Vous êtes sur la page 1sur 8

CERCLE SWEDENBORG

.14, Sentier des Theux


92190 MEUDON-BELLEVUE
'l'el: 626 20-68
C.C.P : 7338-57 PARIS

C E N TAN S D E
+++++++ +++++ +++

S W EDE N BOR GIS M E FRA N ç AIS


+++++++++++++++++++++++++++ +++++++++++++++

Par Monsieur K.E SJODEN

++++++++++++++++++++++++

Conférence donnée à la
SALLE ALESIA CHATILLON
Le 7 décembre 1974
CONSTITUTION DU FONDS DES MANUSCRITS INTERESSANT L'HISTOIRE DE LA
NOUVELLE EGLISE DE FRANCE.
Dans la 10è livraison de "La Nouvelle Jérusalem" revue religieus~ ~t
scientifique, fondée par Jacques-François-Etienne LE BOYS DES GUAYS •. en
Mars 1838, pour renforcer la création d'une société de Novi-Jérusalemites
à St Amand (Cher) en Novemb12e 1637 et pour servir de lien de liaison entre
les adeptes de la religion de la Nouvelle Eglise, révélée dans l'oeuvre
d'Emmanuel SWENDENBORG, à la traduction de laquelle LE BOYS DES GUAYS
devait consacrer une grande partie de sa vie, nous trouvons cette NOTA
"Il serait important de recueillir avec soin, et dès ce moment, tout ce
qui peut être propre à faire connaître les divers efforts qui ont été
faits, tant à l'étranger qu'en France, pour arriver à l'établissement
de la Nouvelle Eglise.
Il existe, sans aucun doute, peaucoup de matériaux précieux
laissés par des hommes qui, pénétrés des divines vérités, mais convaincus
que le temps de le$ répandre n'était pas encore arrivé, ont travaillé
dans le silence ou entourés d'w1 petit cercle d'amis; leurs pensées,
leurs vues, leurs moyens d'action, pour un temps plus propice, ont pu
aussi être consignés dans leur correspondance. Que rien de ce qui peut
intéresser la Nouvelle Eglise ne soit perdu par notre négligence;
empressons-nous de mettre le plus tet possible à l'abri de la destruc­
tion tout ce que nous pourrons découvrir. Que les plus âgés rappellent
leurs souvenirs; que les jeunes s~ivr~nt à de laborieuses recherches.
De notre côté, nous consacrerons une partie delà Revue, qUl pourra
être considérée comme section retrospective , pour consigner les pièces
qui nous seront adressées, en ayant toutefois égard à leur degré d'im­
portance et à l'opportunité de leur publication."
Cet appel, qui fut largement entendu, constitue le commencement d'un
fonds extrêmement riche nous permettant de retracer, souvent dans les
moindres détails, l'histoire de la Nouvelle Eglise en France, entre 1819 et
1916.
J.F.E. LE BOYS DES GUAYS, CONSERVATEUR ET CREATEUR DU FONDS DES MANUSCRITS
NOVI-JERUSALEMITES.
LE BOYS DES GUAYS, traducteur français de l'Q~vre de SWEDENBORG,
fondateur de la communauté novi-jérusalémite de St Amand et de la Revue
citée, était un fiqèle conservateur de l'héritage swedenborgien, du moins
dans la mesure où celui-ci n'avait pas été adultéré par des notes de magné­
tisme, de somnambulisme, de spiritisme etc ...• ~e qui était souvent le cas
avant l'apparation de LE BOYS DES GUAYS sur la scène du swedenborgisme
français.
Bien qu'éyant lui-même dirigé des séances avec un jeune somnambule
vivant sous son toit, LE BOYS DES GUAYS, "converti" à la àoctrine de la
Nouvelle Jérusalem, en 1834, à l'occasion d'un séjour à Paris, au cours
duquel un ami Templier lui prêta un volume de SWEDENBORG, comprit très
vite l'importance de dQssocier cette doctrine de toutes pratiques du genr~
cité et consacra beaucoup de temps à cette tâche tout en gardant dans sa
vie privée un certain faible' pour les guérisons par l'imposition des
mains etc •••
. .. / ...

·.. / .... - 2 ­

De nombreuse~· pièces, confiées à LE BOYS DES GUAYS, par les· lecteurs àe la


Revue n'étaient donc pas publiables mais le rédacteur en chef les conserva,
néanmoins, soigneusement jusqu'à sa mort survenue subitement en 1864.
A cette époque, le fonds s'était enrichi considérablement grâce aux
copies des lettres que prenait LE BOYS DES GUAYS et aux originaux provenant
de ces nombreux correspondants, en France, mùis surtout à l'étranger. Car,
très tôt, LE BOYS DES GUAYS avait su s'imposer comme l'interlocuteur
français de la S~'>lEDENBORG SOC IETY à Londres, de la NE'·v CHURCH l'1AGAS INE, à
Boston, (revu.e dans laquelle il publiait €les compte-rendus périodiques. de
l'activité de la Nouvell~ Eglise, en France; du célèbre traducteur allemand
de SWEDENBORG: Imanuel TAFEL, pour ne citer que trois noms parmi tant
d'autres. LE BOYS DES GUEYS avait évidemment aussi ses correspondants
français: l'infatigable M. HARTEL, ~ Paris, décédé dès 1848 et remplacé
alors par Auguste HARLE, le mystérieux Monsieur DIEUDONNE qui, après sa
mort, se révéla être le Comte ~ de IJAS CASES léguant une partie de sa
r ;ortune à LE BOYS DES GUAYS pour la publication de ses traductions de
.:i\1EDENBORG. ~

L'esprit conservateur de LE BOYS DES GUAYS nous permet a i d~ conserver


de nombreux précieux documents l es estlnataires de la Revue plan
du Temple projeté à St Amand, statuts de la Société de la Nouvelle Eglise
à Paris etc ••• La pièce 1r. plus émouvante en est sans doute l'acte établi
à l'occasion de la pose de ~remière pierre du Temple de la Nouvelle Eglise
à St Amand, le 20 Mars 1840 et signé par les quinze membres présents à cette
occasion solennelle. Ils ne se doutaient pas qu'ils venaient aussi de poser
la dernière pierre de leur Temple.
Edmond CHEVRIER, AUTEUR DE L'HISTOIRE SOMMAIRE DE LA NOUVELLE EGLISE
CHRETIENNE FO~IDEE SUR LES DOCTRINES DE SWEDENBORG.
Après la mort de LE BOYS DES GUAYS, son épouse confia le' fonds des
documents sur la Nouvelle Eglise à Edmond CHEVRIER, l'mn des meilleurs amis
de LE BOYS et, sans doute, le plus qualifié pour continuer l'oeuvre de
conservateur de ce fonds.

CHEVRIER, anèien étudiant en médeci~e'vi~~nt à(iourg ~~~ é~ait en


correspondance avec LE BOYS DES GUAYS depuls 17 ans et e connalssalt
personnellement depuis 1847. Il devait utiliser les documents du fonds pour
publier, en 1879 l'Histoire sommaire de la Nouvelle Eglise ••• par un Ami
de la Nouvelle Eglise.
CHEVRIER consacrait tout son temps à étudier et à écrire des ouvrages.
Son oeuvre, très abondante, enrichit à son tour le fonds, ainsi qu'ulté­
rieurement la correspondance de sa femme "Albal!, toute aussi dévouée à la-~
cause de la Nouvelle Eglise .que son mari.
Mais ce couple ne s'entendait pas bien avec les membres de la Nouvelle
Eglise à P - is notamment avec l'avocat Charles HUMANN et so~use,
d'origine américain, qui venaient <ITouvrlr 0ffmcielD2JTIent le emple de la
rue Thouln ou la Société Française de la Nouvelle Eglise célébrait son
culte. Il y eut JUSqu'à 200 personnes pour y assister le Dimanche matin,
dont la moitié recevait la,cOrnmunion selon la liturgie de la Nouvelle
Eglise.
.../ ... -:-. 3 ­

Les CHEVRIE1~ n'appTéciant pas les activités de ce Temple et agissant


parallèlement, à l'aide notamment du Baron HILLET, pour la publication
des oeuvres de SHEDENBORG, finirent par rompre complètement d'avec la
i:üuve Ile Eglise de la Rue Thouin pour entrer dans une des paroisses de la
Conférence de Londres. -­
---------
Edmond CHEVRIER pensait confier les documents aux Etats Unis mais
finalement, après sa mort, Mme CHEVRIER les déposa à la SWEDENBORG SOCIETY
à Londres. Celle-ci les accepta avec plaisir mais n'ayant personne capable
de les dépouiller (l'écriture de CHEVRIER est assez peu lisible même pour
quelqu'un connaissant- parfaitement le français), le bibliothécaire les
laissa dans des car~ons dans un coin des archives blindées de la Bloomsbury
'\'lay.
DECOUVERTE DU FONDS CHEVRIER en 1965.
Lors de la soutenance de ma thèse pour le doctorat de l'Université de
Strasbourg, un membre du jury, H. Jean GAULHIER, actuellement professeur~
littérature française à la Sorbonne, me suggérait d'entreprendre, par la
suite, une thèse sur llSltlEDENBORG en France". H. GAULMIER, sans le savoir,
ne faisait là que répéter ce que m'avalt déjà proposé bien auparavant
mon Directeur de thèse, M. Jacques ROOS, professeur de littérature comparée
à l'Université de Strasbourg. Ainsi encouragé, j'ai pu, en 1961, comme
attaché de recherche au CNRS;, commencer les études de l'histoire du
swendenborgisme français. ~

A la fois, HH. ROOS et GAULMIER, ainsi que mes "parrains" successifs au


CNRS: MM. Jean POMMIER, Jean RODIER et Jean FABRE, m'avaient souligné-que
la meilleure façon de ~onstituer une documentation pour cette thèse serait
de découvrir les archives de St Am~nd, disparues depuis de nombreuses
années. Selon M. GAULMIER, ces documents pourraient se trouver à LAUSANNE,
sous la garde du Révérend Alfred REGAMEY.
Je me suis rendu auprès de M. REGAMEY qui, en une semaine, m'a appris plu~
sur l'Histoire de la Nouvelle Eglise que je n'avais assimilé au cours d'un
an dans les bibliothèques publiques et universitaires, me permettant de
faire, au cours de l'été 1962, une communication sur "BALZAC et S\1EDENB~1l
au Collège de France, à l'occasion du Xlvè Congrès de l'Association des
Etudes Françaises. Mais le fonds de st Amand ne se trouvait pas à Lau­
sanne.
D'après le Révérend REGAHEY, il aurait pu ne jamais quitter le Cher. Je
suis donc remonté aux sources mêmes de la Nouvelle Eglise en France.
Cependant, St Amand n'avait plus rien à offrir à un chercheur s'intéressant
à la communàüte dé LE BOYS DES GUAYS, sinon des manuscrits jalosew~nt gar0~
par M. Gaston IMBAULT, collectionneur chevronné de documents authentlque~
de la ~ume de George. SAND, de Michel de BOURGES, de BALZAC et de bien
d'autres écrivains de l'époque romantique.
J'ai d'ailleurs eu le plaisir de redécouvrir, aux Archives départemen­
tales de BOURGES, trois lettres manuscrites de G~e SAND. M. André-Jean
BerIEI'ê Vlent de les publier dans le numéro 2/1973 des CAHIERS DE L' HOMME
ESPRIT, très joliment illustré d'ailleurs. Personnellement, nous avons
l'intention de les présenter dans leur contexte, c'est à dire avec les
lettres de LE BOYS DES GUAYS à George SAND, qui figurent dans le cahier où
LE BOYS copiait toute sa correspondill1ce de quelque im ortance. -~

.. / ...

..

. ,. .1. · · - 4 .­

Elles paraîtront aussi, bien entendu, dans la CODrespondance de George


SAND, éditée par Georges LUBIN, puisque nous lui avons corrununiqué ces textes
dès leur découverte en 1963.
Mais le fonds de St-Amand existait donc ailleurs ou, peut-~tre, étai~~il
perdu pour toujours. C'est du moins ce que nous disait Paul FLON, l'0xcel-­
lent Président de la Société Française de la Nouvelle Eglise. Selon Paul
FLON, ces archives auraient été consignées dans des caisses conservées
Sentier des Theux à BELLEVUE, dans la grande villa oü habite actuellement
le Pasteur BRULEY.
Pendant la guerre de 1940, cette maison avait été réquisitionnée par
l'armée allemande qui, toujours selon Paul FLON, aurd1f=Jiriilê q'fIëTqùes_unes
de/s ~alsses de livres et de documen'ts appartenant à la Nouvelle Eglise 0

.
Cette verSlon me sembl alt
. trop trlste
. pour /"Rouvoi 1"
etre vrale.
et, al. d'e f'lnanClere­
.,
ment par l'Académie Royale des Sciences de Suède, je me suis rendu à Londres
l"')urexploi ter les trésors de la S\llEDENBORG SOCIETY.
Mais, ainsi que je l'ai déjà raconté, le. fonds de St Amand avaient été
relégué dans un coin obscur r des archives de Cette Société et ce ne fut
qu'au bout de deux ans et de visites répétées '. i - e de la
S~EDENBORG SOCIETY qu en , grace a la perspicacité du président de
l'époque de la Société, notre grand ami Dennis DUCKWORTH, que j'ai pu,enfin,
mettre la main sur le fameux trésor de la collection CaEYRIER.
Cependant, cette découverte, capitale pour la rédaction de ma thèse, est
venue un peu tard. D'une -: part, mon contrat avec le CNRS expirait, d' autr(~
part, la bibliothèque de la SWEDENBORG ~OCIETY à Londres se trouvait quand
nl~me un peu loin de Paris pour· me permettre de dépouiller systématiquement
le fonds. Certes, le Révérend D,UCKWORTH me facilitait la tâche en m'obte~ant
des prêts, mais il s'agissait quandmême de pièces rares exigeant, en princi~c~
------_.- -
la conservation dans des archives blindées.
~
Hais, au début de l'année dernière, le Révérend Claude BEULEY, le pastela'\
~
actuel de la Société de la Nouvelle Eglise de paris, ayant obtenu, toujours)
"4.ce à l'apput de·Dennis DUC:DVüRTH, llalltorjsatjon de rapatrier ~ensemble

'-----
Ensuite,
- --
L-~fonds CHEVRIER à Meudon-BELLEVUE, j'ai pu transporter, dans m8Lvolture
, personnelle, cè trésor de Londres à paris, au printemps 1973. ~
- --.
le dépouillement en détail de cette mine d'or, pour moi-même, ,
pour d'autres chercheurs~ui voudront se consacrer à l'étude du swedenbor~
gisme français et, peut-être surtout, pour la société Française de la
Nouvelle Eglise, qui retrouve ainsi~cent ans après sa créatio~ officielle 1
d;s . documents ir~emplél.çabl~s, co~me, le Ilsta- "t ado té DaY'~S Novi- érusc:- \1 1
~emltes de l'Egllse de parls", slgne le 2 Aout 1840 par A. CAUDRON 'aml
qUl avait falt connaitre SWEUENBO~G à le BOYS DES GUAYS en-rB34), H~RTEL,
COURVOISIER, H.E,. MOISSON, A. RICHARDSON, un adepte anglais de S'JEDENBORG ~
ignorant pendant 20 ans l'existence en France de disciples de la Nouvelle
Jérusalem, le Baron Alphonse }ffiLLET, qui devait militer activement pendant
plus de 60 ans encore, en publiant des traductions,en français, des ouvrages
de SWEDENBORG et par Auguste HARLE, le meilleur ami de LE BOYB DES GUAYS qui?
pour conserver les traductions de LE BOYS DES GUAYS devait s'endetter ­
personnellement pour payer, pendant 10 ans, vin~ ille fr- "héritier
juridique de LE BOYS" se révèle des plus précieux.
--- •• •/0 .•

... / ... - 5 ­

Parmi ces documents historiques, nous avons également tranmmis récemment


à M. BRULEY le prospectus du couple HUMANN, engageant les amis de la
Nouvelle Eglise de France à cotiser pour bâtir le temple de la rue Thouin
et les statuts de la Société Française de la Nouvelle Eglise C ' 'enne,
dite Nouvelle Jérusalem, non a es malS reçus par A_~QnEVRIER le
[ [ô'"janv4-e-r-+-83- e't-3:-fldiquant-les-- noms des-Heïnbres du Comité et ceux des
membres du Bureau.
CENT ANS DE SWEDENBORGISME FRANÇAIS.
l - PERIODE AVANT LE BOYS DES GUAYS (1819-1834)
LE BOYS DES GUAYS dit, dans la partie rétrospective de la Revue que les
deux adeptes ayant le mieux oeuvré jusqu'alors ~1838) pour la propagation
de la Nouvelle Jérusalem étaient le Capitaine BERNARD et l'écrivain breton
Edouard RICHER.
Le capitaine du 23è Régiment d'Artillerie Jean-Jacques BERNARD (1791-" .....'8
était, d'après des résultats de son prosélytisme, le missionnaire le plus
charmant qu'il n'y ait jamais eu. Partour où son régiment passait, il y
eut des adeptes de SWEDENBORG et de SAINT-MARTIN car, pour le capitaine
BERNARD, celui-ci n'était que le successeur de celui-là et il adorait
organiser des séances de mesmérisme et de somnambulisme, de préférence avec
son médium Adèle.
Le fonds CHEVRIER contient 48 lettres de BERNAl~ retraçant l'itinéraire
de cet extraordinaire ambassadeur pour la Nouvelle Eglise de France, aVélnt
sa création. C'était parmi les adeptes, convertis par BERNARD, que LE BOYS
DES GUAYS trouvait ses premiers et ses plus fidèles corréligionnaires,
malheureusement souvent entichés de spiritisme.
Le plus I1bernardin" de ces adeptes était, sans doute. le capitaine FRlUCIT
(1791-1869). Le fonds CHEVRIER contient 22 documents attribués au capi tain.:
FIQ\ICHE qui avai t lm certain talent littéraire, dont on trouve des spécimulé)
dans la REVUE de LE BOYS DES GUAYS.
Un autre compagnon d'armes de BERNAI-m, le capitaine PAILLARD, consacra
son temps à traduire d'épais traités sur la Nouvelle Jérusalem, de l'ang~~
Quatre de ces traductions ont trouvé leur place dans la collection CHEVRIEP
Le commandant de BERNARD,DE FOSSA,se laissa également convertir par lui
et devint un adepte fervent de la Nouvelle Jérusalem. lisant SWEDENBORG en
latin et regrettant la trop grande prudence de LE BOYS DES GUAYS ui crai­
gnait que l'annonce du culte public âe 10 Nouvelle Eglise a Parls ne
\\ détruise son lent et patient travail de traducteur de SWEDENBORG. Le fonds
CHEVRIER contient 12 lettres autographes de DE FOSSA à LE BOYS DES GUAMS.
DE FOSSA s'était retiré à SALON avec son épouse protestante. Un autre
protestant, installé à TARBES, l'avocat BLANCHET, converti civil de BERNARD
y avait créé une société de Novi-Jérusalémites fort active, Comme le
capitaine FRAICHE, il savait bien manier la plume et, notamment au début,
il seconda LE BOYS DES GUAMS de façon très utile. Ayant pris sa retraite
à La CHATRE, il a servi de trait d'union entre LE BOYS DES GUAYS et George
SAND. Après la mort de LE BOYS, il continua cl co::,,"respondTe avec Auguste HALL.'
à PARIS. BLANCHET n'appréciait pas beaucoup les traductions de LE BOYS DES
GUAYS, trop littéraires à son gE~X goût. Il y a, dans l~ collection CHEVRJ
65 lettres de BLANCHET pour LE BOYS DES GUEYS et 6 lettres pour Auguste EARL,
.. / ..
... / ... ..... <' ­

FRAICHE et BLANCHET aimaient caresserla plume mais le seul écrivain


authentique des débuts de la Nouvelle Eglise en France fut Edouard RICHET
de Noirmoutie~~, qui devait créer à Nantes, avec ses amis Mme de St AMOUR
et Louis-François de TOLLENARE, la première chapelle swedenborgienne en
France, installée à Nantes en 1828, dans l'appartement de Mlne de Sai~t­
AMOU.p-. Il existe dans la cOllection CHEVRIER des Qocurnel'fESâutographes de
ces trois pionniers de la Nouvelle Eglise en France mais la plupart (31 let­
tres) sont de la plume de DE TOLLENAREet adressées à LE BOYS DES GUAYS.
RICHER mourut d'ailleurs l'année même de la conversion de LE BOYS DES

GUAYS à la Nouvelle Jérusalem, de sorte qu'il était naturel que ce soit

DE TOLLENARE qui fit la liaison entre le groupe de NANTES et l'église de

St Am~rid. Cette correspondancé, extrêmement importante, puisque de DE

TOLLENARE, bien que fort timide dans sa ville, en raison de sa crainte

d'e~ famille et son entoura e 'rofessionn~l, était déjà en

relatlon avec la SWEDENBORG SOCIETY à Londres, couvre 16 ans (1835-1851),

mais le zèle de LE BOYS DES GUAYS aura vite fait de surpasser celui de

DE TOLLENARE qui, d'ailleurs. mourut dans le catholicisme de ses aîeux.

r-

II - PERIODE DE LE BOYS DES GUAYS (1835-1864)


Mais nous sommes déjà passés dans la période de LE BOYS DES GUAYS lui­
même. Son importance quantitative, pour la collection CHEVRIER, ressort du
fait que, sur un nombre total de 2 207 documents, 1 337 lettres émanent de
la plume de LE BOYS DES GUAYS.
Son correspondant préféré-à Paris est HARTEL qui, au cours des années

1838-1847 lui adresse 45 lettres décrivant ses efforts dans la capit~le

pour mener à bien l'impression des traductions de LE BOYS DES GUAYS.

Lorsque HARTEL meurt, c'est Auguste HARLE qui accepte cette tâche.
La collection CHEVRIER contient 113 lettres autographes de LE BOYS DES
GUAYS pour Auguste HARLE, écrites entre 1839 et la mort de LE BOYS en 1864
et 48 lettres de HARLE, adressées à St Amand, pendant cette même période.
Parmi les autres correspondants de LE BOYS DES GUAYS, nous trouvons des
personnalités de l'époque, comme George Sand, Alexandre DUMAS, ABD-el-KADER,
Emile SOUVESTRE, Emile de GIRARDIN, Edouard CHARTON, l'éditeur du Magazine
pittoresque, le Comte LAS CASES (sous le pseudonyme de M. DIEUDONNE), des
princes russes, des savants scandinaves et, bien entendu, des dirigeants de
la Nouvelle Eglise en France et surtout à l'étranger.
Imanuel TAFEL lui adresse 32 lettres, dans un français très défectueux

alors que l'américain W.M. CHAUVENET, d'origine française, écrit un fran­

çais parfait.

III - PERIODE d'ERMOND CHEVRIER ET DE SA FEMME.


Nous voilà encore une fois sur une période qui chevauche/!~rprécédente.
Ainsi que nous l'avions déjà raconté, CHEVRIER était en correspondance avec
LE BOYS DES GUAYS depuis 1847, après avoir lu la Revue depuis 1840. Le fonds
contient 110 lettres échangées entre LE BOYS DES GUAYS et CHEVRIER qui,
comme beaucoup d'autres des correspondants de LE BOYS, soutient financière­
ment la publication des traductions de svlEDENBORG.
.... / ...

· . .1. · · - 7 -

A l'origine, LE BOYS DES GUAYS voulait charger le jeune CHEVRIER de la


traduction, en français, des livres scientifiques de SUEDENBORG. Ce travail
ne se fit pas mais CHEVRIER devint l'un des amis intimes de LE BOYS DES GUAYS
et un défenseur acharné de la doctrine de SHEDENBORG, qui me-ttai t son
empreinte sur tout ce qu'il écrivait.
Ces manuscrits, souvent très peu lisibles, sont d'un caractère extrêmement
personnel et si CHEVRIER avait eu le temps de les trier, avant leur dépôt
à la SWENDENBORG SOCIETY, il en aurait sans doute écarté un grand nombre.
Mais il est stimulant, pour un~chercheur, de dépouiller des dossiers sur
lesquels l'auteur a noté "à bruler avant ma mort" ou des indications ana-
logues.
Quand Edouard CHEVRIER fut. décédé à la fin du siècle dernier, Mme CHEVJnER
continue. son oeuvre, puissamment aidée par le Baron MALLET et par André
HARLE, fils d'Auguste HARLE puis par son petit fils, Jean HARLE.
Cette activité se continua jusqu'à la mort héroïque de Mme CHEVRIER et de
sa fille, travaillant, pendant la guerre de 1914-1918, comme infirmières au
front où elles furent enterrées, leurs cercueils couverts du drapeautrd.co-
lore. Cette fin m'a été rapportée par mon ami, Denmis DUCrwORTH, qui l'avait
apprise par des membres de l'époque de la SWEDENBORG SOCIETY.
A nous maintenant· de reconstituer sur le papier ce que fut l'histoire_de
la Nouvelle Eglise en---ranëe-:-L'oeuvre conserva rlce e creatrice de
-urï30YS DES GUAYS et du couple CHEVRIER nous y aura aidés de façon considé-
rable.

, .
- 000 -

Évaluer