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L’AMBITION D’UN C RÉATEUR D’HISTOIRES

HSAN

ABDELGHANI

Le cinéma, la musique… nous avons tous en tête le souvenir de notre empressement en allant acheter le dernier numéro d’un magazine, pour y prendre les posters géants à placarder sur les murs de nos chambres dans lesquelles le moindre espace restant était savamment réfléchi. Des acteurs fétiches qu’on suit avec attention à chaque épisode, des titres de films, des chanteurs qu’on adule et des espoirs pleins la tête de les voir de près, à un concert.

La rencontre avec Hsan Abdelghani nous mène tout droit vers cet univers, celui d’un passionné de réalisation de clips de musique et de courts métrages, de documentaires et de fictions. Créateur d’histoires à rebondissements, Hsan nous livre son fabuleux parcours et ses ambitions.

Linda Mnassri

H san est un fan de films qu’il regarde à profusion, des dvd nombreux et
H san est un fan de films qu’il
regarde à profusion, des dvd
nombreux et de toutes sortes,
décortiqués à la loupe pour
y repérer les détails techniques
de prise de vue, analyser
le cadrage de la caméra et
suivre le scénario qui se mêle et
s’entremêle tel un jeu de piste,
tenant en haleine le spectateur.
En parallèle de ses études
à l’Institut Supérieur de Gestion
de Tunis où il se prédestine
à des études en économie,
finance, gestion et tutti
quanti, des cours pour former
les nouveaux managers
de demain, Hsan aime
se réfugier dans ce cocon
où le film l’embarque vers
un autre monde. C’est souvent
une histoire ficelée selon
une trame propre à son créateur
où les personnages vont raconter,
dialoguer, s’affronter et se révéler
au gré des évènements clefs et
déterminants pour faire des effets
de surprise, de retardement ou
encore une situation qui ne peut
pas changer quelles qu’en soient
les péripéties.
Hsan est aussi un fan de
musique, il aime beaucoup la
soul américaine et le parcours
des rappeurs américains
autodidactes qui écrivent et
racontent leur vie avec des mots
poignants et un rythme entraînant.
Il aime également les effets
sonores des films et des clips ;
ainsi son premier rêve est de
devenir ingénieur du son afin
d’accompagner des musiciens et
des artistes dans leurs tournées
ou bien sur un tournage de film
où il aurait souhaité assurer
l’enregistrement de la qualité
du son des dialogues. La vie
verra autrement car en intégrant
l’Ecole des Arts et du Cinéma de
Tunis en 2010, il va doucement
mais sûrement s’intéresser à la
réalisation de documentaires et
de courts-métrages.
Il rencontre les plus grands
réalisateurs tunisiens, comme Nouri
Bouzid, Hichem Ben Ammar, Sihem
Belkhodja et tant d’autres qui
s’évertuent à promouvoir l’art et les
artistes de la Tunisie. Fasciné par
les œuvres cinématographiques
de Night Shyamalan (« The
village » et « Sixième sens »)
et de Quentin Tarentino, il n’a
qu’une idée en tête, durant ses
études: apprendre et voler de ses
propres ailes en laissant parler
son imagination, pour écrire des
histoires et monter des films.
Fin observateur au quotidien,
il s’imprègne et s’inspire pour
aller chercher l’idée maîtresse
de son scénario en commençant
par un premier court-métrage
«La raclette» qui a été primé
au Festival international du film
amateur de Kélibia, en 2010 et
reçu la mention spéciale du jury
FIFAK 2010 et au Panorama du
cinéma tunisien JCC 2010. Puis,
une succession de documentaires
et de courts-métrages voient
le jour : « Addiction », en 2010,
qui traite des accrocs de jeux
vidéo, ces geeks qui passent
leur temps à s’immerger dans
les « méandres » de la haute
technologie et des jeux de rôle.
« Ultra mentalida, Zapatista
Esperanza », lui, a reçu le prix
au Festival international du film
amateur de Kélibia, en 2011.
mentalida, Zapatista Esperanza », lui, a reçu le prix au Festival international du film amateur de
mentalida, Zapatista Esperanza », lui, a reçu le prix au Festival international du film amateur de

HSAN

Le documentaire souhaite également bousculer les préjugés et permettre une vision différente et une opinion
Le documentaire souhaite également bousculer
les préjugés et permettre une vision différente et une
opinion autre sur le comportement des adhérents
qui ne partagent pas forcément l’intolérance
engendrée par une passion sans mesure à une
équipe de football.
«Seulement dimanche» est l’histoire d’une
fabuleuse supercherie et d’un cadeau à retardement.
Tout commence par une suite de déconvenues, tôt
le
matin, dans l’appartement d’un monsieur pressé et
qui ne doit absolument pas oublier le cadeau qu’il
a
soigneusement gardé chez lui. Puis, en parallèle,
une femme coquette qui s’apprête, en vue d’une
sortie galante. Tout laisse penser que le cadeau
est destiné à cette femme séduisante mais la chute
finale révèle une autre facette d’un drame familial.
En effet, le cadeau est destiné à l’anniversaire de la
fille de ce couple déchiré, celle que le père rejoint à
la
sortie de l’école, en pleine semaine. Joie, tristesse
et
émotion dès lors qu’il voit sa fille qu’il ne peut pas
embrasser longtemps car leur rendez-vous habituel
autorisé par le juge est seulement le dimanche.
« Un homme en or », diffusé aux JCC de novembre
2012 et aux Ciné Days de Sousse en Octobre 2012
est l’histoire de Madou, un rappeur qui a grandi
dans son quartier natal d’El Kabbaria et qui est en
quête d’une vie meilleure. Hsan a laissé libre cours
à Madou de raconter ses contradictions, partagé
entre son introspection envers la religion et le désir
de profiter des fêtes nocturnes, celui de défendre
son quartier afin d’obtenir des subventions pour
améliorer le quotidien des habitants ou bien partir à
l’étranger afin de réaliser ses espoirs de vie meilleure.
Madou est un homme en or car il est généreux,
bienveillant, solaire et touchant. Ce court-métrage
invite le lecteur à une réflexion sur les rêves et leurs
limites et la vie dans un espace où la misère et la
marginalisation des habitants se paient cher. Enfin,
Madou est le porte-parole de l’émancipation de la
vie artistique de ces quartiers où les jeunes trouvent
leur place dans leurs œuvres, exutoires et portes de
secours, les jeunes trouvent leur place.
Hsan n’a pas fini de vous étonner car il se lance
dans la réalisation d’un long métrage qui sera une
comédie traitant du sujet sensible de la sexualité
chez les jeunes tunisiens, des hommes et des femmes
qui sont livrés à la frustration d’un tabou difficile à
surmonter.

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