Vous êtes sur la page 1sur 65
Mémoire de Fin d’études INSTITUT ET D'ADMINISTRATION DES ENTREPRISES CYCLE NORMAL DE GESTION SUPERIEUR DE

Mémoire de Fin d’études

INSTITUT

ET D'ADMINISTRATION DES ENTREPRISES CYCLE NORMAL DE GESTION

SUPERIEUR DE COMMERCE

ENTREPRISES CYCLE NORMAL DE GESTION SUPERIEUR DE COMMERCE MEMOIRE DE FIN D’ETUDES Sujet : Mémoire élaboré

MEMOIRE DE FIN D’ETUDES

Sujet :

SUPERIEUR DE COMMERCE MEMOIRE DE FIN D’ETUDES Sujet : Mémoire élaboré par : Mlle. Yasmina KILALI
SUPERIEUR DE COMMERCE MEMOIRE DE FIN D’ETUDES Sujet : Mémoire élaboré par : Mlle. Yasmina KILALI

Mémoire élaboré par :

Mlle. Yasmina KILALI

Encadré par : Mr. Mohammed EL KHALIFA

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

Remerciements

c e S e c t e u r Mémoire de Fin d’études Remerciements Je tiens

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce mémoire de fin d’études. Je le dédie plus spécialement à :

- Ma famille et principalement mes parents, qui m’ont aidé et soutenu tout au long des quatre années du cycle normal de l’ISCAE de part leur présence physique et morale et tout l’amour qu’ils me portent.

- A mes amis (es) sans qui ce mémoire n’aurait jamais vu le jour, je remercie spécialement Mr. OUNOUCH Abdesamad et Mr. HARMAK Réda.

- Mon grand professeur et père de tous les ISCAEistes, Mr. Mohamed EL KHALIFA qui n’a été avare ni de son temps ni de ses précieux conseils et directives pour me permettre de mener à bien ce travail.

- A tous mes professeurs de l’ISCAE Rabat et Casablanca, pour la formation de qualité qu’ils nous ont dispensé et ce tout au long des quatre années du cycle normal de l’ISCAE.

- Un grand merci à toutes et tous mes camarades ISCAEistes de la promotion 2007 qui ont su créer une atmosphère d’entraide et d’amitié entre nous tous et qui ont toujours été là pour partager mes moments de joie et me soutenir dans les moments difficiles de ce cursus.

- Je remercie également l’administration de l’ISCAE, et plus particulièrement Mlle Alaoui et Mme Fatiha Ahdi qui ont toujours été à mon écoute pour régler les petits soucis administratifs quotidiens propres à tout étudiant.

2

Mémoire de Fin d’études

3

S e c t e u r

D u

T r a n s p a r e n c e

d e

M i c r o c r é d i t

a u

M a r o c

l

i

n f o r m a t i o n

p o u r

u n e

m e

i

l

l e

u r e

g e s t i o n

d u

r

i

s q u e

INRODUCTION

d i t a u M a r o c l ’ i n f o
d i t a u M a r o c l ’ i n f o

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Afin d’assurer une redistribution équitable des produits de croissance, l’accès – par des moyens appropriés – aux ressources financières nécessaires à la création et au développement d’activités génératrices de revenus demeure indispensable. En effet, des franges de la population démunie sont capables de créer et de développer de petites activités d’auto emploi et ce pour améliorer leur condition et s’auto promouvoir. Les mécanismes de micro financement ont dans ce sens fait leurs preuves et donné lieu à plusieurs expériences réussies à travers le monde. C’est fort de ces convictions que le Maroc s’est associé à la dynamique de lutte contre la pauvreté à travers le microcrédit. Ce mode de financement, contrairement aux différentes formes d’assistance, permet à la population concernée d’accroître sa productivité et d’améliorer ses conditions de vie par ses propres efforts tout en sauvegardant sa dignité. Ainsi, le Maroc a mis en place une stratégie globale intégrée de développement social dans laquelle s’inscrivent les initiatives d’accompagnement du secteur du microcrédit et de mise en place de mesures incitatives visant à assurer son développement et sa pérennité.

Entre autres mesures prises pour concrétiser cette vision du développement participatif, un cadre légal spécifique pour le secteur du microcrédit a été mis en place avec pour objectif la réglementation de l’exercice et le développement des activités de microcrédit. Ce cadre, instauré en 1999, a été également conçu pour sécuriser l’exercice de ces activités et pour permettre, à terme, la viabilité de ce nouveau métier. De même, les activités de microcrédit bénéficient d’un cadre fiscal prévoyant des exonérations tant au profit des donateurs qu’au profit des associations de microcrédit. Cependant, le bénéfice de ces exonérations a été limité à une durée de cinq années à partir de la date d’agrément desdites associations. Cette période correspond au délai accordé par le législateur aux associations de microcrédit pour atteindre leur équilibre financier, qui se traduit par la couverture de l’ensemble de leurs charges de fonctionnement grâce aux revenus générés par leur activité.

Au Maroc, le client des associations de microcrédit s’est révélé être un client actif et solvable, qui a besoin d’un large éventail de produits de microcrédit. Après des études concluantes de faisabilité du financement du logement par le microcrédit, les pouvoirs publics ont jugé utile de procéder en 2004, à l’extension du champ d’application de la loi 18 – 97 relative au microcrédit, et ce au financement du logement social, ainsi qu’à l’électrification et l’approvisionnement de l’eau potable des ménages démunies.

La mise en place de ce cadre légal incitatif ainsi que la mobilisation par les pouvoirs publics de ressources financières au profit de ce secteur, ont permis de lui conférer un rôle encore plus appréciable en tant qu’instrument privilégié de développement de l’économie sociale. De fait, les associations de microcrédit ont pu acquérir une grande flexibilité dans la conception et la consistance des produits et services qu’elles offrent. En définitive, l’expérience acquise par les associations de microcrédit, les capacités d’adaptation dont elles font preuve jusqu’à présent, ainsi que le soutien dont elles bénéficient de la part tant des pouvoirs publics que d’un certain nombre de bailleurs de fonds, conduisent à penser

4

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

qu’elles peuvent apporter une contribution significative en matière de résorption de l’habitat insalubre et de soutien au développement de la petite entreprise.

Et pour renforcer les ressources financières des AMC, l’Etat a par ailleurs mobilisé au profit du secteur des dons aussi bien internationaux, dans le cadre de conventions bilatérales ou multilatérales, que nationaux à travers le Fonds Hassan II pour le développement économique et social et le Fonds de solidarité habitat. Grâce à ces efforts, les AMC ont pu atteindre un degré de maturité et de professionnalisme, tant au niveau fonctionnel qu’organisationnel, nonobstant leur création récente.

Ainsi, pour les associations de microcrédit, la réalisation de l’équilibre financier est tributaire de l’accès permanent aux moyens de financement adéquats. Les financements concessionnels de l’Etat et les subventions des bailleurs de fonds demeurent en deçà des besoins de ces associations. Le recours aux sources commerciales de capitaux (secteur bancaire) est de plus en plus envisagé. Afin de pouvoir accéder à ces sources de financement, les associations de microcrédit se trouvent dans l’obligation d’améliorer leurs performances, ainsi que la qualité de leur information financière. Un nombre croissant d’entre elles commence à comprendre que la pérennité financière peut être réalisée grâce à :

une meilleure organisation du système d’information de gestion (SIG) ;

une optimisation des instruments de contrôle de gestion ;

un renforcement du système de contrôle interne ;

une mise en place d’un suivi financier et comptable adéquat

Dans ce contexte et parallèlement au développement de leur activité et à la réflexion sur les modalités de leur refinancement, les AMC doivent également s’assurer que leur système de suivi des prêts et de gestion des risques sont fiables. Plus importante encore est la nécessité pour ces associations d’identifier les voies et les moyens leur permettant d’assurer rapidement leur viabilité financière qui constitue la seule garantie de la pérennité de leurs services.

Compte tenu de tout ce qui précède, ce mémoire aura pour objectif de mettre en évidence les principales spécificités de l’environnement général de l’activité du microcrédit au Maroc, et notamment de son cadre juridique et fiscal, mettre en évidence, sur la base de mon expérience personnelle en stage, les spécificités du financement par microcrédit, les opportunités de développement du secteur et les contraintes auxquelles il se trouve confronté. Cette démarche conduira à mettre en évidence, dans un premier temps, les problématiques de transparence de l’information que connaît le secteur et dans un deuxième temps, l’importance des dispositifs de contrôle dans la maîtrise des risques liés à l’exercice de l’activité de microcrédit.

5

Mémoire de Fin d’études

6

S e c t e u r

D u

T r a n s p a r e n c e

d e

M i c r o c r é d i t

a u

M a r o c

l

i

n f o r m a t i o n

p o u r

u n e

m e

i

l

l e

u r e

g e s t i o n

d u

r

i

s q u e

SOMMAIRE

é d i t a u M a r o c l ’ i n f
é d i t a u M a r o c l ’ i n f

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Introduction générale………………………………………… P.3

Première partie : Diagnostic du secteur du microcrédit au Maroc…

P.9

Chapitre 1 : L’environnement associatif au Maroc……………………………P.10

Section 1 : Evolution de l’association au Maroc…………………………………………………P.10

Section 2 : Cadre réglementaire de l’association ………………………………………… …….P.12

Chapitre 2 : Réglementation du secteur du microcrédit ………………………

P.19

Section 1 : Le microcrédit, un moteur de développement économique et social……………….P.19

Section 2 : Analyse du cadre législatif de l’activité de microcrédit……………………………

P.21

Deuxième partie : Transparence des associations de microcrédit…

P.30

Chapitre

1 :

Structure

et

objectifs

organisationnels

de

l’association

de

microcrédit…………………………………………………………………………P.31

Section 1 : Présentation de l’association et de sa structure……………………………………

P.31

Section 2 : L’impact de l’organisation de l’association sur l’octroi des crédits………………

P.32

Chapitre 2 : Transparence de l’information pour une meilleure maîtrise des

risques………………………………………………………………………………P.34

Section 1 : Particularités du Système d’Information de Gestion……………………………….P.34

Section 2 : Rôle et importance des dispositifs du contrôle interne et du contrôle de gestion dans la

maîtrise des risques………………………………………………………………………………

P.45

Conclusion ……………………………………………………P.56

7

Mémoire de Fin d’études

8

S e c t e u r

D u

T r a n s p a r e n c e

d e

M i c r o c r é d i t

a u

M a r o c

l

i

n f o r m a t i o n

p o u r

u n e

m e

i

l

l e

u r e

g e s t i o n

d u

r

i

s q u e

o u r u n e m e i l l e u r e g

Diagnostic du secteur du microcrédit au Maroc

Première partie :

u n e m e i l l e u r e g e s t

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Chapitre 1 : L’environnement associatif au Maroc

Section 1 : Evolution de l’association au Maroc :

Les associations, parties de la société civile à l’instar de la presse ou des syndicats, incarnent l’espoir de la population démunie face au manque d’engagement, de transparence et d’efficience des élus et notables traditionnels. Avec la reconnaissance civile et politique d’un travail de terrain longtemps ignoré, les associations ont pris au Maroc, un essor considérable et désirent professionnaliser leurs acquis et promouvoir une approche du développement qui dépasse les visions à court terme.

Sport, éducation, loisir, culture et santé, les associations sont activement présentes dans tous les domaines de la vie quotidienne des citoyens marocains et s’adonnent même – en réaction aux mutations économiques et sociales – à des domaines de recherche-action et au règlement de certains problèmes particuliers. Devenant par mérite des collaborateurs remarquables des pouvoirs publics et partenaires privilégiés des ONG internationales, les associations commencent à gagner la confiance des entreprises.

Toutefois, il est évident que le secteur associatif marocain, animé à plus de 90% par des bénévoles, est loin du niveau de ses voisins palestiniens, libanais ou égyptiens. Le peuple des bénévoles est plutôt familial, du secteur privé, pratiquants, professions indépendantes et libérales, classes moyennes supérieures, militants. On les trouve surtout dans les grandes villes du Royaume.

Ainsi, les associations doivent dépasser le cadre de gestion classique dominé par l’amateurisme et les dirigeants bénévoles, ou salariés se transforment en de véritables gestionnaires en faisant preuve d’efficacité et de crédibilité ; d’autant plus que ces mêmes dirigeants sont soumis aux régimes draconiens de droit commun en matière civile et pénale. Ce besoin de transition et d’évolution affectera inéluctablement le mode de gestion des associations : comment passer au stade de la certification de la tenue des comptes par exemple, alors que la majorité des associations n’ont pas de comptable à proprement dit?

9

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Malgré la noblesse des activités et des intentions, le secteur associatif souffre lui aussi de nombreux handicaps qu’il se doit de résorber s’il veut confirmer son statut de composante incontournable du discours collectif et de la vie publique. A commencer par un décompte et un suivi du développement du secteur plus rigoureux. Aujourd’hui, personne n’est capable de compter avec un tant soit peu de rigueur le nombre d’associations, d’employeurs, de salariés ou de bénévoles, l’origine, la nature, le montant des ressources concernées, bref de prendre l’exacte mesure quantitative du phénomène et de sa mutation qualitative depuis trente ans. «Nous venons de lancer un appel d’offres pour une étude exhaustive sur le secteur, car nous butons contre le manque d’indicateurs, ce qui est très handicapant pour élaborer des stratégie qui répondent aux besoins du terrain», admet le directeur du développement chargé du dossier, Abdelatif Bouazza.

De même, l’afflux d’intervenants et d’argent dans le secteur associatif, empêchera l’opacité de perdurer. Le trop d’argent va ouvrir la porte aux pires guerres de jalousie entre les associations. Il faut donc roder ces gros appareils administratifs qui sont en train de se mettre en place. Dans ce nouveau contexte de gestion, les associations ont, à l’image des entreprises besoin pour leur développement et pérennité d’instaurer les conditions nécessaires à l’amélioration de la transparence financière. Sans oublier que le pavillon associatif couvre d’innombrables faux artisans, faux commerçants et autres semi fraudeurs.

Pour conclure, on peut affirmer que dans ce domaine, toutes les sphères sont touchées, du décideur en passant par l’intermédiaire jusqu’à l’agent sur le terrain. Triste constat, mais réel qui fait des belles philosophies, de piètres concrétisations sur le terrain. Or, les débats et réformes actuels entreprises dans les secteurs ont dans l’ensemble porté sur le renforcement de la transparence.

« Oui le pouvoir central est en train de changer mais il faut laisser le temps au local de s’adapter», conclut à juste titre le secrétaire général de Transparency Maroc.

10

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

Section 2 : Cadre réglementaire de l’association

Section 2 : Cadre réglementaire de l’association L’article 1 du Dahir réglementant le droit de

L’article 1 du Dahir réglementant le droit de l’association définit cette dernière comme étant la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. Les associations de personnes peuvent se former librement sans autorisation sous réserve de faire l’objet d’une déclaration préalable au siège de l’autorité administrative local et au procureur du Roi près du tribunal régional de la circonscription judiciaire. Ainsi, toute association régulièrement déclarée peut, sans autorisation spéciale, ester en justice, acquérir à titre onéreux, posséder et administrer, en dehors des subventions publiques :

Les cotisations de ses membres ou les sommes au moyen desquelles ces cotisations ont été rédigées : celles-ci ne pouvant être supérieures à 240 dirhams ;

Les locaux et matériel destinés à l’administration de l’association et de la réunion de ses membres ;

Les immeubles strictement nécessaires à l’accomplissement du but qu’elle se propose.

D’une manière générale, s’il apparaît que l’activité de l’association est de nature à troubler l’ordre public, sa dissolution est prononcée par le tribunal régional soit à la requête de tout intéressé, soit à la diligence du ministère public. De même, toute association peut être, après enquête préalable de l’autorité administrative sur son but et ses moyens d’action, reconnue d’utilité publique par dahir. Le bénéfice de la reconnaissance d’utilité publique peut être retiré par un nouveau dahir, en cas d’infraction de l’association à ses obligations légales ou statutaires. Toute association reconnue d’utilité publique jouira de nombreux privilèges dont la possession de biens, meubles ou immeubles nécessaires au but qu’elle poursuit ou l’accomplissement de l’oeuvre qu’elle se propose. Aucune association ne peut par contre accepter une donation mobilière ou immobilière avec réserve d’usufruit au profit du donateur.

En

dehors

de

certains

types

très

limités

d’associations

astreintes,

en

vertu

de

11

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

dispositions légales et réglementaires particulières, à tenir une comptabilité et à établir des budgets, les autres associations sont en revanche, libres de s’organiser dans les statuts pour asseoir leurs conditions propres à une production et diffusion de l’information comptable. Quant aux associations qui reçoivent périodiquement des subventions d’une collectivité publiques, elles sont tenues de fournir leur budget et leurs comptes aux ministères qui leur accordent lesdites subventions. La comptabilité à tenir par ces associations, ainsi que les conditions dans lesquelles sont fournies aux ministères le budget et les comptes sont réglés par un arrêté du sous-secrétaire d’Etat aux finances.

Toutefois, la mise en application de ces clauses se heurte en général à la carence d’outils comptables performants et homogènes. Les efforts d’inspiration des pratiques en vigueur dans les secteurs lucratifs menés par les dirigeants, loin de remédier à ces lacunes ne font que rendre plus obscures l’information financière sinon handicaper totalement sa production.

Juridiquement, la loi de 1958 ne définit ni les pouvoirs ni le rôle des dirigeants ce qui rend la notion de dirigeant ambiguë. Il est donc laissé aux sociétaires la liberté de fixer dans les statuts les attributions des dirigeants élus ainsi que les modalités de leur désignation et de leur renouvellement. Dans la pratique, sont considérés comme dirigeants les personnes exerçant dans le cadre de l’association des fonctions qui impliquent l’exécution d’actes de gestion. Il s’agit principalement des fonctions de président, vice-président, trésorier ou secrétaire général.

La gestion au quotidien de l’association et la complexité de certains aspects techniques incitent les organes de direction à faire appel à des cadres spécialisés à qui ils délèguent des pouvoirs plus ou moins importants. La délégation de pouvoir à d’autres personnes non élues ne peut libérer les mandataires sociaux de l’engagement qui leur est confiée par l’assemblée générale et par les statuts.

Dans ce contexte, les mandataires sociaux organisés en bureau répondent des fautes de gestion commises par toute personne agissant pour le compte de l’association à moins qu’elle n’ait dépassé les pouvoirs qui lui ont été attribués.

En effet, que ce soit au plan civil ou au plan pénal, toute association est responsable des

12

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

dommages qu’elle cause dans le cadre de ses activités individuelles et collectives. Les membres fondateurs d’une association ont toute latitude pour nommer leurs dirigeants. Les membres, conformément aux dispositions statutaires de l’association, élisent un conseil d’administration ou un bureau d’où, de façon générale, émergent le Président, le Secrétaire et le Trésorier. Ils sont, de droit, « chargés de l’administration ou de la direction de l’association ».

D’autres personnes peuvent assurer, sans mandat statutaire, la fonction de direction de l’association. Cela peut être, par exemple, le directeur salarié d’une association. L’administration fiscale a défini les dirigeants de fait, ceux qui exercent un « contrôle effectif et constant de l’association (et en) définissent les orientations ».

En conséquence :

L’association, en tant que personne morale,

Le dirigeant de droit,

Les dirigeants de fait, peuvent donc tous, dans l’exercice d’une activité individuelle ou collective, engager leur responsabilité de façon non exclusive.

engager leur responsabilité de façon non exclusive. La responsabilité civile En principe, l’association est

La responsabilité civile

En principe, l’association est responsable de la faute commise par un dirigeant dans l’exercice de ses fonctions sauf :

s’il n’a pas agi au nom ou pour le compte de l’association ;

s’il est sorti du cadre de l’objet initial de l’association ;

s’il a dépassé ses attributions ;

si la faute commise est particulièrement grave.

Ainsi, La responsabilité de l’association en tant que personne morale est engagée si les

13

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

décisions sont prises par les membres du conseil d’administration, du bureau ou lors d'un manquement à une obligation d'ordre général quant à la sécurité des personnes durant des activités ou des manifestations, plus encore quand celles-ci sont réglementées (sport, voyages…) ont également un cas de décision ayant par la suite causé un dommage non couvert au titre des assurances.

En ce qui concerne les dirigeants ou administrateurs, leurs responsabilités civile personnelle peut être engagée en cas de non respect des règles statutaires, du dépassement de ses fonctions, des dommages causés à un tiers …. Ou encore lors d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire, s’il est constaté qu’il a commis une faute de gérance ou négligé ses obligations en qualité de dirigeant.

Le dirigeant peut donc être personnellement responsable au plan civil : en effet, il encoure une responsabilité civile ; tant à l’égard de l’association qu’ils dirigent, qu’à l’égard des tiers :

Envers l’association : il est responsable des missions qui lui ont été confiées en vertu des statuts ou de celles qui lui sont déléguées par le conseil d’administration ou l’assemblée générale. La surveillance des missions qu’il délègue, le fait d’outrepasser ou de sortir des missions qui lui sont confiées engagent également sa responsabilité ;

Envers les tiers : de la même façon, le dirigeant qui outrepasse les missions qui lui sont confiées dans le cadre de son mandat, ou qui agit en dehors de son mandat, engage sa responsabilité personnelle vis-à-vis des tiers.

engage sa responsabilité personnelle vis-à-vis des tiers. La responsabilité financière : Si le tribunal établit que

La responsabilité financière :

Si le tribunal établit que les dirigeants d’une association ont commis une faute de gestion ayant provoqué redressement, liquidation judiciaire ou faillite d’une association, ceux-ci peuvent être amenés à rembourser le passif sur leurs fonds personnels.

Le dirigeant de droit n’est pas exonéré de cette responsabilité par l’existence d’un dirigeant de fait, puisqu’il a commis une faute en abandonnant ses prérogatives. Une association a, en tant que personne morale, des obligations financières qui sont définies par le cadre de ses activités (salariés, fournisseurs, loyer…).

14

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Ainsi, même si les dirigeants agissent ou non pour l’association, c’est elle qui est responsable de leurs engagements financiers. Par contre s’il est établi qu’il y a faute de gestion, c’est la responsabilité du ou des dirigeants qui est engagée (si vous avez engagé des dépenses sans avoir les recettes correspondantes). Le ou les dirigeants peuvent être contraints de régler les dettes de l’association sur leurs biens personnels. De plus, lors de l’Assemblée Générale, les dirigeants ont la responsabilité et le devoir de présenter un rapport moral au conseil d’administration et aux membres.

Une association est une personne morale de droit privé. La plupart des litiges qu’elle peut avoir relèvent de la compétence de juridictions judiciaires sauf s’il s’agit d’un litige portant sur un acte de commerce, le tribunal de commerce est le seul compétent, ou des juridictions administratives si le litige est entre une association et une collectivité publique.

est entre une association et une collectivité publique. La responsabilité pénale : La responsabilité pénale est

La responsabilité pénale :

La responsabilité pénale est engagée par une personne morale ou par une personne physique quand il y a infraction à la loi ou à des règlements. La responsabilité personnelle du dirigeant de l’association n’est en jeu que si lui-même, en tant que personne physique, a commis une faute. Elle peut être engagée à l’égard :

De la sécurité sociale (amendes si non-respect des obligations) ;

Du fisc (dans les cas extrêmes, le dirigeant peut être sanctionné pénalement s’il y a fraude caractérisée ou refus systématique de déclaration) ;

Du droit du travail (entrave à la création d’instances représentatives du personnel, non- respect de certaines règles en matière d’hygiène et de sécurité).

Ainsi, la responsabilité pénale de l’association peut être engagée dès lors que ses organes ou représentants ont manifestement eu connaissance des faits commis par l’auteur d’une infraction agissant au nom de l’association. Par exemple, en cas d’homicide involontaire par maladresse, imprudence ou négligence, de dénonciation calomnieuse ou d’atteinte au droit des personnes. L’association peut être éventuellement condamnée à :

15

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Une amende,

La dissolution,

L’interdiction d’exercer,

La confiscation de la chose ayant servi à commettre l’infraction,

L’affichage ou la diffusion de la décision de justice.

Selon le code pénal, « la responsabilité pénale des personnes morales n’exclut pas celle des personnes physiques, auteurs ou complices des mêmes faits ». Si la responsabilité civile peut, et doit être couverte par une assurance, il n’en est pas de même dans la responsabilité pénale. L’insuffisance de lois pénales spécifiques régissant les associations les laisse sous le coup du code pénal dont les applications imprécises mettent les dirigeants devant des risques énormes. Cette situation a été dépassée dans les sociétés commerciales où la réforme législative a été porteuse d’une grande indépendance des lois pénales spécifiques propres à ces entités par rapport au code pénal général.

Ainsi, les dirigeants risquent d’être poursuivis pour abus de confiance, délit pénal aux sanctions lourdes :

Les faits constitutifs de l’infraction :

L’abus de confiance est soulevé par une victime chaque fois que le dirigeant enfreint les obligations qui incombent au mandataire et dont les conséquences lui sont préjudiciable. La victime peut être une association ; en cas de dissipation abusive de son patrimoine ou le détournement de ses biens ; ou peut être un tiers dont les droits sont en souffrance pour cause de déficit d’exploitation. Si la preuve du délit de détournement au profit des dirigeants repose sur des faits objectifs, il n’en est pas le cas pour la dissipation de patrimoine ou du déficit d’exploitation. Croyant légalement agir pour le développement de l’association, un dirigeant risque d’endosser une lourde responsabilité si sa gestion use de manœuvres frauduleuses.

Sanction de l’abus de confiance

16

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

L’article 547 du code pénal prévoit une peine d’emprisonnement et une amende pour l’auteur de l’abus de confiance, il stipule qui « quiconque de mauvaise foi détourne ou dissipe au préjudice des propriétaires, possesseurs ou détenteurs, soit des effets, des deniers ou marchandises, soit des billets, quittances, écrits de toute nature contenant ou opérant obligations ou décharges et qui lui avaient été remis à la condition de les rendre ou d’en faire un usage ou un emploi déterminé, est coupable d’abus de confiance et puni de l’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 200 à 2000 dhs.

En effet, la responsabilité pénale ne prend en compte que l’aspect juridique pur sans prendre en considération les dommages causés à des tiers qu’ils soient physiques, matériels ou moraux. Ces droits sont pris en compte par la responsabilité civile.

17

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Chapitre 2 : Réglementation du secteur du microcrédit

Section 1 : Le microcrédit, un moteur de développement économique et social

Le "microcrédit", consiste en l’octroi de petits crédits ou de crédits de faible montants et de courte durée à des agents économiques dont les revenus ou les ressources sont faibles, voire très faibles et qui appartiennent au secteur non structuré ou informel de l’économie. Il s’agit également de services financiers destinés à une clientèle pauvre (ces services peuvent comprendre, selon les pays, le crédit, l’épargne, les services de paiements et d’assurances) telle que les petits exploitants agricoles, les coopératives artisanales, les petits commerçants et les micro entreprises. De ce fait, la micro finance s’adresse à une catégorie de citoyens, certes pauvre, mais exerçant déjà ou ayant exercé une activité ou disposant d’un savoir-faire.

Le modèle qui prévalait jusqu’alors, appelé par les experts "ancien modèle", s’articulait autour des caractéristiques suivantes :

crédit subventionné,

taux de remboursement bas,

risque de covariance,

manque d’institutions viables.

Par opposition à cet ancien modèle qui a montré ses limites, un modèle, préconisé par les institutions financières internationales, a vu le jour. Il s’articule autour des éléments suivants :

des ressources diversifiées,

des taux d’intérêts couvrant les coûts,

prêts à des activités diversifiées,

et des institutions viables.

Le but ultime du microcrédit est de réduire la pauvreté et de générer des revenus et des emplois aux couches démunies. Contrairement au système bancaire classique, cette formule

18

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

ingénieuse de financement permet également aux requérants d’exercer leur compétence, de même qu’elle offre de meilleures perspectives, en particulier aux femmes, à travers la diversification de leurs activités et la recherche de nouveaux débouchés.

Le Maroc s’est mû en école des pays émergents en matière de lutte contre les déficits sociaux par le moyen d’actions économiquement structurées dont les effets générés sont durables. En effet, l’expérience marocaine dans le domaine du micro crédit fait office de référence parmi les pays du pourtour méditerranéen, la moitié des bénéficiaires de la micro finance dans cette région se trouvant au Maroc. Ce positionnement régional est le résultat du bilan encourageant et de l’accumulation rapide d’un important capital « expérientiel » des acteurs du secteur. Au Maroc, le taux de remboursement des microcrédits, qui avoisine les 98%, atteste que cette expérience a réussi à fournir aux personnes concernées les moyens de financer leurs projets et de les concrétiser.

Aujourd’hui, douze associations de microcrédit (AMC) – dont les plus grandes sont Al Amana, Zakoura et la Fondation Banques Populaires– travaillent à l’échelle nationale dans un seul objectif : améliorer les conditions de vie des populations démunies en leur offrant des services financiers qui leur permettront à la longue de devenir autonomes et indépendantes financièrement. En effet, le secteur de la micro finance au Maroc, tout en étant encore très jeune, a réalisé des performances fulgurantes en un très peu de temps. Le nombre de bénéficiaires n’arrête pas de croître de façon exponentielle et le Maroc s’approche d’un encours de deux milliards de dirhams.

L’étude d’impact, qui a été réalisée il y a quelques années, a démontré clairement que les interventions des AMC étaient prioritairement dirigées vers des femmes, pauvres et sans emploi, donc la frange de la population la plus vulnérable. De nombreux bénéficiaires ont noté une réelle amélioration de leur niveau de vie. Les bénéficiaires des programmes de microcrédit se retrouvent avec des revenus additionnels qu’ils consacrent à la santé, au logement et à l’éducation de leurs enfants.

19

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

En effet, cette étude a confirmé les apports réels de cet instrument dans la réalisation des objectifs qui en sont escomptés. Il vise la répartition des revenus, notamment, en faveur des populations économiquement faibles, et favorise la création de l’auto emploi des jeunes et des femmes. Il constitue également un moyen d’apprentissage de la gestion, de l’organisation et de la planification. Les clients sont, en effet, encouragés à choisir leurs propres investissements productifs, ils apprennent des méthodes très simples de comptabilité, de suivi des revenus et de planification des dépenses et des remboursements.

Il faut toutefois préciser que la micro finance n’est pas la solution miracle. C’est un

moyen qu’il faut savoir intégrer dans un arsenal de lutte contre la pauvreté et d’amélioration des conditions de vie des populations démunies. Il faut une conjugaison des efforts de l’Etat et des instances concernées et une véritable politique de développement social.

De même, le microcrédit constitue une des actions qui peuvent aboutir au transfert des activités informelles en activités formelles. Le développement de petits projets, l’amélioration des niveaux d’épargne et l’accès des clients à des niveaux de financement élevés auraient pour conséquence le développement, à moyen et à long terme d’activités économiques, dûment agréées et déclarées.

Section 2 : Analyse du cadre législatif de l’activité de microcrédit

La loi 18-97 sur le microcrédit a adopté le statut d’association comme étant le statut légal pour l’exercice de l’activité de microcrédit. Les institutions spécialisées dans le microcrédit sont tenues d’être constituées conformément aux dispositions du dahir 1-58-376 du 15 novembre 1958, réglementant le droit d’association tel qu’il a été modifié et complété par la suite et notamment par la loi 75-00.

A l’échelle internationale, l’ensemble des intervenants dans le domaine du microcrédit

accorde un intérêt particulier à la question de la réglementation du secteur. Au Maroc, les pouvoirs publics, désireux d’accompagner le développement de cette activité, ont édicté la loi n° 18-97 du 5 février 1999, qui, tout en définissant le microcrédit, en fixe les conditions

20

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

d’agrément et d’exercice.

Mémoire de Fin d’études

r d’agrément et d’exercice. Mémoire de Fin d’études Dans ce cadre, ladite loi interdit aux associations

Dans ce cadre, ladite loi interdit aux associations agrées, la réception de fonds publics, habilite Bank Al Mghrib à assurer le contrôle des associations de microcrédit et soumettrait même ces associations à l’obligation de certification de leurs comptes par les commissaires aux comptes, dont la désignation, doit au préalable être approuvée par Bank Al Maghrib.

Toutefois, avant de pouvoir exposer la réglementation relative à l’activité de microcrédit, il s’avère nécessaire de rappeler que ces institutions spécialisées uniquement dans l’octroi de crédit sont généralement financées par des fonds externes : subventions, donations ou crédits bancaires. Elles encourent un risque de viabilité à long terme d’où leur réglementation qui vise à sécuriser les investisseurs et les donateurs existants ou potentiels et leur assurer une fiabilité du système micro financier, ce qui aura pour conséquence de faciliter aux institutions de microcrédit l’accès à des lignes de financement commerciales.

Analyse du cadre réglementaire relatif à l’exercice de l’activité du microcrédit au Maroc :

Le Maroc fait partie des pays disposant d’un cadre juridique spécifique à l’activité de microcrédit. Cette dernière est réglementée par la loi 18-97, promulguée par le dahir 1- 99-16 du 5 février 1999.

Conditions d’exercice de l’activité de microcrédit :

Pour exercer une activité de microcrédit, une association doit préalablement être autorisée à cet effet, par arrêté du ministre chargé des finances pris après avis du conseil consultatif du microcrédit, lequel arrêté doit être publié au « bulletin officiel ».

Cette autorisation n’est octroyée que si l’association de microcrédit remplit les conditions suivantes :

-

Les statuts de l’association doivent prévoir, en particulier que son objet

21

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

exclusif est conforme à la loi, que l’octroi de microcrédit se fait sans discrimination, de quelque nature que ce soit , qu’elle s’interdit l’exercice de toute activité politique ou syndicale.

- Les moyens humains et financiers que l’association entend mettre en place doivent être suffisants pour la réalisation de son objet ;

- Le plan de développement de l’association, notamment en matière d’implantation, de ressources, d’activité de crédit et sa répartition entre le milieu urbain et rural doit être compatible avec le cadre des programmes nationaux d’insertion économique et sociale des personnes économiquement faibles ;

- Les projections financières de l’association doivent faire ressortir sa viabilité au terme d’une période n’excédant pas cinq ans à compter de la date de l’autorisation.

Cette dernière condition soulève beaucoup de polémiques au sein des associations de microcrédit de petite et moyenne taille : en effet, ces dernières n’ayant pas atteint l’équilibre financier, estiment que la condition liée à la réalisation de la viabilité financière sur une durée de 5 ans est contraignante.

Dans la pratique, cette inquiétude pourrait être justifiée dans la mesure où l’accès aux sources de financement nécessaires au développement desdites associations demeure assez difficile. En effet, les établissements de crédit et la plupart des bailleurs de fonds exigent des associations qu’elles soient déjà viables, financièrement, pour qu’elles puissent bénéficier de leur financement ou de leur garantie.

De même, la loi oblige les associations de microcrédit à porter à la connaissance du public les conditions appliquées à leurs opérations de microcrédit, particulièrement en matière de taux d’intérêt de commissions. Ce taux d’intérêt demeure non encore fixé par les pouvoirs publics. De ce fait, les associations continuent à appliquer des taux d’intérêt mensuels qui

22

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

varient entre 1,25% et 2,5%.

Mémoire de Fin d’études

u r varient entre 1,25% et 2,5%. Mémoire de Fin d’études Malgré la faiblesse apparente des

Malgré la faiblesse apparente des niveaux de ces taux d’intérêts, leur conversion en taux effectifs annuels, aboutirait à des pourcentages très élevés dépassant, généralement, le niveau de 30% ce qui dépasse largement les taux appliqués par les établissements de crédit. Il est à relever à ce niveau que l’application de taux d’intérêts aussi excessifs n’est pas en adéquation avec l’objectif socio-économique recherché par les associations de microcrédit lesquelles, de plus, se financent en grande partie par des crédits gratuits.

Enfin, dans le cas où elles ne rempliraient pas les conditions au vu desquelles elles ont été autorisées, les associations de microcrédit pourraient être sanctionnées par le retrait de l’autorisation d’exercer l’activité de microcrédit ce qui entraînerait leur dissolution.

Les ressources des associations de microcrédit:

Outre les cotisations et contributions de leurs membres, les ressources des associations de microcrédit peuvent être constituées par :

- Les dons ou les subventions publiques ou privées ;

- Les emprunts ;

- Les intérêts et commissions, perçus sur les microcrédits qu’elles octroient ;

- Les fonds mis à leur disposition dans le cadre de conventions de partenariat, de contrats programmes conclus avec des administrations, des organismes publics ou des collectivités locales ;

- Les ressources concessionnelles que l’Etat peut mobiliser à leur profit dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale ;

- Les revenus générés par le placement de leurs fonds ;

- Le remboursement du principal des prêts.

23

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Les associations de microcrédit peuvent également recourir, sans autorisation préalable, à la collecte de fonds par voie d’appel à la générosité publique. Toutefois, à l’issue de tout appel à la générosité publique, les associations de microcrédit sont tenues d’adresser au ministre chargé des finances une déclaration relative aux conditions, aux circonstances et aux résultats de cet appel.

De même, les subventions, ressources concessionnels et résultats de fin d’exercice des associations de microcrédit doivent être affectés à l’octroi de microcrédit. La distribution, sous quelque forme que ce soit, des bénéfices par les associations de microcrédit est interdite.

Régime fiscal de l’activité de microcrédit : Un cadre fiscal imprécis et des avantages fiscaux temporaires

La loi relative au microcrédit prévoit les dispositions suivantes :

- Sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée les opérations de crédit que les associations de microcrédit effectuent au profit de leur clientèle.

- Les dons en argent ou en nature octroyés par des personnes physique ou morales aux associations de microcrédit constituent des charges déductibles au sens de l’article 7 de la loi n° 24-86 instituant un impôt sur les sociétés et de l’article 9 de la loi n° l7-89 relative à l’impôt général sur le revenu.

- Les équipements et matériels destinés exclusivement au fonctionnement des associations de microcrédit bénéficient de l’importation en franchise des droits de douanes et autres droits et taxes.

Les exonérations, déductions et franchises ci-dessus sont accordées à chaque association de microcrédit pour une durée de cinq ans à compter de la date de publication au Bulletin

24

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

officiel de l’arrêté du ministre chargé des finances l’autorisant à exercer l’activité de microcrédit. De même, elles ne peuvent être reconduites au profit des associations de microcrédit même si ces associations sont reconnues d’utilité publique.

L’ensemble des dispositions fiscales précitées relève un certain nombre de critiques à prendre en considération. En effet, la déductibilité des dons qui se limite à cinq ans risque de priver les associations de microcrédit de cette source de financement après l’expiration de cette période. Dans le même ordre d’idées, la loi sur le microcrédit n’a pas pris en considération les conséquences de l’exercice de cette activité sur les autres impôts directs et impôts locaux dont l’IS, l’impôt des patentes, la taxe urbaine et la taxe d’édilité.

Ainsi, dans le cas d’inexistence d’indications spécifiques en la matière, le droit commun s’appliquera en conséquence. Puisque les associations de microcrédit sont constituées conformément au dahir du 15 novembre 1958 réglementant le droit d’association, elles sont soumises au droit fiscal applicable aux associations relevant dudit dahir. Dans ce sens, la Direction Générale des Impôts a estimé que ladite association de microcrédit a une qualité d’association à but non lucratif, exonérée de l’IS sur les activités conformes à l’objet défini dans ses statuts. De même, les revenus des salariés d’une association de microcrédit sont soumis à l’impôt général sur les revenus dans les conditions du droit commun.

Quant à la Taxe sur la Valeur Ajoutée, les associations de microcrédit en sont exonérées sur les opérations de crédit et ce pour une durée de cinq ans, à partir de la date de publication au bulletin officiel de l’arrêté du Ministre chargé des Finances les autorisant à exercer l’activité de microcrédit. Toutefois, la loi relative au microcrédit ne précise pas si l’exonération temporaire de la TVA sur les opérations de microcrédit ouvre droit ou non à la déduction de la TVA ayant grevé les opérations d’achat, servant pour la réalisation des opérations de microcrédit.

D’autre part, les dispositions du dahir relatif à l’impôt des patentes, stipule que les personnes ou sociétés de nationalité marocaine ou étrangère qui exercent une profession, une

25

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

industrie ou un commerce sont soumises à cet impôt.

industrie ou un commerce sont soumises à cet impôt. En conséquence, et partant du principe que

En conséquence, et partant du principe que les associations de microcrédit exercent un acte de commerce, ces dernières rentrent dans le champ d’application de l’impôt des patentes. Toutefois, la Direction Générale des Impôts considère que le but recherché par ladite association a un caractère social et non la distribution des bénéfices, et estime, par conséquent, qu’elle n’est pas assujettie à l’impôt des patentes. De même, les associations de microcrédit sont imposées à la taxe urbaine et à la taxe d’édilité dans les conditions de droit commun tant qu’elles ne sont pas encore reconnues d’utilité publique.

Au Maroc, la loi est donc claire. Le statut dans lequel peut être menée une activité de microcrédit est l’association. Pour le moment, il n’y a pas de signe qui montre que les autorités seraient enclines à envisager une autre forme institutionnelle. Par contre, il y a des associations de microcrédit qui sont convaincues de la nécessité d’un changement de forme institutionnelle pour se transformer en banques afin de mobiliser les fonds vu, aujourd’hui, les besoins énormes et considérables en terme financier. C’est une réflexion en cours.

Le contrôle des associations de microcrédit :

Selon la loi relative à l’activité du microcrédit, les associations de microcrédit doivent tenir une comptabilité régulière faisant ressortir l’ensemble de leurs ressources, de leurs emplois, de leurs produits et de leurs charges selon des modèles fixés par voie réglementaire. Les pièces et documents ayant servi de base aux écritures comptables doivent être conservés par l’association pendant au moins dix ans.

De même, il est institué un comité de suivi des activités des associations de microcrédit, qui est composé de représentants de l’administration et chargé de veiller au respect par lesdites associations des dispositions de la présente loi et des textes pris pour son application. La composition et les modalités de fonctionnement de ce comité sont fixées par voie

26

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

réglementaire. Dans l’accomplissement des missions qui lui sont imparties, le comité est habilité à effectuer tout contrôle sur place et sur pièces sur les activités des associations précitées par des agents commissionnés à cet effet par l’administration. Ce contrôle porte également sur le caractère licite de l’origine des fonds dont disposent les associations.

Les associations de microcrédit sont tenues de communiquer au comité tous documents et renseignements qu’il juge nécessaires au contrôle du suivi de leurs activités. Les associations de microcrédit doivent procéder annuellement et chaque fois que nécessaire à l’audit externe de leur gestion. Les rapports d’audit sont communiqués au ministre chargé des finances.

Le ministre chargé des finances fixe, après avis du conseil consultatif du microcrédit, des rapports minimum devant être observés par les associations de microcrédit entre les éléments de leur actif et certains ou l’ensemble des éléments de leur passif.

Conditions liées à l’utilisation des fonds :

Devant tous les développements du secteur de microcrédit, les bailleurs de fonds, notamment internationaux, exigent de plus en plus que les capitaux investis soient alloués de manière efficiente. En effet, ces derniers peuvent solliciter soit la couverture d’une population particulière (comme pour la fondation ZAKOURA qui cible un certain pourcentage de femmes), la couverture d’une région ou d’une activité particulière, la distribution des crédits dans un intervalle de temps bien déterminé ou bien encore l’obligation de satisfaire à des conditions contractuelles suspensives.

Conditions comptables et financières :

De même, le poids des bailleurs de fond apparaît dans l’obligation qu’ils imposent aux associations de microcrédit de respecter certaines conditions d’ordre comptable et financier dont :

27

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

- Le suivi et la présentation distincts des données comptables et financières sur les activités et programmes financés. Cette condition oblige les associations à tenir un suivi extra comptable de l’activité et des dépenses effectuées dans le cadre du contrat de financement.

- L’audit des états financiers de l’association de microcrédit par des experts comptables. Ils peuvent parfois déterminer l’étendue de cet audit, les seuils de signification et les modèles de rapports à établir.

conclure,

l’émergence de plusieurs facteurs :

Pour

l’évolution

du

cadre

législatif

et

règlementaire

s’explique

par

- L’activité de microcrédit se développe de manière très soutenue et a tendance à se diversifier. Le Maroc, à lui seul détient 50% des encours de microcrédit dans toute la zone MENA.

- Le développement d’un secteur du microcrédit performant et efficace constitue une alternative crédible pour la solution des problèmes liés à la pauvreté

- La volonté des pouvoirs publics et des autorités monétaires en particulier, de développer des services financiers appropriés à la situation d’une large frange de la population qui ne peut actuellement accéder aux modes de financement classiques.

28

Mémoire de Fin d’études

29

S e c t e u r

D u

T r a n s p a r e n c e

d e

M i c r o c r é d i t

a u

M a r o c

l

i

n f o r m a t i o n

p o u r

u n e

m e

i

l

l e

u r e

g e s t i o n

d u

r

i

s q u e

o u r u n e m e i l l e u r e g

Transparence des associations de microcrédit

Deuxième partie :

r u n e m e i l l e u r e g e s

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Afin de développer la problématique abordée dans ce mémoire, nous avons choisi, Mr. EL Khalifa mon encadrant et moi-même, de traiter d’une association de microcrédit en particulier et d’en développer les spécificités. Pour ce faire, nous allons dans un premier faire une analyse chiffrée du secteur du microcrédit au Maroc et de son évolution avant de passer à la présentation de l’association et de sa structure et ce tout en préservant son anonymat.

Chapitre 1 : Structure et objectifs organisationnels de l’association de microcrédit

Section 1 : Présentation de l’association et de sa structure

Au Maroc, le secteur du microcrédit a connu un essor considérable. En effet, les activités de microcrédit ont débuté au milieu des années 1990, sous l’impulsion de l’AMSED, une ONG marocaine. Le premier prêt fut octroyé en 1993 à une femme. Plusieurs autres institutions, dont l’ambition était nationale ou régionale, sont ensuite apparues et ont fait évoluer le secteur vers plus de professionnalisme.

Les années 90 ont vu le développement du secteur au Maroc : en 1994, extension du programme d’AMSSF au microcrédit ; en 1995, création de la Fondation ZAKOURA ; en 1996, création de l’ACAET (Association des Cadres et Anciens Elèves de TANDERARA, devenue depuis l’association Al Karama) ; en 1997 : création de la FONDEP et d’Al AMANA.

L’octroi de microcrédit a longtemps été une composante des activités d’ONG généralistes qui ont dû diviser leur structure en 1999 avec la mise en vigueur de la loi sur le microcrédit qui exigeait la séparation des programmes de microcrédit de leurs ONG mères.

30

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

En 2000, le Fonds Hassan II a soutenu le secteur avec une subvention de 100 millions de dhs (10 millions €). Cette contribution financière a permis d’accroître le nombre et le montant des prêts accordés, en particulier pour les trois principales associations qui sont Al AMANA, ZAKOURA et la Fondation BP de microcrédit.

Ces dernières années ont vu la création de la Fédération Nationale des Associations de Micro Crédit (FNAM), par une volonté de rationalisation des activités et de création d’un interlocuteur unique porte parole de tout le secteur pour mieux s’adapter aux besoins du terrain, ainsi qu’aux exigences des bailleurs de fonds.

Aujourd’hui le secteur est relativement diversifié : 4 AMC ont une couverture nationale, 3 associations ont une couverture régionale, les 5 autres se représentent comme des associations de proximité, et sont issues de leur terrain d’action.

Le microcrédit est donc devenu un instrument essentiel dans le dispositif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. En effet, au 31 décembre 2006, les associations de microcrédit marocaines ont servi 1.034.162 clients actifs dont 66% de femmes et le taux de remboursement des crédits est de 99%. Depuis leur création les associations ont distribué 15 milliards de dhs pour un total de 4.522.773 prêts.

Par région, 57% du secteur est concentré sur le centre urbain et 19% dans le périurbain. L’engouement risque de ne pas s’estomper puisque d’après une étude réalisée au niveau national, le nombre de clients actifs sera multiplié par plus de 3 entre 2006 et 2010, passant de près de 661 000 en 2006 à plus de 2,2 millions en 2010. Parallèlement, le nombre d’agents passera de 2 230 en 2006 à 3 740 en 2010, soit une croissance de l’ordre de 70% sur cette période.

Pour avoir une meilleure visibilité de l’évolution du secteur, nous proposons de résumer les données chiffrées développées ci-dessus dans le tableau suivant :

31

Mémoire de Fin d’études

Mémoire de Fin d’études   ENCOURS TOTAL NOMBRE DE   ENCOURS TAUX DE REMBOURSEMENT (%) NOMBRE
 

ENCOURS TOTAL

NOMBRE DE

 

ENCOURS

TAUX DE REMBOURSEMENT (%)

NOMBRE DE SALAIRES DONT AGENTS DE CREDIT

 

AMC

DES PERTES

(KDH)

CLIENTS

ACTIFS

%

FEMMES

MOYEN DU PRÊT (DH)

NOMBRE

D'ANTENNES

AL AMANA

1

849 910

405024

48

4567

99,6

1843

352

           

1191

 

Fondation ZAKOURA

 

683

224

337367

84

2069

99,69

(1096)

442

FBPMC

 

439

023

109811

55

3687

 

540

133

FONDEP

 

178

247

68540

68

2601

98,65

-247

57

Fondation ARDI

 

26

000

20 000

50

1300

 

-510

130

AMSSF

 

31

000

29000

50

1069

98

88

51

             

18

AMOS

ALKARAMA

 

9893

19237

5852

8050

100

98

1690

2390

99,77

59

40

5

11

ATMC

             

INMAA

 

10000**

         
           

17

 

ATIL

 

6 185

2266

98**

2729

(12)

7

Association Nord

             

Tanger

3

043 598

2100

100

1450

99,61

9

7

Chiffres au 31/12/2006 sur la base des informations communiquées par les AMC

* Chiffres au 30/09/2006

** Estimation

Mémoire de Fin d’études

Présentation de l’association

Mémoire de Fin d’études Présentation de l’association Née en 1995, l’association est l’un des pionniers de

Née en 1995, l’association est l’un des pionniers de la réussite triomphale du microcrédit dans le Royaume. Association humanitaire à but non lucratif, elle s’est fixé dès le début des missions bien définies qui visent la mise à disposition d’une manière efficiente et pérenne des services et produits financiers éducatifs, culturels et civiques adaptés aux projets des populations démunies pour élargir leurs perspectives de développement, pour combattre la pauvreté, développer le sens de la responsabilité civique et améliorer tant en milieu urbain que rural la qualité de vie des marocains les plus défavorisés qui n’ont pas accès aux sources classiques de financement.

L’association vient, en l’occurrence, de voir ses efforts de transparence et de bonne gouvernance récompensés en se voyant décerner, par l’agence américaine Micro Rate, la note "Alpha", équivalente à l’investment grade, attribuée aux entreprises les plus performantes en matière de rentabilisation des investissements. De même, l’association a battu tous ses concurrents du continent, en décrochant la note d’excellence, la propulsant au rang de "Champion d’Afrique ».

Cette association propose des services diversifiés entre prêt solidaire, personnel, ou

, entrepreneurs sur les techniques d’administration de leur micro entreprises, et des campagnes

de sensibilisation sur la santé, l’alphabétisation, droits de la femme qui représente 89% des bénéficiaires. La plupart de ces femmes sont analphabètes et pauvres, leurs revenus ne dépassent pas 1500 DH par mois pour un foyer de 5 personnes.

spécialisé : tourisme rural, eau, électricité, habitat

ainsi que des formations aux micro

Présente à travers l’ensemble du pays, de Tanger à Boujdour et de Casablanca à Oujda, cette association fonctionne par l’intermédiaire d’un vaste réseau régional. Le siège se trouve à Casablanca et les six régions sont situées à :

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

- Tanger pour la région Nord-Ouest

- Fès pour la région Nord-Est

Mémoire de Fin d’études

- Casablanca pour la région Centre I et Centre II

- Marrakech pour la région Sud I

- Agadir pour la région Sud II

pour la région Sud I - Agadir pour la région Sud II Ces six bureaux régionaux

Ces six bureaux régionaux gèrent 449 branches dont 320 branches secondaires dans tout le Maroc. Sur les 1 236 employés de l’association, seuls 140 d’entre eux se trouvent au siège, soit un personnel terrain de 1 096 personnes. La stratégie que s’est fixé l’association a été, dès le début de son activité, de recruter ses agents dans les sites où elle est présente.

Au cours des dix dernières années, cette association a connu une croissance phénoménale doublant presque le nombre de prêts débloqués chaque année. Si en 1997, elle ne comptait que 3000 bénéficiaires actifs, elle en sert au 31 décembre 2006, près de 367.744, dont 84 % sont des femmes. Depuis sa création, la fondation a débloqué près de 1 821 271 prêts pour un montant total de 3 452 921 197 DH jusqu’à fin décembre 2006. Présente dans 442 branches dont 138 branches principale et avec 987 agents de crédit répartis sur tout le Maroc, l’institution s’est développée à un rythme soutenu tout en conservant un excellent taux de remboursement de 99,7 %.

A l’heure actuelle, le défi de l’association est selon son directeur général d’offrir 500.000 microcrédits, 26 000 pour l’habitat, l’eau et l’électricité, 500 pour le tourisme rural, creuser des puits, et 600 pour les micros entreprises. De même, plusieurs perspectives sont à escompter dans le futur à condition de réaliser un certain nombre d’objectifs dont le développement d’un programme de grande ampleur, financièrement viable et autosuffisant sur le plan opérationnel, qui puisse atteindre des milliers de micro entrepreneurs parmi les populations les plus démunies. D’ici la fin de 2007, l’association entend :

30

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

- Mettre en place un nouveau progiciel métier et informatiser toutes les représentation

- Emprunter 260 millions de dirhams pour couvrir les besoins de l’exercice 20056

- Mettre en place un plan comptable en conformité avec les orientations de la Banque du

Maroc

- Débloquer 574.000 prêts et atteindre un nombre de clients actifs de 357.000 tout en

continuant à privilégier les populations les plus pauvres localisées en milieu périurbain

et en milieu rural.

- Etre présente dans 121 représentations et 970 sites et continuer à s’investir dans le

milieu rural et les zones les plus enclavées pour toucher les populations les plus pauvres

- Réaliser des études quantitatives et qualitatives afin de mieux connaître sa population

cible pour lui offrir des produits toujours plus adaptés

- Développer le prêt "Habitat" (acquisition et construction d’un logement) et d’autres

prêts doublés d’une composante "accompagnement/formation" plus adaptée grâce à des

synergies avec d’autres associations

- Généraliser les produits financiers tels que : le prêt "Aménagement" (fusion des prêts

eau/électricité et amélioration de l’habitat développés en 2004), les prêts "Tourisme

Rural", "Publiphone" et "Forage de puits" pour le milieu rural

- Renforcer la capacité institutionnelle de l’association pour soutenir son ambitieuse

stratégie de croissance et mettant en place un plan d’organisation

- Maintenir le programme Education et Civisme et les formations, réels vecteurs de

développement et d’intermédiation sociale, et accompagner les bénéficiaires en leur

offrant des formations de gestion de base pour les aider à développer leur projet

- Recruter 450 nouveaux agents de crédit et 41 nouveaux chefs de représentations

De même, et dans une optique de diversification de ses activités, l’association a décidé de s’insérer dans le Pronace (Programme d’Appui à la Création d’Entreprise) avec pour objectif:

- La mise en place de 9 guichets régionaux

- L’aide à la création de 1.000 TPE (Très Petite Entreprise)

31

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Section 2 : L’impact de l’organisation de l’association sur l’octroi des crédits :

Il existe de grandes disparités entre les différentes associations, du point de vue taille et capacité institutionnelle. Quelle que soit la taille, toutes les institutions sont toujours très jeunes, et ont connu une croissance significative pendant les dernières années. Elles connaissent toutes, alors, certaines lacunes similaires, même si la nature spécifique des lacunes varient avec leur stade de développement actuel.

Certaines de ces faiblesses sont tout à fait normal si on prend en compte l’âge des associations et d’autres ont été accentuées par la croissance rapide causée par l’injection du financement du Fonds Hassan II au cours de l’année dernière.

La réglementation et les structures nécessaires pour l’encadrement du secteur sont ou en place ou prévues par la loi. Cependant, la réglementation n’est pas encore complète et les structures en place ne sont pas encore tout à fait fonctionnelles. Le résultat est un manque de consistance au niveau de la comptabilité et des normes d’analyse financière y afférant, de transparence, d’échange d’information et de contrôle et supervision du secteur.

L’accord de crédit en faveur des bénéficiaires les plus démunis, nécessite une relation à long terme qui permet à l’association d’accéder aux informations spécifiques et de remédier aux problèmes de l’opacité informationnelle caractérisant ce type de bénéficiaire. En effet, des études à l’échelle internationale ont prouvé l’existence d’un lien étroit entre la taille, la structure de l’organisation et le processus d’octroi de crédit.

Dans notre cas, il est important de signaler que l’association essaie d’adopter une politique de décentralisation par rapport à ce processus. En effet, les prêts ne sont pas accordés directement au niveau du siège, mais au contraire dans les différentes représentations de proximité et ce à travers un contact direct avec les clients. Cet octroi du crédit n’est pas préalablement étudié par le siège de l’association et dépend d’une manière quasi-complète de la représentation concernée.

32

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

En effet, les dossiers de microcrédit sont généralement des dossiers matériels remplis et classés en archives par les agents de terrains. L’ensemble de ces dossiers ne sera pas transmis au siège de l’association mais uniquement une fiche récapitulative des noms, du montant du microcrédit octroyé, des remboursements et des éventuels impayés. Ainsi, le processus d’octroi du crédit dépendra non seulement de l’organisation de l’association de manière générale mais plus particulièrement de l’organisation de la représentation et du quota qui lui est accordé par le plan de la direction générale.

Généralement, c’est au niveau de la centralisation des informations concernant l’octroi du crédit où les erreurs peuvent le plus souvent être commises et ce si le système d’information du siège n’est pas performant : en effet, les clients jugés douteux ou transmis comme douteux au siège de l’association seront interdits de crédit.

Ainsi, il apparaît clairement que la pérennisation des activités de microcrédit nécessite une structure organisationnelle efficace et une synergie transparente entre tous ses composants. De ce fait, un système d’information de gestion évolutif basé sur une optimisation de l’utilisation de l’outil informatique s’avère nécessaire. Ce système d’information devrait permettre un suivi très strict des impayés et de la situation des remboursements.

Les associations de microcrédit devraient accorder un intérêt particulier au renforcement du contrôle interne et à l’optimisation de leurs instruments de gestion. Elles devraient s’assurer que ces mécanismes sont toujours adaptés à leur activité, en croissance continue. En effet, la croissance de l’activité de l’association entraînerait petit à petit une restructuration en interne (création de nouveaux départements et services par exemple) et donc une modification de l’organisation. Il est donc très difficile de définir de manière précise tous les facteurs et tous les niveaux touchés par le changement. Les nouveaux objectifs de l’organisation pouvant naturellement êtres associés à la composition des nouveaux portefeuilles de clients.

33

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Chapitre 2 : Transparence de l’information pour une meilleure maîtrise des risques

Dans ce chapitre, nous veillerons à analyser l’environnement interne des associations de microcrédit ; nous expliciterons, dans une première section, les spécificités du système d’information de gestion de ces associations. Dans une deuxième section, nous nous attarderons à mettre en évidence en quoi le contrôle interne est déterminant dans la maîtrise des risques. Nous démontrerons, également, l’importance de certains outils de contrôle de gestion dans la maîtrise du développement des activités des associations de microcrédit.

Section 1 : Particularités du Système d’Information de Gestion :

Tout comme la majorité des institutions de micro finance, de par le monde, les associations de microcrédit, consistent en des organismes à but non lucratif, exerçant des activités financières et poursuivant des objectifs économiques et sociaux. Certaines d’entre elles sont caractérisées par une taille limitée et ne disposent, en conséquence, que de quelques centaines de clients, tandis que d’autres, de plus en plus nombreuses, ont pu assurer l’expansion de leur domaine d’opération pour offrir leurs services à plusieurs milliers de personnes.

Une caractéristique commune aux associations de microcrédit est qu’elles ne disposent toutes, à la mise en route de leur activité, que d’un système d’information très restreint et de connaissances peu approfondies des systèmes financiers. Toutefois, et au fil de l’accroissement de leur portefeuille clients, elles ressentent, le besoin de perfectionner leur système d’information de gestion. Car, dans l’intervalle, les dirigeants des institutions de microcrédit prennent de plus en plus conscience de l’importance d’une information pertinente pour une gestion efficace et efficiente des activités de microcrédit.

Rappelons que le CGAP détermine le système d’information et de gestion comme étant « une série de procédures et d’actions effectuées pour saisir des données brutes, les transformer en information utilisable et transmettre cette information aux utilisateurs sous forme adaptée à leurs besoins ».

34

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Ainsi, le plan comptable, tout autant que les formulaires utilisés par l’institution pour la gestion de l’activité de crédits, les rapports émis, les états financiers, les procédures et les logiciels informatiques, et bien d’autres influent sur l’information au sein de l’association de microcrédit et constituent le système d’information de gestion.

et constituent le système d’information de gestion. Deux composantes principales sont inclues dans le système

Deux composantes principales sont inclues dans le système d’information de gestion des associations de microcrédit: un système d’information comptable et un système de suivi du portefeuille de microcrédit.

35

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Ces deux composantes sont interdépendantes et sont mises à contribution en tant que base pour la production d’indicateurs et de rapports financiers et de gestion. Partant, les deux systèmes précités se doivent d’être compatibles.

Plus spécifiquement, le système comptable doit être conforme aux normes comptables en vigueur, lesquelles normes devraient être, en principe, des normes adaptées au secteur de la micro finance. Le système de suivi du portefeuille de crédit quant à lui, peut être standardisé. Toutefois, il est à signaler que, les associations de microcrédit emploient des systèmes de suivi des crédits qui différent selon les procédures et méthodologies de travail adoptées, lesquelles, varient à leur tour d’une association à une autre. Il en résulte que chaque application informatique ou logiciel de suivi des crédits utilisé est unique et doté de caractéristiques propres, tant pour ce qui est des méthodologies de traitement de données que des rapports émis et des possibilités offertes.

1.

La

système comptable des associations de microcrédit

normalisation

comptable,

réponse

inévitable

au

particularisme

du

Particularités liées à l’organisation et au suivi comptables :

Il est stipulé dans l’article 13 de la loi 18-97, réglementant le microcrédit, que les associations de microcrédit ont l’obligation de tenir une comptabilité sur une base régulière explicitant l’intégralité de leurs ressources, emplois, produits et charges conformément à des modèles réglementaires. Un décret du Premier Ministre N° 2-99-1045 du 20 mars 2000, a investi le Ministre de l’Economie et des Finances de la responsabilité de fixer les modèles des états comptables des associations de microcrédit. Ces modèles réglementaires n’ayant pas encore été définis, les associations de microcrédit se sont vues contraintes d’improviser différentes approches pour l’organisation de leur comptabilité, pour le traitement de certaines opérations spécifiques et pour la présentation de leurs états financiers.

Comme

énoncé

auparavant,

les

associations

de

microcrédit

adoptent,

donc,

des

36

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

approches comptables différentes pour l’organisation de leur système comptable. Ces approches sont comme nous le détaillons ci après:

Comptabilité des engagements selon le CGNC :

Certaines grandes associations ont opté dans le cadre de la détermination de leur organisation comptable, pour le dispositif entier prévu par le Code Général de Normalisation Comptable (CGNC). Cette organisation, conçue pour les entreprises commerciales et industrielles, ne peut prendre en compte, selon nous, toutes les spécificités des associations de microcrédit dont l’activité est exclusivement financière ; cette dernière requiert, en effet, un cadre comptable dédié et adéquat, à l’image de celui prévu pour les établissements de crédit.

Comptabilité de caisse :

Un autre modèle d’organisation adopté par d’autres associations de microcrédit consiste en l’organisation comptable établie sur la base des encaissements et des décaissements. Cette comptabilité de caisse procède en pratique de l’enregistrement des produits après leur encaissement et de l’enregistrement des charges après leur décaissement. Bien qu’on puisse lui reconnaître l’avantage de la simplicité, cette organisation présente plusieurs limites :

- La comptabilité par caisse passe outre le principe de spécialisation des exercices

- La comptabilité de caisse manque au principe de prudence. En effet, certains risques de charges, notamment la provision pour dépréciation des créances impayées, ne sont pas pris en compte. Le non-respect de ces principes comptables amoindrit donc la régularité de la comptabilité et contraint l’une de ses fonctions majeures à savoir la représentation d’une image fidèle du patrimoine, des flux de trésorerie et des résultats de l’association.

- Il convient par ailleurs de signaler que parmi les associations, que nous avons auditées, et qui optent pour cette organisation, une grande majorité tient sa comptabilité au moyen d’un tableur (généralement Excel). Cette situation est de nature à donner, tant aux auditeurs externes qu’à tout lecteur intéressé par leurs états financiers, une faible assurance quant à l’exhaustivité et à l’exactitude des opérations comptables qu’y sont enregistrés et ce en majeur partie à cause des raisons exposées ci après : Pas de recours à un système

37

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

comptable centralisateur (livre journal, grand livre, balance, états de synthèse), pas d’application du principe de la partie double pour la comptabilisation des transactions et faiblesse voire absence de sécurisation des données traitées sur tableur.

Comptabilité par origine des fonds

Certaines associations, par volonté de se conformer aux exigences de traçabilité de fonds manifestées par certains bailleurs de fonds, peuvent tenir plusieurs comptabilités par origine des fonds. Signalons, toutefois, que la tenue de plusieurs comptabilités entraîne nécessairement des coûts supplémentaires pour l’entreprise et donner une vision moins globale sur la situation comptable et financière de l’association de microcrédit.

Dans ce qui précède, ont été mises en exergue, trois principales approches, adoptées actuellement par les associations de microcrédit, pour le suivi comptable de leurs comptes clients, le nombre de ces derniers pouvant s’élever à plusieurs dizaines de milliers pour certaines grandes associations :

Pour une partie des associations, ce sont, exclusivement, les systèmes extra comptables qui sont mis à contribution pour la détermination des soldes comptables relatifs à l’activité de crédit (encours de crédit et produits d’intérêts). L’exactitude des soldes précités dépend de la fiabilité des données du système de suivi du portefeuille de crédit. Cette approche présente, toutefois, des risques d’erreurs procédant notamment, de la non application du principe de la partie double pour l’enregistrement des opérations de déboursement et de remboursement des crédits.

Un autre groupe d’association, adopte des systèmes centralisateurs pour la tenue des comptes de leurs clients. En pratique, ce sont des comptes clients globaux qui sont utilisés (à titre d’exemple, un compte de crédit pour chaque agence de distribution) et mouvementés par le biais de journaux auxiliaires. Les transactions de déboursement et de remboursement sont enregistrées par le biais des récapitulations périodiques dont le détail, par agence et par client, est opéré grâce au système extra comptable de suivi de

38

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

crédit. Certes, l’usage de tels systèmes, amoindrit le risque d’erreur. Cependant, il suppose des rapprochements réguliers entre les soldes comptables et les données du système de suivi de l’activité de crédit. A ce titre, il est à noter que le PCEC tolère l’enregistrement dans un livre journal des opérations réalisées par les établissements de crédit, sous forme de récapitulations, au moins mensuelles, des totaux de ces opérations, sous condition de conserver tous les documents permettant de les reconstituer jour par jour.

Opérer des interfaçages informatiques entre le système comptable et le système informatique de suivi des portefeuilles de crédit représente, à notre avis, une approche adéquate pour la tenue comptable des comptes des clients. L’efficacité de l’organisation comptable adoptée par les établissements bancaires et les sociétés de financement en étant la meilleure preuve. Cette approche, qui est actuellement appliquée par certaines associations de microcrédit, permet d’avoir un meilleur contrôle sur l’exhaustivité et l’exactitude des enregistrements comptables.

Particularités liées à la présentation de l’information comptable :

Comme signalé auparavant, les associations de microcrédit, devant composer avec l’absence d’une normalisation comptable spécifique au secteur du microcrédit, adoptent des approches différentes pour la présentation de leurs états financiers:

Les associations de microcrédit ayant basé l’organisation de leur système comptable sur les dispositions du CGNC, utilisent le modèle normal prévu par ce code pour la présentation de leurs états de synthèse. Ce modèle, plus adapté aux entreprises industrielles, commerciales et de services, ne permet pas, selon nous, de donner une présentation adéquate des données comptables et financières de l’activité de microcrédit, notamment des opérations de crédit et de trésorerie qui constituent les composantes les plus significatives des états financiers des associations de microcrédit.

39

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

D’autres associations de microcrédit se contentent d’établir un bilan et un compte de produits et de charges pour représenter leurs situations comptables et financières. Ces deux états ne sont pas, à notre avis, adaptés pour véhiculer une image fidèle du patrimoine des associations, de leurs résultats ou des flux de leurs trésoreries. En effet, une représentation aussi simplifiée risque d’empêcher le lecteur des états financiers de se constituer une idée claire et exhaustive de la situation comptable et financière des associations de microcrédit.

D’autres associations enfin, se conforment aux modèles recommandés par leurs consultants externes, ou par leurs bailleurs de fonds pour présenter leurs informations comptables et financières selon des modèles.

A l’exposé de ces éléments, il apparaît que la considération de ces approches

différentes, ainsi que d’autres, pour la présentation de l’information comptable et financière ne permet ni aux autorités de tutelle et organes de supervision, ni à tout autre lecteur intéressé,

d’exploiter l’information émanant desdites associations et d’effectuer des comparaisons sur des bases identiques. Ceci étant, nous estimons que les associations de microcrédit, à l’instar des établissements de crédit, doivent disposer d’une réglementation spécifique, pour la présentation de leurs informations comptables et financières, prenant en compte les spécificités de leur secteur et visant à véhiculer une image fidèle et sincère de leur situation comptable et financière.

Particularités liées aux traitements de certaines opérations spécifiques

En l’absence d’une normalisation comptable du secteur du microcrédit, les associations

adoptent des traitements différents pour la traduction comptable de plusieurs types d’opérations spécifiques au cadre associatif, globalement, et aux activités de microcrédit, spécifiquement. Deux catégories d’opérations, constituent, à notre sens, les domaines les plus significatifs et la source de plusieurs problématiques comptables pour les associations de

40

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

microcrédit : les opérations afférent aux fonds propres et aux sources de financement, et les opérations se rapportant à l’activité de microcrédit.

Opérations liées au financement permanent :

En considérant les pratiques comptables de certaines associations de microcrédit, en matière de comptabilisation de certaines opérations liées aux financements permanents, nous avons pu identifier des particularités qui devraient, à notre avis, être régies par un cadre comptable normalisé spécifique aux associations de microcrédit. Ces opérations se rapportent essentiellement aux éléments suivants :

- La comptabilisation des contributions des membres des associations de microcrédit Comptabilisés par certaines associations comme produits d’exploitation et par d’autres comme fonds propres.

- Le traitement des subventions en fonds de crédit reçues par les associations de microcrédit: Certaines associations comptabilisent ce type de subventions en capitaux propres, alors que d’autres les comptabilisent dans d’autres rubriques du passif du bilan.

- Le traitement comptable des mises à disposition, à titre gratuit, de biens en nature au profit de l’association de microcrédit pour une durée limitée.

- Le traitement comptable à adopter pour les subventions affectées à des projets bien définis.

Opérations liées à l’activité de crédit :

Pour la comptabilisation de certaines opérations et événements liés à leurs activités de crédit, les associations de microcrédit ont recours non uniformément, à des approches comptables différentes. Ces approches peuvent être énumérées comme suit :

41

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

- Constatation des provisions pour dépréciation Les associations de microcrédit, pour celles qui ont une politique de provisionnement des créances douteuses, basent rarement ces politiques, sur une analyse des risques de pertes liées à leur portefeuille. En effet, quand certaines associations constatent des provisions sur les impayés, ou étendent les provisions sur l’encours du crédit restant dû, d’autres associations préfèrent constituer des réserves forfaitaires et statistiques pour faire face à d’éventuelles créances impayées.

- Comptabilisation des intérêts sur les créances impayées : La comptabilisation ou non des intérêts sur les créances impayées partage la communauté des responsables financiers des associations de microcrédit.

- Abandon des créances en souffrance : Cette matière suscite des approches différentes selon les associations de microcrédit. Il est à préciser que les indicateurs de la qualité du portefeuille sont impactés par les abandons de créances.

2. Système de suivi de l’activité de crédit : Outil de gestion et de contrôle, et source d’informations comptables et financières à fiabiliser

Il est une idée de plus en plus admise, dans les milieux du microcrédit, selon laquelle un bon système de suivi du portefeuille de crédit est crucial pour le succès de toute institution de microcrédit. Ce dernier constitue un outil de gestion et de maîtrise de l’activité, et une source d’information comptable et financière à fiabiliser. La maitrise et l’assimilation des dimensions de ce système seraient, à notre avis, d’une grande utilité pour l’ensemble des intervenants dans ce secteur (professionnels du microcrédit, experts comptables, auditeurs, …). Nous distinguons trois principales composantes du système de suivi des crédits : les procédures, le système informatique et les états de sortie constitués de rapports et d’indicateurs.

Les procédures :

Le système d’information de gestion de crédit est, tout d’abord, constitué des procédures qui régissent les différentes phases du cycle de vie d’un crédit depuis les premières

42

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

réunions de prospection jusqu’au remboursement total des prêts. Un bon système d’information nécessite des procédures adéquates. Ces dernières définissent les responsabilités en matière de collecte d’information, leur mode de saisie et la nature des informations de sortie (output) du système. La définition de procédures, dûment formalisées conditionne grandement la qualité et l’efficience du système d’information.

Le système informatique :

Entre autres avantages, une utilisation optimale de l’outil informatique, permet la réalisation d’un suivi fiable et exhaustif d’un nombre élevé d’opérations de crédits. L’informatique constitue, donc, une composante indispensable dans tout programme de microcrédit. Plusieurs associations de microcrédit continuent à utiliser des tableurs (Lotus ou Excel) pour suivre les comptes de leur clientèle et produire des rapports d’activité sur leurs portefeuilles. Certes, l’élaboration, la modification et la mise à jour des bases de données, au moyen de ces outils, sont faciles à mettre en place ; cependant, ils parviennent rapidement à leur limite, lorsque le portefeuille client à gérer gagne en taille. Les systèmes de suivi de crédits, basés sur des tableurs ne permettent pas d’absorber toutes les données de l’activité de l’association. Il en résulte que la consolidation des données des agences de distribution de crédit de l’association devient, plus complexe ce qui débouche dans plusieurs cas, à des doubles saisies.

Et c’est pour ce motif précis, que l’on préconise l’utilisation de bases de données informatisées, notamment pour les institutions ayant un volume d’activité important. Ces dernières permettent de stocker, d’exploiter les informations et de préparer des états, à partir d’un volume important de données, d’une façon très efficace et très sécurisée. L’accès à l’information devient alors plus aisé tout en prévoyant une efficacité des processus de contrôle et de prise de décision. L’évolutivité est également un critère de choix primordial pour un système d’information; en effet, un système d’information qui gère un volume moyen de crédits risque de s’effondrer sous l’effet d’une masse d’informations.

Notons toutefois, que les professionnels du microcrédit s’accordent à dire qu’il n’existe

43

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

pas, à l’heure actuelle, un système d’information de gestion idéal et standard recommandé pour le secteur du microcrédit. En conséquence, les associations de microcrédit qui disposent de moyens humains et financiers importants ont conçu des applications informatiques personnalisées qui ne sont pas forcément adaptées aux besoins des autres associations et ce, pour les raisons suivantes :

- La considération de méthodes et de paramètres parfois différents pour le traitement des

données du portefeuille (calcul des intérêts, calcul des pénalités de retards, périodicité

des échéances,

)

;

- L’adoption de niveaux différents, selon les organismes, de décentralisation des traitements des informations ;

- L’existence de préférences personnelles diverses des dirigeants des associations de microcrédit.

Les rapports et les indicateurs :

De tous les éléments constitutifs des systèmes d’information de gestion, les rapports en représentent les plus visibles. Les rapports se doivent d’être préparés et diffusés afin que les destinataires puissent mesurer les réalisations et prendre des décisions appropriées en connaissance de cause. Les rapports varient d’un utilisateur à un autre, en fonction de la taille et du volume des activités de chaque association de microcrédit.

44

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

Section 2 : Rôle et importance des dispositifs du contrôle interne et du contrôle de gestion dans la maîtrise des risques

A- Les éventuels risques survenant au sein des associations de microcrédits

Plusieurs spécificités des associations de microcrédit ont été mises en évidence, et ce, à travers diverses interventions dans ce même secteur.

- Décentralisation du crédit :

Généralement, les procédures gestationnelles de portefeuilles de microcrédit, portent sur des besoins d’efficacité et de coût ainsi que sur la simplicité et la décentralisation. L’obtention de crédits se fait dans la plupart des cas, à des niveaux hiérarchiques assez bas.

- Délais d’obtention des crédits :

La stratégie abordée lors de l’accord de crédit par les institutions de micro finance diffèrent de celles adoptées par les banques : Pour les institutions de micro finance, ce délai s’avère être court. L’activité du crédit devant être rentable, se verrait affectée par la présence de contrôles bancaires (coûts étant supérieurs aux gains). De même que la qualité de portefeuille se trouve amoindrie par ces mêmes facteurs. De ce fait, d’un point de vue client, la volonté de remboursement se voit aussi réduite. Du fait de la présence d’une procédure longue ainsi que lourde, c’est pour ces mêmes raisons que les associations de microcrédit œuvrent dans une optique de souplesse lors de l’étape d’analyse financière.

- Volontariat de gouvernance des associations :

Les institutions de microcrédit à caractère associatif abordent une structure de gouvernance qui ne porte guère sur la présence d’individus engageant des capitaux propres à risque. D’autant plus que la constitution du conseil d’administration ne peut comporter d’administrateurs avisés et expérimentés cas échéant, l’aspect altruiste risque de fausser leur

45

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

comportement vis-à-vis du système de contrôle détachant ainsi plus de fonctions vers la direction.

- La couverture territoriale des zones d’intervention :

Les zones couvertes par les associations de microcrédit se voient généralement très dispersées ; ce cas se présente souvent pour les grands organismes associatifs dont le périmètre d’activité s’avère être très vaste sur le plan national. C’est dans cette optique que ces institutions associatives mettent à la disposition de la clientèle une large distribution d’agences. Cependant, une évidence s’impose : Certaines zones des soucis d’accès aux systèmes bancaires par manque de communication suffisante ; Un fait qui implique des transferts de liquidités souvent très importantes.

- Empilement des fonctions déléguées :

Etant donnée l’importance des tâches attribuées aux agents de crédits, qui se départagent entre l’élaboration des groupes de clients, la gestion et la programmation des séances de sensibilisation, la prise de décisions concernant les crédits et, de facto, la collecte de remboursements ainsi que la saisie d’informations sur les systèmes d’informations.

Ces tâches, selon un optimum bien précis, devront être correctement déléguées. En réalité, la séparation des tâches se fait généralement de manière inadéquate vu le nombre d’employés dans les agences de distribution de crédit qui est globalement restreint et limité.

- Limitation des moyens d’encadrement :

Plusieurs facteurs riment à ce que le niveau des intervenants dans les organismes de crédit soit moyen, à savoir :

o

Les agents, qui généralement recrutés à partir de zones, où les agences sont implantées, ne disposant que de ce genre de profils.

o

Les faibles rémunérations qui sont offertes par les associations de microcrédit vont dans un sens impliquant des choix d’agents ayant de modestes profils.

46

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

-

L’élargissement de la portée de l’activité du microcrédit :

Il

s’avère normal que les associations de microcrédit subissent une évolution

importante lors de les premières années d’exercice. Dans un tel cas, sans une stratégie d’adaptation systématique bien conçue et adoptée par ces associations, cette évolution peut se retrouver complètement estompée. Le système de contrôle interne représente une éventualité à ne pas négliger pour la bonne continuité financière de ces associations.

B- Microcrédits : Activités menacée par des écueils :

- Les fraudes :

A première vue, il peut venir à n’import quel esprit nouvellement inséré dans le

secteur de microcrédit, qu’il est immunisé contre toutes tentatives de fraude. Le fait d’adopter une stratégie simple pour l’octroi de crédits constitue en lui seul une brèche facile à manœuvrer par toute fraude possible. Un tel cas se présente souvent lors des premières années d’exercice de ladite institution financière.

o Prêts fictifs : parmi les cas qui peuvent se présenter surgit celui dans lequel l’agent, en collaborant avec un complice lui servant de couverture, délivre des crédits non conformes. De ce fait, la dissimulation de ces fraudes se fait à travers l’affectation d’autres remboursements à ceux corrompus réglant ainsi les prêts fictifs préalablement entamés ;

Même si la détection parait longue, il arrive parfois à un certain moment que l’agent n’arrive plus à gérer les différents remboursements le menant ainsi à sa découverte. Ce retard de détection survient du fait que l’unique responsable de ces opérations frauduleuses étant l’agent qui, opère dans une absence quais complète de procédures de contrôle. Ce type de cas se présente notamment

47

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

lors de la non exigence de recouvrement de la part des associations de micro finance.

o

Détournement d’encaissements : L’une des autres manipulations possibles pouvant se présenter est l’encaissement des remboursements pour son propre compte.

Pour pallier à ce genre de manipulations, une procédure peut s’avérer d’une importante utilité et qui consiste en des audits et des visites « objectifs » vis-à-vis des clients douteux. Un tel contrôle pourra en effet freiner ces actes illicites et ainsi mettre en évidence toute dérive dans la méthodologie adoptée dans l’association. Constatation faite, des mesures préventives de fraude, instaurées à un niveau opérationnel seraient plus efficaces que celles ultérieurement émises.

o

Profit d’une partie de clientèle pour son propre compte

D’autres fraudes qui peuvent se présenter sont parfois difficiles à détecter. Des fraudes comme par exemple l’accord de crédits pour des clients de l’association et ce pour le compte du même agent ayant enregistré la transaction A travers une orientation des agents vers un esprit de déontologie et d’atteinte d’objectifs, cela peut être surmonté.

Ces fais relatés, il parait évident que l’implémentation d’une stratégie de contrôle interne bien conçue aidera les institutions de microcrédit à bien atteindre leur s objectifs.

48

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i

l

d e

D u

T r a n s p a r e n c e

S e c t e u r

Mémoire de Fin d’études

n s p a r e n c e S e c t e u r

C- C- Stratégie d’audit et de contrôle interne : définition des objectifs et des moyens :

Objectifs

Outre la gestion et le contrôle des manipulations frauduleuses, un système d’audit interne servira aussi à contrôler, entre autres, la tenue de la comptabilité à travers les différents états de synthèses imposés par la loi.

Ainsi, les principaux objectifs de ce contrôle seront :

1-

Administration et garantie des actifs de l’institution.

2-

Contrôle de la tenue de comptabilité et des états de synthèses.

3-

Opter pour la persévérance et l’amélioration et prévention contre les fraudes et les erreurs.

4- Contrôler la conformité de l’organisation, des méthodes adoptées, des procédures internes aux modes de fonctionnement professionnels et déontologique

5- Instauration des règles de surveillance des risques.

Etablissement d’une « piste d’audit » qui mène à :

1- Une trace chronologique des opérations comptables effectuées à travers des pièces justificatives.

2- Un « backtracking » à partir des pièces justificatives jusqu’aux états de synthèse et inversement.

49

s q u e

i

r

d u

g e s t i o n

u r e

M a r o c

l e

l

i

m e

u n e

a u

p o u r

M i c r o c r é d i t

n f o r m a t i o n

i