Vous êtes sur la page 1sur 205

LE H OLD-UPPLANETAIRE

LE H OLD-UPPLANETAIRE In Libro Veritas
LE H OLD-UPPLANETAIRE In Libro Veritas
LE H OLD-UPPLANETAIRE In Libro Veritas
LE H OLD-UPPLANETAIRE In Libro Veritas
LE H OLD-UPPLANETAIRE In Libro Veritas

LE H OLD-UPPLANETAIRE

In Libro Veritas

In Libro Ve ritas Im m e uble ACCET 4, place de la Pe rgola

In Libro Ve ritas

Im m e uble ACCET 4, place de la Pe rgola 95021 Ce rgy-Pontoise

In Libro Ve ritas Im m e uble ACCET 4, place de la Pe rgola 95021
In Libro Ve ritas Im m e uble ACCET 4, place de la Pe rgola 95021
In Libro Ve ritas Im m e uble ACCET 4, place de la Pe rgola 95021

Ce te xte a été publié par le s Editions Calm ann- Lévy, e tle s Editions 00h 00, à Paris e n 1998.

De puis le m ois de Juille t 2006, l´e dite ur ne souh aitant plus le réim prim e r, le s aute urs ont re cupe ré le s droits daute ur sur ce livre , conform ém e nt à larticle L. 132-17 du code de la propriété inte lle ctue lle .

Nous avons décidé de le m e ttre à disposition de la com m unauté, sous lice nce Cre ative Com m ons Attribution-NoDe rivs-NonCom m e rcial, e t il se ra toujours disponible e n ligne sur :

h ttp://www.dicosm o.org/H oldUp/H oldUpPlane taire .pdf.

Robe rto Di Cosm o, Dom inique Nora

Paris, 31 Août2006.

A propos cette présente réédition

Roberto DiCosm o a réussi un véritable tour de force, faire dun livre une boule de cristal.Toutau long de la lecture de louvrage on ne peut être quim pressionné par la précision et la clairvoyance de lauteur. Un écrit im portant qui m ontre quon ne pourra pas dire quon ne lavaitpas vu venir.

Je rem ercie le prem ier éditeur, Roberto DiCosm o et Dom inique Nora pour avoir « libéré »le livre et de m e perm ettre de rééditer avec un grand plaisir ce « H old-up Planétaire », qui fut dailleurs en son tem ps judicieusem ent sous-titré « pour en finir avec lair Bill Gates ».

Un ouvrage essentiel, qui a tout sa place dans nos biblioth èques, m ais sur quelle étagère ?Passé, présent ou futur ?A vous de lire etde dire

Bonne lecture.

Soyez libres, etne renoncez jam ais Math ieu Pasquini

présent ou futur ?A vous de lire etde dire … Bonne lecture. Soyez libres, etne renoncez

À propos de l'œ uvre

Ce touvrage va à re bours de toute la m yth ologie véh iculée par le m ark e ting génialde Microsoft. Il m e t e n garde contre le s dange rs que nous fait courir ce Big Broth e r e t contre le s am bitions dém e surée s de Citize n Gate s : le contrôle totalsur toute form e de transm ission e t de traite m e nt de l'inform ation, aussi bie n dans l'éducation que le s transm issions bancaire s, le s vie ux e t le s nouve aux m édias, e t jusque dans l'intim ité de notre vie privée . Que lm élange de crétinism e te ch nologique e tde se rvilité inte lle ctue lle fallait-il pour laisse r Bill Gate s bâtir e n toute im punité une position de m onopole absolu, e n détruisant bon nom bre d'e ntre prise s dont le s produits étaie nt de qualité supérie ure ?Com m e nt a-t-ilpu am asse r une te lle fortune e n ve ndant de s logicie ls m édiocre s sans obligation de résultats e t sans crainte de poursuite s, à un coût unitaire quasi-nule t à un prix public qui ne baisse jam ais ?Com m e nt e st-il parve nu à piége r le s consom m ate urs e n k idnappant le urs inform ations dans un form at propriétaire e n constante re m ise e n cause , qui le s oblige à ach e te r tous le s ans une m ise à jour de toute s le urs applications pour pouvoir sim ple m e nt continue r à lire le urs propre s donnée s ?Com m e nt

a-t-ilpiégé le s com pétite urs, e n introduisant de s variations arbitraire s dans le se ulbut de ne pas pe rm e ttre aux produits qu'ils déve loppe nt de fonctionne r corre cte m e nt ?Com m e nt a-t-ilusé de l'intim idation auprès de s distribute urs e t de l'intoxication auprès de s m édias pour se prése nte r com m e le ch e valie r blanc de la dém ocratisation du savoir alors qu'ilorganisait m éth odique m e nt la se rvitude de tous ? Au m om e nt où la France s'apprête , com m e nom bre de pays voisins (Microsoft a déjà acquis le contrôle totalde l'inform atique dans l'éducation suisse ), à céde r au ch ant de s sirène s de Microsoft, alors que l'Am érique e lle -m êm e com bat par tous le s m oye ns légaux la boulim ie de son ogre national, un te lcri d'alarm e tom be à pointnom m é.

Ile xiste de s alte rnative s te ch nologique s viable s

à l'h égém onie de Microsoft : le s défe nse urs du logicie l libre , issus pour la plupart de la com m unauté scie ntifique , se re groupe nt e n association pour plaide r la cause de ce tte voie , qui pe rm e ttrait à la fois de dim inue r la dépe ndance

e uropée nne e t de rapatrie r e n Europe le s e m plois

que notre com plaisance à l'égard de Microsoft finance nt aujourd'h ui de l'autre côté de l'Atlantique . La France e st e n re tard, plaide nt le s

e sprits ch agrins ? Juste m e nt, e xplique nt le s

aute urs, le re tard français e st notre m e ille ur atout : nous avons ce rte s raté un train, m ais c'e st ce lui qui e ste n train de déraille r !

notre m e ille ur atout : nous avons ce rte s raté un train, m

À propos de l'auteur

Dom inique Nora, diplôm ée de l'Institut supérie ur agronom ique de Paris e t de PENSA de Montpe llie r été journaliste au se rvice économ ique de de 1984 à 1988. Puis, corre spondante du Nouve l Obse rvate ur aux États-Unis de 1989 à 1990. Elle e st, de puis 1991, grand re porte r au se rvice économ ique du Nouve lObse rvate ur, spécialisée dans le s h aute s te ch nologie s. Elle e st l'aute ur de Le s Possédés de W all Stre e t(1987, De noë l/ Folio), Prix du Me ille ur Livre Financie r 1988 ;de L'Étre inte du Sam ouraï: le défi japonais, (1991, Calm ann-Lévy/Essai), Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde

Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto
Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto
Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto
Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto
Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto
Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto
Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto
Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto
Prix Albe rtCosta de Be aure gard-Économ ie 1992 ;e tde (1995, Calm ann-Lévy). Robe rto

(1995, Calm ann-Lévy).

Robe rto Di Cosm o e st diplôm é de la Scuola Norm ale Supe riore de Pise e t a soute nu sa th èse de doctorat à l'unive rsité de Pise avant de de ve nir m aître de confére nce s e n inform atique à l'École norm ale supérie ure de Paris. Ilm ilite de puis plusie urs année s pour le logicie l libre .

atique à l'École norm ale supérie ure de Paris. Ilm ilite de puis plusie urs année

À De lia, q ui m 'accom pagne e tm e s outie ntdans ce tte nouve lle ave nture . Età tous ce ux q ui partage nt ave c nous le rêve d'un m onde m e ille ur.

outie ntdans ce tte nouve lle ave nture . Età tous ce ux q ui partage

Avant-propos

Un m atin du m ois de m ai 1998, j'avais re nde z- vous au Départe m e nt de m ath ém atique s e t d'inform atique de l'École norm ale supérie ure (ENS) de la rue d'Ulm ave c Robe rto Di Cosm o. Je ne connaissais pas ce ch e rch e ur e n inform atique ,

m

ais ilm 'avait adre ssé une copie papie r d'un long

te

xte sur Microsoft publié sur Inte rne t, « Piège

dans le cybe re space 1 », e tje préparais un dossie r sur ce suje t pour Le Nouve lObse rvate ur. Je suis arrivée à son bure au ve rs 10 h e ure s ; j'e n suis

15 h e ure s, abasourdie ! Le te m ps

d'écoute r Robe rto Di Cosm o décortique r ave c brio

re partie à

le

s e nje ux de la m ainm ise de Microsoft sur la

m

icroinform atique , e t se s possible s im plications

sur nos vie s. Âgé de tre nte -cinq ans, italie n, Robe rto Di Cosm o e stdiplôm é de la Scuola norm ale supe riore de Pise e t a soute nu sa th èse de doctorat à l'Unive rsité de Pise , avant de de ve nir m aître de confére nce s à l'ENS. Se s re ch e rch e s se situe ntà la croisée de s ch e m ins e ntre la program m ation fonctionne lle , la logique , la th éorie de s catégorie s, la th éorie de s je ux e tla program m ation parallèle e t

distribuée . Il e st re sponsable de proje ts

catégorie s, la th éorie de s je ux e tla program m ation parallèle e

unive rsitaire s inte rnationaux e t m e m bre de s com ités de program m e de plusie urs confére nce s inte rnationale s d'inform atique th éorique . Mais le plus re m arquable e st sans doute que ce

difficile m e nt inte lligible au com m un de séorique . Mais le plus re m arquable e st sans doute que ce m orte

m orte ls n'e m pêch e pas Robe rto Di Cosm o de faire

pre uve d'un grand tale nt de pédagogue e t d'un se ns aigu de l'analogie . Surtout, ilm 'e st apparu qu'ilavait déve loppé, de puis dix ans, une analyse

asse z inédite de s produits e t de s pratique s du

m ondialdu logicie l. Microsoft e st e n e ffe t pe u critiquée dans le s

m édias français. Et, quand ce tte e ntre prise l'e st,

c'e st e n général par antiam éricanism e , par

te ch noph obie ou par fascination/répulsion pour son

fondate ur, BillGate s. Rie n de tout ce la ch e z ce t inform aticie n de h aut nive au, qui juge l'e ntre prise sur se s produits, m ais aussi à l'aune d'un idéal:

l'e spoir que la te ch nologie soit utilisée pour bâtir un m onde m e ille ur. L'inform atique doit être m ise au se rvice du plus grand nom bre , e t non accaparée pour le s plus grands profits du plus pe tit nom bre . C'e st au nom de ce tte conviction - large m e nt partagée - que Robe rto Di Cosm o défe nd, aux côtés de nom bre ux unive rsitaire s, la solution alte rnative d'une inform atique ouve rte , fondée sur le «logicie llibre ». J'ai com pris, ce m atin-là, à que lpoint nous, le s journaliste s, étions m alarm és pour décode r la propagande de s industrie ls de l'inform atique . Et j'ai m ie ux m e suré le décalage e ntre le s de ux rive s de l'Atlantique : au m om e nt où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse action antitrust de puis ce lle qui a abouti au

où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse
où le gouve rne m e nt am éricain m ène contre Microsoft la plus grosse

dém antèle m e nt d'AT & T, au m om e nt où l'opinion publique am éricaine e lle -m êm e com m e nce à ouvrir le s ye ux sur le ph énom ène Microsoft, la France , au nom de la m ode rnité, se livre pie ds e t poings liés au m onopoliste du logicie l. C'e st d'aille urs un re portage télévisé au journal de 20 h e ure s, un pe u avant Noë l1997, qui a poussé Robe rto Di Cosm o à sortir de son sile nce . On y voyait de s consom m ate urs français arpe nte r

le s allée s de s rayons inform atique s de s grande s surface s, e t le com m e ntaire ide ntifiait pure m e nt e t sim ple m e nt la « m ode rnité », l'inform atique ,

Inte rne t e t le m ultim édia produits Microsoft.

Di Cosm o e t se s pairs avaie nt l'h abitude de

glose r, e ntre e ux, sur la m auvaise qualité de s

program m e s de Microsoft, e t de dénonce r la façon dontl'e ntre prise grignotaitla sph ère Inte rne t. Mais ce s propos ne sortaie nt pas de s ce rcle s académ ique s. À l'h e ure où le s te ch nologie s de l'inform ation transform e nt à jam ais la m anière dont nous vivons, à l'h e ure où Inte rne t s'im pose com m e le systèm e ne rve ux de la planète , ilfallait que ce s opinions soie nt e xprim ée s à h aute e t inte lligible voix. D'où l'idée de ce livre d'e ntre tie ns, dém ontant le s m écanism e s, e t surtout le s te nants e t aboutissants d'un « h old-up »planétaire . Afin que le s utilisate urs de PC com pre nne nt pourquoi le ur m ach ine « plante » si souve nt. Afin que le s Français puisse nt décrypte r le s e nje ux du procès opposant l'État am éricain à Microsoft e t se s

conséque nce s possible s sur le m arch é

e n Europe . Afin que le s citoye ns épris de culture ,

aux PC équipés de

de l'e m ploi

possible s sur le m arch é e n Europe . Afin que le s citoye

de libe rté e tde transpare nce m e sure ntà que lpoint

le s

réalité de s ch oix de société qui affe cte nt autant -

sinon davantage - le s béotie ns que le s spécialiste s.

Afin, surtout, que

d'adm inistrations com m e d'e ntre prise s connaisse nt au m oins l'e xiste nce de solutions alte rnative s.

re sponsable s

e n

options

«te ch nologique s» déte rm ine nt

le s

Dom inique NORA

nce de solutions alte rnative s. re sponsable s e n options «te ch nologique s»

1

Big broth e r ?

Dom inique NORA : Microsoft e st e n position de quasi-m onopole sur ce rtains se cte urs de s te ch nologie s de l'in form ation, com m e le s systèm e s d'e xploitation e t le s logicie ls bure autique s, m ais se s ve nte s re prése nte nt m oins de 2 % du ch iffre d'affaire s de l'inform atique m ondiale . Pourquoi, alors, faudrait-ils'alarm e r de sa dom ination, com m e vous y invite z vos le cte urs toutau long de ce t ouvrage ?

DI COSMO : Ce 2 % n'e stpas le bon critère

à pre ndre e n considération. Ildonne la fausse

im pre ssion que l'édite ur de logicie ls Microsoft n'e st qu'une e ntre prise tout à fait m arginale , parce qu'e lle se re trouve noyée dans un e nse m ble d'activités disparate s e n rie n com parable s aux sie nne s, qui vontde l'asse m blage d'ordinate urs à la fabrication de s guich e ts autom atique s de s banque s

(h ardw are , softw are , se rvice s e t se m iconducte urs). D'autre s statistique s donne nt une appréciation plus juste de la puissance de Microsoft : le géant de Se attle réalise à lui tout se ul 41 % de s

nt une appréciation plus juste de la puissance de Microsoft : le géant de Se attle
nt une appréciation plus juste de la puissance de Microsoft : le géant de Se attle

bénéfice s de s dix pre m ie rs m ondiaux du logicie l, e t le s systèm e s d'e xploitation de Microsoft équipe nt plus de 85 % de s m icro-ordinate urs de la planète . En tout état de cause , le s ch iffre s ne donne nt pas la bonne m e sure du ph énom ène que je dénonce :

le contrôle d'une industrie aussi vaste que ce lle de l'inform atique ne passe pas forcém e nt par la conquête de 90 % de son ch iffre d'affaire s. Ce la se voittrès bie n dans le s révolutions : pour re nve rse r le pouvoir e n place , le s re be lle s ch e rch e nt-ils à pre ndre par le s arm e s tout le te rritoire du pays ?Non, ille ur suffit de conquérir ce s 0,1 % d'actifs nationaux considérés com m e stratégique s : la station de radio, la ch aîne de télévision, le rése au téléph onique e t que lque s institutions clés, com m e l'arm ée ou la banque ce ntrale . Dans la sph ère économ ique , c'e st la m êm e ch ose : ile xiste de s bie ns stratégique s plus im portants que d'autre s. Aujourd'h ui, l'e xpre ssion « société de l'inform ation » n'e st pas un vain m ot : ile st difficile de trouve r un bie n plus im portant que l'inform ation, de s se rvice s plus stratégique s que ce ux qui touch e ntà sa création, sa transm ission e t sa m anipulation. Si une se ule e ntre prise - e n l'occurre nce Microsoft - arrive , com m e e lle e n a l'am bition, à s'arroge r un quasi-m onopole sur la ch aîne m ondiale de l'inform ation e t de la com m unication, alors e lle re prése nte un dange r pour la dém ocratie . Le s systèm e s d'inform ation sontaujourd'h ui plus stratégique s que ne l'étaie nt, h ie r, le pétrole e t se s pipe line s. Ils ont pénétré notre vie quotidie nne : ce lle de s e ntre prise s, bie n sûr, m ais aussi de s particulie rs. Ils com m e nce nt

notre vie quotidie nne : ce lle de s e ntre prise s, bie n sûr,

déjà à déte rm ine r la façon dont on appre nd, dont on travaille , donton se distrait, donton se soigne , dont on consom m e e t aussi dont on form e son opinion.

Microsoft n'e st pourtant pas le se ulacte ur surpuissant de ce se cte ur. Le fabricant de m icroproce sse urs Inte ln'e st-ilpas dans une position à pe u près sim ilaire ?

Il e st vrai qu'Inte l, le ade r m ondial de s m icroproce sse urs, adopte le m êm e type de

stratégie de conquête

l'atte ntion de la Division antitrust du Départe m e nt am éricain de la justice . Microsoft e t Inte lse sont d'aille urs be aucoup re layés : Inte lproduit de s

puce s toujours plus puissante s, pour m otorise r de s logicie ls Microsofttoujours plus e ncom brants, qui à le ur tour vous oblige nt à ch ange r d'ordinate ur

e t donc à laisse r dans le s

caisse s de s de ux com plice s toujours plus de votre arge nt. D'où la référe nce au standard « W inte l»- contraction de W indows e t Inte l-, qui détie nt aujourd'h ui 90 % du m arch é de la m icro- inform atique . Mais le se m i-conducte ur e st m oins stratégique que le logicie l: ile stbie n plus facile de clone r une puce qu'un logicie lcom ple xe . Et ile st asse z élém e ntaire de « porte r », com m e on dit dans le jargon inform atique , un systèm e d'e xploitation d'une puce à l'autre , m êm e si le producte ur de la puce e ssaie de s'oppose r à ce s opérations par tous le s m oye ns, licite s ou pas 2. D'aille urs, AMD, Cyrix e t IBM produise nt de puis longte m ps de s puce s qui font tourne r W indows

toujours plus vite

qui attire égale m e nt

e t IBM produise nt de puis longte m ps de s puce s qui font

aussi bie n que ce lle s d'Inte l, e t pour bie n m oins

ch e r. En d'autre s te rm e s, ile stdifficile de contrôle r

la ch aîne de l'inform ation à partir du

m icroproce sse ur, m êm e si Inte lfait de s te ntative s

e n ce

conte nu qui acce pte nt que le ur site W e b soit « optim isé » pour le s puce s Inte l, c'e st-à-dire inutilisable par qui a ach e té un ordinate ur équipé d'une puce concurre nte '.

se ns e n offrant de l'arge nt aux édite urs de

Re ve nons à Microsoft.La com paraison ave c le m yth ique « Big Broth e r »d'Orw e lle st-e lle pe rtine nte ?

Elle e st e n de çà de la m e nace actue lle ! Dans 1984, le s cam éras de Big Broth e r e spionnaie nt le s

ge ns, m ais ce ux-ci re staie nt libre s de dissim ule r

le urs pe nsée s. Etsurtout, ils savaie ntqu'ils étaie nt

e spionnés e tétaie ntdonc sur le urs garde s, prêts à

se battre pour re conquérir le ur libe rté. Dans le

m onde inform atique m ode rne , par contre , le

citoye n utilise e n toute confiance le s te ch nologie s de l'inform ation pour sa corre spondance par

courrie r éle ctronique , pour com m unique r par téléph one m obile , pour planifie r se s déplace m e nts, pour rédige r se s note s, pour faire se s com pte s e t gére r son patrim oine , pour consom m e r - bre f, pour toute activité à la fois privée e t sociale . Le s

e ntre prise s, e lle s, confie nt tous le urs se cre ts stratégique s aux rése aux inform atique s. Or, ile st

te ch nique m e nt possible de garde r trace de toute s

ce s inform ations, à votre insu e tsans avoir re cours

à de s cam éras bie n visible s. Ile st facile de savoir,

par e xe m ple , qui Dom inique Nora a appe lé sur son

cours à de s cam éras bie n visible s. Ile st facile de savoir, par

portable à 3 h e ure s du m atin, ce tte nuit, où e lle se trouvait, que lle s note s e lle a e nsuite tapée s sur son ordinate ur, que lle e st la te ne ur de l'e -m ail

e nvoyé à son inte rlocute ur. Ce s donnée s ce rne nt évide m m e nt de plus près votre vie privée que le

sim ple fait de vous e spionne r ch e z vous, à l'aide

d'une cam éra aisém e nt re pérable

inform ations tom be nt e ntre le s m ains d'une se ule

e ntre prise . À côté de ça, croye z-m oi, le Big

Broth e r d'Orwe lln'e stqu'un e nfantde ch oe ur.

Surtout si ce s

Vous voule z dire que Microsoft a un plan diabolique pour contrôle r nos vie s ?

Non, rassure z-vous, je ne suis pas paranoïaque au pointde croire à une th éorie du com plot. Ce qui fait bouge r Microsoft, c'e st la pe ur panique de pe rdre sa position dom inante . Mais e n poussant à l'e xtrêm e sa de vise , qui e st : « Em brasse e t conquie rs » (e m brace and e xte nd), e t e n poursuivant son obje ctif affich é qui consiste à pre ndre le contrôle de toute la ch aîne de l'inform ation e t de la com m unication (c'e st-à-dire à courtte rm e d'Inte rne t), Microsofte ste n train de crée r un instrum e nt te ch nologique qui pourrait

e ffe ctive m e nt être utilisé pour contrôle r nos vie s.

Et une fois que l'instrum e nt e xiste , ilse trouve toujours que lqu'un - m êm e si ce n'e st pas Microsoft - pour l'utilise r ! Ile xiste d'aille urs un précéde nt intére ssant ave c le s virus : Microsoft a laissé dans son systèm e un grand nom bre de faille s sécuritaire s, qui ont été e nsuite e xploitée s par de s program m e urs de virus, au grand dam de tous (voir ch apitre 2).

s, qui ont été e nsuite e xploitée s par de s program m e urs

Si Microsoftréussite ffe ctive m e ntà dom ine r à la fois le s systèm e s d'e xploitation de s ordinate urs pe rsonne ls, le s rése aux de com m unication, le s program m e s de navigation e t l'inte llige nce de s se rve urs d'inform ation qui com pose nt le rése au Inte rne t, le groupe se ra dans une position bie n plus re doutable que ce lle d'une e ntité qui aurait, jadis, contrôlé toute s le s im prim e rie s du m onde ! Il auraite n e ffe tle pouvoir de décide r sournoise m e nt qui accède à que lle inform ation. N'ave z-vous pas déjà re m arqué qu'e n vous conne ctant sur le Ne t ave c le logicie lde navigation de son concurre nt Ne tscape , vous avie z du m alà lire ce rtains site s dont le conte nu e st « optim isé » pour l'Inte rne t Explore r de Microsoft ? Pourquoi ? Parce que Microsoft a su convaincre le s édite urs de conte nu que son fure te ur, Explore r, était de ve nu le standard, e tqu'ils avaie ntdonc intérêtà y adapte r le ur site W e b. Mais ce n'e st qu'un début : l'h égém onie de Microsoft sur le s m arch és de s systèm e s d'e xploitation, de s navigate urs e t de s se rve urs lui pe rm e ttrait de s'approprie r l'e nse m ble de s standards du rése au. Ilfaut savoir qu'Inte rne t fonctionne aujourd'h ui grâce à de s standards ouve rts, de s langage s, de s protocole s e t de s inte rface s publique s e t docum e ntée s : le langage édite ur H TML pour le s site s W e b, le protocole TCP/IP pour le s transm issions, le Be rk e le y Inte rne t Nam e Dae m on (qui vous pe rm e t de tape r « dm i.e ns.fr », plutôt que « 129.199.96.11 »), le langage Pe rlqui e st utilisé dans la vaste m ajorité de s se rve urs W e b, ne sontque que lque s e xe m ple s. Enle ve z à Inte rne t toute s se s com posante s basée s

de s se rve urs W e b, ne sontque que lque s e xe m

sur le s standards ouve rts e t le s logicie ls libre s, e t vous n'ave z tout sim ple m e nt plus d'Inte rne t ! Le s inte rface s ouve rte s e t publique s, le s procédure s propre m e nt docum e ntée s e t déve loppée s sans

l'e ntrave de considérations com m e rciale s ontété la

cle f de voûte du déve loppe m e nt de ce rése au de s

rése aux, qui pe rm e t aujourd'h ui à tout utilisate ur d'éch ange r libre m e nt de s inform ations ave c le

re ste du m onde , qu'ilutilise un Macintosh , un PC,

une station de travailSun, H P, Digital, IBM, Ne XT,

ou m êm e

un Minite l. Le jour où n'e xiste ront plus que de s se rve urs

W indowsNT, e t de s clie nts W indows 98 m uni du

navigate ur Inte rne t Explore r, qui pourrait nous

garantir que ce s m ach ine s ne se parle raie nt pas

« m icrosoftie n » ?

Ce la aurait de ux type s de conséque nce s.

Pre m ière m e nt, ce la m ine raità la base la possibilité d'inte ropérabilité, c'e st-à-dire de com patibilité e ntre différe nte s com posante s : aucun concurre nt ne pourraitpropose r de s produits qui travaille nte n h arm onie ave c le s produits Microsoft sans avoir accès à un dictionnaire de « m icrosoftie n »qu'on se garde raitbie n de le ur fournir. De uxièm e m e nt, sans ce dictionnaire , pe rsonne ne pourrait com pre ndre ni contrôle r ce que ce s

e ntre e lle s e xclusive m e nt e n

un Atari, un Am iga un vie ux te rm inal

m ach ine s se dise nt! Ce qui ouvriraitla voie à de s

dérive s très dange re use s pour la libe rté e t la vie privée de ch acun. Par e xe m ple , alors que vous lise z tranquille m e nt le s inform ations conte nue s sur un site W e b, votre m icro-ordinate ur pourrait, à votre insu, livre r au se rve ur que vous consulte z votre adre sse , votre âge , votre num éro de

ur pourrait, à votre insu, livre r au se rve ur que vous consulte z votre

téléph one , la puissance de votre m ach ine , le nive au de votre com pte e n banque , le conte nu de votre disque dur

Pourquoi le fe rait-il?

Parce que , dans une économ ie m ondialisée e t ultra-com pétitive , votre profilde consom m ation vaut de 1 or. Ce lui qui sait que lle s sont vos

inclinations culture lle s, que lle s ville s vous aim e z visite r, que ls produits vous attire nt, que ls sont le s

pourra vous

propose r le s bie ns e t le s se rvice s qui corre sponde nt e xacte m e nt à vos goûts. Ily a

d'aille urs déjà e u de s e xe m ple s de ce type sur le

W e b ave c ce s e nse m ble s de donnée s que l'on

appe lle de s cook ie s, qui pe rm e tte nt aux se rve urs de re constitue r à votre insu l'h istorique de vos déplace m e nts sur le W e b 4 . Ce s pratique s ont pu être ide ntifiée s e t dénoncée s, parce que ce s

te ch nologie s sont pour l'instant basée s sur de s

standards ouve rts, condition néce ssaire pour s'assure r que le s cook ie s sont acce ptés aussi bie n

par le navigate ur Ne tscape que par Inte rne t Explore r, Opéra, Lynx, e t tous le s autre s program m e s fure te urs e xistants. Mais si le s ordre s de transm ission sont e ncodés dans le se cre t com m e rciald'un langage propriétaire , pe rsonne ne se ra plus e n m e sure de savoir ce que son propre

m icro-ordinate ur « dit»au rése au. Le s e ntre prise s

qui re cue ille nt ce s donnée s e xplique nt que c'e st

Mais

pour notre bie n : pour de vance r nos désirs

ve ut-on rée lle m e nt se laisse r déposséde r de notre

libre arbitre au nom de ce t « angélism e »

m arch and ?

joue ts préférés de vos e nfants

r déposséde r de notre libre arbitre au nom de ce t « angélism e »

Le discours que vous te ne z procède souve nt, e n France , d'une ce rtaine frilosité. On critique Microsoftparce que l'on re doute l'im périalism e culture lam éricain, parce que l'on a pe ur de la m ondialisation dont Bill Gate s e st de ve nu l'e m blèm e , ou tout sim ple m e nt parce que l'on e st te rrorisé parla te ch nologie

Me s raisons pour critique r Microsoft sont be aucoup plus fondam e ntale s e t, je crois, m oins subje ctive s que ce la. J'aim e profondém e nt la te ch nologie , e tc'e stprécisém e ntpour ça que je ne pe ux supporte r de la voir pe rve rtie par une e ntre prise qui conçoit de m auvais produits, qu'e lle fait paye r ch e r à de s consom m ate urs qu'e lle asse rvit, une société qui - nous ve rrons com m e nt- m éprise se s clie nts, piège se s concurre nts e t étouffe l'innovation. Je form e , com m e be aucoup, le rêve d'un progrès te ch nologique accouch ant d'un m onde m e ille ur, plus libre , plus solidaire . Et j e pe ux vous dire que ce m onde -là ne re sse m ble e n rie n à ce lui dont«rêve »BillGate s. D'aille urs, souve ne z-vous de ce tte séque nce vidéo futuriste réalisée par Microsoft pour le salon inform atique am éricain Com de x, e t qui a été re diffusée par une ch aîne de télévision française , début 1996. Elle prése ntait, com m e m odèle de notre ave nir te ch nologique , un unive rs étriqué, m e rcantile e t policie r, qui n'a rie n d'un rêve m ais toutd'un cauch e m ar.

, un unive rs étriqué, m e rcantile e t policie r, qui n'a rie n

Si l'on fait le point, aujourd'h ui, que ls sont le s m arch és rée lle m e nt dom inés par Microsoft, e t ce ux qu'il e spère se ule m e nt conquérir ? Autre m e nt dit, dans le scénario catastroph e que vous décrive z, que lle e st la part de réalité obje ctive e t la part d'anticipation pe ssim iste ?

La situation e st claire : l'unive rs de s logicie ls pour m icroordinate urs e st la propriété quasi e xclusive de Microsoft. Ave c W indows 98, ce tte société dom ine ra probable m e ntd'ici un an 90 % à 95 % du m arch é de s systèm e s d'e xploitation e t de s logicie ls bure autique s. Aujourd'h ui, une m ajorité écrasante du grand public équipé possède un traite m e nt de

te xte W ord e tun table ur Exce l. Microsofte staussi de ve nu le pre m ie r édite ur de program m e s ludo- éducatifs sur CD-Rom , ave c plus d'une cinquantaine de titre s com m e l'e ncyclopédie Encarta ou le je u de sim ulation de volFligh t Sim ulator.

À partir de ce tte véritable forte re sse , Microsoft

te nte , par de s m oye ns discutable s, d'e xporte r son m onopole dans trois grande s dire ctions. Pre m ière m e nt, l'inform atique d'e ntre prise . Ave c la form idable accélération de la puissance de calcul de s m ach ine s, le s tâch e s qui étaie nt h ie r réalisée s par de très gros systèm e s pe uve nt aujourd'h ui être e ffe ctuée s par de s rése aux de PC. Microsoft propose aux e ntre prise s de le ur fournir un « systèm e ne rve ux num érique »basé sur le systèm e d'e xploitation W indowsNT (Ne w Te ch nlogy). Le groupe s'attaque là au m arch é traditionne lde s

le systèm e d'e xploitation W indowsNT (Ne w Te ch nlogy). Le groupe s'attaque là

IBM, Digital, Sun e t autre s H e wle tt Pack ard. De uxièm e ch am p de conquête : l'unive rs d'Inte rne t. Alors que Microsoftavaitcom m e ncé par ignore r le rése au, ile st de ve nu e n 1995 son principalaxe de déve loppe m e nt. Outre sa bagarre

pour le m arch é de s navigate urs, Microsoft ve ut place r se s logicie ls dans le s se rve urs W e b e t conçoit de s outils de déve loppe m e nt de conte nu pour le W e b. Son se rvice e n ligne Microsoft Ne twork ou MSN, qui n'a jam ais vraim e nt décollé,

e st e n train d'être re fondu e n portal: un portail d'e ntrée sur le Ne t, m sn.com 5, qui agrège de

l'audie nce pour la m onnaye r auprès d'annonce urs

site s parte naire s. Car

Microsoft e st déjà opérate ur de plus d'une quinzaine de site s W e b de conte nu e tde se rvice s :

le site MSNBC (e n parte nariat ave c la ch aîne de télévision NBC) e t la re vue éle ctronique Slate propose ntde l'inform ation ;le site Side walk e stun guide de sortie s pour dix grande s ville s am éricaine s, tandis que CarPoint ve nd de s voiture s, Expe dia de s voyage s, Inve stor prodigue de s conse ils financie rs e t H om e Advisor de s prêts im m obilie rs.

e t l'aiguille r

ve rs

de s

Pe ndantque toutle m onde a le s ye ux rivés sur le s m arch és d'aujourd'h ui, Microsoft te nte aussi d'inve nte r l'ave nir : la télévision de de m ain

La troisièm e piste d'e xpansion de l'e ntre prise consiste , e n e ffe t, à préfigure r - e t non pas à inve nte r, ce que Microsoft n'a jam ais su faire - ce que se ront le s m édias de de m ain. BillGate s sait

pas à inve nte r, ce que Microsoft n'a jam ais su faire - ce que

parfaite m e nt, e tc'e stsa principale angoisse , que le

m icroordinate ur ne constitue ra pas éte rne lle m e nt

l'unique porte d'accès à Inte rne t. Le s te rm inaux

d'accès vont se dive rsifie r. Microsoft te nte donc de pousse r sa solution e t se s standards sur tous le s créne aux ém e rge nts : W indows CE e stdéjà de ve nu le systèm e d'e xploitation standard de s age ndas éle ctronique s, m êm e si, com m e d'h abitude , le s

m e ille urs produits dans ce dom aine (com m e le

Palm Pilotou le Psion)ne l'utilise ntpas. De m ain, Microsoft ve ut qu ilsoit au coe ur de s de code urs pour la télévision inte ractive , de s console s de je u avancée s com m e la Dre am cast de

Se ga, de s téléph one s Inte rne t, de s porte -m onnaie éle ctronique s e tde s ordinate urs de voiture Pour m ie ux ce rne r l'évolution du m arch é de la télévision, Microsofta pris une participation dans le câblo-opérate ur am éricain Com cast e t, e n juille t 1998, dans le fabricant français de télévise urs Th om son Multim édia. La firm e de Se attle propose aujourd'h ui un décode ur com ple t, élaboré à partir de la te ch nologie W e b TV, qu'ila rach e tée . Le pre m ie r opérate ur am éricain de rése aux câblés TCI e n a déjà com m andé de grosse s quantités. Microsoft a égale m e nt pris, conjointe m e nt ave c Com paq, 20 % du capital de la société RoadRunne r, filiale de Tim e W arne r spécialisée dans l'accès Inte rne tpar rése au câblé. Dans un m onde où l'inte llige nce de toute s le s

m ach ine s num érique s qui nous e ntoure nt se rait

« m icrosoftisée », ch acun de nous paie rait

plusie urs fois par jour la « taxe Microsoft » :

allum ant son télévise ur ou son ordinate ur, e n téléph onant, e n faisant son sh opping sur le rése au, e n travaillant, e n conduisantsa voiture

e n

ur, e n téléph onant, e n faisant son sh opping sur le rése au, e

Par aille urs, BillGate s a inve sti dans le s

l'inform ation, à titre

te ch nologie s pe rsonne l.

de

Note z que je parle toujours de Microsoft e t rare m e nt de Bill Gate s. Gate s e st ce rte s cofondate ur e t propriétaire de 20 % du capitalde Microsoft, d'où une fortune évaluée à e nviron 340

m

illiards de francs. Mais le se nsationnalism e

m

édiatique qui e ntoure ce lui qui e st de ve nu

l'e ntre pre ne ur le plus rich e du m onde e st m alsain.

Pour le s uns, sa fortune e st un m otif de fascination ; pour le s autre s, une raison de le jalouse r, voire de le diabolise r. Ce tte

pe rsonnalisation risque finale m e nt d'occulte r

l'e sse ntie l: le s com porte m e nts répréh e nsible s de

Microsoft, qui e st dirigée non par un se ulh om m e ,

m ais par une équipe de m anage rs, dont le s trois

principaux sont Ste ve Ballm e r, dire cte ur général, Bob H e rbold, vice -préside nt e xécutif re sponsable de s opérations e t Nath an Myrvold, vice -préside nt e n ch arge de la te ch nologie .

Ile st vrai que BillGate s a, à titre pe rsonne l, inve sti dans de ux se cte urs de ce tte industrie qui

sont à la fois stratégique s e t très com plém e ntaire s du ch am p couve rt par Microsoft. Ce s ch oix

m ontre nt, s'ile n était be soin, le flair de Gate s e n

tant que busine ssm an. D'une part, Corbis, contrôlée à 100 % par BillGate s, a, au filde s ans, acquis pour pas ch e r le s droits de re production éle ctronique de que lque 20 m illions de table aux de grands m usée s (l'Erm itage à Saint-Péte rsbourg, la NationalGalle ry de Londre s) ou de ph otograph ie s

aux de grands m usée s (l'Erm itage à Saint-Péte rsbourg, la NationalGalle ry de Londre

h istorique s com m e ce lle s de s Arch ive s Be th m an de Ne w York . Aujourd'h ui, ile st rare qu'un num éro de s m agazine s Ne w sw e e k ou Tim e sorte sans au m oins une ph oto Corbis. Ilfaut bie n dire qu'au début, le s re sponsable s d'arch ive s e t de m usée s n'avaie nt aucune idée de la vraie vale ur de s droits de re production num érique d'oe uvre s d'art. Le s m édias éle ctronique s n'e xistant pas, ils n'im aginaie ntpas le s usage s qui pourraie nte n être faits. C'e st d'aille urs ainsi que Gate s a failli jadis acquérir de s droits de re production de s ch e fs- d'oe uvre du m usée du Louvre pour une bouch ée de pain D'autre part, la société Te le de sic, cofondée par Bill Gate s ave c l'e ntre pre ne ur am éricain Craig McCaw (qui a, lui, fait fortune dans la téléph onie m obile ), a le proje t de construire une sorte d'Inte rne t du cie l, e n lançant de ux ce nt quatre vingt-h uit sate llite s de com m unication e n orbite basse . Ce tte infrastructure de transportde la voix e t de s donnée s à très h aut débit pourrait, à partir de l'an 2003, concurre nce r le s rése aux te rre stre s de s opérate urs de télécom m unications classique s. Le groupe de com m unication Motorola, qui m e nait jusqu'e n m ai 1998 un proje t concurre nt, vie nt de se rallie r à ce ch antie r à 54

m illiards de francs

lice nce : le proje tSk ybridge de l'Am éricain Lorale t

du Français Alcate l.

Se uladve rsaire e ncore e n

Ilparaît incroyable que l'on ne découvre le

« problèm e » Microsoft que si tardive m e nt.

Com m e ntce tte start-up de Se attle a-t-e lle , e n

vingt-trois ans d'e xiste nce , bâti un m onopole planétaire de s systèm e s d'e xploitation ?

a-t-e lle , e n vingt-trois ans d'e xiste nce , bâti un m onopole planétaire

Pour com m e nce r, séparons la véritable h istoire de Microsoftde sa gangue de m yth e s. BillGate s e t son cam arade d'école , Paul Alle n, n'ont pas, com m e on le ditsouve nt, «inve nté »le langage de

program m ation Basic, qui e stdû à Joh n Ke m e ny e t Th om as Kurtz (1964, Dartm outh Colle ge ). Ils ont sim ple m e nt créé un « inte rpréte ur » de langage Basic, pour le s pre m ie rs m icro-ordinate urs Altair. Re plaçons-nous un m om e nt dans le conte xte de ce s année s soixante -dix. Pour qui n'était pas la CIA, la NASA ou la Bank ofAm e rica, l'inform atique

était alors tout

à fait h ors de portée . Se uls le s

gouve rne m e nts, le s très grande s e ntre prise s, le s

institutions bancaire s pouvaie nt s'équipe r de ce s énorm e s systèm e s, qui occupaie nt de s salle s

e ntière s. D'aille urs, à l'époque , IBM ne ve ndaitpas

se s ordinate urs, m ais le s louait e t faisait signe r à

se s clie nts de s contrats de m ainte nance . IBM

garantissait la qualité du produit e t se ch arge ait de s dépannage s. D'où son pre stige auprès de s

clie nts

e t aussi l'accum ulation d'énorm e s

bénéfice s. Mais, ave c le proje t d'e xpédition sur la

lune , ila bie n fallu conce voir de s m ach ine s qui ne pèse nt pas de s tonne s, pour le s e m barque r dans l'e space . L'arge nt du contribuable am éricain a été

e m ployé à m e ttre au point le s pre m ie rs circuits

intégrés : le s pre m ière s puce s de silicium , dont le

coût s'e st progre ssive m e nt réduit. Et de pe tite s boutique s se sont m ise s à asse m ble r ce s com posants éle ctronique s désorm ais disponible s sur le m arch é. C'e st de ce bouillonne m e nt

e ntre pre ne urialque sont nés le s pre m ie rs PC, com m e l'Apple II e n Californie ou le Micrale n

m e nt e ntre pre ne urialque sont nés le s pre m ie rs

France . Notons ici qu'au départ, PC était un te rm e générique signifiant Pe rsonalCom pute r, c'e stà-dire ordinate ur pe rsonne l. Ce n'e st que dans le s de rnière s année s que ce m ot a été détourné pour ne plus désigne r que le s m icro-ordinate urs IBM e t

com patible s, c'e st-à-dire équipés de puce s Inte l. En toutcas, à se s débuts, le PC étaitun truc de passionnés. Une m ach ine pe u m aniable , sur laque lle ilfallait se livre r à de s tas de m anoe uvre s com pliquée s pour calcule r 2+ 2 ! Iln'y avait pas e ncore de quoi affole r IBM. Ce n'e stque ve rs la fin de s année s soixante -dix, ave c l'apparition de program m e s com m e Visicalc, que pe tite s e ntre prise s e t com m e rçants se sont m is à te nir

le

ur com ptabilité sur m icro-ordinate urs. De s

m

odèle s statistique s e t financie rs com ple xe s qui,

auparavant, néce ssitaie nt quarante bonsh om m e s

re portant de s ch iffre s sur un table au noir, étaie nt

toutà coup disponible s à très bon m arch é. Ave c le s Apple e t le s pre m ie rs Com m odore , donc, un vrai busine ss ém e rge ait. Soucie ux de garde r son quasi-m onopole sur l'industrie , le géant IBM a tout de suite voulu bloque r l'e ssor de ce s

pe tits concurre nts. Illui fallait d'urge nce sortir un

produitm aison

m êm e s'ilne croyaitpas vraim e nt

au PC. Ile xiste une pre uve flagrante du m anque de

foi d'IBM dans le m icro-ordinate ur. Alors que toute s

se s grosse s m ach ine s étaie nt intégrale m e nt

com posée s de pièce s m aison jusqu'aux vis fe rm ant

le s capots ! -, le s pre m ie rs IBM-PC, au contraire ,

n'avaie nt d'IBM

que le clavie r. Le re ste avait été

trouvé sur le m arch é : Inte l avait fourni le proce sse ur 8088, e t Microsoft, une start-up créée e n 1975, avait été sollicitée pour le systèm e

avait fourni le proce sse ur 8088, e t Microsoft, une start-up créée e n 1975,

d'e xploitation. Pourquoi Microsoft ? Iln'y avait pas grande rationalité à faire ce ch oix, puisque Alle n e t Gate s ne travaillaie ntpas du tout, à l'époque , sur ce type de produits e t qu'il e xistait par aille urs de s systèm e s d'e xploitation pour PC asse z bie n conçus e t pe rform ants, com m e le CP-M de Digital Re se arch . Qu'à ce la ne tie nne : IBM ne connaissait pas grand-ch ose à ce créne au du m arch é e t Microsoft, saisissantl'opportunité, a ach e té (e tnon pas inve nté, com m e le voudrait la lége nde ) pour 50 000 dollars le systèm e Q -DOS d'une PME appe lée Se attle Com pute r. Acronym e qui signifiait ave c h um our « Quick (rapide ) and Dirty (sale ) Ope rating Syste m ». Microsofte n a faitMS-DOS, dontIBM a acquis la lice nce . L'IBM-PC étaitde bie n m oins bonne qualité que l'Apple II, m ais la puissance com m e rciale e tle se rvice d'IBM ont fait la différe nce . Le s ve nde urs IBM disaie nt e n substance à le urs clie nts pre ne z

nos PC. S'ils tom be nt e n

panne , nous nous

e ngage ons à le s répare r ou à le s éch ange r dans le s quarante -h uit h e ure s. Le s Apple II, e ux, étaie nt

ve ndus par le s gars qui distribuaie nt

Mais IBM n'a jam ais pris ce tte affaire de PC au série ux : le m am m outh n'a pas pris la pe ine d'ach e te r MS-DOS, ni m êm e de s'e n assure r l'e xclusivité. Résultat : Microsoft a e nsuite pu ve ndre MS-DOS - puis son succe sse ur W indows - à tous le s concurre nts de « Big Blue », com m e on surnom m ait alors IBM. À l'époque , le s constructe urs de m ach ine s dom inaie nt l'industrie . Pe rsonne ne se doutait qu'ave c la standardisation autour de s produits Inte le tMicrosofte tl'apparition

de la h i-fi !

ne se doutait qu'ave c la standardisation autour de s produits Inte le tMicrosofte tl'apparition de

e t le se

conce ntre raie nt dans le s puce s e t le s systèm e s

de s clone urs asiatique s, tous

pouvoir - de

le s

profits

-

la

m icroinform atique

d'e xploitation. Vous connaisse z la suite .

La form idable réussite de Microsoftne pe ut pourtant pas être réduite à une série de h asards e t de coups de ch ance . Que lle s sont le s qualités dont BillGate s e t son équipe ont su faire pre uve pour réussir ?

On a déjà vu, ave c l'e xe m ple IBM, que le s fondate urs de Microsoft étaie nt dès le départ de s

h om m e s d'affaire s pragm atique s, plutôt que de s

visionnaire s de la te ch nologie . Ils ont su re m arquable m e nt bie n ide ntifie r le s opportunités,

e t occupe r la place avant le s autre s, fût-ce ave c

de s produits m édiocre s. Si bie n que de puis dix ans, Microsoft affich e une croissance annue lle m oye nne de son ch iffre d'affaire s de 42 % , e t de se s profits de 48 % . Pour l'e xe rcice clos e n juin 1998, Microsoft a réalisé 4,5 m illiards de dollars (27 m illiards de francs) de bénéfice ne t sur un ch iffre d'affaire s de 14,48 m illiards de dollars (87 m illiards de francs). Ne sach antplus quoi faire de sa pile de cash , qui dépasse le s 60 m illiards de dollars, la société rach ète m assive m e ntse s propre s actions. Ilfaut e n tout cas re connaître à Microsoft ce tale ntparticulie r de toujours colle r parfaite m e ntau m arch é, ce qui n'a m alh e ure use m e nt rie n à voir ave c la qualité de se s produits. Sa réactivité face à la m ontée du ph énom ène Inte rne t, par e xe m ple , a été spe ctaculaire . Microsoft n'a vraim e nt pris conscie nce du pote ntie l de ce rése au m ondial

e xe m ple , a été spe ctaculaire . Microsoft n'a vraim e nt pris

qu'ave c la popularité croissante du navigate ur de Ne tscape . En 1995, iln'a fallu que que lque s m ois à ce m astodonte de vingt-cinq m ille e m ployés pour

vire r sur l'aile e t faire d'Inte rne t son axe de déve loppe m e nt privilégié. L'inform atique e n rése au lui étaitpourtanttotale m e ntétrangère . La pre uve :

le s pre m ière s ve rsions de son table ur Exce lne

prévoyaie nt pas la faculté, pour de s utilisate urs de différe nts pays, d'éch ange r de s donnée s. Le «

langage de m acros » - un pe tit langage de program m ation utile pour m anipule r le s fe uille s de calcul- était codé dans la langue du pays où le produit était distribué, si bie n que le s table urs Exce ld'un Français e t d'un Anglais, par e xe m ple , ne se com pre naie nt pas, alors qu'une élève de pre m ière année d'inform atique à l'unive rsité aurait su com m e nt s'y pre ndre pour qu'ils puisse nt com m unique r corre cte m e nt! Mais Microsoft, au fildu te m ps, a acquis une

re

m arquable aptitude à transform e r de s éch e cs

te

ch nique s e n succès com m e rciaux. Si se s

nouve aux logicie ls sont souve nt catastroph ique s, l'artille rie lourde du m ark e ting arrive à le s ve ndre

quand m êm e , e n atte ndant que le s ve rsions suivante s corrige nt pe u à pe u le s bugs pour e n faire de s produits plus stable s, éve ntue lle m e nt e n rach e tant ou e n copiant le s produits souve nt

concurre nts. Microsoft a ainsi

réussi la proue sse de faire considére r le s défauts de se s logicie ls com m e norm aux, e t la corre ction de se s défauts com m e de s pe rcée s te ch nologique s. Mie ux : c'e st le consom m ate ur qui paie le proce ssus d'am élioration ! Aujourd'h ui, l'e ntre prise e st si rich e qu'e lle pe ut

m e ille urs

de

se s

ssus d'am élioration ! Aujourd'h ui, l'e ntre prise e st si rich e qu'e lle

se pe rm e ttre de tâtonne r e t d'inve stir que lque s ce ntaine s de m illions de dollars à droite ou à

gauch e , juste pour voir

on le m odifie jusqu'à ce que ça m arch e . C'e st

e xacte m e nt ce qui s'e st passé ave c le se rvice e n

ligne MSN. En 1994, Microsoft s'im aginait qu'illui suffirait de lance r un se rvice e n ligne propriétaire , ave c une icône d'accès dans W indows, pour s'im pose r face aux ténors du se cte ur com m e Am e rica Online . Pourtant, m i-1998, MSN plafonne à 2 m illions de m e m bre s, contre 13 m illions pour

AOL. Le se rvice français MSN a été fusionné ave c le se rvice W anadoo de France Télécom ; le se rvice alle m and fe rm é. Alors, e ncore une fois, ce qu'ilne pe utpas obte nir par se s m érite s propre s, Microsoft le rach ète : l'e ntre prise a acquis, aux États-Unis, le se rvice de courrie r éle ctronique gratuitH otMail, qui com pte 9 m illions de m e m bre s. En dépitde son succès spe ctaculaire , la firm e de Se attle a été m ainte nue par se s dirige ants dans un état de paranoïa m obilisatrice . « Se uls le s paranoïaque s survive nt », aim e à répéte r le cofondate ur d'Inte l, Andy Grove . Le s dirige ants de Microsoft sont m otivés par ce se ntim e nt de

vulnérabilité

De puis son introduction e n bourse , e n 1986, la vale ur de l'action a été m ultipliée par plus de 300 !

Si le proje tn'aboutitpas,

e t aussi par le urs stock s-options.

Le s offe nsive s de Microsoft e t de BillGate s réussiront-e lle s dans tous le s dom aine s ?

de s produits

Microsoftpour se re ndre com pte que ce « risque »

e st bie n rée l. La pre m ière ve rsion du table ur Exce l

Il suffit

de

re garde r l'h istoire

que ce « risque » e st bie n rée l. La pre m ière ve

conte nait de te lle s e rre urs de conce ption que

j'aurais m is un 0 pointé à l'un de m e s étudiants s'il l'avait écrite . Or, Exce ltie nt aujourd'h ui e n France plus de 87 % de ce m arch é. Le systèm e d'e xploitation W indows 3.0 avait au m oins dix ans de re tard sur le Mac OS d'Apple ;se s succe sse urs

W indows 95 e t W indows 98 contrôle nt aujourd'h ui

90 % du m arch é m ondial, contre m oins de 4 % à

Apple . Re garde z égale m e nt ce qui se passe sur le s

se

rve urs d'e ntre prise : le systèm e d'e xploitation

W

indowsNT de Microsoft a, e n de ux ans, déjà

grignoté 36 % du m arch é de s nouve aux se rve urs (Unix continue ce pe ndantà dom ine r ce m arch é, e n

raison de sa base installée ). Mêm e ch ose pour le fure te ur Inte rne t Explore r qui a, e n m oins de quatre ans, gobé 55 % du m arch é. Dans tous le s cas, le s produits Microsoft étaie nt, au départ, très ne tte m e nt inférie urs à ce ux de la concurre nce , e t dans ce rtains cas, ils le de m e ure nt e ncore aujourd'h ui. Ce tte longue série de précéde nts m ilite pour la plus grande vigilance : ile st e n e ffe t très facile d'im pose r un m auvais produit e n liant sa ve nte à

ce lle d'un produit sur le que l vous ave z le

Si Microsoftavaitconquis ce s m arch és

m onopole

loyale m e nt ave c de bons program m e s, fabriqués dans le s règle s de l'art, si l'e ntre prise ne confortait sa puissance que par son e xce lle nce , pe rsonne n'y

trouve rait rie n à re dire . Or, le Départe m e nt am éricain de la justice a ouve rt une procédure antitrust contre Microsoft dès 1993. Ils'agit de la plus grosse e nquête m e née , de puis de ux déce nnie s, après le s e xe m ple s fam e ux de la com pagnie pétrolière Standard Oil(1911) 6 , du

, de puis de ux déce nnie s, après le s e xe m ple s

constructe ur inform atique IBM (1984, m e née par la CEE) e tde l'opérate ur téléph onique AT & T (1988). Pourquoi, s'iln'y avaitpas un problèm e grave ave c le s pratique s de Microsoft, un gouve rne m e nt qui révère le libéralism e économ ique e télève le succès e ntre pre ne urial au rang de vale ur suprêm e ch e rch e rait-ilà rogne r le s aile s d'une de se s plus be lle s sociétés ?

Faisons le point sur ce s actions e n justice .

Qu'e st-ce

qui

e st e xacte m e nt re proch é

à

Microsoft?

Dans la saga juridique de Microsoft, il faut

distingue r la plainte du gouve rne m e nt, ce lle de s

e t ce lle s de se s nom bre ux

concurre nts e t parte naire s floués. Nous ve rrons plus loin que ce rtains d'e ntre e ux accuse nt Microsoftde m odifie r se s logicie ls pour m e ttre h ors je u le s produits concurre nts. VingtÉtats am éricains se sont par aille urs re groupés pour e nquête r aussi sur le s abus de position dom inante de Microsoftsur le m arch é de s logicie ls bure autique s, com m e Office . Pour ce qui e stdu gouve rne m e nt, précisons d'abord le cale ndrie r. L'offe nsive du Départe m e nt am éricain de la justice a com m e ncé dès 1993. Mais de ux longue s année s d'e nquête n'ontdébouch é, e n 1995, que sur un arrange m e nt à l'am iable , ou « Conse nt De cre e », de portée réduite . La division antitrust du départe m e nt de la justice e stim e aujourd'h ui que Microsoft n'e n a pas re spe cté le s te rm e s. D'où le s plainte s déposée s e n m ai 1997. Et la poursuite d'une e nquête plus large sur le s com porte m e nts com m e rciaux de Microsoft.

États am éricains

Et la poursuite d'une e nquête plus large sur le s com porte m e nts

Pour résum e r sim ple m e nt de s année s d'accum ulation de docum e nts e t de s procédure s juridique s com ple xe s, le gouve rne m e nt am éricain

re proch e à Microsoft trois type s de ch ose :

pre m ière m e nt, le fait d'im pose r à se s parte naire s, le s constructe urs inform atique s, de s contrats léonins e xclusifs. Le s De ll, Com paq e t autre s IBM n'ont appare m m e nt pas le droit, s'ils ve ule nt

com pétitifs, de

ve ndre de s m icro-ordinate urs dépourvus du systèm e d'e xploitation W indows, ou m unis d'un autre navigate ur qu'Inte rne t Explore r. Ce qui prive le clie nt finalde ch oix (voir le s détails au ch apitre

3).

Ce vole t-là de la plainte se m ble le m oins difficile

à prouve r on se ditque le s parte naire s de Microsoft e ux-m êm e s ne se raie ntpas fâch és de re pre ndre un pe u de m arge de m anoe uvre par rapport au géant

du logicie l. Mais la crainte de rétorsion e st très forte : dans le m arch é du m atérie l, à la différe nce du m arch é du logicie l, le s m arge s sonttrès faible s, e t pe rsonne ne pe ut pre ndre le risque de se voir privé d'une lice nce Microsoft plus avantage use . Ch aque constructe ur atte nd donc qu'un autre je tte

à Microsoftla pre m ière pie rre . De uxièm e m e nt, le gouve rne m e nt re proch e à

obte nir le s logicie ls à de s prix

Microsoft de lie r la diffusion de se s nouve aux logicie ls à W indows, sur le que ll'e ntre prise e st e n quasi-m onopole . Ce la ve ut dire que , pour ch acun de se s produits liés - h ie r le program m e de bure autique Office , aujourd'h ui le navigate ur

Explore r ou le logicie ld'age nda Outlook

qui sait, un program m e de re connaissance vocale -,

plus un concurre nt n'e st e n m e sure de

de m ain,

nda Outlook qui sait, un program m e de re connaissance vocale -, plus un concurre

concurre nce r Microsoft, m êm e ave c une offre de très bonne qualité. Enfin, un e nse m ble de pratique s coe rcitive s e nve rs Inte l, IBM, Apple , aussi bie n que le s fournisse urs d'accès à Inte rne t, le s édite urs de conte nu sur le W e b ou ce rtains conce pte urs de logicie ls de transm ission audio e t vidéo sur le Ne t sontdans le collim ate ur de s h om m e s de l'antitrust. Mais la justice e ntre là sur un te rrain délicat, puisqu'ily a très pe u de jurisprude nce e n m atière de h aute s te ch nologie s. EtMicrosofte n profite pour e ssaye r de faire passe r ce s évolutions de W indows pour de l'innovation dans l'intérêt du consom m ate ur. Aux États-Unis, ce pe tit je u risque de se révéle r gagnant: ila déjà été facile de faire dire à la Cour suprêm e qu'iln'appartie nt pas aux juge s de définir que lle s fonctionnalités un systèm e d'e xploitation inform atique de vait com porte r. Le problèm e e st que ce s argutie s juridique s m asque nt le s vrais e nje ux d'un contrôle m onopoliste de l'inform ation.

Qu'e spére z-vous de la justice am éricaine ?

m on

étonne m e nt de vant de s tribunaux qui, quand ils juge nt ce rtains agisse m e nts illégaux, n'im pose nt

pas au coupable de dom m age s e t intérêts conséque nts. Or, c'e st e xacte m e nt ce qui s'e st

passé e n 1995. Car, au lie u de se voir inflige r une am e nde financière , Microsoft a sim ple m e nt dû signe r un accord à l'am iable prom e ttant de m ie ux

se te nir

passe

vole ur de

com m e si un

sa form ulation

Accord qu'ila e nsuite pu contourne r, tant

Laisse z-m oi

tout

d'abord

e xprim e r

était im précise .

Tout

se

tribunal juge ant un

e nsuite pu contourne r, tant Laisse z-m oi tout d'abord e xprim e r était

qu'il

pe ut garde r le véh icule , à condition de ne plus jam ais vole r ce tte m êm e voiture , e xacte m e ntde la

m êm e façon !

Pour re ve nir au fond, la décision la plus e fficace - ce lle à laque lle appe lle Ralph Nade r, le célèbre défe nse ur am éricain de la cause de s consom m ate urs - se rait de scinde r Microsoft e n plusie urs divisions. On pe ut im agine r de s filiale s spécialisée s par se cte ur : un, le s systèm e s d'e xploitation ;de ux, le s logicie ls de bure autique ;

trois, le s activités Inte rne t. Après tout, Standard Oilavaitété coupé e n 33 ! Une te lle re structuration se rait d'aille urs bonne pour l'e ntre prise : ce la oblige rait le s program m e urs à conce voir, publie r e t utilise r de s inte rface s claire s e ntre le urs logicie ls. C'e st-à-dire à m ie ux écrire le s program m e s. Évide m m e nt, ce la force rait aussi ch acun de ce s produits à conquérir de s parts de m arch é sur se s

Me rce de s pris e n flagrantdélit, lui e xpliquait

m

érite s propre s

e tnon plus e n faisantjoue r le «

le

vie r »W indows.

Vous

croye z

vraim e nt

qu'un

tribunal

pourraitcasse r Microsofte n m orce aux ?

de s sociétés

séparée s. Ce s divisions pourraie nt garde r de s actionnaire s com m uns, à condition que le urs

m anage m e nts soie nt distincts e t surtout qu'e lle s

n'éch ange nt pas e ntre e lle s d'inform ations privilégiée s. Ce la s'e st déjà produit pour IBM

à

l'époque , Big Blue fournissait à la fois le s grosse s

m ach ine s, le urs systèm e s d'e xploitation e t le s

com m e

logicie ls

Il n'e st

pas

be soin

d'e n

faire

:

d'application.

De s
De s

concurre nts

Am dh alte ntaie nt de ve ndre aux e ntre prise s le m êm e type de m ach ine s, m e ille ur m arch é. IBM a alors m odifié se s program m e s d'applications pour qu'ils ne fonctionne nt pas ave c le s ordinate urs Am dh al. C'était facile dans la m e sure où l'inte rface e ntre le logicie le t la m ach ine était se crète . Le juge m e nt de 1985 a obligé IBM à sépare r se s activités m atérie lle s, systèm e s d'e xploitation e t logicie l, à garde r de s inte rface s ouve rte s e ntre le s trois e ntités e t à fournir le s m êm e s inform ations aux concurre nts qu'à se s propre s filiale s. Ce qui fut appliqué à la le ttre '.

Plus générale m e nt, la justice pe ut-e lle avoir prise sur de s se cte urs te ch nologique s évoluantà la vite sse de la lum ière ?

La vite sse e st e ffe ctive m e nt cruciale . Dans

l'industrie inform atique , le te m ps e st une que stion de vie ou de m ort : six m ois suffise nt pour construire un m onopole e t tue r la concurre nce . Si la justice arrive trop tard, ce rtaine s options ne sont

Im possible , par e xe m ple , de

plus disponible s

déclare r W indows 98 illégalquand ile stinstallé sur la m oitié de s m icro-ordinate urs de la planète !

C'e st pourquoi le Départe m e nt

justice ve ut aujourd'h ui alle r très vite : ila insisté pour que le procès dém arre e n se pte m bre 1998. Microsoft, au contraire , ne ce sse de de m ande r de s délais, sous préte xte de m ie ux se prépare r au procès, m ais surtout pour ve ndre un m axim um de copie s de W indows 98 ave c Explore r intégré, avant toute décision de justice . D'aille urs, m êm e si le s

am éricain de la

indows 98 ave c Explore r intégré, avant toute décision de justice . D'aille urs, m

tribunaux donne nt d'abord

gouve rne m e nt, Microsoft porte ra e nsuite l'affaire de vant la cour d'appe ldu district de Colum bia, qui ne se prononce rait sûre m e nt pas avant le printe m ps 1999 ; puis éve ntue lle m e nt de vant la

Cour suprêm e , qui statue rait e n l'an 2000

D'ici

au

raison

là, Microsoft aura sorti un W indows 2000, e t le juge m e nt aurait le m êm e e ffe t insignifiant que le Conse ntDe cre e de 1995 !

La Com m ission e uropée nne de vrait-e lle , à votre avis,se m êle r de ce débat?

Tout à fait. À la lim ite , on pe ut com pre ndre que la justice am éricaine se m ontre clém e nte e nve rs l'une de s e ntre prise s qui fait re ntre r le plus de dollars aux États-Unis. Mais l'Europe , e lle , de vrait réagir de m anière plus indépe ndante e t plus forte .

Car, alors que Microsoft réalise plus de 58 % de son ch iffre d'affaire s à l'inte rnational, l'e sse ntie lde la vale ur ajoutée produite par l'e ntre prise re tourne aux États-Unis. Or, e n 1995, le s autorités e uropée nne s, qui avaie nt e ffe ctué le ur propre inve stigation, se sont conte ntée s de réprim ande r Microsoft pour se s com porte m e nts, sans lui inflige r de réparation financière . Pire : e lle s ont copié le s

te rm e s du Conse nt De cre e am éricain

faille s juridique s pe rm e ttant à Microsoft de passe r

jusqu'aux

outre . Ilse m ble que la Com m ission e uropée nne se soit e ntre -te m ps re ssaisie , e t m ène une e nquête d'e nve rgure sur le s pratique s doute use s de Microsoft. Mais, là e ncore , toute stune que stion de vite sse . Etde puissance de lobbying.

pratique s doute use s de Microsoft. Mais, là e ncore , toute stune que stion

«

Le s arbre s ne m onte nt pas jusqu'au cie l

», ditun dicton populaire . L'e m pire Microsoft ne va-t-ilpas s 'écroule r nature lle m e nt sous son propre poids, com m e jadis l'Em pire rom ain,ou plus réce m m e ntIBM ?

J'e n doute . Dire que de s géants com m e IBM, AT

& T ou Standard Oilontpe rdu du pouvoir toutse uls

e st e rroné. Ce sont d'énorm e s bataille s antitrust

qui ont affaibli ce s groupe s. D'aille urs, Microsoft

e m ploie de s m éth ode s qui sont asse z sim ilaire s à ce lle s de la Standard Oil, qui construisit de s pipe line s e n copiant ce ux de son concurre nt

Tide wate r, puis baissa considérable m e nt le s prix pour le tue r 'Je ne connais pas d'e xe m ple

d'e ntre prise m onopolistique dont le pouvoir se soit érodé toutse ul.

Mais

il

y

a

un

autre

élém e nt im portant :

Microsoft e st tout e ntie r tourné ve rs la conquête . Son but n'e st pas de faire de bons logicie ls, m ais de faire le m axim um de bénéfice s e tde régne r sur tous le s m arch és dans le sque ls ile ntre : d'abord

le s systèm e s d'e xploitation, puis le s applications

qui tourne nt de ssus, puis Inte rne t, puis le s transactions sur Inte rne t, puis la télévision inte ractive , e tc. La culture de Microsoft e st

ve rs

e ntière m e nt

concurre nce e t le m aintie n de son m onopole . Le déve loppe m e nt de se s produits n'e st pas dicté par

le souci d'anticipe r le s be soins de s consom m ate urs,

m ais par la logique financière : quand faut-ilsortir

le nouve au W indows pour assure r une

m axim isation de s profits ? Que lcréne au faut-il

occupe r pour e m pêch e r Ne tscape ou Sun

te ndue

l'éradication

de

la

de s profits ? Que lcréne au faut-il occupe r pour e m pêch e r

Microsyste m s de trouve r une faille dans notre cuirasse ?IBM, lui, ne raccourcissait pas le te m ps de déve loppe m e ntde te lou te lproduitsim ple m e nt pour arrive r sur le m arch é à une date précise .

Vous ne croye z pas à la régulation libérale ,

qui ve ut que la concurre nce sur le s m arch és

fasse

produits au m e ille ur prix ?

m e ille urs

forcém e nt

ém e rge r

le s

Non, parce que ce la ne corre spond pas à la réalité. Pre m ière m e nt, l'économ ie de m arch é n'e ncourage pas à déve loppe r le s m e ille urs produits (voir ch apitre 2). De uxièm e m e nt, la concurre nce n'e st e fficace que quand le s acte urs sont pe tits e t ont un pouvoir lim ité, c'e st-à-dire , quand il n'y a pas de m onopole s. Mêm e le s libéraux le s plus convaincus e n sont conscie nts, e t c'e st pour ça que , au paradis du capitalism e , vous trouve z de s lois antim onopole com m e le Sh e rm an Act. Or, le s ch am pions du m odèle libéral, le s grosse s e ntre prise s am éricaine s, sont au contraire le s pre m ie rs à viole r le s règle s de m arch é quand e lle s dom ine nt un se cte ur, e t ont le s m oye ns de capture r le s consom m ate urs. Elle s save nt que la com pétition e t la concurre nce pe uve nt re m e ttre e n je u le ur préém ine nce e t le ur capacité à im pose r une taxe m onopoliste . D'aille urs, l'obje ctif de Microsoftse m ble bie n être de se m e ttre e n position de pe rce voir ce tte taxe , sans m êm e avoir à ve ndre le produit : de passe r d'un m odèle de ve nte de logicie ls à l'unité à ce lui d'une re nte sur le s flux d'inform ation !

r d'un m odèle de ve nte de logicie ls à l'unité à ce lui d'une

Ce tte course folle de s industrie s de l'in form ation, où le s m arch és e tle s te ndance s se font e t se défont e n que lque s m ois, n'e st-e lle pas le m e ille ur garantqu'un com pétite ur ve nu de nulle part, com m e Ne tscape , déstabilise de m ain Microsoft?

L'argum e nt de Microsoft qui consiste à dire « nous ne som m e s pas un m onopole parce que Ne tscape a pu se déve loppe r com m e ill'a fait»e st tout à fait risible . Le navigate ur de Ne tscape ne se positionnait e n e ffe t pas du tout sur le m êm e créne au que W indows, e t iln'était donc pas un com pétite ur dire ct de Microsoft. C'e st au contraire Microsoftqui a décidé de de ve nir un com pétite ur de Ne tscape e n rach e tant à la société Spyglass le s droits sur le navigate ur Mosaic, qui e st de ve nu Inte rne t Explore r. Ce t argum e nt de Microsoft e st surtout révélate ur de l'obje ctif affich é de

l'e ntre prise : obte nir le m onopole non se ule m e nt de s systèm e s d'e xploitation pour m icro-ordinate urs, non se ule m e nt de s suite s bure autique s, m ais de la planète de s te ch nologie s de l'inform ation dans se s

m oindre s re coins. Oui, ce m onde bouge très vite . Mais Microsoft a

dém ontré à plusie urs re prise s sa capacité à épouse r

ce s ryth m e s e t à re définir sa stratégie à ch aque

grande infle xion, afin de m e ttre à profit la m oindre occasion d'éte ndre son m onopole à de nouve aux dom aine s. Alors, pe rsonne ne pe ut série use m e nt prédire si ou com m e ntMicrosoftva se faire double r par un concurre nt. D'autantque la dom ination de la sph ère Inte rne t dote rait l'e ntre prise d'arm e s sans précéde nt : un véritable « arse nalnucléaire ». On

ère Inte rne t dote rait l'e ntre prise d'arm e s sans précéde nt :

un nouve lunive rs, dont le s lois

économ ique s re ste nt à écrire . Et BillGate s com pte bie n te nir à la fois la plum e e tla calcule tte .

e ntre

là dans

ique s re ste nt à écrire . Et BillGate s com pte bie n te

2

Conte s de la folie ordinaire

« jusqu'où ire z-vous ? » de m ande nt le s

publicités de Microsoft. L'e ntre prise accrédite l'idée que se s logicie ls sontle de rnie r cri de la

te ch nologie . Dans que lle m e sure ce la e st-il e xact?

Ile xiste vraim e nt, de ce point de vue , un fossé im portant e ntre de ux m onde s. D'un côté, vous ave z le s ge ns qui n'y connaisse ntrie n ou pas grand- ch ose , e t qui se laisse nt facile m e nt be rne r par le s cam pagne s de Microsoft, qui frôle nt la publicité sublim inale . D'un autre côté, vous ave z le s ge ns ave rtis, c'e st-àdire ce ux qui pe uve nt soule ve r le capot pour re garde r com m e nt tourne nt le s logicie ls. Ce ux-là sont bie n d'accord sur le fait que

le s program m e s de Microsoft sont très m alconçus.

Dans ce rtains cas, ilse rait m êm e difficile de faire

pire ! Si l'on re garde l'h istoire de Microsoft, ce tte

m édiocrité a une e xplication logique : com m e on l'a

vu plus h aut, l'e ntre prise n'e st absolum e nt pas

te ndue ve rs l'e xce lle nce , m ais ve rs de s im pératifs

financie rs.Re gardons briève m e nt le cycle de déve loppe m e nt d'un program m e inform atique . Dans une e ntre prise de logicie ls, on déve loppe

nt le cycle de déve loppe m e nt d'un program m e inform atique .

d'abord de s prototype s. Après le s avoir raffinés un pe titpe u e n inte rne , on obtie ntce qu'on appe lle la ve rsion alph a, e ncore trop instable pour être m ontrée à l'e xtérie ur. L'étape suivante consiste à supprim e r le m axim um d'e rre urs (ou bugs), pour arrive r à une ve rsion bêta. Ce tte ve rsion-là e st norm ale m e nt donnée à un ce rtain nom bre de te ste urs proch e s de l'e ntre prise , qui aide nt e n contre partie à déte cte r le s de rnie rs bugs. On

obtie nt alors ce qu'on appe lle la ve rsion gold, ce lle qui e st bonne à être pre ssée sur de s CD-Rom e t ve ndue e n m asse . Or, Microsoft se conte nte souve nt de ve ndre la ve rsion bêta com m e un produitfinal. W indows 3.0, par e xe m ple , était pratique m e nt inutilisable : il fallait tout le te m ps re dém arre r - e n jargon inform atique re boote r- sa m ach ine . Et ilétait très difficile d'im prim e r. Une h onte ! Alors, Microsoft a

corrigé le s bugs e t sorti W indows 3.1

que le s

utilisate urs ont, bie n sûr, dû ach e te r à nouve au. L'édite ur de Se attle utilise ainsi très h abile m e ntse s

dizaine s de m illions de clie nts de par le m onde com m e autant de bêta-te ste urs. Et, e n plus, ila l'aplom b de le s faire paye r pour ce « privilège »! D'aille urs, ce la continue : la ve rsion bêta de W indows 98, disponible au printe m ps de rnie r à ce rtains salons inform atique s, coûtait 30 dollars. Qu'on fasse paye r une ve rsion bêta inutilisable , c'e stdu jam ais vu dans l'industrie du softw are !

Ce qui m e gêne e n tantqu'utilisatrice , c'e st

d'être

nouve aux produits - e t de m 'y adapte r- pour faire à pe u près le s m êm e s tâch e s.Mais ce tte

de

constam m e nt obligée

d'ach e te r

'y adapte r- pour faire à pe u près le s m êm e s tâch

folle fuite e n avantn'e stpas une inve ntion de

de

Microsoft :

l'industrie inform atique .

e lle

caractérise

l'e nse m ble

Ce n'e st pas tout à fait vrai : ile xiste de s

e ntre prise s dont le s produits ne de vie nne nt pas

obsolète s aussi rapide m e nt que ce la. L'obsole sce nce program m ée e st vraim e nt de ve nue une spécialité de Microsoft, parce qu'e lle e st liée à la position h égém onique de ce tte e ntre prise . Pour un édite ur de logicie ls, il e xiste de ux façons d'augm e nte r son ch iffre d'affaire s afin de dégage r de s profits croissants : soit ilaccroît sa part de m arch é ;soit, quand le m arch é e st déjà saturé de se s produits - ce qui e st le cas de Microsoft -, il arrive à ve ndre de plus e n plus souve ntaux m êm e s clie nts. Ildoit pour ce la re nouve le r souve nt se s logicie ls. Le s nouve lle s ve rsions, qui doive nt

se m ble r différe nte s, sont e nrich ie s de gadge ts pas forcém e nt utile s, que Microsoft prése nte com m e de s innovations. Pire : pour s'assure r que le s utilisate urs ne puisse ntpas évite r de suivre ce train d'e nfe r, Microsoftpre nd le urs donnée s e n otage , ce qui le s contraint à rach e te r à ch aque fois le s

logicie ls le s plus réce nts

sim ple m e nt pour

pouvoir continue r à éch ange r le urs donnée s. Je sais que , m alh e ure use m e nt, quand on parle d'inform atique , le s ge ns ont été conditionnés à

considére r le suje t fort intére ssant, m ais difficile . Ils re nonce nt alors à se form e r le ur propre opinion

e t se fie nt aux conse ils de soi-disant e xpe rts, qui sont trop souve nt le s porte -parole plus ou m oins dire cts de s e ntre prise s. Je vous propose donc d'alle r voir un instant ce qui se passe dans un

plus ou m oins dire cts de s e ntre prise s. Je vous propose donc

m onde im aginaire , que j'ai com m e ncé à e xplore r

dans « Piège dans le cybe re space 9 ». Ils'agit du pays de s Te ch no-Crétins, où une e ntre prise , appe lons-la MacroPre sse , obtie nt pe u à pe u le contrôle absolu de s im prim e rie s de la planète . Le s

édite urs lui confie ntle urs journaux à im prim e r ave c de s caractère s MacroPre sse , dont e lle e st la se ule propriétaire . Un be au jour, l'e ntre prise e xplique à grand re nfort de publicité, qu'e lle a découve rt de s caractère s be aucoup plus pe rform ants : appe lons-

le s le s caractère s k lingonie ns, d'après l'alph abe t

de s Klingons, dans la série télévisée Star Tre k . Et

e lle com m e nce à im prim e r tous le s journaux e t

m agazine s e n « k lingonie n ». Bie n sûr, ce s

caractère s ne sont lisible s que grâce à la loupe MacroPre sse , distribuée dans tous le s k iosque s,

aux frais de s édite urs de journaux. Le public, ravi d'épouse r la m ode rnité, s'adapte e t ach ète

m assive m e ntla loupe .

MacroPre sse , forte de son m onopole , ch ange alors le s caractère s tous le s de ux ans, puis tous le s

ans. La vie ille loupe ne pe ut pas lire le nouve au

k lingonie n, e t ilfaut, à ch aque ve rsion, que le

public s'e n procure à grands frais une autre . Flairant l'aubaine , un com pétite ur inve nte une m ini loupe , aussi e fficace e t bie n m oins ch ère pour lire le k lingonie n. Mais le s édite urs, qui ont un contrat

e xclusif ave c MacroPre sse , re fuse nt de la

distribue r

Pire : MacroPre sse gagne un procès

contre ce concurre nt, coupable d'avoir analysé le

k lingonie n pour conce voir sa m ini loupe ! Ce la vous se m ble scandale ux ?Jam ais je ne m e

fe rais arnaque r de la sorte , pe nse z-vous ? Te le st pourtant le lot quotidie n de s clie nts de

ux ?Jam ais je ne m e fe rais arnaque r de la sorte , pe

Microsoft. En e ffe t, pas que stion de lire corre cte m e nt un docum e nt écrit e n W ord 7.0 ave c un logicie lW ord 5.0, par e xe m ple . Ou d'e spére r ouvrir un fich ie r e n W ord pour W indows ave c un traite m e nt de te xte W ord 6.0 pour Macintosh . Je

l'ai appris à m e s dépe ns e n m 'e scrim ant un jour à e ssaye r d'ouvrir un form ulaire téléch argé sur un site dépe ndant de la Com m ission e uropée nne Résultat : notre laboratoire a dû ach e te r un gros PC ave c W indows 95 e t Office , dont on se se rait bie n passés, dans le se ulbut de pouvoir lire ce s docum e nts im portants. La loupe k lingonie nne n'e st pas aussi im aginaire qu'on le croit. Ch aque utilisate ur e st e n outre obligé de rach e te r Microsoft W ord, à ch aque nouve lle

le s

ve rsion, juste

fich ie rs nouve aux de s autre s. Ce tte constante évolution de s produits, prése ntée com m e un gage

de

véritable

faudrait-il

fait l'im position d'une

pour pouvoir continue r à lire

qualité, constitue

taxe

e n

m onopoliste . Pourquoi

rach e te r e t réappre ndre à utilise r un nouve au traite m e nt de te xte tous le s douze ou dix-h uit m ois, alors que la façon d'écrire un curriculum

vitae n'a pas ch angé e n dix ans ? Et si, par m alh e ur, on avait ach e té un produit

com plém e ntaire pour W ord 5.0, par e xe m ple un

dictionnaire

nouve au pour la ve rsion 7.0, le vie ux étant

incom patible , alors que l'e spagnol, lui, n'a

d'e spagnol,

il faudra

l'ach e te r

à

évide m m e nt pas be aucoup ch angé e n

que lque s

m ois. Ils'agit e n réalité d'un k idnapping e n

règle de s

inform ations de ch acun d'e ntre nous. Car une fois

vos donnée s e ntrée s dans W ord ou Mone y, si par

règle de s inform ations de ch acun d'e ntre nous. Car une fois vos donnée

h asard vous voule z ch ange r de fournisse ur, ile st

très difficile de récupére r votre travailpour le transfére r sur un logicie lconcurre nt. Microsoft a

bie n ve illé à ne pas vous fournir de conve rtisse urs

e fficace s ve rs d'autre s form ats. Il e st égale m e nt inte rdit, dans la législation am éricaine , d'analyse r le form at propriétaire de Microsoft, e n sorte qu'une e ntre prise qui ve ndrait une m ini loupe conve rtisse ur se rait coupable de violation de Copyrigh t 111. Or, c'e st bie n de nos donnée s qu'ils'agit. Nous voilà e n ple in Te ch no- Crétinism e !

te rm e s

acce ssible s au com m un de s m orte ls, pourquoi vous considére z le s logicie ls de Microsoft

com m e te ch nique m e ntm auvais ?

Pouve z-vous

e xplique r, dans

de s

Dans le s forum s de discussion sur Inte rne t, le s ge ns qui n'apprécie nt pas Microsoft traite nt se s logicie ls de tous le s nom s : crapw are

m e rdicie ls »), bloatw are («obésicie ls »), e tc. Je vous avoue que j'ai du m alà le s contre dire .

Pour com m e nce r, m êm e un utilisate ur novice

re

m arque ra que le s produits Microsoftontune taille

m

ém oire - c'e st-à-dire un e ncom bre m e ntdu disque

dur - ph énom énale . Pas étonnant, ils'y cach e de drôle s de gadge ts : de s pe tits m alins ontdécouve rt qu'une im probable série de com m ande s 11 lançait, dans le table ur Exce l7.0, un sim ulate ur de volqui vous e m m ène voir le s nom s de s program m e urs ! Il

e xiste d'autre s surprise s de ce ge nre , notam m e nt un flippe r dans W ord 7.0 Plus série use m e nt, à ch aque fois que Microsoft

s surprise s de ce ge nre , notam m e nt un flippe r dans

sort une nouve lle ve rsion d'un logicie l, ile st plus gros e t plus le nt. Ce tte dégradation a com m e ncé ave c W ord 3.0 (écrite n langage de program m ation

C), qui tournaitbe aucoup m oins vite que la ve rsion précéde nte (écrite , e lle , e n langage m ach ine ). A priori, ce tte pe rte de vite sse était acce ptable , e n éch ange de s bénéfice s d'une program m ation à plus h aut nive au. Mais le triste ph énom ène se poursuit de puis, m êm e e n l'abse nce de ch ange m e nt de langage de program m ation susce ptible de le justifie r. On e n e st arrivé au point où ilfaut be aucoup plus de re ssource s aujourd'h ui pour faire tourne r corre cte m e nt le s produits Microsoft que pour installe r un se rve ur Unix traditionne l, pourtant équipé de m illie rs de logicie ls soph istiqués. Ce qui nous am ène à énonce r une vérité sim ple , trop souve nt occultée : un systèm e soph istiqué, déve loppé ave c un souci de qualité, néce ssite au départ une quantité asse z im portante de

re ssource s, qui e n re vanch e ne croîtra pas

be aucoup ave c le s nouve lle s ve rsions. Par contre , un systèm e dontle nom m êm e avoue le bricolage (Quick and Dirty Ope rating

Syste m ), rach e té e t rafistolé à la va-vite , e st inévitable m e nt de stiné à s'alourdir énorm ém e nt au fur e t à m e sure que Microsoft y rajoute , couch e après couch e , d'indispe nsable s fonctionnalités qui n'avaie ntpas été prévue s à l'origine . L'élégance e t la frugalité ne pe uve nt être obte nue s qu'e n com m e nçant dès le début ave c la bonne arch ite cture . Malh e ure use m e nt, dans le

m onde com m e rcial, on ne réécrit jam ais

com plète m e nt un program m e e xistant. On se conte nte de l'am éliore r e n rajoutant de nouve lle s

jam ais com plète m e nt un program m e e xistant. On se conte

couch e s de code , ce qui l'alourdit

considérable m e nt. C'e st com m e ça que , de l'ave u

m

êm e de s cadre s de Microsoft, le code source de

W

indows 95 com pte plus de 10 m illions de ligne s

sans m êm e parle r de s applications. Si l'on sait que

l'adm inistration am éricaine de l'aéronautique a dû

abandonne r le proje t de réorganisation du logicie l de contrôle du trafic aérie n, considéré com m e

2 m illions de

ligne s de code 12, ce n'e stpas étonnantqu'ilfaille

re boote r souve nt le s ordinate urs équipés «

d'obésicie ls »Microsoft! C'e st ce qui e xplique que l'on soit aujourd'h ui

obligés de m e ttre au re butune énorm e quantité de

m ach ine s qui fonctionne nt très bie n, m ais ne sont

plus e n m e sure de faire tourne r W indows, alors

qu'e lle s pourraie nt de ve nir de s se rve urs pe rform ants pour faire tourne r l'une de s variante s d'Unix pour PC. C'e st aussi pour ce la que le fabricant de m icroproce sse urs Inte lpe ut ve ndre de s m illions d'unités dès qu'ilsort une puce plus puissante : le s utilisate urs de logicie ls Microsoft sont toujours assoiffés de puissance pour le s faire tourne r à une vite sse déce nte . Rappe lons-nous que

le s pre m ie rs PC IBM (ave c le 8088 de Inte l)

tournaie ntà une fréque nce d'h orloge de 4,77 MH z. Aujourd'h ui, le s proce sse urs Pe ntium II d'Inte l tourne ntà 400 MH z. Mais, pre sque quinze ans plus tard, Microsoft W ord e st bie n loin d'alle r ce nt fois plus vite . Si se s nouve aux logicie ls sont lourds, c'e st pour apporte r à l'utilisate ur plus de fonctionnalités, se justifie Microsoft. Se ule m e nt, le s étude s prouve nt que la plupart de ce s fonctionnalités sont pe u ou ne sont pas utilisée s.

ph araonique parce qu'ilcom ptait

nt que la plupart de ce s fonctionnalités sont pe u ou ne sont pas utilisée

Alors, pourquoi de vrait-on sacrifie r arge nt e t pe rform ance pour que lque ch ose qui ne nous se rt pas ?

Outre

ce

problèm e

de

taille -m ém oire , le s

logicie ls Microsoftsontils bie n conçus ?

Absolum e nt pas. Un pre m ie r e xe m ple : de puis

le s origine s, c'e st-à-dire le systèm e DOS, Microsoft

utilise dans se s produits une m éth ode obsolète de

ge stion de fich ie rs

W indows, vous connaisse z sans doute le logicie l

De Frag. Quand vous le lance z, l'ordinate ur affich e une panoplie de pe tits carre aux de différe nte s coule urs qui bouge nt dans tous le s se ns, pe ndant que le disque dur travaille inte nsém e nt. Explication du m anue lW indows : plus on utilise un ordinate ur, plus son disque se fragm e nte e t plus la m ach ine

e st le nte . Alors, pour pallie r ce t inconvénie nt, il faut régulière m e nt faire appe là De Frag, qui « défragm e nte »le disque pour qu'iltourne plus vite . Ah bon ! Com m e ntse fait-ilalors que le s m ach ine s utilisant Linux, Fre e BSD, ou tout autre dérivé d'Unix n'aie nt pas ce tte contrainte ? Sur ce s ordinate urs, au contraire , dans de s conditions d'usage norm ale s, le disque e st toujours pe u fragm e nté, e t plus on l'utilise , m oins il se fragm e nte C'e st que ce s systèm e s fonctionne nt très différe m m e nt de W indows. Pour re ste r dans un

m onde fam ilie r, im agine z un instant que votre

disque dur soit le m inistère de s Finance s. Et que vos fich ie rs, m ém orisés sur le disque , corre sponde nt aux dossie rs que le s fonctionnaire s

Si vous ête s utilisate ur de

ie rs, m ém orisés sur le disque , corre sponde nt aux dossie rs que

arch ive nt dans une arm oire géante , com portant que lque s m illions de pe tits tiroirs. Vous com pre ndre z alors aisém e nt que si vous ch e rch e z un dossie r com ple t - ce lui du Crédit Lyonnais, par

e xe m ple -, votre tâch e se ra plus facile si se s dive rs élém e nts constitutifs se trouve nt dans de s tiroirs voisins, plutôt qu'éparpillés aux quatre coins de l'arm oire . Pour l'inform ation, c'e st pare il: vous accéde re z plus facile m e nt aux donnée s qui vous

intére sse nt, si e lle s sont rangée s dans de s fich ie rs contigus, plutôtque dispe rsée s ou «fragm e ntée s ». Le problèm e e stdonc de garde r ce tte arm oire bie n rangée après ch aque utilisation. Or, que fait W indows ? Il agit com m e un assistant pe u scrupule ux : quand un dossie r e st bouclé, ilje tte se s élém e nts à la corbe ille . Et quand vous lui donne z le s pièce s d'un nouve au dossie r, ille s sépare e n pe tits groupe s de docum e nts, qu'ilrange au h asard dans le s pre m ie rs tiroirs vide s qui se prése nte nt. Du coup, il de m ande un budge t supplém e ntaire pour e m bauch e r, tous le s we e k -

e nds, une coh orte de stagiaire s (De Frag), qui

s'éve rtue ntà re m e ttre l'arm oire e n ordre . Linux, au

contraire , se com porte com m e un assistantm odèle quand vous lui de m ande z de je te r de s dossie rs, il établit systém atique m e nt la liste de s tiroirs ainsi libérés. Ensuite , pour e n range r un nouve au, il re ch e rch e dans sa liste une suite de tiroirs vide s contigus de taille suffisante . Vous convie ndre z ave c m oi que pas un re sponsable h iérarch ique ne se rait asse z fou pour e m bauch e r le pre m ie r assistant, qui coûte ch e r e t qui travaille m al, au lie u du se cond, quasi bénévole e t be aucoup plus e fficace . C'e st pourtant ce qui se passe tous le s jours, quand de s

se cond, quasi bénévole e t be aucoup plus e fficace . C'e st pourtant ce

utilisate urs ch oisisse ntW indows.

En résum é, la propagande com m e rciale de Microsoft e m bobine le s utilisate urs e n le ur

racontant que De Frag accélère la m ach ine

qu'e n réalité, c'e st W indows qui la rale ntit ! L'e ntre prise e st donc asse z puissante pour

e nge ndre r de grave s distorsions de réalité : e lle fait passe r le s défauts de se s logicie ls pour de s atouts

indispe nsable s. Dans le s m ilie ux inform atique s, on

e m ploie de puis longte m ps une e xpre ssion ironique , quand on tom be sur l'un de ce s défauts : it's nota bug, it's a fe ature ! Ce n'e stpas un défaut, c'e st une fonctionnalité !

alors

Ce s inconvénie nts ne sont-ils pas dus au poids de la com patibilité ave c le s couch e s de softw are le s plus ancie nne s ? Autre m e nt dit, l'h éritage de Microsoft, qui e stsa gigante sque base installée , n'im pose -t-il pas de s arch ite cture s de program m e com pliquée s ?

Ce tte h istoire de com patibilité m e se m ble surtout constitue r un alibi. Mêm e dans le m onde DOS- W indows, il e xiste de s program m e s be aucoup

m ie ux conçus. Re garde z le s se rve urs de fich ie rs

Il n'e st d'aille urs pas

te ch nique m e nt im possible de construire un systèm e de fich ie rs acce ptable à partir de l'h éritage

m édiocre de DOS. Le be soin de De Frag vie nt du faitque le code qui faitl'allocation de m ém oire sur le disque e stm alécrit. L'autre défautspe ctaculaire du m onde Microsoft, c'e stla grande vulnérabilité du systèm e d'e xploitation à la m oindre e rre ur de m anipulation. Pre ne z l'e xe m ple du logicie l

Nove ll, par e xe m ple

xploitation à la m oindre e rre ur de m anipulation. Pre ne z l'e xe

ScanDisk , qui a pour m ission de répare r le s disque s durs e ndom m agés. Eh bie n, ilvous propose toute une série de ch oix incom préh e nsible s, auxque ls pas un utilisate ur, m êm e ave rti, n'e st capable de répondre . Or, ilsuffit d'un se ulm auvais ch oix - un Oui au lie u d'un Non - e t la procédure aboutit à la de struction pure e t sim ple de la structure m êm e de s dossie rs. Alors que , la plupart du te m ps, le s donnée s étaie nt e ncore récupérable s avant le passage de ScanDisk .

vrai dire , l'utilisate ur W indows court un rée l

À

dange r à ch aque fois qu'ilinstalle ou désinstalle que lque ch ose de nouve au sur sa m ach ine . Un e xe m ple ? Pre ne z le cas d'un program m e ur am éricain jusqu'ici fidèle à W indows, Ste ve Coh e n. De vant l'insistance de son fils, Ste ve lui a donné son accord pour ach e te r une nouve lle ve rsion d'un je u de base -ball. Le gam in, conscie ncie ux, lance alors la procédure de désinstallation de l'ancie nne ve rsion du je u sur W indows 95, e tpartch e rch e r le nouve au program m e au supe rm arch é. En re ve nant

- h orre ur ! - la m ach ine e st com plète m e nt ge lée .

Im possible de re boote r. Ste ve appe lle son fabricant d'ordinate ur, Gate way. Au bout d'une journée de cauch e m ar, la se ule ch ose qu'ilparvie nt à faire e st de re boote r e n DOS, car W indows re fuse obstiném e nt de se lance r. Ste ve , qui édite une le ttre d'inform ation aux États-Unis, s'ape rçoit à ce m om e nt-là que l'e nse m ble de s donnée s qu'il gardait sur le disque dur apparaisse nt e n m orce aux, sous de s nom s bizarroïde s ple ins de tilde (-). C'e stque DOS n'acce ptaitpas le s fich ie rs dont le nom dépasse 8 caractère s. La possibilité, dans W indows 95, d'affich e r de s nom s de fich ie rs

ie rs dont le nom dépasse 8 caractère s. La possibilité, dans W indows 95, d'affich

longs n'e stobte nue que grâce à une couch e logicie l qui n'e st pas disponible sous DOS, m êm e pas le MS-DOS qui e st au coe ur de W indows ! Im possible donc pour Ste ve , qui dans DOS e ssaie de re trouve r

se s pe tits, de savoir le que l, de BULLET 1 e t de

BULLET-2, e st le bon « Bulle tinde juin1997 », par

e xe m ple . Ste ve Coh e n a finale m e nt dû réinstalle r

e ntière m e nt W indows, ave c un énorm e se ntim e nt de frustration. Ce tte ane cdote e sttypique de s déboire s courants de s utilisate urs de PC W indows, e t m ontre bie n le s dange rs que le m onde W inte lfait courir tous le s jours à l'intégrité de nos donnée s. C'e st la folie ordinaire du m onde Microsoft. Un m onde dans

le que l, pour installe r un CD-Rom grand public, il

faut savoir répondre à la que stion : « Atte ntion,

ête s-vous sûr que vous souh aite z re m place r la librairie TrucMach in. DLL par TrucMach inCh ose .

DLL, qui e stplus ancie nne ?»Oui ?Non ?Qu'e st- ce que j'e n sais ?Mêm e m oi, inform aticie n, je n'e n ai pas la m oindre idée . Alors, l'utilisate ur novice ! Le s utilisate urs de W indows appre nne nt tous, un jour ou l'autre , à le urs dépe ns, que la be lle inte rface graph ique qui apparaît quand ils allum e nt

le ur ordinate ur n'e st qu'une couch e supe rficie lle de

logicie l, appliquée sur une arch ite cture antédiluvie nne qui s'appe lle DOS. Et l'e nse m ble DOS-W indows ignore le s règle s de base de bonne

conduite de s systèm e s d'e xploitation, pourtant

e nse ignée s dans le s départe m e nts inform atique s de toute s le s unive rsités de la planète . Mais ce tte h istoire de folie ordinaire a quand

m êm e un dénoue m e nt e xtraordinaire , voire

révolutionnaire : Ste ve Coh e n n'a pas acce pté de

a quand m êm e un dénoue m e nt e xtraordinaire , voire révolutionnaire :

se considére r, lui, com m e re sponsable de la catastroph e . Ila trouvé inacce ptable que le sim ple fait de désinstalle r un logicie lle force à réinstalle r tout son systèm e d'e xploitation, e n risquant de pe rdre se s donnée s. Ila e stim é que dans ce cas, la faute incom bait bie n à W indows, e t non pas au particulie r qui n'a pas fait réce m m e nt de copie s de

Ste ve a donc décidé de faire un pe u

de place sur son disque dur pour installe r aussi le systèm e d'e xploitation Linux, dont on parle trop pe u, m ais qui n'a pas ce s inconvénie nts. Car sous Linux, ch aque utilisate ur n'a accès qu'à se s propre s donnée s. On ne lui de m ande pas - e td'aille urs ilne pe ut pas - touch e r aux donnée s de s autre s, e t surtout pas à ce lle s du systèm e d'e xploitation, qui re ste bie n protégé contre le s fausse s m anoe uvre s (voir ch apitre 5).

sauve garde

Ilde vraitpourtantêtre facile de ch ange r la conce ption de s systèm e s d'e xploitation, afin de ve rrouille r le s partie s se nsible s du program m e

Ce rte s. Mais ce tte possibilité de m odifie r le s com posante s du systèm e d'e xploitation n'e st sans doute pas innoce nte . Le s concurre nts de Microsoft

préte nde nt m êm e qu'e lle a été systém atique m e nt

pour sabote r le s produits

rivaux (voir ch apitre 3). Outre le risque de dégâts par inadve rtance , ce tte vulnérabilité de s partie s vitale s de l'ordinate ur ouvre grande la porte à tous le s dange rs, à com m e nce r par le s virus.

utilisée par l'e ntre prise

ur ouvre grande la porte à tous le s dange rs, à com m e nce

Vous voule z dire que le s ordinate urs équipés par Microsoft sont plus vulnérable s que le s autre s aux virus inform atique s ?

Sans aucun doute . On pe ut ce rte s, de te m ps à autre , être victim e de virus dans le m onde Unix.

Mais ils n'ont accès qu'aux fich ie rs sur le sque ls

m oi, utilisate ur, j'ai le droit d'écrire

donnée s de s pare nts ou collègue s ave c le sque ls je partage la m ach ine ; e t e n aucun cas aux applications ou com posante s se nsible s du disque . Donc, sauf s'ile xiste dans le systèm e une porte d'e ntrée qui n'avait pas été déte ctée , ce s virus ne pe uve nt pas cause r trop de ravage s. Et le s défauts de sécurité, dans le m onde Unix, sont rapide m e nt corrigés. Du coup, le s pirate s trouve nt be aucoup m oins am usantde crée r de nouve aux virus Par contre , dans le m onde DOS/W indows, ainsi d'aille urs que dans le m onde Macintosh , un virus e st un program m e com m e le s autre s. Iln'e xploite pas de bugs ;ilse base sim ple m e ntsur le faitque toutle m onde - y com pris lui - a le droitde touch e r au systèm e d'e xploitation. Alors, ilpe ut m odifie r le systèm e , e n sorte que ch acune de vos initiative s, par e xe m ple ouvrir un fich ie r, ait pour e ffe t de réalise r tre nte -six copie s de lui-m êm e . Et, e n plus, ilpe ut cause r au systèm e de s dom m age s vitaux :

pas aux

m odifie r vos donnée s, altére r la façon dont fonctionne nt vos applications, e fface r e ntière m e nt votre disque dur, e tc. Ily a plus grave : ave c la de rnière génération de logicie ls Microsoft- Exce l6 e t7, W ord 6 e t7 - sont apparus ce qu'on appe lle de s m acrovirus. Ce s virus particulière m e nt virule nts ont énorm ém e nt

e t7 - sont apparus ce qu'on appe lle de s m acrovirus. Ce s virus

sim plifié la tâch e de s conce pte urs de virus, e t augm e nté la difficulté pour le s utilisate urs non

e xpe rts d'e n soupçonne r la prése nce . Ilfaut savoir

que l'on pe ut place r, dans le s docum e nts créés par ce s logicie ls d'application, de s pe tits bouts de program m e qu'on appe lle de s «m acro », écrits e n VisualBasic (une évolution du Basic Microsoft). Ce la pe ut être particulière m e nt intére ssant pour de m ande r à la m ach ine d'e ffe ctue r de s tach e s répétitive s : par e xe m ple , ouvrir ou fe rm e r toute s le s fe nêtre s. Le problèm e e st que ce s program m e s

contie nne nt aussi de s instructions qui pe rm e tte nt d'alle r m odifie r, déplace r e t e fface r de s fich ie rs. Il suffit de m e ttre dans un docum e nt W ord (dont pe rsonne n'im agine a priori qu'ilpuisse conte nir un program m e ) un bout de langage de m acro qui, toute s le s fois que vous ouvre z ce docum e nt, donne l'ordre - pourquoi pas ? - d'e fface r votre disque dur ! De plus, ce langage de m acro e st le m êm e dans toute s le s ve rsions d'Office , qu'il tourne sur PC ou Mac. Donc, on pe ut désorm ais transm e ttre de s virus e ntre m ach ine s de fam ille différe nte , ce qui était très difficile auparavant. Que lle innovation ! Ave c VisualBasic, Microsoft a offe rt aux virus une plate -form e standard. Pourtant, le profe sse ur H arold H igh land avait signalé dès 1992 le s risque s de virus dus à de s langage s de m acro trop puissants. À la Sorbonne , un groupe de littérature qui travaille e n ce m om e nt sur un proje t d'ouvrage colle ctif, auque l un grand nom bre d'aute urs

e xtérie urs e t d'élève s participe nt, a pu le vérifie r

dire cte m e nt. Le s anim ate urs du proje tontdistribué

à tous le s contribute urs, qui ont de s équipe m e nts

r dire cte m e nt. Le s anim ate urs du proje tontdistribué à tous

inform atique s très différe nts, de s disque tte s e n form at W ord. Or l'un de s participants a attrapé un virus qui inve rse l'ordre de s m ots au h asard. Im agine z ce que ce la pe ut donne r e n littérature Il l'a transm is à tout le m onde . L'un de s participants a subi la pe rte de son disque dur. Et, à

m

a connaissance , pe rsonne n'a e ncore trouvé la

m

éth ode pour se débarrasse r com plète m e nt de

ce tte « be stiole » soph istiquée , qui bloque la

possibilité de sauve garde du te xte dans un autre form atque W ord. Enfin, si le s virus étaie nt com pliqués à écrire e n

langage m ach ine , c'e st de ve nu aujourd'h ui un je u d'e nfant : ilsuffit de savoir clique r, grâce aux jolis

outils fournis pour édite r de s m acros

D'aille urs,

on trouve e n ve nte sur Inte rne t (désolé, on ne vous donne ra pas l'adre sse !) de s « k its » de déve loppe m e nt de virus pour W ord. Vous fabrique z

votre virus, vous l'e xpédie z à l'intérie ur d'un docum e nt W ord attach é à un courrie r éle ctronique , par e xe m ple . Et vous pouve z contam ine r de s

m illie rs de pe rsonne e n que lque s jours !

Mais Microsoftne pe utpas arrête r de sortir de nouve aux produits, sous préte xte que de s gam ins m alfaisants passe nt le ur te m ps à écrire de s virus !

Ne vous m épre ne z pas. Dans le cas de s virus

classique s (com m e ce ux qui inte rvie nne nt sur le

se cte ur de dém arrage ), ce rtains e xpe rts ont attiré

à plusie urs re prise s l'atte ntion de Microsoft sur ce s grave s problèm e s de sécurité. Padge ttPe te rson, un e xpe rt am éricain, a m êm e été jusqu'à suggére r à

s problèm e s de sécurité. Padge ttPe te rson, un e xpe rt am éricain,

Microsoft de s solutions sim ple s, qui ne suppose nt

que de légère s m odifications de s logicie ls :

que lque s ligne s de code ch angée s, e t la faille était

colm atée

réagi. Com m e si la lutte contre le s virus était le

cade t de se s soucis ! C'e st d'aille urs ce que

suggère nte n privé de s re sponsable s de Microsoft:

W indows 95 e st un systèm e d'e xploitation grand

public. Un produitpour « la m énagère de m oins de cinquante ans », pourrait-on dire par analogie au

m onde audiovisue l. Et ce public-là, après tout, ne

faitpas grand-ch ose d'im portantave c son m icro : il pe utbie n pe rdre son te m ps à re boote r son PC e tà

attrape r de s virus. Le s ge ns série ux, m ainte nant, doive nt ach e te r la ve rsion profe ssionne lle du systèm e d'e xploitation : W indowsNT (qui, d'aille urs, ne vous m e t pas be aucoup plus à l'abri de s m acrovirus, m ais ça, on se garde bie n de vous le dire ). Ce problèm e continue ave c la ve rsion bêta de

W indows 98. Jusqu'ici, il était pratique m e nt

im possible d'attrape r un virus sim ple m e nt e n ouvrant son courrie r éle ctronique : ilfallait au

m oins ouvrir un docum e nt attach é au courrie r. Eh

bie n, ave c Microsoft Outlook , un program m e de courrie r éle ctronique e t d'age nda intégré à la ve rsion bêta de W indows 98, la fonction courrie r éle ctronique contie nt un nouve au langage de contrôle (un langage de scripting) susce ptible lui aussi de véh icule r un virus. Défaut signalé e ncore une fois à Microsoft par Padge tt Pe te rson. Mainte nant, vous pouve z attrape r un virus sim ple m e nte n ouvrantvotre e -m ail!

Mais l'édite ur de Se attle n'a jam ais

vous pouve z attrape r un virus sim ple m e nte n ouvrantvotre e -m

Si

le s

virus

pe uve nt e ntre r, le s

inform atique s aussi

pirate s

Le s défauts de conce ption de s produits Microsoft ouvre nt e n e ffe t grande s le s porte s à qui ve ut e n profite r. Etle problèm e e std'autantplus grave que

ch acun d'e ntre nous confie une partie croissante de

sa vie privée aux rése aux inform atique s. Ily a e u

réce m m e nt, e n Alle m agne , une dém onstration

lourde de conséque nce s conce rnant le s défauts de sécurité liés à Active X, une te ch nologie propriétaire de Microsoft. Mais curie use m e nt, pe rsonne ne s'e n

e st fait l'éch o dans la pre sse française . En

Alle m agne , où la banque e n ligne e st très populaire , un club d'inform aticie ns, le Ch aos Com pute r Club de H am bourg, a prouvé qu'Active X

pe rm e ttait de vole r facile m e nt de l'arge nt aux utilisate urs d'un program m e de ge stion financière

e n ligne (Quick e n ou Microsoft Mone y), sur un PC

W indows équipé du navigate ur Inte rne tExplore r 14

Exam inons de près ce tte intére ssante h istoire . Pour contre r le pote ntie lde java - un langage de program m ation qui pe rm e t de faire tourne r une application sur n'im porte que lle m ach ine , m êm e

dépourvue de s logicie ls Microsoft -, l'édite ur de Se attle a inve nté un autre langage , appe lé Active X, conçu pour dialogue r spécifique m e nt ave c le s autre s produits Microsoft. Ce langage pe rm e t e n

e ffe t de lance r dire cte m e nt de s applications

W indows e td'éch ange r de s inform ations ave c e lle s.

De ce tte façon, se uls le s utilisate urs de W indows e t

d'Explore r pe uve nt accéde r corre cte m e nt aux site s

W e b qui utilise ntActive X. Le problèm e e st qu'e n poursuivant ce tte

nt accéde r corre cte m e nt aux site s W e b qui utilise

stratégie m onopoliste , Microsoft a com plète m e nt négligé la sécurité de s utilisate urs : alors que Java s'assure que le s applications téléch argée s e n

cliquant sur de s page s W e b ne pe uve nt pas faire n'im porte quoi, Active X, lui, laisse toute s le s porte s ouve rte s. Le s inte rnaute s sont loin de s'im agine r qu'e n cliquant sur l'icône d'une page W e b, ils autorise ntle ur m ach ine à donne r de s ordre s à le ur insu. Le s pe tits m alins de H am bourg ont e n e ffe t

m ontré qu'il était e nfantin pour un e scroc de

conce voir une page W e b qui, e n utilisant Active X,

de ve naitune m ach ine à arnaque r le visite ur. Com m e nt ça m arch e ? Très sim ple : vous navigue z sur le W e b e n utilisant Inte rne t Explore r, le se ulfure te ur qui supporte Active X. Vous tom be z sur une jolie page qui vous aguich e ave c une bannière « Voule z-vous de ve nir m illionnaire e n 5

m inute s ? Clique z ici ! ». Alors, vous clique z

Au bout de

que lque s se conde s, un m e ssage vous inform e qu'une com posante Active X s'installe sur votre

m ach ine . Ensuite apparaît un joli de ssin, qui vous

fait com pre ndre que vous ne de vie ndre z

m alh e ure use m e nt pas m illionnaire ce tte fois-ci.

Mais e ntre te m ps, vous ave z contribué à e nrich ir que lqu'un d'autre , car le s instructions Active X conte nue s dans la page W e b ontlancé Quick e n (e n tâch e de fond, c'e st-à-dire de m anière invisible ), ave c l'ordre d'e ffe ctue r un nouve au vire m e nt ve rs le com pte du pirate , portantun nom banal. Que lque s jours plus tard, vous vous conne cte z à votre banque ave c votre m ot de passe , e t c'e st à ce m om e nt-là que l'ordre pré-program m é à votre insu e st transm is, ce rtifié par vousm êm e . À la

st à ce m om e nt-là que l'ordre pré-program m é à votre insu e

réce ption de votre re le vé de com pte , vous n'alle z pe ut-être m êm e pas re m arque r ce pe tit vire m e nt, ou bie n vous pe nse re z à que lque transaction que

: après tout, qui

vous ave z oubliée

aurait pu re ntre r ch e z vous pour touch e r aux

donnée s de votre ordinate ur ave c votre m ot de passe ?

ce tte

dém onstration, e t non pas à corrige r le s défauts

qu'e lle

m e ttait e n évide nce . Mais Active X ouvre

inconte stable m e nt une faille m aje ure dans la

Navigator,

sûre té d'Inte rne t Explore r, alors

Opéra e t autre s navigate urs ne supportant pas Active X ne prése nte ntpas ce défaut.

e ntre te m ps

Microsoft

s'e st

éve rtué

à

m inim ise r

que

Le ch oix de Microsoft e st le plus souve nt

justifié

par

la

garantie

qu'apporte nt

sa

m arque e tsa notoriété.Est-ce légitim e ?

Sûre m e nt pas. Et c'e st bie n là le plus triste . Le grand public n'étantpas à m êm e de juge r le nive au de qualité de s logicie ls, il ne pe ut que faire confiance à la publicité, aux re vue s spécialisée s e t, e n définitive , à la m arque . Quand à Davos, à W ash ington ou à Paris, BillGate s re ncontre d'égalà égalle s P.-D.G. de m ultinationale s, le s m inistre s, ou le s ch e fs d'État, le grand public a confiance dans sa m arque . Ilpe nse pouvoir se re pose r sur le s épaule s solide s du pre m ie r édite ur m ondialde logicie ls, qui doit sûre m e nt prése nte r de série ux gage s de qualité. Or, dans le livre t d'utilisate ur de W indows, la garantie se réduit à très pe u de ch ose s. Jusqu'au lance m e nt de W indows 95, il n'e xistait m êm e aucune garantie d'aucune sorte .

u de ch ose s. Jusqu'au lance m e nt de W indows 95, il n'e

Aujourd'h ui, le te xte de lice nce de W indows 95 ou W indows 98 assure se ule m e nt que « le fabricant de l'ordinate ur garantit que le logicie lpe rm e ttra une utilisation conform e , pour l'e sse ntie l, aux pe rform ance s décrite s dans le m anue l accom pagnant le logicie l». Mais pas que stion évide m m e ntde re sponsabilité pour « de s pe rte s ou dom m age s de que lque nature que ce soit». En cas d'accide nt, ne sont couve rts ni le s dom m age s corpore ls, ni le s pe rte s de bénéfice s, inte rruptions d'activité, pe rte s de donnée s ou toute autre pe rte de nature pécuniaire résultantde l'utilisation ou de l'im possibilité d'utilise r le logicie lou le m atérie l Je re connais volontie rs que , pour de s systèm e s com ple xe s com m e le s logicie ls, on ne pe ut pas e xige r le « zéro défaut ». Mais on pe ut au m oins atte ndre du pre m ie r édite ur m ondiall'assurance que le program m e soit conçu dans le s règle s de l'art. C'e st-à-dire qu'ilintègre ce rtaine s te ch nique s, connue s de tous de puis longte m ps, par e xe m ple une m éth ode de ge stion de fich ie rs e fficace . Après tout, on e xige ce ge nre de conform ité de son installate ur éle ctrique ou de son plom bie r. Pourquoi pas d'une m ultinationale qui affich e 20 m illiards de francs de profits annue ls ?

Au dire de s utilisate urs, Microsoft n'e st pas non plus le ch am pion de l'assistance te ch nique

Quand vous ach e te z un m icro-ordinate ur auprès d'un grand constructe ur, vous pouve z lire sur la lice nce W indows le te xte suivant

z un m icro-ordinate ur auprès d'un grand constructe ur, vous pouve z lire sur la

6. assistance produit. Ni Microsoft Corporation, ni se s filiale s ne fournisse nt une assistance pour le PRODUIT LOGICIEL. Pour l'assistance , ve uille z contacte r le num éro d'assistance du fabricant d'ordinate urs fourni dans la docum e ntation de 1'ORDINATEUR

Voilà, pour Microsoft, une élégante façon de

re porte r sur le s fabricants de m ach ine le s casse -

tête - e t, bie n sûr, le s énorm e s coûts - liés à se s

propre s produits. Ce qui lui pe rm e t de le faire , c'e stque W indows e stdans la plupartde s cas pré-

installé par le s constructe urs. Le problèm e e st que Com paq, Gate way, H P, IBM ou De llne sont pas

re sponsable s de s défauts de s produits Microsoft, e t

ne pe uve nt pas le s corrige r. Et, au lie u de fournir un soutie n te ch nique de qualité sur le urs propre s produits, le urs h otline s sont souve nt subm e rgée s par de s que stions classique s de novice s confrontés

Au point d'oublie r

qu'il e xiste autre ch ose : à l'École norm ale

supérie ure , on a ainsi dû se bagarre r à plusie urs

re prise s ave c l'assistance te ch nique de H e wle tt

Pack ard qui voulait résoudre le s problèm e s de nos

im prim ante s ave c un « nouve au drive r W indows », alors que pe rsonne n'utilise W indows ch e z nous ! Be aucoup d'utilisate urs se re trouve nt ainsi le be c dans l'e au, sans solution satisfaisante à le urs

à la triste réalité de W indows

e nnuis. Ou, pire , joue nt le s balle s de pingpong

e ntre le s dive rse s h otline s de le urs fournisse urs. En e ffe t, vous n'ête s autorisé à de m ande r de l'aide à Microsoft que si vous ach e te z le logicie l séparém e nt de la m ach ine (ce qui vous coûte au

m oins de ux fois plus ch e r que ce lui qui e st

préinstallé sur le PC). Et, m êm e alors, vous n'ave z

coûte au m oins de ux fois plus ch e r que ce lui qui e

droit qu'à un se m blant de soutie n. Pour le s ach e te urs am éricains de W indows 98, il était pre sque im possible , e n juille t 1998, de joindre l'assistance gratuite , m ais très facile de contacte r le se rvice payant, qui vous proposaitune form ule à 35 dollars l'«incide nt»15

Est-ce qu'ave c son offre profe ssionne lle , ce ntrée sur le systèm e d'e xploitation W indow sNT, Microsoft n'a pas résolu tous le s problèm e s de qualité, de sécurité e tde sûre té que vous ave zénum érés ?

L'arm e de Microsoft pour pénétre r l'inform atique profe ssionne lle prése nte , ce rte s, de s fonctionnalités plus série use s. Dans le systèm e d'e xploitation W indowsNT pour stations de travail

e t se rve urs, la notion de prote ction de fich ie rs

e xiste , le conce pt de nom s d'utilisate urs différe nts ave c de s droits d'accès différe nts e st égale m e nt prése nt, com m e dans le m onde Unix. Le s com posante s du systèm e sont asse z bie n protégée s. Ce qui e xplique que le produit ait

e ffe ctive m e nt obte nu une ce rtification C2, qui

garantit aux États-Unis un bon de gré de sûre té. Mais atte ntion : tout ce la n'e st vrai que quand on

évalue le produit isolém e nt, sans applications

installée s e t sans conne xion au rése au

se m ble bizarre com m e condition de te st pour un se rve ur, n'e st-ce pas ? La que stion cruciale n'e st pas la sécurité du systèm e d'e xploitation lui-m êm e , m ais de savoir si l'e nse m ble clie nt-se rve ur e st conçu ave c un souci de qualité e t de sécurité. D'aille urs, un consultant

Ce qui

m ble clie nt-se rve ur e st conçu ave c un souci de qualité e

am éricain e n sécurité inform atique , Mark Edwards,

a signalé, fin juille t 1998, un très grave défaut de sécurité dans W indowsNT 4.0. N'im porte que l

utilisate ur d'un rése au sous W indowsNT était e n

m e sure de gére r le rése au (m odification de m ots

de passe , ch ange m e ntde s droits d'accès aux zone s confide ntie lle s, e tc.) com m e s'il e n était l'adm inistrate ur ! Microsoft s'e st e m pre ssé de

m e ttre un program m e corre ctif à la disposition de

se s clie nts 16

Contraire m e ntà IBM ou Sun, la firm e de Se attle n'a jam ais e u la culture de l'inform atique e n rése au. De ce fait, e lle pe ine pour adapte r se s outils à un m onde qui e xige un h aut nive au de sécurité. Ce t h éritage culture lpose d'aille urs de grave s problèm e s quand Microsoft préte nd

introduire W indowsNT dans de s se cte urs où la fiabilité de s systèm e s inform atique s e st critique :

le s transactions bancaire s, le s proce ssus de contrôle industrie l, le s autocom m utate urs de télécom m unications, le s systèm e s de positionne m e nt de sate llite s, le s logicie ls e m barqués dans le s avions, le s nave tte s spatiale s

se

pe rm e ttre de re boote r un ordinate ur de contrôle

aérie n, ni un systèm e de salle de m arch é financie r !

Ce s applications, vitale s pour l'e ntre prise , tourne nt aujourd'h ui ave c de s produits IBM, Digital Equipm e nt, H e wle tt Pack ard ou Sun, souve nt d'aille urs sous Unix. Le m icro-ordinate ur, dont la puissance de calcula énorm ém e nt augm e nté au fil du te m ps, pe ut ce rte s re m place r de s gros systèm e s pour ce rtaine s tâch e s non stratégique s. Mais ce qui e st critique , dans le m onde

ou le s autom obile s

Car

on

ne

pe ut pas

s tâch e s non stratégique s. Mais ce qui e st critique , dans le

calcul,

c'e st la fiabilité de s m ach ine s : le plantage e st inte rdit. Et Microsoft n'a, sur ce plan-là, aucune

crédibilité.

profe ssionne l, ce

n'e st pas

la vite sse

de

Pourtant, l'arm ée am éricaine n'a-t-e lle pas ch oisi Microsoft W indow sNT pour sa nouve lle génération de systèm e d'inform ation ?

Ilm e se m ble e n e ffe t très inquiétant que le s

re

sponsable s de décisions stratégique s, com m e le

ch

oix du systèm e d'e xploitation qui va équipe r de s

systèm e s d'arm e m e nt ou de s sonde s spatiale s,

ignore nt ouve rte m e nt le s re com m andations de

le urs propre s e xpe rts, e t se m ontre nt dupe s

d'argum e nts com m e rciaux spécie ux. D'autant que

ce s généraux galonnés ont déjà pu touch e r du

doigt ce qui le s atte nd e n abandonnant une

te

ch nologie ouve rte e t de qualité au profit de

W

indows. Un rapport officie l du gouve rne m e nt

am éricain l' fait état d'incide nt répétés sur le « bate au inte llige nt » de la Marine am éricaine , équipé ave c W indowsNT. Plusie urs fois bloqué e n

raison de plantage s répétés, le bate au a dû

pite use m e nt être ram e né au port. Pour justifie r le

ch oix de NT pour ce bâtim e nt, un ce rtain M.

Re dm an, de la Marine , a e xpliqué : « Alth ough Unix is m ore re liable , NT m ay be com e m ore re liable w ith tim e » ! (Mêm e si Unix e st plus

fiable , ilse pourrait que NT de vie nne plus fiable ave c le te m ps.) Dom m age que le s inform ations télévisée s ne

m ontre nt pas ce type de re portage , plutôt qu'un

BillGate s qui parade ave c le Code x de Le ice ste r de

s ne m ontre nt pas ce type de re portage , plutôt qu'un BillGate s

Léonard de Vinci, dont ila ach e té le m anuscrit

original e t e xpositions.

de s

qu'il prête

volontie rs

pour

On a vu que le systèm e d'e xploitation MS- DOS, qui a fait la fortune de l'e ntre prise , n 'avaitpas été conçu par Microsoft.L'e ntre prise a-t-e lle créé e lle -m êm e d'autre s program m e s ?

Le s logicie ls donton parle le plus e n ce m om e nt ont tous été ach e tés par Microsoft, qui le s a e nsuite adaptés à se s be soins. On a vu com m e nt DOS avait été origine lle m e nt acquis auprès de Se attle Com pute r. Mais la couch e W indows, e lle , e st une m auvaise copie « m ade in Microsoft »de

l'inte rface graph ique du Macintosh . Le navigate ur Inte rne tExplore r - c'e std'aille urs précisé dans son copyrigh t - e st dérivé du logicie lNCSA Mosaic, pour le que lMicrosoft a pris une lice nce auprès de la PME Spyglass. W indowsNT, qui n'a de com m un ave c W indows que son nom , a été conçu par Dave Cutle r, un program m e ur re cruté pour la circonstance ch e z DigitalEquipm e nt (où ilavait, ave c d'autre s, conçu le systèm e VMS). Microsofta e n re vanch e déve loppé e n inte rne le s program m e s de bure autique W ord e t Exce l, après le succès de logicie ls prée xistants com m e W ordstar

ou Lotus 1-2-3. L'e ntre prise y a

au fur e t à m e sure , ce rtaine s fonctionnalités (corre cte ur d'orth ograph e , corre cte ur de syntaxe )

ve ndue s à l'origine com m e produits com plém e ntaire s par de s PME. Ce m écanism e a été érigé e n stratégie : le s produits Microsoftétant

d'aille urs ajouté,

s par de s PME. Ce m écanism e a été érigé e n stratégie :

plutôt m alconçus, ce la laisse la porte ouve rte à de s start-up pour inve nte r de s corre ctifs ou de s program m e s com plém e ntaire s am éliorant le urs fonctionnalités. On pe ut cite r le Stack e r de Stac Ele ctronics, qui com pre sse le disque pour double r sa taille , ou Quarte rde ck qui pe rm e t de faire du m ultitâch e sous DOS/ W indows. Pe ndant un m om e nt, ce s pe tits e ntre pre ne urs gagne nt un pe u d'arge nt. Et un jour, si le ur produit m arch e bie n, Microsoft e n acquie rt la lice nce , ou le copie sans ve rgogne pour l'intégre r à une nouve lle ve rsion de l'un de se s produits. Se lon ce s PME, Microsoft va m êm e jusqu'à m odifie r son systèm e pour que le produit origine lne m arch e plus, ou m arch e m oins bie n que sa copie Microsoft(voir ch apitre 3).

Ilse m ble difficile de croire que Microsoft, qui e m ploie de s m illie rs de program m e urs, ne dispose pas d'une capacité de re ch e rch e e t déve loppe m e ntautonom e .

L'e ntre prise e m ploie évide m m e nt de s m illie rs de program m e urs, qui déve loppe nt ou adapte nt se s produits. Mais, quand illui m anque un logicie lou une te ch nologie sur un se gm e nt de m arch é qu'e lle considère com m e prom e tte ur, ile st plus rapide d'ach e te r ce savoir-faire . Ilne se passe pas un m ois sans que Microsoftacquière une ou de ux PME pointue s. Aucune de s innovations de l'industrie du logicie l n'e ste n toutcas sortie de ch e z Microsoft. Jusqu'e n 1995, l'e ntre prise ne disposait m êm e pas d'une division de re ch e rch e digne de ce nom . Sa dire ction ne voyait pas l'utilité d'e ntre te nir un

d'une division de re ch e rch e digne de ce nom . Sa dire ction

laboratoire du type Xe rox Parc ou H P Laboratorie s pour ve ndre de s logicie ls pour ordinate urs pe rsonne ls. Le s ch ose s n'ont ch angé qu'au cours

de s trois de rnière s année s, ave c la vague Inte rne t

e t le s am bitions de Microsoft sur l'inform atique

d'e ntre prise . Ile xiste un départe m e nt Microsoft

Re se arch à Se attle e t un autre à Cam bridge , e n Angle te rre . Mais ce s laboratoire s fonctionne nt, pour l'instant, surtout com m e de s vitrine s (voir ch apitre 4).

Pourquoi la com m unauté de s inform aticie ns qui, à vous e nte ndre , pe nse tant de m alde s produits Microsoft, ne s'e st-e lle pas e xprim ée plus tôt?

Le s spécialiste s qui ont le s connaissance s néce ssaire s pour déjoue r tous ce s piège s e tm e ttre

e n évide nce le s e rre urs, le s dange rs, le s

m anipulations, sans risque d'être pris pour de s concurre nts jaloux, se sont tus trop longte m ps. Et

ile stvrai que ce vide a été com blé par de s pse udo-

e xpe rts, surtout porte urs de désinform ation. Je

crois qu'ile xiste à ce la une série d'e xplications, qui

ne sont d'aille urs pas toute s glorie use s

d'abord, ilfaut com pre ndre que si un scie ntifique ve ut touch e r le grand public, ilde vra acce pte r d'utilise r de s m édias qu'il ne re spe cte pas forcém e nt, com m e le s re vue s de la pre sse inform atique , dont le conte nu s'appare nte dans be aucoup de cas au publi-rédactionne l. C'e st une de s raisons pour le sque lle s un e xpe rt série ux, h ie r com m e aujourd'h ui, n'e st pas forcém e nt désire ux de signe r un article dans ce

Tout

rt série ux, h ie r com m e aujourd'h ui, n'e st pas forcém e

type de publication, de pe ur que sa réputation ne soite ntach ée pour y avoir côtoyé de s « m arch ands de tapis ». Malh e ure use m e nt, ce la a contribué à

m e ttre e n place un véritable ce rcle vicie ux :

dénuée de l'appui de ce s e xpe rts qui la boude nte t

très dépe ndante de se s annonce urs publicitaire s, la pre sse inform atique e st souve nt réduite à de ve nir un éch o pe u crédible de la propagande de s constructe urs. Ce qui acce ntue son côté

m e rcantile , e t la re nd e ncore m oins fréque ntable .

De plus, le s pse udo-e xpe rts qui y ont fait le ur nid n'ont pas forcém e nt e nvie que ce t état de ch ose ch ange . La situation e st pourtant e n train d'évolue r : le s journaliste s série ux, soucie ux de dém yth ifie r la propagande de s industrie ls, com m e nce nt à prête r une ore ille atte ntive aux scie ntifique s com péte nts. Et ce s de rnie rs sont pe ut-être plus e nclins à

s'e xprim e r, car le s déboire s juridique s de Microsoft aux ÉtatsUnis donne nt l'e spoir qu'un discours critique puisse aujourd'h ui avoir une ce rtaine influe nce . Pour être toutà faitsincère , je pe nse égale m e nt que la com m unauté de s inform aticie ns se souciait pe u de ce que Microsoftbe rne le grand public, pour

le que le lle avait une ce rtaine conde sce ndance . Pas

la pe ine d'e xplique r la vérité à ce s ge ns-là, se dise nt le s ch e rch e urs : si on ne re ntre pas dans le détail, ils ne nous croiront pas ; e t si on re ntre dans le s détails, ils ne nous com pre ndront pas. À l'inve rse de ce qui se passe e n ph ysique ou e n

m ath ém atique s, aucun grand inform aticie n n'a

vraim e ntpris la pe ine de faire oe uvre de pédagogie .

Enfin e t surtout, jusque -là, la com m unauté

n n'a vraim e ntpris la pe ine de faire oe uvre de pédagogie . Enfin

scie ntifique arrivait à éch appe r com plète m e nt aux ordinate urs pe rsonne ls e t à Microsoft. Elle pouvait donc fe indre la plus grande indiffére nce . Aujourd'h ui, ce n'e st plus le cas. Parce que nous risquons de nous re trouve r tous ave c un PC sur notre bure au. Et surtout parce que Microsoft ch e rch e m ainte nant à m e ttre la m ain sur Inte rne t, qui e st le m oye n de com m unication e t d'éch ange privilégié de s ch e rch e urs : «notre »rése au.

La ligne de défe nse classique de BillGate s e st que se s produits sont plébiscités par le s consom m ate urs.Si le s logicie ls Microsoftsont si m auvais, pourquoi ont-ils réussi à séduire la planète ? D'abord parce que le m arch é n'e st pas un

systèm e parfait. Dans le m onde te lqu'ile xiste , le s

m e ille urs produits gagne nt rare m e nt. Pourquoi ?

Parce que fabrique r un e xce lle ntproduit- a fortiori s'ils'agit d'un logicie l- de m ande énorm ém e nt de

te

m ps e t d'arge nt. Or, ile xiste dans tous le s

se

cte urs, e t spéciale m e nt pour le s bie ns

te ch nologique s, une prim e au pre m ie r arrivant. Il

vaut donc m ie ux, com m e rciale m e nt, de vance r se s concurre nts e toccupe r un créne au ave c un produit

m édiocre , que l'on am éliore pe tit à pe tit. D'autant

que l'industrie l qui com m e rcialise de s produits

robuste s e tde très grande qualité

convaincre se s clie nts qu'ilfaute n ch ange r tous le s ans ! On assiste donc, dans tous le s se cte urs, à la fabrication de produits m oins pére nne s, ave c un cycle de fabrication plus court. D'aille urs, la qualité intrinsèque de s produits e st de ve nue un facte ur de succès asse z se condaire ,

aura du m alà

urs, la qualité intrinsèque de s produits e st de ve nue un facte ur de

par rapportà une série d'autre s critère s : le savoir- faire m ark e ting, la puissance de distribution, e t bie n sûr la com patibilité ave c le s applications

e xistante s. Souve ne z-vous de la défaite du

m

agnétoscope Be tam ax de Sony, tué e n que lque s

m

ois au début de s année s quatre -vingt par le VH S

de la concurre nce , pour le que létait disponible une librairie be aucoup plus abondante de film s. Le s ge ns n'ach e taie nt évide m m e nt pas un

m

agnétoscope pour se s proue sse s te ch nologique s,

m

ais pour visionne r de s casse tte s. De m êm e ,

l'utilisate ur ne se procure pas un systèm e

d'e xploitation pour l'élégance de son arch ite cture ,

m ais pour y faire tourne r un ce rtain nom bre

d'applications utile s. La principale force de

W

indows, aujourd'h ui, ce sont le s dizaine s de

m

illie rs d'édite urs inform atique s qui crée nt de s

applications com patible s.

On pe ut, à ce t égard, parle r « d'e ffe t rése au » « d'e ffe t dom ino ». À l'h e ure de l'inform atique

ou

e n

Pour que l'un d'e ntre e ux soitutilisable , ilfautqu il puisse travaille r corre cte m e nt - c e st-a-dire être « inte ropérable » - ave c d'autre s produits inform atique s. On touch e ici à une caractéristique du m onde inform atique : la variété de s tom ate s

rése au, le s produits n'e xiste nt plus isolém e nt.

fraîch e s ave c le sque lle s vous cuisine z n'im pose pas de le s pulvérise r dans un broye ur Mouline x plutôt

qu'un autre

doit pouvoir fonctionne r sur un systèm e d'e xploitation, qui lui-m êm e doit pouvoir fonctionne r sur la m ach ine . Etilfautque ce s te xte s soie nt transm issible s à que lqu'un d'autre , qui doit être capable de le s lire . Si bie n que , e n l'abse nce

En re vanch e , un traite m e nt de te xte

, qui doit être capable de le s lire . Si bie n que , e

de standards ouve rts, le ch oix d'un systèm e de traite m e nt de te xte n'e st pas aussi libre qu'on le croit. Si une e ntre prise ve ut m e ttre tous se s e m ployés sur la m êm e longue ur d'onde , e lle e st pre sque contrainte de ch oisir le standard dom inant. Tout e st lié. Et l'édite ur de logicie ls qui, com m e Microsoft, contrôle le pointce ntralde la ch aîne - le systèm e d'e xploitation - e st nature lle m e nt e n position d'influe nce r le s décisions d'ach at sur tout le re ste . On ve rra com m e nt l'édite ur de Se attle joue à fond de ce t avantage , e n poussant l'intégration de se s logicie ls e ntre e ux (voir ch apitre 3). L'autre facte ur de propagation de s produits Microsoft tie nt à la m anière pyram idale dont le s décisions sont prise s dans le s e ntre prise s. À h aut

nive au, le s patrons sont com m e le s h om m e s politique s : ils dispose ntde dix m inute s, au m ie ux, pour ch aque décision. Le plus souve nt, ils ne connaisse nt pas la que stion e t n'écoute nt pas le s

te ch nicie ns de base qui, e ux, save nt. Ce s P.-D.G.

dise nte n substance à le ur dire cte ur inform atique « Faite s le bon ch oix ». Et ce s de rnie rs font le ch oix

de Microsoft

Parce que l'on ne pe ut pas être réprim andé pour avoir ch oisi l'édite ur qui équipe 90 du m arch é. Mais

ce la ne ve ut pas dire que l'utilisate ur de base a ch oisi W indows : ilse l'e st laissé im pose r. Et puis, si ce tte solution ne donne pas satisfaction, ce n'e st pas si grave : Microsoft e xplique que , de toute

m anière , ilne tarde ra pas à sortir une m e ille ure

ve rsion du produit! Ce m ode de fonctionne m e nt produit de s décisions abe rrante s. Le Joh nson Space Ce nte r de

e sse ntie lle m e nt pour se couvrir.

m e nt produit de s décisions abe rrante s. Le Joh nson Space Ce nte

l'Age nce spatiale am éricaine (la NASA) a je té de s

m

illie rs de Macintosh à la poube lle

pour le s

re

m place r par de s PC W indows 95, dès juin 1995,

un m ois avantque ce logicie lne soitsorti ! Le tout sans approbation form e lle du Conse ilde ge stion de s re ssource s inform atique s 18. Une h istoire sim ilaire s'e st produite ave c le s logicie ls Exch ange e t W indowsNT. Com m e ils'agit d'arge nt public, le Congrès am éricain a ouve rt une e nquête . Ce la dit, je pe nse qu'à m e sure que le poste inform atique de s PME s'alourdit, il s'e ffe ctue une prise de conscie nce . Ce s pe tite s e t m oye nne s e ntre prise s ont be soin de te rm inaux robuste s e t stable s, dédiés à ce rtaine s tâch e s, e t dont le coût ne dépasse pas 5 000 ou 6 000 francs ;pas de PC Pe ntium II/W indows 98 000 à 10 000 ou 15 000 francs.

e t dont le coût ne dépasse pas 5 000 ou 6 000 francs ;pas de

3

La tactique du lie rre

BillGate s se faitpublique m e ntle ch antre de la com pétition. Et vous e xplique z qu'e n

m oye ns

pour élim ine r se s concurre nts. Pouve z-vous décrire précisém e nt le s m éth ode s que vous re proch e zà la firm e ?

réalité, Microsoft déploie

tous

se s

Microsoft a e n e ffe t un discours public e n totale contradiction ave c se s pratique s. D'un côté, ildit :

nos logicie ls sontle s m e ille urs, puisque le public le s ch oisit. De l'autre , il déploie un arse nal très soph istiqué de m e sure s pour e m pêch e r à tout prix ce public de ch oisir autre ch ose qu'un de se s produits. Ce qui dém ontre que le s dirige ants de

qualité de

l'e ntre prise ne croie nt pas du tout à la

le urs logicie ls. Quand vous re garde z le s conquête s

ou le s pratique s de Microsoftune par une , toutce la e st asse z anodin. C'e st un pe u com m e une partie

d'éch e cs dont on obse rve rait que lque s

m

ouve m e nts isolém e nt : tie ns, ilpre nd un pion, il

m

e t un cavalie r e n éch e c, ilavance sa tour

Rie n

de spe ctaculaire . Mais c'e ste n pre nantdu re cul, e n

re gardant toute s le s stratégie s de Microsoft sur

Rie n de spe ctaculaire . Mais c'e ste n pre nantdu re cul, e n

l'e nse m ble de s partie s qu'ila jouée s - e tgagnée s - que l'on voitse de ssine r le vrai film d'une conquête

m onopoliste . Re ve nons aux pratique s e lle s-m êm e s.

Microsoft e m ploie plusie urs type s de m oye ns pour annih ile r la concurre nce . Le s plus classique s e t le s

m ie ux connus sont le s tactique s com m e rciale s. À

com m e nce r par le s contrats léonins im posés aux fabricants d'ordinate urs.

e ntre

Microsofte tle s ve nde urs de m ach ine s com m e

Com paq,De llou Gate w ay 2000 ?

Que lle s

sont le s

re lations

e xacte s

Microsofte ssaie d'oblige r le s grands distribute urs de PC à ne pas propose r au grand public de produits concurre nts. Ce tte pratique date de s

origine s m êm e s de l'e ntre prise . Jusqu'e n 1995, e n e ffe t, Microsoft im posait à tous le s distribute urs d'ordinate urs IBM e t com patible s de pré-installe r sur le disque dur de la m ach ine se s logicie ls à lui :

c'e st-à-dire d'abord MS-DOS, puis W indows. Le type de contrat confide ntie lsigné à l'époque était un ach at de lice nce « par proce sse ur ». Ilétait écrit, noir sur blanc, qu'IBM ou Com paq de vaie nt paye r une som m e forfaitaire pour ch aque m ach ine

produite e tve ndue

non voir DOS ou W indows installé sur sa m ach ine . On voitdonc bie n que l'intérêtdu distribute ur était d'installe r W indows plutôt qu'autre ch ose , qui lui coûte rait davantage d'arge nt. Quant à l'utilisate ur final, ilne gagnait rie n à de m ande r qu'on lui désinstalle DOS ou W indows, puisqu'ill'avait de toute façon payé. Il s'agissait là d'un abus caractérisé de position dom inante , dom m age able à

que le clie ntfinalsouh aite ou

s'agissait là d'un abus caractérisé de position dom inante , dom m age able à que

tous le s concurre nts. Un clie nt qui voulait acquérir le DR-DOS de DigitalRe se arch (rach e té e nsuite par Nove lle t finale m e nt par Calde ra), par e xe m ple , de vait de toute façon com m e nce r par paye r MS- DOS. Bre f, le grand public était « libre »de ch oisir un

produit Microsoft

été

épinglée non se ule m e nt par le Départe m e nt am éricain de la justice , m ais aussi par la Com m unauté e uropée nne . Ce la n'a pourtant été

d'aucune utilité. De s année s de procédure ont e n

e ffe tdébouch é sur un accord à l'am iable , le fam e ux Conse nt De cre e de 1995, par le que l Microsoft

s'e ngage à

ch apitre 1, non se ule m e ntMicrosoftn'a e u à paye r

aucune pénalité financière pour de s année s d'agisse m e nts illégaux, m ais ila pu contourne r la

contrainte e n inve ntantune nouve lle pratique qui a

e xacte m e ntle s m êm e s e ffe ts. Au lie u d'être obligés de signe r ce s contrats de lice nce « par proce sse ur », le s constructe urs ont m ainte nant le ch oix e ntre une lice nce « par m odèle » e t une lice nce «par copie ». Dans le pre m ie r cas, le constructe ur s'e ngage à installe r W indows - qu'ilpaie alors pe u ch e r - sur toute une ligne de produits (un m odèle d'ordinate ur), que le clie nt finalne pourra pas ach e te r sans W indows. Dans le se cond cas, le constructe ur ach ète se ule m e nt le s lice nce s qui corre sponde nt aux com m ande s e ffe ctive s de se s clie nts. Mais ildoitpaye r ch aque copie de W indows

2 à 3 fois plus ch e r ! En appare nce , le s

constructe urs ontle ch oix e tle Conse ntDe cre e e st

ou bie n de paye r de ux fois son

systèm e d'e xploitation ! Ce tte pratique -là a

rie n du tout. Com m e on l'a vu au

n de paye r de ux fois son systèm e d'e xploitation ! Ce tte pratique

re spe cté. Ilfautre m arque r d'aille urs que la ve rsion

e

uropée nne de ce t e ngage m e nt 19 prévoit

e

xplicite m e nt com m e agisse m e nt illicite le fait de

conditionne r la conclusion d'un accord « par m odèle »à l'inclusion de tous le s m odèle s dans ce régim e . Mais dans le s faits, le s re ve nde urs ch oisisse nt systém atique m e nt sur toute le ur gam m e d'ordinate urs grand public la pre m ière option « par m odèle ». Etl'utilisate ur finale stprivé de sa libe rté de ch oix, e xacte m e ntcom m e avant. Pire : si vous souh aite z ach e te r un nouve l ordinate ur, e t que vous ave z déjà W indows (le cas typique de s e ntre prise s qui e ffe ctue nt de s m ise s à jour), ce s grands re ve nde urs ne vous pe rm e tte nt pas d'ach e te r de nouve lle s m ach ine s sans W indows.

qu'aujourd'h ui, un

utilisate ur ne pe utpas ach e te r un PC qui ne

com porte pas W indow s ?

Vous

voule z

dire

d'alle r

dénich e r un pe tit asse m ble ur taïwanais, qui vous

e ffe ctue ra un asse m blage à la carte . Mais alors, il vaut m ie ux savoir ouvrir le capot e n cas de

problèm e ! Ce

votre m ach ine e n grande surface , e n France ch e z

Auch an, Carre four ou tout autre re ve nde ur

que , si vous ach e te z

C'e st

e n

e ffe t im possible

à

m oins

qui ve ut dire

im portant, vous

Mêm e abse nce de ch oix si, e n tant qu'e ntre prise ,

vous

pluriannue l

série ux ave c réparation de la m ach ine sous 48

h e ure s. La situation e st ide ntique aux États-Unis. Un étudiant du Ce nte r for Am e rican Public Policy

signe r un

vous

n'éch appe re z pas

à W indows.

de

ch e rch e z un distribute ur capable

contrat de

m ainte nance

signe r un vous n'éch appe re z pas à W indows. de ch e rch

and Politics de l'Unive rsité de Californie à Los Ange le s, David Ch un, a ainsi m e né, e n juin 1998, une e nquête auprès de s douze principaux re ve nde urs de PC aux États-Unis. Ila posé à Gate way 2000, De ll, Micron, IBM, Pack ard Be ll, H e wle tt-Pack ard, Tosh iba, NEC, Sony, Unice nt, Um ax e tQuante x le s m êm e s que stions sim ple s

1. Puis-je ach e te r un PC ave c un autre systèm e d'e xploitation que W indows ?

2.

ach e te r W indows ave c ? 3. Si non, pourquoi ?

4. En cas d'ach at, puis-je vous re tourne r W indows e têtre re m boursé ?

un PC, que lqu'ilsoit, sans

Puis-je

ach e te r

Le s conclusions de Ch un sont form e lle s : « Sur le s douze fabricants inte rrogés, pas un se uln'a voulu m e ve ndre un PC, que lle que soitla m arque , sans W indows. Et pas un d'e ntre e ux n'était prêt à m e propose r un discount si je le ur re nvoyais W indows pour m e le faire re m bourse r 20 » ! La plupart de ce s constructe urs ont e xpliqué à David Ch un que « le ur contrat ave c Microsoft e xige ait qu'ils ve nde ntW indows ave c ch aque m ach ine ». Le plus cocasse e st qu'IBM, qui a créé OS/2, un systèm e d'e xploitation concurre nt de W indows,

e xige que se s clie nts ach ète nt systém atique m e nt

une lice nce W indows

m êm e s'ils déclare nt h aut

e t fort qu'ils ne souh aite nt acquérir que l'OS/2

d'IBM !

Si

j'ach ète un PC ave c W indow s e t que je ne ve ux pas de ce systèm e d'e xploitation, e st-ce

Est-ce

la

m êm e

ch ose

e n

France

?

que je pe ux m e le faire re m bourse r ?

ce systèm e d'e xploitation, e st-ce Est-ce la m êm e ch ose e n

Figure z-vous que c'e st e xacte m e nt m on cas. J'e ssaie dése spérém e nt de puis de s m ois de m e faire re m bourse r un CD-Rom W indows 95 par De ll. Pour l'instant, e n vain. J'ai bie n sûr d'abord e ssayé d'ach e te r la m ach ine que vous voye z sur m on bure au, un De llW S 400, sans W indows. On m 'a

répondu orale m e nt, m ais sans vouloir m e l'écrire , que ce n'était pas possible . De vant ce re fus, j'ai de m andé que De llide ntifie précisém e nt le coût du logicie lW indows 95 sur sa facture . Là, j'ai re çu un fax dans le que lile st écrit noir sur blanc qu'e n raison du contrat ave c Microsoft, De llne pouvait pas m e com m unique r le prix de re vie nt du logicie l. Je n'ai finale m e nt jam ais pu savoir de com bie n le Laboratoire d'Inform atique de l'École norm ale supérie ure de la rue d'Ulm - donc finale m e ntl'État- allaitse faire e scroque r. Mais j'avais be soin du type de garantie qu'offre un grand constructe ur : si j'avais fait appe là l'asse m ble ur du coin e t que j'étais parti dans un an, qui aurait pu assure r la

m

ainte nance de l'ordinate ur ? J'ai donc tout de

m

êm e ach e té ce tte m ach ine ch e z De ll, parce que

c'e st le constructe ur qui m 'a se m blé le plus

re spe ctue ux pour le s unive rsités auxque lle s il

propose un contrat à prix préfére ntie l, e t pour le

m ouve m e nt du logicie l libre , puisqu'il prête

volontie rs de s m ach ine s pour de s dém onstrations de Linux.

Le se lde l'h istoire , c'e st que j'ai découve rt au dos du coffre tconte nantle CD-Rom W indows 95 la notice suivante : si vous n'acce pte z pas le s conditions de la lice nce , vous pouve z re tourne r le CD-Rom W indows 95 au distribute ur « pour

re m bourse m e nt»! Ce que je m e suis e m pre ssé de

z re tourne r le CD-Rom W indows 95 au distribute ur « pour re m

faire . Pe ine pe rdue : étant dans l'im possibilité contractue lle de dire com bie n coûte ce logicie l, De ll ne sait pas com bie n ildoit m e le re m bourse r. J'ai tout de m êm e fait la dém arch e , e t j'atte nds ave c intérêtla suite du fe uille ton. Ce qu'ilfaut souligne r, c'e st que ce tte pratique dite de « ve nte liée » e st tout à fait illégale e n France , le Code de la Consom m ation e xplicitant: «

subordonne r la ve nte d'un

Ile st inte rdit de [

produit à l'ach at concom itant d'un autre produit

» (Livre I, Ch apitre II, se ction 1). Le m êm e

ge nre de législation e staussi e n vigue ur e n Europe

com m e le m ontre nt le s article s 85 e t 86 du Traité

21.

1

[ 1

Pourquoi le s fabricants d'ordinate urs, qui sont de s e ntre prise s puissante s, ne se

re be lle nt-ils Microsoft?

le s dik tats de

pas

contre

Ce qu'ilfaut savoir, c'e st que de puis de longue s

année s, le s fabricants ne gagne nt pas be aucoup d'arge nt sur le m atérie l. C'e st sur le s logicie ls que le s édite urs font de s bénéfice s im portants, parce que ce ux-ci ont un coût m arginalquasim e nt nul. Une fois qu'un logicie la été réalisé, ave c un coût d'inve stisse m e nt parfois très éle vé, on pe ut le duplique r sur un CD-Rom pour que lque s francs par

copie ou bie n le transm e ttre par rése au

ch arge de ce lui qui l'ach ète . Le m atérie l, lui, a un coût incom pre ssible : l'écran 17 pouce s que vous

paye z 5 000 francs a pe ut-être coûté 2 000 ou 3 000 francs au constructe ur, e tce prix de re vie ntne baisse que très faible m e nt ave c l'augm e ntation du

à la

000 francs au constructe ur, e tce prix de re vie ntne baisse que très faible

volum e de s ve nte s. Le s m arge s bénéficiaire s sur la ve nte de h ardw are sont donc infim e s. Et sur ce s m arch és, ils'e xe rce une concurre nce à coute aux tirés : le s fabricants lutte nt pour gagne r que lque s francs sur la fabrication. Il e st donc tout à fait im pe nsable qu'un constructe ur d'ordinate urs pre nne le risque d'être le se ulà paye r le s lice nce s W indows, Office ou autre s, ne se rait-ce que ce nt francs plus ch e r que se s concurre nts. Car Microsoft pourrait très bie n, par m e sure de rétorsion, re fuse r aux fabricants qui se m ontre raie nt trop indépe ndants d'acquérir le s lice nce s « par m odèle » à prix réduit. Et un constructe ur qui se rait obligé de paye r la « lice nce par copie » sur plus de la m oitié de se s ve nte s fe raitim m édiate m e ntfaillite ! Ce s grands groupe s inform atique s, qui donne nt une im pre ssion de puissance , sont e n réalité de s colosse s aux pie ds d'argile . Ils sont m e nés par le bout du ne z par le s vrais patrons de ce tte industrie : Microsoft e t, dans une m oindre m e sure , Inte l. C'e st aussi la raison pour laque lle ce s fabricants d'ordinate urs acce pte nt d'assum e r de s coûts im portants, qui norm ale m e nt de vraie nt incom be r à Microsoft com m e le s se rvice s d'assistance téléph onique ou h otline , dontnous avons parlé au ch apitre 2. D'aille urs, Microsoft ne se conte nte pas de tordre le bras aux fabricants de h ardw are : il e st aussi réputé pour e xe rce r son pouvoir de coe rcition e t son m ark e ting agre ssif sur tous le s m aillons de la ch aîne de distribution, jusqu'au clie ntfinal.

De s e xe m ple s de ce s tactique s m ark e ting

s m aillons de la ch aîne de distribution, jusqu'au clie ntfinal. De s e xe

agre ssive s ?

Ilarrive que Microsoft pre nne se s clie nts e n

otage e n le s forçant à ach e te r un produit dont ils

obte nir un logicie lqu'ils

ve ule nt. Au Japon, par e xe m ple , le s utilisate urs adore nt le table ur Exce l de Microsoft, m ais n'apprécie nt guère son traite m e nt de te xte W ord, m aladapté aux caractère s Kanji. Le problèm e e st qu'Exce ln'e st ve ndu que dans la suite bure autique Office , qui com pre nd aussi W ord. Si bie n que le s Japonais qui ve ule nt Exce ldoive nt aussi ach e te r W ord, m êm e si c'e stpour le m e ttre à la poube lle . Une tactique plus discutable e ncore a consisté, pour Microsoft, à se se rvir du « sh érif » de la profe ssion - la Busine ss Software Alliance (BSA) - pour faire pre ssion sur le s e ntre prise s qui font de s copie s non autorisée s de logicie ls. Note z que je n'aim e pas e tn'e m ploie pas le m ot« pirate s », qui évoque de s vole urs sanguinaire s, ce qui n'a rie n à voir ave c le m onde du logicie l. Mais écoute z ce tte h istoire incroyable : un be au jour de 1995, de s re prése ntants de la BSA découvre nt ch e z la com pagnie de téléph one uruguaye nne Ante lun ce rtain nom bre d'irrégularités. Ce tte e ntre prise a installé be aucoup plus de copie s de logicie ls Nove ll e t Microsoft qu'e lle n'a officie lle m e nt ach e té de lice nce s. Le s e ntre prise s sont e n e ffe t te nue s d'ach e te r une lice nce par poste de travail, m ais le font rare m e nt, surtout dans le s pays e n déve loppe m e nt. Le s avocats de la BSA dépose nt une plainte pour 100 000 dollars. Jusque -là, iln'y a rie n d'étonnant. Mais e n 1997, la plainte e stre tirée avant le juge m e nt e n raison d'un « accord à

n'ont rie n à faire pour

e n 1997, la plainte e stre tirée avant le juge m e nt e n

l'am iable »e ntre Microsoft (qui n'était pas le se ul plaignantre prése nté par BSA) e tAnte l, sur la base

du com prom is suivant : la BSA passe l'éponge

condition qu'Ante lre m place tous le s produits de s concurre nts (dont ce ux de Nove ll, qui était un de s plaignants) par de s produits Microsoft ! Ce dossie r

e st détaillé par Rach e lBurste in dans l'édition de janvie r 1998 du m agazine Moth e r Jone s. Le s re prése ntants de Microsoft e t de la BSA se sont

e m pre ssés de nie r toute l'h istoire

était fausse , pourquoi, alors, Lotus e t Nove ll auraie nt-ils annoncé publique m e nt qu'ils ne fe raie nt plus appe laux « se rvice s »de la BSA e n

Am érique latine ?L'article de Burste in souligne que ce cas e st loin d'être isolé : de fait, la BSA e st

te lle m e nt liée à Microsoft

concurre nts l'ont quittée , pour alle r re joindre la Software Publish e rs Association. Ce tte organisation, plus influe nte que la BSA, s'e st réce m m e nt m ontrée très critique e nve rs Microsoft (bie n qu'e lle e n soitaussi m e m bre ). Microsoft e st égale m e nt soupçonné dans l'industrie de m e nace s de rétorsion e nve rs de s parte naire s trop indépe ndants. Ilse trouve que ce rtains acte urs du h ardw are - notam m e nt de s fabricants de carte s com m e Xircom , m ais aussi de s constructe urs de puce s e t m icro-ordinate urs - ont longte m ps re fusé de donne r le s spécifications te ch nique s de le ur m atérie l aux déve loppe urs Linux, qui souh aitaie nt que ce systèm e d'e xploitation soit com patible ave c le m axim um de standards. C'e st-à-dire que ce s industrie ls se coupe nt délibérém e nt de s 8 m illions d'utilisate urs de Linux. Est-ce le ur intérêt ? Évide m m e nt pas.

que ce rtains de se s

Mais si e lle

à

illions d'utilisate urs de Linux. Est-ce le ur intérêt ? Évide m m e nt pas.

Alors, la se ule e xplication logique e st que s'ils se m ontraie nt coopératifs vis-à-vis de Linux, ils pourraie nt e n pâtir du côté de Microsoft. De fait, il

se rait très facile à Microsoft de ne plus e nvoye r la ve rsion bêta de W indows 98 ou de W indowsNT aux e ntre prise s sortant de s produits com patible s ave c

Linux

réponse s du style : « Ah , vous n'ave z pas re çu la ve rsion bêta de W indows ? Le paque t s'e st

sûre m e nt pe rdu

l'e ntre prise com pre nd, m odifie de ux ou trois spécificités te ch nique s de son produit sans le dire aux déve loppe urs Linux, e t le fait savoir à

re çoit le s

ve rsions bêta tant atte ndue s dès le le nde m ain. On trouve be aucoup d'h istoire s de ce ge nre sur Inte rne t. Mais, évide m m e nt, ilne s'agit que de présom ptions.

Microsoft. Et, com m e par m iracle , e lle

Rie n d'e xplicite , évide m m e nt. Mais de s

» Au bout de que lque s jours,

On

a

com pris

que

le s

pratique s

com m e rciale s

de

Microsoft,

à

vos

ye ux,

tie nne nt à la fois du roule au-com pre sse ur e t de la dissuasion nucléaire . Qu'e n e st-ilde s

offe nsive s contre se s concurre nts dire cts ?

la

suppre ssion de la concurre nce . Le m oye n le plus sournois e t le plus e fficace pour tue r le s produits

rivaux, c'e st de

(ou la néce ssité d'inte ropérabilité e ntre le s produits inform atique s) décrit plus h aut, pour e xporte r son m onopole sur W indows à tous le s autre s se gm e nts de l'industrie inform atique . Quand un édite ur de

à profit l'« e ffe t rése au »

La culture

de

Microsoft e st te ndue

ve rs

m e ttre

logicie ls détie nt à la fois le systèm e d'e xploitation

au » La culture de Microsoft e st te ndue ve rs m e ttre logicie

(W indows) e t le s applications (W ord, Exce l,

Explore r), illui e stalors te ch nique m e ntpossible de

m odifie r le systèm e d'e xploitation pour re ndre le s

produits concurre nts instable s ou inutilisable s, tout

e n am éliorant le s pre stations de se s propre s

program m e s. Com m e ntce la fonctionne -t-il?On a déjà vu que

le s logicie ls Microsoft pouvaie nt alle r m odifie r de s

com posante s du systèm e d'e xploitation de l'ordinate ur pour l'adapte r à le urs be soins. Par

e xe m ple , vous installe z une ve rsion du program m e

de traite m e nt de te xte Microsoft W ord. Au lie u de se lim ite r à copie r le program m e sur votre disque dur, ce tte procédure m odifie aussi ce rtaine s com posante s du systèm e d'e xploitation, notam m e nt le s librairie s partagée s (DLL), dont le code inform atique e st utilisé par plusie urs program m e s. Ce s m odifications se raie nt

im possible s si le s com posante s vitale s du systèm e étaie nt ve rrouillée s. Et, dans un m onde raisonnable , on ne de vrait pouvoir touch e r à tout ce la que très rare m e nt, e n cas de m ise à jour

m aje ure , ou s'ily a vraim e ntde s défauts à corrige r.

Mais dans le m onde Microsoft, n'im porte que l

nouve au program m e va m odifie r de ux ou trois DLL dans W indows. Soi disant pour l'adapte r à se s

be soins

m oins avouable s.

m ais aussi, sans doute , pour de s m otifs

Il e st par e xe m ple facile à ce s logicie ls d'application de vérifie r la nature du systèm e d'e xploitation, e t de rale ntir ou d'arrête r de fonctionne r s'ils découvre nt un produit concurre nt. C'e st e xacte m e nt ce dont Calde ra accuse Microsoft de vant le s tribunaux. Calde ra e st la société qui a

nt. C'e st e xacte m e nt ce dont Calde ra accuse Microsoft de vant

rach e té à Nove ll le s droits du systèm e d'e xploitation DR-DOS, un cousin du QDOS origine l. Se lon e lle , quand Microsofta lancé W indows 3.1 (e t le problèm e se poursuit ave c W indows 95), une couch e logicie lle fonctionnant au-de ssus de s

systèm e s de la fam ille DOS pour re ndre le ur utilisation plus conviviale , le program m e e ffe ctuait un te st pour voir que l systèm e d'e xploitation équipait l'ordinate ur. Si la m ach ine lui répondait « DR-DOS », W indows 3.1 re fusait de fonctionne r. Il

e xige ait la prése nce de MS-DOS ! On pourra,

j'e spère , vérifie r ce s allégations m ainte nant que le tribunala ordonné à Microsoft de m e ttre le code source de W indows 95 à disposition de s avocats de Calde ra. Ile st facile d'im agine r une m anoe uvre sim ilaire

m ais inve rsée e ntre le systèm e d'e xploitation e tle s

logicie ls applicatifs. J'ai constaté, de façon

e m pirique , que si j'installe le navigate ur Inte rne t

Explore r sur un PC déjà m uni de Ne tscape Navigator, ce de rnie r se m e t subite m e nt à m arch e r

m oins bie n. La se ule h ypoth èse plausible e st

qu'Explore r vie nne , e n s'installant, m odifie r

ce rtaine s com posante s de W indows qui, de ce fait, ne fe rait plus tourne r Navigator corre cte m e nt. J'e m ploie ici le conditionne l, puisque ce s pratique s sont très difficile s à prouve r, le s code s source de tous ce s produits étant protégés par le se cre t com m e rcial. En tout cas, la pratique se m ble ancie nne : ilétait déjà de notoriété publique , dans

le s année s quatre -vingt, que le très populaire

logicie lbure autique Lotus 1-2-3 tournait très m al sous DOS. Le s inform aticie ns avaie nt m êm e , à l'époque l'h abitude de plaisante r : « DOS is not

m al sous DOS. Le s inform aticie ns avaie nt m êm e , à

done

Com pre ne z : DOS ne se ra pas faittantque Lotus 1- 2-3 ne se ra pas défait.

e ffe t la possibilité te ch nique

d'organise r, e n catim ini, le sabotage de s produits de la concurre nce sur sa propre plate -form e . Et

com m e un logicie l pour PC qui n'e st pas parfaite m e nt com patible ave c W indows e st un

produit m ort, ce tte te ch nique pe ut se révéle r

re doutable m e nt e fficace

sont de s pratique s

qui fontpe nse r aux propriétés sournoise s du lie rre , réputé e m poisonne r le s racine s de s plante s

voisine s. Me tte z, par e xe m ple , un

th ym à côté d'un plant de lie rre , ilm e urt e n

be au laurie r-

until Lotus

1-2-3

is

undone

».

Microsoft a

e n

Ce

que lque s se m aine s. C'e st pre sque toujours le sort qui atte nd le s édite urs préte ndant écrire de

m

e ille urs produits que Microsoft sur la plate -form e

W

indows.

Une fois le s produits concurre nts inh ibés, Microsoft n'a plus qu'à pre ndre le m arch é d'assautave cse s propre s logicie ls ?

Tout

à

fait.

Microsoft e st m êm e

te lle m e nt

puissant

qu'ilpe ut se conte nte r d'annonce r qu'il

sortira un produit concurre nt, ou

ve rsion

im m édiate m e nt. Ce tte

annonce r de s nouve autés qui n'e xiste nt pas e st

nouve lle

produit, sans le faire

à

une

du

m êm e

pratique

qui consiste

m

onnaie courante dans l'industrie inform atique ,

m

ais Microsoft e n e st le ch am pion inconte sté. Ce la

s'appe lle le vaporw are . Un bluff, ou l'équivale nth i-

te

prom e t une

ch

du

« de m ain,

poule

on rase de m ain
on
rase
de m ain

gratis ». On vous

plutôt qu'un

oe uf

aujourd'h ui. Et, e n fin de com pte , vous vous

re trouve z ave c un oe ufde m ain plutôtqu'une poule

aujourd'h ui. Le consom m ate ur re nonce e n e ffe t à

ach e te r de s produits te stés e t bon m arch é, parce que Microsoft lui prom e t que , de m ain, ilsortira un

fe ra be aucoup m ie ux. on s'appe lle Microsoft,

que l'on bénéficie d'un fortre lais m édiatique e tque

l'on ve nd à un public ine xpérim e nté, le vaporw are

e m pêch e e ffe ctive m e nt le s concurre nts de pre ndre de s parts de m arch é auxque lle s ils pourraie nt préte ndre , ce qui donne le te m ps de m e ttre e n place le s m e sure s néce ssaire s pour le s contre r. Le pre m ie r e xe m ple célèbre de vaporw are c'e st,

e n 1988, le lance m e nt de Microsoft W ord 3.0. Bill Gate s m ontre alors un prototype de produit ple in

de faille s, qui d'aille urs plante sa m ach ine

pourtant, le s ge ns re nonce nt après ce tte dém o, à

Et

logicie l m e rve ille ux, qui Malh e ure use m e nt, quand

ach e te r le produit concurre nt W ord Pe rfe ct. Ce tte pratique se poursuit de nos jours : Microsoft

e xpliquait, au printe m ps 1998, qu'il allait

ince ssam m e nt m e ttre e n circulation une ve rsion bêta de son systèm e NT 5.0 pour station de travail

e t se rve urs, qui contie ndrait toute s le s

fonctionnalités avancée s du se rve ur Nove ll e t

m

ie ux e ncore . Mais, e n octobre 1998, ce tte «

m

e rve ille » n'e st toujours pas sur le m arch é. La

stratégie e st claire : ils'agit d'incite r le clie nt à

déploye r du NT 4.0 e t à atte ndre le s am éliorations

im m ine nte s de la ve rsion 5.0

pour de s produits disponible s im m édiate m e nt, com m e le NDS de Nove ll, ou de s se rve urs H e wle tt Pack ard ou Sun, par e xe m ple .

plutôt que d'opte r

e nt, com m e le NDS de Nove ll, ou de s se rve urs

L'autre pratique controve rsée de Microsoft consiste à lie r se s nouve aux logicie ls aux produits déjà e n quasi-m onopole

Oui, Microsoft utilise son pouvoir de coe rcition

pour im pose r se s nouve aux logicie ls, souve nt

m oins bons que ce ux qui e xiste nt sur le m arch é,

ave c un produit e n m onopole . Exe m ple : W indows 98 contie ntle logicie ld'organisation Outlook , ce qui

re nd tous le s édite urs de produits sim ilaire s

furie ux. Com m e nt voule z-vous convaincre un

utilisate ur d'ach e te r un program m e concurre nt, alors qu'il dispose déjà d'Outlook , intégré à

W indows 98, e tdonc déjà payé ave c le systèm e ?

Mais l'e xe m ple le plus flagrant de ce tte pratique , ce lui qui e st au ce ntre de l'action du Départe m e nt am éricain de la justice , c'e stl'affaire du navigate ur Inte rne t Explore r. De l'ave u m êm e de BillGate s, Explore r était au départ de très m auvaise qualité 27. Ch ristian W ildfe ue r, un cadre de Microsoft cité par le m agazine Tim e , a re connu lui-m êm e dans

un e -m ail, e n févrie r 1997: « Ilse rait très difficile d'augm e nte r notre part de m arch é sur le s se uls

m érite s d'Inte rne t Explore r 4. Ile st im portant de

faire le vie r sur l'actifdu systèm e d'e xploitation afin de pousse r le s ge ns à utilise r Inte rne t Explore r au

lie u de Navigator. » Pour im pose r Explore r - e xacte m e nt com m e il avait un pe u auparavant e ssayé d'im pose r son se rvice e n ligne MSN -, Microsoft a donc de m andé aux constructe urs inform atique s de le pré-installe r

sur le urs m ach ine s, e n série , e n m êm e te m ps que

W indows 95. Puis, la conquête d'Inte rne t se

révélant pe u à pe u la priorité de Microsoft, l'étape

ps que W indows 95. Puis, la conquête d'Inte rne t se révélant pe u à

suivante a consisté à intégre r Explore r à W indows

98 : à plante r se s racine s dans le code m êm e du

systèm e d'e xploitation, de sorte qu'ilpuisse très difficile m e ntêtre éradiqué. L'argum e ntm assue , vis- à-vis de s m édias e t du grand public, était qu'Explore r était un « plus »donné par Microsoft. Ce tte h abile m anoe uvre pe rm e t à l'édite ur d'im pose r Explore r au détrim e nt de Navigator toute n se faisantbie n voir auprès de s utilisate urs, à qui l'on fait«cade au »du fure te ur.

Mais pourquoi, e n tant que consom m ate ur, e st-ce que je de vrais re fuse r un logicie l gratuit, qui e n plus m e sim plifie la vie puisque je n 'ai pas à m e procure r ce lui de Ne tscape ?

Parce que vous aide z ainsi Microsoft à bâtir un m onopole sur la transm ission de l'inform ation, qui e st contre votre intérêt. Parce qu'ils'agit d'un cade au e m poisonné qui, à te rm e , vous prive com plète m e nt de la possibilité de ch oisir. D'abord, s'agitilvraim e nt d'un cade au ? L'utilisate ur doit paye r 790 francs pour passe r de W indows 95 à W indows 98 (ou 1 790 francs pour ce ux qui n'avaie nt pas W indows 95). Ou, quand ilach ète une nouve lle m ach ine , ilpaie W indows ave c le systèm e . Donc, le fait de dire qu'Explore r, qui e st lié à W indows, e st gratuit e t que c'e st le re ste qui coûte ch e r re lève pure m e nt e t sim ple m e nt de l'artifice com ptable . Navigator, re baptisé Com m unicator, lui, e st m ainte nantnon se ule m e ntgratuit, m ais libre . C'e st- à-dire que son code source a été re ndu public (voir ch apitre 5).

se ule m e ntgratuit, m ais libre . C'e st- à-dire que son code source

Pour com pre ndre à que lpoint la notion de prix e startificie lle dans le m onde Microsoft, iln'y a pas m ie ux que le cas d'école du systèm e d'e xploitation W indowsNT. La firm e com m e rcialise de ux ve rsions de W indowsNT : l'une , NT W ork station, pour le s stations de travail(c'e st-à-dire la m ach ine clie nt, qui re çoit l'inform ation) ve ndue e nviron 2 000 francs. L'autre , NT Se rve r, pour le s se rve urs (la m ach ine qui diffuse l'inform ation), ve ndue 6 000 francs. Ce tte de rnière contie nt e n outre une série de logicie ls supplém e ntaire s pour se rve urs com m e

Inte rne t Inform ation Se rve r, que Microsoft proclam e être « gratuits ». Or, que constate -t-on quand on re garde ce que contie nne nt vraim e nt le s CD-Rom ? Si on e nlève tout ce qui e st artificie lle m e nt « gratuit », le s de ux program m e s

ont e xacte m e nt le s m êm e s ligne s de code

à

que lque s bits près. Ils'agit d'une e ntrée dans la base de s re gistre s qui contie nt « W ork station »ou «Se rve r », plus un autre pe titbit, bie n cach é, pour com plique r la tâch e aux pe tits m alins qui souh aite raie nt épargne r le s que lque 4 000 francs de différe nce de prix.

Conclusion : si Microsoftditvrai, c'e st-à-dire que tous le s logicie ls com pris dans NT Se rve r (IIS, e tc.) sont gratuits, alors ce s de ux pe tite s cle fs occupant

que lque s bits, sont facturée s

Difficile , alors, de se débarrasse r de la très désagréable se nsation d'avoir été non se ule m e nt be rnés, m ais aussi arnaqués 28. Mais re ve nons à nos fure te urs. Ile st im portant de com pre ndre qu'e n réalité, e n acce ptant de vous dote r d'Explore r (m êm e s'ile st gratuit), c'e st vous qui faite s un form idable cade au à Microsoft. Car

4 000 francs.

r (m êm e s'ile st gratuit), c'e st vous qui faite s un form idable

vous e ntre z alors dans le s statistique s com m e un utilisate ur Explore r de plus. Et, dans ce s gue rre s de standards, le s parts de m arch é vale nt de l'or,

m êm e si e lle s ne rapporte nt pas dire cte m e nt de

bénéfice s. En e ffe t, une fois qu'Explore r aura atte int 80 ou 90 % du m arch é de s navigate urs

Inte rne t, ce la donne ra à Microsoftun bras de le vie r supplém e ntaire pour éte ndre son e m prise sur la ch aîne Inte rne t. La firm e de Se attle pe ut d'abord

m odifie r un pe tit pe u se s produits pour faire e n

sorte que le se rve ur qui m arch e ra le m ie ux ave c Explore r soit juste m e nt le se rve ur Microsoft NT,

Etsi

l'on e n croit ce rtains inte rnaute s, ce se rait m êm e déjà fait : IIS répondrait plus rapide m e nt à Explore r qu'aux autre s fure te urs. Microsoft pe ut alors alle r voir tous le s diffuse urs de conte nu sur Inte rne t - le s Tim e W arne r e t

m uni du logicie lInte rne tInform ation Se rve r

autre s Disne y de la planète - e tle ur e xplique r qu'il

le ur faut absolum e nt utilise r son se rve ur NT. En

juin 1998, Microsoftavaitdéjà conquis 22 % de ce

m arch é, contre 9 % pour Ne tscape , e t 49 % pour

le logicie llibre Apach e se lon le cabine t Ne tcraft. Si

Microsoft te nait le s m arch és du navigate ur, du

se rve ur e t du PC, illui se rait alors très facile de «

m icrosoftise r » le s langage s de com m unication

e ntre ce s m ach ine s. Ce qui débouch e rait, com m e on l'a vu, sur un contrôle quasi total de

l'inform ation.

Est-ce que ce rtains e ffe ts de ce s pratique s

déjà

que

vous

juge z

dange re use s

sont

aujourd'h ui pe rce ptible s ?

Ce ux qui m e trouve nt e xce ssif ou caricatural n'ont qu'à obse rve r ce qui se passe sur Inte rne t :

ce rtains site s apparte nant à Microsoft sont d'ore s

e t déjà inte rdits aux ade pte s d'autre s navigate urs, com m e Navigator, Lynx, Om niW e b ou Opéra.

Exe m ple : le s utilisate urs de Navigator qui e ssaie nt de se conne cte r à l'Inte rne t Gam ing Zone , l'un de s

m e ille urs site s de je u de stratégie e n rése au

rach e té e n 1996 par Microsoft, voie nt apparaître le

m

e ssage suivant : « Désolé. Pour de s raisons

te

ch nique s [la te ch nique a bon dos !], la Zone ne

pe ut pas pour l'instant fonctionne r ave c Navigator

3.0 ou de s ve rsions plus réce nte s. Nous travaillons

à

m e ttre ce tte fonctionnalité e n place e t nous

e

xcusons pour ce t inconvénie nt

En atte ndant,

nous vous invitons à téléch arge r gratuite m e nt

Inte rne t Explore r. »Microsoft avait com m e ncé par rése rve r l'accès de ce site aux se uls utilisate urs de

W indows. Mainte nant, ilfaut aussi avoir Explore r.

Nuldoute que , pour ne pas être e xclus de le ur

Zone , be aucoup de joue urs invétérés se laisse ront

Le m êm e ge nre d'ave nture

atte nd le s inte rnaute s ade pte s de Star Tre k quand

ils visite nt le site de le ur fe uille ton culte sur MSN (startre k .m sn.com ). On pe utdifficile m e ntjustifie r ce se ctarism e de la part de s site s Microsoft e n invoquant de s raisons

« m icrosoftise r »

te ch nique s : dans le cas de l'Inte rne t Gam ing

Zone , par e xe m ple , tout m arch ait bie n ave c Ne tscape avant le rach at de Microsoft, e t ila

évide m m e nt fallu inve stir du te m ps e t de l'éne rgie pour la m odifie r de te lle sorte que Ne tscape ne

m arch e plus. Pour vous donne r un e xe m ple à caractère plus

rgie pour la m odifie r de te lle sorte que Ne tscape ne m arch

national, le logicie l Nabucco utilisé par l'adm inistration française pour la ge stion financière e st aujourd'h ui conçu de te lle m anière que tout clie nt puisse y accéde r e n utilisant le protocole ouve rtde Te lne t, une de s m ille e tune com posante s

libre s sans le sque lle s Inte rne tn'e xiste raitpas. Ce la signifie qu'un Mac, une station Sun ou un PC Linux pe uve nt aujourd'h ui, ave c un tout pe tit e ffort supplém e ntaire , être utilisés com m e poste s de travail. Malh e ure use m e nt, la nouve lle ve rsion de Nabucco va être « intégrée » dans W indows, e n sorte que vous pourre z l'utilise r se ule m e nt si vous ave z un PC sous W indows. Rie n n'oblige aitpourtant l'adm inistration française à faire un ch oix qui n'e st pas dans son intérêt. Ce tte incom patibilité program m ée de s site s Microsoftave c le s navigate urs concurre nts - utilisés tout de m êm e par que lque 45 m illions d'inte rnaute s ! - laisse à pe nse r que l'activité W e b de Microsoft e xiste davantage pour re nforce r sa

dom ination sur l'industrie du logicie l

que pour

bâtir un nouve au busine ss. Quoi qu'ile n soit, fort de se s 55 % du m arch é de s navigate urs, Microsoft a convaincu un nom bre croissant de fournisse urs de conte nu indépe ndants d'optim ise r le ur site pour Explore r, voire de l'inte rdire franch e m e nt aux non- Explore r. C'e st notam m e nt le cas de l'Inte rne t Supe rstore

de la ch aîne britannique Te sco 29, qui, au préte xte qu'e lle n'utilise que le s « te ch nologie s Inte rne t le s plus m ode rne s », inte rdit l'accès de son site aux navigate urs non com patible s ave c le s langage s

Microsoft Active X ou BVScript

dupe ! La réalité e stque Te sco a inve sti de l'arge nt

Que ldiscours de

s langage s Microsoft Active X ou BVScript dupe ! La réalité e stque Te sco

pour se coupe r de la m oitié de se s clie nts pote ntie ls. C'e st aussi absurde que d'ouvrir un nouve au supe rm arch é qui, par e xe m ple ,

n'acce pte raitque le s clie nts portantde s ch aussure s

m arron !

Je voudrais e n profite r pour faire une re m arque générale sur le « te rrorism e » de s statistique s e t de s parts de m arch é. Ilsuffit qu'un logicie lsoit inclus dans W indows pour qu'autom atique m e nt, ch aque utilisate ur de W indows soit com pté com m e un utilisate ur de ce logicie l. Com ptabilité pour le

m oins approxim ative . Pre nons m on propre cas :

ayant déjà ach e té quatre m icro-ordinate urs où

W indows était préinstallé, je com pte

pe rsonne lle m e nt dans le s statistique s de l'industrie

com m e quatre utilisate urs de W indows

alors que

m on pre m ie r ge ste , à la réce ption de la m ach ine ,

e st au contraire de désinstalle r W indows pour le

re m place r par Ne xtSte p ou Linux !

Assis sur se s 60 m illiards de francs de cash ,

Microsoft pe ut rach e te r tout ce e nvie ,ou le gêne ?

qui lui fait

En

apparaît dans l'écran radar de Microsoft,

l'e ntre prise m e ttoute n oe uvre pour que ce produit ne soit pas gênant. Que lle s que soie nt se s

que lque ch ose d'intére ssant

e ffe t, dès

que

m otivations, Microsoft ach ète ou pre nd de s

participations, ch aque année , dans que lque tre nte PME te ch nologique s autour du m onde . Dans de s

dom aine s aussi variés que le s systèm e s

le s

d'e xploitation, le s applications

se rve urs, le s standards m ultim édia e t Inte rne t, la

pour

PC,

e s le s d'e xploitation, le s applications se rve urs, le s standards m

te ch nologie java, le s transactions financière s sur Inte rne t, le s nouve aux m édias éle ctronique s inte ractifs, le s je ux vidéo, le s accès rése aux e t le câble . Un site W e b e n tie nt l'im pre ssionnante com ptabilité, m ais on pe ut aussi voir la ve rsion « officie lle », évide m m e nt m oins e xplicite , ch e z Microsoft. Microsoft a notam m e nt l'h abitude de supprim e r de pe tits concurre nts pote ntie ls e n s'appropriant le ur te ch nologie . Ile xiste de s cas où l'édite ur de Se attle a pure m e nte tsim ple m e ntvolé le s produits

de PME concurre nte s, e n copiant sans ve rgogne le ur te ch nologie pour l'intégre r à son offre . C'e stce qui s'e st passé par e xe m ple ave c la société Stac, conce ptrice du com pre sse ur de disque dur Stack e r, qui a réussi à prouve r la ch ose , e t a e u gain de cause e n justice . Citons égale m e ntTVH ost, dontle Guide TVa, se lon son vice -préside nt Mik e Je ffre ss, été tout sim ple m e nt copié e t inclus dans W indows

98

Dans d'autre s cas, Microsoft pre nd vraim e nt une

lice nce pour de s te ch nologie s sur le sque lle s e lle n'a aucun savoir-faire , ou bie n acquie rt e n totalité le s sociétés qui le s ont inve ntée s. Ce s opérations sont ce qu'on appe lle de s buy in. Microsoft s'e st offe rt de la sorte la société W e b TV, pour e ntre r du jour au le nde m ain dans le busine ss de l'accès Inte rne t sur le télévise ur. On re m arque ra ce pe ndant que , quand le géant de Se attle se conte nte d'ach e te r la te ch nologie d'un plus pe tit que lui, ce de rnie r e st

e nsuite le plus souve nt poussé h ors m arch é. De ux

de s réce nts « parte naire s » de Microsoft ont e n

e ffe t e ntam é de s procédure s contre lui de vant le s tribunaux. Ils'agit tout d'abord de Spyglass, dont

e n e ffe t e ntam é de s procédure s contre lui de vant

la te ch nologie Mosaic se rtde base à Explore r. Dans l'accord de lice nce signé à l'époque , ilétait prévu qu'un pe tit pource ntage de s droits d'aute ur

d'Explore r re vie ndrait à Spyglass

préte ndant m ainte nant faire cade au de son

navigate ur, a arrêté du jour au le nde m ain de paye r

de s royaltie s à Spyglass, qui a attaqué e n justice

Mais le cas le plus significatife stsans doute ce lui de Re alNe twork s, l'e ntre prise qui a introduit le populaire standard Re alAudio pour transm e ttre du son e n dire ct sur le W e b. Dans sa logique de contrôle de tous le s standards du rése au, Microsoft

a e ssayé d'ach e te r Re alNe twork s. Mais son patron,

Rob Glase r, n'a voulu céde r que 10 % de son capital, e n éch ange d'une lice nce sur une partie de sa te ch nologie . Très m auvaise idée Microsoft a m is

ce tte connaissance à profit pour déve loppe r

Ne tSh ow, un produit concurre nt, qu'il distribue

Or, Microsoft,

m

ainte nant « gratuite m e nt ». Microsoft a e nsuite

re

fusé d'ach e te r la lice nce pour le s nouve lle s

ve rsions de Re alAudio e t Re alVide o. Et, se lon Rob

Glase r, Microsoft a e n outre m odifié se s logicie ls pour e m pêch e r Re alAudio de fonctionne r corre cte m e nt Dans d'autre s cas, Microsoft n'a pas ach e té une

te ch nologie , m ais carrém e ntde s parts d'un m arch é

qu'e lle n'avait pas réussi à conquérir : ainsi le s 9

m illions d'abonnés du se rvice de courrie r

éle ctronique gratuit H otm ailse sont re trouvés du jour au le nde m ain intégrés au site MSN Inte rne t Start. C'e stque l'audie nce de vie ntstratégique dans

la gue rre de s porte s d'e ntrée sur le Ne t

D'autre s opérations tie nne ntau contraire du buy out, une te ch nique pure m e nt négative qui a pour

le Ne t D'autre s opérations tie nne ntau contraire du buy out , une te

but de tue r la te ch nologie ou le produit ach e té afin qu'une plate -form e concurre nte n'e n tire pas avantage . Ile xiste un e xe m ple asse z significatifde

ce la dans la gue rre e ntre Microsofte tjava. Java e st

un langage ouve rt déve loppé par Sun Microsyste m

e tqui affranch itle s utilisate urs de la plate -form e . Il pe rm e t aux ge ns de se passe r d'un ordinate ur

W indows pour e xécute r le s program m e s

intére ssants sur le rése au. Pour que Java soit un

com pétite ur e fficace , ilfautque ce langage dispose de suite s bure autique s, de suite s logicie lle s, bre f d'un bon e nvironne m e nt de déve loppe m e nt. Or, une PME innovatrice , Coope r & Pe te rs, avait juste m e nt conçu un début de suite bure autique , Eye Ope ne r, qui avait le pote ntie l de de ve nir l'équivale ntde MicrosoftOffice pour toutordinate ur

m uni de java, y com pris, bie n e nte ndu, ce ux qui ne

conte naie nt pas W indows 36. Eh bie n, Microsoft a

rach e té Eye Ope ne r, pe u après sa prése ntation, officie lle m e nt pour « accélére r la pénétration de s librairie s java de Microsoft ». Mais aujourd'h ui, pe rsonne n'e nte nd plus parle r de ce produit. Difficile de ne pas pe nse r que le se ulbut de ce rach atétaitd'éradique r un logicie lsubve rsif. Quand Microsoftne pe utpas faire un buy outsur

de s produits ou une e ntre prise , ille fait sur

m atière grise . C'e stce qui s'e stpassé ave c l'équipe

de s déve loppe urs de Borland, qui avait conçu un

e xce lle nt com pilate ur pour langage de

program m ation appe lé De lph i. De lph i gênait Microsoft, dont l'offre était de m oins bonne qualité ?Qu'à ce la ne tie nne : Microsoft a fait un pont d'or à ce s tale nts, pour qu'ils vie nne nt travaille r sur de s produits concurre nts. Ce qui n'e st

la

d'or à ce s tale nts, pour qu'ils vie nne nt travaille r sur de s

pe ut-être pas form e lle m e ntillégal, m ais contraire à toute s le s pratique s de la profe ssion 37. De puis, Borland a abandonné ce ch am p m iné sur le que l Microsoft avait je té son dévolu, a pris le nouve au nom d'Inprise e tse ch e rch e un autre créne au.

Ce s pratique s sont ce rte s brutale s.Mais e n quoi sont-e lle s répréh e nsible s ? Ne constitue nt-e lle s pas, au fond, l'application sans états d'âm e de s règle s de base du busine ss : tue r la com pétition, tantqu'e lle e st e ncore faible ?

Le s m anoe uvre s de buy in e t buy out ne sont probable m e nt pas illégale s, saufquand ily a copie sauvage de propriété inte lle ctue lle bre ve tée . Mais, pratiquée s à ce tte éch e lle par un acte ur si rich e , e lle s re prése nte nt un risque pour la créativité de

l'industrie . Or, se ule l'innovation sans e ntrave s e st le garant du progrès. Surtout quand le ce nse ur

te ch nologique unive rse la le nive au scie ntifique

Re garde z le s confére nce s

de déve loppe urs pour W indows CE. On y assiste au

spe ctacle désolant de se rfs qui ch e rch e nt de s

m ie tte s sur la table du se igne ur. Ils se de m ande nt

tous, e n substance : « Qu'e st-ce que je pe ux faire ,

m oi, qui n'intére sse ra pas Microsoft tout de suite ?

»Dès que Microsoftdit, par e xe m ple : ilse raitbon

que la re connaissance d'écriture soit intégrée à notre proch ain systèm e d'e xploitation, plus pe rsonne ne se lance dans ce dom aine . Mêm e plus be soin, à ce nive au, de pratique r le vaporw are . Désorm ais, le s se ule s « bonne s » innovations sont donc ce lle s qui se rve nt le s intérêts de

déplorable de Microsoft

ais, le s se ule s « bonne s » innovations sont donc ce lle s

Mais e st-on sûr, pour parodie r la ph rase

qui s'appliquait h ie r à Ge ne ralMotors, que ce qui e st bon pour Microsoft soit bon pour la planète ?

Larry Ellison, patron d'Oracle e te nne m i juré de Bill Gate s, décrit le ph énom ène com m e « un com bat

Microsoft contre l'H um anité pe rdante ! ».

e t l'H um anité part

Microsoft

L'acce ptation de ce s pratique s ne vie nt-e lle pas du faitque la standardisation autour de la plate -form e « W inte l » e st une véritable locom otive pour ce tte industrie ? Que de s ce ntaine s de m illie rs d'e ntre prise s vive nt du m arch é du PC te nu par Microsoft ? Et donc, que tous le s utilisate urs - qu'ils'agisse du grand public ou de s profe ssionne ls - e n pro fite ntplus qu'ils n'e n souffre nt?

Ce targum e nt, souve ntbrandi par le s défe nse urs de Microsoft, e st tout sim ple m e nt ridicule . À ch aque fois qu'on ve ut défe ndre un m onopole , on dit qu'ilvaut m ie ux un m auvais standard que pas de standard du tout. C'e st une le cture très

supe rficie lle du ph énom ène : à m e sure que l'h égém onie du déte nte ur du standard s'affirm e , le s inconvénie nts dépasse nt large m e nt le s éve ntue ls avantage s du début. Car l'e ntre prise e n position de

m

onopole e st alors e n m e sure de s'asse oir sur la

te

ch nologie , e t de tue r l'innovation. Le faux

standard Microsoft - qui n'e st que l'ubiquité d'une

m arque re couvrant de s produits e n réalité très

différe nts - risque au contraire d'induire une évolution be aucoup plus le nte de l'industrie que s'il n'y avaitpas de standard du tout.

d'induire une évolution be aucoup plus le nte de l'industrie que s'il n'y avaitpas de standard

Surtout: m ie ux vautun vrai standard - qui doit,

pour m érite r ce nom , être ouve rt, docum e nté e t capable de garantir l'inte ropérabilité de différe nte s com posante s - qu'un faux standard, fe rm é e t

m odifié toute s le s de ux m inute s au gré de l'intérêt

de son propriétaire e xclusif. L'une de s m e ille ure s

blague s qui courtdans la Silicon Valle y illustre bie n

m on propos com bie n d'ingénie urs de Microsoftfaut-

ilpour ch ange r une am poule ?Zéro : ilsuffit que BillGate s décrète que l'obscurité e st de ve nue un standard ! J'ai e n tout cas bie n du m alà avale r l'idée se lon laque lle c'e st le standard W inte lqui a pe rm is

l'e xplosion spe ctaculaire de l'innovation. N'oublie z

pas qu'au m ilie u de s année s quatre vingt, le s Am iga

e t autre s Atari fournissaie nt de s m ach ine s

m ultim édia fortpuissante s e ttrès innovante s, alors

que le s utilisate urs de MS-DOS e n étaie nte ncore à tape r « dir/w »face à de s écrans alph anum érique s. Et pe nsaie nt à ce tte époque que la se ule re lation

e xistante e ntre une souris e t un ordinate ur, c'était

le risque de voir la pre m ière ronge r le câble d'alim e ntation du se cond. À ce tte époque , la pre sse

e xpliquait que le m ultim édia était un gadge t futile ,

à évite r absolum e nt dans une e ntre prise . Grâce à Microsoft, le m ultim édia décolle ave c plus de dix ans de re tard. Ne parlons pas non plus de s puce s Inte l qui, ave c le ur déplorable m écanism e de

se gm e nts couplé au non m oins déplorable Microsoft

Basic lim ité à 64 k ilo-octe ts, ontobligé de s m illions d'utilisate urs pe ndant de longue s année s à n'utilise r qu'un dixièm e de la m ém oire pour laque lle ils avaie nt déboursé de s som m e s asse z

conséque nte s

r qu'un dixièm e de la m ém oire pour laque lle ils avaie nt déboursé

Non, le véritable facte ur de l'e xplosion réce nte de ce tte industrie e st bie n évide m m e nt l'énorm e succès d'Inte rne t e t du W e b, que Microsoft a longte m ps ignorés. De s ouvrage s com m e Barbarians Le d by BillGate s, écrit par de ux ancie ns program m e urs de ch e z Microsoft, le

m ontre nt bie n. Microsoft n'a rie n à voir non plus

ave c la m ise un place du standard ouve rt du W e b, qui a pe rm is son évolution spe ctaculaire . Au

contraire , ce sont ce s m êm e s standards du W e b, com plétés par l'inte rface conviviale procurée par

le s fure te urs, qui pourraie nt éve ntue lle m e nt

pe rm e ttre à qui le souh aite d'éch appe r à la « taxe

W indows ». Te lse rait par e xe m ple le bénéfice

d'une plate form e unive rse lle de type Java, puisque ce langage e st suffisam m e nt com ple t pour qu'un

program m e écrit e n Java puise tourne r sur tout type de m ach ine , ave c tout systèm e d'e xploitation supportantla Java VirtualMach ine . C'e st pour ça que Microsoft e ssaie à la fois de «

m icrosoftise r » Java, ce qui lui vaut d'aille urs un

procès de Sun, e t de m e ttre la m ain sur le s standards d'Inte rne t. Malh e ure use m e nt, ce tte

e ntre prise pourrait réussir, car ce qui fait la force

d'Inte rne t constitue aussi sa faible sse : le rése au, qui fonctionne ave c de s standards ouve rts, n'e st

pratique m e ntcontrôlé par pe rsonne . Du coup, iln'y

a pas un gros acte ur, pas un poids lourd du se cte ur,

qui puisse le défe ndre e fficace m e nt de s appétits

h égém onique s.

Etle s gouve rne m e nts ?

Le s États ne se m ble ntpas avoir com pris le s vrais

e nt de s appétits h égém onique s. Etle s gouve rne m e nts

e nje ux de ce s com bats. Pire : ils ignore nt appare m m e nt qu'ils ont un im portant rôle à joue r dans l'ave nir d'une te ch nologie qui e st porte use de tant de prom e sse s pour nous tous, m ais aussi de tant de dange rs si e lle e st dévoyée e t m ise au se rvice d'intérêts particulie rs. Je crois désorm ais que le sursautne pe utve nir que du grand public.

t m ise au se rvice d'intérêts particulie rs. Je crois désorm ais que le sursautne

4

Offe nsive sur la m atière grise

Si la notoriété de Microsofte stforte dans le grand public, e lle e st à pe u près ine xistante ou négative dans le s m ilie ux académ ique s e t unive rsitaire s

Microsoft a de s bénéfice s énorm e s. Ilfaut bie n le s dépe nse r que lque part. Or l'e ntre prise était critiquée , parce qu'e lle était la se ule du m onde inform atique à ne pas inve stir dans la re ch e rch e e t

à ne faire aucun ge ste e nve rs l'éducation. Alors,

dans le double souci de s'ouvrir de nouve aux m arch és e t de re dore r son blason te ch nologique , Microsoft m ène partout sur la planète une grande offe nsive de ch arm e auprès de s m ilie ux scie ntifique s, unive rsitaire s e t scolaire s. Ce rtaine s opérations tie nne nt pure m e nt de l'im age de m arque : le s dons aux grande s unive rsités sont une façon de s'h abille r du pre stige e t de la

crédibilité de ce s institutions. C'e st le cas de la « grande » donation - 20 m illions de dollars - à l'unive rsité de Stanford, ily a que lque s année s, afin qu'e lle construise un building nom m é d'après

Gate s. Le bâtim e nt a fini par coûte r

W illiam

s, afin qu'e lle construise un building nom m é d'après Gate s. Le bâtim e

donné

davantage , de sorte qu'il y a aussi dans ce

de m écène s

japonais ! À Stanford, ce rtains re gre tte nt qu'e n éch ange de ce t arge nt, la faculté ait trop facile m e nt acce pté de donne r une aura à un pe rsonnage qui, dans le m onde scie ntifique , n'e n a jam ais e u.

building de s salle s portant le nom

be aucoup plus ch e r, m ais

Gate s

n'a

pas

 

Mais

Microsoft

ne

ch e rch e -t-il

pas,

m

ainte nant,

à

gagne r

vraim e nt