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Problème I

1. Notons
λ 0 ... ... −a1

−1 λ 0 ... −a2

D(a1 , . . . , an , λ) = χc (λ) = 0 −1 λ ... −a3

... ...

0 ... 0 −1 λ − an

En développant le déterminant suivant la première ligne, on obtient

λ 0 ... −a2 −1 λ 0 ...



−1 λ ... −a3 0 −1 λ ...

D(a1 , . . . , an , λ) = λ + (−1)n+1 (−a1 ) = λD(a2 , . . . , an , λ) − a1
... ... ... ...
0 ... −1 λ − an 0 ... 0 −1

Une récurrence évidente montre alors que D(a1 , . . . , an , λ) = λn − an λn−1 − · · · − a2 λ − a1 .


2. Pour 1 ≤ q ≤ n − 1, on a C(eq ) = eq+1 , d’où C q (e1 ) = eq+1 par récurrence. Soit alors λ0 , . . . , λn−1 ∈ k
tels que λ0 In +λ1 C+. . .+λn−1 C n−1 = 0; en appliquant au vecteur e1 , on trouve λ0 e1 +λ1 e2 +. . .+λn−1 en = 0
et donc λ0 = . . . = λn−1 = 0. La famille (In , C, . . . , C n−1 ) est donc libre. On en déduit immédiatement que
le seul polynôme de degré inférieur ou égal à n − 1 tel que p(C) = 0 est le polynôme nul. Le théorème de
Cayley-Hamilton assure que χC (C) = 0. Soit alors P un polynôme tel que P (C) = 0 et effectuons la division
euclidienne de P par χC . On obtient P = QχC + R avec deg(R) ≤ n − 1. Mais on a aussi

0 = P (C) = Q(C)χC (C) + R(C) = R(C)

ce qui exige R = 0. Donc tout polynôme tel que P (C) = 0 est divisible par χC (la réciproque étant évidente).
3. Soit λ une valeur propre de C, donc une racine de χC . La matrice C − λIn n’est donc pas inversible,
mais la sous-matrice formée par les n − 1 dernières lignes et les n − 1 premières colonnes est visiblement
inversible (triangulaire supérieure avec des 1 sur la diagonale); donc le rang de C − λIn est égal à n − 1, donc
son noyau est de dimension 1, autrement dit le sous espace propre EC (λ) est de dimension 1. On sait que si
C est diagonalisable, son polynôme caractéristique est scindé; faisons donc cette hypothèse. Dans ce cas, la
matrice est diagonalisable si et seulement si, pour chaque valeur propre, c’est à dire pour chaque racine de
χC , la multiplicité est égale à la dimension du sous espace propre, qui est ici égale à 1. On en déduit que C
est diagonalisable si et seulement si χC est scindé à racines simples.
On peut aussi remarquer que d’après la question précédente, χC est aussi le polynôme minimal de C,
et un théorème du cours assure qu’une matrice est diagonalisable si et seulement si son polynôme minimal
est scindé à racines simples.
4.a) En passant au complémentaire, il s’agit de montrer que l’intersection de deux ouverts denses U et V
est un ouvert dense. L’intersection de deux ouverts étant un ouvert, U ∩ V est un ouvert. Soit a ∈ E et
r > 0, comme U est dense dans E, B(a, r) ∩ U est non vide et c’est un ouvert comme intersection de deux
ouverts. Soit b ∈ B(a, r) ∩ U et ρ > 0 tel que B(b, ρ) ⊂ B(a, r) ∩ U . Comme V est dense, B(b, ρ) ∩ V est
non vide; or B(b, ρ) ∩ V ⊂ B(a, r) ∩ U ∩ V , ce qui montre que U ∩ V est dense.
4.b) Soit x ∈ int(F ); il existe r > 0 tel que B(x, r) ⊂ F . Soit v un vecteur n’appartenant pas à F . Pour
0 < |t| < r/kvk on a x + tv ∈ B(x, r) ⊂ F , et donc tv = (x + tv) − x ∈ F , soit encore v ∈ F , c’est absurde.
Donc int(F ) = ∅. De plus, F est complet comme espace vectoriel normé de dimension finie, donc il est fermé
dans E (cours).
Par récurrence à partir de la question précédente, la réunion d’un nombre fini de fermés d’intérieur vide
est d’intérieur vide. Si E était réunion d’un nombre fini de sous espaces vectoriels distincts de E, E serait
réunion d’un nombre fini de fermés d’intérieur vide, donc serait lui même d’intérieur vide, c’est absurde.
4.c) (ii)⇒(i) résulte immédiatement de la question 2). Inversement, supposons que µu = χu ; à chaque
x ∈ E, on associe l’idéal Ix de C[X], défini par Ix = {P ∈ C[X] | P (u)(x) = 0} qui est de la forme

1
[
Px C[X]. Le polynôme Px divise évidemment µu , et E = Ker Px (u), cette réunion étant en fait finie car
x∈E
µu n’a qu’un nombre fini de diviseurs normalisés. D’après la question précédente, il existe x ∈ E tel que
Ker Px (u) = E, ceci exige que Px = µu = χu , donc que Px soit de degré égal dim E, donc que la famille
(x, u(x), . . . , un−1 (x)) soit libre, donc constitue une base de E. Mais alors dans cette base, la matrice de u
est une matrice compagnon.
5. La matrice Sσ vérifie si,j = sj,i , elle est donc symétrique. En développant le déterminant de Sσ suivant
la première ligne et en faisant un récurrence, on obtient
n(n−1)
det Sσ = (−1)(n+1)+n+(n−1)+...+3 sn1 = (−1) 2 sn1

6. La matrice Sσ C est la matrice B = (bi,j ) avec

si+j+1−n si i + j ≥ n et j 6= n

n n

X X

 X n
bi,j = si,k ck,j = si+k−n ck,j = si+k−n ak pour j = n

k=1 k=n+1−i  k=n+1−i

0 dans les autres cas
On constate que si i et j sont inférieurs ou égaux à n − 1, on a bi,j = bj,i ; donc Sσ C est symétrique si
et seulement si ∀i ≤ n − 1, bn,i = bi,n soit encore
n
X
∀i ≤ n − 1, si+1 = si+k−n ak = si an + si−1 an−1 + . . . + s1 an+1−i
k=n+1−i

Ces formules définissent parfaitement s2 , . . . , sn en fonc de s1 et donc la famille si on impose que s1 = 1. La


matrice ainsi trouvée est inversible d’après la question précédente.
7. σ étant choisi comme dans la question précédente, posons T = Sσ−1 et R = Sσ C qui sont toutes deux
symétriques. On a alors C = T R et donc tC = RT , et, puisque T est inversible C = T tCT −1 . (On pourrait
montrer à partir de là avec encore un peu de travail que toute matrice est semblable à sa transposée.)

Probleme II
Partie I
2
−2n 6n
1.a) On a u0n (x) = , u00 (x) = . Pour x ∈ [a, b], on a
(nx + 1)3 n (nx + 1)4
2
1 2n 6n2
|un (x)| ≤ , |u0n (x)| ≤ , |u00n (x)| ≤
(na + 1) (na + 1)3 (na + 1)4
1
toutes séries convergentes (en O( )) et indépendantes de x. Donc ces trois séries convergent normalement
n2
sur [a, b], donc uniformément. Ces majorations étant encore valables sur [b, +∞[, les trois séries convergent
encore normalement sur [b, +∞[. En revanche kun k∞ = 1 sur [0, a[; comme kun k∞ ne tend pas vers 0, il ne
peut y avoir convergence uniforme sur [0, a[ (autre argument: si la série convergeait uniformément sur ]0, a]
elle vérifierait le critère de Cauchy uniforme sur ]0, a] et donc par continuité des un sur [0, a]; or la série
diverge au point 0).
1.b) Soit f la fonction périodique de période 2π qui vaut x2 pour x ∈ [−π, π[. La fonction est C 1 par
morceaux et elle est continue car lim− = π 2 = lim + f (x) = lim+ f (x). Donc f est somme de sa série de
x→π x→−π x→π

2
Z π
1 2 2
Fourier qui converge normalement. Comme f est paire, on a bn (f ) = 0. De plus a0 (f ) = x2 dx = π
π −π 3
et pour n ≥ 1
π π
(−1)n
Z Z
1 2
an (f ) = x2 cos nx dx = x2 cos nx dx = 4
π −π π 0 n2
On en déduit que
+∞
π2 X cos nx
∀x ∈ R, f (x) = +4 (−1)n
3 n=1
n2
+∞ +∞
X (−1)n π2 X 1
et donc, pour x = 0 que S 0 = 2
= − . Posons S = 2
. On a
n=1
n 12 n=1
n

+∞ +∞
X 1 X 1 S
S + S0 = 2 2
= 2 2
=
n p=1
(2p) 2
n=1,npair

π2
et donc S = −2S 0 = .
6
1.c) On a
+∞ +∞
1 X 4 X 1 π2
F( ) = = 2 = 4( − 1)
2 p=0
(p + 2)2 p=2
p2 6
+∞
X 1 π2
F (1) = =
n=0
(n + 1)2 6
+∞
X 1 1 π2
F (2) = 2
= (S − S 0 ) =
n=0
(2n + 1) 2 8

Z n+1 Z n+1 Z n
dt dt dt
2.a) On a < un (x) = < par décroissance de la fonction
n (tx + 1)2 n (nx + 1)2 n−1 (tx + 1)2
1
t 7→ (les inégalités sont strictes car la différence est l’intégrale d’une fonction continue positive,
(tx + 1)2
non nulle). En sommant, on en déduit que
Z +∞ +∞ Z +∞
dt X dt
< F (x) − SN (x) = u n (x) <
N +1 (tx + 1)2 N (tx + 1)2
n=N +1

1 1
soit encore < F (x) − SN (x) < .
x(N x + 1 + x) x(N x + 1)
1 1
2.b) Posons aN = et bN = . On a aN < F (x) − SN (x) < bN . On en déduit que
x(N x + 1 + x) x(N x + 1)
a N + bN bN − aN
|F (x) − TN (x)| = |F (x) − SN (x) − |< . Or
2 2
1 1
bN − a N = ≤ 2 2
2x(N x + 1)(N x + 1 + x) 2n x

ce qui donne l’inégalité voulue.


2.c) On peut écrire en Maple (∗∗ est un autre symbole pour l’exposant, utilisé ici pour des raisons ty-
pographiques, la fonction floor, en anglais plafond, renvoie l’entier immédiatement supérieur à un réel)
u:=(n,x) -> 1/(n*x+1)**2; v:=(n,x)->1/(2*x*(n*x+1));

3
F:=proc(x,precision) local N,n,somme;
N:= floor(evalf(sqrt(2)*x/sqrt(precision)));
somme:=0;
for i from 0 to N do
somme:=somme+u(i,x);
end do;
return somme+v(N,x)+v(N+1,x);
end proc;
avec comme résultat
F(1.5,10**(-5)), F(3.,10**(-5)), F(4.,10**(-5)), F(5.,10**(-5));;
1.361722404, 1.121733014, 1.074833071, 1.050695089

X X
3.a) Soit a > 0. Puisque les séries u0n etu00n convergent uniformément sur [a, +∞[ pour a > 0, la
+∞
X +∞
X
fonction F est de classe C 2 sur [a, +∞[ et F 0 (x) = u0n (x), F 00 (x) = u00n (x). Comme a est quelconque,
n=0 n=0
F est de classe C 2 sur ]0, +∞[ et les formules sont encore valables.
0 00 0 00
X Clairement un ≤ 0 et un > 0, donc F < 0 et F > 0; la fonction est décroissante convexe. La série
3.b)
un converge uniformément sur [a, +∞[ et chacune des fonctions un a une limite en +∞. Le théorème
d’interversion des limites assure que

+∞
X +∞
X +∞
X
lim un (x) = lim un (x) = 0=0
x→+∞ x→+∞
n=0 n=0 n=0

donc F a pour limite 0 en +∞. Comme F est décroissante, elle a une limite L ∈ R ∪ {+∞} en 0. Supposons
N
X
que L soit finie, alors, si N ∈ N et x > 0 on a un (x) ≤ F (x) ≤ L et en faisant tendre x vers 0, on aurait
n=0
N
X
un (0) ≤ L, soit encore N + 1 ≤ L (puisque un (0) = 1). C’est absurde puisque N est quelconque. Donc
n=0
F tend vers +∞ en 0.
4) On a pour n ≥ 1 et |x| < 1,

+∞
1 x2 x2 1 x2 X p x2p
un ( ) = = = (−1) (p + 1)
x (n + x)2 n2 1 + x 2 n2 p=0 n2p

n

x2p+2 X
Posons donc vn,p = (−1)p (p + 1) 2p+2
. La série |vn,p | est convergente, a pour somme
n p

x2 1 x2
Vn = =
n2 1 − x 2 (n − x)2

n

X
et la série Vn converge. Le théorème d’interversion des sommes dans les séries doubles (Fubini) assure
+∞ X
X +∞ +∞ X
X +∞
dans ces conditions que vn,p = vn,p , soit encore
n=1 p=0 p=0 n=1

+∞ +∞ +∞
X 1 X X 1
F (1/x) = 1 + un ( ) = 1 + (−1)p (p + 1)x2p+2 2p+2
n=1
x p=0 n=1
n

qui est bien un développement en série entière de F (1/x) valable dans ]0, 1[.

4
Partie II
log t log t log t t − 1
1) La fonction t 7→ α
est continue sur ]0, 1[; au voisinage de 1, α
=− admet la limite
1−t 1−t t − 1 tα − 1
1 1 log t 1 1
− , donc la fonction est intégrable sur [ , 1[. En 0, = o( √ ) et la fonction t 7→ √ est intégrable
α 2 1 − tα t t
1 log t 1
sur ]0, ], donc t 7→ est intégrable sur ]0, ], et en définitive sur ]0, 1[.
2 1 − tα 2
+∞ +∞
1 X
nα log t X
2) Pour t ∈]0, 1[ on a = t et donc = tnα log t. Posons wn (t) = tnα log t. On
1 − tα n=0
1 − t α
Z 1 n=0
1 1
a wn < 0, intégrable sur ]0, 1] (en 0 c’est un o( √ )) et |wn | = = un (α). Comme la série
t 0 (nα + 1)2
XZ 1 +∞
Z 1X +∞ Z 1
X
|wn | converge, le théorème d’intégration termes à termes assure que wn = wn , soit
n 0 0 n=0 n=0 0
Z 1 +∞
log t X
encore que dt = − un (α) = −F (α).
0 1 − tα n=0

log t log t log t t − 1


3.a) La fonction t 7→ est continue sur ]1, +∞[; au voisinage de 1, =− admet la
1 − tα 1 − tα t − 1 tα − 1
1 log t 1
limite − , donc la fonction est intégrable sur ]1, 2]. En +∞, soit β tel que 1 < β < α; alors α
= o( β )
α 1−t t
1 log t
et , comme β > 1, la fonction t 7→ β est intégrable sur [2, +∞[, donc t 7→ est intégrable sur [2, +∞[,
t 1 − tα
et en définitive sur ]1, +∞[.
3.b) Soit 1 < a < b < +∞, en posant u = t1−α on obtient
Z b Z b1−α Z b1−α
log t 1 log u 1 1 log u
dt = α u 1−α −1 du = − α du
a 1 − tα (1 − α)2 a1−α 1 − u 1−α (α − 1)2 a1−α 1 − u α−1

et en faisant tendre a vers 1 et b vers +∞, on obtient


Z +∞ Z 1  
log t 1 log u 1 α
α
dt = α du = − F
1 1−t (α − 1)2 0 1 − u α−1 (α − 1)2 α−1

On en déduit que Z +∞  
log t 1 α
α
dt = −F (α) − F
0 1−t (α − 1)2 α−1

1 4 1 5
3.c) On a donc I(4) = − F ( ) − F (4) ∼ −1.233700 et I(5) = − F ( ) − F (5) ∼ −1.142674.
9 3 16 4