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LA VOLONTE

Cours d’agrégation d’Alain Badiou (2002-2003)

(notes de François Nicolas)

I. 10 octobre 2002 1
Corneille 2
Descartes 3
L’être et le néant (extraits) 3
II. 17 octobre 2002 4
Récapitulation 4
1. Une construction de la pensée classique ...................................................................................... 4
2. Dualisme métaphysique ............................................................................................................... 4
3. Nécessité comme loi fondamentale de l’univers.......................................................................... 5
4. Scission du Moi............................................................................................................................ 5
5. Le plus propre du sujet................................................................................................................. 5
6. Volonté pose la question de l’unité du sujet. ............................................................................... 6
Sartre : L’être et le néant 6
III. 12 décembre 2002 6
Sartre 7
Les arguments de Sartre ................................................................................................................... 8
IV. 13 mars 2003 9
Usage classique de la catégorie : 9
1) Repérage ...................................................................................................................................... 9
2) Problématique pratique ................................................................................................................ 9
3) Statut métaphysique..................................................................................................................... 9
Critique de la conception classique 10
1. Critique de la volonté comme catégorie psychologique (Sartre) ............................................... 10
2. Critique de la volonté comme catégorie morale (Nietzsche) ..................................................... 10
3. Critique de la métaphysique du dualisme .................................................................................. 11
Programme possible d’une volonté impure en 4 propriétés 12
Première propriété.......................................................................................................................... 12
Deuxième propriété........................................................................................................................ 12
Troisième propriété ........................................................................................................................ 12
Quatrième propriété ....................................................................................................................... 12
Question : volonté & politique 12
Bilan (septembre 2003) 13

I. 10 OCTOBRE 2002

Rapports entre volonté et liberté ?
Trois leçons :
1) Constitution classique du problème : cf. la première moitié du 17° siècle (Descartes…)
2) L’analytique de la volonté dans L’Être et le néant de Sartre
3) La question de la volonté chez Kant. 1[1]

1[1]
Ce programme ne sera pas tenu. Kant ne sera pas traité.

Cela touche à la question de la décision . La volonté est construite comme qui est susceptible d’une certaine transcendance au regard de l’ordre naturel. Formellement la volonté est ce qui du Moi est intransitif à l’univers. qu’est-ce que décider ? Ainsi dans la monarchie absolue. Notre concept de volonté est donc formel. Corneille Cf. elle est négative. l’efficace de la volonté est interne au Moi : le Moi peut s’affirmer contre son inscription dans l’univers. une psychologie des facultés et des passions et une métaphysique de la liberté dont la décision est représentable dans la forme d’un vouloir. Vouloir connecte à un dualisme d’être : Moi / univers. / Je le suis . La volonté ne suit pas l’instruction de l’univers . V. c’est exemplairement ce qui n’est pas cosmique. et alors elle n’est pas ce reste. Cf. C’est au 17° siècle qu’est monté ce dispositif. L’idée d’autonomie (qui est kantienne) chemine ici. Est-il possible d’interrompre la vengeance ? C’est la question fondamentale au théâtre : voir Orestie d’Eschyle. Cf. je veux l’être. La passion ici. Problème : si la volonté est ce qui du Moi est irréductible aux lois de l’univers. actes 4 et 5 de Cinna : exhibition de la nouvelle figure du vouloir quand Auguste apprend le complot de ses amis. Réponse d’Eschyle : ce qui interrompt. Cf. la forme de l’État et du pouvoir est dans la figure d’une volonté. caractère constituant du vouloir. c’est la loi. je le suis parce que je veux l’être. La volonté. une thèse relative au nouage entre volonté et infini : cf. 905 – Pléïade I) 3[3] (id.2 : nécessité de la répression (« Il faut unir… »). Quel en est donc le réel ? Pour Corneille. soit elle est inefficace. Qu’est-ce que vouloir être ? Cf. On trouve une résonance de cela dans la théorie de la Fronde chez le Cardinal de Retz mais surtout chez Corneille. Moi / univers : dans le Moi. Le vouloir n’est pas transitif à l’être : « je le suis . D’où ordre-nature-devoir. Ainsi Corneille est un accompagnement de Descartes. Pour Shakespeare : on ne peut pas interrompre. Ainsi la volonté peut faire s’équivaloir le moi et l’univers.) . La volonté est ce qui reste du Moi quand on a retiré ce qui subjective l’univers. alors quel en est le contenu.3 : volonté comme capacité de s’élever au-dessus de la nécessité naturelle du crime d’État. Voir la décision en tant que sa forme est un vouloir : cf. quel en est l’efficace ? D’où un dilemme : soit la volonté est pure donc inefficace. Le « je veux l’être » corrige le « je le suis » : je le suis pour autant que je veux l’être. où le devoir est assigné à la nécessité des règles naturelles. connexion donc entre volonté et décision : cf. c’est la subjectivation de la nécessité. homothétie avec la construction de la monarchie absolue. D’où la volonté comme ce qui est capable d’interrompre la vengeance. » 2[2] : cf. c’est quelque chose de disjonctif (du Moi par rapport à l’univers). l’infinité formelle du vouloir. Pour Corneille : par la volonté. • la volonté pure. Voir le thème des rapports entre volonté et solitude : la trahison crée la solitude. D’où une scène interne au Moi : le moi y est divisé. capacité constituante de la volonté. nécessité du crime d’État qui est de l’ordre de la règle. Ce lien va se poursuivre jusqu’à Sartre inclus. Cf. l’institution d’un tribunal. « Je suis maître de moi comme de l’univers . indépendante de la subjectivation des nécessités.Commençons par le 17° siècle car c’est au 17° siècle que culmine un emploi absolu du mot volonté. du devoir. Cf.3 (p. mise en place du triplet volonté / moi / univers. La volonté est transcendante aux passions : « Je triomphe aujourd’hui du plus juste courroux » 3[3]. Cf. Soit le paradoxe du concept de liberté : c’est une médiation entre ces deux domaines hétérogènes : psychologie et métaphysique. il y a : • le marquage de l’univers (comme subjectivation des lois de l’univers). Et comme toute définition formelle. je veux l’être ». la constitution au 17° siècle d’un lien entre une théorie. IV. La volonté est construite sur le fond d’une théorie de la nécessité. son pessimisme tragique. ce qui n’exprime pas l’univers. Quant à son efficace 2[2] Scène V.

est étendue. La volonté. Cf. car pour Descartes. c’est cette partie de l’âme qui côtoie les passions en leur étant étrangère. c’est ce qui est extérieur au régime de la contrainte. de l’unité de l’âme. • § 35 : « la volonté en quelque sens peut sembler infinie » (ce qui est une conséquence de ce qu’elle est puissance de dire « oui » ou « non »). Ainsi le grand éducateur éthique d’Auguste. L’essence de la volonté. Ainsi la volonté est dans l’âme une figure de l’excès. » L’action libre nous est imputable. la volonté est ce qui dit « oui » ou « non ». L’essence subjective du sujet. c’est un fait. Il y a ainsi une soudaineté du vouloir (ce n’est donc pas une donnée structurelle) : voir le moment théâtral… Ainsi il ne faut souhaiter le vouloir à personne ! La volonté agit alors comme s’il ne s’était rien passé. Pour Spinoza par contre. 37 et 39. la volonté est peut-être toujours en excès sur le sujet ! • § 37 : la volonté est la principale perfection de l’homme sous le nom de libre arbitre. La volonté est interne au connaître et pas seulement à l’agir. Ainsi l’identité de l’âme est dans la volonté. « Agir librement. Cf. l’excès. qu’elle ne peut jamais être contrainte » 4[4]. Soit la question du consentement au savoir. c’est agir par le moyen de la volonté. la générosité (Traité des passions. Cf. c’est la trahison. Voir des paragraphes de la première partie des Principes de la philosophie : les paragraphes 34 à 43. La volonté. D’où une générosité de l’identité entre soi-même et la volonté. il y a donc des circonstances de la volonté : l’affirmation de soi dans la plus extrême solitude. La volonté est une puissance d’affirmation ou de négation . la figure légitime de l’estime de soi. Le caractère normatif de la volonté est lié à son caractère identifiant. l’âme est finie (d’où sa preuve de l’existence de Dieu) : la volonté comme infinité formelle et pas réelle (virtuelle et pas actuelle). le moi est entièrement expressif de l’univers. c’est une de nos plus communes notions. celle de l’action sur les passions. elle est « notre » action. Cela n’a pas à être prouvé. Il y a donc des circonstances de l’action qui mobilisent le vouloir. Alors que la connaissance est restreinte. La volonté est une dimension transparente du sujet. La question de la volonté est celle de la domination des passions. D’où que la volonté est une valeur. • § 34 : la volonté est une pièce essentielle du jugement dans la modalité du consentement. 4[4] Pléïade. l’affirmation et la négation. L’hypothèse dualiste entraîne alors la scission d’un des deux termes. c’est la transparence. On retrouve ce paradoxe de la clémence cornélienne dans l’impératif catégorique kantien. 35. c’est la volonté. • § 39 : la volonté. Soit la volonté comme victoire sur soi-même.réel. Ceci fonctionne en fait comme une définition implicite de la volonté : la volonté. 715 . construit. Ainsi on peut consentir ou ne pas consentir. La liberté est-elle alors une propriété de la volonté ? « Liberté » veut simplement nommer l’hétérogénéité à l’univers de la contrainte. démontré. D’où la question de l’unité du sujet. La volonté n’est-elle pas dislocation du concept même d’âme ? La volonté est-elle compatible avec la substantialité du sujet ? C’est ce que va nier Sartre. Chez Corneille. la volonté s’exerce sur le Moi : elle peut dominer ce qui du Moi exprime l’univers. et il n’existe donc pas de volonté. mais le vouloir ne doit pas en tenir compte ! C’est le paradoxe de la volonté pure où l’acte de la volonté n’est que dans on auto- affirmation. surtout les numéros 34. c’est une évidence d’expérience. Descartes Article 41 des Passions de l’âme : « La volonté est tellement libre de sa nature. p. la conception cornélienne de la gloire : la reconnaissance que ce qu’il y a de mieux en nous. article 153) comme liée à la volonté : la générosité est une figure de l’estime de soi. elle. c’est la volonté. en l’occurrence comme s’il n’y avait pas eu trahison. la volonté.

au contraire. (528) Il faut se défendre de l’illusion qui ferait de la liberté originelle une position de motifs et de mobiles comme objets. L’être et le néant (extraits) Nous devons nous demander comment un motif (ou un mobile) peut être constitué comme tel. (512) Le mobile ne se comprend que par la fin. Car c’est en un seul surgissement que se constituent le mobile. (521) La volonté n’apparaît-elle pas comme la décision qui succède à une délibération au sujet des mobiles et des motifs ? (522) Nous appellerons motif la saisie objective d’une situation déterminée en tant que cette situation se révèle. Bien au contraire. (563) II. (519) La liberté étant assimilable à mon existence ne saurait se limiter aux actes volontaires. dès qu’il y a motif et mobile. (522) Reste à expliquer la relation des motifs aux mobiles. Ces tentatives avortées pour étouffer la liberté sous le poids de l’être (516) Tirer au clair les rapports de la liberté avec qu’on nomme la « volonté ». ceci constitue un cadre structural général. (520) Il ne suffit pas de vouloir : il faut vouloir vouloir. le mobile est donc en lui- même une négatité. acte. fin constituent un « continuum ». Et si je dois en venir à délibérer. Quand je délibère. Sartre fait une critique explicite de ce concept. (513) Le sens profond du déterminisme. la formule « être libre » ne signifie pas « obtenir ce qu’on a voulu ». (523) le motif est objectif. est un fait subjectif. la décision est prise et elle n’a d’autre valeur que celle d’une annonciatrice. l’intention profonde de la volonté porte plutôt sur la manière d’atteindre cette fin déjà posée. c’est simplement parce qu’il entre dans mon projet originel de me rendre compte des mobiles par la délibération plutôt que par telle ou telle autre forme de découverte. […] Quand la volonté intervient. puis une décision à partir de ces motifs et de ces mobiles. Cette trajectoire-opposition est interne à un cadre général qui porte sur la catégorie de liberté. . elle suppose. c’est d’établir en nous une continuité sans faille d’existence en soi. Autrement dit. (515) Motif. 17 OCTOBRE 2002 Récapitulation Récapitulation en 6 points de la logique générale du discours sur la volonté tel que tenu de l’âge classique jusqu’à Sartre. (525) La délibération volontaire est toujours truquée. (539) Contre le sens commun. au contraire. (516-517) Loin que la volonté soit la manifestation privilégiée de la liberté. (520) La liberté n’est rien autre que l’existence de notre volonté ou de nos passions. un plein. il y a déjà position des fins et. le fondement d’une liberté originelle. Le mobile. l’acte et la fin. à la lumière d’une certaine fin. (512) Il est impossible de trouver un acte sans mobile mais il n’en faut pas conclure que le mobile est la cause de l’acte. (527) Si la volonté est par essence réflexive. choix. il n’apparaît que dans et par le projet d’une action. les jeux sont faits. c’est-à-dire par du non-existant . son but n’est pas tant de décider quelle fin est à atteindre puisque de toutes façons les jeux sont faits. (524) Loin que le motif détermine l’action. « Volonté » est un mot décisif pour Descartes. mais « se déterminer soi-même à vouloir (au sens large de choisir) par soi-même ». […] Motifs et mobiles n’ont que le poids que mon projet leur confère. comme pouvant servir de moyen pour atteindre cette fin. elle s’est donné ses fins. par conséquent. le succès n’importe aucunement à la liberté. Il y a donc un choix de la délibération comme procédé. Cf. (524) La conscience qui découpe le motif dans l’ensemble du monde a déjà sa structure propre. en elle l’existence précède l’essence. Cf. (513) La liberté n’a pas d’essence. elle s’est projetée vers ses possibles et elle a sa manière propre de se suspendre à ses possibilités.

Cf. la théorie classique de la souveraineté est une théorie du vouloir. Il va désigner la capacité du Moi à se soustraire à la nécessité. de valeur. Son être actif est combattant. Cf. Ne pas être dans le coup : c’est la maxime classique de la volonté. Volonté comme concept psychologique c’est-à-dire détermination du Moi. Soit la liberté comme possibilité d’interruption de la nécessité causale. Le mot. Être dans le coup. Le concept de volonté n’a plus alors de radicalité. À la fois dignité ontologique et indignité normative (elle ne « vaut » rien). Dualisme métaphysique Cette construction suppose un dualisme métaphysique dans la figure première d’une disposition séparée du Moi et de l’univers. Mais le concept est construit à l’âge classique. 2. « Il n’est pas nécessaire de réussir pour persévérer » : ceci est très étranger à la position finaliste. 3. Voir la différence entre les philosophies indifférentes aux résultats (« résultat » voulant désigner ce sur quoi il peut y avoir souveraineté) et les philosophies astreintes aux résultats (il y a s’agit de rendre compte de la possibilité des positivités) c’est-à-dire pragmatisme. donc deux questions de souveraineté. Le concept de volonté est coextensif à la naissance de la physique moderne. Elle est ontologiquement constituante et éthiquement indigne. Voir l’apparition du royaume du Moi. Il y a toujours dans ce concept quelque chose de combattant : la question du triomphe de la volonté (cf. Pourquoi ? Cette thèse de la nécessité s’oppose à des thèses finalistes : la catégorie de volonté se construit contre la vision finaliste du monde (causes finales…). Il est constitué sur la scène du Moi (et non plus seulement dans la dualité Moi / univers). accommodement au monde… D’où la possibilité d’une souveraineté absolue. Là où ce dualisme est ontologiquement réduit (cf. Si vous avez un principe de finalité. C’est là que le concept de volonté est constitué dans la psychologie. c’est d’abord pouvoir vouloir et ne nécessite pas l’examen des fins. Cf. c’est être finaliste. Cf. Nécessité comme loi fondamentale de l’univers Il faut aussi que la nécessité soit la loi fondamentale de l’univers. il y a un débat chez les stoïciens. certes. car pour Descartes. le « volontarisme ». Cf. alors vous n’avez pas besoin d’un concept indiquant la rupture avec la finalité car le vouloir peut être simplement un accompagnement dans la finalité. Il faut pouvoir vouloir et ensuite le vouloir est à l’épreuve du monde. même si elle est sans résultats. pour entreprendre. Scission du Moi Il y a une scission du Moi selon que le Moi exprime l’univers ou est en position d’autonomie par rapport à l’univers. . Cf. existe avant : cf. l’univers n’est pas finaliste. Il n’y a pas de vision pacifiée de l’acte volontaire. 1. 4. c’est une indifférence aux résultats. scission du Moi entre nécessité et liberté. aussi le paradigme de la souveraineté : la volonté comme capacité à être souverain de son propre royaume. conflictuel. il n’est pas nécessaire d’espérer mais de vouloir. le concept de volonté est déconstruit. La liberté d’indifférence est non qualifiée en termes de fin. Entreprendre. le caractère constituant de la dualité liberté / nécessité. du paradigme mécaniste. position stratégique pour Descartes de la liberté d’indifférence : celle de consentir ou de ne pas consentir. D’où la liaison volonté-nécessité-possibilité. Spinoza). Cela est contemporain d’une théorie politique : cf. Une construction de la pensée classique « Volonté » est une construction de la pensée classique. le concept de volonté est déconnecté de la question des résultats . D’où une substitution de la catégorie des possibles à la catégorie des fins. film fasciste !). Cf. Corneille : deux royaumes. Le paradoxe pour Descartes est que la liberté d’indifférence serait coextensive à la volonté et que cette liberté d’indifférence est le plus bas degré.

Dans le montage classique. d’où délibération. La liberté est aussi présente dans la passion… 3. C’est difficile de faire de volonté une simple faculté (cf. La singularité est dans le vouloir. Mais la volonté est le plus propre d’un sujet. En ce sens. Car quelque chose du vouloir est en exception de la finitude. L’analyse de la délibération volontaire (mobiles et motifs de l’action). les jeux sont faits ! » : c’est la décision qui crée le motif. Cf. volonté.La volonté est très souvent un concept tragique. Montrer que la liberté est constitutive de ce qui a l’apparence de la passivité et pas seulement de la volonté. 12 DECEMBRE 2002 La volonté est une construction discursive du classicisme. elle serait une volonté naturelle dans un espace finalisé (cf. Cf. 2. Ce n’est pas par hasard que la volonté rencontre du possible et non pas d’essence. l’accès cognitif à l’univers est le propre de l’humanité. Voir la thèse cartésienne sur « le plus propre de l’âme ». III. de l’humanité . ce possible. Cf. Volonté est un concept tragique jusqu’à Nietzsche. Il peut y avoir un transcendantal neuronal c’est-à-dire matériel. Cf. 6. . Le connaître est le même pour tous. Car pour les classiques. lien entre volonté et raison). mais pas le vouloir ! Le sujet universel. 4. Dans « volonté ». ce qu’il y a de plus subjectif du sujet. si la volonté est le nom de la liberté. Sartre se maintient sur l’horizon de la psychologie classique. le plus propre du sujet n’est pas le connaître mais le vouloir. son propre est de connaître. 477… et surtout 485. de l’unité psychique. Ces mobiles et motifs ne sont pas déterminants de l’action. l’unité de la spontanéité et de la réceptivité est la synthèse de l’actif et du passif. « quand je délibère. Volonté pose la question de l’unité du sujet. Le plus propre du sujet Cette scission aboutit à ce que « volonté » désigne ce qu’il y a de plus propre au sujet. 5. L’unité synthétique du sujet dans la Critique du jugement de Kant : personne n’y comprend rien ! La psychologie est la science de la singularité subjective. Sartre : L’être et le néant Voir sur volonté et liberté p. un « on n’a jamais vu ça ! »). Sartre détache « volonté » de « liberté » et donc le psychologique du métaphysique : « volonté » est trop étroit pour penser « liberté ». réduit à la question de la décision délibérative : cf. Sartre reste un rationaliste classique (cf. Le sujet singulier. La volonté est une simple modalité possible de la liberté. son style dissertationnel (en copie d’agrégation…). dans la dialectique volonté / liberté autour de la notion de décision. L’impossible. d’où acte volontaire. « Volonté » est ici pris en un sens très étroit. Sartre est un maître en rhétorique. une potentialité naturelle). Cf. Critique de la délibération. conception pré-classique). son propre est de vouloir. La thèse générale : « volonté » n’est pas plus le nom de la liberté que son contraire. Sinon. 4 arguments de Sartre : 1. au sens d’une confrontation d’un sujet avec l’impossible. Certes le connaître est le propre de l’homme générique. la conscience est tout aussi libre dans la passion que dans la volonté. La délibération est une modalité et non la substance même de la volonté et de la décision. la métaphysique tend à déborder le psychologique. le plus propre du sujet est connecté à l’impossible. « Volonté » désigne quelque chose toujours tendanciellement en excès sur cette unité. c’est le nécessaire ! D’où qu’il s’agisse de vouloir l’impossible ! (cf.

Cf. des lois de l’univers. . Voir le fascisme : figure typique du vouloir comme constitutif du peuple politique. dans son discours du Rectorat. les figures de nécessité pour l’univers). de son hyperbole. Or à l’autre bout. ou entre âme et corps (qui sont des échos de l’ancienne métaphysique). sur l’arrière-plan du mécanisme (cf. « généreux » désigne qui reconnaît en lui-même la capacité du vouloir. de la nécessité. Il existe une interprétation heidegerienne de tout cela : l’usage hyperbolique de la volonté n’est que l’ultime figure métaphysique de la subjectivité inaugurée par Descartes (dualisme cartésien) . quelles conséquences ? Cf. D’où une dépréciation de la volonté corrélative de son hyperbole. des usages fascistes de la volonté. Chez Descartes. La conscience est le nom moderne de l’intériorité. Derrière cela. « Volonté » surgit comme un opérateur d’identification subjective. l’exception à la nécessité va s’indiquer comme intériorité. nécessité de désigner un lieu de la liberté car il n’y a pas de lieu pour elle. « Volonté » est l’indicateur par excellence de l’intériorité. 2. crédite le nazisme de la capacité à la « décision résolue ». De fait « volonté » a été une catégorie du fascisme sous la condition de la liberté comme puissance. dans le nouage volonté-liberté. Cf. Une critique heidegerienne de son hyperbole contemporaine. Il en existe deux autres : 1. On a ici un démontage du classicisme (cf. il y a une précompréhension de la liberté comme puissance. catégorie opérant comme question de ce qui est soustrait aux lois de la nécessité. D’où le régime d’être du sujet doit être unique et pas double (selon le vouloir et les passions) car il est incohérent. « Psychologie » va désigner les manières de penser le clivage entre nécessité et liberté. Nietzsche et sa « volonté de puissance » (là c’est beaucoup plus compliqué). « Volonté » est une catégorie de l’époque du sujet de la science. La maxime paradoxale est : « je dois pouvoir faire ce que je veux ». « Volonté » n’est qu’une modalité . Il y a un lieu soustrait aux lois du lieu : le sujet. aussi Carl Schmidt et son « décisionnisme ». À supposer qu’on assume ces critiques. Cf. Ce que je veux = ce que je désire . La catégorie de volonté exige en effet une compréhension scindée du sujet entre la part qui relève de la nécessité et la part qui relève de la volonté. de l’époque où il y a une physique rationnelle déterministe. C’est au regard de cet idéal mécaniste que surgit « volonté » comme désignation de l’espace de la liberté possible du lieu du libre arbitre. Autre manière : puisque la nécessité est la loi de l’extériorité. Cela fait de la volonté une catégorie du nihilisme. D’où le concept kantien d’autonomie… Cette longue histoire de la volonté commence par une valorisation du volontaire : cf. « volonté » est un concept normatif positif. Cette construction repose sur une hypothèse métaphysique de type dualiste — je / univers —. Sartre mais pas seulement : la volonté n’est pas l’indicateur de la liberté. Il faut bien alors une communication entre intérieur et extérieur. comme figure d’intériorité. c’est-à-dire de la liberté pensée comme puissance (voir « Le triomphe de la volonté » de Riefenstahl). l’histoire de la volonté serait l’histoire de son déchaînement. du sujet). Ceci ouvre une histoire de la catégorie de volonté. c’est le règne de la nécessité. et alors il n’existe pas de raccordement à l’être… Mais ce n’est pas la seule critique de la volonté. catégorie qui n’est pas que philosophique. Donc l’histoire de la volonté s’achève par un double procès : politique et psychologique. D’où progressivement une théorie de la conscience : la conscience comme débat avec elle-même de ses propres fins. je ne suis pas astreint à commencer quoi que ce soit. sa scission du moi. Heidegger. aujourd’hui réhabilitation massive de la passivité ! On est dans une époque historique post-volonté. jusqu’à Kant inclus. il y a une dépréciation de la volonté au XX° siècle en même temps qu’en existe un usage hyperbolique : la volonté comme figure radicale de la puissance. Or vouloir = commencer. La polarité intérieur / extérieur est plus profonde que celle entre pensée et étendue. Cf. l’époque de la psychologie comme celle de la scission du sujet… La deuxième dépréciation de la volonté va soutenir que cette scission est en elle-même un montage indéfendable et va tenter de mettre fin à la psychologie. Il s’agit ici de jalonner cette histoire. du nihilisme de la puissance : la puissance comme puissance ne veut rien d’autre que la puissance . « mais ne me demandez pas de commencer quoi que ce soit ! ». Il y a une positivation. Cf. l’âme. car le lieu. soustrait.« Volonté » ne surgit pas d’abord comme une faculté. Il faut donc un lieu retranché. Cf. d’où une modalisation de la volonté. l’espace intérieur d’une délibération.

le lieu de ce conflit. c’est la modalité de la liberté. la volonté est libre. Ce dont la psychologie ne rend pas compte. la volonté est ce qui atteste qu’il y a liberté et non pas un mode de la liberté. non l’inverse. la volonté en l’homme égale la volonté en Dieu. Cf. devient la question. c’est sa propre existence. le deuxième argument de Sartre : la liberté est constituée aussi bien des passions que des actes volontaires . Il lui faut expliquer l’acte volontaire comme illusion classique. la scène elle-même. « Existence » nomme une autre figure que l’être. « La condition première de l’action. la catégorie de volonté est mise à l’épreuve de la psychanalyse Chez Freud. 485) : la discussion assume l’opposition liberté-déterminisme. donc. « liberté » est ce à partir de quoi on peut élucider la scission elle-même. Sinon. La scène subjective. c’est aussi la liberté de ma passivité. La preuve : y compris en Dieu. C’est dans cette section que se situe la déconstruction de la catégorie de volonté. du conflit. Il faut expliquer le deux alors qu’il était l’expliquant. Intervient ici la réflexivité. Et cette unité. la quatrième partie de L’être et le néant. Ce texte. Le deux. — sortir le concept du dispositif et produire une autre catégorie de volonté. dans les passions. Il renverse la problématique : il s’agit désormais d’expliquer pourquoi il y a l’opposition volonté/passions au regard de l’unité de la liberté. Les arguments de Sartre L’argument fondamental : il est impossible dans ce dispositif de penser l’unité du sujet. la volonté est une des figures de la liberté. c’est la liberté ! Pour Sartre. il existe deux types de critique : — assumer la localisation et montrer que le dispositif n’est pas capable de ce dont il se dit capable. Il faut défaire l’équation « acte libre = acte volontaire ». pour Descartes. Pour Sartre. « Liberté » nomme l’existence pure du lieu. Il y a tout autant de liberté dans les passions que dans la volonté. Sartre ne déplace donc pas le concept de volonté ! Deuxième conséquence (cf. . La psychologie vient du théâtre. c’est la liberté » 5[5]. • Pour Sartre. Dans Sartre. Quel est l’enjeu du commandement ? C’est-à-dire comment je fais avec la loi ? La volonté est un malaise de l’Un car il y a alors un régime de l’exception intérieure à ce que je suis. de réponse. Première conséquence : « volonté » sera pris dans le contexte du montage classique.Sartre Pour Sartre. Le théâtre est le transcendantal de la psychologie. 508 . La liberté. Cf. achève un cycle si le montage classique construit la possibilité du repérage de la liberté par la catégorie de volonté. Cf. c’est que ça veut ! ». p. il n’y a pas de plus de liberté dans la volonté que dans la passivité. c’est entièrement délié. D’où un déplacement vers l’origine de la loi. la volonté entraîne la liberté : cf. Cf. • Pour les classiques. Il est impossible que « série de faits déterminés les uns par les autres » et « spontanéité se déterminant à être » coexistent. l’unité psychique doit être axiomatiquement déclarée. Le théâtre est sa constitution transcendantale. Sartre opère une saturation critique car il reste dans l’espace classique. « Existence » et la même chose que « liberté » pour Sartre. Cf. La volonté. la liberté entraîne la volonté. de penser une conscience comme juxtaposition d’une détermination et d’une spontanéité. Dans le montage classique. l’acte volontaire a une existence indubitable. Sartre déthéâtralise la psychologie car il y a reconnaissance axiomatique de l’unité de la conscience. La psychologie ne peut expliquer l’être de la psychologie. il y a toujours eu un malaise de l’unité subjective. c’est le conflit des facultés. Il ruine la psychologie comme psychologie d’un conflit des facultés. non son indicateur . Il va donc falloir une théorie particulière de l’acte libre comme acte volontaire. il y a l’instance du Sur-Moi : « quand je veux. « La liberté n’est rien d’autre que l’existence de notre volonté et de nos passions ». Derrière le mot « volonté ». Pourquoi ? 5[5] p. c’est un de ses modes possibles.

Il y a donc bien des actes volontaires qui se distinguent par leur modalité. Son repérage 2. Sartre opère de l’intérieur de connexions maintenues. « la manière d’atteindre la fin déjà posée » […] « non pas décider quelle fin atteindre ». alors le caractère volontaire de l’acte est une illusion si l’on admet que ce caractère volontaire ferait la liberté. Usage classique de la catégorie : 1. Son statut métaphysique ou le destin d’être de la catégorie de volonté. Cette dimension morale connaîtra son apogée chez Kant. la mécanisation entraîne la physique moderne). Cf. Toute réflexivité est après-coup. le nouvel humanisme. Soit l’illusion de croire qu’une représentation peut avoir une puissance causale. Cette construction classique est loin d’être exclusivement philosophique : cf. il y a par contre irréflexivité. « volonté » est exemplairement une construction du classicisme français du XVII° siècle appropriée aux mutations de la science. La réflexivité est une opérateur d’illusion pour Sartre. La volonté est une modalité réflexive de la décision et non pas le choix de la fin. la méprise car je ne me rapporte pas à la fin de l’acte de la même manière. « Rien n’est absolument bon qu’une volonté bonne ». Cf. Mais est-il vrai que la volonté est réflexive ? Oui si on est dans la psychologie classique : un acte volontaire est alors un acte qui examine sa maxime. dans la liberté. je m’imagine que c’est par le biais de cette réflexivité que je l’ai décidée. je me rapporte à la fin de manière réfléchie. de réflexivité au présent. Dans un acte volontaire. pour Descartes : la volonté est essentiellement infinie là où la faculté de connaissance est finie. On la définit par différence d’avec d’autres facultés. Car la volonté est ici une représentation. Il n’y a pas. Un sujet ne peut plus être une figure d’intégration vivante dans un cosmos harmonieux (comme il l’était pour les Grecs) . Parmi les nouveaux opérateurs pour construire le concept d’homme. la volonté intervient comme un identificateur subjectif. En fait il s’agit chez Sartre d’une tentative désespérée. il y a une inhumanité du monde naturel (cf. p. dans la catégorie de volonté. Sartre est le dernier des grands psychologues. Tentative désespérée car trop interne à ce qu’elle critique. Cf. je me représente la fin. Là est l’illusion : cette représentation de la fin n’est possible que parce que je l’ai déjà décidée ! Cf. 13 MARS 2003 Existe-t-il un usage non classique de la notion de volonté ? En effet. la volonté. 1) Repérage La catégorie de volonté est repérable à la fois comme catégorie psychologique et comme catégorie morale. héroïque donc. La réflexivité dispose les choses comme si j’étais en train de décider alors que j’ai déjà décidé.Si l’acte volontaire n’est pas plus libre que l’acte passionnel (tout acte humain est libre). Ainsi. « Volonté » était une catégorie nécessaire pour identifier ce qu’est un sujet dans un monde post- galiléen. • Catégorie psychologique ? car la volonté est une faculté de l’esprit parmi d’autres. Deleuze… La réflexivité n’est pas ce qui donne clarté à la décision. Dans un acte passif. convergeaient différentes procédures intellectuelles. Elle intervient à la jointure des deux. c’est l’ange de mon acte. le théâtre. Sa problématique pratique 3. Et je prends cette annonciation pour une décision. Bergson. La réflexivité est l’instrument d’une lucidité supérieure pour les classiques. Mais il n’y a pas de sortie ! IV. Elle est toujours dans l’après-coup de ce qu’elle représente. Descartes et sa corrélation de la volonté et de la liberté. Cf. 527 : la volonté comme annonciation . Parce que je me représente la fin. La volonté n’est plus la cause de l’acte mais l’effet de l’acte ! D’où la question de la puissance d’illusion de la réflexivité. La volonté m’annonce cette fin que je poursuis dans mon acte. . • Catégorie morale ? Cf.

Cf. une scission entre immédiat et médiat . quand quelque chose se présente comme un vouloir. critique de la métaphysique 1. c’est la part propre du Moi. lui aussi. Il y a une dimension ontologique de la liberté (l’être du néant) qui se subordonne toute localisation : “quand je veux quelque chose. la liberté est inconditionnée ou n’est pas. qui refuse le dualisme. la liberté. Cf. Pour Sartre. Il y a dans le motif de la décision libre quelque chose qui n’est pas localisable dans une faculté. dans le psychologique. La part propre du Moi se trouve ultimement concentrée par la décision volontaire. c’est l’immédiat de l’existence. Cf. Il y a donc une réciprocité entre volonté et liberté : la volonté. le choix libre est toujours quelque chose de plus radical que ne peut l’être une faculté. La volonté désigne alors ce qui du Moi n’est pas approprié au monde. Ceci va entraîner que la volonté. . Il existe trois grandes critiques de cette conception classique de la volonté : 1. qu’elle aurait alors des conditions de construction. c’est l’être du sujet par scission du Moi lui-même (et pas simplement par séparation du monde). c’est une localisation de la liberté comme faculté . la volonté est ainsi la preuve par l’absurde du lien ! La catégorie de volonté s’inscrit donc dans l’espace d’une ontologie dualiste. C’est l’opérateur qui sépare et donc identifie. Les autres facultés n’attestent pas la séparation (par rapport à la détermination) du Moi dans le monde. c’et la liberté comme faculté de l’âme. Il existe ici une métaphysique dualiste (ontologique) dernière : cf. c’est l’être-là de la liberté . la volonté est séparée des autres facultés . d’où que la volonté est une production factice : les facultés sont toutes médiates. c’est l’exercice localisé. c’est le propre du Moi dans le Moi. et il y a le dispositif psychologique des facultés. la volonté est une fiction. non comme détermination abstraite. Pour lui. et le prisonnier à la veille de mourir est le plus libre ! Or pour Sartre. critique de la moralité 3. Et si la liberté était constructible ? Et s’il y avait des conditions de liberté ? Ainsi en France on n’a jamais été aussi libre que sous l’Occupation. Critique de la conception classique Derrida me déclarait que le concept de volonté est celui dont il a le moins usage. Cette critique est-elle dévastatrice ? Sartre suppose qu’il y a une immédiateté ontologique de la volonté : la volonté. ainsi la déconstruction de la métaphysique entraîne celle du concept de volonté. refuse cette catégorie. Ainsi le vouloir n’est pas le lieu mais la présentation même. il n’existe pas de combat pour la liberté. la volonté appartient à l’imaginaire . le roman au XIX° s’interroge sur : quel est le propre du sujet ? La part irréductible du Moi est traquée par recensement des déterminations. la volonté. Il admet. article 41 des Passions de l’âme de Descartes : « La volonté est tellement libre de nature qu’elle ne peut jamais être contrainte ». la volonté. 2) Problématique pratique Cf. quel usage descriptif et concret de cette catégorie ? Tout se joue ici dans la corrélation entre volonté et liberté. du monde. la fonction métaphysique de ce concept . Cf. La volonté. Pour lui. Sartre contourne en fait l’hypothèse que la liberté elle-même serait une construction et non pas l’immédiat subjectif. Pour lui. c’est ce qui identifie un sujet car elle est ce qui sépare le Moi de la détermination extérieure. en fait je l’ai déjà décidé”. critique de la psychologie 2. Critique de la volonté comme catégorie psychologique (Sartre) Cette critique est celle de Sartre. 3) Statut métaphysique La volonté. n’est pas libre. la désappropriation du monde quand pour les déterministes. La liberté est pour lui la condition de tout combat. Spinoza. la praticabilité de la liberté. si elle est sous conditions. la volonté. Mais on peut résister à cette thèse : l’opposition d’une détermination intégrale et d’une liberté absolue est un proto-dualisme de Sartre.

L’angoisse est le signe de la réquisition du vouloir. la critique du possible par Bergson ou Deleuze. c’est qu’il y a un régime univoque de la vie. Nietzsche va proposer une autre volonté. c’est donc tenir la liberté pour une construction. d’une répétition qui n’a pas « été crée par le sujet (qui n’est donc pas une souveraineté). notre époque est plutôt spinoziste : un spectre hante la métaphysique : Spinoza ! On est des héritiers de Spinoza : « Spinoza est le Christ de la philosophie » (Deleuze). « Volonté ». par contre. La volonté morale. en règle générale. Il va scinder la volonté et poser qu’il y a la volonté pour la puissance. c’est ce qui prétend faire comparaître la vie devant le tribunal de l’évaluation. le sujet convoqué involontairement. Et s’il n’y a pas doctrine du possible. Ainsi pour Bergson. la volonté localiserait la vie dans l’espace des valeurs : avoir la vie est ce par quoi il y a des valeurs. d’où l’angoisse. il y a la détermination . que signifie le vouloir ? Vous ne pouvez alors vouloir que ce qu’il y a. ne peut-on admettre des interruptions dans les séries répétitives ? On n’admettra alors pas des dualismes globaux mais des lacunes locales. alors il n’existe pas de possible ! « Volonté » est alors à reconstruire non comme ce qui traite du choix du possible mais de l’affirmation du possible : ce qui affirme la possibilité du possible. c’est ce qui se passe lorsque l’involontaire est lacunaire. cette expérience de la volonté comme réquisition. il y a la répétition. Cela laisse de côté qu’il y ait une pure neutralité du vivant. le sujet convoqué comme maillon manquant. c’est ce à partir de quoi il y a valeur. Critique de la volonté comme catégorie morale (Nietzsche) C’est la critique nietzschéenne (cf. Ce qu’il s’agit de culpabiliser selon Nietzsche. en règle générale. Là aussi il y a critique de l’étroitesse de la localisation : la volonté morale.La critique de Sartre (et d’autres) est qu’il n’est pas vrai que la liberté puisse se localiser dans une opération particulière. Généalogie de la morale). « Volonté ». D’accord : il n’y a pas de dualisme métaphysique . Il annonce en effet que désormais l’incarnation est radicale . c’est un type d’être réactif. « Volonté » pourrait alors nommer l’artifice d’un enchaînement non enchaîné . 3. D’où qu’il n’y a pas alors de doctrine praticale du possible : cf. « volonté » pourrait nommer le sujet au point d’une coupure de la répétition. La volonté se prononce alors sur la possibilité du possible . 2. Pour Nietzsche. Ainsi l’axiome majeur de cette univocité est : « la vie est inévaluable ». En ce sens. Cela suppose que ce qui est inévaluable. • • l’affirmation de la vie comme puissance (Nietzsche). La catégorie de volonté apparaît ici comme une localisation insuffisante de l’affirmation ontologique majeure : • • la liberté (Sartre). la volonté d’imposer la culpabilité. qu’il y a l’affirmation intégrale de la vie. Cf. Le présupposé de cette critique. Critique de la métaphysique du dualisme • Cette critique existe dès Spinoza. que le vivant ne soit pas puissance affirmative. c’est alors le sujet convoqué à la césure. Sortir de cette critique. Elle exprime un ressentiment. La volonté pour Nietzsche est évaluante (créatrice de valeurs) et pas évaluée. La volonté morale. c’est une localisation d’un type d’être anti-affirmation. Il n’existe pas de régimes distincts de l’être . le possible n’est que le nom de baptême rétroactif du réel. c’est l’affirmation : la volonté. est une mutilation de l’affirmation. Cependant. la volonté n’est pas une localisation séparée de l’instance de l’Esprit. « la valeur de la vie ne peut pas être évaluée » : la valeur de l’affirmation ne peut pas être évaluée car elle est l’évaluation elle-même. elle est une faculté non pas sélective mais constituante. qu’il y a une unité originaire de l’affirmation. tenir que la liberté est médiate. Mais on peut maintenir qu’il y a une question de la possibilité du possible : s’il y a l’unité de la substance (Spinoza) ou l’unité de l’élan vital (Bergson). Pour Nietzsche. c’est l’angoisse de la lacune : on ne peut plus faire confiance à . Le possible supposerait en effet une potentielle division de l’unité affirmative de la vie. Le vrai vouloir pour lui ne s’installe pas dans la mutilation de l’affirmation. on ne peut être dans l’élément de la séparation. La conception classique de la volonté s’avère ainsi trop étroite au regard du dynamisme vital car déjà normée.

D’où le concept de la volonté impure. On en retiendra que la présupposition ontologique de la volonté ne peut pas être celle de l’un. D’habitude. Pour la psychanalyse. est liberté. La volonté resterait articulée au symptôme. pour lui. non le 3. Or. c’est la triplicité. Ce serait une volonté symptomale qui resterait distincte de l’involontaire. alors vouloir. Mais attention : il n’y a pas de dualisme dans la psychanalyse . Il existerait ainsi des actes volontaires mais pas transparents à eux-mêmes. Deuxième propriété La volonté serait liée. il s’agit de se faire être soi-même comme possibilité nouvelle. non à la sélection des possibles. mais à une instauration d’un possible. car le terme surnuméraire assure la pensée récollective du mouvement triple. La conception classique. Il s’agit donc d’échapper à l’unité du sujet et à la dualité métaphysique. mais la réalité. la volonté n’est qu’un discours. Au point d’un vouloir. Ceci est une réponse à la critique psychanalytique de la volonté. c’est le 4. Ainsi l’ontologie du sujet ne peut être celle de l’un (l’un du sujet…). c’est passer là où ça ne passe pas. on peut cependant identifier le sujet à une ontologie du multiple et non plus de l’un. c’est le propre du Moi contre son impropriété qui est son appropriation au monde. . c’est la volonté comme forme de l’acte. Elle ne traiterait pas essentiellement de la réalisation d’un possible mais de la possibilité d’un possible. si dans la conception classique de la volonté. il y a toujours du trois : cf. la volonté serait une instance de cette complexité sans qu’on exige d’elle qu’elle soit transparente. La volonté. On ne peut donc souhaiter à personne d’être convoqué au point de vouloir Si on admet qu’il peut y avoir de la lacune dans les séries répétitives. Programme possible d’une volonté impure en 4 propriétés Première propriété La volonté serait liée à une doctrine constructive de la liberté et non pas ontologique : l’être libre est sous conditions. c’est ce qu’il y a de plus subjectif dans le sujet. c’est un mode d’expression. l’identifier alors dans une complexité du sujet. soit on est intégralement libre. soit on est intégralement déterministe. • Deuxième critique : il y a une unité ontologique de la conscience. Elle aurait donc affaire à l’impossible : la volonté aurait quelque chose de réel et pas de formel. La volonté serait une composante d’une complexité : on n’exigera plus qu’elle soit transparente à elle-même. la volonté est une catégorie de la conscience . On n’est pas en effet acculé au choix entre l’un ou le deux ! • Voir ainsi chez Lacan l’hésitation entre le trois (RSI : Réel / symbolique / Imaginaire) et le quatre (RSI + son nouage…). on est dans la sélection des possibles. un camouflage mondain. Sartre soutient ainsi une unité : il n’y a pas pour lui d’arène fictive pour cette scission. Ceci impose d’accepter que le sujet est complexe. Or la volonté. Cf. les déterminations du monde ne nous portent plus . c’est décider une possibilité inexistante. c’est toujours une théorie de la scission subjective. S’il y a une complexité structurale. Proust : la volonté comme masque d’une détermination . la Préface à la Phénoménologie de l’Esprit et la fin de la Logique : l’apparence dialectique. Ici la volonté serait réelle : en proie à l’impossible. n’est pas forcément transparente ou intégralement délibérative. en effet. Cf. c’est créer une possibilité et non pas choisir. • Voir de même chez Hegel : l’objectif est de penser l’Absolu comme sujet.l’involontaire. il va donc falloir vouloir c’est-à-dire faire être une possibilité. elle peut dissimuler du désir inconscient. conscient / inconscient / préconscient. Autant dire que le sujet.

« Vouloir » n’est donc qu’une forme parmi d’autres d’une liberté. — La liberté civile est l’exercice de la volonté générale. qu’ils soient « volontaires » ou involontaires… Être libre n’est pas essentiellement vouloir. aux discontinuités avec l’existence naturelle. Donc de « vouloirs » : un vouloir. Question : volonté & politique Ce système de conditions ne fait-il pas qu’un espace naturel de la catégorie de volonté serait la politique ? Ce ne serait cependant pas le seul espace pour la volonté : cf. Mais il est vrai qu’il n’y a pas de politique sans volonté : la politique est subordonnée à une volonté. il a toujours fallu accepter qu’il le soit. BILAN (SEPTEMBRE 2003) • Parler de « vouloir » plutôt que de « volonté » (faculté…). complexité immédiate du collectif ! Il y a donc bien une destination particulière à la politique de la catégorie de volonté. La volonté pourrait être le vecteur du désir sans que ce soit une catégorie vaine. Cf. Elle est moderne en ce sens. Donc chez Rousseau : — Aucune psychologie collective — La volonté n’est pas une catégorie morale (disant le Bien). et un autre. • • Articulation complexe : le vouloir politique est impur . Cf. Ainsi. Quatrième propriété La volonté serait sur fond de complexité subjective et ne serait pas nécessairement transparente à elle- même. La politique est confrontée à une liberté réelle et pas formelle. La complexité de cette volonté générale se donne chez Rousseau dans le vote. La politique est confrontée à un point d’impossible. à faire du corps du sujet la nouvelle connexion. à des points d’interruption de la répétition qu’elle ne déciderait pas. ce n’est pas pur. les paradoxes de la politique de Rousseau : « J’aime mieux être un homme à paradoxes qu’être un homme à préjugés ». crée la politique. et un autre… • Desceller le « vouloir » de cette décision qui intervient après une délibération. il existe bien une volonté amoureuse. — La volonté est une décision sur le possible (voir Le Contrat social…) — La volonté touche aux interruptions . L’impureté du vouloir ne le destitue pas comme activité singulière mais il y a une rareté du vouloir : il existe pour cela des conditions. — La volonté institue la politique. Il y aurait toujours plus en elle que ce qui est immédiatement représentable. Il peut y avoir en effet collage d’un désir à une volonté sans que pour autant la volonté soit le désir. Cf. Ainsi : • • Pas de politique sans que la liberté soit construite. Délier donc le « vouloir » de volonté. un relevé du « pour » et du « contre ». . Ceci est présent dès Rousseau sous le terme de « volonté générale » : l’existence d’une volonté générale est la condition de la politique. • Desceller de même le vouloir de la liberté : être libre. Il aurait toujours un surplus. Troisième propriété La volonté serait liée à des points de lacune des séries déterminées. • • Il faut être convoqué à une interruption. c’est se tenir pour responsable de ses actes (et dires). à réorienter ainsi la répétition. un examen des motifs et mobiles. un reste inaltéré. ce n’est pas routinier. la volonté. Vouloir n’est pas à proprement parler trancher un indécidable. tout sujet est un corps. décision et liberté. Elle aurait à faire être le sujet dans l’interruption.

Cette nouvelle « connexion ». logique mais dépend de conditions « ontologiques ». donc à un point d’impossible. Ce n’est pas une possibilité permanente. Il s’agit de commencer en ce point autre chose. c’est forcer un point d’impossible pour le rendre possible. Vouloir.— Le vouloir est conditionné. — Vouloir. Il y a un « ici et maintenant » pour chaque vouloir. perpétuellement disponible et convocable à la demande (cf. N’étant pas sélection parmi des possibles disposés et offerts mais étant réquisition au point où un réel prend forme d’interruption (en sorte d’instaurer un nouveau possible). — Vouloir implique d’engager son corps. qui est plutôt la fidélité). c’est engager en un point d’impossible « son » corps comme nouvelle connexion au point même d’interruption. Vouloir. c’est commencer quelque chose (plutôt que continuer. — Un vouloir est une assignation à un point de réel. c’est vouloir rendre possible un impossible. vouloir va avec angoisse. apparu . — Vouloir est requis en un point d’angoisse. n’est pas « du même type » que celle qui manque : il ne s’agit pas de répéter ce qui a cessé de répéter. ce n’est pas une faculté). bien sûr. Forcer un point d’impossible se fait en y engageant son corps. Le vouloir n’est donc pas une capacité formelle. –––––– . Il y a des conditions pour vouloir. Vouloir. c’est toujours vouloir un impossible donné. le corps du sujet. non pas inconditionné.