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Michel Lévêque

www.lethiboniste.blogspot.com Fiche

René Rémond

Le XIXe siècle: 1815-1914

Editions du Seuil, Collection “Points Histoire”, n°H13, 1974, 248 pages.

Introduction: Les composantes successives. (pages 7 à 10)


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Les historiens délimitent le XIXe siècle de 1815 à 1914, de la fin des guerres
napoléoniennes à la crise de lʼété 1914, du traité de Vienne à lʼattentat de Sarajevo.

Le XIXe siècle a été surnommé le siècle des révolutions.


Presque toutes ces révolutions ont été dirigées contre lʼordre établi (régime politique, ordre
social, domination étrangère parfois), pour la liberté, la démocratie politique ou sociale,
lʼindépendance ou lʼunité nationale.
Cette agitation révolutionnaire est en partie influencée par la révolution française de 1789;
mais plus on avance dans le XIXe siècle, moins cʼest vrai.
Quatre vagues révolutionnaires peuvent être distinguées:
La vague des mouvements libéraux, au nom de la liberté, contre lʼAncien Régime
(1820, 1830).
La vague des mouvements démocratiques (à partie des années 1830).
La vague des mouvements sociaux (encore minoritaires en 1914).
La vague des mouvements nationalistes (tout le XIXe siècle).

Cʼest le conflit entre les forces de renouvellement et les puissances établies qui compose
lʼhistoire heurtée du XIXe siècle.

Chapitre 1: LʼEurope en 1815. (pages 11 à 20)


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1. Une restauration.
1.1. Cʼest tout dʼabord une restauration dynastique.
Les Bourbons en France; à Naples; en Espagne. Les Bragance au Portugal. La dynastie
dʼOrange aux Pays-Bas.
1.2. Et une restauration du principe monarchique.
Le principe de la légitimité monarchique triomphe.
Quelques philosophes de la contre-révolution: Burke, Maistre, Bonald, Haller.

R. Rémond, Le XIXe siècle: 1815-1914, Points-Seuil Histoire 1


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La légitimité réside dans la valeur reconnue à la durée. Est légitime le régime qui a duré,
qui représente la tradition.
Deux justifications à la légitimité: si un régime a duré, cʼest quʼil répondait aux besoins; et il
a hérité du prestige des institutions dʼautrefois.
Tout au long du XIXe siècle, le principe de légitimité va sous-tendre la pensée contre-
révolutionnaire et la politique des régimes conservateurs.
1.3. Est-ce une contre-révolution?
La Restauration, parce quʼelle implique le retour intégral à lʼAncien Régime, la Révolution
étant considérée comme un accident, est bien une contre-révolution.

2. La Restauration nʼest pas intégrale.


2.1 Modifications territoriales.
Tous les monarques nʼont pas été rétablis sur leur trône.
Le Saint Empire romain germanique, dissous par Napoléon au lendemain dʼAusterlitz,
nʼest pas rétabli.
Dans les Provinces-Unies, le principe monarchique a prévalu sur la forme républicaine.
La carte de lʼEurope est simplifiée, le nombre des Etats sensiblement réduit. Pour la seule
Allemagne, il est passé de 360 à 39.
La Grande-Bretagne sʼest étendue hors dʼEurope.
La Russie a annexé les trois quarts de la Pologne, la Finlande, la Bessarabie; elle avance
ainsi vers lʼouest.
La Prusse a aussi glissé vers lʼouest et sa superficie sʼest agrandie de plus de moitié.
LʼAutriche a perdu la Belgique (= les Pays-Bas de lʼAncien Régime) mais a annexé le
Lombard vénitien.
2.2. Modifications institutionnelles.
En France, le retour à lʼAncien Régime nʼest pas complet: le régime est désormais
constitutionnel (charte octroyée par Louis XVIII).
Cʼest aussi le cas dans le nouveau royaume des Pays-Bas (Provinces-Unies + Pays-Bas
belges) et en Norvège.
2.3. Maintien de lʼappareil administratif.
Lʼadministration mise en place par la Révolution puis lʼEmpire subsiste car efficace.
2.4. Les transformations sociales.
Lʼessentiel des transformations sociales apportées par la Révolution sont conservées. Ce
qui avantage la bourgeoisie.

3. Un équilibre précaire.
Sous lʼapparence de la Restauration a prévalu une solution de compromis. Comme toute
solution transactionnelle, elle est instable car exposée à des assauts de sens contraire.
3.1. Les ultras.
Les ultras désignent ceux qui veulent revenir en arrière, qui rêvent dʼune restauration
intégrale, qui conçoivent la Révolution comme le mal absolu.
3.2. Les libéraux.
Les libéraux désignent ceux qui nʼacceptent pas la défaite de la Révolution et de ses
idéaux. Une solidarité internationale se dessine, entre jacobins ou libéraux de tous les
pays, contre la solidarité des puissances établies et des souverains restaurés.

Lʼaffrontement entre ultras et libéraux explique lʼagitation qui va secouer lʼEurope au XIXe
siècle.

R. Rémond, Le XIXe siècle: 1815-1914, Points-Seuil Histoire 2