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Saint Padre Pio
prêtre capucin stigmatisé canonisé à Rome (Italie) le 16 juin 2002

Padre Pio encourage à prier pour les âmes du purgatoire et pour les pécheurs

La messe du Padre Pio

Un jour, nous posions au Père, la question: «Père, qu’est votre messe pour vous?».
Le Père répondit: « Une union complète entre Jésus et moi ».
La messe du Padre Pio était vraiment cela: Le Sacrifice du Golgotha, le Sacrifice de
l’Eglise, le Sacrifice
de la dernière Cène et aussi notre Sacrifice.

Et, encore: «Sommes-nous seuls à être rangés autour de l’autel pendant la messe?
– Autour de l’autel, il y a les Anges de Dieu.
– Père, qui se trouve autour de l’autel?
– Toute la Cour céleste.
– Père, la Madone est-elle aussi présente pendant la messe?
– Une mère peut-elle rester indifférente à son Fils? ».

Et dans une lettre que le Père écrivit, en mai 1912, nous apprenons que la Sainte Vierge
l’accompagnait à
l’autel. La Mère de Dieu et notre Mère n’a évidemment pas d’autre souci que celui de son
Fils Jésus qui
devenait visible, à nos yeux, dans la chair du Padre Pio, blessé par amour pour Dieu et ses
frères.

« Père, comment devons-nous assister à la messe?


– Comme la Sainte Vierge et les saintes femmes, avec amour et compassion. Comme
saint Jean assistait à
l’Offrande Eucharistique et au Sacrifice sanglant de la Croix. »

Pour le cardinal Saraiva Martins, le bienheureux Padre Pio a été "un grand apôtre du
confessionnal", où il
demeurait pendant des heures à la disposition des pèlerins, et ceci pendant 58 ans.

"Dans la cause de sa canonisation, cela constitue certainement son titre de gloire le plus
grand, la
vérification de sa sainteté et l'exemple le plus admirable qu'il a laissé aux prêtres du
monde entier",
commente le cardinal Saraiva Martins.

Comme les stigmates le manifestent de façon éclatante, sa spiritualité puisait à la


source de la croix.
"Probablement la plupart des gens ne connaissent pas beaucoup cet aspect, remarque le
cardinal préfet,
du reste on en parle peu. En parlant du Padre Pio, on met l'accent sur d'autres choses, plus
faciles à
comprendre et à accepter. Mais si l'on enlève de la vie du Padre Pio et de sa spiritualité la
réalité de la
croix, on enlève toute signification à sa sainteté. La croix, non pas comme un simple
épisode, mais
comme un style de vie, car toute sa vie a été vécue à l'ombre de la croix pour la gloire de
Dieu, pour sa
sanctification personnelle et pour le salut de ses frères".

Pas de dolorisme pourtant puisque le Padre Pio a fondé la "Maison du soulagement de la


souffrance", un
hôpital ultra moderne, au service de la vie. Pour le Padre Pio, explique le cardinal Saraiva
Martins, la
souffrance n'est pas une "punition", mais une "preuve d'amour et de prédilection"
pour des personnes "choisies pour participer aux mystères douloureux du Rédempteur".

Les pélerins venant assister à la messe de Padre Pio

Vers deux ou trois heures du matin, les lourds autobus déchargeaient devant le couvent
leurs occupants,
surpris de voir déjà la place de l’église noire de monde. On attendait patiemment
l’ouverture des portes
pour entrer ; en attendant, on récitait le chapelet.
Pour l’incroyant qui venait simplement en curieux, la messe du Père Pio était peut-être
une cérémonie
comme toutes les autres ; mais, pour le croyant, elle était d’une valeur infinie par la
présence réelle du
Seigneur que le célébrant appelle infailliblement sur l’autel par les paroles consécratoires.
A la messe, Jésus, notre Dieu, est le prêtre qui accomplit l'offrande de lui même à son
Père, Jésus est la victime offerte et l'autel sur lequel le sacrifice est offert. La messe a
toujours et partout la même valeur, là où elle est célébrée validement: pourquoi vouloir
assister à celle du Père Pio? Parce que ce capucin rendait palpable la mystérieuse
présence.

Lorsque le Père Pio célébrait la messe, il donnait l’impression d’une si intime, si intense,
si complète
union avec Celui qui s’offrait au Père Eternel, en victime d’expiation pour les péchés des
hommes.

Dès qu’il était au pied de l’autel, le visage du célébrant se transfigurait. Il ne s’y trouvait
pas seulement
comme prêtre pour l’Offrande, mais comme l’homme de Dieu pour témoigner de son
existence, comme
prêtre qui portait lui-même les cinq plaies sanglantes de la crucifixion sur le corps. Le
Père Pio possédait
le don de faire prier les autres. On vivait la messe. On était fasciné. Je puis dire, qu’à San
Giovanni
seulement, j’ai compris le divin Sacrifice.

Cette messe durait longtemps ; cependant, à la suivre dans sa longue célébration, on


perdait toute notion
de temps et de lieu. La première fois que j’y assistai, j’ai regretté qu’elle touchât à sa fin.
Avec stupeur, je
me rendis compte qu’elle avait duré plus de deux heures!

Toute la vie du Père Pio était centrée sur le saint Sacrifice de la messe qui, disait-il, jour
par jour, sauve le
monde de sa perdition. Brunatto, qui assistait généralement le Père et eut le bonheur de le
servir,
témoigne que, pendant les années de son isolement, la célébration durait jusqu’à sept
heures. Plus tard,
elle fut limitée par l’obéissance et durait environ une heure.

Oui, vraiment, cette messe du Père Pio était un événement inoubliable et on avait raison
de vouloir y
assister au moins une seule fois.

Lorsqu’il quittait la sacristie, le Père était généralement soutenu par deux confrères, car
ses pieds
transpercés le faisaient atrocement souffrir. D’un pas lourd, traînant, incertain,
chancelant, il s’avançait
vers l’autel. Outre les stigmates, il passait encore toute la nuit en prière; ce qui fut vrai
tout un
demi-siècle.

On l’aurait cru écrasé sous le poids des péchés du monde. Il offrait toutes les intentions,
les demandes, les
supplications, qui lui avaient été confiées par écrit ou oralement, de l’univers entier. II
portait, en outre,
toutes les afflictions, les souffrances, les angoisses pour lesquelles on venait à lui et dont
il s’était chargé.
C’est pourquoi l’Offrande de cette messe était si longue et si impressionnante.

Il faisait tout pour détourner l’attention de lui. Il évitait tout ce qui pouvait être
spectaculaire dans son
maintien, son expression, ses gestes, dans sa manière de prier et de se taire; et pourtant,
son maintien, sa
façon de prier, son silence, et surtout les longues pauses, dans toute leur simplicité,
étaient vraiment
dramatiques.

Lorsque, dans le silence recueilli d’une foule intimement unie à lui, le Père Pio prenait la
patène dans ses
mains sanglantes et l’offrait au Père Tout-Puissant, elle pesait lourd de cet énorme amas
de bonnes
oeuvres, de souffrances et de bonnes intentions. Ce pain qui allait tantôt prendre vie,
changé en Celui qui,
seul, réellement, était capable de payer complètement la rançon des péchés des hommes.

Ce n’était pas seulement les principales parties de la messe qui étaient remarquables, dans
cette
célébration. Le Père Pio célébrait toute la messe avec la même attention soutenue,
visiblement conscient
de la profonde signification de chaque mot, de chaque geste liturgique. Ce qui se passait
entre Dieu et lui
demeurait un mystère, mais on pouvait en deviner quelque chose dans certains silences,
dans certaines
pauses plus longues; les traits de son visage en trahissaient parfois son intense
participation au Drame
qu’il vivait. Les yeux fermés, il était souvent en conversation avec Dieu, ou transporté en
extase dans la
contemplation.

Seul, un ange serait capable de décrire dignement cette messe. Les plaies permanentes de
son corps
n’étaient que les signes visibles du martyre intérieur qu’il subissait avec le divin Crucifié.
C’est
pourquoi, l’attention de l’assemblée était fixée sur le point culminant du Saint Sacrifice:
la Consécration.

En effet, ici, il s’arrêtait un instant comme pour se concentrer. Une lutte semblait
s’engager entre lui, qui
tenait dans ses mains l’hostie immaculée et, Dieu sait, quelle force obscure et invisible
qui, sur ses lèvres,
retenait les paroles consécratoires chargées de force créatrice.

Certains jours, la messe était pour lui, à partir du Sanctus, un vrai martyre. La sueur
couvrait son visage
et les larmes coulaient le long de ses joues. C’était vraiment l’homme des douleurs aux
prises avec
l’agonie. Involontairement, je pensais au Christ au Jardin des Oliviers.

On voyait clairement, qu’en proférant les paroles de la Consécration, il subissait un réel


martyre. A
chaque mot, un choc semblait parcourir ses membres. Serait-il possible, comme certains
le pensent, qu’il
souffrait alors plus intensément la Passion du Christ et que les spasmes pénibles, qu’il
réprimait autant
que possible, l’empêchaient un moment de poursuivre? Ou devons-nous interpréter à la
lettre les paroles
du Père disant que le démon s’aventure parfois jusqu’à l’autel? Dans son attitude si
impressionnante, on
assistait donc à une lutte réelle contre Satan, qui, à ce moment, redoublait ses efforts pour
le tourmenter.
Les deux suppositions sont acceptables.

Souvent, lorsqu’il quittait l’autel, après la messe, certaines expressions involontaires et


révélatrices lui
échappaient. Comme se parlant à lui-même, il disait par exemple: « Je me sens brûler... »
et aussi: « Jésus
m’a dit... ».

Quant à moi, j’ai été, comme tous ceux qui ont eu le bonheur de participer à cette messe,
vivement
impressionné par cette émouvante célébration.

Un jour que la foule des pèlerins était particulièrement dense dans l’église de San
Giovanni, le Père me dit
après la messe: «Je me suis souvenu de vous à l’autel!». Je lui demandai: « Père, avez-
vous à l’esprit
toutes les âmes qui assistent à votre messe? ». Il répondit: « A l’autel, je vois tous mes
enfants comme
dans un miroir!».

Toute la vie du Père Pio a été une Passion de Jésus. Sa journée entière était la
continuation du Sacrifice
de la messe.

BIOGRAPHIE

«Mais pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil» (Ga
6, 14).
Padre Pio de Pietrelcina, comme l'Apôtre Paul, plaça la Croix de son Seigneur au sommet
de sa vie et
de son apostolat, comme sa force, sa sagesse et sa gloire. Enflammé d'amour pour Jésus
Christ, il se
conforma à lui dans l'offrande de lui-même pour le salut du monde. En suivant et en
imitant le Crucifié,
il fut si généreux et parfait qu'il aurait pu dire: «Avec le Christ, je suis fixé à la croix: je
vis, mais ce n'est
plus moi, c'est le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 19-20). Et les trésors de grâce que Dieu lui
avait
accordés avec une largesse singulière il les distribua sans répit par son ministère, servant
les hommes et
les femmes qui accouraient à lui toujours plus nombreux, et engendrant une multitude de
fils et de filles
spirituels.

Ce digne disciple de saint François d'Assise naquit le 25 mai 1887 à Pietrelcina, dans
l'archidiocèse de
Bénévent, de Grazio Forgione et de Maria Giuseppa De Nunzio. Il fut baptisé le
lendemain et reçut le
nom de François. À 12 ans il fit sa Confirmation et sa première communion.
À 16 ans, le 6 janvier 1903, il entra au noviciat de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins à
Morcone, où,
le 22 du même mois, il revêtit l'habit franciscain et prit le nom de Frère Pio. Une fois
achevée l'année du
noviciat, il fit profession en émettant les vœux simples et, le 27 janvier 1907, les vœux
solennels.

Après l'ordination sacerdotale, qu'il reçut le 10 août 1910 à Bénévent, il resta dans sa
famille jusqu'en
1916, pour des raisons de santé. En septembre de la même année il fut envoyé au couvent
de San
Giovanni Rotondo et il y demeura jusqu'à sa mort.
Enflammé de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain, Padre Pio vécut pleinement sa
vocation qui
consistait à participer à la rédemption de l'homme, selon la mission spéciale qui
caractérisa toute sa vie
et qu'il réalisa par la direction spirituelle des fidèles, la réconciliation sacramentelle des
pénitents et la
célébration de l'Eucharistie. Le moment le plus éminent de son activité apostolique était
celui où il
célébrait la messe. Les fidèles qui y participaient y percevaient le sommet et la plénitude
de sa
spiritualité.

Dans le domaine de la charité sociale il s'appliqua à soulager les souffrances et les


misères de
nombreuses familles, principalement par la fondation de la «Casa Sollievo della
Sofferenza», inaugurée
le 5 mai 1956.
Pour ce Serviteur de Dieu la foi était la vie: il voulait tout et faisait tout à la lumière de la
foi. Il
s'investissait continuellement dans la prière. Il passait la journée et une grande partie de la
nuit en
dialogue avec Dieu. Il disait: «Dans les livres nous cherchons Dieu, dans la prière nous le
trouvons. La
prière est la clé qui ouvre le cœur de Dieu». Sa foi le porta constamment à accepter la
volonté
mystérieuse de Dieu.
Il était en permanence immergé dans les réalités surnaturelles. Non seulement il était
l'homme de
l'espérance et de la confiance totale en Dieu, mais, par la parole et par l'exemple, il
inspirait ces vertus à
tous ceux qui l'approchaient.

L'amour de Dieu le remplissait, répondant à toutes ses attentes; la charité était le principe
qui dirigeait
ses journées: aimer Dieu et le faire aimer. Sa préoccupation particulière: grandir et faire
grandir dans la
charité.
Il manifesta le maximum de sa charité envers le prochain en accueillant, pendant plus de
50 ans, de très
nombreuses personnes, qui accouraient à son ministère et à son confessionnal, à son
conseil et à son
réconfort. Il était comme assiégé : on le cherchait à l'église, à la sacristie, au couvent. Et il
se donnait à
tous, faisant revivre la foi, distribuant la grâce, portant la lumière. Mais il voyait l'image
du Christ
particulièrement dans les pauvres, en ceux qui souffrent ou qui sont malades, et il se
donnait
spécialement à eux.
Il a exercé de manière exemplaire la vertu de prudence, il agissait et conseillait à la
lumière de Dieu.
Son intérêt était la gloire de Dieu et le bien des âmes. Il a traité toutes les personnes avec
justice, loyauté
et grand respect.

La vertu de force a brillé en lui. Il ne tarda pas à comprendre que son chemin serait celui
de la croix, et
il l'accepta aussitôt avec courage et par amour. Il fit l'expérience pendant de nombreuses
années des
souffrances de l'âme. Pendant des années il supporta les souffrances de ses plaies avec
une admirable
sérénité. Il accepta en silence les nombreuses interventions de l'Autorité, et devant les
calomnies il se tut
souvent.
Il employa habituellement la mortification pour obtenir la vertu de tempérance,
conformément au style
franciscain. Dans sa mentalité et dans son mode de vie il était tempérant.
Conscient des engagements pris dans la vie consacrée, il observait avec générosité les
vœux professés. Il
a été obéissant en tout aux ordres de ses supérieurs, même lorsqu'ils étaient difficiles. Son
obéissance
était surnaturelle dans l'intention, universelle dans son étendue et intégrale dans son
exécution. Il
pratiqua l'esprit de pauvreté avec un total détachement de lui-même, des biens terrestres,
des
commodités et des honneurs. Il a toujours eu une grande prédilection pour la vertu de
chasteté. Son
comportement était modeste partout et avec tous.

Il s'estimait sincèrement inutile, indigne des dons de Dieu, rempli à la fois de misères et
de faveurs
divines. Face à l'admiration que lui portait beaucoup de monde, il répétait: «Je veux être
seulement un
pauvre frère qui prie».
Sa santé, depuis sa jeunesse, ne fut pas très florissante et, surtout au cours des dernières
années de sa
vie, elle déclina rapidement. «Sœur la mort» le frappa, alors qu'il était préparé et serein,
le 23 septembre
1968, à l'âge de 81 ans. Ses obsèques furent célébrées en présence d'une foule tout à fait
extraordinaire.
Le 20 février 1971, à peine trois ans après la mort du Serviteur de Dieu, Paul VI parlant
aux supérieurs
de l'Ordre des Capucins, disait de lui: «Regardez quelle renommée il a eue, quelle
audience mondiale il a
rassemblée autour de lui! Mais pourquoi? Peut-être parce qu'il était un philosophe? Parce
qu'il était un
sage? Parce qu'il avait des moyens à sa disposition? Parce qu'il célébrait la messe avec
humilité,
confessait du matin au soir, et était, c'est difficile à dire, un représentant de notre Seigneur
marqué de
ses stigmates. C'était un homme de prière et de souffrance».
Déjà durant sa vie il jouissait d'une grande renommée de sainteté, due à ses vertus, à son
esprit de
prière, de sacrifice et de consécration totale au bien des âmes. Au cours des années qui
ont suivi sa
mort,la renommée de sa sainteté et de ses miracles est allée en se développant, devenant
un phénomène
ecclésial, répandu dans le monde entier, auprès de toutes les catégories de personnes.

Ainsi Dieu manifestait à l'Église sa volonté de glorifier sur terre son fidèle serviteur. Il ne
se passa pas
beaucoup de temps avant que l'Ordre des Frères Mineurs Capucins n'accomplît les étapes
prévues par la
loi canonique pour mettre en route la Cause de béatification et de canonisation. Toute
chose examinée,
le Saint-Siège, selon les normes du Motu proprio «Sanctitas clarior», concéda le Nihil
obstat le 29
novembre 1982. L'Archevêque de Manfredonia put ainsi procéder à l'introduction de la
Cause et à la
réalisation du procès de reconnaissance (1983-1990). Le 7 décembre 1990, la
Congrégation pour les
Causes des Saints en reconnût la validité juridique. Une fois achevée la Positio, on
discuta, comme
d'habitude, pour savoir si le Serviteur de Dieu avait pratiqué les vertus à un degré
héroïque. Le 13 juin
1997, se tint le Congrès spécial des Consulteurs théologiens qui eut un résultat positif.
Dans la session
ordinaire du 21 octobre suivant, Mgr Andrea Maria Erba, Évêque de Velletri-Segni, étant
chargé de la
cause, les Cardinaux et les Évêques ont reconnu que Padre Pio de Pietrelcina a pratiqué à
un degré
héroïque les vertus théologales, cardinales et les autres.
Le 18 décembre 1997, en présence de Jean-Paul II, fut promulgué le décret sur l'héroïcité
des vertus.
Pour la béatification de Padre Pio, la postulation a présenté au dicastère compétent la
guérison de
Madame Consiglia De Martino, de Salerne. À propos de ce cas se déroula le Procès
canonique régulier
auprès du tribunal ecclésiastique de l'archidiocèse de Salerno-Campagna-Acerno, de
juillet 1996 à juin
1997, et cette guérison fut reconnue valide par un décret du 26 septembre 1997. Le 30
avril 1998 se
tint, au siège de la Congrégation pour les Causes des Saints, l'examen du Conseil médical
et, le 22 juin
de la même année, le Congrès spécial des Consulteurs théologiens. Le 20 octobre suivant,
au Vatican, se
réunit la Congrégation ordinaire desCardinaux et des Évêques membres du Dicastère, et
Mgr AndreaM.
Erba, chargé de la Cause. Le 21 décembre 1998, en présencede Jean-Paul II, fut
promulgué le décret
sur le miracle.

LA SPIRITUALITE DE PADRE PIO


(extraits du livre de C.Mortimer.Carty : PADRE PIO le stigmatisé)
source: http://livres-mystiques.com/ + Cédric André

On cherche Dieu à travers les livres; par la méditation on le trouve.

La vie du chrétien n'est qu'un effort perpétuel contre soi. L'âme ne s'épanouit qu'au prix
de la douleur.

A quelqu'un qui craignait de s'être trompé, Padre Pio disait : " Tant que vous avez peur,
vous ne pécherez pas. " Cette personne ajouta - " Peut-être, mon Père, mais je souffre
tellement' " Certes, on souffre : mais il faut distinguer entre la crainte de Dieu et la peur
de Judas. Trop de crainte nous fait agir sans amour; trop de confiance nous empêche de
pallier, avec une intelligente attention, au danger que nous devons dominer. Elles doivent
s'aider l'une l'autre, comme deux soeurs...

Si vous réussissez à vaincre la tentation, c'est comme si vous laviez votre linge sale.

Celui qui ne médite pas - disait-il un jour - m'a tout l'air d'un homme qui ne se regarderait
pas dans la glace avant de sortir, peu soucieux de sa tenue, et paraîtrait en négligé, sans le
savoir.
La personne qui médite et tourne son esprit vers Dieu, qui est le miroir de son âme,
dépiste ses fautes, les corrige de son mieux, modère ses impulsions et met sa conscience
en ordre.

Quelqu'un demanda un jour au Père : " Comment peut-on distinguer la tentation du péché
? Comment être sûr de ne pas être tombé dans le péché ? " Le Père sourit et répondit : "
Comment distinguez-vous un âne d'un être raisonnable ? - L'âne se laisse guider, tandis
que l'être raisonnable tient les rênes. - Parfait, reprit le Père. - Mais pourquoi la tentation,
une fois passée, laisse-t-elle une sensation de souffrance? " Alors le Père donna un
exemple : " Avez-vous jamais ressenti les effets d'un tremblement de terre ? Tout était
sens dessus dessous, vous aussi, mais vous n'avez pas été enseveli sous les gravats. "

Par notre calme et notre persévérance nous trouverons, non seulement nous mais nos
âmes, et Dieu Lui même.

Un homme vint un jour prier le Padre de guérir sa mère, lui en montra la photo et dit " Si
je le mérite, bénis-la. " Père Pio répliqua : " Ma che merito ! En ce monde, nul de nous ne
mérite rien. C'est le Seigneur qui est assez aimable, dans son infinie bonté, pour nous
combler de ses grâces, parce qu'il pardonne tout. "

Padre Pio abhorre la maxime : " Chacun pour soi; Dieu pour tous " C'est trop égoïste, trop
de ce monde pour lui. Il lui oppose celle-ci, de son cru " Dieu pour tous : mais personne
pour soi seul. "

Un jour, " interviewé " sur la pénitence et la mortification, le Père s'exprima en ces termes
: " Notre corps, c'est comme un âne qu'il faut battre, mais pas trop : parce que, s'il tombe,
qui nous portera ? "

Le démon n'a qu'une porte pour entrer dans notre âme : la volonté; il n'y a pas d'issues
secrètes. Aucun péché n'est un péché sans le consentement. Quand il n'y a pas
participation du libre arbitre, il n'y a pas péché, mais faiblesse humaine.

Quelqu'un se lamentait d'être torturé par le souvenir de ses fautes : " Ça c'est de l'orgueil,
trancha le Père; c'est le démon qui vous inspire ce sentiment, ce n'est pas une vraie
tristesse. - Mais comment délimiterai-je ce qui vient du coeur, ce qui est inspiré par Notre
Seigneur et ce qui, au contraire, ressortit au diable ? - A ce signe, sans hésiter : l'esprit de
Dieu est un esprit de paix... L'esprit du démon excite, exaspère, nous injecte une sorte
d'angoisse contre nous-même, alors que notre première charité nous concerne d'abord;
donc, si certaines pensées vous agitent... tenez pour assuré qu'elles viennent du diable.

A quelqu'un qui avait charge d'âme et lui demandait comment agir envers ceux qui sont
sourds aux appels de la vérité et de la bonté, le Padre répondit : " Essayez de les attirer
par l'amour et la charité, donnant sans compter, et si vous échouez, grondez-les. Le
Christ, notre modèle, a fait le Paradis, mais aussi l'enfer. " Une bonne réprimande est
parfois plus nécessaire qu'un aimable rappel à j'ordre.
En certaines circonstances le Padre dit à ses enfants spirituels : " Du pain et des coups
aident souvent à faire de beaux garçons."

Un jeune homme lui avoua qu'il craignait de l'aimer plus que Dieu. Ce à quoi le Padre
répliqua : " Vous devez aimer Dieu d'un amour infini à travers moi. Vous m'aimez parce
que je vous guide vers Dieu qui est le bien suprême. Je ne suis qu'un moyen. Si je vous
guidais vers le mal, vous cesseriez de m'aimer. "

Signorina Maria Pennisi, un jour, se plaignit de ne pouvoir demeurer loin de Padre Pio
tant sa présence la rendait heureuse. Il observa : " Pour les enfants de Dieu il n'y a pas de
distance. " Comme elle ne paraissait pas convaincue, Père Pio sortit sa montre : " Dites-
moi, que voyez-vous au milieu, là ? - Le pivot, mon Père. - Exactement. Le pivot est
comme Dieu, inamovible, et les aiguilles courent, reliées au centre, et les aiguilles
mesurent le temps. L'espace entre les chiffres et le centre est négligeable, en somme...
Dieu est le centre, les chiffres les âmes, mais il y a aussi un Padre Pio qui fait le pont... "

La prudence a les yeux, l'amour les jambes. L'amour qui a les jambes voudrait courir à
Dieu, mais son élan est aveugle et l'on trébucherait s'il n'était conduit par la prudence, qui
a les yeux...

Une jeune et jolie femme, mariée à un membre du parlement qui mourut très jeune,
écrasée de chagrin, souhaitait se retirer du monde et fonder un Ordre. Elle consulta Padre
Pio : " Madame, avant de sanctifier les autres songez à vous sanctifier vous-même."

*. Cette dame est aujourd'hui Carmélite.

A un franc-maçon converti, Padre Pio dit : " Tous les sentiments, quelle que soit leur
source, ont du bon et du mauvais. A vous de n'assimiler que le bon pour l'offrir à Dieu. "

Une dame voulut bien reconnaître qu'elle avait quelque penchant à la vanité, le Père
commenta ainsi sa réflexion : " Avez-vous jamais vu un champ de blé en pleine maturité ?
Vous remarquez que certains épis se tiennent bien droit; d'autres ploient vers le sol.
Essayez les plus fiers, vous vous apercevrez qu'ils sont vides, mais les fléchissants, les
humbles, sont lourds degrain... "

Une dame demanda au Padre quelle prière Dieu appréciait le plus. Le Père répondit : "
Toute prière est bonne quand elle est sincère et continue. "

On lui répéta des phrases qui lui étaient attribuées. Alors : " On déforme souvent mes
dires. " Et quand on lui demandait des prières : " Je prierai pour vous. Mais vous, priez
pour moi. Priez et priez encore, pour ne pas vous rouiller, pour rie pas me refroidir à
votre endroit... Je vous paierai de la même monnaie. "

L'homme, dit le Padre, est tellement orgueilleux que lorsqu'il est heureux et puissant, il se
croit l'égal de Dieu. Mais, dans le malheur, abandonné à lui-même, il se souvient de
l'existence de I'Etre suprême.
Dieu enrichit l'âme qui a fait le vide en elle.

11, Dans la vie spirituelle on doit toujours foncer, jamais -reculer; sinon il arrive ce qui
arrive quand un bateau perd son gouvernail, il est refoulé par les vents.

Ce n'est pas manquer de patience qu'implorer de Jésus la fin de nos maux quand ils
excèdent nos forces; il nous restera toujours le mérite d'avoir offert notre souffrance...

Le mensonge est la progéniture de Satan.

La manie des " Pourquoi ? " a été calamiteuse pour le monde.

L'humilité est vérité. La vérité est humilité.

Une bonne action quel qu'on soit le motif, a pour mère la Providence.

La prière... est la clef qui ouvre le coeur de Dieu.

N'oubliez pas : l'axe de la perfection, c'est l'amour. Celui qui est centré sur l'amour vit en
Dieu, car Dieu est amour., comme dit l'Apôtre.

En mars 1923 une pénitente demandait au Père ce qu'elle devait faire pour se sanctifier. "
Dénouez vos liens d'avec le monde. " Une amie, sachant la vie retirée qu'elle menait, fit
un geste de surprise. Le saint se tourna vers elle et lui dit assez roidement : " Écoutez, on
peut se noyer en haute mer, on peut aussi s'étrangler jusqu'à étouffement avec un verre
d'eau. Où est la différence ? N'est-ce pas la mort des deux façons ? "

" Souvenez-vous, dit le Padre à un de ses pénitents, que la mère commence à faire
marcher son enfant en le soutenant; mais, plus tard, l'enfant doit marcher seul. Vous devez
apprendre à raisonner sans aide. "

A une zélatrice qui manifestait son regret de ne rien pouvoir faire pour lui : " Le général
est seul à savoir quand et comment employer un soldat. Guettez votre tour. "

" Pécher contre la charité, c'est comme si l'on trouait la pupille à Dieu ", et il ajouta : "
Qu'y a-t-il de plus délicat que la pupille de l’oeil ? Péché contre la charité cela équivaut à
un crime contre nature. "

L'amour et la crainte doivent être connexes : la crainte sans amour devient couardise;
l'amour sans la crainte devient présomption. L'on ne sait plus où l'on va.

Sans obéissance, pas de vertu; sans vertu pas de bien. Sans bien pas d'amour. Sans amour
pas de Dieu. Et sans Dieu, pas de Paradis.

Sur une image pieuse représentant la croix le Père écrivit un jour ces mots : " Le bois ne
vous écrasera pas; et si vous chancelez sous le faix, sa Puissance vous redressera. "
Pour M. Andrea Lo Guercio, un visiteur venu d'Amérique, sur une reproduction du Sacré-
Coeur " Humilité, pureté sont les ailes qui nous enlèvent vers Dieu et nous divinisent,
presque. N'oubliez pas : " Un malfaiteur qui rougit de son ouvrage est plus près de Dieu
qu'un homme'de bien qui rougit de mettre la main à la pâte. "

O pèlerin, je t'ai acheté au prix de mon sang!

Un instituteur sicilien, très intelligent, qui enseignait depuis plusieurs années dans un joli
bourg non loin de Bologne avait entendu parler de Padre Pio. Mais, rationaliste par
principe et réaliste par éducation, rien ne l'attirait au Monte Gargano; il lui semblait que
tous ces racontars relevaient d'une mentalité " mystico-prélogique ". Soyons juste, sa
répugnance ne visait pas l'homme. Un jour, quelqu'un lui prêta Dal Dubbio alla Fede (Du
doute à la foi) d'Alberto del Fante. Le soir du 27 août 1940, après en avoir terminé la
lecture, il s'endormit tout plein de son sujet.

Vers trois heures du matin, le sentiment d'une présence le réveilla : en face de lui un
Capucin, identique à celui de la couverture du livre, montait la garde. Il se frotta les yeux,
pas très rassuré. " Seriez-vous par hasard Padre Pio ? demanda-t-il timidement. - Oui,
répondit le moine en s'asseyant sur le bord du lit, parfaitement! Ne vous étonnez pas, ma
mission consiste à consoler les affligés, spécialement les affligés en esprit. Je vois que
vous cherchez loyalement le bonheur et la vérité, en d'autres termes, Dieu. Pour le
bonheur, il faut attendre un peu, cette terre est une vallée de larmes où nous devons porter
notre croix. Le bonheur en fait n'est pas de ce monde. Mais Dieu, vous le trouverez si
vous voulez. Vous vous êtes trompé de route : la connaissance qui n'a pas pour objet
CELUI QUI EST, à quoi bon? Pauvre chose que la science, mon fils, moins que rien
comparée au mystère formidable de la Divinité! Suivez un autre sentier. Purifiez votre
coeur de toute passion humaine. Humiliez-vous, priez, vous obtiendrez, je vous le
certifie, la paix en ce monde et la béatitude éternelle. J'AI PARLÉ. Je dois partir, car
d'autres malheureux languissent; auparavant, je bénis cette demeure où règnent la bonne
volonté et la probité. LOUÉ SOIT JÉSUS-CHRIST! "

Dès que l'évocation eut disparu, l'instituteur sauta de son lit et nota tout ce qui lui avait
été dit, tremblant d'oublier. Il lui sembla que l'on guidait sa main quand il n'était pas sûr
du mot exact. Le matin, il se mit à feuilleter la Bible, et constata que, les prophètes
emploient justement la formule CELUI QUI EST, formule à lui jusque-là inconnue, pour
désigner Dieu. Il montra ces feuillets à del Fante qui lui confirma l'emploi fréquent de ce
coupant " J'AI PARLÉ " quand un pénitent du Padre lui cherchait de mauvaises raisons.
Les derniers mots de l'entretien " LOUÉ SOIT JÉSUS CHRIST " servent généralement
de conclusions aux homélies franciscaines.

A signor Natal Selvatici, de Bologne, Arcovegio 1084 " N'oubliez pas que l'homme a un
esprit, qu'il a un cerveau pour raisonner, un coeur pour sentir, qu'il a une âme. Le coeur
peut être commandé par la tête, mais pas l'âme. Ainsi doit-il exister un Etre suprême qui
la dirige... "
Dans la vie de l'esprit, plus on court moins on s'essouffle; comme un prélude à l'éternelle
paix, la joie décuple l'ardeur du fort autant que son ascèse l'épanouit.

A un pénitent qui avait précédemment vécu dans le vice, et qui lui demandait si, en
changeant de vie, il obtiendrait son pardon et mourrait dans la foi, il répondit : " Les
portes du paradis sont ouvertes là toute créature. Souviens toi de Marie-Madeleine. "

A Signorina Carmencita Borgognos, secrétaire Je l'Action catholique à la paroisse de


Cartegna, Espagne, avait écrit à Padre Pio; il lui fit savoir qu'elle n'avait qu'à frapper à la
porte du tabernacle, suppliant Jésus de l'aider en sa tâche d'apostolat et conclut : " La
charité est l'étalon auquel Notre Seigneur mesure toutes choses. "

Le temps qu'on perd en l'honneur de Dieu à récupérer des âmes n'est jamais bêtement
perdu.

Enfouissez au fin " fond de votre esprit les, paroles de Notre Seigneur " A force de
patience, vous posséderez votre âme. " Appelez-en à Dieu quand votre croix vous
meurtrit... Vous imitez ainsi le Fils qui, à Gethsémani, implora quelque allégement. Mais,
comme lui, soyez prêt à dire : Fiat!

Jésus vous guide vers le ciel par champs ou par déserts, quelle importance ?... Arrangez-
vous avec les épreuves qu'il Lui plait de vous envoyer comme si elles devaient être les
compagnes de toute votre vie... Au moment où vous vous y. attendrez le moins, les voilà
résolues...

Les grands coeurs ignorent les griefs mesquins.

L'attrait de la paix éternelle est légitime et saint, mais doit être modéré par une totale
résignation aux desseins du Très-Haut : mieux vaut accomplir la Volonté divine sur la
terre que se réjouir au Paradis. " Souffrir et ne pas mourir " était le leit-motiv de sainte
Thérèse. Le Purgatoire est un lieu de délices quand on le subit par choix d'amour.

Le démon est comme un chien à la chaîne; gardez vos distances, vous ne serez pas
mordu...

Tentations, tracas, soucis, sont les armes de notre ennemi. N’oubliez pas : s'il fait tant de
bruit, c'est signe qu'il est dehors et pas dedans. Ce qui doit nous effrayer, c'est que la paix
et l'harmonie règnent entre notre âme et le démon.

Les tentations émanent de l'ignoble et des ténèbres; les souffrances du sein de Dieu : les
mères arrivent de Babylone, les filles de Jérusalem. Méprisez les tentations, recevez les
vicissitudes à bras ouverts. - Non. enfant, non! Laisse le vent souffler : tu confondais le
friselis des feuilles avec L'écho de la bataille.

Golgotha. Un sommet dont l'escalade nous réserve une vision béatifique de notre cher
Sauveur.
Si Jésus se manifeste à vous, remerciez; s'il se dérobe, remerciez. C'est tout le jeu
d'amour pour nous attirer suavement à son Père. Persévérez jusqu'à la mort, jusqu'à la
mort avec le Christ sur la Croix.

Non seulement la divine Sollicitude ne repousse pas les âmes repentantes, mais elle part à
la recherche des plus endurcis.

Le don sacré de la prière est dans la droite du Verbe, notre Sauveur; selon que vous videz
votre Moi de vous même, c'est-à-dire de l'attachement des sens et de votre volonté
propre, vous enracinant en la sainte humilité, le Seigneur parle à votre coeur.

Pratiquez avec persévérance la méditation, à pas menus, en attendant que vous ayez de
bonnes jambes, ou plutôt des ailes... Ainsi de l’oeuf pondu dans la ruche, qui deviendra
tôt une abeille adulte, industrieuse de miel.

Le coeur de notre divin Maître ne connaît que la loi d'amour, de douceur, d'humilité.
Mettez votre confiance en la divine bonté de Dieu, et soyez assuré que la terre et le ciel
manqueront plutôt que la protection de votre Sauveur.

Cheminez simplement dans les voies du Seigneur, ne vous torturez pas l'esprit... Vous
devez haïr vos péchés, mais avec une calme assurance, non pas avec une inquiétude
lancinante...

www.JesusMarie.com Alexis@JesusMarie.com

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