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DUFRENOY KEVIN

Mémoire de Master 2 Professionnel


Ingénierie éditoriale et communication
Sous la direction de Mr Rolland Michel
Années 2008-2009

UNE AMBIGUITE AUTOUR


DU CLIP VIDEO MUSICAL
Le clip : Simple outil de promotion ou bien œuvre d’Art à part entière ?

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« Un grand merci à tous les gens qui m’ont accordé un peu de leur
temps. Tous ceux qui ont répondu à mon petit sondage dans un
premier temps. Une spéciale pour mes collègues de la Team Nowhere,
de grands amoureux de la musique et du clip vidéo. Et un grand merci
à Ronan Lagadec pour sa disponibilité. »

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SOMMAIRE

INTRODUCTION DU DEVOIR ( page 6 )

1 – PETITE INTRODUCTION AU CLIP VIDEO ( page 7 )

1.1 Qu’est ce qu’un clip vidéo musical ?

1.2 Historique du clip vidéo

• Les prémices du vidéoclip


• La naissance progressive du clip vidéo
• L’Avènement du clip
• MTV Music Television

1.3 Une Technique du clip

II – UN OUTIL INDISPENSABLE DE PROMOTION ( page 14 )

2.1 Une pratique Routinière

2.2 Déclinaison des outils de diffusion

III – UNE EXPERIENCE ESTHETIQUE ET ARTISTIQUE ( page 19 )

3.1 Interaction de différents médias

3.2 Une scénarisation du clip

3.3 Le clip récompensé

3.4 Des Productions attendues

• Générer une attente


• Les récompenses

3.5 Construction de l’image d’un Artiste

3.6 Le message et le clip vidéo

3.7 Les maîtres du clip vidéo

• Les réalisateurs réguliers

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• Les réalisateurs occasionnels

CONCLUSION DU DEVOIR ( page 26 )

DOCUMENTS ANNEXES ( page 27 )

A - Interview de Ronan Lagadec ( page 28 )

B - Ils ont défié les limites du Clip Video ( page 32 )

Galerie ( page 35 )

Bibliographie ( page 42 )

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INTRODUCTION

Le Clip vidéo musical. Voila un thème qui ne semble, au demeurant, pas très sérieux. On
allume sa télévision, on zappe, on pose ses pieds sur la table, et on tombe au hasard des
chaînes sur MTV, MCM et autres grosses cylindrés de la télévision par satellite. Et des
émissions de clips en voulez vous en voila, des tops, des hits, Best of des productions
estivales, hivernales, de la rentrée, le top 50 des clips français, italiens, rétro, pop, rock, métal
et autre classements en tout genre… C’est tout un univers qui s’offre à nous, il ravit nos
oreilles certes mais il est autrement plus coloré, c’est le clip vidéo musical.

Alors devant cette pratique routinière (qui a dit rabâchage ?), cette absorption quasi machinale
et presque inconsciente, je me suis emparé de la télécommande, j’ai osé l’arrêt sur image et
me suis finalement posé la question : Mais qu’est ce que le clip musical ? Est-ce vraiment
cette production abrutissante contre laquelle les légions de bienpensants tentent de nous
protéger ? Est-ce qu’il existe un art du clip vidéo ? Ou bien avons-nous à faire à un simple
produit pensé pour encourager à la consommation sans aucune considération de style ?

Le sujet s’est donc imposé de lui-même pour ce devoir de seconde année de Master.
J’ajouterai que le clip vidéo représente un travail analytique plus conséquent qu’il n’y paraît,
nous ne rentrerons donc véritablement dans les détails techniques de celui-ci sous peine de
quadruplé le nombre de volumes de ce mémoire.
Ce mémoire sera accompagné d’un blog en ligne disponible à l’adresse suivante :
http://memoireclipmaster.skyblog.com
Vous y trouverez de nombreux clips qui viendront illustrer notre développement.

Ensemble, sautons le pas, passons outre les mises en gardes contre l’intérêt controversé du
clip, réconcilions nous avec lui le temps de lui trouver ou non, une bonne raison d’exister.
Alors, peut-être pourrons-nous répondre ensemble à toutes ces interrogations.

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I - Petite introduction au Clip Vidéo

Avant de rentrer au cœur même de notre problématique, à savoir la place ambigüe du clip
vidéo dans l’industrie culturelle, entamons notre devoir par cette petite introduction au clip.
Quelques définitions, quelques dates et quelques éléments plus techniques s’imposent pour
pouvoir véritablement cerner cette problématique. Pour mieux comprendre ce qu’est le clip
vidéo, pour ne pas partir sans provisions en terre inconnue, pour connaître les clefs qui
permettront d’ouvrir notre sujet. Nous débuterons notre propos par une présentation globale
de cette production multimédia puis nous passerons en revue les différentes étapes musicales
et cinématographiques de l’histoire qui ont permis la naissance du clip vidéo avant de nous
focaliser sur quelques détails plus techniques.

1.1 - Qu’est ce qu’un clip vidéo musical ?

Le clip vidéo musical, plus simplement appelé vidéo-clip ou même raccourci à clip, est une
œuvre audiovisuelle courte. Voila comment définir le moteur de notre sujet en quelques mots.
Et qui dit audiovisuel implique forcément un rapport au son comme à l’image. Il est donc ici
question de synchronisme entre les deux procédés. Le mot clip nous vient d’Angleterre et
signifie extrait, il est très souvent employé dans l’expression to clip something off qui signifie
par déduction extraire ou couper quelque chose. Cette petite précision étymologique n’est pas
anodine puisqu’elle permet d’avoir une approche immédiate et déjà explicite de c’est qu’est le
clip vidéo : une production courte. De manière très brève, le clip a pour but de faire la
promotion d’un Artiste, d’une musique et d’un album. Sa longueur se situant entre 2 et 10
minutes (certaines grosses productions peuvent atteindre vingt minutes obligeant les
diffuseurs à couper certains passages pour s’adapter au format télévisé), le clip nous projette
dans l’univers de l’Artiste, nous aide à le cerner, nous y fait pénétrer et nous invite à mieux
comprendre les messages qu’il tente de nous faire passer. Attention, le vidéoclip n’est pas
qu’un petit film qui complète une bande son car nous serions facilement tentés de dire que les
images viennent servir la production musicale. En réalité les choses ne sont pas si simples
puisque aujourd’hui il existe une réciprocité de rapport entre ces mêmes images et la musique
qu’elles illustrent, et c’est effectivement le cœur de notre problématique. Nous y reviendrons
lorsque nous aborderons une partie plus technique du clip.

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1.2 - Historique du clip vidéo

Si le clip est si présent sur nos chaînes de télévision ou encore sur Internet, c’est qu’il est
maintenant solidement encré dans notre culture. Il doit sa naissance à une longue série
d’invention et d’expériences culturelles et artistiques. Pour remonter aux sources de sa
création et pour mieux comprendre celui-ci, quoi de mieux qu’un petit historique du clip qui,
mine de rien, nous fais revenir plus d’un siècle en arrière. Des Song Slide à MTV, en passant
par le Panoram et le Scopitone, retour sur l’histoire d’un phénomène culturel.

1.2.1 - Les prémices du clip

Les prémices du clip vidéo ont été identifiés il y a plus d’un siècle de cela, avant 1895 date de
naissance d’un nouveau média appelé Cinéma, avec les Song Slide. Les Song Slide étaient
composées de plaques de verres servant à illustrer la chanson. On ne sait si cette technique fut
vraiment à l’origine de ce qu’est le clip aujourd’hui mais force est de constater qu’à l’aube du
dix-neuvième siècle, le rapport à la musique avait suffisamment évolué pour considérer celle-
ci sous un angle différent. En 1895, le cinéma lui-même était accompagné d’une bande sonore
jouée par des musiciens locaux. Malheureusement, il était difficile d’obtenir une
synchronisation parfaite entre les images et la musique.
On doit l’arrivé du cinéma parlant aux frères Warner qui, en 1926, présentent le premier long
métrage sonore d’Alan Crosland : Don Juan. C’est un procédé appelé Vitaphone qui permet
de synchroniser la bande sonore et le projecteur. La musique et le cinéma se lièrent un peu
plus d’amitié avec l’arrivée des comédies musicales à l’image de Fantasia de Walt Disney en
1939. Certes il est difficile d’y entrevoir un rapport au clip vidéo tel qu’on le connaît
aujourd’hui et pourtant celui-ci est bel et bien le résultat d’une suite d’invention et
d’expériences mêlant son et image, et le cinéma parlant n’y fait pas exception.

1.2.2 - La naissance progressive du clip vidéo

Nous entameront véritablement notre petit historique dans les années 40 avec l’apparition de
petits courts métrages en noir et blanc disponibles sur une machine répondant au nom de
Juke-box Panoram. Ces petits films d’environ trois minutes, soit la longueur moyenne et
quasi-standard d’une production musicale, étaient plus connus sous le nom de Soundies. Il

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suffisait à son utilisateur d’insérer une pièce de monnaie pour pouvoir visionner le film d’une
chanson par l’intermédiaire d’un petit écran, animé par un système de lentilles et de miroirs.
Exactement comme pour un Juke-box, avec les images en plus. Avec le temps, ces vidéos
sont devenues des archives de grande valeur et font la joie des collectionneurs. Si aujourd’hui
le Panoram est bel et bien mort depuis l’avènement de la télévision, certains bars ou cafés en
possèdent toujours un et le prix d’une telle machine est estimé à 10 000 dollars.
Une vingtaine d’années plus tard, dans les années 60, c’est l’apparition du Scopitone (du grec
scopein - regarder - et tonos - tonalité) mise au point par un ingénieur nommée Fréderic
Mathieu et la société Cameca. Cette grosse machine qui projetait des petits films musicaux au
format 16mm sur un verre dépoli fut ce qui se rapprochait le plus de la télévision couleur.
Tout comme le Panoram, il trouvait son succès dans les bars et les cafés et diffusait les clips
des artistes dit « yéyé » de l’époque. Mais plus que le clip vidéo, le scopitone désignait
également des petits films à faible budget et à la réalisation plutôt fébrile. Claude Lelouch en
fut d’ailleurs l’un des premiers exploitants.
L’histoire nous ramène ensuite en 1975 avec le groupe Queen et son charismatique chanteur
Freddy Mercury. Souvent cité comme point de départ du vidéo clip, la vidéo qui accompagne
la chanson Bohemian Rhapsody n’est pas véritablement un clip. Pourtant pour un coup d’essai
c’est un coup de maître qui à défaut de véritablement faire naître le vidéo clip, donnera
quelques idées aux Artistes et à leurs maisons de disque.

1.2.3 – L’Avènement du clip vidéo

Le véritable boom du clip vidéo, tel qu’on le connaît aujourd’hui, intervient dans les années
80 avec la naissance de la chaîne MTV, en 1981 plus précisément. Et oui, il est parfois
difficile de croire que l’une des chaînes préférées des adolescents fêtera bientôt ses trente ans
d’existence. De nos jours, ces trois lettres sont plutôt mal connotées, la chaîne se voyant
souvent accusé de perversion intellectuelle et d’abrutissement de la jeunesse au regard des
programmes qu’elle diffuse : émissions de téléréalités, Trash TV et tout ses dérivés (pour plus
de précisions, n’hésitez pas à feuilleter votre programme télé). Mais c’est un fait : l’histoire du
clip vidéo passe bel et bien par MTV qui en d’ailleurs est le véritable point de départ.
C’est en effet en diffusant la vidéo de la chanson Video Killed the Radio Star que MTV
inaugure son antenne. Dés lors la chaîne se lance dans un incroyable pari : celui de ne diffuser
que des clips vidéo. C’est un risque certes mais cela en valait la peine. Le succès est au
rendez-vous, annonceurs et maisons de disque ne perdront pas une seconde pour se lancer

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dans le créneau, ce qui permettra à la chaîne d’accroitre sa popularité jusqu’à s’exporter sur la
planète entière qu’elle couvre aujourd’hui en large partie.
La télévision, qui avait déjà mis à mal les chances de survie du Scopitone, semble être enfin le
support qu’attendait le clip vidéo. Moderne et indispensable, elle est la source d’une attraction
sans limites qui poussera les maisons de disque à investir encore un peu plus dans le clip.
La véritable émergence du court métrage va s’engager grâce au fameux clip Thriller de
Michael Jackson (blog). Ce très long clip (pas moins de 14 minutes) est tourné sur un
support film (35mm) et constitue le premier véritable clip vidéo scénarisé. Dès lors, avoir son
propre clip vidéo n’est plus une alternative, c’est une nécessité. La complexité du scénario de
Thriller, son esthétique soignée, vont faire franchir une étape au clip vidéo : l’image n’est plus
une fantaisie greffée sur une bande sonore, l’image et le son se servent mutuellement. Nous ne
sommes plus seulement dans le domaine musical, nous parlons bien de cinéma.
Le clip vidéo est né et de nombreuses chaînes vont s’emparer du phénomène même si à
l’inverse de MTV, aucune d’entre elle ne peut prétendre avoir révolutionné le système.

1.2.4 – MTV Music Television

MTV est donc le véritable fer de lance du clip vidéo musical. Si, à la naissance de la chaîne,
c’est le rock qui tourne le plus et qui offre le plus de perspectives, les Artistes noirs
augmenteront consécutivement leur budget jusqu’à venir s’imposer sur la chaîne. Le rock est
dominé. Vers 1985, MTV saisi l’opportunité de se diversifier et ouvre ses programmes à
différents styles et différentes musiques. Outre l’exportation de la chaîne un peu partout dans
le monde, MTV installe un véritable réseau musical avec la création de chaînes spécialisées
(voir dans la rubrique « déclinaison des outils de diffusion »).
Aujourd’hui et après plus de vingt cinq ans d’activités, la chaîne est toujours présente et
domine le marché télévisé du clip. Les chiffres de fréquentation de la chaîne étant toujours
aussi élevés, il y a fort à parier qu’MTV a encore de beaux jours devant elle et le clip vidéo de
surcroit. Régulièrement remise au goût du jour, elle n’a pas son pareil en termes de modernité
et de technologie télévisuelle. Et c’est aussi pour cette raison qu’elle continue de séduire.

1.3 - Une technique du clip vidéo

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Ce petit historique nous aura permis d’entrer un peu plus dans l’univers du clip. Aujourd’hui,
celui-ci est solidement encré dans notre culture et génère un engouement de plus en plus fort.
Pour plaire, celui-ci doit observer certains paramètres, respecter certaines conditions sous
peine d’inefficacité. On peut dés lors parler de technique du clip vidéo.
En effet, il existe différentes façon, différentes techniques, pour créer un clip vidéo. Mais tous
partagent l’idée commune d’une combinaison de paramètres différents : la musique qui est,
encore une fois, à la base du clip, l’image, les paroles ou le texte qui sont à considérer
indépendamment de la musique elle-même selon certains spécialistes. C’est donc de ce
rapport triangulaire, de cette juxtaposition, que dépend l’existence du clip qui emprunte donc
ses techniques au cinéma. Le clip comprend en moyenne une centaine de plans, très courts,
parfois de seulement quelques centièmes de secondes chacun, qui se succèdent sans laisser
véritablement de répit au spectateur. La règle d’or est celle du synchronisme entre l’image et
la rythmique musicale, le montage est effectué en fonction de l’impulsion musicale et du
rythme de la chanson, on parle de ponctuation visuelle du rythme musical. Il existe plusieurs
types de clips vidéo et la plupart obéissent à ces règles :

- Le clip scénarisé : Il s’agit d’une mise en scène, très souvent réalisé par un cinéaste. A
l’image des grands clips de Mylène Farmer ou de Michael Jackson, il développe, complète
et rend plus concret la personnalité de l’Artiste. Il s’agit du clip le plus populaire puisque delà
du simple fait d’être regardé, il constitue une sorte de voyage, d’évasion, de dépaysement. Le
clip vidéo est une fabrique de rêve, il n’y a qu’à jeter une œil à tous les clips d’Artistes dit Hip
Hop et R’N’B venus de Floride et de Californie : paysages ensoleillés, piscines, shopping,
décapotables et mannequins en petite tenue, ils sont les vitrines du rêve américain (à l’image
du clip de P.Diddy Bad boy for life visible dans le blog). Ce type de clip dépasse parfois la
longueur de la chanson, s’offrant une introduction et quelques images de fin permettant
conclure l’histoire qu’il présente. Les clips scénarisés utilisent très souvent les clichés
empruntés au cinéma du film d’horreur aux Western.

- Le clip live : Accompagnant presque toujours le troisième ou quatrième morceau d’un


album ou la sortie d’un CD ou DVD live, il est celui qui fera vendre ce dernier ou bien le clip
qui clôture la promotion d’un disque. Disposant d’un budget quasi-nul, la promotion de
l’album arrivant à sa fin, il consiste à simplement compiler des images live ou d’archive des
Artistes, la production d’un nouveau clip scénarisé coutant de plus en plus cher en cette
période de bouclage de la campagne. Cette pratique devient de plus en plus régulière mais ce

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type de production n’est pas la plus prisée par le téléspectateur selon un sondage que nous
avons pu réaliser sur quelques dizaines de personnes.

- Le clip sur fond blanc : De plus en plus d’artistes optent pour la sobriété, ou du moins le
prétendent. Mais cela surtout du à manque de moyens, l’industrie du disque étant, comme
personne ne l’ignore, en pleine crise. Le groupe ou l’artiste s’installe sur fond blanc, face à la
caméra et le groupe est filmé le temps de sa performance. C’est ensuite et très souvent les
logiciels photos et vidéos qui interviennent pour polir le tout, y ajouter des images, des effets
spéciaux ou animés et rendre le clip plus attractif (exemple du clip d’Aqme - blog).

- Le clip sur scène : Très à la mode également, le clip sur scène est tout ce qu’il y a de plus
basique. L’Artiste se produit sur une scène, installé dans la rue, dans un parking, dans un
aéroport, un garage ou n’importe quel endroit saugrenu de son choix. Il y est simplement
filmé dans sa performance, parfois accompagné de figurant et de public, parfois non. Une
nouvelle manière de tourner avec un budget limitée (voir Lostprophets – Blog).

- Le Clip d’animation : Le cinéma pour enfant et le dessin animé sont progressivement


passés à l’animation. Toy Story, Ratatouille, Le monde de Némo ou Shrek, le succès de ce type
de production ne fait plus de doute. Le clip vidéo, comme tout court métrage qui se respecte,
y est passé aussi. Ainsi il n’est pas rare de voir des clips dessinés comme Daft Punk et sa
série de clips tirés de l’album Discovery, ensemble d’ailleurs compilé sur le DVD animé
Interstella 555 et qui, mis bout à bout, en fait un dessin animé, ou bien animés au moyen de
l’informatique à l’image du clip Respire de Mickey 3D (blog).

- Le Clip bande annonce : Celui-ci n’a pas véritablement de nom. Il arrive que certains
artistes de type pop - punk - rock ne doivent leur renommée qu’à certains films dont ils ont
signé l’un des titres phares de la bande originale. Il n’est pas rare que soit lancé un clip de
cette chanson pour lequel sont reprises les meilleures images du film comme une bande
annonce musicale. Tout le monde y trouve son compte, artistes et équipe du film. Ce type de
démarche concerne également les Blockbusters américains, l’acteur Will Smith s’était ainsi
illustré en agrémentant les bandes annonces des Films Men In Black (blog) et Wild Wild West
des chansons du même titre dont il était l’auteur et l’interprète.

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- L’AMV : Attention, l’AMV n’est pas à proprement parler, un clip vidéo musical. Il s’agit
d’un teaser composé d’image d’une production animée, très souvent de type Manga, sur
lequel est greffé une bande sonore, de type rock le plus souvent, collant à l’ambiance du court
ou long métrage. Il s’agit de vidéos réalisées par les fans, elles n’ont donc rien d’officiel et ne
pourront bénéficier de passages télévisés (voir exemple dans le blog).

Voila quelques une des techniques les plus connus et utilisés du vidéoclip, précision faite pour
l’AMV pour éviter toute confusion. Il ne serait pas étonnant que le genre se diversifie
d’avantage et nous offre d’autres types de réalisation. Si aujourd’hui le cinéma se tourne de
plus en plus du côté de l’animation, la tendance devrait être la même du côté du clip. Mais en
cette période de difficulté commerciale et financière de la musique, on pourrait très facilement
imaginer que le vidéoclip devienne un produit de luxe, encourageant les petits artistes à opter
pour des productions sobres à budget limité.

Ainsi s’achève cette première partie plutôt générale. Résumons-nous : le clip vidéo a connu
son essor dans les années 80 notamment grâce à la naissance de MTV, qui l’a intégré à la
culture populaire, et après les coups d’essai que furent le Panoram ou Le Scopitone. Il s’agit
d’un produit au carrefour de l’image de la musique et du texte, naviguant entre le domaine
musicale et celui du cinéma et destiné à la promotion d’un artiste et de ses morceaux. Il existe
plusieurs façons de faire un clip, ce qui en fait un genre riche, varié et surtout exploitable. On
peut également identifier certaines tendances comme le succès du clip vidéo animé ces
dernières années ou bien le clip sur fond blanc. Il est maintenant temps de rentrer au cœur de
notre problématique en considérant dans un premier temps celui-ci comme un outil efficace et
indispensable de promotion d’un Artiste.

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II - Le Clip vidéo : un outil indispensable de promotion

Nous allons aborder, dans cette seconde partie, l’aspect promotionnel du clip vidéo, nous
allons l’envisager sous sa forme la plus sujette à controverse. Il est de fait que notre objet est
un bon excitant à la consommation. Il est un adjuvent indispensable aux campagnes
publicitaires entourant la sortie d’un nouveau disque. Dans quel mesure peut-on le considérer
le fait de regarder le clip comme une simple consommation d’images ? Quel est son impact
dans l’industrie culturelle ? Par quels procédés ce multimédia parvient-il jusqu’à nos yeux et
nos oreilles ? Voici quelques éléments de réponse.

2.1 - Une pratique routinière

Pour introduire cette partie, je vous donnerai brièvement quelques chiffres. Un « cliptomane »
se régale en moyenne presque 5 heures par semaine devant les chaînes de télévision. Il est dit
qu’un groupe peut commencer à tutoyer la célébrité après 5 ou 6 passages par jour aux heures
de grandes audiences.
Au petit-déjeuner, le midi, le soir, la nuit, le clip vidéo est partout. Il accompagne votre réveil
si le jus d’orange ne suffit plus, il fait même parti de la carte (un verre de lait, quelques
gâteaux et deux ou trois clips feront l’affaire). La nuit, il éveille votre côté clubber grâce à une
sélection des meilleurs morceaux qui tournent en boîte de nuit ou il vous aide à dormir
(essayez le best of pop-rock en fin de soirée et vous verrez). Evidemment, la rotation
journalière et presque permanente du clip vidéo a tendance à virer au matraquage et il est
facile de comprendre les gens chez qui cela provoque des réactions épidermiques au point
d’en oublier la qualité de certaines productions. Si la valeur d’une œuvre n’a d’égal que sa
singularité, il en va de même pour le clip qui à force de diffusion excessive se dévalorise. Les
dizaines de chaînes (centaines ?) qui lui sont consacrés, les centaines d’heures de programme
toute chaînes confondus qui lui sont dédiés par semaine en ont fait un produit de tous les
jours, qui ne surprend plus, n’émerveille plus. Nous le consommons au même titre qu’un
Soda ou une tranche de jambon. Et quand le clip ne tourne pas à proprement parler, il envahit
néanmoins les autres cases du programme télévisé. Il se décline en effet en une infinité de
concept dont voici les exemples les plus parlants :

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- Le Clip Intrus : La chaîne Europe2 TV a fait du clip un instrument ludique en lançant
l’opération « Clip Intrus ». Chaque semaine, la chaîne choisit de consacrer l’opération à un
artiste particulier et il s’agit pour le téléspectateur de rester attentif à ce qu’il voit. Un des
clips de l’Artiste est ainsi passé en boucle et, à l’intérieur, sont dissimulées des extraits ou
images d’un autre clip de ce même musicien, le fameux Clip Intrus. Vous l’aurez compris,
pour espérer faire partie des gagnants de ce jeu, il vous faut identifier cet extrait qui s’est
caché. Un procédé plutôt original destiné à capter le téléspectateur.

- Making the Video: La chaîne MTV a crée l’émission « Making the Video » (voir blog). Un
procédé commun à celui du film, c'est-à-dire la présence de caméras hors-champs destinées à
montrer l’ambiance qui règne sur le tournage. Interviews des artistes, courts extraits du clip,
techniques de maquillages, bêtisiers, cascades, le clip vidéo est disséqué après sa diffusion
mais aussi avant pour commencer à générer une attente.

- A Bloc De : Toujours MTV et son émission « A Bloc de ». Il s’agit pour un artiste de parler
de ses préférences musicales ou ses influences en diffusant les clips qui le marquent
aujourd’hui ou l’ont marqué avant sa carrière. L’Artiste devient ainsi et pour une heure
responsable de la programmation. Cette émission jouit d’un succès considérable auprès des
fans de musique qui découvrent les coups de cœurs de leurs idoles.

Et la n’est qu’une infime partie de toutes les émissions consacrées au clip vidéo qui se
multiplient à la télévision. Le clip vidéo est ludique, divertissant mais ce qui le rend encore
plus populaire, c’est qu’il ne se cantonne pas à la télévision.

2.2 - Déclinaison des outils de diffusion

Nous l’avons observé, le clip vidéo est omniprésent. Il ne pouvait donc pas se limiter à un seul
médium. Bénéficiant des transformations conséquentes et récentes dans le monde de la
musique, il s’assure une présence totale grâce à sa faculté d’adaptation à plusieurs types de
support ! Télévision, CD, DVD, Internet, Ipod et autres téléphones portables en tête. Rapide
tour d’horizon des différents supports susceptibles d’accueillir le phénomène.

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- Les chaînes de télévision : Premier support du clip vidéo, les chaînes de télévisions
musicales fleurissent. MTV, Virgin 17 ou encore MCM en sont les plus grands représentants
français voir internationaux (dans le cas de MTV). Aujourd’hui, c’est plusieurs centaines de
chaînes dans le monde qui sont concernés par ce court-métrage et il y en a pour tous les goûts,
en témoigne les nombreuses déclinaisons des grandes chaînes de musique : MTV Idol
(consacrée aux clips d’anthologie) MTV Base (consacré aux musiques dîtes urbaines : Rap –
Hip Hop – R’N’B…) MTV 2 (consacré aux musiques Rock/extrême), M6 music rock…

- Le DVD musical : En termes de ventes, le DVD musical est aujourd’hui un produit


indispensable à la promotion artistique et culturelle. Si les DVD dit « live » ou documentaires
sur un groupe de musiciens sont souvent accompagnés de bonus intégrant les clips des
formations concernées, il existe aujourd’hui des supports consacrés exclusivement aux clips
des interprètes. Des groupes comme Indochine, les Guns And Roses ou des Artistes comme
Mylène Farmer se sont déjà essayés, de leur plein gré ou via leurs maisons de disque
respectives, au DVD de clips fonctionnant comme une sorte de Best Of illustré de leurs
carrières. Mais à l’heure ou la musique sous sa forme physique passe de mauvais jour et où
l’industrie du disque baisse la tête, ce genre de support risque de disparaître.

- Le streaming : Internet est aujourd’hui le lieu de prédilection du clip vidéo. Si les chaînes
musicales fleurissent et prospèrent, la toile est un vecteur non négligeable de promotion
musicale. Ainsi, le clip vidéo bénéficient-ils d’une attention considérable sur des sites dit de
streaming. Parmi les plus connus : Youtube, Dailymotion, Myspace Vidéos, Google Vidéos ou
encore Megavidéo. A la frontière de la légalité en terme de diffusion, les sites en question ont
fait du clip vidéo leur principal attrait, outre la présence de séries télés, de spots publicitaires
ou de film. C’est aujourd’hui une véritable guerre qui s’est engagé entre ces hébergeurs de
contenus et les maisons de disques. Surtout depuis que le nombre de logiciels pirate
permettant de récupérer ses fameuses vidéos décuple sur la toile. Cela n’empêche pas les
musiciens de se créer des comptes sur ces hébergeurs et de proposer leur propre chaîne de
diffusion de clip sur Internet, quelque fois gratuitement.

- Le téléphone mobile et l’Ipod : C’est un secret pour personne, le téléphone portable est
aujourd’hui un outil aux fonctions multiples. Outre la possibilité, en plus des services de
téléphonies ou de messageries, de prendre des photos, de surfer sur Internet, d’écouter de la
musique, le mobile contribue largement à la diffusion des clips vidéo. Dans les cours de

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récréations, dans les transports, il est maintenant possible de visionner les clips de ses artistes
favoris et de se les échanger via le réseau infrarouge Bluetooth. L’Ipod ne fait pas d’entorse à
la règle, au départ support du fichier Mp3, il permet maintenant la lecture des fichiers vidéos
et donc des clips réalisés par les artistes (surtout depuis la sortie des Itouch et autres Iphone,
cousins plus sophistiqués mais aussi beaucoup plus cher du Ipod). Ceci est également valable
pour les consoles de jeux dîtes « portatives ». Si la plupart du temps le contenu est récupéré
de manière illégale sur Internet (logiciels de Peer-2-Peer ou de téléchargement direct de
clips), il est aujourd’hui possible d’acheter des clips sur la toile moyennant une somme
comprise entre 99 centimes et 3 euros selon la popularité de l’artiste.

- Le Disque : Enfin et plus simplement, le disque. Très souvent à des fins commerciales et
après la sortie de leurs galettes, les maisons de disque lancent généralement une édition
« deluxe » de leurs meilleurs albums. Celle-ci contient généralement les clips vidéo des
artistes mis à disposition une fois la rentabilité assurée par leur passage télévisé. C’est aussi le
cas pour les CD single qui sortent eux aussi en édition limitée avec le clip de la chanson. Cette
stratégie permet aux labels de doubler ses ventes auprès des véritables fans qui, déçus d’avoir
acheté une version simple et très vite obsolète de leurs Artistes préféré, se ruent sur une
nouvelle édition quelque mois après, au risque de posséder deux fois le même opus.

Le clip vidéo est bien un produit promotionnel. Nous en avons ici clairement la preuve. Le
vice est quelque fois poussé beaucoup plus loin. En effet et sur certains CD bonus ou Extras,
les clips vidéo sont distribué au format QuickTime ou autres formats vidéos moins accessibles
que ne l’est Windows Media Player. Un constat des spécialistes du marketing musical fait état
de la chose suivante : le logiciel multimédia Windows média Player reste le logiciel le moins
cher à utiliser pour ce type de démarche pour les particuliers comme pour les maisons de
disque. Il convient donc de s’interroger sur la nécessité d’utiliser et de distribuer des clips
dans d’autres formats. Après réflexion, il ne serait pas étonnant que sois passé des contrats
entre les développeurs de logiciels informatiques et les maisons de disque.

Résumons-nous. Le clip est partout, il tourne en permanence. La multiplicité des émissions,


des chaînes, et des tranches horaires qui lui sont consacrées ainsi que le nombre de support
susceptibles de le diffuser en font incontestablement un outil de promotion. En quelques
années, il est devenu une pratique routinière de promotion des singles et des albums. Au
rythme ou cela avance, il ne serait pas curieux qu’il profite de l’avancée technologique en

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matière d’image, de numérique et de nanotechnologie. L’idée peut faire sourire ou bien faire
peur mais il n’est pas impossible que le clip vidéo, au même titre que n’importe quelle
production publicitaire, vous suive partout. Déjà présent dans les restaurants (McDonalds) et
les magasins de grande distribution culturelle (Virgin, Fnac…) via les innombrables
téléviseurs qui jalonnent les rayons, il n’est pas improbable qu’on finisse par le retrouver
jusque sur nos caddies au moyen d’une nouvelle prouesse technique.

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III - Le clip comme expérience esthétique et artistique

Il est de fait que le clip vidéo ne jouit pas d’une renommée culturelle démesurée. Si beaucoup
d’amoureux de la musique peinent à lui trouver une quelconque identité, son statut n’est pas
plus glorieux dans l’univers cinématographique « il est de bon ton dans le milieu de la vidéo
d’art de dédaigner le vidéoclip » nous dit René Payant sans son ouvrage La force des formes.
Dès lors on comprend que le clip joue le rôle de vilain petit canard, bâtard contradictoire né
de la musique et du cinéma. Pourtant, et après analyse de plusieurs dizaines de clips vidéos,
celui-ci mérite qu’on l’envisage sous une forme artistique et esthétique.

3.1- Interaction de différents médias

Le vidéoclip n’est pas seulement le produit fini de 3 minutes que l’on avale à la télévision
l’air de rien. L’envers du décor est bien plus complexe et l’enjeu est grand. Pour exceller dans
la réalisation du clip, il faut en connaître les ficelles et le mode d’emploi. Le vidéoclip est
donc à proprement parler une œuvre « multimédia » puisqu’elle ne fait pas que mobiliser
l’ouïe mais aussi la vue et tente de faire naître une certaine cohésion de ce mélange. Comme
nous l’avons déjà vu précédemment, le vidéoclip mobilise trois paramètres essentiels :
l’image, la musique et le texte. L’ajout d’images obéit donc à deux impératifs : celui de coller
parfaitement à la musique et celui de mettre en valeur le texte. Rien de très simple en somme,
et c’est pour cela qu’on retrouve très souvent des grands noms du cinéma à la réalisation.

3.2 - Une scénarisation du clip

Ainsi, le clip est parfois bien plus qu’une simple succession de plans servant à illustrer un
morceau. Le clip est de plus en plus souvent scénarisé. Si cette production est aujourd’hui
boudée par le cinéma et que certains conservateurs refusent de l’identifier en tant que tel, c’est
pourtant les grands personnages du cinéma qui s’essaient au vidéoclip. Marcus Nispel,
réalisateur du dernier volet de Massacre à la tronçonneuse salué pour la finesse de son travail
est aujourd’hui un réalisateur reconnu de clip. Sa maîtrise du glauque et la rigueur esthétique
qu’exige les films d’horreur de la génération remake ont séduit des artistes comme Mylène
Farmer qui n’ont pas hésité à lui confier la mise en image de leurs plus grands tubes. Rob

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Zombie, réalisateurs des films d’horreur à succès House of 1000 corpses, The Devil’s Rejects
ou encore le dernier volet de la franchise Halloween et chanteur métal reconnu dans le monde
entier, s’est lui-même occupé de la réalisation de ses propres clips (blog) au même titre qu’un
certain Marilyn Manson (blog). Certes on est jamais si bien servi que par soi-même mais la
encore c’est toute la compétence que requiert la création d’un film d’horreur, qui mobilise
beaucoup d’effets spéciaux et qui nécessite beaucoup de finesse, qui aura permis à Zombie de
faire des clips de toute beauté et régulièrement encensés par les critiques.
Toujours au registre scénarisation, il n’est pas rare de voir intervenir des acteurs confirmés
dans les clips. Amis proches du réalisateur ou de l’Artiste, certains comédiens de renommée
internationale sont quelque fois totalement séduit par les scénarios qui leurs sont proposés.
Si le format est parfois contraignant, la moyenne d’un morceau étant de 3 minutes 30, force
est de constater que les réalisateurs s’autorisent quelques fantaisies en allant surenchérir cette
longueur standard. Il en va ainsi du clip Thriller de Michal Jackson ou de plusieurs clips de
Mylène Farmer qui, pour leur passage en télévision, ont été raccourcis.
Ces clips racontent bien souvent une histoire qui démarre parfois avant le début du morceau et
se prolonge à la fin de celui-ci. Il est rare d’observer des clips qui ne sont pas compatibles
avec la chanson, qui propose une histoire différente ou quelques plans sans aucun rapport.
Mais cela existe bien, il faut souvent chercher du côté des artistes décalés.
Les clips influencent clairement dans l’intérêt pour une chanson. Notre petit sondage nous
aura révélés que prêt de 80% des gens interrogés ont déjà changé d’avis sur un morceau, de
manière positive, après en avoir regardé le clip. Il apparaît donc important d’en soigner la
réalisation et de donner une seconde chance à des morceaux qui manquent d’efficacité.

3.3 - Le clip récompensé

Les clips sont de plus en plus nombreux, et les festivals de court-métrages en montrent de plus
en plus. La chaîne MTV a d’ailleurs crée les « MTV Music Vidéos Awards » pour
récompenser les meilleurs clips de l’année. En France, l’équivalent serait celui proposé par
l’émission « NRJ Music Awards » et sa catégorie consacrée aux clips. Malheureusement et
surtout en ce qui concerne le trophée NRJ, peu sont les personnes à saisir réellement le sens
de cette récompense, se contentant de remettre le trophée à la chanson qu’il préfère même si
le clip s’avère sans originalité. Chaque année se tient en France le festival du clip vidéo qui

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récompense les grosses productions de l’année au niveau international mais aussi les jeunes
talents, on note ainsi une certaine forme d’activisme en faveur du vidéoclip.

3.4 - Des productions attendues

Les clips vidéo génèrent une attente et particulièrement avec des artistes comme Mylène
Farmer ou Michael Jackson qui donnent à ces court métrage une importance équivalente à
celle du morceau lui-même. Champions toute catégorie du clip, il n’est pas rare de constater
une influence massive et un record de connexion sur leurs sites Internet le jour de la sortie.
Cette tendance commence d’ailleurs à se généraliser et il n’est pas rare de voir des opérations
« compte à rebours » sur Internet ou à la télévision concernant la diffusion prochaine d’un clip
vidéo. Plusieurs méthodes sont utilisées pour générer cette attente :

- Les Teasers : Des extraits du clip à venir sont diffusés les uns après les autres à la manière
d’une bande annonce d’un film qui sortirait en salle. Ces avant-goûts sont ce que l’on appelle
les teasers. A la manière des extraits de films qui sortiront dans les salles, ils inondent Internet
et les sites de vidéos en ligne : Youtube, Dailymotion, Myspace…

- Les photographies : Les photos de tournage d’un clip constituent également un apéritif
avant d’en voir les premières bandes annonces. Régulièrement et via leurs sites Internet et
réseaux sociaux, les Artistes dévoilent le cadre du tournage et des arrêts sur images du clip à
venir. Moins appétissante que les teasers, l’approche photographique du clip reste courante.

- Les Articles : Les magazines ne se contentent plus d’attendre que les productions arrivent
sur leur boite e-mail pour en faire une chronique. Le clip vidéo est tellement en vogue que les
journalistes se rendent de plus en plus sur le terrain, le jour même de tournage pour en capter
les premières images et les premières réactions.

Le clip est ici considéré comme une véritable œuvre cinématographique à part entière. Un
film de trois minutes dont l’on attend les premières images avec impatience. Lorsque l’on
écoute un morceau, c’est exactement comme lorsqu’on se lance dans un roman, nous laissons
notre imagination travailler et se construire elle-même les images dans notre tête. Cette

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interprétation de la chanson est parfois orientée par les teasers. Mais parfois, aussi, son
interprétation s’avère totalement différente de ce que nous apportait l’imagination.

3.5 - Construction de l’image d’un artiste

Le clip participe à la construction de l’image d’un groupe ou d’un interprète. Il est la pour
compléter l’univers du musicien, le rendre concret et visuel. Si l’artiste est parfois représenté
sur la pochette de ses disques, sur ses photos promotionnelles ou dans les articles de
magazines, il profite également du clip vidéo pour affiner son image. En ce sens, le clip est
profondément narcissique et c’est aussi pour cela qu’il est plus attendu que le disque lui-
même. Une parfaite adéquation entre l’image d’un chanteur et sa musique est exigée pour
fonctionner. Aussi dérisoire que cela puisse paraître c’est avant tout une histoire de look. Un
petit exemple est disponible dans le blog avec le clip de Lil Wayne.

3.6 - Le message et le clip vidéo

Le vidéoclip paraît être une production purement intéressée. Détrompez vous, si l’on a
coutume de dire qu’il n’existe aucune bonne action à 200% désintéressée, le clip vidéo se fait
parfois l’écho de messages. Messages de soutien, de solidarité, activisme contre la faim ou en
faveur de l’environnement, réalisateurs et Artistes prennent souvent les devants.
Ainsi le groupe de rock de l’acteur Jared Leto : 30 Seconds to Mars, s’est illustré récemment
en allant tourner lui-même le clip de son dernier single A Beautiful Lie au Groenland (clip
visible dans le blog). Le groupe tire profit de sa popularité pour proposer au plus grand
nombre un clip qui se veut une prise de conscience sur la dégradation du climat et plus
précisément de la fonte des glaces dans ce cas précis. Dans un tout autre genre, Madonna
utilise ses vidéo clips pour communiquer ses points de vue sur la sexualité, la politique ou la
religion (blog). A défaut d’être rempli d’intentions du début à la fin, le clip vidéo musical
comporte presque toujours un message dominant.

3.7 - Les maîtres du Clip Vidéo

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Il est de fait que les champions du clip vidéo, Artistes ou réalisateurs, ont toujours un pied
dans l’univers du cinéma. La plupart sont même d’illustre personnages du milieu à l’image de
Luc Besson, Michael Gondry ou encore Martin Scorsese. Présentation ici de quelques grands
noms, des cinéastes, utilisateurs réguliers ou non des techniques du vidéoclip.

3.7.1 - Réalisateurs réguliers de clips

Laurent Boutonnat. Il est le pygmalion de Mylène Farmer. En plus d’avoir composé les
titres de ses albums, il en a réalisé lui-même les clips. C’est le cas pour les titres : Libertine,
Pourvu qu'elles soient douces (blog), Désenchantée, Sans contrefaçon, Les mots…

Anton Corbijn. Ce photographe d’origine hollandaise est connu pour avoir réalisé des clips
vidéo pour U2, Nirvana, Depeche Mode et Metallica.

Chris Cunningham. Maître des ambiances quelque peu dérangeantes, il est l’auteur des clips
d'Aphex Twin, mais aussi Frozen de Madonna ou encore All is full of love de Björk.

David Fincher. Le réalisateur de Fight Club et de The Game à fait ses armes dans le clip
vidéo et notamment avec sa société Propaganda, société de production spécialisée dans la
création de clips vidéo avec qui ont collaboré Michael Bay, Alex Proyas, Michel Gondry…

Marcus Nispel. Le réalisateur du dernier volet de Massacre à la tronçonneuse est également


un célèbre réalisateur de clips video. Son sens de la mise en scène et sa vision très esthétique
du cinéma lui ont permis de signer quelques chefs d’œuvres dont les fameux: Runaway de
Janet Jackson, Killer/Papa was a Rolling Stone de George Michael, XXL et L'Instant X de
Mylène Farmer, Shy Guy de Diana King, ou encore Believe de Elton John…

Philippe Gautier. Réalisateur français qui signe les classiques Marcia Baila des Rita
Mitsouko en 1986 et Take A Chance On Me de Erasure en 1992.

Brian Grant. Réalisateur connu pour son travail avec la série Highlander, il a entre autre
tourné des clips avec Tina Turner, Human League, Queen, The Stranglers, Kim Wilde...

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Jean-Baptiste Mondino. Célèbre pour son utilisation du noir et blanc pictural, il s’occupera
des clips de un autre monde (Téléphone), Cargo de nuit de Axel Bauer, Russians de Sting... Il
recevra d’ailleurs un « MTV Music Video Award » Avec Boys of summer de Don Henley en
1985, qui sera proclamé meilleur clip de l'année. Mondino s’illustrera ensuite en couleur avec
des clips pour Les Rita Mitsouko, Prince, Madonna, Alain Bashung, Björk, etc.

Michel Gondry. Ancien batteur du groupe Oui-Oui, Gondry travaillera avec IAM pour Le
Mia, Björk pour laquelle il réalisera six clips, The Chemical Brothers, The White Stripes,
Massive Attack, Kylie Minogue... Sa technique et son exigence en ont fait à ce jour le
réalisateur de clips le plus célèbre au monde. Il est également le réalisateur de plusieurs long
métrages : Human Nature en 2002, Eternal Sunshine Of The Spotless Mind en 2004, La
Science des rêves en 2006 et Soyez sympas, rembobinez! en 2008).

Russell Mulcahy. Le réalisateur emblématique des années 1980. Duran Duran, Ultravox,
Spandau Ballet, Elton John... et le film Highlander ! Il a réalisé deux des clips videos de
Queen, A Kind of Magic et Princes of the Universe.

Stéphane Sednaoui. Artiste Français, touche a tout, et résident a New York, Sednaoui et
aussi connu pour ses photos de reportage et de mode que pour son travail de realisateur. il a
réalisé à ce jour plus de 50 vidéos, notamment pour NTM (« le monde de demain »), Björk,
MC Solaar, Neneh Cherry et Youssou N'Dour, Garbage, Tricky, U2, Mirwais...

3.7.2 - Réalisateurs occasionnels de clips

Serge Gainsbourg. Il réalisa des clips, d’abord pour lui-même, puis pour Renaud ou encore
les rockeurs New Wave de Indochine et le titre Tes Yeux Noirs dans lequel il apparaît.

Luc Besson. Il réalisa des clips pour Isabelle Adjani Pull Marine, Mylène Farmer Que Mon
Cœur Lâche ou encore Madonna Love Profusion

John Landis. Il réalisa les clips de Thriller et Black or White pour Michael Jackson.

Martin Scorsese. Il réalisa le clip de Bad pour Michael Jackson.

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Ching Siu-tung. Réalisateur de la trilogie Histoires de fantômes chinois, a réalisé le clip
L'Âme-Stram-Gram pour Mylène Farmer.

Michael Moore. Le charismatique et emblématique personnage n’a jamais mis de côté son
statut d’activiste politique même pour réaliser les clips des célèbres groupes de Fusion/métal
Rage Against the Machine et System of a Down.

Jean-Luc Godard. A lui réalisé le clip Plus Oh ! pour France Gall. Interdit d’antenne pour un
conflit de droit depuis, c’est France Gall qui lui en avait fait la demande personnellement.

Tim Burton. Célèbre chantre de la fantasmagorie, du gothisme et de la fantaisie s’est essayé


une seul fois au clip. Il a réalisé le clip de la chanson Bones, des Killers. Malheureusement,
cette production ne fut pas à la hauteur de l’attente qu’elle avait générée.

Sofia Coppola. Cineaste, il a réalisé le clip de la chanson I Just Don't Know What To Do
With Myself, des White Stripes.

Ainsi, le clip s’impose comme une expérience esthétique, cinématographique et musicale qui
voit bien au delà du simple argument de vente. La qualité des réalisateurs qui l’entoure, sa
richesse tant au niveau du fond que de la forme, attestent de sa crédibilité et de sa valeur. Son
entrée en compétition pour diverses récompenses et la multiplicité des festivals et honneurs
qui lui sont consacrés en ont fait un Art à part entière et une discipline ou chacun s’efforce de
se dépasser, de se démarquer et de se faire remarquer par son travail.

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CONCLUSION

Alors finalement qu’est ce qu’un clip vidéo musical ? Un outil de promotion ou un exercice
de style ? Sans surprise, c’est un peu l’un et l’autre. Ne commettons pas l’erreur de ranger
d’un côté les clips destinés à la promotion d’un Artiste et de l’autre ceux qui sont plutôt des
cours métrages artistique. Certes il existe des vidéoclips qui ont fait le choix par la voie de
leur réalisateur de ne pas se diriger vers une scénarisation excessive, mais la tendance est
aujourd’hui à la complexité et à la beauté du clip. Alors le clip c’est un tout, c’est une
synchronisation parfaite du son et de l’image, de l’argument de vente et de ses choix
esthétique. Ne croyez pas que le réalisateur du clip ne garde pas, dans un coin de sa tête, les
paramètres essentiels à la bonne marche commercial de celui-ci. Ne pas confondre beauté et
efficacité mais être capable de jouer avec les deux paramètres. C’est la toute la technique.

Aujourd’hui, le clip vidéo est un passage obligé. Qu’il soit diffusé ou non à la télévision, il
est automatiquement envisagé dans les campagnes de promotion d’un artiste ou d’un album.
A mi chemin entre la musique et le cinéma, il est cependant boudé par ce dernier qui remet en
doute sa crédibilité artistique. S’il est souvent considéré comme une astuce marketing, il
ajoute également beaucoup de profondeur à la chanson. Produit de consommation de masse
lié aux exigences de promotion, il souffre souvent de son statut de « fabrique de rêve » ou de
« prêt-à-rêver » et de sa facilité à proposer des clichés.

Pour autant, il serait inconvenant de réduire le clip à cela. Certes la quantité de mauvaises
productions est phénoménale, mais il existe aussi quelques belles réussites. Le clip est
également à l’origine du renouvellement des techniques traditionnelles de montage et il laisse
une part énorme à l’imagination et à la créativité. Bien sur, le vidéoclip pose un énorme
problème d’éthique dans le sens ou il est l’objet d’une surconsommation et par conséquent
peut-être assimilé au grand capital. Mais, tout comme au cinéma et en musique, la
caractéristique commerciale d’un produit n’implique pas forcément qu’il soit mauvais.

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DOCUMENTS
ANNEXES

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A - Interview de Ronan « Rolag » Lagadec

Ronan “ Rolag “ Lagadec, 27 ans, est un jeune réalisateur de clips vidéo et un professionnel
de l’image au service de la musique. Son dernier coup d’éclat ? Le CD/DVD Best Of du
collectif Nowhere formé des groupes Pleymo, Enhancer, Wunjo et Vegastar, véritables
pointures du rock hexagonale. Une sortie auréolée de succès puisque le disque atteint des son
entrée la 15ème place des charts, une performance inédite pour un disque de musique extrême.
Le premier extrait de ce DVD est d’ailleurs récemment entré dans la playlist de la chaîne de
télévision Virgin 17. Rencontré lors de mon stage de fin d’étude et devenu un très bon ami
maintenant, il a très gentiment accepté de répondre à quelques une de mes interrogations.

Comment as tu trouver ta vocation et quels sont tes références ?

J’ai trouvé cette vocation en suivant et travaillant auprès de groupes de musique. J’ai
beaucoup appris sur la vidéo sur les concerts, ensuite au niveau du montage, de la post
production…Pour réaliser des clips promotionnels destinés au web. Mes références ? Deux
DVD bonus pour le groupe Enhancer, un DVD live d’une heure plus un documentaire sur le
collectif Nowhere et une dizaine de clips pour différents artistes d’univers variés.

Pourrais-tu me donner ta propre définition du clip vidéo ?

C’est avant tout l’image que le groupe veut faire véhiculer, à partir de là, c’est à l’équipe de
tournage de mettre le tout en forme. Cela doit surtout faire ressortir l’énergie, le charisme du
groupe ou de l’Artiste.

Quels sont tes coups de cœur en matière de vidéoclip ? Y a t-il des clips ou des
réalisateurs de clips qui te font vibrer, qui t’influencent ou dont tu admires le travail ?

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J’essaie de ne pas trop me focaliser sur les travaux des autres, je les regarde, mais sans trop
m’y attarder, j’en ressors les idées qui m’intéressent. Je veux éviter le « déjà vu » a tout pris
dans mes clips (ce qui est souvent inévitable d’ailleurs !)

A quel point le réalisateur intervient-il dans la création du clip vidéo ? Se contente t-il de
mettre en image les souhaits des Artistes ou intervient t-il dans la conception même du
scénario ? Quelles sont les limites de sa liberté artistiques ?

Je discute beaucoup avec l’artiste, de son univers, de ce qu’il veut paraître ou non dans son
clip. C’est un gros travail d’écoute, je dois me mettre à sa place, savoir ce qui lui plairait plus
qu’autre chose. Je m’occupe ensuite du script, du synopsis en amont. Je lui propose et on y
ajoute d’éventuelles modifications.
Apres c’est un travail de repérage, allez voir les lieux du tournage, voir les problèmes qu’on
pourrait y rencontrer, si d’autres alternatives sont possible rapidement (en cas d’intempéries si
c’est en extérieur par exemple).
Pour ce qui est des limites de la liberté artistique… je n’ai pas vraiment rencontré de
difficultés jusqu’ici, a part peut être pour des clips susceptibles de passer en TV (où l’on doit
dissimuler les marques, les bouteilles d’alcool…)

Lors de la réalisation d'un clip vidéo, le réalisateur privilégie t-il l'efficacité et le


potentiel de vente de sa production ou bien l'imagination et la création ? Existe t-il un
équilibre entre ces deux paramètres ou l'un des deux possède t-il plus d'importance ?

Pour le réalisateur, je ne pense pas avoir à réfléchir au côté « vente », du moins pas pour le
moment. On pense quand même à la qualité du produit, mais après, pour ce qui est des ventes,
c’est aussi l’Artiste et sa chanson qui font une bonne partie du travail. Le clip a sa part
d’importance tout de même, lorsqu’on a l’idée qui colle parfaitement au morceau. L’idée la
plus originale qui soit, l’idée à laquelle n’importe qui aurait pu y penser mais que personne
n’a réalisée. Je pense que c’est un peu ce que tout réalisateur cherche; et il y parvient plus ou
moins. C’est la forme qui compte, comment réaliser l’idée au mieux.
Apres pour d’autres types de tournage, on peut avoir directement affaire à la maison de disque
et non a l’Artiste. Si la maison de disque a une idée en tête et qu’elle veut absolument qu’il y
ai toute un univers (que je n’aurai pas forcement imaginé à l’écoute du morceau), c’est elle
qui produit, décide, et c’est donc elle qui a le dernier mot.

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Est-il difficile de tourner avec des Artistes qui ne sont pas des comédiens de vocation ?

Oui assez, mais ça peut toujours s’arranger, il faut lui parler et lui donner confiance en ce
qu’il fait. J’en ai rencontré quelques uns, au départ, c’est plutôt de la timidité, mais une fois
lâché, ça passe mieux. Après il y a des personnes avec qui on ne peut pas faire grand chose…

Le vidéoclip est t-il plus à rapprocher du cinéma ou de la musique ?

Tout dépend de la chanson et du matériel utilisé pour le clip (lumière, pellicule, numérique…)

Alors que la musique est en pleine révolution et que le disque commence à s'éteindre,
comment vois-tu l'avenir du vidéoclip ?

Je le vois comme très éphémère, presque n’importe qui peut faire un clip de chez lui
maintenant. Donc les artistes auront quasiment tous leurs titres « clippés ». L’image est le
prolongement du son. Je pense qu’ils deviendront indissociables d’ici quelques années.

Est-il aujourd'hui véritablement indispensable ?

Oui, je pense ! La Télévision est un des medias les plus importants et donc indispensable pour
faire connaître un artiste par son clip qui tourne sur les chaînes musicales.

Internet est-il une bonne alternative pour les jeunes réalisateurs ?

Je pense que oui, cela laisse énormément de liberté, de possibilités de diffusion de son travail.
On peut facilement y faire connaître ses travaux grâce à certains sites spécialisés dans la vidéo
(Dailymotion, Youtube...) qui mettent en avant certaines vidéos.

Au jour d’aujourd’hui, y a-t-il une méthode « Rolag » ? Une empreinte ou une vision qui
t’es propre, une originalité, une technique, une vision ou une éthique que tu souhaites
conserver à chaque nouvelle production ?

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Non je n’ai pas vraiment de « méthode ». Je fais en fonction de ce qu’on me présente, de la
chanson, de l’Artiste… Donc il y a pour chaque clip une méthode différente ! La seule
méthode utilisée finalement…c’est la débrouille !

As-tu quelque chose à rajouter ou à nous faire partager concernant le clip vidéo ? (une
idée reçue à balayer ou une suggestion…)

Le clip, c’est un énorme travail avant, pendant et après. Il n’y a aucune étape à négliger. La
préparation est importante, il faut prévoir, organiser et surtout trouver l’idée. Pendant le
tournage il faut s’adapter aux conditions du moment, respecter le timing, ne rien oublier.
Après, le travail continue : montage, dynamisme, post production, étalonnage,…

Quels sont tes projets à venir, tes souhaits, tes rêves… ?

Pour mes projets, eh bien trouver encore d’autres artistes pour d’autres clips, peut être un peu
plus important pour pouvoir travailler avec une équipe un peu plus grande, plus compétente…
Essayer de réaliser des courts-métrages, voir moyen et pourquoi pas long-métrages (Ca fait
partie de mes rêves !)
Je pense que la musique aura, malgré tout, toujours son importance dans mon travail, c’est ce
que je souhaite en tout cas…

Un immense merci à Ronan pour sa disponibilité et son enthousiasme. Retrouvez


quelques une de ses productions sur le blog ainsi que ses coordonnés.

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B - Ils ont défié les limites du clip vidéo

Comiques ou originaux, ils se sont promis de faire de chaque vidéo un chef d’œuvre
remarquable et remarqué. Retour sur les grands clips originaux de ces dernières années. Un
blog vous permettant de visionner les clips vidéo est spécialement mis à votre disposition sur
Internet à l’adresse suivante : http://mastermemoireclip.skyrock.com

BLINK182 – THE ROCK SHOW

Ils sont trois, ils s’appellent Tom, Mark et Travis et forment le trio de choc Blink182 (annexe
photos). Pionniers du Pop Punk, ils décident de mettre un terme à la formation en 2005 après
treize ans de musique et de blagues potaches. Leur cible privilégiée ? Le Clip Vidéo. Ces trois
lurons se sont juré de faire de chaque production un chef d’œuvre. En 1999, ils balancent
l’album Enema of the states et le single What’s my age again. Le clip fait un raz-de-marée sur
les chaînes musicales et montre le trio en train de courir nu dans les rues dans le plus simple
appareil ! C’est ensuite le clip de All the small things (blog) qui débarque et encore une fois
c’est un coup d’éclat. Il s’agit en fait d’une grosse parodie des Boys Band et particulièrement
d’un clip des Backstreet Boys. C’est ensuite l’album Take of your pants and jackets qui
débarque. Pour la sortie du single et de la vidéo The Rock show, les Blink182 vont défier les
limites de l’originalité en matière de clip vidéo.
Comment ? Après avoir été cherché le chèque destiné à la réalisation de leur vidéo (500 000
dollars tout de même) et ayant reçu le feu vert de leur label pour tourner un clip eux-mêmes,
les membres de Blink182 vont simplement tout dépenser ! Suivi par quelques caméras, ils
retirent l’équivalent du montant de ce chèque à la banque et commencent à distribuer l’argent
de la manière la plus saugrenue. Ils iront jusqu’à acheter des oiseaux pour ensuite les libérer,
relooker un sans domicile fixe et lui offrir des soins capillaires complets, acheter des voitures
et une télévision pour ensuite tout détruire, demander à un avion de tirer une bannière au nom
de l’album, jeter les billets à la population par les fenêtres de leur vanne, ou encore payer des
strip-teaseuses pour nettoyer leur voiture. C’est un véritable séisme dans le clip vidéo, un
bijou d’insolence, de folie et de Rock’n’roll.

KORN – TWISTED TRANSISTOR

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Korn (annexe photos) est indéniablement le fer de lance du néo-métal. Originaire de
Bakersfield dans la banlieue de Los Angeles, les membres de Korn (il en reste d’ailleurs trois
sur cinq aujourd’hui, les autres ayant décidé de quitter le navire) fêtent cette année leur 15 ans
de carrière. Après 8 albums et des milliers de concerts, le combo ne souhaite pas s’arrêter là.
Ils ont d’ailleurs récemment ressuscité l’émission MTV Unplugged avec la sortie d’un album
acoustique enregistré dans les studios de la chaîne. A chacun de ses clips, Korn aura fait
bonne figure, alternant clips animés ou scénarisés à l’esthétisme remarquable. Leur chef
d’œuvre restera indéniablement le clip Twisted Transistor (blog).
Le principe ? Tourner un clip en remplaçant les quatre membres originaux de Korn par quatre
rappeurs physiquement très ressemblants et plutôt renommée du côté Hip Hop. Les rappeurs
Lil Jon, Xzibit, David Banner et Snoop Doggy Dogg s’embarque dans l’aventure. Le
quotidien du groupe est ainsi filmée dans ses moments les plus Rocknroll, de la destruction de
chambre d’hôtel aux séances de dédicaces. Pourquoi cette démarche ? Pour attirer l’attention
sur le fait que la chaîne MTV diffuse beaucoup plus de Rap que de Métal. Les rappeurs
acceptent de se prêter au jeu et le clip est un succès total ! A tel point qu’un document
complet sur la vie en tournée du groupe Korn (avec les mêmes rappeurs dans le rôle des
membres du groupe) devrait bientôt voir le jour ! Si cette sortie est confirmée, ce document
qui sera, pour sûr, comique, aura donc eu pour point de départ un clip vidéo.

JUSTICE – STRESS

Le dernier clip du célèbre duo électronique français Justice (annexe photos) est probablement
le clip le plus controversé de ces dernières années. Si la formation possède déjà une solide
renommée partout dans le monde et un peu plus récemment en France (malgré qu’ils soient
tous les deux français) ils ne pensaient surement pas faire autant parler d’eux avec un clip.
Il y a quelques semaines débarquaient sur Internet le clip Stress (blog). Interdit de passage
télévision et pour cause, Stress à susciter les polémiques les plus vives.
Sur une musique électronique angoissante, la vidéo narre une journée de violence dans une
banlieue chaude. Un groupe de jeunes voyous, tous vêtus de vestes à l’effigie du groupe, se
ballade dans la ville en détruisant tout sur leur passage. Vol de voiture, destruction de bars,
agression de passants, vols de sacs à mains, affrontement avec les forces de l’ordre et Racket,

34
la violence de cette vidéo est sans limites. Dans quel but le duo à t-il mit en ligne ce clip ?
Pour ouvrir le débat et susciter les questions sur la banalité de la violence dit le récent
communiqué de presse. Ils ne pensaient pas s’attirer les foudres de plusieurs associations
comme le mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples qui à récemment
décidé de retirer sa plainte. Reste que le groupe a probablement atteint son objectif : celui de
faire parler de lui, en témoigne le nombre exorbitant de lectures du clip en quelques jours.

35
GALLERIE

36
Le Juke Box Panoram

Le logo de MTV Music Television

37
Capture du clip Thriller de Michael Jackson

Interstella 555, compilation scénarisée des clips de Daft Punk

38
Capture du clip animé Respire de Mickey3D

Le logiciel Quicktime, très souvent utilisé pour la lecture de clips

39
Le clip s’adapte au format Ipod

Le message fort du groupe 30 seconds to mars

40
Le groupe Blink182

Le groupe Korn

41
Le Duo Justice

Ronan Lagadec

42
43
Bibliographie

Il existe très peu d’ouvrages consacrés au vidéoclip. Nous nous sommes donc débrouillés
grâce à l’internet qui est une source intarissable d’informations en ce qui concerne la musique.

1) Documentation en ligne

http://fr.wikipedia.org/
Encyclopédie Wiki en ligne.

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Clip
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Scopitone
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Jukebox
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Music_Television
 http://fr.wikipedia.org/wiki/MTV_Video_Music_Awards
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Anime_music_video

http://www.erudit.org/revue/etudfr/1986/v22/n3/036903ar.pdf
Etude du livre de René payant, La Forces des formes, Vidéo et télévision, document PDF.

http://www.tsi.enst.fr/events/the-gillet.html
Extrait de soutenance de thèse de Olivier Gillet, le jeudi 21 Juin 2007, avec pour thème les
scènes musicales audiovisuelles.

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/article-imprim.php3?id_article=24382
Article traitant des réalisateurs français de clips vidéo.

http://users.skynet.be/fralica/refer/theorie/theocom/lecture/lirimage/vidclip.htm
Une étude du clip vidéo par Philippe Marion et Chantale Anciaux.
Conférence, Institut Sainte-marie, 6200 Châtelet, mai 1986

http://www.festivalduclip.com/
Site du festival du clip vidéo.

http://mficanalyses.canalblog.com/
Fanzine consacré à l’étude des clips de Mylène Farmer

http://www.visual-music.org/videos-Tous-2-10.htm
Webzine rock qui analyse les vidéos clips.

http://www.dailymotion.com
Site de vidéo streaming et hébergement en ligne.

http://www.youtube.fr
Site de vidéo streaming et hébergement en ligne.

2) Documentation vidéo

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Sum41 - Introduction to Destruction (compilation DVD des clips du groupe Sum41)
Blink182 - The Urethra Chronicles I et II (compilation de clips)
Mylène Farmer - Music Video volumes I, II, III et IV (compilation de clips)
Marilyn Manson - Lest We Forget (compilation de clips)
Et de longues longues heures devant les chaînes de télévision musicales…

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