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Partie – Economie

Fiche 1 – A quoi sert la monnaie

Thème 4

– La monnaie et le financement

Notions du référentiel : les fonctions de la monnaie :les formes de la monnaie

Introduction : Pourquoi la monnaie ? Le troc et ses limites

La conception traditionnelle de la monnaie oppose 2 grandes périodes :

1. des sociétés de petite taille dans lesquelles la division du travail était réduite , donc où l’échange était peu développé , ne nécessitait pas l’utilisation d’une monnaie . En effet, l’échange était la preuve d’une solidarité et donc les individus pouvaient facilement, puisqu’ils se faisaient confiance troquer des produits les uns contre les autres .Mais, le fonctionnement de ces sociétés primitives allait rapidement être remis en cause. Les individus se sont rendus compte qu’il était pour eux beaucoup plus rationnel de se spécialiser dans les productions pour lesquelles ils étaient les plus efficaces. On a donc observé, comme l’a démontré Smith dès 1776, un approfondissement de la division du travail qui va générer une augmentation de la production , de la taille du marché et donc de l’échange

2. Dès lors , le troc n’est plus adapté : « afin d’éviter des discussions sans fin et sortir des limites imposées par le troc , nos ancêtres toujours aussi ingénieux inventèrent la monnaie » . La monnaie présente l’avantage de faciliter les échanges puisqu’elle est : « un bien intermédiaire dont la valeur reconnue par tous, permet non seulement de décomposer les échanges, mais de comparer la valeur des biens entre eux .

Des reportages sur les Systèmes d’Echanges Locaux (SEL), du troc dans les sociétés modernes :

Partie 1- La monnaie , un bien économique : les fonctions .

I. Définition des fonctions

Toute monnaie doit remplir 3 fonctions

:

1.

moyen de paiement

:

la monnaie doit servir pour régler des achats. Certaines conditions sont

donc nécessaires pour qu’un bien puisse jouer le rôle de monnaie

:

 

+ le bien doit avoir une valeur subjective élevée

: il doit être rare et prestigieux

 
 

+ le bien doit avoir une valeur objective liée à ses qualités physiques

:

 
 

stabilité, voire inaltérabilité ( l’or ne s’oxyde pas )

 

une grande valeur sous un faible volume

 

malléabilité qui permet la divisibilité

 

2.

unité de compte et étalon de valeur

:

en l’absence de prix exprimé en unité monétaire ,

personne ne peut dire combien de litres de lait vaut une table, car , n’ayant aucune qualité commune , ils ne sont pas comparables sur la même échelle .La monnaie présente alors deux

qualités

 

:

+ la monnaie rend les objets commensurables (avec une mesure commune )

 

+ la monnaie permet de simplifier les rapports d’échange, c’est-à-dire de diminuer le nombre de

prix

 

3.

c’est

une

réserve

de

valeur

:

pour que l’échange monétaire se substitue au troc et se

développe, il faut scinder le circuit vente –achat en au moins 2 opérations

: cela implique que les

échangistes ne craignent pas de conserver l’unité monétaire dans l’intervalle . La monnaie doit

donc être un bon moyen d’épargne dont la valeur ne s’altère pas au cours du temps.

 

II. Les limites de l’approche fonctionnelle

L’approche fonctionnelle , bien qu’elle présente un intérêt certain en fonction de sa simplicité présente au moins 2 inconvénients majeurs :

- elle ne hiérarchise pas les différentes fonctions et sous-estime donc le problème de savoir où se situe la limite entre ce

qui est de la monnaie et ce qui n’en est pas. Ainsi, si l’on considère que la principale fonction de la monnaie est d’être une

réserve de valeur, on constate que de nombreux objets tels que des timbres, des tableaux peuvent servir de réserve de valeur. Pourtant, ils ne peuvent être comptabilisés comme une monnaie.

- l’approche fonctionnelle est trop limitative, puisqu’elle ne prend pas en compte la nature de la monnaie qui est d’ordre social.

En complément - La dimension sociale de la monnaie

I. La monnaie , un fait social total

Affirmer que la monnaie est avant tout un phénomène social c’est affirmer 3 idées essentielles :

- considérer la monnaie comme un phénomène premier, c’est-à-dire refuser d’accepter la fable du troc qui suppose que certaines sociétés ignoreraient l’usage de la monnaie. Or, la monnaie est présente dans toutes les sociétés, en particulier, elle est la racine même des sociétés marchandes. On ne peut donc considérer, comme le font les économistes libéraux , que les phénomènes économiques puissent être compris et analysés dans un monde non monétaire la monnaie étant introduite en dernier lieu , une fois que l’équilibre est atteint .

- l’aspect conventionnel de la monnaie doit être soulignée : la valeur de la monnaie n’est pas autre chose que ce que la société décide d’y voir. C’est donc une convention et non la référence à l’or par exemple qui définit la valeur, c’est-à-dire l’acceptabilité de la monnaie.

- la monnaie est donc une institution, c’est-à-dire un fait social total

II. La monnaie, un langage social( 4 p 54)

Contrairement à ce qu’affirment certains économistes, on ne peut caractériser la monnaie comme un bien ou une marchandise qu’on achèterait ou vendrait. La monnaie est un langage et fonctionne comme tel, c’est-à-dire qu’elle présente toutes les caractéristiques d’une langue qui sont :

- elle est partagée par tous

- elle permet donc de communiquer

- c’est donc un instrument qui nous permet d’être relié les uns aux autres sans même le savoir

III.L a monnaie, un lien social (5 p 54)

La monnaie ne doit pas être analysée dans sa seule dimension économique. En effet, la monnaie est la preuve de la confiance qu’ont les individus dans l’organisation sociale et dans l’Etat qui la garantit. Détenir de la monnaie, c’est donc :

- accepter un symbole de la cohésion sociale

- se sentir lié à la communauté

- être socialisé à respecter les règles qui sont celles de l’économie marchande

Conclusion :

2 conceptions de la monnaie s’opposent :

 

analyse

de

la

monnaie

analyse

de

la

monnaie

des

développée

par

les

auteurs

hétérodoxes

et

des

économistes

classiques

et

sociologues

 

libéraux

 

nature de la monnaie

La

monnaie

est

un

bien

La monnaie est une institution

 

économique

 

dimension de la monnaie

La détention et l’utilisation de la monnaie doivent être analysées au niveau individuel, en fonction des motivations des acteurs

La monnaie a une dimension collective, puisqu’elle s’impose à la communauté des individus

conception de la monnaie

La monnaie est un instrument

 

La monnaie est une convention

rôle de la monnaie

La monnaie remplit des fonctions qui permettent de faciliter le fonctionnement de l’économie

La monnaie est un lien social qui permet de tisser des relations entre les individus

2 conceptions de la monnaie peuvent doc. être opposées :

- une conception fonctionnaliste : la monnaie est étudiée en fonction de son utilité et des services qu’elle rend

- la monnaie est envisagée comme un rapport social qui dépasse largement les limites imposées par la première

Sur le site de l’UE, l’historique de l’euro : ici

Les Cahiers français : Chronique de la naissance de l'euro Au CDI, Alternatives économiques, Hors-série
Les Cahiers français : Chronique de la naissance de l'euro
Au CDI, Alternatives économiques, Hors-série n°45, juillet 2000 : D.Clerc Notions « du La référentiel monnaie , : un les vecteur formes de de lien monnaie social : » monnaie
Thème 4
– La monnaie et le
financement
divisionnaire,
fiduciaire,
scripturale,
les
agrégats
monétaires

Fiche 2 – Formes et mesures de la monnaie

Partie 1 – Les formes de monnaie

I. Définition des 3 formes de monnaie

On distingue 3 formes de moyens de paiement

:

la monnaie dite divisionnaire

: qui correspond à la monnaie métallique émise en France par le

Trésor Public et qui sert d’appoint dans les transactions ( 6 p 55)

 

la monnaie fiduciaire , c’est-à-dire qui repose sur la confiance, puisqu’elle n’est plus garantie par un support matériel tel que l’or. Aujourd’hui, cette monnaie fiduciaire correspond aux billets émis par la Banque de France qui sont déclarés inconvertibles, c’est-à-dire que leur détenteur ne peut demander leur conversion en or. Ils ont donc cours forcé, mais aussi cours légal, puisque un

individu ne peut refuser d’être payé en billets (leur pouvoir libératoire est donc illimité).(7p 55)

 
Ces deux premières formes de monnaie constituent une monnaie manuelle, puisque les billets et les
Ces deux premières formes de monnaie constituent une monnaie manuelle, puisque les billets et les
Ces deux premières formes de monnaie constituent une monnaie manuelle, puisque les billets et les

Ces deux premières formes de monnaie constituent une monnaie manuelle, puisque les billets et les

pièces sont un objet matériel, dont la circulation s’opère de main en main.
pièces sont un objet matériel, dont la circulation s’opère de main en main.

pièces sont un objet matériel, dont la circulation s’opère de main en main.

manuelle, puisque les billets et les pièces sont un objet matériel, dont la circulation s’opère de
manuelle, puisque les billets et les pièces sont un objet matériel, dont la circulation s’opère de
manuelle, puisque les billets et les pièces sont un objet matériel, dont la circulation s’opère de
manuelle, puisque les billets et les pièces sont un objet matériel, dont la circulation s’opère de
manuelle, puisque les billets et les pièces sont un objet matériel, dont la circulation s’opère de

la monnaie scripturale , par contre, ne circule pas physiquement, mais par un jeu d’écriture (scripturale) d’un compte courant ou chèque à un autre. La monnaie scripturale correspond donc aux sommes que les agents économiques déposent sur un compte courant dans une institution

habilitée à proposer ce service (banques, postes,

)

qui leur servent à régler leurs achats

: le

client, par exemple, donnant l’ordre à sa banque de débiter son compte et de créditer celui du commerçant pour régler les achats qu’il vient de réaliser. Pour cela, l’individu dispose de 4

instruments

: le chèque, le virement, le prélèvement, la carte bancaire. Attention, ces instruments

ne sont pas de la monnaie

: ils sont simplement le support matériel par lequel transite la monnaie

sur un compte courant : un chèque sans provisions car le compte courant n’est pas assez

approvisionné n’a aucune valeur.

 

Remarque : on utilise aujourd’hui le terme fiduciaire pour caractériser les billets .Mais en réalité, les 3 formes de monnaie

décrites plus haut sont fiduciaires, car leur valeur intrinsèque est nulle et que leur circulation repose sur la confiance que le public

a dans le système bancaire réglementé par l’Etat qui en garantit la valeur.

II. L’évolution des formes de monnaie

On serait passé d’une monnaie pesée dont le poids et la pureté doivent être vérifiées à chaque fois à une monnaie comptée (800

avant Jésus-Christ) se représentant sous la forme de lingots ayant un poids déterminé et enfin à une monnaie frappée, c’est-à-dire

à des pièces dont la valeur et le poids sont garanties d’abord par les autorités religieuses, puis par les autorités royales qui

essayent, depuis le Moyen Age d’en monopoliser la frappe qui devient alors un droit régalien. La seconde grande étape est l’apparition et le développement de billets qui sont remis aux clients déposant de l’or et de l’argent

dans des banques dont ils représentent la contrepartie. Ces billets se substituent aux pièces progressivement pour leur aspect pratique. Mais se pose alors le problème de la confiance dans ces billets, dès lors qu’au XVII° siècle, un banquier suédois décide d’émettre : « un nombre de billets supérieurs à celui correspondant au montant total de métal précieux qu’il détient dans ses coffres » .L’Etat va alors intervenir, le développement de la circulation des billets ne peut être assuré qu’à 2 conditions :

les agents économiques doivent avoir la certitude qu’ils peuvent convertir à tout moment leurs billets en métal donc que

les banques ont dans leurs réserves suffisamment d’or pour assurer cette opération

mais la confiance n’est pas un élément suffisant, il faut aussi que l’Etat assure un cours légal à la monnaie, c’est-à-dire oblige les créanciers à accepter le paiement en billets de banque qui ont ainsi cours légal et sont seulement émis par l’Etat, l’émission de billets devenant ainsi un gage de souveraineté.

Mais la quantité d’or en circulation ne suffit plus à assurer l’émission d’un nombre de billets suffisant aux besoins de l’économie. Des guerres et des crises remettent en cause la capacité de l’Etat à garantir la convertibilité or des billets. Celle-ci est suspendue progressivement à partir de la guerre de 14, définitivement en 71. Désormais, les billets ont cours forcé. On observe l’évolution dans le graphique :

en 1789, la quasi totalité des moyens de paiement se présente sous la forme de monnaie métallique : les billets ne représentant que 4 % du total

entre 1879 et 1939, la part de la monnaie métallique ne cesse de diminuer (de 96 à 2 %) au bénéfice des billets (dont la part passe de 4 à 54 %, mais aussi de la monnaie scripturale qui représente 43 % en 1939

entre 39 et 2004, la monnaie métallique représente une part très faible (1 %), la part des billets connaît une chute importante (de 54 à 10 %) au bénéfice de la monnaie scripturale qui représente aujourd’hui 90 % des moyens de paiement, ce qui traduit une bancarisation de la population. Il est, en effet, extrêmement handicapant aujourd’hui de ne pas détenir de comptes courant ou d’être interdits de chéquier.

la dernière évolution est ce qu’on appelle la monnaie électronique qui semble être amené à se développer dans l’avenir

Sur le site Hérodote : une histoire de la monnaie ici Un site interactif de découverte ici La vie des Idées :Les monnaies à travers les âges

III. Une dématérialisation de la monnaie ?

A. La thèse

La thèse de la dématérialisation de la monnaie peut être décomposée de la manière suivante :

le troc : un système d’échange archaïque, lourd, certes compatible avec un faible niveau de spécialisation des tâches et des échanges élémentaires, mais qui devient un obstacle majeur à la division du travail et au développement des transactions qui en résulte

nos ancêtres auraient alors inventé la monnaie, c’est-à-dire désignaient un bien particulier que tout le monde désirait et l’auraient érigé en étalon général de mesure et en moyens d’échange

l’expérience aidant, comme par un processus de sélection naturelle, les métaux deviennent les seules substances monétaires, et parmi les métaux, l’or s’impose progressivement en raison de son inaltérabilité, de sa divisibilité, de sa valeur, …

mais à leur tour , les métaux subissent la dure loi de l’innovation ; ils seront donc progressivement écartés au profit de formes monétaires plus pratiques , plus sûres , étant mieux adaptées à la croissance du volume de transactions . Le papier monnaie, puis la monnaie scripturale s’imposent progressivement.

Conclusion : selon les partisans de cette thèse, l’évolution s’est clairement opérée dans le sens d’un détachement croissant de la monnaie de la réalité marchandise dont elle est issue : l’or est une marchandise ayant une valeur, le chèque ou la carte bleue n’ont en soi aucune valeur, si ce n’est qu’ils traduisent la contrepartie du dépôt opéré du client à la banque.

B. Ses limites

3 réserves essentielles peuvent être faites à cette thèse :

les partisans de cette thèse établissent cette étape dans une économie de troc. Or, nous avons vu précédemment que le troc était une fable ; les monnaies dans leur forme les plus primitives (ex : sous forme de coquillages) sont aussi anciennes que l’histoire

la thèse de la dématérialisation de la monnaie trouve l’origine de la monnaie dans des déterminants strictement économiques ; l’invention de la monnaie résulterait du développement de la division du travail et des échanges incompatibles avec la poursuite du troc. Or, dans les sociétés traditionnelles, la monnaie a des fonctions qui dépassent largement celles de moyens de paiement ; elles sont essentielles à l’existence du groupe social : politiquement d’abord, car elles expriment et perpétuent les rapports de pouvoir et de domination, symboliquement ensuite car elles règlent les grands moments de la vie du groupe (mariage, deuil) et permettent de communiquer avec les vieux, les ancêtres et les esprits. La vision purement utilitariste de la monnaie apparaît donc comme beaucoup trop simpliste.

la thèse de la dématérialisation de la monnaie s’appuie enfin sur une vision mécaniste strictement linéaire de la succession des différentes formes de la monnaie. Or, une analyse historique de la monnaie nous conduit à rejeter cette vision. Par exemple, les premières formes de monnaie scripturale circulèrent en Europe dès la fin du Moyen-Age, c’est-à- dire bien avant l’apparition et la généralisation de la monnaie.

Partie II- La mesure de la monnaie : les agrégats monétaires.

Introduction : pourquoi mesurer la monnaie ?

En Comptabilité nationale (Cf. chapitre suivant), on établit des agrégats économiques comme le PIB qui permettent de réaliser des comparaisons dans le temps et dans l’espace afin d’évaluer la santé économique d’un pays. Par analogie , on a mis en place des agrégats monétaires qui sont des indicateurs ayant pour objectif de refléter la capacité des agents économiques non financiers résidant en France et intervenant sur le marché des biens et des services .

I. La définition des agrégats monétaires

Toute la difficulté est alors de savoir quel type de monnaie prendre en compte afin de mesurer la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. Il existe, en effet, une pluralité de formes monétaires dont le nombre augmente en fonction des innovations monétaires qui vont être classées par les économistes en fonction de degré de liquidité, c’est-à-dire de leur plus ou moins grande facilité avec laquelle un actif peut être transformé en monnaie .Nous allons donc établir les différents agrégats par ordre décroissant de liquidité (10p 57) :

M1

:

correspond à la masse monétaire la plus liquide, c’est-à-dire la monnaie divisionnaire +

les billets + les dépôts à vue

 

Mais en réalité, il y a peu de différences entre un compte-chèques et un livret de Caisse

d’épargne

: l’argent y est quasiment aussi disponible sous une forme que sous une autre,

seulement si on peut payer ses achats avec un chéquier, ce n’est pas possible avec un livret de

Caisse d’épargne. On crée alors M2

 

M2 = M1 + les placements à vue (comptes sur livret)

 

M3

:

Mais en raison des innovations financières, il existe aujourd’hui de nouveaux placements tels

que les SICAV monétaires qui ne sont pas fondamentalement différentes des livrets de Caisse

d’épargne et qui sont très liquides. D’où M3

 

M3 = M2 + placements à terme et créances négociables (SICAV + titres du marché

monétaire)

 

M4

:

Mais le développement du marché financier multiplie les formes que prend la création

monétaire permettant de transformer de plus en plus rapidement les créances en liquidités. Se

fait alors sentir le besoin de créer M4

:

M4 = M3 + les billets de trésorerie des entreprises + les bons du Trésor émis par l’Etat

II. Les limites.

Etablir des agrégats monétaires :

c’est supposer que l’on est capable d’établir la distinction entre la monnaie qui représente une réserve de moyens de paiement et les actifs non monétaires ( placements financiers ) qui correspondent à une volonté d’épargne .Jusqu’à une époque récente , était considéré comme actif monétaire tous les actifs détenus par les agents non financiers qui pouvaient servir de moyens de paiement ou être facilement transformables sans risque de perte en capital .Inversement , les actifs non monétaires comprenaient les titres à long terme ( actions et obligations ) qui ne devenaient liquides qu’après négociation sur le marché , ce qui impliquait un risque en capital . Ainsi, ce qui différenciait la monnaie des actifs non monétaires était le risque.

Mais , depuis quelques années , avec la multiplication des innovations financières, on a pu constater une réduction du risque en capital lié à certains placements en titres traduisant une augmentation de leur liquidité, ce qui a pour effet d’atténuer les différences entre la monnaie et les titres .

Conséquences :

Le concept de masse monétaire appréhendé par les agrégats monétaires est donc impératif pour pouvoir appréhender la demande potentielle de biens et services.

Mais, ces contours se révélant de plus en plus instables et fluctuants, il devient de moins en moins facile à mettre en œuvre.

De plus, les agrégats ont un intérêt s’ils permettent d’établir une relation stable dans le temps entre la masse monétaire en circulation et le volume total des transactions qu’elle doit permettre dans l’économie.

Or, cette relation se caractérise par son instabilité croissante : la vitesse de circulation de la

monnaie, c’est-à-dire le nombre de fois par an où, en moyenne, un euro change de main ne cesse d’augmenter : un euro de M1 changeait de main en moyenne 5,6 fois par an en 78, 6,7 en 90, 8,1 en 96.

Cette instabilité pose problème, car si la vitesse augmente, on aura besoin pour le même volume de transactions de moins de masse monétaire .Il devient alors très difficile aux autorités monétaires d’établir un rapport optimal entre le volume des transactions et celui de la masse monétaire.

C’est pourtant ce rapport qui guide la politique monétaire mise en œuvre par la Banque Centrale.