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Vue aérienne d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Les avancées de La décentraLisation en afrique : Les

Vue aérienne d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Les avancées de La décentraLisation en afrique :

Les probLématiques de La démocratie LocaLe sur Le continent

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La dynamique des collectivités locales sur le continent

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L’enjeu stratégique du financement local

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Succès de la décentralisation, retour d’expériences

advances in decentraLization in africa:

issues of LocaL democracy

68 -the dynamics of local authorities on the continent 75 - the strategic issue of local financing 86 - decentralization: feedback on a successful process

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

La dynamique des collectivités locales sur le continent

L’ un des succès des Sommets Africités est d’avoir démontré que la décentralisation n’était pas une simple réforme

administrative, mais bien une démarche de changement éminemment politique. Désormais, le principe de libre administration des collectivités locales s’impose à tous les pays du monde, et l’Afrique n’échappe pas à la règle. Ces collectivités locales ont une personnalité juridique et recherchent une autonomie financière réelle qui leur permette d’enclencher leur propre dynamique de développement local. Le thème choisi par les organisateurs d’Africités V atteste que,

même face à la crise financière mondiale et à ses répercussions dommageables, ces collectivités locales assument leurs responsabilités. Non seulement elles les assument, mais elles revendiquent leur capacité à les exercer pleinement, sous réserve de disposer des moyens financiers nécessaires. Grâce à un travail argumenté de mise en réseau et de mobilisation issu des Sommets Africités, les acteurs publics sont unanimes à reconnaître « l’intérêt de partager les expériences des pays sur le leadership, la gouvernance décentralisée et participative des gouvernements locaux, et le rôle des gouvernements locaux en matière de développement

rôle des gouvernements locaux en matière de développement 68 africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe

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africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe fait bouger L’afrique LocaL africa move africa

The dynamics of local authori- ties on the continent - one of the accomplishments of the afri- cities summit is to have shown that decentralization is not merely an

administrative reform ; that it really

is a process of eminently political

change. the principle of free administration of local authorities now applies to all the countries in the world, and africa is no exception. Local authorities have

a legal personality and seek real

financial autonomy that enables them to spark their own process of local development. the theme chosen by the organizers of africities 5 proves that local authorities are assuming

their responsibilities, even in the face

of the global financial crisis and its

harmful after-effects. not only do they assume them but they assert their ability to exercise them fully, provided they have the financial means they need to do so. thanks to the well-documented work

Assurer

l’éducation

primaire

pour tous.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA Taraya Ole Kores Président du Comité politique
Taraya Ole Kores

Taraya Ole Kores

Président du Comité politique d’Africités V, président de l’Association des autorités locales du Kenya.

chairman of the political committee of africities 5 and president of the association of Local government authorities of Kenya.

À Marrakech, en 2009, le ministère de l’Intérieur du Maroc et Cités et gouverne- ments locaux unis d’Afrique (CGLUA) se sont associés pour organiser Africités V. Créée en 2005, l’organisation panafricaine CGLUA est une émanation de l’organisa- tion mondiale des villes (CGLU), dont la

vocation est d’agir dans les domaines de la démocratie locale, de la décentralisa- tion et de la coopération décentralisée en vue de contribuer au développement local et d’améliorer les services urbains :

accès à l’eau, à l’habitat, aux transports, à l’énergie, etc.

in 2009 in marrakech, morocco’s interior minister partnered with united cities and Local governments

of africa (ucLga) to organize africities 5. created in 2005, the pan-african organization ucLga is an

emanation of ucLg, the international organization of cities, whose vocation is to act in the areas of local

democracy, decentralization and decentralized cooperation with a view to contributing to local develop-

ment and improving urban services such as access to running water, housing, transport, and energy.

Assurer

un environnement

humain

durable.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

économique local et de réduction de la pauvreté, conformément aux Objectifs du millénaire pour le développement et à ceux du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD)* ». Les participants aux Sommets Africités insistent sur le fait qu’on ne peut pas développer un territoire si les acteurs locaux et les populations concernées n’ont pas leur mot à dire ; s’ils n’ont pas de représentants capables de parler et d’agir en leur nom, dans le cadre d’un système démocratique représentatif et participatif qui tienne compte de toutes les couches de la société, y compris les plus vulnérables et les moins nanties. La population doit s’approprier son destin au niveau local, et l’État

doit accompagner cette démarche en apportant toutes les aides nécessaires pour qu’elle se déroule dans les meilleures conditions. Le « printemps arabe » de 2011, avec ses revendications de justice sociale, de représentation citoyenne et d’accès aux services de base, a parfaitement fait écho aux propos tenus au cours de la cérémonie officielle d’ouverture d’Africités V par Jerry Rawlings, l’ancien président de la République du Ghana : « Le recouvrement de la dignité est la seule voie du développement ».

* (CONFERENCE DE YAOUNDÉ. Communiqué final sur le renforcement des capacités de leadership pour la gouvernance décentralisée et la réduction de la pauvreté en Afrique. 30 mai 2008).

of networking and mobilization that emerged from africities, public play- ers now unanimously acknowledge the “value of sharing countries’ expe- riences in leadership, decentralized participatory governance of local governments, and local governments’ role in local economic development

Promouvoir l’égalité entre les sexes.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication 70 africités v - marraKecH, maroc

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA Améliorer la santé maternelle. mande sociale pour de

Améliorer

la santé

maternelle.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

La réalisation des huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) au sein des collectivités locales africaines

Le Sommet Africités IV qui s’est tenu à Nairobi en 2006 avait mis au cœur de ses discussions le thème : « construire des coalitions locales pour la réalisation effective des objectifs du Millénaire pour le Développement au sein des collectivités locales africaines ». À Marrakech, lors d’Africités V, il a été réaffirmé que les actions des collectivités locales africaines représentent un levier efficace pour la réali- sation de ces huit Objectifs du millénaire pour le développement fixés en 2000 par l’Organi- sation des Nations unies, même s’il semble malheureusement peu probable que les pays

d’Afrique puissent les atteindre tous, d’ici 2015, date d’échéance de cet engagement.

- Réduire la pauvreté et la famine dans les pays en développement.

- Assurer l’éducation primaire pour tous.

- Promouvoir l’égalité entre les sexes.

- Réduire la mortalité infantile.

- Améliorer la santé maternelle.

- Combattre les grandes pandémies et, notam- ment, le sida.

- Assurer un environnement humain durable.

- Construire un partenariat mondial pour le développement.

Achieving the eight Millennium Development Goals (MDGs) in African local authorities —

at the africities 4 summit held in nairobi in 2006, discussions focused on the theme: “building local coalitions

for effectively achieving the millennium development goals in african local authorities”. during the africities

5 summit in marrakech it was reasserted that the activities of african local authorities represent an effective

lever for achieving the eight mdgs set by the united nations in 2000, even if, unfortunately, it seems unlikely

that african countries will be able to achieve them all by the 2015 deadline.

— eradicate extreme poverty and hunger.

— achieve universal primary education.

— promote gender equality and empower women.

— reduce child mortality.

— improve maternal health.

— combat Hiv/aids, malaria and other diseases.

— ensure environmental sustainability.

— develop a global partnership for development.

and the reduction of poverty, in accordance with the millennium development goals and the goals of the new partnership for africa’s development (nepad)”. participants at the africities summits stress that a territory cannot be developed if the local players and populations concerned have no say in the matter; if they do not have representatives capable of speak- ing and acting on their behalf in the framework of a participatory representative democratic system that takes into account all levels of society including those that are most vulnerable and least affluent. the population must own its destiny at the local level and the state must support the approach by contributing whatever is needed for it to proceed in the best conditions. the arab spring of 2011, with its demands for social representation of citizens and access to basic services, echoed perfectly the remarks made during the official opening ceremony of africities 5 by Jerry rawlings, former president of the republic of ghana:

“recovering dignity is the only path to development”.

(yaoundé conference. final communiqué on the reinforcement of leadership capacities for decentralized governance and the reduction of poverty in africa, 30 may 2008)

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Hôpital obstétrique

de Yaoundé,

Cameroun.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

« Réduire la mortalité infantile », l’un des huit Objectifs du millénaire pour le développement.

Ustin hendipi sciduis er incipisl do con vulla feu feuip ea facip essectet modion ullum

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

Ousmane Sy

Coordinateur de l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique (ARGA), ancien ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales du Mali

 

coordinator of the alliance for rebuilding governance in africa (arga) and former minister of territorial administration and Local authorities of mali.

Les Africités sont le symbole de l’émergence et de la reconnaissance au niveau continental des collectivités locales et, surtout, de la place des pouvoirs locaux dans la gestion des affaires publiques qui était le monopole des États centraux […] Je suis de ceux qui croient que le prochain cinquantenaire (2010-2060) en Afrique sera celui des collectivités locales, qui permettront aux États et au continent en général de sortir des impasses (institutionnelles, politiques, économiques et même socioculturelles) dans lesquelles nous

 

restons enfermés, malgré tous les efforts passés. La décentralisation est une réforme éminemment politique, parce qu’elle

démocratie plus proche, qui parle les langues des populations et qui est plus inclusive, donc plus stable qu’une démocratie se limitant à quelques

a

pour ambition de changer la gestion

dizaines de ministres et de députés. Le fait que les pouvoirs et les autres acteurs locaux africains puissent parler entre eux pendant les Sommets Africités

publique en ancrant les États post indépendance et leurs institutions dans

les sociétés et les communautés locales,

à

travers la revalorisation du patrimoine

est une nouvelle chance pour relancer les initiatives d’intégration africaine à travers les collectivités locales, plus proches des populations et donc moins bureaucratiques.

institutionnel du continent. […] Cette décentralisation permet aussi d’ancrer plus largement la démocratie dans nos pays. Les dizaines de milliers d’élus locaux donnent un visage à une

   

the africities summits symbolize the continent-wide emergence and recognition of local authorities and, above all, of the place of local government in the management

of public affairs, which used to be the monopoly of central governments […] i am one of those who believe that the next five decades (2010‒2060) in africa will be the

decades of local authorities, which will enable states and the continent as a whole to break out of the institutional, political, economic and even socio-cultural impasses

in which we remain deadlocked despite all past efforts .

 

“decentralization is an eminently political reform because its aim is to change public management by anchoring post-independence states and their institutions in local

societies and communities by rehabilitating the continent’s institutional heritage. […]

 

decentralization also anchors democracy more broadly in our countries. thousands of local elected officials put a face on a democracy closer to the people that speaks

their languages and is more inclusive and therefore more stable than a democracy limited to a few dozen ministers and parliament members.

the fact that authorities and other local african players can talk to each other during the africities summit is a new chance to revive african integration initiatives through

local authorities, which are closer to the people and thus less bureaucratic.”

 

Combattre

les grandes

pandémies.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication 74 africités v - marraKecH, maroc

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

L’enjeu stratégique du financement local

IN AFRICA L’enjeu stratégique du financement local L A L’AutONOmiE fiNANCièRE « l’autonomie locale si

L

A

L’AutONOmiE

fiNANCièRE

«

l’autonomie locale si

CONquêtE DE

qu’advient-il de

l’autonomie financière est inexistante ou amoindrie ? Dans quelle mesure la décentralisation et la subsidiarité qui y est attachée donnent-elles effectivement aux gouvernements locaux et à leurs communautés la possibilité d’améliorer l’accès aux services, et d’œuvrer pour le développement ? » Cette interrogation, qui figurait dans l’introduction du rapport 2008 de CGLu, a été au cœur des débats de fond d’Africités V Les collectivités locales ont trois principaux moyens de financement : la mobilisation de ressources propres à travers la levée d’impôts et de taxes ; les transferts de l’État ; et le recours aux emprunts. S’y ajoutent les ressources extérieures obtenues par des accords de coopération. Or, force est de constater que le chantier de la décentralisation fiscale en Afrique est encore en pleins travaux. La décentralisation a principalement investi, jusqu’à présent, deux champs d’action : le politique – autrement dit les élections locales – et l’administratif, à travers la reconnaissance de la personnalité juridique des collectivités locales qui se sont vu doter d’une administration propre. Sur ces deux points, de grands progrès ont été réalisés, mais le volet de l’autonomie

financière, quant à lui, n’est encore qu’entrouvert. Les collectivités locales ne mettent en

œuvre, selon les pays, que 5 à 10 % des dépenses publiques d’investissement, alors que la décentralisation est censée, justement, installer une certaine subsidiarité entre l’État et les collectivités locales mais si l’État central continue à gérer près de 90 % des dépenses publiques d’investissement, peut-on vraiment parler de subsidiarité ? se sont interrogés les participants du Sommet de marrakech. une question justifiée, dont les membres de la commission des finances locales de CGLu – commission présidée par le maire de Rabat, fathallah Oualalou – devaient également débattre, quelques mois plus tard, en mai 2010, lors de la réunion qu’ils ont tenue à Rabat. En analysant les budgets 2006 d’un échantillon de 26 pays africains, ils ont constaté que les dépenses de la moitié des collectivités locales ne dépassaient pas 5 % des dépenses publiques d’investissement. Le ratio le plus élevé était affiché par l’Ouganda (23 %), suivi par l’Afrique du Sud et la tanzanie (plus de 19 %). Le maroc arrivait en tête des pays du maghreb, avec 7,8 %. En ce qui concerne les ressources des collectivités locales, le rapport de la commission relève encore que celles-ci proviennent, pour plus de la moitié, des transferts du gouvernement.

Le nouveau

tramway

à Rabat.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

The strategic issue of local financing

Conquering financial autonomy. in its introduction, the 2008 ucLg report raised the question of what happens to local self-government if there is little or no financial autonomy. it went on to ask to what extent decentralization and the associated subsidiarity actually give local governments and their communi- ties the possibility of improving access to services and working for develop- ment. this question was at the heart of africities 5 debates. Local authorities have three main means of financing: raising funds directly themselves by levying taxes, transfers from central government, and borrowing. added to these are outside resources received through cooperation agreements. but it is clear that fiscal decentralization in africa is still a work in progress. so far decentralization has spread to two spheres, the political – in other words, local elections – and the admin- istrative, through the recognition of the

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA Petit précis d’autonomie locale « Par autonomie

Petit précis d’autonomie locale

« Par autonomie locale, on entend le droit et la capacité effective pour les collectivités locales de régler et de gérer, dans le cadre de la loi, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, une part importante des affaires publiques.» (Charte européenne de l’autonomie locale. Partie I, art.3)

A short summary of local self-govern-

ment — “Local self-government denotes the

right and the ability of local authorities, within

the limits of the law, to regulate and manage

a substantial share of public affairs under their

own responsibility and in the interests of the

local population.” (european charter of Local

self-government, part i, art. 3)

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LES ExEmPLES RÉuSSiS DE mObiLiSAtiON DES RESSOuRCES PubLiquES Plusieurs pays apparaissent comme des pionniers dans la recherche de l’autonomie financière locale : le Cap-Vert, le maroc, le Ghana ou encore l’Afrique du Sud sont parvenus à instaurer un dialogue fructueux entre le ministère des finances et le trésor public local, pour générer des ressources fiscales ayant un effet moteur sur le développement des collectivités locales. Des exemples à suivre. Sarah maria Duarte Lopes, ministre de la Décentralisation du Cap-Vert, en témoignait lors d’Africités V : « 10 % des revenus nationaux sont transférés directement aux municipalités. beaucoup de taxes sont déjà décentralisées et efficacement collectées par l’administration fiscale municipale. L’objectif, c’est que la gestion de ces

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Le Cap-Vert, un exemple de mobilisation des ressources publiques.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

legal status of local authorities, which have been given their own specific administrative bodies. on these two points great progress has been made, but the chapter on financial autonomy has only just begun. only 5 to 10% of government invest- ment expenditure, depending on the country, is in the hands of local authorities, whereas decentralization is, precisely, supposed to introduce a degree of subsidiarity between the state and local authorities. but if central

AFRICITÉS V : LE SOMMET DE LA MATURIÉ AFRICITÉS V: LE SOMMET DE LA MATURITÉ

Dan Plato

Maire du Cap, Afrique du Sud Mai 2009 / Juin 2011

mayor of cape town, south africa from may 2009 to June 2011

La ville-région du Cap est, en Afrique du Sud, le deuxième plus grand domaine, après Johannesburg, avec plus de 4,5 millions d’habitants. Malgré une situa- tion économique relativement stable, le chômage reste une préoccupation forte, qui pèse sur nos ressources. La ville du Cap génère et alloue d’importantes ressources financières à l’effort de déve-

loppement, mais elle ne possède pas des moyens à la hauteur des défis qu’elle doit relever, en dépit des allocations considé- rables, versées en direct par les gouver- nements provinciaux et nationaux. Jouir d’une indépendance financière serait une situation idéale pour toute autorité muni- cipale. Mais l’objectif est extrêmement difficile à atteindre.

the cape town city-region is the second-largest area, after Johannesburg, in south africa with over 4.5

million residents. although the city has been experiencing relative stable economic growth, major challenges

of unemployment, etc still remain. this situation undoubtedly puts pressure on existing resources. although

significant direct allocations are made by national government and provincial governments, the city of cape

town also generates and allocates significant financial resources for development but has limited resources

to meet its developmental challenges. therefore financial independence is an ideal position for any municipal

authority but is an extremely challenging position to attain.

but is an extremely challenging position to attain. governments continue to manage close to 90% of

governments continue to manage close

to 90% of government investment expenditure, asked the participants of the marrakech summit, can we really speak of subsidiarity?

it is a warranted question, one that the

members of the ucLg commission on local finance – chaired by the mayor of

rabat, fathallah oualalou – discussed again several months later, in may 2010,

at their meeting in rabat. analyzing

the 2006 budgets of a sample of 26 african countries, they found that the expenses of half of the local authori- ties did not exceed 5% of government investment expenditure. the highest ratio was posted by uganda (23%), followed by south africa and tanzania (over 19%). morocco headed the list of north african countries with 7.8%. the commission’s report also notes that the resources of more than half of the local authorities come from government transfers.

Marshalling public resources:

some successful examples. several countries stand out as pioneers in

the pursuit of local financial auton- omy: cape verde, morocco, ghana and south africa have succeeded in establishing a fruitful dialogue between their finance ministers and local public revenue departments to generate tax resources that are

a driving force in local authorities’

development. they are examples that should be followed. sarah maria duarte Lopes, cape verde’s minister of decentralization,

described the process at africities 5:

“10% of national income is trans- ferred directly to the municipalities. many taxes are already decentral- ized and efficiently collected by the municipal tax authorities. the goal

is that these resources should be as

transparent as they are at the central level.” cape verde’s cities, it should

Johannesburg

en Afrique

du Sud.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

ressources soit aussi transparente qu’elle l’est au niveau central. » il faut également ajouter que les villes du Cap-Vert sont réputées pour la qualité de leur gestion, et qu’elles disposent d’un encadrement de très bon niveau. Le maroc fait également figure de modèle. bénéficiant d’un développement économique constant depuis le début du xxi e siècle, le royaume a choisi de partager les fruits de sa croissance en allouant 30 % du produit de la t VA aux collectivités locales, ce qui correspond à la moitié des ressources locales. Les présidents des communes ont ainsi un budget important qui leur permet de mettre en œuvre des plans de gestion stratégiques pour un meilleur accès aux services de base. Au Ghana, l’État verse chaque année aux assemblées de districts (District Assemblies) une dotation globale qui équivaut à 5 % de ses recettes, soit environ 35 millions de dollars.

Ces transferts représentent 60 % des

ressources totales des collectivités locales ghanéennes. L’Afrique du Sud propose, quant à elle, une approche de la gouvernance fondée sur l’association de l’ensemble de la population à la gestion publique, à tous les niveaux. ici, la décentralisation

a été inscrite dans la Constitution,

dès 1996, comme un élément clé de la transformation du pays. Cette politique se résume par la formule :

« une meilleure vie pour tous ! »

L’Afrique du Sud peut, notamment, être donnée en exemple en ce qui concerne la décentralisation du recouvrement des taxes foncières urbaines et l’organisation de l’interface et de la coordination entre les niveaux national, provincial et local de gouvernance. un outil spécifique de planification et de programmation budgétaire a été développé à cet effet, l’iDP –integrated Development Planning.

Abdellatif Zaghnoun

Abdellatif Zaghnoun

Directeur général des Impôts du Royaume du Maroc – FONDAFIP

director general of taxes of the Kingdom of morocco –fondafip

L’amélioration du processus décisionnel en matière fiscale s’insère dans une dynamique de changement global grâce aux projets en cours : d’abord, la régionalisation avancée. Elle fait partie intégrante de la démocratisation du pays. Elle consacre la recherche de l’équilibre et de l’harmonie des compétences et des moyens entre les différentes institutions locales et nationales. Ensuite, la réforme de la loi organique relative aux lois de finances. Elle répond à la nécessité

d’améliorer la performance de la gestion publique. Elle vise à renforcer la transparence et l’efficacité des dépenses publiques pour donner une pleine légitimité aux prélèvements fiscaux. Elle prévoit de situer les choix budgétaires et fiscaux dans une perspective pluriannuelle afin d’améliorer le pilotage des finances publiques.

Extrait de son discours « La cohérence de la prise de décision fiscale au Maroc » prononcé à Rabat, le 9 et 10 septembre 2011.

the improvement in the decision-making process on tax-related matters is part of a process of overall change

ascribable to on-going projects. first, advanced regionalization: it is an integral part of the democratization

of the country. it sanctions the pursuit of equilibrium and harmony of competences and means between

the various local and national institutions. next, the reform of the government organization act establishing

finance laws. the reform came in response to the need to improve the performance of public manage-

ment. it aims to reinforce the transparency and efficiency of public sector spending to give tax levies full

legitimacy. it makes provision for multi-year budgeting and taxation choices so as to improve public finance

management.

personal account: “consistent taxation decision-making in morocco”: excerpt from the speech rabat, 9

and 10 september 2011.

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africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe fait bouger L’afrique LocaL africa move africa

LocaLe fait bouger L’afrique LocaL africa move africa Casablanca au Maroc. mande sociale pour de liberté,

Casablanca

au Maroc.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

be added, are known for their high quality management and have a fine supervisory staff. morocco is another model. Having enjoyed sustained economic devel- opment since the beginning of the 21st century, the kingdom decided to share the fruits of its growth by allo- cating 30% of the income from vat to local authorities, which amounts to half of local resources. this means that presidents of communes have sizeable budgets that allow them to implement strategic management plans for better access to basic services. in ghana, the state pays the district assemblies a yearly comprehensive grant equivalent to 5% of its revenue, or about 35 million dollars. these transfers account for 60% of ghana- ian local authorities’ total resources. south africa’s approach to govern- ance is based on having the entire population share in public manage- ment at all levels. Here, decentraliza- tion was written into the constitution in 1996, as a key element of the country’s transformation. the policy can be summed up in the expression:

“a better Life for all”. south africa can

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

Marie-Grégoire Tambila Swambe

Marie-Grégoire Tambila Swambe

Maire de Lubumbashi, République démocratique du Congo

mayor of Lubumbashi, democratic republic of the congo

Nous assistons souvent à des discours pol it ique s qu i sont de n at u re à promouvoir auprès des citoyens une inculture de la fiscalité ; des discours politiques et courtisans qui, parfois, conduisent les gens à ne pas acquitter

leurs taxes. […] Pour ma part, je continuera i à militer pour qu’on renforce les capacités des collectivités locales à éduquer la population et la sensibiliser à l’importance du paiement des taxes.

We often hear the sort of political speeches that promote ignorance about taxation amongst citizens; political,

self-seeking speeches that sometimes lead people to decide not to pay their taxes. […] i for one will continue

to fight for strengthening local authorities’ capacities to educate the population and raise awareness of the

importance of paying taxes.

 

be cited as an example in the decen- tralization of urban land tax collec- tion and of the organization of the interface and coordination between national, provincial and local levels of governance. a specific budgeting tool, integrated development plan- ning, or idp, was developed for this purpose.

Rabat

au Maroc.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication 79 africités v - marraKecH, maroc

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA COmmENt LE fONCiER PEut- iL DEVENiR GÉNÉRAtEuR DE

COmmENt LE fONCiER PEut- iL DEVENiR GÉNÉRAtEuR DE RESSOuRCES LOCALES ? La baisse annoncée des droits générés par les taxes sur les échanges commerciaux, dans le cadre de la libéralisation mondiale du commerce et des politiques d’intégration régionale, devrait inciter les différents ministères des finances à faire cause commune avec les gestionnaires locaux. Dans un contexte de raréfaction des ressources, l’enjeu serait d’améliorer notamment le rendement des impôts locaux dont les montants sont, aujourd’hui, encore très faibles dans la plupart des pays. L’une des solutions évoquées : un meilleur recouvrement des taxes foncières. « Plus les collectivités locales prélèvent et dépensent, mieux les économies locales se portent. […] moins elles le font, et plus tout le monde finit par s’appauvrir » constate françois Paul

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Yatta, dans une étude sur La gouvernance financière locale réalisée pour le compte du Partenariat pour le développement municipal (PDm). Et d’ajouter : « De nombreux secteurs de l’économie sont peu voire pas du tout taxés, et le patrimoine foncier ne contribue quant à lui en aucune façon à l’activité économique locale. » Or, ceci n’est pas une fatalité. Ainsi, l’expérience conduite au bénin à travers le Registre foncier urbain (Rfu) a donné d’excellents résultats. Le principe :

renforcer les ressources fiscales locales en s’appuyant sur une gestion rigoureuse du foncier, grâce à un système d’information numérisé. un inventaire foncier systématique et approfondi a permis de repérer et de délimiter précisément l’ensemble des parcelles, de déterminer la nature du droit qui leur est applicable et d’identifier les propriétaires des parcelles nues. un précieux instrument au service d’une véritable politique foncière.

Dakar

au Sénégal.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

How can land generate local resources? the predicted drop in duties generated by taxes on commercial trade due to the worldwide easing of trade restric- tions and regional integration policies should encourage finance ministers to make common cause with local managers. With resources in short supply, the challenge is to improve the yield of local taxes, which still are very low in most countries today. one solu- tion is better land tax collection. “the more local authorities levy and spend, the healthier local economies are. […] the less they do so, the more everyone will end up impoverished,” commented françois paul yatta in a study on local financial governance for the municipal development part- nership, adding, “many sectors of the economy are taxed very little or even not at all, and land assets do not contribute in any way to local economic activity.” yet this is not a foregone conclusion. the experiment conducted in benin through the urban Land register yield- ed excellent results. the principle was to boost local tax resources by relying on rigorous land management made possible by a digitized information system. using a thorough, systematic property inventory, authorities were able to accurately pinpoint and delimit all the parcels, determine the nature of the law that applies to them, and identify the owners of the undisturbed parcels. an invaluable tool at the serv- ice of a real land policy. the experiment is also a mark of the political courage of these elected offi- cials. indeed, by seeking to carry out fair, exhaustive collection of land taxes and by avoiding the effects of local speculation that unjustifiably make a handful of people rich to the detriment of the community as a whole, local authorities find themselves at odds

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

une marque, aussi, du courage politique de ces élus. En effet, en recherchant un recouvrement juste et exhaustif des taxes foncières, et en évitant les effets d’une spéculation locale qui enrichit de façon indue quelques personnes au détriment de l’ensemble de la communauté, les collectivités locales se trouvent souvent confrontées aux catégories les plus aisées et influentes de leur population.

Punta Europa

en Guinée

équatoriale.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

with the wealthiest and most influential sections of the community.

Financing investments. according to the World bank, in order to sustain economic growth at its current level, investments in africa should be in the order of 5.5% of the region’s gdp, or about 140 billion dollars a year. two thirds of this amount, or 90 billion dollars, should be invested by

of this amount, or 90 billion dollars, should be invested by 81 africités v - marraKecH,

81

africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe fait bouger L’afrique LocaL africa move africa

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

LE fiNANCEmENt DES iNVEStiSSEmENtS Selon la banque mondiale, pour soutenir la croissance économique à son niveau actuel, les investissements en Afrique devraient être de l’ordre de 5,5 % du Pib de la région, soit environ 140 milliards de dollars par an. Les deux tiers de ce montant devraient être investis par les collectivités locales, soit 90 milliards de dollars pas an. Ces chiffres sont à rapprocher de l’enveloppe globale de l’aide publique au développement, qui est de 100 milliards de dollars par an, et au montant total investi annuellement par

la banque mondiale dans le secteur des infrastructures, soit 8 milliards de dollars par an. Selon les Nations unies, si l’on voulait améliorer, à l’horizon 2020, les conditions de vie du quart des habitants vivant dans

Nairobi

au Kenya.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

local authorities each year. it is worth comparing these figures to the overall budget of public development aid, which is 100 billion dollars a year, and to the total amount invested annually by the World bank in the infrastructure sector, 8 billion dollars

a year.

according to the united nations, improving the living conditions of

a quarter of the inhabitants of the shantytowns by 2020 would require

an investment of 16 billion dollars

a year. but to achieve the far more

ambitious goal - one that concerns 250 million inhabitants - of eradicat-

Le projet de Fonds mondial pour le développement des villes

Mis en place par Metropolis, Associa- tion mondiale des grandes métropoles, ce fonds a pour vocation d’être un instrument d’assistance technique et d’ingénierie financière. Il est au service de toutes les catégories de collectivités au sein desquelles il entend promouvoir une solidarité active pour l’accès aux financements. En Afrique, les membres de Métropolis sont les métropoles de Marrakech, Rabat, Casablanca, Alger, Tunis, Alexandrie, Le Caire, Addis- Abeba, Nairobi, Dar es Salam, Harare, Johannesburg, Brazzaville, Kinshasa, Douala, Yaoundé, Niamey, Accra, Dakar, Bamako et Nouakchott.

The Global Fund for Cities Development

project — the global fund was set up by

metropolis, the world association of the major

metropolises, as an instrument of technical assist-

ance and financial engineering. it is at the service of

all categories of authorities, in which it is designed

to promote active solidarity for access to financ-

ing. in africa the following cities are members of

metropolis: marrakech, rabat, casablanca, algiers,

tunis, alexandria, cairo, addis-ababa, nairobi,

dar es salam, Harare, Johannesburg, brazzaville,

Kinshasa, douala, yaoundé, niamey, accra, dakar,

bamako and nouakchott.

yaoundé, niamey, accra, dakar, bamako and nouakchott. 82 africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe fait

82

africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe fait bouger L’afrique LocaL africa move africa

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA les bidonvilles, il faudrait investir à cet effet 16

les bidonvilles, il faudrait investir à cet effet 16 milliards de dollars par an. mais si l’objectif était, bien plus ambitieusement, d’éradiquer dans ce même laps de temps la totalité des bidonvilles du continent – 250 millions d’habitants concernés ! – ce sont cette fois 167 milliards de dollars qu’il faudrait consacrer annuellement à cet effort. Selon Jean-Pierre Elong mbassi, secrétaire général de CGLuA : « Demain, il faudrait que les grandes villes africaines soient davantage perçues comme des entreprises qui ont un actif, avec des capacités d’endettement, et qui peuvent être des négociatrices sur le marché

financier pour obtenir des moyens de financement. Avec la garantie des États, mais aussi celle de leurs propres ressources. » La question du financement des investissements reste donc critique pour les collectivités locales d’Afrique. Elle fait l’objet d’une attention accrue, et se retrouve au cœur de nombreuses approches nouvelles et prometteuses. Parmi ces dernières, la mise en place d’un fonds mondial pour le développement des villes, la revitalisation des institutions de financement spécialisé des collectivités locales, ou encore le recours au « private equity ».

Bidonvilles

de Nairobi

au Kenya.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

La Banque malienne de solidarité

Cette banque agréée, selon les termes de la réglementation de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, répond aux mêmes exigences que tous les autres établissements commerciaux de la zone UEMOA. Créée en 2002, elle a pour voca- tion le financement, l’appui et l’accompa- gnement des actions de promotion de la

micro-entreprise et de l’auto-emploi. Sa mission supplémentaire : le soutien aux couches les plus vulnérables de la popula- tion, lesquelles ont difficilement accès au crédit ! La Banque malienne de solidarité opère tant en milieu urbain que rural. Les crédits qu’elle a accordés en 2008 se sont élevés à 9,8 milliards CFA.

The Malian Solidarity Bank — the malian solidarity bank, an establishment approved under the terms

of the regulations of the central bank of West african states, complies with the same requirements as all the

other commercial establishments in the West african economic and monetary union (uemoa) zone. created

in 2002, it is dedicated to the financing, backing and support of activities promoting micro-entreprises and

self-employment. and it has the additional mission of supporting the most vulnerable members of society,

who have trouble accessing credit. the malian solidarity bank operates in urban and rural environments

alike. it granted 9.8 billion cfa francs worth of of credits in 2008.

ing all the shantytowns on the conti- nent by the same deadline, it would take 167 billion dollars. according to Jean-pierre elong mbassi, secretary general of ucLga, “tomorrow africa’s big cities must be perceived more as asset-owning busi- nesses with debt capacities, which can be negotiators on the financial market for securing finance, secured not just by the state but with their own resources.” How investments can be financed is still a critical issue for local authori- ties in africa. it is drawing increased attention and is at the heart of many promising new approaches. these include setting up a global fund for the development of cities, revitalizing institutions specialized in the financ- ing of local authorities, and private equity financing.

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

L E «PR i VAt E Equit Y », SOLutiON DE fiNANCEmENt POuR LE DÉVELOPPEmENt LOCAL ? Les deux principaux axes de financement du développement dans les pays africains consistent, d’une part, à augmenter les revenus publics en améliorant la fiscalité, et, d’autre part, à soutenir les économies locales en facilitant le financement des petites et moyennes entreprises. Par quels moyens ? Comment accompagner des projets d’entreprises pouvant avoir une action structurante dans les collectivités locales ? Réponse :

grâce au « private equity », un système intermédiaire indispensable entre le microcrédit et les modes de financement des grandes entreprises. « Les réformes institutionnelles qui permettent de le développer doivent être encouragées » explique l’institut montaigne, un think tank indépendant, dans le cadre d’un récent rapport intitulé Afrique-france :

réinventer le codéveloppement. Le sommet Africités V a été précurseur en la matière en présentant, dans le cadre d’une session spéciale consacré à ce thème, le « private equity » comme

une solution de financement accessible aux entreprises locales et susceptible de favoriser la sortie de crise. Au cours des cinq dernières années, il s’est d’ailleurs fortement développé en Afrique, dans des pays précurseurs comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, suivis de près par la tunisie, le Ghana ou le Sénégal, même s’il reste encore, par ailleurs, très largement méconnu des entrepreneurs africains. Le principe du système est d’accompagner un porteur de projet par l’entrée de capitaux privés dans le capital de l’entreprise, puis de revendre ces parts quelques années plus tard. Cette revente intervient après la phase de consolidation du projet, les partenaires investisseurs visant un objectif de performance à long terme, sans négliger pour autant leur retour sur investissement. Les investisseurs nationaux et internationaux sont ainsi mis à contribution pour participer à la constitution d’un tissu économique et social performant dans les pays africains. Cette approche est sans doute la mieux indiquée pour répondre au fort besoin de création d’emplois du continent.

au fort besoin de création d’emplois du continent. 84 africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe

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Private equity and its role in financ- ing local development. there are two main avenues for financing develop- ment in african countries: increasing public revenue by improving taxation, and supporting local economies by facilitating the financing of small and medium businesses. to achieve this goal we need to find a way to help business projects that are likely to have a structuring effect on local authorities. the answer is private equity, an indispensable system halfway between microcredit and the means of financing of big businesses. “institutional reforms that enable private equity to be developed should be encouraged,” explains the institut montaigne, an inde- pendent think tank, in a recent report entitled africa-france: reinventing a new partnership. africities 5 was a forerunner in private equity. at a special session devoted to the theme, private equity was presented as a financing solution accessible to local businesses and likely to contribute to resolving the crisis. over the last five years, it has in fact spread consider- ably in africa, in trail-blazing countries like south africa and nigeria, closely followed by tunisia, ghana and senegal, although it remains otherwise largely unknown amongst african entrepre- neurs. the principle of the system is to help the backer of a project by inject- ing private capital into the enterprise and then resell these shares a few years later. this resale comes into play after the project is consolidated, since investment partners aim at a long-term performance goal, although this does not mean they disregard their return on investment. national and international investors are called upon to contribute to building up an effective economic and social fabric in african countries. this approach is without doubt the most suitable one for meeting the continent’s pressing need for job creation.

Commerce

à Djerba

en Tunisie.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

Carole Ramella

Carole Ramella

Fondatrice et directrice générale de GFA Consulting Ltd (GFA Consulting Ltd est un cabinet indépendant de conseil en financement d’entreprises basé au Ghana, présent en France et dédié aux entreprises africaines).

founder and managing director of gfa consulting Ltd

 

(gfa consulting Ltd is an independent corporate finance consulting firm based in ghana and present in france, devoted to african companies. ).

Vous avez préparé et animé la session spéciale consacrée au « private equity » lors du Sommet Africités V. En quoi ce mécanisme est-il intéressant pour financer le développement local en Afrique ? Plus personne ne remet en question la théorie selon laquelle le développement des pays africains passe par celui de son tissu de PME. Celles-ci permettent en effet une croissance économique durable et favorisent l’émergence d’une classe moyenne, comme ce fut le cas dans les pays industrialisés. Or, en Afrique, ces entreprises ont beaucoup de mal à trouver les moyens de finan- cer leur développement, les banques ne s’intéressant que marginalement à elles. Il leur est donc difficile de jouer à armes égales avec leurs concurrentes de France, de Chine ou du Brésil. Le « private equity » est un mécanisme qui consiste à prendre des participa- tions minoritaires ou majoritaires dans des entreprises pour en financer le développement. La crise financière et économique a obligé ces fonds à

rechercher de nouveaux relais de crois- sance, notamment en Afrique. Résultat : les sommes qui y ont été levées, au premier semestre 2010, ont représenté 1,5 milliard de dollars, beaucoup plus que les 933 millions de dollars collec- tés sur toute l’année 2009. La reprise des levées de fonds a été même plus vigoureuse en Afrique subsa ha r ienne que sur d’autres marchés émergents tels que la Chine, l’Inde et la Russie. Pour les PME africaines, ces fonds représentent une formidable opportu- nité de financer leur croissance à moin- dre coût, puisqu’ils ne réclament pas d’intérêts, contrairement aux banques. Autre avantage : ils s’accompagnent d’un support stratégique et opération- nel qui permet aux sociétés d’atteindre les meilleurs standards en matière de management et de gouvernance.

continent, c’est la disponibilité d’une épargne pour financer les investissements productifs ? Je crois à un fort développement du « private equity » en Afrique dans les années à venir, parce que les fonds ont besoin d’investir dans des zones en forte croissance. L’enjeu, pour ce type de fonds, ne se posera pas en termes de disponibilités financières, mais bien plutôt d’identification des oppor- tunités les plus intéressantes. C’est à ce niveau que les collectivités locales peuvent intervenir. Il faut également trouver un moyen de diriger la formi- dable épargne des migrants africains vers les investissements productifs de long terme, plutôt que vers la consom- mation. Je suis convaincue que le « business model » du « private equity » pourrait apporter une solution à ce challenge, à condition d’être suffisam- ment innovant. Par exemple, il s’agira pour lui de répondre, concrètement, au problème de l’emploi des jeunes ou à celui de l’émancipation économique des femmes.

Quelles perspectives s’ouvrent pour le développement du « private equity » en Afrique, alors que ce qui fait apparemment défaut sur ce

 

You prepared and led the special session devoted to private equity at the Africities 5 Summit. In what way is this mechanism a worthwhile

method for financing local development in Africa?

 

no longer does anyone doubt the theory whereby the key to development in african countries is their fabric of small to medium enterprises. smes contribute to

sustainable growth and foster the emergence of a middle class, as was the case in the industrialized nations. yet in africa these enterprises have a lot of trouble

financing their development because banks take only negligible interest in them. so it is difficult for them to play on equal terms with competitors in france,

china and brazil.

private equity is a mechanism that consists in acquiring minority holdings or a controlling interest in companies to finance their development. the financial and

economic crisis forced private equity funds to look for new springboards for growth, in particular in africa. the result is that the money raised in the first half of

2010 amounted to 1.5 billion dollars, far surpassing the 933 million dollars collected in the whole year of 2009. the resumption of raising capital was even more

vigorous in sub-saharan african than on other emerging markets such as china, india and russia.

 

for african smes, these funds offer a tremendous opportunity to finance their growth at a lower cost, since, unlike banks, they demand no interest. another

advantage is that they come with strategic and operational support that enables companies to attain the highest management and governance standards.

What are the prospects for growth of private equity in Africa, given that what seems to be lacking on this continent is the availability of savings

to finance productive investments?

 

i believe that private equity will develop steadily in africa in the years ahead because these funds need to invest in areas with strong growth. the challenge for

this type of fund will not lie in finding available funds but rather in identifying the most worthwhile opportunities. this is where local authorities can come into

play. We must also find a way of steering the tremendous savings of african migrants towards productive long-term investments instead of towards consumption.

i’m convinced that the business model of private equity could offer a solution to this challenge, provided it is innovative enough. for example, it will have to give

concrete answers to the problems of youth employment and women’s economic emancipation.

 

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

Succès de la décentralisation, retour d’expériences

L ES DYNAmiquES tERRitORiALES POuR bâtiR uNE AfRiquE LOCALE mODERNE Alioune badiane, directeur

régional d’ONu-Habitat pour l’Afrique et les pays arabes, a rappelé dans son discours d’ouverture des sessions politiques d’Africités V : « il est indéniable qu’avec l’urbanisation galopante, ses défis et ses opportunités, il n’est plus possible d’ignorer le mouvement municipal africain. […] Nous avons bon espoir quand nous visitons le maroc, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Sénégal, le mali, le burkina faso… Des pays qui ont pris à bras le corps la question de la pauvreté urbaine ! En Afrique, l’urbanisation est une chance. » De fait, les sommets Africités sont l’occasion de mettre en évidence les villes africaines en mouvement et les stratégies de développement urbain, à l’exemple de Casablanca, Rabat, marrakech, Dakar, Niamey, Nairobi, Antananarivo, Douala, Durban, etc.

Dakar, la stratégie de développement urbain « La démocratie, c’est la permanence du dialogue entre les élus et leurs mandants », a constaté Khalifa Ababacar Sall, maire de Dakar. « Ces 20 derniers mois, Dakar s’est mise en mouvement pour répondre aux exigences des Dakarois. » Chargé du programme urbain au Sénégal, m. mansour tall, lui a fait écho :

« La stratégie de développement urbain du Grand Dakar met en perspective plusieurs propositions. La première, c’est de renforcer la verticalité de l’habitat, pour mieux maîtriser les questions de mobilité, de consommation d’électricité et de carburant. Jusqu’à présent, en Afrique, nous avons continué à étaler nos villes sans garantir une meilleure planification foncière. Aujourd’hui, il faut proposer un nouveau paradigme ! La seconde proposition, c’est de replacer le développement de nos métropoles dans le cadre de l’aménagement du territoire. Dakar, c’est 21 % de la population. Si on arrive à créer des métropoles d’équilibre dans les autres capitales régionales, on arrivera peut-être à desserrer l’étau sur Dakar. »

Niamey, une capitale émergente vert et bleu Les Nigériens eux aussi affirment leur volonté d’inscrire le développement dans leur projet de ville, en établissant un lien très fort entre les dimensions urbaine, économique et environnementale. En témoigne un reportage consacré à Niamey, qui a été projeté au cours d’une des sessions d’Africités V. Extrait du commentaire : « L’agglomération nigérienne s’est donné comme objectif de se positionner dans l’espace mondial en mettant en valeur son identité locale. une Niamey vert et bleu, qui fait en sorte d’améliorer la qualité de l’espace

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Decentralization: feedback on a successful process

Regional dynamics to build a modern local Africa. “it is undeniable that with galloping urbanization, its chal- lenges and opportunities, the african municipal movement can no longer be ignored,” stated alioune badiane, the director of un-Habitat’s regional office for africa and the arab states, in his opening remarks at the africities 5 political sessions. “[…] We have high hopes when we visit morocco, south africa, ghana, senegal, mali, burkina faso and other countries that have come to grips with urban poverty. in africa urbanization is a stroke of luck.” in effect, the africities summits provide the opportunity to spotlight african cities on the move ; cities like casablanca, rabat, marrakech, dakar, niamey, nairobi, antananarivo, douala and durban, and their urban develop- ment strategies.

daKar and urban deveLopment strategy. “democracy is all about unceasing dialogue between elected officials and their constituencies,” said Khalifa ababacar sall, the mayor of dakar. “in the last 20 months, dakar has got moving to satisfy the demands of its residents.” mansour tall, who heads senegal’s urban programme, echoes these remarks: “the urban development strategy of greater dakar focuses on several proposals,” he notes. “the first

AFRICITÉS V à MARRAkECH AFRICITÉS V à MARRAkECH

first AFRICITÉS V à MARRAkECH AFRICITÉS V à MARRAkECH et de revendiquer les éléments naturels comme

et de revendiquer les éléments naturels comme étant constitutifs de son identité. une Niamey intégrée, qui se dote de services et d’équipements de base pour la population en améliorant la qualité de vie des habitants et le fonctionnement du système urbain dans son ensemble. »

Ouagadougou multiplie les initiatives Sous l’impulsion de Simon Compaoré, maire de Ouagadougou et président de l’Association des municipalités de burkina faso, la ville de Ouagadougou s’est engagée dans une politique urbaine ambitieuse. Son objectif :

le développement d’actions dans de nombreux domaines (voirie, propreté, assainissement, santé, éducation, aide sociale et sécurité). un effort traduit par des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : en

Dakar

au Sénégal.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

one is to reinforce the verticality of housing in order to better come to grips

with issues of mobility and consump- tion of electricity and fuel. up to now, in africa, we have continued to spread our cities out without guaranteeing better land planning. today we must propose

a

new paradigm! the second proposal

is

to put the development of our big

cities into the framework of land-use planning. dakar accounts for 21% of the population. if we manage to create metropolises in other regional capitals to balance it out, we might succeed in easing the stranglehold on dakar.”

1995, le budget de la commune s’élevait à environ deux milliards de francs CfA, dont 500 millions d’investissements. En 2010, il est passé à 25 milliards, avec un total de 11,6 milliards de francs CfA d’investissement ! Ouagadougou a, de plus en plus, fière allure ! La création d’une régie autonome de gestion des équipements marchands a donné lieu au réaménagement, avec toutes les commodités nécessaires, de neuf marchés sur les 52 que compte la ville, et d’autres

niamey, a green and bLue emerg- ing capitaL. nigerians are also assert- ing their desire to make development part of their city plan by establishing very close ties between the urban, economic and environmental dimen- sions. this is evidenced by a report on

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

sont en chantier. Autres initiatives exemplaires : la création de jardins publics pour la population, l’éclairage des espaces publics – parce que la lumière chasse le crime –, l’ouverture de lieux de loisirs, d’équipements sportifs, d’espaces artistiques et culturels, etc. La ville de Ouagadougou a reçu plusieurs récompenses pour ses réalisations : le prix Africités à Yaoundé en 2003, le prix Dubaï international des meilleures pratiques pour l’amélioration du cadre de vie en 2006, le prix bahreïn international des meilleures pratiques en 2008, et le titre de « capitale culturelle de l’Afrique » en novembre 2009.

Le Cap, une ville dynamique aux nombreux atouts La ville du Cap, fondée en 1652, compte plus de 3,5 millions d’habitants. Capitale provinciale du Cap occidental, dont le nom fait référence au Cap de bonne

Espérance, la deuxième métropole la plus riche du pays ne manque pas d’atouts, comme le font valoir les études internationales (OECD, 2008 ; PERO, 2010) qui soulignent ses points forts en de nombreux domaines. Citons notamment : la qualité de ses infrastructures ; ses investissements dans l’éducation et l’économie du savoir, avec, en particulier un système de recherche scientifique de haut niveau (qui compte le plus grand nombre de scientifiques d’élite d’Afrique du Sud) ; une importante

Le quartier Ouaga 2000 au Burkina Faso.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

niamey that was screened during one of the africities 5 sessions. the follow- ing is an excerpt from the commentary:

“the nigerian city has set itself the goal of positioning itself on the world scene and making the most of its local identity. a green and blue niamey that strives to improve the quality of space and prides itself on the fact that the natural elements are constituents of its identity. an integrated niamey that equips itself with basic amenities and services for the population while improving its inhabitants’ quality of life and the running of the urban system as a whole.”

ouagadougou steps up initia- tives. at the instigation of simon compaoré, the mayor of ouagadougou and president of the association of municipalities of burkina faso, the city of ouagadougou has committed itself to an ambitious urban policy. its goal is to develop activities in many areas

policy. its goal is to develop activities in many areas 88 africités v - marraKecH, maroc

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA production d’énergie (pétrole, gaz, énergies

production d’énergie (pétrole, gaz, énergies renouvelables) ; des opportunités régionales qui attirent un grand nombre d’entrepreneurs qualifiés ; une vitalité économique liée à l’attractivité du pays (organisation de grands événements et de conférences internationales, accueil d’étudiants étrangers et de touristes) ; enfin l’essor de la « filière alimentaire », des champs à la table, autrement dit depuis l’activité de production agricole jusqu’à la valorisation du patrimoine gastronomique local, en passant par le développement de l’industrie agroalimentaire.

Le Cap

en Afrique

du Sud.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

(roads, cleanliness, sanitation, health, education, social aid and security). the figures are telling: in 1995, the town council’s budget was about two billion cfa francs, including 500 million in investments. by 2010 it had gone up to 25 billion, with a total of 11.6 billion cfa francs in investments. ouagadougou is looking finer every day! the creation of an autonomous state-owned company for the management of market facilities led to the redevelopment of nine out of the city’s fifty-two markets with all the necessary conveniences, and work is still under way on others. other exem- plary initiatives include creating public parks for the population, installing light- ing in public open spaces – because light keeps crime at bay – and opening recreation centres, sports facilities, and artistic and cultural centres. the city of ouagadougou has won several awards for its initiatives: the africities prize in yaoundé in 2003, the interna- tional dubai award for best practices to improve the Living environment in 2006, the international bahrain best practices award in 2008, and the title of cultural capital of africa in november 2009.

cape toWn, a dynamic city WitH many assets. the city of cape town, founded in 1652, has over 3.5 million inhabitants. the provincial capital of the Western cape whose name refers to the cape of good Hope, and the second wealthiest city in the country, cape town has no lack of assets. international studies such as oecd in 2008 and pero in 2010 emphasized its strong points in several areas. the most noteworthy of its assets are the quality of its infrastructures; its investments in education and the knowledge economy, including a high level system of scientific research boast- ing the largest number of elite scientists in south africa; sizeable energy produc- tion (oil, gas, renewable energies); regional opportunities that attract a large number of skilled entrepreneurs; economic vitality linked to the coun- try’s attractiveness (it holds large-scale events and international conferences and welcomes many foreign students and tourists); and a thriving food chain covering every step, from the fields to the table, in other words from growing crops on the farm to developing the agri-food industry to promoting the local gastronomic heritage.

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

DÉCENtRALiSER LES SERViCES PubLiCS LOCAux Les plans d’ajustement structurel mis en œuvre en Afrique depuis une trentaine d’années ont eu pour effet négatif d’amplifier la tendance au délitement des pratiques de solidarité sociale et familiale. Confrontées à cette désagrégation d’une « tradition africaine », bon nombre de collectivités locales n’ont pas pu prendre le relais en substituant à ces usages en déshérence une autre forme de soutien aux personnes, tel que l’accès aux services publics. L’analyse de l’organisation spatiale des villes africaines permet d’identifier des quartiers centraux, relativement bien dotés en infrastructures

et correctement entretenus – où loge, au maximum, un quart de la population. À leur périphérie se trouvent des zones de non-droit, généralement sous-équipées, où se concentre la majorité de la population. La crise actuelle aura sans doute un impact négatif sur cette situation. Les budgets locaux, déjà très faibles, vont

subir des baisses significatives, d’autant plus que les États, confrontés à des difficultés financières, seront pour la plupart réticents à augmenter, voire à maintenir leurs niveaux de transfert

vers les collectivités locales

situation lourde de menaces pour la paix sociale, sans laquelle aucune action

une

pour la paix sociale, sans laquelle aucune action une 90 africités v - marraKecH, maroc L’afrique

90

africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe fait bouger L’afrique LocaL africa move africa

Decentralizing local public services. the structural adjustment plans imple- mented in africa for the past 30 years had the negative effect of exacerbat- ing the trend towards disintegration of practices of social and family solidarity. faced with the breakdown of an african tradition, a good many local authori- ties were unable to take over from the extended family by substituting another form of personal support such as access to public services for these escheated usages. an analysis of the spatial organization of african cities identifies the central districts, which are relatively well equipped with infrastructures and reasonably well-maintained – where one quarter of the population, at the most, is housed. on the outskirts of these neighbourhoods are the no-go zones, usually under-equipped areas where the majority of the population is concentrated. the current crisis will most certainly have a negative impact on this situa- tion. Local budgets, which are already very meagre, will be cut significantly, all the more so since central govern- ments, beset with financial difficulties, will for the most part be reluctant to increase or even maintain the levels of their transfers to local authorities. the situation is fraught with threats to social peace, without which no sustainable development can really be implemented. to be sustainable, development must satisfy two complementary require- ments: create wealth and redistrib- ute the fruits of growth equitably to the members of the community. growth without redistribution quickly seizes up and can even trigger social tensions, if not revolts. the local level is particularly well adapted to setting up mechanisms of solidarity and equalization that can provide every citizen with a minimum income that guarantees them a decent living.

Lomé

au Togo.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

Forum des autorités locales (FAL) pour l’inclusion sociale et la démocratie participative. Dakar 2011.

Déclaration finale de la 9 e assemblée mondiale du FAL, 8 février 2011. « […] Elu-e-s du FAL, nous nous réjouissons que les peuples d’Afrique et du Maghreb soient en train de pren- dre leur destinée en main et estimons toute la valeur et la force de leur volonté de changement, comme de leur lutte pour la démocratie et le droit à une pleine citoyenneté. Dans cet esprit, nous sommes aux côtés de tous les mouvements populaires qui luttent aujourd’hui contre la privatisation de leurs ressources naturelles, et pour se les approprier. Elu-e-s locaux réunis à Dakar, nous sommes solidaires de l’ensemble des peuples engagés dans ces mouvements

de contestation. Ce sont des jeunes, des femmes et des hommes qui ont soif de liberté et de démocratie, mais surtout

de dignité et d’égalité des droits : droit d’expression, droit au travail, à la santé,

à la protection sociale, à l’éducation,

à une vie digne et à l’accès aux biens

publics les plus vitaux. […] À partir de nos territoires et en tant qu’Autorités locales progressistes, nous devons renforcer notre capacité criti- que et notre capacité de transformation sociale. Il s’agit d’une responsabilité collective : unir les forces pour que l’ave- nir de nos villes se construise sur la base de la cohésion et de l’inclusion sociales, de la participation démocratique et non de l’exclusion politique et sociale. »

Forum of Local Authorities (FAL) for Social Inclusion and Participatory Democracy. Dakar

2011 — closing statement of the 9th World assembly of the faL network, 8 february 2011.

“[…] the elected representatives of the faL celebrate that the peoples of africa and the maghreb are taking

their fate in their own hands. their willingness to change and their struggle in favour of democracy and citizens’

rights must be considered. in this sense, we also support all the peoples fighting for the reappropriation of

their natural resources and struggling against their privatization.

“the elected representatives gathered in dakar stand in solidarity with all the peoples involved in these

protesting movements. these are formed by young people, women and men with thirst for freedom, but

above all for dignity and equal rights: freedom of speech, the right to work, health, social protection, housing,

education, basic public goods, etc.

“[…] We must reinforce our capacity of being critical and promoting social transformation from progressive

local authorities. this is a collective responsibility: to join forces for building the future of our cities on the

grounds of cohesion and not from social and political exclusion.”

from this viewpoint, achieving the millennium development goals on the local level seems to be a decisive factor in the organization of local solidarity. nevertheless there may be some doubt as to whether this challenge is attain- able by all african local authorities by 2015. this fact has given rise to serious discussions where the challenge was to suggest credible alternatives likely to offset these foreseeable failures. it is a complex subject that is far from being exhausted: the lack of significant progress on the ground in women’s preoccupations as well as those of the disabled and the poor shows the extent of the progress that local authori- ties have yet to achieve if they are to eradicate discrimination and restore practices of solidarity on a day-to-day basis. this does not mean that nothing has been done so far or is still possible:

initiatives have been taken by different local authorities to ensure that basic citi- zens’ rights are respected and to define the basic income support that should be granted to local populations living in situations of insecurity, for the sake of social cohesion. the implementation of

Femme du Tchad

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

de développement durable ne peut véritablement être mise en œuvre. Pour être durable, le développement doit respecter deux impératifs complémentaires : créer de la richesse et redistribuer équitablement les fruits de la croissance aux membres de la communauté. La croissance sans redistribution se grippe rapidement, et elle peut même susciter des tensions sociales, voire des révoltes. L’échelon local est particulièrement bien adapté à la mise en place de mécanismes de solidarité et de péréquation capables d’assurer, à chaque citoyen, un revenu minimum lui garantissant une vie digne. La réalisation locale des Objectifs

du millénaire pour le développement apparaît, de ce point de vue, comme décisive dans l’organisation des solidarités locales. On peut cependant douter que ce défi soit, pour 2015, à la portée de toutes les collectivités locales africaines. Ce constat a donné lieu à des discussions sérieuses dont l’enjeu a été de suggérer des alternatives crédibles susceptibles de pallier ces défaillances probables. il s’agit d’un sujet complexe, loin d’être épuisé : l’absence de progrès significatifs sur le terrain, en ce qui concerne les préoccupations des populations vulnérables, comme les femmes, les personnes handicapées ou les pauvres, atteste de l’ampleur

handicapées ou les pauvres, atteste de l’ampleur 91 africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe fait

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

Les bénéfices de l’intercommunalité au Bénin

Une expérience, conduite au Bénin, montre comment peut fonctionner la décentralisation vis-à-vis des services publics locaux, grâce au dialogue multi- acteurs engagé par les municipalités. Le Bénin a opté pour un système de décentralisation présenté comme « inté- gral ». Le pays est divisé en douze dépar- tements, dont celui du Mono, qui compte

six communes : Lokossa (la préfecture), Athiémé, Bopa, Comé, Grand-Popo et Houéyogbé. Six villes, et une particularité :

leur regroupement en intercommunalité, un choix fait en 2009 par leurs représen- tants afin de mutualiser leurs efforts dans ces deux domaines clés que sont l’approvisionnement en eau potable et la gestion des déchets ménagers solides.

The benefits of inter-municipal cooperation in Benin — an experimental project conducted in benin shows

how decentralization can work in local public services when municipalities initiate multi-party dialogue. benin opted for a

decentralization system that was presented as “integral”. the country is divided into twelve departments. one of them, mono,

is made up of six communes: Lokossa (the prefecture), athiémé, bopa, comé, grand-popo and Houéyogbé. six towns with a

particular feature: they are grouped together in an inter-municipal arrangement. the choice to do so was made in 2009 by their

representatives in order to pool their efforts in two key areas, the supply of potable water and solid waste management.

Structurer les services d’eau potable.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

des progrès que les collectivités locales ont à accomplir pour mettre fin aux discriminations et restaurer, au quotidien, des pratiques de solidarité. Cela ne signifie pas que rien ne soit déjà fait ou soit possible : des initiatives ont été prises par différentes collectivités locales dans le but d’assurer le respect des droits élémentaires des citoyens, et pour définir les minima sociaux qu’il convient d’accorder aux populations locales en situation de précarité, dans un objectif de cohésion sociale. La mise en œuvre des politiques locales d’accès aux droits et d’organisation des solidarités peut contribuer à la sortie de crise.

PARtENARiAtS PubLiC-PRiVÉ (PPP) Les activités du Partenariat public-privé pour l’environnement urbain (PPPEu) du Programme des Nations unies pour le développement (PNuD) répondent aux Objectifs du millénaire pour le développement (OmD). Elles concernent quatre principaux domaines :

l’alimentation en eau, l’assainissement, la fourniture d’énergie et la gestion des déchets. un soutien est apporté à ces secteurs pour satisfaire aux besoins des gouvernements (États, Régions, Villes)

Gestion

des déchets

à Maseru

au Lesotho.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication dans leurs efforts constants pour la

dans leurs efforts constants pour la réalisation des OmD. En Afrique, de telles initiatives ont été menées, en étroite collaboration avec ONu-Habitat, dans de nombreux pays tels que le Lesotho, le mozambique et la Namibie.

Lesotho : pour la ville de maseru, l’objectif était de parvenir à une meilleure gestion des déchets solides. un cadre a été mis en place pour encourager les partenariats entre la municipalité, le secteur privé et les communautés locales. une première expérience pilote, conduite dans un quartier, a été reproduite dans d’autres sites de la ville de maseru. Résultats : une couverture du territoire municipal concerné qui est passée de 30 % à 70 %, la création de plus de 100

local policies to provide access to rights and organize solidarity measures can contribute to resolving the crisis.

Public-Private Partnerships (PPPs). the activities of the united nations development programme’s public- private partnership for the urban envi- ronment (pppue) meet the millennium development goals (mdgs). they concern four main areas: water supply, sanitation, power supply and waste management. support is given to these sectors to meet the needs of central, regional and municipal governments in their unflagging efforts to achieve the mdgs. in africa such initiatives have been conducted, in close collabora- tion with un-Habitat, in Lesotho, mozambique, namibia and many other countries.

Benjamin Clotaire Ablo

Benjamin Clotaire Ablo

Maire du Grand-Popo, Bénin

mayor of grand-popo, benin

Nous avons mis en place, au niveau des communes, une structure qui regroupe les six maires concernés et donne les grandes orientations. Pour nous aider dans cette intercommunalité naissante, visant à structurer les services publics de l’eau potable, de l’assainissement et de la gestion des déchets, nous avons

constitué un « quadrilogue » qui réunit les représentants des maires, les services déconcentrés de l’État chargés d’appliquer les politiques nationales dans chaque commune, les représentants de la société civile qui bénéficient des prestations de services, ainsi que les ONG et d’autres partenaires techniques du développement.

We set up a structure at the commune level that encompasses the six mayors concerned and provides broad

guidelines. to help achieve the budding inter-municipal cooperation that aims to organize the public services

of potable water, sanitation and waste management, we formed a ‘quadrilogue’, which brings together the

representatives of the mayors, the decentralized state departments in charge of applying national policies in

every town, representatives of civil society that are beneficiaries of services provided, and ngos and other

technical partners of development.

 

LesotHo: for the city of maseru, the goal was to improve solid waste management. a framework was set up to encourage partnerships between the municipality, the private sector and the local communities. a pilot experiment first run in one neighbourhood was reproduced in other sites in maseru. as a result, coverage of the municipal territory went up from 30% to 70%, more than 100 jobs benefiting women and young people were created, and waste recycling activity was expanded. the municipality undertook to apply the same partnership-based approach to other sectors that fall within its jurisdiction: health-care centres, public rubbish dumps, management of public open spaces and advertising billboards. and all of it for the benefit of municipal revenue!

mozambique: potable water supply in periurban zones is one of the mozam- bican government’s priorities in its efforts to achieve the 7th millennium

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Vue aérienne d’une ville de Namibie.

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En Namibie, un programme national sur les partenariats public-privé pour la fourniture de services municipaux prioritaires a été lancé.

Ustin hendipi sciduis er incipisl do con vulla feu feuip ea facip esup tatie magna feum dolore veliquis nit luptati scidunt modion ullum

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

emplois qui ont bénéficié aux femmes et aux jeunes, et enfin le développement de l’activité de recyclage des déchets. La municipalité a entrepris d’appliquer cette même approche partenariale à d’autres secteurs relevant de ses domaines de compétences : les centres de santé, les décharges publiques, la gestion des espaces publics et des panneaux publicitaires. tout cela, au bénéfice des recettes municipales !

Mozambique : l’alimentation en eau potable dans les zones périurbaines est l’une des priorités du gouvernement mozambicain dans ses efforts pour réaliser le 7 e Objectif du millénaire pour le développement : « Préserver l’environnement ». La capitale maputo et la ville contiguë de matola, dont la population totale est estimée à environ 1,7 million d’habitants, souffrent d’une distribution en eau potable relativement faible par l’opérateur privé principal : 40 % seulement du territoire est desservi et les zones périurbaines n’ont, pour la plupart, pas accès au réseau principal. C’est dans ce contexte qu’un partenariat public-privé a été mis en place. Les principaux acteurs en sont les

municipalités de maputo et de matola, le régulateur du secteur (CRA), la société nationale de gestion du patrimoine (fiPAG) et l’opérateur privé (Aguas du mozambique). Résultat : le raccordement au réseau d’eau potable de plusieurs milliers d’habitants supplémentaires résidant dans les zones périurbaines démunies de ces deux localités. La mise en œuvre du projet s’est traduite par une plus grande reconnaissance des petits fournisseurs indépendants, et la définition d’un modèle approprié de partenariat pour la fourniture d’eau potable aux populations défavorisées, avec la participation de ces prestataires et dans un esprit de qualité de service.

Namibie : la majorité des populations urbaines et rurales a un accès limité aux services essentiels tels que la santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement, la gestion des déchets. Le ministère en charge de la décentralisation a donné le coup d’envoi d’un programme national sur les partenariats public- privé pour la fourniture de services municipaux prioritaires. C’est dans ce contexte qu’ont été instaurées les réformes du cadre politique régissant

development goal, preserving the environment. maputo, the capital, and the adjacent city of matola, whose total population is an estimated 1.7 million inhabitants, suffers from a relatively limited supply of drinking water by the principal private operator:

only 40% of the territory has running water and most periurban areas have no access to the main network. it is in this context that a public-private part- nership was established with, as main players, the municipalities of maputo and matola, the water regulatory coun- cil (cra), the national water supply investment and assets fund (fipag) and the private operator, aguas du mozambique. as a result, thousands of additional residents of the destitute

Maputo,

au Mozambique.

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pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication 96 africités v - marraKecH, maroc

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LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA L’École Polytechnique de Namibie assure des formations en

L’École Polytechnique de Namibie assure des formations en PPP.

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periurban zones of the two cities have been connected to the drinking water network. the implementation of the project led to greater recognition of small independent suppliers and the definition of a suitable model of part- nership for the supply of potable water to disadvantaged populations with the participation of these providers, in a spirit of quality of service.

namibia: the majority of the urban and rural populations have but limited access to essential services such as health, education, water and sanita- tion, and waste management. the ministry in charge of decentralization kicked off a national programme of public-private partnerships for the supply of priority municipal services. it is in this context that reforms were introduced in the political framework governing the responsibilities of local authorities and the role of other local actors in forming public-private part- nerships. a practical guide was put out to promote this kind of programme. the achievements of the pilot cities of gobabis and Katima mulilo illustrate the results: solid waste management was improved; more than 7,000 destitute inhabitants gained access to basic services; more than 100 jobs benefiting poor communities were created; and women and small local entrepreneurs were empowered by the emergence of new capacities of creation and sustainable management of enterprises in the solid waste sector. in all more than 30 local authorities benefited from the programme. undp backing also contributed to the development of a partnership with the Higher polytechnic university institute of namibia, which trains municipal services agents and students apply- ing for a master’s degree in ppp. most trainees are hired by the municipalities upon graduation from the institute.

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les responsabilités des autorités locales et le rôle d’autres acteurs locaux dans la formulation des partenariats public- privé. un guide pratique a également été réalisé pour promouvoir ce type de démarche. Le résultat est prégnant dans les villes pilotes de Gobabis et de Katima mulilo : amélioration de la gestion des déchets solides ; accès donné aux services de base à plus de 7 000 habitants démunis ; création de plus d’une centaine d’emplois ayant bénéficié aux communautés pauvres ; renforcement du pouvoir des femmes et

des petits entrepreneurs locaux grâce à l’émergence de nouvelles capacités de création et de gestion durable des entreprises dans le secteur des déchets solides. Au total, plus de 30 collectivités locales ont bénéficié du programme. L’appui du PNuD a également permis de développer un partenariat avec l’École Polytechnique de Namibie, qui assure des formations en PPP à l’intention des agents des services municipaux et des étudiants candidats à la maîtrise. La plupart sont recrutés à leur sortie de l’École par les municipalités.

Maleye Diop

Maleye Diop

Administrateur du programme PPPEU-PNUD (Partenariat public-privé pour l’environnement urbain du Programme des Nations unies pour le Développement)

administrator of undp’s pppue programme

(the united nations development programme’s public-private partnership for the urban environment)

Les Partenariats public-privé dans la fourniture de services aux populations – surtout les plus démunies –, ont montré des résultats probants. Des expériences appuyées par le PNUD à travers son programme « Public Private Partnerships

for Service Delivery – PPPSD » existent aussi bien en Afrique qu’en Asie ou en Amérique latine, qui sont les trois principales régions du monde où se sont déroulées nos interventions au cours de ces dernières années.

public-private partnerships in the supply of services to populations – especially the destitute –have had convincing

results. experiments backed by the undp through the public private partnerships for service delivery (pppsd)

programme exist in africa as well as in asia and Latin america, the three principal regions of the world where

we have come into play in the last few years.

 

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

CRÉAtiON Du RÉSEAu DES fEmmES ÉLuES LOCALES D’AfRiquE (REfELA) En 2009, lors du sommet Africités V, les participants avaient recommandé la mise en place d’un réseau de femmes élues locales d’Afrique. C’est dorénavant chose faite, sous l’impulsion de CGLuA, qui ambitionne de porter la voix des citoyens à l’échelle continentale et internationale. En juillet 2010, l’Assemblée générale de l’ONu créait, « ONu-femmes », une nouvelle entité chargée de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. En mars 2011, le premier forum du Réseau des femmes élues locales d’Afrique (REfELA) s’est tenu à tanger, en partenariat avec le ministère de l’intérieur du Royaume du maroc, sur le thème : « Objectifs du millénaire pour le développement et la bonne gouvernance ;

rôles et responsabilités du leadership féminin. » L’objectif de cette rencontre internationale était multiple : offrir aux participantes un temps d’échange, leur permettre de partager leur expérience de la gestion des affaires publiques, et les encourager à se mobiliser pour une plus grande parité entre hommes et femmes dans l’exercice du pouvoir. Les cinq priorités fixées pour la feuille de route d’ONu-femmes, dans le cadre du plan stratégique 2011-2012, visent à :

renforcer l’influence, le leadership et la participation des femmes ; mettre fin à la violence contre les femmes ; agir de façon à leur garantir paix et sécurité ; renforcer l’autonomisation économique des femmes ; placer les priorités en matière d’égalité des sexes au cœur de la planification, de la budgétisation et des statistiques nationales, locales et sectorielles.

et des statistiques nationales, locales et sectorielles. 98 africités v - marraKecH, maroc L’afrique LocaLe fait

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Creation of the network of female local elected officials in Africa (REFELA). at the africities 5 summit in 2009 participants recommended setting up a network of female local elected officials in africa. this has now been accomplished, at the initiative of ucLga, which aims to make citizens’ voices heard on the continental and international level. in July 2010 the united nations general assembly created un-Women, a new entity tasked with promoting gender equality and empowerment of women. in march 2011, the first forum of the network of female local elected officials in africa (réseau des femmes élues locales d’afrique, or refeLa) was held in tangiers in partnership with the interior ministry of the Kingdom of morocco, on the theme “millennium development and good governance goals: roles and responsibilities of female leadership”. its objectives were to give participants a time for dialogue, enable them to share their experience in public affairs management, and encourage them to mobilize for greater gender parity in the exercise of power. the five priorities set out in the un-Women’s roadmap for the 2011- 2012 strategic plan aim to increase women’s influence, leadership and participation; end violence against women; act to ensure their peace and security; strengthen women’s economic empowerment; and put the priority of gender equality at the heart of plan- ning, budgeting and national, local and sector-based statistics.

Le 1 er forum du Réseau des femmes élues locales d’Afrique à Tanger.

mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

LES AVANCÉES DE LA DÉCENTRALISATION EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA

EN AFRIQUE ADVANCES IN DECENTRALIzATION IN AFRICA LA PROmOtiON DES DROitS DES fEmmES Lors d’Africités V,

LA PROmOtiON DES DROitS DES fEmmES Lors d’Africités V, ce leadership au féminin était parfaitement symbolisé par la ville de marrakech, dont le premier magistrat est précisément… une magistrate : fatima-Zohra mansouri, avocate de profession. Lors d’une session thématique d’Africités V, Zakia mrini, présidente du conseil de l’arrondissement de Guéliz, à marrakech, a évoqué le contexte marocain : « il y a une volonté politique au maroc, depuis les vingt dernières années, en matière de promotion des droits des femmes. Ces acquis sont liés au mouvement féminin, qui a joué un rôle très important depuis les années quatre-vingt. […] En tant que maire, je suis consciente des disparités qui restent encore à gommer, et des droits économiques et sociaux qui restent à développer dans plusieurs domaines ; ce sont de grands chantiers à explorer pour le gouvernement marocain, et surtout pour les collectivités locales : […] l’alphabétisation des femmes, le chômage des femmes et la féminisation de la pauvreté […], les problèmes de santé, le logement, l’habitat. »

Le forum du REFELA :

un partage

d’expériences

au féminin.

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Déclaration universelle sur la démocratie de 1997

Il ne saurait y avoir de démocratie sans un véritable partenariat entre hommes et femmes dans la conduite des affaires publiques, où hommes et femmes agissent dans l’égalité et la complémentarité, s’enrichissant mutuellement de leurs différences.

Universal Declaration on Democracy,

1997 — the achievement of democracy presup-

poses a genuine partnership between men and

women in the conduct of the affairs of society

in which they work in equality and complemen-

tarity, drawing mutual enrichment from their

differences.

Promoting women’s rights. Women’s leadership was perfectly symbolized at the africities 5 summit by the city of marrakech itself, which had recently elected its first female mayor, fatima-zohra mansouri, a lawyer. during a thematic session of africities 5, zakia mrini, president of the local council of the arrondisse- ment of guéliz, in marrakech, spoke of the moroccan context: “there has been a political determination to promote women’s rights in morocco for the past 20 years. these achieve- ments are linked to the women’s movement, which has played a very important role since the 1980s. […] as mayor, i am aware of the dispari- ties that still need to be smoothed over and the economic and social rights that remain to be developed in several areas; these are major projects that need to be explored by the moroccan government and even more so by local authorities: […] women’s literacy, women’s unem- ployment, the feminization of poverty […], and problems of health, housing and living conditions.”

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