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Cervicalgies Partie G : Examen du patient Stage Bucuresti 2012 Jacques Vaillant, CHU Grenoble -
Cervicalgies Partie G : Examen du patient Stage Bucuresti 2012 Jacques Vaillant, CHU Grenoble -

Cervicalgies Partie G : Examen du patient

Stage Bucuresti

2012

Jacques Vaillant, CHU Grenoble - Université Joseph Fourier

2. Examen - Bilan

2.1. Evaluation des déficiences de structures et de fonctions

Perturbation de la cinétique oculo- cervicale

Diminution de la mobilité cervicale spontanée

Compensation par la mobilité du tronc et des yeux

Entretien avec le patient et évaluation de la douleur

Interrogatoire :

Site de la douleur

Irradiation

Durée de l’affection

Circonstances de survenue

Mode d’installation

Intensité de la douleur

Fréquence de la douleur

Durée de la douleur

Délai d’installation

Facteurs déclenchants

Facteurs aggravants

Facteurs de soulagement

Typologie et dosage des antalgiques

Typologie et dosage des antalgiques • Extrait de www.antalvite.fr

Extrait de www.antalvite.fr

Douleur :

Points clés

Topographie (Quebec Task Force, 1995)

Quantification : EVA

Algomètre (piston à ressort) : douleurs musculaires

Recherche de radiculalgies (élimination d’une NCB)

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« La douleur

L’utilisation de l’échelle visuelle analogique de 100 mm (EVA) peut être recommandée pour évaluer l’intensité de la douleur du patient.

L’utilisation d’un schéma représentant les zones douloureuses est recommandée afin de mieux localiser la topographie des territoires douloureux.

Ce dessin pourra être complété soit par le patient soit par le praticien (accord professionnel). »

Et à part cela ???

« Que se passe-t-il d’autre dans votre vie ? »

« Comment vont les choses au travail ? »

Examen tégumentaire :

Infiltrat sous-cutané sur le rachis, le cuir chevelu, le visage, les épaules.

Points de Knap ou points gachettes (muscle,

sous-cutané sur le rachis, le cuir chevelu, le visage, les épaules. • Points de Knap ou
sous-cutané sur le rachis, le cuir chevelu, le visage, les épaules. • Points de Knap ou
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Examen morphologique

Global (morphotype)

Qualitatif :

Longiligne / bréviligne

Quantitatif :

Circonférence du rachis cervical (reproductible)

• Qualitatif : Longiligne / bréviligne • Quantitatif : Circonférence du rachis cervical (reproductible) 10
• Qualitatif : Longiligne / bréviligne • Quantitatif : Circonférence du rachis cervical (reproductible) 10

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Examen morphologique

Examen morphostatique frontal de dos

Équilibre général

Pieds ->Genoux->Bassin -> Rachis-> Ceinture Scapulaire

Objectiver

Marquage des épineuses (fil à plomb)

Fil à plomb C7 -> pli interfessier Scoliose : mesure des flèches

Examen morphologique

Examen morphostatique sagittal de profil

Équilibre général

Pieds ->Genoux->Bassin -> Rachis-> Ceinture Scapulaire

Objectiver

Équilibre fil à plomb tragus -> sol Flèches S1 -> occiput

Rachis-> Ceinture Scapulaire • Objectiver Équilibre fil à plomb tragus -> sol Flèches S1 -> occiput

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Comment évaluer ?

Position :

Spontanée ?

Corrigée sans référence ?

Corrigée avec référence ?

Corrigée avec référence et contre-appuis ?

Quelles déductions thérapeutiques ?

Spontané = Défaut d’automatisation + défaut de conscience + défaut musculaire + défaut de souplesse

Corrigé sans référence = défaut de conscience + défaut musculaire + défaut de souplesse

Corrigé avec référence = défaut musculaire + défaut de souplesse

Corrigé avec référence et contre-appuis = + défaut de souplesse

Examen morphologique

Flèches S1 -> occiput (valeurs normales, Peninou, 1998)

S1 = 0

L3 = 40 mm

T8 = 0

C7 = 40 mm

C3 = 40 à 65 mm

Occ = 15 mm

« La posture

La position de la tête semble jouer un rôle dans la survenue de certaines cervicalgies (notamment lorsqu’elle est anté-projetée).

Et quand les douleurs apparaissent lors d’un maintien de la position (ou en fin de journée)

Il est recommandé de l’évaluer

par la mesure de distances comme la distance menton–fourchette sternale, ou en mesurant les flèches de certains repères anatomiques (tragus, apophyse épineuse de C7, acromion, grand trochanter, partie antérieure du genou, malléole externe) par rapport à un fil à plomb. »

Évaluation articulaire :

Mobilité cervicale globale

Et …

Mobilité thoracique

Mobilité scapulaire

Qualitative Étoile de Maigne I = faiblement limitée II = Limitée III =Très limitée

• Qualitative Étoile de Maigne I = faiblement limitée II = Limitée III =Très limitée 19

Mobilité régionale cervicale

Appréciation quantitative

Mesure centimétrique

Mesure angulaire (inclinomètre)

régionale cervicale Appréciation quantitative • Mesure centimétrique • Mesure angulaire (inclinomètre) 20
régionale cervicale Appréciation quantitative • Mesure centimétrique • Mesure angulaire (inclinomètre) 20
20
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« La mobilité articulaire

La cervicalgie est souvent associée à une diminution de mobilité globale du rachis cervical sans que cette association soit de nature causale.

La mesure de la mobilité par un mètre- ruban est la technique la plus couramment utilisée en pratique quotidienne. Sa reproductibilité est bonne chez le praticien expérimenté.

La mesure par inclinométrie est moins répandue. C’est pourtant la méthode la plus fiable. Il faut encourager son utilisation en France.

est moins répandue. C’est pourtant la méthode la plus fiable. Il faut encourager son utilisation en
est moins répandue. C’est pourtant la méthode la plus fiable. Il faut encourager son utilisation en

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L’évaluation de la mobilité intersegmentaire effectuée manuellement manque de reproductibilité. »

On peut distinguer rachis cervical haut et bas

Examen musculaire :

Palpation (contractures…)

Volume

Tensions

Force

Endurance

Capacité sensori-motrice

« La palpation

Dans le diagnostic kinésithérapique, la reproductibilité de la palpation reste non validée.

Cependant, l’abord manuel du patient fait partie intégrante du bilan. À ce titre, elle est recommandée (accord professionnel). »

Évaluation musculaire palpatoire

Palpatoire : recherche de tension, contractures

Échelle de Nilsson, 1995

0 = pas de réaction visible et rien à la palpation

1 = pas de réaction visible mais réaction verbale d’inconfort ou de légère douleur

2 = expression verbale spontanée de palpation douloureuse avant d’interroger le patient et éventuelle expression faciale d’inconfort

3 = grimace marquée et retrait, expression verbale marquée par la douleur

Evaluation des volumes

recherche asymétrie

Évaluation musculaire : Force

Appréciation manuelle :

la plus employée en pratique courante

influence de l’expérience et subjectivité du praticien

Break test symétriques

Évaluation musculaire

Endurance :

traduit bien les capacités fonctionnelles du sujet

endurance statique

endurance dynamique fonctionnelle

Test de flexion cranio-cervical

= force des fléchisseurs profonds du rachis

cervical. Chez un sujet allongé en décubitus dorsal, avec un système pneumatique gonflé à 20 mmHg. Le patient doit successivement appliquer une pression de 22, 24, 26, 28 et 30 mmHg durant 10 secondes (pour chacun des incréments). Le patient ne doit pas réaliser une rétropulsion de la tête. Le test est positif :

si le sujet n’est pas capable de développer une augmentation de pression de 6 mmHg,

si le sujet n’est pas capable de tenir 10 secondes,

s’il utilise ses muscles fléchisseurs superficiels,

s’il rétropulse la tête pour gagner en force.

endurance statique :

Fléchisseurs du cou

Harms-Ringdahl et coll.

poids de 0,5 kg au sommet de la tête

maintenir le plus longtemps possible dans une position de flexion de 10° (contrôlée au goniomètre)

temps (mesuré en secondes)

endurance statique :

Extenseurs cervicaux :

Harms-Ringdahl et coll. poids de 1,5 kg (femmes), 2 kg (hommes)

tenir le plus longtemps possible dans cette position

temps mesuré en secondes (max. 360)

2 kg (hommes) – tenir le plus longtemps possible dans cette position – temps mesuré en

Endurance dynamique fonctionnelle :

Functional lumbar and cervical lifting tests ” ou “ PILE tests ” TK Mayer et coll. (1988)

soulèvement de charge répétitif version cervicale (et version lombaire)

endurance dynamique fonctionnelle :

charge initiale de 3,6 kg pour les femmes et de 5,9 kg pour les hommes

tous les quatre mouvements (20 secondes), poids augmenté de 2,25 kg pour les femmes et de 4,5 kg pour les hommes

la charge finale représente le résultat au test.

Évaluation musculaire

Extensibilité :

mobilité du rachis

trapèzes et élévateurs de la scapula peuvent être en partie testés sans mobiliser le rachis cervical

Évaluation musculaire

Proprioception :

Cervical : test de repositionnement céphalique (TRC)

Le sujet réalise une série de rotations droites puis une série de rotations gauches en cherchant à revenir à chaque fois dans la position initiale

vingt essais + moyenne de l’écart avec le “ zéro ” de la cible (mesuré en rayon et traduite en erreur angulaire)

« L’activité neuromusculaire

L’évaluation manuelle de la résistance musculaire est un des moyens qui permettent d’apprécier les capacités fonctionnelles du patient.

[…] il est recommandé d’utiliser, lorsque l’état du patient le permet, 2 tests d’endurance : un test pour évaluer la résistance des muscles extenseurs du rachis, l’autre pour évaluer celle des fléchisseurs.

« L’extensibilité

se définit comme la capacité du muscle à s’étirer sur une amplitude importante. La mesure de l’extensibilité des muscles cervicaux est difficile à mettre en oeuvre.

Il n’existe aucune preuve de l’utilité de son évaluation. »

Test de souffrance nerveuse

On place progressivement la ceinture scapulaire en position basse, abduction de l’épaule, extension du poignet et supination de l’avant-bras, rotation externe de l’épaule, extension du coude, puis inclinaison controlatérale du rachis cervical.

Le test est positif s’il existe une asymétrie de plus de 10° entre les deux membres supérieurs ou s’il reproduit les douleurs ressenties par le patient.

de plus de 10° entre les deux membres supérieurs ou s’il reproduit les douleurs ressenties par

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Test de Spurling

Dans la direction du côté douloureux, le patient effectue une inclinaison associé à une rotation de sa tête préalablement placée en extension.

Le test est positif si la mise en charge par une pression passive verticale dirigée de haut en bas, exercée par l’examinateur, reproduit les signes douloureux. Le test permet de signer la souffrance radiculaire par compression foraminale

reproduit les signes douloureux. Le test permet de signer la souffrance radiculaire par compression foraminale 40

Test de distraction ou test de Spurling inversé

Le test est réalisé en effectuant une inclinaison et rotation controlatérale à la douleur. La douleur signe une atteinte des muscles cervicaux homolatéraux.

et rotation controlatérale à la douleur. La douleur signe une atteinte des muscles cervicaux homolatéraux. 4

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« La proprioception

Plusieurs auteurs ont souligné l'intérêt de la mesure du repositionnement de la tête chez les patients souffrant de cervicalgie. […]

Il est recommandé d’utiliser ce test car il est reproductible, et permet de suivre l’état du patient. »

Évaluation si pbm équilibre

Troubles de l’équilibre = évaluer aussi le rachis cervical

Douleur

Mobilité cervicale

Tensions musculaires

Extensibilité musculaire

Capacité proprioceptive du rachis cervical

cervicale – Tensions musculaires – Extensibilité musculaire – Capacité proprioceptive du rachis cervical 43
cervicale – Tensions musculaires – Extensibilité musculaire – Capacité proprioceptive du rachis cervical 43
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Évaluation de l’équilibre

Cervicalgie = évaluer aussi les performances d’équilibre

One leg balance ou test d’appui monopodal ;

Hopping test performance ou test de saut antérieur sur un membre inférieur.

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Évaluation des limitations d’activités = critère de suivi principal

INDICE DE DOULEURS ET D’INCAPACITÉS CERVICALES :

Échelle du Neck Disability Index (NDI)

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Échelle NPQ ou Northwick Park Neck Paris Questionnaire

Échelle NPQ ou Northwick Park Neck Paris Questionnaire 49

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« Le retentissement fonctionnel et professionnel

Les retentissements fonctionnel (incapacité), professionnel et social (handicap évalué par la durée des arrêts de travail, les échelles d'évaluation du retentissement sur les activités de tous les jours, etc.) de la cervicalgie doivent faire partie des bilans.

Il est possible d’utiliser des échelles algofonctionnelles du type « NPDS » (version française) pour évaluer le retentissement de la douleur sur les activités fonctionnelles (accord professionnel). »

TROUVER DES MARQUEURS PERSONNELS

Diagnostic différentiel

Important, notamment en accès direct

Pathologie suspectée

Spondylarthropathie

(SpA)

Fracture, tassement

Métastase, lymphome

(SpA) Fracture, tassement Métastase, lymphome Éléments d’anamnèse Homme, < 40 ans, antécédents

Éléments d’anamnèse

Homme, < 40 ans, antécédents familiaux de SpA, antécédents d’uvéite, talalgies, fessalgies, psoriasis, diarrhée, douleurs inflammatoires. Sensibilité aux AINS.

antécédents d’uvéite, talalgies, fessalgies, psoriasis, diarrhée, douleurs inflammatoires. Sensibilité aux AINS.

Âge > 70 ans, antécédents d’ostéoporose. Traitement par corticoïdes, autre facteur ostéopéniant (ménopause précoce).

Âge > 50 ans, antécédents de cancer ostéophile (poumon, prostate, rein, sein, thyroïde -PP RST). Altération de l’état général. cervicalgies à début progressif, sans facteur déclenchant, s’aggravant, de rythme non strictement mécanique.

cervicalgies à début progressif, sans facteur déclenchant, s’aggravant, de rythme non strictement mécanique.

Éléments de l’examen physique

Accentuation de la cyphose dorsale. Uvéite, psoriasis cutané. Atteinte des sacro-iliaques.

Accentuation de la cyphose dorsale. Uvéite, psoriasis cutané. Atteinte des sacro-iliaques.

Accentuation de la cyphose dorsale.

Prostate indurée, tumeur du sein, hépatomégalie nodulaire, adénopathies ou autres atteintes organiques. Signes neurologiques déficitaires.

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Pathologie suspectée

Spondylodiscite

Tumeur

intrarachidienne

Méningoradiculites infectieuses (herpès, zona, VIH, Lyme)

Éléments d’anamnèse

Facteurs d’immunodépression (diabète, traitements), antécédents de geste sur le rachis (infiltration, chirurgie), infection (dentaire, endocardite), cervicalgies inflammatoires.

Douleurs nocturnes, de décubitus, obligeant à se lever et à marcher pour être soulagé.

Douleurs nocturnes, de décubitus, obligeant à se lever et à marcher pour être soulagé.

Absence de facteur traumatique déclenchant, de syndrome rachidien. Contexte infectieux, morsure de tique.

Éléments de l’examen physique

Signes généraux (fièvre, frisson). Plaie ou abcès cutané. Raideur rachidienne multidirectionnelle.

Raideur multidirectionnelle. Signes neurologiques sous- lésionnels.

Raideur multidirectionnelle. Signes neurologiques sous- lésionnels.

Irradiation pluriradiculaire, déficit moteur ou sensitif étendu à d’autres territoires. Lésions cutanées.

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