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Une opération de guerre psychologique de plus ?

Brouillamini à Bali - Examen de la valeur des premiers bruits


sur les attentats de 2002

AUTEUR: Sacha SHER

Un tour d’horizon des premières nouvelles qui ont porté sur le déroulement des attentats de Jalan
Legian, Kuta Beach, sur l’île de Bali, le 12 octobre 2002 à 23h05, révèle de profondes divergences
entre elles. L’incompatibilité des différents récits ainsi que le recul historique nous amènent à
considérer de manière dubitative de nombreux « faits » qui furent rapportés. Leur origine et leur
véracité semblant improbable, il doit être loisible de les considérer comme des bruits, voire, pour
les plus répandus, comme des rumeurs. Mieux, les preuves d’incertitudes, de peccadilles, de
paranoïa, de parjures, de présomptions et de palinodies abondent qui montrent que face à un
événement particulièrement tragique comme celui-ci, la vérité chemine sur un terreau humain peu
solide et même particulièrement marécageux et miné.

Nous nous intéresserons aux différentes versions ou revendications qu’ont catalysées ces
événements dévastateurs et à leur signification sociologique (fonds de croyances, situation
géographique et sociale du locuteur, intérêts personnels et politiques en jeu). Nous tenterons
d’éclaircir les origines ou le contexte de leur lancement, les moteurs et les courroies de
transmission qui les ont propulsées, les facteurs et les forces qui leur ont fait prendre telle ou telle
direction, et les conditions de leur propagation plus ou moins rapide et de leur amplification plus
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ou moins puissante sur tel ou tel terrain médiatique et social leur ayant servi de relais.

Au terme de cette étude, nous ne construirons pas forcément une version définitive et authentifiée
de ce qui a pu se passer. Non seulement parce que la chose n’est pas aisée, et que les méthodes
explorées, à la fois inductives et déductives, ne permettent pas forcément d’arriver concrètement
à une commune conclusion, comme l’avait remarqué sur ce sujet l’enquêteur et analyste politique
Hermawan Sulistyo à l’approche « souvent sophistiquée »[1], mais aussi parce que des regards
portés sur l’histoire de l’Indonésie montrent bien que les violences terroristes – qui ont d’ailleurs
déjà visé une boîte de nuit en 1976 à Medan, entraînant l’arrestation du groupe Timzar Zubil –,
peuvent à la fois être attribuées à de réelles luttes armées hostiles aux influences étrangères
(finance chinoise) ou revendiquant clairement la volonté d’instaurer un futur État islamique
indonésien ou régional séparé, et être assimilées à des manœuvres politiques entourées de
mystères et d’ambiguïtés, destinées par exemple à frapper les communistes ou à isoler
l’opposition radicale islamique – voir les précédents de l’armée secrète dirigée par les frères
Kartosuwirjo, de Tanjung Priok, du Talangsari, du Komando Jihad, et des incendies anti-chinois de
1998 dans le quartier de Glodok vraisemblablement menés par des milices avec l’accord
indifférent de la police et de l’armée [2].

Néanmoins, nous espérons apporter quelques jalons, car, comme l’a écrit Gabriel Rabhi sur
rue89.com le 5 février 2009, « il est impératif d’étudier avec la plus grande impartialité tous les
attentats qui influent lourdement le déroulement de l’histoire d’une région, d’un pays ou du
monde. Mais étudier des attentats ne signifie pas écouter les versions officielles ou les possibles
revendications, il s’agit surtout d’expliquer la version officielle et les revendications en
décortiquant les preuves, les événements en eux-mêmes, le contexte politique, médiatique, les
réactions des responsables politiques et les conflits d’intérêt ».
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Les avertissements préalables

Il est difficile d’interpréter la signification ou le rôle dévolu aux avertissements ou à leur


imprécision sur un risque d’attentat en 2002. L’ambassade US à Jakarta et le consulat US à
Surabaya ont fermé leurs bureaux durant six jours autour du premier anniversaire du 11
septembre 2001 sous le prétexte d’une menace crédible liée au réseau Al Qaïda. Le 26 septembre,
ils avertirent aussi les touristes de ne pas aller à Java City ou à Yogyakarta. A la même période,
Time magazine rapportait que des activistes d’Al Qaïda avaient planifié deux fois d’assassiner le
président indonésien. Ces craintes étaient-elle fondées ou exprimaient-elles les pensées profondes
de l’administration états-unienne vis-à-vis de l’Indonésie ? Selon la perception qu’en avait Dien
Syamsuddin, le secrétaire général du MUI (Conseil des Oulémas, Majelis Ulama Indonsedia) et
vice-président de la Muhammadiyah, le second mouvement islamique [3], tout ceci n’était que de
la « propagande noire ».

De son côté, le DFAT (Le Département Australien des Affaires Étrangères), avertissait également
le 20 septembre d’un risque toujours présent de terrorisme, mais mettait à part Bali, qui était « en
état de fonctionnement normal ». Le 3 octobre, l’ambassade d’Australie à Jakarta informait à
nouveau les expatriés de risques d’attentats organisés par des groupes militants contre des night-
clubs, des bars ou d’autres lieux de rassemblement, tout en précisant qu’à Bali, « tout était
calme » et « se passait normalement ». Or, les renseignements US avaient, de leur côté, évoqué
Bali comme une cible potentielle. Et ces informations avaient apparemment été transmises à
l’Australie. Mais selon Bill Blick, des renseignements australiens, il n’y avait malgré tout pas eu
d’avertissements spécifiques [4]. Qui croire ? Les renseignements des uns et des autres étaient-ils
sérieusement attestés ? Comment les Etats-Unis pouvaient-ils s’attendre à une attaque à Bali ?
Était-ce peut-être gloriole de leur part ou confirmation d’une piste sérieuse exprimée a posteriori ?

Selon une source moins précise dans la forme, puisqu’il s’agit d’un discours, la CIA aurait informé
Taïwan que des bombes exploseraient, mais les Taïwanais (qui n’eurent à déplorer qu’une victime)
n’auraient pas été informés comme il faut, ce qui aurait entraîné, trois jours après les attentats,
une demande de démission à l’encontre de deux ministres formulée par l’opposition taïwanaise,
pour manquement à leur devoir. L’auteur de cette affirmation n’est autre que Z.A. Maulani,
l’ancien chef des renseignements indonésiens, s’exprimant alors devant des étudiants de
l’université de Bengkulu, et imputant les attentats à une nouvelle structure clandestine des forces
de défense américaines chargée de forcer les pays visés à obéir aux Etats-Unis. Cette structure
tout à fait fantomatique – dont il n’est nulle mention dans la presse en ligne par abonnement –
serait la FAOG, la Free Active Operation Group, ce qui ne peut que faire soulever un sourcil sur
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d’autres de ses déclarations sur lesquelles nous reviendrons et qui sont, pour certaines,
difficilement vérifiables.

La nationalité des victimes

Sur 202 victimes au total, la répartition serait – selon la page anglophone de Wikipedia – la
suivante : 88 Australiens, 38 Indonésiens, 24 Britanniques (26 Britanniques selon un décompte
donné en décembre 2002 par le Sydney Morning Herald), 7 Américains, 6 Allemands, 5 Suédois, 4
Hollandais, 4 Français, 3 Danois, 3 Néo-Zélandais, 3 Suisses, 2 Brésiliens, 2 Canadiens, 2
Japonais, 2 Sud-Africains, 2 Sud-Coréens, 1 Équatorien, 1 Grec, 1 Italien, 1 Polonais, 1 Portugais,
1 Taïwanais et trois inconnus.

Dix jours après les attentats, Associated Press rapportait qu’un responsable du consulat américain
avait dénombré 7 victimes parmi ses ressortissants, dont deux qui avaient été identifiés
formellement et 5 autres qui étaient portés disparus.

Au départ, le bruit avait circulé qu’aucun Américain n’était décédé. Un commentaire semble-t-il
paru un peu avant cette déclaration américaine, s’étonnait de cette coïncidence et considérait que
cette exception démontrait l’implication des États-Unis dans le crime, leur volonté étant, dans
l’esprit du commentateur, de présenter l’Indonésie comme « un nid à terroristes et un lieu de
refuge pour les anarchistes » [5].

Le véhicule piégé était-il un 4X4 Kijang ou un minivan Mitsubishi L300 ?

Le véhicule piégé

Trois jours après les attentats, le chef de la police, le général Dai Bachtiar expliquait que
l’explosion était due à du C-4 (composition C-4) dissimulé dans un véhicule de fabrication
indonésienne, un Kijang, un petit 4X4 [6]. On ne sait sur quelles bases se fondait cette
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affirmation. Peut-être seulement sur des témoignages, car, le lendemain, on apprenait dans la
presse que selon le responsable de la police Mr. Hasyim, des témoins avaient évoqué une femme
qui avait « garé à la hâte son 4X4 Kijang » avant de courir rejoindre une autre voiture qui
l’attendait [7].

Après l’arrestation d’Amrozi le 5 novembre, la taille du véhicule s’agrandit, et on parla plutôt d’un
minivan Mitsubishi L300. La question peut se poser de savoir si cela n’avait pour but de s’accorder
avec ses déclarations sur la nature des explosifs, du nitrate d’ammonium, qui est beaucoup plus
volumineux que du C-4 pour produire les mêmes effets. Mais même dans ce cas, un observateur
réputé, Hermawan Sulistyo, estimait le 21 novembre que la quantité d’explosifs ne collait pas avec
l’histoire de la camionnette (van) [8].

Selon des déclarations du général Bachtiar, citées par l’ex-chroniqueur du Jakarta Post Robert S.
Finnegan, de la poudre noire aurait été trouvée dans le véhicule Mitsubishi. Finnegan, qui était
d’avis que l’enquête avait été très rapide et que vu l’intensité de l’explosion, le véhicule aurait dû
être vaporisé y compris le moteur, estimait donc que ces traces prétendument retrouvées devaient
appartenir à un autre véhicule chargé d’explosifs dans le but précis d’orienter l’enquête vers de
fausses pistes. Ce à quoi un enquêteur du gouvernement, Hermawan Sulistyo, lui répondit une
dizaine de jours plus tard, et tout en reconnaissant la présence du trou de « ground zero » (le
centre de l’explosion), que des morceaux du véhicule Mitsubishi avaient été retrouvés un peu
partout (dont des morceaux de valves et un pneu), et qu’il avait tout de même fallu une semaine
pour identifier les différentes pièces du puzzle et déterminer la nature du véhicule [9]. Pour autant
la persistance de la poudre à explosif malgré l’embrasement total du véhicule – comme le
soutenait Bachtiar – ne semble pas encore avoir été élucidée.

La manière dont furent déposés les explosifs

D’après, semble-t-il, la confession d’Amrozi, qui dit avoir acheté, modifié et arrangé, un « minivan
Mitsubishi L-300 », son frère Ali Imron conduisit le minivan avec la bombe principale au Sari Club,
et stationna la mini-camionnette à un endroit interdit, bloquant ainsi le trafic derrière lui, avant de
le fermer à clef et de s’en aller à pied [10]. Est-ce une illustration pittoresque de l’audace et de la
détermination à réussir des terroristes ? On peut tout de même s’interroger sur le caractère
judicieux de cet acte de la part d’un terroriste qui aurait sans doute préféré éviter d’être
remarqué.

Rappelons à titre d’anecdote et sans vouloir écarter l’existence d’éventuelles preuves matérielles
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de la présence de cette mini-fourgonnette, qu’un caméraman australien qui vivait à Bali et qui
avait filmé à chaud les dégâts affirmait qu’il n’y avait pas de trace d’une voiture piégée avec des
explosifs militaires de type C-4. Sans doute n’avait-il pas eu conscience de la puissance de
l’explosif… Lui-même penchait pour l’utilisation de bonbonnes de gaz de 50 kilogrammes. On
notera que le contexte s’y prêtait. Les gens du cru qualifiant en effet souvent de « bombes à gaz »
ces bonbonnes omniprésentes parmi les commerces, dans ce quartier que ne traversait aucune
canalisation souterraine de gaz [11].

La bombe principale a-t-elle pu avoir été placée sous la chaussée ou a-t-elle été lâchée du ciel, comme l'aurait aperçu un témoin, par exemple
depuis un Dash-7 arrivé peu de temps avant à Bali et dont les données de vol ont été arrachées des registres des tours de contrôle (voir cet
article de Wayne Madsen : http://www.rense.com/general75/indo.htm)
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Présence et origine d’un cratère

Bon nombre de sources font état d’un cratère laissé par le véhicule piégé. Quelques photos
montrent des secouristes plongeant un bâton dans un trou, et d’autres dans une mare au milieu
de la route [12]. Les photos de ce cratère non inondé sont peu nombreuses [13]. Robert S.
Finnegan, éditorialiste du Jakarta Post évaluait ses dimensions à cinq pieds de profondeur et à
vingt pieds de large. Selon lui, la bombe n’avait pas pu se trouver dans le van, car celui-ci aurait
dû être entièrement vaporisé, au lieu de quoi des morceaux de celui-ci furent retrouvés
alentour [14]. Le cratère était-il donc dû à une bombe située dans une voiture ? Certains locaux et
expatriés avaient jugé d’abord possible qu’il provienne d’une possible canalisation d’eau rompue,
et ce sur une « portion de la route » qui venait justement d’être refaite sur Legin Street (ou
Legian Street), devant le Sari Club [15]. Certains observateurs hésitaient donc sur la localisation
de la bombe : à l’intérieur d’une voiture piégée sous la route ? Telle était la « question clef ».

Prolongeons ces interrogations trop limitées. La bombe avait-elle été exceptionnellement


puissante ? Avait-elle explosé précisément au-dessus d’une portion de route mal refaite ou en
travaux ? N’est-on pas là en présence d’une simple association d’idée entre deux événements
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éloignés ? Un autre récit illustrera cette supposition. Le même article rapportait les dires des
employés d’hôtel : ils auraient vu des flashs et des étincelles sur des câbles électriques en hauteur
– chose courante – peu de temps avant l’explosion, et établissaient ainsi un lien de cause à effet
entre les deux phénomènes. Peut-être y a-t-il là une tendance à rapprocher dans le temps des
phénomènes trop séparés. Toutefois, si la réfection de la route précisément au même endroit que
là où se situait le cratère, est une histoire vraie relevée par ce que le journaliste appelle des
« observateurs » ayant entendu plusieurs locaux et expatriés, et ce séparément plutôt
qu’ensemble, afin d’éviter les influences mutuelles, cette interrogation « clef » n’aurait-elle pas
encore une légitimité ? Un raisonnement similaire a été employé à propos des attentats du 11
septembre 2001 : il y aurait eu coïncidence entre d’une part les attentats au Pentagone, et le fait
que l’aile touchée était en travaux peu de temps avant. Mais on notera l’imprécision du terme
« récemment », et il faudrait mesurer depuis quand les travaux étaient achevés, et combien de
temps un dispositif d’explosifs enterré pourrait rester en état de fonctionner. Autrement toute
argumentation resterait à l’état de supputation.

On peut aussi se demander dans quelles conditions des bombes peuvent créer des cratères. Il
semble à voir plusieurs films sur internet que des bombes classiques cachées dans des véhicules
ne provoquent pas de cratère, la conflagration étant à la fois insuffisamment puissante et ayant
naturellement tendance à suivre le chemin de plus faible résistance, c’est-à-dire les côtés et les
airs. Plus tard et sur un tout autre terrain, on pouvait apprendre qu’à Grozny, un 31 décembre,
une voiture piégée avait créé un cratère de dix mètres de large et de six mètres de profondeur, au
moyen, selon une revendication, de deux véhicules bourrés d’une tonne d’explosifs. On notera
toutefois ici que la revendication était venue tardivement et que la nature des explosifs n’était pas
précisée, si bien qu’il se peut aussi que des explosifs spéciaux aient été utilisés.

Les premières explications à la présence de ce cratère furent donc qu’une bombe spéciale avait
été utilisée. Un des premiers théoriciens à offrir très tôt une thèse alternative fut Joe Vialls. Ce
Britannique apparemment spécialiste des services secrets et des explosifs, était d’avis qu’une
bombe micro-nucléaire avait été employée, non seulement à Bali, mais aussi à Jakarta dans l’hôtel
Marriott en août 2003 et devant l’ambassade australienne en septembre 2004, peu avant des
élections en Australie (un mois) et aux Etats-Unis. Son argumentation portait sur la direction
verticale prise par la conflagration, laquelle ne renversait pas les passants à proximité de la
détonation. Cette projection verticale est particulièrement visible devant l’ambassade australienne.
Et de même, si les photos manquent encore plus qu’à Bali, les premiers articles de la presse
parlaient bien de la présence d’un gros cratère [16]. Pour Vialls, la bombe, comme à Bali, aurait
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été nucléaire et cachée dans le sol. Mais pourquoi ne pas penser qu’à Bali, une bombe, certes
puissante, mais pas nucléaire, ait pu se trouver dans le sol ? Parce que, comme on peut le voir
d’une photo d’explosion au C-4 sous une piste d’envol américaine [17], les dégâts ne se seraient
pas répandus sur les côtés au niveau du sol ? Pourquoi ne pas penser qu’une bombe très
puissante ou à charge orientée vers le sol, ou les deux à la fois, ait pu se trouver dans la voiture ?
Pourquoi ne pas penser qu’une bombe lâchée en pleine nuit (à 23h05) du ciel (d’un petit avion de
type Dash-7) ait pu pénétrer au sol avant d’exploser. Selon une déclaration du 11 décembre de
l’avocat de Samudra, un témoin aurait vu un objet tomber du ciel avant l’explosion (voir l’annexe
plus bas). Les premières théories avancées mériteraient sans doute d’être affinées.

Le nombre de bombes

Le 22 octobre 2002, AP rapportait que selon le responsable de la police fédérale australienne Brett
Swan, une troisième bombe, située près du bureau du consul honoraire US n’avait pas fait de
victimes bien qu’ayant eu une puissance équivalente à environ la moitié de la première bombe. La
veille, ce même Brett Swann aurait cependant affirmé que les enquêteurs avaient écarté la
présence de cette troisième bombe composée d’une livre de TNT [18]. Aucune explication n’était
donnée à ce revirement.

La nature des explosifs

Les premiers témoins de la deuxième bombe témoignèrent avoir vu un « flash aveuglant » (Matt
Noyce), constaté la coupure temporaire du courant, soit après la deuxième explosion (témoignage
de Scott Smithwick) soit après la première explosion, suivie deux secondes après par un « énorme
flash » (vraisemblablement la deuxième explosion). Il y a quelque divergence dans ces souvenirs
censés révéler l’effet électro-magnétique d’une mini-bombe nucléaire. Et un professionnel de
l’information aurait au moins besoin de trois sources différentes pour attester du moment où se
serait produite cette coupure de courant, dont on ne sait pas non plus si elle était générale ou
localisée. Dans le ciel, ils virent « une énorme boule de feu » (Smithwick), ou « une boule d’un
rouge vif avec de la fumée purement blanche montant au-dessus sous la forme un champignon »
(Nishina). D’un point de vue olfactif, un pompier américain ou canadien aurait dit à Matt Noyce
avoir reconnu l’odeur du TNT [19]. Sensation sans doute faussée car cette deuxième bombe n’est
pas censée avoir été faite de TNT.

Au départ, de nombreuses sources s’accordèrent pour dire que des explosifs militaires avaient été
utilisés. Le 15 octobre, le chef de la police, le général Dai Bachtiar, et le chef des renseignements,
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Hendropriyono, parlaient de la présence probable de C-4. Pour un journaliste australien, cela
pouvait se rapprocher de la piste d’Al Qaïda car c’était la même substance portée par le célèbre
terroriste à la chaussure Richard Reid. Le C-4 « demande un degré d’expertise relativement
grand » [20].

Mais le même jour, les experts occidentaux semblaient vouloir faire pencher l’enquête vers la piste
du nitrate d’ammonium. Clive Williams, expert en terrorisme de l’Université Nationale
Australienne, estimait qu’il y avait « de bonnes chances que l’on s’aperçoive que l’explosif était du
nitrate d’ammonium ». A la fois parce que c’était la substance utilisée dans l’attentat de 1995 à
Oklahoma City, et parce que cela serait « cohérent avec l’activité terroriste ailleurs dans la
région » comme dans la prétendue tentative d’attentat contre une ambassade à Singapour
imputée à la Jemaa Islamiya [21]. Toutefois, pour cet expert, il n’était « pas clair » que le Kijang
apparemment garé près du Sari club ait pu être assez gros pour contenir suffisamment de nitrate
d’ammonium. Pour créer le même effet avec le Kijang, il aurait fallu qu’il y ait du C-4, une
substance plus difficile à obtenir. D’ailleurs, selon l’enquêteur Hendropryono, le C-4 n’était pas
disponible en Indonésie. On peut s’interroger : Hendropryono était-il déjà apprécié par les
Américains, et voulait-il orienter les recherches vers Al Qaïda ?

Le lendemain, 16 octobre, l’enquêteur Mohamed Hasyim affirmait au correspondant du journal


singapourien Straits Times, qu’après avoir pensé à la présence de TNT, la police (dont il faisait
partie) optait « plus probablement » pour un mélange de nitrate d’ammonium, d’aluminium, de
soufre, de Semtex et de C-4, un explosif « militaire puissant ». Ce mélange de C-4 et d’autres
substances, plutôt que du C-4 seul, était « aussi possible ». Mais on attendait encore les analyses
du laboratoire d’experts « dans les prochains jours » [22]. On en était donc encore au stade des
conjectures, et il est possible que le but ait là été de ménager des militaires.

D’autres factions moins enchaînées par les pesanteurs du pouvoir indonésien semblèrent d’abord
aller dans le même sens sur la nature des explosifs tout en pointant du doigt des commanditaires
étrangers. Le général Zaini Azhar (Z.A.) Maulani, un ancien responsable en chef des services
secrets (la Bakin) désormais à la retraite, et auteur de quelques livres [23], aurait affirmé que la
puissance des bombes correspondait à des dizaines de grenades de 108 mm., et que l’explosif
utilisé, du C-4 « ou Claymore » (en fait un explosif visant à envoyer des éclats), n’était fabriqué
qu’aux États-Unis [24]. Son opinion divergea à plusieurs reprises par la suite, sauf sur l’origine
occidentale des attentats.

Le 19 octobre, un expert en la question, Daryl Lyons, dirigeant d’Explosives Training Australia,


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estimait que pour faire les dégâts constatés, près de deux tonnes – et en tout cas pas moins d’une
tonne – de nitrate d’ammonium et une amorce en plastique militaire puissant avaient dû être
utilisés. Les criminels « étaient plutôt bien entraînés », « ils savaient exactement quoi faire », « il
fallait qu’ils aient une sorte de contact avec des militaires pour réussir cela » [25].

Deux jours plus tard, l’AFP mêlait les hypothèses du nitrate et du C-4, en citant un expert
australien, Bret Swann. Celui-ci considérait aussi dans une autre déclaration que la première
bombe avait été faite de TNT (2,2 livres, moins d’un kilo) et la deuxième seulement de nitrate
d’ammonium (110 à 330 livres – 50 à 150 kg.) [26]. On voit déjà que la mention du C-4
commençait à disparaître.

Justement à partir de la conférence de presse de l’enquêteur australien Mc Keelty du 21 octobre, il


ne fut plus question, du côté australien, que d’engrais et d’huile d’essence [27]. Cela arrangeait-il
quelqu’un ? Du côté indonésien, on se rapprochait de la thèse australienne en évoquant, par la
bouche d’Aritonang le 23 octobre, la présence d’un « dérivé » de nitrate d’ammonium mais aussi
de RDX. Deux jours après, le même évoquait du nitrate d’ammonium sans parler de « dérivé ».
Puis on confirmait à nouveau le 2 novembre la présence non seulement de RDX (plus puissant de
90% que du C-4 car privé des 9% de plastic de ce dernier qui le rendent plus malléable, et utilisé
déjà pendant la deuxième guerre mondiale), mais aussi de TNT, de HMX, ou de Semtex. Tandis
que la police fédérale australienne déclarait a contrario le 20 novembre n’avoir pas trouvé trace de
RDX, seulement de TNT et de chlorate [28].

Le 3 novembre, le retraité Maulani revenait sur le devant de la scène comme pour diffuser une
vérité plus officieuse. Convaincu que cette « opération stupide » n’apportait rien aux musulmans,
et que l’Indonésie ne connaissait aucun mouvement islamique susceptible de commettre des
crimes aussi horribles, il se rattachait à l’avis d’un « expert en explosifs », dont le nom était
translittéré par la BBC comme étant Joe Biyal (pour Joe Vialls), lequel affirmait que les explosifs
étaient inhabituels mais connus sous le nom de « munitions de démolition atomique
spéciales » (« special atomic demolition munitions » termes anglais utilisés par Maulani, abrégés
en SADM, des armes américaines portables existant depuis au moins les années
soixante). « L’expert ajoutait que la fabrication de ces explosifs avancés avait été monopolisée par
des États comme les États-Unis, l’Angleterre, la France, Israël et la Russie » [29]. En fait, Vialls ne
parlait pas de monopolisation, et ajoutait que la Chine aussi devait en avoir.

Cette méfiance vis-à-vis du matériel nucléaire peut peut-être provenir du refus des États-Unis et
d’autres puissances nucléaires d’accepter le traité de dénucléarisation de l’Asie-du Sud-Est de
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1995, et surtout de l’insistance des États-Unis à « préserver le passage de leurs navires équipés
d’armes nucléaires à travers les eaux de la région » [30].

Au début du mois de novembre, le 9, l’AFP citait le général Pastika, qui, parlant du deuxième
suspect arrêté à la radio, affirmait que les suspects avaient utilisé du nitrate d’ammonium,
retrouvé là même où Amrozi, le réparateur de motos, avait construit sa bombe. Amrozi aurait
acheté ce produit chez un vendeur de produits chimiques et d’engrais, Silvester Tendean [31].

Pourtant, le 13 novembre, Amrozi disait ne pas avoir assemblé la bombe. Stratégie de défense ?
Faille dans le dispositif prévu pour lui faire dire ce que la police voulait ? Le lendemain il réitérait
ses propos et affirmait avoir seulement conduit le véhicule. Pourquoi tant de contradictions ? Les
autorités indonésiennes voulaient-elles peut-être lancer un signal à la communauté des
musulmans, comme lorsqu’elles diffusaient des mélanges d’explosifs impossibles ? Le 22
novembre, on apprenait que selon Amrozi – apparemment sans qu’aucun élément matériel ne
vienne corroborer la chose – l’engrais chimique ayant servi d’explosif avait été du chlorate de
potassium – et non plus du nitrate d’ammonium ! Il en avait acheté une tonne, et aurait –
finalement – assemblé les bombes au troisième étage d’une maison louée pour l’occasion [32].
Peut-être que ce choix en hauteur l’avait mis à l’abri de regards indiscrets. En même temps, peut-
on s’interroger, y transporter tant de produits a dû se révéler pénible. Finalement, beaucoup de ce
qu’aurait prétendu Amrozi semble incertain. Et c’est à se demander, comme Maulani, si Amrozi –
qui rappelons-le était mécanicien et respirait peut-être toutes sortes d’émanations de produits
nocifs – avait le sens des réalités.

Assez curieusement, en accord avec cette version donnée par Amrozi, la commission d’experts et
de « docteurs » réunie par le Conseil des Ulémas (MUI) sous la direction du même lieutenant-
général à la retraite Z.A. Maulani, avec comme vice-chef Soeripto et secrétaire Adian Husaini, alla
dans le sens des aveux d’Amrozi. Cette commission avait été réunie dans le but de faire taire la
rumeur d’une micro-bombe nucléaire – réapparue sur internet le 21 octobre sous la signature de
Joe Vialls. Lors d’une conférence de presse à la MUI du 27 octobre 2002, celle-ci confirma la
présence de composés comme du chlorate, mais ajouta que les enquêteurs devaient également
diriger leurs investigations vers l’origine des explosifs puissants et « hautement sophistiqués »
également utilisés tels que du C4, du RDX, du HMX ou du PETN, dont on ne s’attendait pas à ce
qu’ils puissent avoir été maniés et assemblés par de simples civils, et qui étaient égaux à une
puissance de 300 kilogrammes de TNT. La piste nucléaire était donc écartée au motif que les
effets thermiques visibles aux environs (câble en PVC et feuilles d’arbres situées à vingt mètres
restés intactes) ne s’accordaient pas avec cela [33]. On peut voir en effet sur une photo qu’un
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câble électrique épais et noir de moyenne tension est toujours présent non loin au-dessus du
cratère laissé par la bombe [34]. Maulani semblait avoir trouvé un compromis entre d’une part,
l’implication d’éléments étrangers particulièrement à la pointe de la maîtrise des explosifs, et la
nature des dégâts. Néanmoins, il revint à la charge avec ses premières opinions, dans un article
paru un mois plus tard. Pour lui, la hauteur de la boule de feu (cinq cents mètres) et la largeur du
trou (quatre mètres de diamètre) suggéraient que la bombe devait contenir des éléments
nucléaires. Et toujours selon lui, la National Nuclear Energy Control Board aurait trouvé trace
d’une substance thermo-nucléaire [35]. Pourquoi donc employer de tels moyens ?

Si le but des conspirateurs, supposés étrangers, était de récupérer cette île pour servir leurs
intérêts anglo-saxons, on peut trouver ce plan particulièrement cynique et même stupide car la
pollution ainsi engendrée à long terme par des particules radioactives grèverait considérablement
la possibilité de se constituer une manne touristique. Ces traces étaient-elles réelles ? Un
enquêteur et analyste, Mr. Sulistyo, affirmait qu’il avait mis le pied dans le trou engendré par
l’explosion dans l’heure qui avait suivi, et que si la bombe avait été radioactive, il serait déjà mort.
Joe Vialls assurait coûte que coûte pour sa part que les nouvelles micro-bombes nucléaires étaient
dépourvues de réflecteur à l’uranium, et que par conséquent, le plutonium que celle de Bali avait
dégagé n’avait émis que des ondes alpha plutôt que gamma, et n’aurait tué que ceux qui avaient
respiré quelques particules juste après l’explosion, leur trace sur les lieux n’étant facilement
décelable qu’au cours de la première semaine, avant d’être à plus loin terme effacée par la
mousson [36]. Quant à Sulistyo, il n’écartait pas la présence d’explosifs RDX. Il expliquait qu’on
pouvait en trouver facilement au marché noir et qu’il s’en trouvait dans des grenades coréennes
faciles à obtenir. Selon lui, la piste était bien islamiste : Samudra, qui avait avoué avoir acheté du
TNT au marché noir aux Philippines, n’avait certes pas eu connaissance de la présence de RDX,
mais cette apparente ignorance pouvait s’expliquer par le fait que l’autre bombe avait été
composée par Dul Matin (Djoko Pitono) [37].

Les thèses de Maulani, retraité du renseignement et proche des milieux islamistes, n’ont pas été
publiquement partagées par la police « militarisée » « sous la tutelle du ministère de la
Défense » [38] et par A.M. Hendropriyono, le chef des renseignements chargé d’enquêter sur Bali,
un proche de Megawati. En même temps, il ne semble pas que ses thèses aient été dénoncées
comme absurdes. Et des serviteurs importants de l’État, tel que le général Pastika, Muchyar Yara
pour la police, et plus largement le BIN (les services secrets) rappelaient début novembre qu’au
vu de la sophistication des bombes, celle-ci avaient dû soit être apportées de l’extérieur soit
fabriquées par des experts qualifiés. Yara, qui employait le « nous », en était même sûr [39]. Il
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serait intéressant d’interroger les décideurs pour comprendre les motivations de leur retenue,
entre calculs politiques intérieurs et adaptation à la Realpolitik extérieure.

Le financement de l’opération

Le lendemain de l’arrestation de l’imam Samudra le 21 novembre 2002, alors qu’il montait à bord
d’un ferry, on apprenait qu’il avait distribué 630 £ à chaque associé sans que l’on sache d’où
venait l’argent ni à quels ordres il répondait. Des sources estimaient toutefois selon le même
article, que le financier serait Umar, aussi connu sous les noms d’Umar Kecil et Patek. C’est ce
dernier qui avait conduit la moto lorsque les terroristes avaient pris la poudre d’escampette [40].
Deux jours avant son arrestation, on considérait toutefois dans la presse, sans doute sur la foi des
aveux d’Amrozi, que la camionnette L-300 avait été achetée avec de l’argent de l’imam
Samudra [41]. Samudra recevait-il en fait de l’argent d’Umar Kecil ?

Bien plus tard, une fois évanouie la piste d’une implication et donc d’un financement d’Al Qaïda, on
rapporta dans le même sens que Samudra avait eu les moyens de fournir argent, téléphones
portables, ordinateurs et accès internet aux terroristes [42]. Mais on apprenait en sens inverse
qu’Amrozi – pourtant déjà en contact avec Samudra en 2000 pour rassembler des explosifs devant
être utilisés dans le conflit d’Ambon – aurait « acheté les explosifs grâce au butin d’un cambriolage
effectué dans une bijouterie de Serang » [43]. Donc, pour cette partie cruciale du plan terroriste,
les premiers financiers supposés, Umar Kecil, ou Samudra n’avaient finalement été d’aucun
secours…

Ces retournements montrent soit que les suspects eux-mêmes étaient dans la dissimulation, soit
qu’ils étaient dans la confusion (du fait ou non de leur détention), soit que la police avait mal fait
son travail. Était-ce faute de financement ? Les finances de l’État semblaient alors au plus bas. A
en croire le chef des renseignements retraité Z.A. Maulani, le gouvernement de Megawati
attendait âprement une aide extérieure sous forme de prêts pour 2003 en provenance des États-
Unis, une aide d’autant plus urgente que le tourisme était resté le seul secteur actif de l’économie
indonésienne depuis la crise de 1998 [44]. Or après signature d’un accord dans la lutte contre le
terrorisme, l’administration Bush finança la police et l’armée au moyen d’une unité anti-terroriste
dirigée par le général Bachtiar. Ce nouveau financement aura sans doute eu une influence sur le
résultat des enquêtes.

Rumeurs sur les attentats-suicides et indices tardifs de l’implication d’un kamikaze


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Notons que des opinions infondées circulent parfois pour assimiler islam rigoriste et légitimation
des attentats suicide de martyrs. Or c’est justement ce qui se produisit à la fin du mois de juin
2002, soit quatre mois avant les attentats, lorsque les autorités centrales du Nahdatul Ulama (l’un
des deux plus grands partis musulmans d’Indonésie et le plus traditionnaliste) « ont dû
vigoureusement démentir les informations prétendant qu’une fatwa issue de leur organisation
considérait comme légitime les attentats suicides » [45].

Préparation des esprits ? Peut-être, mais ce n’est qu’après l’arrestation de l’imam Samudra le 21
novembre que la thèse du kamikaze fut diffusée. Après quatre jours au cours desquels il fut sans
doute soumis aux questions pressantes de la police, on apprenait son implication dans la
planification, non seulement des attentats de Bali, mais aussi de divers attentats en Indonésie,
ainsi que l’information selon laquelle la première bombe à avoir explosé dans la boîte de nuit du
Paddy avait été l’œuvre d’un martyr, Iqbal, qui avait transporté la bombe dans un sac à dos [46].
Deux semaines plus tard, on apprenait que les traces d’ADN retrouvées sur les lieux recoupaient,
selon des « résultats préliminaires », les échantillons fournis par le père d’Iqbal. Toutefois, la
question de l’intention kamikaze restait en suspens car selon le chef des opérations de la police
fédérale australienne, Ben McDevitt, les enquêteurs n’avaient « pas totalement exclu » la
possibilité que le dispositif ait « explosé par accident ». D’autant que le même article nous
apprenait qu’un employé du bar chez Paddy disait avoir vu, peu de temps avant que l’explosion
n’envahisse la salle, un homme retourner vers une table pour récupérer son sac, après qu’on lui
eut signalé son oubli [47]. Ce qui témoignerait plutôt pour la thèse qu’Iqbal n’avait pas eu
l’intention de mourir en martyr, contrairement à ce que croyait savoir Samudra, ou contrairement
au plan qui était prévu au départ. Plus troublant, trois ans plus tard, en août 2005, la présence
d’un deuxième kamikaze, qui ne savait que conduire la Mitsubishi en ligne droite (!), apparaissait
dans un rapport de l’USINDO (Société États-Unis-Indonésie). Pourquoi personne, à commencer
par Samudra, ne l’avait mentionné au départ ? Ce même rapport ajoutait qu’ « après plus de
recherches » dans la maison d’Amrozi, on y avait trouvé des discours d’Oussama Ben Laden et
d’Abu Bakr Bashir prônant le jihad (notion particulièrement méconnue en Occident), détail jamais
mentionné dans les articles des premiers mois. Et qui montre que les rumeurs ne naissent pas
forcément juste après un événement.

Comme on le voit, une controverse existe sur l’implication ou non d’un kamikaze à Bali en 2002,
alors que la piste kamikaze semble mieux affirmée pour les attentats du 1er octobre qui eurent lieu
11 jours avant l’anniversaire des premiers attentats de Bali, à moins aussi que les kamikazes
l’aient été malgré eux. Ce qui appelle ce doute méthodique de la part de l’historien : un filtre
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idéologique tardif est-il venu obscurcir la réalité originelle sur ces premiers attentats ?

Quels individus étaient présents sur les lieux ?

La police semble avoir raconté à la presse qu’un vendeur de motos avait reconnu Amrozi comme
faisant partie du groupe qui acheta la moto pour prendre la fuite. Et « par la suite, Amrozi avait
essayé de changer son apparence en faisant couper ses cheveux qui allaient jusqu’aux
épaules » [48]. Le vendeur de motos avait-il voulu se montrer coopératif pour diverses raisons ?
Était-ce une anecdote policière de trop destinée à illustrer le fait qu’il avait des choses à se
reprocher ? Ou était-ce une façon, pour les policiers, d’effacer une incohérence ? Car peu de
temps avant, le chef de la police, Bachtiar, avait admis qu’Amrozi ne ressemblait pas aux
portraits-robots de suspects qui avaient été diffusés.

Un problème de ce récit est qu’au moment où il était rapporté, la présence d’Amrozi sur les lieux
n’était pas attestée par le scénario d’ensemble. Il nous était dit dans le même article du Times de
Londres que les fuyards à moto étaient – déjà – trois « selon la police » : Umar Kecil le
conducteur, Ali Imron et l’autre Umar (Nyoman, Wayan) qui aurait posé la première bombe au bar
irlandais Paddy.

L’identité des terroristes

La première personne à avoir été arrêtée fut Amrozi, mécanicien de profession, le 5 novembre.
Rapidement, il fut conduit à affirmer publiquement sa culpabilité, d’abord dans la fabrication de la
bombe, le 7 novembre, apparemment un jour après la reprise dans un journal de Java d’un article
sur l’implication d’une micro-bombe nucléaire [49]. Pourtant, environ deux semaines après ses
aveux publics, la police elle-même, qui, rappelons-le, dépend en réalité du ministère de la
Défense, avait jugé son témoignage « peu fiable » (unreliable), « mais les détectives insistaient
sur le fait qu’ils avaient élaboré une image exacte des événements » [50]. On aurait aimé savoir
sur quelle base ils avaient réussi cela. Le général à la retraite Z.A. Maulani, qui s’étonnait de ce
qu’Amrozi ait avoué après seulement un jour de détention, le considérait pour sa part vers la
moitié du mois de novembre comme « un fou », un « pion sacrifié » pour protéger le principal
coupable du crime, crime qui n’avait rien à voir avec Al Qaïda mais participait de la propagande
noire de Washington. Ces considérations n’empêchèrent toutefois pas les frères d’Amrozi, Ali
Imron et Mukhlas, ainsi que l’imam Abdulaziz Samudra, d’être accusés du complot. D’ailleurs,
Maulani lui-même espérait finalement voir Samudra arrêté au plus vite, même s’il estimait que ce
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nom n’était qu’un alias (un nom également écrit au départ « Samdura » par le Jakarta Post) [51].

On notera aussi le traitement particulier, pour ne pas dire de faveur, qui fut accordé à Ali Imron,
le supposé conducteur de la Mitsubishi. En septembre 2003, il écopait de 20 ans de prison, une
sentence qui « reflétait sa repentance » – à titre de comparaison, les personnes inculpées dans un
braquage de bijouterie ayant servi à financer les attentats écopaient de 18 ans de prison. Au
début du mois de septembre 2004, peu de temps avant qu’il ne demande pardon à Megawati le 15
septembre à travers un livre, des journalistes l’aperçurent à la terrasse d’un café Starbucks au
centre de Jakarta, aux côtés d’un membre de la police anti-terroriste. Selon Imron, ce genre
d’escapades était habituel. Suite au scandale provoqué par cette nouvelle dans le monde
occidental (on en parlait même sur RFI), le brigadier Gorries-Meres ne fut que réprimandé et
remplacé provisoirement à son poste, après des excuses embrouillées : selon les versions, le but
était soit, par cette « technique d’interrogation », de retrouver où résidaient des fugitifs malais
suspectés dans l’attentat commise devant l’ambassade australienne en septembre, soit de lui faire
rencontrer un psychologue – mais ce dernier nia aux journalistes avoir su qu’Imron était
présent [52].

Pourquoi avoir visé Bali ?

Bali est une île sans richesses naturelles particulières, située à 500 kilomètres à l’Est du premier
puits de pétrole connu. Peuplée d’hindouistes et de pratiquants de cultes, de cérémonies, et de
rites locaux, elle est un lieu de tourisme particulièrement prisé pour les Occidentaux – notamment
Australiens – attirés par l’art local ou par les fortes distractions ayant la faveur de la jeunesse.
Dans un premier temps, diverses hypothèses tentèrent de cerner les forces organisées qui avaient
pu se cacher derrière les attentats et auraient pu éventuellement en profiter : islamistes, forces
étrangères, ou factions de l’armée et des services de renseignement.

Certains Occidentaux n’excluaient d’abord pas l’implication de l’armée, notamment du fait de la


puissance et de la nature sophistiquée des explosifs. Ainsi, le 19 octobre, Mike O’Connor, directeur
exécutif de l’Association de défense australienne a dit qu’il était raisonnable de croire que des
« membres renégats » des forces armées indonésiennes avaient pu fournir le C4 à l’attentat de la
boîte de nuit Sari [53]. Les raisons d’une telle implication ne sont pas avancées. Augmentation de
leurs salaires ? Aide étrangère accrue ?

Pour ceux qui s’alarment de l’agitation des extrémistes musulmans, ces attentats sont la marque
de la politique des islamistes de lutte contre les infidèles et de déstabilisation d’un gouvernement
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corrompu qui les discriminerait. Selon les premières analyses, la Jemaa Islamiya qu’était censé
diriger Bashir, aurait recherché « une cible moins protégée » après avoir visé des chrétiens durant
la nuit de Noël de 2000 (19 morts et 120 blessés au cours de 38 attentats), et après avoir essuyé
un échec avec l’arrestation, à Singapour, de militants chargés d’y viser des intérêts américains,
israéliens et britanniques. Or Bali symbolisait « la corruption des mœurs par le
tourisme » [54]. Mais seule l’autobiographie d’un personnage comme l’imam Samudra, qui
considère les personnes visées comme des païens, vient quelque peu corroborer cette version. Lui
a-t-on d’ailleurs fait jouer un rôle, celui du bouc émissaire clairement identifiable pour tous les
politiciens ?

Car du côté des musulmans radicaux, stratégie de dissimulation ou de survie ou pas, beaucoup se
défendent contre les intentions et les revendications qu’on leur prête à l’encontre des civils. Dès le
lendemain des attentats, Bashir avait diffusé un édit rédigé avec des membres du MMI pour juger
indéfendable l’action des terroristes. « Il est vrai que l’endroit détruit était un foyer d’iniquité mais
ce n’est pas une raison valable. Il y a des gens qui commettent des actes immoraux ailleurs,
pourquoi n’ont-ils pas été attaqués ? Ce n’est tout simplement pas une excuse » [55]. Dans son
autobiographie écrite plus tard, Bashir, qui ne se considérait pas comme un terroriste, évoquait
ces attentats comme des erreurs commises par des gens épris en général de bonnes intentions,
plutôt que comme des fautes. En 2006, une fois libéré, il déclarait que la bombe qui avait fait le
plus de dégâts et de victimes était une bombe américaine. Ce ne pouvait pas être celle d’Amrozi,
qui n’aurait pu que provoquer des blessés. Pour un repenti comme Ali Imron, promu par les
autorités, ces attentats sont le signe d’une révolte de gens qui se prennent pour des héros mais
qui se trompent de cible. On notera que l’histoire de ces personnes est fortement médiatisée. Le
fait qu’elles avouent, depuis leur prison, leur probable implication – pour des raisons diverses et
variées – et prêchent la modération à l’intention du public, rentre sans doute tout à fait dans la
politique gouvernementale d’isolement des radicaux dans le court terme et de concorde nationale
dans le long terme.

Ce qui nous conduit à envisager les stratégies politiques plus complexes qui ont pu interférer avec
ces attentats. Si l’on étudie le contexte général, on remarquera que les attentats s’inscrivent dans
une offensive diplomatique ou une mode médiatique consistant à dépeindre, à l’échelle du globe,
un vaste danger terroriste islamiste. Et cela allait, pour les États-Unis, jusqu’à vouloir contrôler les
figures politiques de certains pays. Depuis des mois, des diplomates étrangers demandaient
l’arrestation de l’islamiste Bashir. Et à en croire Maulani, ces attentats sont venus pour « faire
pression sur le gouvernement Megawati pour (…) qu’il prenne des mesures fermes contre la
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tendance fondamentaliste ». Depuis longtemps, les prétentions américaines relatives à une
présence de terroristes et de membres d’Al Qaïda s’étaient heurtées aux haussements d’épaule du
vice-président Hamjah Haz. Le drame de Bali était survenu après des accusations « dépourvues de
preuves convaincantes » contre la Jemaa Islamiya qui « ourdirait des actes terroristes et les
concentrerait dans des zones d’entraînement à Poso ou au Kalimantan », et après une « intense
campagne des médias américains et occidentaux pour ruiner la réputation de l’Indonésie, surtout
après la détention d’Umar Al Faruq à Bogor près de Jakarta il y a quelques mois ». Celui-ci – que
certains complotistes ont tôt fait de l’assimiler à un agent de la CIA – aurait subi, toujours selon
Maulani, des pressions physiques rendant ainsi inexactes ses confessions rapportées dans Time
Magazine quant à l’existence d’un réseau islamique en Asie du Sud-Est qui planifierait d’établir un
État islamique incluant l’Indonésie, la Malaisie, Singapour et les Philippines. Tout ceci ressortirait
d’une campagne de « propagande noire et de guerre psychologique » [56].

Nuances entre réflexions populaires et élitaires

Conscients de ces volontés d’ingérence extérieure, des doutes quant au rôle réel de ces
musulmans s’exprimèrent très tôt « parmi les vieux Indonésiens ». Le 26 octobre 2002, The
Australian rapportait que « les vieux Indonésiens gardent un souvenir vivace du rôle clandestin
des États-Unis dans les mouvements sécessionnistes de Sumatra et de Sulawesi à la fin des
années cinquante et au début des années soixante, de même que des doutes persistants quant au
rôle de la CIA dans la chute du père de Megawati, le président fondateur Sukarno ». Ainsi, un
certain R. Ryacudu était d’avis que « les étrangers veulent simplement détruire notre
pays » [57]. Mais ce n’était pas là que rumeurs infondées et passagères. La méfiance de ces
aînés vis-à-vis des services secrets américains était partagée par des chefs de mouvement, et des
auteurs de livres habitués à mener un travail de réflexion, à la différence qu’ils discernaient aussi
plus précisément, des menées des services secrets israéliens, et même un possible travail de sape
de l’intérieur même des structures de l’État indonésien

Irfan S. Awwa, du MMI (Majelis Mujahidin Indonesia) estimait le 12 novembre qu’Amrozi


« pourrait être quelqu’un que les agences de renseignement ont implanté dans les mouvements
islamiques. Au sein d’Ordre Nouveau, ils faisaient cela tout le temps. Je vois de fortes indications
de cela » [58]. Reza Sihbudi, chercheur « prestigieux » de l’AIPI (Académie indonésienne des
sciences) et du LIPI (Institut Indonésien des Sciences), estimait que l’administration Bush, Israël
mais aussi « certains éléments indonésiens » avaient pu vouloir ainsi embrigader l’archipel dans la
guerre américaine contre le terrorisme et le soutien à la guerre contre l’Irak. Dès le 25 octobre,
celui-ci estimait que si la Jemaa Islamiya était impliquée, cela serait difficile à reconstituer du fait
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de fonctionnement clandestin « à moins que son existence soit fabriquée par les
autorités » [59]. Plus tard, Abdurahman Wahid lui-même, le chef d’État, interrogé en octobre
2005, aurait estimé qu’Amrozi n’avait été au courant que de la bombe la plus légère. Le
journaliste lui demandant qui aurait placé la deuxième, il répondit : « euh, on dirait que c’est la
police (…) ou les forces armées, je ne sais pas » [60]. Certains n’écartaient pas non plus l’idée que
les États-Unis aient voulu rallier définitivement l’Australie à leur guerre contre le terrorisme. Ce
dernier pays était également depuis un certain temps l’objet de la méfiance de certains. Pour
Rustam Kastor, qui s’exprimait en 2000 et qui entendait tirer des leçons de l’histoire passée du
pays au Timor et dans les Moluques, l’Australie rechercherait la sécession des régions non
musulmanes, sous le prétexte qu’elles seraient soumises à des violences intolérables, dans le but
stratégique d’installer à terme des bases militaires face à la Chine. Et Kastor estimait déjà que
Bali, région hindouiste prospère grâce au tourisme, pouvait être une future cible potentielle de
l’Australie [61].

En remontant plus loin dans le temps, on s’aperçoit que les nationalistes indonésiens considéraient
également que le prétendu coup d’État contre Sukarno et la reprise en main rapide du pouvoir par
Suharto – curieusement épargné par les putschistes et ne rencontrant qu’une faible résistance –
étaient une manipulation de la guerre froide opérée avec l’aide des services secrets britanniques
et américains [62]. Ces filtres indépendantistes toujours prégnants, auront donc évidemment fait
penser à de nombreux Indonésiens, que ces attentats arrivaient à point nommé pour renforcer la
politique étrangère des États-Unis et de leurs alliés pro-atlantistes et colonialistes. Non sans
raison, puisque deux mois après les attentats, le 9 décembre 2002, John Howard, l’allié de Bush,
défendait désormais publiquement le concept des frappes préventives – détourné par les États-
Unis à propos de l’Irak car ce pays n’était sur le point d’atteindre personne avec ses armes dans
l’immédiat.

Conclusion

Événements dévastateurs survenus à la fois dans un pays en pleine crise et sur fond de frénésie
mondiale anti-islamiste, les attentats de Bali ont rapidement donné lieu à des points de vue trop
partiels et trop partiaux, que ce soit dans le sens de l’ignorance et de l’étouffement de certaines
pistes, ou dans celui de la défense maladroite d’autres pistes. Néanmoins, les questionnements
matériels les plus élémentaires sur l’origine des dégâts et la volonté d’accorder les témoignages
entre eux nous ont permis à la fois d’écarter un certain nombre d’approximations ou de fausses
déclarations et de faire ressortir certains doutes. Les premières informations ou hypothèses qui se
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sont répandues n’étaient pas toujours les plus infondées ni les plus contradictoires.

Les premiers soupçons et les premières gardes à vue, qui avaient touché un militaire et un garde
de sécurité, n’étaient pas des pistes complètement aberrantes. Et il apparaît que les inculpés les
plus médiatisés, même dans leurs aveux, ne connaissaient pas la nature de la bombe qui a été la
plus meurtrière (jusqu’à « consumer totalement » certains corps selon les experts légistes) et la
plus destructrice (réduisant du béton en granulés à quinze mètres et formant un petit cratère,
sans pour autant détruire un câble électrique situé légèrement en hauteur sur le côté près de ce
gros trou). En outre, ils n’étaient pas capables d’assembler les bombes utilisées. En dehors du
Jakarta Post, dont il convient de souligner le travail de recoupement, l’information diffusée par la
presse comprenait des contradictions internes y compris au sein d’un même article, et est
demeurée somme toute relativement brouillonne, peu fouillée et confuse.

NOTES
[1] Sulistyo « Another investigator's analysis of Bali bombing », Jakarta Post, 15 janvier 2003. Sur Sulistyo et d’autres analystes indonésiens s’exprimant en
anglais, François Raillon, Indonésie, les voies de la survie, Belin, p.198.

[2] Pour « l’ambiguïté » de l’organisation des frères Kartosuwirjo, qui jugés en 1982, prétendirent pour leur défense être des membres du Bakin, c’est-à-dire
des services de renseignements, voir François Raillon, « Islam, État et développement, l’Ordre nouveau et l’Islam ou l’imbroglio de la foi et de la
politique », Archipel n°30, 1985, p.255. Sur la manipulation cachée derrière les actes de violence du Komando Jihad, voir les confessions faites à Jenkins de
Sutopo Juwono jugeant la rumeur possible, dans « I was not there, but…» de James Siegel, Archipel, n°46, 1993, p.61, citant Suharto and his generals,
Ithaca, Publication n°64, 1984, p.56. Voir aussi le « double jeu » et « l’initiative » du responsable des opérations spéciales Ali Moertopo dans la réactivation
du Komando Jihad entre 1971 et 1977, afin de lutter contre l’influence communiste puis « réprimer et prévenir toute résurgence d’un militantisme
islamique », dans Stéphane Dovert et Rémy Madinier (sous la direction de), Les musulmans d’Asie du Sud-Est face au vertige de la radicalisation, les Indes
Savantes, 2003, p.44. Pour le doute jeté aussi sur les attentats consécutifs à la tuerie militaire contre une foule à Tanjung Priok (qui commença soit dit en
passant par des tirs) et le Talangsari, voir Sihbudi, « Bom Bali, Konspirasi Intelijen Amerika dan Israel », www.hidayatullah.com, 21 octobre 2002. Sur les
incendies de Glodok visant à maintenir, par de clairs avertissements, la fidélité des Sino-cambodgiens envers Suharto, Alexandre Messager, Indonésie,
chroniques de l’ordre nouveau, l’Harmattan , 1999, collection Points sur l’Asie, p.97.

[3] « Islamic chief slams US ‘black propaganda’ against Indonesia », AFP, 29 septembre 2002.

[4] « Bali questions unanswered », The Sydney Morning Herald, 14 décembre 2002.

[5] Voir Andrée Feillard et Rémy Madinier, La fin de l’innocence ? IRASEC, 2006, p.163. Le commentaire n’est pas daté, mais arrive après la citation d’un
autre article du même journal, Republika on line, daté du 15 octobre 2002.

[6] « Police test bomb debris », by Jim Dickins, Herald Sun, 15 octobre 2002.

[7] « Explosive cocktail mixed by experts », by Yeoh En-lai, Straits Times, 16 octobre 2002.

[8] « Timetile: The Bali bombing, a comprehensive overview », Jakarta Post, 3 janvier 2003,
http://old.thejakartapost.com/yesterdaydetail.asp?fileid=20030103.D07. Traduit en annexe.
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[9] Finnegan, « Bali bombing: An investigator's analysis », Sulistyo « Another investigator's analysis of Bali bombing », Jakarta Post, 3 et 15 janvier
2003. Finnegan critiquait à la fois le manque de professionnalisme des enquêteurs indonésiens, pointait du doigt l’abandon de la piste d’un officier entraîné en
explosifs américains, et entra en conflit avec l’ambassadeur US sur cette question. Il perdit son poste et fut expulsé du pays, bien qu’en règle et marié à une
indonésienne. Finnegan a un site : www.seanews.2truth.com. Sulistyo, déjà enquêteur en chef sur les émeutes et les violences de mai 1998, venait de
publier Bom Bali: Buku Putih Tidak Resmi Investigasi Teror Bom Bali (Bombe de Bali : Livre blanc officieux de l’enquête sur l’attentat terroriste à la bombe de
Bali).

[10] « Indonesian police capture chief suspect in Bali bombing », Tim Johnston, Jakarta, pour The Times, 22 novembre 2002.

[11] « Bali bomb theory still unproved », de Christopher Johnson à Kuta Beach, Bangkok Post, 27 octobre 2002.

[12] « Fool me twice » (8e partie sur 20, minute 3’30), sur http://youtube.com.

[13] Le 16 octobre, un correspondant singapourien parlait de « large cratère ». « Explosive cocktail mixed by experts », by Yeoh En-lai, Straits Times, 16
octobre 2002. Sally Neighbour relève la présence du cratère et des cristaux à l’intérieur qui, analysés, révélaient la présence d’une bombe sophistiquée
« Four Corners. 28/10/2002 : the Network », http://abc.net.au. Témoignage du caporal Cocks dans The truth about the Bali bombings, Part 4, the
OzBoyFiles, http://youtube.com. Quelques photos du cratère non inondé, à la fois peu après l’explosion ou lors des cérémonies commémoratives sont
regroupées ici : http://geocities.com/wecontrolamerica/bali2.html (« Bali Micro Nuke : Lack of Radiation Confuses Emergency Personnel »). Il semble bien y
avoir au moins un mètre de profondeur.

[14] Finnegan, « Bali : bombing : an investigator’s analysis », Jakarta Post, 3 janvier 2003, reproduit dans le film « Fool me twice » (11e partie sur 20), sur
http://youtube.com.

[15] « Bali bomb theory still unproved », de Christopher Johnson à Kuta Beach, Bangkok Post, 27 octobre 2002.

[16] Dans « Target Australia : Jakarta bomb kills 11 », le Sydney Morning Herald parlait le 9 septembre 2004 de « profond cratère sur la route dehors », et le
10 septembre, dans « Nine killed by Australian embassy bomb », le Telegraph parlait d’« énorme cratère dans la route »). On notera sans vouloir en tirer de
conclusion, qu’une bombe située apparemment dans une camionnette piégée à Beyrouth en février 2005 ayant tué 20 personnes dont l’ancien Premier
ministre Rafiq Hariri, et contenant 1800 kg d’explosifs classiques a laissé un cratère deux fois plus gros et plus large – cela se mesure sur une image du
reportage grâce au fait que des hommes soient debout au fond du trou. Le site de l’explosion a néanmoins été perturbé et il est malaisé de comprendre ce
qui a pu se passer. Voir un documentaire écrit par Bernard de la Villardière, Qui a tué Rafiq Hariri ?

[17] http://science.howstuffworks.com/c-1.htm.

[18] « Bali bomb mixture of fertiliser ingredient and C4, investigator says », AFP, 21 octobre 2002.

[19] The truth about the Bali bombings, Part 4, the OzBoyFiles, http://youtube.com.

[20] « Police test bomb debris », by Jim Dickins, Herald Sun, 15 octobre 2002.

[21] « Police test bomb debris », by Jim Dickins, Herald Sun, 15 octobre 2002.

[22] « Explosive cocktail mixed by experts », by Yeoh En-lai, Straits Times, 16 octobre 2002.

[23] Chef du Bakin depuis 1998, et proche des milieux radicaux, il s’est éteint le 6 avril 2005 à l’âge de soixante-six ans, seize jours après être tombé dans le
coma, et après avoir vu sa santé décliner en août pour cause de diabète avec des complications aux poumons, selon sa fille Olga. Il a publié Zionism : a
Movement to Conquer the World et Afghanistan War : A War to Establish American Hegemony in Central Asia.

[24] Andrée Feillard et Rémy Madinier, La fin de l’innocence ? IRASEC, 2006, p.162, citant Republika on line du 15 octobre 2002 citant elle-même Jawa Post,
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du 10 (?) octobre.

[25] « Massive cargo of explosives », par Anthony Marx, The Courier-Mail, Brisbane, Queensland, Australie.

[26] « Bali bomb mixture of fertiliser ingredient and C4, investigator says », AFP, 21 octobre 2002.

[27] The truth about the bali bombings, Part 3, the OzBoyFiles, http://youtube.com.

[28] « Timetile: The Bali bombing, a comprehensive overview », Jakarta Post, 3 janvier 2003, traduit en annexe.

[29] « Former Indonesian Intelligence head dismisses Al-Qaidah link to Bali attack », BBC, 3 novembre 2002.

[30] François Raillon, Indonésie, les voies de la survie, Belin, la documentation française, p.195.

[31] « Second man declared suspect in Bali bombing : radio », 9 novembre 2002.

[32] « Timetile: The Bali bombing, a comprehensive overview », Jakarta Post, 3 janvier 2003, traduit en annexe. « Indonesian police capture chief suspect in
Bali bombing », Tim Johnston, Jakarta, pour The Times, 22 novembre 2002.

[33] « MUI’s findings on bali bomb blast », Asia Pulse, Australie, d’après une dépêche d’ANTARA, Jakarta, 27 novembre 2002.

[34] The truth about the Bali bombings, Part 3, 1’06, the OzBoyFiles, http://youtube.com.

[35] « Catch Imam Samudra quickly, says ex-intelligence chief », Organisation of Asia-Pacific News Agencies, 19 novembre 2002.

[36] Vialls, « Bali Micro Nuke … », http://geocities.com/wecontrolamerica/bali2.html

[37] Sulistyo « Another investigator's analysis of Bali bombing », Jakarta Post, 15 janvier 2003.

[38] François Raillon, Indonésie : la réinvention d’un archipel, La documentation française, Paris, 1999, p.91.

[39] « Timetile: The Bali bombing, a comprehensive overview », Jakarta Post, 3 janvier 2003, traduit en annexe.

[40] « Indonesian police capture chief suspect in Bali bombing », Tim Johnston, Jakarta, pour The Times, 22 novembre 2002.

[41] « Catch Imam Samudra quickly, says ex-intelligence chief », Organisation of Asia-Pacific News Agencies, 19 novembre 2002.

[42] Dovert et Madinier, Les musulmans d’Asie du Sud-Est face au vertige de la radicalisation, 2003, p.121.

[43] Andrée Feillard et Rémy Madinier, La fin de l’innocence ? IRASEC, 2006, p.242.

[44] « Former Indonesian Intelligence head dismisses Al-Qaidah link to Bali attack », BBC, 3 novembre 2002.

[45] Dovert et Madinier, Les musulmans d’Asie du Sud-Est face au vertige de la radicalisation, 2003, p.58.
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[46] « Bali suicide bomb theory », Shaw Donnan pour le Financial Times, 25 novembre 2002.

[47] « DNA firms Bali suicide bomb theory », Hobart Mercury, 7 décembre 2002.

[48] « Indonesian police capture chief suspect in Bali bombing », Tim Johnston, Jakarta, pour The Times, 22 novembre 2002. « Explosive cocktail mixed by
experts », by Yeoh En-lai, Straits Times, 16 octobre 2002.

[49] Vialls, « Bali Micro Nuke : Lack of Radiation Confuses Emergency Personnel », partie mise à jour du 10 novembre 2002,
http://geocities.com/wecontrolamerica/bali2.html.

[50] « Indonesian police capture chief suspect in Bali bombing », Tim Johnston, Jakarta, pour The Times, 22 novembre 2002.

[51] « Catch Imam Samudra quickly, says ex-intelligence chief », Organisation of Asia-Pacific News Agencies, 19 novembre 2002.

[52] Voir notamment « Sanction for Imron general », Gold Coast Bulletin, 8 septembre 2004. « Imron’s day out ends in sacking », Daily Telegraph, 6 octobre
2004.

[53] « Massive cargo of explosives », Anthony Marx, The Courier-Mail, Queensland, Australie, 19/10/2002.

[54] Dovert et Madinier, Les musulmans d’Asie du Sud-Est face au vertige de la radicalisation, 2003, p.121.

[55] Citation fournie par Irfan Awwas du MMI, dans « Indonesian Mujahidin Council chief doubts Bali bomb suspect’s confession », Bagus Kurniawan pour
Detikcom, BBC, 12 novembre 2002.

[56] « Former Indonesian Intelligence head dismisses Al-Qaidah link to Bali attack », BBC, 3 novembre 2002.

[57] « Suspicious minds », Patrick Walters, The Australian, 26/10/2002.

[58] « Indonesian Mujahidin Council chief doubts Bali bomb suspect’s confession », Bagus Kurniawan pour Detikcom, BBC, 12 novembre 2002.

[59] « Government urged to launch probe into JI network », Jakarta Post, 25/10/2002.

[60] The truth about the Bali bombings, Part 2, the OzBoyFiles, et Fool me twice, http://youtube.com.

[61] Feillard et Madinier, La fin de l’innocence ?, pp.161, 163, renvoyant à Kastor, Konspirasi Politik… , Wihdah Press, Yogyakarta, 2000, 320 p et à Sihbudi,
« Bom Bali, Al-Qaidah dan CIA », Koran Tempo, 18 oktober 2002, repris sur www.hidayatullah.com, précisément sous le titre « Bom Bali, Konspirasi Intelijen
Amerika dan Israel ».

[62] François Raillon, Indonésie, les voies de la survie, p.177.


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Amrozi, Imam Samudra et Huda Bin Abdul Haq (alias Ali Ghufron, alias Mukhlas), condamnés à mort, ont été exécutés le 9 novembre 2008.
Plusieurs centaines de personnes ont assisté à leur enterrement.
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CHRONOLOGIE

Traduction d’une chronologie intitulée Timetile: The Bali bombing, a comprehensive overview et
parue dans le Jakarta Post le même jour que le retentissant article de l’ancien chroniqueur Robert
S. Finnegan intitulé « Bali bombing: An investigator's analysis », le 3/1/2003.

Mardi 15 octobre 2002

La police dit que du C-4 avait été utilisé pour confectioner la bombe

Les États-Unis disent qu’Al Qaïda et Abu Bakar Ba’asyir (ou Bashir) sont responsables pour
l’attentat.

Hamzah Haz dit que les musulmans ne sont pas responsables et que l’attentat a été
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« manigancé ».

Mercredi 16 octobre

Hendropriyono dit que la technologie utilisée de même que l’expertise des terroristes indiquent
qu’ils viennent de l’étranger et doivent avoir repéré les lieux avant l’attaque.

Le général de brigade en chef de la police de Bali, Budi Setyawan, a dit qu’il n’y a pas d’indication
de l’implication d’Al Qaïda pour le moment.

Le Washington Post annonce que la police indonésienne a arrêté un ancien lieutenant-colonel de


l’armée de l’air qui aurait avoué avoir élaboré la bombe qui a tué plus de 180 personnes et qui
aurait exprimé ses regrets pour les importantes pertes en vies humaines.

Le premier maréchal de l’armée de l’air dit que le suspect a été relâché que cela prouve que les
forces de l’armée de l’air ne sont pas impliquées.

Jeudi 17 octobre

Susilo Yudhoyono admet l’implication possible d’étrangers dans les attentats à la bombe.

Les autorités focalisent leur attention sur sept « étrangers » suspectés d’avoir conduit et exécuté
les attentats, une cellule terroriste qui aurait été dirigée par un Yéménite, co-dirigée par un
Malaisien, et comprenant un Européen avec des liens vers les attentats aux Philippines.

Le général de brigade en chef de la police Budi confirme que la bombe était faite de RDX.

Le général de brigade de l’armée indonésienne Ratyono dément que l’armée ait fourni du C-4 aux
terroristes. Il nie que l’armée possède des « bombes » au C-4.

Vendredi 18 octobre

Hendropriono dit que la technologie et l’expertise utilisées par les terroristes indique qu’ils
viennent de l’étranger.
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Dimanche 20 octobre

Pakista dit que l’équipe d’investigation porte son attention sur quatre personnes, dont un gardien
de sécurité et un officier de l’armée de l’air à la retraite.

Lundi 21 octobre

La police reçoit l’ordre de libérer l’ancien officier de l’armée de l’air Dedi Masrukhin bien que les
soupçons qui entourent sa relation avec les explosions de Bali restent forts.

Des experts légistes reconnaissent que certaines victimes ont pu être totalement consumées par
l’explosion.

Mardi 22 octobre

Omar al-Faraq [NdT : ou Al-Farouq] raconte apparemment à la CIA que Ben Laden a transféré
133 440 $ US à la JI (Jemaa Islamiya) pour acheter trois tonnes d’explosifs auprès de sources
militaires indonésiennes.

L’agent de l’AFP (NdT : police fédérale australienne) dit qu’en raison de la taille de l’explosion,
celle-ci a été effectuée par des « auteurs hautement organisés ».

Les États-Unis déclarent qu’ils vont procéder à « un passage en revue du transfert de


technologie » entre les États-Unis et la République Indonésienne (RI) car des objets US pourraient
être trouvés sur le lieu de l’attentat.

Mercredi 23 octobre

Aritonang dit que les enquêteurs ont déterminé les détails des bombes, mais ne savent pas
comment elles furent déployées. C’était une grosse bombe à base de RDX avec un « dérivé » de
nitrate d’ammonium.

Vendredi 25 octobre

Aritonang dit que la bombe était composée de RDX et de nitrate d’ammonium.


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Samedi 26 octobre

Le général major Muhdi Purwopranjono (du Kopassus*) dit avoir identifié les poseurs de bombes.

Une enquête conjointe dit qu’elle est toujours dans l’ignorance.

Aritonang dit que les attentats ont été planifiés et exécutés avec soin et professionnalisme.

Dimanche 27 octobre

Pastika dit que les bombes ont été faites par des Indonésiens qui « ne pouvaient pas les avoir
faites sans l’aide d’experts en explosifs étrangers. Nous croyons que les explosifs ont été apportés
de l’extérieur à Bali » et que « la technologie utilisant des téléphones portables comme dispositif
de déclenchement à distance est nouvelle pour l’Indonésie et exige une direction de la part
d’experts étrangers ».

Lundi 28 octobre

Deux généraux, un membre de la police, et un de l’armée sont nommés comme possibles suspects
dans les attentats ; suite à cela une plainte est déposée contre le Washington Post pour
diffamation.

Mardi 29 octobre

Susilo Yudhoyono nie que des généraux de la police et de l’armée aient été impliqués dans les
attentats.

Mercredi 30 octobre

Pastika dit que « le principal acteur » a identifié qui était aussi le fabricant de la bombe.

Jeudi 31 octobre

La police divulgue trois portraits des terroristes suspectés. Muchyar Yara dit que ces trois
personnes faisaient partie d’une liste de dix noms qui a été soumise à la police.
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Vendredi 1er novembre

[NdT : Le chef de la police et général] Da'I Bachtiar dit qu’ils ont identifié un homme de l’Est de
Java mais ne l’ont pas encore trouvé, de même que le conducteur de la camionnette. Bachtiar dit
qu’ils ont utilisé du TNT, du RDX, du HDX, et du nitrate d’ammonium.

L’ambassadeur US Ralph Boyce dit que les accusations médiatiques d’implication des États-Unis
dans les attentats à la bombe sont « inexactes et n’aident pas les choses ».

Le ministère de la Défense Matori Djalil associe les attentats à la JI et à Al Qaïda.

Le directeur de l’ASIO [services de renseignements australiens] Dennis Richardson fait de même.

Samedi 2 novembre

L’équipe d’enquête internationale termine ses expertises après moins de trois semaines sur les
lieux, et conclut que la bombe était faite de TNT, de RDX, et d’autres « matériaux » dont du
chloride. Le membre de l’équipe d’expertise de l’AFP (police fédérale australienne) dit : « nous
avons tout ce qu’il nous faut pour mettre la main sur ces sales types ».

Le BIN dit que les attentats impliquaient des « experts étrangers qualifiés ».

Muchyar Yara dit : « Nous sommes sûrs que des experts étrangers en association avec des
experts ou des auteurs indonésiens ont été impliqués ».

La police nationale dit que les bombes étaient construites de TNT, de RDX, et de HMX.

L’officier de la police fédérale australienne (AFP) Graham Ashton dit que le degré de coordination
et l’emplacement du véhicule reflétaient le haut degré de planification et d’expertise.

Le BIN publie un rapport disant que les bombes étaient faites de Semtex.

Dimanche 3 novembre

La police relâche le 2 novembre un homme arrêté dans la régence de Ngada. Le général de


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brigade Aritonang dit que ce n’est pas le bon individu.

La police prend d’assaut une maison à Java et trouve une photo correspondant au portrait-robot
diffusé plus tôt cette semaine.

120 officiers de police et du renseignement australiens travaillent à Bali en plus des enquêteurs
internationaux

Le ministre de la Défense Matori Jalil accuse Al Qaïda pour les attentats à la bombe.

L’Australie accuse la JI pour les attentats.

Lundi 4 novembre

Une équipe internationale dit que les poseurs de bombe sont des professionnels.

Des sources du renseignement disent que les exécutants des attentats se cacheraient pendant six
mois avant d’essayer de sortir du pays.

Jeudi 7 novembre

Le propriétaire de la camionnette Mitsubishi est arrêté à l’Est de Java le 5 novembre.

Le général Heru Susanto identifie le propriétaire de la camionnette comme étant Amz, 30 ans,
arrêté au village de Paciran à Lamongan. Amz dit qu’il a acheté la camionnette à un homme
identifié comme Her de Tuban.

L’équipe d’enquête conjointe diffuse un communiqué selon lequel la camionnette Mitsubishi L300
chargée d’explosifs s’est arrêtée quelques minutes avant l’explosion devant le Sari Club dans une
aire de délestage qui n’est normalement pas utilisée pour se garer.

Aritonang dit que la police n’a pas nommé un seul suspect en relation avec les attentats.
L’attention de l’enquête se porte sur dix personnes.

Vendredi 8 novembre
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[Le chef de la police, le général] Da'I Bachtiar dit qu’Amrozi reconnaît avoir utilisé une
camionnette pour les attentats et avoir loué des motos et d’autres voitures après les attentats. Il
admet qu’Amrozi ne correspond pas aux portraits-robots.

En Italie, Panorama rapporte que le propriétaire de natioanlité italienne du Sartoni à Bali, a été
arrêté en relation avec les attentats.

Le journal Asian Wall Street rapporte qu’Hambali a planifié les attentats durant des semaines au
Sud de la Thaïlande.

Samedi 9 novembre

Pastika dit qu’Amrozi admet avoir aidé à construire la bombe, et admet avoir été le coordinateur
sur le terrain pour les attentats.

Dimanche 10 novembre

La police avance qu’Amrozi a acheté du soufre, de l’ammonium, de la fluorine et du chlorate au


magasin de produits chimiques Tidar Kimina, à Surabaya.

Lundi 11 novembre

La police avance avoir réalisé une première reconstruction de la planification et de l’exécution de


l’attentat, et aussi qu’Amrozi a acheté plus d’une tonne de produits chimiques pour produire les
bombes auprès de Silvester Tendean.

L’ancien responsable de la Bakin, AC Manullang, exprime des doutes sur la part effectuée par
Amrozi dans l’équipe pro responsable de l’attentat à la bombe.

Aritonang dit qu’Amrozi est le principal suspect dans l’attentat.

Mardi 12 novembre

Pastika dit que 10 Indonésiens sont suspectés dans l’attentat.

Amrozi affirme qu’il voulait tuer des Américains dans l’attentat. Bachtiar dit qu’Amrozi a fait quatre
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réunions à Surakarta pour planifier les attentats.

Un expert en anti-terrorisme et en chimie exprime des doutes quant aux déclarations de la police
sur l’identification des poseurs de bombes. Un sous-officier du Kopassus dit que pour exécuter les
attentats, il aurait fallu un an de pratique. L’expert chimiste exclut les explosifs conventionnels, et
dit qu’ils sont incapables de provoquer le niveau de destruction qu’il y a eu à Kuta.

Mercredi 13 novembre

Amrozi dit qu’il n’a pas assemblé la bombe. Pastika dit que la bombe consistait en 100 kilos de
TNT, d’un détonateur de PETN, et d’un « accélérateur » au RDX.

Jeudi 14 novembre

Amrozi désigne Samudra comme l’un des cerveaux de l’attentat. Il dit qu’il a conduit la
camionnette à Bali mais nie avoir assemblé la bombe.

Samedi 16 novembre

La JI est nommée comme le principal suspect dans l’explosion.

Lundi 18 novembre

L’équipe d’investigation conjointe identifie six suspects de plus : Patek, Samdura [sic], Imron,
Wayan, Dulmatin, Idris avec Samdura, Dulmatin et Idris en tant qu’assembleurs des bombes.
Samdura [sic] est le leader du groupe, Idris le second à commander, Dulmatin, qui a fait détoner
la bombe avec son téléphone portable, est expert en électronique.

Amrozi refuse d’identifier le conducteur de la camionnette.

Mardi 19 novembre

Pastika dit que les enquêteurs ne se sont pas encore concentrés sur la source des explosifs, que
c’est trop tôt pour aller sur ce terrain, et que seule l’arrestation des exécutants les mènerait vers
le mécanisme.
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La police dit avoir trouvé des traces de RDX et de TNT sur le site de l’explosion. La TNI nie avoir
jamais stocké du RDX et du C-4. PT Dahana confirme avoir importé du RDX pour des groupes
limités et pour les militaires.

Mercredi 20 novembre

Da'I Bachtiar dit qu’il y a d’autres « matières » qu’Amrozi ne s’est pas procuré à Surabaya, et qu’il
« n’a pas la capacité de faire des bombes ».

L’AFP (police australienne) dit qu’ils n’ont pas trouvé de résidus de RDX sur les lieux, seulement
du chlorate et du TNT.

Pastika refuse de confirmer ou de nier une implication étrangère.

Jeudi 21 novembre

Hermawan Sulistyo dit que la quantité d’explosifs exigée ne colle pas avec l’histoire de la
camionnette.

La police confirme que les produits chimiques acquis par Amrozi n’étaient pas les matières
principales de la bombe.

Pastika dit que les principales matières de la bombe étaient du TNT et du RDX.

Vendredi 22 novembre

Trois hommes « mystères » apparaissent dans la transcription de l’interrogatoire d’Amrozi. Amrozi


semble être dans l’ignorance des attentats à la bombe au Sari et au Paddy club jusqu’à ce qu’il les
voie à la télévision.

Pastika affirme qu’il n’a pas lu le rapport d’interrogatoire. Il affirme maintenant que seuls sept
suspects ont été identifiés.

Samedi 23 novembre
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Bachtiar dit qu’Amrozi a lui-même fourni le véhicule et les matériaux pour les bombes.

Dimanche 24 novembre

Bachtiar dit que les attentats à la bombe ont été exécutés par trois groupes sous la direction
d’Hambali.

Lundi 25 novembre

La police affirme que le mécanisme qui a été utilisé au Paddy a été détoné à 118 centimètres au-
dessus du sol.

Le magazine Time prétend que le cerveau de l’attentat de Bali est un Yéménite.

Mardi 26 novembre

La police détient des « complices » des attentats.

La police révèle que Samudra était sur le point d’obtenir un faux passeport pour voyager en
Malaisie.

Mercredi 27 novembre

Des experts légaux disent que les confessions d’Amrozi et de Samudra ne sont pas admissibles
sous la KUHP**.

Jeudi 28 novembre

Les [familles de] victimes des bombes en appellent à la mort des exécutants des attentats.

Vendredi 29 novembre

Aritonang dit que la transcription de l’interrogatoire de Samudra sur les attentats de Bali n’a pas
été incluse dans son dossier pénal parce qu’aucun avocat n’y assistait.
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Samedi 30 novembre

La police dit maintenant que la JI « opère en Indonésie ».

Samudra avance qu’il a conçu les attentats de Batam.

Dimanche 1er décembre

Les avocats de Samudra disent qu’il n’est pas lié à Ba'asyir (Bashir) ou à Mukhlas.

Lundi 2 décembre

L’analyste politique Hermawan Sulistyo indique que des informations des médias, dont celles du
Time, qui reposent sur des « sources du renseignement » pourraient être fausses.

Mardi 3 décembre

La police donne les noms de 163 victimes des attentats de Bali.

Mercredi 4 décembre

L’équipe d’investigation de Bali n’est « pas sûre » du moment où commencera l’enquête sur les
quelques 200 personnes disparues dans les attentats.

Jeudi 5 décembre

La police dit avoir capturé le prétendu chef des opérations de la JI, Mukhlas.

Des explosions ébranlent un McDonald's et un magasin de vente de voiture au Sulawesi, faisant


trois victimes.

Lundi 9 décembre

Pastika dit qu’au moins « 90% » du complot de l’attentat à Bali a été découvert.
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Mardi 10 décembre

Pastika dit que les dossiers sur les suspects des attentats de Bali devraient être « parfaits », mais
doit encore désigner les responsables des trois explosions parmi les suspects et déterminer les
explosifs qui ont été utilisés.

Le chef de la police du Sulawesi, le général Firman Gani dit qu’ils ont établi un lien entre les
poseurs de bombe au Sulawesi et les attentats à la bombe de Bali.

Mercredi 11 décembre

L’avocat de Samudra exprime des doutes quant à la capacité de son client à assembler des
explosifs. Il avance que Samudra et d’autres suspects ont été manipulés par une « tierce partie »
afin de discréditer l’islam en Indonésie. Il laisse penser que deux mécanisme ont été employés au
cours des attentats : l’un, conventionnel, et l’autre « de haute technologie à forte puissance ».
L’avocat dit aussi qu’un témoin a vu quelque chose tomber du ciel avant l’explosion.

Jeudi 12 décembre

L’équipe conjointe d’investigation dit que les attentats de Makassar et Bali sont étroitement
associés.

Vendredi 13 décembre

Aritonang dit qu’il a un dossier solide sur les attentats de Bali. Il dit qu’il n’a pas de connaissances
assez spécialisées pour discuter en détail des explosifs utilisés.

Samedi 14 décembre

Samudra nie connaître Mukhlas et Gufron. Il nie avoir reçu des fonds d’eux. Il voulait tuer des
espions israéliens, des Américains. Il dit qu’il n’a pas assemblé les bombes et qu’il ne sait pas où
elles ont été assemblées.

Bachtiar se demande si Amrozi et Samudra ont agi seuls dans tous les attentats.
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* Kopassus : Komando Pasukan Khusus (commandement des troupes spéciales) est le nom des forces spéciales de l'armée de terre indonésienne

** KUHP : Kitab Undang-Undang Hukum Perdata, l’ensemble des codes législatifs indonésiens

Ali Imron, le jeune frère d’Amrozi et Mukhlas a été condamné à la prison à vie en septembre 2003, en récompense pour sa collaboration avec
les enquêteurs, auxquels il a raconté ce qu’ils voulaient entendre. Ci-dessus, il explique pendant son prcès comment il a assemblé le mélange
de poudre noire de chlorate et de TNT censé avoir composé la bombe. Or un tel mélange exploserait immédiatement !!!

Hambali, présenté comme le « cerveau » des attentats de Bali, a été arrêté en août 2003 en Thaïlande et se trouve toujours détenu à
Guantánamo
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Source : l'auteur

Article original publié le 16/4/2009

Sur l’auteur

Sacha Sher est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cet article est libre de reproduction, à condition
d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur et la source.

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ZONE DE TYPHONS: 16/04/2009