Vous êtes sur la page 1sur 5
singe des rue s   Si tout va bien ça sort en 2012 / l’apoca
singe des rue s   Si tout va bien ça sort en 2012 / l’apoca

singe

des

rue s

  Si tout va bien ça sort en 2012 / l’apoca ­ lypse n’a pas
 

Si tout va bien ça sort en 2012 / l’apoca ­ lypse n’a pas eu lieu / bien sûr / je sais

p

d

s é a n c e

a s

s i

c ’ e s t

t a n t

m i e u x

b i l e

n o u ve l l e

n o i r e

/

e

vo c a l i s e s

à

l a

/

t u

r e c o n n a i s

ça n'avait plus lieu d'exister si on partageait plus cette force commune au quotidien.

ça doit faire quelque-chose comme trois

efforts pour que ce soit supportable, quoi. Qu'est-ce qu'on va dire de plus qui ait un quelconque intérêt, sorti de ça ? Alors on le fait que pour des potes, s'ils insistent. Beau­ coup. Comme vous. Bande de relous.

 

c

e

f l ow

b i n a i r e

?

/

c ’ e s t

ç a

o u

d e s

c o u p s

ans qu'on s'est dit qu'on referait bien un skeud, et comme on est lents, perfection­ nistes et sans tune, ça a pris son temps On écrit pas des masses, on est pas du tout dans le truc « le rap c'est ma thérapie, j'écris tous les jours sinon je deviens fou etc. ». T'as besoin de vivre des trucs avant d'ouvrir ta gueule. Et puis on est pas des artistes, donc nos vies sont remplies de bien d'autres choses qui laissent peu de place à la zik, et par ailleurs on fait tout nous même, mixage, master, grafizm. Donc vlà, on s'était posé une limite à la fin du monde, et on a pas su la tenir. On donne jamais d'interyouv. Pour leur faire de la pub, il y a eu entre autres : Bla­ bla, Mauvaise (un skinzine de potes), Nina et ses idées noires (un fanzine punk). On est pas sûrs que ce soit bien passionnant de nous mettre en avant, qu'on ait des choses à dire en tant que groupe, qu'on ait une exis­ tence à mener comme personnage public. SDR c'est juste des skeuds et des concerts, notre avis sur l'état du monde intéresse per­ sonne, et on le déblatère déjà suffisamment, mis en rime et en musique, avec quelques

 

de cutter dans la baignoire

Salut ! Premières petites questions pour planter rapidement le décor. Si tout va

bien ça sort en 2013, hein ?! Vous venez de sortir un deuxième album, 8 ans après APE en 2005, pourquoi avoir mis autant de temps ? Que s’est-il passé ? Envie de prendre du temps pour ça ou

J

e

p o u r r a i s

t e

c h a n t e r

q u e

j e

s u i s

S i n g e

d

e s

ru e s

à

c h a q u e

r é ve i l

/

q u e

l a

r é vo lt e

coule dans mes veines par litres que je

 

f

a i s

q u e

d e s

r ê ve s

d e

r e q u i e m

/

q u e

j e

pars en guerre H24 sans escale / que je

g

a r d e

l a

b a r r i c a d e

ave c

m e s

g o r i l l e s

 

bien d’autres choses à faire ?

Et, ques­

 

tion subsidiaire : combien d’entretiens en 10 ans d’existence ?

en escouade / que ma life n’est qu’un enfer sans espoir / que j’ai balafré la

tendresse que je suis dead plus de cent

 

o i s

f /

q u e

j e

s u i s

q u ’ u n e

b ê t e

à

s a n g

f r o i d

/ e n n e m i

u n

d ’ é t a t

/

p a s s a g e r

c l a n d e s t i n

 

Salut. Bah oui, comme vous l'avez entendu, l'album commence par une blague, même si on se traîne une réputation de rap glauque et premier degré. Et y en a 2-3 autres dans le disque, un peu planquées, certes. Pas mal de raisons qui expliquent qu'on ait mis aussi longtemps. Des histoires persos, bien sûr, qui font que la musique a été bien

d’une terre stérile et sans joie …

Les thèmes abordés restent sensiblement les même : humeurs sombres, broyage de noir, galères du quotidien, et révoltes à tous les étages. Pourtant, le temps a pas­ sé depuis l’embrasement de 2005, et on peut avoir l’impression que la rage qui ressort de vos textes se fait maintenant plus introspective, plus nuancée, plus assagie… Avec parfois, une ambiance du genre « on fait le bilan »… Serait-on passé du rap d’émeutiers au rap de tren­ tenaires (comme vous dites) ?!! Alors, y a toujours pas d’espoir ?

58

mise entre parenthèses pendant longtemps, on se voyait plus trop, y a eu des accidents, des déménagements, des réaménagements dans nos vies respectives, bref rien de bien passionnant pour le lecteur. SDR c'est qu'une histoire d'amitié et de complicité, et

« L'espoir est un poison, un des seuls qu'on s'injecte tout seul » comme dit

« L'espoir est un poison, un des seuls qu'on s'injecte tout seul » comme dit Christophe Khider (évadé de Moulins-Yzeure en 2009, il vient de prendre 15 piges pour ça, qui viennent se rajouter aux 40 et quelques qu'il était déjà en train de « purger »). On sait pas si on peut dire que c'est as­ sagi, ou plus introspectif. Y a un truc sur le premier album, c'est qu'on comprend pas un mot sur deux de ce qu'on raconte, et qu'on hurlait plus qu'on rappait à l'épo­ que. Ca donnait une impression sans doute plus violente, urgente, le son était crade, l'ambiance poisseuse, ça a été fait dans une cave, à une époque où on zonait surtout à deux. Mais en fin de compte les thémati­ ques étaient assez proches, et ça fonction­ nait déjà sur un équilibre précaire entre implosion et explosion, entre le suicide et l'émeute. Des couplets assez dépres­ sifs, qui se résolvent dans des refrains de guerre. C'est pas si loin sur celui-là. Y a des morceaux sur le disque qui sont plus calmes, peut-être, musicalement plus tran­ quilles, et on se bousille moins la voix, mais ça c'est plutôt une histoire de forme, on a un peu appris à faire du son et à rap­ per, quoi. Pour le fond, c'est aux auditeurs de voir si ça leur parle. Forcément le temps passe, tu te rends compte que t'es pas mort à 30 ans malgré ce que tu te racontais, t'as vécu d'autres trucs, t'as rencontré des gens, t'as choisi de vivre à plusieurs, comme un moyen de pas som­ brer. Donc tu peux plus la jouer seul contre tous. Mais le constat sur le monde est tou­ jours aussi amer, les perspectives de sortie toujours aussi minces, l'espoir de plus en plus absent au final, parce que tu te rends compte que si ça bouge c'est toujours en pire, et qu'il y a décidément peu de chances qu'on voit advenir la révolution des maca­ ques. Peut-être qu'on regarde les brèches en même temps que le mur, à présent. Par contre, le bilan, on voit pas. Pas no­ tre genre. Le morceau que vous citez, "Je pourrais", est pas du tout sur le mode bilan. C'est plutôt un genre de mise au point. Ca dit que SDR n'est qu'un bout de ce qu'on est et de ce qu'on vit, ce que deux per­ sonnes ensemble décident de cracher à la face de ce monde (qui s'en fout pas mal, d'ailleurs), pour se donner un peu de force et tâcher d'en partager, sans se raconter d'histoires sur qui on est ou sur la médio­ crité de nos petites vies. "Je pourrais", ça parle de mémoire, sur le mode « ce qui te tue pas te rend plus fort ou handicapé », et des mensonges qu'on veut pas se raconter. Un bilan, c'est tu t'arrêtes et tu fais le tri. Nous on s'arrête pas, on prend le tout, y compris nos faiblesses et nos erreurs, et on tâche de continuer à se battre.

Allez viens je t’emmène en balade y’a quel ­ ques piges du sale côté du périph’ / là où

o ù

stérile / à la baraque ça fait un bail que mon reup s’est barré c’est la merde

L

tard et je mens à tour

d u

t

g

ça parle de glocks de meufs et de commis ­

s a i r e s

q u i

paire de Nike Air / à l’époque les cancevas c’est Montreuil et Saint-Ouen

/ les tanjs et les guitares les puces et

les biffins / et sur le poste / bah je fais tourner NTM Django et les Bérus à fond

c

l’

ave n i r

e s t

m a l a d e

p è t e

l e s

m ê m e

p l o m b s

l’ h o r i z o n

e s t

m o i

j e

r e n t r e

a

d a r o n n e

o n t e r a m e r a n d s

p a s

m ’ i m p o r t e

de

q u a r t

d e s e n

bras / je ra ­

d e

b l o c s

q u i /

l a

l a

e t

m o i t i é

ru e

s e

c e

s e l e s

e n

b a s

r ê ve n t

g a n g s t e r s

/

d a n s

b i z e n t

/

l e u r s

h i s t o i r e s

c ’ e s t

m e s

j e

m ’ e n

p o t e s

l e

c a r r e

f o o t

/

c e

m a

Une petite question nous taraude sur le fait que vous habitez depuis quelques années au fin fond du bout du monde, la cambrousse ! Comment s’imbrique le fait que votre musique est parti­ culièrement urbaine avec celui que votre quotidien est particulièrement rural ? Sans tomber dans le cliché de la campagne comme monde merveilleux

des bisounours ou comme celui des bouseux de paysans, le rap reste, de fait, l’expression ultra-urbaine de la galère et de la révolte… Surprenant, donc, peut- être, de choisir ce mode d’expression ultra-codé pour parler d’un quotidien de petits bleds, du gendarme de service qui traîne au bar, de jardins potagers,

et de vertes prairies

mêmes histoires, mêmes galères, mêmes combats ?

Ville, campagne,

Bon, d'abord le morceau que vous citez, c'est le solo de APE#1, ça parle d'où il vient, de là où il a grandi. ça dit plus tard :

« Prisonniers de nos villes / Bien-sûr que ça reste gravé dans la chair ». Donc pas de ici et maintenant, mais des trucs qui nous constituent. Encore une fois, SDR c'est un bout de nous qu'on choisit de lâcher aux oreilles et au regard des autres. Ce qu'on fait de notre vie, là où on le fait et avec qui, c'est autre chose. Nos potes ont pas choisi qu'on ait une existence publique, et y a pas lieu de les impliquer là dedans, de les exposer. Du coup, on n'a pas à s'étendre plus que ça, pas plus que sur notre marque de yaourts préférée. Après, ce que ça pose comme question, c'est plutôt la légitimité de rapper. Ques­ tion que tu te poses tout le temps, en ville ou ailleurs. Ce que t'as à raconter va se re­ trouver sur un skeud – après beaucoup de taf – que tu vas faire circuler, que tu vas donner à entendre à des gens qui sont pas tes intimes, ça finit par t'échapper. Alors cette question, on se l'est posée au départ, et bien sûr qu'on continue de se la poser. Ce qui change, en même temps que nos vies,

c'est les manières qu'on a d'y répondre. Le rap, c'est un mode d'expression, né dans

le ghetto. C'est des gens à qui on ne donne jamais la parole qui la prennent, des gens

qui rentrent dans la musique par effraction. Le rap c'est « moi je ». Comme disait Tu­

pac, « me against the world » ; quand t'as

le micro, t'as le pouvoir, t'es à égalité avec

les puissants, tu dis ta vérité. Il y a donc

une exigence de sincérité, tu peux pas tri­

cher, on le sent direct. Nous on dit qui on est, (dans une certaine mesure, je vais pas te parler de mes pannes de bagnoles ou des

rhumatismes de mon chien), ce qu'on voit de là où on est, on tâche d'être sincères et d'y mettre les tripes. Les morceaux sont chargés des expériences qu'on a faites et qu'on fait, des claques qu'on s'est mangé et qu'on se mange. C'est ça ton authenticité, ta légitimité. Après c'est une parole publique, donc tu choisis ce que tu veux bien lâcher de toi ou pas. C'est pas un journal intime :

le « moi je » du rap il parle pas que de toi, à travers ta petite gueule tu parles des autres, de ce qui t'entoure. On représente person­ ne, on laisse ça aux politicards, mais on sait que tous seuls on est rien, et qu'on est le fruit d'une histoire et d'un monde social. C'est bien pour ça que les deux morceaux les plus intimes du skeud, les solos, ceux où on dit le plus de nous, on les a appelés "Authentique Produit de l'époque". Pour finir, y a des vieux morceaux sur le skeud, qui ont bien 4 piges maintenant, qu'on joue sur scène depuis pas mal de temps, qu'on pouvait pas ne pas mettre parce qu'on se reconnaît toujours dedans, même si on les habite un peu différem­ ment. Donc c'est un bout de vie le skeud, on voulait que ce soit ça, c'est pas un bloc jeté dans l'urgence. Même en ayant pris quelques distances, bien-sûr on est façon­ nés par la ville, elle a fait de nous qui on

« Tu peux retirer

est, le mal est fait, quoi

le singe de la rue, tu peux pas retirer la rue du singe. », niark niark

Après, cette histoire de ville-campagne, pas sûr que notre avis là-dessus captive le lecteur, s'il s'est pas déjà endormi.

E

q

d

à

Vincennes / c’est toujours une histoir e

/

d’enchristés de guerre lasse de regard s

d ’ é m e u t e

é t i n c e l l e

t

u e

e

n o s n o s

b i d o n

s i

s o n t s e

d ’ e s s e n c e

q u e

v i e s

l a

d e

r é s u m e n t

u n e

F r a n c e

/

v i d e s

s e n s

à

u n

a l l u m e t t e

b rû l e

d ’ a n i m a l

c ’ e s t

p u t a i n

/

d é s i r s

e t

u n e

c o m m e

e t

d e

c l a s s e s

b l e s s é

baissés / reste à ta place ici ce qu’o n

n o u s

i m p o s e

ç a

p u e

l e

sys t è m e

b i a i s é

 

A

c o u r t

t e r m e

t o u s

p a r q u é s

o u

a u

c h t a r

je

suis pas claustro par hasard / et s i

o n

s ’ e s t

m a r q u é s

a u

c o r p s

/

c ’ e s t

p o u r

o

u b l i e r

q u e

n o s

v i e s

l e u r

a p p a r t i e n n e n t

/

r

i e n

n e

s e r t

d e

m e n t i r

s u r

l e

s c o r e

/

l e u r s

59

p u t a i n s

/ ce monde nous fait / malades ou crimi ­

nels il nous enferme nous rend infirmes

d e

p e i n e s

n e

c e s s e n t

d ’ a u g m e n t e r

/ n o u s

o n

ava n c e

c o m m e

s u r

u n

f i l

/

i n c a r c é r é s

p o t e n t i e l s

/

l e s

p i e d s

s a n g l é s

dans ce putain de sol

Alors c'est Crève la taule

partie de vos textes parlent de la prison. Soit vécue sensiblement/directement comme le monstre froid qui nous arra­ che les potes, les proches pour quelques mois, quelques années, soit analysée comme la machine qui permet aux bourges de mater encore et toujours les pauvres, les prolos, les inadaptés. Vous participez également au concert Du son contre la prison en mai prochain [2013]. Vous pouvez nous en dire plus sur tout ça ? Et un mot sur le journal L'Envo­ lée ?

Une bonne

« Vous en dire plus sur tout ça »

Bah, simplement elle est dans beaucoup de textes parce qu'elle est là tout le temps. Elle hante nos vies, a de l'influence sur nos choix, on peut jamais l'oublier. Et encore

on a la chance de pas encore l'avoir connue directement, dans nos chairs. Mais comme tout le monde, on a connu des gens qui y sont partis, on connaît des gens qui y sont passés, des gens qui y sont, des gens qui iront, et on est nous-même des gens qui iront peut-être. Si tu l'as croisée elle te quitte plus. « Ce pays : une cour de prome­ nade qui a les taules pour mirador / ceux qui se prétendent à l'abri sont déjà morts » comme on dit dans "Nevermore". Du coup, elle pèse aussi en permanence sur les choix que tu fais dans ta vie, dans un sale calcul de risque / avantage. C'est bien à cause d'elle qu'autant de gens bossent. Comme une menace permanente, une épée de Da­ moclès, qui en plus t'arrache des proches et les torture, en toute tranquillité, et qui tue, qui suicide à longueur d'année, qui en­ ferme les familles et les potes avec, et qui te garde jusqu'à ta mort parfois. Rien que l'idée devrait être insupportable à n'impor­ te qui se prétend sain d'esprit. Et de fait, si tu regardes un peu qui peuple la prison, son utilité sociale est assez transparente Si t'as déjà mis les pieds dans un tribunal,

c'est pareil : tu vois la guerre des classes à l’œuvre, et qui la gagne. Et pourtant rares sont les voix qui la remettent en cause, et on te sort toujours les mêmes monstres- épouvantail pour justifier un enfermement de masse. Du son contre la prison sera fini quand

60 vous mettrez sous presse les gars vu com­

Du coup

on va la jouer prophétie : ça s'est grave bien passé, on a fait un triomphe, y a eu plusieurs départs de feu et quatre évasion à la fin du set. On remet ça bientôt. C'était

pfffffffiu.

me on a traîné à vous répondre

un concert de rap à destination des prison­

niers et prisonnières, rediffusé sur pas mal

de radios locales, qui couvraient du coup

pas mal de prisons. On jouait avec Premiè­

re ligne et Les Evadés. C'est la troisième

édition. On avait participé à la première, avec les mêmes groupes, mais la redif' avait merdé. C'était la revanche. L'Envolée : abonnez-vous, et vos potes ou proches au placard, c'est gratuit pour les prisonniers. Et y a un nouveau site inter- net : lenvolee. net. C'est un journal qui existe depuis 10 ans, et qui publie surtout des courriers de prisonniers et prisonnières qui se battent contre l'Administration péni­

tentiaire, la matonnerie, la prison. On a fait une tournée de soutien au journal quand il était poursuivi pour diffamation par l'AP. Un numéro sur le procès de l'évasion de Moulins-Yzeure en 2009 vient de sortir.

Y a des gens du journal qui y étaient, et

qui ont fait des compte rendus de ce pro­ cès, dispos sur le site internet. Ca vaut le coup d'entendre parler Christophe Khider

et El Hadj Omar Top, ils disent comme

personne ce que c'est l'enfermement et ils sont debout face à cette putain de machine qui les assassine froidement. C'est impres­ sionnant. Bonne route à Redoine Faid, d'ailleurs !

P

a r a n o

/

d e s

p a r a s i t e s

s u r

l e s

p o r t a b l e s

/

y ’ a

n o s

p o r t r a i t s

c h e z

l e s

R G

n ’ i m p o r t e

quel dé-kis a le port d’arme

 

S

k i z o

/

o n

s e

d é g u i s e

p o u r

d e s

e u r o s

/

d

é s i r

e n

b e r n e

p e n d a n t

d e s

h e u r e s

t r a î n e

en zombie parmi les ombres

Claustro / tes rêves dans 4 murs encas ­

t r é s

est partout à l’étroit

A n g o i s s é s

sursis / on partira pas seuls

My t h o / o n s e m é f i e d e t o u t e t s u r t o u t d e

t o i

tout la vérité c’est dans la tête

/

o n

p a r l e

q u e

d ’ é va s i o n

p a r c e

q u ’ o n

d é p r e s s i f s

t o u t

e s t

s u i c i d a i r e s

e n

f a u x

o n

s e

p e r m e t

/

c o m m e

A

u t i s t e

/

l a

h a i n e

d e

s o i

c o m m e

u n e

t

u m e u r

/

o n

t o u r n e

e n

r o n d à

p e i n e

o n

s e

touche alors on s’isole et on se tait

Insomniaque / des yeux rougis de cauche ­

d e s

m a r s

jours les lueurs bleues des gyrophares

/

d e s

n u i t s

b l a n c h e s

q u i

d u r e n t

A

n g o i s s é s

d é p r e s s i f s

s u i c i d a i r e s

e n

sursis / on partira pas seuls

 

O

n

p a r t i r a

p a s

s e u l s

/

a l o r s

p sy

g a r d e

tes distances / on partira pas seuls / nos cibles insignes et blouses blanches

Vu que l'enfermement ne se résume pas qu'à la prison, un autre de vos thèmes qui revient souvent, c'est celui

de l'enfermement psy. Les pétages de câbles, les états dépressifs, les angoisses nocturnes et tout ce que certains consi­

dèrent comme de la « folie »

monde qui rend barge ? Quels remèdes ? La conscience collective de nos petites

c'est ce

folies ? Aller puiser du côté des expé­ riences « antipsy » ? La destruction de

ce monde ? Question subsidiaire n°2 : le rap comme thérapie ?

Non, le rap n'est pas une thérapie. On se bastonne quand on rappe, on se soigne pas. C'est de la boxe, c'est pas le divan. Tu craches des trucs, mais tu t'en débarrasses

pas, si t'en parles c'est que tu le vis, c'est un bout de toi dont tu tâches de faire une for­ ce, un moteur. Là, c'est le refrain de « On partira pas seuls ». C'est un morceau sur l'écart à la norme et comment la médecine taffe à faire de tout ce qui sort de l'ordre social une maladie. On ridiculise tous leurs foutus noms de déviances mentales, qui servent à enfermer dans et hors des murs tous ceux qui ne supportent pas ce monde, qui ne sont pas compatibles à sa soi-disant

marche normale. Ils nous auront pas, et on leur fera pas le plaisir de se foutre en l'air. Alors psy garde tes distances.

Y a un journal, qui s'appelle Sans remède,

sansremede.fr, ils ont un site internet aussi.

Ils

en parlent mieux qu'on ne pourrait le fai­

re,

c'est des témoignages et des analyses sur

l'enfermement psychiatrique, fait par des psychiatrisés et proches de psychiatrisés.

À l’ a n c i e n n e

u n

p i a n o

d é p r e s s i f

u n

sy n t h é

u n e

vo i x

s o u l

m o i

/

j ’ a i

j a m a i s

f a i t

d u

s o n

pour qu’on m’estime

 

E

n

i n d é

t u m ’ é t o n n e s

d é b o u l e

s u r

s c è n e

s

a p é

à

l’ a r r a c h e

/

k i f f e

l’ a c o u s t i q u e

d e s

squats et les micros qui saturent

La reconnaissance n’est pas ma came /

b

i e n

t r o p

a c c r o

à

m e s

c i n q

s e n s

p o u r

e

n d o s s e r

u n

p e r s o

m o i

Je carbure à l’amour / aux Camel à la rage

r é p u t ’

plus que passé l’âge

On fait des skeuds pour que t’en fasses

/

à la fosse

M ’ o c c u p e r

d e

m a

l e

p r e m i e r

?

s i n c è r e m e n t

j ’ a i

d o s

t o u r n é

d e p u i s

c o n c e r t

Le nouvel album est plus léché, plus propre que le précédent. Est-ce que c’était une évidence pour vous de soi­

gner d’avantage la production au risque (ou pas d’ailleurs) de sonner moins

hardcore crasseux ? Est-ce que vous pas­ sez beaucoup de temps à peaufiner les

instru, à jouer aux alchimistes sonores pour trouver l’ambiance qui habille vos textes ? Ou l’étape de la production et de l’enregistrement sont secondaires par rapport à la nécessité d’éprouver vos morceaux sur la scène ?

On réfléchit pas à comment on sonne : on fait du son pour plein de raisons, et une d'entre elles, pas la dernière, c'est qu'on aime cette musique. Donc évidemment on tente de faire un skeud qu'on aime, ou sur lequel on serait content de tomber. Et faire

du son c'est bien sûr un kif, – heureusement on va pas se faire du mal exprès, quand même – donc, sans « jouer aux alchimis­ tes sonores », on fait ce qu'on aime et on

essaye de le faire le mieux possible. Mais comme par ailleurs on fait tout tout seul, à s'barak, ça nous prend du temps et c'est pas toujours simple. Un des problèmes sur le premier album (récurrent dans les retours qu'on avait eus à l'époque), c'était qu'on captait pas assez les textes. Du coup on a tout fait sur le nouveau pour remédier à ça – et on a mis un livret avec les textes de tous les morceaux. C'était ça l'exigence d'ordre technique qui nous semblait fon­ damentale : que tout soit audible, com­ préhensible, sans devoir se casser la tête

à déchiffrer ce qu'on dit, on est déjà assez

Entre nous, le premier

tordus comme ça

album était pas tout à fait volontairement crasseux, il était aussi à la mesure de ce qu'on était capable de faire à ce moment là, par nous-même, avec notre matos de merde. C'est juste que, comme n'importe

qui faisant un truc depuis 10 piges, on taffe

et on s'améliore, heureusement bordel ! si­

non à quoi bon. L'étape de la production, elle est pas sépa­ rée de la scène, plus ta prod est lourde et bien mixée et plus t'as des chances que ça claque sur scène et que tu te fasses plai­

sir, c'est de la musique enregistrée, le rap. La plupart des morceaux du skeud on les

a joué sur scène, ils sont d'abord passés

par là. Après, ce que t'écoutes sur ton mp3, ça peut pas être la même que défoncé à la bière dans un hangar à l'arrache

Vous avez un projet de tournée ? On se

demandait si vous

concerts « classiques », c'est-à-dire les

gens payent (pas chers), consomment le set, et repartent bien gentiment chez eux. Parce qu'on vous voit surtout sur

des concerts de soutien, dans les squats

ou ailleurs

loir toujours lier la musique à la lutte et à la révolte ? Est-ce pour participer et nourrir la scène DIY et l'esprit de la contre-culture ? Est-ce, enfin, parce qu'il est hors de question de se faire de la thune sur les textes et la rage qu'ils expriment ?

aviez déjà fait des

Est-ce par nécessité de vou­

Comme on l'a déjà dit, SDR c'est du son fait par deux potes, trois sur scène, et écou­ té par des potes, même si on les connaît pas tous. On a jamais calculé à quelle scè­ ne on souhaitait appartenir ou si on nour­ rissait la contre culture DIY ou Hip-hop ou macaque. De fait on appartient à un certain folklore, on pense deux trois trucs Pour ce qui est du projet de tournée, on en a envie mais c'est pas encore calé. Là on vient de finir le skeud et on a pas eu le

temps de s'occuper de grand chose d'autre, mais ça va se faire, vers la fin de l'été sans doute. Pour dire les choses simplement :

nous on en est fiers de ce skeud, du coup on a envie de l'éprouver sur scène, et de nous éprouver nous même en train de le porter. On a jamais été trop doué en orga­ nisation, mais faire un petit tour, en pre­ nant le temps de croiser des endroits et des histoires, ça fait envie. Après, effectivement on essaye de pas faire de la musique ou des concerts pour l'« amour de l'art », parce que ça a pas vrai­ ment de sens, vu la zik qu'on fait et ce qu'on raconte. Si tu rappes la galère et la rage, la débrouille, la répression et l'enfermement, en gros le fait de tenter de collaborer le

moins possible avec un monde qui nous écrase, bah en fait tu fais comme dans la vie, t'essaies d'être à la hauteur de ce que tu penses. Donc on le lie au maximum à des histoires de lutte ou de résistance qui nous touchent. On continue encore aujourd'hui à être sidéré quand des rappeurs qui sem­ blent pourtant partager quelques éviden­

ces refusent de jouer sans cachet dans des concerts, en soutien à des prisonniers ou contre la prison, par exemple. Que tu fasses des thunes avec ta zik, des concerts payants si t'as envie et si y'a des gens qui ont envie de venir te voir comme ça, dans le fond ça te regarde, mais à côté de ça t'es obligé d'être un peu conséquent, cohérent

avec ce que tu racontes. T'as choisi de prendre la parole, d'avoir une parole publi­ que donc d'occuper cet espace là, en vrai tu peux pas jouer à taper des poses. Après on est pas des militants profession­ nels de la musique non plus, et, dans la mesure où l'important ça reste le propos, on s'interdit pas forcément de se faire plaisir ou de faire plaisir aux potes en jouant dans une salle de cerkon avec du bon matos, où le son claque et où tu rentres pour pas cher, avec pas forcément d'autre objet que le fait de passer un chouette moment ensemble et de faire circuler notre zik et ce qu'on racon­ te à des gens qui feraient pas forcément la démarche de venir nous voir dans un squatt. Se confronter à des gens qui sont loin de notre univers et de nos préoccupations, dé­ fendre notre son devant une salle pas forcé­ ment acquise ou bienveillante. Reste quand même qu'il n'y a plus beaucoup (du tout?) de salles de concerts pas vigilées.

Et mis à part les concerts (et internet), comment circule votre musique ? Qui touche-t-elle ? Qui écoute ? Avez-vous des contacts et des liens avec d'autres grou­ pes de la scène rap ? Et, finalement, selon vous, c'est quoi le rap, aujourd'hui ? Y a-t-il toujours une dynamique sociale et subversive autour du rap ?

Mis à part les concerts et les trucs qu'on met en ligne, on n'est pas particulièrement moteurs sur la manière qu'a la zik de cir­ culer. On n'est pas sur un label, on fait pas particulièrement de diff' ou de pub. Faire nos skeuds complètement hors des circuits traditionnels rend tout ça plus compliqué, et jusqu'à présent pour dire la vérité, on s'en est pas vraiment soucié. En l'occur­ rence, pour cet album, qui est un peu plus écoutable que le précédent, on se dit que ça vaut ptet le coup qu'on prenne un peu ça en main et qu'on tente, avec les moyens qu'on réussira à se donner, de le faire cir­ culer un peu plus. Sinon, qui ça touche, qui écoute, c'est compliqué. Nous on capte qui vient aux concerts, du coup c'est des gens qu'on croise, avec lesquels on a un rapport direct sur le moment – pour le reste, c'est entre les gens et leurs écouteurs. Pour ce qui est de la scène rap, comme on vient un peu de le dire, on n'est pas dans le biz du disque, donc on croise les groupes qui jouent aux mêmes endroits que nous et pour des raisons souvent similaires, c'est­ à-dire la plupart du temps dans des squatts, en soutien à un endroit, une histoire ou une lutte qui nous parle. Par rapport aux trucs qu'on braille et aux raisons pour lesquels on le fait, on est et on se sent beaucoup plus proches de pleins de groupe de ke­ pun que de La fouine ou de Orelsan. Côté rap, ça fait qu'on joue régulièrement avec Première ligne, qui écument pas mal la France en mode soutien, Kyma, Insolite, Calavera, Mary Read Le DJ de Premiere ligne, Akye, a une émission de radio rap et politique sur FPP, Frontline, et un webshop, avec pas mal de rap indé, bboykonsian . com . On est impres­ sionné par son taf, et il nous a invité sur un projet à lui, Purists Only. Y'a Nox aussi, Enedeka Maska, qui nous avait branché pour sa compil de soutien aux inculpés de l'incendie du centre de rétention de Vin­ cennes. Notre pote Cerna va sortir un maxi d'ici peu. Sur l'album, on a invité Sid Nomiak, ex In­

solite, parce que c'est un vieux pote, et qu'il a un putain de talent. (cf Winchester Uni­ ted, dispo en telechargement libre sur soun­ dcloud). Y a DJ Staz aussi, qui a rejoint le groupe sur scène, pour les mêmes raisons. On met jamais la zik avant la vraie vie, donc on fait des trucs qu'avec des potos. Notre avis sur le rap aujourd'hui, une fois de plus, pas sûrs que ça passionne grand

monde. On en écoute beaucoup, y a de

la

merde et des pépites, y en a pour tout le monde, compliqué de faire des généralités. C'était pas mieux avant, même en terme de subversion. On est des fans de Lunatic, on s'est jamais

61

remis de Mauvais oeil ; de Company Flow et de tout ce qu'a pu faire EL-P après, de Jedi Mind Tricks et Nessbeal bonne épo­ que. Récemment, Scylla nous a mis des bonnes claques, c'est intense et sincère, The Doppelgangaz, Edward Scissorton­ gue, Al, Defenders of Style, Virus (pour un

des deux singes seulement, l'autre peut pas l'encaisser), Despo Rutti bien-sûr, Medine,

et plein

tout ce que fait Apollo Brown

d'autres plus ou moins connus. Comme on disait on fait de la zik parce qu'on aime ça,

donc on en écoute à longueur de journée, du bon vieux punk à la soul du Sud, du jazz manouche au old reggae. Et du Hip­

hop, “can't stop won't stop” (c'est le blase d'un très bon bouquin sur l'histoire du rap ricain). Ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui

il y a une grosse tendance à faire des com­

pils de tubes ; nous on aime bien les al­ bums, avec un début, une fin et un trajet, c'est ce qu'on a essayé de faire sur "Plus le temps".

62

Z'êtes plutôt gorille, chimpanzé, bonobo, ouistiti, guenon, orang-outang ou pares­ seux ? Sans doute un petit peu de tout

un peu de rien

affection pour les singes ? D'où vous vient cet imaginaire-là ? Et La planète des singes vous connaissez ?

Mais pourquoi cette

On est évidemment des macaques rhesus de laboratoire, c'est la base de cette his­ toire de singe. Où le conditionnement se fait à coup de récompenses dérisoires et de chocs électriques, où le gardien te fait une petite caresse sur la tête quand il t'ap­ porte à manger avant la lobotomie. Cette idée que l'enfermement est bien sûr celui de la cage, mais aussi de toute cette chaîne de pouvoir absurde qui aboutit à ce qu'un

petit laborantin t'inocule, avec le sourire et la satisfaction du travail bien fait, je ne sais quel truc de ouf pour tester le prochain produit qui sera en pharmacie ou en tête de gondole à Auchan. Que tu résistes ou que tu sois docile parce que t'as envie de ta banane, t'es quand même enfermé de mille manières différentes, parce que c'est com­ me ça que t'es utile à la machine. Le docu de Wiseman sur les singes de laboratoire, qui s'appelle Primate, est un truc qui nous

a beaucoup marqué quand on a commencé

à faire du son.

Et c'est aussi pour ça qu'on kiffe la Planète des singes, qui vient répondre à ce constat avec, pour le coup, un vrai truc de lutte, en tout cas c'est le propos du 4 ème film de la

série (Conquest of the planet of the apes, pour ceux qui auraient envie de le voir), qui raconte les émeutes et la révolte des singes esclaves / prolétaires contre leur maîtres humains, en mode rien à perdre

 

errants et mes pitbulls

 

alors allons-y. C'est un film qui est sorti en 1972 (sous Nixon), qui a fait un bon scan­ dale à l'époque, parce qu'il faisait ouver­ tement référence au émeutes de Watts en 1969, et qui justifiait la violence comme moyen d'obtenir la liberté. Toute la série est bien, mais ça c'est un putain de chef

c’est pour nos fous rires de gosses allergi ­

 

q

u e s

a u x

p i o n s

e t

a u x

p r o f s

/

a u

t a f

e t

a u x

keufs puis au chtar et au proc’

 

C

’ e s t

p o u r

l a

n u i t

l e s

ru e s

d e

m a

v i l l e

c ’ e s t

 

p

o u r

l e

d e a l

e t

l e s

b r a q u o s

/

m e s

j u n k i e s

 

m

e s

t ox o s

m e s

c h a m a r d s

e t

m e s

c l a n d o s

/

à

d’œuvre

(Rise on the planet of the apes) dénature

Le remake sorti y'a deux ans

n

nos erreurs à nos vertiges et nos errances

/

o s

s o i r é e s

c ’ e s t

p o u r

à

l’ a r r a c h e ’

l e s

s k i n s

a u x

à

n o s

l a c e t s

d é f o n c e s

r o u g e s

/

à

e t

 

beaucoup le propos original et le vide de toute subversion (les singes qui se révol­ tent le font parce qu'ils ont été modifiés

les daronnes que le souci ronge / aux gamins trop zahef à toutes les canines acérées

C

’ e s t

p o u r

m e s

b a n l i e u s a r d s

m e s

b l o u s o n s

 

génétiquement

).

On a samplé le film

noirs / mes pilleurs de banque mes piliers

de 1972 sur l'interlude “Revolution on planet of da apes”, en hommage, et parce qu'on est des bons obsédés d'une certaine science fiction, en littérature et en cinéma, qui prend prétexte du futur pour parler du

d

e

b a r

/

b i c r ave u r s

z o n a r d s

f e r r a i l l e u r s

e t

crevards / c’est pour les sales mômes

 

C

’ e s t

p o u r

m e s

s i n g e s

/

p o u r

c e l l e s

e t

c e u x

 

qui nous

ressemblent / qui saignent / qui

savent / qui se lèvent / qui s’arment

 

présent, qui se fait passer pour du diver­ tissement pop corn ou de la littérature de gare, mais glisse sournoisement ses piques sur l'époque. Alors ce qu'on fait est plein de clins d’œil, qu'on doit être les seuls à capter mais c'est pas grave, à La planète des singes, aux séries Z, à Carpenter, Phil Dick, Matheson, Stephen King Merci à vous pour l'invitation et vos ques­ tions relous. Longue vie au zine. Pensée aux enfermés.

C’est pour mes singes parce qu’on est rien

 

s

a n s

/

P a r c e

q u ’ o n

n ’ a

p a s

l e

c h o i x

d e s

a r m e s

mais plus la rage qu’eux

 

C

’ e s t

p o u r

m e s

a n i m a u x

/

l e s

â m e s

d a m n é e s

l e s

ânes bâtés / que la rotte-ka n’appâte plus /

 

c

e u x

q u ’ o n t

c a p t é

q u e

l a

l i b e r t é

n ’ a

p a s

d e

prix / je ferai pas un pas de plus même sous les coups de bâton

C’est pour mes toxos mes intellos mes ex-tau ­

l

a r d s

/

m e s

n a r va l l o s

m e s

b ox e u s e s

/

c e l l e s

 

ceux qu’aiment quand c’est le boxon / les bo ­

 

n

o b o s

q u i

k e n ’

s o u s

l e s

b o m b e s

/

l e s

b a b o u i n s

arrachés à la brousse les rats de labo

 
 

SIngEDESrUES.bAnDCAMP.COM

P

o u r

l e s

t r a i n s

d e

v i e

R S A

/

l e s

s e r ve u r s

à

 

l’essai / les relous de fin de résoi / les quar ­

 

t

i e r s

d é l a i s s é s

/

p o u r

m e s

a l l i é s

e t

t o u s

l e s

 

POuR MES SINGES

 

a

l i e n s

d e

l a

m a c h i n e

à

t r i e r

/

l e s

t r o n c h e s

C

’ e s t

p o u r

m e s

r e g a r d s

s o m b r e s

q u i

b a l a d e n t

e t

d e d e

ve r - t r a / l e s e nv i e s d e c r e ve r a u r é ve i l

crier dans la rue / les déserteurs du travail

l

e u r s

e m m e r d e s

t a r d

l e

s o i r

s o l i t a i r e s

e t

 

r

passage cloués au sol / ma sale génération jean Air Max

a r e m e n t

s o b r e s

/

c ’ e s t

p o u r

l e s

o i s e a u x

d e

Taciturne / comme la plupart de mes sembla ­ bles en vrai les tunes je m’en tape / plutôt

 

m

e s

d i x

p o t e s

q u e

t e s

1 0 0

 

p l a q u e s

/

à

t o u s

l e s

Autodidactes du foot du basket ou de la boxe

l

e s

c a s

s o c i a u x

/

m e s

s u r v i va n t s

d e s

a l l o c s

s

a l e s

p a u v r e s

e t

l e s

s a n s - p a p s

/

à

c e u x

q u i

 

font les cent pas les innocents les coupables

o

u

d e

l a

C A F

m e s

v i e s

c a s s é e s

/

p o u r

t o u s

 

à

Vincennes et à Sainte-Anne aux couche-tard

l

e s

g o s s e s

d e

l a

d é r o u t e

l e s

l a s c a r s

e t

l e s

 

e

t

a u x

l è ve - t r o p - t ô t

/

q u ’ o n

s o r t

d u

l i t

ava n t

apaches / tous mes rhésus en cage

 

l’

a u r o r e

p o u r

d e s

s a l a i r e s

i n s u lt a n t s

/

l e s

 

A

p

       

b

a g a r r e s

e t

l e s

c u i t e s

a u

r h u m

/

l e s

t e u s q u a s

a p p a r t s ’

u x

a n n e

/

a u x

i n s a l u b r e s

a u x

g a l è r e s

d e

t u n e

a s c e n s e u r s

i n s o l u b l e s

à

e n

c e u x

les camtars les cul-terreux

 

q

u ’ o n

d i t

à

l a

t r a î n e

/

à

n o s

n u i t s

b l a n c h e s

e t

C

’ e s t

p o u r

l e s

c a u s e s

p e r d u e s

l e s

g o s s e s

 

nos jours gris / tout ce qui rappelle que ce

hyperactifs / les angoissés les morts

 

monde n’est pas le nôtre et qu’on en crève

s

a o u l s

l e s

g u e u l e s

s é - c a

l e s

s a l e s

t y p e s

/

à ceux qui passent la trentaine sans rêver

d

’ u n

t a f

e t

d ’ u n

m ô m e

/

c e u x

q u i

t i e n n e n t

les morsures à l’âme et les pendus à l’arbre

/

cicatrices à l’encre noire

l e s

c e a u m o r s

q u i

s e r r e n t

l e s

t r i p e s

l e s

 

l

e

c o u p

/

à

m e s

b a r j o t s

/

e n

p r e m i è r e

l i g n e

   

quand ça barde quand faut se taper pour un

À

ceux qui tiennent leur langue pas pour les

 

srab / aux hématomes aux ecchymoses

 

g

r a n d e s

b o u c h e s

/

c e u x

q u i

t r a î n e n t

d a n s

 
   

l’

a n g l e

m o r t

a d

v i t a m

s u r

l e

b a n c

d e

t o u c h e

/

A

n

v

c

c o m m e r c e s

u x

o s

i e

r a p u l e s

q u ’ o n

p o c h e s

/

a u x

d i s s i m u l e

a u x

i l l i c i t e s

s o u s

r e s q u i l l e u r s

à

g u e u l e s

t o u t

c e

q u i

r e m p l i t

m a r q u é e s

p a r

l a

d e s

c a p u c h e s

/

a u x

e t

a u x

p e t i t e s

q

c

un scooter ou en gardav’

u ’ o n t

a n é s

d e

l a

p a r

h a i n e

p l e i n

/

l e

c a r t a b l e

d a n s

u n

/

f o u r g o n

à c e u x

s u r

l a

f l i c a i l l e

f

r a p p e s

/

à

n o s

sy m p h o n i e s

d u

b i t u m e

a u x

 

à

tous les macaques de caniveau / les rené ­

 

acharnés du rap

 

g a t s

l e s

h o o l i g a n s

l e s

f a i t s

d i ve r s

d u

P a r i g o t

u x

d

q

o u r

A

m a r é c a g e s

e t

i n h a l e

m e u t e

a u x

t ê t e s

a u

d é f a i t e s

f o n d

p o u r

e t

p a s

t o u t

c e

d e s

/

q u i

a u x

r é ve i l l e r

a u x

z o n e s

s u b s t a n c e s

/

l a

t i e n t

b ê t e

m e

’ o m b r e

u ’ o n

l a

c ’ e s t

d e b o u t

/ n o u s

s i

grave ma gueule »

Mes alcooliques mes athlètes mes low-kicks

ve r r e

g a l è r e s

l e s d e

o n

e n

T r o i s - R i v i è r e s

:

«

r i g o l e

A l l e z

a u t o u r d ’ u n

c ’ e s t

p a s

 

/ m e s

g a l é r i e n s

e t

m e s

b â t a r d s

m e s

c h i e n s

 

mes clés de bras / et les clébards qui blo ­ quent sur des capsules de bière forte