Vous êtes sur la page 1sur 48
COUR SUPREME DU MALI Bulletin D’INFORMATION N°13 Publication semestrielle Juin 2011

COUR SUPREME DU MALI

Bulletin

D’INFORMATION

N°13

Publication semestrielle Juin 2011

COUR SUPREME DU MALI Bulletin D’INFORMATION N°13 Publication semestrielle Juin 2011
Sommaire
Sommaire

AVANT PROPOS

5

COMMUNICATION

RAPPORT SUR LE THEME DE LA RENTREE JUDICIAIRE 2007-2008 PORTANT SUR LE :

 

« ROLE DU JUGE DES COMPTES DANS LA BONNE GOUVERNANCE »

6

INTRODUCTION

6

I- GOUVERNANCES

7

II-

ETAT DE LA GOUVERNANCE AU MALI

8

III.

ROLE DU JUGE DES COMPTES DANS LA BONNE GOUVERNANCE

13

IV.

PROBLEMATIQUE DU PRESENT ET DU DEVENIR DU JUGE DES COMPTES DU MALI

23

CONCLUSION

24

LA PROBLEMATIQUE DE LA DELIMITATION DES DOMAINES DE COMPETENCES DES JUGES EN MATIERE DE CONTENTIEUX DOMANIAL ET FONCIER

25

INTRODUCTION

25

I. CARACTERISTIQUES ET INNOVATIONS DU CODE DOMANIAL ET FONCIER DE 2002 :

26

II. REPARTITION LEGALES DES COMPETENCES ENTRE LES JUGES IMPLIQUES DANS LA GESTION DU CONTENTIEUX FONCIER

26

III. ANALYSE D’EVENTUELLES CONTRARIETES :

29

 

CONCLUSION

30

CONTRIBUTION DE ME AHMADOU TOURE, NOTAIRE À BAMAKO, PRÉSIDENT HONORAIRE DE LA CHAMBRE NATIONALE DES NOTAIRES DU MALI, DOCTEUR EN DROIT DES AFFAIRES ET DROIT ÉCONOMIQUE DE L’UNIVERSITÉ DE PARIS XIII (FRANCE) LE NOTAIRE AU SERVICE DE LA SECURITE JURIDIQUE

31

INTRODUCTION

31

I. LE SERVICE PUBLIC NOTARIAL

31

II. L’AUTHENTICITE AU SERVICE DU CITOYEN : LA SECURITE JURIDIQUE

33

 

CONCLUSION

35

CELEBRATION DU CINQUANTENAIRE DU MALI « JOURNEE PORTES OUVERTES’’ SUR LA COUR SUPREME A L’OCCASION DE LA RENTREE JUDICIAIRE 2010 - 2011» COMMUNICATION PRELIMINAIRE SUR LA COUR SUPREME, SES MISSIONS, ATTRIBUTIONS ET SAISINE

36

I.

PRESENTATION ET ORGANISATION

36

II.

ACCES STATUTAIRE A LA COUR SUPREME

37

III.

COMPETENCES ET SAISINE DE LA COUR SUPREME :

38

DISCOURS

DISCOURS DE MONSIEUR LE VICE-PRESIDENT DE LA COUR SUPREME AU PERSONNEL A L’OCCASION DU NOUVEL AN 2011 ET DE DEPART A LA RETRAITE

41

ACTES REGLEMENTAIRES

DÉCRET N°2011-263/P-RM DU 18 MAI 2011 PORTANT NOMINATION DU PRÉSIDENT DE LA COUR SUPRÊME

44

DÉCRET N°2011-264/P-RM DU 18 MAI 2011 PORTANT NOMINATION DU VICE-PRÉSIDENT DE LA COUR SUPRÊME

45

AVANT PROPOS : La parution du bulletin d’information de la Cour Suprême au titre du

AVANT PROPOS :

La parution du bulletin d’information de la Cour Suprême au titre du premier semestre de l’année 2011 intervient dans un contexte marqué par les nominations d’un nouveau Président et d’une nouvelle Vice-présidente de la Cour Suprême.

Ces nouvelles autorités ambitionnent de soutenir l’œuvre du Comité Scientifique de la Cour Suprême, dans sa quête de mise à dis- position des magistrats et autres professionnels du droit, des contributions aussi variées les unes que les autres.

Les membres du Comité Scientifique adressent aux nouvelles autorités de la Cour Suprême leurs très vives et chaleureuses félicitations et leur assure de leur totale disponibilité pour faire du Bulletin d’information de la Cour Suprême un véritable outil de travail.

Les thématiques abordées dans le 13ème numéro du bulletin d’information de la Cour Suprême mettent notamment l’accent sur la bonne gouvernance, la problématique de la délimitation des domaines de compétences en matière de contentieux domanial et Foncier et surtout le rôle joué par certains acteurs pour conduire ces questions.

Aussi, qu’il s’agisse du rôle du juge des comptes dans la bonne gouvernance, de celui du juge administratif dans la gestion foncière ou encore de la fonction notariale, les communications qui s’y rapportent, éclairent davantage les lecteurs.

Le Comité Scientifique

LA COUR SUPREME DU MALI
LA COUR
SUPREME
DU MALI
Communications
Communications

RAPPORT SUR LE THEME DE LA RENTREE JUDICIAIRE 2007-2008 PORTANT SUR LE : « ROLE DU JUGE DES COMPTES DANS LA BONNE GOUVERNANCE »

INTRODUCTION :

L’honneur et le privilège me reviennent par la grâce d’Allah le Tout Puissant et le Tout Miséricordieux de porter à votre bien- veillante attention, ce matin, à l’occasion de la rentrée solen- nelle des cours et tribunaux 2007-2008, ma perception du thème, intitulé : Rôle du juge des comptes dans la Bonne Gouvernance. Ce thème est non seulement pertinent et d’ac- tualité, mais la symbolique cette année, est que pour la pre- mière fois dans l’histoire de notre pays, la juridiction financière présente le thème de la rentrée judiciaire.

La définition du concept de bonne gouvernance aiderait assu- rément à mieux clarifier le rôle du juge des comptes par rap- port à la résolution de la triple identité des ajustements structurel, politique et de comportement citoyen, bref d’un pro- jet de société.

Ce concept et beaucoup d’autres sont le levain de la réflexion à laquelle je vous demande très respectueusement de partici- per. Ils permettent non seulement d’examiner la situation ac- tuelle, mais également et surtout de faire des propositions concrètes visant à promouvoir le travail du juge des comptes et de renforcer sa capacité d’intervention pour le raffermisse- ment de la bonne gouvernance.

Aussi, cet exercice collégial de vérification et de jugement des comptes pour la bonne gouvernance, comportera les points suivants :

Dans une première partie, la gouvernance est définie, ses ca- ractéristiques et principes identifiés en ce qui concerne la bonne et la mauvaise gouvernance.

La gouvernance démocratique ou bonne gouvernance est dé- finie à travers la combinaison féconde nécessaire entre gou- vernance économique, gouvernance politique et gouvernance sociale ; tant il est vrai qu’il ne peut y avoir d’Ajustement Structurel efficace (gouvernance écono- mique), sans Ajustement Politique conséquent (gouver- nance politique) et sans Ajustement du Comportement Citoyen (gouvernance sociale) c’est-à-dire la promotion et la responsabilisation de l’action citoyenne consciente dans la gestion et le devenir de la cité.

L’état de la gouvernance au Mali est autopsié au plan politique, administratif, juridique et économique. En dépit des progrès réalisés, quelques insuffisances persistent. Il s’agit de mainte- nir sûrement le cap pour renforcer la bonne gouvernance et

Mamadou M. Diarra Conseiller à la section des Comptes de la Cour Suprême
Mamadou M. Diarra
Conseiller à la section des Comptes
de la Cour Suprême

l’état de droit et d’aboutir à la résolution de la problématique de la triple identité évoquée. Dans une deuxième partie, l’exposé présente les fonctions du juge des comptes.

L’exercice permettra de lever le voile sur les missions et com- pétences du juge des Comptes, dont les prérogatives et attri- butions sont examinées à travers la juridiction financière, Institution Supérieure de Contrôle (ISC) par excellence, dans ses rapports avec l’exécutif, le législatif et les autres acteurs de la vie économique et sociale, en dépit du devoir de réserve et de discrétion qui entoure sa mission. Il suscite par ailleurs un grand nombre d’interrogations. Par exemple, dispose t-il des capacités humaines, financières et matérielles ainsi que de l’indépendance et de l’efficacité nécessaires pour remplir sa fonction de vérificateur et de juge de la production et de l’utilisation de toutes les ressources de l’Etat ? Les résultats des investigations du juge des comptes sont-ils confidentiels ou au contraire publiés ? Des mécanismes d’application ap- propriés, indépendants et impartiaux des conclusions et des recommandations des rapports établis par le juge, existent- ils ?

Le juge des comptes peut-il renforcer et garantir la bonne ges- tion financière, la bonne gouvernance et servir ainsi de cataly- seur et de moteur d’un développement économique et social durable dont les fondements sont l’équité, la transparence et l’efficacité ?

Il est fait une synthèse de la démarche du juge des comptes du Mali, conformément à la loi fondamentale, à la loi organique et par rapport aux autres dispositions légales et des travaux par lui effectués.

Selon une diction bambara :
Selon une diction bambara :

La problématique du présent et du devenir du juge des comptes du Mali est évoquée dans une troisième partie, elle suggère des propositions qui le réhabilitent et le crédibilisent vis-à-vis de ses pairs à l’aune des actions déjà réalisées et de la volonté politique des hautes autorités. Il est vrai que ces der- nières ont intégré le juge des comptes dans les grands chan- tiers de réforme et de renforcement des capacités institutionnelles.

Dans le monde des humains, le temps est trois : le temps de dire, le temps de faire et le temps de voir. Ainsi quand vient le jour où la parole est à dire ; Annonce-la ! Quand vient le jour où l’action est à faire ; Agis ! Quand vient le jour d’examiner tout cela ; alors fais les comptes et assume ! C’est ce à quoi, je vous convie Monsieur le Président de la Ré- publique ; alors faisons nos comptes.

I- GOUVERNANCES

Excellence, Monsieur le Président de la République

Le mot gouvernance renvoie au grec « Kubernân » qui indique le système de contrôle et au latin « Gubernare » qui signifie gouverné. Il se réfère à l’exercice à tous les niveaux de l’auto- rité politique, administrative, juridique et économique dans la gestion des affaires d’un pays. Lorsque cette gestion est bien faite on parle de bonne gouvernance, dans le cas contraire on parle de mauvaise gouvernance ou de mal gouvernance. Il est plus pratique, plus expressif et surtout plus instructif d’établir les réalités qu’exprime un mot par son ou ses anto- nymes, c’est-à-dire les mots qui lui sont opposés.

Aussi, les acquis d’une bonne gouvernance ne s’évaluent et ne s’impriment mieux dans la conscience et dans le vécu quo- tidien du citoyen, de la collectivité et de l’état, que par les dom- mages et les méfaits causés par la mauvaise gouvernance.

1.1. Mauvaise gouvernance

La mauvaise gouvernance est le fait de la mise en œuvre de politiques économiques et sociales mal conçues, du non res- pect des droits de l’homme et de l’état de droit, de la faiblesse et de la veulerie des institutions de l’appareil de l’Etat et de la société civile, de la privation des citoyens, en particulier des pauvres des services sociaux de base, du mauvais fonction- nement de l’Etat, de l’érosion de la légitimité de l’Etat et du processus électoral et politique ainsi que de la corruption entre autres.

La corruption est un constat d’échec de la gouvernance et la conséquence la plus novice de la mauvaise gouvernance. N’est ce pas le Nouveau Testament (Mathieu 25-26 – la trahi- son de Judas) qui fustige : « L’acceptation de trente (30) pièces d’argent par Judas Iscariote, un des douze apôtres de Jésus Christ, est à la base de son arrestation par les Romains » ? Sans risque de se tromper, Excellence Monsieur le Président, l’on peut affirmer qu’il n’existe pas de société ou d’Etat, ancien ou moderne qui ne connaisse pas la corruption.

Le Mali, comme tous les autres pays, est confronté au phéno- mène pernicieux de la corruption qui a envahi tous les secteurs et toutes les activités socio-professionnelles et politiques. Les résultats mitigés des stratégies mises en œuvre pour lutter

contre la corruption et toutes les autres formes de délinquance financière révèlent la profondeur du traumatisme et son enra- cinement dans les mentalités et le vécu de la société Malienne. La passivité des uns et la cupidité, voire la vénalité des autres ne permettent pas la manifestation de la vérité. « L’argent n’a pas d’odeur » dit-on. Pour le Malien moyen, toutes les actions entreprises par les différents régimes successifs de 1960 à nos jours n’ont pas comblé les attentes. A la limite, elles dégagent le sentiment que seuls les menus fretins ont été attrapés et les gros pois- sons épargnés. Ce qui ramène à l’adage Bambara : « biniè kala gninina séin dâle n’bè biniè kala kan » Traduction : « celui qui est chargé de chercher l’aiguille a le pied posé sur l’aiguille ».

1.2. Bonne gouvernance

Excellence Monsieur le Président de la République,

Dans le paradigme onusien, la bonne gouvernance se définit comme ‘’l’exercice de l’autorité politique, économique et administrative pour gérer les affaires de la Nation’’. C’est un complexe de mécanismes, de processus, de relations ou rapports et d’institutions à travers lesquels, les ci- toyens et les groupes expriment clairement leurs intérêts, exercent leurs droits et devoirs et acceptent leurs diffé- rences. Dans ce cadre, l’Etat est une des institutions par lequel l’autorité s’exerce. Le secteur privé et les organisa- tions de la société civile jouent des rôles importants dans l’assistance aux citoyens d’exprimer leurs intérêts et d’exercer leurs droits.

Le rôle du gouvernement ne consiste pas seulement à exercer la gouvernance politique, mais aussi à agir de concert avec la société civile et le secteur privé pour la réalisation des objectifs et buts globaux.

La bonne gouvernance ainsi définie par le système onusien, a ses caractéristiques reconnues qui englobent : la participation totale des citoyens, la prise des décisions dans le respect de l’état de droit, la transparence dans les actions des institutions de gouvernance, le traitement équitable des citoyens, l’effi- cience et l’efficacité dans l’utilisation des ressources pu- bliques, l’obligation de rendre compte, la sensibilité et la recherche de consensus dans la satisfaction des besoins et

désirs des citoyens et enfin l’exercice d’une vision stratégique dans la planification pour le développement.
désirs des citoyens et enfin l’exercice d’une vision stratégique
dans la planification pour le développement.
• Responsabilité : il s’agit de la classification des rôles dans

La bonne gouvernance est une valeur en elle-même qui en- globe trois (3) dimensions :

- La gouvernance politique réfère à la gamme de procédures à travers lesquelles une société obtient le consensus et ap- plique la réglementation, les droits humains, les lois et les politiques ;

les processus législatif, exécutif et judiciaire. Chaque institution de l’Etat doit être en mesure d’expliquer son action et en as- sumer la responsabilité accrue de la part des collectivités et des démembrements de l’Etat et de tous ceux qui participent à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques de l’Etat à tous les niveaux.

• Efficacité et efficience : les mesures doivent être efficaces

et efficientes et produire les résultats requis à partir d’objectifs clairs et d’une évaluation de leur impact.

- La gouvernance économique concerne l’architecture pour mener à bien les activités économiques nationales et internationales, englobant les processus pour gérer de la production à l’utilisation des biens et services, pour main- tenir et protéger les ressources naturelles, fiscales et hu- maines ;

- La gouvernance sociale est un ensemble de normes de valeurs et de croyances qui guide les décisions et les com- portements de la société.

La bonne gouvernance s’identifie à ce qu’il est convenu d’ap- peler maintenant la gouvernance démocratique, dont cinq (5) principes unanimement reconnus sont spécifiés dans le livré « relance sur la gouvernance européenne ». Il s’agit de :

• Ouverture : la transparence dans le fonctionnement des Ins-

titutions est une obligation. L’instauration de la communication dans un langage accessible et compréhensible par le grand public sur les actions et décisions de l’Etat assure la confiance et la crédibilité dans les institutions.

• Participation : la participation des citoyens à tous les stades

de la conception à la mise en œuvre des politiques est un gage de leur qualité, de leur pertinence et de leur efficacité. Aussi, l’approche de l’administration publique pour solliciter la parti- cipation du citoyen est déterminante.

• Cohérence : les politiques doivent être cohérence de même

que les actions entreprises, compte tenu de l’éventail et de la diversité des objectifs, des activités et des défis à relever ainsi que des limites éventuelles des politiques sectorielles. Les col- lectivités régionales et locales doivent être de plus associées aux politiques de l’Etat.

Par ailleurs, l’Union Européenne a identifié et retenu neuf ca- ractéristiques pour la bonne gouvernance : participation, Etat de droit, transparente, réceptivité et sensibilité, orientation consensuelle, efficacité et efficience, obligation de compte rendu, équité et vision stratégique.

S’agissant de la Vision stratégique, les leaders et le public ont une vision large et à long terme de la bonne gouvernance et du développement humain, et une perception de ce qui est nécessaire pour un tel développement. Il y a aussi, une com- préhension des aspects historiques, culturels et sociaux qui sont les fondements de cette vision.

Le saint coran sourate 2 « la vache » verset 42, il est fait le rap- pel suivant : « Ne couvrez pas de faux le vrai et ne cachez pas le vrai » et plus loin dans la même sourate verset 188, il est dit : « Que les uns ne s’emparent pas illicitement des biens des autres, ne vous en servez pas pour corrompre les juges dans le dessein d’accaparer une fraction du bien d’autrui, injuste- ment et en toute connaissance de cause ».

II- ETAT DE LA GOUVERNANCE AU MALI

Excellence Monsieur le Président de la République, concernant l’état de la gouvernance, l’engagement du Mali depuis mars 1991, dans la voie de la démocratie multipartite ainsi que dans des reformes majeures conséquentes, nées des exigences de l’évolution institutionnelle, politique, économique et sociale, est maintes fois renouvelé tant au niveau national qu’international.

Cette quête permanente de l’Etat dans l’instauration d’une gouvernance démocratique partagée pour un développement économique, social durable et apaisé, en dépit des insuffi- sances perceptibles, a marqué des points. La reformulation de l’action nationale enclenchée s’imprime dans le document cadre de référence qu’est le Cadre Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté (CSLP).

2.1. Au plan politique

Le jeu démocratique au Mali se fonde sur la constitution du 25 février 1992 dont le 1 er titre est consacré aux droits, libertés et devoirs de la personne humaine. Certes l’exercice de ces droits, libertés et devoirs a connu un essor particulier, cepen- dant des insuffisances demeurent et qui sont entre autres :

- Taux de chômage élevé ;

- Taux de progrès de la scolarisation et de la qualité de l’enseignement insuffisant ;

- Niveau de pauvreté assez élevé ;

- Classement du Mali à la 175 ème place sur 177 par le PNUD par rapport à l’indice de développement humain de 2006, classement que conteste le Gouvernement de la Ré- publique du Mali (GRM).

- Promouvoir une croissance annuelle accélérée de l’ordre de 7% ;
- Promouvoir une croissance annuelle accélérée de l’ordre
de 7% ;

Une plus grande traçabilité et une large lisibilité seraient un facteur de décrispation de l’opinion publique dans sa quête d’une plus grande information sur la responsabilité d’obligation de compte rendu des ministres dans la mise en œuvre de leurs programmes. Il s’agit d’instaurer de vrais débats avec les ci- toyens afin d’assurer une évaluation indépendante et objective des actions gouvernementales.

L’Assemblée Nationale issue des législatives de 2007, augure d’une volonté de responsabilité d’obligation de compte rendu, un des critères essentiels de bonne gouvernance. Cette vo- lonté est du reste partagée par le gouvernement.

2.2. Au Plan administratif

- Améliorer le bien-être des populations à travers la pour- suite des efforts entrepris dans les secteurs sociaux.

Enfin, comme une prime à la bonne gouvernance et à la dé- mocratie, le Conseil d’administration du Millenium Challenge Corporation (MCC) a approuvé en décembre 2006, le dossier Mali pour l’octroi de 460,8 millions de dollars américains soit environ 244,8 milliards de F CFA.

2.3.2. Le Respect de la séparation des pouvoirs dans la gestion des finances publiques est une réalité

L’avènement de la démocratie a amené les citoyens à être plus exigeants sur la qualité des services publics et moins tolérants sur l’arbitraire. L’arsenal juridique qui régit les fonctionnaires Maliens prône un service public de qualité et le respect de la déontologie. Présentement, il y a un décalage entre les at- tentes des usagers et les prestations des services publics.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

2.3. Au plan de la gestion économique et de la stabilité macro-économique :

2.3.1. La capacité d’élaboration de stratégie et de politique du Mali est reconnue par tous les partenaires au développement du pays.

Le Mali a élaboré deux documents de base ; l’Etude Nationale Prospective Mali 2025, approuvée par le gouvernement en dé- cembre 2000, et le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pau- vreté adopté en mai 2002 par le gouvernement. Le document du CSLP est l’unique référence des politiques et stratégies de développement à moyen terme et des négociations avec l’en- semble des PTF.

Le Mali a enregistré une crédibilité relative de bonne gouver- nance qui s’est traduite par un soutien accru des institutions financières à l’investissement public, depuis l’avènement de la démocratie en Mars 1991. Ainsi, à titre d’exemple, le budget spécial d’investissement est passé de 186,62 milliard de F CFA en 2002 à 258,035 milliard de F CFA en 2006. Par ailleurs, le Mali a vu ses dettes multilatérales annulées à hauteur de 1 085,2 milliard F CFA envers la Banque Mondiale, la Banque Africaine et le Fonds Monétaire International.

Pendant toute la durée du CSLP I (2001 – 2006) la croissance moyenne a été de 5,1%, la réduction du niveau de la pauvreté monétaire de 68,3% en 2001 à 59,2% en 2005. Le CSLP II (2007 – 2011) est placé sous le signe de la crois- sance accélérée pour la réduction de la pauvreté d’où son nom de Cadre Stratégique pour la Croissance et le Réduction de la Pauvreté (CSCRP). Le CSLP II vise deux objectifs majeurs :

Les trois pouvoirs fondamentaux (l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire) interviennent, chacun en ce qui le concerne, dans la gestion des Finances publiques.

1)

Le pouvoir exécutif : en charge de l’exécution des lois et règlements de l’Etat, intervient à travers le Ministère chargé des Finances dans :

- L’élaboration du projet de la loi de finances selon la ligne politique définie,

- L’exécution et le contrôle de l’exécution du budget de l’Etat.

Le contrôle des ressources publiques et de la qualité de leur gestion se fait à travers la Direction Nationale du Contrôle Financier (DNCF), le Contrôle Général des Ser- vices Publics (CGSP), la Direction Générale des Marchés Publics (DGMP), les Inspections ministérielles (au total 10) et le BVG.

2) Le pouvoir législatif : approuve et vote le budget à lui soumis, mais aussi, assure le contrôle de son exécution afin de vérifier la transparence et la conformité de son exé- cution par rapport aux autorisations budgétaires.

En clair elle vote la loi de finances et à posteriori, elle exa- mine la régularité de l’exécution du budget en votant la loi de règlement.

L’Assemblée Nationale peut aussi exercer un contrôle concomitant en mettant en place des commissions spé- ciales ou d’enquête pour étudier les activités menées par le gouvernement et procéder à des interpellations lors des sessions budgétaires.

La contrainte majeure de l’Assemblée est le manque de structures techniques propres pour mener à bien sa mis- sion de contrôle des ressources publiques. Il y est supplée par l’intervention du Juge des comptes dans le cadre de sa mission d’assistance à l’Assemblée Nationale et au Gouvernement dans la gestion des finances publiques.

3) le pouvoir judiciaire : à travers la section des comptes de la Cour suprême

3) le pouvoir judiciaire : à travers la section des comptes de la Cour suprême intervient dans le contrôle de l’exécu- tion du budget de l’Etat mais aussi sur demande expresse du Président de la République, du Premier Ministre, ou du Président de l’Assemblée Nationale pour procéder à des investigations conformément à ses missions. Il est chargé aussi de juger les comptes des comptables publics. Il exa- mine la gestion financière et comptable des organismes dotés de la personnalité civile et de l’autonomie financière et dans lesquels l’Etat ou les autres collectivités publiques ont un intérêt financier.

Le contrôle externe des finances publiques au Mali est re- présenté par l’Assemblée Nationale et la section des comptes de la Cour Suprême.

2.3.3. La Stratégie de renforcement des mécanismes financiers consacre l’élaboration de cadres juridiques de référence adaptés et performants.

vernance (stabilité politique, croissance économique, dévelop- pement durable et intégration économique régionale). La signature d’un Protocole d’Accord en juin 2007 entre le Forum MAEP et le GRM est l’acte qui consolide la volonté du Mali.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

2.3.4. Le Droit d’être informé du citoyen et la transparence dans la gestion des ressources publiques sont des atouts essentiels de bonne gouvernance.

La transparence se définit comme la traçabilité, la lisibilité et la visibilité des actions entreprises par une autorité donnée. C’est la qualité de ce qui peut ou doit être vu et connu de tous. Ainsi transparence et accessibilité sont les deux jumelles d’une disposition du comportement sociétal du ‘’bon père de famille’’. Le citoyen Malien est désormais acquis au principe selon lequel le débat sur les questions d’intérêt public doit être libre de toute contrainte ou entrave.

Les objectifs de la stratégie nationale par rapport au Service Financier Décentralisé (SFD) s’inscrivent dans le cadre de l’amélioration de l’accès des populations les plus nécessi- teuses au marché financier de proximité, de la pérennité des institutions et des services offerts, du développement et de la sécurisation de l’épargne locale et du crédit, de la consolida- tion des liens complémentaires entre les banques et les sys- tèmes financiers décentralisés, du développement des échanges et de la concertation intra SFD et de la nécessité d’une surveillance dynamique de la part des autorités pu- bliques et monétaires.

Ce droit du citoyen interpelle les trois pouvoirs exécutif, légis- latif et judiciaire et toutes les autres institutions et leur rappelle l’obligation de rendre compte, gage de la restauration de la discipline et de la vérité des faits.

L’Etat a mis en place des structures formelles et légales pour rendre disponible l’information. Il s’agit de la DNSI, la DNPD, l’AGETIC, l’EID, le PDI/CDI entre autres pour une mise en œuvre efficace de la Stratégie de l’Accès à l’Information au Sein de l’Administration (SAISA).

A ce jour plus de huit cents (800) guichets de structures de

micro-finance sont répartis sur l’ensemble du territoire natio- nal. Elles collectent annuellement près 35 milliards de F CFA

d’épargne auprès du public et distribuent plus de 45 milliards de F CFA de crédits à plus de d’un (1) million de personnes dont 40% de femmes. Ces estimations sont des indicateurs de performance par rapport à l’accès aux couches vulnérables

et à la couverture géographique du pays. Cette volonté poli-

tique doit être soutenue et continue.

Le Gouvernement de la République du Mali par ailleurs, a de façon évolutive, élaboré et mis en place un cadre juridique, fis- cal et économique des affaires dont les fondements sont la participation et la concertation avec les organisations profes- sionnelles, opérateurs économiques, la société civile et les partenaires techniques et financiers.

Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) au Mali constitue le creuset de la mise en œuvre du Mécanisme Africain d’Evaluation des Paires (MAEP), qui est un mécanisme d’auto-évaluation d’un pays membre, mais aussi d’examen systématique de la performance d’un pays

membre par d’autres pays ou institutions. Les buts recherchés dans chacun des deux cas sont l’évaluation de l’élaboration

et de l’adoption de politiques et de pratiques de bonne gou-

2.3.5. La Participation et la responsabilité sont les deux ‘’mots’’ qui assurent le rythme de la ‘’symphonie démocratique’’ au Mali

La participation est l’implication consciente et volontaire dans le processus décisionnel de toute action d’intérêt général afin d’imprimer son influence sur le contrôle des moyens et des structures et institutions publics.

Il existe au Mali, 112 Partis Politiques concrétisant du coup, le principe irréversible du multipartisme, de la démocratie ma- lienne. Les partis concourent à l’expression du suffrage en pré- sentant des candidats et en déléguant des représentants dans les bureaux de vote le jour du scrutin. Ils participent à l’éduca- tion, à la formation, à la sensibilisation et à l’éveil des consciences citoyennes.

L’Etat a mis à la disposition des partis politiques de 2002 à 2006 environ 3,975 milliards de F CFA, conformément au ta- bleau ci-dessous.

Tableau du financement alloué aux partis politiques 2002 - 2006 Rubriques 2002 2003 2004 2005

Tableau du financement alloué aux partis politiques 2002 - 2006

Rubriques

2002

2003

2004

2005

2006

TOTAL

Subvention/millions FC FA

565,310

693,938

803,920

0

906,185

1 005,901

3 975,254

Nombre de partis bénéficiaires

49

54

52

-

103

45

Nombre de partis ayant déposé les comptes

55

56

60

55

-

54

Nombre de partis existants

87

96

99

103

103

112

Source : rapports de vérification des comptes des Partis politiques (exercices 2002 – 2006) de la section des comptes et tableaux de répartition de la subvention établis par la DGE/MATCL

Le système électoral Malien de façon générale s’améliore de scrutin en scrutin.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

2.3.6. La participation de la société civile, du secteur privé et des maliens de l’extérieur de façon systématique et non opportuniste est un gage de bonne santé démocratique

• La société civile se définit comme « une organisation au- tonome jouant un rôle d’interface entre l’Etat et le reste de la société et de contre pouvoir face aux velléités hégémo- niques des pouvoirs étatiques ».

En dépit du rôle et de l’importance croissante que l’Etat lui re- connaît, la société civile malienne est empêtrée dans des fai- blesses et contraintes inhérentes à toute organisation qui n’a pas une vision stratégique partagée.

• Quand au secteur privé, la volonté politique affichée de l’Etat d’en faire le moteur de son développement s’est concrétisée par le désengagement progressif de l’Etat des fonctions de production, de distribution et de services à vocation privée.

Nonobstant les dispositions régulatrices adoptées par l’Etat pour instaurer un partenariat de développement où le privé est l’élément catalyseur, des interrogations demeurent tant au ni- veau de l’Etat qu’à celui du privé. L’Etat reproche essentielle- ment au privé, 1) le manque d’un dynamisme prospectif et innovatif pour sortir des ‘’sentiers battus’’, 2) l’opacité de la gestion, 3) la prédominance de la mentalité d’assisté et de rentier, entre autres. Le secteur privé de son côté constate que l’Etat pèse et handicape par son laxisme dans la lutte contre la corruption, sa lourdeur dans les procédures adminis- tratives et son paternalisme, entre autres. (Source : profil de gouvernance PAGB 2001 – 2002).

Les impératifs de bonne gouvernance, les principes et éthiques de la gestion doivent s’appliquer en principe. Ces im- pératifs loin d’être des obstacles sont des conditionnalités de saine gestion et de crédibilité vis-à-vis des partenaires écono-

miques et financiers, de l’Etat et des salariés. Leur non respect rend très aléatoire la recherche et la mobilisation d’investisse- ments privés porteurs de potentialités de croissance et de dé- veloppement durables.

• Depuis les événements de mars 1991, la participation des maliens de l’extérieur est un acquis. La volonté des auto- rités d’associer tous les citoyens à l’édification d’un Mali prospère et fort dont les maliens de la Diaspora s’est concrétisée d’année en année.

Des actions concrètes d’élaboration et de mise en œuvre d’une stratégie et d’une politique de capitalisation et de ‘’sé- curisation’’ des capacités d’investissements et de vitrine de la Diaspora tant humaines, financières et matérielles se consoli- dent. L’exemple du TOKTEN, au niveau du Département chargé de l’enseignement supérieur, une approche stratégique de transfert de compétences à travers les expatriés nationaux, est originale et prometteuse ; où des experts praticiens et aca- démiciens maliens en activité sur tous les continents acceptent de venir au Mali partager leurs connaissances avec les natio- naux résidents en médecine, agriculture, ingénierie électro- nique, droits comparés, entre autres. Malgré la volonté affichée des autorités, les moyens financiers demeurent insuffisants.

• La participation des couches vulnérables, est la matériali- sation de l’adage bambanan qui dit que ’Faso djo la, ma bè sé ka koro ma yé, ngua ma ma fisa ma yé’’, traduc- tion « Dans l’édification de la partie, un homme peut être plus âgé qu’un autre, mais nul homme n’est supérieur à son prochain ».

Ainsi, les femmes par leurs actions quotidiennes et leur pu- gnacité s’imposent comme des partenaires civiles incontour- nables. Elles bénéficient de plus en plus d’une attention particulière des pouvoirs publics (Etat et partis politiques) et des partenaires techniques et financiers. Les femmes organi- sées le plus souvent en associations défendent leurs intérêts et proposent des activités et/ou des financements de ‘’proxi- mité’’ soit dans le cadre de programmes officiels soit dans le cadre d’un ‘’geste spécial’’ d’un bailleur de fonds.

En tout état cause, les femmes progressent et marquent des points ; pour preuve, il existe aujourd’hui (excusez du peu) au niveau des Institutions :

- 7 femmes sur 26 membres du gouvernement ; - 15 femmes sur 147 députés
- 7 femmes sur 26 membres du gouvernement ;
- 15 femmes sur 147 députés ;

- 3 femmes sur 9 conseillers à la Cour constitutionnelle ;

- 6 femmes sur 43 membres à la Cour Suprême dont la pré- sidente de l’Institution ;

- 6 femmes sur 75 conseillers nationaux.

Par ailleurs, la mise en œuvre du concept de « pays frontière » comme outil privilégié de développement de la coopération et de l’intégration de proximité par la libre circulation des biens et des personnes ainsi que la mise en œuvre de programmes et de projets transfrontaliers sont des actes éminemment élo- quents de la volonté politique du Mali d’œuvrer pour la coo- pération et l’intégration sous-régionales.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

2.3.7. La Déconcentration et la Décentralisation, références stratégiques de la mise en œuvre d’une gouvernance locale participa- tive, sont des gages de la réussite de la démocratie au Mali.

Elles posent en fait la problématique d’une véritable démocra- tie participative de proximité dont les socles essentiels sont la transparence et la responsabilité de l’obligation de compte rendu de la gestion des affaires. Le cadre juridique et institu- tionnel mis en place présente globalement des atouts majeurs certains pour les 703 communes, 49 cercles, 8 régions et le District de Bamako. Elles souffrent d’une insuffisance en qua- lité et en quantité d’une mauvaise répartition et d’un manque de motivation du personnel, d’une insuffisance d’allocation budgétaire, d’une insuffisance de matériels de fonctionnement et, la question de la pertinence de l’allocation des ressources, de la traçabilité des dépenses et de l’utilisation des biens de- meurent posées.

2.3.8. La coopération et l’intégration sont depuis les indépendances des enjeux écono- miques et politiques bien perçus par le Mali.

Coopération et Intégration régionales sont les socles d’un bien-être mutuel partagé, généré par la mise en valeur concer- tée et cohérente des potentialités économiques à travers des stratégies de développement durable dans la paix et le parte- nariat. C’est pourquoi dans toutes les constitutions depuis l’in- dépendance, il est dit que : « Le Mali peut conclure avec tout Etat africain des accords d’association ou de communauté comprenant un abandon partiel ou total de souveraineté en vue de la réalisation de l’Unité Africaine ».

Excellence, Monsieur le Président de la République,

2.4. Au Plan judiciaire

La constitution de 1992 a consacré trois pouvoirs (l’exécutif, le législatif et le judiciaire) tous théoriquement et légalement équivalents en force juridique : le législatif vote les lois, le judi- ciaire applique la loi et l’exécutif assure la bonne exécution. L’indépendance est l’essence de la fonction de juge.

La tâche de magistrats se justifie parce qu’elle se fonde sur le respect des lois, mais aussi sur celui de la personne humaine ; parce que ces « lois » qui régissent la société sont celles des Hommes et uniquement des Hommes.

Ainsi, l’Etat dans sa quête de développement économique et social durable s’inscrit dans une mouvance sous-régionale et internationale engagée dans l’édification d’une démocratie pluraliste sous-tendue par la bonne gouvernance. Ainsi la coopération et l’intégration choisies, qu’elles soient Nord-Sud ou Sud-Sud concernent une politique d’aide et de partenariat économique, technique et culturelle qui englobe le respect de la souveraineté, des critères de convergence et de l’état de droit, centrée sur la croissance et la réduction accé- lérée de la pauvreté et s’étendant à des domaines tels que :

- La sensibilité et la ‘’réceptivité’’ aux besoins des pauvres ;

- Le renforcement des efforts nationaux et régionaux de ré- duction de la pauvreté avec le concours PTF ;

- L’appui international ou régional pour accroître la libre cir- culation des hommes et des biens, ainsi que des flux fi- nanciers, éliminer les barrières commerciales érigées, combattre plus efficacement le SIDA et autres pandémies et apaiser les conflits transfrontaliers.

Le Mali a adhéré à plusieurs organisations sous-régionales, ré- gionales et internationales dont au niveau régional et sous-ré- gional, l’UEMOA, la CEDEAO, l’OMVS, l’ABN, le CILSS, le Liptako-Gourma, le CEN-SAD, l’UA.

Cependant, dépits et amertumes sont le lot quotidien du jus- ticiable dans les cours et tribunaux du Mali, aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Manœuvres politiciennes et cupidité du judiciaire, sont les maux qui dénaturent la pra- tique de la justice et par extension de la démocratie au Mali.

Puisse le Premier magistrat, donner l’inspiration coura- geuse, qui ennoblit la magistrature purifiée de toute bavure ou compromission. Premier magistrat, il doit fortifier une solide réputation de ne se laisser impressionner ni influen- cer par personne, il se doit de rester au-dessus des règle- ments de comptes, des querelles de « palais » et des effets oratoires.

Ce qu’il faut retenir de l’état de la gouvernance au Mali, Excellence, Monsieur le Président de la République, c’est le parti pris de l’action et la prédisposition à faire avancer les choses.

Malgré les insuffisances décelées supra dans la gouvernance malienne, force est de reconnaître que d’importants progrès à mettre à l’actif des autorités politiques ont été réalisés dans ce domaine. Différents programmes ont été initiés, souvent avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Il s’agit

-
-

de les poursuivre et de les consolider aux niveaux de la res- ponsabilité et l’obligation de rendre compte, de la transpa- rence, de la participation, de la réforme institutionnelle, juridique et judiciaire et largement de la lutte contra la corrup- tion, l’impunité et le blanchiment des capitaux. Présentement, il existe une réelle volonté politique de faire du Mali un modèle de bonne gouvernance pourvu que le Mali continue de béné- ficier de l’assistance de ses PTF. Il est proposé notamment de :

- Mettre en œuvre les conclusions des audits institutionnels et organisationnels ;

- Harmoniser les textes juridiques avec ceux de l’OHADA et de l’UEMOA ;

Prendre des mesures de lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux et favoriser la dénonciation des actes de corruption ;

- Poursuivre la consolidation de la gestion macro-écono- mique ;

- Renforcer les capacités du point focal du MAEP ;

- Prendre en compte les actions de sensibilisation citoyenne des partis comme un des critères d’accès au financement public ;

- Renforcer le leadership féminin ;

- Faciliter la mise en cohérence des activités des structures de contrôle.

III. ROLE DU JUGE DES COMPTES DANS LA BONNE GOUVERNANCE

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Quelles que soient la position constitutionnelle et la définition de ses compétences et objet, le rôle du juge des comptes est de contribuer à une meilleure gestion publique en tant que gar- dienne de la discipline budgétaire et financière.

L’indépendance de la juridiction est alors mise au service de l’information des représentants de la société qui a le droit, comme le proclame solennellement l’article 15 de la Déclara- tion des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 « de de- mander compte à tout agent public de son administration ».

La première contribution et sans doute la plus essentielle, qu’une juridiction financière peut apporter à la gestion démo- cratique, consiste à bien faire son travail, à savoir être la clef de voûte du dispositif visant à assurer une gestion régu- lière des finances publiques.

3.1. Les juridictions financières :

Les juridictions financières font partie d’un système insti- tutionnel national, dont la stabilité est la preuve d’une co- hérence interne. La progression de la gestion démocratique, la sensibilisation à la corruption, aux abus de biens publics et aux autres types de délinquances sont proportionnelles à l’éveil de conscience citoyenne et à l’intensité de la vo- lonté de participation du citoyen à la gestion des affaires publiques.

Toutes les juridictions financières ont pour première mis- sion de s’assurer que les comptes publics sont rendus et biens tenus.

La ‘’Bonne gestion’’ est soucieuse du bon emploi des fonds publics et crée les conditions les moins favorables au passage à l’acte de ceux qui seraient prêts à céder à la tentation. La ju- ridiction financière peut donc très valablement et efficacement contribuer à réduire et combattre le mal par la prévention, la détection, la détermination de la responsabilité financière, le

cas échéant, la répression.

La conséquence normale du contrôle est la sanction qui dé- coule de l’appréciation des conditions dans lesquelles la mis- sion a été remplie.

- Dans un régime démocratique, la sanction intervient de deux manière : par l’élection et/ou par l’intervention du par- lement devant lequel le Gouvernement est responsable, c’est la mise en œuvre de la responsabilité politique ;

- D’un autre côté se trouve la responsabilité pénale. A cet égard, les obligations du gestionnaire public sont appré- ciées avec une sévérité particulière. Sa qualité vaut cir- constance aggravante ;

- Les individus et les groupes ont de plus en plus tendance à exiger des services publics une obligation de résultat ou un dédommagement lorsque l’action des agents publics porte atteinte à leurs intérêts matériels et moraux non seu- lement acquis, mais aussi potentiels.

Toute irrégularité n’est pas un délit, mais toute irrégularité appelle une sanction.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

3.1.1. Les pouvoirs de sanctions spécifiques des juridictions financières.

Concernant l’ordonnateur

Dans le cadre de leur mission de contrôle de la gestion des or- ganismes publics, les juridictions financières n’ont pas de larges possibilités de sanction des ordonnateurs indélicats. Cependant elles disposent d’une part du pouvoir de commu- niquer au juge pénal les éléments de nature à mettre en cause la responsabilité des gestionnaires indélicats et d’autre part de déférer ceux-ci devant une juridiction spéciale : la cour de dis- cipline budgétaire et financière (CDBF).

Au Mali la Cour de discipline budgétaire et financière est la chambre de discipline budgétaire

Au Mali la Cour de discipline budgétaire et financière est la chambre de discipline budgétaire et financière, un des trois démembrements de la section des comptes.

La responsabilité des comptables publics est définie par la loi, qu’il s’agisse des comptables régulièrement nommés ou des personnes qui s’ingèrent irrégulièrement dans cette activité.

En effet, les régimes de responsabilité financière des gestion- naires publics mis en œuvre par les juridictions financières, constituent des éléments importants dans le système global de protection des finances publiques.

La CDBF apparaît comme le complément naturel de la ré- pression pénale, et même comme le niveau premier de lutte contre la délinquance financière.

Cette institution est créée par une loi organique pour sanction- ner certains types de fautes personnelles commises dans les actes de leurs fonctions, par les fonctionnaires, les agents pu- blics ou les personnes assimilées, au préjudice de l’Etat, de diverses collectivités publiques ou de certains organismes fi- nancés sur fonds publics.

Les personnes susceptibles d’être renvoyées devant la CDBF sont les ordonnateurs principaux ou secondaires, les agents chargés d’exercer une tutelle ou des contrôles relatifs aux re- cettes ou aux dépenses, ainsi que toutes personnes ayant par- ticipé à des actes de gestion au sein d’une collectivité ou d’un organisme public.

Les infractions susceptibles d’être commises se situent à trois niveaux :

Ainsi, quel que soit le lieu où ils exercent leurs fonctions, les comptables publics sont personnellement et pécuniairement responsables du recouvrement des recettes, du paiement des dépenses, de la garde et de la conservation des fonds et va- leurs appartenant ou confiés à l’Etat, aux collectivités locales et aux établissements publics nationaux ou locaux, du manie- ment des fonds et des mouvements de comptes de disponi- bilités, de la conservation des pièces justificatives, des opérations et documents de comptabilité ainsi que de la tenue de la comptabilité du poste comptable qu’ils dirigent.

Les comptables publics sont aussi personnellement et pécu- niairement responsables des contrôles qu’ils sont tenus d’as- surer en matière de recettes, de dépenses et de patrimoine dans les conditions prévues par le règlement général sur la comptabilité publique.

La responsabilité pécuniaire d’un comptable public ne peut être mise en jeu que par le ministre dont il relève, le Ministre chargé des finances ou le juge des comptes.

La limitation dans le temps de la responsabilité des compta- bles est fixée par la loi. Au Mali, la prescription trentenaire vaut pour les comptes jugés et les pièces frappées d’observations ainsi que les originaux des rapports et arrêts.

- Au premier niveau, il s’agit de l’engagement de dépenses en infraction avec les règles du contrôle financier, l’impu- tation irrégulière d’une dépense tendant à dissimuler un dépassement de crédit, et l’engagement d’une dépense par une personne non habilitée ;

- Au deuxième niveau, les infractions aux règles d’exécution des recettes et des dépenses, celles qui, sciemment, ont omis de souscrire les déclarations qu’elles étaient tenues de fournir aux administrations fiscales, ou qui ont fourni des déclarations inexactes ou incomplètes, celles qui, dans l’exercice de leurs fonctions, ont procuré ou tenté de procurer, en méconnaissance de leurs obligations, un avantage injustifié à autrui ;

- Au troisième niveau, une dernière infraction doit être sou lignée, il s’agit : ‘’des agissements ayant causé un préju- dice grave à une entreprise publique, en raison de ca- rences graves dans les contrôles, d’actes manifestement contraires aux intérêts de l’organisme et d’omissions ou de négligences répétées dans l’accomplissement de leur rôle de direction’’.

Il est à signaler que les personnes justiciables ne sont pas- sibles d’aucune sanction si elles peuvent établir qu’elles ont commis les actes irréguliers mis en cause, en exécu- tion d’un ordre écrit et préalable de leur supérieur hiérar- chique.

Concernant les comptables publics

La discipline budgétaire et financière et le régime de respon- sabilité financière des gestionnaires publics qui y est attaché apparaissent dès lors comme un système original de protec- tion des finances publiques, facteur de bonne gouvernance que partagent d’ailleurs plusieurs pays.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

3.1.2. Les relations entre juge des comptes et juge pénal

Constituent une composante importante et explicite du rôle du juge financier dans le respect du principe de l’Etat de droit. Les informations que les autorités judiciaires sont en mesure de communiquer aux juridictions financières peuvent en outre contribuer à l’efficacité des interventions de ces dernières pour assurer l’ordre public financier.

La nécessité d’échanges d’informations et de pièces entre les juridictions judiciaires et financières existe dans les deux sens :

du juge financier vers le juge pénal (plus rarement le juge civil), du juge pénal vers le juge financier. Ces échanges s’ancrent dans leurs domaines de compétence respectifs.

Les juridictions civiles, et surtout pénales peuvent être saisies d’affaires concernant des deniers publics. Tel est le cas de poursuites pour détournement de bien publics, prise illégale d’intérêt, concussion, corruption et trafic d’influence, faux en

- Constitution du 22 septembre 1960 titre VIII article 43 ; -
-
Constitution du 22 septembre 1960 titre VIII article 43 ;
-

écritures publiques, etc. Le délit d’immixtion dans les fonctions publiques s’accompagne parfois d’une gestion de fait. L’abus de biens sociaux, l’abus de confiance, la publication ou la pré- sentation de bilans inexacts intéressent la juridiction financière lorsqu’elles contrôlent les organismes impliqués. Il est utile à la juridiction financière de connaître les poursuites engagées à ce titre contre des agents d’organismes soumis à leur contrôle, ainsi :

• Il arrive que le juge pénal statuant sur une constitution de partie civile de la collectivité alloue à cette dernière des dommages – intérêts comprenant la restitution de sommes détournées. De telles décisions peuvent venir en concur- rence avec celles du juge des comptes enjoignant la resti- tution de deniers publics par la constitution en débet du comptable patent ou de fait. Dans une telle hypothèse, l’in- formation par les autorités judiciaires est indispensable de façon à pouvoir procéder à une éventuelle confusion, totale ou partielle, des réparations accordées par le juge judi- ciaire avec le débet prononcé par le juge des comptes.

• La communication de certaines pièces saisies par le juge d’instruction peut faciliter les investigations des rappor- teurs des juridictions financières. Le Procureur de la Ré- publique transmet au Procureur Général près la juridiction des comptes, d’office ou à la demande de cette dernière, la copie de toute pièce d’une procédure judiciaire relative à des faits de nature à constituer des irrégularités dans les comptes ou dans la gestion des collectivités ou orga- nismes relevant de la compétence de cette juridiction.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

3.2. La Section des comptes du Mali

Loi constitutionnelle n°65-1-AN du 13 mars 1965 titre VIII article 43 (nouveau) ;

- Ordonnance n°1CMLN du 28 novembre 1968 titre VIII ar- ticle 43 ;

- Constitution du 02 juin 1974 titre IX article 66 ;

- Loi n°90/113 du 20 Novembre 1990 portant réorganisation de la Cour Suprême ;

- Loi 96-071 du 16 Décembre 1996 portant loi organique fixant l’organisation, les règles de fonctionnement de la Cour Suprême et la procédure suivie devant elle.

La Cour Suprême du Mali exerce avec les autres cours et tri- bunaux le pouvoir judiciaire. Ce pouvoir est indépendant de l’exécutif et du législatif aux termes de l’article 81 de la Consti- tution. La Cour Suprême du Mali se compose des sections ju- diciaire, administrative et des comptes. Elle comprend un Président, un Vice président, un procureur général, trois pré- sidents de section, trente sept conseillers dont deux commis- saires du gouvernement, trois avocats généraux, un greffier en chef et des greffiers de section.

Le Président de la Cour Suprême est nommé par décret du Président de la République parmi les magistrats de l’ordre ju- diciaire sur proposition conforme du conseil supérieur de la magistrature. Il est assisté d’un vice président nommé dans les mêmes conditions.

Les autres nominations sont régies par les articles 6 à 8 de la loi organique 96/071. Les membres de la Cour Suprême, ma- gistrats de l’ordre judiciaire ou de l’ordre administratif sont nommés parmi les magistrats de grade exceptionnel ou le cas échéant parmi ceux du premier grade.

L’Institution supérieure de contrôle des finances publiques au Mali est la section des comptes de la cour suprême. En effet, il faut, pour être ISC selon INTOSAI, être compétent en ma- tière de jugement des comptes et capable de se prononcer sur la régularité et la qualité de la gestion des ordonna- teurs et comptables.

La République du Mali fournit de gros efforts depuis les évé- nements de mars 1991 pour permettre au citoyen de mieux participer à la gestion des affaires publiques. Le concept de bonne gouvernance ou de gouvernance développement est devenu le socle de toutes les stratégies et politiques de déve- loppement économique et social durable. Il englobe tous les domaines de la vie publique. Il exige le respect de la séparation des pouvoirs et de la transparence dans toutes les actions et décisions ainsi que l’obligation de rendre compte.

3.2.1. Présentation générale

La section des comptes de la Cour suprême, existe depuis la constitution de la République du Soudan (loi n°59/16 du 23 janvier 1959 article 49). Elle est consacrée par toutes les autres lois constitutionnelles ou dans l’organisation judiciaire du pays :

Les membres de la Cour Suprême qui ne sont magistrats ni de l’ordre judiciaire ni de l’ordre administratif sont nommés parmi les fonctionnaires de la hiérarchie A de la fonction pu- blique de classe exceptionnelle ou de la première classe. Les uns et les autres nommés magistrats pour une période de cinq ans renouvelables, prêtent serment. Pendant la durée de leur mandat ils ne peuvent être ni poursuivis, ni arrêtés ou dé- tenus qu’après avis du bureau de la cour suprême (article 13 de la loi organique).

La cessation temporaire ou définitive des fonctions de magis- trats de la cour suprême, et les cas d’empêchement ou de dé- mission sont décidés après avis du bureau de la cour (à la majorité des 2/3 des membres présents), d’office ou sur sai- sine du ministre de la justice. La section des comptes comprend actuellement un président de section, deux présidents de chambre, douze conseillers, deux greffiers et des agents administratifs.

3.2.2. Compétences de la section des comptes

3.2.2.1. Missions générales :

La loi organique du 16 décembre 1996, actuellement en vi- gueur, donne à la section des comptes, compétence générale

et exclusive en matière de contrôle et de jugement des comptes des comptables publics patents

et exclusive en matière de contrôle et de jugement des comptes des comptables publics patents (article 82) et de fait (article 103) il s’agit :

- Jugement des comptes des comptables publics de de- niers tels que définis par la réglementation en vigueur ;

- Jugement des comptes des comptables de faits ;

- Vérification de la gestion financière des agents de l’ordre administratif chargés de l’exécution du budget national et des autres budgets que les lois assujettissent aux mêmes règles.

- Contrôle des comptes de matières des comptables pu- blics de matières ;

- Examen de la gestion financière et comptables des orga- nismes dotés de la personnalité civile et de l’autonomie fi- nancière et dans lesquels l’état ou les autres collectivités publiques ont un intérêt financier ;

- Exercice de tout contrôle soit de sa propre initiative, soit à la demande du Président de la République, du Premier Ministre ou du Président de l’Assemblée Nationale.

3.2.2.2. Missions spécifiques

Par ailleurs, en application de textes spécifiques, la section s’est vue confier, de nouvelles missions :

annuels de l’exercice précédent auprès de la section des comptes de la cour suprême. Cette juridiction établit au plus tard le 31 décembre de l’année en cours, un rapport annuel de vérification des comptes de l’exercice précédent qui sera rendu public.

• L’article 30 dernier alinéa stipule que la production de faux bilan élimine le parti fautif du bénéfice du fi- nancement pour l’année suivante, sans préjudice de poursuites judiciaires.

- La constitution du 25 février 1992 confère dans ses

articles 35, 37,57 des compétences particulières à la cour suprême :

• Par rapport à l’acquisition d’un bien appartement au domine de l’Etat, ou à la participation aux marchés pu- blics et privés du Président de la République, par lui- même ou par personne interposée ou des membres du gouvernement sans l’autorisation préalable de la cour suprême ;

• Par rapport à l’obligation de la déclaration écrite des biens actualisés chaque année par le Président de la République, le Premier ministre et les membres du gouvernement, à remettre au Président de la cour su- prême.

- La loi n°95-034 du 12 avril 1995 portant code des collec tivités territoriales en République du Mali a confié à la sec- tion des comptes de la cour suprême une mission particu- lière relative au règlement budgétaire des collectivités.

En effet en plus de la compétence générale qu’elle détient de la loi organique pour le contrôle des comptables des collecti- vités locales, et la gestion des ordonnateurs de ces collectivi- tés (articles 126 à 130), la loi 95-034 en ses article 24 pour les communes, 93 pour les cercles et 141 pour les régions a prévu une procédure particulière. Lors du règlement budgétaire an- nuel, chaque niveau de collectivité doit adopter le compte ad- ministratif de l’ordonnateur afin qu’il puisse obtenir le quitus de sa gestion. En cas de rejet définitif par l’organe délibérant de la collectivité, celui-ci peut demander à la section des comptes de la cour suprême, la vérification de l’exécution du budget contesté.

Les dispositions des articles 35,37 et 57 reflètent la volonté de transparence dans le patrimoine des uns et des autres. Ce- pendant la loi organique est silencieuse sur la compétence de la section qui doit gérer ces situations.

La nature de la matière concernée (patrimoine de l’Etat) et les procédures de recettes et de dépenses publiques (mar- chés publics), la vérification de la justification des décla- rations déposées (transparence de la situation de ceux qui sont en charge des finances du pays), les procédures et les moyens d’investigation rendent nécessaire l’implica- tion de la section des comptes.

En outre, la section des comptes est la seule à même de pouvoir contrôler l’exactitude de ces déclarations et de faire connaître dans son rapport annuel si cette obligation de dépôt annuel a bien été respectée.

- La loi n°96-061 du 04 novembre 1996, portant prin- cipes fondamentaux de la comptabilité publique a prévu que la section des comptes (article 43) assiste le gouver- nement et l’assemblée nationale dans le contrôle de l’exé- cution des lois de finances ;

- La loi n°05/047 du 18 août 2005 remplaçant la loi n°00/045 du 7 juillet 2000 portant charte des partis poli- tiques, a prévu dans son chapitre financement public des

activités des partis politiques (article 29 à 32) des disposi- tions strictes qui s’imposent à tout parti politique souhai- tant bénéficier de l’aide financière de l’Etat, à savoir ;

• Les articles 26 et 27 font obligation aux partis poli- tiques de la tenue d’une comptabilité régulière, d’un in- ventaire des biens meubles et immeubles et le dépôt au plus tard le 31 mars de chaque année des comptes

- La loi n° 03-030 du 25 août 2003 instituant le vérifica- tion général dispose que « les comptes du Vérificateur Gé- néral sont soumis au contrôle de la Section des Comptes de la Cour Suprême ».

Excellence, Monsieur le Président de la République,

3.2.3. La procédure suivie devant la Section des Comptes est la pierre angulaire normative et fortifiante de ses actions de sauvegarde de la bonne gestion

Ainsi, le Président de la Section des Comptes à la charge de la direction générale des travaux et de leur organisation.

Un greffier et un secrétaire assistent le Président de la Section et assurent sous son

Un greffier et un secrétaire assistent le Président de la Section et assurent sous son autorité, le fonctionnement du greffier et des archives ainsi que des autres services administratifs de la Section. Ils conservent pendant cinq ans les pièces vérifiées et gardent pendant trente ans au moins les comptes jugés et les pièces frappées d’observations ainsi les originaux des rap- ports et arrêts.

L’instruction de chaque compte ou affaire est confiée par le Président de la Section à un rapporteur. Les magistrats ont tous pouvoirs d’investigation pour l’instruction des comptes ou affaires dont ils sont saisis. L’instruction comporte, en tant que le besoin, toutes demandes de renseignements, enquêtes ou expertises sur place.

3.2.4. Les pouvoirs d’intervention de la Section des Comptes

Les conseillers de la section des comptes de la Cour suprême du Mali, en dépit de leur qualité de magistrat ne sont pas ina- movibles. Tous les magistrats nommés à la Cour suprême le sont en effet pour un mandat de cinq (5) ans renouvelables. Cependant les ‘’magistrats’’ de la section des comptes étant recrutés parmi les fonctionnaires de la hiérarchie A de la Fonc- tion Publique, leur qualité de magistrat ne leur est ainsi acquise que pendant leur mandat à la Cour suprême et ils ne peuvent à la différence de leurs collègues judiciaires et administratifs ; rejoindre ultérieurement d’autres juridictions au terme de leur mandant pour y poursuivre leur carrière.

Les observations auxquelles donnent lieu les vérifications sont consignées dans le rapport. La suite à donner à chaque ob- servation fait l’objet d’une proposition motivée. Le Président de la Section transmet le rapport et les pièces annexées à un conseiller contre-rapporteur qui fait connaître son avis sur cha- cune des propositions formulées. Le rapporteur présente son rapport devant la chambre. Le conseiller contre-rapporteur fait connaître son avis. La chambre rend, sur chaque proposition, une décision qui est inscrite par le Président en marge du rap- port. Les chambres siègent en formation impaire.

Ainsi, les conseillers de la Section des comptes se trouvent dans une situation aussi anachronique qu’inconfortable, qui a pour effet de réduire considérablement leur indépendance. Par ailleurs, l’institution du conseiller rapporteur, du conseiller contre rapporteur et du débat en formation collégiale, retenue obligatoire par la loi, constitue en fait des niveaux de régulation interne. La Contradiction obligatoire pour jugement des comptes de publics et pour le contrôle de gestion des établis- sements publics est la règle générale pour toutes les vérifica- tions de la Section.

L’obligation du secret professionnel n’est pas opposable aux magistrats de la Section des Comptes à l’occasion des en- quêtes effectuées dans l’exercice de leur formation.

C’est pourquoi, les responsables de service, les autorités de tutelle et les comptables doivent ordonner toutes dispositions pour leur permettre de prendre connaissance des écritures te- nues et de tous documents, en particulier les pièces préparant et justifiant le recouvrement des recettes, l’engagement, la li- quidation et le paiement des dépenses. Les magistrats peu- vent se faire délivrer : copie des pièces nécessaires à leur contrôle. Ils ont également, accès à tous immeubles, locaux et propriétés compris dans le patrimoine de l’Etat ou des au- tres personnes morales soumis au jugement ou au contrôle de la Section des Comptes et peuvent procéder à la vérification des fournitures, matériels, travaux de constructions ainsi de toute comptabilité des matières.

La Section des Comptes peut recourir pour des enquêtes de caractère technique, à l’assistance d’experts désigné par le Président de la Section. Les experts sont assujettis au secret professionnel.

La Section des Comptes a le pouvoir d’entendre sur invitation de son Président tout directeur ou représentant des services et des organismes soumis à son contrôle, tout gestionnaire de fonds publics, tout dirigeant d’entreprise publique, tout mem- bre d’un corps de contrôle. De même, elle peut se faire com- muniquer tout rapport d’instruction, de vérification ou de

contrôle.

L’accès à l’information pertinente conditionne la crédibilité et l’efficacité de l’intervention de tout organisme de contrôle. Aussi la section des comptes se prévaut d’une logique et d’un droit de large communication des faits et documents néces- saires à l’accomplissement de sa mission.

Les articles 89 à 93, 100, 119 et 132 de la loi organique fond du droit de communication l’un des instruments du pouvoir d’investigation. Il est exercé à l’occasion de tout type de contrôle entrant dans la compétence de la section : contrôle juridictionnel, de l’exécution des lois des finances, du bon em- ploi des fonds et de la gestion, de la régularité des recettes et des dépenses, des entreprises publiques, des comptes des délégations de service public, des organismes bénéficiant d’un concours financier ou faisant appel à la générosité publique, des aides budgétaires des collectivités locales, des conven- tions des marchés ou de délégation des services publics.

Les pouvoirs d’intervention de la section des comptes sont ac- compagnés du délit d’entrave à l’encontre de ceux qui pour- raient être tentés d’en contester la légitimité. Cette arme suprême ne doit servir que dans les cas de réticence extrême qui sont rarissimes.

Les pouvoirs de contrôle sur pièces et sur place dont dispose la section des comptes sont renforcés par des prérogatives qui lui confèrent des atouts majeurs, dans le cadre du contrôle des finances publiques.

En effet, la section définit elle-même son programme an- nuel de vérification.

Il faut signaler en outre que pouvoir d’auto-saisine de la sec- tion la place à

Il faut signaler en outre que pouvoir d’auto-saisine de la sec- tion la place à l’abri des pressions de toute nature.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

3.2.5. Les Pouvoirs d’investigation de la Section

Toutefois, le comptable ou ses héritiers peuvent demander à la section la révision d’un arrêt définitif en produisant des pièces justificatives retrouvées postérieurement au jugement. Lorsque, à l’examen du compte, il apparait que le comptable peut encourir une sanction pénale, le Président de la section en saisit le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et en in- forme le Ministre chargé des Finances.

Sont fonction des missions et des compétences dévolues et des moyens d’investigation mis à sa disposition pour la re- cherche des causes et vecteurs de la gestion.

3.2.5.1. Le contrôle juridictionnel

- Le jugement en matière de discipline financière : la section exerce une fonction juridictionnelle en matière de discipline fi- nancière à travers sa Chambre de discipline budgétaire et fi- nancière (CDBF).

• Le jugement des comptes des comptables publics : La section n’est saisie que par le dépôt des comptes en état d’examen à son greffe. Les comptes sont portables et non quérables.

La section statue sur les comptes par des arrêts provisoires et définitifs.

A cet effet, son contrôle porte sur la gestion financière des or-

donnateurs ou des fonctionnaires, agents de l’Etat ou du Gou- vernement, membres de Cabinets ministériels, agents des collectivités territoriales, représentants administratifs ou agents des organismes qui sont soumis au contrôle de la Sec- tion des Comptes et tous ceux qui exercent en fait les fonc- tions des personnes désignées ci-dessus.

Les arrêts provisoires enjoignent, en tant que de besoin, au comptable d’apporter dans un délai maximum d’un mois toutes justifications ou explications à sa décharge. Outre les injonctions fermes ou pour l’avenir, ils peuvent contenir des ré- serves ou toutes autres mentions utiles.

Au terme de la procédure contradictoire, la section rend des arrêts définitifs.

Les arrêts de la Chambre ne sont pas susceptibles d’appel mais peuvent faire l’objet de révision devant la section elle- même.

Si l’instruction est terminée, le conseiller rapporteur transmet

le dossier au Président de la section, qui le communique au

Président de la Cour Suprême pour transmission au Procureur Général.

Si le comptable est reconnu régulier, la section rend un arrêt de décharge à l’égard du comptable demeuré en fonction et à l’égard du comptable sorti de fonction, elle rend un arrêt de quitus, qui donne main levée de toutes les sûretés et garan- ties grevant ses biens au profit du Trésor public.

Si le compte est irrégulier par défaut, c’est-à-dire si les écri- tures du comptable ne font pas état de tous les deniers qu’il a reçus ou aurait dû recevoir ou s’il a payé à tort certaines dé- penses, l’arrêt le déclare en débet.

Au vu de l’arrêt de débet, le Ministre chargé des Finances met en jeu la responsabilité du comptable et, le cas échéant, les garanties correspondantes. La section juge les comptes en premier et dernier ressort.

Si le compte est excédentaire, l’arrêt est dit « en avance » parce que le comptable se reconnaît débiteur à tort.

Les arrêts de la juridiction financière ne sont pas simplement des arrêts exécutoires : ce sont des arrêts qui doivent être exé- cutés. Un arrêt de la Cour des comptes qui déclare un comp- table en débet n’est pas rendu dans l’intérêt exclusif et personnel de l’organisme public dont ce comptable a manié les deniers : il est rendu dans un intérêt supérieur, dans un in- térêt d’ordre public, et la condamnation qui frappe le compta- ble n’a pas un caractère simplement civil.

Les poursuites devant la Chambre de discipline financière ne font pas obstacle à l’exercice de l’action pénale ou discipli- naire.

Si l’instruction ou la délibération sur l’affaire laisse apparaît des

faits susceptibles de constituer un délit ou un crime, le Prési- dent de la section transmet le dossier au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et en informe le Ministre chargé des fi- nances.

De la même façon, si une sanction disciplinaire peut être en- courue, le Président de la section communique le dossier à l’autorité compétente.

Cette action répressive de la Section des Comptes est la sanc- tion des fautes de gestion des ordonnateurs.

- Le jugement des gestions de fait : la Section des Comptes est habilitée de plein droit à juger les comptes que lui ren- dent les personnes qu’elle a déclarées comptables de fait. Elle se saisit d’office des gestions de fait relevées par la vérification ou le contrôle des comptes qui lui sont soumis.

Les gestions de fait entraînent les mêmes obligations et res- ponsabilités que les gestions patentes et sont jugées comme telles.

La procédure de gestion de fait ne fait pas obstacle à l’exercice de l’action pénale ou disciplinaire.

•

Si le comptable de fait produit son compte sans aucune ré- serve, la chambre confirme alors la déclaration de gestion de fait, déclare comptable de fait la personne désignée et statue sur le compte par arrêt définitif.

Si après la déclaration définitive, le comptable de fait ne pro- duit pas son compte, la chambre peut le condamner à une amende.

Le rapport sur le projet de loi de règlement : le contrôle portant sur le projet de loi de règlement a pour objet de permettre à l’Assemblée Nationale d’apprécier l’action du Gouvernement en matière de gestion des opérations finan- cières de l’Etat et au ministre chargé des finances de pren- dre les mesures qui s’imposent au vu des observations de la section.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

3.2.5.2. Le contrôle non juridictionnel

- L’examen de la gestion : ce contrôle exercé par la section vise à apprécier la qualité de la gestion et à formuler, éven- tuellement, des suggestions sur les moyens susceptibles d’en améliorer les méthodes et d’en accroître l’efficacité et le rendement. Il englobe tous les aspects de la gestion.

La section apprécier la réalisation des objectifs assignés, l’adéquation des moyens utilisés, les coûts des biens et ser- vices produits, les prix pratiqués et les résultats financiers ob- tenus. Ce contrôle porte également sur la régularité et la sincérité des comptabilités mais ne peut, en aucun cas, per- mettre d’ingérence dans la gestion des entités contrôlées.

Le rapporteur procède à l’examen des états financiers notam- ment les bilans et documents annexes et en tire toutes les conclusions sur les résultats et de la qualité de la gestion.

Le rapport établi à cet effet doit rendre compte de l’exécution de ces opérations. Il donne une vue d’ensemble de la situation financière de l’Etat au titre de la gestion contrôlée.

Ce contrôle consiste à déterminer et à analyser les résultats des opérations de l’Etat et en examiner la régularité et la sin- cérité.

Les opérations financières de l’Etat comprennent toutes les opérations du budget général, des comptes spéciaux du tré- sor, des budgets annexes et des opérations de trésorerie.

Le résultat de l’exécution des opérations du budget général est déterminé sur la base des recettes encaissées et centrali- sées par les comptables principaux et des dépenses ordon- nancées.

Le solde des opérations des comptes et fonds spéciaux du Trésor et des budgets annexes est arrêté sur la base des états d’encaissement et de décaissement annexés au compte gé- néral de l’administration des finances.

Il établit un pré-rapport qui est communiqué par le Président

de chambre aux dirigeants du service ou de l’organisme contrôlé, qui doivent répondre dans le délai d’un mois, par mé- moire écrit. Ce mémoire est à la fois transmis au rapporteur et au magistrat contre-rapporteur.

Le dossier complet est ensuite transmis au Procureur général pour ses conclusions.

A l’issue de cette procédure, la chambre concernée, après au-

dition des parties, s’il lui paraît nécessaire d’éclaircir certains points, arrête définitivement le rapport, propose, les cas échéants, les redressements qu’elle estime nécessaires, les sanctions qui s’imposent et porte un avis sur la qualité de la

gestion. Elle signale enfin les modifications qui lui paraissent devoir être apportées à la structure contrôlée ou à son organi- sation.

Après délibération, si la chambre compétente a constaté des irrégularités commises par les administrateurs, relevé des la- cunes dans la réglementation ou des insuffisances dans l’or- ganisation administrative, financière et comptable, elle informe, par voie de référé du Président de la section, les dirigeants des organismes contrôlés, les ministres et autorités de tutelle in- téressés et leur demande de faire connaître à la section les me- sures prises en vue de faire cesser les errements constatés. Ce contrôle n’a pas pour objectif de procéder à un jugement.

- Le contrôle de l’exécution de la loi des finances

Le solde des opérations de trésorerie est arrêté à partir de la balance générale des comptes du trésor conformément au plan comptables de l’Etat.

A l’issue des contrôles, la section établit un rapport provisoire

adressé au Ministre chargé des finances pour ses observa- tions.

Ce rapport est enfin déposé par le Président de la section sur

le bureau du Président de l’Assemblée Nationale.

La déclaration générale de conformité : le compte définitif de l’année financière ou compte général de l’administration des finances doit être en conformité avec les comptes de gestion des comptables principaux du trésor et le compte de gestion consolidé des opérations de trésor.

Le Compte Général de l’Administration des Finances (CGAF), préparé par la Direction du Budget pour le compte du Ministre chargé des Finances, est destiné à donner à la section des comptes et à l’assemblée nationale tous les renseignements sur la comptabilité administrative des engagements et des or- donnancements par ministère et par service.

Les comptes de gestion des opérations en deniers sont pré- sentés par les comptables principaux du trésor.

Après le vote de la loi de règlement, le trésorier général portera

le résultat de l’exercice clos au compte permanent des décou-

verts du trésor.

En balance d’entrée de la nouvelle gestion, chaque comptable principal reprend dans ses écritures les

En balance d’entrée de la nouvelle gestion, chaque comptable principal reprend dans ses écritures les soldes des comptes de disponibilités, des comptes et fonds spéciaux du trésor et des comptes d’opérations diverses non encore apurés à la fin de l’année financière précédente.

Cette déclaration générale de conformité accompagne le pro- jet de loi de règlement de l’année concernée.

3.3. La Contribution de la Section des comptes à la promotion d’une bonne gouvernance

spécial et sur leurs biens immeubles d’une hypothèque légale ainsi que sur ceux des conjoints pour les biens de la commu- nauté (régime matrimonial).

L’application de ces dispositions légales dont l’objet est d’assurer la bonne gestion des deniers publics n’a effecti- vement débuté qu’au cours de l’année 1995 qui a enregis- tré les premières prestations de serment de certains comptables publics devant la Section des Comptes et ce, sur l’intervention de cette juridiction. Ainsi donc, la gestion de tous les comptables publics qui ont tenu des postes comptables avant cette date, peut être qualifiée de GES- TION DE FAIT.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

L’examen des travaux effectués par la section des comptes, permet d’apprécier son parcours.

Comme indiqué ci-dessus, la section des comptes a été créée depuis le 23 janvier 1959 mais ce n’est qu’avec la loi n°90/113 du 20 Novembre 1990 qu’elle a vraiment commencé à fonc- tionner.

Depuis fin 1991, la section des comptes a, malgré de multiples difficultés, exercé plusieurs de ses compétences et a réalisé de nombreux travaux. L’on peut citer entre autres :

- Le respect de la légalité et de la régularité d’exécution des recettes et des dépenses ;

- Le respect de l’obligation de la reddition des comptes ;

- L’élaboration des rapports sur l’exécution des lois de finances et des déclarations générales de conformité correspondantes ;

- L’élaboration d’un manuel pour la tenue des comptes des Partis politiques ;

- La vérification des arriérés de dépenses extrabudgé- taires de l’Assemblée Nationale ;

- Les rapports de vérification des comptes annuels des partis politiques ;

- L’élaboration du rapport de vérification des comptes de la CENI (opérations électorales de 1997 et 1998) ;

- L’élaboration du rapport de vérification de la gestion des fonds alloués aux élections référendaires, présiden- tielles et législatives 2002 ;

- L’audit de projets finances par le PNUD et le FNUAP.

3.3.1. Le Respect de la légalité et de la régularité d’exécution des recettes et des dépenses des budgets d’Etat ou assimilés :

Avant d’entrer en fonction, les comptables publics sont as- treints à la constitution de garantie.

Pour asseoir cette responsabilité, les comptables avant d’en- trer en fonction, sont astreints à la constitution de garanties et à la prestation de serment devant le juge des comptes. En outre, le Trésor dispose sur leurs biens meubles d’un privilège

3.3.2. Le Respect de l’obligation de la reddition des comptes :

La loi fait obligation aux comptables publics principaux de ren- dre directement leurs comptes au Juge des Comptes.

L’obligation de rendre compte de la gestion des affaires d’au- trui est commune au droit public (déclaration des droits de l’homme, article 15) et au droit privé (code civil français, arti- cles 125, 469, 470, 803 et 1993 et code de procédure civil, commercial et social du Mali articles 741 et suivants) mais elle s’exécute différemment suivant l’un et l’autre.

En droit privé, le compte est présenté par le gérant, « rendant » au maître d’affaire, « oyant », qui, après l’examen et, s’il y a lieu, discussion, l’approuve. Ce n’est que si le gérant refuse de rendre compte ou si des articles restent litigieux que la pro- cédure vient en justice, sur assignation du maître d’affaire.

Au contraire, les comptes des comptables publics sont obli- gatoirement rendus au Juge des comptes.

S’agissant de la gestion de fonctionnaires publics, constitutive du maniement des deniers publics, cette juridiction est d’ordre public. Nul ne peut s’y soustraire en alléguant son ignorance des lois et règlements. L’approbation donnée par les représen- tants légaux des organismes publics aux opérations finan- cières de leurs comptables ne dispense pas ces derniers de rendre compte au Juge des Comptes, qui seul peut les dé- charger de leur gestion.

Les comptes doivent être rendus par les comptables d’office, sans assignation car le jugement des comptes n’est pas né- cessairement ni même habituellement contentieux. Les comptables dont la gestion se révèle irréprochable après examen, sont déchargés par le juge des comptes sans discus- sion. Ce n’est que s’ils refusent de rendre leurs comptes ou si l’examen de ces comptes révèle des omissions ou des irrégu- larités que s’ouvre un débat contentieux entre le juge des comptes et ses justiciables (comptables publics).

Malgré le caractère d’ordre public de la reddition des comptes, les comptes des comptables publics n’avaient jamais fait l’ob- jet de reddition au juge des comptes avant 1995 et là encore,

par suite de l’intervention de la Section des Comptes. Partis politiques, a procédé à la
par suite de l’intervention de la Section des Comptes.
Partis politiques, a procédé à la vérification des comptes des
Partis Politiques au titre des exercices 2001 à 2005.

En effet, en 1995, quand la Section des Comptes a de- mandé au Payeur Général du Trésor de rendre ses comptes, ce dernier a fait déposer à la Cour Suprême un chargement de camion de pièces comptables qui se sont avérées inexploitables parce que ni recensées, ni classées, ni mises en état d’examen, ni réceptionnées. Ces pièces ont été par la suite détruites par les intempéries faute de locaux appropriés pour leur conservation.

Par ailleurs, l’agent comptable du Fonds National de loge- ment, invité à produire ses comptes des exercices anté- rieurs a été incapable de présenter à la vérification, une seule pièce comptable de sa gestion de près d’une décen- nie, arguant de leur destruction totale lors des évènements du 26 mars 1991.

Devant toutes ces difficultés et en l’absence de tradition éta- blie en la matière, la Section des Comptes s’est fait le devoir d’instruire en 1993, la Direction Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DNTCP), sur la manière de produire les comptes de gestion à la vérification du juge des comptes. Cette démarche pédagogique a permis à la DNTCP d’élaborer des manuels de mise en état d’examen des comptes de cer- taines catégories de comptables publics.

3.3.3. Elaboration des rapports sur l’exécution des lois de finances et des déclarations générales de conformité

L’une des activités essentielles de la section des comptes concerne l’élaboration du rapport sur l’exécution des lois de finances et la déclaration générale de conformité. Ces deux documents doivent être déposés sur le bureau de l’Assemblée Nationale en même temps que le projet de loi de règlement. A la faveur du renforcement de ses effectifs en fin d’année 2002, la section des comptes s’est attelée à la production des rap- ports sur l’exécution des lois de finances de 1993 à 2005 et des déclarations générales de conformité correspondantes.

Il faut rappeler que, jusqu’en 1992, le règlement des bud- gets était fait sur la base d’un procès-verbal de concor- dance des chiffres signé par une « Commission de concordance » présidée par le Procureur de la République près le tribunal de 1 ère Instance de Bamako et qui compre- nait, en outre, le Directeur National du Trésor, le Directeur National du Budget, le Directeur National du Contrôle Fi- nancier et le Contrôleur Général d’Etat. Cette procédure ne reposant sur aucune base légale, il y a été mis fin à la demande de la section des comptes.

3.3.4. Elaboration du manuel pour la tenue des comptes des partis politiques

La section des comptes, conformément aux lois N°00-045 du 07 juillet 2000 et N°05-047 du 18 août 2005 portant Charte des

Ces différentes vérifications ont fait apparaître la nécessité de mettre à la disposition des Partis politiques un référentiel comptable. C’est ainsi que la section des comptes a proposé un modèle simplifié de tenue des comptes des Partis poli- tiques inspiré du Système Minimal de Trésorerie du SYCOA qui a été validé dans le cadre d’un atelier organisé par le Mi- nistère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Lo- cales et animé par la section des comptes.

Ce document, après concertation avec les partis politiques a été adopté comme Manuel pour la tenue des comptes des partis politiques.

3.3.5. Vérification des arriérés de dépenses extra-budgétaires de l’Assemblée Natio- nale au titre des exercices 1999 à 2002.

A la demande du Président de l’Assemblée Nationale, la Sec-

tion des comptes a procédé à la vérification des arriérés de dépenses extra- budgétaires de son institution au titre de exer-

cices 1999 à 2002 d’un montant total de : 2.289.193.728 F CFA

Il s’agissait pour la section des comptes de donner un avis sur les dépenses éligibles au paiement. La vérification a fait res- sortir que :

Aucune des pièces produites à l’appui des dépenses n’est ré- gulière ; L’effectivité de la livraison des biens et de la réalisation des prestations de service ne sont pas prouvées ; Les procédures d’acquisition de biens et services ne respec- tent pas les dispositions législatives et réglementaires en vi- gueur ; La comptabilité des matières n’est pas tenue.

3.3.6. Vérification des comptes annuels des partis politiques

Conformément aux dispositions des lois n°00-045 du 07 juillet

2000 et n°05-047 du 18 août 2005 portant Charte des Partis

politiques, la section des comptes procède à la vérification des

comptes des partis politiques depuis 2001. Par exercice, les comptes produits et vérifiés ont été les suivants :

2001 : 52 comptes ;

2002 : 55 comptes ;

2003 : 56 comptes ;

2004 : 60 comptes ;

2005 : 55 comptes.

Il ressort de ces vérifications entre autres constations :

- L’absence d’un référentiel pour la tenue de comptabilité des partis politiques ;

- La non tenue ou la mauvaise tenue d’inventaire annuel des biens meubles et immeubles
- La non tenue ou la mauvaise tenue d’inventaire annuel des
biens meubles et immeubles ;
-

- L’absence de pièces justificatives de recettes et de dé- penses ou la production de pièces irrégulières.

Ces comptes ont été publiés au Journal Officiel.

Passation de contrats de service avec tous les organes de presse de la place (parlée et écrite, publique et pri- vée) sans raison valable ;

- Non tenue de la comptabilité matières ;

- Pléthore de personnel d’appui choisi le plus souvent dans l’entourage des membres de la CENI.

3.3.7. Vérification des fonds consacrés aux élections générales de 1997-1998 et de

2002

ELECTIONS GÉNÉRALES 1997-1998

Sept (7) structures ont été impliquées dans l’organisation des- dites élections.

• Les ressources totales mobilisées sont de :

21 013 103 166 F CFA

Financement budget d’Etat :

18 087 206 446 F CFA

Apports/partenaires au développement :

2 925 896 720 F CFA

dont :

Et réparties ainsi qu’il suit :

CENI (Organisatrice principale des opérations électorales) :

19 246 864 681 F CFA

Autre structures (institution et organismes) :

1 766 238 485 F CFA

• Les dépenses totales effectuées sont de :

21 013 103 166 F CFA dont :

CENI (totalité fonds mis à disposition) :

19 246 864 681 F CFA

Autres structures :

1 766 238 485 F CFA

• Le dépenses non justifiées ou sous-tendues par des pièces irrégulières se chiffrent à

10 408 851 550 F CFA

Soit 49,53% des dépenses totales dont :

CENI : 8 642 613 065 F CFA

autres structures : 1 766 238 485 F CFA

• Autres irrégularités constatées

- Non respect des règles élémentaires de la gestion administrative, financière et comptable ;

- Non tenue de la comptabilité ;

- Non respect des dispositions légales et réglemen- taires en matière de rémunération, d’indemnité, de prime, de frais de mission et d’heures supplémen- taires ;

- Non respect du principe de la séparation des fonc- tions d’ordonnateur et de comptable ;

- Passation des marchés, en violation des dispositions du Code des marchés publics et du Décret n°97- 066/P-RM du 12 février 1997 autorisant la CENI à pas- ser des marchés par entente directe après consultation informelle préalable ;

ELECTIONS GÉNÉRALES 2002

Le nombre de structures impliquées est passé de sept (7) en 1997-1998 à dix (10) en 2002.

• Les ressources totales mobilisées sont de :

27 217 666 907 F CFA

dont : financement budget d’Etat :

25 231 872 287 F CFA

appui direct PTF :

1 985 793 720 F CFA

Et réparties ainsi qu’il suit :

Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) :

3 744 481 924 F CFA

Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL) :

19 201 975 979 F CFA

Cour constitutionnelle :

907 279 700 F CFA

Délégation Générale aux Elections (DGE) :

1 761 632 854 F CFA

Comité National de l’Egal Accès aux Média d’Etat (CNEAME) :

143 128 098 F CFA

Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) :

60 425 000 F CFA

Agence Malienne de Presse et de Publicité (AMAP) :

31 280 000 F CFA

Ministère de la Sécurité Intérieur et de la Protection Civile (MSIPC) :

145 000 000 F CFA

Ministère des Domaines de l’Etat des Affaires Foncières et

de la Communication (MDEAFC) :

458 285 000 F CFA

Ministère des Affaires Etrangères et des Maliennes de l’Extérieur (MAEME) :

764 177 452 F CFA

• Les dépenses totales effectuées sont de :

26 443 165 369 F CFA

• Les dépenses non justifiées ou sous-tendues par des pièces irrégulières se chiffrent à 8 609 244 874 F CFA soit 32,56% des dépenses totales.

• Autres irrégularités constatées

- Non tenue d’une comptabilité probante ;

- Octroi d’avantages exorbitants non autorisés par la loi électorale et les textes réglementaires en la matière, par la plupart des structures et institutions à leurs membres ;

- Passation des marchés en violation des dispositions du Code des Marchés Publics ;
- Passation des marchés en violation des dispositions
du Code des Marchés Publics ;

- Non tenue de la comptabilité matières ;

- Non reversement de la TVA et son auto- consomma- tion.

normale de toute juridiction financière et la section des comptes, qui seule, a vocation à être l’Institution Supé- rieure de Contrôle du Pays doit, disposer des moyens hu- mains et matériels suffisants lui permettant de répondre rapidement à ce type de contrôle.

Ces exemples confortent, s’il en était besoin, les propos de Monsieur Jevelberge, Président de la Cour Fédérale des Comptes de l’Allemagne, qui a souligné, je cite : « un contrôle effectif et une gestion transparente des deniers publics peuvent rapporter annuellement à l’Etat l’équivalent de 25% de ses recettes budgétaires ». Fin de citation.

Dans un Etat moderne, c’est à l’organisme officiel chargé de certifier les comptes publics qu’il revient de contrôler et faire un rapport de l’utilisation des sommes mises à la disposition du Gouvernement lorsqu’un partenaire au dé- veloppement le sollicite en ce sens, nonobstant toutes au- tres structures commises à cet effet.

3.3.8. Audit des projets PNUD et FNUAP

Chaque année et ce depuis 1991, la section des comptes pro- cède à l’audit des programmes et projets en exécution natio- nale du PNUD et du FNUAP. Ainsi, environ 26 programmes et projets sont audités annuellement.

Il faut rappeler que l’audit, qu’il soit financier ou compta- ble, opérationnel ou de performance, est une attribution

Toutefois, pour répondre à l’attente des partenaires, notam- ment en ce qui concerne le respect des dates impératives d’envoi des rapports tel que l’exigent les procédures des Na- tions Unies, il y a une nécessité impérieuse d’étoffer l’ef- fectif de la section des comptes qui demeure notoirement insuffisant.

IV. PROBLEMATIQUE DU PRESENT ET DU DEVENIR DU JUGE DES COMPTES DU MALI

Excellence, Monsieur le Président de la République,

La problématique du statut des magistrats de la section des comptes est assez symptomatique de la frilosité de leurs ac- tions au sein de la Cour suprême du Mali, en dépit de l’échan- tillon des travaux effectués qui a été porté à votre attention.

4.1. Etat de la question

Comme indiqué, la situation actuelle des magistrats de la sec- tion des comptes n’est pas conforme aux normes internatio- nales exigées pour exercer au sein d’une institution supérieure de contrôle des finances publiques créée par la constitution.

La fonction de juge des comptes et la nécessaire indépen- dance du magistrat ne peuvent s’accommoder d’une sorte de statut « équivoque ».

4.2. Recommandations

De fait, l’octroi d’un statut pour les magistrats financiers sera d’autant mieux admis que leurs conditions de recrutement au- ront été renforcées.

Pour cette raison, il paraît nécessaire de mener parallèlement la réflexion sur les critères de sélection et les éléments du futur statut, nécessairement proches dans l’esprit, de ceux du statut de la magistrature de la loi n°02-055 du 16 décembre 2002.

Deux importants projets de textes de loi y relatifs ont été éla- borés avec le concours de PTF et déposés auprès des autori- tés compétentes :

- Projet de loi portant modification de la loi n°096-071 du 16 décembre 1996, portant loi organique fixant l’Organi- sation, les règles de fonctionnement de la Cour Suprême et la procédure suivie devant elle ; il prend en compte l’ou- verture de l’effectif de la section des comptes qui n’est au- jourd’hui que de 15 magistrats et les autres modifications subséquentes ;

- Projet de loi portant Statut des Magistrats de la Section des Comptes de la Cour Suprême : il est à signaler que les conseillers de la section des comptes du Mali sont les seuls à ne pas disposer de statut propre contrairement à ce qui existe dans les autres juridictions financières natio- nales.

Ces projets de lois ont été validés par un atelier de restitution tenu les 21,22 et 23 mars 2006 et auquel ont pris part les re- présentants :

• De l’Assemblée Nationale, du Haut Conseil des Collectivi- tés Territoriales, de la Cour Suprême (Section judiciaire, Section administrative, Section des comptes et le Parquet Général), du Ministère chargé de la Réforme de l’Etat et des relations avec les Institutions, du Commissariat au Développement Institutionnel, du Ministère de l’Economie

et des Finances, du Ministère de la Justice, du Ministère de l’Intégration Africaine ; comptabilité
et des Finances, du Ministère de la Justice, du Ministère
de l’Intégration Africaine ;
comptabilité publique doivent être parfaitement assimilées.
Le travail de base d’une juridiction financière est complexe et

• Des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) : PNUD, Canada, Pays-Bas, Suède et France ;

• De la Cour des Comptes de l’UEMOA et des Cours des Comptes du Burkina Faso, du Maroc, de la Mauritanie, de la Tunisie et du Sénégal.

Après validation, les deux projets de textes de lois ont été communiqués au Gouvernement, le 31 mars 2006. Depuis, leur examen en Conseil des Ministres et leur vote par l’As- semblée Nationale sont toujours attendus, ce malgré l’im- minence de l’échéance du Plan d’Action 2005 à 2008.

Aussi, le futur magistrat financier va intégrer une formation spécialisée. Le jugement des comptes exige, en plus des in- dispensables connaissances juridiques, une connaissance théorique et une compétence technique confirmées dans les domaines économiques, financiers, budgétaires et compta- bles. En particulier, les règles propres aux finances publiques, aux banques et structures financières décentralisées et à la

CONCLUSION

La mission d’information du citoyen est exercée par la section des comptes, qui contribue ainsi à diffuser largement l’exi- gence de la transparence dans la gestion publique et une au- thentique culture de contrôle démocratique.

Sept ans après son renforcement progressif en personnel (2000 et 2002), la section des comptes a su démontrer par sa présence qu’elle constitue un des principaux remparts dont dispose l’Etat de droit pour limiter et faire régresser l’étendue de la mauvais gestion dans le secteur public. La section des comptes participe ainsi à la consolidation et au renforcement de l’état de droit et de la bonne gouvernance.

Intervenant à posteriori, la section exerce sa mission sans met- tre en cause la liberté des décideurs, favorise une plus grande rigueur dans le secteur public.

Les observations que la section formule définissent les contours d’une action pédagogique dont les effets sont ap- préciés à moyen terme.

La Section concourt ainsi à l’équilibre de la vie démocratique en exerçant sereinement sa mission.

Le renforcement des capacités de la section et la qualité de ses travaux sont des indicateurs de bonne gouvernance, de la restauration de la légalité du contrôle juridictionnel des res- sources et des emplois des fonds et des biens de l’Etat.

exigeant. Le jugement des comptes nécessite en effet l’exa- men attentif et méthodique d’un nombre élevé de pièces (pro- duites à l’appui du compte), l’analyse détaillée de la

comptabilité, le déplacement auprès de l’organisme (pour un contrôle sur place) et conduit, le cas échéant, à la mise au jour d’un contentieux (mise en débet, déclaration de gestion de

fait

l’issue du contrôle trouvant sa conclusion dans un arrêt

respectant strictement un ensemble de procédures spéci- fiques.

),

Si l’Etat ne peut exercer ses activités sans finances et que les finances ne peuvent être gérées sans contrôle, ce contrôle ne portera ses fruits, et tous ses fruits que lorsqu’il est mené par une Institution Supérieure de Contrôle (ISC) indépendante des pouvoirs Exécutif et Lé- gislatif et jouissant d’une autonomie aux plans budgétaire et institutionnel pour donner quitus aux bons gestionnaires et sanctionner les mauvais pour leur forfaiture.

A cet égard, il convient de rappeler que la directive

n°02/2000/CM/UEMOA du 29 juin 2000 portant adoption du Code de Transparence dans la gestion des finances publiques

au sein de l’UEMOA dispose que « les Etats membres de-

vront créer des cours des comptes autonomes au plus

tard le 31 décembre 2002 » et qu’à ce jour, seuls deux pays

de la sous-région UEMOA, dont le Mali n’ont pas encore créé

leur cour de comptes.

La Cour des comptes du Mali serait une victoire du dialogue,

et du droit.

Nulle prétention de se substituer au tribunal de l’histoire. Je ne vois qu’un pays, notre pays, notre Mali, qui lance un appel au secours à son premier magistrat Aucune nation aussi riche soit-elle ne peut supporter et accepter le gaspillage et la dilapidation de ses ressources. La démoralisation et la frustration causées par le manque de rigueur, de contrôle et de sanction sont des menaces pour l’ordre social.

Une nation qui refuse de compter, ou de se donner les moyens de bien compter, est condamnée à mettre la clé sous le paillasson.

JE VOUS REMERCIE.

LA PROBLEMATIQUE DE LA DELIMITATION DES DOMAINES DE COMPETENCES DES JUGES EN MATIERE DE CONTENTIEUX

LA PROBLEMATIQUE DE LA DELIMITATION DES DOMAINES DE COMPETENCES DES JUGES EN MATIERE DE CONTENTIEUX DOMANIAL ET FONCIER

INTRODUCTION

Le contentieux domanial et foncier est un contentieux com- plexe parce qu’il comporte des acteurs différents ( publics ou privés, associatifs ou communautaires ) ayant des logiques parfois différentes ( logique étatique faisant du CDF un instru- ment juridique et surtout de développement économique et la logique paysanne faisant de la terre une propriété divine dont nul ne peut s’arroger le droit de propriété : « la terre appartient à ceux qui sont morts, à ceux qui vivent et aux générations fu- tures… »), et évoluant dans un champ d’intervention au régime juridique diversifié ( domaine public ou privé de l’Etat et des Collectivités, domaine des particuliers ).

Le foncier fait référence à la terre mais aussi à l’ensemble de ses dépendances (eau, mines, forêts …). Il désigne en même temps le rapport qui lie l’homme (entendu comme individu, so- ciété, formation économique et sociale) à la terre mais aussi les relations nées entre les hommes du fait de ce rapport. C’est pourquoi le foncier est « globalisant » car comportant des as- pects sociologiques, économiques, juridiques, politiques et historiques.

Aussi n’est-il pas étonnant de constater que plusieurs textes régissent la matière au nombre desquels nous citerons :

La loi n°02-008 du 12 Février 2002 portant modification et ratification de l‘0rdonnance n°00-27/P-RM du 22 Mars 2000 portant Code domanial et Foncier et ses décrets d’application ( décret n°01-040 /P-RM du 02 février 2001 déterminant les formes et conditions d’attribution des ter- rains du domaine privé immobilier de l’Etat ; décret n°01- 041 /P-RM du 2 février 2001 fixant les modalités d’attribution du permis d’occuper ; décret n°02-111/P-RM du 6 mars 2002 déterminant les formes et les conditions de gestion des terrains des domaines publics immobiliers de l’Etat et des Collectivités Territoriales ; décret n°02-113 /P-RM du 6 mars 2002 fixant les modalités d’organisation et de confection du cadastre ; décret n°02 –114/P-RM du 6 mars 2002 portant fixation des prix de cession et des re- devances de terrains urbains et ruraux du domaine privé de l’Etat, à usage commercial, industriel, artisanal, de bu- reau, d’habitation ou autres et le décret n°02-115 /P-RM du 6mars 2002 portant fixation des barèmes généraux de base des prix de cession, des redevances des terrains ru- raux appartenant à l’Etat et détermination de la procédure d’estimation des barèmes spécifiques ;

Les lois de gestion des ressources naturelles ( loi n°95- 003 du 18 janvier 1995 portant organisation de l’exploita-

Oumar SENOU Magistrat Cour Suprême
Oumar SENOU
Magistrat Cour Suprême

tion du transport et du commerce du bois ; loi n°95-004 du 18 janvier 1995 fixant les conditions de gestion des res- sources forestières, loi-31 du 20 mars 1995 fixant les conditions de la faune sauvage et de son habitat, loi n°95- 032 du 20 mars 1995 fixant les conditions de la pêche et de la pisciculture) et leurs textes d’application ;

La loi n°96-050 du 16 Octobre 1996 portant principes de constitution et de gestion du domaine des Collectivités Territoriales ;

La loi n°01-004 du 27 février 2001 portant Charte Pasto rale en République du Mali ;

La loi n°02-006 du 31 janvier 2002 portant Code de l’Eau.

La présente communication sera essentiellement axée sur la délimitation des compétences entre les différents juges impli- qués dans la gestion du contentieux domanial et foncier. Aussi une large place sera réservée à l’analyse de la loi n°02-008 du 12 Février 2002 portant Code domanial et Foncier. Toutefois les autres textes ne seront pas écartés. Ils seront examinés par rapport au domaine de compétences des juges concernés.

I.
I.

CARACTERISTIQUES ET INNOVATIONS DU CODE DOMANIAL ET FONCIER DE 2002 :

Le Code domanial et foncier de 1986 comportait de nom- breuses lacunes et insuffisances parmi lesquelles la main mise de l’Etat sur les ressources, la non prise en compte des diver- sités et spécificités locales ; la non participation des popula- tions à sa conception et la déresponsabilisation des populations dans la gestion des ressources de leur terroir.

Le Code domanial et foncier de 2002 en tentant à corriger cer- taines faiblesses du CDF 86 revêt trois caractéristiques prin- cipales :

• La réaffirmation du principe de la domanialité publique ;

• Une procédure plus souple d’accès au titre foncier ;

• Une gestion juridique « dualiste ou bipartite » du conten- tieux foncier.

Par rapport au Code domanial de 1986, celui de 2002 com- porte un certain nombre d’innovations :

- La reconnaissance des droits coutumiers exercés collec- tivement ou individuellement sur les terres : ces droits cou- tumiers peuvent être constatés et donner lieu à la déli- vrance d’un titre ;

- la définition du domaine mobilier et immobilier des Collec- tivités Territoriales ;

- L’implication et la responsabilisation des élus locaux dans la délivrance des permis d’occuper qui peuvent être l’objet de gage ;

- L’institution d’un cadastre au niveau des Collectivités Terri- toriales.

Quels place, compétences et rôle ont été réservés aux juges par le CDF 2002 ?

II. REPARTITION LEGALES DES COMPETENCES ENTRE LES JUGES IMPLIQUES DANS LA GESTION DU CONTENTIEUX FONCIER

Le Code domanial et Foncier de 2002 consacre la division du domaine national en domaine public et domaine privé. La conséquence logique de cette distinction eut été de soumettre la gestion du contentieux du domaine privé à la compétence du juge judiciaire et celle du domaine public à la compétence du juge administratif. Mais le législateur malien n’a pas institué au profit de chaque type de domanialité un bloc de compé- tences. Cette particularité rapproche le contentieux du CDF du contentieux électoral (contentieux des élections commu- nales) dans lequel trois juges sont impliqués : le juge civil, le juge pénal et le juge administratif.

1. En matière de domanialité privée :

1.1. En matière de concession rurale ou urbaine :

Article 34 CDF 2002 : « la concession rurale consiste dans le droit accordé par la puissance publique, le concédant, à une personne appelée concessionnaire de jouir à titre provisoire, de l’usage d’un terrain pour le mettre en valeur selon les condi- tions prévues dans l’acte de concession et le cahier des charges annexé ».

Toutes les contestations relatives à l’acte de concession sont de la compétence de la juridiction administrative.

Les contestations entre le concessionnaire et le tiers en dehors de toute intervention de l’Administration ressortent de la com- pétence du juge judiciaire selon l’article 69 du décret n°01- 040 /P-RM du 02 février 2001 déterminant les formes et

conditions d’attribution des terrains du domaine privé immo- bilier de l’Etat.

Arrêt :

• N° 1 du 30 Mai 1991 de la section administrative de la Cour Suprême, Bouna Gamby C/ Décision n°171 /CKTI du 20 Novembre 1989 Commandant de Cercle de

Kati : compétence de l’autorité administrative à prendre un acte de concession sur une superficie s’étendant jusqu’à

10 ha

1.2. En matière de permis d’occuper :

Article 60 CDF 2002 : « le permis d’occuper est un acte admi- nistratif qui confère au titulaire un droit d’usage et d’habitation sur un terrain à l’exclusion de tout droit de propriété, à charge pour l’attributaire de mettre le terrain en valeur selon les condi- tions prévues dans l’acte et dans le cahier des charges éven- tuellement annexé ».

Toutes les contestations relatives au permis d’occuper sont de la compétence du juge administratif.

Exception : l’appréciation de la mise en gage sur le permis d’occuper est de l compétence du juge judiciaire. Article 63 Ordonnance n°00-027 / P-RM du 22 mars 2000 portant Code domanial et foncier.

Arrêts :

N°18 du 13 Juin 1991 Moussa Guindo C/Arrêtés n°81 et

82 /DB du 1 er Décembre 1986 du Gouverneur du District

de Bamako : annulation des arrêtés querellés pour violation de l’autorité de la chose jugée

de Bamako : annulation des arrêtés querellés pour violation de l’autorité de la chose jugée (jugement d’hérédité devenu définitif) ;

• N° 60 du 7 Novembre 1991 Emile Clément Poncet contre Décision n°101 du Maire de Kati : retrait illégal du permis d’occuper, annulation

Article 10 CDF 2002 : « En cas de doute ou de contestation du domaine public ou l’étendue des servitudes établies ( pas- sage, survol, implantation, appui, circulation…) en vertu du présent article, il est statué par décision du Ministre chargé des Domaines, sauf recours devant le tribunal administratif compétent ». Compétence exclusive du juge administratif.

1.3. En matière de droits coutumiers :

Article 43 CDF 2000 : « les droits coutumiers exercés collec- tivement et individuellement sur les terres non immatriculées sont confirmés ». Les contestations relatives aux droits coutumiers relèvent du juge judiciaire. Il s’agit des terres non immatriculées faisant partie du domaine privé de l’Etat et des Collectivités territo- riales.

Il importe de souligner que le législateur a consacré la com- pétence exclusive du juge judiciaire dans la gestion du conten- tieux des droits coutumiers en allant jusqu’à confier au tribunal civil l’appréciation des décisions prises par la commission chargée de la constatation des droits coutumiers et de la dé- livrance de titre.

Arrêts :

• N°4 du 30 Mai 1991 Faroukou Amadou Sangaré C/déci- sion n°003 du 10 août 1989 du Chef d’Arrondissement Central de Niafunké : incompétence de l’autorité adminis- trative à résoudre une contestation relevant du droit cou- tumier foncier ;

• N°54 du 7 Novembre 1991 Albakaye Kounta C/ Décision n°26 /CPET-90 du 8 février 1990 du Maire de Tombouctou :

en l’absence de titre afférent au lieu litigieux, il y a lieu de considérer que ceux ci se trouvent sous l’empire d’un ré- gime de droit foncier coutumier. En décidant dans une ma- tière réservée par la loi au juge judiciaire, le Maire de Tombouctou a violé l’ordre légal des compétences et sa décision mérite en conséquence la censure de la Cour.

• N°45 du 3 Octobre 1991 N’Golo Sangaré C/ Décision n° 32 du Commandant de Cercle de Diola : retrait de champ, annulation des droits acquis, incompétence de l’autorité administrative ;

• N°01 du 16 Janvier 1990 Bakary Tandia C/ Décision n°62/CY du 18 Décembre 1985 du Commandant de Cercle de Yélimané : décision fixant le régime des terres de cul- ture ; respect chose jugée ; rejet du recours

2. En matière de domanialité publique :

2.1. Par rapport à la délimitation du domaine public :

2.2. Par rapport à l’occupation du domaine public :

Ici il convient de faire la distinction entre l’occupation indue du domaine publique et l’occupation contractuelle du domaine public.

• L’occupation indue du domaine public : compétence de principe du juge judiciaire .Les atteintes au domaine public relèvent du juge judiciaire : Article 25 alinéa 2 CDF 2002

« Les infractions à ces règles constituent des contraven-

tions. Elles sont passibles d’une amende de 3000f à 18.000f et d’un emprisonnement de 1 à 10 jours ou de l’une de ces deux peines seulement, le tout sans préjudice de la réparation des dommages causés ou de la démoli- tion, aux frais du contrevenant, des ouvrages indûment établis sur le domaine public et dans les zones de servi- tudes ou de l’exécution également à ses frais des travaux prescrits ».

• L’occupation contractuelle du domaine public : Article 22 CDF 2000 : « Les occupations du domaine public peu- vent correspondre :

- à un besoin individuel tels que chemin d’accès au cours d’eau, appointements pour extraction de pierre ou de sable, petites installations commerciales telles qu’échoppes, kiosques, abri ;

- à un besoin d’ordre collectif ou général tels appointe- ments en d’un service public, entrepôts, occupation par une commune ou un établissement public , sta- tions service .

Dans le premier cas le droit d’occupation est strictement limité aux besoins indiqués et essentiellement révocables à la pre- mière réquisition pour tout motif d’intérêt public. Aucune condition de durée ne peut en conséquence être stipulée.

Dans le deuxième cas, la forme du bail renouvelable peut être adoptée sous réserve d’une résiliation toujours possible de la part de l’Administration après un préavis de 6 mois ».

Lorsque le contrat d’occupation porte sur l’exécution d’un ser- vice public, le contentieux de ce contrat est administratif et la compétence relève donc du juge administratif.

3. -
3.
-

Dans le contentieux de l’expropriation pour cause d’utilité publique :

les pasteurs résidents de la collectivité pour les points en buse de ciment non privés de son territoire.

Le contentieux de l’expropriation pour cause d’utilité publique est judiciaire :

Article 225 CDF 2000 : « l’expropriation pour cause d’utilité publique s’opère par autorité de justice. Nul ne peut être ex- proprié si ce n’est pour cause d’utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité ».

Article 239 CDF 2000 : « le tribunal de première instance ou la justice de paix à compétence étendue, dans la circonscription duquel se trouve les immeubles objet de la procédure d’ex- propriation, est seul compétent pour prononcer l’expropriation dont il est question à l’article précédent et pour fixer en même temps le montant de l’indemnité ».

Cependant, le contentieux des actes concernant les phases administratives de l’expropriation (l’acte déclaratif d’utilité pu- blique, l’arrêté de cessibilité, les actes autorisant les travaux d’utilité publique qui sont projetés, décrets…) relève de la compétence du juge administratif.

CF : Arrêt rendu en2004Joseph Francis C/ Décret du Prési- dent de la République et Archevêché de Bamako

4. Dans le contentieux pastoral :

• les droits d’usage exclusifs se limitent aux pistes pasto- rales qui font partie du domaine public de l’Etat ou de celui des collectivités territoriales. Ils sont inaliénables, impres- criptibles et insaisissables.

D’un point de vue contentieux, le principe en la matière est que les actes administratifs de gestion des pâturages (actes régle- mentaires ou non réglementaires) ressortent de l’appréciation du juge administratif tandis que les contestations portant sur l’exercice des droits d’usage pastoraux relèvent du juge judi- ciaire.

L’une des innovations de la Charte Pastorale réside dans le concept de mise en valeur pastorale. La mise en valeur pas- torale est conçue non pas comme une maîtrise exclusive sur la terre elle même – car celle-ci peut être appropriée par d’au- tres à savoir l’Etat ou les collectivités territoriales – mais comme une sorte de « servitude de pâturage » instituée au profit des pasteurs. Ainsi, les pasteurs ne pourront être dépos- sédés de leurs droits d’usage que pour cause d’utilité publique et moyennant une indemnisation préalable qui ressort de la compétence du juge judiciaire.

Les droits d’usage pastoraux sont reconnus et garantis par la mise en valeur pastorale dont les conditions d’application de- vront être précisées par un texte réglementaire.

Dans la loi n°01-004 du 27 février 2001 coexistent trois (3) de droit :

• les droits d’accès libre qui ne donnent lieu à la perception d’aucune taxe et redevances s’exercent sur :

- les terres salées ;

- les plaines à fonio après ramassage des graines (à par- tir d’une date fixée d’un commun accord avec les com- munautés usagers ;

- les points d’eau naturel non aménagés (rivières, fleuves, mares et lacs).

• les droits prioritaires faire l’objet d’une perception de taxe ou de redevance par les collectivités territoriales. Ils portent sur :

- la communauté détentrice de droits coutumiers sur une bourgoutière communautaire ;

- les animaux de la collectivité territoriale par un champ ouvert après la récolte ;

- les pasteurs résidant sur le territoire de la collectivité pour les points d’eau naturels aménagés comme point d’eau pastoraux ;

Les pistes pastorales, définies par consensus entre les diffé- rents acteurs, seront classées et feront partie du domaine pu- blic, jouissant ainsi d’une plus grande protection juridique. La Charte prévoit également un ensemble de servitudes assurant l’accès aux points d’eau naturels, et ce afin d’éviter les dégâts et prévenir les conflits.

5. Dans le contentieux de la gestion des ressources naturelles :

• Loi n°95-003 portant organisation de l’exploitation, du transport et du commerce du bois : Article 13 : « les règles d’approvisionnement et de fonctionnement des marchés ruraux de bois sont définies par voie réglementaire ». L’ap- préciation de la légalité de ce règlement incombe au juge administratif ainsi que l’arrêté du Ministre chargé des forêts fixant la quantité de bois-énergie destinée à l’autoconsom- mation. Les articles 23 et 24 définissent les infractions et leurs pénalités (domaine de compétence du juge pénal).

• Loi n°95-004 fixant les conditions de gestion des res- sources forestières : la légalité des titres d’exploitation dé- livrés par l’autorité administrative revient au juge adminis- tratif. Les articles 75 à 90 déterminent les infractions et les pénalités.

• Contentieux relatif au permis d’occuper ; •
Contentieux relatif au permis d’occuper ;

6. Dans le contentieux de la gestion de l’eau :

Selon la loi n°02-006 du 31 janvier 2002 portant Code de l’Eau, l’eau est un bien relevant du domaine public. Son usage ap- partient à tous pourvu qu’il ne soit pas contraire à l’intérêt pu- blic.

Contentieux relatif à l’expropriation pour cause d’utilité pu- blique (phase administrative)

Contentieux de l’acte administratif de cession du Titre fon- cier.

DU JUGE CIVIL :

L’eau ne peut faire l’objet d’appropriation privative que dans les conditions fixées par les dispositions en vigueur et dans les respects des droits coutumiers reconnus aux populations rurales.

Ce faisant, il ressort de l’analyse du contenu de la loi précitée que l’examen des règlements administratifs de gestion des eaux incombe au juge administratifs tandis que l’appréciation des droits coutumiers reconnus ressort de la compétence du juge judiciaire. Les articles 72, 73, 74 et 75 fixent les peines encourues.

RECAPITULATIF COMPETENCES :

DES

DOMAINES

DE

Contentieux relatif aux litiges entre concessionnaire et les tiers en dehors de toute intervention de la puissance pu- blique

Cas spécifique de l’Office du Niger Décret n°89/090/PR- RM du 29 mars 1989 en son article 33.

Contentieux de l’expropriation pour cause d’utilité publique (fixation de l’indemnité)

Contentieux de la résiliation de gage sur permis d’occuper ou concession rurale

Contentieux de la location des terrains domaniaux

Contentieux des litiges fonciers coutumiers

Contentieux de la procédure d’indemnisation (les opposi- tions)

DU JUGE PENAL :

DU JUGE ADMINISTRATIF :

Contentieux relatif aux servitudes dans le domaine public

Contentieux relatif à l’occupation du domaine public par les particuliers ;

Contentieux relatif à la reprise, réduction ou retrait de concession ;

Les atteintes au domaine public (contraventions) Mesures contre le Conservateur des Domaines

Sanctions contre les particuliers

Sanctions contre le stellionataire et l’Officier ministériel complice

Infractions relatives à l’exploitation du bois, à la pêche, à la flore et à la faune, des mines et de l’eau.

III. ANALYSE D’EVENTUELLES CONTRARIETES :

En principe la répartition légale des compétences entre diffé- rents juges impliqués dans la gestion du contentieux domanial et foncier ne pose pas de problème particulier. Aussi toutes les fois qu’un juge se trouve face à une question préjudicielle, il renvoie la dite question devant le juge compétent.

Ce faisant lorsque que le juge administratif en matière d’excès de pouvoir doit apprécier la légalité d’un acte administratif fai- sant grief relatif à l’appréciation d’une concession rurale sur laquelle se trouve précédemment grevé un bail emphytéotique objet de contestation, il doit surseoir à statuer et renvoyer la question préjudicielle devant le juge compétent. A contrario, lorsqu’en matière de contestation de droits fonciers coutu- miers sur lesquels se trouve établi un permis d’occuper objet de contestation, le juge civil doit renvoyer la question préjudi- cielle devant le tribunal administratif, juridiction compétente pour apprécier la légalité du permis querellé. Théoriquement, il ne saurait exister un quelconque chevauchement de com- pétences entre les juges lorsque par le biais du déclinatoire de compétence ils s’en réfèrent au juge compétent.

La réalité contentieuse est encore plus complexe et peut être source souvent des contrariétés de jugements.

L’article 31 du Décret n°01-040/P-RM du 02 février 2001 dé- terminant les formes et conditions d’attribution des terrains du domaine privé immobilier de l’Etat relatif à la cession du titre foncier dispose : « Le contrat de cession est établi en la forme, soit d’un acte administratif, soit d’un acte notarié, signé par les parties, le Directeur National des Domaines ou son repré- sentant agissant au nom de l’Etat ».

L’analyse de cette disposition atteste que la forme du contrat détermine le juge compétent : l’acte administratif détermine la compétence du juge administratif tandis l’acte notarié établit celle du juge civil.

Dans le prétoire, il arrive que le même contrat soit établi sous la forme d’acte administratif et sous la forme d’acte notarié en fonction des difficultés contentieuses rencontrées par les par- ties.

Supposons qu’en vidant sa saisine le juge administratif annule l’acte administratif de cession du titre

Supposons qu’en vidant sa saisine le juge administratif annule l’acte administratif de cession du titre foncier et que dans l’ap- préciation de l’acte notarié le juge civil confirme la validité du contrat de cession. Certes les moyens soulevés devant le juge administratif ne sont pas les mêmes que ceux soulevés devant le juge civil. Cependant, manifestement ces deux jugements crées une contrariété pour laquelle les sections réunies (tribu- nal des conflits ) doivent apporter des éléments de réponse .

En réalité il s’agit de difficultés post contentieuses qui pou- vaient être évitées si l’article 33 optait pour une seule forme d’établissement du contrat de cession. En l’absence dans le contrat de mission de service public ou de clauses exorbi- tantes de droit commun, il aurait été judicieux de confier ex- clusivement l’examen de ce contentieux au juge judiciaire afin d’écarter toute possibilité de contrariété de jugement.

CONCLUSION

Au terme de la présente communication, il convient de mettre l’accent sur la nécessaire et indispensable concertation entre les trois juges impliqués dans le contentieux domanial et fon- cier. Cette concertation-communication est d’autant plus né-

Cette concertation permettra aux « différents » juges de mieux se connaître et de produire des jugements de qualité dans une société dans laquelle l’institution judiciaire est fortement inter- pellée.

cessaire qu’elle permettra d’harmoniser la jurisprudence au sein de chaque ordre juridictionnel tout en tenant en veille la

Oumar Senou

cohérence de l’ensemble des décisions de justice. Cette concertation ne doit pas se cantonner au seul contentieux do- manial et foncier. Elle doit aussi s’étendre au contentieux des élections communales dans lequel les trois juges sont impli- qués.

Magistrat

CONTRIBUTION DE ME AHMADOU TOURE, NOTAIRE À BAMAKO PRÉSIDENT HONORAIRE DE LA CHAMBRE NATIONALE DES

CONTRIBUTION DE ME AHMADOU TOURE, NOTAIRE À BAMAKO PRÉSIDENT HONORAIRE DE LA CHAMBRE NATIONALE DES NOTAIRES DU MALI, DOCTEUR EN DROIT DES AFFAIRES ET DROIT ÉCONOMIQUE DE L’UNIVERSITÉ DE PARIS XIII (FRANCE)

LE NOTAIRE AU SERVICE DE LA SECURITE JURIDIQUE

INTRODUCTION

Le service public a pour élément essentiel la notion d’intérêt général qu’il a pour but de satisfaire. Le notaire fait partie du service public que rend la justice. Il répond à cette nécessité de sécurité juridique, par sa qualité de tiers désintéressé dont ont besoin les co-contractants. L’Etat ne peut assurer cet équi- libre parce qu’il ne saurait être juge et partie et l’acte adminis- tratif par son caractère unilatéral est là pour nous le rappeler.

L’authenticité quant à elle, est une notion qui renvoie à la qua- lité de délégataire de la puissance publique, même si certains préfèrent parler de délégataire du sceau de l’Etat et donc la détention d’une parcelle de l’autorité de l’Etat (Problème de la distinction entre le mandat qui est révocable et celui du notaire qui ne l’est pas).

Et, c’est sous Napoléon Bonaparte que s’opéra, lors de la co- dification du code civil à travers la Loi du 25 ventose An XI, la distinction entre la juridiction volontaire représentée par les no- taires et la juridiction contentieuse représentée par les magis- trats en ces termes, telle que rédigée par le Conseiller REAL rapporteur de la loi :

“ A côté des fonctionnaires qui concilient et qui jugent les dif- férends, la tranquillité publique appelle d’autres fonctionnaires qui, conseils désintéressés des parties aussi bien que rédac- teurs impartiaux de leurs volontés, leur fassent connaître toute l’étendue des obligations qu’elles contractent, rédigeant ces engagements avec clarté, leur donnant le caractère d’un acte authentique et la force d’un jugement en dernier ressort, per- pétrant leur souvenir et conservant leur dépôt avec fidélité, empêchent les différends de naître entre les hommes de bonne foi, et enlèvent aux hommes cupides, avec l’espoir de succès, l’envie d’une injuste contestation.

Ces conseils désintéressés, ces rédacteurs impartiaux, cette espèce de juges volontaires qui obligent irrévocablement les parties contractuelles sont les notaires : cette institution est le notariat… ”

Le notaire est à la fois cet officier public qui confère le carac- tère authentique avec force exécutoire aux conventions libre- ment arrêtées entre les parties tel que le définit le Conseiller REAL et un officier ministériel, titulaire de charge et auxiliaire

Maître Ahmadou Touré Notaire
Maître Ahmadou Touré
Notaire

de justice auquel la décision du juge a recours pour être effi- cace.

Au Mali, la profession est actuellement régie par la loi 96/023 du 21 février 1996 portant statut des Notaires, au terme d’une évolution législative qui date de 1979. En effet c’est l’ordon- nance 79/16 CMLN qui porte pour la première fois statut des notaires en République du Mali, ce qui prouve que c’est l’une des professions juridiques et judiciaires les plus récentes.

Tous les textes se rapportant à la profession de notaire au Mali, reconnaissent au notaire sa double qualité d’officier public et ministériel.

Examinons d’abord le service public notarial, pour mieux com- prendre ensuite, la sécurité juridique qu’apporte l’authenticité.

I. LE SERVICE PUBLIC NOTARIAL
I. LE SERVICE PUBLIC NOTARIAL

1. Le service rendu par le notaire est un service public

Le notaire n’exerce pas seulement une profession libérale, il est revêtu aussi de la qualité d’officier public. C’est pourquoi, de par son statut, il est principalement placé sous le contrôle de son ministère de tutelle qui est celui de la justice, même si le ministère chargé des finances assure également un contrôle sur les aspects liés aux répertoires et droits d’enregistrement. En effet, la nomination du notaire dépend du ministère de la justice. Mais le service public rendu par le notaire ne peut être assuré par l’Etat, lequel a vocation surtout d’assurer l’ordre ju- ridique sans considération des intérêts particuliers des indivi- dus et sans recherche d’un quelconque équilibre entre eux.

Le notaire est donc ce délégataire impartial et compétent qui va jouer pour le compte de l’Etat, ces missions et obligations :

- d’information, parce qu’il connaît la règle de droit, en ex- plique la portée et place ainsi les parties dans un rapport d’égalité,

- de prévention parce qu’il intervient a priori pour expliquer, conseiller sur les conséquences des actes, leurs avantages et leurs inconvénients, en somme avant toute manifesta- tion de volonté,

- d’engagement parce qu’en apposant sa signature à côté de celle des parties, le notaire constatant l’accord de vo- lonté des parties, engage sa responsabilité à leur égard,

- d’obligation de prêter son ministère lorsqu’il en est régu- lièrement requis,

- de garder le secret des actes qu’il reçoit et des conseils qu’il donne,

- et enfin de conserver une indépendance personnelle dans le traitement des affaires dont il est saisi et ce, tant à l’égard des parties que de l’Etat.

Il est souhaitable que le notaire soit appuyé par les pouvoirs publics et que son intervention soit reconnue comme étant bé- néfique par l’administration notamment celle de la justice et celle fiscale. En effet, l’intervention du notaire dans le contrat est facteur de paix sociale contrairement au système de la Common Law où le contrat peut devenir un champ de bataille pour les parties. La particularité du notaire est qu’il s’emploie à ne pas laisser le contrat qu’il reçoit glisser vers le contentieux parce que justement contraire à son éthique.

De même, le notaire par la collecte des impôts qu’il assure à travers l’enregistrement de ses actes, joue un rôle non négli- geable dans l’apport de trésorerie à l’Etat (droits d’enregistre- ment, de conservation foncière, droit de gage sur Permis d’Occuper, nantissements à publier au registre du commerce et du crédit mobilier).

Le notaire assume quotidiennement son rôle d’arbitre. Ce rôle est accentué par l’oralité de nos cultures africaines. L’interven-

tion du notaire permet d’aplanir les difficultés nées de l’appli- cation des conventions en raison de la confiance qu’il inspire.

Mal employé, le contrat peut être cause d’un autre mal et en- gendrer des déséquilibres sociaux, car le faible est vite victime du fort, l’ignorant de celui qui sait.

Laisser le contrat glisser vers le contentieux, c’est virtuellement accepter de faire d’un accord initial un motif de mésentente. Cette position est contraire à l’éthique du notariat.

De la mission de service public, confiée aux notaires par les pouvoirs publics, découlent un ensemble de principes parti- culiers, la plupart spécifiques au notariat et qui constituent son code d’honneur.

Le notaire doit à sa clientèle sa conscience professionnelle, par égards, l’équité, la probité et l’information la plus complète. L’intérêt du client prime toujours sur le sien. Le notaire doit choisir les moyens les plus appropriés de l’éthique notariale que l’on pourrait par une commodité de langage dénommer “ l’éthique externe ” qui concerne la mission conférée aux no- taires dans la société dont voici quelques unes des spécifici- tés : la vérité, la discrétion, la loyauté ”.

A cette “ éthique externe ”, se juxtapose une “ éthique in-

terne ”, concernant les rapports des notaires entre eux. Elle se situe sur un terrain différent, car devant prendre en compte des paramètres spécifiques : nécessités opposées de respecter la notion de service public, mais aussi celle de concurrence. Né- cessité du strict respect de l’obligation à instrumenter, lorsque les actes ne sont pas rentables, mais aussi obligation de faire en sorte que la gestion de l’office notarial soit équilibrée.

Pour assurer la garantie de cette éthique, le Notaire est soumis

à une discipline susceptible de sanctions en cas de manque-

ment. Conformément à la loi 96/023 du 21 février 1996 portant

statut des Notaires :

Article 39 : “ Les sanctions disciplinaires sont :

1.le rappel à l’ordre ;

2. la réprimande ;

3. la défense de récidive ;

4. l’interdiction temporaire qui ne peut excéder douze mois ;

5. la destitution ”.

Et l’article 40 ajoute que : “ La Chambre Nationale des No- taires, soit d’office, soit sur saisine du Ministre chargé de la justice, statue en conseil de discipline.

Le rappel à l’ordre et la réprimande sont prononcés par le bu- reau de la Chambre des Notaires. Les autres sanctions sont prononcées par la Cour d’Appel saisie soit par la Chambre des Notaires, soit par le Ministre chargé de la Justice. Dans tous les cas, le notaire mis en cause doit :

- avoir la possibilité de préparer sa défense en ayant accès à son dossier ;
- avoir la possibilité de préparer sa défense en ayant accès
à son dossier ;
-

- pouvoir fournir toutes explications ou mémoires qu’il juge utiles ;

- et se faire assister d’un avocat ou d’un autre collègue à cet effet.

L’arrêt de la Cour portant sanction est notifié au Ministre chargé de la Justice pour ce qui lui appartiendra.

Les motivations d’ordre économique, pour les actes occa- sionnant l’enrichissement d’une des parties; dans ces hy- pothèses les tarifs sont d’un niveau plus élevé (société, vente immobilière notamment).

Il convient par suite, d’organiser le strict respect de ce méca-

nisme, car la tentation est très forte, à l’occasion d’affaires ex- ceptionnelles, d’exercer des pressions et d’organiser un dumping facilité par les disparités d’influence, au préjudice de l’entier service public.

La décision de destitution est prononcée par décret pris en conseil des Ministres. ”

2. Le tarif légal corollaire du service public notarial.

Le tarif des notaires au Mali est fixé par le décret numéro 07- 205/P-RM du 22 juin 2007. On peut légitimement poser la question de savoir pour quelle raison, le service notarié doit être tarifé.

Le service public a un coût, et ce coût doit être uniformisé, à l’identique de celui du coût de mutation d’un titre foncier ou de la carte nationale d’identité, au nom de l’intérêt général.

Il convient par ailleurs, de veiller strictement à ce que le tarif

soit respecté, de sorte que la concurrence entre les différentes études de notaires, se fasse plus par l’excellence de la pres-

tation que par des remises, ristournes et autres manœuvres de rabattage de clientèle, strictement interdites, puisque constitutives de concurrence déloyale.

Parce qu’il s’agit d’un service public, il est nécessaire que ce service soit tarifé.

D’abord parce que le tarif légal obligatoire organise une contri- bution proportionnelle de chacun des usagers, en proportion du niveau de la transaction, les plus importantes subvention- nant, par voie de conséquence, les plus modestes et permet- tent, de ce fait, aux couches sociales les plus défavorisées, d’accéder au service public, pour un coût à leur portée, parce que subventionné par les plus grosses transactions.

Dans cette perception, l’émolument d’un acte ne rémunère pas simplement la prestation instantanée, mais le service public dans son entier.

Deux motivations justifient la politique des tarifs en matière no- tariale :

- Les motivations d’ordre social, pour les actes à contenu social (droit des personnes et familles); dans ces hypo- thèses les tarifs ont été étudiés à la baisse.

A cet égard, il est curieux d’entendre des commentaires sur la

cherté des prestations de tel notaire ou la modicité de celles

de tel autre. En fait, le tarif fixé par voie règlementaire fait que

le coût de l’acte notarié est le même chez tout notaire. L’ordre

de notaires doit veiller par une déontologie et une éthique sans faille, à ce que ce tarif soit correctement appliqué pour ne pas discréditer la qualité des actes et clochardiser la profession.

Le client est en droit de connaître le coût de son acte avant même de venir chez le notaire de son choix car autant le tarif est légal, autant les droits d’enregistrement et de formalités sont fixés par le code général des impôts.

Mais il faut aussi souligner que les honoraires réglés chez le notaire comprennent non seulement le tarif des émoluments, c’est à dire le prix du service notarial, mais aussi, les frais im- pôts et taxes que le notaire est tenu par la loi et les règlements de réclamer aux usagers. Ces frais devant être reversés aux administrations concernées.

La sécurité juridique apportée par le Notaire passe par l’au- thenticité qu’il apporte à ses actes.

II. L’AUTHENTICITE AU SERVICE DU CITOYEN : LA SECURITE JURIDIQUE

L’authenticité consiste d’abord en la recherche de l’exactitude, de ce qui est vrai. Le notaire s’est vu confier par l’Etat, le pou- voir de conférer à des actes d’origine privée, un caractère iden- tique à celui émanant de l’autorité publique : c’est l’authenticité. Cet acte notarié a, relativement aux contrac- tants, la même force qu’une loi de l’Etat, il fait foi en justice et est exécutoire de plein droit sur toute l’étendue du territoire. C’est pourquoi, il apporte la sécurité.

Mais cet acte doit avoir été reçu par des officiers publics ayant

le droit d’instrumenter dans le ressort territorial où l’acte a été

rédigé et avec les solennités requises.

L’authenticité est donc une vertu que la loi confère aux actes notariés.

Trois caractères sont attachés aux actes authentiques :

1ent. La force probante : L’acte authentique bénéficie d’une présomption d’équité et de bonne foi.

1ent. La force probante : L’acte authentique bénéficie d’une présomption d’équité et de bonne foi. Il fait pleine foi de sa date vis-à-vis des parties de leurs ayants cause et même des tiers. Il y a donc une grande sécurité pour les parties qui re- courent à l’acte authentique parce que celui qui y a souscrit ne peut revenir sur sa parole. Chacun est à l’abri de la tentation et est protégé contre la mauvaise foi éventuelle de l’autre. La personne qui produit un acte authentique n’a pas à en prouver l’authenticité, celui qui le conteste ne peut le faire que par l’ins- cription en faux, procédure périlleuse s’il en est pour l’initia- teur.

Il doit être fait mention sur la minute de la délivrance d’une pre- mière grosse délivrée à chacune des parties intéressées.”

Ainsi le créancier dont la créance est certaine liquide et exigi- ble est dispensé d’obtenir une condamnation pour en pour- suivre l’exécution. C’est une économie de temps et d’argent. Il est regrettable de constater que de plus en plus de décisions de justice suspendent en cours d’exécution les actes notariés sans qu’il n’y ait plainte en faux ou même contestation de la créance.

Dans ce cadre, le notaire est tenu d’opérer le contrôle de la lé- galité des actes qu’il reçoit.

En effet, l’encadrement juridique confié à des spécialistes as- sure aux particuliers une garantie de sécurité absolue. Aussi la validité des conventions est soumise au respect de certaines conditions de fonds et de forme que seul le notaire peut contrôler.

Par ailleurs, le Notariat malien s’inquiète de décisions de jus- tice de plus en plus nombreuses écartant l’exécution d’actes notariés pour les motifs qu’il saisit mal en droit. Les banques et établissements financiers sont de plus en plus sceptiques sur l’efficacité réelle des actes notariés régulièrement passés parce qu’écartés par certains magistrats lors des procédures d’exécution forcée. On a pu constater que des décisions de justice écartent des ventes notariées au profit de celles sous signatures privées consenties postérieurement par le même vendeur.

En outre, l’usage notarial impose avant toute opération un exa- men minutieux des dossiers, afin d’élaborer une convention “ inattaquable ”. Le notariat a un statut égal à celui de l’administration et des Tribunaux. En conférant l’authenticité aux actes, le notaire rem- plit une mission d’intérêt public de contrôle de légalité. C’est pourquoi, tous les actes contraires à la loi, à l’ordre public et aux bonnes mœurs lui sont interdits.

Par conséquent, les fonctions du maintien de l’ordre juridique et celles du maintien de la paix sociale sont des éléments es- sentiels qui trouvent leur expression dans celles du notaire.

Comme le signale Monsieur PALLU DE LESSERT dans son ou- vrage sur le Notariat : “ l’authenticité est un rouage nécessaire des relations juridiques des individus pour donner la stabilité aux contrats et en faciliter l’exécution, choses auxquelles la puissance publique est particulièrement attachée ”.

C’est pourquoi, le pouvoir du notaire se base sur l’idée que l’application du droit dans la pratique nécessite sur certains points un encadrement et un soin impartiaux et que les rap- ports entre deux parties soient soutenus et contrôlés par une troisième force, impartiale, en faveur de l’ordre public.

L’administration elle-même n’est pas en reste, elle méconnaît les lois du pays en refusant leur application. Des transactions immobilières sont faites par l’administration en évasion de l’obligation légale de recourir au notaire.

3ent. La garantie de la preuve : Le notaire est le gardien des conventions. Il confère la sécurité par la garde de l’original, dont il a la charge de conserver dépôt. Chez le notaire, la dis- ponibilité de la preuve est permanente et gratuite. Ce service public de la preuve justifierait à lui tout seul que tous les contrats soient revêtus de la forme authentique. Le notaire agissant à la place de l’Etat par délégation instaure la confiance, assure la sécurité juridique et évite à celui-ci d’être atteint. Là également, les tribunaux tendent à rapprocher les actes authentiques de ceux sous seings privés en écartant fa- cilement leur production comme moyen de preuve.

La sécurité juridique des citoyens est renforcée par les recours dont l’acte notarié peut faire l’objet devant les Tribunaux par deux moyens : La procédure d’inscription en faux et l’annula- tion.

a) La procédure d’inscription en faux.

Conseiller et assistant professionnel de l’Etat et des personnes privées, le notaire intervient en amont afin de prévenir les risques de nullités pouvant se révéler ultérieurement et d’éviter ainsi des procès longs et coûteux.

2ent. La force exécutoire : A la différence de l’acte sous seing privé, l’acte authentique peut être exécuté par une simple re- mise de la copie exécutoire à l’agent chargé de l’exécution. Ainsi, l’article 54 de la loi précitée de 1996 portant statut des Notaires précise que “ les grosses seules sont délivrées en forme exécutoire, elles sont intitulées et terminées dans les mêmes termes que les jugements des tribunaux.

Cette procédure est prévue par l’article 271 de la loi 87/37 AN- RM du 29 août 1987 fixant le régime général des obligations. Bien que constituant un frein à la force probante et à la force exécutoire de l’acte notarié, il n’en demeure pas moins qu’elle est complexe et difficile à faire aboutir. La procédure est conduite par un juge d’instruction. Au Mali, les recours judi- ciaires intervenus en la matière, n’ont pas encore été menés à terme.

b) L’annulation de l’acte notarié par les Tribunaux.

L’acte notarié fait foi en justice malgré les allégations opposées des parties et en dépit de la preuve contraire des affirmations.

Cette foi suppose que l’acte ait au moins une apparence ré- gulière. Si des signes

Cette foi suppose que l’acte ait au moins une apparence ré- gulière. Si des signes extérieurs, des vices matériels soit dans la forme, soit dans le texte dénonçaient la fausseté de l’acte de manière si évidente que sa simple inspection suffise pour s’en convaincre, le Tribunal serait autorisé à déclarer l’acte faux et à le rejeter comme tel sans une procédure régulière d’ins- cription de faux.

jours être en adéquation avec le système juridique national. Par conséquent, le notaire ne pourra recevoir des actes conte- nant de dispositions contraires à l’ordre public.

Le notaire a un devoir d’appréciation et de suggestion aussi bien en ce qui concerne la technique juridique utilisée que l’op- portunité et la moralité de l’opération à réaliser.

La foi due à l’acte authentique est divisible. Comme il est re- levé dans le Traité Général du Notariat, “ de même, en effet, que tous les actes passés devant un Officier Public ne perdent pas la foi qui leur est due parce qu’un seul d’entre eux a été reconnu faux, de même les diverses dispositions distinctes d’un même acte n’ont point à souffrir de ce que l’une d’elles ait été déclarée fausse, qu’il y ait simulation des parties ou fausse attestation de l’Officier.

Par exemple, il a été jugé qu’un acte de prêt déclaré faux à rai- son de la majoration frauduleuse par le notaire, du chiffre de l’obligation, n’était frappé de nullité que pour la partie entachée de faux, c’est-à-dire la majoration, mais conservait le caractère d’acte authentique pour la somme formant le montant de l’obligation ”. Comme le prévoit l’article 1320 du Code Civil Français, l’acte fait foi “ même de ce qui n’y est exprimé qu’en termes énon- ciatifs pourvu que l’énonciation ait un rapport direct à la dis- position. Les énonciations étrangères à la disposition ne peuvent servir que de commencement de preuve ”.

Le seul cas où le principe de l’authenticité devrait cesser, c’est lorsque l’acte notarié est déclaré faux.

Dans la pratique cependant, on constate avec regret, que les actes authentiques subissent devant les tribunaux le même sort que celui réservé aux actes sous seings privés.

Les tribunaux ont tendance à ne faire aucune différence entre

les actes notariés et les actes sous seings privés ; ils les an- nulent du point de vue du notariat, assez facilement dès qu’il

y a plainte des justiciables, surtout dans les procès pénaux.

Les Magistrats doivent pourtant se rappeler que les actes no- tariés qu’on leur présente font foi à l’égard de tout le monde y compris eux-mêmes jusqu’à l’inscription en faux.

Le notaire collabore à la construction de la paix dans la cité en tant que “ Juriste du quotidien ”.

Arbitre assermenté, mandataire de l’Etat, sa présence comme un rempart de liberté apparaît au milieu du nœud des intérêts économiques qui se lient chaque jour et milite à écarter les er- reurs, les violations et les dols.

L’intervention du notaire dans le processus de la protection des “ consommateurs ” peut-être perçue dans deux axes de tutelle : la tutelle judiciaire et la tutelle administrative.

La tutelle judiciaire rejoint littéralement ce qui a été évoqué plus haut lorsque le notaire, en conférant l’authenticité de l’acte, procède systématiquement au contrôle de sa légalité afin d’as- surer une sécurité aux relations, un moyen de preuve efficace et un procédé très sûr de conservation.

La tutelle administrative, quant à elle concerne toutes les in- terventions du notaire dans l’estimation des contenus à lui soumis pour authentification, ces interventions trouvant leur fondement dans ses devoirs professionnels.

1. Le devoir d’information, assure au contractant “ profane ” la présence d’un expert qui l’informe des principales obliga- tions qu’il doit assumer en souscrivant la convention.

Le devoir de conseil permet au notaire, soit de proposer l’in- troduction des clauses et des conditions contractuelles aptes à garantir un plus grand équilibre de la convention, soit, rela- tivement aux règles de la loi et à des devoirs, établir des ga- ranties en faveur d’un contractant.

Le devoir de rédiger un acte valide : la validité de l’acte au- thentique suppose que les règles de forme soient scrupuleu- sement respectées.

Par ailleurs, pour l’exécution de ces actes, il arrive que certains Huissiers de Justice demandent en dehors des grosses, qu’il

y ait une ordonnance du Président du Tribunal, avant toute

exécution effective. Cette ordonnance n’est prévue par aucun texte.

L’acte notarié présente par conséquent, l’avantage d’avoir re- lativement au contractant la même force qu’une loi d’Etat, qu’il fait foi en justice et est exécutoire de plein droit.

4ent. La protection du contractant :

La fonction de protection des parties place le notaire de type latin à une place tout à fait particulière au sein de la famille ju- ridique.

En effet, vu le rôle d’Officier Public qu’il exerce, la recevabilité de l’acte et la compatibilité de la solution adoptée devront tou-

CONCLUSION. Il est toujours difficile de conclure. La préoccupation des no- taires du Mali est

CONCLUSION.

Il est toujours difficile de conclure. La préoccupation des no- taires du Mali est de partager avec les juristes maliens, notam- ment les magistrats, une bonne compréhension de leurs missions. Il s’agit dans ce sens, d’examiner les voies les meil- leures à dégager pour renforcer le service public de la preuve qu’apporte le Notariat et par là même renforcer la sécurité ju- ridique qu’est en droit d’en attendre le citoyen malien. Bien sûr, il faut reconnaître que certaines difficultés sont liées aux no- taires eux-mêmes auxquels peuvent échapper certains as- pects juridiques de leurs pratiques professionnelles. Mais il y

a lieu de rassurer sur le fait qu’il y a rarement intention de nuire, l’erreur étant humaine et toute généralisation serait préjudicia- ble d’abord à la famille judiciaire.

Le Notariat malien pour sa part est prêt à contribuer à relever le défi de la sécurité juridique lancé par l’actualité et la de- mande sociale.

Me Ahmadou Touré

CELEBRATION DU CINQUANTENAIRE DU MALI ‘’JOURNEE PORTES OUVERTES’’ SUR LA COUR SUPREME A L’OCCASION DE

CELEBRATION DU CINQUANTENAIRE DU MALI

‘’JOURNEE PORTES OUVERTES’’ SUR LA COUR SUPREME A L’OCCASION DE LA RENTREE JUDICIAIRE 2010 - 2011

COMMUNICATION PRELIMINAIRE SUR LA COUR SUPREME, SES MISSIONS, ATTRIBUTIONS ET SAISINE

Madame le Président de la Cour Suprême ; Monsieur le Vice-président ; Monsieur le Procureur Général ; Madame et Messieurs les Présidents de Section ; Chers collègues ; Mesdames et Messieurs ;

Inespéré, nous l’imaginons, devait être ce jour, pour chacun des individus du charmant public ici présent, d’avoir à décou- vrir, par ses sens libres, pour une fois, de toute contrainte ju- diciaire, cette mystique institution qu’a toujours été la Justice et singulièrement la Cour Suprême qui en est l’icône constitu- tionnelle.

Je crois pouvoir affirmer, sans humour désobligent, que s’il y a, dans notre Pays, une institution mal connue, tant dans son organisation structurale que dans son fonctionnement, même des plus hauts cadres de l’Administration publique à plus forte raison du citoyen lambda, c’est bien la Justice ; elle qui inspire, à la fois, crainte et assurance aux usagers selon leurs motiva- tions personnelles.

Sans qu’il soit besoin de m’étendre sur les multiples raisons souvent avancées de cet état de fait, j’estime que les valeurs d’ouverture, d’échange et de transparence, autrement dit, l’exigence de rendre compte au peuple que tout Etat démo- cratique assigne à ses institutions républicaines, justifient lar-

I. PRESENTATION ET ORGANISATION

En énumérant les institutions de la République, en son titre III consacré à sa conception de la souveraineté de l’Etat, la Constitution du 15 février 1992 - la loi fondamentale de la 3 ème République - cite la Cour Suprême au 4 ème rang de celles-ci, (après le Président de la République, le Gouvernement et l’As- semblée Nationale et avant la Cour Constitutionnelle, la Haute Cour de Justice, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales et le Conseil Economique et Social).

Après avoir proclamé l’indépendance du pouvoir judiciaire des pouvoirs exécutif et législatif, elle dispose, à l’article 81, que le pouvoir judiciaire s’exerce par la Cour Suprême et les autres cours et tribunaux.

par la Cour Suprême et les autres cours et tribunaux. M’Pèrè Diarra Magistrat-Avocat général-Cour
M’Pèrè Diarra Magistrat-Avocat général-Cour Suprême
M’Pèrè Diarra Magistrat-Avocat général-Cour Suprême

M’Pèrè Diarra

Magistrat-Avocat général-Cour Suprême

M’Pèrè Diarra Magistrat-Avocat général-Cour Suprême
M’Pèrè Diarra Magistrat-Avocat général-Cour Suprême

gement la décision du Bureau de la Cour Suprême du Mali, de se prêter à l’organisation de la présente ‘’Journée portes ou- vertes’’ sur l’institution à l’attention du grand public et non plus à celle des seuls justiciables, comme ce fut, jusqu’ici, le cas. Aussi, l’honneur m’échoit-il, par votre grâce, Madame le Pré- sident, de l’entretenir, en prélude de la visite guidée dans les locaux et services, sur la Cour Suprême, sa présentation et son organisation actuelles, ses missions et attributions ainsi que ses modes de saisine.

Ainsi, des dispositions constitutionnelles mêmes, il découle que la Cour Suprême est la plus haute juridiction du Pays ; et cela s’entend tant de l’ordre judiciaire que de l’ordre adminis- tratif.

Par ailleurs, selon la loi n°96-071 du 16 décembre 1996 portant loi organique, en fixant l’organisation, les règles de son fonc- tionnement ainsi que la procédure suivie devant elle, la Cour Suprême est également compétente pour exercer un ultime contrôle sur la gestion des comptes publics, les certifier ou les juger.

Rappelons qu’historiquement la Cour Suprême dont la créa- tion avait été prévue par la Constitution

Rappelons qu’historiquement la Cour Suprême dont la créa- tion avait été prévue par la Constitution du 22 septembre 1960

a été créée pour la première fois par la loi n°61-55/AN-RM du

15 mai 1961 portant organisation judiciaire en République du Mali ; laquelle loi la plaçait déjà au sommet de la pyramide de

tous les ordres judiciaires du Pays. Après avoir fait l’objet de diverses mutations au gré de l’évolution sociopolitique du Pays, notamment à travers la loi n°65-2/AN-RM du 13 mars 1965, les ordonnances n°8/C.M.L.N du 24 décembre 1968 et n°1/C.M.L.N du 5 février 1969, la loi n°90-113 du 20 novembre 1990, la Cour Suprême, dans sa forme actuelle, est, en effet, organisée par cette loi organique n°96-071 du 16 décembre

1996.

Afin de lui permettre de mener convenablement ses missions institutionnelles et juridictionnelles, cette loi l’a structurée en services de la Présidence, Parquet Général, trois sections (ju- diciaire-administrative et des comptes) et Greffe. Ces struc- tures sont, aujourd’hui, animées par : - 1 Président - 1 Vice-président – 1 Procureur Général – 3 Présidents de Section

– 3 Avocats Généraux – 36 Conseillers dont 2 Commissaires

du Gouvernement – 1 Greffier en Chef – 14 Greffiers et 10 Se- crétaires des greffes et parquet.

appelé à assister le Président en matière budgétaire et de ges- tion financière de l’institution – 1 Régisseur d’avance et des agents d’appui, à savoir : - 1 assistant – 1 inspecteur des fi- nances – 2 contrôleurs des finances – 1 informaticien – 4 agents de saisie – 1 secrétaire de direction – 1 adjoint admi- nistratif - 1 archiviste – 1 rénotypiste – 2 standardistes – 17 chauffeurs – 4 coursiers – 1 jardinier et 10 gardiens. A noter, en outre, qu’il est, circonstantiellement, fait recours à 2 asses- seurs représentant la coutume des parties chaque fois qu’une chambre civile de la Section judiciaire siège en matière coutu- mière.

La Cour Suprême, à l’instar des autres institutions constitu- tionnelles, assure sa représentation, au plan juridique et pro- tocolaire, en la personne de son Président qui, aux termes de la loi organique N°96-071 du 16 décembre 1996, est aussi chargé de son administration et de sa bonne marche. En cela, il est assisté par le Bureau de la Cour qui, sous sa présidence, est composé du Vice-président, du Procureur Général, des Présidents de Section, du Secrétaire Général et du Greffier en chef

Mais, comment accède-t-on à la Cour Suprême du Mali ?

A ces personnels judiciaires classiques s’ajoutent 1 Secrétaire

Général, homologue d’un Secrétaire Général de département ministériel qui, sous l’autorité du Président, a en charge les questions d’ordre administratif, les relations extérieures ainsi que le service de la documentation et d’études de la Cour – 1 Gestionnaire équivalant à un D.A.F de département ministériel

Cette importante interrogation pourrait être abordée dans une approche statutaire se rapportant à la désignation des agents appelés à l’animation institutionnelle et juridictionnelle de ladite cour, mais aussi, dans une approche opérationnelle évoquant ses compétences et ses modes de saisine.

II. ACCES STATUTAIRE A LA COUR SUPREME

Aux termes de la loi n°96-071 du 16 décembre 1996 (portant loi organique fixant l’organisation, les règles de fonctionnement de la Cour Suprême et la procédure suivie devant elle), le Pré- sident et le Vice-président sont nommés parmi les magistrats de l’ordre judiciaire, par décret, sur proposition conforme du Conseil Supérieur de la Magistrature ; tandis que le Procureur Général, les Présidents de Section, les Avocats Généraux, les Conseillers et Commissaires du Gouvernement, eux, sont nommés par décret pris en Conseil des Ministres. La loi orga- nique précise que tous, qu’ils soient de l’ordre judiciaire ou de l’ordre administratif, sont nommés parmi les magistrats du grade exceptionnel, à moins que les titulaires dudit grade ne soient en nombre insuffisant ; auquel cas l’autorité de nomi- nation peut recourir à des magistrats du premier grade. Les membres de la Cour Suprême qui ne sont pas statutairement magistrats, ni de l’ordre judiciaire, ni de l’ordre administratif, tels que la plus part de ceux qui sont à la Section des Comptes, le Secrétaire Général et le Gestionnaire, eux, sont nommés par décret pris en Conseil des Ministres parmi les fonctionnaires de classe exceptionnelle ou de première classe de la hiérarchie ‘’A’’.

En tous les cas, au sens des dispositions textuelles, les mem- bres de la Cour Suprême sont nommés pour un mandat de 5 ans renouvelable. Avant d’entrer en fonction, ils prêtent serment, en audience publique présidée par le Président de la République, en ces termes : « Je jure de bien et fidèlement remplir ma mission, de l’exercer en toute impartialité, dans le respect de la Constitution, d’observer le respect du secret profession- nel, de ne prendre aucune position publique, de ne donner aucune consultation à titre privé sur les questions relevant de la compétence de la Cour Suprême et de me conduire en digne et loyal magistrat ».

Le greffier en chef, les greffiers et secrétaires des greffes et parquet sont nommés par arrêté du Ministre chargé de la Jus- tice, tandis que les autres personnels d’appui sont mis à la dis- position de la Cour Suprême par le Ministre chargé de la Fonction publique.

III. COMPETENCES ET SAISINE DE LA COUR SUPREME :
III. COMPETENCES ET SAISINE DE LA COUR SUPREME :

La Cour Suprême a pour mission essentielle d’assurer, en tous les domaines de sa compétence judiciaire, l’unité du droit sur tout le territoire national par l’unité de la jurisprudence en vue de réaliser une véritable égalité entre tous les citoyens. Orga- nisée au plan juridictionnel en Section judiciaire, Section ad- ministrative, Section des Comptes et Parquet Général, tel que ci-dessus exposé, sa saisine se fait, surtout, au regard des compétences attributives de l’une ou l’autre de ses structures composites. Aussi, la procédure diffère-t-elle selon qu’il s’agisse de telle ou telle desdites structures ainsi qu’il suit :

3.1. Devant la Section judiciaire :

Ordinairement saisie par pourvoi en cassation ou pourvoi tout court, voie de recours extraordinaire par excellence aux sens des dispositions du Code de procédure civile, commerciale et sociale (Sous-titre III, chapitre III, articles 615 à 654) et du Code de procédure pénale (Titre X, chapitre premier, articles 505 à 547), la Section judiciaire est le juge suprême, autrement dit, le juge de cassation par le contrôle de la légalité des décisions rendues en matière civile, en matière commerciale à l’excep- tion, bien sûr, des affaires relevant de la compétence exclusive de la C.C.J.A, en matière sociale ou en matière pénale, dès lors que ces décisions ont été prononcées en dernier ressort, autrement dit, lorsqu’il n’existe plus de voie ordinaire de re- cours possible contre ces décisions.

Le pourvoi est formé, par déclaration au greffe de la juridiction qui a rendu la décision contestée :

a) En matière civile, commerciale ou sociale, dans les deux

mois à compter :

-

de la date de notification de la décision si elle est contra- dictoire ;

-

du jour où l’opposition n’est plus recevable si la décision est rendue par défaut ; (article 629 nouveau du C.P.C.C.S) ;

b)

En matière pénale, dans les trois jours à compter :

-

du prononcé de la décision si elle est contradictoire ;

-

de la signification ou du jour où l’opposition n’est plus re- cevable si la décision est rendue par défaut (article 510 du C.P.P).

Il tend à faire censurer, pertinemment alors, la décision sur le fondement d’un ou de plusieurs moyen(s) allégué(s) dont les plus couramment et unanimement admis par la doctrine et la jurisprudence sont : - la violation de la loi ( par fausse qualifi- cation des faits de la cause, fausse application, fausse inter- prétation ou refus d’application de la loi ou la coutume applicable) – le défaut de base légale – le défaut ou la contra- diction de motifs – le défaut de réponse à conclusions – la dé- naturation et, subsidiairement, l’excès de pouvoir et l’incompétence, bref, la non-conformité de la décision atta- quée aux règles de droit ; pour reprendre les termes de l’article 615 du C.P.C.C.S.

La Section judiciaire est aussi saisie : - des demandes de ren- voi d’une juridiction à une autre pour cause de suspicion légi- time ou de sûreté publique – des demandes de prise à partie

– des règlements de juges (de l’ordre judiciaire) et des contra-

riétés de jugements ou d’arrêts rendus en dernier ressort entre les mêmes parties et sur les mêmes moyens mais par diffé- rentes juridictions de l’ordre judiciaire.

La procédure suivie devant elle est la même prévue par les codes et les lois spéciales.

A cet égard, il importe de noter qu’aux termes de l’article 632

du C.P.C.C.S, le demandeur en cassation doit, à peine de dé- chéance, déposer au greffe de la Cour Suprême, au plus tard dans un délai de trois mois à compter de la notification de la réception du dossier à ce greffe faite par le greffier en chef, un mémoire ampliatif contenant les moyens de droit invoqués contre la décision et qui auront été développés à l’appui du pourvoi ; qu’il doit, en outre, sous peine d’irrecevabilité, ac- quitter, au greffe de la Cour Suprême, une consignation desti- née à couvrir les divers frais de procédure et d’enregistrement.

Toutefois, il sied de nuancer ces prescriptions textuelles pour faire observer que si l’exigence de consignation est impérative en matière civile et en matière commerciale, il demeure qu’en matière sociale le principe de la gratuité de la procédure s’af- firme devant toutes les juridictions du Pays sans exception. Par ailleurs, si le C.P.P attache la même conséquence de dé- chéance au défaut de production du mémoire ampliatif dans

le délai d’un mois à compter de la déclaration du pourvoi (ar-

ticle 518), il importe de noter que tout en souscrivant, en ses articles 513 et 514, au paiement de la consignation, il en fixe, péremptoirement et uniformément, le montant à dix mille (10 000) francs ; à acquitter à la déclaration au pourvoi et, précise en outre, que sont dispensées du paiement de cette consigna- tion : - les personnes condamnées à une peine criminelle, correctionnelle ou de police - les agents publics pour les af- faires concernant directement l’Administration et les domaines de l’Etat - et les personnes à l’indigence officiellement certi- fiée.

Aussi, la Cour commence-t-elle toujours par se prononcer sur

la recevabilité, en la forme, du pourvoi !

Lorsqu’elle accueille le pourvoi et l’admet pour incompétence, par exemple, elle renvoie l’affaire devant la juridiction compé- tente.

Si elle prononce la cassation pour violation de la loi ou de la coutume, ou pour tout autre motif de cassation, elle indique les dispositions qui ont été violées et renvoie l’affaire, soit de- vant la même juridiction autrement composée, soit devant une autre juridiction de même ordre et de même degré.

Lorsque les faits retenus par les juges du fond ne constituent pas une infraction ou lorsque les textes invoqués ne leur sont

pas applicables, l’annulation prononcée de l’arrêt attaqué ne donne pas lieu à renvoi. taire ou

pas applicables, l’annulation prononcée de l’arrêt attaqué ne donne pas lieu à renvoi.

taire ou administratif lui paraissant conformes à l’intérêt géné- ral.

Les arrêts, par elle rendus, ne sont susceptibles de recours que dans les cas limitativement prévus comme suit :

a) Recours en rectification contre les décisions entachées d’erreur matérielle censée avoir influencé le jugement de l’affaire ;

b) Recours en interprétation contre les décisions paraissant obscures, ambigües ;

c) Requête en rabat d’arrêt (à vider en formation de chambres réunies) lorsque l’arrêt attaqué est entaché d’une erreur de procédure non imputable à la partie intéressée et qui a pu affecter la solution donnée à l’affaire par la Cour.

3.2. Devant la Section administrative :

Juge d’appel de droit commun de toutes les décisions rendues en premier ressort par les tribunaux administratifs de la Répu- blique, la Section administrative connaît, également, en pre- mier et dernier ressort : - des recours pour excès de pouvoir dirigés contre les décrets, arrêtés ministériels ou interministé- riels – des litiges relatifs aux avantages pécuniaires ou statu- taires des fonctionnaires de l’Etat – des recours dirigées contre les décisions rendues par les organismes administratifs à ca- ractère juridictionnel – des recours en interprétation ou en ap- préciation de la légalité des actes dont le contentieux relève de la Section – des requêtes en règlement de juges ( de l’ordre administratif ).

Elle statue aussi en appel, dans un délai de deux mois au plus, en matière électorale concernant les membres des assem- blées des collectivités territoriales, étant entendu qu’en cette matière les appels doivent être formés, au greffe de la juridic- tion qui a statué, dans les 15 jours suivant le prononcé de la décision contestée, au lieu de deux mois à compter de la no- tification ou de la publication de la décision attaquée pour ce qui concerne toutes autres matières.

Les voies ordinaires ou extraordinaires de recours telles que l’opposition, l’appel, la tierce opposition, le recours en révision, en rectification d’erreur matérielle ou en interprétation peuvent être exercées selon le cas d’ouverture prévu dans le cas d’es- pèce.

A travers sa chambre consultative, la Section administrative, sur saisine par le Chef du gouvernement, participe à la confec- tion des lois, ordonnances et règlements, en préparant ou en rédigeant les textes à elle demandés ou, tout simplement, en assistant la structure gouvernementale intéressée dans l’éla- boration desdits textes .

Elle peut, également, être consultée par les Ministres sur les difficultés qui s’élèvent en matière administrative.

Elle peut, enfin, de sa propre initiative, attirer l’attention des pouvoirs publics sur les reformes d’ordre législatif, règlemen-

3.3. Devant la Section des Comptes :

La Section des Comptes est appelée à :

- juger les comptes des comptables publics de deniers tels que définis par la réglementation en vigueur ;

- vérifier la gestion financière des agents de l’ordre adminis- tratif chargés de l’exécution du Budget national et des au- tres budgets que les lois assignent aux mêmes règles ;

- Contrôler les comptes de matière des comptables ma- tières ;

- Examiner la gestion financière et comptable des orga- nismes dotés de la personnalité civile et de l’autonomie fi- nancière et dans lesquels l’Etat ou les autres collectivités ont un intérêt financier ;

- Exercer tout contrôle, à tout moment, soit de sa propre ini- tiative, soit à la demande du Président de la République, du Premier Ministre ou du Président de l’Assemblée Na- tionale.

Bref, au regard de ces attributions sus citées, la Section des comptes apparaît, indéniablement, comme étant la juridiction supérieure de contrôle des finances publiques.

Plus concrètement, en dehors des cas d’auto-saisine prévus par la loi, la Section des Comptes est saisie par le Ministre des Finances qui lui transmet, chaque année, dans les délais pré- vus par les règlements financiers, les comptes de gestion qu’il reçoit des comptables soumis au jugement de la Section.

Par une procédure, exclusivement écrite, de vérification extrê- mement minutieuse des comptes et des pièces justificatives, allant de la vérification de la qualité statutaire de l’agent dont les comptes de gestion lui sont soumis jusqu’au au jugement s’il y a lieu, en passant par des demandes de clarification des opérations comptables enregistrées, des enquêtes ou exper- tises si nécessaire, elle certifie les dits comptes ou, au besoin, procède à leur jugement.

Elle les examine suivant une programmation annuelle par elle arrêtée.

3.4. Rôle du Parquet Général :

Animé par le Procureur Général avec le concours des Avocats Généraux, le Parquet Général de la Cour Suprême ne figure pas sur l’organigramme du Ministère Public ( lequel comporte à la base le substitut du Procureur de la République et au som- met le Ministre de la Justice, en passant par le Procureur de la République, le substitut général, l’avocat général et le Procu- reur Général près la Cour d’Appel ) ; pour la raison évidente qu’il n’est pas un parquet d’exécution, ni de poursuite au sens plein du terme, mais plutôt une structure de conception ap- partenant à la Cour Suprême, chantre du pouvoir judiciaire constitutionnellement indépendant du pouvoir exécutif.

A signaler, en effet, que le Parquet Général de la Cour Su-
A signaler, en effet, que le Parquet Général de la Cour Su-

prême ne peut être amené à exercer des poursuites que, uni- quement, dans les cas prévus aux articles 614 et 616 du Code de procédure pénale (concernant les membres du Gouverne- ment et assimilés, les membres de la Cour Suprême ou de la Cour Constitutionnelle, les Gouverneurs de région, les magis- trats susceptibles d’être inculpés d’un crime ou d’un délit com- mis hors ou dans l’exercice de leurs fonctions respectives).

Aussi, les membres du Parquet Général de la Cour Suprême relèvent- ils plus de la Présidence de l’Institution que du Dé- partement de la Justice (composante du pouvoir exécutif). Ils

donnent des avis éclairés, sous forme de conclusions ou de réquisitoires écrits, sur toutes les questions de droit soumises

à la censure des formations de la Section judiciaire et de la

Section des Comptes ; étant à rappeler que ce rôle est joué à

la Section Administrative par les Commissaires du Gouverne-

ment. Aux audiences, où leur participation est toujours indis- pensable à la régularité de celles-ci, ils éclairent la Cour sur les problèmes juridiques soulevés par les pourvois ; leur rôle étant, avant tout, d’aider au triomphe du droit et à l’édification d’une jurisprudence conséquente.

l’intérêt de la loi » peut s’exercer alors même que la décision attaquée a déjà été exécutée. La Cour, en étant saisie, statue sans renvoi et sa décision ne produit aucun effet entre les par- ties.

De même le Procureur Général exerce le pourvoi d’ordre du Ministre de la Justice, sur instructions écrites de celui-ci, contre les décisions de justices entachées d’excès de pouvoir. Dans ce cas la décision de la Cour Suprême vaut à l’égard de tous et singulièrement des parties.

Tous ces pourvois, à l’initiative du Procureur Général ou d’or- dre du Ministre de la Justice, s’exercent sans obligation de dé- lais. Ils sont formés au greffe de la Cour Suprême et notifiés au greffe de la juridiction qui a rendu la décision querellée.

Enfin, le Procureur Général peut provoquer, par réquisitoire écrit adressé au Président de la Cour Suprême, la saisine des Chambres réunies de la Section judiciaire lorsqu’une affaire pose une question de principe, notamment s’il existe des so- lutions divergentes, soit entre les juges du fond, soit entre ceux-ci et la Cour Suprême, ou lorsque la solution serait sus- ceptible de causer une contrariété de décisions./.

Dans cette mission de véritable sentinelle sur la qualité des décisions de justice relativement à leur conformité avec les prescriptions légales, le Procureur Général est habilité à se pourvoir en cassation, dans l’intérêt de la loi, contre tout arrêt ou jugement contre lequel aucune des parties n’a, cependant, soulevé de protestation dans le délai imparti. Cette action ayant pour but de corriger une violation de la loi ou une erreur de droit de façon à préserver, pertinemment, constance à la jurisprudence, ce pourvoi par le Procureur Général dit « dans

MERCI POUR VOTRE AIMABLE ATTENTION !

L’Avocat Général M’Pèrè DIARRA Officier de l’Ordre National

Discours
Discours

DISCOURS DE MONSIEUR LE VICE-PRESIDENT DE LA COUR SUPREME AU PERSONNEL A L’OCCASION DU NOUVEL AN 2011 ET DE DEPART A LA RETRAITE

A L’OCCASION DU NOUVEL AN 2011 ET DE DEPART A LA RETRAITE Nouhoum TAPILY Président de
Nouhoum TAPILY Président de la Cour Suprême
Nouhoum TAPILY Président de la Cour Suprême

Nouhoum TAPILY

Président de la Cour Suprême

Nouhoum TAPILY Président de la Cour Suprême
Nouhoum TAPILY Président de la Cour Suprême

Monsieur le Porte parole des membres et du personnel de la Cour Suprême ;

Mesdames et messieurs ;

Rendons grâce à Allah le tout puissant pour nous avoir permis de nous retrouver en ce moment-ci pour la traditionnelle cérémonie de vœux de nouvel an mais aussi de départ à la retraite.

Vous me permettrez de remercier et de saluer au nom de la Cour Suprême, la présence parmi nous de Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle.

Cette cérémonie, Mesdames et Messieurs, vous en convenez avec moi, revêt un double sens.

En effet, au delà du traditionnel regard rétrospectif sur le bilan des activités de l’année écoulée et des perspectives pour l’année nou- velle, nous devons aussi célébrer le départ à la retraite de nos col- laborateurs et notamment de celle qui a présidé aux destinées de la Cour Suprême de mai 2006 au 31 décembre 2010, je veux nom- mer notre aînée Madame DIALLO Kaïta KAYENTAO.

Vous imaginez qu’en dépit des usages qui conviennent à de telles cérémonies, il n’est pas aisé de faire un discours qui traduise toute la symbolique de l’évènement qui nous rassemble ce matin.

C’est pourquoi, je m’attarderais moins sur le bilan de l’année écou- lée, qui du reste à été largement abordé, tant au cours de la céré- monie de présentation de vœux au Président de la République à

Koulouba, que dans le discours que vient de nous livrer la doyenne des collaborateurs admis à faire valoir leur droits à la retraite.

Je mettrais beaucoup plus l’accent sur ce que notre doyenne nous laisse comme valeur à perpétuer.

Monsieur le Porte parole des membres et du personnel de la Cour Suprême ;

Mesdames et messieurs,

L’année 2010 a été marquée au plan national par les festivités mar- quant le cinquantenaire de l’accession de notre pays à l’indépen- dance.

L’institution judiciaire, qui est une composante de notre société, a pris part à toutes les cérémonies officielles organisées à cet effet.

A l’instar de l’année 2009, la Cour Suprême a connu, en 2010, d’in- tenses activités.

Au plan juridictionnel, le bilan des affaires entrées et jugées, des rapports produits et des avis émis sur les dossiers de Conseil des Ministres et de consultations juridiques à la demande du Gouver- nement, s’établit ainsi qu’il suit :

La Section Judiciaire avait au 31 décembre 2009 cent cinquante six (156) dossiers en instance.

Du 1er janvier au 30 décembre 2010, elle a reçu près de six cents (600) nouveaux dossiers et a rendu six cent quatre- vingt-qua- tre (684) arrêts.

La Section Administrative a émis :

- Cinquante (50) avis sur des dossiers du Conseil des Ministres,

- Vingt deux (22) avis sur des demandes de consultation juri_ dique.

Elle a enregistré quatre cent quarante neuf (449) dossiers, appels et saisines directes confondus et a rendu deux cent cinquante deux (252) arrêts ;

La Section des Comptes a produit :

- Cinquante cinq (55) rapports de vérification des comptes des partis politiques ;

- Dix huit (18) rapports d’audit des projets de développement ;

- Deux (2) rapports sur l’exécution des lois de finance des exer- cices 2007 et 2008.

Le Parquet Général près la Cour Suprême a, au cours de l’année judiciaire qui s’achève,

Le Parquet Général près la Cour Suprême a, au cours de l’année judiciaire qui s’achève, fait cinq cent vingt une (521) conclusions, et procédé à cent quatorze (114) réquisitoires.

D’autres actions seront entreprises en vue de conforter nos acquis. Il s’agit entres autres :

En matière d’échanges, notre institution a pris part à de nombreux séminaires et ateliers sous-régionaux et à des rencontres interna- tionales.

- d’une meilleure gestion de notre jurisprudence riche et variée et de sa publication ;

- de la gestion informatique de nos bases de données ;

- de la formation continue et du renforcement en ressources hu- maines de l’institution.

Monsieur le Porte parole des membres et du personnel de la Cour Suprême ;

Dans un élan de soutien aux juridictions du fond, la Cour Suprême

a mis à leur disposition, au cours de l’année 2010, de la documen- tation comprenant :

- le recueil de jurisprudence 2008 de la Section judiciaire ;

- le rapport annuel d’activités 2009 ;

- le bulletin d’information de la Cour Suprême.

Aussi, voudrais- je, vous exhorter chacun et tous à redoubler d’ef- forts, d’engagement et de sacrifices afin que nous puissions rem- porter plus de succès dans notre exaltante mission régalienne.

Monsieur le Porte parole des membres et du personnel de la Cour, mesdames et messieurs, je voudrais, avant de terminer cette pre- mière partie de mon intervention, souhaiter une très bonne et heu- reuse année 2011 à vous mêmes, à vos familles ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers. Puisse l’année 2011 vous apporter bon- heur, santé et prospérité.

En outre, les missions d’échanges avec les Cours d’appel de Ba- mako, de Kayes et de Mopti ont eu lieu au cours de l’année et ont permis d’harmoniser les interprétations sur plusieurs dispositions législatives et de proposer des solutions aux dysfonctionnements relevés dans les rapports entre juridictions.

Ces rencontres qui sont devenues au fil des ans des occasions privilégiées d’approfondissement des questions judiciaires au grand bénéfice de la haute juridiction et des juridictions de fond, devront être institutionnalisées et appuyées à la hauteur des moyens escomptés.

Pour parvenir à ces résultats, que de sacrifices consentis par les hommes et femmes que vous êtes, disposés à relever les défis et

à donner à notre justice une image saine et positive.

Cet effort remarquable qui est à saluer, mérite d’être poursuivi.

Mesdames et Messieurs ; Nous sommes aussi rassemblés aujourd’hui pour rendre un hom- mage mérité à tous nos collègues admis à faire valoir leur droit à la retraite, à l’issue d’une vie professionnelle bien remplie et sin- gulièrement à une aînée, une sœur, une amie et surtout à une com- pagne de route dont l’itinéraire se confond avec l’histoire de notre Institution.

Il s’agit de :

- Monsieur Bakary Mamadou TRAORE,

- Monsieur Lassana Diafary BOUARE,

- Monsieur Mamadou Sékou CISSE,

- Madame Aïssata KAREMBE,

- Monsieur Lassina TRAORE,

- Et enfin de Madame DIALLO Kaïta KAYENTAO.

Mesdames et Messieurs les membres de la Cour Suprême,

Le renforcement des capacités de l’institution en ressources hu- maines, qui a toujours constitué une de nos préoccupations es-

Elle a abouti au déplafonnement du nombre des conseillers et au-

Chers invités,

sentielles, s’est concrétisé à travers la relecture de la loi N°96-071

Chers parents,

du 16 décembre 1996 portant loi organique, fixant l’organisation, les règles de fonctionnement de la Cour Suprême et la procédure suivie devant elle.

tres agents, et constitue, à cet égard, une mesure salutaire.

Monsieur Bakary Mamadou TRAORE, Monsieur Lassana Diafary BOUARE, Monsieur Mamadou Sékou CISSE, Madame Aïssata KAREMBE,

L’équipement et la dotation des différentes structures de la Cour en outils informatiques, l’acquisition de mobiliers de bureau au

Monsieur Lassina TRAORE, qui aujourd’hui s’apprêtent à nous quitter, représentent chacun en ce qui le concerne une inestimable somme d’expérience et de savoir faire.

cours de l’année 2010, ont été aussi des axes majeurs pour l’amé- lioration des conditions de travail.

J’éprouve en cette circonstance, une préoccupation certaine quant à la capacité à combler le vide qui se crée.

Pour les résultats auxquels nous sommes parvenus, je tiens à vous adresser mes très vives et chaleureuses félicitations.

C’est pourquoi, convaincu tout comme vous, que retraite ne signi-

Je puis vous assurer mesdames et messieurs que les efforts déjà entamés, seront poursuivis au cours de l’année nouvelle.

fie nullement fin de toute vie active, j’invite instamment vos colla- borateurs à faire appel à vous chaque fois que cela sera nécessaire.

Madame, Messieurs, Chers doyens , la présente cérémonie est le minimum que la Cour Suprême

Madame, Messieurs, Chers doyens, la présente cérémonie est le minimum que la Cour Suprême puisse faire pour vous.

Pour la première fois, depuis sa création en 1961, une Femme se hissa à la tête de la Cour Suprême du Mali et probablement, l’unique cas, jusqu’ici en Afrique.

Je voudrais, vous assurer de notre constante disponibilité.

Sachez que cette étape qui marque la fin de votre carrière, ne constitue pas pour nous une séparation définitive.

Madame DIALLO Kaïta KAYENTAO, chère aînée, la cérémonie d’aujourd’hui me donne l’agréable occasion de vous témoigner toute ma reconnaissance et mon profond respect de vous rendre l’hommage mérité en raison des responsabilités qui ont été les vô- tres mais aussi du travail quotidien que vous avez exercé avec ri- gueur, foi et conscience.

Et pour couronner ce beau parcours dont rêve chaque magistrat, et au moment où vous pensiez au repos du reste, amplement mé- rité, vous venez de bénéficier de la confiance des Ministres mem- bres des Etats et Gouvernements membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), qui vous ont désigné en qualité de Juge au Tribunal d’Appel de l’Organisation. Je ne saurais clore cette rubrique de votre vie active sans souligner que vous êtes depuis 2009, Officier de l’Ordre national du Mali.

Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle ;

Vous avez été Madame la Présidente, un exemple vivant de pro- bité, de discrétion et de désintéressement dans cette noble et exaltante mission.

Madame DIALLO Kaïta KAYENTAO, vous avez été le modèle achevé de haut Magistrat qui a toujours assumé ses fonctions avec efficacité, compétence, faisant preuve d’un esprit de mé- thode et d’organisation et surtout de capacité d’imagination, d’an- ticipation et de création qui vous ont valu une progression régulière tout au long de votre riche et brillante carrière.

Mesdames et Messieurs, Chers collègues,

Carrière ne pouvait être plus riche, féconde et bien remplie. Aussi, voudrais-je inviter tous les membres de la Cour Suprême à garder en mémoire ce parcours professionnel exemplaire de Madame DIALLO Kaïta KAYENTAO afin de trouver des raisons de se dépas- ser sans cesse, de toujours se remettre en question, de s’abreuver aux sources fécondes de sa grande expérience et de son attache- ment à l’excellence.

Madame la Présidente,

Au risque de blesser votre modestie, permettez-moi de rappeler quelques grandes étapes de votre exceptionnelle carrière.

Votre prestigieuse carrière, dédiée entièrement au Mali et qui s’achève le 31 décembre 2010, commença en 1971 au Tribunal de Première instance de Mopti, en qualité de juge d’instruction puis de substitut du Procureur de la République.

Elle s’est poursuivie en 1977 au tribunal de Première Instance de Bamako.

En 1983, vous êtes promue Président du tribunal du travail de Si- kasso cumulativement à vos fonctions de juge au siège.

De 1985 à 1989, vous avez été successivement Juge de paix à compétence étendue de Bougouni et juge à la Cour Spéciale de Sûreté de l’Etat.

Votre courage et votre abnégation au travail vous ont valu, Ma- dame la Présidente d’être nommée à la Cour d’appel de Bamako où vous avez précisément occupé les fonctions de Présidente de la Chambre Sociale.

Son exemple doit être un stimulant pour tous. A ce titre, nous de- vons cultiver le goût de l’effort et le sens des valeurs de dignité.

Madame la Présidente,

Si j’en ai dit autant, c’est pour que vous sachiez quel plaisir et quelle confiance j’ai éprouvés à travailler avec vous.

Je sais l’émotion que vous devez ressentir en ce moment. J’en mesure la portée.

Mais retenez chère aînée, que vous avez mérité de la Cour Su- prême et de la famille judiciaire.

C’est là le plus bel enseignement et le merveilleux constat que nous tirons sans aucun doute de votre itinéraire particulièrement éloquent.

Aussi, voudrais-je formuler le vœu que vous puissiez jouir en pleine santé du repos amplement mérité, tout en n’oubliant pas que vous avez laissé derrière vous des collaborateurs qui ont encore besoin de vos conseils.

Je vous souhaite beaucoup de santé et une très bonne retraite.

En 1992, les portes de la plus haute institution juridictionnelle de notre pays venaient de s’ouvrir à celle qui, sept ans après, allait devenir Présidente de la Section Judiciaire, c’était en 1999.

Je vous remercie de très aimable attention.

Mai 2006 vous voici auréolée de la plus majestueuse fonction, celle de Chef d’Institution, la quatrième, la Cour Suprême.

Actes Réglémentaires
Actes Réglémentaires
44 BULLETIN D’INFORMATION de la Cour Suprême du Mali
Conception et Impression Pic Design Tél: 20 29 67 01 Composition du Comité Scientifique de
Conception et Impression Pic Design
Tél: 20 29 67 01
Composition du Comité Scientifique de la Cour Suprême du Mali
Président : Monsieur Nouhoun TAPILY, Président de la Cour Suprême
Membres : Monsieur Mama SININTA, Secrétaire Général de la Cour Suprême
Monsieur Salikou DIARRA Cour Suprême
Monsieur Oumar SENOU, Cour Suprême
Monsieur Mamadou Moriba DIARRA, Cour Suprême
Monsieur Mahamadou BOIRE, Cour Suprême
Maître Hamidou DIABATE, Avocat
Maître Ahmadou TOURE, Notaire
Numero de Téléphone
Standard : 20 22 24 06
Secrétariat particulier : 20 23 03 55 • 20 22 65 91
Télécopie : 20 23 57 88
BP: 07 • Bamako (République du Mali)