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Chapitre 1.

GENERALITES SUR LE BETON ARME

1. Notions générales sur la technologie du béton

1.1. Généralités

1.1.1. Définition

Le béton est une pierre artificielle obtenue à partir d’un mélange correctement dosé (c’est-à-dire dans des proportions bien déterminées) de liant, d’eau, de granulats (gros et petits) et éventuellement d’adjuvants. Ce mélange, après hydratation, durcit pour donner une pierre très résistante. Dans un volume de béton, ces différents composants sont en proportions différentes (voir tableau 1).

Constituants

Liant

Eau

Granulats

Adjuvant

Air

% en volume absolu

6 15

18

30

60

80

0

1

1

6

% en poids

7 15

3

12

75

85

0

1

-

Tableau 1. Proportions des différents composants du béton

1.1.2. Classifications

La classification du béton se fait en général selon les critères suivants: la densité (ou

masse volumique); la résistance (à la compression surtout); la destination; le type de liant; les

types de granulats; la durabilité; etc

Ainsi , selon le critère de densité, on peut distinguer:

- les bétons très lourds (avec des granulats spéciaux très lourds) de masse volumique supérieure à 2,5 tonnes/m 3 , destinés généralement à protéger contre les émissions radioactives;

- les bétons lourds ordinaires de masse volumique comprise entre 1,8 et 2,5 tonnes/m 3 , utilisés dans les ouvrages courants;

- les bétons légers de masse volumique inférieure à 1,8 tonnes/m 3 .

Une des qualités principales du béton est sa résistance à la compression après 28 jours de durcissement dans les conditions normales de température et d’humidité. Ainsi, on distingue:

- les bétons de classe inférieure ayant une résistance à la compression inférieure à 20 MPa;

- les bétons de classe supérieure ayant une résistance à la compression allant de 20 à 60 MPa;

- les bétons de très haute performance (ou de très haute résistante) ayant une résistance à la compression supérieure à 60 MPa (généralement de 60 à 150 MPa).

Plusieurs liants sont utilisés pour obtenir du béton; ce sont: les différents ciments; la chaux; le plâtre; certains produits organiques; etc

Les granulats utilisés pour obtenir du béton peuvent être pleins ou poreux, naturels ou artificiels et de granularité différente.

1.1.3.

Domaines d’utilisation

Le béton (surtout sous sa forme de béton armé) constitue aujourd’hui le principal matériau de construction. Il est utilisé dans tous les types de construction, principalement pour l’exécution des éléments porteurs: fondations; dalles; poutres; poteaux; voiles; membranes;

panneaux; planchers; etc

Certains éléments en béton peuvent être préfabriqués.

1.2. Les composants du béton

1.2.1. Le liant

Les différentes variétés de ciment sont les liants les plus utilisés pour le béton. Ces ciments sont différents aussi bien par leur composition chimique que par leur résistance

mécanique à la compression qui est d’ailleurs leur qualité principale. Aujourd’hui, on produit une gamme très vaste de ciments parmi lesquels on peut (voir tableau 2):

- les ciments portlands artificiels (CPA);

- les ciments portlands ajustés ou composés ou encore avec ajouts (CPJ);

- les ciments de haut fourneau (CHF);

- les ciments de laitier au clinker (CLK); etc

Classe de ciment (Résistance à la compression),

 

RESISTANCES

A

LA

COMPRESSION,

en

MPa

à 2 jours

à 7 jours

à 28 jours

en Mpa

Limite inférieure nominale

Limite inférieure nominale

Limite inférieure nominale

Limite supérieure nominale

20

5,5

12

 

15

 

25

25

7,5

15

 

20

 

32

30

9,0

18

 

22

 

38

35

10,5

(7)

21

(10)

25

 

45

40

12

(8)

24

(15)

30

 

50

45

14

(10)

28 (17,5)

35

 

55

50

17

(12)

34

 

40

 

60

55

20

(15)

40

 

45

 

65

60

25

(20)

48

 

50

 

70

65

30

(25)

56

 

55

 

75

Tableau 3. Résistances des ciments à la compression

Emplois courants

CPA 35

CPA 45

CPJ 35

CPJ 45

Enduits

     

∑ ∑

Joints de maçonnerie

     

∑ ∑

Béton courant non ou faiblement armé: fondations, dallages, remplissages

     

∑ ∑

Béton armé fortement sollicité: éléments porteurs

 

 

Produits préfabriqués en béton non armé: agglomérés, hourdis, dallettes

 

∑ ∑

Eléments préfabriqués en béton armé

 

 

Béton précontraint

 

   

Stabilisation des sols

∑ ∑

∑ ∑

Ouvrages massifs

∑ ∑

∑ ∑

Tableau 4. Emplois des ciments CPA et CPJ

Quant aux classes de résistance des ciments (la classe de ciment est sa résistance à la compression à l’âge de 28 jours, en MPa), la gamme est très variée selon les pays producteurs. Ils ont, en général une résistance minimale à la compression allant de 20 à 65 MPa. Dans le tableau 3 sont données les valeurs extrêmes des résistances à la compression pour différentes classes de ciments. Les autres types de liants sont très peu utilisés pour le béton. Dans le tableau 4 sont donnés les domaines d’emplois des ciments CPA et CPJ.

1.2.2. Les granulats

Les granulats sont des matériaux inertes, naturels ou artificiels qui rentrent dans la composition du béton. Il y a les gros granulats constitués par les graviers ou cailloux et les petits granulats constitués par les sables. Les granulats sont classés d’après leur grosseur suivant le tableau 5. Les sables ont en moyenne une masse volumique variant entre 1,4t/m 3 et 1,8t/m 3 . Quant aux roches couramment utilisés pour gros granulats, leurs caractéristiques physiques et mécaniques dépendent surtout de leur nature et origine.

Appellations

Epithètes

Ouverture des tamis (en mm)

Dimensions (diamètre d, en mm)

Fillers

fins

< 0,08

d

< 0,08

 

fins

0,08

d

0,08

Sables

moyens

0,31

0,08 < d

0,31

gros

1,25

0,31 < d

1,25

 

fins

5,0

1,25 < d

5,0

moyens

8,0

5,0 < d

8,0

gros

12,5

8,0 < d

12,5

 

petits

20,0

12,5 < d

20

Cailloux et pierres cassées

moyens

31,5

20 < d

31,5

gros

50 à 80

31,5 < d

50 ou 80

Tableau 5. Classification des granulats suivant leur grosseur

1.2.3. L’eau de gâchage

L’eau utilisée pour le gâchage du béton doit être propre et ne doit pas contenir des matières en suspension (matières grasses) et des sels dissous. Toutefois, on peut admettre jusqu’à cinq grammes de matières grasses par litre d’eau (5 g/l) et trente grammes de sels dissous par litre d’eau (30 g/l) si leurs présences ne puissent nuire au béton. Généralement, on utilise l’eau de robinet (eau potable) pour la préparation du béton. et elle ne présente aucun danger pour le béton. L’utilisation de l’eau de mer pour le béton est interdite.

1.2.4. Les adjuvants

Un adjuvant est un produit (en poudre ou en liquide) qui, ajouté au béton en faible quantité, permet d’améliorer certaines propriétés ou qualités souhaitées soit au béton frais, soit au béton durci. Les adjuvants sont définis et classés selon leurs actions principales, c’est-à-dire les propriétés qu’ils confèrent au béton frais ou durci (voir tableau 6).

Adjuvants

Exemples (obtention)

Propriétés conférées

Utilisation

Plastifiants

Bentonite; argile colloïdale; chaux grasse; fillers calcaires; pouzzolanes fines

améliorent la plasticité (maniabilité) du béton frais sans inconvénients sur la résistance du béton

béton pompé; béton très ferraillé; injection; béton routier

 

Accélérateurs de prise:

accélèrent soit la prise (accélérateurs de prise), soit le durcissement (accélérateurs de durcissement) du béton

décoffrage rapide; scellement; travaux à la mer; réparation rapide; pistes; préfabrications

Accélérateurs

carbonates et sulfates de soude, de potasse. Accélérateurs de durcissement: chlorures et carbonates.

Retardateurs

sucres; gluconates; oxyde de zinc; phosphates alcalins; acides citriques

retardent le processus d(hydratation et le début de prise du ciment (faible résistance initiale, mais résistance finale élevée)

injection à grande profondeur; transport sur longue distance; parois moulées dans le sol; temps chauds; voiles d’étanchéité

Fluidifiants

produits à base de lignosulfate de calcium

permettent une réduction d’eau de gâchage sans inconvénients sur la maniabilité du béton

béton à haute résistance; préfabrication; nécessité d’une bonne maniabilité

(réducteurs

d’eau)

 

Entraîneurs

composés résineux ou à base d’huiles végétales ou minérales

améliorent la plasticité et l’ouvrabilité du béton, de même que la résistance au gel du béton

routes; ponts; barrages; travaux maritimes; ouvrages exposés aux eaux agressives

d’air

 

hydrofuges de masse (bouchent les pores):

améliorent l’étanchéité du béton et protègent de l’humidité en arrêtant l’absorption capillaire

mortiers d’enduits étanches; citernes; réservoirs; piscines; tunnels; travaux souterrains et maritimes; mortiers de joints; terrasses

Hydrofuges

kaolin; fillers; bentonite. hydrofuges de surface (traitement e surface): à base de silicates; silicones

Tableau 6. Tableau synoptiques de certains adjuvants

1.3. Qualités essentielles du béton

Les deux qualités essentielles du béton sont l’ouvrabilité et la résistance.

1.3.1. L’ouvrabilité

L’ouvrabilité (ou maniabilité) est la facilité offerte à la mise en oeuvre du béton pour le remplissage parfait du coffrage et du ferraillage avec conservation de son homogénéité. De l’ouvrabilité du béton dépendent certaines qualités de l’ouvrage telles que:

- la compacité et la résistance du béton;

- l’enrobage et l’adhérence des armatures;

- la cohésion du béton (pas de ségrégation);

- des parements bruts acceptables;

- l’étanchéité; etc

Classe de

Affaissement (du cône d’Abrams) h, en cm

Rapport d’étalement à la table à secousses (rapport d’augmentation du diamètre) 1+ d/d o

 

consistance du

Mise en oeuvre

béton

Très ferme

0

3

1,1

1,3

Vibration puissante

Ferme

3

6

1,3

1,5

Bonne vibration

Plastique

6

10

1,5

1,7

Vibration courante

Très plastique

10

15

1,7

2,0

Piquetage

(mou)

   

très mou

 

> 15

 

> 2,0

Léger piquetage

Tableau 7. Appréciation de la consistance du béton

On apprécie généralement l’ouvrabilité par des mesures de plasticité (voir tableau 7) soit par des affaissements au cône d’Abrams (fig. 2), soit par étalement à la table de secousses (fig. 3). Il existe encore d’autres méthodes d’appréciation de la plasticité du béton. Pour donner une bonne plasticité au béton, on peut utiliser des plastifiants.

plasticité au béton, on peut utiliser des plastifiants. Fig. 2 . Mesure de la plasticité par

Fig. 2. Mesure de la plasticité par affaissement au cône d’Abrams. Le remplissage du moule s’effectue en 4 couches piqués avec une barre en acier de diamètre 16 mm à raison de 25 coups par couche. a, b - positions du béton avant et après le démoulage; h = h o - h 1 = affaissement du cône.

h = h o - h 1 = affaissement du cône. Fig. 3 . Mesure de

Fig. 3. Mesure de la plasticité par étalement à la table à secousses. On soumet le béton démoulé à une série de 15 secousses verticales. a, b - positions du béton avant le démoulage et après les secousses; d = d 1 - d 0 = étalement du béton.

1.3.2. La résistance

La résistance du béton est sa capacité de s’opposer à la rupture sous l’action des contraintes internes provoquées par des actions extérieures. Elle constitue avec l’ouvrabilité les deux qualités essentielles du béton. La résistance et l’ouvrabilité doivent être étudiées de pair, car elles sont étroitement dépendantes l’une de l’autre et varient en sens inverse en fonction de certains facteurs de la composition du béton (voir tableau 8).

Pour le béton, les résistances caractéristiques sont la résistance à la compression f c28 et la résistance à la traction f t28 à l’âge de 28 jours.

Facteurs

Pour une bonne ouvrabilité

Pour une bonne résistance

Dosage en eau (E)

à augmenter

 

à diminuer

Dosage en ciment (C)

 

-

à

augmenter

Rapport ciment/eau (C/E)

à

diminuer

à

augmenter

Dimension maximale des granulats

plutôt petite

plutôt grande

(c

g )

Finesse du sable

 

plutôt fin

plutôt à tendance grosse

Rapport gravier/sable (G/S)

à

diminuer

à

augmenter

Granularité

plutôt continue

discontinue préférable

Tableau 8. Facteurs influant sur la résistance (et l’ouvrabilité) du béton

La résistance du béton à la compression f c28 peut être calculée par la formule de Bolomey en fonction du rapport ciment/eau (C/E) , de la classe du ciment (R c ) et de la qualité des granulats (coefficients granulaires A 1 et A 2 ):

C

0,5

f c28

=

A 1 R c

E Cette expression est valable pour les bétons plastiques pour lesquels le rapport ciment/eau C/E 2,5 (ce qui est le cas courant). Pour les bétons fermes pour lesquels le rapport C/E > 2,5, la formule prend la forme suivante:

f c28

=

A 2 R c

E +

C

0,5

Dans ces expressions:

R c est la classe du ciment utilisé (sa résistance à la compression); C/E est le rapport ciment/eau; A 1 et A 2 sont les coefficients granulaires (ou coefficients de qualité des granulats) dont les valeurs sont données dans le tableau 9.

Qualités des

Valeurs du coefficient A 1 pour une dimension maximale des granulats cg , en mm égale à

Valeurs du

granulats

c g

20

20

< c g

50

c g > 50

coefficient A 2

Excellente

0,55

 

0,60

0,65

0,43

Bonne (courante)

0,45

 

0,50

0,55

0,40

Passable

0,34

 

0,40

0,45

0,37

Tableau 9. Valeurs des coefficients A 1 et A 2 pour les bétons lourds ordinaires.

Le rapport ciment/eau (C/E) est un facteur très important pour le béton, car il englobe

deux grandeurs principales (le dosage en ciment C et le dosage en eau E ) qui influent toutes deux (mais inversement) sur sa résistance. Il apparaît donc comme un facteur global intervenant dans la résistance du béton. Généralement, pour atteindre une résistance maximale

du béton, il faut une valeur du rapport C/E = 5,0

nécessaire pour l’hydratation du ciment seulement); mais pour une bonne ouvrabilité, on est

amené à augmenter la quantité d’eau jusqu’à obtenir une valeur du rapport C/E = 2,5 Le rapport C/E peut être calculé à partir de la formule de Bolomey:

3,0, (c’est-à-dire la quantité d’eau

1,5.

- pour les bétons de consistance plastique:

C/E

=

f

c 28

A R

1

c

+ 0,5 ;

f

c 28

- pour les bétons de consistance ferme:

C/E

=

- 0,5 .

A R où, f c28 - la résistance du béton qu’on désire obtenir; R c est la classe du ciment dont on dispose; A 1 et A 2 sont les caractéristiques de qualité des granulats dont on dispose.

2

c

Une représentation graphique des expressions précédentes en fonction de C/E donne une courbe croissante (voir fig. 4 ). La résistance du béton dépend aussi du degré de compactage (coefficient de compacité), c’est-à-dire du degré de serrage des différents constituants (voir fig. 5). Le coefficient de compacité est le rapport des volumes absolus des matières solides (graviers, sable, ciment) au volume total de béton frais en oeuvre. Plus ce coefficient est élevé, plus le béton est compact (c’est-à-dire qu’il contient moins de vides) et plus il est résistant. Aussi, la résistance du béton dépend de certains facteurs comme le rapport gravier/sable (G/S), les dimensions des granulats et la granularité (voir tableau 8). Le béton a une très faible résistance à la traction; cette résistance est environ 13 fois plus faible que celle à la compression, mais le rapport f c28 /f t28 croit avec la qualité du béton, c’est-à-dire qu’une amélioration de la résistance à la compression des bétons ne s’accompagne pas d’une amélioration de même ampleur de celle à la traction. On a pour toutes les classes de béton:

=

f c28 /f t28

5

21.

La classe de qualité du ciment est choisie généralement en fonction de la résistance de béton désirée.

en fonction de la résistance de béton désirée. Fig. 4. Variation de la résistance f c

Fig. 4. Variation de la résistance f c28 en fonction du rapport C/E

Fig. 5. Variation de la résistance f c28 en fonction du coefficient de compacité. 1 - serrage puissant et régulier; 2 - serrage soigné; 3 - serrage moyen.

1.4. La composition du béton

1.4.1. Considérations générales

L’étude de la composition d’un béton consiste à définir le mélange optimal des différents composants, c’est-à-dire le rapport entre les granulats (graviers et sable), le liant et l’eau afin de réaliser un béton dont les qualités soient celles recherchées pour la construction de l’ouvrage ou d l’élément en projet. Ces qualités sont, tout d’abord l’ouvrabilité et la

résistance qui sont les plus importantes; en plus de ces deux qualités essentielles, d’autres qualités spécifiques peuvent être exigées. Il existe plusieurs méthodes de détermination de la composition du béton qui aboutissent généralement à un dosage volumétrique. Pour le béton lourd ordinaire par exemple, il s’agit d’obtenir un mélange suffisamment dense où les cavités des gros granulats (cailloux, graviers) sont remplies par les petits granulats (sables) et celles des sables par la pâte de ciment (ciment + eau). Ainsi, le volume d’un tel béton est constitué des volumes absolus des matériaux constituants (eau, ciment, sable, graviers ou cailloux).

1.4.2. Données de base

Pour le calcul de la composition du béton, il faut les données suivantes:

- la classe de béton en projet, c’est-à-dire sa résistance à la compression f c28 ;

- la plasticité désirée (ouvrabilité);

- le type de ciment et sa résistance à la compression (la classe de ciment R c );

- les masses volumiques et les densités des granulats (gravier et sable);

- le module de finesse du sable;

- la plus grosse dimension des gros granulats c g ;

- l’humidité des granulats (W s pour le sable et W g pour les graviers).

1.4.3. Dosage en ciment

Le dosage en ciment C est déterminé à partir du rapport ciment/eau (C/E) qui est un facteur important déterminant les qualités du béton:

C

=

(C/E) E

E est le dosage en eau. La résistance du béton f c28 croît avec le dosage en ciment C et la classe du ciment R c , mais on est toujours limité par le coût trop élevé du ciment. Le ciment est généralement le plus cher parmi tous les composants du béton. Ces raisons font que son dosage (sa

consommation) doit être réduit au minimum; toutefois, il faut un dosage suffisant en ciment pour atteindre une résistance nominale garantie et assurer certaines qualités (comme la

protection des armatures, une ouvrabilité adéquate, etc

minimal en ciment (en kg/m 3 , c’est-à-dire la quantité de kilogrammes de ciment par mètre cube de béton) est exigé et est donné par les expressions suivantes:

)

du béton. Pour cela, un dosage

- pour les ouvrages en milieux non agressifs:

C min

+ 10 f 550 c 28 = max  250 ; ; 5 c 5
+
10
f
550
c
28
= max  250
;
;
5
c
5
c g
g

- pour les ouvrages en milieux agressifs:

+ 10 f 700 c 28 = max  250 ; ; C min 5
+
10
f
700
c
28
= max  250
;
;
C min
5
c
5
c g
Dans ces expressions, les quantités f c28 et c g sont respectivement en MPa et en mm.
g
Les valeurs de
5
pour certaines valeurs de c g sont données ci-après:
c g
c g , en mm
5
10
15
20
25
30
40
50
80
Valeur de
1,38
1,59
1,73
1,82
1,90
1,98
2,09
2,19
2,40
5
c g

Comme il a été déjà souligné, ce dosage minimal en ciment est nécessaire par exemple pour assurer la protection des armatures des éléments en béton armé. Pour les éléments en béton sans armatures, le dosage minimal en ciment est inférieur et est fixé généralement à partir de la cohésion nécessaire pour la pierre de béton (voir tableau 11).

Classe de consistance du béton

Dosage minimal en ciment C (en kg/m 3 ) pour une dimension maximale des granulats c g , en mm

10

20

40

70

Très ferme

160

150

140

130

Ferme

180

160

150

140

Plastique

200

180

160

150

Mou

220

200

180

160

Très mou

250

220

200

180

Tableau 11. Dosage minimal en ciment C , en kilogrammes de ciment par mètre cube de béton (kg/m 3 )

1.4.3. Dosage en eau

Classe de

Dosage en eau E, en litres par mètre cube de béton (l/m 3 ) pour une grosseur maximale des granulats c g , en mm

consistance

du béton

 

Graviers

   

Pierres (concassées)

 

10

20

40

70

10

20

40

70

Très ferme

185

170

155

140

200

185

170

155

Ferme

195

180

165

150

210

195

180

165

Plastique

205

190

175

160

220

205

190

175

Mou

215

200

185

170

230

215

200

185

Très mou

225

210

195

180

240

225

210

195

Tableau 12. Quantité d’eau E, en litres par mètre cube de béton pour un dosage en ciment ne dépassant pas 400 kg/m 3

Le dosage en eau E , c’est-à-dire la quantité d’eau nécessaire pour le gâchage doit être précis en tenant compte de:

- l’eau nécessaire pour l’hydratation du ciment;

- l’eau apportée par les granulats (humidité du gravier et du sable);

- l’eau perdue pendant la fabrication et la mise en oeuvre du béton (évaporation,

absorption par le sol et par le coffrage, etc

).

Le dosage en eau E est déterminé à partir du rapport ciment/eau (C/E):

E

=

C/(C/E)

Le tableau 12 donne des valeurs approximatives moyennes de la quantité d’eau (en litres) pour un mètre cube (1 m 3 ) de béton. Dans le tableau 13 sont indiqués les inconvénients d’un mauvais dosage en eau.

Qualités

Insuffisance d’eau

Excès d’eau

Ouvrabilité

Difficulté de mise en oeuvre

Ségrégation à craindre

Résistance

Chute de la résistance par manque

Chute de la résistance

 

de compacité

 

Autres propriétés

Enrobage défectueux des armatures; défauts de parements

Porosité et perméabilité accentuées; retrait accentué.

Tableau 13. Inconvénients d’un mauvais dosage en eau

1.4.4. Dosage des granulats

Il s’agit maintenant de déterminer les quantités de granulats (graviers et sable) nécessaires pour la préparation d’un mètre cube (1 m 3 ) de béton. Nous vous proposons ici une des méthodes les plus simples pour déterminer les quantités de granulats; elle est dite méthode des volumes absolus. Cette méthode consiste à supposer d’un mètre cube de volume de béton est la somme des volumes de graviers et des vides (lacunes) en tenant compte du coulissement des grains, c’est-à-dire le fait que les petits grains vont occuper les vides laissés entre les gros grains.

Par cette méthode, les quantités de graviers G et de sable S en kilogrammes (kg) pour un mètre cube de béton (1 m 3 = 1 000 litres) sont déterminées par les expressions suivantes:

G

=

1000

V

v g

,

g

+

1

M

v g

,

;

S

=

1000

C

c

+

G

+

g

E

w

s

.

Dans ces expressions:

M v,g - la masse volumique des graviers en vrac, en kg/ dm 3 (1 dm 3 = 1 litre); g , c , s et w - les densités respectivement des graviers (densité des grains de graviers), du ciment ( c = 3,1 kg/dm 3 ), des grains de sable et de l’eau ( w = 1 kg/dm 3 ), toutes en kg/dm 3 ; - coefficient de coulissement des grains, fonction de la consistance du béton et du dosage en ciment ( = 1.12 … 1.56); V v,g - volume des vides entre les grains de graviers en fraction d’unité:

V v,g

=

1 -

M v g

,

g

Comme il a été déjà souligné, il s’agit de choisir un mélange de graviers et de sables avec des grains de différentes grosseurs de façon à obtenir le minimum de vides entre eux à remplir par

la pâte de ciment;

ainsi, on aura moins de ciment pour réaliser la résistance souhaitée.

La dimension maximale des granulats c g dépend de la pièce à bétonner; généralement, elle ne doit pas dépasser le quart (1/4) de la plus petite dimension de la pièce, c’est-à-dire qu’on doit toujours avoir c g 0,25b, avec b - la plus petite dimension de la pièce à bétonner.

1.5. Fabrication et mise en oeuvre des bétons

1.5.1. Stockage des matériaux

a) Stockage des granulats

Les granulats (sable, graviers ou cailloux) sont généralement stockés à l’air libre sur un fond propre et solide (couche de béton de propreté).Il faut éviter toute souillure des granulats

(poussières, argiles, débris végétaux, etc

)

On peut également classer les granulats suivant

les granulations dans des compartiments isolés.

b) Stockage du ciment

Le ciment doit être stocké à l’abri de l’humidité et isolé du sol. Le ciment dans les sacs est stocké dans des hangars isolés du milieu extérieur; l’entrée et la sortie doivent être organisées de façon à éviter le vieillissement, c’est-à-dire la dégradation de la qualité du ciment. Pour le ciment en vrac (chantiers importants, centrales à béton), on préfère des silos.

c) L’eau

Généralement, on prend l’eau directement du réseau de distribution extérieure. Par son manque, on peut stocker l’eau dans des citernes ou réservoirs. Elle doit être propre et être exempte d’impuretés.

1.5.2. Malaxage

Le malaxage comprend les deux opérations suivantes:

- le mélange des différents composants (granulats, ciments, eau, adjuvants);

- le malaxage proprement dit pour obtenir un mélange homogène.

Les différents composants du béton sont dosés d’abord, après mélangés. Les appareils et instruments de dosage dépendent de l’appareil de malaxage. Pour obtenir un mélange homogène, il est recommandé de mélanger d’abord les granulats, c’est-à-dire le gravier et le

sable; après on y ajoute le ciment et on mélange; puis on y ajoute l’eau en dernière position. Chaque type d’adjuvant a un mode d’emploi spécial, mais généralement les adjuvants sont mélangés dans l’eau de gâchage. Le malaxage continue jusqu’à obtenir un mélange homogène. Ce malaxage se fait à l’aide:

- des bétonnières (axe vertical);

- des malaxeurs (axe horizontal ou incliné);

- d’outils simples (pelles).

Les appareils mélangeurs (bétonnières et malaxeurs) permettent d’obtenir un béton très homogène.

1.5.3. Transport du béton

Il s’agit du transport du béton frais du lieu de fabrication à la mise en oeuvre dans le coffrage. Pour cela, les matériels et les moyens de transport sont nombreux; ce sont: les jets de pelles; les brouettes; les wagonnets; les bennes; les pompes à béton; l’air comprimé; les tapis roulants; les camions en bennes rotatives; les réservoirs à béton pour le transport (levage) par grues; etc Le problème fondamental qui se pose ici est la ségrégation du mélange de béton, c’est- à-dire la concentration des gros granulats lourds en bas sous l’action de leur propre poids; donc toutes les dispositions doivent être prises pour éviter cette ségrégation. Le risque de ségrégation est plus important pour les bétons de consistance plastique que pour les bétons fermes. toutefois, pour des raisons technologiques de mise en oeuvre (matériels de transport, ouvrages à bétonner), on est parfois amené à fabriquer des bétons très plastiques. C’est le cas par exemple du transport par pompes à béton ou bien le bétonnage d’un ouvrage à ferraillage dense.

1.5.4.

Vibration

La vibration a pour but de donner au béton sa compacité maximale par élimination des

vides d’air et le remplissage parfait du coffrage. Elle agit en diminuant les frottements internes des grains constituants et compacte la matière ainsi coulée. Plus le béton est compact, plus sa résistance sera élevée. Il faut faire très attention à la vibration, car son excès provoque la ségrégation du béton, ce qui est très néfaste. Il existe plusieurs types de vibrations:

- la vibration superficielle à l’aide de taloches, de règles vibrantes et de surfaceuses

(pour dalles, panneaux, etc

);

- la vibration interne à l’aide de vibreurs internes ou aiguilles vibrantes ( pour poutres,

éléments massifs, etc

);

- la vibration de coffrages, quand les vibreurs sont fixés au coffrage solide;

- le piquage à l’aide de tiges pour les bétons mous et très mous;

- le damage (pilonnage) à l’aide de dames (ou pilons); etc

On obtient la compacité maximale par simple piquage pour un béton très plastique, alors que pour un béton très ferme, il faut une puissante vibration (voir tableau 7).

1.5.5. Joints de reprise

Lorsqu’une pièce ne peut être coulée en une seule fois, on prévoit des joints de reprise qui doivent être disposés dans les parties bien déterminées. Les joints de reprise doivent se présenter suivant des plans disposés perpendiculairement à la direction des contraintes; ils ne doivent pas être faits dans les endroits critiques (sections les plus sollicitées, zones de concentration de contraintes). La surface des plans de reprise doit être rugueuse; pour cela, il faut:

-repiquer la surface plus ou moins durcie en y créant des petits alvéoles;

- noyer à moitié un grillage dans la masse de béton;

- que les plans de reprise soient rendues propres et mouillés avant le bétonnage.

Il existe aussi des colles à béton qui assurent une bonne adhérence du béton frais au béton durci.

1.5.6. Bétonnage par temps chaud

Le temps chaud et sec accélère la prise et le durcissement du béton et, en même temps

il a un effet très néfaste en favorisant l’évaporation de l’eau de gâchage qui devient désormais insuffisante pour l’hydratation du ciment. DE plus, cette évaporation provoque un retrait important et accéléré du béton. Des précautions sont à prendre pour éviter l’évaporation rapide de l’eau et maintenir le béton à une température modérée:

- arrosage abondant (2 à 4 fois par jour);

- protection contre le vent sec et chaud et contre l’ensoleillement à l’aide de sacs,

nattes ou paillasses mouillées régulièrement, ou par film protecteur, ou encore par du sable humide pour les surfaces horizontales;

- utiliser des matériaux stockés dans l’ombre;

- choisir un ciment à faible chaleur d’hydratation.

Toutes les surfaces doivent être protégées de la dessiccation qui est souvent cause de fissuration.

1.5.7. Bétonnage sous l’eau

Toutes les conditions de durcissement du béton étant réunies, le problème fondamental ici est la mise en oeuvre du béton en évitant son délavage. Pour cela, on fait conduire, par l’intermédiaire d’une goulotte imperméable le béton dans le fond de la partie à bétonner délimitée par un coffrage dans l’eau. Le bulbe de béton grossit progressivement en remplissant l’espace à bétonner; seule la partie supérieure se délave un peu et généralement, on l’élimine après finition. Pendant toute l’opération, il faut contrôler la hauteur du béton dans le fond et dans la goulotte et surtout la position de cette dernière dans la masse de béton. La goulotte est relevée progressivement au fur et à mesure que la masse de béton s’élève dans le coffrage. Une autre méthode de bétonnage sous l’eau consiste à injecter le mortier sous pression par des tubes à partir du fond de la partie à bétonner où le gros granulat est déjà mis en place et régalé dans le coffrage. Les tubes sont progressivement relevées au fur et mesure que le mortier remplit les vides entre les gros granulats.

1.5.8. Bétonnage à la mer

L’action de la mer sur le béton se présente en deux aspects:

- l’action dynamique des vagues;

- l’action corrosive de la salinité.

Pour remédier à ces actions, il faut:

- que le béton soit d’une compacité exceptionnelle (composition granulaire bien

choisie, granulats de bonnes qualités, dosage en ciment suffisant);

- bien protéger les armatures par une couverture d’enrobage de béton d’épaisseur

suffisante;

- construire toujours massifs et éviter les parois minces;

- éviter les arêtes vives; tous les angles doivent être arrondis;

- éviter les joints de reprise; si ces joints sont inévitables, il faut faire une rainure en creux sur le parement et colmater ensuite avec un mortier à base de résine époxy ou de thiokol.

1.6. Bétons spéciaux

Les bétons spéciaux sont ceux qui diffèrent des bétons classiques qui ont été l’objet de l’étude précédente. La spécificité de ces bétons réside:

- soit dans les caractéristiques des constituants (en particulier les gros granulats et les

liants);

- soit dans des produits ajoutés (adjuvants conférant au béton des propriétés particulières.

Toutefois, une étude approfondie de ces bétons ne sera pas faite et on se limitera à donner seulement quelques notions générales portant sur leur spécificité. Parmi les bétons spéciaux les plus utilisés, on peut citer: le gros béton, le béton cyclopéen; le béton pour ouvrages hydrotechniques; le béton routier; les bétons légers; le béton réfractaire; le béton à base de résine; les bétons très lourds; le béton de latérite; etc

1.6.1. Le gros béton

Le gros béton est un mélange de béton classique et de la caillasse, c’est-à-dire des cailloux de dimension 8 … 10 cm. Le mélange se fait sur une aire de gâchage et le bétonnage se fait comme pour les bétons classiques. Il est destiné pour des ouvrages massifs comme les puits, les massifs de fondations, digues et autres ouvrages similaires.

1.6.2. Le béton cyclopéen

Le béton cyclopéen est un mélange de béton classique et de moellons. La grosseur des

moellons dépend des dimensions de l’ouvrage à bétonner et de la densité de ferraillage. Leurs

dimensions maximales peuvent atteindre 20

on doit, au fur et à mesure qu’on bétonne l’ouvrage plonger les moellons dans le béton de façon à avoir une bonne répartition. Le bétonnage doit se faire par couche si la hauteur à bétonner est importante; on évitera aussi les bétons trop plastiques dans lesquels les moellons ne peuvent « flotter ». Le béton cyclopéen est utilisé généralement pour les ouvrages massifs n’exigeant pas une composition spéciale du béton, surtout dans un but économique. Dans le bâtiment, il est utiliser pour les fondations (semelles isolées ou filantes, puits, radiers massifs).

30 cm et même plus. Pour la mise en oeuvre,

1.6.2. Le béton pour ouvrages hydrotechniques

Il s’agit des bétons utilisés pour la construction des barrages et autres ouvrages hydrotechniques. Ces bétons doivent:

- pouvoir résister à l’action de l’eau, en milieu agressif et au gel;

- être imperméable à l’eau (infiltration de l’eau, protection des armatures);

- dégager moins de chaleur au moment du durcissement (corps massifs).

Pour obtenir un tel béton, il faut:

- utiliser des adjuvants conférant au béton une plasticité maximale;

- utiliser des liants (ciments) répondant aux qualités du béton recherché (variétés de

ciments portland résistant en milieux agressifs);

- avoir des granulats de qualité exceptionnelle (excellente) ne contenant pas d’argile,

par exemple des graviers lourds de plus de 2,4 t/m 3 de masse volumique et une composition granulaire permettant d’obtenir un mélange dense;

- une vibration suffisante, sans excès et un suivi minutieux.

1.6.3. Le béton routier

Le béton routier est le béton utilisé pour la construction des routes et des pistes d’aéroports. Ces bétons sont exploités dans des conditions difficiles à cause:

- du mouvement intense des voitures et des avions entraînant des contraintes importantes dans le béton;

- de l’action agressive du milieu;

- de la variation de la température et de l’humidité.

Ces bétons doivent avoir les qualités suivantes:

- une résistance importante à la compression et à la traction;

- une tenue importante à l’usure;

- une résistance suffisante aux intempéries atmosphériques et à l’action agressive du

milieu.

Pour obtenir ces qualités, il faut:

- utiliser un ciment spécial fourni pour des travaux semblables (ciment portland pour

routes);

- ajouter des produits (adjuvants) tensioactifs;

- choisir des granulats (graviers surtout) de très haute résistance mécanique; la résistance à la compression des cailloux ne doit pas être inférieure à 120 MPa.

1.6.4. Les bétons légers

Dans ce groupe font partie tous les bétons ayant une densité inférieure à 1,8

2,0 t/m 3 .

Ce sont: les bétons caverneux; les bétons de granulats légers; les bétons cellulaires; etc

a) Le béton caverneux

Le béton caverneux est obtenu par mélange de gros granulats (avec c g 20 mm) avec une pâte de ciment sans ou avec peu de sable. La pâte de ciment enrobe les granulats et les soude en leurs points de contact. Le dosage en eau est limité, car son excès provoque un lavage des granulats. Le dosage en ciment est de 70 à 150 kg de ciment par mètre cube de béton. Le béton caverneux a une densité comprise entre 1,6 et 1,9 t/m 3 selon les granulats. La résistance à la compression est faible; elle est de 1,5 à 7,5 MPa avec une résistance à la traction presque nulle. C’est un bon isolant thermique et s’oppose aux montées d’humidité par capillarité. On l’utilise pour murs ou comme béton de remplissage.

b) Les bétons de granulats légers

Ils sont obtenus en utilisant des gros granulats poreux, donc très légers, de masse volumique ne dépassant pas, en général 1,0 t/m 3 . Ces bétons ont une masse volumique qui peut varier de 0,5 à 2,0 t/m 3 avec une résistance à la compression relativement faible (2,0 20,0 MPa); mais avec des granulats de très bonne qualité, on peut obtenir une résistance de 40 MPa. Les granulats poreux utilisés sont d’origine naturelle ou artificielle à partir des débris industriels. Ils sont, généralement mouillés avant utilisation. Le dosage en eau est très important; il dépend beaucoup de la composition granulaire et de la porosité (ouverte ou fermée) des gros granulats. Ces bétons sont utilisés pour le bétonnage de divers éléments comme les murs, les dalles, les poutres, etc

c) Le béton cellulaire

Le béton cellulaire est un mortier (ciment + sable + eau) auquel on additionne une

matière génératrice de gaz ou de mousses. Ce gaz forme de petits pores de dimensions 0,5

2,0 mm

très léger de masse volumique variant entre 0,4 et 1,2 t/m 3 . Il est utilisé, généralement sous

forme de produits préfabriqués. Il est un bon isolant thermique; sa résistance à la compression peut atteindre 20 MPa.

dans la masse de mortier; après durcissement, on obtient un béton très poreux, donc

1.6.5. Le béton réfractaire

Les bétons réfractaires sont ceux capables de supporter de hautes températures (1500°C) sans perdre leurs qualités physiques et mécaniques. Ils sont utilisés dans la

construction industrielle (fours, etc

classiques; le dosage en ciment est de 350 à 400 kg par mètre cube de béton; mais, il faut un

ciment capable de résister à de très hautes températures. On doit éviter tout excès d’eau. Les granulats doivent être aussi réfractaires. En utilisant des granulats isolants thermiquement, on obtient un béton réfractaire isolant, utilisé pour l’isolation des hautes températures. Les qualités physiques et mécaniques des bétons réfractaires sont assez élevées:

).

Leur composition peut s’étudier suivant les méthodes

- leur masse volumique est de l’ordre de 1,7

- une porosité de 20 à 35 %;

- un coefficient de dilatation thermique égal à (6

- une résistance minimale à la compression supérieure à 10 MPa.

8).10 -6 °C -1 ;

2,0 t/m 3 ;

1.6.8. Le béton de latérite

Dans ces bétons, les gros granulats sont extraits de la latérite. La latérite est une roche

sédimentaire formée par altération lente des basaltes, favorisée par la chaleur et l’humidité en climat tropical et équatorial. Elle est composée essentiellement d’alumine et d’oxyde de fer et se présente sous forme de terre rouge. Les granulats de latérite doivent être:

- bien lavés pour être débarrassés de la terre rouge;

- mouillés avant utilisation comme ils sont poreux;

- dosés comme pour les granulats traditionnels.

La rugosité de leurs surfaces augmentent le dosage en ciment. La résistance des bétons de latérite sont plus faibles que pour les bétons ordinaires et ne dépassent pas 30 MPa à la compression.

2. Propriétés physiques et mécaniques du béton

Le béton comme matériau de construction doit avoir des propriétés physiques et

mécaniques données, par exemple une densité suffisante, une résistance mécanique

nécessaire, etc

effets extérieurs (hautes températures, milieux agressifs, etc

2.1. Propriétés physiques

Selon les conditions d’exploitation, le béton doit pouvoir résister à d’autres

)

2.1.1.

Densité

La densité (confondue avec la masse volumique pour le béton) des différents bétons utilisés dans les constructions modernes varie de 0,4 à 5,0 t/m 3 . Selon leur densité, on distingue:

- les bétons légers d’une densité inférieure à 2,0 (ou 1,8 selon certains auteurs) t/m 3 ;

- les bétons lourds ordinaires (classiques) d’une densité allant de 2,0 (ou 1,8) à 3,0 (ou 2,5) t/m 3 ;

- les bétons très lourds de densité supérieure à 3,0 (ou 2,5) t/m 3 .

Le béton ordinaire utilisé dans la construction des bâtiments et des ouvrages courants a une densité variant entre 2,0 et 2,5 t/m 3 . La densité du béton dépend essentiellement de la nature des gros granulats et de l’existence des pores à l’intérieur de la masse de béton, c’est-à- dire du degré de compactage du béton. Les bétons très denses ont une compacité maximale, alors que les bétons très légers ont une porosité maximale. La densité du béton dépend essentiellement de la nature des gros granulats et de l’existence des pores à l’intérieur de la masse de béton, c’est-à-dire du degré de compactage du béton.

2.1.2. Propriétés hydrophysiques

a) Imperméabilité

Les bétons, sous forte pression laissent passer l’eau. Les bétons très denses sont pratiquement imperméables à l’eau et aux gaz. On peut améliorer l’imperméabilité du béton en y ajoutant des adjuvants hydrofuges. La classe en imperméabilité à l’eau W du béton est la pression (en daN/m 2 ) à laquelle le béton (éprouvette cylindrique de hauteur 15 cm) ne laisse pas passer l’eau. On utilise les bétons de classe W2 à W12 pour les constructions exploitées sous pression des liquides ou de gaz. Plus le coefficient de filtration du béton est faible, plus la classe du béton à l’imperméabilité est élevée. La diminution du volume des macropores capillaires augmente

l’imperméabilité du béton à l’eau (utilisation d(adjuvants hydrofuges). Les produits à base de

pétrole (essence, gaz-oil, etc

destinés à recevoir ces produits, on y ajoute des adjuvants spéciaux. La perméabilité du béton à l’eau et aux produits pétroliers peut être diminuée en utilisant à la place du ciment portland ordinaire un ciment expansif.

)

pénètrent (traversent) plus facilement le béton. Dans les bétons

b) Le coefficient de ramollissement.

Les bétons à base de liants hydrauliques, par exemple les ciments portlands ont un coefficient de ramollissement k ram très élevé (k ram 0,8), ce qui permet d’utiliser ces bétons dans des lieux très humides et dans l’eau.

2.1.3. Propriétés thermiques

a) Conductivité thermique

Le béton conduit le flux de chaleur de la surface d’une paroi de température relativement haute à l’autre de température relativement basse. Plus le béton est poreux (surtout avec une porosité fermée), plus il conduit difficilement le flux de chaleur (coefficient de conductivité thermique) faible) et plus ses qualités d’isolation thermique sont élevées; raison pour laquelle les bétons poreux (légers) sont généralement utilisés comme isolants

thermiques. Le coefficient de conductivité thermique des bétons varie de 0,1 à 2,0 W/(m°C). Le coefficient de conductivité thermique du béton lourd en milieu sec est de 2 à 4 fois plus grand que celui des bétons légers. Cette grande conductivité thermique du béton lourd, c’est- à-dire la mauvaise isolation par le béton des températures extérieures constitue un de ses défauts.

b) Le coefficient de dilatation thermique Le coefficient de dilatation thermique des bétons varie de 7.10 -6 °C -1 à 15.10 -6 °C -1 , ce qui correspond à une dilatation linéaire de 0,21 mm/m à 0,45 mm/m pour une variation de température égale à 30°C (par exemple de 15°C à 45°C). Pour éviter la fissuration des ouvrages de grandes dimensions, ils sont coupés par des joints de dilatation. Les gros granulats et les mortiers de ciment ont des coefficients de dilatation thermique différents; sous variation de températures, ces deux matériaux se déforment différemment, ce qui peut provoquer la fissuration du béton en cas de variations importantes de la température.

c) Résistance à l’action des hautes températures

Le béton résiste mieux (par rapport aux autres matériaux de construction) à l’action

des hautes températures pendant les incendies (1000

peuvent tenir longtemps sous une température de plus de 1500 °C (fours métallurgiques,

revêtements des appareils thermiques travaillant sous une température de plus de 1000°C,

etc

de la nature des granulats. Si les granulats utilisés contiennent du quartz cristallin, à la

température de 600°C, il augmente de volume, entraînant ainsi la fissuration du béton. Pour les ouvrages exploités sous de très hautes températures, on utilise les bétons réfractaires.

1100°C). Les bétons réfractaires

).

La résistance du béton à l’action des hautes températures dépend du type de ciment et

2.2. Propriétés mécaniques

2.2.1. Résistance du béton

Le durcissement du béton commence après la prise, généralement quelques heures seulement après sa fabrication et sa mise en oeuvre. Ce durcissement est le résultat des réactions chimiques entre l’eau et le ciment (hydratation du ciment), réactions qui se déroulent

normalement à température positive (> 5°C) et en présence d’humidité. Au cours de ce durcissement, le béton prend petit à petit sa résistance et au 28 ème jour, cette résistance atteint sa valeur caractéristique, désignant la classe de béton. Cette croissance de la résistance se fait intensivement pendant les sept (7) premiers jours et au 7 ème jour la résistance atteint 60 à 80% de la valeur caractéristique (voir fig. 10). Après le 3 ème jour, surtout à partir du 7 ème jour, la résistance du béton croît selon une loi logarithmique:

ou encore

f cj

=

log j

log 7

f c28

0,7f c28 logj

f cj

= 0,685f c28 log(j+1)

où, j est l’âge du béton, en jours (j 28 jours); f c28 est la résistance du béton à l’âge de 28 jours, exprimée en MPa.

La résistance f c28 exprimée en MPa désigne la classe du béton; par exemple quand f c28 = 20 MPa, on a un béton de classe B20.

Il existe plusieurs autres relations entre la résistance f cj et son âge j, exprimé en jours, avec (j 28 jours, comme par exemple:

ou encore, les formules du BAEL –91 (normes Françaises) j

f cj

=

4,76 + 0,83j f c28

pour f c28 40 MPa;

f cj

=

j

1,4 + 0,95j f c28

pour f c28 > 40 MPa.

Les résistances caractéristiques du béton sont:

- la résistance à la compression f c28 (caractéristique principale);

- la résistance à la traction f t28 ;

- la résistance au cisaillement (glissement) b,lim .

La caractéristique principale du béton reste toujours sa résistance à la compression f c28 (sa classe de qualité ou encore résistance caractéristique spécifiée). La résistance mécanique du béton dépend:

- des conditions de durcissement;

- de l’âge du béton;

- des conditions de mise en oeuvre;

- du dosage en ciment, en eau et du rapport ciment/eau (C/E);

- de la classe de résistance du ciment;

- de la nature et de la qualité des granulats;

- de la granularité et du rapport gravier/sable (G/S);

- des adjuvants utilisés.

du rapport gravier/sable ( G/S ); - des adjuvants utilisés. Fig. 10 . Croissance de la

Fig. 10. Croissance de la résistance f cj du béton

Fig. 11. Courbe de croissance de la résistance f cj du béton en milieux humide et sec

Fig. 12. Croissance de la résistance f cj du béton avec le temps dans un milieu favorable

La résistance du béton dépend des conditions de durcissement. Par exemple, en milieu naturel humide, la résistance du béton croît lentement et atteint sa valeur maximale; par contre, en milieu sec, la résistance croît vite au début pour rester presque constante sans atteindre la valeur maximale (voir fig. 11). Dans des conditions favorables de température et d’humidité, la croissance de la résistance du béton se poursuit pendant plusieurs années (voir fig. 12). Les conditions de mise en oeuvre ont une influence remarquable sur la résistance du béton. Une vibration suffisante sans excès assure la compacité maximale du béton frais. Un tel béton, avec le minimum de pores réalise la résistance maximale.

D’autres facteurs de mise en oeuvre tels que la ségrégation, la température au moment du bétonnage, les mauvaises exécutions des joints de reprise, les conditions de bétonnage peuvent avoir des conséquences très néfastes sur la résistance du béton.

La résistance du béton dépend du dosage en ciment, en eau et du rapport ciment/eau (C/E). En principe, la résistance du béton est proportionnelle au dosage en ciment. Après la quantité d’eau nécessaire à l’hydratation du ciment, tout supplément d’eau joue négativement

sur la résistance du béton. Le rapport C/E optimal pour une résistance maximale du béton est

compris entre 2 et 3 (C/E = 2

3).

De plus, la résistance du béton est proportionnelle à la classe de résistance du ciment R c (voir formule de Bolomey). Plus le ciment est résistant (de classe supérieure), plus avec le même dosage on obtient un béton résistant. En utilisant des liants à durcissement rapide, en quelques jours seulement, on obtient une résistance suffisante du béton permettant, par exemple son décoffrage.

La résistance du béton est aussi déterminée par la nature et la qualité des granulats. Ainsi, pour un même rapport C/E, les bétons avec les granulats roulés (graviers) ont une résistance de 10 à 20% inférieure à celle des bétons avec des gros granulats concassés (pierres cassées, cailloux) et cela à cause de la faible (relativement) adhérence du ciment avec les graviers. De plus, avec du sable propre, résistant, de grosseur moyenne et grande, on obtient un béton plus résistant qu’avec du sable fin et de faible résistance.

La résistance caractéristique du béton à la compression f c28 est fondée et contrôlée sur des éprouvettes. Ces éprouvettes ont des dimensions différentes selon les pays. Par exemple, selon les normes Françaises, on utilise, généralement des éprouvettes cylindriques avec un

diamètre de 16 cm et une hauteur de 32 cm (soit une section transversale de 200 cm 2 ) et cela, conformément aux normes Françaises. Dans certains pays, on fait des éprouvettes cubiques d’arête 10 cm, 15 cm, 20 cm. Dans le tableau 17 sont données les dimensions de certains types d’éprouvettes pour essais aux différentes sollicitations. Ces éprouvettes, durcies dans des conditions normales de température et d’humidité sont écrasées en compression centrée à l’âge de 28 jours (en général, ou à d’autres âges). La résistance est déterminée comme le quotient de la force d’écrasement F rup par l’aire A e de la section de l’éprouvette:

f c28

=

F rup

A

e

La classe de résistance du béton est définie comme la résistance minimale garantie (au moins à 90%) des éprouvettes essayées à l’âge de 28 jours selon des instructions techniques; donc, cette résistance minimale garantie est déterminée après une étude statistique de la résistance de plusieurs éprouvettes identiques. Il est à noter que la résistance obtenue après écrasement dépend des dimensions des éprouvettes, des conditions de contact entre les surfaces de la presse et de l’éprouvette. Par exemple, en écrasant des éprouvettes sans graissage (lubrification) des surfaces de contact des plateaux de la presse et de l’éprouvette, les forces de frottement entre surfaces de contact entraînent la formation de cônes au moment de l’écrasement. Avec graissage des surfaces de contact, ces cônes ne se forment pas. L’influence des forces de frottement entre surfaces de contact fait qu’en essayant des éprouvettes de hauteur relativement faible, on obtient une résistance plus élevée. Par exemple, la résistance des éprouvettes (issues du même béton) de

10 cm (20 cm) d’arête est de 5% supérieure (inférieure) à celle des éprouvettes de 15 cm d’arête.

à celle des éprouvettes de 15 cm d’arête. Fig. 18 . Ecrasement des éprouvettes en béton:

Fig. 18. Ecrasement des éprouvettes en béton:

a) sans graissage des surfaces de contact des plateaux de la presse et de l'éprouvette;

b) avec graissage des surfaces de contact.

Types d'essais

Formes des éprouvettes

 

Dimensions géométriques de l'éprouvette, en cm

Détermination de la résistance à la compression par

Détermination de la résistance à la compression par a = 7; 10; 15; 20; 30  

a

= 7; 10; 15; 20; 30

 

écrasement à la compression centrée

écrasement à la compression centrée d = 7; 10; 15; 16; 20; 30

d

= 7; 10; 15; 16; 20; 30

h

= d

ou

h = 2d

 

Détermination de la résistance à la traction par traction axiale

de la résistance à la traction par traction axiale Dimensions de la section utile a x

Dimensions de la section utile axa: 10x10; 15x15; 16x16; 20x20.

Détermination de la

Détermination de la Dimensions: 10x10x40; 15x15x60; 20x20x80.

Dimensions: 10x10x40; 15x15x60; 20x20x80.

résistance à la

traction par flexion

traction par flexion Diamètre d = a : d = 7; 10; 15; 16; 20; 30.

Diamètre d = a: d = 7; 10; 15; 16; 20; 30.

Hauteur h = 2d h = d.

ou

Détermination de la

Détermination de la Dimensions: 10x10x40; 15x15x60; 20x20x80.

Dimensions: 10x10x40; 15x15x60; 20x20x80.

résistance à la

traction par fendage

traction par fendage Diamètre d : d = 10; 15; 16; 20.

Diamètre d: d = 10; 15; 16; 20.

Hauteur h:

h = d h = 2d

ou

Tableau 17. Formes et dimensions des éprouvettes

La résistance caractéristique du béton à la compression à l'âge j, quand j est très grand, peut être déterminée par la formule suivante:

f cj

= 1,1f c28

La résistance du béton à la traction f t28 est très faible par rapport à celle à la compression; dans la plupart des cas elle présente moins de 10% de sa résistance à la

compression. La résistance du béton à la traction est caractérisée par une dispersion très

importante: f t28 = (0,05

0,10) f c28 . Elle est déterminée par les méthodes suivantes:

- par flexion simple (fig. 21, a);

- par traction axiale (fig. 21, b);

- par fendage d'un cylindre ou essai Brésilien ( fig. 21, c).

Dans le premier cas, les éprouvettes sont en général de dimensions 7x7x28, 15x15x60 cm et la résistance à la traction est déterminée par la formule:

f t28

=

M rup /( pl W)

M rup - moment fléchissant de rupture ; pl - coefficient tenant compte des déformations

plastiques du béton,

(W = (bh 2 )/6 pour les sections rectangulaires).

= 1,7; W = module de résistance élastique de la section transversale

pl

Dans le deuxième cas (traction axiale), on a:

f t28 = F rup /A b , où F rup est la force de

f t28 = F rup /( d)

rupture; A b - l'aire de la section du béton. Dans le troisième cas (traction par fendage), on a:

Classe de qualité du ciment R c , en MPa

Résistance caractéristiques du béton à l'âge de 28 jours (f c28 /f t28) , en MPa, en fonction du dosage en ciment, en kg/m 3

150

200

250

300

350

400

450

500

30

4,8/0,94

7,0/1,04

10,0/1,21

13,5/1,41

17,0/1,62

20,0/1,80

24,0/2,04

27,0/2,22

35

5,6/0,98

8,0/1,09

12,0/1,32

16,0/1,56

20,0/1,80

24,0/2,04

28,0/2,28

32,0/2,52

40

6,2/1,02

9,0/1,15

13,5/1,41

18,0/1,68

22,5/1,95

27,0/2,22

31,5/2,49

36,0/2,75

45

7,1/1,06

10,0/1,21

15,0/1,50

20,0/1,80

25,0/2,10

30,0/2,40

35,5/2,72

40,5/3,02

50

7,8/1,12

11,0/1,27

17,0/1.62

22,5/1,95

28,0/2,28

34,0/2,64

39,5/2,95

45,0/3,20

55

8,6/1,17

12,5/1,35

18,5/2,71

25,0/2,10

31,0/2,46

37,0/2,81

43,5/3,15

49,5/3,48

60

9,5/1,20

13,5/1,41

20,0/1,80

27,0/2,22

34,0/2,64

40,5/3,01

47,0/3,33

54,0/3,68

Tableau 18. Tableau synoptique des caractéristiques des bétons.

N.B. Aux numérateurs sont données les valeurs des résistances à la compression et aux dénominateurs celles à la traction. Les valeurs des résistances sont données pour un malaxage mécanique, une vibration suffisante, des granulats de bonne qualité avec c g = 20 mm et un dosage en eau de 185 litres par mètre cube de béton, ce qui correspond à un béton de consistance plastique.

Fig. 21 Détermination de la résistance à la traction du béton par: a) flexion; b)

Fig. 21 Détermination de la résistance à la traction du béton par:

a) flexion; b) traction axiale; c) fendage (méthode Brésilienne).

Les Règlements Français B.A.E.L.-91 (Règles techniques de conception et de calcul des ouvrages et des constructions en béton armé suivant la méthode des états limites) par exemple propose la relation suivante entre les résistances caractéristiques du béton à la compression f cj et celle à la traction f tj à l'âge j pour les classes inférieures à B40:

où,

f tj =

0,6 + 0,06f cj

f cj , f tj sont exprimés en MPa.

Il existe d'autres relations empiriques entre ces deux résistances caractéristiques.

Sur la fig. 22, on peut remarquer comment varie la résistance à la traction du béton en fonction de sa classe.

La connaissance de la résistance à la traction du béton est surtout nécessaire quand le béton doit prendre lui-même les efforts de traction et aussi pour les éléments où la fissuration est inadmissible. Les valeurs de la résistance à la traction des bétons sont données dans le tableau 18.

D'autres grandeurs de résistance mécanique du béton sont:

- la résistance à la compression localisée, f c,loc ;

- la résistance de longue durée, f c,l ;

- la résistance dynamique, f c,d .

A la compression localisée, le béton résiste plus grâce à l'effet enveloppe de

renforcement (frette) du béton environnant non chargé. La valeur de la résistance du béton à la compression localisée f c,loc dépend du rapport de la surface chargée par la surface totale et est déterminée par la formule suivante (voir fig. 24):

F c,loc

=

b,1

b f c,28

b,1 = 0,73 pour les bétons de classe inférieure à B25; b,1 = 10f t28 /f c28

pour les

bétons de classe B25 et supérieure; b =

résistance du béton; A - l'aire totale de la section du béton; A loc - l'aire chargée de la section du béton (aire de la zone chargée, voir fig. 24).

section du béton (aire de la zone chargée, voir fig. 24). A A l o c

A A loc 1,5 - coefficient de pondération de la

Sous l'action des charges répétées (vibrations) le béton peut se rompre par fatigue à la suite d'accumulation des déformations plastiques et de la formation des micro-fissures. La limite d'endurance f c,d , c'est-à-dire la résistance à la fatigue du béton est toujours inférieure à la résistance caractéristique à la compression. Elle dépend de l'asymétrie du cycle ( = min / max , où min et max sont respectivement les valeurs minimales et maximales des contraintes dans le béton) et varie en général entre 50 et 95% de la résistance caractéristique

du béton à la compression: f c,d = (0,50

0,95) f c28 .

La résistance de longue durée du béton f c,l sous contraintes importantes est inférieure à la résistance caractéristique f c28 . Cette diminution de 10 à 20% de la résistance f c28 est due à l'influence des déformations plastiques et de l'hétérogénéité de la structure

interne du béton: f c,l = (0,80

0,9)f c28 .

2.2. Déformabilité du béton

2.2.1. Caractéristiques de déformation du béton

Le béton est un matériau à la fois élastique et plastique. Les propriétés plastiques du béton apparaissent dès au début du chargement à un niveau bas des contraintes. La déformation totale du béton b comprend une composante élastique b,el et une composante plastique b,pl (voir fig. 25):

b

=

b,el + b,pl

On distingue deux types de déformations du bétons:

- les déformations dues aux actions des forces extérieures sous forme de charges

permanentes, variables et accidentelles;

- les déformations (variations) de volume qui sont le retrait, le gonflement et la

dilatation (allongement ou raccourcissement); elles sont dues aux variations de l'humidité, de

la température de l'air environnant. Les déformations dues aux forces extérieures dépendent du caractère d'application de ces charges, notamment:

- de la vitesse de chargement, c'est-à-dire la vitesse d'application de la charge

(application statique ou dynamique de la charge);

- de la durée d'application de la charge (charge de très courte durée d'application, de longue durée entraînant le fluage du béton).

Les propriétés élastiques du béton sont caractérisées par le module d'élasticité E b,o le coefficient d'élasticité el définis comme suit:

E b,o

=

b / b,el ;

el

= b,el / b

= b,el /( b,el + b,pl ).

et

Le module E b,o est appelé aussi module d'élasticité initial, car il est égal à la tangente de l'angle d'inclinaison de la droite tangente à la courbe b - b (dérivée d b /d b ) à l'origine du repère par rapport à l'axe des abscisses :E b,o = tg o ; il dépend de la classe, du type et des conditions de durcissement.

Le coefficient d'élasticité el du béton dépend du niveau des contraintes et du temps de chargement, il varie entre 0,1 et 0,9. Théoriquement el = 0 pour les matériaux

parfaitement plastiques et el

= 1 pour les matériaux parfaitement élastiques. Le coefficient

d'élasticité el diminue avec le niveau des contraintes et la durée de chargement. Pour les calculs pratiques on peut prendre les valeurs suivantes:

- pour les chargements de courte durée: el

= 0,45

0,50;

- pour les chargements de longue durée: el

= 0,15

0,20.

Le module d'élasticité d'un béton avec des gros granulats de grosses dimensions est de 20% supérieur à celui d'un béton de même classe, mais avec des gros granulats de petites dimensions. Le module d'élasticité E b,o croît avec la classe de résistance du béton. Il existe plusieurs formules empiriques exprimant cette dépendance.

En plus du module d'élasticité E b,o , il y a le module de déformation (longitudinale) tangentiel du béton E bt qui caractérise la déformabilité totale du béton (c'est-à-dire la déformation élastique et plastique du béton). Ce module est numériquement égal à la valeur de la tangente de l'angle t (voir fig. 27) formé par la droite tangente (d b /d b ) à la courbe b - b au point de coordonnées ( b , b ) avec l'axe des déformations b .

Le module de déformation longitudinale des bétons ordinaires de classe B10 à B40

varie de 15 000 MPa

Pour les calculs pratiques de béton et de béton armé, on se sert généralement d'une valeur moyenne du module de déformation E b .Par exemple, on peut se servir des formules suivantes des Règles B.A.E.L.-91, à savoir:

à

40 000 MPa.

- sous les charges supposées instantanées, c'est-à-dire les charges dont la durée

d'application est inférieure à 24 heures (charges variables de courte durée d'application):

E b,ij

=

11 000

3 f cj
3
f
cj

- sous les charges de très longue durée d'application, par exemple les charges permanentes, entraînant des déformations importantes dues au fluage:

avec,

E b,ij ,

E b, j ,

f cj

E b,

j

en MPa.

=

1 3 E b,ij

=

3700

3 f cj
3
f
cj

Ainsi le module de déformation longitudinale du béton sous charge de longue durée est plus petite que celui sous charges instantanées ; cela s'explique par le fait que les déformations et particulièrement le rapport des déformations élastiques et plastiques dépendent beaucoup de la vitesse de chargement. Sous chargement instantané, seules les déformations élastiques apparaissent. Plus la vitesse de chargement est petite, donc plus lentement on applique la charge, plus les déformations plastiques développées pendant ce temps sont importantes; donc plus petite sera la valeur du module de déformation.

Le coefficient de Poisson du béton b sans fissures est en moyenne égal à 0,12

0,25.

Après la formation des fissures, le coefficient de Poisson est pris égal à zéro. Ainsi pour les calculs pratiques on prend:

- pour le béton sans fissures;

b = 0,2

- pour le béton avec fissures.

b = 0

2.2.2. Déformations limites du béton

Les déformations limites du béton dépendent de beaucoup de facteurs, en premier lieu du temps. Elles diminuent avec la classe du béton et augmentent avec la durée d'application de la charge. La connaissance des déformations limites est très nécessaire, car elles montrent, jusqu'à quel niveau de déformation, le béton et l'armature travaillent (se déforment) ensemble. Les allongements relatifs du béton bt,u du béton varient de 0,00010 à 0,00017 (fig.

31, a). Dans les calculs pratiques on prend bt,u

contrainte d'environs 30 MPa dans l'armature d'une pièce en béton armé.

= 0,00015, ce qui correspond à une

Les raccourcissements relatifs du béton b,u sont relativement plus grands; ils varient

= 0,0020

pour les charges de courte durée d'action (charges variables) et b,u = 0,0025 pour les charges de longue durée d'action (charges permanentes) (fig. 31, b). En compression excentrée (flexion composée) et en flexion simple, les déformations

0,0045 (fig. 31, c).

de 0,0008 à 0,0030 en compression simple. Pour les calculs pratiques on prend b,u

limites (raccourcissements) des fibres extrêmes atteignent b,u = 0,0025 Pour les calculs pratiques en flexion, on prend b,u = 0,0035.

2.2.3. Le fluage du béton

Le fluage est la propriété du béton de se déformer sous l'action des charges de longue durée, constantes dans le temps. Si on soumet une pièce de béton à l'action d'une charge de longue durée F t , au début apparaissent les déformations élastiques el , puis avec le temps se développent les déformations de fluage (déformations plastiques) pl (voir fig. 32). Ces déformations sont fonction du temps et dépendent du niveau des contraintes voir fig. 33), de la température et de l'humidité de l'air. C'est pendant les premières périodes que les déformations de fluage se développent intensivement; puis au fur et à mesure cette croissance diminue. Les expériences ont montré que pendant les trois premières années se réalisent à peu près 85% des déformations totales de fluage. En climat chaud et sec les déformations de fluage se développent plus vite et pendant un temps court et atteignent leurs valeurs maximales. En milieu humide le temps de réalisation des déformations de fluage est beaucoup plus long avant d'atteindre leurs valeurs maximales (fig. 34).

avant d'atteindre leurs valeurs maximales (fig. 34). Fig. 32. Croissance des déformations du béton dans le

Fig. 32. Croissance des déformations du béton dans le temps sous l'influence du fluage.

Fig. 33. Déformations de fluage en fonction du niveau des contraintes:

1

3

linéaire et non linéaire.

- F t = 0,3 F rup ;

- F t = 0,8

2 - F t = 0,6

F

rup

;

F

rup

; A, B - domaines de fluage

2.2.4. Le retrait du béton

Fig. 34. Influence du milieu sur le fluage:

1 - en milieu très humide; 2 - en milieu normal; 3 - en milieu chaud et sec.

En durcissant, le béton diminue de volume. Ce phénomène est appelé le retrait , on

l'appelle souvent retrait positif (voir fig. 35).

durée indépendamment des contraintes développées dans le béton. Il dépend de la composition et de la structure (dense ou poreuse) du béton.

Le retrait se manifeste pendant de longue

Les facteurs ayant une influence importante sur le retrait du béton sont:

- le rapport ciment-eau (C/E);

- les conditions climatiques de durcissement (température, humidité de l'air);

- la durée de réalisation des déformations et autres.

- la durée de réalisation des déformations et autres. Fig. 35. Retrait du béton. a) 1

Fig. 35. Retrait du béton. a) 1 - volume initial; 2 - volume après retrait; 3 b)- évolution des déformations de retrait dans le temps.

Fig. 36. Contraintes dans le béton dues aux déformations de retrait. 1, 2 - zones tendues (extérieures) et comprimées (intérieures) de la pièce; 3 - fissures dues au retrait.

Les déformations de retrait du béton b,ret varient en général de 0,0003 à 0,0005.

Pour les calculs pratiques de béton armé on prend b,ret

éléments en béton armé, l'armature s'oppose au retrait du béton. Le retrait influe négativement sur la résistance du béton à la fissuration, sur la durabilité de la structure et sur l'état de contrainte et de déformation de la pièce. On peut lutter contre le retrait, par exemple:

= 0,0002

0,0003. Dans les

- en utilisant des liants (ciments) sans retrait et des ciments expansifs;

- en augmentant la densité du béton;

- en augmentant le rapport ciment-eau (C/E) par diminution de la quantité d'eau.

Si les dimensions de la pièce ne sont pas grandes, le retrait se manifeste uniformément et librement sans provoquer de contraintes internes dans le béton. Par contre, si les dimensions sont très grandes (éléments massifs) les déformations de retrait se développent intensivement dans les zones superficielles entraînant parfois la fissuration de ces zones. Quant à la zone interne de l'élément, elle s'oppose au raccourcissement des couches extérieures, diminuant ainsi les déformations de retrait. Cette zone sera donc soumise à des contraintes de compression (voir fig. 36).

2.2.5. Le gonflement du béton

Fig. 37. Courbe de retrait et de gonflement du béton En durcissant dans l'eau le

Fig. 37. Courbe de retrait et de gonflement du béton

En durcissant dans l'eau le béton augmente de volume; c'est le gonflement du béton ou retrait négatif. Les déformations de gonflement du béton b,gonf ne sont pas importantes et sont plus petites que celles dues au retrait (voir fig. 37). Dans les calculs pratiques elles ne sont pas tenues en compte en général.

Chapitre 4

L'ARMATURE

1. TYPES D'ARMATURES

1.1. Notions générales

Les armatures sont des assemblages d'éléments noyés dans la masse de béton et ayant pour rôles essentiels:

- de prendre les contraintes de traction qui ne peuvent être prises par le béton;

- de renforcer la capacité portante du béton comprimé;

- d'empêcher la formation et le développement des fissures dans le béton.

Comme armatures on peut utiliser des barres d'acier (fers à béton), des fils en acier, des profilés en acier, des fibres de verre, des matériaux synthétiques, des barreaux de bois, des troncs de bambou, etc Les armatures en acier, c'est-à-dire les barres, les fils et les profilés en acier sont aujourd'hui les plus utilisées, raison pour laquelle notre étude sommaire des armatures qui suit se limitera à ces types d'armatures seulement.

1.2. Aciers pour béton armé

1.2.1. Définition

L'acier est un alliage de fer (de 88 à 98%) et de carbone (jusqu'à 2,0%) contenant un pourcentage très faible d'impuretés (provenant de la mine ou formées au cours de la fabrication) de même que des adjuvants (jusqu'à 10% parfois) pour améliorer ses qualités. La métallurgie de l'acier comporte deux opérations essentielles qui sont:

- la production de la fonte par réduction à chaud du minerai; - la transformation de la fonte en acier par décarbonisation.

1.2.2. Types d'aciers utilisés

Parmi les aciers utilisés dans les ouvrages en béton armé on distingue (voir fig. 4.1):

- les ronds lisses (sous forme de barres) qui ne présentent aucune aspérité sur la surface; ils

sont

obtenus par laminage à chaud d'un acier doux;

- les aciers à haute adhérence (sous forme de barres, fils et treillis) présentant des aspérités ou

béton.

reliefs (verrous, créneaux, nervures, etc

)

sur la surface afin d'améliorer l'adhérence acier-

Ces aciers peuvent être classés en quatre (4) types:

Type 1: Ce sont les aciers naturels en barres obtenues par laminage à chaud d'un acier naturellement dur. Les caractéristiques de ces aciers sont fonction de leur composition chimique. Dans ce type d'aciers on classe aussi ceux obtenus à partir d'un acier doux laminé à chaud puis soumis à un traitement (par exemple une trempe) permettant d'améliorer ses caractéristiques mécaniques. Type 2: Ce sont les aciers écrouis par torsion en barres obtenues par laminage à chaud suivit d'un écrouissage par torsion ou par traction à froid sans réduction sensible de la section.

Type 3: Ce sont les fils à haute adhérence. Ils sont des aciers doux écrouis, obtenus soit par laminage à chaud suivit d'un écrouissage par tréfilage, soit par laminage à froid entraînant une réduction sensible de la section.

Type 4: Ce sont les treillis soudés (TS). Ils sont obtenus à partir d'aciers doux écrouis par tréfilage. Les fils ou barres sont soudés mécaniquement pour former des mailles carrées ou rectangulaires (de 50x50 mm jusqu'à 200x300 mm). Ils sont en rouleaux si les diamètres sont inférieurs à 5 mm et en panneaux si les diamètres sont supérieurs à 5 mm.

et en panneaux si les diamètres sont supérieurs à 5 mm. Fig. 4.1. Types d'aciers: a)

Fig. 4.1. Types d'aciers: a) ronds lisses; b) barres à hauteadhérence; c) fils à haute adhérence; d) treillis soudés (1 - fils porteurs; 2 - fils de répartition).

Les aciers à béton présentent différentes nuances qui correspondent à leurs qualités de limite élastique et de résistance. Ces qualités diffèrent selon les pays producteurs et, il n'y a pas une standardisation et une classification internationale définitives. Les limites d'élasticité des aciers varient en général de 200 MPa à 1400 MPa. Dans le tableau

4.1 sont données les caractéristiques mécaniques de certaines nuances d'aciers de production

Française.

Aciers

Nuances

f e , en MPa

f rup , en MPa

rup , en

Utilisations

%

 

FeE220

215

330

490

22

Cadres, étriers, anneaux

Ronds lisses

FeE240

235

410

490

25

de levage des pièces

   

FeE400

400

480

14

Tous

Aciers à

Type 1

FeE450

441

-

-

travaux

FeE500

500

550

12

de

haute

Type 2

FeE400

400

480

14

béton

FeE500

500

550

12

armé

adhérence

Type 3

FeTE400

400

- -

 

Armatures

FeTE500

500

- -

 

préfabriquées

(H.A.)

Type 4

TLE52

520

- -

 

Radiers, voiles

6 mm

(TS)

TLE ∆> 6 mm

500

- -

 

planchers, dallages

Tableau 4.1. Caractéristiques de quelques nuances d'aciers. f e - limite d'élasticité; f rup - la contrainte de rupture; rup - l'allongement de rupture.

Diamètres, en mm

3

3,5

4 4,5

5

5,5

6

7 8

 

9 12

10

 

14

20

16 25

32 40

Ronds lisses et barres à H.A.

         

 

∑ ∑

∑ ∑

Fils tréfilés H.A.

 

∑ ∑

     

     

Treillis soudés (TS)

∑ ∑

   

∑ ∑

∑ ∑

       

Tableau 4.2. Diamètres nominaux des aciers

5 6 8 10 12 14 16 20 25 32 40

5

6

8

10

12

14

16

20

25

32

40

 

1 0.20

0.28

0.50

0.79

1.13

1.54

2.01

3.14

4.91

8.04

12.57

 

2 0.39

0.57

1.01

1.57

2.26

3.08

4.02

6.28

9.82

16.08

25.13

 

3 0.59

0.85

1.51

2.36

3.39

4.62

6.03

9.42

14.73

24.13

37.70

 

4 0.79

1.13

2.01

3.14

4.52

6.16

8.04

12.57

19.64

32.17

50.27

 

5 0.98

1.41

2.51

3.93

5.65

7.70

10.05

15.71

24.54

40.21

62.83

 

6 1.18

1.70

3.02

4.71

6.79

9.24

12.06

18.85

29.45

48.25

75.40

 

7 1.37

1.98

3.52

5.50

7.92

10.78

14.07

21.99

34.36

56.30

87.96

 

8 1.57

2.26

4.02

6.28

9.05

12.32

16.08

25.13

39.27

64.34

100.53

 

9 1.77

2.54

4.52

7.07

10.18

13.85

18.10

28.27

44.18

72.38

113.10

 

10 1.96

2.83

5.03

7.85