. Ce terme renvoie à la fois à l'idée de la folie et de la féminité (le mot "hystérie" vient. "Masque"). que l'art est trompeur. Folie". qui ne rend ni l'essence de l'objet ni l'objet lui-même dans son intégrité. "Langue/Parole". Imitation : pour Barthes. l'article correspondant infra) opposait l'objet. un . Les linguistiques s'accordent d'ailleurs à considérer que. d'"utérus") de l'art. Austin). en disant que l'art n'est pas illocutoire. tout énoncé peut être considéré comme illocutoire (on dit aussi "illocutionnaire"). mais n'est qu'un "sens vide". v. V. en art)". Barthes veut en fait laisser entendre que l'art. n'a pas la capacité de créer une essence (selon l'idée émise par Locke et Hume notamment.-L. Platon considérait. comme pour Platon. et reprise par la psychologie du langage. à la différence du langage. ellemême au centre de la problématique barthésienne sur l'art -). "Décomposition". Mais le caractère "illocutoire" de la littérature désigne pour Barthes tout autre chose. c'est-à-dire en l'occurrence. à l'art qui n'est ni objet ni essence. Inchoatif : par ce terme emprunté à la linguistique (qui l'emploie pour désigner un verbe qui exprime un commencement d'action). une pâle imitation. Barthes entend exprimer que l'art n'a pas de sens. qui voudrait que l'objet prenne une consistance réelle lorsqu'on le nomme . qui est à la fois essence et forme. V. mais seulement forme.. De la même manière. hideux"). un leurre.

développe la croyance en l'idée que c'est la conscience innée . ce courant. plus généralement : 1Ď/ esthétique (comme on vient de le voir). ailleurs encore. Ainsi. 3Ď/ hégélienne (pour la hiérarchie des arts). fondé sur la croyance aux idées innées. V. par exemple. "Brouillé".départ de sens. citer avec quelque certitude un certain nombre de sources à son esthétique : 1Ď/ stoïcienne (pour l'approche linguistique de l'art). Indéchiffrable : v. Idiosyncrasie : v. ce qu'est. comme ses exégètes l'ont très souvent noté). Maurice Merleau-Ponty ou au stoïcisme). leur développement . bien sûr.de la grammaire (dont les bases sont apparemment communes à toutes les langues humaines) qui permettrait au jeune enfant d'assimiler le lexique et la syntaxe de sa langue maternelle (alors que. si Barthes cite à plusieurs reprises Lacan ou Saussure. Et. En épistémologie génétique. de telles références paraissent bien minces pour comprendre sa position esthétique (bien qu'on soit à la fois surpris et intéressé de découvrir parfois tel article de jeunesse sur Claude Lévi-Strauss ou. On peut néanmoins. malgré ce silence obstiné de Barthes. 3Ď/ psychanalytique (en ce qui concerne la notion d'oralité et son rôle dans le développement intellectuel de l'enfant comme des sociétés primitives). "Oralité". "Indéchiffrable". 4Ď/ et linguistique.voire génétique . et bien que jusqu'à l'âge de trois ou cinq ans. "Langue/Parole". Ineffable : v. "Linguistique". Influences : les influences de Barthes sont multiples et d'autant plus difficiles à définir qu'il ne les cite que rarement explicitement (en cela il fait véritablement oeuvre de critique. Innéisme : courant de la philosophie. Encore n'est-ce jamais que pour référer à un auteur contemporain. cette occurrence). notamment représenté par Chomsky (qui s'oppose sur ce point à Jean Piaget). selon lui la littérature. et non un "sens plein" (v. une référence explicite à Eco. 2Ď/ sociologique (pour la notion de mythologies). le plus souvent lui-même représentant du mouvement structuraliste dont Barthes se revendique. 2Ď/ phénoméniste (pour le statut privilégié accordé au langage). "Mythologies". par ex.

Une telle position est. cette occurrence). Insignifiance : v. Or paradoxalement. "Polysémie". pour Barthes. Elle s'explique cependant si l'on considère que. "Empire des signes (L')". "ni ontogénétiquement ni phylogénétiquement" à la littérature qui donne à celle-ci sa suprématie sur l'art. il pense que c'est le fait que l'homme ne préexiste. selon lui. acquérir de langage articulé). Involution : terme qui. pour Barthes. Intermezzi : v. le bébé singe. par ailleurs brillant historien de l'art moderne. désigne une régression psychologique de l'individu (ou encore un désir de retour à un état foetal antérieur). de signifié). "Brouillé". . et abusivement. Japon : v. Une telle position se retrouve chez Barthes qui postule plus radicalement (dans All except you notamment) que l'abstraction de l'art contemporain est la preuve patente de l'insignifiance générale de l'art. la littérature est supérieure à l'art en ce qu'elle est une forme supérieure de l'intellect. orales et mythologiques.intellectuel soit plus rapide que celui de l'enfant humain. s'oppose l'art comme involution et retour vers la barbarie. même élevé entièrement par des hommes. "Entre-deux". à celle de l'écriture). Ainsi selon Barthes. cette antériorité affirmée de l'écrit sur l'homme (ce qui correspond en fait à l'idée chomskienne que le langage est inné) renvoie à une conception du texte comme Verbe (v. on s'en rend compte. V. pour mieux dire. comme l'ont prouvé de nombreuses expériences. ne peut pas. en psychanalyse. Klein. Klein (Robert) : historien de l'art. en tant qu'absence totale de signe (ou. C'est pourquoi on peut dire qu'à la littérature qui. postule en effet. que l'art contemporain perd son sens du fait qu'il n'est plus représentatif. mort suicidé en Italie (1918-1966). Très visiblement la conception réductrice qu'a Barthes de l'art contemporain vient des écrits d'auteurs comme Klein ou Eco. contradictoire. représente une évolution à la fois sur le plan individuel (comme aboutissement de la pensée chez le jeune enfant) et sur le plan culturel (passage des civilisations primitives.

comme en témoignent ses articles sur l'art qui. V. "est un produit social de la faculté du langage et un ensemble de conventions nécessaires adoptées par le corps social. polysémique et "brouillé" par un "grouillement" de détails "en trop". comme l'écrivait encore Saussure. "Rhétorique". "Décomposition". A l'inverse. la parole personnelle s'identifierait. qui justement décomposent la "Lettre" et son "Esprit" (sa permanence donc). Linguistique : c'est par le biais linguistique que Barthes analyse toujours l'art. sans toutefois que la raison en soit parfaitement claire. Barthes va même jusqu'à n'aborder l'analyse de ces oeuvres que par la référence constante au vocabulaire et aux notions de la rhétorique classique. pour permettre l'exercice de cette faculté chez les individus") et la "parole" à l'"idiolecte" (l'utilisation personnelle de la langue par chaque individu en tant que. selon Barthes. individuelle. "Brouillé". dans la mesure où la communication orale relève souvent d'un "code" "lâche". correspondrait à l'action de l'individu sur la langue. dans le discours barthésien sur l'art (à propos d'Erté notamment). le mythe et les arts comme sens vides. comme l'écrivait Saussure.Langue"/"Parole : reprenant la distinction de Saussure. Lettre : la lettre est. "acte individuel de volonté et d'intelligence"). V. "Détail (statut du. Barthes identifie la "langue" au "sociolecte" (qui. "univoque. Cette opposition entre langue et parole permet de comprendre l'association barthésienne entre l'oralité. cette occurrence). en tant qu'elle apparaît alors à Barthes comme organisatrice du monde. v. à la littérature. ce en quoi la littérature s'oppose à l'art. "Hiérarchie des arts". En cela. par ce caractère idiosyncrasique. Dans Arcimboldo comme d'une manière moins systématique cependant dans All except you (ouvrage posthume sur les dessins de Steinberg). Selon Barthes. canonique". comme ceux sur la littéra--ture. ce qui peut néanmoins se comprendre dès lors qu'on songe qu'elle est employée hors de son contexte habituel). la première s'identifie à l'oralité et est encore un sens brouillé. dire bonjour ou demander l'heure ne sont pas.. le symbole même de la permanence du sens en littérature. la parole. Ainsi.. comprennent invariablement une introduction méthodologique à orientation exclusivement linguistique (même si la valeur linguistique réelle de la terminologie qu'il emploie dans ses articles sur l'art est parfois sujette à caution. "Rien". des actes langagiers possédant un signifié fort. Leurre : terme récurrent chez Barthes pour définir l'art comme imitation (v. en art)". . "Tout".

. il apparaît clair qu'une telle conception renvoie à l'ancienne opposition entre les arts mécaniques et les arts libéraux. non signifiant et inconscient. et la littérature. "Muette (poésie)". le "dieu du récit". de l'écrit chez Barthes) : v.. "Art". "indéchiffrable". Le Du Sublime. la littérature est logique. "Femme". Selon cette conception et dans une optique à la fois nominaliste (idée que l'objet prend corps . philosophe stoïcien. bien sûr. "Auteur/Narrateur". plus précisément. Masque : v. comme une base fondamentale pour l'étude des sources de l'esthétique barthésienne. le Logos désigne à la fois l'instance supérieure organisatrice du monde et le langage. Longin : grec du IIIème siècle après J. oeuvre qui lui est attribuée. "Caractères". par l'ensemble des points qu'elle traite. incompréhensible. aristotélicienne et stoïcienne.. et le narrateur. V. "Verbe". "Dieu". ainsi qu'on l'a vu). V.ou devient intelligible à l'esprit . "Noèse/Noème". Barthes en arrive à développer une conception magique de l'écrit. "Synchronie". "Tout". Loi du texte (Logos) : pour les stoïciens. apparaît véritablement. v. "Verbe". V. "Théâtre". opposé au "sens vide" de l'art. en tant qu'instance narrative.lorsqu'on le nomme) et structuraliste (prédominance de l'activité noétique). et notamment pour de ses rapports avec la pensée antique et. Magique (statut. L'écrit devient alors une sorte de métamorphose du Verbe génésiaque.Logique : pour Barthes.-C. etc. art par excellence (en témoigne la confusion entre les notions d'art et de rhétorique chez Barthes. comme "Tout" sémantique. art suprême. comme chez nombre d'autres auteurs d'ailleurs. "Animalité/Analité". "Dieu".. l'art au contraire est "illogique". Mécaniques (arts) : si l'on conçoit bien l'esthétique barthésienne comme une opposition entre l'art.

. "bouché" . pour être totalement fidèle à la terminologie psychanalytique. une image justement). partie immergée et inconsciente du Moi). Mode : v. en tant que dénotation (puisqu'elle déporte le sens pour en récréer un nouveau). La métaphore (du grec "metaphora". Mère (domaine de la) : terminologie que Barthes emprunte à Jung pour définir l'art comme étant involutif. dans L'obvie et l'obtus. en tant qu'involution. "Femme". mais une simple comparaison. C'est pourquoi. sur le plan symbolique aussi bien que personnel (toute la réflexion de Barthes sur la photographie dans La chambre claire partira d'une photo de sa mère qu'il voit avec nostalgie comme le symbole . alors que la première. comme l'expression du Moi (il serait sans doute plus juste. "Cinéma". "transport"). Moi"/"Sur-Moi : reprenant une terminologie psychanalytique. va à la rencontre du sens).Mélancolie : notion qui. Mort : l'art étant par excellence le "sens vide" que Barthes définit abondamment. d'identifier en ce sens l'art au Soi. recouvre implicitement celle de "schizophrénie". "Femme". s'identifierait à la littérature. la métaphore est un sens obtus (ou.. qu'on trouve néanmoins déjà chez Hegel (Phénoménologie de l'esprit).autrement dit "vide". Métonymie"/"Métaphore : la métonymie (du grec "metônumia". "Mécaniques (arts)". conformément à l'étymologie du mot. selon lui. comme l'art -) et la métonymie un sens obvie (qui. Barthes oppose "métonymie" et "métaphore". autre procédé rhétorique. etc. On voit que la vision barthésienne de l'artiste reste très classique. dont Barthes définit le tempérament comme "triste et indifférent". il en découle que. pour Barthes. V. à l'art en tant qu'image (puisqu'elle n'est pas une transformation du sens. Barthes considère l'art. le contenu par le contenant. On peut donc dire que. étymologiquement. une interprétation. le tout par la partie. dans Erté. la seconde s'identifiant. correspond quant à elle au transport du sens d'un mot à un autre par une comparaison sous-jacente. V. "changement de nom") est un procédé rhétorique par lequel peuvent être exprimés l'effet par la cause.

V. de manière explicite. qui reprend en cela une conception classique. ce qui distingue les mythologies primitives des croyances de la . désigne le contenu des légendes. ainsi que la vision que nous nommerions à la fois "animiste" et "panthéiste" que Barthes développe dans son étude des photos de Clergue (aspect primordial des éléments naturels . pour ces auteurs. Ils en relèvent même doublement. mer -. "Nature". ou plutôt déchirées . V. la musique et le chant (bien que. Musique : la musique. "Sujet linguistique (perte du)". "Verbe". le chanteur. "Femme" -. partant. "Moi/Sur. pour Barthes. Selon Saintyves et Frazer. et qui. Le chant (dont l'archétype pour Barthes est l'art de Panzéra) est révélateur de cette position. cette occurrence). L'art représente mais n'explique pas. en tant que "tautologies" (v. des populations primitives et orales. "Héros". du domaine du non sens. Or il considère que les chanteurs modernes sont trop expressifs. "Primordial". par contrecoup que pour Barthes.du temps qui passe). voire des structures sociales. par l'absence de tout repère et. Muette (poésie) : l'art pour Barthes. "Mécaniques (arts)".Barthes parle de "fendre". "Métonymie/Métaphore". En effet selon Barthes. Mythe : v. est. comme les autres formes d'art. comme l'acteur. selon Barthes. celui-ci soit textuel) relèvent du pathos. V. v. "Caractères". mais aussi chez Pierre Saintyves ou James Georges Frazer. auxquels s'attache essentiellement le photographe. "Mythologies". deviennent des symboles génésiaques). Le titre Langage des sables (1980). Mythologies : titre du plus célèbre ouvrage de Barthes (1957). est dévalorisé par rapport à la littérature car il n'est rien d'autre qu'une "muta poesis". Il en découle. comme Barthes l'écrit à plusieurs reprises. photographiés par la main de l'homme. par définition. La notion barthésienne de "mythologie" doit être mise en rapport avec son équivalent chez Lévi-Strauss notamment.roche. de l'"indéchiffrable". C'est sans doute pourquoi Barthes privilégie (bien que rien ne soit aussi clair) l'étude des oeuvres d'art baroques (période où se développa l'art des Vanités) et contemporaines (brouillées. Le mythe. l'art s'identifie à la mort. rendent bien ce caractère éphémère de l'art. que Barthes identifie à la mort du sujet linguistique). "Dieu". ne doit pas doubler l'aspect pathétique du texte par un jeu outrancier. archétypes de cette mort du Moi.Moi".

Noèse/noème : le rapport entre la noèse (le spectateur) et le noème (l'objet regardé) fait explicitement. prolétaires et/ou "petites-bourgeoises" des masses populaires contemporaines. ne serait-ce que parce qu'il regroupe à lui seul la plupart de ses articles sur l'art. Barthes peut ainsi définir l'art comme une "asymbolie". V. l'art. avec Mythologies. On peut en gros dire que le sens obvie correspond à la littérature. la distinction entre les notions évoquées par le titre ne paraît pas absolument claire chez Barthes. alors que les secondes auraient une vocation "morale" (v. un "tabou" ou un "fétiche". "Dieu". "Culture". v. "Polysémie". De même pour Barthes. v. alors que l'art s'identifierait au sens obtus ou insignifiant car "à la fois têtu et fuyant. comme le rappelle souvent Barthes. Obvie et l'obtus (L') : titre d'un ouvrage posthume de Barthes (1982). V. croyances (symbolisé. "Auteur/Narrateur". "Baroque". Cependant. la musique. en tant que "sens plein" (ou "signe complet"). du spectateur le producteur du sens en art. Nominalisme : v.civilisation moderne. "Haïkaï". chez Barthes comme chez Eco (dans un optique purement structuraliste). les "mythologies" sont les croyances populaires. Narrateur : v. cette occurrence) qui les abêtissent et détournent leur esprit des oeuvres intellectuelles (c'est-à-dire de la littérature). "Héros"). . dont le but serait de procurer au sauvage un bien immédiat. C'est justement le naturalisme des haïkaï qui amène Barthes à conclure à l'insignifiance de la culture japonaise. s'identifie pour cela non pas au cosmos de culture. le plus important pour comprendre sa conception esthétique. corporel et non intellectuel. "Illocutoire". lisse et échappé". la photo et le cinéma. par la multiplication des expositions. "Japon". Dans L'obvie et l'obtus par exemple. "Illocutoire". Sans doute. mais à celui de nature. Nature : pour Barthes. "Oralité". c'est que les premières s'identifieraient à des "rituels magiques".

V. "Aristote". Plein (sens) : en tant que "sens plein" ou "complet". A ces sociétés primitives et orales. Panzéra : célèbre chanteur d'opéra. "Culture". "Cinéma". J. le poujadisme. sont autant de milieux qui peuvent être considérés comme ayant cette mentalité "petite -bourgeoise". . n'est qu'imitation. et archétype du chanteur pour Barthes. "Poujadisme".Oralité : au niveau individuel. "Vide (sens)". voire même plus. "Oralité". Peau : v. et de la littérature selon Barthes). "Japon". "Expositions". "Imitation". la notion d'oralité renvoie très clairement chez Barthes à l'univers primitif des sociétés sauvages. la haine de la culture. les civilisation orales. la littérature s'oppose à l'art selon Barthes. V. disciple de Socrate.-C. Platon : philosophe grec (428 ou 427-348 ou 347 av. Barthes se rapproche de Platon en ce qu'il considère que l'art.). On voit donc que la notion d'oralité renvoie chez Barthes à celle de "mythologies" (v. Au niveau social. Petit-bourgeois : terme typiquement barthésien qui désigne l'absence de culture. V. l'oralité représente pour Barthes un stade inférieur du développement infantile. s'opposerait la civilisation de l'écriture. "Corps". incapable de rendre l'essence de l'objet représenté (à la différence de la philosophie selon Platon. "Musique". "Mythologies". la civilisation des expositions. et l'introduction à La civilisation de l'écriture de Roger Druet et Herman Grégoire. un article intitulé "Ecoute". cette occurrence). le prolétariat. Photographie : v. V. Ainsi. "Dogons". Barthes le dit très clairement dans deux textes contemporains (parus tous deux en 1976).

on le sait. "Zéro (degré)". propriété d'un mot qui a plusieurs sens. Paradoxalement. Poujadisme : ce que Barthes définit comme "poujadiste" est en fait une forme de "révisionnisme" qui dénie tout intérêt à l'activité exégétique et intellectuelle. au parti d'extrême droite de Poujade) est donc corollaire. chez Eco (L'oeuvre ouverte.Polysémie : en linguistique. la polysémie en art apparaît comme l'expression et la preuve même du "sens vide" de l'art. sur l'art contemporain auquel. comme lui. "Femme". notamment de Klein. selon Barthes. "Culture"). On retrouve la même théorie. Prémisses : v. ceux qui. qu'il faut comprendre la notion de praxis chez Barthes comme révélateur non pas d'un élément de la culture. est primordial. alors que la polysémie de la littérature est. l'écriture étant postérieure à ces formes d'expressions.. productrice de sens. involutif. Barthes s'est beaucoup intéressé. "Détail (statut du. V. ont eu une éducation classique (livresque et intellectuelle donc). L'art en tant qu'expression la plus basse de l'intellect humain s'oppose selon Barthes à la littérature. cette occurrence) dont. qui découle en bonne partie du statut privilégié de la noèse dans la théorie structuraliste. "Décomposition". mais bien de l'art (en l'occurrence la musique) comme artisanat (v. Peut-être une telle conception de la polysémie en art. Primordial : pour Barthes. Il oppose à ces amateurs éclairés la masse populaire contemporaine qui aime n'importe quoi parce qu'elle ne sait pas apprécier la forme réelle de l'art. selon Barthes. que formel). on s'en rend compte. de la "tautologie" (v. du fait que justement l'art contemporain marque l'absence totale de référent (puisqu'il ne reproduit plus le réel tel qu'on le voit) et par là même. 1962). primitif.. bien que Barthes insiste sur la notion de pratique (d'apprentissage) dans la culture savante (v. aussi bien pour l'art que la littérature. en tant qu'expression la plus basse de l'intellect. il est l'archétype. de sens (le sens en art n'étant. Le terme "poujadisme" (en réf. dans la pensée barthésienne. mais cette fois de manière plus générale. v. C'est en ce sens. en art)". "Cuisine". Il écrit ainsi que les vrais amateurs de musique. trouve-t-elle aussi sa source dans les écrits d'historiens de l'art. toujours selon Barthes. unanimement reconnues il . "Vide (sens)". savent au moins le solfège. Il en veut pour preuve historique le fait que les premières oeuvres de l'humanité sont les peintures pariétales. l'art. "Mécaniques (arts)"). Praxis : v. selon Barthes.

Lettres Nouvelles. V.ou du moins religieuse . v. l'artiste (et notamment le peintre) ne pouvant pas transcender la forme qu'il reproduit pour la caractériser (v. Barthes transpose cette opposition linguistique et littéraire dans son analyse esthétique et en conclut que. "Cinéma". inculte et abêtit par les expositions selon Barthes (qui pourtant. elle doit cependant être notée car à la fois elle révèle pleinement la pensée de Barthes sur l'art et elle permet de mettre au jour ses influences (notamment freudienne et jungienne).est vrai comme marques de l'apparition d'une conscience sociale . le niveau du "récit" désigne un discours rapporté à une temporalité passée ou imaginée telle. dans "Suis-je marxiste?". loi qui l'organise et l'explique. L'opposition entre le discours (énoncé direct) et le récit (énoncé rapporté) se manifeste par l'emploi respectivement dans le premier cas du passé composé et dans le second du passé simple. "Petit-bourgeois". "Expositions". Vague et sans qu'elle recouvre les notions réelles que lui attribue traditionnellement la psychanalyse. "Discours/Récit". V. Prolétariat : sous-classe de la population. "Freud (Sigmund)". de . l'écrit est une réalité en marge du monde "réel" (la "seconde écoute" dont nous avons parlé. "Ecoute"). "Folie". interrogeant sa propre narration des faits). "Noèse/Noème". Publicité : v. Réalité : pour Barthes. ou à défaut des actants. fait une déclaration de principe par laquelle il avoue implicitement être un auteur "de gauche"). chez Gérard Genette notamment dans ses Figures III (1972). cette occurrence). à l'opposition entre le "récit" ou cadre (les faits rapportés de manière "objective") et le "discours" (l'immixtion du narrateur. l'art est du domaine de la représentation simple. "Synchronie". comme personne pensante. "Caractères"). Cette distinction aboutit plus généralement. "Dieu". "Héros". "Schizophrénie". lui-même imaginaire par rapport à la "loi du récit". "Hystérie". V. "Moi/Surmoi".chez les hommes préhistoriques. V. Récit : en linguistique. Psychanalyse : la terminologie psychanalytique employée par Barthes n'est pas plus conforme que celle qu'il emprunte à la linguistique (v. juilletaoût 1955. "Culture".

écrit à plusieurs reprises (par ex. "Illocutoire"). du personnage) linguistique" et à sa "dé-figuration". cette occurrence). ces occurrences. de sublime. c'est pourquoi l'art s'identifie pour Barthes à la "perte du sujet (ou. "Linguistique"). inorganisée). Barthes écrivit-il un texte intitulé "Rhétorique de l'image" (paru dans Communications de nov. Rien : terme employé par Barthes dans plusieurs textes en association avec la notion d'art. à propos de Erté ou dans Mythologies) que. On notera cependant que Barthes. v. 1964). si l'on préfère. cette occurrence). On retrouve cette notion de "rien" explicitement appliquée à l'art chez Jung (L'Ame et la Vie) et Adorno (Théorie esthétique. ces occurrences). comme une photographie. 1970). Ainsi par exemple.l'anecdote (c'est-à-dire de l'histoire ou du récit) et de la "dé-figuration" (v. relève du domaine du discours. selon lui. En ce sens. à cause de ses "mythologies" (v. "Arcimboldo". ce terme est synonyme chez lui de "baroque" (v. alors que le romantisme apparaît au XIXème siècle) pour rendre la notion. En effet. v. Rhétorique : Barthes utilise la rhétorique soit pour expliquer l'oeuvre artistique (v. "Décomposition"). leur mentalité ou. de je-ne-sais-quoi de . que Barthes n'arrive d'ailleurs jamais à clairement définir. Romantique : terme par lequel Barthes veut désigner l'aspect sentimental (notion de pathos) de l'art. pour mieux dire. cette occurrence). "Verbe". l'ère baroque se développant aux XVIIème-XVIIIème siècles. Barthes écrira ainsi à propos de l'art d'Arcimboldo que "Rien n'est jamais "dénoté"" (v. très tôt dans sa carrière. ce qui serait sans objet. soit comme équivalent pur et simple de la notion d'art (v. basée sur une conception religieuse de l'écrit. est "religieuse" et "empirique". leur personnalité. c'est la société contemporaine (prolétaire et/ou petite-bourgeoise) qui. Religion : la théorie esthétique de Barthes. alors que la littérature. que rendre la forme des traits. il emploie indifféremment les deux notions dans leur sens le plus commun (et non historique. par un amusant "choc en retour". Barthes veut exprimer par ce mot sa conception de l'art comme "sens vide". noétique et pour cela même caractérisante (v. oppose ainsi la littérature (en tant que "Tout" ou "dieu du récit") à l'art (symbole de la Vie. le portrait en peinture ne peut. "Tout". par l'explication des traits (tant physiques que moraux) des protagonistes. mais sans les expliquer. Ainsi. si un portrait balzacien peut définir.

de l'oeuvre) de Barthes. "Influences".et le signifié . serait un "sens complet". "Dieu". "Mythologies". "Ecoute". "Entre-deux". espace intermédiaire entre le "rien" de l'art et le "Tout" de la littérature. "Folie"."image acoustique" du mot selon Saussure .l'art. du domaine de l'oralité) au mythe. n'a pourtant toujours pas été remplacée par une meilleure. les critiques qui lui sont faites semblent n'être jamais que de détails -). V. "Musique". Cette conception réductrice du signifiant permet à Barthes d'identifier le théâtre. et donc à l'art et au sens vide en tant qu'"entre-deux" ou. bien sûr. "Plein (sens)". propre à la littérature. la musique et l'oralité (les trois se confondant. selon la théorie stoïcienne. père de la linguistique moderne et maître spirituel de Barthes. les deux premiers étant. "Langue/ Parole". "Romantique". en tant que sens "supplémentaire" et inutile. Signifiant : corps vide du sens en littérature selon Barthes (qui s'oppose au signifié qui en est le "sens plein") . "Obvie et l'obtus (L')". bien que souvent critiquée aujourd'hui."concept" que recouvre le mot. autrement dit. "Psychanalyse". "Intermezzi". V. Sentimentalisme (de l'art) : v. renvoie pour Barthes à la notion d'art. "Baroque". et. est au centre même de la théorie esthétique (et plus généralement. ou plutôt en tant que "sens vide". V. "Obvie et . ou plutôt l'opposition-complémentarité entre le signifiant . dont s'inspire Barthes. toujours selon Saussure .le signifiant barthésien peut être définit comme l'os contenant de la "substantifique moelle" (le signifié) évoqué par Rabelais -.(cette définition saussurienne de la combinaison signifiant-signifié. Saussure (Ferdinand de) : linguiste suisse (1857-1913). au contraire. de plus. Le signifié. identifié au "mythologies" populaires et à l'oralité (voir ces occurrences). ou encore en tant que "degré zéro" du sens. "Empire des signes (L')". Le signifiant. Sens : la notion de sens. Schizophrénie : terme employé par Barthes pour désigner la folie de l'art. V. "Vide (sens)". qui montre combien l'esthétique barthésienne est dépendante des conceptions classiques et formalistes de l'art.

c'est-à-dire le théâtre. et au niveau littéraire à la perte du sujet linguistique. "Plein (sens)". Antipater. "Polysémie". C'est pourquoi la pensée stoïcienne apparaît de tout premier plan pour comprendre la pensée esthétique de Barthes (v. Poseidonius. selon lui du domaine du sentiment. C'est pourquoi l'art n'est que cadre (v. stoïciennes) qu'à ses implications (signification des thèmes qui y sont récurrents. ses liens à l'aristotélisme sont évidents et l'influence de celui-ci sur le stoïcisme ne fait plus aucun doute. "Zéro (degré)".l'obtus (L')". "Vide (sens)". Chrysippe. autrement dit à l'incapacité de l'art à définir un caractère (v.le "détail" . ces occurrences). le second de celui de l'intellect (selon la distinction stoïcienne justement entre pathos et ethos). Sujet linguistique (perte du) : pour Barthes. mais ne l'interprète pas puisqu'à . alors que la littérature porte en elle un sens immanent. Barthes utilise une terminologie néo-stoïcienne pour opposer l'art à la littérature. comme révélateur de l'opposition entre "pathos" et "ethos". directement issu de la théorie aristotélicienne. On l'a souvent opposé à l'épicurisme. "Stoïcisme". "Noèse /Noème". Panétius. ou que le statut de l'oralité et de son paradigme dans la pensée barthésienne. Cependant. cette occurrence. v. description sans autre but que de "faire vrai". Stoïcisme : mouvement philosophique de la Grèce antique. "Mort"). Spectateur : v. v. n'évoluerait que dans le domaine de l'histoire. c'est-àdire en ne tenant pas compte de leurs changements.artistique (qui. "Oralité". "Description". tels par exemple que l'identification du langage au Logos. à laquelle il oppose la diachronie . "Caractères. cette occurrence). comme l'a très bien noté Jean-Marie Floch (1985). selon lui. l'art correspond au niveau personnel à la mort du Moi (v. et notamment représenté par Zénon. cette occurrence). le premier relevant. Sénèque. comme étant constants. Synchronie : Barthes détourne ce terme de son sens linguistique (analyse des phénomènes linguistiques à une période donnée. "Polysémie". "Primordial". "Longin"). De fait. "Diachronie") pour en faire l'expression de la logique de la littérature (identifiable au niveau du "discours"). Epictète et MarcAurèle. v. aussi bien par rapport à ses origines (aristotéliciennes. c'est-à-dire du "récit" autrement dit encore de la simple anecdote et non de l'intellection des événements. amoncellement de détails. "Saussure". Caton. Diogène. puisqu'en effet l'art imite la réalité.

"Lettre". "Innéisme") et cependant le produit culturel ultime de la conscience humaine (v. On se rend compte que cette opposition synchronie/diachronie recoupe. le théâtre est le symbole de l'aspect pathétique de l'oralité. entre "sens vide" et "sens plein". En effet. V. Néanmoins. "Logique". l'art n'est que "répétition". à l'état brut. "Discours/Récit". etc. pour Barthes. etc. qu'il identifie pour cela à l'art. sur les événements qu'il relate. "Imitation". "Mythologies". au Tout (c'est-à-dire à la "Loi du texte". mais aussi celles entre "idiolecte" et "sociolecte".. (v. V. Verbe : l'idée barthésienne que le langage est à la fois antérieur à l'être (v. rabâchage. comme la femme. cette occurrence).). c'est le niveau du "récit" ou de la diachronie -). dans les sociétés océaniennes (auxquelles Freud l'a emprunté).la différence de la littérature. c'est le niveau du "discours". la notion d'oralité recouvrait surtout un ensemble d'actes langagiers (qu'on pourrait dire "de connivence") sans signifié fort (dire bonjour. On a vu. en tant qu'art oral. Ce terme désigne traditionnellement. et s'oppose en cela à l'art en tant que "rien" ou "sens vide" (v. . "Platon". "Femme". souvent. "flottant" comme l'écrit Barthes. ces occurrences). Tautologie : pour Barthes. "Diachronie". "Cadre". selon Barthes. le comédien est. entre "Tout" et "rien". en art)". Théâtre : la notion de théâtre chez Barthes rejoint celle de Longin ou d'Etiemble. V. Tout : pour Barthes. ces occurrences). Pour Barthes en effet. l'art reproduit la réalité telle qu'elle est. comme la musique ou le chant de cet "entre-deux". son domaine est donc celui du masque. est celui d'un clan ou d'une tribu). "Entre-deux". v. "Musique". le théâtre fait partie. V. "Détail (statut du. dans laquelle l'auteur peut donner son opinion sur ce qu'il raconte.. "Masque". Tabou : notion mise en place pour la première fois par Freud. trompeur. l'interdiction faite de tuer l'animal-totem de la famille (c'est-à-dire celui sous la protection duquel est mis l'enfant lors de sa naissance et qui. Aussi fait-il partie de ce sens vague. comme on vient de le dire. celle entre "récit" et "discours". que. "Femme". "obtus". la littérature s'identifie. qui n'a d'autre sens que d'imiter. en effet. à michemin entre le "sens plein" (littéraire) et le sens vide (artistique). "Fétiche". "Oralité". et conformément à la théorie nietzschéenne. en tant qu'organisatrice du "brouillé de la Vie".

"Caractères".. antérieur à Dieu et pourtant soumis à lui. Cette conception éthique du visage comme miroir de l'âme et révélateur de l'humanité individuelle se rencontre aussi chez Levinas. A l'opposé. Visage : sur le plan symbolique. Vide (sens) : v.. en fruits. comme on s'en rend compte. comme on le sait. Vie : Barthes considère que l'art s'identifie à la vie en ce qu'elle est un ensemble d'événements privés de sens. v. les visages d'Arcimboldo. Seuil. dans Poétique du récit.chez Arcimboldo est selon Barthes la preuve même de l'insignifiance de l'art. en d'autres termes qui n'ont pas de finalité (v. "Pour un statut sémiologique du personnage". légumes. toujours selon Barthes. cette occurrence). V. en art)". est Créateur des objets nommés : "Dieu dit "que la lumière soit!" et la lumière fut". le narrateur (ou instance narrative) et l'auteur (ou destinateur). v.dont l'ethos (représenté en littérature par les personnages. avec Mythologies. etc. se décomposent.. Zéro (degré) : Le degré zéro de l'écriture (1953) est sans doute. "Détail (statut du. C'est pourquoi l'absence du visage . d'une conception magique de l'écrit. la littérature organise ce "brouillé" (v.). dont le sens . dans laquelle celui-ci apparaît à la fois comme Logos (à la fois dieu et langage) et comme Verbe (au sens où dans la Genèse.ou plus exactement l'écriture comme organisatrice du "brouillé de la Vie" selon une optique purement nominaliste (v. Gen. cette occurrence) de la vie. "Spectateur". et la prédominance du verbe comme créateur et organisateur du monde conduit Barthes à identifier souvent Dieu. "Histoire"). "Rien". Les notions de Verbe et de Logos sont en l'occurrence corollaires. I-3). partant."Histoire"). Système de la Mode (1967) et. inspirés de l'art des Caprices alors à la mode. le Verbe.ou plutôt la décomposition (v. la notion de "visage" renvoie pour Barthes à l'idée que le personnage littéraire est un modèle pour le lecteur. relève pleinement.est gommé sous l'amoncellement des détails en trop (en effet. cette occurrence) des visages . 1977) . le récit. "Ethos/Pathos". il en est une sorte de miroir en mieux. Philippe Hamon. et que. Le terme "arts analogiques" que Barthes emploie pour désigner les arts plastiques rend parfaitement l'idée que les "arts analogiques" imitent le réel. idée qui aboutit à voir le langage . dans une moindre mesure S/Z .

progressant à rebours du signifié vers le signifiant. aboutit à l'étude de la forme de ce contenu . que c'est au degré zéro du sens que Barthes s'intéresse lorsqu'il étudie l'art et les mythologies populaires en tant que sens vides. "Influences") qui voyaient l'origine de la pensée philosophique dans l'étonnement extatique. Bien que nous pensions que le caractère au contraire sémasiologique (étude de la structure linguistique vers le contenu sémantique du texte) de Barthes soit évidente. "Cadre". Le degré zéro de l'écriture semble être devenu. qui. Mais. il est néanmoins évident. en d'autres termes. partant de la recherche du concept du contenu littéraire. considère que le sens profond du texte lui vient de sa structure linguistique -). "Frite". pour le dire plus simplement. En d'autres termes. . incite l'analyse sur le sens (c'est en quelque sorte le postulat développé à propos du pathos de la lecture et/ou de l'écriture dans Le plaisir du texte). selon la définition linguistique de ce terme. "Pathos/Ethos". par l'étonnement qu'il provoque. pour les critiques de Barthes. symbolique de sa démarche. essentiellement critique). l'ouvrage de Barthes le plus connu du grand public. comme l'ont pressenti ses exégètes (en lui attribuant une volonté d'interprétation onomasiologique et. V. Barthes considère l'art comme ce niveau zéro de la pensée qui. selon eux onomasiologique (c'est-à-dire qui.ou. comme Platon ou Schopenhauer par exemple (v. "Prémisses". on peut dire que.(1970).