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Réflexions critiques Eric Dayre, Université Paris III

THOMAS DE QUINCEY : SUR LE STYLE TRANSCENDANTAL

DE KANT

German Kant Kant1. connaissance expression a complètement Philosophy, dansphilosophique le langage, that négligé is, non the le a dans philosophy fait son des queunique formul toute of es et des nombres. Or c'est ce qui fait qui finalement devait s'affirmer comme décisif. Walter Benjamin 2 Le Style est démêlement des pensées ou des idées réciproquement impliquées et enveloppées les unes dans les autres. Thomas de Quincey 3 Kant est Y avant-garde du grand style. Les jugements de De Quincey affirment cependant avec constance que le style de la prose kantienne est mauvais dans la mesure où il n'est pas sobre. Cela dit hors de la confusion du « sobre » et du « simple » — car le grand style digressif et « chantourné » de De Quincey implique une complexité essentielle : Et, à m'en souvenir, je suis frappé par la vérité du fait qu'un nombre bien plus grand de nos pensées et de nos sentiments les plus profonds passent en nous au travers de combinaisons complexes d'objets concrets, nous sont transmis en tant qu' involutions (s'il m'est permis de forger une telle expression) au cours d'expériences composites impossibles à démêler, qu'il ne nous en vient directement et sous leurs formes proprement abstraites 4. 1. LA CONDAMNATION L'insistance de ce jugement outrepasse quelque peu la nécessité DU STYLE DE KANT de la démonstration d'une conclusion largement acceptée par l'épo que ; et il faut s'attacher à comprendre la logique interne de cette condamnation : (...) il écrivait sa propre langue d'une manière tout à fait grossière ; et certains diraient de manière barbare, (...)mais voilà qui irait trop loin. 1. Letters to a Young man whose education has been neglected, A & C Black, XIII, p. 75, traduit par Sébastien Marot, aux éditions José Corti. 2. W. Benjamin, « La Philosophie qui vient », dans Mythe et Violence ; trad. Gandillac, Denoël, p. 111. 3. De Quincey, Des Mots et Du Style, dans Poésie n° 52. La traduction des textes de De Quincey sur le style, la langue et la rhétorique est en préparation aux éd. José Corti. 4. Autobiographic Sketches, I, p. 38 ; éditions José Corti, 1994. 99

représente le style de Kant comme le produit d'un système délibéré et comme le résultat de peines infinies. au bout du compte. de français et île latin. Kant aurait pu affirmer : (. clans l'Introduction a ses Annotations sur Maintins. la pensée de Kant n 'était pas fondamentalement en jeu dans son texte. De Quincey. une simple insouciance et inattention. tous les termes du raisonnement. 312-313. La prolixité et l'involution allemandes sont inévitablement élaguées par la confrontation avec les modèles français \ Toutefois. mais la phrase en général.. Qu'est-ce donc qui légitime ainsi la critique de De Quincey à faire fonds sur la séparation de l'intellect et le durcissement d'une pers pective allégorique toujours dénoncée par ailleurs ? Comment se fait-il que l'involution kantienne soit condamnée au nom d'une I' écriture ou involution de la pensée dans sa délivrance (ou sa ciictio) demeure elle-même inévitable ' Pour De Quincey. écrivait barbare: Kanl cent incondite.. À la limite. le cas de Kant est unique : la sobriété et l'exactitude de la pensée s'associent étrangement au refus « tumul tueux » de ce qui rend une parole vivante. faite d'allemand. insiste. Le style philosophique de Leibniz est excellent .. il n'apporte aucune difficulté langagière supplémentaire. On peut dire que Wolf qui. La pensée «all emande » est en effet !'« involution » de la langue elle-même . lin fail. Friedrich Schlegel. Tout se passe comme si. elle-même coniondue dans le tumulte de sa décharge. tie manière très appropriée. c'est-à-dire ce qui. par le texte. C'est bien là ce qui peut sembler étrange — cette approche reste classique. 100 i . A& C Black. intouchable..). compréhensible et rythmique c'est-à-dire littéral. dans ia iheoiic quinte y ci me ue leuuuie. On dit que Kant jalousait la réputation de Leibniz (. devait « lier ensemble » (religarejen rythmant l'action même de la communication. et notamment l'absence de la période qui permet de donner voix et souffle. Rien ne peut être moins vrai . elle se fait dans les termes de l'opposition de la manière et de la signification. la louange du « style français » de Leibniz est ironique car l'« involution » du style — caractéristique de la pensée en langue allemande — n'est précisément pas condamnable. écrivait dans une diction hybride et disparate. XII. De Quincey ne critique pas la complexité du choix des mots.. à l'époque de notre Reine Anne.'Jh ornas de Quincey et Kant Joseph Scalier. pp. rend compte de tout ce qui distingue son style. Kant n'a pas compris ce que pouvait être l'élément de la religion romantique du texte. de faire apparaître dans un ordre audible. et c'est ce qui détermine chez De Quincey la nature et l'appartenance criticiste 6 du style de la pensée elle-même. car la terminologie kantienne est.) que je suis enclin à S. "Kant in his Miscellaneous assays*. Telle était précisément la dillerence entre Woll (celui qui systématisa Leibniz) el Kant. c'est-à-dire sans composition ni assimilation (digestion). au style incommunicable de la tournure kantienne de la prose.. à des sujets déjà difficiles en eux-mêmes. selon lui. qui tramait éternellement de taux raffinements.) mon livre est écrit dans un style si dégoûtant (. Leibniz avail vécu trop long temps a Paris pour cela. combinée avec une plénitude de pensée. sur la distinction entre barbare loqui et incondite loqui.

en interdisant au texte littéraire de se déployer dans l'espace de l'intuition intellectuelle. par sa doctrine des catégories. Toutefois. constitue l'allégorie — contraignait objectivement à la désidéalisation de la philosophie coleridgienne. De Quincey attribue deux mérites à la philosophie kantienne : Premièrement. 49. pp. Voir Kleist sur la confusion de pensées <■ trop » de n'être que des pensées sans discours (voir infra. Le problème qui se pose ici à la théorie romantique d'un De Quincey. une fois au moins. par sa doctrine de l'espace. Dans cette attaque contre le style de Kant. 101 2. La prise en compte de la Crise kantienne dans la Crise de l'ait — crise dont l'opium. comme dans le cas d'une obscurité embrouillée. tout se passe en effet comme si le texte du philosophe venait apporter un démenti à la théorie coleridgienne de l'apparition ou de la parution symbolique.. Voir Masson. pp. il lutte contre un texte qui justement avait tout pour être classique. le fait que. on pourra peut-être le considérer comme un livre qui n'est pas écrit. son harmonie avec la mathématique. En échouant dans la matérialité muette de son absence de construction stylistique. 49-50). ou qui s'est annulé soi-même 7. cit. op. II. "Language ■>. non de son excès. De Quincey aura tenté de démontrer la cohésion de la philosophie kantienne dans ses Autobiographie Sketches9. A & C Black. Lorsque De Quincey se débat avec le « style illisible » de Kant.Réflexions critiques penser que très peu de personnes pourront en lire une vingtaine de pages sans trouver qu'il agit sur eux comme un hémétique . Tout un pan de la théorie de De Quincey vise à replacer la pensée kantienne dans le mouvement de constitution du symbole romanti que comme critère et lisibilité (= Style) de l'expérience humaine. claires 9. dès lors qu'il ne parvient pas à symboliser ou à présenter non tant un message. c'est que l'existence même du texte de Kant vient contre dire l'écriture symbolique du romantisme coleridgien. L'obscurité naît de l'absence de rhétorique. comme artifice technique et comme substance naturelle. 80-109. L'AMBIVALENCE DE LA POSITION THÉORIQUE DE DE QUINCEY La position de De Quincey consiste dans un premier temps à opposer l'esthétique littéraire et la philosophie kantienne. 1 Positiuité de Kant . IX. ni d'une indéfinition des concepts : Loin de voir trop indistinctement. deuxièmement. XII. 'Kant in his Miscellaneous Essays -. et le fait que. 2. elle a pour la première fois appliqué la philosophie à la nature de la preuve géométrique . sans la moindre nuance ou teinte de confusion l'obscurité de Kant 8. A & C Black. p. 8. le « style barbare » de Kant est nécessairement anti idéaliste. Telle était. auquel cas. p. mais qui est mort-né de n'avoir pu être publié ou décemment communiq ué. elle a rempli le grand hiatus présent dans tous les 7. . leur défaut est précisément inverse : ils voient trop clairement et s'imaginent que les autres voient aussi clairement qu'eux-mêmes. mais lui même en tant que totalité esthétique. 330.

est authentiquement kantienne. dans ia révélation la plus profonde. 1 1 Le passage critiqué par Kant est en 11.. pour comprendre la teneur d'un style métaphysique-polémique 13 que De Quincey empamte ici à 10. De Quincey ne reculait en principe pas devant les contradictions. est d'une valeur plus discutable.des plus profonds » ? Certes. Kant a au moins donné une solution positive. sans étapes ou remarques préparatoires venues d'ailleurs — que ces idées débattues depuis longtemps ne pouvaient dériver de l'expérience désignée par Locke. Ce sont des phrases qui décrivent leur objet. H f:»"ir. Comment réconcilier ce passage avec d'autres affirmations apparemment critiques. 1() De Quincey voulait situer l'importance de Kant et de la philoso phie transcendantale dans l'Angleterre de son époque. . sans toutefois la présenter de manière détaillée et sans s'expliquer plus avant dans ce passage. Quoi qu'il en soit. et par un acte tout à fait unique — sans parties ou contributions. même si l'on accorde une pleine valeur à ses prétentions ? Le lecteur lui a-t-il posé telle question ? Locke a tout au plus donné une solution négative. 106. en fait. et. les ■< modes de nexus » ou mieux encore « les modes de relation ». et la conclusion. À l'opposé. à certains modes de nexus sans lesquels la somme complète de l'expérience ne serait qu'une corde de sable— '-. leur validité et une charte d'autorité. Pour De Quincey. <■ la validité ». et l'insistance sur la question des principes des catégories n'est en elle-même pas xk""1' singulière au siècle. Les «conditions préalables » ou transcendantales. pour sa part. IL p. le mérite qu'a l'œuvre de Kant dans la philosophie se résume en quelques phrases qui témoignent sans doute d'une saisie très exacte du projet kantien : À un lecteur qui serait encore disposé à sous-évaluer la valeur de Kant dans ce domaine. 1. « les fonctions des formes de l'e ntendement ».iit <V. De Quincey reconnaît ailleurs la valeur de l'esthétique transcendantale.— et d'un désenchantent. et avec la confusion générale et absurde du point de vue kantien du « tran scendant » et du « transcendantal » ? Comment concilier cette phrase avec la dernière phrase de l'essai : « le pouvoir de Kant est le pouvoir d'un désenchantent. sont correctement exprimés . Voir Autobiographic Sketches. qu'une autre phase des fonctions ou des formes de son propre entendement . Avec Mendelssohn.. § 2 de Y lissai sur l'entendement Humain 13. mais qu'elles ne sont.il<>mcnl mrlrr (l'un sly If nioloiidcmt-nl « senti102 . Masson. dans l'exacte mesure où elles sont elles-mêmes des conditions préalables de la possibilité même de toute expérience possible : il lui apprend que ces idées n'ont pas une origine mystique. qui affirme implicitement la validité et la fermeté de notre expérience. à la fin. je pose une ultime question : pour quelle raison estime-t-il Locke " ? Qu'a donc fait Locke.Thomas de Quincey et Kant schemes de l'entendement humain depuis Platon. la « carte ». avec une réserve sur la partie qui concerne la raison pratique (ou la volonté). il enseigne. Kant donne leur cohérence. par une des découvertes les plus absolues qui puissent exister. Tout le reste. Il a dit à son lecteur que certaines idées discutées n'étaient pas déduites de telle ou telle manière.

il s'avère impossible de replier. intimement lié au secret de tout contenu ou de toute « contenance » (sentimentale/pensive) du visage. que F. Le secret sublime découvert par Kant. De Quincey écrit « Concernant cet antique mode de symbolisation de la Nature mystérieuse qui. peut-être le lecteur se sentira-t-il enclin à donner son accord à la remarque de Kant à la page 197 de sa Kiitik der Urteilskraft : « Peut-être n'existe-t-il pas dans toute composition humaine de passage d'une plus grande sublimité. à faire littéralement porter par l'écriture elle-même l'écart entre la destruction kantienne du monde et la constitution critique-transcendantale des phénomènes de l'expé rience. hypallages. comme autant de figures de publication. : . p. il faut observer de plus près les jugements et les conclusions de De Quincey pour vérifier si — et dans quelle mesur e — ils sont véritablement contraires à la compréhension de la théorie kantienne . Les catégories kantiennes n'ont pas su recouvrir les catégories fonda mentales du style ou les figures mnémotechniques. Yates signale dans son analyse de la Rhétorique à Herennius. mais également de déployer totalement la parution ou l'apparaître de l'expérience humaine. & C Black. en la transposant deux fois dans ces textes Une première fois. De Quincey s'oppose à la restriction de la rhétorique chez Kant. 14. catachrèses. 139 note).Grande Mère ». voire à insérer dans l'écriture. 3. est encore le secret sous le voile. XIII. II.E. au sens de la récurrence du sentiment dans le concept. est au cœur de toutes choses et relie toutes choses en un seul ensemble. plus « philosophiquement ». pp. ou s'ils ne visent pas plutôt à marquer. d'« Isis » ou de la Nature que De Quincey remarque dans La Critique du Jugement de Kant. Les catégories de la publication sont mental ». dans Le Système des deux Révélé par le Télescope de Lord Rosse (A. La forme est voilée dans le style comme « involute ». où le voile appartient à la mécanique d'une fanta smagorie de la face horrible de Dieu une seconde fois. syncopes.Réflexions critiques Moses Mendelssohn. face à tout symbole. parce que précisément elles sont ellesmêmes à fonds multiples 15. sur lesquelles il est toujours possible de revenir et de faire fonds. Si l'a-priorisme transcendantal se coupe ainsi de la possibilité de devenir un texte. aucune main mortelle ne l'a jamais soulevé. ni parmi toutes les pensées sublimes. c'est d'abord pour des raisons techniques qui relèvent de la rhéto rique de la mémorisation et de la communication des textes. Voir le rôle des aposiopèses. Le philosophe ne sait pas évoquer le monde possible du poète au moment même où il fonde l'expérience humaine. The Disappearance of God). plus précisément encore. A & C Black. dans L'Art de la Mémoire. en citant expressément ses sources. ou comme « vérité sublime » du style et. 167-205 voir Jay Hillis Miller. NRF. La forme du symbole est essentiellement invisible dans l'allégorie de La . et plus spécifiquement sous le voile du « deuil ». une pensée qui ait été exprimée plus sublimement que celle que l'on trouve dans l'inscription au fronton du temple d'Isis (la Grande-Mère — la Nature) fe suis tout ce qui est — tout ce qui a été — tout ce qui sera : et le voile qui est sur mon visage. « transcendante-transcendantale » de la forme esthéti que. » (<• Analects from Richter ». LE PARTAGE DU STYLE Mon hypothèse est que l'apparente contradiction de De Quincey contient une juste appréciation de l'écart entre Kant et le symbole romantique. Le partage du symbolique que De Quincey découvre dans l'en-deçà transcendantal et criticiste de la totalisation formelle lui pemiet. . que remarque également Schiller au chapitre XXVI de L'Éducation Esthétique de l'Homme. de souligner la limitation « sublime » J/1. 103 : : . 15.

mais De Quincey s'attache ensuite à distinguer les catégories aristotéliciennes auxquelles il n'accorde aucune valeur poïétique. Dans les termes. .. F. 19. : . où il insiste sur la « très grande différente entre les categories aristotéliciennes et kantien nes ». et de faire de cette phrase kantienne le recueil ou la mémoire de la révolution ou de la cohérence circulaire d'une pensée. p. de la définition caleridgienne du • symbole tautégoiïque » du Manuel de l'Homme d'V.et conscient des limitations que la forme du journalisme littéraire impose. De Quincey donne une autre explication de ce point dans un autre passage. l'idée d'une catégorie là l'instar de l'allégorie] est une simple abstraction sans vie»1". II.1 La ciiiircrsioii . aux catégories kantiennes qui constituent tout d'abord la possibilité de l'expérience. Il n'y a là rien que de très logique . 98 mais également "Letters to a Young man whose Hducation has been Neglected-. Cette définition présente une forte tonalité symbolique .s\' /. dans l'aveuglement de la complaisance envers soi-même. XIII. il entend opposer les catégories d'Aristote. les premières «étant une simple abstraction ou une générali sation inerte. une Allégorie n'est qu'une traduction de notions abstraites en un langage-image qui n'est lui-même qu'une abstraction des objets des sens et l'élément principal est encore plus dénué de valeur que sa procuration . 17. Retenons seulement qu'il les utilise en les comprenant comme demonslratio a contrario des catégories kantiennes. comme un symbole actif de la pensée 19. La catégorie 16. ou bien son nom et ses honneurs seront usurpés par un produit contrefait de l'entendement mécanique qui.tat de Coleridge (1816): «Une philosophie affamée et sans idées produit naturellement une religion famélique et désolante. Quand De Quincey écrit « Ainsi qu 'il en va dans le projet aristotélicien.j est! a ae\ !auk'gi>nknn Inm est Unnwui. D'autre part. confond les SYMBOLES avec les ALLÉGORIES or.Htudes Germaniques.c'est-à-dire le mot kantien dans la révolution de la phrase. De Quincey y donne un résumé de la mise en œuvre de la philosophie critique à partir du point de départ humien de la déduction psychologico-subjective des principes de la causalité. 94. c'est-à-dire des modes de proposition tirés de l'expérience et appliquées à des choses qui ne peuvent être réduites plus avant.-. 3. 93-94. mais également rythniiijues. aucun milieu entre le Littéral et le Métaphorique Ou bien la foi sera mise en terre comme lettre morte. en les caractérisant comme « une pièce inutilisable tirée d'un fatras scolastique » K\ Qu'il ignore aussi totalement l'importance de ces catégories ne nous intéressera pas ici. un Symbole. fort problématiques d'ailleurs. Masson.n s 'ad ressaut à un public large et dispar ate. Klles auraient seules été en mesure d'enchâsser et d'exhiber la terminologie -. la caté gorie y est en effet définie clans les termes mêmes de la tautégorie coleridgienne. L'une des misères de l'âge présent est qu'il ne connaît aucun moyen terme. qui sont abstraites. lautegonquej. 18. Ibidem. pp. et les secondes une conditio sine qua non véritable et imperative dans la genèse de toutes nos pensées ■ ls. esi 104 ! : . (.Thomas de Quincey et Kcmt donc rhétoriques. et Kant en particulier » contient une présentation de la philosophie kantienne l(>.')7/. A ik C Black. Ibidem.'«• des ccitt'fi'iiit's kantiennes Le chapitre des lisquisses Autobiographiques intitulé .'/.

échos moins beaux mais qui sont des ombres non moins qu'un verger en pente ou des pâturages à flanc de coteau vus dans le lac transparent situé en contrebas. Cette fonction ouvre la possibilité d'une Métaphysique du Style littéraire. Cette expression renvoie donc à la diversité des formes du nexus linguistico-catégoriel. l'idée enveloppée dans le terme « transcendantal » tel qu'il est utilisé par la philosophie critique illustre les relations métaphysi ques du style (the metaphysical relations of style) 2". un symbole est caractérisé par la translucidité de l'Éternel dans et à travers le Temporel. au premier rang desquelles il place les conditions de toute poïétique symbolique. dans Digraphe n° 48. Le symbole participe toujours de la Réalité qu'il rend intelligible et tandis qu'il énonce le tout. Par exemple. où Kant a échoué par mauvaise prose : II y a beaucoup d'idées dans Leibniz et Kant. mécanico-organique.Réflexions critiques « aristotélicienne » est au contraire une généralisation abstraite. découvert en même temps que la limite transcendantetranscendantale du langage lui-même. il demeure lui-même une partie vivante de cette Unité dont il est le Représentant. 20. Les « rapports internes à la métaphysique dans le style ». Nouer ou délier la L'expression des « metaphysical relations of style ». mais également « liens ». juin 1989). remarquable dans l'application des catégories kantiennes ? Comment mettre en œuvre la justification concrète des catégories qui serait restée sans explication chez Aristote ? De Quincey interprète la solution kantienne de ce problème en corrigeant un prétendu passage de Kant. ou de l'Universel dans le Générique. dans l'Ecole. const ituant un entendement séparé et bassement instrumental. 96-97. 3. qui peuvent être arrêtées et venir à l'esprit seulement au prix d'un effort insigne — . « parenté ». est en elleprose métaph ysique même ouverte aux jeux des mots. « rapports ». puisque le terme de « relations » signifie « récits ». 105 . Surtout. Les autres ne sont que les échos vides que la fantaisie associe arbitrairement aux apparitions de la matière. d'entélechie. . et notamment la pensée de la fonction transcendantalement théologico-politique de la littérature comme telle. Pour le moment. dont la formulation ambi guë pourrait suggérer des conclusions erronées. Le tournant révolu tionnaire que la philosophie kantienne met en œuvre selon De Quincey. -Language ». VIII. c'est s'effon drer. Philippe Beck et Éric Dayre. quand tant de choses dépendent d'un effort — d'une contrainte et un effort spasmodiques — échouer d'un cheveu. ou du Générique dans le Spécifique. mais le déplacement dans le sujet des formes transcendantales qui sont les conditions de possibilité de l'expérience.2. ce n'est pas Y« investigation de l'esprit » en général. pp. nous tenterons de décrire comment De Quincey comprend le problème qui s'est déjà posé à Hume par rapport aux principes de la causalité. un nisus de réflexion et de large combinaison. etc. Ces rapports sont illustrés par l'utilisation du caractérisé par une translucidité du Spécifique clans l'Individuel.par une lutte. à savoir : comment mettre en œuvre la justification de la nécessité. et certainement dans Aristote (comme les idées d' antiperistasis. Or. forment la teneur métaphysique et dynamique du style. A & C Black. ou allégoricosymbolique. Malheur aux troupeaux qui seront conduits à de tels pâturages ! » (Trad. chez Platon parfois.).

et utilise d'autres artifices propres à allonger le discours afin de gagner le temps nécessaire à la fabrication de mon idée dans le laboratoire de la raison. mais il est essentiellement délicat de parvenir à la légèreté de la métaphore philosophique (c'est-à-dire de la pensée).) » .. puis il conclut son analyse du discours du Renard de la fable des « Animaux Malades de la Peste » de la manière suivante : • Manier ainsi la parole. c'est vraiment penser à voix haute. pp. pour mon étonnement. ed.. Nous commençons à le remarque i' depuis la double question de l'imagination et de l'esthétique transcendantales. et notamment la forme a priori du temps constituant les premiers rapports rythmiques des représentat ions. Kleist présente également une méthode de l'involution discursive: «(. Voir Paul de Man: «Shelley disfigured». c'est-à-dire une version qui n'impliquerait plus de trébucher matér iellement sur l'opacité de la réciprocité du symbole et de l'allégorie dans la tautégorie du Symbole coléridgien. et qui. étire en longueur les mots de liaison.Dans De l'élaboration proi^ressire des pensées clans le Discours. c'est Schneider.ïhomas de Quincey et Kant ternie « transcendantal . donc. La langue alors n'est pas une entrave. disons. Le rythme ne s'entend pas ailleurs que dans l'imbrication de la matérialité littéraire et herméneutique du Style : dans le fait que le style est l'imbrication des mots et des pensées dans 21. un frein sur la roue de l'esprit. Sequences. c'est tout le projet philosophico-littcnu're du philosophe qui s'effondre. The Rhetoric of'Romanticism et De Quincey. survient quand s'achève la période. . 23. 106 I . — d'autre part — limiterait la réverbération ou l'écho de la Voix Profonde qui. le silence temporisateur et fondateur du langage lui-môme. comme. 11 faudrait que la philosophie sache présenter littéralement l'absence de son discours. Ce faisant. La prose doit fondre sa tension dans un discours. rien de plus salutaire pour moi qu'un mouvement de ma soeur. nous dit De Quincey.) la connaissance. presque rien. il \l. comme une version littéraire et sobre du texte philosophique. et poursuivre cette étude par l'étude de la façon dont De Quincey comprend l'Esthétique Transcendantale de Kant.. chez Shelley notamment 2-. Si.chez Kant -'. ai recours aussi bien à une apposition là où il n'y en aurait pas besoin. comme par désir de m 'interrompre (. La bonne prose est syncrétique au sens propre. son infinie combi naison se tisse solidement si et seulement si elle se tisse avec une fluidité apparente et apparaît quasiment absente (idéalement.. supra note l'l. le mouvement rythmique du langage ne se rencontre pas ailleurs que dans la structure de dédoublement et cl involution emblématique (originaire) du style 23. le style de la prose de Kant est imparfait. car l'évanescence des formes du discours d'art est toujours constituée par le mouvement rythmique de ce discours. La moindre erreur d'exposition. et le rythme ne constitue pas le sujet du texte « philosophique » de Kant — à tort. surtout quand le temps joue chez Kant un rôle si fonda mental dans l'articulation de la forme a priori de l'entendement — . La suite des idées et leur mise en mots cheminent main dans la main. mais cela ne se peut pas. 1VV1. Au plus près de ce que Kant aurait pu dire et n'a pas su dire. mais ii faudrait l'illustrer relativement au Schématisme Transcendantal et à l'Esthétique Transcendantale. 22. le moin dredéfaut de présentation entraîne une chute absolue hors de l'ouverture métaphysique du Style. vient usurper tout l'espace du Reflet spéculaire ou spéculatif). J'y mêle des sons inarticulés. et il y a congruence entre les actes mentaux qui conduisent à l'une et à l'autre.

6. il affimie que l'idéalisme transcendantal doit être converti en une recherche de la chose-ensoi. pp. qui soit 24. De Quincey écrit : « c 'est tout à fait arbitrairement que le terme de « transcendant al » est distingué du terme « transcendant ». p. Complete Coleridge. la Fiction Théorique essentielle au rythme. 25. de sorte que. À travers cette distinction. sont la Musique et la Poésie. par exemple.de la Raison imaginative. La phrase théorique définissant le style chez De Quincey est une phrase où la Théorie — l'Esthétique — Transcendantale rythme en retour le langage de la Fiction Littéraire et vient accomplir l'allégorie. Routledge & Kegan Paul. Selon Coleridge. pourraient être nommés Produits — par opposition à la Production ou Croissance » qui par son dynamisme renvoie à la synthèse Imagination-Raison. mais Yéduit vivant25 de la synthèse symbolique. le point exact où la Raison pure convertit l'entendement en espoir politique et religieux.) : 107 : . un des premiers articles de De Quincey dans le Blackwood Magazine. L'usage du terme « éduit » et <■ produit » dans un sens figuré est peut-être un écho aux Naturphilusophen de Baader. à rejeter totalement les Idées de la Raison Pure en dehors de la philosophie. et non parce qu'il serait parvenu. Bollingen Series. comme les mystiques tels que Boehme et Bruno . Ce sont les » éduits vivants de l'imagination >■ les résultats de la transformation chimique qu'opère l'imagination comme synthèse. dans Kant in his Miscellaneous Essays. et que le Dr Johnson avait été incapable d'en prendre la mesure. Le <■ produit » est propre à l'entende ment •< peut-être que ces morphômata de l'Entendement mécanique en tant qu'ils se distinguent des «poieseis. De Quincey introduit ainsi une remarque de Coleridge dans la Biographia Literaria2/i. seul capable de refonder une morale moderne. 237. et dans une perspective idéaliste. dès avant l'œuvre — et dont l'œuvre participe. Les modèles de réduit chez Coleridge. L'horizon de pensée de Coleridge est ici néo platonicien et «renaissant». Coleridge distingue ainsi <• la façon et le façonnement » des « choses faites ou de l'acte de faire ». (Voir Statesman's Manual.Réflexions critiques le temps même où il a à charge de démêler cette imbrication. La synthèse symbolique est l'entendement pur. 113 et notes. il a tendance à unifier les significations différentes de ces termes. « contrairement aux théologiens et aux philosophes plus anciens ». Coleridge souligne ses options mysti ques. Biographia Literaria.Transcendant et Quand Thomas De Quincey mentionne les notions de « transcen transcendant al dant » et de « transcendantal ». Coleridge signalait que cette différence avait déjà existé dans la scolastique. les catégories se transforment en « idées transcendantes ». I. Complete Coleridge. dont le poète possède la préconception. considérés « comme les Édu its vivants » de •■ Vidée de beauté Suprasensible » (Spenser). à la pointe extrême des Lumières. mais cette distinc tion est également l'occasion pour Coleridge de montrer qu'il estime Kant surtout dans la mesure où ce dernier a imposé à la pensée scientifique de ne pas se mêler de Métaphysique. De Quincey n'a-t-il vraiment pas compris la différence entre les deux notions ? En 1830. en une connaissance de la cbose-en-soi qui ne soit pas du ressort de l'entendement analytique. 3-3. Bollingen Series. les penseurs « transcendants » sont ceux qui n'hésitent pas à transgresser les limites de la raison kantienne. 29.

s'organisant ou ne s'organisant pas. de transgres ser ou de transcender radicalement les limites de la Raison kantien ne. c'est le langage et. le nœud) du Style.l'intrigue. Le style est dès lors la limite transcendante de la pensée. mais également. De Quincey oriente sa théorie littéraire vers le caractère proprement transcendant de la Limite Transœndantale Où est la limite. De Quincey interprète les catégories de la quantité. Ce n'est pas un hasard si le terme de « nexus » intervient pour décrire la façon dont les catégories kantiennes viennent nouer la possibilité de se rapporter à la compréhension de l'expérience 27. Masson. Les catégories ne valent que par et pour la prédication. p. passe très précisément. jusques et y compris dans son style in absentia. Car la limite transcendantale de la pensée de Kant. car ce terme de « nexus » décrit ailleurs l'activité du langage établis26. et se place dans un espace théorique qui n'est pas celui de Yimmédiateté de la traduction des pensées dans le langage. la position de De Quincey est particulière et ambivalente. 100. Sur ce point. là se trouve la transcendance. les catégories kant iennes sont les De Quincey. c'est la question (. Autobiographic Sketches. par les formes a priori du temps et de l'espace. d'autre part De Quincey maintient l'identité mystique du transcendant et du transcendantal. lequel consiste à séparer le transcen dant du transcendantal au profit du premier. de la relation et de la modalité comme un processus tout entier orienté vers la production d'un énoncé ou d'un jugement. de la qualité.Thomas de Quincey et Kant plus qu'une morale du Cœur. au prix d'un écart proprement affolant. Ce choix déroutant et paradoxal désigne la particularité de cet auteur : réinterprétant la mystique d'une manière fort différente de celle de Coleridge. D'une part en effet. en un sens catégories du Style très précis. La limite transcendantale de la pensée . d'un autre côté et dès qu 'il y a discours. que les catégories kantiennes sont les catégories du logos 26 ou de l'entendement formel. le nexus ou la junctura (\\\ discours. par la façon dont l'espace et la temporalité de la rhétorique. dans le langage. C'est sur hi question de l'applicabilité de la morale que Coleridge se voit oblige de dépasser. d'un côté par l'art caché du scheme de l'imagination . le Mangeur d'Opium conteste le choix « mystique » coleridgien. Kant permet à De Quincey de comprendre où la limite se trouve. parce qu'il est à la fois limite et transcendance dans la mesure où — au rythme où — il constitue le lieu de connexion et de séparation de la pensée et du langage. constituent la limite de la totalisation esthétique (du scheme) de la philosophie kantienn e. il faut observer la manière dont il souligne. II. Cette limite est très exactement le style présentant. : 108 . Pour mieux comprendre la tournure théorique de la pensée de i 4.

au travers d'une grammaire particulière pourrait être appelé mécanologie du style 28. » silhouette dans la bruine ». 258. selon l'expression kantienne qui désigne l'« articulation » de la Vie organique 32 — . est la manière dont une «phrase naît d'une autre phrase ». Autre jeu de mots crucial dans son lien avec le « Schein » allemand : « loom » signifie également « apparition discrète ». c'est-à-dire de la transcendance de l'Un isolé..) Or l'usage des mots est chose organique. alors. trad. La question du rapport Kant/Taley. Critique de la Raison Pratique. au symbole. et construisent un ensemble seulement quand les parties sont révélées en tant qu'elles sont des parties. 2° les membres de phrases sont autant de «parties architecturales. considéré comme une machine. importante dans l'oeuvre de De Quincey. et les membres des périodes. p. 497-502 . se mettent en relief et se soutiennent les unes les autres »3°. 32. La science du style considéré comme organe de la pensée. i. 31. dans lequel réside « la véritable vie de la composition »2H. au scheme et à l'analogie). pp. •■ vague lueur » . voir l'épisode du Brocken dans les Confessions . lesquelles s'agglomèrent et conspirent pour un résultat commun. 6. X. Or. également. 30.. de la limite unique ou du style de chaque partie. 259. La partie essentielle. pourrait être appelé \' organologie du style. pp. se modifient les uns les autres. Mais si les parties sont chacune séparément si vastes qu'elles éclipsent le disque des parties adjacentes. Ibid. 5. Ibid. Cet usage est chose mécanique dans la mesure où les mots en combinaison se déterminent ou se modifient les uns les autres. si l'activité du langage consiste dans le « verknùpfen ». du style considéré clans sa relation avec la pensée et les sentiments. et si 28. l'Imaginaire. n'est autre que le membre de la période. De Quincey introduit ici deux métaphores : 1° le « grand métier à tisser (great loom)1"'" ou le «processus textile de l'intellect en mouvement». éd. si le langage articule des mots et de la pensée.) 29. et modifié par la pensée. la vie de l'ensemble dépend de Xindividuation de chaque partie.. comme dans une structure de parenté géniale. p. 1966. NRF. Voir Anthropologie d'un point de Vue Pragmatique. Leyris. nouant le « nexus » de cette définition en liant les paradigmes de la Mécanicité et de l'Organicité du style : (. La question est chez Kant celle de l'activité du langage (composant la séquence de l'hypotypose de la pensée.. 109 : . elles sont subs tantiel ement deux ensembles différents et elles ne se combinent pas et ne se fondent pas pour former une quelconque impression conjointe ou complexe 31. in Darmstadt Wissenschaftliche Buchgesselschaft. dans lequel les mots agissent sur les mots. C'est seulement à travers les parties qu'est découverte la totalité . le nexus. 483-490 . qui s'aident. 203-207. Et la période est l'épreuve même des « relations » métaphys iques du style : Les périodes. (Voir note 31. se soulagent. laquelle contribue à la Possibilité d'organisation de la Vie elle-même —-c'est une séquence distinguée par De Quincey lui-même de l'activité de connexion mécanique de la Vie dans la Natural Theology de William Paley. ne sera pas abordée ici. p.Réflexions critiques sant la définition du style chez De Quincey. passant du signe. le dernier lieu de l'individuation. 5. X. La science du style. dans la mesure où le langage est lié à la pensée. le Don rat•camqiic de l'organe Littéralement.

Dont le modèle constamment suggéré est le produit de la conciliation ou de la synthèse du style <■ anglais-latin » de Milton et du style « presque anglais » de Jean-Paul. pp. 34. La syncope est supposée dans la connection linguistique. non pas au sens où le nexus pourrait résoudre cette difficulté.iii. Ci m sénéquiste.v i .. L'opiomanie et une logologie. i iv i i wiiii i >i •>. De Quincey a placé cette désarticulation au sein même du langage rythmique et en a fait l'instance kantienne imposée à la littérature. 110 : .. Mais comment entendre l'articulation « mécanique-organique » de la paradigmatisation ou de la phénoménalisation de la pensée (ou du sentiment) dans le langage ? S'il est effectivement impossible à l'écrivain post-kantien de voir les choses in rerum naturel.'Ihomas de Ouincev et Kant cette activité se constitue toujours à la limite « transcendantetranscendantale » de la pensée. Le style de De Quincey entend signifier que la causalité est devenue la fiction du nexus établi(e) entre un intellect mobile et une chose-en-soi qui ne laisse plus contempler que le pur monde de sa virtualité poétique. La présentation devient infinie quand elle devient silencieusement linguistique. Cette logique possède une histoire.^ l»wiun .\ iiai. ou bien leur conjointure complexe.Y). en tant que langage. la difficulté d'articulation du noumène et du phénomène est la difficulté dont se charge le nexus.i . (. depuis Locke jusqu'à Kant. et plus précisément le monde de l'infinition rythmique 33 Tout homme qui a eu une quelconque expérience de l'écriture sait combien il est naturel à la hâte et à la plénitude de la matière de se décharger en de vastes phrases.. l'histoire du langage est l'histoire de la dépendance généralisée.. est soumise à la logique de la dépendance. chacune modifiant l'autre et naissant musicalement par les liens d'une connexion spontanée Vl. dans l'articulation des signes comme alternance des phrases longues et courtes -s\ Elle est d'autant plus nécessaire que toute l'expérience de l'art sublime. L'articulation « stylistique » à laquelle pense De Quincey ne pourra jamais seulement être celle de la syntaxe. Ironiquement. ou bien le texte des sentiments. une histoire « logique » dont « dépend » l'histoire philosophique du langage considéré comme l'expression des idées par les mots. . mais au sens où il est cette difficulté. iwi i^ik.iCC. enveloppant des clauses au sein des clauses. ad infinitum . wj ".) et combien d'art il faut pour briser ce grand fascicule de cycles et d'épicycles dans une succession gracieuse de phrases.. X. il 33. c'est bien que l'organique est à la fois limite linguistique et corporelle de la pensée et limite « pensive » du linguistique. et que cette logique n'est autre que celle de la causalité logique du langage. 149-150. Le « nexus » langagier est constitutif et régulateur parce qu'il est la limite du transcendantal et du transcendant . Cette limite constitue ou bien le texte des pensées. i iis. . les longues mêlées aux courtes. elle-même métaphorisée par l'opiomanie de l'auteur. ou alternativement : le rythme silencieux du langage. iA_Li. du « dépendre de ».. mais celle de la limite syntaxique dans la musique ou le silence .j^w..iwii..

nous ne faisons en fait que subsumer A sous la notion de cause — nous l'investissons dans cette fonction à partir de cette relation . stylistique au sens de la pure rytlunique. retenons que l'équivalence du transcendantal et du transcendant signifie que la causalité kantienne est une pure fiction linguistique. de la confusion et de la virtualité. Le monde critique tremble sous les pieds de son sujet parce que le sujet lui-même danse au rythme de la langue : (. En ce sens. selon la preuve philosophique la plus complète. et qu'à la fin. 102.Réflexions critiques est mise en rapport de la limite du noumène comme phénomène et de la limite du phénomène comme noumène. ou en soi-même. la causalité kantienne peut être comprise dans le mouvement de constitution du langage comme style . et il découvrira que ce monde solide et bien accroché sembler rouler et tanguer sous ses pieds. ou le disfonctionnement. ou « un monde encore incréé ». des ruines. 111 . de telle sorte que le simple processus ne fait que suivre le simple entendement humain. et qu'au moment. Qu'un homme médite un tant soit peu sur cet aspect ou un autre de cette philosophie transcendantale. un monde autour de lui qui est en quelque sorte un monde de tromperie. Nous avons déjà évoqué la pratique de la double dé-limitation (Organique/Mécani que) chez De Quincey. mais la causal ité apparaît également sous la forme d'une fiction linguistique — dont nous avons vu que {'involution mettait en scène le blocage. La causalité kantienne comme logique de la limitation est une logique de la dépendance de l'homme quant au langage. 37.) il s'ensuit que nous n'avons le droit de rien considérer in rerum natura comme étant objectivement. Si V involute du style établit que le lien entre le noumène et le phénomène dépend de lui. qu'il tient lieu de nexus indispensable aux nombreuses parties de notre expérience. que l'auteur en son style se trouve d'emblée aux prises avec un monde où la phénoménalité reste virtuelle (de là découle et dépend la nécessité de se rapporter exemplairement aux mondes des formes et de la présentation virtuelles que sont les Rêves de l'Opium 3A). il faut considérer qu'une fiction mélancolique est inscrite au plus profond de la Critique kantienne.. pour prendre acte du chaos. Tout ceci il pourrait le déduire pour lui-même sans l'aide supplémentaire de Kant 37. À l'exemple de la causalité kantienne — il découle de la consi dération des catégories que leur validité suit la limite de la virtualité rythmique de l'expérience linguistique. il y a la plus grande raison de douter que l'idée de causalité est en quoi que ce soit applicable à d'autres mondes que celui-ci. où nous nommons A cause de B. Masson. p. une cause . le monde de Kant ne peut être que la fiction 36. et devant lui un monde qui semble lui promettre mille et mille confusions.. il indique aussi que le sujet qui « parle ». pour l'instant. On montrera ailleurs que l'hallucination chez De Quincey touche également à la critique kantienne des Rêves d'un Visionnaire. De ceci. De ce fait. Nous la voyons ici établir la fonction même du style. Pour montrer comment il est possible de dépasser l'épistémologie et le langage de la morale kantienne. ou à une expérience qui serait autre qu'humaine. II.

« Les temps ont changé » . Benjamin à la suite de Kleisi (Lettre à G. Scholem. il indique ce qui va devenir pour lui la tâche même d'une stylistique : prendre acte du « monde non-réalisé » 3<s de la littérature. 138-139). le style dansant du chaos depuis Kant — comme l'opium acquis au comptoir critique de la pharmacie transcendantale — donne à la lettre métaphorique de la littérature théorique l'évanouissement et l'évanescence du Grand Style prosaïque de l'art 39. éd. seuil de la grande prose d'art ii tnrs d h itimni/iiei k'anr ir:i<i viiwnii i mibrr 112 .Thomas de Quincey et Kant transcendantale du monde reel. I. 145-l4(>. Intimations of Immortality. ('orrespondance. : Cette mais façon à cette de quitter époque la on scène la considérait semble avoir comme été bien unconnue privilège au particulier de sang royal et qui ne pouvait être en aucune manière concédée aux droguistes '". Ce qu'exprime De Quincey est juste et ne peut être mis en doute . pp. vv. 39. et lorsque De Quincey poursuit en disant que celui qui médite sur ce point trouverait un monde en ruines. reconnaît dans la prose de Kant •■ //. Aubier.. Évanoui xvnc siècle. dépendant absolument de la limite de la Raison. autrefois régalien de la Grande Forme a été « démocratisé » depuis la crise kantienne de la Raison. ou un « monde purement virtuel » . en octobre 1917. 38. ou encore — du lait que le privilège. un monde de confusion. selon l'expression de Wordsworth.