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Atelier 5 : Rythmes, allitérations et

assonances (noms, prénoms et


Aragon)
Objectifs •Découvrir et manipuler les rythmes et les sons de la langue française.
•Découvrir les notions d'allitération et d'assonance.
•Produire une poésie rimée et rythmée, avec des retours de sonorités.
•Mettre en voix cette poésie.
Matériel Cahier, papier, crayon, stylo...
Liste des communes de l'Indre (photocopie)
Organisation Déroulement Temps
matérielle estimé
Tableau noir 1) Relever 8 prénoms et noms d'élèves de la classe. Lecture par les élèves 15'
de cette liste selon l'ordre d'arrivée, puis selon d' autres ordres définis par le
maître (disposant en rimes ou en rythmes divers). Quelles différences ?
Relever les différents rythmes (1.2/1.2, 1.2/1.2.3, 1.2.3/1.2, etc). Classer,
ranger les autres prénoms et noms de la classe dans les catégories trouvées.
2) Relever les retours de consonnes dans l'ensemble prénom-nom (les 10'
allitérations). Ex : Nicolas Sarkozy (allitération en [k]), rythme 1.2.3/1.2.3.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle,
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala. (Hugo, Booz endormi)
3) Relever les retours de voyelles dans l'ensemble prénom-nom (les 10'
assonances). Ex : Nicolas Sarkozy, (assonances en a, o, i en effet-miroir).
4) Découverte du poème d'Aragon, “Le conscrit des cent villages”. Lecture 15'
magistrale de quelques strophes. Analyse de la strophe :
Adieu Forléans MarimbauIt
Vollore-Ville Volmerange
Avize Avoine Vallerange
Ainval-Septoutre Mongibaud
5) Ecrire un quatrain en hexasyllabes sur le même modèle, commençant par 20'
Salut ou Bonjour (salut au pays, à l'inverse du poème d'Aragon), en utilisant
comme ressource la liste des communes de l'Indre.
6) Dire ce quatrain à toute la classe. 10'
20 ateliers de slam poésie, De l'écriture poétique à la performance, Catherine Duval,
Références Laurent Fourcaut, Pilote Le Hot, Retz, 2008.
La petite fabrique d'écriture, Gérard Vermeersch, Magnard 2002.
La Diane française, Aragon, Seghers,1944.

Patrick Bléron -AML/TICE, La Châtre, 2008/2009.


Adieu La Faloise Janzé Passefontaine Treize-Vents
Adieu Saint-Désert Jeandelize
Gerbépal Braize Juvelise Adieu le lieudit I’Ile-d'Elle
Fontaine-au-Pire et Gévezé Adieu Lillebonne Ecublé
Ouvrez tout grands vos noms ailés
Louis Aragon Que je respire Et je respire Envolez-vous mes hirondelles
“Le conscrit des cent villages” Ces étoiles dans ma gorge y
Font une lueur de magie Et retournez et retournez
Prairie adieu mon espérance Trompe l'exil mon faux empire Albine Alise-Sainte-Reine
Adieu belle herbe adieu les blés Les Sources-la-Marine Airaines
Et les raisins que j’ai foulés Il faut reprendre ô saoulerie Jeux-les-Bards Gigors Guéméné
Adieu mes eaux vives ma France Ce déroulement implacable
Et boire et boire les vocables Vers Pré-en-Baille ou Trinquetaille
Adieu le ciel et la maison Où flambe et tremble la patrie Vers Venouze ou vers Venizy
Tuile saignante ardoise grise Lizières Lizine Lizy
Je vous laisse oiseaux les cerises Aigrefeuflle-d'Aunis Feuilleuse Taillebourg Arques-la-Bataille
Les filles l'ombre et l'horizon Magnat-l’Étrange Florentin
Tilleul-Dame-Agnès Dammartin Albans-Dessus Albans-Dessous
J'emmène avec moi pour bagage Vers-Saint--Denis Auvers Joyeuse Planez lourds aiglons des paroles
Cent villages sans lien sinon Valsemé Grand-Cœur
L'ancienne antienne de leurs noms Cramaille Crémarest Crévoux Grandeyrolles
L'odorante fleur du langage Jetés au ciel comme des sous
Crêches-sur-S'aône Aure Les Mars
Croismare Andé Vourles Vémars
Une romance à ma façon Adieu Caer et Biscarosse
Amarens Seuil Le Rendez-Vous
Amour de mon pays mémoire Poignards que vous avez d'éclat

Un collier sans fin ni fermoir Ô Saint-Geniès-de-Comolas


L'Ame Sommaisne Flammerans
Le miracle d'une chanson Adieu Néronde Orny Garosse
Sore Sormonne Sormery
Sommeilles La Maladrerie
Un peu de terre brune et blonde Pas un qui demeure sur cent
Bussy-le-Repos Sommerance
Sur le trou noir de mon chagrin Villages aux noms de couleur

J'emmène avec moi le refrain Villages volés mes douleurs


Mon pays souffre mille maux
De cent noms dits par tout le S'en souvenir monte à la tête Le temps a fui comme du sang
monde
Ah démons démons que vous êtes
Musiques s'il n'est pas trop tard
Versez-moi des mots et des mots
Adieu Forléans MarimbauIt Parfumez le vent parfumé
Vollore-Ville Volmerange Sanglotez les cent noms aimés
Il reste aux mots comme aux
Avize Avoine Vallerange fougères Que j'écoute au loin vos guitares
Ainval-Septoutre Mongibaud Qui tantôt encore brûlaient
Cette beauté de feu follet « La Diane française, 1944)
Fains-la-Folie Aumur Andance Leurs architectures légères
Guillaume-Peyrouse Escarmin
Dancevoir Parmilieu Parmain Angoisse Adam-les-Passavant
Linthes-Pleurs Caresse Abondance Bors l'Aventure Avril-sur-Loire

La Balme-d'Épy Tréméloir
Poèmes de la classe de CE2/CM1 d'Ambrault
(d'après Aragon)

Bonjour Neuvy-Pailloux Ambrault


Marseille Meunet-Planches Ardentes
Etrechet Vierzon Lyon Bordeaux
Châteauroux Saint-Etienne Nantes

Valentin

Bonjour Neuvy-Pailloux Ambrault


Etrechet Châteauroux Ardentes
Toulouse Issoudun Nice Nantes
La Châtre Bretagne Bordeaux

Agathe

Bonjour Neuvy-Pailloux Ambrault


Issoudun Carcassonne Ardentes
Saint Maur Châteauroux Luant Nantes
Clermont-Ferrand Vierzon Bordeaux

Marcelyne
Bonjour Ablenay Lizeray
Brion Ciron Cliron Vouillon
Argenton Mâron Francillon
Launay Malicornay Chouday

Salut Eguzon Argenton


Le Rimbert Rosnay Roussine
Rouvres les Bois St Valentin
Chaillac Chabris Chalais Cuzion
Bonjou r joy e u s e s ville s
Fran ç a i s e s

Salut Arg e n t o n , Eguzon


Meune t sur Vatan,Orl é a n s
Mene t o u surNa h o n Crozan t
Malico r n a y, Vouillon Cuzion
Bonjour Cluis Buxières d’Aillac.
Eguzon Chantôme Anjouin Coings.
Petit Villiers Pellevoisin.
Baudres Bagneux Bazaiges Chaillac.

Bonjour Argenton Baudres Celon


Argenton sur Creuse Nébilons
Eguzon Chantôme Francillon
Tou r n o n Saint Martin Chav e n t o n
Salut Lourouer Saint Laurent
Chasseneuil Lureuil Veuil Buxeuil
Orsennes Cuzion Arpheuilles Bonneuil
Vigoulant Vatan Fontguenand

Salut Petit Villiers Ségry


Oulches Néons sur Creuse Dunet
Pommiers Poinçonnet Scoury
Ceaulmont Carre Pin Chazelet

Océane
&
Sophie
Atelier 6 : Rythmes et assonances
(avec IAM et Tardieu)
Objectifs •Découvrir et manipuler les rythmes et les sons de la langue française.
•Approfondir les notions d'allitération et d'assonance.
•Produire une poésie structurée sur le modèle de Jean Tardieu
•Mettre en voix divers poèmes.
Matériel • Cahier, papier, crayon, stylo...
• Poste CD
Organisation Déroulement Temps
matérielle estimé
Photocopie du texte 1) Ecoute du rap de IAM, Tam-tam de l'Afrique (1991). Echanges. 10'
2) Recherche des assonances dans le texte du rap. 10'
3) Diction à plusieurs (par groupes de trois ou quatre) de l'Etude de 20'
rythme à six temps forts (Tardieu).
4) Lecture magistrale de l' Etude en de mineur, de Jean Tardieu. 30'
Après un court échange autour des premières impressions, proposer d’écrire, chacun
pour soi, sur un bout de papier un de ses mots préférés par le sens ou par le son. Les
papiers sont collectés puis dépouillés, les mots écrits au tableau. De ce réservoir de mots,
chacun en choisit un sans rien dire (un autre mot que le sien).
On ajoute alors simplement la structure déterminant + nom choisi + était de...
On complète par un des mots du tableau mais ce n’est pas une obligation, on peut très
bien choisir un autre mot qui nous vient à l’esprit.
Ce nouveau mot est repris pour un second vers qui suit la même formule.
On peut se limiter à deux strophes du style :
A était de B
B était de C
C était de D

E était de F
F était de G1
G2 était d'hier
A partir de là, on installe la rupture :
Il/Elle (selon le genre de G2) est de maintenant
Maintenant est de H
maintenant est de I
maintenant est de J
Et on termine par la strophe suivante :
Ma K est de L
mon M est de N
ma O est de P (Rechercher pour ce dernier vers une association de contraires.)
5) Mise en voix du poème. 10'
20 ateliers de slam poésie, De l'écriture poétique à la performance, Catherine Duval,
Références Laurent Fourcaut, Pilote Le Hot, Retz, 2008.
Le fleuve caché, Jean Tardieu, Poésie/Gallimard, 1968.
Action poétique 2005/2006 : Première ivraison (Jean Tardieu)

Patrick Bléron -AML/TICE, La Châtre, 2008/2009.


Dans une interview donnée en 1991, Akhénaton, le chanteur du Jean Tardieu
groupe IAM, expliquait que pour créer une chanson de rap, la
Etude de rythme à six temps forts
recette était simple : il fallait « chercher les assonances à
l’intérieur des vers », et faire attention à leur rythme : « combien je raconte un pays je raconte un pays étranger je raconte
de temps ils doivent durer ; un deux trois quatre, parce que le je raconte un pays étranger d'où rien n'est jamais revenu
rap c’est du binaire ; compter le nombre de pieds qu’il y a dans
le vers, voir s’il y a une rime à la fin ». je raconte un pays d'où le vent de la mer n'est jamais
revenu
ni les fleuves grondant de plaisir vers les gouffres ni l'air
ni les flammes
ni les mots en secret près des murs dans la main des
amants échangés
ni l'orage des jeux de la mort ni l'ample clameur de la
haine
ni le cri ni le chant ni l'éclair du soleil sur les vitres des
villes
TAM TAM DE L'AFRIQUE ni les pas ni les coups ni le bruit des volets dans les
Ils sont arrivés un matin par dizaines par centaines calmes villages

Sur des monstres de bois aux entrailles de chaînes ni le sang ni le lait ni la neige... Un pays étranger d'où rien

Sans bonjours ni questions, pas même de présentations n'est jamais revenu.

Ils se sont installés et sont devenus les patrons C'est là cependant que je vis
chaque jour
Puis se sont transformés en véritables sauvages
c'est là cependant que nous tous nous vivons chaque
Jusqu'à les humilier au plus profond de leur âme jour et chaque heure :
Enfants battus, vieillards tués, mutilés ici-bas un pays étranger d'où rien n'est jamais revenu.
Femmes salies, insultées et déshonorées,
Impuissants, les hommes enchaînés subissaient
Les douloureuses lamentations de leur peuple opprimé
Mais chacun d’entre eux en lui-même se doutait
Qu'il partait pour un voyage dont il ne rentrerait jamais
Qu’il finirait dans un port pour y être vendu.
Etude en de mineur
Il pleurait déjà son pays perdu
Le ciel était de nuit
Traité en inférieur à cause d'une différence de couleur la nuit était de plainte
la plainte était d’espoir.
Chaque jour nouveau était annonciateur de malheur
Les yeux étaient de lèvres
Au fond des cales où on les entassait
les lèvres étaient d’aube
Dans leurs esprits les images défilaient la source était de neige.
Larmes au goût salé, larmes ensanglantées Ma vie était de flamme
ma flamme était de fleuve
Dans leurs esprits, longtemps retentissaient le fleuve était de bronze
Les chants de la partie de leur être qu’on leur a arrachée le bronze était d’aiguille
Mais sans jamais tuer l'espoir qui les nourrissait, l’aiguille était d’horloge
l’horloge était d’hier :
Qu’un jour ils retrouveraient ces rivages féeriques
elle est de maintenant.
D'où s'élèvent à jamais les tam tam de l'Afrique
Maintenant est de terre
Les tam tam de l'Afrique (bis)[…] maintenant est de pierre
maintenant est de pluie.
IAM, in … de la Planète Mars, Disque Labelle Noir, 1991.
Ma rive est de silence
mes mains sont de feuillage
ma mémoire est d’oubli.

(Monsieur Monsieur, 1951)


Atelier 7 : Poèmes dialogués
(pour rire avec Tardieu)
Objectifs •Produire une poésie dialoguée à l'oral puis à l'écrit.
•Mettre en voix divers poèmes.
Matériel • Cahier, papier, crayon, stylo...
• Jeux de cartes-mots, poster, cartes postales,
Organisation Déroulement Temps
matérielle estimé
Photocopie des 1) Lecture à deux voix des poèmes de Jean Tardieu, Conversation et Les 10'
poèmes erreurs.
Cartes-mots 2) Question/réponse. A chaque élève une carte est distribuée, portant un 15'
mot. La classe travaille alors par binômes : un élève pose une question
comportant le mot, son camarade y répond en employant obligatoirement
le sien.
Travail collectif 3) Affiche ou poster au tableau.. A partir de l'image, on imagine trois 20'
questions et trois réponses (deux vers à chaque fois) sur le schéma suivant :
Quel est ce .... qui...? (registre lyrique)
C'est un... qui... (registre trivial)
Quelle est cette... qui... ? (registre lyrique)
C'est une... qui... (registre trivial)
Oh que j'aime (un détail de l'image)! (registre lyrique)
Ce n'est pas (reprise du mot), c'est... (registre trivial)
+ Ordre à l'impératif.
Travail individuel. 4) Distribution de cartes postales, une par élève. A partir de l'image, chacun 25'
écrit trois questions et trois réponses (deux vers à chaque fois) sur le même
schéma que précédemment.
Les phrases obtenues sont découpées, rassemblées par lots et l'on peut à loisir
composer des poèmes en mixant les différents éléments.
5) Mise en voix de quelques poèmes obtenus. 10'
20 ateliers de slam poésie, De l'écriture poétique à la performance, Catherine Duval,
Références Laurent Fourcaut, Pilote Le Hot, Retz, 2008.
Le fleuve caché, Jean Tardieu, Poésie/Gallimard, 1968.
Action poétique 2005/2006 : Première ivraison (Jean Tardieu)

Patrick Bléron -AML/TICE, La Châtre, 2008/2009.


Conversation LES ERREURS

Comment ça va sur la terre? (la première voix est ténorisante, maniérée,


- Ça va ça va, ça va bien. prétentieuse ; l’autre est rauque, cynique et dure.)
Les petits chiens sont-ils prospères?
- Mon Dieu oui merci bien.
Je suis ravi de vous voir
Et les nuages?
bel enfant vêtu de noir.
- Ça flotte.
Et les volcans?
- Ça mijote. - Je ne suis pas un enfant
Et les fleuves? je suis un gros éléphant.
- Ça s'écoule.
Et le temps? Quelle est cette femme exquise
- Ça se déroule. qui savoure les cerises ?
Et votre âme?
- Elle est malade - C’est un marchand de charbon
le printemps était trop vert qui s’achète du savon.
elle a mangé trop de salade
Ah ! Que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe !

- C’est un ivrogne qui boit


dans sa chambre sous le toit.

Mets ta main dans ma main tendre


je t’aime ô ma fiancée !

- Je n’suis point vot’fiancée


je suis vieille et j’suis pressée
laissez-moi passer !

Jean TARDIEU
Le fleuve caché, Gallimard (1951)

Quel est ce .... ?


C'est un... qui...
Quelle est cette... ?
C'est une... qui...
Oh que j'aime (un détail de l'image)!
Ce n'est pas (reprise du mot), c'est... + Ordre à l'impératif.

Quel est ce qui

C'est un qui

Quelle est cette qui

C'est une qui

Oh que j'aime

Ce n'est pas , c'est !


Atelier 8 : Poésie, printemps et geste
graphique
Objectifs • Produire plusieurs interprétations d'un texte en variant la mise en page
• Produire un texte poétique
Matériel • Cahier, papier, crayon, stylo...
• Supports variés d'écriture
Organisation Déroulement Temps
matérielle estimé
1) Echanges. Que signifie pour vous le printemps ? Par quoi se caractérise- 15'
t-il ? Quels sentiments vous inspire-t-il ?
Ecoute de poèmes du printemps (Haïkus, Eluard, Roy, IAM...)
Cahier de slam 2) Poème express sur le thème du printemps (anaphore de « il y a »). 20'
(manuscrit) Variante : Sortir de la classe pour écrire directement en extérieur.
Demi-feuilles 3) Je suis là. Présenter une forme nouvelle de présentation graphique 10'
blanches (d'après B. Friot).
Formes diverses 4) Reproduire son poème à partir d'espaces d'écriture de formes diverses 25'
(triangles, ronds, feuilles pliées, déchirées, chiffonnées, petits formats,
formats allongés...)
5) Mise en voix des poèmes 10'

20 ateliers de slam poésie, De l'écriture poétique à la performance, Catherine Duval,


Références Laurent Fourcaut, Pilote Le Hot, Retz, 2008.
Presque poèmes, écriture poétique, Bernard Friot, Catherine Louis, De La Martinière
Jeunesse, 2005

Patrick Bléron -AML/TICE, La Châtre, 2008/2009.


Printemps Haïkus japonais
Vieille mare –
une grenouille plonge
Il y a, sur la plage, quelques flaques d'eau. bruit de l'eau
Il y a, dans les bois, des arbres fous d'oiseaux.
La neige fond dans la montagne. Matsuo Bashô

Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs Le chêne


Que le pâle soleil recule. Sa mine indifférente
C'est par un soir d'hiver, Devant les cerisiers fleuris
Dans un monde très dur, Matsuo Bashô (Maurice Coyaud)
Que tu vis ce printemps,
Près de moi, l'innocente. Pour un simple locataire
Il n'y a pas de nuit pour nous. le cerisier offre
bien trop de fleurs
Rien de ce qui périt, n'a de prise sur moi Kôyô (Coyaud)
Mais je ne veux pas avoir froid.
Notre printemps est un printemps qui a raison. La cueillir quel dommage !
la laisser quel dommage !
Ah ! cette violette
Paul Éluard Naojo (Roger Munier)

Le Printemps (parfois titré Rondeau) Dans l'eau que je puise


scintille le début
du printemps
Le temps a laissé son manteau Ringaï (Munier)
De vent, de froidure et de pluie
Et s'est vêtu de broderies,
De soleil luisant, clair et beau
Il n'y a bête, ni oiseau
Qu'en son langage ne chante ou crie Revoir un printemps
Le temps a laissé son manteau
De vent de froidure et de pluie Refrain :
Rivières, fontaines et ruisseaux Comme quoi la vie finalement nous a tous embarqués,
Portent en livrée jolie J'en place une pour les bouts de choux, fraîchement débarqués
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie A croire que jusqu'à présent, en hiver on vivait
Chacun s'habille de nouveau Vu qu'c'est le printemps, à chaque fois que leurs sourires
apparaissent
Charles d'Orléans (1391-1465) ("Rondeaux", poèmes écrits vers Je revois le mien en extase, premier jouet téléguidé
l'année 1450) Déguisé en cosmonaute, souhait presque réalisé, instant sacralisé
Trésor de mon coeur jamais épuisé, pour mon âme apaisante,
Alizée.

Akhenaton :
Revoir le rayon d'lumière, transpercer les nuages,
Après la pluie, la chaleur étouffante assécher la tuile
Revoir encore une fois, l'croissant lunaire embraser la nuit
Embrasser mes anges, quand l'soleil s'noie
Faire du sommeil une terre vierge, converser dehors sous les
Cierges, revoir son sourire au lever quand j'émerge, sur
Au-delà des turpitudes, des dures habitudes de l'hiver
Peut être mon enveloppe de môme, abrite un coeur d'Gulliver
Revoir les trésors naturels de l'univers, douce ballerine
Le Printemps L'hirondelle fonde son nid dans mes songes, sublime galerie
A ciel ouvert, les djouns rampent à couvert, nous à l'air libre
Après tout ce blanc vient le vert, Mais les pierres horribles, cachent souvent des gemmes superbes
Le printemps vient après l’hiver. Sous le couvercle
Après le grand froid le soleil, Revoir la terre s'ouvrir, dévoiler la mer
Après la neige vient le nid , Solitaire dans la chambre, sous la lumière qu'les volets lacèrent
Après le noir vient le réveil, Impatient de l'attendre, c'printemps en décembre, en laissant
L’ histoire n’est jamais finie. Ces mots dans les cendres, de ces années amères
Après tout ce blanc vient le vert, (Refrain)
Le printemps vient après l’hiver,
Et après la pluie le beau temps. IAM (2003)

Claude Roy ("Farandoles et fariboles")


Atelier 9 : Ecrire et dire un poème
collectif (avec Guillevic)
Objectifs • Produire un texte poétique à plusieurs
• Dire un texte poétique à plusieurs
Matériel • Cahier, papier, crayon, stylo...
• Photocopie poèmes de Guillevic
Organisation Déroulement Temps
matérielle estimé
1) Mise en bouche poétique (poèmes de Guillevic) 15'
• J'ai vu le menuisier (à plusieurs), chuchoté, voix normale, choeur +
soliste
• Imaginons (à plusieurs), + geste.
2) Ecrire un huitain du type J'ai vu (le pêcheur, le pompier, la coiffeuse...); 15'
choisir un artisan admiré, un artiste (établir une liste avant l'écriture).
3) Par quatre, lire les huitains. Choisir une position dans l'espace pour la 15'
performance collective (en ligne, en arc-de-cercle, trois + un, en colonne...).
4) Ecrire un quatrain rimé présentant un lieu aimé (village, maison, 20'
chambre, pays...). Chaque quatrain finira par le vers : Chez nous, c'est
comme ça.
5) Par quatre, lire les quatrains. 15'
20 ateliers de slam poésie, De l'écriture poétique à la performance, Catherine Duval,
Références Laurent Fourcaut, Pilote Le Hot, Retz, 2008.

Patrick Bléron -AML/TICE, La Châtre, 2008/2009.


Eugène Guillevic Suppose
Que ce soit le rocher
J’ai vu le menuisier... Qui frappe à notre porte
J’ai vu le menuisier Et que je te demande
Tirer parti du bois. De le laisser entrer
Si c’est pour nous conter
J’ai vu le menuisier
Comparer plusieurs planches. Le temps d’avant le temps.

J’ai vu le menuisier
Suppose
Caresser la plus belle.
Que le vol d’un oiseau
J’ai vu le menuisier Nous invite au voyage
Approcher le rabot. Et que je te demande
De nous blottir en lui
J’ai vu le menuisier Pour avec lui voler
Donner la juste forme. A travers la pénombre.

Tu chantais, menuisier,
En assemblant l’armoire. Suppose
Que la mer ait envie
Je garde ton image De nous voir de plus près
Avec l’odeur du bois.
Et que je te demande
D’aller lui répéter
Moi, j’assemble des mots
Et c’est un peu pareil. Que nous ne pouvons pas
L’empêcher d’être seule.
Imaginons

Le temps que met l’eau à couler de ta main


Suppose
Le temps que met le coq à crier le soleil Que le soleil couchant
Le temps que l’araignée dévore un peu la S’en aille satisfait
mouche Et que je te demande
D’aller lui réclamer
Le temps que la rafale arrache quelques
tentes Ce qu’il doit nous payer
Pour sa journée de gloire.
Le temps de ramener près de moi tes
genoux
Recette
Le temps pour nos regards de se dire
d’amour Prenez un toit de vieilles tuiles

Imaginons ce qu’on fera


un peu avant midi.
Placez tout à côté
de tout ce temps.
Bergeries (Autres, 1980)
un tilleul déjà grand
Suppose remué par le vent.
Que je vienne et te verse Mettez au-dessus d’eux
Un peu d’eau dans la main un ciel de bleu, lavé
Et que je te demande
par des nuages blancs.
De la laisser couler
Goutte à goutte Laissez-les faire.
Dans ma bouche. Regardez-les.

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