Vous êtes sur la page 1sur 7

❁❁❁ Annales du patrimoine ❁❁❁❁❁❁❁❁❁❁❁❁ N° 02 / 2004 ❁❁❁

La spiritualité aujourd'hui ou la voie du juste milieu

Cheikh Khaled Bentounès


Zawyya Alaouia - Mostaganem

De tout temps l’homme a essayé d’appréhender, de réfléchir à son


destin afin de donner un sens à sa vie, à sa mort inéluctable et de répondre à
l’angoisse provoquée par ses interrogations sur l’après mort.
En effet, aussi loin que l’on puisse remonter dans l’histoire de l’aventure
humaine nous trouvons trace de croyances et de rites car l’homme est mû, par
un besoin inné chez lui, de relier ses réflexions à une dimension sacrée,
religieuse ou spirituelle.
Cet héritage lointain de l’humanité n’est–il pas l’expression de sa quête
permanente de connaissance de l’inconnaissable ? Dans sa vision partielle de
la vérité l’homme a adoré les éléments de la nature, créé des idoles, divinisé
des hommes, inventé des rites magiques, des concepts, des théologies… Mais
au fond, cela n’est il pas l’émanation du désir constant de réaliser en lui l’état
de l’Unité transcendantale : lien qui rattache sa vie par delà la mort à
l’éternité, source de toute manifestation ?
« Mais plus vaste encore sont les propos sur l’homme, car l’homme est un
problème pour l’homme », a dit le soufi Al-Tawhidi(1).
Cela est incontestable, l’homme n’a élaboré sa pensée que par rapport à
sa vision, son interrogation, du monde et de l’univers.
Ainsi sont nées les civilisations humaines et avec elles, la conscience
universelle. L’homme s’est distingué de l’animal par son intelligence ; sa
capacité à s’adapter, à concevoir des règles de vie, des lois, des philosophies
et des vertus morales. C’est le passage de l’homme biologique à l’être
spirituel porteur de cette conscience universelle qui permit l’épanouissement
de la société humaine. Les croyances et les religions furent le foyer-
laboratoire où naquirent les différentes cultures avec leurs multiples
richesses.
La religion, dans ce qu’elle a d’essentiel, de spirituel, n’a de sens que si
elle relie l’homme à l’Absolu. Elle l’invite par une expérience vivante et
intime, réconciliant le corps et l’esprit, à s’éveiller aux réalités subtiles. Elle
lui permet d’atteindre l’équilibre et l’épanouissement de son être.
Pour se parfaire en l’homme, elle a besoin d’un cheminement balisé, fruit de
l’expérience, de la sagesse et de la connaissance de ceux qui l’ont devancée.
C’est par cette transmission fidèle et complète, que l’homme se rattache
aujourd’hui à cet héritage précieux et fécond. C’est le lieu de ressourcement
où se perpétue la transmission de la tradition vivante d’une génération à une
autre.

© Annales du patrimoine, Mostaganem (Algérie)


Cheikh Khaled Bentounès

A notre époque la confusion est grande entre spiritualité et religion. Il


s’avère même que certains religieux craignent, voire condamnent le spirituel
car celui ci libère l’homme par une réflexion profonde et une méditation
attentive du dogmatisme étroit de la dialectique et de la casuistique
théologique. Cet enseignement permet de retrouver en nous la connaissance
qui structure et nourrit la conscience. Cela nous conduit à expérimenter un
état d’être en harmonie avec la réalité qui nous entoure.
En ce sens la tradition soufie prêche la voie du juste milieu entre le
temporel et le spirituel, entre la loi (charia) et la vérité (haqiqua). Si la
première est un moyen d’adoration, une aide et un garde-fou permettant à
l’homme de vaincre ses passions, d’atténuer son égoïsme et d’ouvrir son
cœur à la générosité et au respect d’autrui, la seconde lui permet de vivre
l’intime expérience de la présence divine.
Par ailleurs la loi ou charia s’avère, en elle même, impuissante et
dénuée de sens si elle se pratique sous la contrainte : « Nulle contrainte en
matière de religion… » affirme clairement le Coran (s. 2 v. 256).
Elle n’a de sens que si elle repose sur la foi (iman) qui rattache notre
conscience à l’unité transcendantale. Elle est une force, une énergie qui
pousse l’homme vers la certitude, la réalisation de son être d’étape en étape,
de l’extérieur vers l’intérieur et de l’intérieur vers l’extérieur. Elle crée ainsi
un double mouvement qui relie le relatif à l’absolu, l’individualité de l’être
au principe éternel et essence première de toute manifestation : « Il est le
Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché, Il connaît parfaitement toute
chose » (Coran, s. 57, v. 3).
Et c’est cela précisément qui donne à la formule de l’unité (Tawhid) la
profession de foi musulmane, (pas de divinité autre que Dieu et Mohammed
est le messager de Dieu), sa véritable dimension.
Ce double témoignage, affirmation fondamentale de tout croyant, ne
fait qu’attester l’unicité divine en toute chose, en confirmant le lien
indéfectible de l’homme en tant que dépositaire et messager de cette vérité
(Khâlifat). Ainsi pour le soufisme, l’humanité depuis Adam jusqu’à nos jours
n’a de sens que dans la reconnaissance et le renouvellement du pacte
primordial scellé dans la pré-éternité entre l’homme et Dieu : « Ne suis-Je
pas votre Seigneur ? Oui, nous en témoignons » Coran, sourate 7, verset 172.
Il serait vain de rechercher dans l’expérience de la vie une finalité autre
qu’être le témoin sous quelque forme que ce soit de la relation du tout avec
l’Un.
Cette affirmation semble exclure tous ceux dont la foi ne repose pas sur
le monothéisme et pourtant l’Emir Abd El- Kader(2) nous dit dans un ses
écrits, le Livre des Haltes : « S’il te vient à l’esprit que Dieu est ce que
professent les différentes écoles islamiques, chrétiennes, juives,
zoroastriennes ou ce que professent les polythéistes et tous les autres, sache

20
La spiritualité aujourd’hui ou la voie du juste milieu

en effet, Il est cela et qu’Il est, en même temps, autre que cela ! »
Car dans la vision spirituelle soufie toute adoration est vouée à Dieu,
consciente ou inconsciente, la création Le manifeste à travers son existence
même. Elle est tournée toute entière vers le retour à sa source comme la
goutte d’eau qui tombe du ciel est vouée au retour vers l’océan : « Et vers
Dieu est le retour ». (Coran, sourate 88, verset 25).
Malgré la généralisation des connaissances et l’accroissement du
savoir, l’homme moderne demeure insatisfait, empli d’interrogations quant à
sa condition et incertain quant à son devenir.
Saturé d’informations, de connaissances livresques et menant une vie
désacralisée dont le sens se perd tous les jours, l’homme vit une déchirure.
Elle se perçoit dans la contradiction entre l’attrait du monde matériel,
quantitatif, et l’appel vers un idéal aux vertus spirituelles, qualitatives. C’est
par ce déséquilibre et l’absence de réponse à cet appel incessant venant des
profondeurs de la conscience, que l’homme et la femme d’aujourd’hui se
jettent aveuglément dans la première expérience spirituelle qui se présente à
eux. Malheureusement celle-ci se termine souvent par une désillusion.
C’est l’attrait des sectes dont les méthodes brisent leur personnalité, les
rendant passifs et malléables ou celui des voies du new-age faites de
syncrétisme et de "melting-pot", cultivant l’ego narcissique, aux appétits et
pulsions les plus basses. Pour d’autres c’est le refuge dans l’intégrisme pur et
dur qui « satanise » l’autre en rejetant sur lui toute la responsabilité des maux
qu’ils endurent, allant jusqu'à déclencher l’apocalypse, s’ils le pouvaient.
Une grande part de responsabilité incombe aujourd’hui à certains
leaders religieux. Par un immobilisme asphyxiant, par une méconnaissance
des valeurs profondes contenues dans toute tradition ou soit tout simplement
par intérêt, ils ont détourné les principes universels des religions. Ils ont
transformé l’amour du prochain, la fraternité, la générosité, la recherche du
bien commun comme finalité, le combat de l’injustice comme devoir, en un
ritualisme dogmatique fermé et contraignant où la lettre a pris le pas sur
l’esprit.
Une religion quelle qu’elle soit, amputée de sa spiritualité, se fige, se
réduit et empêche la conscience d’évoluer vers l’être universel. Ni les sectes,
ni les pseudo-voies basées sur des théories douteuses, émotionnelles ou
imaginaires qui profitent de la souffrance, de la désorientation, de la misère
humaine pour vendre à prix fort des paradis "clefs en mains", des nirvanas
aux lendemains qui déchantent, ni l’enfermement religieux et sectaire dû à
une soi-disant élection divine pré-déterminée ne peuvent répondre à ce besoin
légitime et profond de spiritualité de la société humaine d’aujourd’hui.
En effet la méconnaissance profonde des valeurs et des enseignements
de la spiritualité contenue dans les traditions font que de plus en plus
l’homme s’évade dans l’irrationnel. Quant l’esprit n’est plus présent dans

21
Cheikh Khaled Bentounès

l’homme alors la conscience s’en va et la raison déraisonne. D’où


l’importance de nourrir la raison, lumière et guidance de notre être à la source
de cet héritage spirituel. La spiritualité s’inscrit alors dans le prolongement de
la philosophie afin que la sagesse alimente sa réflexion et détermine son
action, sortant, par là même, la philosophie de débats spéculatifs stériles.
Comme l’écrit le philosophe Soren Kierkegaard(3) : « Il s’agit de
trouver une vérité qui en soit une pour moi, trouver l’idée pour laquelle je
veux vivre et mourir ».
Ainsi la valeur réelle d’une civilisation, fut-elle même la plus avancée
techniquement, ne se mesure pas à la puissance des moyens matériels qu’elle
met au service de l’homme mais bien à la hauteur où elle élève l’âme
humaine. Cette élévation de l’âme se mesure à son état de conscience ; la
somme des valeurs ajoutées de sa quête durant toute une vie.
Plus notre état de conscience grandit plus l’être que nous sommes
s’affine, sa sensibilité s’accroît ainsi que sa créativité ; oeuvrer pour le bien
dans la société, au sein de l’humanité devient une nécessité, un impératif, et
non un devoir moral, philosophique ou religieux. C’est alors le salut de l’âme
ici-bas sans attendre de récompense future dans l’au-delà et, c’est enfin, le
chemin fait d’amour désintéressé qui conduit vers la Paix. Si la démocratie
est la loi du nombre, plus il y aura de citoyens à la conscience élevée,
porteurs de valeurs nobles et universelles plus l’arbre de la démocratie
nourrira de ses fruits les hommes qui trouveront sens et réalité au sein de la
société.
C’est le sens de ce qu’exprime le soufi Al-Tawhidi(4) : « Si vous vous
étiez appliqués à suivre la voie droite et si vous étiez restés attachés à la
raison solide et évidente, si vous vous étiez protégés du mal en suivant la
voie spirituelle, vous auriez été comme une seule âme en toute situation
périlleuse ou difficile ; ce titre de noblesse, qu’est l’harmonie et l’union,
serait allé d’ami à un autre ami, puis à un troisième […]. On l’aurait retrouvé
chez les jeunes et chez les vieux, chez celui qui guide comme chez celui qui
est guidé, entre les deux voisins, entre les deux quartiers, entre deux pays ».
Ou, comme nous le rappelle le Cheikh Al-Alawî dans l’une de ces
recherches philosophiques(5) : « Les hommes constituent une vérité unique
(muttahid al haqiqa), même s’ils sont nombreux, et cette vérité n’agit qu’en
vue de fortifier l’humanité en l’homme (…), [Il prend alors pour exemple,
afin d’illustrer son propos, le rapport existant entre le corps humain et ses
diverses composantes]. A cet égard, les membres et organes du corps sont
très instructifs. L’activité de chacun d’eux profite beaucoup plus aux autres
parties du corps qu’à lui même et tous ensemble s’unissent pour le bienfait du
même corps ; par exemple tandis que les sens participent tous en ensemble à
l’augmentation de la perception (taqwiyyatu al hissi al mushtarak), la raison
choisit ce qui est utile au corps. Même la raison n’agit pas pour elle même

22
La spiritualité aujourd’hui ou la voie du juste milieu

mais pour l’ensemble du corps ; aussi, loin de viser un bien égoïste, l’activité
des organes et des sens et des facultés morales (al idrakat al batina) visent le
bien de l’ensemble des parties du corps. A partir de là, il est facile de
généraliser la thèse. Ce que nous essayons de faire comprendre, c’est que
l’individu humain doit être considéré par rapport au corps social, comme
l’organe par rapport au corps proprement dit. Il doit donc agir plus en vue du
bien de la collectivité qu’en vue de son bien propre.
Bien entendu il aura la part qui lui revient, car en tant que membre de la
collectivité, il est heureux ou malheureux selon qu’elle même est heureuse ou
malheureuse. Si l’ensemble de la collectivité décide de faire respecter cette
règle pour chacun de ses membres, nul doute que tôt ou tard, elle connaîtra le
bonheur et le prestige parmi les nations. Ceci devrait être l’objectif de tout
réformateur (muslih) ». Le Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix)
n’a-t-il pas dit : « Les croyants sont semblables à un seul corps ; si l’un de ses
organes est malade, tout le corps est atteint par l’insomnie et la fièvre ».
Ainsi la spiritualité embrasse tous les domaines qui touchent à
l’humain, à la société. Elle peut s’exprimer tout à la fois à travers le politique,
le social, l’économique, le scientifique, etc. Tout ce qui concerne l’être et la
société concerne la spiritualité.
Le champ de la spiritualité et celui de la politique sont donc deux
aspects qui se rejoignent et se complètent dans l’action et l’éducation civique
de l’individu. Si la politique est la gestion de la cité des hommes, la
spiritualité est la gestion de notre cité intérieure. Elle aide l’individu à aller
dans le sens du bien, de l’unité, de la fraternité. Elle n’est pas donc vouée à
exclure le politique mais au contraire à lui donner du sens, à l’humaniser.
Plus notre spiritualité grandit, plus notre champ de conscience s’élargit, plus
notre aptitude à prendre en compte les différents besoins humains et à
combattre l’injustice s’affirme.
Une règle de vie s’impose alors à nous comme le dit ces hadîths6 du
Prophète Mohammed : « Je ne suis satisfait pour autrui que de ce dont je suis
satisfait pour moi même », ou encore : « Aucun de vous n’est véritablement
croyant, s’il ne préfère pour son frère ce qu’il préfère pour lui même ».
Le pouvoir politique a toujours suscité la convoitise et généré des conflits
entre les hommes.
Chaque parti aussi honorable soit-il ne fait que défendre ses propres
intérêts ; d’où le risque constant du détournement des principes de la
politique quand elle devient l’enjeu de tactiques partisanes ou démagogiques.
Par contre, l’action de l’homme spirituel va dans le sens de l’unité, de
l’intégrité et de l’intérêt général.
Et quand il se replie et désavoue le politique, cela ne signifie pas, à
mon avis, qu’il s’enferme et se coupe de l’intérêt qu’il porte au
développement et au bien être de la société. En effet, son rôle est de toujours

23
Cheikh Khaled Bentounès

élever le débat au sein de la vie publique en insistant sur les valeurs, les
vertus et l’éthique sur lesquelles devraient reposer les fondements de la vie de
la cité. Quel que soit le régime de l’Etat, laïc ou confessionnel, la spiritualité
peut y être profondément vécue tant que la liberté d’expression y existe et
que le choix individuel des croyances et des philosophies y est respecté.
La spiritualité est exigeante, elle n’accepte ni le mensonge, ni la
manipulation. Elle nous invite à plus d’authenticité et de clarté en nous même
afin de ne pas commettre tout ce qui peut être préjudiciable à autrui.
L’attachement à la spiritualité comme moyen de réalisation est contraire au
repli narcissique individuel et au rejet des engagements sociaux. Quand on
voit, à travers l’histoire, la vie menée par les grands hommes spirituels qui
ont marqué l’humanité, aucun d’eux ne s’est détourné des affaires
temporelles de ce monde pour ne s’attacher et n’enseigner que les valeurs
spirituelles concernant l’au-delà.
Mais tous sans exception, nous ont invités au bel agir, et à
l’amélioration de la condition humaine, par les intentions comme par les
actes. A la condition de commencer par appliquer à soi-même les valeurs que
l’on exige d’autrui. C’est la voie du juste milieu et son éducation d’éveil qui
conduit l’homme à l’harmonie du temporel et du spirituel et qui l’élève à la
conscience universelle.
Il est incontestable que l’aventure spirituelle de l’humanité demeure un
défi majeur pour le XXIe siècle. Ce besoin s’inscrit dans la recherche et
l’aspiration de l’être humain à un idéal supérieur.
Les prophètes, les sages de l’humanité en sont l’archétype, eux qui ont été, à
la fois, les porteurs et les guides mais aussi les phares des civilisations qui
nous ont devancés. Toute la question est de savoir comment nos
contemporains renoueront, réaliseront et transmettront cette expérience, à
l’instar de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui ont incarné cet idéal
noble et chevaleresque au péril de leur vie ?
Dans tous les livres sacrés de l’humanité (Védas, Tao, Upanishads,
Bible, Evangile, Coran etc..) mais aussi à travers les contes, les légendes et
les mythes de tous les peuples nous retrouvons la trace de cette quête
obstinée du moi vers le Soi.
La différence, à mon sens, se situe plus dans le moyen ou le mode que
dans la quête de la vérité elle-même. Le particularisme de chaque
enseignement demeure pour les soufis une bienveillance et une miséricorde
de la sagesse divine envers les hommes afin de rendre accessible à chacun la
réalisation de cette quête.
Impossible en effet de prétendre à une paix équitable et durable entre
les hommes en occultant « la paix des cœurs », une paix basée sur la
fraternité spirituelle « Adamique ». C’est du reste le devoir des religions, qui
ont pour vocation première d’éduquer et de fortifier la conscience de

24
La spiritualité aujourd’hui ou la voie du juste milieu

l'homme, en le rendant plus responsable face à cette origine commune de


l’humanité tout en le reliant ainsi à la transcendance divine source de
miséricorde.
Après de nombreuses expériences, rencontres et colloques, faits il est
vrai, dans un environnement souvent intellectuel, force est de constater que
l'avancée du dialogue inter-religieux se fait timidement. Et cela mon avis,
parce que les institutions qui représentent les religions restent sur leur
réserve, chacun monologue en son nom propre alors que le dialogue suppose
avant tout sincérité et échange. Au lieu d'un dialogue aseptisé où toute
interpellation est exclue au nom du respect mutuel, ne vaudrait-il pas mieux
que cet échange, basé sur une foi solide, soit l'occasion d'une écoute
authentique des richesses de l'autre ?
Leurs enseignements doivent avoir comme fondement la justice, la
fraternité et la solidarité entre tous les hommes dans le respect des
différences. Que pouvons nous, de part et d'autre, apporter comme
enseignement visant à plus de justice et de solidarité ?

Notes :
1 - Al-Tawhidi , soufi de l’école de Bagdad (922 - 1023). Cf. Marc Bergé : pour un
humanisme vécu, Abù hayyan Al-Tawhidi, édition Maisonneuve, Damas 1979.
2 - Emir Abd El-Kader, grand mystique du 19e siècle, (région de Mascara 1808 -
Damas 1883), organisateur du premier état algérien et résistant courageux à
l’invasion française de l’Algérie.
3 - Soren Kierkegaard, (Copenhague 1813 - id. 1855), philosophe et théologien
danois.
4 - Al- Tawhidi, supra.
5 - Cf. Cheikh Ahmed Ben Mustapha Al Alawi : Recherches Philosophiques (al
abhath al alawiya fi’l falsafa ‘l‘islamiya), n° 8, Les Amis de l’Islam, Drancy 1984,
pp. 26 - 27.
6 - Hadîth : dire, parole du Prophète Mohammed dont la somme constitue la
Tradition (sunna).

❑ http://annales.univ-mosta.dz ❑

25