Réflexions critiques Eric Dayre, Université Paris III

THOMAS DE QUINCEY : SUR LE STYLE TRANSCENDANTAL

DE KANT

German Kant Kant1. connaissance expression a complètement Philosophy, dansphilosophique le langage, that négligé is, non the le a dans philosophy fait son des queunique formul toute of es et des nombres. Or c'est ce qui fait qui finalement devait s'affirmer comme décisif. Walter Benjamin 2 Le Style est démêlement des pensées ou des idées réciproquement impliquées et enveloppées les unes dans les autres. Thomas de Quincey 3 Kant est Y avant-garde du grand style. Les jugements de De Quincey affirment cependant avec constance que le style de la prose kantienne est mauvais dans la mesure où il n'est pas sobre. Cela dit hors de la confusion du « sobre » et du « simple » — car le grand style digressif et « chantourné » de De Quincey implique une complexité essentielle : Et, à m'en souvenir, je suis frappé par la vérité du fait qu'un nombre bien plus grand de nos pensées et de nos sentiments les plus profonds passent en nous au travers de combinaisons complexes d'objets concrets, nous sont transmis en tant qu' involutions (s'il m'est permis de forger une telle expression) au cours d'expériences composites impossibles à démêler, qu'il ne nous en vient directement et sous leurs formes proprement abstraites 4. 1. LA CONDAMNATION L'insistance de ce jugement outrepasse quelque peu la nécessité DU STYLE DE KANT de la démonstration d'une conclusion largement acceptée par l'épo que ; et il faut s'attacher à comprendre la logique interne de cette condamnation : (...) il écrivait sa propre langue d'une manière tout à fait grossière ; et certains diraient de manière barbare, (...)mais voilà qui irait trop loin. 1. Letters to a Young man whose education has been neglected, A & C Black, XIII, p. 75, traduit par Sébastien Marot, aux éditions José Corti. 2. W. Benjamin, « La Philosophie qui vient », dans Mythe et Violence ; trad. Gandillac, Denoël, p. 111. 3. De Quincey, Des Mots et Du Style, dans Poésie n° 52. La traduction des textes de De Quincey sur le style, la langue et la rhétorique est en préparation aux éd. José Corti. 4. Autobiographic Sketches, I, p. 38 ; éditions José Corti, 1994. 99

écrivait barbare: Kanl cent incondite. elle-même coniondue dans le tumulte de sa décharge. La prolixité et l'involution allemandes sont inévitablement élaguées par la confrontation avec les modèles français \ Toutefois. au bout du compte.'Jh ornas de Quincey et Kant Joseph Scalier. Rien ne peut être moins vrai .. combinée avec une plénitude de pensée. elle se fait dans les termes de l'opposition de la manière et de la signification... A& C Black. rend compte de tout ce qui distingue son style. Telle était précisément la dillerence entre Woll (celui qui systématisa Leibniz) el Kant.). il n'apporte aucune difficulté langagière supplémentaire. insiste. pp. et c'est ce qui détermine chez De Quincey la nature et l'appartenance criticiste 6 du style de la pensée elle-même. dans ia iheoiic quinte y ci me ue leuuuie. Kant n'a pas compris ce que pouvait être l'élément de la religion romantique du texte. Kant aurait pu affirmer : (. de faire apparaître dans un ordre audible. clans l'Introduction a ses Annotations sur Maintins. devait « lier ensemble » (religarejen rythmant l'action même de la communication. La pensée «all emande » est en effet !'« involution » de la langue elle-même . Tout se passe comme si. la louange du « style français » de Leibniz est ironique car l'« involution » du style — caractéristique de la pensée en langue allemande — n'est précisément pas condamnable.) que je suis enclin à S. C'est bien là ce qui peut sembler étrange — cette approche reste classique. 100 i . "Kant in his Miscellaneous assays*. c'est-à-dire sans composition ni assimilation (digestion). mais la phrase en général. XII. sur la distinction entre barbare loqui et incondite loqui. de français et île latin. Qu'est-ce donc qui légitime ainsi la critique de De Quincey à faire fonds sur la séparation de l'intellect et le durcissement d'une pers pective allégorique toujours dénoncée par ailleurs ? Comment se fait-il que l'involution kantienne soit condamnée au nom d'une I' écriture ou involution de la pensée dans sa délivrance (ou sa ciictio) demeure elle-même inévitable ' Pour De Quincey. le cas de Kant est unique : la sobriété et l'exactitude de la pensée s'associent étrangement au refus « tumul tueux » de ce qui rend une parole vivante. c'est-à-dire ce qui. De Quincey. au style incommunicable de la tournure kantienne de la prose. On peut dire que Wolf qui. et notamment l'absence de la période qui permet de donner voix et souffle. représente le style de Kant comme le produit d'un système délibéré et comme le résultat de peines infinies. car la terminologie kantienne est. par le texte. tous les termes du raisonnement.. De Quincey ne critique pas la complexité du choix des mots. 312-313. qui tramait éternellement de taux raffinements. selon lui.. Friedrich Schlegel. intouchable.) mon livre est écrit dans un style si dégoûtant (. la pensée de Kant n 'était pas fondamentalement en jeu dans son texte. compréhensible et rythmique c'est-à-dire littéral. à l'époque de notre Reine Anne. lin fail. écrivait dans une diction hybride et disparate.. On dit que Kant jalousait la réputation de Leibniz (. faite d'allemand. une simple insouciance et inattention. À la limite. Le style philosophique de Leibniz est excellent . Leibniz avail vécu trop long temps a Paris pour cela. à des sujets déjà difficiles en eux-mêmes. tie manière très appropriée.

et le fait que.. cit. Dans cette attaque contre le style de Kant. XII. 1 Positiuité de Kant . 49-50). mais qui est mort-né de n'avoir pu être publié ou décemment communiq ué. par sa doctrine des catégories. Tout un pan de la théorie de De Quincey vise à replacer la pensée kantienne dans le mouvement de constitution du symbole romanti que comme critère et lisibilité (= Style) de l'expérience humaine. deuxièmement. comme dans le cas d'une obscurité embrouillée. Le problème qui se pose ici à la théorie romantique d'un De Quincey. p. auquel cas. En échouant dans la matérialité muette de son absence de construction stylistique. A & C Black. leur défaut est précisément inverse : ils voient trop clairement et s'imaginent que les autres voient aussi clairement qu'eux-mêmes. non de son excès. 101 2. elle a pour la première fois appliqué la philosophie à la nature de la preuve géométrique . tout se passe en effet comme si le texte du philosophe venait apporter un démenti à la théorie coleridgienne de l'apparition ou de la parution symbolique. IX. une fois au moins. De Quincey aura tenté de démontrer la cohésion de la philosophie kantienne dans ses Autobiographie Sketches9. le fait que. De Quincey attribue deux mérites à la philosophie kantienne : Premièrement. c'est que l'existence même du texte de Kant vient contre dire l'écriture symbolique du romantisme coleridgien. pp. Voir Kleist sur la confusion de pensées <■ trop » de n'être que des pensées sans discours (voir infra. sans la moindre nuance ou teinte de confusion l'obscurité de Kant 8. pp. ou qui s'est annulé soi-même 7. dès lors qu'il ne parvient pas à symboliser ou à présenter non tant un message. Telle était. par sa doctrine de l'espace. . son harmonie avec la mathématique. 80-109. p. 2. en interdisant au texte littéraire de se déployer dans l'espace de l'intuition intellectuelle. il lutte contre un texte qui justement avait tout pour être classique. claires 9. on pourra peut-être le considérer comme un livre qui n'est pas écrit. L'obscurité naît de l'absence de rhétorique. A & C Black. mais lui même en tant que totalité esthétique. 49. le « style barbare » de Kant est nécessairement anti idéaliste. Toutefois. 8. 'Kant in his Miscellaneous Essays -. II. elle a rempli le grand hiatus présent dans tous les 7.Réflexions critiques penser que très peu de personnes pourront en lire une vingtaine de pages sans trouver qu'il agit sur eux comme un hémétique . L'AMBIVALENCE DE LA POSITION THÉORIQUE DE DE QUINCEY La position de De Quincey consiste dans un premier temps à opposer l'esthétique littéraire et la philosophie kantienne. op. 330. constitue l'allégorie — contraignait objectivement à la désidéalisation de la philosophie coleridgienne. ni d'une indéfinition des concepts : Loin de voir trop indistinctement. "Language ■>. Lorsque De Quincey se débat avec le « style illisible » de Kant. comme artifice technique et comme substance naturelle. La prise en compte de la Crise kantienne dans la Crise de l'ait — crise dont l'opium. Voir Masson.

à la fin. Tout le reste. . il enseigne. et. Il a dit à son lecteur que certaines idées discutées n'étaient pas déduites de telle ou telle manière.. qu'une autre phase des fonctions ou des formes de son propre entendement ..il<>mcnl mrlrr (l'un sly If nioloiidcmt-nl « senti102 . sont correctement exprimés . à certains modes de nexus sans lesquels la somme complète de l'expérience ne serait qu'une corde de sable— '-.des plus profonds » ? Certes. pour comprendre la teneur d'un style métaphysique-polémique 13 que De Quincey empamte ici à 10. Quoi qu'il en soit. H f:»"ir. dans ia révélation la plus profonde. De Quincey reconnaît ailleurs la valeur de l'esthétique transcendantale. « les fonctions des formes de l'e ntendement ».iit <V. et l'insistance sur la question des principes des catégories n'est en elle-même pas xk""1' singulière au siècle. Avec Mendelssohn. leur validité et une charte d'autorité. est authentiquement kantienne. Ce sont des phrases qui décrivent leur objet. et la conclusion. 1() De Quincey voulait situer l'importance de Kant et de la philoso phie transcendantale dans l'Angleterre de son époque. avec une réserve sur la partie qui concerne la raison pratique (ou la volonté). IL p. le mérite qu'a l'œuvre de Kant dans la philosophie se résume en quelques phrases qui témoignent sans doute d'une saisie très exacte du projet kantien : À un lecteur qui serait encore disposé à sous-évaluer la valeur de Kant dans ce domaine. la « carte ». Pour De Quincey. en fait. est d'une valeur plus discutable. Kant donne leur cohérence. De Quincey ne reculait en principe pas devant les contradictions. À l'opposé. 106. qui affirme implicitement la validité et la fermeté de notre expérience. Kant a au moins donné une solution positive. Voir Autobiographic Sketches. <■ la validité ». sans toutefois la présenter de manière détaillée et sans s'expliquer plus avant dans ce passage. dans l'exacte mesure où elles sont elles-mêmes des conditions préalables de la possibilité même de toute expérience possible : il lui apprend que ces idées n'ont pas une origine mystique. et par un acte tout à fait unique — sans parties ou contributions.Thomas de Quincey et Kant schemes de l'entendement humain depuis Platon. par une des découvertes les plus absolues qui puissent exister. les ■< modes de nexus » ou mieux encore « les modes de relation ». même si l'on accorde une pleine valeur à ses prétentions ? Le lecteur lui a-t-il posé telle question ? Locke a tout au plus donné une solution négative. 1. Masson. Les «conditions préalables » ou transcendantales. mais qu'elles ne sont.— et d'un désenchantent. § 2 de Y lissai sur l'entendement Humain 13. 1 1 Le passage critiqué par Kant est en 11. Comment réconcilier ce passage avec d'autres affirmations apparemment critiques. et avec la confusion générale et absurde du point de vue kantien du « tran scendant » et du « transcendantal » ? Comment concilier cette phrase avec la dernière phrase de l'essai : « le pouvoir de Kant est le pouvoir d'un désenchantent. pour sa part. je pose une ultime question : pour quelle raison estime-t-il Locke " ? Qu'a donc fait Locke. sans étapes ou remarques préparatoires venues d'ailleurs — que ces idées débattues depuis longtemps ne pouvaient dériver de l'expérience désignée par Locke.

en la transposant deux fois dans ces textes Une première fois. : . dans L'Art de la Mémoire. sur lesquelles il est toujours possible de revenir et de faire fonds. intimement lié au secret de tout contenu ou de toute « contenance » (sentimentale/pensive) du visage. & C Black. il faut observer de plus près les jugements et les conclusions de De Quincey pour vérifier si — et dans quelle mesur e — ils sont véritablement contraires à la compréhension de la théorie kantienne . et plus spécifiquement sous le voile du « deuil ». à faire littéralement porter par l'écriture elle-même l'écart entre la destruction kantienne du monde et la constitution critique-transcendantale des phénomènes de l'expé rience. De Quincey écrit « Concernant cet antique mode de symbolisation de la Nature mystérieuse qui. catachrèses. une pensée qui ait été exprimée plus sublimement que celle que l'on trouve dans l'inscription au fronton du temple d'Isis (la Grande-Mère — la Nature) fe suis tout ce qui est — tout ce qui a été — tout ce qui sera : et le voile qui est sur mon visage. Le philosophe ne sait pas évoquer le monde possible du poète au moment même où il fonde l'expérience humaine. plus précisément encore. est au cœur de toutes choses et relie toutes choses en un seul ensemble. La forme est voilée dans le style comme « involute ». « transcendante-transcendantale » de la forme esthéti que.E. hypallages. face à tout symbole. au sens de la récurrence du sentiment dans le concept. voire à insérer dans l'écriture. 103 : : . ni parmi toutes les pensées sublimes. que remarque également Schiller au chapitre XXVI de L'Éducation Esthétique de l'Homme. NRF. syncopes. c'est d'abord pour des raisons techniques qui relèvent de la rhéto rique de la mémorisation et de la communication des textes. LE PARTAGE DU STYLE Mon hypothèse est que l'apparente contradiction de De Quincey contient une juste appréciation de l'écart entre Kant et le symbole romantique. Si l'a-priorisme transcendantal se coupe ainsi de la possibilité de devenir un texte. 3. ou s'ils ne visent pas plutôt à marquer. 14. dans Le Système des deux Révélé par le Télescope de Lord Rosse (A. mais également de déployer totalement la parution ou l'apparaître de l'expérience humaine.Grande Mère ». 167-205 voir Jay Hillis Miller. en citant expressément ses sources. A & C Black. ou comme « vérité sublime » du style et. est encore le secret sous le voile. Le partage du symbolique que De Quincey découvre dans l'en-deçà transcendantal et criticiste de la totalisation formelle lui pemiet. De Quincey s'oppose à la restriction de la rhétorique chez Kant.Réflexions critiques Moses Mendelssohn. La forme du symbole est essentiellement invisible dans l'allégorie de La . comme autant de figures de publication. où le voile appartient à la mécanique d'une fanta smagorie de la face horrible de Dieu une seconde fois. p. pp. The Disappearance of God). que F. 139 note). il s'avère impossible de replier. . 15. Les catégories kantiennes n'ont pas su recouvrir les catégories fonda mentales du style ou les figures mnémotechniques. II. » (<• Analects from Richter ». plus « philosophiquement ». aucune main mortelle ne l'a jamais soulevé. peut-être le lecteur se sentira-t-il enclin à donner son accord à la remarque de Kant à la page 197 de sa Kiitik der Urteilskraft : « Peut-être n'existe-t-il pas dans toute composition humaine de passage d'une plus grande sublimité. Le secret sublime découvert par Kant. Les catégories de la publication sont mental ». de souligner la limitation « sublime » J/1. Voir le rôle des aposiopèses. parce que précisément elles sont ellesmêmes à fonds multiples 15. d'« Isis » ou de la Nature que De Quincey remarque dans La Critique du Jugement de Kant. XIII. Yates signale dans son analyse de la Rhétorique à Herennius.

de la définition caleridgienne du • symbole tautégoiïque » du Manuel de l'Homme d'V. 93-94. fort problématiques d'ailleurs. Dans les termes..'/. 3.s\' /. D'autre part. dans l'aveuglement de la complaisance envers soi-même. et Kant en particulier » contient une présentation de la philosophie kantienne l(>. mais également rythniiijues. : . Ibidem. confond les SYMBOLES avec les ALLÉGORIES or.-. 94. Quand De Quincey écrit « Ainsi qu 'il en va dans le projet aristotélicien. Klles auraient seules été en mesure d'enchâsser et d'exhiber la terminologie -.Thomas de Quincey et Kcmt donc rhétoriques. la caté gorie y est en effet définie clans les termes mêmes de la tautégorie coleridgienne. La catégorie 16. l'idée d'une catégorie là l'instar de l'allégorie] est une simple abstraction sans vie»1".Htudes Germaniques. F. De Quincey donne une autre explication de ce point dans un autre passage. XIII. Cette définition présente une forte tonalité symbolique . où il insiste sur la « très grande différente entre les categories aristotéliciennes et kantien nes ». A ik C Black. il entend opposer les catégories d'Aristote. De Quincey y donne un résumé de la mise en œuvre de la philosophie critique à partir du point de départ humien de la déduction psychologico-subjective des principes de la causalité.')7/. . aux catégories kantiennes qui constituent tout d'abord la possibilité de l'expérience.et conscient des limitations que la forme du journalisme littéraire impose.j est! a ae\ !auk'gi>nknn Inm est Unnwui. ou bien son nom et ses honneurs seront usurpés par un produit contrefait de l'entendement mécanique qui. qui sont abstraites. pp. Ibidem. et les secondes une conditio sine qua non véritable et imperative dans la genèse de toutes nos pensées ■ ls. esi 104 ! : . L'une des misères de l'âge présent est qu'il ne connaît aucun moyen terme. II. les premières «étant une simple abstraction ou une générali sation inerte. Masson.1 La ciiiircrsioii . Il n'y a là rien que de très logique . p. en les caractérisant comme « une pièce inutilisable tirée d'un fatras scolastique » K\ Qu'il ignore aussi totalement l'importance de ces catégories ne nous intéressera pas ici. aucun milieu entre le Littéral et le Métaphorique Ou bien la foi sera mise en terre comme lettre morte. 19. une Allégorie n'est qu'une traduction de notions abstraites en un langage-image qui n'est lui-même qu'une abstraction des objets des sens et l'élément principal est encore plus dénué de valeur que sa procuration . Retenons seulement qu'il les utilise en les comprenant comme demonslratio a contrario des catégories kantiennes. (. et de faire de cette phrase kantienne le recueil ou la mémoire de la révolution ou de la cohérence circulaire d'une pensée. c'est-à-dire des modes de proposition tirés de l'expérience et appliquées à des choses qui ne peuvent être réduites plus avant. comme un symbole actif de la pensée 19.tat de Coleridge (1816): «Une philosophie affamée et sans idées produit naturellement une religion famélique et désolante.c'est-à-dire le mot kantien dans la révolution de la phrase. mais De Quincey s'attache ensuite à distinguer les catégories aristotéliciennes auxquelles il n'accorde aucune valeur poïétique.n s 'ad ressaut à un public large et dispar ate.'«• des ccitt'fi'iiit's kantiennes Le chapitre des lisquisses Autobiographiques intitulé . 98 mais également "Letters to a Young man whose Hducation has been Neglected-. un Symbole. 18. lautegonquej. 17.

à savoir : comment mettre en œuvre la justification de la nécessité.par une lutte. Les « rapports internes à la métaphysique dans le style ». quand tant de choses dépendent d'un effort — d'une contrainte et un effort spasmodiques — échouer d'un cheveu. un nisus de réflexion et de large combinaison. 105 . Ces rapports sont illustrés par l'utilisation du caractérisé par une translucidité du Spécifique clans l'Individuel. échos moins beaux mais qui sont des ombres non moins qu'un verger en pente ou des pâturages à flanc de coteau vus dans le lac transparent situé en contrebas. dans l'Ecole. découvert en même temps que la limite transcendantetranscendantale du langage lui-même. l'idée enveloppée dans le terme « transcendantal » tel qu'il est utilisé par la philosophie critique illustre les relations métaphysi ques du style (the metaphysical relations of style) 2". Pour le moment. Le tournant révolu tionnaire que la philosophie kantienne met en œuvre selon De Quincey.). . juin 1989). où Kant a échoué par mauvaise prose : II y a beaucoup d'idées dans Leibniz et Kant. ou du Générique dans le Spécifique. mais également « liens ». -Language ». forment la teneur métaphysique et dynamique du style. Surtout. const ituant un entendement séparé et bassement instrumental. « rapports ».Réflexions critiques « aristotélicienne » est au contraire une généralisation abstraite. Les autres ne sont que les échos vides que la fantaisie associe arbitrairement aux apparitions de la matière. c'est s'effon drer. Philippe Beck et Éric Dayre. ou allégoricosymbolique. d'entélechie. mais le déplacement dans le sujet des formes transcendantales qui sont les conditions de possibilité de l'expérience. dont la formulation ambi guë pourrait suggérer des conclusions erronées. 3. ce n'est pas Y« investigation de l'esprit » en général. Par exemple. puisque le terme de « relations » signifie « récits ». 96-97. Le symbole participe toujours de la Réalité qu'il rend intelligible et tandis qu'il énonce le tout. qui peuvent être arrêtées et venir à l'esprit seulement au prix d'un effort insigne — . chez Platon parfois. et certainement dans Aristote (comme les idées d' antiperistasis.2. dans Digraphe n° 48. il demeure lui-même une partie vivante de cette Unité dont il est le Représentant. Or. Cette fonction ouvre la possibilité d'une Métaphysique du Style littéraire. etc. ou de l'Universel dans le Générique. un symbole est caractérisé par la translucidité de l'Éternel dans et à travers le Temporel. « parenté ». pp. Malheur aux troupeaux qui seront conduits à de tels pâturages ! » (Trad. est en elleprose métaph ysique même ouverte aux jeux des mots. au premier rang desquelles il place les conditions de toute poïétique symbolique. et notamment la pensée de la fonction transcendantalement théologico-politique de la littérature comme telle. 20. remarquable dans l'application des catégories kantiennes ? Comment mettre en œuvre la justification concrète des catégories qui serait restée sans explication chez Aristote ? De Quincey interprète la solution kantienne de ce problème en corrigeant un prétendu passage de Kant. VIII. mécanico-organique. Nouer ou délier la L'expression des « metaphysical relations of style ». A & C Black. nous tenterons de décrire comment De Quincey comprend le problème qui s'est déjà posé à Hume par rapport aux principes de la causalité. Cette expression renvoie donc à la diversité des formes du nexus linguistico-catégoriel.

et notamment la forme a priori du temps constituant les premiers rapports rythmiques des représentat ions. le silence temporisateur et fondateur du langage lui-môme. Au plus près de ce que Kant aurait pu dire et n'a pas su dire. et poursuivre cette étude par l'étude de la façon dont De Quincey comprend l'Esthétique Transcendantale de Kant. mais ii faudrait l'illustrer relativement au Schématisme Transcendantal et à l'Esthétique Transcendantale. rien de plus salutaire pour moi qu'un mouvement de ma soeur.. le mouvement rythmique du langage ne se rencontre pas ailleurs que dans la structure de dédoublement et cl involution emblématique (originaire) du style 23. ai recours aussi bien à une apposition là où il n'y en aurait pas besoin.) » . presque rien. 23. survient quand s'achève la période. Nous commençons à le remarque i' depuis la double question de l'imagination et de l'esthétique transcendantales. pp. car l'évanescence des formes du discours d'art est toujours constituée par le mouvement rythmique de ce discours. Si.. ed. c'est vraiment penser à voix haute. donc. c'est tout le projet philosophico-littcnu're du philosophe qui s'effondre. comme par désir de m 'interrompre (. et il y a congruence entre les actes mentaux qui conduisent à l'une et à l'autre. et qui. il \l. J'y mêle des sons inarticulés.) la connaissance. c'est Schneider. disons. The Rhetoric of'Romanticism et De Quincey.chez Kant -'. supra note l'l. son infinie combi naison se tisse solidement si et seulement si elle se tisse avec une fluidité apparente et apparaît quasiment absente (idéalement. La bonne prose est syncrétique au sens propre. et le rythme ne constitue pas le sujet du texte « philosophique » de Kant — à tort. le style de la prose de Kant est imparfait. pour mon étonnement.Dans De l'élaboration proi^ressire des pensées clans le Discours. Ce faisant. mais cela ne se peut pas. un frein sur la roue de l'esprit. nous dit De Quincey. La prose doit fondre sa tension dans un discours. c'est-à-dire une version qui n'impliquerait plus de trébucher matér iellement sur l'opacité de la réciprocité du symbole et de l'allégorie dans la tautégorie du Symbole coléridgien. La langue alors n'est pas une entrave. vient usurper tout l'espace du Reflet spéculaire ou spéculatif). — d'autre part — limiterait la réverbération ou l'écho de la Voix Profonde qui. Sequences.. puis il conclut son analyse du discours du Renard de la fable des « Animaux Malades de la Peste » de la manière suivante : • Manier ainsi la parole. Voir Paul de Man: «Shelley disfigured». mais il est essentiellement délicat de parvenir à la légèreté de la métaphore philosophique (c'est-à-dire de la pensée). comme. 11 faudrait que la philosophie sache présenter littéralement l'absence de son discours.. surtout quand le temps joue chez Kant un rôle si fonda mental dans l'articulation de la forme a priori de l'entendement — . et utilise d'autres artifices propres à allonger le discours afin de gagner le temps nécessaire à la fabrication de mon idée dans le laboratoire de la raison. La moindre erreur d'exposition. 1VV1. chez Shelley notamment 2-. comme une version littéraire et sobre du texte philosophique. 106 I . 22. La suite des idées et leur mise en mots cheminent main dans la main. .ïhomas de Quincey et Kant ternie « transcendantal . le moin dredéfaut de présentation entraîne une chute absolue hors de l'ouverture métaphysique du Style. Le rythme ne s'entend pas ailleurs que dans l'imbrication de la matérialité littéraire et herméneutique du Style : dans le fait que le style est l'imbrication des mots et des pensées dans 21. étire en longueur les mots de liaison. Kleist présente également une méthode de l'involution discursive: «(.

il affimie que l'idéalisme transcendantal doit être converti en une recherche de la chose-ensoi. Les modèles de réduit chez Coleridge. 6. et dans une perspective idéaliste. À travers cette distinction. comme les mystiques tels que Boehme et Bruno . L'usage du terme « éduit » et <■ produit » dans un sens figuré est peut-être un écho aux Naturphilusophen de Baader. Routledge & Kegan Paul. dans Kant in his Miscellaneous Essays. Selon Coleridge. Coleridge distingue ainsi <• la façon et le façonnement » des « choses faites ou de l'acte de faire ». 25. les penseurs « transcendants » sont ceux qui n'hésitent pas à transgresser les limites de la raison kantienne. 29. De Quincey écrit : « c 'est tout à fait arbitrairement que le terme de « transcendant al » est distingué du terme « transcendant ».Réflexions critiques le temps même où il a à charge de démêler cette imbrication. dont le poète possède la préconception. dès avant l'œuvre — et dont l'œuvre participe. les catégories se transforment en « idées transcendantes ». Bollingen Series. 3-3. De Quincey n'a-t-il vraiment pas compris la différence entre les deux notions ? En 1830.de la Raison imaginative. à rejeter totalement les Idées de la Raison Pure en dehors de la philosophie. sont la Musique et la Poésie. et non parce qu'il serait parvenu.Transcendant et Quand Thomas De Quincey mentionne les notions de « transcen transcendant al dant » et de « transcendantal ». Biographia Literaria. (Voir Statesman's Manual. La phrase théorique définissant le style chez De Quincey est une phrase où la Théorie — l'Esthétique — Transcendantale rythme en retour le langage de la Fiction Littéraire et vient accomplir l'allégorie. Complete Coleridge. seul capable de refonder une morale moderne. et que le Dr Johnson avait été incapable d'en prendre la mesure. par exemple. à la pointe extrême des Lumières. mais cette distinc tion est également l'occasion pour Coleridge de montrer qu'il estime Kant surtout dans la mesure où ce dernier a imposé à la pensée scientifique de ne pas se mêler de Métaphysique. la Fiction Théorique essentielle au rythme. Complete Coleridge. de sorte que. Bollingen Series. Coleridge souligne ses options mysti ques. qui soit 24. La synthèse symbolique est l'entendement pur. Ce sont les » éduits vivants de l'imagination >■ les résultats de la transformation chimique qu'opère l'imagination comme synthèse. De Quincey introduit ainsi une remarque de Coleridge dans la Biographia Literaria2/i. le point exact où la Raison pure convertit l'entendement en espoir politique et religieux. 113 et notes.) : 107 : . pourraient être nommés Produits — par opposition à la Production ou Croissance » qui par son dynamisme renvoie à la synthèse Imagination-Raison. 237. « contrairement aux théologiens et aux philosophes plus anciens ». en une connaissance de la cbose-en-soi qui ne soit pas du ressort de l'entendement analytique. mais Yéduit vivant25 de la synthèse symbolique. L'horizon de pensée de Coleridge est ici néo platonicien et «renaissant». Coleridge signalait que cette différence avait déjà existé dans la scolastique. pp. p. il a tendance à unifier les significations différentes de ces termes. I. Le <■ produit » est propre à l'entende ment •< peut-être que ces morphômata de l'Entendement mécanique en tant qu'ils se distinguent des «poieseis. un des premiers articles de De Quincey dans le Blackwood Magazine. considérés « comme les Édu its vivants » de •■ Vidée de beauté Suprasensible » (Spenser).

de transgres ser ou de transcender radicalement les limites de la Raison kantien ne. La limite transcendantale de la pensée . : 108 .Thomas de Quincey et Kant plus qu'une morale du Cœur. parce qu'il est à la fois limite et transcendance dans la mesure où — au rythme où — il constitue le lieu de connexion et de séparation de la pensée et du langage. il faut observer la manière dont il souligne. là se trouve la transcendance. car ce terme de « nexus » décrit ailleurs l'activité du langage établis26. par la façon dont l'espace et la temporalité de la rhétorique. c'est la question (. Autobiographic Sketches. en un sens catégories du Style très précis. dans le langage. d'autre part De Quincey maintient l'identité mystique du transcendant et du transcendantal. Car la limite transcendantale de la pensée de Kant. lequel consiste à séparer le transcen dant du transcendantal au profit du premier. p. C'est sur hi question de l'applicabilité de la morale que Coleridge se voit oblige de dépasser. 100. jusques et y compris dans son style in absentia. II. Cette limite est très exactement le style présentant. D'une part en effet. de la relation et de la modalité comme un processus tout entier orienté vers la production d'un énoncé ou d'un jugement. passe très précisément. De Quincey interprète les catégories de la quantité. d'un côté par l'art caché du scheme de l'imagination . d'un autre côté et dès qu 'il y a discours. Les catégories ne valent que par et pour la prédication. Masson. mais également. et se place dans un espace théorique qui n'est pas celui de Yimmédiateté de la traduction des pensées dans le langage. Le style est dès lors la limite transcendante de la pensée. au prix d'un écart proprement affolant. Ce choix déroutant et paradoxal désigne la particularité de cet auteur : réinterprétant la mystique d'une manière fort différente de celle de Coleridge. les catégories kant iennes sont les De Quincey. De Quincey oriente sa théorie littéraire vers le caractère proprement transcendant de la Limite Transœndantale Où est la limite. par les formes a priori du temps et de l'espace. de la qualité. c'est le langage et. Kant permet à De Quincey de comprendre où la limite se trouve. Pour mieux comprendre la tournure théorique de la pensée de i 4. le Mangeur d'Opium conteste le choix « mystique » coleridgien. le nexus ou la junctura (\\\ discours. Sur ce point. s'organisant ou ne s'organisant pas. constituent la limite de la totalisation esthétique (du scheme) de la philosophie kantienn e. Ce n'est pas un hasard si le terme de « nexus » intervient pour décrire la façon dont les catégories kantiennes viennent nouer la possibilité de se rapporter à la compréhension de l'expérience 27. le nœud) du Style. la position de De Quincey est particulière et ambivalente.l'intrigue. que les catégories kantiennes sont les catégories du logos 26 ou de l'entendement formel.

comme dans une structure de parenté géniale. selon l'expression kantienne qui désigne l'« articulation » de la Vie organique 32 — . Or. lesquelles s'agglomèrent et conspirent pour un résultat commun. éd. La partie essentielle. 258. X.) Or l'usage des mots est chose organique. 259. n'est autre que le membre de la période. i.Réflexions critiques sant la définition du style chez De Quincey. si l'activité du langage consiste dans le « verknùpfen ». p. elles sont subs tantiel ement deux ensembles différents et elles ne se combinent pas et ne se fondent pas pour former une quelconque impression conjointe ou complexe 31. 2° les membres de phrases sont autant de «parties architecturales. le Don rat•camqiic de l'organe Littéralement. pp. pp.. Et la période est l'épreuve même des « relations » métaphys iques du style : Les périodes. dans lequel réside « la véritable vie de la composition »2H. alors. Ibid. 109 : . 30. 32. laquelle contribue à la Possibilité d'organisation de la Vie elle-même —-c'est une séquence distinguée par De Quincey lui-même de l'activité de connexion mécanique de la Vie dans la Natural Theology de William Paley. 6. et modifié par la pensée. le dernier lieu de l'individuation. Voir Anthropologie d'un point de Vue Pragmatique. se soulagent. se modifient les uns les autres. également. Ibid. pourrait être appelé \' organologie du style. 483-490 .) 29. Leyris. trad. qui s'aident. p. 497-502 . Mais si les parties sont chacune séparément si vastes qu'elles éclipsent le disque des parties adjacentes. au scheme et à l'analogie). la vie de l'ensemble dépend de Xindividuation de chaque partie. voir l'épisode du Brocken dans les Confessions . 31. La science du style considéré comme organe de la pensée. dans la mesure où le langage est lié à la pensée. ne sera pas abordée ici. 5. si le langage articule des mots et de la pensée. De Quincey introduit ici deux métaphores : 1° le « grand métier à tisser (great loom)1"'" ou le «processus textile de l'intellect en mouvement». Critique de la Raison Pratique.. au symbole. Cet usage est chose mécanique dans la mesure où les mots en combinaison se déterminent ou se modifient les uns les autres. considéré comme une machine. et construisent un ensemble seulement quand les parties sont révélées en tant qu'elles sont des parties. 1966. au travers d'une grammaire particulière pourrait être appelé mécanologie du style 28.. X.. » silhouette dans la bruine ». p. NRF. La science du style. se mettent en relief et se soutiennent les unes les autres »3°. et les membres des périodes. nouant le « nexus » de cette définition en liant les paradigmes de la Mécanicité et de l'Organicité du style : (. du style considéré clans sa relation avec la pensée et les sentiments. importante dans l'oeuvre de De Quincey. dans lequel les mots agissent sur les mots. de la limite unique ou du style de chaque partie. et si 28. 203-207. C'est seulement à travers les parties qu'est découverte la totalité . La question est chez Kant celle de l'activité du langage (composant la séquence de l'hypotypose de la pensée. l'Imaginaire. in Darmstadt Wissenschaftliche Buchgesselschaft. Autre jeu de mots crucial dans son lien avec le « Schein » allemand : « loom » signifie également « apparition discrète ». (Voir note 31. le nexus. La question du rapport Kant/Taley. c'est-à-dire de la transcendance de l'Un isolé. 5. est la manière dont une «phrase naît d'une autre phrase ». •■ vague lueur » . passant du signe.

c'est bien que l'organique est à la fois limite linguistique et corporelle de la pensée et limite « pensive » du linguistique. .Y). ou alternativement : le rythme silencieux du langage. La présentation devient infinie quand elle devient silencieusement linguistique. et plus précisément le monde de l'infinition rythmique 33 Tout homme qui a eu une quelconque expérience de l'écriture sait combien il est naturel à la hâte et à la plénitude de la matière de se décharger en de vastes phrases. elle-même métaphorisée par l'opiomanie de l'auteur..\ iiai. enveloppant des clauses au sein des clauses.. Cette logique possède une histoire. 149-150. i iis. De Quincey a placé cette désarticulation au sein même du langage rythmique et en a fait l'instance kantienne imposée à la littérature. du « dépendre de »..i . iwi i^ik. ad infinitum .. depuis Locke jusqu'à Kant. non pas au sens où le nexus pourrait résoudre cette difficulté. les longues mêlées aux courtes. iA_Li.. et que cette logique n'est autre que celle de la causalité logique du langage. il 33. une histoire « logique » dont « dépend » l'histoire philosophique du langage considéré comme l'expression des idées par les mots.. La syncope est supposée dans la connection linguistique. Le style de De Quincey entend signifier que la causalité est devenue la fiction du nexus établi(e) entre un intellect mobile et une chose-en-soi qui ne laisse plus contempler que le pur monde de sa virtualité poétique. (. i iv i i wiiii i >i •>.. Ironiquement.v i .iii. la difficulté d'articulation du noumène et du phénomène est la difficulté dont se charge le nexus.iwii. 34. L'articulation « stylistique » à laquelle pense De Quincey ne pourra jamais seulement être celle de la syntaxe.iCC. wj ". Cette limite constitue ou bien le texte des pensées. . en tant que langage.^ l»wiun . Mais comment entendre l'articulation « mécanique-organique » de la paradigmatisation ou de la phénoménalisation de la pensée (ou du sentiment) dans le langage ? S'il est effectivement impossible à l'écrivain post-kantien de voir les choses in rerum naturel.. dans l'articulation des signes comme alternance des phrases longues et courtes -s\ Elle est d'autant plus nécessaire que toute l'expérience de l'art sublime. L'opiomanie et une logologie. mais celle de la limite syntaxique dans la musique ou le silence . ou bien le texte des sentiments.'Ihomas de Ouincev et Kant cette activité se constitue toujours à la limite « transcendantetranscendantale » de la pensée. 110 : . est soumise à la logique de la dépendance. mais au sens où il est cette difficulté. pp. Le « nexus » langagier est constitutif et régulateur parce qu'il est la limite du transcendantal et du transcendant . X. l'histoire du langage est l'histoire de la dépendance généralisée. Dont le modèle constamment suggéré est le produit de la conciliation ou de la synthèse du style <■ anglais-latin » de Milton et du style « presque anglais » de Jean-Paul. ou bien leur conjointure complexe. Ci m sénéquiste.j^w. chacune modifiant l'autre et naissant musicalement par les liens d'une connexion spontanée Vl.) et combien d'art il faut pour briser ce grand fascicule de cycles et d'épicycles dans une succession gracieuse de phrases.

de telle sorte que le simple processus ne fait que suivre le simple entendement humain. et il découvrira que ce monde solide et bien accroché sembler rouler et tanguer sous ses pieds. Le monde critique tremble sous les pieds de son sujet parce que le sujet lui-même danse au rythme de la langue : (. Nous la voyons ici établir la fonction même du style. et qu'à la fin. il faut considérer qu'une fiction mélancolique est inscrite au plus profond de la Critique kantienne. des ruines. une cause .. qu'il tient lieu de nexus indispensable aux nombreuses parties de notre expérience. Pour montrer comment il est possible de dépasser l'épistémologie et le langage de la morale kantienne. En ce sens. À l'exemple de la causalité kantienne — il découle de la consi dération des catégories que leur validité suit la limite de la virtualité rythmique de l'expérience linguistique. Si V involute du style établit que le lien entre le noumène et le phénomène dépend de lui. ou le disfonctionnement.) il s'ensuit que nous n'avons le droit de rien considérer in rerum natura comme étant objectivement. pour prendre acte du chaos. Tout ceci il pourrait le déduire pour lui-même sans l'aide supplémentaire de Kant 37. stylistique au sens de la pure rytlunique. ou à une expérience qui serait autre qu'humaine. il y a la plus grande raison de douter que l'idée de causalité est en quoi que ce soit applicable à d'autres mondes que celui-ci. Masson. et devant lui un monde qui semble lui promettre mille et mille confusions. ou « un monde encore incréé ». p. retenons que l'équivalence du transcendantal et du transcendant signifie que la causalité kantienne est une pure fiction linguistique. et qu'au moment. où nous nommons A cause de B.. mais la causal ité apparaît également sous la forme d'une fiction linguistique — dont nous avons vu que {'involution mettait en scène le blocage. Nous avons déjà évoqué la pratique de la double dé-limitation (Organique/Mécani que) chez De Quincey.Réflexions critiques est mise en rapport de la limite du noumène comme phénomène et de la limite du phénomène comme noumène. 37. il indique aussi que le sujet qui « parle ». pour l'instant. nous ne faisons en fait que subsumer A sous la notion de cause — nous l'investissons dans cette fonction à partir de cette relation . de la confusion et de la virtualité. le monde de Kant ne peut être que la fiction 36. un monde autour de lui qui est en quelque sorte un monde de tromperie. La causalité kantienne comme logique de la limitation est une logique de la dépendance de l'homme quant au langage. De ce fait. De ceci. 111 . que l'auteur en son style se trouve d'emblée aux prises avec un monde où la phénoménalité reste virtuelle (de là découle et dépend la nécessité de se rapporter exemplairement aux mondes des formes et de la présentation virtuelles que sont les Rêves de l'Opium 3A). la causalité kantienne peut être comprise dans le mouvement de constitution du langage comme style . ou en soi-même. On montrera ailleurs que l'hallucination chez De Quincey touche également à la critique kantienne des Rêves d'un Visionnaire. 102. Qu'un homme médite un tant soit peu sur cet aspect ou un autre de cette philosophie transcendantale. selon la preuve philosophique la plus complète. II.

il indique ce qui va devenir pour lui la tâche même d'une stylistique : prendre acte du « monde non-réalisé » 3<s de la littérature. 38. reconnaît dans la prose de Kant •■ //. ou encore — du lait que le privilège. en octobre 1917. Évanoui xvnc siècle. Scholem. le style dansant du chaos depuis Kant — comme l'opium acquis au comptoir critique de la pharmacie transcendantale — donne à la lettre métaphorique de la littérature théorique l'évanouissement et l'évanescence du Grand Style prosaïque de l'art 39. Benjamin à la suite de Kleisi (Lettre à G.Thomas de Quincey et Kant transcendantale du monde reel. pp.. Aubier. éd. 39. vv. « Les temps ont changé » . 138-139). selon l'expression de Wordsworth. et lorsque De Quincey poursuit en disant que celui qui médite sur ce point trouverait un monde en ruines. dépendant absolument de la limite de la Raison. 145-l4(>. ou un « monde purement virtuel » . Intimations of Immortality. un monde de confusion. : Cette mais façon à cette de quitter époque la on scène la considérait semble avoir comme été bien unconnue privilège au particulier de sang royal et qui ne pouvait être en aucune manière concédée aux droguistes '". I. autrefois régalien de la Grande Forme a été « démocratisé » depuis la crise kantienne de la Raison. ('orrespondance. Ce qu'exprime De Quincey est juste et ne peut être mis en doute . seuil de la grande prose d'art ii tnrs d h itimni/iiei k'anr ir:i<i viiwnii i mibrr 112 .

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