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Alioune GUEYE L’innovation est sans doute la clé de succès des années qui se profilent

Alioune GUEYE

L’innovation est sans doute la clé de succès des années qui se profilent devant nous.

"Entreprenez, à l’indignation préférez l’action" *

L’indignation, très à la mode en période de crise, est fort utile quand elle va jusqu’au bout de la démarche et qu’elle donne lieu à des sursauts d’intelligence. Mais, lors - que l’on se contente de dénoncer et que l’on fait systématiquement porter la res - ponsabilité à autrui en s’exonérant de ses devoirs, alors, cette indignation n’est plus créative. Et si elle est instrumentalisée, elle peut mener au chaos. Cela vaut pour la jeunesse, les syndicats, les patrons tout comme pour les citoyens.

Le Professeur Souleymane Bachir DIAGNE, un des plus grands penseurs de ce siècle, dans l’entretien qu’il nous accordé, nous enseigne qu’il nous faut aujourd’hui sortir

des sentiers battus, en empruntant le chemin de l’imprévisibilité et de l’originalité. On nous demande aujourd’hui d’inventer l’avenir davantage que de reproduire des réflexes du passé. Pour y parvenir, il faudra développer des habiletés qui aident

à réfléchir en dehors du «cadre» conventionnel, comme diraient les anglo saxons

«Think outside the box». C’est aujourd’hui ce que la philosophie, en tant que systè - me de pensée, peut apporter au monde africain des affaires: les outils pour donner sens à des concepts mal définis et mal perçus: les marchés, la crise, les entreprises, les patrons, les riches…

D’ailleurs, l’indignation à la mode aujourd’hui relève principalement de ce que l’on ne sait pas lire les signes sous tendant les concepts évoqués plus haut. Cette incompréhension est aggravée par l’accélération du changement, plus que par le changement lui-même. Dès lors, il nait un sentiment d’absurdité qui rend ces bou -

leversements irrationnels. Face à cette situation, trois voies sont possibles : l’indi - gnation, la résignation ou la soumission. A ces trois, l’indignation positive couplée

à une démarche systémique dans la résolution des problèmes est sans conteste la meilleure voie pour reprendre l’initiative et s’approprier l’avenir.

En échangeant avec Gervais KOFFI DJONDO, Président Honoraire du Groupe Ecobank et Président d’Asky Airlines, il y a quelques jours, il rappelait dans quel contexte il avait initié avec son associé M. LAWSON la formidable épopée qui a donné lieu à la plus belle aventure bancaire du continent africain, «Ecobank». Il rappelle que maintes fois, il a été saisi de découragement dans la recherche de partenaires techniques pour l’as- sister à mettre sur pied une banque véritablement africaine. En retour il n’a reçu que refus poli ou condescendance à peine feinte «comme si nous n’étions pas capable de créer et de gérer en Afrique une banque performante». Le salut vient finalement de la Citybank qui accéda rapidement à cette demande et accompagna l’équipe dirigeante d’Ecobank pour aboutir à ce qu’elle est aujourd’hui.

Nous consacrons justement, le business case de ce numéro à Ecobank pas pour par- ler finance, mais pour démontrer d’une part, qu’à force d’obstination on peut créer et développer en Afrique -avec du capital humain africain compétent et déterminé- un champion dans un secteur aussi compétitif que la banque; mais d’autre part, de mettre en exergue ce que Ecobank apporte au Management. Car, elle qui compte près de 1800 agences à travers le monde, est aussi un modèle d’intégration où on retrouve au moins 29 nationalités africaines qui donnent corps à un management africain dénué de tout complexe. Ce Management, loin du «prêt à penser» importé d’ailleurs, s’appuie sur les valeurs ancestrales pour affronter la complexité de notre environnement et innover à travers des produits adaptés aux attentes de nos popu - lations. Un bel exemple à méditer.

*Titre du dernier ouvrage de Philippe HAYA, Edition Archipel

La Magazine de l’Afrique en mouvement Directeur de la publication Alioune Gueye agueye@africanbusinessjournal.info
La Magazine de l’Afrique en mouvement Directeur de la publication Alioune Gueye agueye@africanbusinessjournal.info

La Magazine de l’Afrique en mouvement

Directeur de la publication Alioune Gueye agueye@africanbusinessjournal.info

Rédacteur en chef Mohamadou Sy msy@africanbusinessjournal.info

Secrétaire de la rédaction Fatimata Thiam

Rédaction centrale (Maroc) Octave Doussou, Abdou Diaw, Marlène Marina, Mohamadou Sy

Correspondants Ibrahima Diop (Sénégal), Valérie Haida (Cameroun), Sylvio Combey (Togo), Boureima Balima (Niger), Sidiki Dembélé (Mali), Bachir Sylla (Guinée), Fortuné Sossa (Bénin), Batoumaï Hortence (Tchad)

Correcteur

Van Manchette

Ont contribué à ce numéro Khalid Limamy, Mustapha Machrafi, Thierry Téné

Maquette Insolite Communication contact@insolite-communication.com +212 665 24 05 48

Editeur Afrique Challenge 11, Cité Air France, Ouest Foire , Dakar Tél: +221 33 820 74 44 Fax: +221 33 820 74 46 abj@lafriquequiose.com

Abonnement & Publicité M. Diop +212 522 36 04 18/20 contact@africanbusinessjournal.info mdiop@africanbusinessjournal.info

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ISSN : 2230-1933

Impression OKAD - Maroc

Copyright © ABJ - La reproduction, même partielle, des articles et illustrations de ABJ est strictement interdite, sauf avec l’accord de l'éditeur.

Ce numéro a été tiré à 5 000 exemplaires.

PUBLICATION TRIMESTRIELLE

N°04 |

Octobre 2012

exemplaires. PUBLICATION TRIMESTRIELLE N°04 | Octobre 2012 En CoUvErtUrE > page 28 SoULEYMAnE BAChir DiAGnE :

En CoUvErtUrE

> page 28

SoULEYMAnE BAChir DiAGnE :

"L’oriGinALité rEpoSE SUr L’iMpréviSiBiLité"

Dans le cadre de cet entretien avec le professeur Souleymane Bachir Diagne, le philosophe nous offre sa lecture de l’état des lieux de la démocratie sur le continent, décrypte le retour en force des Sciences sociales et des Humanités dans le monde des Affaires, de la Finance et de l’Economie de manière générale, avant d’inviter les décideurs, les dirigeants et les élites africains, à accorder une place de choix à la réflexion stratégique et prospective dans leurs actions, pour saisir les opportunités qui se présentent au continent dans ce contexte de re- nouveau géostratégique.

> Sur le fil

04 > GIM-UEMOA : Après les institutions, cap sur les particuliers

> Sciences et Technologies, leviers du modèle d’émergence de la Chine

> Entreprises cotées à la BRVM : Obligation de notation à partir de 2013

05

> Etude : Quelle(s) classe(s) moyenne(s) en Afrique?

08

> Kenya : MAN va construire la 1 ère centrale électrique diesel en Afrique

09

> Togo : Coup de pouce de la BAD au transport routier

10

> Outsourcing Innovation Technologique : un marché estimé à 246,6

milliards de dollars en 2011

> CEMAC : Pierre Moussa et Rosario Mbasogo Kung Nguidang officiellement installés

> Fusion-acquisition : Toyota rachète CFAO

11 > Téléphones mobiles : les nouveaux outils de développement

> Conjoncture

: les nouveaux outils de développement > Conjoncture 12 > BCEAO : Tendances haussières de l'inflation
: les nouveaux outils de développement > Conjoncture 12 > BCEAO : Tendances haussières de l'inflation

12 > BCEAO : Tendances haussières de l'inflation

13

> CEMAC : Les budgets seront axés sur les résultats

14

> La Chine s’interroge sur son futur

16

> Quatre consortia en compétition pour le deuxième terminal à conte-

neurs d’Abidjan

17 > Maroc: L'AMDI lance un site en Chinois

18 > Barrage hydroélectrique de Memve’ele: coût du projet de 420 milliards

de f cfa pour une durée de 54 mois

19 > ASEAN : 9e puissance économique mondiale

2 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

> perspectives

20 > initiative Agaciro-Dignité : le

Rwanda veut s’affranchir de l’aide étrangère

21 > Initiative Afrique Horizon 2060 :

l’Afrique reprend son destin en main

23 > Bourses Africaines : des coûts de

transaction encore élevés

> Air CEMAC : Décollage prévu en janvier 2013

24 > Emplois : L’Afrique peut en créer

72 millions d’ici à 2020

> Après les BRICS, place au NEXT 11

25 > Dr. Paul Kananura : Pour une sécu -

rité collective en Afrique

> Focus

: Pour une sécu - rité collective en Afrique > Focus 34 > Capital-investissement en Afrique:

34 > Capital-investissement en Afrique:

Afrique de l’Ouest et Centrale, la nou - velle frontière

33 > Samir Belrhandoria : Capital-in -

vestissement en Afrique

36 > Activités du Capital-Investisse -

ment : l’Afrique Subsaharienne, de plus en plus attractive

37 > Rendement des fonds du Capital-

Investissement : des performances au dessus de l’indice de référence

38 > Les fonds du Capital-investisse -

ment : les défis de la transparence et de la traçabilité

40 > Hedge Funds : Vous avez dit fonds

de couverture ?

42 >Ciblage des fonds sur l’Afrique

> Bloc-notes

44 > Afrique 2020-Asie 2050 : une

question d’horizon.

> Investissement-Innovation et Emploi des Jeunes-

> Business case

46 > Ecobank : ce que l'Afrique apporte

au management

48 > Ecobank : les débuts du commen -

cement…

50 > Responsabilité Sociale d’Entre -

prise : Adoption des «principes de l’Equateur»

51 > Arnold Ekpe, l’empreinte d’un

pionner

53 > Thierry Tanoh : la fibre Petite et

Moyenne entreprise

54 > Gouvernance d'entreprise : aux

meilleures pratiques internationales

55 >Analyse : Ecobank, la marque

indélébile de talents africains

> Avis d’expert

56 > Le management au féminin:

mythe ou réalité?

57 > Le Toyota Way

58 > Savoirs, la révolution des connais-

sances

59 > Besoins en Fonds de roulement

et cycle d’exploitation de l’entreprise

> Cahiers du manager

d’exploitation de l’entreprise > Cahiers du manager 60 > MTHP : Des outils à la pression

60 > MTHP : Des outils à la pression du

«toujours plus de performance»

66 > Forum Inter-Africain des Diri -

geants d'Entreprise : Transformer la

vision politique de l’émergence en développement économique: quelles

stratégies, quels leviers, quels acteurs?

69 > Plus efficace sans travailler plus

70 > Manager d'un projet (série 4):

Manager l'équipe projet

> Success Story

74 > Atul Shah, Directeur Général Hol -

ding Nakumatt : "Vous en avez besoin, nous l'avons!"

> Social

en avez besoin, nous l'avons!" > Social 76 > Esther Madudu, Sage-femme ougandaise, candidate au

76 > Esther Madudu, Sage-femme

ougandaise, candidate au Prix Nobel

de la Paix 2015 : "Je me bats contre la mortalité maternelle et infantile"

80 > Mahamadi Savadogo : Le «Gui -

de» du Business au Burkina Faso

> Santé & Entreprise

82 > Votre téléphone portable, nou-

veau médecin de poche? Les applica-

tions orientées «santé et bien être»

85 > Téléphones portables : Fonctions

vitales

86 > Olivier Torrès : "Il y a plus de

statistiques sur la santé des baleines

bleues que sur celle des entrepre -

neurs."

87 > De la santé des dirigeants de

TPE et de PME : stress, surmenage, solitude, incertitude…

> Formation

88 > Vous et votre entreprise : Les six

erreurs à ne pas commettre sur les réseaux sociaux

90 > Le modèle éducatif de la Finlande:

construire l’estime de soi

> innovations

92 > Elikia, le premier smartphone

africain

93 > Le nouveau iPhone 5 d’Apple :

mode d’emploi

94 > Technologie 4G : 1 milliard de

connexions dès 2017

95 > Réalité augmentée : Google va

commercialiser des lunettes intelli - gentes

> Dix dollars pour acquérir le dotAfrica à partir de 2013

96 > 2012 l’année des tablettes

97 >Samsung: l'appareil photo connecté

> Grille de lecture

98 > Le modèle P.D.G : Le management

africain en question

> Eco-Environnement

: Le management africain en question > Eco-Environnement 102 > La RSE en Afrique : La

102 > La RSE en Afrique : La nécessité

d’aller vers un cadre politique

104 >> Internet: l’impact du courriel

>Industries extractives : Désormais,

tout ce qui sera payé devra être déclaré!

>Eole Water : transformer l'air en eau >Technologies vertes : Un marché de

630 milliards de dollars US en 2010

105 > WC: Bill Gates veut démocrati -

ser l’hygiène

106 > Eaux usées urbaines: L’émer-

gence d’une nouvelle ressource

> Livre du trimestre

108 > Mémoires pour l’espoir de Sogué

Diarisso

> Epsilone

110 > Politique monétaire et Déve-

loppement : Peut-on émerger avec ce Franc Cfa?

SUR LE FIL > GIM-UEMOA Après les institutions, cap sur les particuliers La modernisation des

SUR LE FIL

> GIM-UEMOA Après les institutions, cap sur les particuliers

La modernisation des systèmes et des moyens de paiement amorcée depuis 1999 par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) conti- nue son évolution. Elle est devenue une réalité dans l’espace communautaire de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Pour renforcer les acquis en matière d’intégration écono- mique, l’institution sous-régionale s’était engagée depuis 2003, à la mise en place d’un système interbancaire de paiement et de retrait par carte au sein de l’Union. Ce système dénommé GIM-UEMOA per- met à ses utilisateurs d’avoir un moyen de paiement électronique et de pouvoir effectuer des transactions de retrait et de paiement indépendamment de leurs banques. «La création du système ré- pond à un objectif principal de mutuali- sation des moyens, des investissements et des coûts induits par la monétique», explique Falilou Dramé, Directeur de l’Agence principale de la BCEAO à Da- kar. Le projet connaît une adhésion de plus en plus massive des institutions fi- nancières, en raison de son importance

Sciences et Technologies, leviers du modèle d’émergence de la Chine

Les réformes économiques de la Chine ont commencé à la fin des années 70 sous Deng Xiaoping. Elles étaient axées sur l'ouverture de la Chine vers le monde extérieur, grâce au développement de la Science et de la Technolo- gie. En 1986, la Chine avait lancé le programme "863" centré sur 7 domaines clés: la biotechnologie, les technologies de l'information, la technologie spatiale, la technologie laser, l'automation, la technologie de l'énergie, la technologie avancée de matériaux. Le programme "863" était également chargé de surveiller les nouvelles technologies étrangères avec un large in- térêt dans la commercialisation de technologies de pointe et son utilisation pour l'éducation et au sein de la population active.

économique et sociale. Aujourd’hui, dans l’espace économique, on dénombre plus de cent établissements de crédit qui sont connectés au réseau GIM-UEMOA. À ce chiffre, s’ajoutent des initiatives d’émis- sion de monnaie électronique et d’offres de services de paiement par téléphone portable. Afin d’inciter les populations à s’approprier cet outil de paiement, la BCEAO a donné des gages de sécurité, de fiabilité et d’efficacité. «La mission due est d’assurer la définition et le suivi de la réglementation, la définition des normes techniques de l’interbancarité, la gestion opérationnelle, l’élaboration de la tarifi-

cation, les relations avec les émetteurs internationaux, la promotion du système monétique interbancaire», assure Blaise Ahouantchedé, Directeur Général du GIM-UEMOA. Amorcé depuis 2003, le système interbancaire de paiement et de retrait par carte au sein de l’UEMOA dénommé GIM-UEMOA, s’est beaucoup amélioré. Il a permis une plus grande in- ter-bancarité entre institutions financiè- res. Reste à gagner l’adhésion massive des particuliers. Les personnes non ban- carisées dans l’espace communautaire sont estimées à 90% de la population globale. Ibrahima DIOP, Sénégal

ENtrEprisEs cOtéEs à la BrVM ObligatiOn de nOtatiOn à partir de 2013

La notation financière est le processus par lequel, une agence de notation établit la qualité de crédit de «l’emprunteur». La notation financière évalue la capacité de l’emprunteur à faire face à ses obligations à court, moyen et long termes.

La notation financière sera obligatoire pour toutes les sociétés cotées à la bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) à partir de Janvier 2013. Le Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers avait décidé depuis 2009, d’intro- duire la notation obligatoire sur le marché financier pour un certain nombre d’acteurs. La note d’investissement BBB (triple B) signifie que le risque est modéré tandis que le triple A (AAA) signifie que le risque (défaut de paiement) est extrêmement faible. Il sera exempté de garantie. Cependant, si la note est BB-, cela veut dire que le risque est assez élevé, là où la note D est synonyme de défaut de paiement avéré et nécessite une garantie équivalente du niveau du risque. Les sociétés cotées à la BRVM sont regroupées en 3 catégories selon leurs capitalisations. La classe A regroupe les sociétés dont la capitalisation est supérieure à 100 milliards de FCFA. La classe B regroupe les socié- tés dont la capitalisation est comprise entre 10 et 100 milliards de FCFA et la Classe C regroupe les sociétés dont la capitalisa- tion est inférieure ou égale à 10 milliards de FCFA.

4 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

SUR LE FIL

SNI cède BIMO à KRAFT FOODS • Signature d’un contrat de cession de la participation
SNI cède BIMO à KRAFT FOODS
• Signature d’un contrat de cession de la participation de SNI dans BIMO au groupe Kraft Foods,
ce dernier devenant l’actionnaire exclusif de BIMO.
• Nouvelle phase dans le renforcement et le développement de BIMO sur ses marchés avec
son intégration au sein du groupe mondial Kraft Foods, partenaire historique de la société.
• Troisième opération de réduction de périmètre de SNI dans le cadre de son évolution vers une
vocation de holding d’investissement annoncée en mars 2010.
Acquisition du contrôle exclusif de BIMO
par Kraft Foods
Suite à l’acquisition de la participation de 50% de SNI dans BIMO,
Kraft Foods devient l’actionnaire exclusif à 100% de la société.
Cette opération s’inscrit dans le cadre de la stratégie de Kraft
Foods visant des positions fortes dans les pays à forte croissance.
Elle permet aussi à Kraft Foods de renforcer et élargir sa gamme
de produits au Maroc où il est déjà présent à travers les produits
de sa filiale Kraft Foods Maroc.
suite à l’acquisition de l’activité mondiale Biscuits de Danone, est
devenu un acteur majeur du segment biscuits dans le monde et
constitue, du fait de ses compétences et son savoir-faire biscuitier,
un partenaire industriel de premier choix pour BIMO.
Troisième opération de réduction de périmètre
de SNI dans le cadre de sa transformation
Modalités de l’opération
Cession de la participation de SNI dans BIMO sur la base d’une
valeur fonds propres de 100% de la société de 2,62 milliards
de dirhams, valorisant la participation de SNI à 1,31 milliards
de dirhams.
La réalisation de l’opération est soumise à l’obtention des auto-
risations réglementaires applicables.
Cette opération s’inscrit dans le cadre de la réorganisation de
SNI-ONA annoncée en mars 2010, se traduisant par l’évolution
de la vocation de groupe multi-métiers contrôlant l’opérationnel
vers celle de holding de portefeuille et d’investissement. La mise en
œuvre de cette évolution prévoit notamment la cession du contrôle
des participations ayant atteint un stade de développement
pérenne.
Cette transaction est la troisième réduction de périmètre de
SNI après la cession du contrôle de Lesieur Cristal annoncée
en juillet 2011 et celle du contrôle de Centrale Laitière annoncée en
juillet 2012. Après cette opération, SNI continuera son programme
de transformation tel qu’annoncé en mars 2010.
Nouvelle étape du développement de BIMO
Cette transaction ouvre une nouvelle phase dans le renforcement
du leadership et le développement de BIMO. En effet, Kraft Foods,
* Valorisation sur la base de la trésorerie nette de la société au 31 décembre 2011
(cette valeur des fonds propres sera ajustée à la date de réalisation de la transaction
afi n de tenir compte de la trésorerie nette et du besoin en fonds de roulement de la
société à cette date).
A
propos de SNI
SNI est un holding de portefeuille investissant sur le long terme dans des entreprises leaders et des projets structurants pour l’économie marocaine.
Incubateur et développeur d’entreprises, SNI a annoncé dans le cadre de son projet de réorganisation qu’il procédera à une réduction progressive de son périmètre
à travers la cession, notamment sur le marché boursier, du contrôle de ses filiales opérationnelles ayant atteint leur vitesse de croisière.
A
propos de Kraft Foods
Kraft Foods est l’un des leaders mondiaux du snacking. Sa mission est d’apporter plaisir, santé et nutrition à travers ses produits.
Le groupe, dont les produits sont présents dans près de 170 pays, compte environ 126 000 collaborateurs. En 2011, Kraft Foods a enregistré un chiffre d’affaires de
54 milliards de dollars dont près de 30% dans les pays émergents. Le groupe jouit de positions leaders sur ses marchés. En août 2011, Kraft Foods a annoncé son intention
de scinder ses activités et de créer deux sociétés anonymes indépendantes : une société mondiale proposant des produits de snacking et une société leader en Amérique
du Nord proposant des produits d’épicerie.
Coté sur le NASDAQ, Kraft Foods est également classé dans les principaux indices de responsabilité sociale : Dow Jones Sustainability Index et Ethibel Sustainability Index.
A
propos de BIMO
BIMO est une entreprise leader du segment de la biscuiterie au Maroc à travers un portefeuille de marques fortes dont Merendina, Tonik, Tagger, Tango et Golden.
Sa mission est d’apporter quotidiennement la nutrition et le bien-être au plus grand nombre
La société, dont les produits sont présents sur tout le territoire marocain, compte 2 sites de production et environ 1 400 collaborateurs. BIMO a réalisé un chiffre d’affaires
de 831 Mdh en 2011.
Contact
SNI : Karim CHBANI • Tél. : +212 6 33 29 90 83 • email : contact@sni.ma
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04 | 5

ACTUALITÉsUr lE fIl EtudE Quelle(s) classe(s) mOyenne(s) en afriQue? La notion de classe moyenne en

sUr lE fIlACTUALITÉ EtudE Quelle(s) classe(s) mOyenne(s) en afriQue? La notion de classe moyenne en Afrique subsaharienne est

EtudE

Quelle(s) classe(s) mOyenne(s) en afriQue?

La notion de classe moyenne en Afrique subsaharienne est difficile à saisir. Son contenu, ses critères d’identification et ses usages ne cessent de fluctuer. La notion est d’autant plus fra- gile qu’en Afrique subsaharienne, l’importance du secteur informel, le cumul systématique des activités, la multitude d’activités inconnues au Nord et le poids de la pauvreté font que l’on va vers la constitution de nouvelles formations sociales, renseigne une étude de la revue Proparco sur le sujet.

Parmi les difficultés à cerner le su- jet, se retrouvent les populations en cours d’ «enrichissement», mais aussi l’ensemble des individus (et non pas une catégorie particulière) qui émergent de la précarité (c’est- à-dire qui satisfont de manière struc- turelle, aux dépenses contraintes et disposent d’un revenu arbitrable minimal), sans être pour autant à l’abri d’un déclassement rapide. La notion Chinoise de «petite prospé- rité» (xiaokang) couplée à ces deux critères, fournit l’intuition la plus pertinente de ce dernier ensemble, en lui conférant une homogénéité. Elle met en évidence, à partir des positions occupées sur les marchés du travail et de la consommation, les processus de formation sociale et les évolutions économiques en cours en Afrique subsaharienne. L’identification et l’interprétation de ces processus d’émergence de nou- velles formations sociales remettent en question les catégories classiques d’interprétation (secteurs formel et informel ; secteurs public et privé ; pauvreté et activité…). Ce faisant, el- les deviennent un enjeu déterminant pour l’analyse du développement en Afrique et appellent à la réalisation d’enquêtes systématiques.

«Xiaokan», la petite prospérité en Chinois Cette étude s’intéresse au dévelop- pement de nouvelles formations so- ciales en Afrique subsaharienne. Elle confronte en particulier des situa- tions sociales de «petite prospérité», pour reprendre l’expression Chinoise (xiaokang), ou de sorties de la vul- nérabilité toujours menacées par un risque de déclassement, au concept de classe moyenne. Elle évalue la pertinence des corrélations qui sont attachées systématiquement à ce concept, tant en termes de dévelop- pement économique que de régula-

tions politiques et institutionnelles, voire de démocratie. Le document vise à tester une notion dont l’usage en sciences sociales est aussi contro- versé que délicat, en raison de son ca- ractère polysémique. L’entreprise est d’autant plus difficile qu’elle s’exerce sur un espace social (l’Afrique subsa- harienne) où sa pertinence ne sem- ble pas a priori aller de soi, tellement les processus de développement et les modalités de régulation sociale et économique prennent des formes di- verses et propres dans la plupart des espaces. La notion de classe moyenne en

dans la plupart des espaces. La notion de classe moyenne en 6 | AFRIcAn busIness jouRnAl

6 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

SUR LE FIL

Afrique a suscité peu de recherches, notamment en sociologie et en éco- nomie, comme si l’idée même de classe perdait de son intérêt sur le continent Africain. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce faible intérêt:

d’une part, la faiblesse d’une bour- geoisie et d’un prolétariat national, le développement limité du mode de production capitaliste et indus- triel, et un marché formel du travail résiduel; d’autre part, la concurrence d’autres formes de solidarité et de stratification sociales, fondées sur des variables identitaires ethniques, claniques ou familiales, ou des for- mes clientélistes et néo-patrimonia- les de construction des relations de pouvoir.

Ajustement structurel et mondialisation: les 3 grands types d’effets La mondialisation et les politiques économiques menées depuis les an- nées 1990 ont produit trois grands ty- pes d’effets:

- D’abord, depuis le début des années 2000, l’Afrique subsaharienne connaît une prospérité nouvelle, avec des taux de croissance annuels importants (3 à 6,5 %) et des flux financiers qui se manifestent par la visibilité croissante de zones de prospérité concentrées dans les grandes villes du continent et de groupes sociaux aisés. Le projet «classe moyenne» est en partie fondé sur cette visibilité accrue, qui semble témoigner de l’enrichissement d’une partie de la population (marquée par de très fortes inégalités de revenus) et de l’avènement de nouveaux modes de vie et de consommation ainsi que de nouvelles aspirations politiques et économiques. -Ensuite, en réaction à l’afropessi- misme, plusieurs auteurs ont popula- risé l’idée de l’émergence d’un marché Africain solvable constitué non plus

d’un marché Africain solvable constitué non plus ACTUALITÉ par une micro élite captant l’essentiel des

ACTUALITÉ

marché Africain solvable constitué non plus ACTUALITÉ par une micro élite captant l’essentiel des ressources,

par une micro élite captant l’essentiel des ressources, mais par un bloc éten- du de catégories sociales accédant à la prospérité (marchands, fonctionnai- res à nouveau payés convenablement, entrepreneurs…), formé de 150 à 300 millions de personnes, constituant ce que Mahajan (2008) appelle «Afri- ca2s», pour les distinguer des riches (50 à 100 millions de personnes) et des pauvres. Le débat sur le «bottom pyramid» et le potentiel économique existant parmi les populations du bas de l’échelle de revenus, témoignent de la même manière de cette nouvelle façon de percevoir la pauvreté, non plus comme un facteur bloquant, mais comme une opportunité, un potentiel de développement (Prahalad 2008). - Enfin, la catégorie «classe moyen- ne», comme toute autre forme de construction de catégories, est le ré- sultat du positionnement des «sujets» de la catégorie qui cherchent à optimi- ser leurs ressources grâce à des jeux de pouvoir. Autour de cette notion, gravitent trois types de stratégies cu- mulatives:

1 - Celui d’acteurs aux intérêts diver- gents qui constatent que leur associa- tion leur permet d’échapper aux pres-

sions de groupes plus pauvres qui les envient et cherchent à profiter de leurs ressources (remise en cause de l’ordre, remise en cause du fonctionnement économique dont les classes moyen- nes bénéficient), ou des plus riches qui tentent de limiter leur expansion et de maintenir leur domination. 2- Celui d’acteurs dirigeants qui cher- chent à élargir leurs soutiens en se ral- liant de nouveaux clients et à trouver de nouveaux espaces de légitimation fondés sur l’enrichissement, permet- tant ainsi de compenser des échecs politiques ; 3 - Celui de groupes dirigeants, des «riches» qui tentent de s’approprier ce nom de classe moyenne, beaucoup plus légitime, au plan national et inter- national, parce qu’affectée de valeurs positives tant en termes de progrès économique que de soutien à la dé- mocratisation. Les exemples Sud- Africains des «black diamonds» ou des élites urbaines Ghanéennes sont ici particulièrement édifiants.

Source: Dominique Darbon, Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux & Comi Toulabor, Directeur de Recherches, LAM, Bordeaux / (Revue Proparco, docu- ment de travail N°118, Décembre 2011)

SUR LE FIL ACTUALITÉ une capacité totale KEnYA man va cOnstruire la 1 è r

SUR LE FIL

ACTUALITÉ

une capacité totale
une capacité totale

KEnYA

man va cOnstruire la 1 ère centrale électriQue diesel en afriQue

La division de moteurs et de turbomachines du groupe Allemand, MAN va construire une centrale électrique fonctionnant au diesel au Kenya; son premier contrat de ce type en Afrique. La centrale, qui

sera située à Thika City, non loin de la capitale Nairobi, sera la pre- mière en Afrique à fonctionner avec un système de cycle combiné

diesel et vapeur développé par MAN, et aura

de production d'électricité de près de 95 mégawatts, annonce les ingénieurs de MAN. Sa mise en service est prévue en mars 2013. Le groupe allemand, davantage connu pour ses camions, estime que ce projet va lui ouvrir des portes dans la région.

nEWS

que ce projet va lui ouvrir des portes dans la région. nEWS Méditerranée: Trois C pour

Méditerranée:

Trois C pour définir les changements politiques

Les changements politi- ques en Méditerranée se produisent aujourd’hui se- lon trois axes différents que Pol Morillas,Coordinateur du département Politiques Euromed de l’IEMed, désigne comme les 3 C: Consolidation, Collision et Continuité. On a en effet d’une part, la consolidation de la démocratie en Tunisie, au Maroc et, comme semblent l’annoncer les récentes élections, en Lybie. Il y a, d’autre part, collision en Égypte et en Syrie entre les forces de démocratisation et les acteurs des anciens régimes. Et enfin, une continuité des systèmes existants avant le prin- temps arabe, dans le cas de l’Algérie et des pays du Golfe persique.

8 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

8 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04 AttijariWafabank et Emerging Capital Partners: Vers

AttijariWafabank

et Emerging

Capital Partners:

Vers la création d’un fonds d’investissement

Un nouveau fonds, Mid-Cap Afrique, de 120 millions d’euros et couvrant un secteur généraliste est en phase de création, sponsorisé par Attijari Wafabank (AWB) et Emerging Capi- tal Partners (ECP). Sa zone d’investissement devrait être le Maroc, la Tunisie, l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ses initiateurs envisagent comme type d’investissement, le Capital transmission ou développe- ment de PME de taille moyenne. La durée du fonds est projetée sur 10 ans dont 5 de période d’investissement (4 +1 an prorogeable). Le TRI (taux de rendement interne) est ciblé entre 20 à 25%.

SUR LE FIL toGo| cOup de pOuce de la bad au transpOrt rOutier Cinquante six

SUR LE FIL

toGo| cOup de pOuce de la bad au transpOrt rOutier

Cinquante six milliards de FCFA ont été accordés au Gouverne- ment du Togo en juillet 2012 par la Banque Africaine de Développement (BAD) pour le financement du projet de ré- habilitation des routes sur le corridor Lomé-Cinkassé-Oua- gadougou (100 km entre Atak- pamé et Blitta).

L’aide va également permettre de financer les études de la ligne de chemin de fer Lomé-Blitta et la construction d'un port sec dans la même ville.

Il s’agit de 3 accords, dont deux dons, qui proviennent du Fonds Africain de développement en faveur des Etats fragiles. «Ces accords marquent la volonté de la BAD d’accompagner le Togo dans ses efforts de réhabilitation et de construction des infrastruc - tures routières et de transport en vue de promouvoir sa croissance économique», a indiqué Serge

de promouvoir sa croissance économique», a indiqué Serge N’Guessan, le représentant de la BAD au Togo.

N’Guessan, le représentant de la BAD au Togo. Ce projet, dont les travaux devraient débuter à la fin de l’année 2012, va contribuer à renforcer et à fluidifier le trans- port routier, principal moyen uti- lisé dans la région pour les échan- ges commerciaux.

La convention a été signée par le ministre de l’Economie et des Finances, Adji Otéth Ayassor (photo), et Serge Nguesssan, en présence du ministre des Trans - ports, Dammipi Noupokou et de celui des Travaux publics, Ninsao Gnofam.

et de celui des Travaux publics, Ninsao Gnofam.  Echanges la Chine devient le premier partenaire

Echanges la Chine devient le premier partenaire commercial de l’Afrique

Les échanges commer- ciaux entre la Chine et le continent africain ont atteint l'an dernier, 166,3 milliards de dollars (135,4 milliards d'euros), en hausse de 83 % par rapport à 2009, d'après le ministère Chinois du commerce qui renseigne que la Chine est de- venue le premier partenaire commercial de l'Afrique. Les investisse- ments directs Chinois en Afrique ont également progressé de 60 % de- puis 2009 pour atteindre 14,7 milliards de dollars (12 milliards d'euros) à la fin 2011, selon la même source, qui a précisé que plus de 2 000 sociétés Chinoises avaient des investissements sur le continent.

Chinoises avaient des investissements sur le continent. UEMOA: Taux de croissance revue à la baisse 5,3%

UEMOA:

Taux de croissance revue à la baisse 5,3% au lieu de

6,1%

Dans un contexte de ralen- tissement de la croissance économique mondiale et de tensions sur les marchés financiers internationaux, les membres du Comité de Politique Monétaire (CPM) de la BCEAO, qui se sont réunis le 5 Septembre 2012 à Da- kar, tablent sur un taux de croissance des pays de l’UEMAO de 5,3% en 2012 au lieu d’une prévision antérieure de 6,1%. A moyen terme, l'inflation devrait se maintenir à un niveau modéré, en phase avec l'objectif de stabilité des prix, a indiqué le Gouverneur de la BCEAO.

 aFriQuE LE NOUvEAU gRANd MARChé dES ChAMPIONS dE LA gRANdE CONSOMMATION Selon une étude

aFriQuE

LE NOUvEAU gRANd MARChé dES ChAMPIONS dE LA gRANdE CONSOMMATION

Selon une étude d'OC&C publiée le 27 septembre 2012, les performances des leaders mondiaux de la grande consom- mation en Afrique subsaharienne sont exceptionnelles tant en croissance qu'en rentabilité, selon une étude. L'Afrique est devenue un territoire clef pour une bonne quinzaine de cham- pions mondiaux de la grande consom- mation. Les groupes qui disposent d'une position forte en Afri- que subsaharienne, y réalisent «des perfor- mances exceptionnel-

les, tant en termes de croissance qu'en ter- mes de rentabilité». «L'Afrique subsaha- rienne constitue la nouvelle frontière

des champions et at- tise leurs convoitises», souligne les auteurs

de l'étude.

A cela, trois raisons

sont mentionnées par cette étude : une po- pulation nombreuse proche du milliard d'individus; des taux de croissance élevés (6% en 2011 et 5% pour les cinq prochai- nes années selon le FMI), mais surtout, l'Afrique est «un ter- rain de jeu relativement

vierge en comparaison du Brésil, de la Russie, l'Inde ou la Chine». La concurrence y est moins forte et les leaders locaux inexis- tants. Parmi les pays clefs, l'Afrique du Sud ressort bien évidem-

ment en tête, «mais

les regards se tournent de plus en plus vers le Nigeria et sa démo- graphie remarquable et vers l'Angola avec ses taux de croissance impressionnants». La population nigériane devrait passer de 170 millions en 2011 à 400 millions en 2050. De quoi susciter de gran- des convoitises.

COMMERCE dANS L’ESPACE fRANCOPhONE 688,4 MIllIArds $ d’éChAnGE EntrE lEs 75 pAys MEMbRES EN 2011
COMMERCE dANS L’ESPACE fRANCOPhONE
688,4 MIllIArds $ d’éChAnGE EntrE lEs 75 pAys
MEMbRES EN 2011
L’Organisation Internationale de la Fran-
cophonie (OIF) indique que les échanges
commerciaux entre les 75 pays et gouver-
nements membres se sont élevés à près
de 688,4 milliards $ en 2011 pour
12,6% de la population mondiale qui est
francophone.
L’OIF informe également que 13% du
Produit intérieur brut mondial est généré
dans son espace francophone. Pour rap-
pel, le XIVe Sommet de la Francophonie
qui se tiendra à Kinshasa du 12 au 14 octobre 2012, abordera le position-
nement économique et environnemental de la Francophonie au vue de la
nouvelle gouvernance internationale. 

10 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

FuSion-AcquiSition

tOyOta rachète cfaO

2012 | N°04 FuSion-AcquiSition tOyOta rachète cfaO CFAO (Comptoir Français de l’Afrique de l’Ouest), le

CFAO (Comptoir Français de l’Afrique de l’Ouest), le premier distributeur automobile et pharmaceutique d'Afri- que francophone a été racheté par une filiale du groupe nippon Toyota. La marque Française, connue depuis des générations, ne devrait pas pour autant disparaître.

CFAO, le fleuron Français de la distri- bution sur le continent, tombe dans l'escarcelle de Toyota Tsusho Corpo- ration (TTC), une filiale diversifiée du groupe Toyota. La firme nippone va acquérir 29,8 % du numéro un de la distribution auto- mobile et pharmaceutique en Afrique francophone, également présent dans l'industrie et les nouvelles technolo- gies. Aujourd'hui présent dans plusieurs ac- tivités en Afrique, dont la distribution automobile (environ 20 000 véhicules par an), le Japonais oriente désormais son offre vers la multimarque. Car, si CFAO est le distributeur exclusif de Toyota dans plusieurs pays de la zone francophone, il commercialise aussi les modèles de Mitsubishi, Kia, Suzuki et Peugeot. CFAO offre aussi à TTC l'occasion de compléter sa couverture géographique. TTC entend racheter la totalité de l'en- treprise Française, pour un montant de 2,3 milliards d'euros, auprès des autres actionnaires afin de clore définitive- ment l'opération en fin 2012. Ce sera l'une des plus importantes opérations de fusion-acquisition liées à l'Afrique cette année.

Par Marlène Marina téLéphonES MoBiLES les nOuveaux Outils de dévelOppement Cent vingt-huit ans avaient été

Par Marlène Marina

téLéphonES MoBiLES

les nOuveaux Outils de dévelOppement

Cent vingt-huit ans avaient été nécessaires pour faire entrer le téléphone fixe dans le foyer d'un milliard de personnes. Il en aura fallu à peine vingt pour donner accès au téléphone mobile à six milliards de personnes, soit plus des trois quarts de l'humanité.

Pour la Banque mondiale, qui a publié en juillet 2012, un rapport «Maximizing mobile» (Tirer le meilleur du mobile), cette révolu- tion technologique est un nouvel outil pour le développement. La téléphonie mobile concerne 5 milliards de personnes dans les pays en développement. La progression y est impressionnante: de 29 % des abonnés à un mobile dans le mon- de en 2000, les pays émergents en représentaient 77% en 2010. Au Sé- négal, 85,8 % des foyers possédaient un abonnement à une compagnie de téléphonie en 2009, un taux su- périeur à celui du Canada (77,2%) et même des Etats-Unis (82,7%).

Les mille et un usages du mobile Les exemples sont multiples et va- riés. Le Kenya qui, d'après la Banque mondiale, «s'est taillé la part du lion dans le secteur du mobile pour le développement», a conçu un systè- me de paiement dématérialisé, «le paiement mobile M-PESA». A l'ori- gine du projet, un constat: le prix d'envoi de devises du Kenya en Tan- zanie voisine était dix fois plus élevé que les transactions du Royaume- Uni vers le Pakistan.

En Palestine, les jeunes diplômés cherchent leur nouveau job en se servant de la «JobMatch». Au Ghana, par exemple, un pro- gramme informe par SMS, les cultivateurs de maïs, de manioc et d'arachide des meilleurs prix. Dans la province de Katsamonu, au nord de la Turquie, cinq petites stations météorologiques collectent et don-

cinq petites stations météorologiques collectent et don - nent, par SMS, des informations très locales sur

nent, par SMS, des informations très locales sur la température, l'hu- midité, la fertilité des sols En Inde, un réseau d'information, le Reuters Market Light (RML), du nom de l'employée de Reuters qui l'a créé, est «un des plus grands ser- vices d'information indien», détaille l'étude. Il sert 250 000 clients, dans des milliers de villages, livrant des informations personnalisées aux éleveurs et aux agriculteurs, cou- vrant plus de 250 secteurs de récol- te, 1.000 marchés à travers 13 Etats, tout cela dans huit langues locales.

des revenus en progression Les auteurs du rapport ont ainsi calculé qu'au Niger, les revenus des agriculteurs et des négociants en céréales utilisant ce type d'appli- cation mobile, ont progressé de 30 %. En Ouganda, le gain est de 34 % pour les planteurs de banane. Ces applications, si elles s'adressent à des opérateurs privés, ont souvent

été conçues par des organisations non gouvernementales engagées localement sur des projets de déve- loppement. L'envoi de messages représente la principale utilisation du mobile, avec la prise de photos ou de vidéos, loin devant la navigation sur Inter- net. Car, malgré ce développement planétaire du mobile, la fracture numérique perdure bel et bien. Les 2,267 milliards d'utilisateurs d'Inter- net, selon les chiffres Internet World Stats pour 2011, restent localisés dans les pays occidentaux: l'Afrique ne compte que 13,5% de personnes connectées et l'Asie 26,2%, quand l'Europe en totalise 61,3% et l'Amé- rique du Nord 78,6%.

Signe d'amélioration cependant, Internet a progressé très fortement au cours des cinq dernières années dans les régions les plus en retard:

l'augmentation est ainsi de 317% en Afrique et de 143 % en Asie.

BcEaO: NOtE dE cONjONcturE tendances haussières de l'inflatiOn La note trimestrielle de conjoncture du 2

BcEaO: NOtE dE cONjONcturE tendances haussières de l'inflatiOn

La note trimestrielle de conjoncture du 2 éme trimestre 2012 de la Banque Centrale de l’Afri- que de l’Ouest annonce que la Zone de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine va vers une accélération de l’inflation au 3e trimestre.

la conjoncture écono- mique internationale a été marquée au deuxième trimestre 2012 par un ra- lentissement de l'activité économique dans les pays avancés, l'incertitude en- tourant la situation politi- que de la Grèce et la chute des prix des matières pre- mières. En perspectives sur le troi- sième trimestre 2012, la progression des prix dans l’espace de l'Union Econo- mique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) serait de 2,4% contre 1,5% au deuxième trimestre 2012. L'accélération de l'in- flation résulterait de la hausse des prix des cé- réales locales pendant la période de soudure dans les pays sahéliens et du renchérissement des pro- duits de la pêche au Sé- négal pendant la période

d'hivernage résulte de la diminution des prix des carburants au

l'orientation favorable de la conjoncture écono- mique dans l’UEMOA, au deuxième trimestre 2012

à fin avril 2012, avant de

à fin mars 2012 à 0,6%

annuel, est passé de 2,5%

le taux d'inflation dans l'UEMOA, en glissement

le taux d'utilisation des capacités de production dans les entreprises indus- trielles s'est situé à 73,6% au deuxième trimestre 2012 contre 70,5% au premier trimestre 2012 et 57,0% à la même période de l'année précédente.

de 3,0% en glissement annuel au deuxième tri- mestre 2012. L'indice du chiffre d'affaires, pour sa part, s'est accru de 19,9%, en glissement annuel, au cours de la période sous revue.

remonter à 1,8% à fin mai 2012 et 2,1% à fin juin 2012. Cette orientation baissière de l'inflation

deuxième trimestre dans certains pays de l'Union, en phase avec le repli des cours mondiaux du pé-

trole brut et de l'impact des mesures prises dans les pays pour contenir la hausse des prix des céréa- les locales et importées.

La position concurrentiel-

a été impulsée par le dy- namisme du commerce (+1,3%) et des services (+4,5%). L'indice de la

production industrielle

a enregistré une hausse

le de l'Union, appréciée à partir de l'Indice du Taux de Change Effectif Réel (TCER), indique, en glisse- ment annuel, un gain de compétitivité de 4,4% au deuxième trimestre 2012, après celui de 2,3% enre- gistré le trimestre précé- dent. Cette évolution est en liaison avec le différen- tiel d'inflation favorable à l'Union par rapport à ses principaux partenaires.

les conditions monétai- res dans l'Union se sont durcies, l'indice ayant progressé de 0,4%, en glissement annuel. Cette évolution résulte essen- tiellement de la hausse

du taux d'intérêt sur le

marché interbancaire à un jour. Sur le plan de la politique monétaire, la BCEAO a continué de soutenir les établisse- ments de crédit à travers l'offre de liquidités dans le cadre de ses adjudications régionales. Une baisse des taux a été observée sur le marché des adjudications, tandis qu'une hausse est relevée sur le marché in- terbancaire.

les conditions de ban- que ont été marquées par

12 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

une baisse des taux d'in- térêt débiteurs au niveau de l'Union au deuxième trimestre 2012. Hors prêts au personnel des banques, charges et taxes, le taux d'intérêt débiteur moyen s'est situé à 7,82% au deuxième trimestre 2012 contre 8,20% au trimestre précédent. Pour rappel, la note tri- mestrielle de conjonc- ture de la BCEAO a pour ambition de présenter au public, la perception de la Banque Centrale re- lative aux grandes ten- dances économiques et monétaires dans les Etats membres de l’UEMOA, à savoir le Bénin, le Burkina, la Côte d'Ivoire, la Guinée- Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. La note est centrée sur l'ana- lyse des principaux indica- teurs de conjoncture aux plans interne et interna- tional. Les informations sur la conjoncture interne sont essentiellement col- lectées sur la base d'en- quêtes réalisées par la BCEAO. Les tendances économiques lourdes, découlant des antici- pations des opérateurs économiques, sont égale- ment évoquées.

réFOrMEs dEs FiNaNcEs puBliQuEs daNs la zONE cEMac les budgets serOnt axés sur les résultats

réFOrMEs dEs FiNaNcEs puBliQuEs daNs la zONE cEMac

les budgets serOnt axés sur les résultats

La Commission de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) a doté à ses pays membres, de nouvelles Directives en matière de Gestion de leurs Finances Publiques. Désormais, la CEMAC recommande que les budgets publics soient axés sur des résultats.

Ce sont au total, six di- rectives qui constituent le corpus réglementaire des Directives prises par la CEMAC et devant ré- gir, encadrer et inspirer, la préparation, l’élabo- ration, l’adoption, l’exé- cution et le contrôle de la Loi Ordinaire Loi de Finances (LOLF) com- munément appelée le budget, dans les 6 pays membres de la CEMAC que sont le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, Gabon, la Guinée Équa- toriale et le Tchad. Ces Directives sont re- latives au Règlement Général sur la Compta- bilité Publique (RGCP), au Plan Comptable de l’État (PCE), à la Nomen- clature Budgétaire de l’Etat (NBE), au Tableau des Opérations Financiè- res de l’Etat (TOFE), au Code de Transparence et de Bonne Gouvernance dans la gestion des Fi- nances Publiques (CTBG) et enfin, sur l’harmonisa- tion des législations des États membres en ma- tière de Taxe sur la Valeur

Ajoutée (TVA) et du Droit d’Accises (DA) , lors de

son Conseil des Ministres tenu le 19 décembre 2011

à Brazzaville au Congo,

abritant le siège de la CE- MAC. Pour rappel, laCEMAC est la pendante pour l’Afrique Centrale, de l’UEOMA (Union Economique et MonétaireOuestAfricain) en Afrique de l’Ouest, des institutions économiques et monétaires à l’échelle sous-régionale.

Pierre Moussa (Président) et Rosario Mbasogo Kung Nguidang (Vice-présidente) officiellement installés

Le nouveau Président en exercice de la CEMAC, le Congolais Pierre Moussa et la Vice-présidente de la même institution, l’Equato-guinéenne Ro- sario Mbasogo Kung Nguidang, ont prêté ser- ment le 28 Août 2012 à la Cour Communautaire de Justice de la CEMAC

à N’djamena au Tchad,

de Justice de la CEMAC à N’djamena au Tchad, en présence du Président Idriss Déby Itno,

en présence du Président Idriss Déby Itno, avant de prendre effectivement fonction depuis le 5 Sep- tembre 2012 à Bangui, siège de laCommission de la CEMAC. «Nous avons prêté serment dans un moment difficile à la fois pour l'économie mondiale, pour l'Afrique toute entière qui connaît de nombreuses difficultés et pour l'Afrique centrale qui est en train de se chercher», a confié

Pierre Moussa à son ins-

tallation. Il affirme qu’il œuvrera pour que «la CE- MAC ne soit plus une com- munauté des chefs d'Etat et de gouvernement, mais une communauté de peu- ples, les véritables acteurs de l'intégration régiona- le». Avec la désignation de l’Equato-guinéenne Rosario Mbasogo Kung Nguidang comme Vice- présidente, c’est l’appli- cation du «gender equi- ty» au sein de la CEMAC qui devient effectif.

Par Jean-baptiste De Meglio, président de l'Institut de recherche Asia Centre la chine s’interrOge sur

Par Jean-baptiste De Meglio, président de l'Institut de recherche Asia Centre

la chine s’interrOge sur sOn futur

La Chine, qui ne fait pas partie de l'ASEAN (Association des Nations de l'Asie du Sud- Est), s'interroge elle aussi sur son futur. Son industrie fait face à de nombreux boule- versements.

Des économistes com- me Françoise Lemoine l’avaient annoncé depuis des années. Les grèves de 2010 chez Foxconn en particulier (dans la province de Canton), avaient rendu ce phéno- mène encore plus visible et la question encore plus sensible aux yeux de l’Oc- cident: la Chine, atelier

du monde, change. Cela avait suscité un optimis- me plus ou moins justi- fié parmi des industriels toujours menacés par le volume et l’agressivité conquérante des produits Chinois de basse ou de moyenne gamme face à une Europe (en particu- lier) en voie de désindus- trialisation.

Quelques années plus tard, la Chine reste la pre- mière puissance indus- trielle mondiale (quoique la deuxième économie, loin derrière les Etats- Unis). Son industrie re- présente 47 % de son PIB (le double en moyenne de sa part dans la plupart des économies dévelop- pées) et l’avènement de

marques-leaders mon- diales -dont l’essentiel de la production est encore Chinoise- est l’un des faits marquants des dernières années. Cependant, cer- tains contradictoires vont changer à une vitesse encore incertaine, cette donne «séculaire», fai- sant historiquement de la Chine, l’atelier du monde.

14 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

Une démographie de plus en plus «à l’endroit» Le premier est lié à la pyramide démographi- que. Celle de la Chine ressemble plus à une «tour» qu’à un triangle «à l’endroit». Dès 2027, la population Chinoise va commencer à dimi- nuer, mais surtout, ce phénomène indique que l’arrivée constante de centaines de millions de nouveaux travailleurs, souvent peu qualifiés, surlesmarchésdutravail de l’Ouest de la Chine mais aussi dans l’en- semble du pays, va très bientôt s’arrêter. L’un des freins à la «montée en gamme», c’est-à-dire la nécessité d’employer ces nouveaux arrivants pour éviter les troubles sociaux va disparaître.

hypertrophie des investissements chinois Par ailleurs, et c’est un deuxième facteur, l’hy- pertrophie des investis- sements (et en particu- lier celui que la Chine, pour les mêmes raisons, entre autres de maintien d’une croissance indis- pensable) qui représen- taient près de 10% du PIB, doit ralentir à près de 6% d’ici à 2030. La «montée en gamme» et le rattrapage technolo- gique devient donc non seulement souhaitable, mais encore indispen- sable.

donc non seulement souhaitable, mais encore indispen- sable. l’appréciation du yuan qui peut provoquer une

l’appréciation du yuan qui peut provoquer une «délocalisation à la chinoise» Pour finir, et même si elle stagne, l’appré- ciation du yuan rend possible et nécessaire la «délocalisation à la Chinoise». Cette délo- calisation est déjà en-

Parfois, ces entrepre- neurs privés sont Asia- tiques, mais pas for- cément originaires de Chine populaire, où ils étaient simplement ve- nus réaliser des inves- tissements industriels très rentables du fait du bas coût de la main d’œuvre.

très rentables du fait du bas coût de la main d’œuvre. couragée, de nouveau, par le

couragée, de nouveau, par le XIIe Plan, en par- ticulier par les aides étatiques à l’investisse- ment dans les provinces

de l’Ouest, notamment un accès facilité au cré- dit. Elle est aussi le fait d’entrepreneurs privés, qui fondent leurs déci- sions (comme on l’a vu

à la suite des augmen-

tations salariales de 20

à 30% parfois des salai-

res après «l’affaire Fox- conn» dans la province du Canton) sur la simple facilité à «déménager» des usines, à stopper sans risque de poursui-

tes une activité devenue déficitaire ou menacée.

Vers une réorientation de la production industrielle chinoise C’est toute une réorien- tation de la production industrielle Chinoise qui se dessine: le resser- rement des excédents commerciaux. Le com- merce a été violemment déficitaire en février

2012 et la zone sud-est asiatique est structu-

rellement excédentaire avec la Chine: c’est là que sont les stocks les plus importants d’inves- tissements directs et in- dustriels chinois. Cette réorientation est plani- fiée, et elle est confor- me au rééquilibrage de

l’économie Chinoise qui doit s’orienter vers une consommation intérieure plus impor- tante et pour cela, doit profiter des avantages compétitifs de produits Chinois produits à bas coût, pendant que le niveau de vie et la capa- cité de consommation augmente, sans pour autant faire de la Chine, un pays de consomma- teurs sans limites.

levée de la quasi- assignation à résidence La réalité, c’est le rat- trapage technologique de plus en plus rapide (il faut à la Chine de moins en moins de temps pour atteindre les niveaux de technologie étrangère de pointe, grâce en par- ticulier à ses dépôts de brevets) qui pouvait me- nacer l’emploi mais est devenu indolore. L’axe- clé, c’est une certaine «relaxation» de règles autrefois rigides qui ont constitué la colonne ver- tébrale du développe- ment chinois. En particu- lier, la quasi-assignation à résidence qui résultait de l’obligation de détenir un «passeport intérieur» (hukou), est en voie d’as- souplissement. Du coup, cela rend moins automa- tique, la décote des sa- laires reçus par les «im- migrants de l’intérieur», v é r i t a b l e i n f a n t e r i e d’une industrie Chinoise en voie de mutation.

ACTUALITÉ
ACTUALITÉ

> CôTE D’IVOIRE

Quatre consortia en compétition pour le deuxième terminal à conteneurs d’abidjan

pour le deuxième terminal à conteneurs d’abidjan Dans le cadre du processus d’attri- bution de la

Dans le cadre du processus d’attri- bution de la concession du 2 éme Ter- minal de Conteneurs (TC2) d’Abid- jan, 4 groupements d’entreprises ont été présélectionnés pour faire une offre finale. Il s’agit des consor- tia :

- Sivom (Côte d’Ivoire), CMA-CGM (France), Necotrans (France) et

ICTSI (Philippine) ;

- MSC (Suisse)

- PSA Singapore et de Marsa Ma-

roc

- Bolloré (France), Bouygues (Fran-

ce), Maersk (Danemark). Le concessionnaire sélectionnée aura en charge la conception, le financement, la construction, l’aménagement, l’équipement et l’exploitation du nouveau terminal d’une capacité de traitement de 1,5 million de conteneurs de 20 pieds par an. L’ouvrage disposera d’une surface de 35 hectares et d’une lon- gueur totale d’accostage de 1100 mètres linéaires. L’investissement attendu pourrait être de l’ordre de 500 millions $. Le premier Terminal à Conteneur (TC1) attribué en 2003 à la société d'exploitation du terminal à conte- neurs de Vridi (SETV), filiale de Bol- loréAfrica Logistics, permet de ma- nutentionner actuellement 830000 EVP (Equivalent Vingt Pieds).

actuellement 830000 EVP (Equivalent Vingt Pieds).  16 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 |

16 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

16 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04 hassan Cheikh Mohamoud élu la sOmalie

hassan Cheikh Mohamoud élu

la sOmalie a (enfin) un président!

C’est un universitaire de 56 ans qui présidera aux desti- nées de la Somalie. Il a été élu au second tour à la ma- jorité absolue des suffrages des 270 députés somaliens qui siégeaient sous haute sécurité à l'Ecole nationa- le de Police à Mogadiscio. la somalie n’avait plus de président depuis 1991. hassan Cheikh Mohamoud n’appartient pas à un mou- vement politique, bien que jugé proche du parti Al-Islah que l’on pourrait rapprocher des frères Mu- sulmans égyptiens. Il n’ap- partient pas non plus à la sphère du pouvoir sortant, largement discrédité par des années de corruption et de détournements d’ar- gent public. la prochaine étape du pro- cessus de reconstruction va consister à doter la So- malie, d'un vrai gouver- nement central. Elle n’en avait plus connu depuis 21 ans.

MarOc l'amdi lance un site en chinOis En partenariat avec la China Business Network, l’Agence

MarOc

l'amdi lance un site en chinOis

En partenariat avec la China Business Network, l’Agence Marocaine de Développement des Investissements (AMDI) vient de mettre en ligne un site web en langue Chinoise.

vient de mettre en ligne un site web en langue Chinoise. Destiné à un public ciblé,

Destiné à un public ciblé, consti- tué principalement d’entreprises et d’institutions économiques Chinoises, le site (www.china- invests.net/ma/InvestMorocco) sera hébergé sur le China Wide Web. A travers ce nouveau support de promotion, l’AMDI renforce ainsi sa présence sur le continent Asia- tique et peut désormais toucher

directement les investisseurs po- tentiels Chinois potentiellement intéressés par l’offre du Maroc en matière d’investissement.

Commerce extérieur :

les exportations du Maroc vers la Chine augmente de 80%

Les relations commerciales Ma- roco-Chinoises ont connu, du-

rant les cinq dernières années, une dynamique accélérée, per- mettant à la Chine de devenir le 3ème partenaire commercial du Royaume en 2010, avec un volume des échanges de 26,8 milliards de dirhams (MMDH). Selon le ministère du Commer- ce extérieur, les exportations du Maroc vers la Chine ont aug- menté de 80% entre 2009 et

ACTUALITÉ
ACTUALITÉ

2010. La hausse continue des exportations du Royaume vers la Chine s'est poursuivie en

2011 pour se situer à 60%. Les

importations n'ont, pour leur

part, augmenté que de 25% en

2010 et de 10% durant le 1er tri- mestre de 2011.

Toujours du côté de la tutelle, le volume du commerce exté- rieur représente 6% des échan- ges de marchandises réalisées par le Maroc avec l'étranger avec 25 MMDH d'importations de la Chine, soit 8,4% du total des importations du Royaume, alors que les exportations Ma- rocaines vers ce pays ont at- teint, durant la même période, près de 1,8 MMDH, soit 1,2% des exportations.

Ressources minières contre appareils électroménagers

Cette hausse est le résultat de l'augmentation des exporta- tions des «machines et appa- reils divers», qui ont atteint durant l'année précédente près de 2,5 MMDH, des «appa- reils récepteurs radio et télévi- sion» (2,37 MMDH) et du «thé» avec 917,7 millions de dirhams (MDH).

Par ailleurs, les exportations marocaines vers la Chine sont composées principalement des «minerais de plomb», qui ont atteint en 2010 quelque 547 MDH, suivies par les «déchets et débris de cuivre» (plus de 422 MDH) et les «engrais naturels et chimiques» (plus de 284 MDH). Pour rappel, les relations com- merciales entre Rabat et Pékin sont régies par l'accord com- mercial et économique signé le 28 mars 1995.

Par Valérie Haida, Cameroun

BArrAgE HydroélEctriquE DE MEMvE’ELE

coût du projet de 420 milliards de f cfa pour une durée de 54 mois

projet de 420 milliards de f cfa pour une durée de 54 mois Le barrage hydroélectrique

Le barrage hydroélectrique de Memve’ele dont la pose de la pre- mière pierre a eu lieu le 15 juin 2012 par le Président Paul Biya, entre dans le cadre des projets structurants du gouvernement Ca- merounais pour l’émergence du pays à l’horizon 2035.

situé dans le département de la vallée du Ntem dans la région du sud, le barrage de Memve’ele est un projet qui va coûter 420 milliards de F CFA. Il est conjointement financé par Exim Bank china (243 milliards), la Banque africaine de développement (112 milliards) et le cameroun (65 milliards). D’une superficie de 1480 hectares sur la rive droite et 5 220 sur la gauche, le barrage de Memve’ele devra fournir 201 mégawatts d’électricité pour une production annuelle de 1140 Gigawatts. il contribuera ainsi à relever le niveau de production d’électricité du cameroun qui se situe entre 520 et 650 mégawatts, et à por- ter cette production à environ 2000 Mw à l’horizon 2015. avec ce barrage, c’est aussi l’aspect physique de la localité qui est appelé à changer. les 95 Km de route qui relient Meyo à Nya- bizan, le site du projet, sont en train d’être bitumés de même qu’est prévu la construction de maisons d’habitation pour les personnels du chantier. Les travaux, d’une durée de 54 mois, sont confiés à l’entreprise chinoise, sino hydro corporation ltd, qui devra réaliser le bar- rage et les ouvrages connexes d’aménagement.

18 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

asEaN 9 e puissance écOnOmie mOndiale La jeune région économique de l’ASEAN est la troisième

asEaN

9 e puissance écOnOmie mOndiale

La jeune région économique de l’ASEAN est la troisième puissance commerciale d’Asie après la Chine et le Japon. Avec ses 600 millions d’habitants, les dix Etats regroupés au sein de l’ASEAN enregistrent une croissance moyenne de 5 à 6% l’an. Ils n’ont guère été touchés par la dernière crise économique mondiale qui a frappé principalement l’industrie occidentale.

La jeune région écono- mique de l’ASEAN est la troisième puissance com- merciale d’Asie après la Chine et le Japon. Avec ses 600 millions d’ha- bitants, les dix Etats regroupés au sein de l’ASEAN enregistrent une croissance moyenne de 5 à 6% l’an. Ils n’ont guère été touchés par la der- nière crise économique mondiale qui a frappé principalement l’indus- trie occidentale. En bref, il faut remonter au boom économique des années 60 en Europe et aux Etats-Unis pour retrouver

en Occident, des taux de croissance comparables. Les chefs d’Etats des pays membres de l’ASEAN (In- donésie, Singapour, Viet- nam, Malaisie, Thaïlande, Philippines, Laos, Cam- bodge, Myanmar, Brunei) se sont formellement regroupés en 2009 en un espace économique sur le modèle de l’Espace économique européen (EEE). C’est surtout le pouvoir d’achat qui se développe en Asie du Sud-Est, à l’exemple de l’Indonésie, où la classe moyenne ne comptait que 1,6 millions de personnes en 2004, alors qu’elle en comptait

50 millions en 2009. Selon Nomura, un Institut fi- nancier Japonais, 150 mil- lions de personnes sur les 240 millions que compte l’Indonésie feront partie de la classe moyenne en 2014. Si l’on considérait la région comme un Etat unique, l’ASEAN serait la 9é puissance économi- que. Pour rappel, le 20 e sommet de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) s'est achevé avec l'adoption de quatre documents de travail.

avec l'adoption de quatre documents de travail.  AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04
PERSPECTIVES InItIAtIvE AgACIro-DIgnIté Le Rwanda veut s’affRanchiR de L’aide étRangèRe Sur l’impulsion de Paul

PERSPECTIVES

PERSPECTIVES InItIAtIvE AgACIro-DIgnIté Le Rwanda veut s’affRanchiR de L’aide étRangèRe Sur l’impulsion de Paul

InItIAtIvE AgACIro-DIgnIté Le Rwanda veut s’affRanchiR de L’aide étRangèRe

Sur l’impulsion de Paul Kagamé, le gouvernement Rwandais a lancé le 23 août 2012, le fonds de développement Agaciro-Dignité, en réponse à une sanction de la communauté interna- tionale qui dénonce le soutien du Rwanda à la rébellion armée du Mouvement du 23 Mars (M23) en RD Congo.

rébellion armée du Mouvement du 23 Mars (M23) en RD Congo. Pour l’instant des bailleurs inter-

Pour l’instant des bailleurs inter- nationaux ont suspendu un appui budgétaire de 75 millions $. La Banque Mondiale évalue la per- tinence de finaliser un concours financier de 125 millions $ et la Banque Africaine de Développe- ment a retardé un décaissement de 39 millions $. Seule la Grande Bretagne a débloqué 9,5 millions d’euros suite à un retrait d’une partie des troupes d’élites Rwan- daises du Kivu, le 4 Septembre

2012.

Agaciro Development Fund, alimenté par des contributions

volontaires a pu récolter en quel- ques jours, plus de 13 millions $ auprès des citoyens, de la dias- pora Rwandaise, des fonctionnai- res, du secteur privé et des insti- tutions para-étatiques (Rwanda Revenue Authority, Rwanda Ca- pital Markets Authority, Rwanda Social Security Board, National Institute of Statistics….).

Des comptes bancaires pour re- cueillir les fonds ont été ouverts à la Bank of Kigali, National Bank of Rwanda et à la Banque Populaire avec pour objectif, d’atteindre une taille de 100 millions $ afin

20 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

de lever 300 millions de capitaux complémentaires sur les marchés internationaux pour appuyer les projets de développement du Rwanda. «Les bailleurs de fonds ne sont pas nos Dieux… Il est clair que nous ne pouvons pas continuer en nous appuyant sur l'argent des autres. Le Rwanda doit se dépêcher de dire bye bye à l'aide» a martelé le Premier ministre Pierre Habumu- remyi.

Pour rappel, plus de 40% du bud- get du Rwanda était assuré par l’aide extérieure.

PERSPECTIVES ACTUALITÉ Par Marlène Marina INITIATIVE AFRIQUE HORIzON 2060 l’afriQue reprend sOn destin en main

PERSPECTIVES ACTUALITÉ

PERSPECTIVES ACTUALITÉ Par Marlène Marina INITIATIVE AFRIQUE HORIzON 2060 l’afriQue reprend sOn destin en main

Par Marlène Marina

INITIATIVE AFRIQUE HORIzON 2060

l’afriQue reprend sOn destin en main

Cinquante ans après les premières vagues d’indépendances, l’Afrique, sous l’impulsion de l’Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique (ARGA), se projette à l’horizon 2060 qui coïncidera avec le centenaire des premières vagues d’indépendances en Afrique, à travers une série de quatre (4) conférences internationales dont les thématiques majeures sont la Gouvernance (politique, économique et sociale) en Afrique et sa place dans les relations internationales.

L’acte 1 du projet de changement global pour l’Afrique a été posé par l’Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique (ARGA), du 9 au 12 juillet 2012 à Praia au Cap-Vert. Cette première confé- rence internationale d’une série de quatre, portait sur le thème «L’Afrique réinvente sa gouver- nance». La deuxième et prochaine confé- rence internationale qui aura

lieu en 2013 et dont le lieu n’est pas encore déterminé (proba- blement au Maroc ou en Tunisie), sera à caractère économique et financier et portera sur le thème:

«L’Afrique réinvente son écono- mie». La troisième conférence qui aura lieu en 2014, portera à la fois sur des problématiques de géo-po- litique, de géo-économie et de géo-stratégie, autour du thème

«L’Afrique renégocie sa place dans le monde».

Pour boucler cette série de trois conférences internationales, une quatrième conférence de syn- thèse est prévue en 2015 pour la formulation d’un projet de chan- gement global pour l’Afrique, in- titulé : «Initiative Afrique Horizon 2060, l’Afrique reprend son destin en main».

PERSPECTIVES Assane Mbaye, Coordonnateur National (A.R.G.A) Une stratégie multi-acteurs et prospective L’Objectif

PERSPECTIVES

PERSPECTIVES Assane Mbaye, Coordonnateur National (A.R.G.A) Une stratégie multi-acteurs et prospective L’Objectif
Assane Mbaye, Coordonnateur National (A.R.G.A)
Assane Mbaye, Coordonnateur National (A.R.G.A)

Une stratégie multi-acteurs et prospective L’Objectif affiché par l’ARGA est de contribuer à travers ses séries de rencontres, à la construction d’espaces dura- bles d’échange, de mutualisa- tion et de valorisation des expé- riences, réflexions et politiques publiques les plus innovantes en cours sur la Gouvernance en Afrique, renseigne Assane Mbaye, le Coordonnateur ré- gional de l’ARGA.

Dans la même foulée, rajoute t-il, «ces séries de conférences visent aussi à contribuer à une meilleure synergie entre les ini- tiatives des institutions nationa- les et locales et celles de la socié- té civile, pour une refondation de la Gouvernance en Afrique, par le biais d’une définition de propo- sitions et d’une stratégie multi- acteurs et prospective, pour que l’Afrique reprenne effectivement son destin en main».

Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique A.R.G.A

Une stratégie d’action

L’Alliance met en place, participe et/ou anime:

**Des espaces de dialogue et de réflexion sur la gouver- nance en Afrique (Forum multi-acteurs malien, Assem- blée citoyenne du Mali, Forum sur la gouvernance en Afrique avec la commission de l’Union Africaine…),

**Elabore et met en débat des propositions de chan- gement de la gestion des affaires publiques en Afrique (Cahiers de propositions),

**Mobilise des acteurs étatiques et non-étatiques dans des initiatives de refondation effective de la gouvernan- ce en Afrique (Groupes d’initiative). Les orientations fondamentales, les principes d’organi- sation et de fonctionnement de l’Alliance pour Refon- der la Gouvernance en Afrique sont contenues dans son Plan stratégique 2011-2015.

22 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

PERSPECTIVES BOURSES AFRICAINES des cOûts de transactiOn encOre élevés Les performances des places finan -
PERSPECTIVES BOURSES AFRICAINES des cOûts de transactiOn encOre élevés Les performances des places finan -

PERSPECTIVES

BOURSES AFRICAINES des cOûts de transactiOn encOre élevés

Les performances des places finan- cières Africaines laissent à penser que demain, les investisseurs interna-

laissent à penser que demain, les investisseurs interna- tionaux s’intéresseront aux marchés Africains. Les fonds

tionaux s’intéresseront aux marchés Africains. Les fonds de couvertures (hedge funds) seront certainement les premiers à s’y intéresser, quoique les places financières Africaines, hor- mis l’Afrique du Sud, sont dé-corré- lées des grandes places financières. Car, les Price Earning Ratio (le nom- bre d’années de bénéfices nécessaires à un investisseur pour recouvrer son investissement initial) sont assez bas en Afrique et dépassent rarement les 10. Cet indicateur est bien par ailleurs, la preuve que les marchés Africains ne sont pas surévalués ou en situation de bulle comme sur certains marchés Asiatiques.

L’Afrique est un continent à construi- re. Les infrastructures routières, les télécommunications, l’accès à l’eau potable et à l’électricité sont autant de chantiers à mener et, nécessitent d’importants moyens. Les marchés financiers Africains qui sont pour l’essentiel des marchés d’actions et d’obligations, gagneraient à aller vers des joint-ventures pour diminuer les coûts de transaction qui restent en- core élevés sur le continent.

AIR CEMAC

décOllage prévu en Janvier 2013

continent.  AIR CEMAC décOllage prévu en Janvier 2013 Le lancement d'Air CEMAC, la compagnie communautaire

Le lancement d'Air CEMAC, la compagnie communautaire de transport aérien de la Com- munauté Economique et Mo- nétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) a été le principal dos- sier du 11e sommet des Chefs d'Etat de la CEMAC qui s’est tenu le Mercredi 25 Juillet 2012 à Brazzaville, au Congo.

Les travaux de Brazzaville ont abouti à la signature d'une convention avec Air France qui, à hauteur de 34% du capital, devient le partenaire techni- que et stratégique pour l'envol effectif de la compagnie, après les rétractions successives des compagnies aériennes South African Airways, Royal Air Ma- roc et Brussels Airlines. La réunion de Brazzaville a dé- signé la capitale Congolaise,

Brazzaville, pour abriter le siè- ge d’Air CEMAC, même si cer- taines voix se sont levées pour indiquer que la capitale Douala au Cameroun, était plus appro- priée. Denis Sassou Nguesso, le Chef de l’Etat Congolais a devancé son homologue Camerounais Paul Biya absent à cette rencon- tre, en offrant gracieusement, un bâtiment flambant neuf qui n'attend que les équipements. A l'exception de la République Centrafricaine, tous les Etats se sont déjà acquittés de leur contribution de l'ordre de 3,5 milliards de FCFA pour le dé- marrage d’Air CEMAC. L'ap- port de la Banque de Dévelop- pement des Etats de l'Afrique Centrale (BDEAC), d'un mon- tant de 10 milliards FCFA, est également attendu.

PERSPECTIVES EMPLOIS Par Abdou Diaw l’afriQue peut en créer 72 milliOns d’ici à 2020 McKinsey

PERSPECTIVES

PERSPECTIVES EMPLOIS Par Abdou Diaw l’afriQue peut en créer 72 milliOns d’ici à 2020 McKinsey Global

EMPLOIS

Par Abdou Diaw

l’afriQue peut en créer 72 milliOns d’ici à 2020

McKinsey Global Institute (MGI) estime que les pays Africains ont le potentiel pour géné- rer 72 millions d'emplois bien rémunérés, principalement dans les secteurs où le continent dispose d’un fort avantage comparatif (agriculture, industrie, commerce de détail et l'hô- tellerie). Des conditions sont nécessaires d’après MGI : l’adoption par les pouvoirs publics de stratégie économique inclusive, intensive en main-d’œuvre, et la levée des entraves à la croissance du secteur privé.

Ces recommandations se basent sur une série d’analyses, d’inter- views de 1300 dirigeants d'entre- prises dans 5 pays (Afrique du Sud, Égypte, Kenya, Nigeria, Sénégal) et de benchmark international avec des pays comme le Brésil, la Thaïlande et la Corée du Sud. Parmi les principaux freins au dé- veloppement d’un secteur privé puissant et générateur d’emploi fi- gurent en premier lieu les incertitu- des sur l’évolution du cadre macro- économique, puis les risques liés à l'instabilité politique. Les difficul- tés d’accès au financement et le manque d’infrastructures viennent en 3e et 4e position. La question de l’adéquation de la formation et des compétences aux besoins des en- treprises est aussi citée comme un facteur bloquant. « Se concentrer sur la croissance du produit inté- rieur brut à elle seule ne suffira pas à transformer fondamentalement

Agriculture MGI soutient que l'agriculture, qui peut créer 8 millions d'emplois stables sur les tendances actuel- les, pourrait en générer 6 millions de plus d'ici à 2020 si le continent accélère le développement de ce secteur. Cette hausse proviendrait de l'expansion de l'agriculture commerciale et le développement des cultures à forte valeur ajoutée comme les cultures horticoles et les biocarburants.

la structure de l'emploi en Afrique ou à assurer une croissance inclu- sive et de plus larges opportunités pour les populations Africaines. Pour permettre à la croissance de créer des emplois, les dirigeants Africains devraient se concentrer sur les réformes de l'environne- ment des affaires dans les sec- teurs intensifs en main-d’œuvre» conseillent les auteurs du rapport.

Industrie Dans le secteur manufacturier, 15 mil- lions d'emplois pourraient être créés, au lieu de la prévision actuelle de 7 millions, si les pays s'appuient sur leurs avantages comparatifs et entrepren- nent des réformes pour réduire les coûts logistiques ainsi que les procé- dures administratives. Les agro-indus- tries, l’industrie textile, la maroquinerie et les produits issus du bois sont recom- mandés.

Commerce de détail et hôtellerie Les secteurs du commerce de détail et de l'hôtellerie, pourraient créer 9 millions d'emplois d'ici à 2020. Cinq millions d’emplois supplémentaires pourraient être générés si les pays lè- vent des obstacles à la modernisation du secteur et à la facilité de transport et de déplacement. En 2020 la population active de l’Afrique sera de 500 millions d’habitants avec un supplément de 122 millions de personnes.

  après les brics, place au next 11   les nEXt11 sont le Mexique, l’Indonésie,
  après les brics, place au next 11   les nEXt11 sont le Mexique, l’Indonésie,
 

après les brics, place au next 11

 

les nEXt11 sont le Mexique, l’Indonésie, la Corée du Sud, la Turquie, le bangladesh, l’Egyp- te, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, le Vietnam et l’Iran. Selon Jim O’Neill de Goldman Sachs qui a «inventé» en 2001 le concept «bRIC» (brésil, Russie, Inde, Chine). Ces pays ont tiré la croissance mondiale durant

toute une décennie (2000-2010)

qui regroupe 10 de ces 11 pays, a

et

auquel s’est joint plus tard le

progressé de 17% depuis le début

S

de South Africa, ces 11 pays

de l’année 2012 alors que l’indice basé sur bRIC fait 10 fois moins avec seulement 1,7% de gains. Et selon Jim O’Neill, ce groupe de 11 pays va réaliser un taux de crois- sance annuelle moyen de 5,5%

 

pourraient bien connaître pro- chainement, un afflux de capi- taux (à l’exception de l’Iran qui reste soumis à des sanctions in-

ternationales).Aujourd’hui, c’est

le

NEXT11 qui semble intéresser

au moins jusqu’en 2020. M.M

les investisseurs. l’indice MsCI

c’est le NEXT11 qui semble intéresser au moins jusqu’en 2020.  M.M les investisseurs. l’indice MsCI
c’est le NEXT11 qui semble intéresser au moins jusqu’en 2020.  M.M les investisseurs. l’indice MsCI

24 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

PERSPECTIVES Dr pAUL KAnAnUrA, d.g dE cAP "l’afrique doit aller vers une diplomatie de la
PERSPECTIVES Dr pAUL KAnAnUrA, d.g dE cAP "l’afrique doit aller vers une diplomatie de la

PERSPECTIVES

Dr pAUL KAnAnUrA, d.g dE cAP

"l’afrique doit aller vers une diplomatie de la sécurité collective."

Propos recueillis par Octave Dossou

Le Cabinet Afrique en Perspectives (CAP) organise en début 2013, une conférence sur la sécu- rité et le terrorisme en Afrique, avec comme thème, «L’Afrique face aux menaces globales». Il s’agira de jeter les bases d’une réflexion sur «La diplomatie de la sécurité collective», afin de définir une politique commune pour réguler les niveaux de menaces, prévenir et mieux gérer les conflits et autres formes d'attaques qui pèsent sur le continent, renseigne le Direc- teur Général du CAP, Dr Paul Kananura. Entretien.

Qu’est ce qui justifie cette confé- rence internationale sur la sécu- rité et le terrorisme en Afrique?

L’Afrique fait face à des foyers terroristes multiformes qui me- nacent sa sécurité globale. La conférence sur la sécurité et le terrorisme en Afrique s'attache à dresser un constat précis des zo- nes grises de menaces globales et à scruter l'approche des politi- ques de sécurité et de défense sur le continent. Cette initiative vient

dans un contexte caractérisé par l'évolution de la menace terroris- te sur le continent, notamment celui d'inspiration salafiste et dji- hadiste. La menace terroriste est bien réelle et actuelle. Nous allons dé- battre sur les moyens de la préve- nir: médiations, option militaire, coopération étatique et interna- tionale. Je pense en effet que la prévention des conflits, notam- ment ceux liés au terrorisme, doit prendre désormais une dimen-

sion stratégique, en y associant les moyens du programme Euro Recamp et d'Africom car, la résur- gence de la violence armée et du terrorisme, qui semble prendre comme base arrière la Somalie, le Nigeria et le Sahel, interpelle l'opinion publique internationale sur les questions de prévention des attaques terroristes, de dé- fense et de sécurité du conti- nent. A la fin de la conférence, nous souhaitons que les acteurs de la

PERSPECTIVES sécurité aient une lecture com- mune des menaces, pour propo- ser des remèdes appropriés.

PERSPECTIVES

sécurité aient une lecture com- mune des menaces, pour propo- ser des remèdes appropriés. C’est cette raison qui a motivé notre choix d’organiser cette rencon- tre réunissant la société civile, les intellectuels, les politiques, les religieux et les responsables de services de sécurité, pour évaluer ensemble, le niveau des menaces et proposer des solutions dura- bles. Et comme dit l’adage: aux grands maux, les grands remèdes. Ce n’est donc pas uniquement avec des mesures de sécurité que la crise terroriste prendra fin en Afrique. Il faut revenir à l’émer- gence et à la propagation même de celle-ci, l’inscrire dans l’agen- da global, et associer tous les ac- teurs de la société à sa résolution. Dans cette dynamique, nous considérons que la sécurité doit devenir une affaire de tous (pas seulement des spécialistes et des forces de défense et de sécurité). La lutte contre le terrorisme doit être une mission commune à la société. Avoir une lecture com- mune des menaces pour mieux les combattre est l’objectif prin- cipal de notre conférence. Il est temps que la société civile s’em- pare de ces questions de sécurité globale pour mieux informer les populations sur les options de leur protection.

Comment les Etats peuvent-ils assurer notre protection col- lective et combattre avec effi- cacité les différentes formes de menace terroriste, sans porter atteinte aux droits humains qui peuvent créer une sympathie à l’égard des groupes terroristes?

Répondant à ces menaces globa- les, de nombreux pays Africains ont adopté de nouvelles lois pour renforcer les moyens dont dispo- sent la Police et lesTribunaux pour lutter contre ceux qui ont recours à des méthodes terroristes. Dans

ceux qui ont recours à des méthodes terroristes. Dans de nombreux cas, ces mesures s’imposaient pour

de nombreux cas, ces mesures s’imposaient pour combler des

lacunes dans les dispositions lé- gislatives existantes. Mais, certai- nes lois anti-terroristes adoptées dans certains pays produisent des effets pervers sur la démo- cratie. Les Etats sont confrontés

à un problème essentiel: com-

ment protéger les citoyens de la menace terroriste sans remettre en cause les principes fondamen- taux de l'État de droit? Ne pas se

nationales (ONU, UA, UE) devient nécessaire voire indispensable. Dans ce combat asymétrique, la primauté du système de droit et la crédibilité des institutions pu- bliques doivent être renforcées et toute forme d’abus évité. Il s’agit de redéfinir la probléma-

tique de la sécurité en dissipant les sentiments d'inquiétude, de peur, voire de terreur qui entoure le concept de sécurité.

peur, voire de terreur qui entoure le concept de sécurité. donner les moyens efficaces et suffisants

donner les moyens efficaces et suffisants pour combattre le ter- rorisme peut affaiblir la crédibi-

lité et l'autorité des institutions. En même temps, une réaction excessive de la part de ces insti- tutions peut provoquer un senti- ment de rejet à l'égard de celles-

ci par les citoyens, ou même de

sympathie à l'égard des groupes

terroristes.

Ne nous voilons pas la face. Il y a

un temps pour la prévention et la

médiation mais, il ne faut pas ex- clure, en cas d'échec, le recours à

l'option militaire, même si celle-ci n'est qu'un aspect du combat glo- bal contre le terrorisme. Compte tenu de l'absence de capacités militaires réelles dans les pays frappés par le terrorisme ou dans

la sous-région concernée, l'appel

à la communauté internationale

à travers les Organisations Inter-

Peut-on mettre en évidence ou établir une corrélation entre le terrorisme et l’islamisme radi- cal, entre la drogue et le terro- risme, et entre la pauvreté et le terrorisme?

La réponse est certainement

oui. A la croisée de tous les périls (terroriste, guerre civile et ethni- que, réfugiés, trafics de drogues, otages), les crises-Somalienne, Sahélienne et Nigériane- ont des enjeux géopolitiques énormes:

sécurité énergétique, leadership régional et lutte contre le terro- risme islamiste (AQMI, Boko Ha- ram, El-Shabab, Al-Qaeda). Il faut aussi dire que la pauvreté et les crises politiques ont nourri le terrorisme. Sans développe-

ment, il ne peut y avoir de sécu-

rité. Les jeunes doivent se voir of- frir des alternatives éducatives et

26 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

professionnelles au recrutement des organisations terroristes et mafieuses. Quand les gouverne - ments n’assurent pas
professionnelles au recrutement des organisations terroristes et mafieuses. Quand les gouverne - ments n’assurent pas

professionnelles au recrutement des organisations terroristes et mafieuses. Quand les gouverne- ments n’assurent pas le bien-être de leurs citoyens, les gens devien- nent plus réceptifs aux idéologies de violence et de mort. Peut-être, devrions-nous nous interroger sur la dimension d’ins- trumentalisation. Le terrorisme islamiste est une notion complexe qui se greffe et s'enracine dans un milieu géographique caractérisé par une dynamique géopolitique propre et évolutive. Aussi, si nous prenons à titre illustratif le cas d'AQMI, la menace existe, il ne s'agit nullement de nier l'existen- ce d'éléments radicaux vecteurs d'un discours politico-religieux et ayant recours à la violence. Néan- moins, en profondeur, AQMI est également un levier utilisé par des acteurs locaux, régionaux et internationaux poursuivant leur propre agenda et instrumen- talisant, voire amplifiant, cette menace terroriste. Le jeu des acteurs, les perceptions sont au cœur de cette problématique un peu trop vulgarisée et simplifiée par de nombreux milieux qui y trouvent leur propre intérêt. Parlons des branches Africai-

nes d’AlQaida en Afrique. Com- ment les combattre efficace- ment quand les Etats Africains concernés par la menace ne sont pas toujours d’accord sur la définition du terrorisme?

Al-Qaïda et ses branches Afri- caines (AQMI, Ansar-Eddine, Mujao, Boko Haram, El-Shabab) partagent la même «idéologie martyriste» poussant au sacri- fice et visant les Occidentaux comme «ennemis prioritaires» et les Africains comme «dom- mages collatéraux et religieux». Il s’agit d’un casse-tête pour les pays Africains. Ils peuvent diffi- cilement lutter ensemble contre ces intégristes radicaux car, ils ne sont pas d'accord sur la définition du terrorisme. Et puis ce n'est pas une priorité politique, d'autant plus que les trafics auxquels se livrent ces mouvements (contre- bande, trafic de drogue et d'êtres humains, prise d’otages, piratage en mer), constituent des ressour- ces majeures pour certains pays. L'actualité, qu'elle soit Sahélien- ne, particulièrement Malienne, Somalienne ou venant d'autres sous-régions, je pense aux ac- tes de piraterie dans le Golfe de

je pense aux ac- tes de piraterie dans le Golfe de PERSPECTIVES Guinée, mettant cruellement en

PERSPECTIVES

Guinée, mettant cruellement en évidence, le besoin de forces mi- litaires ou de police capables de lutter contre un terrorisme qui lui, n'hésite pas d’utiliser la force ar- mée. C'est d'ailleurs une des cau- ses majeures de la progression du terrorisme en Afrique. Outre la faillite des gouvernances, la misère sociale, la montée d'un Is- lam radical, c'est bien l'absence de forces armées étatiques, gar- diennes des institutions et de la sécurité collective de l'Etat qui permet au terrorisme armé de prospérer. La réponse militaire face au ter- rorisme est parfois nécessaire. Je tiens à rappeler cette phrase du philosophe Français Raymond Aron: «Avec l'instrument militai- re, vous ne pouvez pas tout faire mais sans l'instrument militaire vous ne pouvez rien faire».

Quelles sont aujourd'hui dans les régions directement tou- chées, les forces armées capa- bles de contenir la menace du terrorisme, pour que le remède ne soit pas pire que le Mal?

L’Union Africaine doit travailler à une stratégie globale à l’égard des foyers terroristes et défi- nir une approche polyvalente, multifonctionnelle et commu- ne pour la prévention et la ré- duction de l'instabilité dans ces régions fragilisées et de toute cause contribuant au terroris- me permanent. L’objectif de notre conférence est de parvenir à une lecture commune du terrorisme pour envisager des solutions viables de protection des populations africaines, qui sont les premiè- res victimes de ce terrorisme aveugle. Les Etats doivent af- ficher une grande fermeté à l'égard de l'Islamisme radical dont la propagation représente un danger vital pour l’Afrique et pour la sécurité mondiale.

ACTUALITÉ
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interview sOulEyMaNE Bachir

DiAGnE

pr de philosophie à l’Université Columbia aux UsA

DiAGnE pr de philosophie à l’Université Columbia aux UsA L’originalité repose sur l’imprévisibilité INTERVIEw

L’originalité repose sur l’imprévisibilitéDiAGnE pr de philosophie à l’Université Columbia aux UsA INTERVIEw RéALISéE PAR MOhAMAdOu SY «SIRé» Dans

aux UsA L’originalité repose sur l’imprévisibilité INTERVIEw RéALISéE PAR MOhAMAdOu SY «SIRé» Dans le

INTERVIEw RéALISéE PAR MOhAMAdOu SY «SIRé»

Dans le cadre de cet entretien avec le Professeur Souleymane Bachir Diagne, le philosophe nous offre sa lecture de l’état des lieux de la démocratie sur le continent, décrypte le retour en force des Sciences sociales et des Humanités dans le monde des Affaires, de la Finance et de l’Economie de manière générale, avant d’inviter les décideurs, les dirigeants et les élites africains, à accorder une place de choix à la réflexion stratégique et prospective dans leurs actions, pour saisir les opportunités qui se présentent au continent dans cette dyna- mique de repositionnement géostratégique. Entretien avec le Pr. Souleymane Bachir Diagne que le journal «Nouvel Observateur» (nu- méro hors-série Décembre 2004/Janvier 2005) a désigné parmi les 25 grands penseurs du monde et que l’hebdomadaire «Jeune Afrique» (n° 2450-2451, du 23 Décembre au 5 Jan- vier 2008) a désigné parmi «Les 100 personnalités qui font l'Afrique». Le Philosophe et Professeur Souleymane Bachir Diagne comme vous ne l’avez peut-être, jamais lu.

Plus de vingt ans après la conféren- ce de la baule en 1989, quelle appré- ciation faites-vous de la démocratie en Afrique?

J’estime et je constate avec beaucoup d’observateurs, que la démocratie a avancé en Afrique. D’abord, il ne fau-

drait pas exagérer la portée du dis- cours de la Baule comme s’il a fallu attendre le discours de la Baule pour que les sociétés civiles Africaines exi- geassent la démocratie. Si ce discours de la Baule a pu jouer un rôle en in- fléchissant l’attitude de la France el- le-même, en montrant à ces sociétés

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civiles Africaines que la France n’était pas nécessairement du côté des pou- voirs en place et de l’autoritarisme, ce n’est tout de même pas la France qui a inventé la volonté démocratique des populations Africaines. Un exemple, la conférence de la Baule n’a aucun ef- fet sur le devenir démocratique d’un

pays comme le Sénégal, puisque le Sénégal s’était engagé sur cette voie

il y a fort longtemps. Une fois que l’on

a dit cela, il faut aussi constater que

depuis la fin des années 80 et durant les années 90, les transitions démo- cratiques ont eu lieu dans plusieurs pays Africains, des alternances démo- cratiques ont eu lieu sur le continent. Aujourd’hui, il est bien certain que la tendance est l’approfondissement de la démocratie, à l’acclimatation et à l’enracinement des démarches dé- mocratiques. Les régimes autoritaires sont sur la défensive parce qu’il n y a plus aucune légitimité à l’autorita- risme comme il a pu en exister sur le plan philosophique dans le passé.

On constate qu’en Afrique, les insti- tutions sont faibles et les hommes sont forts. Comment inverser ce rapport de force?

Je reprends à mon propre compte, ce que j’ai répondu à la première question, que les choses sont entrain d’évoluer. Il ne s’agit pas aujourd’hui de savoir comment se mettre à in- verser ce rapport de force mais, com- ment accentuer le processus qui est inéluctablement en train de se mettre en place et qui fait que ce rapport de force tende au changement. Exem- ple, si vous prenez les présidences qui se sont mises en place après les indépendances, «les Pères de la Na- tion», et jusqu’à la fin des années 80, ces hommes forts aujourd’hui, ont disparu de la scène publique africaine. L’idée d’un homme providentiel à lui seul, changerait le cours des choses, est une idée qui fait ricaner les popula- tions. Tout le monde se rend compte que cette idée de l’homme provi- dence qui orienterait à lui seul le cours des choses est une arlésienne sur le continent. Mais maintenant, la tâche des démocrates est de faire en sorte que les institutions soient renforcées, que l’on mette en place des institu- tions qui correspondent à l’état des choses. Pour donner un exemple, les Assises nationales au Sénégal ont été un moment important de réflexion

au Sénégal ont été un moment important de réflexion LE GRAND ENTRETIEN sur les institutions et

LE GRAND ENTRETIEN

sur les institutions et les orientations qu’il faut se donner, en mettant l’ac-

cent sur les institutions. Les hommes

et les femmes qui vont l’animer vien- nent après. La démocratie se réalise d’abord dans les institutions et vien- nent ensuite, les hommes et les fem- mes pour les servir et non pas se servir ou se mettre au dessus de ces institu- tions. Je pense que la rencontre des Assises nationales au Sénégal pour prendre cet exemple, établit le mo- dèle d’une action à entreprendre, d’un contrôle par les citoyens, de leurs des- tinées et de leurs propres orientations et d’une réflexion prospective sur les meilleures institutions qui feront que la démocratise s’enracinera.

le système des partis politiques et des phénomènes partisans, est-il de nature à encourager une refon- dation politique ou perpétue-t-il la survivance d’un système élitiste et rentier hérité de la période colo- niale?

Il faut d’abord partir du constat que la démocratie dont on a parlé, existe de manière claire quand il y a des partis politiques porteurs de projets concurrents, de projets qui sont en compétition, qui sont soumis à l’ap- préciation et au vote des populations. Les partis politiques sont absolument nécessaires à cette refondation politi- que et à l’avancée démocratique sur le continent. Maintenant, que les partis politiques génèrent certaines élites, c’est un fait. Il faut que les partis poli- tiques, en leur propre sein, acceptent les mécanismes démocratiques et de compétition. Il ne faudrait pas que cette dernière se fasse seulement en- tre partis mais également, à l’intérieur des partis, à la tête desquels trônent toujours les mêmes dirigeants. Ce phénomène donne l’impression que les dirigeants de ces partis sont les propriétaires de ces partis plutôt que des représentants de ces partis. Donc les deux phénomènes vont de pair:

une participation active des partis po- litiques dans le processus démocrati- que mais également, une démocra-

tisation des partis politiques en leur propre sein. Et ce ne sera que du bien pour le devenir démocratique sur le continent.

Dans cette période d’exigence ci- toyenne active et de «médiacratie» (pouvoir des média de masse), quel rôle les chefferies coutumières et religieuses pourraient-elles jouer dans la gouvernance publique sur le continent?

Idéalement, aucun. Il faut être très clair sur le fait que les démocraties modernes, les espaces publics mo- dernes où les gens se présentent en tant que citoyens, ne peuvent pas s’accommoder de ces chefferies tra-

ditionnelles et religieuses. Ceci dit, il est évidemment important que les chefferies religieuses en particulier, gardent toute l’autorité morale qui doit être la leur, parce qu’une société

a toujours besoin de ces autorités

morales qui servent de boussole. El- les sont pour ainsi dire, les mémoires éthiques de nos sociétés et il est bon que ces mémoires éthiques aient leur mot à dire et le dire dans l’es- pace public, à intervalles de temps réguliers, lorsqu’il y a en particulier des crises majeures et que la société

a besoin de se retrouver pour mieux

s’appuyer sur ce qu’elle est pour aller de l’avant. Toutefois, l’espace public n’est pas un espace qui devrait être livré à une orientation politique ve- nant de ces chefferies traditionnel- les ou religieuses. Par conséquent,

la gouvernance publique est d’abord

gouvernance publique à partir du choix des citoyens qui agissent et interagissent dans l’espace public en tant que simples citoyens et non pas comme assujettis à telle ou telle autre autorité coutumière ou reli- gieuse.

telle ou telle autre autorité coutumière ou reli- gieuse. Etes-vous d’avis avec ceux et celles qui

Etes-vous d’avis avec ceux et celles qui affirment qu’en Afrique, les peu- ples seraient en avance en matière d’intégration sur nos Etats et nos Institutions régionales et/ou sous- régionales?

LE GRAND ENTRETIEN Je sais bien qu’il y a un discours po- puliste qui consiste

LE GRAND ENTRETIEN

Je sais bien qu’il y a un discours po- puliste qui consiste à dire que les Peuples eux, sont en faveur de l’in- tégration et que ce sont les Etats et/ ou les Institutions qui traineraient des pieds. Là-dessus, il ne faudrait pas être populiste et se faire des illusions. Il n’est pas vrai que les Peuples aient tout naturellement, comme s’ils por- taient en eux par essence, une sorte de culture de l’intégration. La culture de l’intégration est une chose qu’il faut développer, qu’il faut enraciner et sur laquelle il faut travailler, c’est-à- dire qu’il y a une œuvre d’intégration à une citoyenneté supranationale, une citoyenneté régionale qu’il faut mettre en place parce qu’encore une fois, il faut insister là-dessus, il n’est pas vrai que les Peuples soient por- tés naturellement à l’intégration. Les gens le disent lorsqu’ils voient que les populations ignorent certaines fron- tières. Mais, c’est tout simplement naturel parce que ce sont les mêmes populations que l’on retrouve de part et d’autre des frontières. D’ailleurs, il faut également se rappeler que souvent cette sorte d’ignorance des frontières, s’accompagne également de toutes sortes de trafics qui ne sont pas souhaitables non plus. Donc, croire que les Peuples sont naturel- lement portés à s’embrasser les uns et les autres et à créer des espaces, et que ce sont les Etats et les Insti- tutions qui sont à la traîne, est une tendance démagogique, populiste et fausse. Et cela nous empêcherait si on commence à penser ainsi, de sa- voir exactement quelle tâche il faut mener, quelle est la tâche de dévelop- pement d’une culture de l’intégration qui vise à la fois les élites politiques et les populations. Il est également vrai que certains sont attachés à la souve- raineté de ces Etats-Nations étriqués, qui ne sont pas de véritables espaces de développement et qui doivent être sur ce plan-là, mis à la touche pour mettre en place, une véritable intégration avec des hommes et des femmes qui sont au courant des en- jeux et qui voient bien que le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui

nous commande de mettre en place de manière sûre, ces institutions ré- gionales et/ou sous-régionales.

En quoi la philosophie peut-elle participer à la construction d’une citoyenneté active des peuples et à l’émergence économique des Na- tions Africaines?

C’est une question importante et diffi- cile à la fois, mais j’y répondrai en rap- pelant d’abord une chose qui est que par sa nature même, la Philosophie a toujours eu partie liée avec la démo- cratie. Si vous prenez le développe- ment de la Philosophie en Grèce, je prends cet exemple-là, mais je ne suis pas entrain de dire que la Philosophie est tout naturellement Grecque dans ses origines, mais seulement parce qu’il est l’exemple le plus parlant. Ceci dit, la démarche philosophi- que, l’interrogation philosophique, le questionnement philosophique, le questionnement de la politique et de l’orientation de la Cité, se sont dé- veloppés en même temps que l’idée d’un espace public, symbolisé à Athè- nes par exemple, par ce qu’on a appelé l’Agora, qui était une place publique à Athènes où les gens venaient débat- tre publiquement des orientations qui devaient être celles de la Cité. Eh bien, cette notion d’espace public et d’espace démocratique est liée de manière interne à la Philosophie. La Philosophie ne prospère et ne vit que de l’existence d’un espace dé- mocratique qui est son exigence pre- mière et l’approfondissement d’un espace démocratique dans lequel, les citoyens, librement, viendraient dé- battre des meilleures orientations à donner à la Cité. Donc si on considère cela comme étant l’essence même de la Philosophie, on voit bien que la Philosophie est avant tout, réflexion critique et développement de ce que vous avez appelé fort bien dans votre question, une citoyenneté active. De ce point de vue-là, il est essentiel que dans nos systèmes éducatifs en Afri- que, la Philosophie ait toute sa place et qu’on lui donne toute l’importance

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qui doit être la sienne, lorsqu’il s’agit de penser la citoyenneté de manière prospective. On admettra également que lorsque les énergies individuelles et collectives sont ainsi libérées en toute démocratie, cela participe vé- ritablement de l’innovation et favo- rise l’émergence économique de nos Etats. Je ne dis pas que la Philosophie en tant que telle a un rôle dans l’émer- gence économique en Afrique parce que la Philosophie n’est pas de l’Eco- nomie Politique, mais en termes de réflexion sur les orientations qui sont elles-mêmes les conditions premières de l’émergence économique, la Philo- sophie a un rôle considérable à jouer et il est bon que nos systèmes éduca- tifs en Afrique le lui fassent jouer.

On constate de plus en plus, l’arri- vée en puissance des Sciences socia- les et des humanités dans le monde de l’Entreprise, au point d’«envahir» le monde des affaires à travers les fonctions du développement per- sonnel, de la gestion des ressources humaines, de la prospective, de la stratégie et du management. Et la question du sens est de plus en plus d’actualité. Est-ce une revanche de la Philosophie en tant que mère des Sciences ou une nouvelle conquête?

Le monde de l’Entreprise, le monde de l’Economie de manière générale, est aujourd’hui revenu du tout tech- nique. Il faut bien se rendre compte que tout ce qui concerne le déve- loppement des Entreprises n’est pas seulement de la pure technicité. On ne gère pas les humains comme on gère les machines. Il y a aussi cette réflexion prospective, cette dimen- sion également de la culture. En réa- lité, le développement en force des Sciences sociales et des Humanités dans l’univers de l’Entreprise et de l’Economie de manière générale, a toujours été là. Rappelez-vous, pour donner un exemple fameux et peut- être ancien, lorsqu’il a fini ses étu- des de Lettres Classiques, celui qui allait être le Président de la France, Georges Pompidou, est entré dans

la banque. Cela veut dire que la ban-

que avait fait le pari qu’il pouvait être tout à fait profitable à un mo- ment donné, non plus de recruter des profils qui ont été formatés et moulés pour servir le monde de la Fi- nance, mais au contraire, quelqu’un qui était hors norme, hors format, qui viendrait avec sa propre origina-

lité, avec sa propre culture qui n’était pas du tout une culture d’entreprise. L’originalité, et c’est cela le fond de mon argumentation et de ma ré- ponse, repose sur l’imprévisibilité. Si vous avez des gens toujours formés sur le plan technique pour servir le monde de l’Entreprise et de la Finan- ce, vous allez avoir une répétition mécanique des mêmes choses, des mêmes orientations et des mêmes procédures et cela est le contraire même de l’innovation. Et c’est parce que le monde dans lequel nous vi- vons aujourd’hui repose sur une vo- lonté d’innovation permanente qu’il

y a eu ce retour en force des Scien-

ces sociales et des Humanités à l’in- térieur du monde de l’entreprise. Et comme vous dites, il y a de plus en plus la question du sens, de la signi- fication de ce que nous faisons parce que si nous répétons les mêmes gestes, au bout d’un certain temps,

nous perdons de vue l’orientation

générale et la signification profonde et humaine de ce que nous faisons.

Il est donc bon que les Humanités

soient là pour nous rappeler, la signi- fication humaine de nos actes et de nos procédures.

Avec le basculement du centre de gravité de l'économie mondiale, de l'Europe et des Amériques vers l'Asie du sud-est et l'Afrique, com- ment les Sciences sociales et les humanités peuvent-elles dégager une réflexion stratégique pour l’émergence du continent Africain?

Il est de plus en plus établi qu’en ef-

fet, l’heure de l’Afrique pourrait bien sonner. Mais, je pense que c’est en- core fragile. Il ne faut pas crier vic- toire trop tôt. Il faut s’aviser que cela

pas crier vic- toire trop tôt. Il faut s’aviser que cela LE GRAND ENTRETIEN demande du

LE GRAND ENTRETIEN

demande du travail et beaucoup de responsabilité. Mais , il est important de voir qu’une revue aussi respectée que «The Economist» ait pu titrer il y a quelques mois, sur l’Afrique comme étant un continent qui com- mence à voir le bout du tunnel et à s’ouvrir un avenir. Maintenant, les Sciences sociales ont un rôle impor- tant à jouer, un rôle multiforme. Il y a plusieurs illustrations qu’on pourrait donner. J’en donne simplement une pour vous donner une indication. La situation que vous décrivez tient énormément au développement de la Chine et à sa présence si forte sur le continent. La Chine, qui en ma- tière d’investissements, est passée devant les Etats-Unis et l’Europe sur le continent. Et les Africains, pour être maîtres de leurs destins, doi- vent pouvoir s’interroger sur la signi- fication de cette présence Chinoise. Il nous faut développer une signi- fication de la culture Chinoise. Les

Chinois, sachant qu’ils sont devenus une puissance globale et très pré- sente en Afrique, sont entrain de multiplier les Centres d’Etudes Afri- caines en Chine. Il faut que les Afri- cains créent et multiplient aussi des Centres d’Etudes Chinoises en Afri- que. Il faut que les Sciences sociales nous apprennent à réorienter notre réflexion dans ce sens-là, pour une meilleure connaissance historique et

culturelle de la Chine, puisque c’est un pays avec lequel désormais notre continent va faire affaire de plus en plus. Il faut donc que nous Africains, développions également une vérita- ble prospective pour savoir où nous allons, ce que nous réserve l’avenir qui se dessine aujourd’hui.Car, la prospective n’est pas seulement une affaire de projections technique des tendances d’aujourd’hui. L’imagina- tion créatrice a toute sa place et c’est en ce sens-là que les Sciences socia- les ont un rôle majeur à jouer dans la

réflexion stratégique.

Quels futurs possibles pour l’Afri- que en 2025 selon vous, pour faire référence à la réflexion dévelop-

pée par le think tank «futurs Afri- cains». Quel modèle d’anthropolo- gie sociale pour libérer les énergies en Afrique?

Le Think Tank «Futurs Africains» est un Think Tank extrêmement impor- tant qu’il faut que les décideurs et plus largement les élites africains et les Africains de manière générale, en connaissent l’existence et le rôle prospectif qu’il peut et doit jouer dans notre réflexion sur nous-mê- mes, sur nos institutions, sur notre présent et sur notre avenir. Parce que ce que nous enseigne la Pros- pective, c’est ce que répète le Think Tank «Futurs Africains». Ce qu’il nous enseigne, c’est que les décisions que l’on prend aujourd’hui, doivent être toujours des décisions pour demain. C’est comme si c’est le futur souhai-

table, le futur voulu, imaginé, rêvé, le futur que l’ont crée qui nous dicte nos décisions et actions d’aujourd’hui au lieu que nos actions nous viennent du passé. Ce n’est pas le passé qui doit déterminer ce que nous fai- sons aujourd’hui et qui consisterait

à décider en ayant les yeux braqués

sur le rétroviseur. Ce n’est pas parce que nous avons telle tradition que nous agissons de telle manière mais,

parce que nous voulons tel futur que nous agissons de telle manière. Et c’est cette leçon que porte le Think Tank «Futurs Africains» et il est bon que nous comprenions cette leçon- là. Donc, le modèle d’une anthro- pologie sociale prospective, d’une citoyenneté anticipatrice qui est proposée et qui nous permettra de libérer les énergies en Afrique.

Encore une fois, toujours compren-

dre que la fidélité véritable à ce que nous sommes, à nos traditions, ne consiste pas à passer notre temps à réfléchir sur ces traditions, mais

à faire en sorte que ces traditions

aient un avenir et nous projeter dans l’avenir et prendre nos décisions en fonction des projections que nous faisons. C’est le meilleur moyen de libérer les énergies en Afrique.

Réalisé par Mohamadou SY "Siré" CAPITAL-INVESTISSEMENT EN AFRIQUE afriQue de l’Ouest et centrale, la nOuvelle
Réalisé par Mohamadou SY "Siré" CAPITAL-INVESTISSEMENT EN AFRIQUE afriQue de l’Ouest et centrale, la nOuvelle
Réalisé par Mohamadou SY "Siré" CAPITAL-INVESTISSEMENT EN AFRIQUE afriQue de l’Ouest et centrale, la nOuvelle

Réalisé par Mohamadou SY "Siré"

CAPITAL-INVESTISSEMENT EN AFRIQUE

afriQue de l’Ouest et centrale, la nOuvelle frOntière

depuis 2000 et dans le sillage du «consensus de Washington», de nouveaux fonds du capital-investissement dont le stock est estimé à 150 milliards de dollars us d’actifs en 2010, se sont déployés en Afrique Subsaharienne sous forme de dynamique d’investissements privés (directs et de portefeuilles). Pour de nombreuses entreprises de grande taille ou en phase de création, c’est un moyen d’accéder non seulement à des fonds propres, indispensables à leur croissance, mais également à un accompagnement rapproché en matière de définition de leur stratégie, d’amélioration de leur gouvernance et d’accès à des réseaux professionnels internationaux. Si le capital-investissement reste encore très concentré sur quelques régions en Afrique (Afrique Australe, Afrique de l’Est et Afrique du nord), ces fonds se déploient de plus en plus vers Afrique de l’ouest et centrale, à travers des fonds spécialisés (fonds extérieurs, business angels), attirés tant par des perspectives positives de croissance des économies que par la renta- bilité des projets (souvent plus de 25 %) – supérieures à celles d’autres régions du monde, à l’exception de l’Asie et des pays émergents. cependant, le capital-investissement fait l’objet de multiples critiques, notamment l’absence de transparence (opacité) et de traçabilité (évasion fiscale) et une course à une rentabilité élevée sur des échéances à court terme. toutefois, la recherche de la rentabilité, par ailleurs légitime pour pérenniser l’activité et attirer des investisseurs, amène de plus en plus les gestionnaires de fonds, à délaisser le segment le plus créateur de richesses en Afrique, notamment celui des tPE (très Petites Entreprises) et des Petites et Moyennes Entreprises (PME), au profit des grandes entreprises. or, la légitimité du capital-investissement est de permettre à des acteurs économiques, de bâtir un partenariat sur le long terme, en sélectionnant et en accompagnant les entreprises les plus susceptibles de créer de la croissance, de l’emploi et de l’innovation. En l’occurrence, les tPE et les PME en Afrique. ce dossier se propose de faire un focus sur un mécanisme de financement alternatif- le capital-investissement- dont l’enjeu aujourd’hui en Afrique, est d’en faire un outil vertueux de croissance et de développement, créateur de richesse pour le plus grand nombre, mais également de standards exigeants en matière de gouvernance et de responsabilité.

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FOCUS

saMir BElrhaNdOria,

dirEctEur GéNéral dE MOrOccaN iNFrastructurE MaNaGEMENt

capital-investissement en afriQue

une source importante de capital à moyen et long terme

les fonds ciblent de plus en plus les secteurs de l’agro-alimentaire, de l’immobilier, de la distribution et des télécoms

En Afrique, le Capital-investissement reste encore concentré sur quelques régions (Afrique Australe, Afrique de l’Est et Afrique du Nord). Toutefois, ses fonds se (re) déploient de plus en plus vers Afrique de l’Ouest et Centrale, à travers des fonds spécialisés (fonds extérieurs, business angels), attirés tant par des perspectives positives de croissance des économies que par la rentabilité des projets (souvent plus de 25 %) – supérieures à celles d’autres régions du monde, à l’exception de l’Asie et des pays émergents. Cependant, le Capital-investissement fait l’objet de multiples critiques, notamment de faire ombrage à la transparence (opacité) et l’absence de traçabilité (évasion fiscale) et une course à une rentabilité élevée sur des échéances à courts termes. Qui sont ces acteurs du Capital-investissement? Quel est son business model? Comment peut-il devenir un levier de développement en Afrique? Quels sont ses secteurs réservoirs de rentabilité? A toutes ces questions, le Directeur Général d’un fonds d’investissement-Moroccan Infrastructure Management-, Samir Belrhandoria, nous en dit un peu plus.

Management-, Samir Belrhandoria, nous en dit un peu plus. Qu’est ce que le Capital-Investisse- ment communément

Qu’est ce que le Capital-Investisse- ment communément appelé «Pri- vate equity»?

Le Capital-investissement ou «Private equity» est un moyen de financement qui consiste en une prise de participa- tion d’un fonds d’investissement en fonds propres et quasi fonds propres dans une société à différents stades de son développement. Il constitue un moyen de renforcer les fonds propres d’une Entreprise, ce qui lui permet d’envisager plus sereine- ment l’avenir et son développement, grâce à de nouveaux leviers pour in- vestir et/ou se désendetter en ren- forçant ainsi sa crédibilité auprès de ses bailleurs de fonds, notamment les banques. Le Capital-investissement permet également de moderniser la

gestion d’une Entreprise et sa gou- vernance en même temps qu’il lui permet de bénéficier de l’apport du fonds d’investissement en matière de développement stratégique (apport d’affaires et de clientèle, identification de cibles dans le cadre de la politique de croissance externe et identification de partenaires de façon générale. Il est utile de rappeler également que le fonds investit soit en majoritaire ou en minoritaire dans le capital de la so- ciété cible par le biais de plusieurs ins- truments (fonds propres, mezzanine, obligations convertibles…). D’une manière générale, le Capital- investissement peut-être considéré comme une étape avant une ouver- ture plus large sur les marchés finan- ciers, notamment à l’occasion d’intro- ductions en bourse par exemple.

Qui sont ses principaux acteurs ? Dans les marchés de taille limitée, la plupart des acteurs ont des fonds al - lant de 10 à 50 millions de dollars. Ces fonds se refinancent généralement auprès d’institutions financières de développement et de plus en plus auprès de caisses de retraite et de compagnies d’assurance Africaines. Dans les économies plus développées (Maghreb, Afrique du Sud, Nigéria), les acteurs de Private equity dispo - sent de structures de grande taille (entre 50 et 100 millions de dollars). L’Afrique du Sud étant leader de la catégorie avec des fonds d’investisse - ment très actifs, notamment en Afri - que anglophone. La plupart des fonds sont généralistes et limités à un pays spécifique, quoique des structures constituées récemment, sont à voca -

FOCUS

tion sectorielle et/ou régionale. On remarque aussi l’arrivée des fonds mezzanine et de fonds spécialisés dans les dettes. La 3 e catégorie est constituée de grands fonds de Private equity qui interviennent en Afrique via leurs plateformes Européennes ou Améri - caines (avec des bureaux locaux ou sous-régionaux), opèrent générale - ment dans l’énergie, les infrastructu- res, les services et les activités extrac - tives. Ces acteurs arrivent à mobiliser d’importants fonds (entre 100 et 500 millions de dollars) auprès d’institu- tionnels internationaux intéressés par les marchés émergents (caisses de retraite, compagnies d’assurance, collatéraux et institutions de déve - loppement tels que la BAD, IFC, AFD/ PROPARCO,FMO,BIO,KFW,IDC).

Quel est le business model du Capi- tal–investissement ? Contrairement à une approche indus - trielle d’intégration stratégique, le Capital-investissement est centré sur

le concept de création de valeur es - sentiellement quantifiable lors de la revente de la société cible pour une durée prédéterminée à l’entrée du fond d’investissement dans le capital de la cible. Il convient alors de souligner qu’un fonds d’investissement crée de la va- leur en:

1. Veillant à acquérir une société ci-

ble au meilleur prix compte tenu

de ses perspectives d’évolution, ses risques opérationnels mais aussi du contexte dans lequel évolue la cible et son mode de management.

2. Modernisant et en renforçant la

gouvernance des sociétés dans les - quelles il investit, notamment grâce à la mise en place de contrepouvoirs nécessaires à la vie d’une entreprise (nomination d’administrateurs indé- pendants et d’administrateurs tiers à

eux proposés par l’actionnaire majo - ritaire, le cas échéant, proposition de personnes indépendantes à des pos - tes stratégiques comme le Directeur Général ou le Directeur Financier).

3. Améliorant les performances opé-

rationnelles et financières. A noter que le fonds intervient dans la ges - tion des cibles via une société de gestion (qui dispose d’effectifs dédiés avec des profils rompus aux métiers de l’investissement) dont les ges - tionnaires ont fait appel à des fonds confiés dans le cadre d’un mandat de gestion par des investisseurs (inves - tisseurs institutionnels, compagnies d’assurance, caisses de retraite, fonds de pension voire des investisseurs pa - trimoniaux comme les family offices) avec un objectif minimum de rentabi - lité (quantifié en TRI) au-delà duquel les gestionnaires récupèrent une part de la plus value lors de la phase de désinvestissement. Cet intéresse - ment est communément connu sous le nom de carried interest. La société de gestion définit les orientations stratégiques et l’ingénierie financière (optimisation des structures financiè -

res, juridiques et fiscales) en veillant

à intéresser le management de la so -

ciété de manière efficace. 4. S’assurant de se désengager des cibles de manière efficace en pré - voyant dès le départ des conditions optimales de sorties (dans le cadre de pactes d’actionnaires) mais aussi en étudiant de manière approfondie les différents scénarii des options de sortie envisagées pour le fonds en prenant en compte la conjoncture de marché et la faisabilité des dites

options.

Dans quelle mesure, le Capital-in- vestissement peut–il être un levier de Développement voire d’émer- gence en Afrique?

Compte tenu de la difficulté d’accès

à la dette en Afrique et de son coût

prohibitif, le Capital-investissement peut jouer un rôle clé dans le déve- loppement de l’Afrique. Il est avant tout une source importante de capi - tal à moyen et long terme qui favorise l’investissement et donc la création d’entreprises et le développement de celles existantes. De même, les fonds ont un impact significatif en termes d’emploi et d’activité et donc de reve -

nus fiscaux pour les États, sans comp -

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ter qu’ils créent un climat favorable aux investissements en instaurant des règles de bonne gouvernance dans les sociétés cibles. L’Afrique a besoin de mobiliser le maximum de capitaux disponibles

pour à la fois initier des projets struc - turants et renforcer son secteur productif. Le Capital-investissement peut constituer un catalyseur dans la mesure où il joue un rôle d’intermé - diaire entre l’épargne institutionnelle

à long terme où quelle se trouve dans

le monde et les entrepreneurs. La capacité du Private Equity à se doter en ressources humaines compéten - tes permet également à l’Afrique de bénéficier d’un réservoir d’expertise créateur de valeur pour le continent.

Quels sont aujourd’hui, les secteurs pour le Capital-Investissement en Afrique, qui ont un fort réservoir de rentabilité?

Comme souligné par la dernière étude sur le Capital-investissement en Afrique menée par l’Emerging Markets Private Equity Association (EMPEA), la plupart des marchés Afri - cains en Capital-investissement se concentrent sur quelques entreprises et quelques secteurs, en particulier financier et minier, avec une repré - sentation très modeste des entrepri - ses de taille moyenne. Or, celles-ci constituent un moteur de croissance fondamental pour la région, au cœur de la stratégie économique de la ma - jorité des pays de la région. Le secteur bancaire et celui de l'in - dustrie extractive tiennent une place prééminente dans l'espace du capi - tal-investissement. Depuis 2010, on

assiste à plus de la moitié des opéra - tions qui ont été réalisées dans des secteurs comme les produits alimen - taires et les boissons (par exemple Dewcrisp et Foodcorp en Afrique du Sud), la santé (clinique Snapper Hill au Liberia et hôpital pour femmes

à Nairobi) et les médias et télécom-

munications (Wananchi Group au Kenya). La conjoncture actuelle relative à un début probable de retournement de

tendance concernant les cours des matières première, devrait accélérer le changement de stratégie des fonds d’investissement qui gagneraient à se positionner en privilégiant davantage les secteurs de l’agro-alimentaire, de l’immobilier, de la distribution et des télécoms, dans le cadre de l’accom - pagnement de l’émergence d’une société de consommation qui s’urba- nise à grande vitesse et dont les reve - nus s’améliorent. Par ailleurs, le secteur des infrastruc - tures devrait retrouver ses lettres de noblesse auprès du Capital-investis- sement en Afrique, répondant à un besoin de reconstruction ou/et de développement des pays, compte tenu des besoins importants en la matière. L’ONU chiffre à cet effet les besoins du continent à 22 milliards $ par an pendant 5 ans en matière d’in - frastructures.

Quel est selon vous, l’approche la plus rentable pour les fonds du Ca- pital-Investissement en Afrique:

cibler des régions phares (Afrique australe, Afrique centrale, Afrique de l’Est) ou des secteurs particuliers (Industries extractives, Télécoms, Infrastructure, Agro-alimentaire)? Par essence, un fonds d’investisse- ment se doit d’être «opportuniste» pour pouvoir capturer l’ensemble des opportunités qui se présentent à lui tant en termes de régions géogra - phiques que de secteurs. Cela étant, il est important d’avoir une stratégie pour optimiser les ressources temps et hommes de l’équipe de gestion du fonds d’investissement et surtout proposer une valeur ajoutée aux in - vestisseurs à qui on va s’adresser lors de la levée de fonds par rapport aux pays ciblés (c’est-à-dire quels sont les pays où de par son expérience et ses contacts il sera plus facile d’identifier et de gérer le flux d’opportunités) et aux secteurs ciblés (c’est-à-dire est-ce que l’équipe de gestion apporte une expertise par rapport à tel ou tel sec - teur). A noter que pour les secteurs, il convient également d’avoir les tic - kets d’investissement adaptés à cha-

que secteur (les infrastructures et les industries extractives nécessitent en général des tickets plus élevés). On assiste de plus en plus, à l’arrivée de nouveaux acteurs dans la levée de fonds du capital-investissement:

Les Business Angels et les Fonds exté - rieurs. Sont-ils de sérieux concurrents aux traditionnelles institutions finan - cières ou une transition du secteur? L’arrivée de Business Angels ou de fonds extérieurs dans le continent crée une émulation positive et favo - rise le climat des affaires en Afrique. Leur présence dans le continent ne représente donc pas une concur- rence au sens strict du terme pour les fonds d’investissement en Capi - tal-investissement d’autant plus que les besoins de financement dans la région sont largement supérieurs à l’offre existante en terme de fonds en Private et que généralement les tic - kets en Capital-investissement dans le continent sont supérieurs à ceux du Business Angels et qu’ils n’intervien - nent pas au même stade de maturité d’une entreprise ou d’un projet, les Business Angels étant plus générale - ment focalisés sur les start-ups. Par ailleurs, une collaboration des deux pourvoyeurs de fonds est tout à fait envisageable dans le cadre d’un co- investissement.

Qu’est ce qui différencie le Capital- investissement des hedges funds (fonds de couverture) ? Les Hedge Funds sont des fonds d’in- vestissement d’un type particulier qui se livrent à des placements à court terme de protection contre les fluc- tuations des marchés considérés. Les Hedges Fund offrent aux investisseurs la possibilité d’avoir une performance décorellée de celle des marchés. Ils uti- lisent massivement les techniques per- mettant de spéculer sur l’évolution des marchés, à la baisse comme à la haus- se. Ils sont peu transparents et souvent implantés dans les paradis fiscaux. Leurs gérants y investissent une part de leur patrimoine et prélèvent des com- missions très importantes en fonction de la surperformance du fonds.

FOCUS

en fonction de la surperformance du fonds.  FOCUS Par opposition, un fonds de Private equity

Par opposition, un fonds de Private equity est un fonds spécialisé sur des valeurs non côtées sur le marché à moyen et long terme, donc peu liqui - des. Par définition, ce sont des fonds opérant sur le long terme étant don - né qu’ils ne peuvent se désengager de leurs positions rapidement.

On reproche souvent aux fonds du Capital-investissement, de faire om - brage à la transparence (opacité) et à la traçabilité (évasion fiscale). Etes- vous du même avis ? Je ne partage pas tout à fait cet avis. Comme évoqué auparavant, l’entrée d’un fonds d’investissement en Ca - pital-investissement dans le capital d’une société cible institutionnalise son tour de table et instaure donc des règles de bonne gouvernance au sein de la société et de ses rapports avec les tiers. Il est à noter que la majorité des so - ciétés de gestion des fonds d’inves - tissement en Capital-investissement sont soumises à un code éthique très exigeant qui traduit la volonté de ses investisseurs (souvent des institution - nels) à se conformer à un comporte- ment éthique respectant les principes du développement durable.Le fonds s’engage à respecter les contraintes légales et réglementaires en vigueur. De même, les fonds d’investissement s’engagent à avoir un impact environ - nemental et sociétal positif.

FOCUS

ActivitéS du cAPitAl-invEStiSSEMEnt

l’afriQue subsaharienne, de plus en plus attractive

L’Afrique subsaharienne a accueilli 4% des 159 milliards de dollars US levés pour l’en- semble des marchés émergents entre 2006 et 2008 et, 6% du total des capitaux levés pour l’ensemble des marchés émergents en 2010, révèle EMPEA (Emerging Markets Pri- vate Equity Association), une association indépendante, fédérant au niveau mondial, des investisseurs institutionnels et des gérants de fonds.

des investisseurs institutionnels et des gérants de fonds. Entre 2006 et 2008, le volume des investissements

Entre 2006 et 2008, le volume des investissements sur 47 marchés d’Afrique subsaharienne a atteint 8 milliards de dollars US contre 136

milliards pour l’ensemble des mar- chés émergents (dont 59 milliards pour la Chine, l’Inde et le Brésil), mentionne une étude d’EMPEA pu -

bliée en 2010. En 2010, l’Afrique subsaharienne a drainé 6 % du total des capitaux levés pour les mar- chés émergents. Et cette croissance devrait se poursuivre, note EMPA. Rapportée au produit intérieur brut (PIB), l’activité de Capital-investis - sement en Afrique subsaharienne (0,17 % du PIB) est comparable à celle des pays du BRIC (0,16 % du PIB) et supérieure à celle d’autres régions comme l’Amérique latine et l’Europe centrale et orientale (0,10% du PIB), renseigne EMPEA.

Les levées de fonds ont atteint en Afrique, 6 milliards de dollars US entre 2006 et 2008 sur un volume estimé à 1 400 milliards de dollars levés dans le monde. Entre 2000 et 2005, le montant des levées de fonds pour le l’Afrique n'était que de l’ordre de 2 milliards de dollars US, précise EMPEA.

défi du capital humain pOur accOmpagner l'industrialisatiOn de la finance

Selon les gérants de fonds, le déficit de capital humain –les professionnels capables de développer, sélection- ner, structurer et exécuter les opérations– pèse sur leur capacité à saisir les opportunités qui se présentent en Afrique. Le vivier de cadres qualifiés travaillant dans les sociétés en portefeuille reste modeste, en particulier en ce qui concerne les directeurs financiers. de plus, l’absence d’un solide réseau d’intermédiaires – conseillers, banquiers, courtiers et analystes -, génère un important travail de recherche et d’évaluation. L’identification des entreprises susceptibles d’accueillir un investisseur en capital étant conduite en interne, le talent des gé- rants est d’autant plus important. Ceci étant, la crise financière pourrait inciter de nombreux professionnels Africains formés en Occident à revenir en Afrique pour combler ce déficit.

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FOCUS

rEndEMEnt dES FondS du cAPitAl-invEStiSSEMEnt

des perfOrmances

au dessus de l’indice de référence

Une étude réalisée en 2011 par RisCura et la South African Venture Capital Association (association Sud-Africaine du Capital-risque) indique que le Capital-investissement Sud-Africain a «sur-performé» les fonds de Capital-investissement Britanniques et Américains à horizon de trois, cinq et dix ans. Les taux de rentabilité interne nets sont en effet de plus de 20 % sur 10 ans, contre environ 13 % au Royaume-Uni et 8 % aux États-Unis.

contre environ 13 % au Royaume-Uni et 8 % aux États-Unis. Qu’elle résulte d’une pénurie de

Qu’elle résulte d’une pénurie de talents ou de conditions de sor- tie difficiles, la taille modeste du marché africain du Capital-in- vestissement, a un effet positif sur la compétitivité des prix. Les actifs en Afrique subsaha- rienne – avec des multiples d’en- trée de l’ordre de 8-9 contre des multiples à deux chiffres enChine ou au Brésil – sont considérés comme d’excellentes opportu-

nités par de nombreux investis- seurs. Deux des investisseurs les plus actifs de la région – l’In-

ternational Finance Corporation (IFC) et l’Institution Financière de Développement Britannique (CdC) – indiquent que les fonds Africains ont surperformé les in- dices de référence des marchés émergents, comme l’indice MSCI Emerging Markets (CDC) ou l’en- semble de leur portefeuille de Capital-investissement sur les marchés émergents (IFC). En effet, l’émergence de marchés Africains est une véritable op- portunité pour les investisseurs, du fait que nombreuses écono- mies Africaines sont peu expo- sées au risque de volatilité induit par la dette sur les marchés dé- veloppés. Une part importante de la croissance prévisionnelle viendra de facteurs domesti- ques, comme la consommation et l’investissement en éner- gie. Le Capital-investissement en Afrique offre un formidable atout aux entreprises en quête de capital, à des prix plus raison- nables que sur d’autres marchés émergents.

capital-investissement: un record de 3.000 milliards de dollars

Les actifs gérés par le Capital-investissement ont atteint en 2011, à la barre des 3.000 milliards de dollars (9%), selon le Cabinet Preqin. Jamais l'industrie mondiale du Capital-investissement n'avait géré autant d'argent. A titre de comparaison, le secteur des «hedge funds» (fonds spéculatifs) ne gérait «que» 2.000 milliards de dollars à la fin 2011.

FOCUS

LES FonDS Du CAPItAL-InvEStISSEmEnt

les défis de la transparence et de la traçabilité

De l’avis du Délégué général à la lutte contre les paradis fiscaux au Forum mondial sur la transpa- rence et l’échange de renseignements chargé de lutter contre la fraude fiscale en coopération avec l’OCDE, François D’Aubert, l’implantation offshore de fonds d'investissement leur permet de bénéfi- cier de conditions avantageuses pour investir en Afrique. Si leurs interventions entraînent une dyna- mique économique, par contre la quête d’une rentabilité à court terme, l’opacité et l’évasion fiscale ne participent pas à l’essor du continent. Un meilleur contrôle fiscal, la transparence et la traçabilité des fonds aideront le Capital-investissement à devenir pleinement acteur du développement Afri- cain, plaide t-il.

Les fonds du Capital-investis- sement agissenttrèssouvent via des entités juridiques en- registrées à l’Île Maurice, aux Îles Caïmans, aux Îles Vierges britanniques, aux Bermudes ou à partir des centres fi- nanciers offshore où ils sont implantés (Suisse, Royaume- Uni, Singapour, Luxembourg, Delaware aux États-Unis). Cette situation est très avan-

tageuse pour eux grâce aux diverses exonérations fisca- les, notamment sur les gains en capital et les plus-values. Ces juridictions offrent en outre, la possibilité de conserver les ressources des fonds en monnaies conver- tibles fortes. Alors que la plupart des pays d’Afrique subsaharienne ont des mon- naies non convertibles et des

législations n’autorisant pas l’offshore, elles permettent aussi une meilleure couver- ture des risques pesant sur les monnaies et les transac- tions et, en principe, de gar- der sous contrôle la valeur réelle des actifs financiers, explique François D’Aubert, Délégué général à la lutte contre les paradis fiscaux au niveau de l’OCDE

Les 3 reproches au Capital- investissement Tout en reconnaissant que les fonds du Capital-investis- sement jouent un rôle positif en (création d’entreprises, émergence de nouveaux projets, animation des mar- chés financiers émergents, création et modernisation des infrastructures), elle soulève aussi selon François

lexique du capital-investissement

le terme offshore est utilisé pour désigner la création d’une entité juridique dans un autre pays que celui où se déroule l’activité, afin d’optimiser la fiscalité (paradis fiscal) ou la gestion financière des capitaux. le Shadow banking (banque de l’ombre) est une activité de banque, menée par des entités qui ne reçoivent pas de dé- pôts et, à ce titre, ne sont pas régulées en tant que banques. le “consensus de Washington” est un ensemble de mesures standard appliquées aux économies mises en difficulté par leur dette, conçu par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, qui prône, entre autres, la libéralisation financière, des échanges, la dérégulation des marchés, la privatisation des entreprises publiques. le limited partnership (LP) est une structure d’investissement, fiscalement transparente, principalement utilisée par les gestionnaires anglais, américains et nordiques. le limited partner a une responsabilité limité, au montant de son apport, et n’est pas impliqué dans la gestion de la structure.

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D’Aubert, au moins trois ty - pes de difficultés. Recherche d’une rentabilité très élevée Tout

D’Aubert, au moins trois ty- pes de difficultés.

Recherche d’une rentabilité très élevée Tout d’abord, martèle t-il, leurs stratégies sont souvent axées sur la recherche d’une rentabilité très élevée, en contrepartie d’une prise de risque pas toujours maitri- sée. Les conséquences peu- vent se révéler désastreu- ses pour le pays d’accueil:

abandon définitif d’un pro- jet, faillite, disparition des débiteurs, surcoûts, fraudes, etc. Les participations récen- tes de hedge funds et de fonds spéculatifs dans des véhicules d’investissement panafricain (avec des levées de capitaux de plusieurs cen-

taines de millions de dollars) montrent que la recherche de forts rendements à court terme influence fortement la stratégie fiscale et financière des investisseurs et des ges- tionnaires de fonds.

L’évasion fiscale Ensuite, l’évasion fiscale est au cœur du système des fonds du Capital-investisse- ment, renseigne François D’Aubert, avec des monta- ges d’optimisation fiscale souvent agressifs combinant les exemptions dans les pays d’accueil avec celles propo- sées par des juridictions non coopératives interposées. Les manipulations de prix de transfert sur les exporta- tions (notamment de ma-

tières premières), qui font intervenir un ou plusieurs paradis fiscaux entre le pays exportateur et le véritable importateur, sont l’une des sources principales de mi- noration des bases fiscales locales. Cette évasion fiscale est également favorisée par les dispositifs de déduction des intérêts d’emprunts, profitant depuis longtemps aux firmes multinationales surtout dans le secteur des mines et dans le commerce. L’ensemble contribue tout naturellement, avance Fran- çois D’Aubert, à miner les bases fiscales des pays d’ac- cueil, affaiblir les retombées fiscales locales des investis- sements et à inciter les auto- rités locales à se “rattraper” sur des systèmes de recette parallèles. Ce sont au final plusieurs dizaines de mil- liards de dollars qui quittent les pays en développement. Plus que le montant de l’aide internationale.

L’opacité Enfin, l’opacité du Capital- investissement non régulé qui est une autre source de difficulté parce qu’elle passe par l’utilisation intense des

FOCUS

juridictions et de centres financiers offshore où les fonds, outre les facilités fis- cales dont ils bénéficient ou qu’ils organisent, échappent pour une large part, à la ré- gulation financière et aux normes prudentielles, affir- me François D’Aubert. L’utili- sation par les fonds d’inves- tissements basés dans des centres offshore pour inves- tir dans des projets et des entreprises en Afrique parti- cipe à l’opacité qui touche les circuits financiers mondiaux, estime François d’Aubert. Les fonds du Capital-inves- tissement sont des acteurs importants du shadow ban- king (banques de l’ombre) dont les paradis fiscaux sont les territoires favoris. Les fonds immatriculés dans des paradis fiscaux n’ont guère d’obligation de transparence et d’information vis-à-vis du marché ou de l’autorité de régulation, qu’il s’agisse de l’identité de leurs propriétai- res ou de leurs créanciers, de la modification de la réparti- tion de leur capital, de leurs comptes, du niveau de leur endettement, de leurs stra- tégies ou de leurs résultats, a t-il expliqué.

le mSCI Emerging markets , créé par morgan Stanley Capital International (mSCI), le mSCI Emerging markets est un in- dice de capitalisation boursière ajustée du flottant, conçu pour mesurer les performances des marchés actions des pays émergents du monde. Au 30 mai 2011, il se compose des indices nationaux des 21 pays suivants: Afrique du Sud, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Corée, égypte, Hongrie, Inde, Indonésie, malaisie, mexique, maroc, Pérou, Philippines, Pologne, russie, taiwan, république tchèque, thaïlande et turquie. le global Impact Investing network (gIIn) regroupe une vingtaine d’organisations: des institutions bancaires (par exem- ple jp Morgan, citigroup), des fonds d’investissement alternatif (acumen) et des fondations (Fondation Gates, Fonda- tion rockefeller) Effet de levier : La recherche de l’effet de levier (leverage en anglais) consiste à emprunter des liquidités pour augmenter la taille effective du portefeuille (constitué au départ seulement des fonds apportés par les investisseurs). ariz est un dispositif de garanties de l’Agence Française de Développement destiné à faciliter l’accès au financement des petites et moyennes entreprises privées et des institutions de micro finance.

FOCUS

HEdgE FundS

 FOCUS HEdgE FundS vOus avez dit fOnds de cOuverture ? Les hedge funds en langage

vOus avez dit fOnds de cOuverture ?

Les hedge funds en langage courant «fonds de couverture» sous-tendent des place- ments de protection contre les fluctuations des marchés concernés. Or, la réalité est tout autre. Car, il n y a pas plus spéculatif que les hedge funds qui prennent de plus en plus d’ampleur dans la finance internationale.

Une telle traduction en fonds de couver- ture (hedge funds en anglais) devrait les faire pencher du côté des fonds sans risque. Or, il s’agit de fonds particulièrement ris- qués. Beaucoup plus risqués que les fonds communs de place- ment (obligations ou actions). L’expression fonds de couverture est communément utilisée pour décrire un fonds de placement non conventionnel (hedge

funds), c’est-à-dire un fonds dont la straté- gie ou son ensemble de stratégies, n’est pas d’investir à long terme dans des obligations,

des actions et des mar- chés monétaires. Pour la petite histoire, les hedge funds commen- cent en 1949, quand Alfred Winslow Jones

créée la première stra- tégie alternative. Sa stratégie consistait en l’achat et la vente à dé- couvert, d’actions avec effet de levier. C’est-à-

800 fonds qui investissent sur les bourses africaines

Sur l’ensemble de ces fonds, 48 investissent sur l’ensemble des bourses africaines, 37 se concentrent sur l’Afrique du Nord et le Moyen Orient, deux se limitent au Maroc, deux à l’Egypte, un au Cameroun (dans le secteur minier), 35 visent le duo Namibie-Afrique du Sud, et tout le reste, soit plus de 650 fonds, bénéficie à l’Afrique du Sud. Sur ces 800 fonds, la meilleure performance pour 2012, revient au fonds irlandais Sanlam African Frontier Markets qui a enregistré un gain de 40,79 % en moins de 9 mois. La quasi-totalité des fonds qui investissent sur l’ensemble du continent affiche des performances positives, renseigne une étude de MorningStar, un fournisseur d'analyses d'investissement indépendantes, en date du 18/09/2012.

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dire, l’achat de positions longues pour assurer les gains en période haus- sières et/ou la

dire, l’achat de positions longues pour assurer les gains en période haus- sières et/ou la vente à découvert (short selling) pour se couvrir contre les baisses du marché, avec un effet de levier (le poids des tiers par rapport aux capitaux propres) pour accroître les performances réa- lisées. Ces éléments, pris indépendamment, n’étaient pas une nou- veauté mais, c’est leur utilisation conjointe, en tant qu’instrument de «couverture» par la

neutralisation du Bétâ (le degré de volatilité d’un actif), qui consti- tuait une innovation. C’était la création du premier fond «long/ short equity». Alfred Winslow Jones facturait ses performances par des frais appelés «frais de performances». A la différence des fonds conventionnels (fonds d’investisse- ment destinés au grand public comme les em- prunts obligataires ou l’ouverture du capital par cession d’actions),

une part importante des «hedge funds» peut être investie en actifs

non liquides. Ils utilisent massivement les tech- niques comme les pro- duits dérivés, la vente à découvert et l’effet de levier, pour spéculer sur l’évolution des marchés,

à la baisse comme à la

hausse. Ces fonds sont peu transparents et sou- vent implantés dans les paradis fiscaux (Île Mau-

rice, Îles Caïman, Jersey, Suisse…). Leurs gérants

y investissent une part

de leur patrimoine et prélèvent des commis- sions très importantes en fonction de la per- formance du fonds. Cela les incite à faire prendre aux fonds, des risques de marché importants.

On estime aujourd’hui que plus de dix mille fondssontopérationnels dans le monde et qu’ils

FOCUS

gèrent 750.000 milliards de FCFA (1 500 milliards de dollars Us) d’actifs. Les hedge funds re- présentent aujourd’hui une part significative des transactions sur de nombreux marchés, surtout développés. Autrefois petits groupes

d’entrepreneurs, ils sont aujourd’hui, le plus sou- vent, de grandes insti- tutions financières qui emploient des centaines de personnes. Compte tenu de leur importance

croissante et de leur spé- cificité, les hedge funds, principaux acteur de la finance de l’ombre (sha- dow banking), éveillent des suspicions quant à leur capacité présumée à déstabiliser les mar- chés, voire à leur faire courir un risque systé- mique. Qui a parlé de la crise financière de 2008 et de la crise des dettes publiques de 2012?

de 2008 et de la crise des dettes publiques de 2012?  AFRIcAn busIness jouRnAl |
de 2008 et de la crise des dettes publiques de 2012?  AFRIcAn busIness jouRnAl |

FOCUS

ciblage des fonds sur l’afrique

Après avoir fortement baissé en 2009, les levées de fonds ont rebondi en 2010 grâce aux investisseurs extérieurs qui de plus en en plus, dament le pion aux institutions financières, les soutiens tradition- nels du Capital-investissement en Afrique.

Les levées de fonds destinées à l’Afrique subsaharienne ont aug- menté de 50 %, pour atteindre 1,5 milliard de dollars US en 2010 grâce à quelques fonds régionaux, expli- que Jennifer Choi, Vice- présidente chargée des affaires sectorielles et publiques à Emerging Markets Pri- vate Equity Association (EMPEA), dans la revue n°12 d’Octobre 2011 de Proparco «Secteur privé & Dé- veloppement». Le fonds Emerging Capital Partners a levé 613 millions de dollars US en Juillet 2010 pour le marché africain. Kingdom Zephyr Africa Management, quant à lui, a recueilli 492 millions de dollars US en Février 2010 pour son deuxième fonds «Pan African Investment Par- tners Fund», tandis que l’investis- seur Aureos Capital a levé 381 mil- lions de dollars US en février 2010 pour son fonds ciblé sur l’Afrique. Au printemps 2011, rajoute t-elle, The Carlyle Group, société de Ca- pital-investissement d’envergure mondiale, a annoncé l’ouverture d’un fonds dédié à l’Afrique subsa- harienne, avec un objectif d’enga- gements d’au moins 500 millions de dollars US. Helios Investment Partners (le plus grand fonds pana- fricain de Capital-investissement a levé 900 millions de dollars US en Juin 2011, pour le marché Africain. Les sociétés de Capital-investis- sement Sud-Africaines Ethos et Brait, à la tête de deux des fonds les plus importants en Afrique, de- vraient parvenir à lever 750 millions

de dollars uS en fin 2012. de plus, plusieurs fonds plus ciblés et de taille plus modeste comme le MIM (Moroccan Infrastructure Manage- ment) sont sur le marché et cher- chent des investisseurs.

diversification des régions et des métiers Si l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria accueillent 27 des 48 opé- rations réalisées en 2010, une di- versification géographique est en mouvement depuis 2011. Alors que 56 % des opérations avaient été réalisées en Afrique du Sud en 2008, elles ne sont plus que 21 % en 2010, fait savoir la Vice –présidente d’EMPEA. Depuis 2011, les inves- tisseurs en capital ont soutenu des sociétés au Bénin, au Congo, au Ghana, au Liberia, à Madagascar et en Tanzanie. Particulièrement bien adapté au contexte Africain, le modèle du Capital-investissement séduit une catégorie d’investisseurs: le sec- teur bancaire et celui de l’industrie extractive qui tiennent une place prééminente dans l’espace du Ca- pital-investissement. Toutefois, depuis 2010, plus de la moitié des opérations ont été réalisées dans des secteurs comme les produits alimentaires et les boissons (par exemple Dewcrisp et Foodcorp en Afrique du Sud), la santé (clinique Snapper Hill au Liberia et hôpital pour femmes à Nairobi) et les mé- dias et télécommunications (Wa-

42 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

nanchi Group au Kenya) La ma- turation des actifs s’accompagne d’une spécialisation des stratégies des fonds et de l’apparition de stra- tégies de niche telles que l’Agro- alimentaire (Phatisa, Chayton Ca- pital, Silk Invest Food Fund), les Technologies propres et les Ener- gies renouvelables (Inspired Evol- ution One Fund), la Santé (Aureos Capital Health Fund) et les Finan- cements mezzanine (Vantage), fait savoir Jennifer Choi.

« les fonds du capital-investissement en afrique sont principalement améri- cains, Français et Britanniques, mais les investissements sont chinois, indiens, ceux des pays du golfe et de plus en plus africains (afrique du sud, libye)».

«les pays pétroliers et miniers en afri- que se taillent la part du lion».

«les secteurs les plus investis par le ca- pital-investissement sont les industries extractives, les télécommunications, les infrastructures de transports, le textile, l’agriculture, le tourisme, l’hôtellerie et les services financiers».

«Les experts attendent un flux d’inves- tissement en afrique avoisinant les 150 milliards de dollars us en 2015 dont l’es- sentiel (80 %) restera concentré sur les industries extractives (mines, métaux, pétrole et gaz) et sur l’exploration des ressources naturelles».

«le tourisme et l’hôtellerie en accueille- raient 15 %, tandis que les autres sec- teurs pourraient n’attirer que 4 % cha- cun».

«Les levées de fonds ont atteint six mil- liards de dollars uS entre 2006 et 2008 contre deux milliards de dollars uS en- tre 2000 et 2005».

FOCUS

 FOCUS AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04 | 43
b l O C - n O t E s d’AlIOUnE GUEyE Afrique 2020-Asie 2050.

blOC-nOtEs

d’AlIOUnE GUEyE

Afrique 2020-Asie 2050. Une Question d’horizon.

«L’Histoire du commerce mondial a commencé dans la mer Méditerranéenne avec les Phéni- ciens, elle s’est poursuivie dans l’Océan Atlan- tique avec la traite négrière. L’Océan Pacifique sera le siège des échanges commerciaux du XXI e siècle». C’est peu dire que le centre de gravité de l’économie mondiale se déplace pro- gressivement vers l’Asie. Et pour preuve, tous ceux qui y ont séjourné ces derniers temps ont observé cette boulimie de consommation par une classe moyenne trop contente de profiter de l’effort des générations précédentes qui ont travaillé sans relâche pour que leurs enfants puissent avoir une vie plus décente. Télécom- munications, services financiers, industries de distraction, grande distribution sont sans doute les secteurs qui illustrent le mieux l’embellie économique de l’Asie, en dépit de l’hétérogé- néité des économies qui la composent. Tout porte à croire que cela ira en s’améliorant ; les statistiques annuelles confortent cette tendan- ce. Avec un taux de croissance moyen de 5%, l’Asie sera «à coup sûr» la prochaine région à sortir de la pauvreté. D’ailleurs en 2011, la Banque Asiatique pour le Développement a publié la nouvelle stratégie Asiatique «Asia 2050: Realizing the Asian centu- ry», structurée autour de trois axes essentiels:

les plans d’actions nationaux, la coopération régionale et l’agenda sur la scène internatio- nale. Dans un avenir proche, l’Asie comptera 4 milliards d’habitants et créera plus de la moitié de la richesse mondiale contre un peu plus du quart aujourd’hui. Notre conviction est que, face à la crise dura- ble dans laquelle l’Europe est plongée, l’Afrique apparaît comme le partenaire majeur de l’Asie pour les prochaines années. Non pas que l’Amé- rique latine ne vive pas non plus une croissance économique soutenue, mais la complémen- tarité entre Asie et Afrique est plus pertinente dans la durée. Là où le bât blesse, c’est que le continent n’a pas encore élaboré sa vision pour les 50 prochaines années. Or, cette stratégie est très importante, car elle permet aux champions nationaux, à la société civile et aux différents acteurs, de s’aligner sur la stratégie nationale, continentale et mondiale voulue par leur continent.

Il nous faudra donc très rapidement formuler clairement ce que nous voulons être dans les 50 prochaines années pour transformer la vision en résultats et répondre aux attentes de nos populations qui, abreuvées de bonnes paroles, attendent désormais des changements dans leur vie quotidienne.

Investissement-Innovation et Emploi des

Jeunes-

L’année dernière a été le théâtre de turbulences qui ont mis en exergue, le mal-être des jeunes. Ce sont près de 200 millions d’habitants qui ont aujourd’hui entre 15 et 24 ans en Afrique, ce qui représente la population la plus jeune du monde. Et celle-ci doublera à l’horizon 2040. Or, ce que l’on constate, c’est une paupérisation de cette jeunesse qui, pour 72% vit avec moins de 2 USD$ par jour. Pourtant depuis 1998, la croissance économique de l’Afrique, supérieure à 5%, ne s’est pas démentie, créant au passage de nombreux emplois. Mais, ceux-là ne suffi- sent pas à absorber une population active de jeunes, sans cesse croissante et disposant d’un niveau d’instruction croissant. Pour pallier à cet importun, les investissements directs étrangers sur lesquels on parie beau- coup sont indispensables. Mais, ceux-ci ont la particularité d’optimiser les coûts de la main- d’œuvre et sous l’instigation de leurs gouver- nements, veillent à ne délocaliser que les par- ties de la chaîne de valeur la moins lucrative, conservant chez eux emplois qualifiés et «know how» à forte valeur ajoutée, nous privant par- fois de nos talents. Nous devons donc nous atteler à stimuler les investissements produc- tifs localement, à aider les PME à grandir pour être les champions de demain, à encourager les technopreneurs, à donner sa place à l’industrie ; car elle seule permettra d’absorber les milliers de jeunes qui chaque jour arrivent sur le mar- ché du travail. Le siècle qui vient est celui de l’intelligence. Il s’appuie sur le développement des Sciences et de l’Innovation. Pour nous y préparer, le développement des compétences professionnelles et techniques de nos jeunes en adéquation avec les besoins des entreprises Africaines, elles-mêmes insérées dans l’écono- mie mondiale, sont un défi de taille auquel nous devrons nous attaquer sans délai, au risque de faire le lit d’une nouvelle révolte des jeunes aux conséquences incalculables.

Afrique Challenge Dirigeants

VOYAGES D’ÉTUDES SECTORIELS

Du 02-09 DéCembre 2012

MALAISIE - SINGAPOUR

InvestIssements et Infrastructures au coeur de la réussIte des pays émergents

Infrastructures au coeur de la réussIte des pays émergents  RencontR e R des homologues dans

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c omp R end R e les facteurs clés de succès de la Malaisie et de Singapour dans les secteurs sélectionnés

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BUSINESS CASE préparé par la rédaction Centrale, Casablanca ECoBAnK lA PAnAFricAinE, lA conquérAntE ce que

BUSINESS CASE

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ECoBAnK

lA PAnAFricAinE, lA conquérAntE

ce que l'afrique apporte au management

leur stratégie, C’est l’afrique ! Banque afriCaine de Classe mondiale arnold ekpe, l’empreinte d’un pionner thierry tanoh, la fiBre pme

Au début des années 80, l’industrie bancaire en Afrique de l’Ouest était dominée par les banques étrangè- res et/ou appartenant à l'État. En raison de l'instabilité généralisée et de l'effondrement de la plupart des économies africaines, les ban- ques les plus en vue à l’époque, comme Barclays et Citibank, quit- tent la plupart des pays d’Afrique de l'Ouest.

Face à cette situation qui a crée une tension de liquidités pour les acteurs du secteur privé de la sous-région, les Chambres de commerce de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) se réunirent et décidèrent de créer une banque, pour surmonter ces consé- quences dommageables sur les en- treprises africaines. Seulement, ces Chambres de commerce, quoiqu’ani- mées de bonne volonté, n’avaient pas les compétences requises pour créer et gérer le métier si complexe de la banque. Elles trouvèrent une alternative. Elles vont parler et éla- borer avec la Citibank à New York, un contrat par lequel, la Citibank va les accompagner durant les quatre pre- mières années pour implémenter et

durant les quatre pre- mières années pour implémenter et BUSINESS CASE démarrer la «machine», puis les

BUSINESS CASE

pre- mières années pour implémenter et BUSINESS CASE démarrer la «machine», puis les Afri- cains prendront

démarrer la «machine», puis les Afri- cains prendront la relève. Lomé, la capitale du Togo (le seul Etat de l'Afrique de l’Ouest stable à l'époque), a été choisie pour abri- ter le siège d'Ecobank. Après quatre années, Citibank remit Ecobank aux Africains. Et c’était parti pour l’une des plus belles histoires de croissan- ce sur le continent Africain!

Ecobank, la Panafricaine, Ecobank, la Conquérante, Ecobank, la «Ban- que unique», est en route.

Ecobank, une présence sur 5 places boursières en afrique de l’Ouest et du centre :

1 • nigeria Stock Exchange.

2 • ghana Stock Exchange.

3 • BrvM (Bourse régionale

des valeurs Mobilières) en côte d’ivoire.

4 • douala Stock Exchange au cameroun.

5 • BvMAc (Bourse des

valeurs Mobilières de l’Afrique centrale) au gabon.

Ecobank, les chiffres clés

l’Afrique centrale) au gabon. Ecobank, les chiffres clés A la fin de l’exercice 2011 2010 2009

A la fin de l’exercice

2011

2010

2009

2008

2007

Actif (en millions de dollars des États-Unis)

17 162

10 467

9 007

8 306

6 550

Dépôts (en millions de dollars américains)

12 076

7 925

6 472

5 799

4 714

Capitaux propres (en millions de dollars des États-Unis)

1 354

1 155

1 236

1 158

652

Nombre d’agences

1 151

755

746

610

450

pour l'exercice financier

Produit net bancaire

1 196

900

873

826

544

Résultat avant impôt (en millions de dollars US)

277

169

101

162

191

Résultat après impôts (en millions de dollars US)

207

132

65

111

139

Résultat net par action

1,76

1,14

0,58

1,39

1,56

BUSINESS CASE ECoBAnK les débuts du cOmmencement… En 1984, la Fédération Ouest-Africaine des Chambres de

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ECoBAnK les débuts du cOmmencement…

En 1984, la Fédération Ouest-Africaine des Chambres de Commerce créée Ecopromotions S.A pour réunir le capital de départ, destiné aux études de faisabilité et aux activités promotion- nelles d’une banque privée. En octobre 1985, Ecobank a été créée avec un capital autorisé de 100 millions de dollars US.

bank. Le Groupe opère à la date du 30/08/2012, dans 35 pays dont

bank. Le Groupe opère à la date du 30/08/2012, dans 35 pays dont

32 en Afrique (Ouest, Centrale, Orientale et Australe), à savoir: An- gola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cap-Vert, Cameroun, République Centrafricaine, Tchad, Congo Braz- zaville, République Démocratique

du

Congo, la Côte d'Ivoire, la Gui-

née équatoriale Guinée, le Gabon,

le

Ghana, la Gambie, la Guinée, la

Guinée-Bissau, Kenya, Libéria, Ma- lawi, Mali, Niger, Nigeria, Rwanda, Sao Tomé & Principe, Sénégal, Sierra Leone, Tanzanie, Togo, Ouganda, Zambie et Zimbabwe.

Le capital initial versé, d’un mon-

Le Groupe dispose également

tant de 32 millions de dollars US, a

d’une filiale à Paris et des bureaux

été mobilisé auprès de plus de 1500

de

représentation à Johannesburg,

personnes et institutions des pays de Afrique de l'Ouest. Le principal actionnaire était le Fonds de Coo-

Dubaï et Londres. Avec des capitaux propres de 1.354 millions de dollars US en 2011, le

pération, de Compensation et de développement, bras financier de

titre ETI (Ecobank Transnational Incorporated) du Groupe Ecobank

la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Un

est coté sur les places boursières du Nigéria (Nigeria Stock Exchange),

accord de siège a été signé avec le

du

Ghana (Ghana Stock Exchange)

gouvernement duTogo en 1985 qui

et

d’Abidjan (Bourse Régionale des

confère à Ecobank, le statut d'or- ganisation internationale jouissant

Valeurs Mobilières). A la date du 31/12/2011, le Groupe Ecobank em-

des droits et privilèges nécessaires,

ploie 23.350 personnes dans plus

lui permettant d’exercer en tant

de

1.151 agences à travers l’Afrique

qu’institution régionale, avec un statut d'institution financière non-

Occidentale, Centrale, Orientale et Australe.

résidente. Ecobank a commencé

A

ses 8,4 millions de clients, le

ses activités avec sa première filiale au Togo en Mars 1988.

Groupe Ecobank offre des services financiers homogènes et fiables dans l’ensemble de son réseau

Carte d’identité bancaire Aujourd’hui, Ecobank Transnatio- nal Incorporated (ETI) est la société mère du groupe bancaire Eco-

composé de 1487 distributeurs automatiques de billets et 2.151 terminaux de paiement électro- nique. Les activités bancaires du

48 | AFRIcAn busIness jouRnAl | octobre 2012 | N°04

Groupe Ecobank sont réparties en 3 pôles: Corporate Bank pour les Grandes entreprises, Domestic Bank pour les particuliers et Eco- bank Capital pour les gouverne- ments et institutions financières.

Un nouveau siège bâti sur 4 ha Lors de la célébration des 20 ans du Groupe Ecobank fêtée le 7 novem-

bre 2008, le gouvernement Togo- lais a offert à Ecobank, un terrain de 4 hectares sur lequel a été bâti son nouveau siège à Lomé, com- posé d’un bâtiment principal de 7 étages à usage de bureaux, d’un centre de technologies et de télé- communications, d’un centre de formation bancaire, d’un centre de conférences, d’une unité de restau- ration, de sport et de loisirs.

unité de restau- ration, de sport et de loisirs.  taBlEau dE BOrd 1 Groupe bancaire

taBlEau dE BOrd

1 Groupe bancaire

32 pays couverts en afrique

1.151 agences et bureaux

plus de 8 millions de clients prés de 23.500 d’employés

2.151 terminaux de Paiement

Electronique 1.487 distributeurs automatiques de Billets

130 milliards de FcFA de bénéfices en

2011

Le Prix «Banque Africaine en 2012», African Banker Capitaux propres: 1.354 millions de dollars us en 2011 Le Prix «Meilleure Banque en Afrique en 2012», Euromoney

Capitaux propres: 1.354 millions de dollars us en 2011 Le Prix « Meilleure Banque en Afrique
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résultats financiers 2011 d’ Ecobank

BUSINESS CASE résultats financiers 2011 d’ Ecobank 130 milliards de FCFa de bénéFiCes Malgré un contexte

130 milliards de FCFa de bénéFiCes

Malgré un contexte mondial incertain, troubles politiques en Côte d’Ivoire, le «Printemps arabe» et la crise de la dette de la zone euro, Ecobank a enregistré un bénéfice de 130 milliards de FCFA pour son exercice clos le

31/12/2011.

L'affectation de ce résultat net de 2011 se présente comme suit: réserve spéciale 10,9 millions de dollars uS, le bénéfice distribuable 61,5 millions de dollars, les dividendes 55,6 millions de dollars et le report à nouveau 5,9 millions de dollars US. Le total du bilan du groupe s’est établi à 17,2 milliards de dollars uS (environ 8.930 milliards FCFA) à la fin 2011, soit une croissance de 64 % par rapport à 2010, alimentée par une progression de 52 % à 12,1 milliards de dollars US (plus de 6.280 milliards FCFA) des dépôts de la clientèle et une hausse de 40 % à 7,4 milliards de dollars US des prêts et créances. La rentabilité sur fonds propres, quant à elle, est de 15,9% (10,4% en 2010). La performance a été solide dans l’ensemble des pôles d’activités et des zones géographiques. Les revenus ont progressé de 33 % à 1,2 milliard de dollars US, soit une hausse toujours supérieure à celle des charges d’exploita- tion et qui a contribué à une progression de 57 % à 207 millions de dollars uS du bénéfice sur l’année.

résultats financiers au 1er semestre 2012

l’année.  résultats financiers au 1er semestre 2012 Un prodUit net banCaire en haUsse de 51%

Un prodUit net banCaire en haUsse de 51%

Les états financiers consolidés conformément aux Normes internationales d'information financière (IFRS), in- diquent un produit net bancaire pour le Groupe Ecobank, en augmentation de 51% à 765 millions de dollars US, pour les premiers six mois de l’année 2012. La qualité du portefeuille s’est améliorée et les activités sous- jacentes continuent de montrer une tendance positive. Cependant, les passifs éventuels relatifs aux lettres de garantie bancaire, avals et cautions, lettres de crédit et engagements d'octroi de crédits non provisionnés, se sont élevés à 3,6 millions de dollars US (1,876 milliards FCFA) à la date du 30/06/2012 contre 3,3 millions de dollars US (1,682 milliards FCFA) à la date du 31/12/2011. Il y a eu aussi un premier trimestre 2012 difficile et durant lequel, les résultats du Groupe Ecobank ont été né- gativement impactés par les coûts de restructuration de «Oceanic Bank» et par les effets défavorables des taux de change.

les résultats financiers du 1er trimestre 2012 Un Produit net bancaire à 361 millions $EU (178 milliards FCFA): +55% Un Résultat avant impôt de 50 millions $EU (25 milliards FCFA): -13% Un Total du bilan de 17,8 milliards $EU (8 757 milliards FCFA): +57% Des Capitaux propres à 1,6 milliards $EU (787 milliards FCFA): +20%

Ecobank

à 1,6 milliards $EU (787 milliards FCFA): +20% Ecobank banq U e aF ri C aine

banq U e aF ri C aine de l’année 2012

Ecobank a remporté à Arusha en Tanzanie, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque Africaine de Développement, le Trophée 2012 de la «Banque Africaine de l’année», décerné par le magazine panafri- cain «African Banker». Il en est de même pour le magazine financier international, Euromoney qui a décerné au Groupe Ecobank, le prix de la «Meilleure Banque en Afrique en 2012», pour la deuxième année consécutive, lors des «Euromoney Awards for Excellence in London». Dans la même foulée, Ecobank Ghana, a remporté le prix de la «Meilleure Banque au Ghana en 2012», également décerné par ce magazine financier international, Euromoney. L’ancien Directeur Général du Groupe Ecobank, Arnold Ekpe, a également été honoré lors de ces «Euromoney Awards for Excellence in London», du prix «Lifetime Achievement Award» (un trophée Carrière exemplaire), pour récompenser son talent et sa réussite dans le secteur financier en Afrique, tant à la tête du Groupe Ecobank (12 ans)