Recyclage
Le recyclage est un procédé de traitement des déchets (déchet industriel ou ordures
ménagères) qui permet de réintroduire, dans le cycle de production d'un produit, des
matériaux qui composaient un produit similaire arrivé en fin de vie, ou des résidus de
fabrication. L'un des exemples qui illustre ce procédé est celui de la fabrication de
bouteilles neuves avec le verre de bouteilles usagées.
Le recyclage a deux conséquences écologiques majeures :
• La réduction du volume de déchets, et donc de la pollution qu'ils causeraient (certains
matériaux mettent des décennies, voire des siècles, pour se dégrader) ;
• La préservation des ressources naturelles, puisque la matière recyclée est utilisée à la
place de celle qu'on aurait dû extraire.
C'est une des activités économiques de la société de consommation. Certains procédés sont
simples et bon marché mais, à l'inverse, d'autres sont complexes, coûteux et peu rentables.
Dans ce domaine, les objectifs de l'écologie et ceux des consommateurs se rejoignent mais
parfois divergent ; c'est alors le législateur qui intervient. Ainsi, en particulier depuis les
années 1970, le recyclage est une activité importante de l'économie et des conditions de vie
des pays développés.
Depuis 1970,
Le ruban de Möbius
est le logo universel des
matériaux recyclables (à ne pas confondre,
en Europe,
avec le Point vert)
Recyclage 2
Les 3 R
Le recyclage s'inscrit dans la stratégie de
traitement des déchets dite des trois R :
• Réduire, regroupe les actions au niveau de
la production pour réduire les tonnages
d'objets (par exemple les emballages)
susceptibles de finir en déchets.
• Réutiliser, regroupe les actions permettant
de réemployer un produit usagé pour lui
donner une deuxième vie, pour un usage
identique ou différent.
• Recycler, désigne l'ensemble des
opérations de collecte et traitement des Bouteilles en plastique prêtes pour le recyclage
Histoire
Moderne
En 1970, le recyclage est mis en avant par
des partisans de la défense de
l'environnement qui lancent le logo actuel
pour marquer les produits recyclables et
les produits issus de matériaux recyclés.
La situation évolue progressivement. Les
consommateurs se sensibilisent à
l'étiquette « produit recyclable » qui est
reconnaissable grâce au logo (à ne pas
confondre avec le Point vert qui, en
Europe, atteste du paiement d'une taxe par
le fabricant mais n'indique aucunement que
Ramasseurs de déchets dans un bidonville de Jakarta
le produit est recyclable). en Indonésie.
La qualité de l'air est quant à elle protégée par le Règlement du Parlement européen et du
Conseil CE 2037/2000 du 29 juin 2000 sur les substances qui appauvrissent la couche
d'ozone, et par la Décision du Conseil du 25 avril 2002 qui est l'Approbation, au nom de la
Communauté européenne, du protocole de Kyoto à la convention-cadre des Nations unies
Recyclage 4
La chaîne du recyclage
• Étape 1 : Collecte de déchets
Les opérations de recyclage des déchets commencent par la collecte des déchets.
Dans les pays développés, les ordures ménagères sont généralement incinérées ou enfouies
en centres d'enfouissement pour déchets non dangereux. Les déchets collectés pour le
recyclage ne sont pas destinés à l'enfouissement ni à l'incinération mais à la
transformation. La collecte s'organise en conséquence.
La collecte sélective, dite aussi « séparative » et souvent appelée à tort « tri sélectif »[1] est
la forme la plus répandue pour les déchets à recycler. Le principe de la collecte sélective
est le suivant : celui qui jette le déchet le trie lui-même.
À la suite de la collecte, les déchets, triés ou non, sont envoyés dans un centre de tri où
différentes opérations mécanisées permettent de les trier de manière à optimiser les
opérations de transformation. Un tri manuel, par des opérateurs devant un tapis roulant,
complète souvent ces opérations automatiques. Avant ce stade, le verre brisé est
systématiquement écarté pour éviter les risques de blessure.
• Étape 2 : Transformation
Une fois triés, les déchets sont pris en charge par les usines de transformation. Ils sont
intégrés dans la chaîne de transformation qui leur est spécifique. Ils entrent dans la chaîne
sous forme de déchets et en sortent sous forme de matière prête à l'emploi.
• Étape 3 : Commercialisation et consommation
Une fois transformées, les matières premières issues du recyclage sont utilisées pour la
fabrication de produits neufs qui seront à leur tour proposés aux consommateurs et
consommés.
En fin de vie, ces produits seront probablement jetés, et certains d'entre eux pourront être
à nouveau récupérés et recyclés.
• Exemple de recyclage pour le verre :
Recyclage 5
Étape 2 : Fabrication du
Étape 1 : Conteneurs pour verre à partir du verre
verre à recycler collecté, ici par soufflage
manuel
Eaux usées
L'eau est un bien naturel qui est indispensable à la vie
et fortement consommé, mais dont les ressources sont
limitées. Dans les pays développés, elle est recyclée et
une part de l'eau consommée est issue d'eaux usées,
assainies et redistribuées. La gestion de ce recyclage
des eaux usées nécessite des infrastructures et une
exploitation toutes deux lourdes, généralement confiées
à des entreprises spécialisées dans le traitement et la
distribution d'eau ou au palier de gouvernement local.
Produit Procédé
Produit Procédé
Equipement électrique et Les appareils sont récupérés, démantelés, déchiquetés et broyés, au moyen d’une
électronique chaîne. Les fragments valorisables sont récupérés sous forme de métaux ferreux,
non-ferreux, câbles, plastiques, etc.
Incinérateur de déchets
Produit Procédé
Déchet liquide à composante minérale. Traitement physico-chimique minéral : neutralisation des acides
Tels que déchets de revêtement de surface, et des bases, transformation des produits toxiques solubles en
boues résultant du travail des métaux, composés insolubles précipités au sein de la solution, séparation
dépollution d’eau, etc. des solides et des liquides par décantation ou par filtre.
Produit Procédé
Boue de déchets industriels Chauffage des déchets dans le but d'en réduire la masse et de
valoriser les sous-produits. Il s'agit de techniques de séchage
ou de séchage par incinération en utilisant différentes
technologies. La vapeur issue du séchage peut être recyclée
comme source de chaleur dans le procédé à partir d'une
chaudière. En fonction des résidus obtenus par séchage,
ceux-ci peuvent être stockés pour une utilisation ultérieure.
Métal Les fûts, conteneurs, emballages légers (en fer blanc) qui ne
Concerne les métaux tels que fûts, conteneurs, sont pas réutilisés en l'état après nettoyage sont compactés et
emballages légers, mâchefers, sels d'argent de transportés aux aciéries).
bains photographiques, etc. Les mâchefers, dépollués et ôtés de tout élément métallique
sont réutilisés par l’industrie métallurgique.
Les sels d'argent sont stockés et transférés dans un réacteur
agité, pour précipiter le sulfure d’argent. Après séparation, on
obtient une boue qui sera calcinée pour la récupération de
lingots d'argent.
PCB desTransformateurs et condensateurs Chaque appareil ou équipement est vidé de son contenu
contenant du pyralène. liquide, démonté, et traité suivant la nature des parties actives,
noyaux, bobines, cuve, etc. Après décontamination, le cuivre et
le papier sont séparés et réemployés.
Produit Procédé
Pile alcaline et pile 1/ Préparation au traitement mécanique. Le procédé utilisé est un procédé
saline hydrométallurgique (attaque chimique/traitement à froid) qui permet une valorisation
de 80% des composants de la pile.
A la réception des lots, les piles sont triées afin de séparer les piles salines et alcalines
traitées sur place. Les autres modèles (piles boutons) sont dirigées vers des
installations spécialisées. Les piles sont broyées afin d’obtenir un mélange, puis tamisé
pour séparer les poudres de charbon, de zinc, de manganèse, de potassium, de
mercure, des autres parties plus denses. Ces dernières sont dirigées vers un
séparateur magnétique qui extrait la partie métallique (fer) revendue à l’industrie
métallurgique, et vers un séparateur à courant de Foucault qui dissocie, le papier et le
plastique, du cuivre et du zinc.
2/ Préparation au traitement chimique. La poudre de pile est attaquée à l’acide
sulfurique et le magma obtenu est filtré sur filtre presse. On obtient deux produits
distincts : un résidu carboné composé de graphite et un liquide contenant des sulfates
mixtes dissouts dans l’eau.
Le mercure est extrait de ce liquide sous forme métallique à une pureté de 99%, par
un procédé appelé "cémentation", et est envoyé ensuite en affinage. Le liquide purifié
est neutralisé puis concentré et évaporé afin d’obtenir des sulfates de zinc et de
manganèse en poudre, produits finis directement commercialisables. Le mercure, le
zinc et le ferromanganèse sont extraits des piles et réutilisés dans la fabrication de
nouveaux produits.
Sédiment provenant de Les déchets organiques sont lavés avec un solvant adapté, puis rincés. Le sable
marée noire récupéré servira de sable de recouvrement, ou sera incorporé aux enrobés routiers.
Sédiments provenant de Les hydrocarbures extraits contribuent à la valorisation thermique et énergétique.
marées noires tels que
tout déchet ramassé sur
une côte polluée en
hydrocarbures.
Sol pollué Les techniques de traitement et de reconstitution des sites et sols pollués sont
Tel que les anciennes appliquées selon les polluants en présence, par forage, échantillonnage et analyse.
décharges.
Tube fluorescent Les tubes en verre et les culots métalliques sont démontés, séparés, stockés dans des
conteneurs spécifiques avant la phase de démercurisation. Le verre et les poudres
sont récupérés et les parties métalliques sont cédées à des spécialistes du
retraitement des métaux.
Création d'activités
Le recyclage est une activité économique à part entière. Elle est le moyen de création de
richesses pour les entreprises de ce secteur.
En théorie, presque tous les matériaux sont recyclables. En pratique, l'absence de filière
rentable fait qu'ils ne sont pas tous recyclés. Ainsi, le recyclage est plus coûteux pour des
appareils électroniques comme les ordinateurs, car il faut séparer les nombreux
composants avant de les recycler dans d'autres filières. De plus la crainte de récupération
de données confidentielles freine l’envie de recycler les anciens ordinateurs dans les foyers
ou entreprises ; dans un sondage, sur 110 responsables informatiques, 42% ont dit que leur
principal sujet de préoccupation est la sécurité des données, contre 25% pour
l’environnement. 15% ont reconnu jeter leur vieux matériel à la poubelle[5] ..
Coût de main-d'œuvre
Le recyclage suppose de trier les déchets en fonction du mode de recyclage auquel chacun
d'eux sera soumis. Ceci exige une main-d'œuvre abondante, même lorsqu'un tri sélectif est
effectué en amont par la population. En effet, il arrive qu'un second tri soit nécessaire dans
un centre d'affinage pour éliminer les erreurs de tri et les impuretés qui pourraient
compromettre le recyclage (c'est le cas du plastique et du verre).
La collecte sélective elle-même exige la mise à disposition des ménages de bacs spéciaux et
emploie plus de personnes qu'une collecte simple.
La plupart de ces coûts supplémentaires sont à la charge de la collectivité (en France, par
exemple, c'est au niveau de la commune ou de la communauté de communes que cela est
géré). Les impôts locaux en tiennent compte, mais d'autres sources de financement existent
: l'écotaxe et le point vert sur les emballages.
donne un matériau très résistant, utilisé par exemple dans la fabrication de mobilier urbain.
Dans ce dernier domaine, de plus en plus de fabricants utilisent des matériaux issus du
recyclage.
Écobilan
De nombreux critères sont à prendre en compte pour juger de la pertinence du recyclage et
établir ce que l'on appelle l'écobilan. C'est pour cela qu'en France, les pots de yaourt, par
exemple, ne sont pas acceptés par la collecte sélective : il n'y a pas assez de matière à
récupérer pour rentabiliser le recyclage, il faudrait trop d'eau ou de vapeur pour les
débarrasser des résidus alimentaires, gras ou sucrés. Au Québec cependant, ils sont
recyclés. Il faut donc se poser les questions suivantes :
• Comment la collecte est-elle organisée ? Quelle énergie nécessite-t-elle ?
• La technique de recyclage est-elle plus économe en matière et en énergie que la
fabrication de la matière première ?
• Les débouchés sont-ils rentables ?
Si on prend l'exemple du papier recyclé, on constate que pour éliminer l'encre au moment
du recyclage, on utilise du chlore, un blanchissant très polluant pour nos rivières et qui se
dégrade difficilement. Le papier "gris" (peu désencré) nécessite moins de chlore, mais n'est
pas toujours adapté aux utilisations courantes. L'idéal est d'utiliser des feuilles de plus
faible grammage. Du papier à 60 g/m² convient parfaitement pour des imprimantes
classiques et en plus cela réduit le poids de son transport, donc la consommation de
pétrole.
Recyclage 13
Le recyclage du verre pose aussi des problèmes, car il est lourd et nécessite donc beaucoup
de carburant pour son transport. Il faut en outre le fondre à 1 550 °C pour le recycler.
L'idéal serait de privilégier le système des consignes, mais les industriels rechignent à
organiser des récupérations non rentables d'un point de vue commercial.
D'un autre côté, la consigne des bouteilles ou des pots en verre demande également
beaucoup de logistique (transport des bouteilles de manière à ne pas les casser, tri par type
de bouteille, etc.) et de nettoyage avant leur réemploi. L'écobilan n'est donc pas si aisé que
ça à établir.
La méthode la moins polluante consiste en tout état de cause à produire le moins de
déchets possibles (recyclables ou non) et de privilégier les circuits courts (achats de
produits locaux), compatibles avec l'idée de réutilisation. Le tri des déchets, et donc leur
recyclage, n'interviendra qu'après épuisement de ces solutions.
Les installations de traitement des déchets résiduels ultimes vouées à la valorisation
énergétique sont peu satisfaisantes car, même si elles sont équipées de filtres, elles
produisent des volumes considérables de rejets gazeux, liquides et solides dispersés ensuite
dans l'environnement. Ces rejets contiennent notamment des métaux lourds, des dioxines,
des COV (Composé organique volatil), du méthane et du CO2.
Au lieu de rejeter du méthane qui contribue fortement au réchauffement de la planète, on
préfère généralement le brûler dans une torchère, ou, mieux, le valoriser en chaudière ou
moteur pour produire de la chaleur ou de l’électricité. On ne rejette alors que le gaz de
combustion contenant principalement du CO2 dont l’impact est moindre que celui du
méthane, cela contribue donc, selon les connaissances actuelles, à préserver quelque peu la
planète, au prix d'un investissement plus élevé.
Voir aussi
• ORDIF - Observatoire Régional des Déchets d'Ile-de-France
Liens internes
• Ressourceries
• Filière intégrée
• Environnement
• Gestion des déchets
• Code d'identification des résines
• Tri sélectif
Recyclage 14
Liens externes
[6]
• çais/Société/Nature_et_environnement/Recyclage_et_déchets/ Catégorie Recyclage de
l’annuaire dmoz
Références
[1] « Tri sélectif » est une tautologie car, par définition, Trier, c'est Sélectionner, et inversement
[2] Directive 94/67/CE du 16 décembre 1994 relative à l'incinération de déchets dangereux
[3] Arochlor (marque déposée par Monsanto), Ugilec ou Askarel
[4] En Europe, l’utilisation des PCB est interdite depuis 1979 et, en France, elle l'est depuis le décret du 2 février
1987
[5] étude de 2009, réalisée par l’agence américaine Osterman Research pour la société Converge
[6] http:/ / www. dmoz. org/ / World/ Fran
Sources et contributeurs de l'article 15
Licence
Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported
http:/ / creativecommons. org/ licenses/ by-sa/ 3. 0/