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République Algérienne Démocratique et populaire Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Mémoire de Magister

Présenté à l’université du 20 Août 1955 Skikda

Faculté des Sciences

Département des Sciences Fondamentales

Spécialité : Chimie

Option : Pollutions Chimiques & Environnement

Par Amel LOUNNAS

AMELIORATION DES PROCEDES DE CLARIFICATION DES EAUX DE LA STATION HAMADI-KROMA DE SKIKDA

Soutenu le : …/…/ …

Devant le Jury :

Mme : R.ZAGHDOUDI

MC

Université de Skikda

Président

Mr : Med. S. MEDJRAM

Pr

Université de Skikda

Examinateur

Mr

: M.SOLTANE

MC

CU de EL-Taref

Examinateur

Mr: F. DJAZI

Pr

Université de Skikda

Rapporteur

Année universitaire : 2008/2009

REMERCIMENTS

Je remercie mon rapporteur monsieur Fayçal DJAZI, Professeur à l’Université de Skikda, pour avoir accepté de diriger mes travaux, je lui exprime ma profonde gratitude pour m’avoir fait bénéficier de ces profondes connaissances scientifiques ainsi que pour la confiance qu’il m’a témoignée.

Mes remerciements s’adressent aussi à Madame Rachida ZAGHDOUDI,Maître de

conférence à l’Université de Skikda, pour m’avoir fait l’honneur de présider ce jury.

Mes remerciements vont à Monsieur Mohamed Salah MEDJRAM, Professeur à l’Université de Skikda, pour l’honneur qu’il m’a fait d’examiner mon travail et pour m’avoir permis d’effectuer des manipulations au sien de son laboratoire.

Jadresse également mes remerciements à Monsieur Mahmoud SOLTANE, Maître

de conférence au Centre Universitaire EL-Taref, qui m’a fait l’honneur de participer à ce jury et juger mon travail.

Je suis très reconnaissante à Monsieur B.MEGHZILI, enseignant à l’Université de Skikda, pour les aides et les encouragements qu’il m’a témoignés. Je le remercie vivement.

Mes remerciements s’adressent également à Monsieur M.BOSSAA, enseignant à

l’Université

de

Skikda,

pour

son

aide

et

la

disponibilité

qu’il

a

toujours

manifestées.

J’exprime mes remerciements à M elle C.SAADI, enseignante à l’Université de Skikda, pour son aide.

Enfin, je tiens à remercie profondément toutes les personnes qui, de prés ou de loin, ont contribué à l’achèvement de ce travail.

DEDICACE

Je dédie ce modeste travail à :

Mes très chers parents. Mon mari Abderzak. Mes s urs et frères«Wahida, Mehyddine ». Ma fille Sarah. Ma belle s ur. Mes amies et collègues.

Table des matières

INTRODUCTION GENERALE

PARTIE THEORIQUE

CHAPITRE I : PROPRIETES ET POLLUTION DES EAUX

I.1 INTRODUCTION 1 1.2 PROPRIETES DE L EAU

I.2.1 Propriétés physiques 4 I.2.2 Propriétés chimiques 6 I.2.2 Propriétés biologiques . I.3 RESSOURCES HUDRIQUES NATURELLES . I.3.1 Eaux souterraine 6 I.3.2 Eaux de surface . 7 I.3.3 Eaux de mers et océans 8

6

6

4

I.4 POLLUTION DES EAUX 9 I.4.1 Origine de la pollution 9 I.4.1.1 L industrie 9 I.4.1.2 L agriculture 9

I.4.1.3 pollution domestique

9

I.4.1.4 pollution par les eaux pluviales

9

I.4.1.5 pollution d origine naturelle

9

I.4.1.6 pollution par les substances associées au traitement de l eau

10

I.4.2 les principaux polluants des eaux naturelles

10

I.4.2.1 Polluants physiques

I0

I.4.2.2 Polluants chimiques 12

I.4.2.3 Polluants microbiologiques

13

I.5 CONCLUSION CHAPITRE II : LA QUALITE ET LE TRAITEMENT DES EAUX DE SURFACE

14

II.2 LES PARAM7TRES DE QUALITE DES EAUX 15 II.2.1 Les paramètres organoleptiques 15 II.2.1.1 La turbidité 15 II.2.1.2 La couleur 16 II.2.1.3 Goût et odeur 17 II.2.2 Les paramètres en relation avec la structure de l eau 17 II.2.2.1 La température 17 II.2.2.2 La dureté 18 II.2.2.3 Le pH 19 II.2.2.4 L alcalinité 19 II.2.2.5 La conductivité 20 II.2.2.6 Sodium et potassium 20 II.2.2.7 Les chlorures 20 II.2.2.8 Les sulfates 21 II.2.3 Les paramètres indésirables 21 II.2.3.1 Les matières organiques 21 II.2.3.2 L azote 23 II.2.3.3 Certains métaux 24 II.2.4 Les paramètres toxiques 25 II.2.5 Les caractéristiques biologiques 25 II.3 PROCESSUS DE POTABILISATION DES EAUX DE SURFACE . 27 II.3.1 Prétraitement 27 II.3.2 Pré-oxydation 28 II.3.3 Clarification 29 II.3.3.1 Coagulaion-floculaion 29 II.3.3.2 Décantation 30 II.3.3.3 La filtration 31 II.3.4 Désinfection 31 II.3.5 Affinage 31 II.4 TRAITEMENT DES EAUX NATURELLES EN ALGERIE 32 II.4.1 La qualité des eaux de surface 32 II.4.2 Fonctionnement des stations de potabilisation Algérienne 37 II.5 CONCLUSION 38

CHAPITRE III : GENERALITES SUR LE PROCEDE DE COAGULATION- FLOCULATION III.1 INTRODUCTION 39

III.2 SOLUTIONS COLLOIDALES

39

III.2.1 Généralités

39

III.2.2 Structure des colloïdes 41 III.2.3 Déstabilisation des colloïdes 42 III.2.3.1 Facteurs de déstabilisation 42 III.2.3.2 Mécanismes de la rupture de l état colloïdal

III.2.3.3 Le potentiel Zêta 43 III.3 COAGULATION-FLOCULATION 43 III.3.1 Définition 44 III.3.2 Paramètres liés à la coagulation-floculation 45 III.3.3 Mécanisme de la coagulation-floculation 47 III.3.4 Types de coagulation-floculation utilisés 48 III.3.4.1 Les coagulants 48

III.3.4.2

Les adjuvants de floculation

49

III.3.5 Réactions d hydrolyse de l aluminium et mécanismes de déstabilisation 51 III.4 CONCLUSION 52

CHAPITRE IV : DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT DE LA STATION

IV.1 INTRODUCTION 53 IV.2 SCHEMA GLOBAL DE LA STATION 54 IV.3 DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT DES OUVRAGES DE LA STATION 55 IV.3.1 Tour d homogénéisation 55

IV.3.2 Bassins d homogénéisation 55

IV.3.3 Décanteurs primaires 56

IV.3.4 Décanteurs secondaires

56

IV.3.5 Filtration gravitaire sur sable

56

IV.3.5.1 Système de répartition à l entrée des filtres

56

IV.3.5.2 Description et fonctionnement d un filtre

56

IV.3.6 Fonctionnement du système de lavage 57

IV.3.8 Prise d échantillons 58 IV.3.9 Evacuation des purges, vidanges, trop-pleins 58 IV.4 CONCLUSION 58

PARTIE EXPERIMENTALE

CHAPITRE V : PROCDURE EXPERIMENTALE

V.1 INTRODUCTION 59

V.2 PREPARATION DES SOLUTIONS

59

V.2.1 Préparation des coagulants

59

V.2.2 Préparation des adjuvants

60

V.3 METHODE ANALYTIQUES 60 V.4 ESSAI DE COAGULATION-FLOCULATION « JAR-TEST » 63

V.5 CARACT2RISATION DES EAUX D APPOINT DE LA STATION DE POTABILISATION DE SKIKDA

V.6 CONCLUSION 64

63

CHAPITRE VI: OPTIMISATION DE LA DOSE DE COAGULANT

VI.1 INTRODUCTION 65

VI.2 DETERMINATION DE LA DOSE OPTIMUM DE COAGULANT

VI.2.1 Résultat et discussion 65

VI.3 L Influence de l eau brute sur la dose optimale de coagulant 67

67

VI.3.1 Résultat et discussion

VI.4 CONCLUSION 71

65

CHAPITRE VII : INFLUENCE DES TRAITEMENT PARALLELES LA COAGULATION-FLOCULATION

VII.1 INTRODUCTION 72 VII.2 INFLUENCE DES ADJUVANTS 72

VII.2.2 Résultat et discussion 73 VII.2.2.1 Détermination de la dose optimale de coagulant 73 VII.2.2.2 Utilisation des adjuvants 74 VII.2.2.2.1 1nfluence de la chaux éteint sur la coagulation- floculation 74 VII.2.2.2.2 Influence de CAP sur la coagulation-floculation 75 VII.2.2.2.2 Influence de la bentonite sur la coagulation-floculation 76 VII.3 INFLUENCE DE LA PRECHLORATION SUR LA COAGULATION- FLOCULATION 79 VII.3.1 Protocole expérimental 79 VII.3.2 Résultat et discussion 80 VII.4 CONCLUSION 82

CHAPITRE VIII : EFFET DU MELANGE COAGULANT/ARGILE DANS LA CLARIFICATION DES EAUX DE SURFACE

VIII.1 INTRODUCTION 83 VIII.2 PROTOCOLE EXPERIMENTAL 83 VIII.3 ETUDE COMPARATIVE ENTRE LA BENTONITE ET SULFATE D ALUMINE SUR LA COAGULATION-FLOCULATION 84 VIII.3.1 Résultat et discussion 84 VIII.4 L INFLUENCE DU MELANGE SULFATE D ALUMINE/BENTONITE SUR LA COAGULATION-FLOCULATION 86 VIII.4.1 Résultat et discussion 87 VII.5 CONCLUSION 91 CONCLUSION GENERALE 92 REFERENCE BIBLIOGRAFIQUES

INTRODUCTION GENERALE

Introduction générale

L’eau est une ressource renouvelable car elle participe à un cycle. L’évaporation par l’énergie solaire, les précipitations et l’écoulement en surface et sous terre constituent les étapes de cycle. La problématique de l’eau est un problème de quantité et de qualité, c'est-à-dire de ressource et de pollution. Du point de vue de la ressource on distinguera d’un coté les eaux de surface qui ont un taux de renouvellement très rapide, et de l’autre les eaux souterraines qui s’écoulent beaucoup plus lentement. Ce sont les eaux de source et superficielles qui vont être captée (par drains, à l’exutoire naturel, par puits ou par prise d’eau dans le cas des eaux superficielles), à partir de leur gisement souterrain, d’un lac ou d’un cours d’eau, et amenées dans les usines de traitement pour être transformées en eau potable. Cependant toutes les eaux ne peuvent êtres utilisées ; elles doivent obéir à un certain nombre de critères physico-chimiques. L’eau contient des substances ou des micro-organismes qui par leur nature et leur concentration peuvent êtres indispensables, acceptables, indésirables, voire toxiques ou dangereux. L’eau prélevée dans le milieu naturel n’est généralement pas utilisable directement pour la consommation humaine car des éléments liés à l’activité de l’homme peuvent être entraînés (nitrates, matières organiques, pesticides, matières en suspension, micro-organismes…). La qualité des eaux de

surface ; souvent polluées, et donc très variable et ne peut être traitée qu’au cas par cas par des traitements appropriés à sa nature et à son degré de pollution. Les étapes de traitement classique pour rendre l’eau potable sont :

- Prétraitement (dégrillage, tamisage…)

- Pré chloration

- Clarification (coagulation-floculation, décantation, filtration)

- Désinfection

- Affinage.

L’élimination des matières en suspension et la réduction de la matière organique sont des objectifs souvent assurés au cours du procédé conventionnel de la clarification. La coagulation-floculation conditionnera le reste du traitement et elle permet, par un processus physico-chimique comprenant l’ajout de sels métalliques dénommés coagulant, de transformer la suspension colloïdale en des particules plus importantes qui sont aptes à sédimenter[1].

Les coagulants les plus couramment employés sont les sels d’aluminium et de fer. Leur utilisation fait partie des procédés de purification des eaux depuis quelques décennies. En 1843 ; SIMPSON expérimenta l’aluminium en Angletterre avant l’étape de filtration, mais cette technique n’a pas été immédiatement pratiquée à l’échelle industrielle. La première application date de 1885, par la compagnie des eaux de Somerville et Raritan dans le Newjerzey[2]. Il est intéressant de signaler que le processus de coagulation-floculation est le traitement de clarification de plus efficace mais beaucoup n’y voient qu’un simple traitement visant la seule élimination de la turbidité, négligeant ainsi l’élimination de la matière organique, notamment sous sa forme dissoute. L’efficacité de cette étape de traitement est rattachée à la variable pH, type et dose du coagulant ainsi qu’à la nature des particules et des matrices minérales et organiques. L’objectif général de ce travail est l’amélioration de la qualité d’eaux naturelles destinées à l’alimentation en eau potable par une phase d’optimisation de la clarification. Notre étude se présente en deux grandes parties :

La première partie de ce travail est relative à l’étude bibliographique, nous avons jugé utile de rappeler dans un premier chapitre quelques généralités sur les propriétés et la pollution des eaux et en particulier la pollution des eaux utilisées pour la production d’eau potable. Le deuxième chapitre traite des critères de qualité, normes de potabilisation, procédé de traitement des eaux et présente un aperçu sur la qualité et le traitement en Algérie. Le troisième chapitre donne une vue générale sur le phénomène de coagulation- floculation. En fin, un dernier chapitre est consacré à la description et au fonctionnement de la station de potabilisation « Hamadi Kroma » de la ville de SKIKDA. La seconde partie de l’étude est axée sur l’expérimentation et elle est présentée en quatre chapitres. Nous décrivons dans le 5 ème chapitre les différents protocoles expérimentaux mis en uvre au cours de cette étude et les résultats analytiques des caractéristiques physico-chimiques des eaux d’appoint de la station de traitement des eaux de SKIKDA.

Le 6 ème chapitre a concerné l’optimisation des eaux de la station. Des essais en laboratoire ont fixé les conditions optimales du déroulement de chaque phase de traitement. Dans le septième chapitre, nous présentons l’influence des traitements parallèles à la coagulation-floclation par l’utilisation d’adjuvants tels que la bentonite, charbon actif poudre et la chaux, ainsi que l’application de la pré chloration. Le dernier chapitre présente l’influence de la bentonite dans la clarification des eaux de surface de la station de potabilisation Hamadi-Kroma par le processus de coagulation-floculation en essayant de réduire ou de remplacer le coagulant utilisé fréquemment dans le traitement des eaux par de la l’argile naturelle.

CHAPITRE I

PROPRIETES ET POLLUTION DES EAUX

I.1

Introduction

De toutes les planètes du système solaire, la terre est la seule à être pourvue d’une hydrosphère, celle-ci recouvre plus de 70% de sa superficie [3]. Schématiquement, l'eau évolue entre trois secteurs : les océans (l'hydrosphère), l'atmosphère et les sols (lithosphère). La terre recevant l'énergie solaire, l'hydrosphère chauffée s'évapore, conduisant à la présence d'eau dans l'atmosphère. Cette eau, suite à un refroidissement de l'air, se condense en gouttes ou cristaux de glace et se retrouve précipitée sous forme de pluie, neige ou grêle sur la lithosphère à la surface. Le fonctionnement de ce système conduit à définir différents types d'eau, d'usage et de composition différents [4]. Sous la pression des besoins considérables, on est passé de l’emploi des eaux de source et de nappe à une utilisation de plus en plus poussée des eaux de surface. Parallèlement se sont développées les recherches des eaux souterraines, les méthodes de recyclage et maintenant on se préoccupe de plus en plus du dessalement de l’eau de mer. Ces trois types d’eau constituent une source importante pour la satisfaction des besoins en eau potable. L’eau potable est une eau qui est apte à être consommée par l’être humain, cette dernière peut être causée par des microorganismes, des substances toxiques, des contaminants biogénétiques (engrais), de la matières organiques…etc. Ces éléments sont soit naturellement présents dans l’environnement, soit le résultat des activités humaines, d’une façon ou d’une autre, la qualité de l’eau potable est alors dégradée.

I.2

Propriétés de l’eau

Indispensable à la vie, catalyseur de nombreuses réactions chimiques, l’eau est également le principal agent d’érosion et sédimentation et donc un facteur déterminant de la formation des paysages. Le caractère banal de l’eau qui nous environne, fait parfois oublier que ce liquide qui nous est si familier s’avère en réalité par ses propriétés si particulières à la foi le fluide le plus indispensable à la vie et celui dont la complexité est la plus remarquable [4]. Sur la terre, l’eau existe dans les trois états phases : liquide (eau proprement dite), solide (glace) gazeux (vapeur d’eau). Ces trois phases coexistent dans la nature, toujours observables deux à deux, et plus ou moins en équilibre : eau- glace, eau- vapeur, glace- vapeur selon les conditions de température et de pression [3].

I.2.1. Propriétés physiques

Le caractère polaire de la molécule d’eau est à l’origine d’associations possibles entre les molécules d’eau ; il donnera lieu à bien des anomalies physiques que nous signalons brièvement, telles que :

I.2.1.1 La Température d’ébullition : anormalement élevée, si on la compare avec celle des composés de masse moléculaire du même ordre et possédant plusieurs atomes d’hydrogène. Dans les conditions normales elle est de 100°C. I.2.1.2 La masse volumique : elle varie avec la température et la pression, mais aussi avec la teneur en sels dissous. L’eau a une masse volumique de 1g/cm 3 . I.2.1.3 la viscosité : elle diminue lorsque la température croit ; par contre, elle augmente avec la teneur en sels dissous. Contrairement aux autres liquides, une pression modérée, rend l’eau moins visqueuse aux basses températures [4]. I.2.1.4 La tension superficielle : elle est définie comme une force de traction qui s’exerce à la surface du liquide en tendant toujours à réduire le plus possible l’étendue de cette surface. Elle est extrêmement élevée ; égale à 73erg/cm à 18°C.

[5].

I.2.1.5 la conductivité électrique: l’eau est légèrement conductrice. Cette conductivité très faible, mais jamais nulle est expliquée par une légère dissolution de la molécule d’eau selon l’équation chimique :

2H 2 O

molécule d’eau selon l’équation chimique : 2H 2 O H 3 O + + OH -

H 3 O +

+

OH -

Elle est exprimée en µs/cm

I.2.2.

Propriétés chimiques de l’eau

L’énergie

de

formation

de

la

molécule

d’eau,

242kJ/mol,

s’ensuit

que

l’eau

possède

une

grande

stabilité.

Cette

stabilité,

est

élevée.

Il

aux

associée

propriétés électriques et à la constitution moléculaire de l’eau, la rend particulièrement apte à la mise en solution de nombreux corps gazeux, liquides polaires, et surtout solide. La plupart des substances minérales peuvent se dissoudre dans l’eau, ainsi qu’un grand nombre de gaz et de produits organiques. La solvatation (ou action hydratante de l’eau) est le résultat d’une destruction complète ou partielle des divers liens électrostatiques entre les atomes et les molécules du corps à dissoudre, pour les remplacer par de nouveaux liens avec les molécules d’eau, et forger ainsi des nouvelles structures : il se produit une véritable réaction chimique (une solvatation complète est une dissolution) [4,5].

I.2.3 Propriétés biologiques de l’eau

L’eau, l’oxygène et le dioxyde de carbone contribuent à créer des conditions favorables au développement des être vivants [6]. Il existe un cycle biologique, cycle au cours duquel s’effectue une série d’échanges ; l’eau entre pour une grande part dans la constitution des êtres vivants.

I.3

Ressources hydriques naturelles

Les réserves disponibles d’eaux naturelles sont constituées des eaux souterraines (infiltration, nappe), des eaux de surface retenues ou en écoulement (barrages, lacs, rivières) et des eaux de mer.

I.3.1.

Eaux souterraine

Du point de vue hydrogéologique les couches aquifères se divisent en :

Nappes phréatiques ou alluviales : peu profondes et alimentées directement par les précipitations pluvieuses ou les écoulements d’eau en dessus. Nappes captives : plus profondes que les premières et séparées de la surface par une couche imperméable, l’alimentation de ces nappes est assurée par l’infiltration sur leurs bordures [7]. La nature du terrain sous lequel se trouvent ces eaux est un déterminant de leurs compositions chimiques, cependant elles sont appelées aussi les eaux propres car ils répondent en général aux normes de potabilité. Pourtant, ces eaux sont moins sensibles aux pollutions accidentelles, elles perdent totalement leur pureté originale dans le cas de contamination par des polluants. Quand une eau souterraine contient une concentration en certains minéraux dépassant les normes de potabilité, mais elle représente des propriétés

thérapeutiques on la distribue en bouteilles avec parfois un traitement bien définit, ces eaux sont dites eaux minérales [5].

I.3.2.

Eaux

de surface

Ce type des eaux englobe toutes les eaux circulantes ou stockées à la surface des continents (rivières, lacs, étangs, barrages,…). La composition chimique des eaux de surface dépend de la nature des terrains traversés par ces eaux durant leurs parcours dans l’ensemble des bassins versants. Ces eaux sont le siège, dans la plupart des cas, d’un développement d’une vie microbienne à cause des déchets rejetés dedans et de l’importante surface de contact avec le milieu extérieur. C’est à cause de ça que ces eaux sont rarement potables sans aucun traitement [5]. Le tableau I.1 donne les éléments caractéristiques des eaux de surface par rapport aux eaux souterraines.

Tableau

D’après [5]

I.1

principales

différence

entre

eaux

de surface

et

eaux

souterraines.

Caractéristique

Eaux de surface

Eaux souterraines

 

Température

Variable suivant saisons

Relativement constante

 

Turbidité

Variable, parfois élevée

ou terrain karstique)

Faible

nulle

(sauf

en

couleur

Liée

surtout

aux

MES

Liée surtout aux matières

sauf

dans

les

eaux très

solution (acides humique…)

en

douces

et

acides (acides

humiques)

 

Minéralisation globale

Variable

en

fonction

des

Sensiblement constante en général nettement plus élevée que dans les eaux de surface de la même région

terrains,

 

des

précipitations,

 

des

rejets…

 

Fer et Manganèse dissous

Généralement absents

 

Généralement présents

nitrates

Peu abondants en général

Teneur parfois élevée

Micropolluants

minéraux

Présents dans les eaux de pays développés, mais

Généralement absents mais une pollution accidentelle subsiste beaucoup plus longtemps

et organiques

susceptibles

 

de

disparaître rapidement après suppression de la source

Eléments vivants

Bactéries, virus

 

Ferrobactéries fréquentes

I.3.3.

Eaux de mers et océans :

Les mers et les océans constituent des énormes réservoirs d’eau, elles représentent près de 97.4%du volume d’eau existant actuellement sur notre planète, le reste est la part des eaux continentales (eaux souterraine et superficielles). Les eaux de mers sont caractérisées par une grande salinité, elles sont dénommées aussi « eaux saumâtres », ce qui rend leur utilisation difficile, notamment leur coût très élevé pour leur traitement[4].

I.4

Pollution des eaux

La pollution des eaux peut être définie comme une dégradation de celle-ci par les éléments qu’elle a accumulée de son utilisation. Ces éléments indésirables proviennent des excréments chimiques, des rejets provenant d’industries divers, du lessivage des terrains traversées. Le problème de la pollution des eaux représente sans aucun doute l’un es aspects les plus inquiétants de la dégradation du milieu naturel.

I.4.1.

I.4.1.1

Origine de la pollution

L’industrie

Les activités industrielles rejettent un bon nombre de substances qui vont polluer nos rivières et nos nappes, parfois d’une manière intensive que l’on n’en connaît pas les effets à long terme [4]. Les rejets industriels renferment des produits divers sous forme insoluble ou soluble d’origine minérale et/ou organique, à caractère plus ou moins biodégradable et parfois toxique même à très faible concentration. I.4.1.2 L’agriculture Elle utilise des engrais chimiques azotés et phosphorés, des produits phytosanitaires destinés à protéger les cultures, ces produits parfois toxiques lorsqu’ils sont utilisés en excès vont contaminer en période de pluie les eaux de surface et les eaux souterraines par infiltration [8]. I.4.1.3 Pollution domestique Nos eaux usées urbaines sont constituées de matière organique biodégradable certes mais de grandes consommatrices d’oxygène, de germes pathogènes et de produits chimiques [5].

I.4.1.4

Pollution par les eaux pluviales

Il ne faut pas oublier par ailleurs la pollution générée par les eaux pluviales. L’eau de pluie se charge d’impuretés au contact de l’air (fumées industrielles). I.4.1.5 Pollution d’origine naturelle Certaines substances naturellement présentes dans l’environnement entraînent parfois des problèmes de contamination de l’eau potable. Des composés inorganiques comme le baryum, l’arsenic, les fluorures, le sodium, les chlorures, le mercure, le cadmium et les cyanures peuvent contaminer l’eau potable. L’eau souterraine est particulièrement vulnérable lorsqu’il y a présence de métaux dans les formations géologiques environnantes [8]. I.4.1.6 Pollution par les substances associées au traitement de l’eau La chloration de l’eau dans le but de la rendre potable est un procédé très répondu et reconnu efficace. La chloration est même considérée par les experts comme étant l’une des plus importantes initiatives de santé publique du XX e siècle. Cependant, bien qu’il soit efficace pour contrôler principalement les virus et les bactéries, le chlore, en présence de matières organiques, entraîne la formation de plusieurs sous-produits de chloration (SPC) potentiellement cancérigènes comme par exemple les trihalométhanes(THM). Le sulfate d’aluminium est un produit utilisé pour coaguler les substances contenues dans l’eau. L’eau ainsi traitée présente des concentrations d’aluminium

plus élevées que dans l’eau non traitée. La toxicité de l’aluminium a été étudiée en relation avec la maladie d’Alzheimer qui influe sur la mémoire et le comportement des personnes atteintes.

I.4.2.

Les principaux polluants des eaux naturelles

I.4.2.1 Polluants physiques La pollution physique représente les éléments solides entraînés par l’eau. Ils se subdivisent en plusieurs catégories selon leur nature et leur dimension. I.4.2.1.1 Les éléments grossiers Leur dimension est suffisamment grande pour être retenue par de simples grilles. Dans les eaux de surface, ces éléments sont général : les brindilles, les feuilles, les arbres…etc. I.4.2.1.2 Les sables Les sables sont des particules minérales d’une certaine dimension. Ils sont généralement à base de silice ou de composition minérale équivalente. Leur masse spécifique est de 2,5 à 2.6g/cm 3 , ce qui permet leur élimination par simple décantation [9].

I.4.2.1.3

Les matières en suspension (MES)

Les matières en suspension rencontrées dans les eaux (essentiellement superficielles) sont très diverses tant par leur nature que leur dimension .Elles sont constituées de quartz, d’argiles, de sels minéraux insolubles, de particules organiques composées de micro-organismes, et de produits de dégradation animaux ou végétaux[10].

Selon leur dimension : Les états dispersés que l’on peut diviser en suspension et état colloïdal, se distinguent de l’état dissout, notamment par les dimensions particulaires. La Figure I.1 donne en première approximation, une échelle de dimensions particulaires et les états correspondants.

de dimensions particulaires et les états correspondants. Figure I.1 Etats dispersés- états dissous. D’après [10]

Figure I.1

Etats dispersés- états dissous. D’après [10]

Selon leur nature : La nature des matières solides en suspension peut être soit minérale soit organique. Les polluants minéraux constituent une gêne physique pour l’environnement mais n’évoluent pas dans le temps. Les rejets minéraux colmatent les sols sur lesquels ils sont évacués aboutissant ainsi à l’asphyxie de ce sol ou contribuent a une pollution par leur volumes (dépôts) ainsi que les polluants organiques évoluent qui ont besoin d’oxygène et qui dégageront des odeurs par putréfaction dans ce cas les métabolismes continuent créant des besoins et occasionnant des rejets qui gênent l’environnement ces éléments doivent être traités avant leur évacuation [9].

I.4.2.2

La

polluants chimiques

pollution

chimique

d’une

eau

est

autrement

plus

complexe

et

peut

provenir de plusieurs sources. On distingue selon la nature de la pollution chimique :

Les éléments chimiques minéraux. Les éléments chimiques organiques.

I.4.2.2.1 Les éléments chimiques minéraux L’eau étant un très bon solvant permettra la mise en solution de nombreux composés avec lesquels elle sera en contact. La dissolution des sels, la corrosion des métaux et dissolution des acides et des

bases sont des phénomènes qui donnent lieu à des eaux de rejets caractérisées par certaines formes de pollution dont les plus représentatives sont :

a) La température :

L’évolution de la température dépend du mode d’utilisation de l’eau avant son rejet et surtout le parcours de l’eau avant l’exutoire ou la station d’épuration. En général l’eau doit être évacuée vers l’environnement à des températures inférieures a 30°C une eau plus chaude constitue une pollution [11].

b) Le pH:

Le pH d’une eau est du a la concentration de cette eau en ions H + ou OH - une eau équilibrée aura un pH neutre de 7. Des variations trop élevées du pH par rapport à cette valeur moyenne de 7 constitue une pollution. Des eaux dont le pH présente de grands écarts par rapport à la neutralité sont polluées [11]. c) Les sels :

Dans beaucoup de procédé de production ainsi que lors de l’élaboration des matières, il se forme parfois des sels en grandes quantités, avant tout des chlorures, des nitrates, des sulfates et des phosphates, qui ont une grande importance vis-à-vis l’environnement [3].

-- Les nitrates (NO - 3 ) : les nitrates sont présents naturellement dans les eaux, les apports excessifs ou mal maîtrisés d’engrais azotés provoquent une augmentation des nitrates dans les ressource. Les nitrates se transforment en nitrite dans l’estomac. Ces nitrites peuvent provoquer la transformation de l’hémoglobine du sang en méthémoglobine, impropre à fixer l’oxygène. Ce phénomène est à l’origine de cyanoses, notamment chez les nourrissons. La consommation d‘eau chargée en nitrates ou nitrites par la femme enceinte ou le nourrisson peut constituer un risque pour le nouveau-né [12]. -- Les chlorures : en plus de l’agressivité et de la minéralisation qu’ils confèrent à ces eaux, des taux élevés modifient la saveur de l’eau et contribuent aux dépôts de sels néfaste pour l’agriculture[9].

-- Les sulfates (SO 2 - 4 ) : en plus des inconvénients qui caractérisent les chlorures, les sulfates participent au métabolismes des bactéries contenues dans l’eau, les bactéries contenues dans l’eau, les bactéries sulfato-réductrice transforment les sulfates en sulfures avec dégagement de gaz sulfureux( ufs pourris) créant des désagréments à l’environnent[9]. d) Les métaux lourds :

Les métaux lourds, qui parviennent dans les eaux, font partie des polluants de l’eau, les métaux lourds existent sous formes dissoute et en suspension ainsi que sous une forme difficilement soluble dans les sédiments [3].

I.4.2.2.2

Les matières organiques :

La matière organique est principalement issue de la décomposition des végétaux, des animaux et des microorganismes. Il est donc difficile d’en donner une description précise ou une composition moyenne. Elle participe à beaucoup de paramètres de qualité de l’eau : couleur, sous produits de désinfection, odeurs, saveurs…etc.

I.4.2.3

polluants microbiologiques :

L’eau peut contenir des micro-organismes pathogènes (des virus, des bactéries, des parasites). Il sont dangereux pour la santé humaine, et limitent donc les usages que l’on peut faire de l’eau.

I.5

Conclusion

L’eau est la plus répandue sur terre. Elle qui est un élément indispensable à toute forme de vie. D’un point de vue chimique, l’eau, lorsqu’elle est pure, est un liquide inodore, transparent et insipide. D’un point de vue biologique, c’est dans l’eau que la vie est apparue et c’est grâce à elle se maintient. En effet, l’organisme humain peut vivre pendant près d’un mois sans manger mais ne peut survivre que quelques jours sans boire. L’eau potable est une eau qui est apte à être consommée par l’être humain, cette dernière peut contenir des substances polluantes, c’est pourquoi, elle à besoin d’être protégée, traitée et économisée.

CHAPITRE

II

LA QUALITE ET LE TRAITEMENT DES EAUX DE SURFACE

II.1.

Introduction

Les eaux de surface ne sont pratiquement jamais potables sans aucun traitement du fait des divers substances d’origine naturelle ou apportées par la pollution. Pour améliorer leur qualité (potabilité), elles nécessitent des traitements appropriés c'est-à-dire leur faire subir des modifications physico- chimiques ou biologiques, dans une chaîne de traitement classique [5]. Au cours de ce chapitre, nous décrivons donc successivement les principales caractéristiques physico-chimiques et biologiques des eaux naturelles. La majeure partie de la clarification de l’eau se fait au niveau de l’étape coagulation-floculation, ce qui constitue un traitement fondamental pour une eau destinée à la consommation. De plus le développement des techniques de décantation et de filtration des eaux a permis la réduction de la taille des équipements.

II.2. Les paramètres de qualité des eaux

II.2.1. Les paramètres organoleptiques

Il s'agit de la saveur, de la couleur, de l'odeur et de la transparence de l'eau. Ils n'ont pas de signification sanitaire mais, par leur dégradation, peuvent indiquer une pollution ou un mauvais fonctionnement des installations de traitement ou de distribution. II.2.1.1 Turbidité La turbidité est la mesure de l’aspect trouble de l’eau .C’est la réduction de la transparence d’un liquide due à la présence de matières non dissoutes. Elle est causée, dans les eaux, par la présence de matières en suspension (MES), comme les argiles, les limons est les micro-organismes. Une faible part de la turbidité peut être due également à la présence de matières colloïdales d’origine organique ou minérale [13,14]. La turbidité résulte de la diffusion de la lumière qui est ainsi déviée dans toutes les directions .Ce sont des particules en suspension dans l’eau qui diffusent la lumière. Leur origine peut être extrêmement variable : érosion des roches, entraînement des matières minérales ou organiques du sol, déversement d’eaux usées domestiques ou industrielles riches en matières en suspension grossières.

Pour mesurer la turbidité on utilise certains instruments [15,16].

--Le turbidimètre de Jackson (méthode visuelle). --L’opacimètre --Le turbidimètre de Hellige --Le néphélémétre de Hach La turbidité est mesurée par trois unités qui sont équivalentes :

Unité J.T.U (Jackson turbidity unit) = Unité F.T.U (Formazine turbidity unit)=Unité N.T.U (Néphélémétric turbidity unit) La mesure de la turbidité, très utile pour le contrôle d’un traitement, ne donne pas d’indications sur la nature, la concentration et la taille des particules en suspension qui en sont responsable. Cette turbidité doit être éliminée pour améliorer l’aspect esthétique de l’eau de consommation mais aussi pour permettre une désinfection efficace et éviter les dépôts dans l’usine ou dans le réseau. En effet, les MES peuvent servir de support aux microorganismes qui seront ainsi partiellement protégés de l’action des désinfectants et qui pourront ensuite se développer dans les réseaux et entraîner des problèmes sanitaires [14].

II.2.1.2. La couleur Les eaux naturelles sont toujours plus ou moins colorées .Leur couleur varie du jaune paille à peine perceptible au brun rougeâtre, selon la nature et la concentration des matières colorantes. Ces matières sont le plus souvent d’origine naturelle et proviennent de la dégradation de matières végétales. Le degré de couleur dépend non seulement de la concentration en matières colorantes, mais aussi du pH et de la turbidité [17]. La mesure de la couleur d’une eau naturelle se fait par comparaison avec une échelle artificielle de couleur. La substance de référence choisie est le

potassium (K 2 PtCl 6 ) dans une solution de chlorure de Cobalt

chloroplatine de

(CoCl 2 ).L’unité de couleur est le Hazen correspondant à un mg/l de platine sous

forme de (K 2 PtCl 6 ). On l’appelle aussi unité platino-cobalt ou unité de couleur

vraie (uCV). Pour une eau potable, le degré de couleur maximale est de 15 Ucv

[15,18].

II.2.1.3. Goût et odeur

L’odeur peut être définie comme étant l’ensemble des sensations perçues par l’organe olfactif en flairant certaines substances volatiles. Le goût est défini comme l’ensemble des sensations gustatives, olfactives et de sensibilité chimique commune perçues lorsque l’aliment ou la boisson est dans la bouche [15]. Ces deux paramètres sont regroupés et font appel aux mêmes types de traitement (adsorption, oxydation, filtraion…). La saveur et l’odeur anormales sont causées par la présence dans l’eau des matières organiques dissoutes provenant de la décomposition des matières organiques végétales, de résidus agricoles, de rejets urbains ou industriels et les métabolites de certains microorganismes vivant dans l’eau comme certaines algues ou champignons microscopiques, et aussi certains sels minéraux donnent des goûts particuliers à l’eau. Dans le cas d’une eau potable, l’apparition ou le changement de goût et d’odeur peuvent être signe d’activité microbienne et de lacune dans le traitement ou de contamination dans le réseau de distribution. Par ailleurs, une eau traitée peut avoir un goût plus prononcé qu’une eau non potable du fait du chlore résiduel [14, 15, 17].

II.2.2. Les paramètres en relation avec la structure de l'eau

Ce sont eux qui font l'identité de base de l'eau. Ils sont essentiellement représentés par les sels minéraux (calcium, sodium, potassium, magnésium,

ou par des indicateurs plus globaux comme la conductivité électrique,

qui permet d'avoir une idée de la salinité de l'eau, et le titre alcalimétrique, qui

permet d'apprécier la concentration de tous les carbonates et bicarbonates dans l'eau.

sulfates

)

II.2.2.1. La température La température joue un rôle dans la solubilité des sels et surtout des gaz, dans la dissociation des sels dissous donc sur la conductivité électrique, dans la détermination du pH, pour la connaissance de l’origine de l’eau et des mélanges

Pour l’eau potable, la température maximale acceptable est de

15°C. Dans les eaux naturelles et au dessus de 15°C, il y a risque de croissance

éventuels etc

accélérée de microorganismes, d’algues, entraînant des goûts et des odeurs désagréables ainsi qu’une augmentation de la couleur et de la turbidité.

La température est un paramètre important dans l’étude et la surveillance des eaux quelles soient souterraines ou superficielles, les eaux souterraines gardent généralement une fraîcheur constante, mais la température des eaux de surface varie selon plusieurs facteurs, saisonniers et autres [15, 19, 20].

II.2.2.2. La dureté La dureté ou titre hydrotimétrique correspond essentiellement à la présence

de sels de calcium et de magnésium. Elle est directement liée à la nature des terrains traversés. Ils proviennent des roches calcaires ou dolomitiques. Dans une eau naturelle, on peut distinguer différents types de dureté:

- dureté totale : somme des concentrations en calcium et magnésium ;

- dureté calcique : concentration globale en calcium ;

- dureté magnésienne : concentration globale en magnésium

Les ions calcium et les ions magnésium sont positifs, donc dans l’eau, ils peuvent se lier à d’autres ions négatifs ; de ce fait on peut diviser la dureté en deux catégories :

- dureté permanente ou non carbonatée : dureté qui persiste après ébullition

de l’eau et qui correspond uniquement aux sels de calcium et de magnésium solubles à chaud, sous forme de chlorures et de sulfates, car les hydrogénocarbonates sont décomposés et précipitent sous forme de carbonate de calcium ; - dureté carbonatée ou temporaire : dureté qui correspond aux sels de calcium sous forme d’hydrogénocarbonates, et qui est la différence entre la dureté totale et la dureté permanente[14,21] La pollution peut aussi, dans une certaine mesure augmenter la dureté de l’eau ; c’est le cas dans certaines régions ou le chlorure de calcium CaCl 2 est utilisé massivement pour faire fondre la neige. La dureté calcique et la dureté

magnésienne peuvent s’exprimer en mg/l de Ca et en mg/l de Mg. Ces diverses teneurs ne peuvent évidemment pas être additionnées et pour calculer la dureté totale, on doit exprimer la concentration de chaque ion participant dans une unité commune. La dureté s’exprime généralement en degré Français ou en milli- équivalents/l :

1°F=5meq/l

La mesure de la dureté se fait par une réaction de complexation entre les ions

Ca² + et Mg² + et une substance d’acide éthylène diamine tétracétique(EDTA) en présence d’un indicateur coloré (noir Eriochrome T) [15,22].

II.2.2.3. Le pH Le pH correspond, pour une solution diluée, à la concentration d’ions d’hydrogène .Il mesure l’acidité ou la basicité d’une eau. Le pH d’une eau naturelle dépend de l’origine de celle-ci et de la nature des terrains traversés. Dans le domaine de l’eau, le pH joue un rôle primordial à la fois dans :

Les propriétés physico-chimiques (acidité, agressivité) Les processus biologiques dont certains exigent des limites très étroites des pH ; L’efficacité de certains traitements (coagulation, adoucissement, contrôle de la corrosion, chloration). Les mécanismes de la coagulation La détermination du pH est donc la mesure que l’on doit effectuer le plus fréquemment. Pour mesurer le pH, on utilise un pH mètre [15,19].

II.2.2.4.

L’alcalinité

L’alcalinité d’une eau correspond à sa capacité à réagir avec les ions hydrogène (H) qui est due à la présence des ions hydrogénocarbonate (HCO 3 ),

carbonate (CO 3 -2 ) et hydroxyde (OH - ). Autrement dit, on est amené à considérer deux types d’alcalinité qui correspondent, encore une fois à deux bornes de pH :

- alcalinité au virage du rouge de méthyle : elle correspond à l’alcalinité totale

au pH de 4.5, ce qui revient à déterminer les ions HCO 3 , CO 3 -2 et OH - . Cette alcalinité se nomme également titre alcalimétrique complet TAC. - alcalinité au point de virage de la phénophtaléine (alcalinité composite) :

elle correspond à l’alcalinité entraînée par les ions OH - et à la moitié des ions

CO 3 -2 . Cette alcalinité composite est nulle pour une eau dont le pH est inférieur ou égal à 8.3. L’alcalinité composite se nomme également titre alcalimétrique (TA) [15, 17,19].

II.2.2.5. La conductivité La conductivité, caractéristique physico-chimique de l’eau liée à la concentration des substances dissoutes et à leur nature. Les matières organiques et colloïdes ne présentent qu’une faible conductivité. Elle varie avec la température. La conductivité électrique d’une eau est la conductance d’une colonne d’eau comprise entre deux électrodes métalliques de 1 cm² de surface et séparées l’une de l’autre de 1 cm. La conductivité électrique s’exprime en micro siemens/cm La mesure de la conductivité permet d’avoir très rapidement une idée sur la concentration des sels dissous dans l’eau. Une conductivité élevée traduit soit des pH anormaux, soit le plus souvent une salinité élevée [15,14].

II.2.2.6. Sodium et potassium Le sodium et le potassium les 6éme et 7éme éléments les plus abondants à l’état naturel sont en proportions très variables. Aucune norme ne limite la concentration en sodium (ou en potassium) dans les eaux potables .On peut également signaler que le sodium joue un rôle important en agriculture ,pour l’irrigation,du fait de son action sur la perméabilité des sols. Le potassium, beaucoup moins abondant que le sodium, et rarement présent dans l’eau à des teneurs supérieurs à 20 mg/l .Il ne représente aucun inconvénient particulier bien que le K soit une des sources possibles de radioactivité de l’eau

[16.23].

II.2.2.7. Les chlorures L’eau contient presque toujours des chlorures, mais en proportion très variable. Ainsi, les eaux provenant des régions granitiques sont pauvres en chlorures, alors que les eaux des régions sédimentaires en contiennent davantage. D’ailleurs, la teneur en chlorures augmente généralement avec le degré de minéralisation d’une eau. Certaines eaux souterraines sont très saumâtres. Il en est de même pour les nappes souterraines voisines des eaux de surface salines, surtout s’il y a pompage excessif de ces nappes [15,22].

II.2.2.8.

Les sulfates

Les eaux naturelles contiennent pratiquement des sulfates, en proportion très variables. Leur présence résulte de la solubilité ses sulfates de calcium des roches gypseuses et de l’oxydation des sulfures répandus dans les roches (les pyrites par exemple). Les eaux traitées au sulfate d’aluminium ajouté lors du traitement en mesurant la teneur en sulfates avant et après la coagulation, bien qu’une légère fraction d’ions SO 4 ² soit entraînée par adsorption avec le floc

[20].

II.2.3. Les paramètres indésirables

Sont dites indésirables certaines substances qui peuvent créer soit un désagrément pour le consommateur : goût et odeur (matières organiques, phénols,

fer

(nitrates, fluor…). On surveille donc prioritairement la contamination des eaux par des matières organiques (mesurée par l'oxydabilité au permanganate de potassium), la concentration en ammonium, la présence de nitrites et de nitrates et la concentration en fer.

soit causer des effets gênants pour la santé

),

couleur (fer, manganèse

),

II.2.3.1 Les matières organiques

a) L’oxydabilité au permanganate de potassium (KMnO 4 )

Cette mesure renseigne sur la concentration en matières organiques présentes dans une eau peu chargée .On utilise un oxydant, le permanganate de potassium (KMnO 4 ), qui, dans des conditions opératoires précises, va oxyder des molécules présentes dans l’eau. Ces molécules sont essentiellement des molécules organiques mais des molécules minérales peuvent être également oxydées et l’on devrait parler plutôt de matières oxydables. Le KMnO 4 n’attaque pas toutes les molécules organiques mais il est très utilisé pour suivre l’évolution de la matière organique dans une station de traitement. L’oxydation des matières organiques et des substances oxydables est effectuée

par le permanganate de potassium à chaud ou à froid. La méthode à chaud est la plus utilisée à cause de sa rapidité [15.14].

b) Absorbance UV 254 nm:

La mesure de l’absorption à 254 nm est un indice caractéristique des substances possédant une ou plusieurs doubles liaisons (carboxyliques,

benzéniques…

La mesure de l’absorbance peut nous renseigner sur le contenu

).

organique d’une eau, notamment la fonction aromatique. L’absorbance (densité

optique) lue sur un spectrophotomètre peut permettre une estimation de la teneur en substances humiques d’une eau naturelle (eau de surface) [16].

c)

Le carbone organique total (COT)

Le COT est défini comme la concentration en mg de carbone/l d’échantillon, c’est une méthode directe pour mesurer la teneur en matières organiques d’une eau. Il consiste à brûler l’échantillon d’eau à 950°C sous l’action de l’oxygène gazeux et de mesurer le CO 2 dégagé, et par suite de mesurer le carbone total (organique et minéral).Le COT est une méthode rapide et présente plusieurs avantages tels que : on peut analyser l’eau quelle que soit sa qualité (de forte salinité, acide, basique, ou contient des composés toxiques).Mais malgré ses avantages, il exige un appareillage coûteux [5,10]. Si on fait le bilan de toutes les formes du carbone contenu dans une eau naturelle, on a donc le schéma suivant :

CARBONE TOTAL (CT)

naturelle, on a donc le schéma suivant : CARBONE TOTAL (CT) CARBONE MINERAL H 2 CO

CARBONE MINERAL

H 2 CO 3 CO 3 2
H 2 CO 3
CO 3 2

-

CARBONE ORGANIQUE TOTAL

(COT)

MINERAL H 2 CO 3 CO 3 2 - CARBONE ORGANIQUE TOTAL (COT) Carbone organique dissous
MINERAL H 2 CO 3 CO 3 2 - CARBONE ORGANIQUE TOTAL (COT) Carbone organique dissous

Carbone organique dissous

Carbone particulaire

HCO 3 -

(COD)

La détermination du carbone organique total (COT) ou dissous (COD) passera donc par l’élimination du carbone minéral avant la mesure, ou par sa soustraction du carbone total. Le principe de la mesure du carbone organique dans les eaux consiste en une minéralisation par oxydation des matières organiques (M.O), suivi de la mesure de CO 2 libéré.

d)

La demande chimique en oxygène (DCO)

C’est une mesure de toutes les matières organiques (ou presque) contenues dans les eaux naturelles ou usées, qu’elles soient biodégradables ou non biodégradables. L’oxydation est effectuée ici dans des conditions énergiques, par voie chimique. Elle se fait sous l’action d’un oxydant puissant (bichromate de potassium), en milieu acide fort (H 2 SO 4 ) et au reflux pendant deux heures. La DCO constitue donc un paramètre important. C’est un test rapide, très utile pour la surveillance des eaux usées et des rejets industriels (surtout ceux à caractère toxique qui se prête mal aux mesures de DCO, exprimée, elle aussi en mg/l d’oxygène, diffère de celle de la DBO. Elle est généralement supérieure, surtout pour les eaux usées domestiques, mais il y a souvent un rapport à peu prés constant entre les deux (de l’ordre de 1,5 à 2) [16,25].

e) La demande biochimique en oxygène (DBO 5 )

L’oxydation des composés organiques biodégradables par les microorganismes entraîne une consommation d’oxygène ; le milieu exerce donc une certaine demande biochimique d’oxygène. La mesure de cette DBO permet d’évaluer le contenu d’une eau en matières organiques biodégradables et donc, dans une certaine mesure, sa qualité ou son degré de pollution. La dégradation complète des matières organiques peut être relativement longue (plusieurs semaines). D’autre part, l’oxydation des dérivées ammoniacaux et des nitrites en nitrates (nitrification) absorbe également de l’oxygène. Cette nitrification, dans les eaux naturelles, ne débute qu’au bout d’une dizaine de jours. Pour ces deux raisons , on mesure la DBO en 5 jours , ou DBO 5 , c'est-à- dire la quantité d’oxygène consommée ; pendant ce laps de temps , pour l’oxydation partielle des matières organiques biodégradables sous l’action des

microorganismes[16,25,10].

II.2.3.2 L’azote L’élément azote existe principalement sous forme ionique, à savoir NH 4 + , NO 2 - et NO 3 - . La pollution en ions NH 4 + existe principalement pour les eaux de surface. Leur oxydation conduit à la formation d’ions NO 2 - . Ils sont en équilibre avec la forme gazeuse NH 3 . Ces deux espèces sont très toxiques pour la faune aquatique et problématique pour la santé publique. Elles induisent une prolifération bactérienne sur le réseau, pour conséquence, la dégradation des

qualités organoleptique de l’eau et la corrosion des canalisations. Mais les nitrates sont la principale source d’inquiétude. Ces ions se transforment en milieu acide faible et à hauteur de 5%, en ions nitrites. Ceux-ci sont toxiques pour l’organisme humain. Ce sont des agents vasodilatateurs puissants qui causent vertiges et hypotension. Ils s’oxydent au niveau des ions ferreux de l’hémoglobine pour redonner des nitrates. On obtient alors de la méthémoglobine (MetHb) contenant des ions ferriques incapables de transporter les molécules d’oxygène [7,19].

II.2.3.3

Certains métaux

 

a)

Le

manganèse

est

généralement associé au fer mais en quantité plus

faible .C’est le Mn² + qui est soluble dans les eaux naturelles bien que le manganèse présente de nombreux autres états d’oxydation. La teneur en Mn est limitée à 0,05mg/l dans les eaux potables pour le goût qu’il peut communiquer, pour les taches et les dépôts qu’il peut occasionner et aussi parce qu’il favorise la croissance de certains micro-organismes. (La teneur souhaitable est inférieure ou égale à 0,01mg/l [15,23].

b) Le Cu ou le Zn présentent peu d’inconvénients, du moins lorsque les

concentrations sont faibles. D’autres comme le cadmium, le chrome, le mercure, le plomb ou le sélénium ont un caractère toxique marqué et leurs concentrations maximales acceptables dans l’eau potable sont très faibles [22]. c) Le fer est, lui aussi, un élément essentiel à la santé de l’homme; certaines eaux souterraines en contiennent une forte proportion. Le fer ferreux est soluble dans l’eau alors que le fer ferrique l’est très peu et tend à précipiter sous forme d’hydroxyde .Sous l’action de l’oxygène, le fer ferreux s’oxyde en fer ferrique et il est difficile de les doser séparément .Il est tout aussi difficile de distinguer nettement entre fer en solution, en suspension, à l’état colloïdal, sous forme de complexes minéraux ou organiques. Le fer contenu dans l’eau provient des roches et des sols mais aussi, bien souvent, des tuyauteries lors de l’échantillonnage ; ce qui peut fausser considérablement les résultats de l’analyse. Dans l’eau potable, la teneur maximale acceptable est de 0,3mg/l et l’objectif est inférieur à 0,05mg/l

[17,26].

II.2.4. Les paramètres toxiques

Une pollution industrielle du captage ou une dégradation des réseaux de distribution peut entraîner la présence d'éléments toxiques dans l'eau, dangereux pour la santé en cas de consommation régulière. Les matières toxiques sont constituées de micropolluants minéraux (métaux

ainsi que de substances telles que les

lourds : chrome, cadmium, nickel

)

cyanures, ou des molécules organiques présentant une action d'inhibition des mécanismes biologiques.

II.2.5. Les caractéristiques biologiques

L’eau potable ne doit contenir aucun microorganisme pathogène et être exempte de toute bactérie indiquant une pollution par excréments. Le principal indicateur bactérien recommandé pour suivre la pollution humaine est constitué par l’ensemble des microorganismes du groupe coliformes. Une eau qui est porteuse d’un seul Escherichia Coli par 100ml devient potentiellement dangereuse. Ce point est important, car le critère de potabilité de l’eau se fixe à partir de la présence ou de l’absence de ces germes témoins [26,18]. Dans le tableau II.1 nous présentons les différentes maladies transmises par l’eau pour chaque micro-organisme (bactéries, virus et protozoaires).

Tableau II.1 : Principales maladies transmises par l’eau (Association Française

pour l’étude des eaux : A.F.E.E.1985).

ORGANISMES

MALADIES

 

PRINCIPAL SITE ATTEINT

 

1. Bactéries

 

Shigella

Shigelloses (dysenterie bacillaire)

Système gastro-intestinal

Salmonella typhi

Fièvre typhoïde

 

Intestin

Salmonella chlera

Fièvre entérique

 

Système gastro-intestinal

Salmonella entéritique

Gastro entérite

 

Système gastro-intestinal

Escherichia coli

Gastro entérite

 

Système gastro-intestinal

VIbrio chleras

Choléra

Intestinal

Francisella tularensis

Tularémie

Système respiratoire foie –rate ganglions lymphatiques

Leptospirose

Leptospirose

 

Foie

icterohaemorragiae

 
 

2. VIRUS

 

Entérovirus

   

Poliovirus

Poliomyélite méningite aseptique

Moelle épinière

Méningite

Coxsackievirus

Myocardite méningite aseptique – épidémie myalgia

ur -muscle

Echovirus

Méningite

aseptique

gastro-

Méningites- intestin

entérite

Adénovirus

Pharyngite

Pharynx

Réovirus

Maladies respiratoires diarrhées

Appareil respiratoire et digestif

Virus A del’hépatite

Hépatite infectieuse

 

Foie

Virus gastro- entéritique

Gastro-entérite

 

Système gastro intestinal

 

3. Protozoaires

 

Entamoeba histolytica

Ambiase

Système gastro-intestinal

Naegleria grubéria

Méningite encephalitique

 

Système nerveux central

Giardia lamblia

 

Intestin

II.3 processus de potabilisation des eaux de surface

Le schéma

classique d’une station de potabilisation d’une eau de surface est

généralement comporte cinq grandes étapes (figure II.1).

généralement comporte cinq grandes étapes (figure II.1). Figure II.1 Chaîne de traitement II.3.1. Prétraitement Une

Figure II.1

Chaîne de traitement

II.3.1. Prétraitement

Une eau, avant d'être traitée, doit être débarrassée de la plus grande quantité possible d'éléments dont la nature et la dimension constitueraient une gêne pour les traitements ultérieurs. Pour cela, on effectue des prétraitements de l'eau de surface [27]. Dans le cas d'une eau potable, les prétraitements sont principalement de deux types:

– le dégrillage,

– le tamisage. Le dégrillage, premier poste de traitement, permet de protéger les ouvrages avals de l'arrivée de gros objets susceptibles de provoquer des bouchages dans les différentes unités de traitement. Ceci permet également de séparer et d'évacuer facilement les matières volumineuses charriées par l'eau brute, qui pourraient nuire à l'efficacité des traitements suivants, ou en compliquer l'exécution. Le dégrillage est avant tout destiné à l’élimination de gros objets : morceaux de bois, etc. Le tamisage, quant à lui, permet d'éliminer des objets plus fins que ceux éliminés par le dégrillage. Il s'agit de feuilles ou de morceaux de plastique par exemple [18].

II.3 2. Pré-oxydation

La pré-chloration, effectuée avant le procédé de clarification, s'est surtout développée dans les années 60. Moins en vogue dans les 80, elle tend à disparaître actuellement. Le chlore est le réactif le plus économique, mais il a comme inconvénient, la formation avec certains micropolluants des composés organochlorés du type chloroforme ou des composés complexes avec les phénols du type chlorophénol dont le goût et l'odeur sont désagréables [27]. On préfère donc parfois utiliser le dioxyde de chlore qui coûte plus cher mais n'a pas les inconvénients de l'oxydation par le chlore cités ci-dessus. Ce type de traitement est cependant réservé à des cas spécifiques. En effet, l’utilisation du dioxyde de chlore présente, lui aussi, des inconvénients non négligeables. Premièrement, il est sans effet sur l'ammonium. Deuxièmement, le dioxyde de chlore dans l'eau se décompose à la lumière, ce qui entraîne une augmentation importante du taux de traitement à appliquer en période d'ensoleillement. Enfin, depuis quinze à vingt ans, on utilise comme pré- oxydant l'ozone, qui non seulement a l'avantage de détruire les matières organiques en cassant les chaînes moléculaires existantes. Un autre avantage est la diminution du taux de traitement (taux de coagulation) dans le procédé de clarification [28]. En conclusion, la pré-chloration présente l'inconvénient de former des composés organiques chlorés dont les trihalométhanes (THM) qui peuvent avoir des effets nocifs sur la santé de l'homme. Il faut donc éviter une pré-chloration dans le cas de l'eau brute fortement chargés en matières organiques, car les THM se forment à partir du chlore et de certains composés (ex. les acides humiques). La quantité de désinfectant est déterminée à l’aide de différentes méthodes expérimentales les plus employées sont les méthodes dites « tests chlore »et « break point » [15,19]. La chloration au point critique, peut s’effectuer à titre de post-chloration ou à titre de pré-chloration, c’est-à-dire à l’eau brute. Elle vise à satisfaire à la demande de chlore de l’eau en assurant l’oxydation de contaminants réducteurs et la destruction de l’ammoniac et des chloramines pour ne laisser que du chlore libre comme désinfectant résiduel. La chloration au point critique est le mode de chloration que l’on doit normalement pratiquer de façon, d’une part, à respecter les normes portant sur le chlore résiduel et, d’une part, à obtenir une eau de qualité organoleptique

optimale[29,30,21].

En fait, lorsque l’on ajoute à une eau donnée des doses croissantes de chlore, après un temps de contact correspondant à la durée de séjour de l’eau dans l’installation, à l’abri de la lumière, on constate que le chlore résiduel au lieu d’augmenter régulièrement avec la dose initiale, passe par un maximum puis décroît, passe par un minimum et croît ensuite régulièrement. Ce dernier correspond au point critique ou « break point », où les chloramines sont transformées totalement en azote moléculaire [19].

II.3 3. Clarification

La clarification est l’ensemble des opérations permettant d’éliminer les matières en suspension (MES) d’une eau brute ainsi que la majeure partie des matières organiques. La clarification comprend les opérations de coagulation- floculation, de décantation et de filtration.

II.3.3.1 Coagulation-Floculation

L’opération de coagulation-floculation a donc pour but la croissance des particules (qui sont essentiellement colloïdales) par déstabilisation des particules en suspension puis formation de flocons par absorption et agrégation [22]. Les flocons ainsi formés seront décantés et filtrés par la suite (Figure II.2)

Les flocons ainsi formés seront décantés et filtrés par la suite (Figure II.2) Figure II.2 Coagulation

Figure II.2 Coagulation / Floculation

Les particules colloïdales en solution sont « naturellement » chargées négativement. Ainsi, elles tendent à se repousser mutuellement et restent donc en suspension. On dit qu’il y a stabilisation des particules dans la solution. La coagulation consiste en la déstabilisation des particules en suspension par la neutralisation de leurs charges négatives. On utilise, pour ce faire, des réactifs chimiques nommés coagulants. Le procédé nécessite une agitation importante. Les coagulants sont des produits capables de neutraliser les charges des colloïdes présents dans l’eau. Le choix du coagulant pour le traitement de l’eau de consommation doit tenir compte de l’innocuité du produit, de son efficacité et de son coût. La floculation est le phénomène de formation de flocons de taille plus importante (agglomération des colloïdes déchargés dans un réseau tridimensionnel). On utilise, pour se faire, des floculants ou adjuvants de floculation. Contrairement à l'étape de coagulation, la floculation nécessite une agitation lente. Les floculants ou adjuvants de floculation sont, dans leur grande majorité, des polymères de poids moléculaire très élevé. Ils peuvent être de nature minérale, organique naturelle ou organique de synthèse [22, 32, 31].

II.3.3.2

Décantation

La décantation est la méthode de séparation la plus fréquente des MES et des colloïdes (rassemblés sous forme de floc après une étape de coagulation floculation).Il est bien connu que les particules en suspension sédimentent en fonction de leur taille, donc pour obtenir une bonne décantation, il est nécessaire d’augmenter le diamètre des particules d’où l’utilité impérieuse du phénomène de coagulation-floculation [5]. Il existe plusieurs types de décanteurs :

1) Décanteurs statiques Il est constitué d’un bassin rectangulaire ou circulaire où les boues se déposent. Les petits décanteurs sont munis de fonds inclinés de 45° à 60° pour permettre l’évacuation continue ou intermittente des boues au point le plus bas. 2) Décanteurs à contact de boues Ce sont des décanteurs modernes qui possèdent une zone de réaction où l’on met en contact l’eau brute et ses réactifs avec les boues déjà existantes : on trouve là les appareils à circulation des boues et les appareils à lit de boues.

Les

derniers

développements

dans

ce

domaine

ont

abouti

au

cyclofloc,

au

lit

fluidisé et à actifloc, dernier-né de la technique et qui permet de produire 40m 3

d’eau par m 2 et par heure [33,2].

II.3.3.3 La filtration La filtration est un procédé de séparation solide/liquide qui utilise le passage

à travers un milieu poreux (la plus courante est le sable) qui retient les particules en suspension dans l’eau brute ou l’eau prétraitée (floculée et décantée A mesure que les particules solides atteignent la couche filtrante, elle se déposent et absorbent les matières minérales ou organiques qui arrivent ultérieurement [5,34].Ceci peut conduire à la formation d’un film biologique.Avec le temps, il y

a diminution du diamètre des pores du filtre, on dit qu’il y a colmatage. D’une façon générale, on distingue deux types de filtration [25,1] La filtration lente qui a l’avantage d’être une opération facile mais présentant plusieurs inconvénients tels que la nécessité d’une grande surface et l’exigence d’une eau dont la turbidité est faible. La filtration rapide, qui en revanche est une opération relativement complexe mais palliant aux inconvénients de la première.

II.3.4.

Désinfection

Le but de la désinfection est d'éliminer tous micro-organismes pathogènes présents dans l'eau et maintenir le chlore résiduel dans les conduites afin d'empêcher le développement de maladies hydriques. Divers agents désinfectants peuvent être utilisés tels que le chlore et ses dérivées, l’ozone, les rayons ultra-violets. Mais le chlore est l’agent le plus utilisé comme désinfectant final, avant refoulement de l’eau dans le réseau ; il permet d’achever la désinfection de l’eau et de protéger le réseau contre les développements bactériens vu son effet rémanent [33,1].

II.3.5.

Affinage

Pour un perfectionnement de la qualité de l’eau traitée, on procède à l’affinage visant à éliminer les micropolluants qui existent déjà dans l’eau ou qui se sont formés au cours du traitement et qui n’ont pas été totalement abattus par la coagulation-floculation.

Cet affinage est réalisé par le phénomène d’adsorption, généralement sur du charbon actif. Celui-ci est mis en oeuvre soit en poudre au cours de la floculation et sera par la suite évacué avec la boue, soit sous forme de grains,habituellement utilisé après filtration sur sable[5,19].

II.4. Traitement des eaux naturelles en Algérie

II.4.1. La qualité des eaux de surface

En Algérie, les eaux de surface constituent donc une part importante des ressources hydrauliques et ne font pas jusqu’ à présent l’objet d’analyses systématiques et régulières de contrôle ou de surveillance de pollution. Néanmoins, il convient de citer que certains paramètres physico-chimiques (pH, dureté, température, conductivité,…) sont analysés périodiquement par des laboratoires spécialisés tels que le laboratoire d’hydrochimie de l’agence Nationale des ressources hydrauliques (ANRH) ou les laboratoires régionaux rattachés aux entreprises de production d’eau potable. D’autre part, des analyses plus spécifiques sont parfois effectuées en cas de pollution accidentelle (métaux lourds, détergents,…). Sur le tableau II.2, nous présentons un exemple de résultats d’analyses physico-chimiques réalisées sur différentes eaux de barrages à travers le Centre, l’Est et l’Ouest du Nord de l’Algérie.

Tableau II.2 : Bulletin mensuel de la qualité des eaux de barrages [Agence Nationale des ressources hydrauliques].

(Août 2006)

Région

Barrages

pH

RS

O 2

d

NO 3

-

NO 2

-

NH 4

+

PO4

DBO

DCO

MO

mg/l

%

mg/l

mg/l

mg/l

mg/l

mg/l

mg/l

mg/l

 

Ferguoug

7.58

1200

136.8

5.00

0.06

0.20

0.01

-

50

6.1

Bouhnifia

7.47

1080

86.3

5.00

0.06

0.40

0.00

-

70

11.2

SMBA

7.86

1170

106.0

1.00

0.03

0.16

0.15

2.4

10

5.1

O

Merdja-S –A

7.95

1480

91.6

4.00

0.08

0.116

0.06

5.0

20

6.8

U

Ouizert

7.52

980

130.9

5.00

0.12

0.68

0.07

-

60

6.9

E

Gargar

7.61

1000

82.5

7.00

0.09

0.38

0.04

4.6

20

5.9

S

Cheurfa

7.41

1860

150.3

7.00

0.26

1.42

0.14

13.0

70

14.0

T

Boughrara

7 68

1200

88.9

6.00

1.4

2.66

3.19

-

40

7.7

Beni Bahdel

7.07

400

87.7

5.00

0.08

0.12

0.00

-

30

8.1

Mefrouch

6.86

300

86.3

7.00

0.15

0.27

0.27

-

70

28.0

Sidi-Abdelly

7.54

700

81.4

4.00

0.19

0.19

0.01

-

50

16

 

Keddara

8.04

988

98.38

5.0

-

-

-

-

-

-

Ghrib

7.20

2307

-

0.1

0.00

0.157

0.337

2.6

57

8.0

C

Bouroumi

7.40

1150

-

4.5

0.013

0.010

0.84

3.1

5

4.3

E

Boukourdane

7.30

508

82.8

1.4

0.00

0.103

2.142

2.0

30

2.3

N

Deurdeur

7.20

805

-

1.6

0.170

0.059

0.428

4.0

9

5.3

T

Lekhal

8

452

73.8

6.3

0.153

0.00

0.520

1.2

82

8.3

R

Harreza

7.60

1313

-

0.9

0.125

0.046

0.153

1.3

71

5.3

E

Fodda

7.50

632

75.6

0.00

0.00

0.00

1.805

1.2

66

5.4

Sidi Yakoub

7.51

1230

79.10

0.00

0.00

0.00

0.673

2.2

47

9

 

Ain-Zada

8.15

600

100.0

1.0

0.015

0.030

0.15

7.2

81

11.6

H-Grouz

7.98

1040

83.3

1.0

0.010

0.00

0.20

9.8

40

13.7

E

Zardezas

8.17

460

89.7

5.0

0.035

0.080

0.100

2.7

20

2.8

S

Guenitra

8.15

360

96.0

1.0

0.010

0.020

0.00

3.7

31

2.8

T

Ain-Della

8.13

480

95.0

5.0

0.030

0.00

0.00

2.5

25

10.0

Chef fia

7.74

300

92.4

1.0

0.020

0.00

0.00

3.5

14

6.5

Le tableau II.2 présente les résultats d’analyses effectuées sur les eaux brutes à l’état naturel, sans aucun prétraitement ou traitement. Cependant, ces eaux sont

globalement de qualité médiocre et nécessitent dans tous les cas un traitement poussé de potabilisation. En effet, en faisant une rapide comparaison de cette qualité avec les normes de potabilité valeurs guides ANRH (tableau II.3), il apparaît que les eaux Algériennes sont souvent minéralisées, avec une dureté assez importante, notamment pour les eaux du Sud Algérien[31].

Tableau II.3 : Valeurs guides de l’ANRH et concentration limite de Directives CEE utilisées pour la production d’eau destinée à la consommation humaine.

 

Valeurs

guides

de

l’agence

Nationale

des

Directives

ressources hydrauliques

 

CEE

Désignation

Bonne

Moyenne

 

Mauvaise

Très

Concentration

 

Mauvaise

limite

pH

6.5-8.5

6.5-8.5

8.5-9

>9et<6.5

-

O 2 dissous %

120-90

90-50

50-30

<30

>30%

NH 4 + (mg/l)

0-0.01

0.01-01

 

0.1-3

>3

4

NO 2 - (mg/l)

0-0.01

0.01-01

 

0.1-3

>3

-

NO 3 - (mg/l)

0-10

10-20

20-40

>40

50

PO 4 3 - (mg/l)

0-0.01

0.01-0.1

 

0.1-3

>3

-

DBO 5 (mg/l)

5

5-10

10-15

>15

-

DCO (mg/l)

20

20-40

40-50

>50

-

MO (mg/l)

5

5-10

10-15

>15

10

RS (mg/l)

300-1000

1000-1200

 

1200-1600

>1600

-

En prenant en considération les normes, nous pouvons dire que l’eau de l’ensemble des barrages présente une minéralisation assez conséquente à l’exception de certains et leur pH varie de 6.9 à 8, cela suppose qu’elle peut être dispensée de correction de pH. Nous constatons aussi une pollution organique

exprimée en (DBO 5 ou en DCO, ou MO). Nous remarquons aussi que le calcul

du rapport (DCO/DBO 5 ), presque pour l’ensemble des barrages, donne des

valeurs dépassant 3, ce qui signifie que la majorité des matières organiques est une matière non biodégradable. Cette pollution est due soit, aux apports des

polluants provenant des rejets d’eaux usées où soit au processus biologique (eutrophisation), ceci s’explique aussi par sa couleur et son odeur. Quant aux eaux chargées en NO 2 - et en NH 4 + nous pouvons dire que leurs teneurs sont dues à l’oxydation de la matière organique azotée. Certains barrages présentent un déficit en oxygène dus aux apports d’eaux chargées. La dégradation de la qualité physico-chimique de l’eau est due soit aux apports externes, soit au mélange des eaux du fond et de surface (phénomène de brassage saisonnier).

Tableau II.4 :Réglementation de directives CEE et les recommandations OMS des eaux destinées à la consommation humaine [23].

Paramètre

 

Directives CEE

Recommandation OMS

 

NG

 

CMA

CM acceptable

CM admissible

Couleur (mg/l pt-co)

1

20

   

Turbidité (FTU)

0.4

4

0.5

5

Odeur dilution

0

2

à 12°C

   

Saveur dilution

0

2

à 12°C

   

Température °C

12

20

12-15

25

pH

 

6.5 – 8.5

9.5

7 – 8

6.5 – 9.2

Conductivité ( s/cm)

400

-

   

SO 4 2

-

(mg/l)

25

250

200

400

Cl

- (mg/l)

25

200

200

600

Ca

2 +

(mg/l)

100

-

75

200

Mg 2 + (mg/l)

30

50

500

150

Na + (mg/l)

20

175

   

K

+ (mg/l)

10

12

   

Al

3+ (mg/l)

0.05

0.2

-

0.2

Alcalinité (°F)

-

Conc min2.5

   

Dureté totale (°F)

-

Conc min 15

 

50

Résidu sec (mg/l)

-

1500

500

1500

O

2 (%)

-

Saturation > 75%

   

NH 4 +

(mg/l)

-

0.5

-

0.5

OXY KMnO4 (mg/l)

2

5

 

5

NO 3 - (mg/l)

25

50

50

100

Fe

(µg/l)

50

200

   

MES(mg/l)

absence

-

absence

-

Hg (µg/l)

 

-

1

 

1

Le tableau II.4 indique les valeurs des concentrations maximales admissibles (CMA) et des nombres guides (NG) des différents facteurs physico-chimiques pris en considération dans les directives de la Communauté économique Européenne et les normes de l’OMS pour les eaux potable.

II.4.2. Fonctionnement des stations de potabilisation Algérienne

En Algérie, il existe une dizaine de stations de traitement importantes, de différentes conceptions et qui sont en majeure partie de construction récente. Les eaux traitées proviennent des :

• Barrages ou retenues qui comporte des prises d’eau et des galeries de répartition d’eau généralement dans plusieurs canaux (cas des barrages Ain Zada, Annaba et Médéa) [18,36]. • Oueds où des prises d’eau sont convenablement aménagées pour éviter

la pénétration dans l’ouvrage du lit mobile de l’oued ; on cite le cas de la station de Médéa qui utilise les eaux de l’Oued Chiffa et Merdja, la station de Jijel alimentée par l’Oued Kessir [37]. La conception de la plupart des stations de traitement Algériennes répond au schéma classique [38] :

a) Une préchloration, souvent effectuée par le chlore gazeux et l’eau de javel.

b) Une coagulation floculation ; le coagulant est injecté soit à la sortie de la

conduite de refoulement ou dans des bassins de mélange (stations de Médéa et de Keddara). c) Une décantation généralement statique (Médéa, Souk-El-Djemaâ) et plus rarement à lit de boues (Annaba, Keddara)

d) Une filtration rapide sur lit de sable

e) Une post-chloration à l’hypochlorite de sodium (Médéa, Souk-El-Djemaâ) ou

au chlore gazeux (Keddara, Annaba). Il est utile de souligner qu’un ajustement de pH est éventuellement réalisé et ce par l’injection d’un correctif (chaux ou acide en fonction de la nécessité). Cependant, malgré leur nécessité, certaines opérations ne sont pas réalisées et ce suite aux problèmes rencontrés au niveau national,à savoir : l’arrêt de certains dispositifs ,l’existence d’imperfections en génie civil ou de certains problèmes hydrauliques concernant les stations intermédiaires de refoulement ou les conduites d’amenée de diamètre trop faible (stations de Médéa et de Annaba), manque de personnel technique et de main d’ uvre bien expérimentée ainsi que le manque d’équipements de laboratoires. Par ailleurs, il convient de signaler que la pluviométrie en Algérie est très variable selon les saisons ce qui influe sur la qualité et la quantité des eaux à traiter et par suite se répercute sur les modalités pratiques à mettre en uvre pour le fonctionnement des stations [38].

Des études [18, 37, 36,38] ont montré que les doses de réactifs (chlore introduit, chaux, coagulant,…) sont rarement optimales, ce qui influe négativement sur le rendement des stations.

II.5

Conclusion

Au vu de ce chapitre, nous pouvons conclure de toute eau brute ne peut pas être utilisée pour produire de l'eau potable. Des catégories sont définies, pour s'assurer que la matière première de l'eau potable est de qualité suffisante. Différentes étapes de traitement sont alors agencées en filières de potabilisation (prétraitement, clarification, désinfection). Parmi les procédés de traitement exposés, la coagulation-floculation parait comme une étape de clarification très importante ; elle vise à éliminer les matières en suspension par ajout d’une solution coagulante .Cependant, la coagulation floculation présente un intérêt qui va au-delà de la simple clarification d’une eau puisque certaines particules organiques peuvent être entraînées par les flocs si le procédé est optimisé. En Algérie, le traitement des eaux de surface est rarement optimisé, notamment la coagulation-floculation .En effet, les connaissances techniques limitées du personnel d’exécution et les conditions climatiques constituent les principales contraintes dans l’utilisation rationnelle des organes des stations de traitement. L’application de la coagulation-floculation apparaît d’autant plus cruciale que l’on fait appel de plus en plus aux eaux de surface et que celles-ci ont souvent des charges organiques importantes. Le chapitre suivant est détaillé plus particulièrement le procédé de coagulation- floculation sur lequel porte notre étude. Nous avons décrit les différents paramètres physico-chimiques influençant le bon fonctionnement de ce procédé.

CHAPITRE III

GENERALITE SUR LE PROCEDE DE COAGULATION-FLOCULATION

III.1

Introduction

En tant que processus unitaire du traitement de l’eau, la coagulation résulte de l’addition de réactifs chimiques dans des dispersions aqueuses, afin d’assembler en agrégats plus gros, les fines particules dispersées. Ces nouveaux agrégats peuvent être éliminés, après floculation, par des procédés telles la décantation ou la filtration. La floculation est considérée ici comme processus distinct qui a lieu en fin de coagulation. Elle consiste à favoriser la croissance de flocs macroscopiques, avec ou sans utilisation d’additifs tels les adjuvants de floculation. Bien que la floculation soit la conséquence naturelle de la coagulation, les deux procédés correspondent à des technologies spécifiques qui doivent être mises en uvre selon des règles spécifiques de conception ; ceci signifie que la floculation doit être envisagée comme un processus à part entière. La coagulation floculation est un traitement de clarification très efficace dont l’objectif primordial est l’élimination de la portion non décantable des matières en suspension. Cette catégorie de substances est représentée essentiellement par les colloïdes, caractérisées par leur grande stabilité. La coagulation est certe une opération simple à réaliser mais les mécanismes mis en jeu sont très complexes et ne cessent d’occuper une large place dans les recherches récentes [39, 40,41]. La compréhension de ce phénomène nécessite une connaissance approfondie de l’état colloïdal, de la structure chimique des coagulants utilisés ainsi que leur mode d’action.

III.2

Solutions colloïdales

III.2.1.

Généralités

Les systèmes colloïdaux sont définis comme étant des dispersions dont les particules possèdent des dimensions moyennes comprises ente 0.001 et 1µm et des vitesses de sédimentation si faibles que leur chute est rendue impossible par l’agitation thermique du milieu [31,5]. Ces produits peuvent être d'origine minérale (sables, limons, argiles,

organique (produits de la décomposition des matières végétales ou animales, acides humiques ou fulviques par exemple). A ces composés s'ajoutent les micro- organismes tel que les virus. Ces substances sont responsables, en particulier, de la turbidité et de la couleur. E n contact avec l’eau, toute matière solide acquiert une densité de charge électrique qui peut provenir de :

ou

)

carboxyles) qui

fournissent des charges positives ou négatives suivant que le pH du milieu est basique ou acide

colloïdes

deviennent chargés positivement ou négativement suivant que le type d’ion adsorbé est cation ou anion [5,16]. Suivant leur comportement vis-à-vis du milieu aqueux, on peut classer les colloidaes en deux catégories :

Les colloïdes hydrophiles présentent donc une grande affinité pour l’eau et dont les particules sont entourées par une enveloppe de molécule d’eau fixées par des liaisons physico-chimiques à certains groupements de la matière solide tels que :

La

dissociation

de

groupements

superficiels

(hydroxyles,

L’adsorption

d’ions

étrangers

contenus

dans

la

solution,

ainsi

les

-

Groupement

carboxylique :

COOH,

-

Groupement

amine :

NH 2 ,

-

Groupement

alcool :

OH

C’est le cas des protéines, des détergents synthétiques, des savons, etc.… Les colloïdes hydrophobes dont la matière n’a aucune affinité avec l’eau. Leur stabilité est due à la charge électrique portée par les particules qui engendrent une répulsion mutuelle empêchant toute agglomération. Il n’existe pas de transition nette entre ces deux types de colloïdes et l’on rencontre en pratique tous les comportements intermédiaires possibles. La différence entre colloïdes hydrophiles et hydrophobes est importante dans le contexte du traitement. La matière colloïdale hydrophile réagit spontanément avec l’eau pour former une suspension qui peut être déshydratée et réhydratée à plusieurs reprises. En raison de cette caractéristique, de tels colloïdes sont parfois appelés colloïdes réversibles. Lorsqu’elles sont déshydratées, les particules hydrophobes ne se redispersent généralement pas dans l’eau spontanément. Elles sont alors parfois appelées colloïdes irréversibles. Les systèmes hydrophobes purs ne réagissent pas avec la phase aqueuse, mais certaines particules peuvent comporter des microsites qui les combinent avec l’eau en formant des liaisons hydrogènes [19,42].

III.2.2.

Structure des colloïdes

Pour expliquer la grande stabilité des colloïdes, on fera appel à la théorie de la double couche électrique émise en 1879 par HOLMOLTZ et développée ensuite par plusieurs chercheurs dont HUCKEL, STERN et GOUY [19,31,32]. Elle se résume ainsi. Dans une eau de surface, les colloïdes portent des charges négatives situées à

leur surface. Ces charges négatives attirent les ions positifs en solution dans l'eau. Ceux-ci sont étroitement collés au colloïde et forment la couche liée ou de STERN(couche fixe),, qui attire à son tour des anions accompagnés d'une faible quantité des cations : c'est la couche diffuse ou de GOUY (couche mobile). Il y a donc formation d'une double couche ionique, l'une accompagnant la particule lors de ces déplacements, l'autre se déplaçant indépendamment ou avec un certain

retard

III.1).

(Figure

indépendamment ou avec un certain retard III.1). (Figure Figure III.1 particule colloïdale et potentiel Il existe

Figure III.1 particule colloïdale et potentiel Il existe entre ces deux couches un potentiel électrostatique ou de NERNST, qui varie en fonction de la distance par rapport à la surface du colloïde. Dans la couche liée, le potentiel de NERNST décroît linéairement car les cations constitutifs sont empilés uniformément. En revanche, dans la couche de GOUY, le potentiel électrostatique varie de manière non linéaire, étant donné que la

répartition ionique résulte d'un mélange aléatoire de cations et d'anions. La valeur du potentiel à la surface de la couche de NERNST est appelée potentiel zêta. Les colloïdes étant chargés négativement, ce potentiel est négatif. Dans les eaux naturelles, sa valeur varie de -35 à -30 mV. Les particules de potentiel zêta négatif se repoussent très fortement. C'est pourquoi, les colloïdes sont très stables et inhibent toute agglomération [34].

III.2.3. Déstabilisation de colloïdes

III.2.3.1 Facteurs de déstabilisation

a)

Forces d’attraction interparticulaires

D’après les théories de Van Der Waals, il existe, entre les atomes ou molécules constituant la matière des forces attractives dites de cohésion. Cependant, ce sont des forces qui ne sont prépondérantes qu’à très faible distance, dès lors la couche de solvatation ou la double couche rend très improbable la manifestation de telles forces. Ce n’est qu’après destruction de la double couche que les particules peuvent se rapprocher suffisamment pour que les forces d’attraction deviennent prépondérantes et permettent ainsi leur agglomération. Facteurs mécaniques de déstabilisation. b) L’addition d’une substance capable de se fixer simultanément sur deux particules colloïdales en présence permet l’agglomération de celles-ci. Ceci peut être réalisé grâce :

-à l’addition de substances macromoléculaires solubles à chaîne linéaire, qui s’absorbe à la surface des particules qu’elles relient entre elles par des ponts matériels. - à l’adjonction de sels minéraux, dont l’hydrolyse se traduit par la formation d’un précipité floconneux à forte surface spécifique, capable d’absorber et de

piéger les particules avec lesquelles il entre en contact [5, 19,43].

III.2.3.2 Mécanismes de la rupture de l’état colloïdal L’élimination de la pollution colloïdale suppose l’agglomération mutuelle des particules qui nécessite :

- la rencontre de deux ou plusieurs particules dont la probabilité détermine la

cinétique du phénomène ;

- l’adhésion des particules mises ainsi en présence, ce qui suppose l’élimination

ou la réduction du facteur de stabilité prépondérant. Nous pouvons distinguer fondamentalement :

-- les procédés qui consistent à réduire les forces de répulsion électrostatiques responsables de la stabilité des colloïdes hydrophobes (coagulation). -- Et ceux qui provoquent l’agglomération aussi bien des colloïdes hydrophiles q’hydrophobes en agissant ‘’mécaniquement’’ par adsorption et piégeage (floculation). En pratique, ces résultats peuvent être atteints par l’adjonction des réactifs, tels que les sels minéraux contenant des cations multivalents, ou encore des polymères organiques synthétiques porteur ou non de groupements dissociés en

solution[19,43].

III.2.3.3 Le potentiel Zêta Dans l'eau brute, les colloïdes sont généralement chargés négativement et se repoussent mutuellement. Afin de neutraliser cette charge superficielle négative, on ajoute des cations qui forment une couche autour du colloïde favorisant le rapprochement des particules. C'est la coagulation. Pour mesurer la puissance de charge de la particule, on utilise un Zétamètre. Cet appareil permet d'évaluer la charge des particules grâce à la mesure du potentiel Zêta qui régit la manière dont les colloïdes se déplacent et interagissent. En pratique, plus il est négatif, plus la charge de la particule s'intensifie (négativement bien sûr). Ainsi, au fur et à mesure qu'il diminue en valeur absolue, les particules peuvent s'approcher les unes des autres plus étroitement, ce qui accroît les probabilités de collision. Dans un système de clarification classique, à un pH compris entre 6 et 8, les coagulants fournissent des charges positives qui diminuent le potentiel Zêta. Théoriquement, la coagulation se produit à l'annulation de ce potentiel, ce qui correspond à une complète neutralisation de charge. Mais, en pratique, ce n'est pas nécessaire ; il suffit que

ce potentiel soit légèrement négatif. Il faut faire attention à ne pas trop ajouter de coagulant, car la surface de la particule va alors se trouver chargée positivement (potentiel Zêta positif) et les colloïdes vont se disperser à nouveau [19, 18,16].

III.3 Coagulation-Floculation

III.3.1.

Définition

Le mot coagulation vient du latin coagulare qui signifie « agglomérer » [42]. La couleur et la turbidité d’une eau de surface sont dues à la présence de

particules de très faible diamètre : les colloïdes. Leur élimination ne peut se baser sur la simple décantation. En effet, leur vitesse de sédimentation est extrêmement faible. La coagulation et la floculation sont les processus qui permettent l’élimination des colloïdes (Tableau III.1). La coagulation consiste à les déstabiliser. Il s’agit de neutraliser leurs charges électrostatiques de répulsion pour permettre leur rencontre par addition d’un réactif chimique, le coagulant. La floculation est l’agglomération de ces particules déchargées en micro-floc, puis en flocons volumineux et décantables. Cette floculation peut être améliorée par l’ajout d’un autre réactif : le floculant ou adjuvant de floculation. Deux phénomènes de transport régissent la floculation [43,46] :

:

§ La floculation péricinétique liée à la diffusion brownienne (agitation thermique)

§ La floculation orthocinétique est liée à l’énergie dissipée. L’efficacité de cette floculation qui permet d’obtenir le floc volumineux séparable est donnée dans la pratique par le gradient de vitesse G correspondant au régime turbulent.

Tableau III.1 : Les étapes de l’agrégation [5].

Stade

Phénomène

 

Terminologie

Ajout du coagulant

Réaction avec l’eau : ionisation,

Hydrolyse

hydrolyse, polymérisation.

 
 

Compression

de

la

double

 

couche électrique

 

Déstabilisation

 

Adsorption spécifique d’ions du coagulant à la surface de la particule

 

Inclusion

du

colloïde

dans

un

Coagulation

précipité d’hydroxyde

 

Liaison interarticulaire par des espèces polymériques du coagulant

Transport

de

la

Mouvement brownien

 

Floculation

particule (contact

 

péricinétique

entre les particules)

Energie

dissipée

(gradient

de

Floculation

vitesse)

orthocinétique

III.3.2

Paramètres liés à la coagulation-floculation

Pour optimiser Le procédé de coagulation-floculation, il faut tenir compte de

plusieurs variables en relation, comme le pH, la dose de coagulant, les conditions

de mélange et la température.

a) L’influence du paramètre pH

Le pH a une influence primordiale sur la coagulation. Il est d’ailleurs

important de remarquer que l’ajout d’un coagulant modifie souvent le pH de

l’eau. Cette variation est à prendre en compte afin de ne pas sortir de la plage

optimale de précipitation du coagulant. La plage du pH optimal est la plage à

l’intérieur de laquelle la coagulation a lieu suffisamment rapidement. En effet,

une coagulation réalisée à un pH non optimal peut entraîner une augmentation

significative du temps de coagulation. En général, le temps de coagulation est

compris entre 15 secondes et 3 minutes. Le pH a également une influence sur

l’élimination des matières organiques.

b) L’influence de la dose de coagulant

La dose de réactif est un paramètre à prendre en compte. Le coagulant qui est habituellement fortement acide a tendance à abaisser le pH de l’eau. Pour se placer au pH optimal, il est possible d’ajouter un acide ou une base. Une dose de coagulant excessive entraîne une restalinisation des particules et augmentation du coût d’exploitation, tandis qu’un dosage insuffisant conduit à une qualité de l’eau traitée insuffisante. La quantité de réactifs ne peut se déterminer facilement. Pratiquement, la dose optimale de coagulant peut être déterminée soit par l’emploi de la mesure du potentiel zêta (nécessite un matériel très coûteux), soit par un test au laboratoire, connu sus le nom de"Jar-Test"

c) L’influence de la température

La température joue un rôle important. En effet, une température basse, entraînant une augmentation de la viscosité de l’eau, crée une série de difficultés

dans le déroulement du processus : la coagulation et la décantation du floc sont ralenties et la plage du pH optimal diminue. Pour éviter ces difficultés, une solution consiste à changer de coagulant en fonction des saisons.

d) L’influence de la turbidité

La turbidité est, elle aussi, un paramètre influant sur le bon fonctionnement du procédé de coagulation. Dans une certaine plage de turbidité, l’augmentation de la concentration en particules doit être suivie d’une augmentation de la dose de coagulant. Quand la turbidité de l’eau est trop faible, on peut augmenter la concentration en particules par addition d’argiles. Dans le cas de fortes pluies, l’augmentation des MES favorise une meilleure décantation. Enfin, pour grossir et alourdir le floc, on ajoute un adjuvant de floculation [46, 47,48,].

e) L’influence des conditions de mélange

Les deux étapes de formation du floc consistent en une phase d’agitation rapide suivie d’une phase d’agitation lente permettant la maturation du floc. Néanmoins, il faut éviter que l’agitation soit trop intense car elle empêche l’agrégation, ni trop prolongée car elle entraîne la restabilisation des colloïdes

[34].

La notion de gradient hydraulique a été émise pour la première fois en 1943 par

CAMP et STEIN [49] :

G= (P/µV) 1/2

G

: gradient hydraulique(s -1 ).

µ

: viscosité dynamique du liquide (kg m -1 . s -1 ).

V

: volume du liquide

(m 3 ).

P

: puissance dissipée dans le liquide (W).

Dans

relation :

le

cas

ou

l’agitation

P=1/2 C t A v r

3

est

mécanique,

la

puissance

est

exprimée

par

la

C t : coefficient de trainée(il est égal à 1.8 pour des pales plates)

A : surface de la pale (m 2 ).

: masse volumique du liquide(kg/ m 3 ). v r : vitesse relative de la pale par rapport à la vitssse du liquide qui l’entoure.

soit 0.75×vitesse périphérique de la pale

(v p ) ;

v p =2

d N/60

ou représenté la distance de l’extrémité de la pale à l’axe de rotation. Les valeurs généralement admises pour G sont :

--En coagulation : jusqu’à 100 voire 500 s -1

--En floculation de l’ordre de 20 à 60 s -1 L’expérience démontre que produit adimensionnel Gt s (t s est le temps de séjour de l’eau dans le floculateur) doit se situer entre 10 +4 et 10 + 5 pour une floculation bien réalisée (agitation lente).

III.3.3

Mécanismes de la coagulation floculation

 

On

peut

considérer

qu’il

existe

quatre

grands

mécanismes

qui

agissent

individuellement ou ensemble dans la coagulation floculation [21, 31,1, 50].

les

particules, par augmentation de la force ionique de la Solution.

--Neutralisation des charges ioniques : par ajout d’un réactif chimique contenant des contres ions du colloïde. --Pontage entre les particules : par utilisation des polymères de haut poids moléculaire. --Piégeage des particules : par formation de polymères d’hydroxydes minéraux volumineux

--Réduction

de

l’épaisseur

de

la

couche

ionique :

transportée

par

III.3.4 Types de coagulants/floculants utilisés

Dans la séparation liquide/solide par coagulation-floculation le choix des coagulants et/ ou floculants est très large et son influence est grande sur les procèdés envisagés pour effectuer la séparation (sédimentation, flottation, filtration) et pour limiter la quantité des boues produites. Des coagulants floculants minéraux et organiques sont disponibles .La connaissance de leur chimie, leur structure et des mécanismes d’interaction avec les minéraux sont nécessaires afin d’optimiser les procédés [50]. III.3.4.1 Les coagulants Les principaux types de coagulant employés sont a base de sels d’aluminium ou de fer [44].

a)

Les sels d’aluminium

Le

sulfate

d’aluminium

est

disponible

en

poudre

ou

hydratée,

ou

en

solution commerciale diluée au demi.

 

Les

doses

sont

toujours

exprimées

en

poids

de

poudre

dont

la

formule

chimique est :

(Al 2 (SO 4 ) 3 , 18H 2 O). Sa masse molaire est de 666.

Le dosage et consommation de ce coagulant s’expriment communément en fonction de cette formule. Lors de l’addition de sels d’aluminium, ce cation réagit avec la molécule d’eau selon les réactions d’hydrolyse

§ Le W.A.C est un polychlorure d’aluminium dont la formule générale est :

Al n (OH) m (SO 4 ) k Cl 3n-m-2k

§ Les PCBA sont des Polychlorures basiques d’aluminium dont la formule est : [Al 2 (OH) 5Cl] n. Ils sont sous forme très instable.

b)

Les sels de fer

Les sels de fer sont généralement plus coûteux que le sulfate d’aluminium, ce

qui explique leur emploi plus restreint. Par ailleurs, ils se révèlent plus efficaces comme coagulants quant à l’abattement des substances humiques

[2,11]. On peut citer le chlorure

ferrique

(FeCl 3 , ferrique

6H 2 O)

peut

est

induire

de

une

coloration

FeSO 4 Cl et le sulfate ferreux est

de

l’eau

traitée,

le

chlorosulfate

(liquide)

formule

peu utilisé et de formule : Fe 2 (SO 4 ) 3 9H 2 O.

III.3.4.2

Les adjuvants de floculation

Pour une meilleure efficacité du procédé de coagulation-floculation, on utilise parfois des adjuvants de floculation qui sont des colloïdes de même charge que les particules à floculer,

ajoutés pour en augmenter la concentration et de là le nombre de chocs entre les particules. Les plus utilisés sont la silice activée, les polyélectriques, le charbon actif, la bentonite,…

Ø La bentonite

L’argile est un excellent adsorbant, dont les propriétés de rétention sont bien connues en agriculture. Elle fixe à la surface de ses microcristaux. Les roches argileuses sont formées de mélange de minéraux argileux auxquels viennent s’ajouter des minéraux tels que les feldspaths, du quartz, du mica,… Du point de vue chimique, les argiles sont des silicates d’aluminium contenant entre autres des cations alcalins, alcalino-terreux et du fer. Ces argiles, et en particulier les bentonites, sont utilisées actuellement pour la décoloration des huiles végétales et animales ainsi que pour la clarification des vins par élimination des protéines. Dans le domaine des eaux potables, la bentonite est utilisée essentiellement comme adjuvant de floculation dans le but de recharger artificiellement une eau contenant trop peu de matières en suspension, ceci afin d’obtenir une meilleure décantation [5,19]. Dans la plupart des études sur la floculation des argiles, il s’agit en fait de considérer les suspensions d’argile (kaolinite, bentonite,…) comme une représentation synthétique des particules colloïdales présentes dans les eaux de rivière, ceci afin de mieux comprendre les mécanismes mis en jeu autour de la coagulation. En Algérie, les gisements de bentonite les plus importants économiquement se trouvent dans l’oranie (ouest algérien). On relève en particulier la carrière de Maghnia (Hammam Boughrara) dont les réserves sont estimées à un million de tonnes et de celle de Mostaganem avec des réserves de deux millions de tonnes (Abdelouhab et al. 1988). En parallèle, des études (Cousin, 1980 ; Mohellebi, 1983 ; Abdelouahab etal, 1987) ont mis en évidence l’affinité de la bentonite vis-à-vis de polluants métalliques grâce à sa grande capacité d’échange d’ions. En phase liquide, la bentonite peut présenter une grande sélectivité d’adsorption de certains composés organiques [51,52]. Tout ceci laisse envisager d’utiliser cette argile dans l’affinage des eaux de consommation.

Ø

Le charbon actif

Dans le traitement des eaux, il est produit surtout à partir de charbon minéral, du coke et du lignite. C’est une substance carbonée amorphe, activée de façon à posséder un très haut degré de porosité [5]. Grâce à son importante surface développée, le charbon actif peut enlever de l’eau la plupart des matières organiques solubles. Il est beaucoup moins efficace vis-à-vis des polluants minéraux. Lorsqu’il est utilisé en poudre, il est injecté directement dans la floculo-décanteur et sa mise en uvre ne nécessite qu’un investissement assez faible puisqu’elle ne bouleverse pas la conception des installations déjà existantes. Lorsque le charbon est en granulés, l’adsorption est réalisée sur des filtres, en traitement tertiaire, pour piéger une pollution spécifique ayant traversé les traitements antérieurs. La combinaison du charbon actif avec l’ozone s’avère actuellement le meilleur procédé en nature d’affinage [54]

L’usage du charbon actif en poudre demeure une technique très répandue du traitement de l’eau potable. L’utilisation du CAP améliore le goût et l’odeur de l’eau. C’est aussi un adjuvant de floculation pour la phase finale de la coagulation.

Les particules de charbon qui sont dispersées dans l’eau peuvent être considérées comme plus grosses que la matière en suspension ordinaire. Le charbon peut être injecté soit juste avant la filtration, soit durant la floculation. Cette deuxième possibilité permet au charbon de contribuer à la coagulation par pontage.

-Le choix du coagulant : Il est effectué après une étude de l’eau en laboratoire, ou à l’aide de la technique des essais de jar-test. -On utilise pour le mélange des réactifs la seule turbulence créée par un déversoir mais il est souhaitable de disposer d’un système permettant ce mélange rapide, système appelé mélangeur rapide ou coagulateur [5]. On distingue plusieurs types de mélangeurs :

--Mélangeurs statiques Il s’agit de dispositif mis en place à l’intérieur d’une tuyauterie (système hélicoïdal, diaphragme, cône …) qui crée une turbulence suffisante pour permettre la diffusion instantanée du coagulant très efficaces au débit nominal. --Mélangeurs rapides

Agitateurs rapides de type à hélice ou à pales (turbine) mis en place dans une chambre spéciale.

III.3.5.

déstabilisation.

Réactions

d’hydrolyse

Le

sulfate

d’aluminium

réagit

avec

de

la

d’hydrolyse suivantes [19,53]

l’aluminium

et

molécule

d’eau

mécanismes

de

selon

les

réactions

Espèces

Réaction

 

(

(

(

(

Al OH

Al OH

Al OH

Al OH

)

)

) 2+

+

2

) 3

-

4

Al

Al

Al

Al

3

3

3

3

+

+

+

+

(

(

(

(

+1H OÆAl OH

2

+2H OÆAl OH

2

+3H OÆAl OH

2

+4H OÆAl OH

2

)

)

)

)

2

+

+1H

+

2

3

-

4

+2H

+3H

+4H

+

+

+

+

Il résulte de ces réactions :

Que l’hydrolyse libère des ions H + , et que l’addition de sels d’aluminium provoquera une acidification du milieu, qu’il sera parfois nécessaire de corriger pour maintenir le pH à une valeur optimale de coagulation. Que la concentration des divers ions produits par l’hydrolyse dépend étroitement du pH du milieu, comme le montre la figure suivante.

1 0.8 Al 3+ Al(OH) 3 - Al(OH) 4 0.6 2- 0.4 Al(OH) 5 Al(OH)
1
0.8
Al 3+
Al(OH) 3
-
Al(OH) 4
0.6
2-
0.4
Al(OH) 5
Al(OH) 2+
+
Al(OH) 2
0.2
0
3
4
5
6
7
8
9
pH 10
Fraction présente

Figure III.2 Diagramme de solubilité de l’aluminium en fonction du pH [55].

§ A pH<4.5, l’ion Al +3 prédomine et il devient la seule forme d’aluminium existante à pH plus bas (pH<3).

§ Des formes monomériques cationiques solubles Al(OH) 2+ et Al(OH) + 2 apparaissent dans le milieu de pH compris respectivement entre 3 à 6 et 4 à

6.5.

§ Dans l’intervalle de pH 4.5 à 8, c’est la forme insoluble Al(OH) 3 qui prédomine.

§ Le radical anionique soluble Al(OH) 4 - prédomine à un pH de 8 à 10[56].

Une autre particularité de l'addition de coagulant dans l'eau est la consommation d'alcalinité. Cette perte de TAC est fonction de la nature et de la concentration du

composé mis en jeu. Par exemple, pour le sulfate d'aluminium, on a :

en jeu. Par exemple, pour le sulfate d'aluminium, on a : La perte d'alcalinité (consommation de

La perte d'alcalinité (consommation de HCO 3 - ) se traduit par une chute de pH. Cette acidification peut donc perturber la formation du précipité d'hydroxyde et il est parfois nécessaire d'ajouter de la soude, de la chaux ou du calcaire pour rester dans la zone de pH optimal [19].

III.4 Conclusion

La coagulation-floculation est une étape de clarification très importante qui permet d’éliminer les matières colloïdales présentes sous forme minérale ou organique, et qui sont caractérisées par leur grande stabilité et leur faible taille. Le processus de coagulation-floculaion, malgré son apparente simplicité, fait intervenir divers mécanismes souvent complexes et suivant les conditions du pH. Ce paramètre influe en effet largement sur la forme chimique du coagulant utilisé et on peut obtenir, en plus des ions métalliques simples des produits d’hydrolyse hautement chargés et de masse moléculaire très élevée. Cependant, il s’avère nécessaire de s’intéresser également aux étapes de traitement en amont et en aval de la coagulation- floculation car celles-ci peuvent conditionner l’efficacité de la clarification et donc l’optimisation du traitement d’une eau de surface.

CHAPITE IV

DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT DE LA STATION

IV.1

Introduction

La station de traitement d’eau potable de Hamadi-Krouma, mise en service en 1979, elle a été réalisée par OCP (organisation de contrôle des pollutions) Belgique, pour traiter un volume de 5000m³/h provenant du barrage de Zerdezas

à 30 Km du chef lieu

La mise en service d’un deuxième barrage, Kenitra, à 50km, a permis l’arrêt des

venues d’eau du barrage de Zerdezas. Actuellement, la station est alimentée par deux barrages :

Skikda.

Barrage de Zit-Emba (Beckouche Lakhdar) millions de m³

avec

une

capacité

de

106

Barrage de Kenitra avec une capacité de 96 millions de m³ [ANRH]

 

La station Hamadi-Krouma alimente la ville de Skikda et la zone industrielle, elle

a une capacité de 3600 m³/h.

Après une période de sécheresse et durant l’année 2002 le barrage Kenitra est à sec, plusieurs solutions ont été envisagées :

• Forages dans la nappe de Saf-Saf

• Dessalement de l’eau de mer

• Les eaux du barrage de Zerdezas

Les eaux provenant des forages et du barrage arrivent en même temps dans le brise- charge au niveau de la station. Par contre les eaux de dessalement se déversent directement dans les filtres, vu leur potabilité.

IV.2 Schéma global de la station

Le débit d’eau entrant dans la station provient dans sa totalité du brise charge où arrivent d’une part l’eau des barrages (Kenitra et Zit-Emba). Le débit d’entrée d’eau à traiter est régulé de manière telle que le niveau d’eau dans le réservoir de stockage d’eau traitée soit maintenu constant autour d’une valeur de consigne. Le schéma suivant décrit les principaux ouvrages de la station.

Brise charge Tour d’homogénéisation Floculateurs 5 bassins Décanteurs secondaires 3 bassins Décanteurs
Brise charge
Tour d’homogénéisation
Floculateurs 5 bassins
Décanteurs secondaires 3
bassins
Décanteurs primaires 5
bassins avec racleurs Vers
Filtres (12 filtres)
Chambre tranquillisante
de transit

FigureIV.1

Réservoir
Réservoir

Les principaux ouvrages de la station de potabilisation H.Krouma

IV.3

Description et fonctionnement des ouvrages de la station

IV.3.1. Tour d’homogénéisation

Après son passage dans la vanne de régulation, l’eau arrive par le bas, dans