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La maternité dans les oeuvres de Nancy Huston

Explicitons l'intitulé dans un premiers temps. Maternité : état, qualité de mère. Mais aussi : fait de
porter un enfant, de lui donner naissance. Telle est la définition que donne l'encyclopédie Hachette du
mot maternité. Il s'agit donc de fixer des repères chronologiques à notre analyse pour tenter d'expliquer
cet "état" dans les oeuvres de Nancy Huston, qui couvre surtout la grossesse, l'accouchement mais aussi
l'éducation de l'enfant désiré ou non (cette petite précision s'impose, nous verrons dans quelles mesures).
La maternité est omniprésente et maquillée de différentes façons dans les oeuvres de la talentueuse
canadienne. C'est une transformation, un bouleversement, un paradoxe de bien et de mal, un noeud
d'avantages et d'inconveniants. En témoignent les forces contraires qui animent Lin et Lara, héroïnes
respectives de La Virevolte et Prodige, ou le bouleversement que connaîtra Saffie, personnage de
L'empreinte de l'Ange. Quels sont les impacts de la maternité sur le corps, sur l'esprit ? Comment cet
état se retrouve t-il au coeur d'une véritable reflexion sociale et philosophique ? Dans quelles mesures
Nancy Huston est-elle impliquée dans cette reflexion ? Nous tenterons de d'apporter des réponses à ces
questions en s'appuyant sur les oeuvres citées.

La maternité engendre un véritable bouleversement du corps et de l'esprit. Négatif le plus souvent. La


destruction du corps survient surtout à cause de la grossesse et de l'accouchement. Nous allons en
étudier les conséquences sur nos héroïnes respectives.
"Ce corps est sorti d'elle". Voici la première phrase du roman La virevolte. Phrase courte qui sonne à
l'oreille et l'esprit comme un constat. Amer ? Peut-être pas tant que ça. Pourtant, et à titre personel, c'est
bien l'impression qu'il procure. Cette impression, tenace, nous place d'emblée dans un processus que l'on
pourrait presque qualifier de déshumanisation. "Ce corps" serait remplacé par "cette chose", objet
materiel et inconnu. Le terme "déshumanisation", même s'il paraît un peu fort, parvient néanmoins
jusqu'à notre reflexion. Le corps est sorti du "gouffre béant" (page 11) du corps de Lin, femme promue
au rang de mère. L'image n'est ni belle ni joyeuse. Ce corps est le fruit du "récent cataclysme de tout son
être" (page 12). La métaphore est douloureuse et le choix du substantif cataclysme indique un grand
bouleversement, ici corporel. Il nous est donc présenté un premier aspect de la grossesse et de
l'accouchement, qui revêt un caractère difficile et bouleversant, pesant "elle avait pesé comme une
pierre dans ses entrailles" (page 11). Angela, c'est le nom de la première fille de Lin, donne des coups
de pieds dans l'estomac de sa mère. Cet enfant semble avoir laissé des traces d'une profondeur presque
indélébile dans la chair de Lin "la grotte d'où a jailli le bébé" (page 18). Page 22, l'enfant est ramené à
son aspect materiel "une salle ou grouillent des petits corps". L'enfant n'est pas encore tout à fait un être
humain. Dans L'empreinte de l'ange, l'acte sexuel à l'origine de l'enfant est représenté de manière
péjorative "tourner, retourner, manipuler" (page 36). Le corps de Saffie en est presque réduit à l'état
d'objet. L'apparition de la grossesse n'arrangera ni les choses ni son corps fragile. Le lecteur assistera
presque à une auto-mutilation de son héroïne " Saffie, ceintre déplié, carrelage blanc, sang rouge,
ambulance, hôpital, urgences... " (page 23). La maternité n'est pas une solution, c'est un état qui doit
disparaître dans l'esprit de Saffie, c'est un fardeau de plus. La grossesse de Saffie se passe mal. Elle perd
du poids au lieu d'en prendre à cause de cet enfant qui lui ronge le corps, comme un vampire se nourrit
du sang et de la force de ses victimes pour survivre. Il se nourrit ici de la force vital de sa mère. La
douleur ressenti lors de l'acouchement est comparé à la passion du christ "le martyre sacré des mères"
(page 65). Toujours page 65, "Ils n'assistent pas, terrifiés et impuissants, à la crucifixion du corps
qu'ils aiment". L'image est ici très forte et l'idée de douleur maquille chaque mots. L'accouchement de
Lara dans Prodige est également représenté de manière très forte, comme une machine. Un acte qui
n'aurait plus rien d'humain "Savoir que, sous peu, mon corps sera une grosse et lourde machine, cruel
bulldozer qui s'emballera et échappera à mon contrôle, affolé par la douleur" (page 14). La notion de
danger est elle-même très forte "tous ses rythmes les plus intimes, sang, coeur, entrailles, se muent en
signaux électroniques qui disent : danger" (page 21). Ainsi, l'enfant, notamment à travers la grossesse
et l'accouchement, laisse des traces indélébiles et profondes dans le corps de sa mère. Il la fragilise, la
blesse jusqu'au sang. Ces images présentent un caractère presque animal qui n'est pas sans rappeler la
senstion éprouvée face aux tableaux de l'Artiste Frida Khalo, auteur de nombreuses pièces sur le thème
de la maternité douloureuse et de la fausse couche. Attachons nous maintenant aux autres conséquences
destructrices de la maternité.
Si la maternité est physiquement éprouvante, elle l'est également moralement. Parfois jusqu'à la folie
"Elle est en train de me rendre folle" (page 73 de La Virevolte). L'arrivée de Marina est plus difficile
que celle d'Angela. Le plaisir de découvrir, à deux, les étapes de la vie d'un enfant, son éducation, est
atténué car le couple est déjà passé par là avec Angela. D'ailleurs, Nancy Huston a déclaré dans une
interview "ce n'est pas dit que c'est parce qu'elle a des enfants qu'elle part, c'est parce qu'elle a Marina
qu'elle part. Si Marina avait été une deuxième Angéla, ça tenait". La seconde fille de Lin est donc source
d'angoisse. Lin se trouve en face d'un constat amer mais typiquement humain et parental "Mes enfants
peuvent mourir". L'enfant est un petit être qui, aussitôt né, est suffisament âgé pour mourir. Nul doute
que ce constat n'est pas un plaisir pour le moral de la jeune maman. "Accepter la maternité, c’était aussi
accepter, la matérialité, la mortalité" écrira Nancy Huston dans son Journal de la création. La
destruction spirituelle provoquée par l'état maternel est communiquée à l'enfant. On assiste en effet à une
évolution morale négative de l'enfant qui en gardera des sequelles irréversibles. Par exemple, "Au-voir",
qui est le premier mot que dit Marina (page 74). S'il semble anodin, ce terme si tôt dans la bouche de
cette enfant présuppose la douleur qu'engendrera le départ de Lin. Ce mot n'est pas arrivé la par hasard,
il est le résultat d'un traumatisme du à l'absence de figure maternelle. Dans L'empreinte de l'ange, cette
dimension spirituelle est également présente. "C'est la fin du monde" (page 49). Cette phrase, quelque
peu hyperbolique, résume l'état d'esprit de Saffie lorsqu'elle découvre sa maternité. Et son visage devient
blanc comme un linge. On imaginerait presque notre héroïne réagir de la même façon à l'annonce d'une
maladie grave. Son état est apathique envers son enfant avant qu'elle rencontre Andràs. Le petit Emil
n'existe pas pour elle. Il est également la source de souvenirs macabres et douloureux pour sa mère qui
ne parvient plus à fermer l'oeil de la nuit. Dans Prodige, la forme polyphonique nous montre presque une
absence de communication, comme si chacun des personnages était enfermé dans ses propres pensées,
presque prisonnier. Cette forme est très présente dans les productions de Nancy Huston puisqu'on la
retrouve dans les oeuvres Les Variations Goldberg ou encore Une adoration. L'accouchement de Lara
est attendu avec angoisse "M'efforcer à la patience et au calme" (page 11). Son esprit est habité par le
chaos provoqué par l'arrivée prématurée du bébé "la lutte entre les deux souffrances doit rendre son
cerveau passablement chaotique" (page 22).
En plus d'un inconvéniant physique, la maternité est donc un déplaisir moral. Un mélange d'angoisse,
de folie, de stress et de crises familiales. "Parce qu'un enfant, peut-être plus qu'aucune expérience de la
vie humaine, vous confronte et à la nécessité et à la contingence" cette phrase de l'auteur résume bien
l'analyse que nous venont d'effectuer. Cet état peut également s'expliquer par la rivalité qui oppose une
mère et son enfant. Si beaucoup n'ose l'évoquer, ce rapport de force existe bien.
En effet, Les pages 82 et 83 de La virevolte mettent en évidence la volonté de conserver une certaine
identité par rapport à ses enfants. Si la maternité est vécue comme un enchaînement de sacrifice, il doit
et peut y avoir des limites. C'est un des thèmes qui rythment Prodige mais aussi La Virevolte. Dans ce
dernier, on trouve page 82 "Elle veut être comme moi, elle veut être moi". Le processus d'identification
est logique. Quel enfant n'a jamais voulu, à un moment de sa vie, ressembler à sa mère, ou à son père
pour un garçon. Il s'agit du cèlèbre mot d'enfant "Plus tard je veux faire comme maman". Mais Angela
va trop loin " j'aime mieux ton nom que le mien, j'ai envie qu'on échange nos noms tout de suite" (page
82 toujours). Lin ne veut pas qu'on lui prenne son nom, après tout, elle est une danseuse célèbre,
l'unique Lin Lhomond. Sa réponse est à la mesure de sa colère et de son refus "Angela! Tais-toi!" (page
83). Cette revendication de son identité se traduit par la passion qui l'anime, la danse. Angela veut faire
de la danse, mais voila quelque chose qui ne se transmet pas. Quelque chose qu'une mère ne peut pas
donner à son enfant, ne peut pas lui sacrifier "la danse n'est pas une chose qui puisse passer de moi à
un enfant de moi". Dans l'oeuvre Prodige, on retrouve également ce refus d'effacer un peu de son
identité. Cela se traduit par la jalousie de Lara alors que sa fille est en passe de devenir une grande
pianiste. On est fière de ses enfants, on leur souhaite le meilleur, cela va de soi. Mais au fond de nous,
une certaine angoisse mélée à une pincée de rivalité subsiste. La peur de voir son enfant réussir là ou l'on
a échoué. La peur de ne finalement pas être ce parangon qui a tout à donner et plus rien à apprendre.

Nous l'avons vu dans cette première partie, la maternité, surtout à travers l'accouchement et la
grossesse, est dépeinte de manière plutôt brutale et négative. Mais n'oublions pas qu'elle est aussi source
de vie et de bonheur, idée présentes dans les oeuvres.
En effet, l'enfant est le fruit du désir même s'il n'est pas pour autant désiré. Dans L'empreinte de
l'ange, l'acte sexuel entre Raphaël et Saffie se rapproche métaphoriquement d'une belle symphonie. "Il
saît contrôler le déroulement des gestes de l'amour pour en tirer un maximum de beauté, comme dans
une symphonie, agencer, moduler, ne pas attaquer fortissimo mais y parvenir poco a poco, mériter le
paroxysme en tant que culmination naturelle, inéluctable, géniale, du crescendo" (page 34). Bien
évidemment, il s'agit du point de "vue" de Raphaël puisque nous avons vu qu'il n'en est pas de même
pour Saffie. Si la maternité est facilement assimilée au bonheur, c'est qu'elle véhicule nombres d'idées
reçues, sur la grossesse par exemple. "Les femmes sont heureuses pendant la grossesse, se dit-il [...]
elles sont épanouies, radieuses, comblées". Mais ne généralisont pas, cet etat passe aussi par une
transformation du corps source de plaisir et de satisfaction.
"Avec Angela, la grossesse avait été comme neuf mois d'orgasme : une stimulation perpétuelle de
ce centre brûlant de la danse, le long cône vibrant entre sexe et gorge [...] jamais Lin n'avait connu
pareil emerveillement" (page 67). Paradoxalement, la grossesse est également montré sous son angle
positif voir jovial. C'est ce que suggère ce petit passage de La Virevolte. On retrouve ce sentiment avec
la naissance de la seconde fille du couple. Le corps devient musical, à l'image de la passion de Lin "C'est
le chef d'orchestre pour toute la symphonie de votre grossesse" (page 67 également). La maternité se
danse et, est conçue presque comme un Art. Nous sommes ici face à une idée qui marquera l'ensemble
de notre devoir : le rapport création - procréation. Cette idée du corps jouissance est également présente
dans Prodige "Afflux chaud, douche d'interiorité qui inonde soudain mes jambes et le tapis sous moi,
éclaboussant les pédales du piano et les pieds de mon élève. Une surprise une jouissance une surprise"
(page 18). Dans L'empreinte de l'ange, Saffie reconsidère son corps après la rencontre d'Andràs "se tient
nue devant la glace" (page 113). Elle commence enfin à aimer son propre corps et cette amour de soi
retrouvé favorise le contact qu'elle a avec le petit Emil "Elle ne traîte plus son bébé comme un paquet.
Provisoirement du moins, elle a rejoint la cohorte des parents adonnés au pouponnage" (page 114).
Nous sommes donc dans une description positive de l'état maternel qui passe par une transformation
jouissive du corps de la mère.
Nous pouvons à présent réfléchir sur le ou plutôt les rôles de la mère vis-à-vis de l'enfant. Premier
constat : elle est un soutien, en mesure d'apporter de l'aide sur les doutes et les questions qui taquinent
l'enfant dés son plus jeune âge. N'oublions pas qu'il s'agit d'une voix féminine et par conséquent, plus
douce, plus sereine. Ainsi, on retrouve dans La Virevolte plusieurs questions existencielles et notemment
sur la mort "Est ce que je vais mourir maman ?" (page 42) "Et toi tu vas mourir maman ? ". La mère
est un modèle, une source de savoir et d'envol que l'on a peur de perdre. Une de ses fonctions est donc
de rassurer son enfant "Si tu restes pas je vais faire un mauvais rêve" dit Angela à sa mère (page 48).
La mère est presque invincible. C'est en tout cas l'image qu'elle transmet d'elle même et que se forge les
enfants. Elle est une source vitale "Vis, ma petite ! sois forte" dit Lara à sa fille dans Prodige. Lara est
indispensable à la survie de la petite Maya ne serait-ce que par son soutien spirituelle. Une sorte de
connexion entre la mère et la fille "Je t'aime et je te sauverai ! Tu verras. Je t'ai donné la vie, je ne
permettrais pas qu'on te la reprenne" (page 26).
Essayons de dépasser le texte. La maternité est un sujet vaste qui défie les lois du simple "réèl". Nous
verrons en quoi il se dresse entre fiction et réalité et nous étudierons l'implication de Nancy Huston sur
ce thème et dans les oeuvres de manière générale.
"Je vois mieux aujourd'hui qu'à l'époque de Journal de la création à quel point le réel est imprégné
d’imaginaire. Parce qu’il y a un aller-retour. La limite entre les deux est très floue" dira Nancy Huston.
En effet, autant dans La Virevolte que dans L'empreinte de l'Ange, revient sans cesse cette impression
de se trouver dans un conte, une fable. Dans le premier, on trouve "Faites l'amour avec cet homme et,
en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il y aura un bébé vivant et gigotant sous vos yeux" (page
26). Replacée dans son contexte, cette phrase ressemble presque à une recette pour faire "pousser les
bébés". C'est une référence au conte. On trouve par exemple "buvez ceci et votre queue de poisson se
transformera en une paire de jambe humaine" (page 26 également). On se laisse séduire par le petit
côté "secret de grand mère" que proposent ses expressions. Tout ce qui entoure la naissance d'Angela
relève du miracle et de l'impossible pour Derek et Lin "c'est incroyable se dit lin; c'est impossible"
(toujours page 26). Ils sont rapidement dépassés par les évènements "Ils ont du mal à croire qu'un jour,
en plus de toutes ses autres capacités miraculeuses, Angela va apprendre à parler". Etre mère semble
encré dans une conception fantastique de la vie, il n'est pas facile de le réaliser, d'en prendre conscience
"Alors c'est réèllement vrai. Même quand elle n'est pas là, Lin est toujours maman pour Angela. C'est
absolument serieux, pas une comédie du tout" (page 44). Dans L'empreinte de l'ange, on trouve
également cette idée de recette miracle pour faire "pousser les bébés". Page 72 "Mystère insondable, se
dit Raphaël. Le mélange de nous deux. Moi, plus Saffie, plus une pinçée de miracle, égalent...toi". Ce
thème de l'imaginaire fait partie intégrante de la vie de la romancière canadienne. Elle qui mène une vie
"hautement anormale" selon ses propres mots "entre réalité et imaginaire. Elle dira dans un entretien
"Etre seule du matin au soir ici et ne vivre qu’avec des personnes imaginaires, vous trouvez cela
normal?". Si Nancy Huston s'insère dans ce thème, elle est également présente dans le reste de l'oeuvre,
à travers l'image de la mère, statut qu'elle connaît bien.
En effet, la mère est l'héroïne, malheureuse ou non, des romans de Nancy Huston. Notons que dans
La virevolte comme dans L'empreinte de l'ange et Prodige, le texte s'ouvre sur l'image de la mère : Lin
donne naissance à Angela, Saffie attend patiemment qu'on lui ouvre la porte Rue de Seine, et Sofia est la
mère de Lara. Lin, comme son amie Rachel, n'a pas de mère. Pas de mère, pas de douceur "elle
n'avaient aucun instinct pour s'occuper de leurs corps parce que leurs corps avaient toujours été
manipulés par des femmes sans tendresse" (page 25). La présence de la relation mère-fille est
récurrente. C'est en cela que l'on reconnaît la "patte" littéraire de Nancy Huston. Il s'agissait
probablement pour la romancière de chasser ses demons en y introduisant quelques éléments d'ordre
autobiographique. L'interéssée dira : "Dans La virevolte, je me suis efforcée de me mettre à la place
d'une mère qui abandonne ses enfants. Ecrire permet de tout voir en face...". La maternité est source
d'un dilemne, qui reflète l'enfance de notre créatrice "Paradoxalement, j’ai à remercier ma propre mère
de son geste de folie [elle a quitté le foyer familial lorsqu’elle était enfant], parce que c’est sûr qu’il n’y
aurait pas eu cette œuvre d’art-là s’il n’y avait pas eu cet élément de vie massif." Nancy Huston s'est
donc servi de ses experiences en tant qu'instrument littéraire "C’est depuis que je suis mère que j’écris
bien, je trouve. En voyant grandir mes enfants, j’ai vu émerger des individus à partir de presque rien, et
ça, c’est passionnant". D'ailleurs, la canadienne est une des rares auteurs a revendiquer son identité de
mère. Et même si, comme elle l'écrit dans Le dilemme de la romamancière, "l'écriture est réputée
difficilement conciliable avec la maternité" Nancy Huston en a fait l'instrument de sa réussite.

La maternité est traîtée de façon quasi-similaire dans les oeuvres de Nancy Huston, à savoir
transformation du corps et de l'esprit, de façon tantôt négative tantôt positive. Le sujet revêt néanmoins
une forme différente dans chacune de ses productions. Dans La Virevolte, c'est l'histoire d'un dilemne.
Un dilemne qui oppose création et procréation. Lin est tiraillée par des pensées "interdites" pour une
mère, en l'occurence un choix entre sa famille et l'Art, sa passion. C'es un sujet de reflexion pour toutes
les mères qui se sentent un jour frustrées dans leur vie familiale, qui prend rapidement le pas sur leur
passions et leurs envies. D'après une enquête sur les oeuvres de Nancy Huston, La virevolte est d'ailleurs
le livre préféré des femmes. Dans Prodige, l'accent est mis sur la rivalité mère-fille et la jalousie
"interdite" de Lara, envers sa fille Maya. Dans L'empreinte de l'ange, c'est le brusque changement de
comportement de Saffie à l'égard du petit Emil qui retiens notre attention. Pour terminer, citons une
nouvelle fois la créatrice elle même, puisque Nancy Huston , nous l'avons vu, est très impliquée dans ses
romans "La maternité ne draine pas, toujours et seulement, les forces artistiques; elle les confère aussi"
nous dit la romancière. Voila une phrase qui résume de brillante façon son entreprise et met un peu plus
en relief le parallèle entre la mère et la créatrice.

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