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BULLETIN INTERNATIONAL DE L’ ETOILE No 1 O C T O B R E 1930.
BULLETIN
INTERNATIONAL
DE
L’ ETOILE
No
1
O C T O B R E
1930.
S O M M A IR E
PoÈME, p a r
J .
K ris h n a m u rti
4
C
a m p
d ’O j a Ï
1 9 3 0
:
C
o m p t e
r e n d u
d e s
c a u s e r ie s
d e J . K r is h n a m u r t i
5
Q
u e s t io n s
e t
r é p o n s e s
2 8
N
o u v e l l e s
d ’A m é r iq u e ,
p a r
Y a d u n a n d a n
P r a s a d
5 3
K
r is h n a m u r t i
a
E e r d e
:
R
é u n io n s
d ’é
t é ,
j u
i l l e t
1 9 3 0 .
C
o m p t e
r
e n d u
d e s
c a u s e r ie s
d e J . K r is h n a m u r t i
.
.
5 4
E
x p é r i e n c e ,
p a r
E .
A .
W o d e h o u s e
8 8
t r a d u c t io n
d e
l ’é d i t i o n
a n g l a is e .
ÉDITEUR
: Mm* Z .
B LE C H , 2 1 ,
AVENUE
MONTAIGNE,
PARIS-8*.
TOUTES
LES SOUSCRIPTIONS ET
ENVOIS DE FONDS DOIVENT ÊTRE
FAITS
A
CE
NOM
E T
A
C E T T E
(c h è q u e s
p o s t a u x
:
p a r is
:
ADRESSE.
1 3 9 8 - 7 0 ) .
ABONNEM ENT
: VINGT-CINQ
FRANCS (2 5
FR.)
POUR
LA
FRA NCE;
TRENTE
L ’ABONNEM ENT
FRANCS (3 0
FR.)
POUR
L’ÉTRANGER.
PART
DU
NUMÉRO
ET
1 0
DANS
D’OCTOBRE
L ’A N N ÉE.
COMPORTE
NUMÉROS
PRIX
DE
CE
NUMÉRO
:
5
FRANCS.
ÉDITEURS
DE
L ’ÉDITION
ANGLAISE
:
LADY
EMILY
LUTYENS E T
D.
RAJAGOPAL.
TOUS
DROITS RÉSERVÉS
PUBLIÉ
PAR
T H E
STAR
PUBLISHING
TRUST,
A
EERDE,
OMMEN
(H O L L A N D E ),
1
si vous vous dem and ez ce que vous ch erchez, voulez réellem ent com
si
vous
vous
dem and ez
ce
que
vous
ch erchez,
voulez
réellem ent
com prendre
com m ent
la
vie
agit
u n
tout,
ce
q u ’est la
vérité
considérée
com m e
un
tout.
vous
com m e
V o u s
20
voulez trouver l’universel, au sein de la m asse des p articu ­ larités. V
voulez trouver l’universel, au sein de la m asse des p articu ­
larités. V o u s voulez com prendre la vie dans les nuances v a ­
riées de son expression, com m ent vous pouvez, vous, individu,
exprim er cette vie, com m ent vous pouvez assim iler le bon­
heur qui est le fruit de la vie. V o u s
rem arquerez que tout
individu, avancé ou non, désire com prendre la vie selon sa
m anière
particulière,
l ’abaisser
à
son
niveau
et l’ad ap ter à
lui-m êm e. L e philosophe intellectualise la vie, construit des
systèm es pour expliquer les choses, et cherchera la vie le
long de cette ligne spéciale. L e poète cherchera la com pré­
hension de la vie dans l’harm onie et la beauté des mots, et
ainsi de suite. E n résum é, chacun veut interpréter la vie sui­
v a n t
ses
propres
désirs,
ou
en
term es
d ’u n
systèm e,
ou de
la
religion
à
laquelle
il
appartient.
Si vous voulez com prendre la vérité dans sa totalité, vous
ne pouvez l ’approcher en suivant une de ces lignes particu­
lières, p arce que la vie renferm e to u t; elle est au d elà de
toutes les philosophies, au delà de la guirlande des m ots, au
delà de la beauté et de la laideur, de la richesse et de la
p
au v reté;
et
cependant,
parce
q u ’elle
est
au
d elà
de
tout,
elle est en tout.
S i vous
avez
un
sérieux
désir
de
com prendre,
il
faut
sai­
sir cette plénitude, cette totalité et vous libérer de toutes les
fantaisies spéciales du désir. L a vie, com m e principe inté­
rieur, est la perfection de la pensée et de l’am our; et le che­
min de cette perfection va du personnel à l’im personnel.
Il y a toujours conflit entre l’intelligence et l’ém otion jus­
q u ’à
ce
q u ’ils
soient
équilibrés
dan s
le
b o n heur
en
soi de
la vie libérée. T o u s les désirs particuliers — du poète ou du
philosophe, aussi bien que de l’étourdi qui cherche le plaisir
perm anent; c’est ce que votre propre vie — séparée q u ’elle
est, prise dans les réactions, poussée p ar la peur — cherche
réellem ent; c’est son ultim e potentialité q u ’elle aspire sans
sont,
au
fond,
le
désir
du
bonheur
en
soi,
d u
bonheur
21
cesse à actualiser (1 ). T o u te satisfaction irréelle de ce be­ soin
cesse
à
actualiser
(1 ). T o u te satisfaction irréelle de ce be­
soin intérieur que nous appelons désir, s’accom pagne, en gé­
néral, de l’envie de faire partag er à quelqu’un d ’autre cette
irréalité. J e vais expliquer. V o us voulez donner la com pré­
hension et l’am our d ’une certaine m anière qui est <( la
vôtre )>; vous êtes blessé quan d on ne l’accepte p as; mais
ce don n ’est que le don de l’illusion, non de la réalité. A ussi,
renferm e-t-il une certaine cruauté, car il n a ît du désir de do­
miner, de guider, de contrôler c’est ainsi que nous recevons
notre m oralité bornée. D o n ner et recevoir aboutissent au
m êm e résultat. D onner ne fait q u ’affaiblir l’individu; dem an­
d er, c ’est com pter sur une chose ex térieure; la vérité n ’a rien
de com m un ni avec l’un, ni avec l’autre.
L a véritable racine de 1 un et de 1 autre, c ’est que vous
vous échappez de vous-m êm e : à cela, vous devez résister.
Si vous résistez, que reste-t-il? Q u a n d vous ne donnez
rien et q ue vous ne désirez rien, q u ’êtes-vous? V o u s (( E te s » ,
ce qui est la
seule
chose
positive dans
l’hom m e.
L ’être est sans crainte et ne dépend de rien en dehors de
lui-m êm e; aussi, il ne projette pas d ’om bre.
Il ne connaît pas la séparation, il est im m ortel. E t lorsque
vous, com m e individu, entrez dans cet E tre pur, vous deve­
nez l’expression bienheureuse de la vie, parce que vous avez
expérim enté toutes choses. A insi l’E tre est l’épanouissem ent
de la vie. V o ilà ce que chacun cherche. E tre lui-m êm e; ne
pas dépendre de l’extérieur pour désirer ou donner. Q u an d
vous êtes devenu cet E tre , vous êtes le rayon de soleil dans
lequel tout se développe, dans lequel il n’y a rien qui soit
bien ou m al, m auvais ou indifférant.
A insi ne cherchez pas à com prendre cet E tre à travers
n’im porte quel canal particulier; il est bien au-dessus de tou-
(1)
Ici
K .
développe
encore
une
fois
les
trois
stades
du
désir,
comme
plus haut.
(N .
D .
E .)
22
UÀ Ces m esquines créations de l’illusion. C h erch ez-le en reje­ tan t
UÀ Ces m esquines créations de l’illusion. C h erch ez-le en reje­
tan t
toute
crainte,
et
lorsque
vous
l’aurez
fait,
la
vie
vous
m ontrera
ce q u ’il fau t être.
23