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30/08/13

La phobie et l'anxiété chez le cheval - dialoguer avec le cheval

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La phobie et l'anxiété chez le cheval

La phobie et l'anxiété chez le cheval

La phobie

Définition :

La phobie est une peur irrépressible et intense. Elle est stable (c’est-à-dire qu’elle arrive toujours pour les mêmes causes) et irrationnelle : la peur éprouvée est disproportionnée par rapport au stimulus (stimuli) phobogène(s) (objet de la phobie.) Elle peut ainsi paraître absurde ou déplacée, elle n’en est pas moins réelle. Elle est non adaptative, c'est-à-dire que l’animal ne pourra pas adapter un comportement approprié (à part des réactions de fuites incontrôlables.) La différence entre la peur, émotion naturelle permettant la survie, et la phobie est la perte des capacités d’adaptation, c'est-à-dire entre autre, la disproportion de la réponse.

Diverses sources de phobies :

La phobie peut trouver son origine dans une expérience traumatisante (un accident par exemple : un cheval qui se serait fait renverser par une voiture peut devenir phobique des véhicules.) ou éventuellement à un apprentissage précoce, lié à l’imitation des réactions phobiques de la mère ou qui évitement systématiquement l’objet phobogène.

Phobies ontogéniques :

Elle peut aussi être due à la nature de l’animal, a ses comportements instinctifs (le cheval étant un animal dont la sécurité réside dans le troupeau peut présenter une phobie de la solitude.) C'est-à-dire que le cheval peut souffrir de phobies liées à l'espèce (claustrophobie) Les phobies ontogéniques proviennent du fait que l’animal n’a pas appris à considérer comme inoffensives certaines situations, c'est-à-dire si il n'y est pas habitué. Il est plus facile de faire les accépter lorsque le cheval est jeune : par nature, les chevaux ont peur de tout ce qu’il ne connaissent pas, hors d’une certaine période sensible l’animal sauvage n’est plus apte a apprendre et donc à modifier ses comportements. Le cheval domestique aurait bénéficié d’une mutation génétique, la néoténie, lui permettant de conserver des caractéristiques infantiles, en particulier celle d’apprendre à tout âge et donc d’adapter ses comportements. Un apprentissage est néanmoins souvent nécessaire.

La phobie se déclanche en présence d’un objet (le même type d’objet), dans un lieu précis et /ou dans une situation précise (le montoir pour le cheval, par exemple). Cet objet ou ce lieu sont appelés les stimuli phobogènes. Pour le cheval, ce peut-être les poches plastiques, les grosses pierres au bord des chemins, le bruit des mobylettes… La phobie la plus fréquente chez le cheval est celle des espaces clos (la

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Journal d'un débourrrage

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claustrophobie) comme le van ou le box.

Mécanismes des réactions phobiques :

Le seul moyen pour l’animal de s’épargner, est d’adopter un comportement d’évitement. Cela conduit à une sensibilisation aux stimuli phobogènes : le cheval évite le sujet de la phobie, il sait que cet objet est placé généralement dans tel lieu ou est annoncé par tel bruit, il va donc éviter ce lieu ou ce bruit qui eux- mêmes sont annoncés par d’autres stimuli que le cheval évitera à leur tour… On assiste alors à une évolution de la phobie. Chez l’être humain, qui est capable de se raisonner, et de se motiver pour vaincre la peur, il est très difficile, impossible même, sans un travail de rééducation adapté, de réfréner les réflexes de fuites et d’évitement. Le cheval ne pouvant pas être raisonné (verbalement) il lui est impossible de comprendre qu’il pourrait peut-être faire l’effort de les contenir.

Les réactions liées à la phobie :

En présence de l’objet déclencheur, le premier reflex du cheval va être de fuir. Il peut bousculer violemment ce qui sera sur son passage, se blesser car cette frayeur dépasse tout. S’il est dans l’impossibilité de fuir, il pourra réagir de manière violente, en se jetant contre les murs de son box par exemple ou au contraire en se tétanisant.

Au niveau physiologique, dès que le cheval sent, voit ou se trouve dans la

situation de sa phobie, le système sympathique enclenche les réactions physiologiques propres à assurer la survie : le cheval est en état de stress

- augmentation du rythme et de la force des battements cardiaques, du

rythme et de l’amplitude respiratoire, de la glycémie, des acides gras.

- Cela se fait grâce à la libération d’hormones comme la noradrénaline et l’adrénaline.

- Le cerveau et le système musculaire disposent ainsi de toute l’énergie disponible pour faire face au danger.

Si le stress provoqué par la phobie est trop violent, il peut s’en suivre une mise en danger de l’organisme, pouvant aller jusqu’à la mort.

- Le système parasympathique (avec l’acétylcholine) visant à rétablir

l’équilibre (homéostasie) provoque entre autre l’émission de selles molles, d’urine (plus rare chez les chevaux) abaissement du rythme cardiaque (malaise vagual)… Si le cheval est maintenu assez longtemps (trop) en présence du sujet de sa phobie, l’axe corticotrope entre en action* (système hypothalamo- hypophyso-corticosurrénalien) sous l’effet d’une hormone : la corticotropine (ACTH) régulé par l’hypothalamus et donc les centres nerveux supérieurs. Son action renforce celle des catécholamines (adrénaline, noradrénaline…) et donc augmente la mobilisation de l’énergie, au dépend des protéines de surface entraînant une déficience immunitaire des faiblesses musculaires de l’ostéoporose… à terme, le cheval sécrète des endorphines en grande quantité, ce qui a pour effet de détruire certaines cellules du cerveau : le cheval se « résigne » c’est-à-dire qu’il ne réagit plus, cela est lié au syndrome de Klüver bucy.

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Le cheval étant une proie, on notera que ces sécrétions d’hormones catécholamines sont importantes il est donc facilement sujet aux réactions phobiques.

* Destruction de terminaisons nerveuse dans le cerveau, en particulier au niveau des amygdales, à cause d’une trop grande libération d’endorphines. Le sujet retombe, en quelque sorte en enfance et surtout il devient un sujet soumis et résigné.

L’évolution d’une phobie :

La phobie simple :

L’individu présente des réactions phobiques en présence d’un objet ou d’une situation particulière. Son comportement se calme rapidement dès qu’il n’est plus en présence de ce qui lui provoque cette terreur, on est dans un schéma simple de stimulus / réponse. L’animal, s’il n’est pas contraint (dans le cas d’un cheval, si on lui laisse la possibilité de fuir, d’éviter le sujet de sa phobie) peut gérer cette phobie et dans certains cas, la réactivité peut même s’apaiser. Les symptômes sont une réponse de fuite et d’évitement simple, comme pour la peur, excepté que le comportement exploratoire, observable en cas de peur disparaît dans le cas de l’animal phobique. Hors de l’exposition au stimulus, l’animal est « normal »

Cas particuliers, modification du comportement de fuite - La phobie des transports : le cheval refuse de monter, mais si l’on parvient tout de même à effectuer le transport, il s’agite, rue (durant les arrêts ou en permanence.) Il peut se blesser ou blesser ses congénères. On notera que toute intervention est dangereuse, ce qui aggrave la situation. Le cheval transpire est tachycardique, il tremble. Au final, les atteintes physiques dues aux chocs peuvent être importantes, mais aussi celles dues aux réactions musculaires (crampes.) - La phobie de l’obstacle qui se caractérise par des dérobades et des refus mais aussi par des charges à l’abord de l’obstacle. On remarque une importante sudation, de la tachycardie, de la tachypnée, des tremblements et des défécations.

La phobie complexe :

C’est une généralisation et une anticipation de l’évènement terrifiant qu’est la mise en présence du sujet de la phobie. Le cheval (ou tout autre individu) va s’attacher à éviter toute situation susceptible de provoquer cette crainte. Il va repérer des stimuli annonciateurs ou associés au stimulus phobique. Par exemple, le cheval phobique des voitures va y associer le bruit, s’il voit suffisamment souvent des voitures sur la route, il va l’y associer, puis la sortie des écuries. S’il part en promenade quand il en sort avec la selle, la mise en place de celle-ci peut alors déclancher la phobie et cela peut aller jusqu’à la sortie du pré et la présence de l’homme… Le cheval sera aussi susceptible de réagir à tout stimuli ressemblant au stimulus phobogène primaire.

La réponse phobique s’allonge, c’est-à-dire que le cheval met un long temps avant de se calmer, parfois il ne se calme que « grâce » à l’épuisement.

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Les réactions du cheval deviennent plus violente (rythme cardiaque encore plus rapide et plus fort, diarrhées…) Le cheval peut manifester de l’agressivité, directe ou redirigée. (Automutilation, destruction, agressivité envers l’homme…) Mais on peut observer aussi un attachement pathologique envers un tiers individu.

L’hypervigilance est lie au besoin d’anticipation du cheval. Elle est l’exagération du comportement naturel de vigilance du cheval. Elle en est l’expression pathologique. Elle se fait au détriment du repos et de l’alimentation. Il devient hypersensible, son irritabilité est telle qu’il peut devenir difficile à manipuler. Toute contrainte l’empêchant de surveiller son environnement est aggravante. L’augmentation de la vigilance et de l’activité annonce le passage au stade anxieux (on peut considérer un passage pré-anxieux menant rapidement vers l’anxiété.)

Les stades suivants :

Si les comportement d’hyperactivité, de fuite, ou même d’agressivité n’ont pas suffit à éloigner le cheval du sujet de sa phobie, celle-ci peut évoluer jusqu’à l’anxiété. En fait, on peut penser que tout autour du cheval est susceptible de lui rappeler le sujet de sa phobie, et qu’il en recherche les signes dans tout ce qui l’entoure.

L’anxiété.

Définition :

L’anxiété est un état d’alerte et de tension psychologique lié à la peur et à l’inquiétude, à l’insécurité. Elle devient pathologique quand cet état semble distant de l’environnement. Par exemple, le cheval peut naturellement manifester de l’anxiété hors de son environnement habituel, ce n’est pas nécessairement anormal. On distingue l’anxiété intermittente et l’anxiété permanente. Dans l’anxiété permanente, certains symptômes, présents dans le cas le l’anxiété intermittentes disparaissent, éventuellement : les comportements agressif, les signes neurovégétatifs (sudation, tremblements, défécation, tachycardie…) Au contraire les comportements de substitution s’aggrave et deviennent stéréotypés (tic)

Les causes de l’anxiété.

Chez le cheval, l’anxiété est souvent liée au fait que certains de ses besoins naturels ne sont pas respectés. En particulier ceux liés à son instinct grégaire et à son instinct de fuite. L’instinct grégaire :

Le cheval est un animal grégaire, c’est-à-dire qu’il a besoin de vivre, de rester en contact, avec ses congénères. Sa sécurité réside dans le groupe. Un cheval privé de ses congénère devient donc facilement anxieux. D’une part parce que le risque qu’a chaque cheval de se faire prendre par le prédateur est liée au nombre. C’est à la fois une question de statistique (ce n’est bien sûre pas un calcul de la part du cheval !!!) et une question de choix du prédateur (qui perdrait du temps à choisir sa proie et serait perturbé dans sa course par le nombre, il pourrait la perdre de vue et

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s’épuiser en changeant de cible.) Mais surtout, vivre en groupe permet de partager les moments de surveillance des environnements. Ainsi, quand quelques chevaux se reposent, les autres surveillent. L’ensemble du territoire et ainsi sous la vigilance des chevaux. Un cheval seul, ne peut surveiller l’ensemble de l’environnement (bien que sa vue bénéficie d’un bon angle) il doit donc modifier sa position pour pouvoir l’appréhender entièrement. Les temps de repos ou d’alimentation (où la visibilité est réduite) sont problématiques car le cheval ne surveille plus les alentours et trouve en danger. Il cesse alors de dormir et parfois même de manger. L’instinct de fuite :

Lorsqu’un danger a été repéré, la solution pour maintenir la sécurité est la fuite. Ainsi, enfermé dans un box, le cheval est extrêmement vulnérable, ce qui est naturellement une cause d’anxiété. Les surstimulations :

Un cheval vivant dans un lieu où règne en permanence (ou presque) une grande agitation, peut ne pas le supporter et développer de l’anxiété. En effet, ne pouvant pas se mettre en sécurité, il est obliger de rester en alerte. En général :

Toutes situations provoquant de la peur, de l’agitation, ou même de l’inconfort, de manière répété, habituelle, sont susceptibles de provoquer l’anxiété, selon le même processus que pour les phobies.

Les symptômes de l’anxiété.

On reconnaît l’anxiété à la fréquence, parfois la permanence de certains signes neurovégétatifs, comme des sudations importantes, l’accélération des rythmes cardiaques et respiratoires… Ces troubles peuvent disparaître au passage à l’anxiété permanente. Le cheval est inquiet et devient hypervigilant : ce sentant quasiment en permance en danger, il est obliger de surveiller son environnement sans relâche. Il reste donc en état d’alerte ce qui provoque une tension, un stress constant. Ses forces sont donc mobilisées à l’excès, ce qui est d’autant plus problématique qu’il ne peut que difficilement s’accorder du temps au repos et à l’alimentation. Le cheval maigri et son système immunitaire (entre autre) s’affaiblit. Le cheval peut développer un comportement agressif (qui tend à disparaître au passage au stade de l’anxiété permanente) ainsi que des activités de substitution (qui, elle, vont s’aggraver.) L’incapacité du cheval à gérer son environnement, d’agir comme il en aurait besoin (notamment son incapacité à satisfaire son besoin de fuite et d’évitement, d’autant plus oppressant qu’une quantité croissante d’éléments l’indispose) provoque des frustrations. Le cheval va tenter de s’y soustraire en effectuant d’autres comportements, plus ou moins en rapport avec ses besoins. Ainsi, le cheval peut développer des comportements boulimiques, de la potomanie (boit excessivement), mordre les murs, ou la porte. Mais aussi s’automutiler, taper dans les murs, se jeter contre les barreaux. On peut voir apparaître des tics déambulatoires (le cheval tourne en rond dans son box) des tics à l’air ou l’appui, le tic de l’ours…

Les conséquences :

Le cheval anxieux maigri (excepté en cas de boulimie.) Il peut souffrir de

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colique, d’ulcères (en général, ils sont liés avec les tics à l’air ou l’appui : le mouvement de (fausse) déglutition provoquerait une salivation rafraîchissante, calmant les douleurs) Ces chevaux souffrent souvent de faiblesse immunitaire et d’une plus grande fragilité (risque de ostéoporose, myosite…) On pourra aussi remarquer les conséquences de certains tics comme les blessures liées à l’automutilation, l’usure des incisives chez les chevaux tiquant à l’appui…

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