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LES REDRESSEURS DE CALAVI

En hommage aux «redresseurs de Calavi» qui règlent les petits conflits du quotidien grâce à leur influence. Ces justiciers des quartiers, disciples de la non-violence, ont fait de la justice leur idéal !

Ishola akpo

ARTISTE MULTIMEDIA I PHOTOGRAPHE

N é en Côte d’Ivoire, Ishola Akpo a longtemps travaillé à partir d’images numériques retouchées, renouvellant le genre du

collage et revendiquant leur artificialité formelle pour mieux affirmer la profondeur de leur discours. Volontairement construites, ces images renvoient pourtant à des réalités africaines profondes. Mélangeant ses thématiques, il en fait des métaphores plurielles qui permettent toujours une multitude de niveaux de lectures. En 2009, Ishola Akpo participe à une résidence artistique à Dakar (“Hospitalité / Inhospitalité»). Il est sélectionné deux années de suite pour participer au “Forum Transculturel d’art contemporain de Port-au-Prince”, 2008 et 2011 en Haïti. En 2010, il reçoit le prix de la Fondation Heinrich Böll. Lauréat de la session freelens du webdoc Festival de Photographie de Toulouse en 2012 avec sa vidéo des redresseurs, la série «Les redresseurs de Calavi» a d’abord été sélectionnée au 11ème «Aleppo International Photography Festival» en Syrie puis pour Photo Off Paris dans le cadre du Mois de la Photo 2012 en France. La série «Les redresseurs de Calavi» a également été présentée au Bénin et au Sénégal lors des éditions de «Périféeriques # 1 et 2». En 2013, Ishola Akpo est l’un des lauréats de Visa pour la Création de l’Institut français à Paris.

Série de trente photographies mettant en scène des jeunes de Calavi au Bénin, dans leur salle d'entraînement.

Ces jeunes décident de régler les petits conflits du quotidien des habitants, grâce à leur influence, là où la justice laisse faire. Nouveaux justiciers des quartiers, disciples de la non-violence, "les redresseurs" ont compris que la justice est avant tout une question de rapport de force et que c'est au prix de ce rapport de force que l'affaire est vite tranchée. Ces nouveaux justiciers mettent leur force physique à profit des plus faibles, tout en ayant un idéal de justice qui leur est propre.

justiciers mettent leur force physique à profit des plus faibles, tout en ayant un idéal de
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LES REDRESSEURS DE CALAVI

Surtout, soyez toujours capable de ressentir, au plus profond de vous, n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, n’importe où dans le monde» disait Ernesto Che Guevara. Les redresseurs de Calavi pourraient faire de ce

message du commandante leur précepte. Ils auraient pu écrire cette phrase au fronton de cette maison abandonnée qui leur sert de salle d’entrainement pour

mieux faire comprendre leur mission. Ressentir l’injustice est une chose. Proposer des solutions en est une autre. Que faire face à une justice d’Etat qui fonctionne à deux

vitesses dans le monde, «selon que vous soyez puissants ou misérables

ainsi qu’on voit naître une nouvelle classe de «justiciers», parce que rien n’est donné dans ce monde de la débrouille, même s’il est de bon ton d’exhorter les jeunes à assumer le plus d’humanités possibles. Pour ces justiciers d’un genre nouveau, face aux petits conflits du quotidien, c’est l’inévitable nécessité du «vivre ensemble» qui doit l’emporter sur l’inévitable oeil pour oeil, dent pour dent.

? C’est

«

»

Les Palais de justice sont avant tout des prouesses architecturales parce que symboliques. Le lieu où la justice s’exerce doit avant tout impressionner. Ses proportions sont au-delà du raisonnable. Les proportions sont au Palais de Justice ce que la religion a toujours été pour l’homme avec ses promesses de paradis et ses châtiments : quelque chose qui le dépasse et qui maintient la majorité dans une totale résignation face au puissant. De sorte que tout quidam qui pénètre dans le box des accusés puisse se sentir insignifiant avant même de témoigner. Présumé coupable. Les redresseurs de Calavi connaissent bien ce que c’est l’influence sur les décisions de justice. Ils savent que c’est au prix de ce rapport de force que l’accusé finit par avouer. Et qu’il n’y a rien de plus noble à rendre justice aux autres. On ne sait de quelles divinités ils sont les serviteurs. L’entraînement se fait de jour comme de nuit, l’exigence est la règle. Les petites affaires se règlent, les bons et les mauvais dossiers y passent, avec la justice comme seul prétexte. Mais le justicier n’est jamais au-dessus de la justice. Dans les rues, les muscles se donnent en spectacle, luisant comme du marbre. Les effleure t-on, tandis qu’on croit rencontrer un Ogou Feraille, ces corps sont de chair et laissent couler du sang. Qui pensera à arrêter l’hémorragie ? Les plus grandes révolutions finissent par manger leurs propres fils. Tandis que celui-ci vole toujours plus haut, l’idéal fragilise celui qui le porte et le rend de plus en plus vulnérable. Les justiciers des quartiers n’arrivent pas à résoudre les problèmes de leur propre quotidien. L’idéal ne nourrit pas son homme

Ainsi va la vie à Calavi. Loin des spectacles dans l’arène publique qui auraient été moins intéressant à rendre compte, le photographe nous invite à voir ce rituel dans les coulisses. Dans le clair-obscur d’une salle d’entrainement où le métal et les muscles se cognent, le photographe nous livre cette anti-chambre de l’influence en nous montrant le dénuement de sa naissance, tout en immortalisant chaque respiration, chaque battement de coeur des redresseurs. Cette complicité n’est pas sans risque. Quand parfois les corps s’affrontent entre répulsion et séduction, comment peut-il distinguer un vrai moment de tension d’un simple jeu de routine ? La ligne entre un dérapage et un jeu de collision musculaire n’est jamais tranchée. Même si l’adrénaline monte, il ne faut jamais montrer ses faiblesses. Nous sommes avant tout dans la représentation. Comme la justice !

Puisque le photographe privilégié, baigne lui aussi dans ce rituel de la représentation, son appareil est un couteau à double tranchant. Il sait à quel prix il ne doit pas franchir le fil ténu de la confiance. A son corps défendant. Les redresseurs réfutent toute idée de violence et tiennent à leur image de pacifique. Ils préfèrent parler de force tranquille. Et ce ne sont pas dans les silhouettes et les muscles qu’il faut chercher cette force tranquille. Le diable est dans les détails. Ces photographies nous laissent entendre le craquement des os et le flux du sang chaud qui coule dans leurs veines. Le vrai miracle de cette rencontre ne tient ni aux corps qui s’exhibent, ni même ce jeu d’ombre et de lumière dans lesquelles ces corps sont plongés. C’est la métamorphose de cette force tranquille en quelque chose de profondément vulnérable. Et quelle métamorphose !

Giscard Bouchotte Critique & Commissaire d’exposition.

PERIFEERIQUES ≠1 Novembre 2012 Serie de 10 photographies en plein air Campus de l’Université d’Abomey Calavi Format : 150 x 100 cm Edition : 1/5 Support : Baches

Salon Photo Off 2012 Novembre 2012 Serie de 02 photographies in situ Belleviloise, Paris Format

Salon Photo Off 2012 Novembre 2012 Serie de 02 photographies in situ Belleviloise, Paris Format : 30x45 cm Edition : 1/5 Support : papier fine art

2012 Serie de 02 photographies in situ Belleviloise, Paris Format : 30x45 cm Edition : 1/5

Aleppo 11th International Photography Festival Septembre 2012 Serie de 10 photographies in situ Alep, Syrie Format : 25 x 35 cm Edition : 1/5

PERIFEERIQUES ≠2 Décembre 2012 Projection en plein air Festival des Formes et des Rythmes Toubab

PERIFEERIQUES ≠2 Décembre 2012 Projection en plein air Festival des Formes et des Rythmes Toubab Dialaw, Sénégal

PERIFEERIQUES ≠2 Décembre 2012 Projection en plein air Festival des Formes et des Rythmes Toubab Dialaw,
Festival de Photographie de Toulouse Mai 2012 Projection Vidéo en plein air Lauréat Prix de

Festival de Photographie de Toulouse Mai 2012 Projection Vidéo en plein air Lauréat Prix de la jeune photographie d’utilité public

Bourse Institut Français édition 2013 LAUREAT DE VISA POUR LA CREATION 2013 WINNER OF VISA
Bourse Institut Français édition 2013 LAUREAT DE VISA POUR LA CREATION 2013 WINNER OF VISA

Bourse

Institut Français

édition

2013

Bourse Institut Français édition 2013 LAUREAT DE VISA POUR LA CREATION 2013 WINNER OF VISA POUR
Bourse Institut Français édition 2013 LAUREAT DE VISA POUR LA CREATION 2013 WINNER OF VISA POUR
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LAUREAT DE VISA POUR LA CREATION 2013

WINNER OF VISA POUR LA CREATION 2013

Bourse Institut Français édition 2013 LAUREAT DE VISA POUR LA CREATION 2013 WINNER OF VISA POUR
Bourse Institut Français édition 2013 LAUREAT DE VISA POUR LA CREATION 2013 WINNER OF VISA POUR
Bourse Institut Français édition 2013 LAUREAT DE VISA POUR LA CREATION 2013 WINNER OF VISA POUR

L’homme rouillé

Barbiche poudreuse et fine, Là, dans la Manche, il rumine ; Il radote et il rumine, Tâtonnant dans la poussière De ses in-folio moisis, Marmonnant les vieux adages Des lois de chevalerie :

De tout tort le redresseur, Sers la bonne cause et meurs.

Herman Melville

Expositions passées / Past exhibitions

Expositions passées / Past exhibitions Salon Photo Off 2012, en collaboration avec Afriphoto La Bellevilloise 19-21

Salon Photo Off 2012, en collaboration avec Afriphoto La Bellevilloise 19-21 rue Boyer 75020 Paris

Périféeriques #1 Curator: Giscard Bouchotte Campus de l'Université d'Abomey calavi (Bénin) du 16 au 18 Novembre 2012. Giscard Bouchotte Campus de l'Université d'Abomey calavi (Bénin) du 16 au 18 Novembre 2012.

Aleppo International Photo Festival Curator: Issa Touma du 15 au 30 septembre 2012 Alep, Syrie Issa Touma du 15 au 30 septembre 2012 Alep, Syrie

Festival de Photographie de Toulouse Session freelens du webdoc Projection vidéo''Les Redresseurs de Calavi'' Mai 2012 Session freelens du webdoc Projection vidéo''Les Redresseurs de Calavi'' Mai 2012

CONTACT

Ishola Akpo ARTISTE MULTIMEDIA I PHOTOGRAPHE www.isholaphotos.org E-mail: isholaphotos@gmail.com Tél: +229 96126412