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Négociations gouvernement et syndicats: Un dialogue à l’issue incertaine La reprise des négociations entre le gouvernement et les Centrales syndicales, est annoncée, suite à la menace des travailleurs, de paralyser le secteur de l’éducation dès la rentrée prochaine des classes. Les exigences des syndicalistes, le manque de concessions, le non respect des engagements et la crise de confiance entre les deux parties, pourraient une nouvelle fois rendre difficile l’aboutissement de ce dialogue social... Le gouvernement doit ouvrir les négociations suspendues depuis octobre 2012 ont exigé les Centrales syndicales qui menacent de paralyser le secteur de l’éducation, dès la rentrée prochaine des classes. La meilleure démarche recommande aux deux parties, d’entamer dès maintenant les discussions pour éviter des improvisations et la précipitation. La situation devient souvent complexe lorsque le gouvernement traîne les pas pour ouvrir, en pleine crise, les discussions avec les syndicats. Les expériences passées qui n’ont pas été concluantes, ont peut-être eu raison des autorités béninoises qui ont décidé d’anticiper sur les grèves annoncées par les syndicats des enseignants. Cependant, on est encore loin de trouver le bout du tunnel pour plusieurs raisons. La principale exigence des syndicats, c’est la revendication relative au point indiciaire et dont bénéficient déjà, certaines structures de l’Etat. Cela va forcément induire de nouvelles dépenses, des milliards de francs pour lesquels le gouvernement pourrait faire des promesses ou émettre des réserves. L’argument que les autorités béninoises développent très souvent, c’est le manque de moyens. Les syndicalistes, n’accepteront pas les promesses puisqu’ils ont déclaré récemment qu’il y a une méfiance entre les travailleurs et le gouvernement du fait que le Président de la République ne respecte jamais sa parole ou ses engagements. Mais s’il y a crise de confiance, c’est parce qu’actuellement, le gouvernement est aussi méfiant des responsables des Centrales syndicales impliquées dans le mouvement « mercredi rouge » pour s’opposer à la révision de la Constitution. C’est pourquoi, bien que les revendications syndicales soient légitimes, le chef de l’Etat et ses ministres pourraient soupçonner des manipulations politiques au sujet des grèves annoncées, toutes choses qui risquent d’entraver le dialogue. L’autre raison c’est au niveau des Centrales syndicales qui donnent l’impression d’être trop exigeantes. En dehors du pouvoir, il y a aussi des citoyens qui pensent que les syndicats ne font pas assez de concessions et restent souvent inflexibles lors des négociations. Les discussions reprendront entre les deux parties mais avec très peu d’espoir. Si on tenait compte de ces facteurs de blocage, le gouvernement et ses partenaires sociaux, risquent une nouvelle fois de se séparer dos à dos. Mais si les autorités béninoises et les syndicalistes, faisaient cette fois-ci, exceptionnellement preuve de concessions, de modération, d’ouverture et d’objectivité en discutant sur des propositions concrètes, ils trouveront un compromis pour éviter une nouvelle crise aux conséquences fâcheuses pour le secteur de l’éducation. Rentrée scolaire 2013-2014 : La fronde gagne les syndicats Écrit par Le Matinal du 18/09/2013 Mercredi, 18 Septembre 2013 08:05 Fixée au 03 octobre prochain, la rentrée scolaire 2013-2014 s’annonce sous de funestes hospices. La fronde ayant gagné les syndicats des enseignants, la reprise des classes n’est pas certaine... Le vendredi 13 septembre 2013, les syndicats réunis à la Bourse du travail n’ont pas pronostiqué en faveur d’une reprise des classes. « Aucune de nos revendications n’a été prise en compte. Le dialogue est en panne. Il n’y a rien à espérer », déclarait Paul Essè Iko, Secrétaire général de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb). Le ton est ferme. En écoutant également Noël Chadaré, chef de file de la Cosi, on se rend compte que l’école béninoise n’est pas à l’abri de nouvelles perturbations. La trêve sociale observée depuis l’année dernière et qui a épargné au système éducatif des agitations en fin d’année est bel et bien terminée. En cette veille de la rentrée scolaire, la fronde est plus que jamais au rendezvous en lieu et place d’un compromis auquel on devrait s’attendre. Le gouvernement n’arrivant pas à concrétiser ses promesses pour satisfaire les enseignants, la plupart des syndicats qui défendent les intérêts de ces derniers sont décidés à reprendre la lutte. Le Front des syndicats des trois ordres de l’enseignement, l’une des organisations les plus représentatives des personnels enseignants a, lui aussi, déjà fait part de ses récriminations contre le gouvernement. Que de promesses non tenues Fatiguées d’entendre le mot patience et lassées des promesses sans lendemains, les différentes organisations syndicales fustigent la politique de Yayi Boni qui ne manque pas l’occasion de présenter un tableau plutôt reluisant du monde enseignant. Or, que ce soient les syndicats modérés ou radicaux, tous condamnent les faux semblants du régime dans la satisfaction des revendications des travailleurs en général et des enseignants en particulier. Ne demandez pas aux syndicats ce qu’ils réclament. Ils vous répondront que leurs revendications portent sur l’augmentation de leur pouvoir d’achat. Ils demandent au gouvernement de faire un traitement équitable dans l’application de la décision de relèvement du point indiciaire de 25 % sur les salaires. Un avantage dont jouissent déjà les fonctionnaires du ministère de l’Economie et des finances. Yayi Boni avait promis l’appliquer aux enseignants, mais pas à n’importe quel prix. A condition que les caisses de l’Etat se portent mieux, puisqu’à l’époque il avait prétexté de la rareté des ressources financières pour remettre à plus tard la satisfaction de cette revendication. Celle-ci est à l’ordre du jour. D’autres préoccupations sont exprimées. Les syndicats demandent entre autres au gouvernement de régulariser la situation administrative de certains enseignants reversés et de leur payer les droits subséquents. La Cstb, véritable bête noire du régime Yayi et très proche du Front des syndicats des trois ordres de l’Enseignement exige l’arrêt du nouveau programme. Le gouvernement doit apporter une réponse à une nouvelle exigence des Syndicats : le retrait du projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990 que Yayi Boni a déposé à l’Assemblée nationale. Faute de quoi les regroupements syndicaux se réservent le droit de déclencher des actions d’envergure pour perturber la rentrée scolaire. En l’absence de dialogue social, l’équation se révèle encore plus difficile à résoudre. Les négociations au point mort doivent être reprises sous l’égide du gouvernement qui semble se complaire dans la situation actuelle. En l’absence également de l’ex-premier ministre Pascal Irénée Koupaki dont les attributions prenaient en compte le dialogue social, les syndicats doutent de trouver un nouvel interlocuteur crédible dans ce gouvernement qui verse dans la désinformation et l’intoxication au sujet de la résolution des problèmes des enseignants. Après les départs en série de ses cadres:La Rb dans la douleur Écrit par Le Matinal du 18/09/2013 Mercredi, 18 Septembre 2013 07:52 La maison Renaissance du Bénin (Rb) chancèle. Sous perfusion, la belle « Houézéhouè » se déplume sur l’autel d’un héritage contesté. Les démons de la division reprennent vigueur avec désormais à la clé, des départs en série de figures pas des moindres. L’orage annoncé a fini par s’abattre. Quelle réaction attendre des responsables ? La réponse se trouve certainement avec le leader charismatique... Epiphane Quenum est sorti de la Renaissance du Bénin (Rb). Le fidèle des fidèles toujours arc-bouté aux pagnes de maman a annoncé la fin d’un supplice. Le discours est vigoureux et plein d’amertume. Les mots utilisés ressemblent à quelques différences près à ceux de celui dont le départ a suscité par le passé tollé et vives critiques à la Rb. Inutile de passer le couteau dans la plaie, mais l’histoire quoiqu’on dise est toujours têtue. Ce que beaucoup avaient pris pour l’hystérie a fini par devenir la règle. Voué aux gémonies, traité de tous les noms, Candide Azannai l’un des premiers gros morceaux de la Rb à rompre les amarres avait dans ses arguments été suffisamment clair. Il a pris en horreur la monarchie voilée instaurée en règle d’or dans le giron du parti des « Houézèhouè ». Ces arguments à quelques différences près sont apparus dans le long réquisitoire peu honorable d’adieu d’Epiphane Quenum lundi dernier. Jeté hors du parti, selon ses propos, comme une chaussure usée, le plus inspiré des Renaissants, celui-là même qui a toujours défendu la cause de "maman" a affirmé qu’il a été forcé à la démission par sa protectrice d’hier. « Je ne suis pas prêt à démissionner. J’ai reçu une lettre de maman (Rosine Soglo, Ndlr) m’intimant l’ordre de démissionner. On m’a intimé l’ordre de démissionner parce que l’Honorable Houangni qui est venu dans le parti, il y avait à peine deux ans, n’avait pas pu supporter ces dénigrements et il a décidé de partir ». Comme quoi, être à la Renaissance du Bénin, c’est accepter les sautes d’humeurs et les crises de nerfs instaurées. Mais ce n’est pas tant ce qui intéresse dans le discours de l’Honorable transfuge. Dans son discours, Epiphane Quenum a insisté à plusieurs reprises sur la promotion de la nullité sous le couvert de l’héritage renaissant. « Pour être considéré, il faut être un sous-fifre. Et il ne faut pas avoir de bons diplômes. Mais tout le monde n’est pas comme cela. C’est pourquoi je dis qu’on a troqué la philosophie de l’héritage à la philosophie de la promotion par l’engagement et le mérite ». Epiphane Quenum va plus loin, en insistant sur ce qu’il revient désormais d’appeler ‘’l’obsession Soglo’’, (Les enfants adultes) terreau de l’implosion à la Renaissance du Bénin. « Lorsque les gens ont imprimé la philosophie de l’héritage, les héritiers ont pensé qu’on leur a donné la maison et les locataires (…) L’équilibre de l’écologie humaine nécessite que les vétérans soient là pour encadrer les jeunes. Mais dans la philosophie de l’héritage, on aime toujours couper les gros arbres en créant un déséquilibre. Je ne sais ce qui reste encore dans la forêt de la Rb à couper », a-t-il souligné. On peut dire que Candide Azannai avait donc vu juste. L’Honorable Houangni n’en est pas moins visionnaire. En choisissant de s’accrocher, l’Honorable Quenum a été forcé à se préférer. L’histoire de la Rb s’écrit sombrement. Le départ des figures et pas des moindres pour des raisons identiques imposent une prise de conscience du très adulé leader charismatique du parti. Blaise Ahanhanzo-Glèlè, l’autre sur la liste ? On ne pourrait pas être surpris outre mesure de l’annonce un beau matin du départ de Blaise Ahanhanzo-Glèlè de la Rb. Les faits et gestes le démontrent à raison. La volonté de celui-ci de s’affirmer politiquement et de rallier le camp Fcbe s’est précisé à plusieurs reprises. Blaise Ahanhanzo-Glèlè a eu le poste ministériel et continue de louer le Chef pour lui avoir accordé la chance. Ce serait un secret de polichinelle de dire que le courant ne passe plus entre cet ancien maire d’Abomey et ses mentors. La défection des « Houézéhouè » (pourtant pro-Yayi) à sa fameuse cérémonie de remerciement est éloquente. La Rb à l’heure des démissions en série se fragilise. La réalité de l’héritage longtemps tue et se révèle au grand jour. La Renaissance du Bénin n’a désormais que deux options. Changer la donne ou disparaitre. Abdourhamane Touré Yayi Boni au secours des Soglo ? Le Chef de l’Etat pourra-t-il aider ses partenaires renaissants à l’Assemblée nationale ? C’est l’interrogation à laquelle tentent de répondre actuellement les observateurs de la scène politique nationale. Ce dont on est certain, c’est que le groupe parlementaire de la Rb est aujourd’hui en difficulté. Epiphane Quenum qui vient de rompre officiellement avec le parti des « Houézèhouè » devra inévitablement faire ses adieux avec les membres du groupe parlementaire Nation et développement (le groupe des Renaissants) que dirige l’ancienne First lady Rosine Soglo. Si Epiphane Quenum prend cette décision, la Rb verra disparaître son groupe parlementaire, déjà à la peine avec le départ du député Parfait Houangni du parti. En effet, selon l’article 24 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il faut 9 députés pour former un groupe parlementaire. Et la Rb n’en dispose pas autant actuellement. C’est dire qu’elle devra s’éclater avec le départ du député Epiphane Quenum. Une éventualité qui bouleversera le palais des Gouverneurs. Alors, les Soglo pourront-ils se faire sauver par Yayi Boni ? De sources proches de la majorité parlementaire, en tant que partenaire des dirigeants de la Rb, le Chef de l’Etat peut leur porter secours. Mais certaines sources confient que Yayi Boni pourrait bien chercher à négocier l’appui indéfectible des Renaissants dans le cadre de son projet de révision de la Constitution. Autrement dit, le président de la République pourrait bien jouer au maître-chanteur. Après la décision Dcc n°13-124 de la Cour constitutionnelle: Les antirévisionnistes doivent changer de stratégies Écrit par Le Matin du 18/09/2013 Mercredi, 18 Septembre 2013 07:48 La Cour Constitutionnelle a rendu sa décision pour déclarer conforme à la Constitution, la procédure en cours pour la révision de la Constitution. Un coup dur pour le camp des antirévisionnistes qui sont appelés à trouver une autre cible d’attaque. Car, désormais seul le parlement et les députés sont maîtres du sort de ce dossier qui agite l’opinion nationale depuis quelques mois... La révision de la Constitution est plus que jamais esclave des 83 députés à l’Assemblée nationale. Seuls ces élus de la nation peuvent donner une suite favorable ou non au dossier. Après que la Cour constitutionnelle ait déclaré la procédure conforme à la Constitution, Il se pose alors un problème au niveau de la stratégie adoptée jusque-là par le camp des antirévisionnistes. En effet, depuis la transmission du décret N° Décret n° 2013-255 du 06 juin 2013 portant révision de la Constitution, plusieurs voix se sont levées pour demander le retrait du projet par le gouvernement. Mais, rien n’y fît. Le gouvernement est resté ferme dans sa position. La stratégie des antirévisionnistes est d’axer la lutte autour des intentions cachées du chef de l’Etat. Mais aujourd’hui, la poursuite sur cette voie ne peut prospérer. Il s’agira pour ce camp d’établir un nouveau modèle de plaidoyer et de lobbying en direction des élus de la Nation. Ces antirévisionnistes ont aussi la possibilité de sensibiliser les députés sur d’éventuels amendements à porter au texte actuel. Les slogans anti-Yayi ou les slogans antigouvernementaux n’auront de sens que s’ils sont adressés aux honorables députés à l’Assemblée nationale. Au regard du fait que le président Boni Yayi, initiateur du projet dispose actuellement d’une majorité confortable au parlement, la lutte s’annonce encore âpre. La victoire d’un camp réside dans sa capacité à sensibiliser le plus grand nombre de députés.