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Histoire d’al-Andalus

Al-Andalus fut une civilisation qui irradia une personnalité propre tant en Occident qu’en Orient. Terre de rencontres, de métissages profonds, un carrefour culturel, al-Andalus fut remise, par l’Europe et le monde musulman, au rang d’une belle légende qu’aucun des deux mondes n’aurait réellement vécue. Voici les étapes cruciales de ses huit siècles d’existence.

Histoire d’al-Andalus Al-Andalus fut une civilisation qui irradia une pe rsonnalité propre tant en Occident qu’en

L’émirat et le califat Omeyyade.

Al-Andalus, “terre de vandales”, en arabe, est le nom donné au territoire de la Péninsule Ibérique, occupé par les musulmans entre le début du VIIIe siècle et la fin du XVe siècle et qui parvint à s’étendre sur une très grande partie du territoire espagnol. L’extension de l’Etat islamique appelé al-Andalus évolua au fur et à mesure que les frontières se modifiaient au gré des conquêtes hispano-mauresques ou castilllo-aragonaises.

La puissante civilisation islamique d’Orient ne tarda pas à déferler sur l’Occident : le Maghreb, l’Espagne, et même sur une partie de l’Italie et de la France. Au cours du VIIIe siècle, une série de groupes et de familles nobles, venues de l’Est, et de tribus berbères provenant du Maghreb, pénétrèrent dans la Péninsule à travers le Nord du Maroc et peu à peu s’installèrent sur le territoire d’al-Andalus. Ceci ne représenta pas une rupture totale avec la culture hispano-wisigothe alors dominante. Bien au contraire, les deux cultures se fondirent en une culture autochtone singulière et éblouissante qui différencia énormément l’Islam occidental de l’oriental. Ce fut sans grands traumatismes qu’initialement arabo-berbères et hispano-wisigothes se mélangèrent. Puis ce fut le temps qui contribua jour après jour à ce métissage des peuples

.

Pendant la deuxième moitié du VIIIe siècle, l’Empire islamique se scinda. La dynastie Abbasside prit le
Pendant la deuxième moitié du VIIIe siècle, l’Empire islamique se scinda. La dynastie Abbasside prit le

Pendant la deuxième moitié du VIIIe siècle, l’Empire islamique se scinda. La dynastie Abbasside prit le pouvoir et s’installa à Bagdad, renversant les Omeyyades qui gouvernaient à Damas. Un prince omeyyade enfui de Damas, Abderrahman I vint se réfugier en al-Andalus où il forma un nouvel État, l’émirat, basé à Cordoue, indépendant de la politique abbasside qui régnait sur Bagdad. Huit émirs se succédèrent entre 756 et 929, époque de splendeur culturelle bien qu’assombrie par plusieurs soulèvements des muladies et mozarabes jusqu’à ce qu’Abderrahman III décida de fonder un califat, et se déclara Amir al-Muminin, “commandeur des croyants”, en arabe, titre qui lui concéda en plus du pouvoir terrestre le pouvoir spirituel sur la umma, “la communauté des croyants”.

Pendant la deuxième moitié du VIIIe siècle, l’Empire islamique se scinda. La dynastie Abbasside prit le

Le calife et son successeur al-Hakam II surent favoriser l’intégration ethnoculturelle entre Berbères, Arabes, Hispaniques et Juifs. Ils surent tous deux maintenir la paix entre les peuples, signèrent des accords avec les chrétiens, procédèrent à la construction de nombreux monuments, certains aussi remarquables que la Grande Mosquée de Cordoue, et s’entourèrent de personnages éclairés de l’époque. Ils maintinrent également des relations commerciales avec Bagdad, la France, la Tunisie, le Maroc, Byzance, l’Italie et même l’Allemagne.

Royaumes

des

nord-africaines.

Taifas

et

dynasties

Cependant, tous les successeurs aux brillants ca lifes ne suivirent pas cette si prometteuse politique car certains se laissèrent tenter par le pouvoir. Après vingt-deux ans de fitna “rupture, guerre civile”, en arabe, le Califat fut enfin aboli. C’était l’année 1031. Les mœurs sécessionnistes et rebelles resurgirent de plus belle et c’est ainsi que la division et le démembrement des terres réapparut en al-Andalus. Toutes les grandes familles arabes, berbères et muladies voulaient tenir les rênes du pays ou du moins de leur ville, surgissant en tout lieu des muluk al-Tawaif qui s’érigèrent en maîtres et seigneurs des principales places qu’ils occupaient. Ce démembrement annonça le début du déclin d’al-Andalus, et devant une telle faiblesse, l’ennemi chrétien sut se faire plus fort et s’organisa comme jamais il ne l’eût fait auparavant pour combattre les musulmans. Ce fut Alphonse VI qui incarna la première grande victoire sur l’Islam péninsulaire en soumettant la ville de Tolède, en 1085. Même l’unité ethnoreligieuse qui s’était révélée un triomphe commença à se déstabiliser avec l’apparition de mercenaires aussi bien musulmans que chrétiens prêts à combattre leurs coreligionnaires.

Les Almoravides.

Cependant, cette époque vit la naissance de personnages influents dans le domaine du savoir et dans celui des richesses orientales, la construction de somptueux palais, jardins et mosquées, ainsi que la célébration des fêtes les plus fastueuses, extravagantes et réputées du bassin méditerranéen. Pendant ce temps, à la fin du XIe siècle, au Maghreb occidental (le Maroc d’aujourd’hui), un nouveau mouvement politique et religieux surgit au sein d’une tribu berbère du Sud du pays, les Lamtuna, fondateurs de la dynastie almoravide (voir Route des Almoravides).En peu de temps, leur religion austère et pure vint convaincre les peuples

découragés par la situation de leur pays. C’est avec leur appui que cette tribu entreprit les batailles qui peu à peu contribuèrent à la formation d’un empire, comprenant une partie du Nord de l’Afrique et al-Andalus, où ils étaient venus à la demande du roi de Séville al- Mutamid pour freiner l’avancée chrétienne. Avec Ibn Tashfin à leur tête, les Almoravides pénétrèrent la Péninsule et infligèrent une grave défaite aux troupes d’Alphonse VI d’Aragon à Sagrajas. Bientôt, ils mirent un terme aux royaumes des Taifas pour gouverner al-Andalus. Mais cela ne vint pas sans rébellion de la population hédoniste et libérale qui vivait en terre d’al-Andalus contre leur esprit puritain et leur rigidité. Malgré tout, ce nouveau panorama s’accompagna d’un essor économique et d’un bien-être social et économique.

Mais les chrétiens réalisèrent d’importantes avancées, comme la conquête de Saragosse en 1118 par Alphonse I d’Aragon pendant qu’au Maghreb surgissait un nouveau mouvement religieux, l’almohade, menaçant la suprématie des Almoravides. Cette nouvelle dynastie née au sein d’une tribu berbère au cœur de l’Atlas et dirigée par le guerrier Ibn Tumart, s’organisa pour destituer leurs prédécesseurs. Ils finirent par gouverner al-Andalus depuis Marrakech et y ramenèrent une certaine stabilité économique et sociale. Ce furent de grands

constructeurs et ils s’entourèrent des meilleurs littéraires et scientifiques de l’époque. Cependant, comme les Almoravides, ils finirent par succomber à l’abandon spirituel et à la négligence des coutumes, un fait caractéristique de l’histoire d’al-Andalus.

La dynastie nasride.

Quand au XIIIe siècle, l’avancée castillane incarnée par Ferdinand III sur de nombreuses villes andalusies se révélait imparable, surgit une nouvelle dynastie à Jaén, la nasride (nazari). Fondée par al-Ahmar ibn Nasr, le célèbre Abenamar le romancier. Le règne nasride, siégeant à Grenade, comprenait les régi ons d’Almeria, Malaga, Grenade et une partie des régions de Jaén et de Murcie. Subissant la pression des royaumes chrétiens au Nord et, au Sud celle des sultans mérinides du Maroc, les Nasrides fondèrent un royaume dans la précarité et l’instabilité. Malgré cela, Grenade fut une grande métropole de son temps qui reçut des musulmans des confins du monde et où s’édifièrent de somptueux palais, tels que l’Alhambra, des mosquées et des bains publics. Elle ne cessa d’intriguer ses citadins et pèlerins jusqu’à la moitié du XVe siècle. En 1492, après des années de lutte avec les castilllo- aragonais qui étaient à l’affût des frontières, le roi Boabdil, Abu Abd Allah, capitula face aux Rois Catholiques, en rendant Grenade aux Espagnolsí|

constructeurs et ils s’entourèrent des meille urs littéraires et scie ntifiques de l’époque. Cependant, comme les
constructeurs et ils s’entourèrent des meille urs littéraires et scie ntifiques de l’époque. Cependant, comme les

Chronologie

 

622

Fuite ou exil (Hégire) de Mohamet à Médine. Début du calendrier musulman.

711

Tarik, lieutenant du gouverneur d’Afrique du Nord Musa ben Nusayr, part de Tanger à la tête d’une armée de 9.000 hommes et débarque à Gibraltar (Yebel Tarik / Montagne de Tarik). L’occupation de la péninsule est réalisée en cinq ans.

 

720

Reconstruction des murailles et du pont Romain de Cordoue et création du premier cimetière musulman.

718

Date possible de la bataille de Covadonga, qui marqua le début de la résistance astur.

756

Abderrahman I, dernier omeyyade de Damas survivant de la persécution à laquelle fut soumise sa famille, débarque en Espagne et occupe Cordoue. Il établit une dynastie qui gouvernera al-Andalus jusqu’en 1031.

784

Début de la construction de la Mosquée de Cordoue.

822

Le successeur de al-Hakam I, Abderrahman II, amène une période de prospérité en al-Andalus. Agrandissement de la Mosquée de Cordoue et édification d’autres à Jaén et Séville.

831

Fondation de Murcie.

844

Incursion des normands à Lisbonne, Séville, Cadix et Sidonie.

851

Révolte des mozarabes à Cordoue.

879

Soulèvement du muladi Umar ben Hafsun contre l’émirat omeyyade.

929

Abderrahman III se proclame Commandeur des Croyants et se détache de Bagdad. Début du Califat de Cordoue.

936

Début de la construction de Medinat al-Zahra.

955

Fondation d’Almeria.

961

Le successeur d’Abderrahman III est al-Hakam II, roi érudit qui crée une bibliothèque de plus de quatre cents mille volumes.

997

Campagne contre Santiago de Compostelle menée par al-Mansur.

1031

Avec la chute de la dynastie omeyyade, apparaissent des royaumes indépendants dans tout le territoire d’al-Andalus : les Taifas.

1042

Début de la construction de l’Alcazar de Séville.

 

1062

Fondation de Marrakech.

1064

Construction de l’Alcazaba de Malaga.

1081

Bannissement du Cid Campeador (Rodrigo Díaz de Vivar, dit le).

1085

Le roi Alphonse VI prend Tolède. Le roi de Séville al-Mutamid demande de l’aide aux Almoravides, et une année plus tard il vainc les chrétiens à Sagrajas.

1163

Séville, capitale d’al-Andalus.

1184

Début de la construction de la Giralda de Séville.

1195

Les troupes almohades de Yaqub vainquent les troupes chrétiennes d’Alphonse VIII de Castille à Alarcos.

1198

Mort du cordouan Averroès, traducteur d’Aristote.

1212

Les troupes alliées de Castille, Aragon et Navarre vainquent les Almohades lors de la bataille des Navas de Tolosa.

1231

Al-Ahmar ibn Nasr, fondateur de la dynastie nasride est nommé gouverneur de Arjona, sa ville natale, et peu après in étendra son pouvoir sur Jaén et Guadix.

1236

Cordoue se rend à Ferdinand III de Castille. Plus tard, Jaén et Arjona (1246), Séville (1248) et d’autres villes d’al-Andalus tombent.

1237

Début de la construction de l’Alhambra sous la direction d’al-Ahmar.

1314

Début des travaux du Generalife.

1482

Début de la guerre de Grenade. Boabdil arrache le trône à son père.

1487

Après une lutte sanglante, Malaga se rend aux forces chrétiennes.

1489

Baeza et Almeria se rendent pacifiquement aux Rois Catholiques.

1491

Boabdil, dernier roi nasride, capitule devant les Rois Catholiques et négocie la cession de Grenade le 25 novembre.

1492

Le 2 janvier les Rois Catholiques entrent dans Grenade.

Art et architecture

L’art islamique fait référence à l’unité créative d’un art et d’une architecture propre à une civilisation d’extension géographique spectaculaire, qui ne se limite pas exclusivement à une ethnie spécifique, mais s’ouvre à un panorama très divers comprenant l’Afrique noire, le Maghreb, l’Indonésie, le Golfe Persique et quelques lieux du Caucase, l’Europe, la Chine et l’Inde. Sous le signe d’une authentique identité supranationale, existe une diversité culturelle aux aspects locaux et régionaux. Aux premiers temps de l’Islam surgit rapidement un art riche et varié basé sur la tradition classique, l’art byzantin, perse et celui des peuples orientaux soumis.

Cependant l’originalité des structures architecturales et des motifs ornementaux produit un art propre, typiquement musulman. Toutes les créations artistiques islamiques témoignent d’un rapport indiscutable entre elles, confirmé par le nombre de termes qui leur sont communs.

L’ornementation est, sans doute l’un des aspects qui a le plus contribué à l’unification de l’art islamique. Indépendamment du matériel, de l’échelle ou de la technique employés, les mêmes thèmes décoratifs apparaissent tant en architecture qu’en arts somptuaires. L’abondance de superficies décor ées dissimule partiellement les structures.

La répétition de motifs, souvent géométriques, et la sage combinaison de matériaux et de textures crée un effet tridimensionnel qui dote les édifices d’un certain mystère et d’une légèreté particulière. La lumière et l’eau sont des éléments indispensables à cet effet presque irréel. La calligraphie, les motifs d’étoiles entrelacées et les motifs végétaux stylisés appelés atauriques, s’entremêlent de façon harmonieuse dans l’espace des édifices et veinent les objets décoratifs.

Les motifs figuratifs apparaissent souvent dans les objets domestiques, ce qui contredit la cr oyance populaire selon laquelle le figuratif serait interdit par la tradition musulmane. Mais en réalité, disons qu’il est fortement déconseillé car la représentation de la divinité pourrait condamner son essence transcendantale et immatérielle. C’est pour cela qu’il n’y a pas de figuratif dans les édifices religieux. Un autre élément architectural caractéristique par excellence est le mocarabe, stuc qui divise l’espace par la répétition et la superposition d’alvéoles semi-sphériques ou prismatiques donnant l’effet d’un véritable essaim d’abeilles.

Art et architecture L’art islamique fait référence à l’unité créative d’un art et d’une architecture propre
Parmi les arts décoratifs hispano-musulmans, il semble incontournable de citer les coffrets et les boîtes d’ivoire

Parmi les arts décoratifs hispano-musulmans, il semble incontournable de citer les coffrets et les boîtes d’ivoire précieusement taillées, les terrines, les lampes à huile et les robinets de bronze, les objets taillés dans le bois, toutes sortes d’ustensiles, jarres, vases, vasques en céramique vernissée, les fontaines d’ablutions et les lapidaires en marbre, l’orfèvrerie d’or, les tissus de soie brodés et les livres reliés et illustrés.

Quant à l’architecture, de nombreux édifices hispano-musulmans sont admirables en Espagne et, parmi ceux de caractère religieux, les mosquées tout particulièrement. Il semblerait que leur origine est la maison du prophète Mohamet qui présentait une partie couverte et une autre à ciel ouvert. Une aussi simple construction s’est transformée peu à peu en une structure parfaitement fonctionnelle et adaptée à la prière de la communauté.

Parmi les arts décoratifs hispano-musulmans, il semble incontournable de citer les coffrets et les boîtes d’ivoire

Toutes les mosquées, disons presque toute car celles d’al-Andalus s’orientaient parfois de manière légèrement différente, se tournent vers la qibla, à la Mecque, dont la direction est indiquée par le mihrâb. C’est depuis ce mihrâb que l’iman dirige la prière. Les mosquées sont également dotées d’un minaret, depuis lequel le Muezzin fait l’appel à la prière cinq fois par tour. Un autre élément caractéristique est le patio dans lequel se situe la fontaine d’ablutions. La partie couverte de la mosquée, appelée haram, est habituellement agencée en une grande salle hypostyle dont les nefs sont disposées perpen diculairement à la qibla. En se prolongeant, les nefs des extrémités arrivent parfois à encadrer le patio. Parmi les mosquées d’al-Andalus, celle de Cordoue figure parmi le s plus importantes et celle d’Almonaster la Real parmi les plus humbles.

Un autre édifice caractéristique du monde musulman est la médersa, ou al-madrasa, école coranique destinée à l’enseignement des sciences religieuses et de la jurisprudence. Autrefois, elles s’agençaient autour du patio, sur lequel s’ouvraient quatre grandes salles ou iwans, donnant directement accès aux chambres des étudiants. Un secteur de la médersa de Grenade est encore bien conservé, mais les plus spectaculaires sont bel et bien les médersas mérinides de Fès et tout particulièrement celle de Bou Inania.

Un autre édifice caractéristique du monde musu lman est la médersa, ou al-madrasa, école coranique destinée

De caractère religieux également, s’érigeaient en al-Andalus de nombreux mausolées où étaient enterrés les rois et les mahométans. Ils étaient couverts de coupoles et leur surface était généralement carrée. En ce qui concerne l’architecture militaire, il semble inévitable de citer les fortifications des villes au moyen de murailles, dont les tours défensives étaient disposées en travée régulière. Souvent précédées par une barbacane, elles disposaient d’une enceinte crénelée et les portes par lesquelles on pouvait y accéder étaient construites en angle. Les murailles les plus intéressantes sont celles de Séville et de Niebla. Les casbahs sont aussi des constructions défensives typiques qui allaient parfois jusqu’à héberger de véritables villes résidentielles, comme c’est le cas pour celles d’Almeria et de Malaga. Quant à l’architecture résidentielle, se distinguent les palais et alcazars, certains aussi somptueux que ceux de l’Alhambra et de Medinat al-Zahra, authentiques villes-palais.

La profusion de bains ou hamman est encore une caractéristique de l’architecture hispano- musulmane. Essentiels pour l’hygiène tant préconisée par l’Islam, les bains sont un héritage des thermes classiques, et s’agencent en diverses pièces où la température varie progressivement. L’air, chauffé au moyen de chaudières, est distribué sous le sol. Ronda et Jaén en sont l’expression par excellence. Et finalement, on ne peut terminer cette description sans faire référence aux quartiers commerçants, ou al-qisariya, qui configuraient hermétiquement l’intérieur du souk, ou se vendaient toutes sortes de produits de luxe. Le souk de Grenade qui été refait en est un exemple. Par contre, les alhondigas, ou funduq, étaient destinées au stockage de marchandises et à héberger les marchands, d’où le mot fonda. C’est d’ailleurs encore une fois à Grenada qu’une alhondiga est conservée, devenue le Corral del Carbon.

L’héritage scientifique et culturel

Il ne faut pas oublier qu’au début les arabes ne représentaient qu’une minorité en al-Andalus par rapport aux hispaniques et aux berbères qui constituaient la majorité de la population. La langue courante n’était donc pas l’arabe. Cependant, pendant le IXe siècle il y eut une forte arabisation, due sans aucun doute à l’importance que prit la langue avec le livre sacré de la nouvelle religion, le Coran.

La langue arabe fut en al-Andalus synonyme de raffinement et d’érudition, bien que presque toute la population parlait le castillan. Les musulmans n’étaient pas les seuls à étudier l’arabe puisque les mozarabes, les chrétiens et les juifs, qui vivaient sous la domination musulmane, finirent par s’exprimer et à rédiger en arabe. Ces communautés participaient pleinement à la vie publique d’al-Andalus. À ce propos, il existe un passage très éloquent d’Álvaro de Córdoba se plaignant de l’apogée de l’arabe au IXe siècle : "Nombre de mes coreligionnaires lisent des poésies et des contes arabes et étudient les œuvres des philosophes et théologiens mahométans, non pas pour les réfuter mais pour apprendre à s’exprimer en langue arabe de manière correcte et élégante". Parmi les plus importants linguistes de l’époque d’al-Andalus, se distinguent al-Qali, Ibn al-Qutiyah et al-Zubaydi, tous du Xe siècle.

L’héritage scientifique et culturel Il ne faut pas oublier qu’au début les arabes ne représentaient qu’une

L’éducation et le savoir ont toujours été d’une grande importante pour l’Islam, comme le montrent bien les propres traditions qui furent consciencieusement respectées jusqu’à ses dernières conséquences.

Les phrases tels que "Recherche le savoir du berceau à la tombe" ou "Il n’y a rien de plus important aux yeux de Dieu qu’un homme qui, ayant appris une science, l’enseigne aux autres" sont les maximes les plus influentes de l’époque. Les émirs et les califes eux-mêmes, comme Abderrahman II, Abderrahman III et al-Hakam II, furent de grands érudits qui s’entourèrent de sages et mirent l’enseignement à la portée de tous. Ils firent traduire les principales œuvres du savoir gréco-hellénistique, créèrent des bibliothèques publiques et privées, certaines célèbres comme celle d’al-Hakam II, et édifièrent des mosquées et des médersas où s’enseignaient les sciences religieuses et la jurisprudence. Certains furent d’excellents poètes, comme le roi de Séville al-Mutamid et son ami et vizir Ibn Ammar.

Ils dédièrent de nombreuses œuvres à l’étude du sa voir, à l’enseignement et à la classification

Ils dédièrent de nombreuses œuvres à l’étude du savoir, à l’enseignement et à la classification des sciences, comme celle qu’écrivit Abd Rabihi au Xe siècle: al-Iqd al-Farid, "Le collier unique". Tels étaient les mots de l’auteur à propos des différents savoirs : "(ce sont) les piliers sur lesquels repose l’axe de la religion et du monde. Ils différencient l’homme de l’animal, et l’être rationnel de l’irrationnel". Le célèbre Ibn Hazm (994-1064) dédia de nombreuses pages à la classification des sciences dans ses livres comme le "Maratib al-ulum" ou "Kitab al- ajlak". Cet auteur, à la fois théologien, juriste, historien et philosophe, a été l’un des plus fructueux qu’ait connu le monde musulman. A quatre cents, pas une de moins, s’élève le nombre d’œuvres qu’il écrivit. Son langage contre le pouvoir et la pauvreté de l’esprit était si critique et mordant que courait la rumeur selon laquelle "son langage était aussi aiguisé que l’épée d’al-Hach-chach". Sur le savoir il se prononça de la sorte : "Celui qui recherche le savoir pourra s’en vanter, ou pour en être alloué, ou pour en acquérir des richesses et de la célébrité, est très loin du succès, car son objectif est la recherche de quelque chose qui n’est pas le savoir".

Saïd (m.1070) qui écrivit le "Tabaqat" fut également une figure importante parmi les grands sages d’al-Andalus.

La prose, la poésie et la musique

La prose et la poésie furent deux disciplines hautement valorisées par les andalusies, amateurs de la beauté, de l’esthétique et de la nature. L’époque des taifas fut un chaos politique mais aussi une période de "décentralisation" du savoir, qui jusqu’alors se concentrait à Cordoue. Les rois rivalisèrent entre eux pour atteindre le plus haut degré d’érudition et la Cour plus éclairée, et cultivèrent, tout spécialement, la poésie. À côté du roi poète al-Mutamid, il faut citer un des poètes les plus renommés de son époque, Ibn Zaydun (1003-1071) et son aimée, la belle princesse Wallada, ainsi que al-Ramadi (m. 1015) et, quelques siècles plus tard, Ibn Zamrak, le poète du XIVe siècle qui inscrivit ses vers dans les murs de l’Alhambra. La forme la plus cultivée et élégante de la poésie fut la qasida, à côté de formes plus populaires appelées muwashaha et jézel, dont l’auteur le plus réputé fut le bon vivant Ibn Quzman (XIIe siècle), dont la renommée s’étendit jusqu’à Bagdad.

Ils dédièrent de nombreuses œuvres à l’étude du sa voir, à l’enseignement et à la classification

La musique ne fut jamais un genre très considéré par le monde musulman ; cependant, al-

Andalus vit l’avènement de grands musiciens dont le célèbre Ziryab, provenant de Bagdad au

IXe siècle, qui, en plus de révolutionner les mode s vestimentaires, la cosmétique et la cuisine

fut un magnifique joueur de luth auquel il ajouta une cinquième corde.

La prose, surtout philosophique, fut notamment représenter par le grand penseur Ibn Tufayl,

qui se fit remarquer par son ouvrage "Hayy Ibn Yaqzan", connu aussi sous le nom du "Livre

du Philosophe autodidacte", sans doute précurseur du Robinson Crusoé de Defoe. Le poète

Ibn Suhayd (m.1034), fut aussi reconnu avec l’œuvre "Al-Tawabi wa-l-zawabi, Esprits et

démons". L’histoire et la géographie

L’histoire eut un intérêt tout particulier pour les musulmans du Moyen-âge car ils écrivirent

de nombreuses œuvres emplies de données intéressantes non seulement historiques mais

encore géographiques, sociologiques et biographiques. Il est prouvé que de nombreux

historiens, géographes et anthologistes ont v écu en al-Andalus, même si nombre de leurs

œuvres ont disparu. D’ailleurs, une saga d’al-Razi parut, dont l’histoire générale d’al-Andalus

fut écrite par Isa (Xe siècle) ; son œuvre sera connue plus tard sous le nom de Chronique

dénommée du maure Rasis. La tâche de son contemporain Ibn al-Qutiya qui écrivit

"L’histoire de la conquête d’al-Andalus" fut également entreprenante. Le XIe siècle assista à

l’existence d’historiens notables comme Ibn Hayyan, né à Cordoue en 987, auteur érudit de

nombreuses œuvres qui reflètent la société et les événements de l’époque. Un peu plus tard,

Ibn Saïd al-Magribi, né à Grenade aux alentours de l’année 1201 et son contemporain Ibn

Idhari eurent leur part de célébrité. Le

XIVe siècle assista à la grandeur de deux statisticiens et

penseurs : Ibn al-Jatib de Loja et le tunisien Ibn Jaldun, auteur d’une œuvre fondamentale

pour son époque : le "Muqaddimah".

Finalement, parmi les anthologistes, le sévillan al-Himyari et les auteurs du XIIe siècle Ibn

Bassam et Ibn Jaqan acquirent une grande importance. Parmi les géographes, ceux qui

connurent une grande renommée furent al-Udri (XIe siècle), son contemporain al-Bakri, al-

Idrisi, appelé l’Estrabón de los árabes (XIVe siècle), et Ibn Batuta, originaire de Tanger, le

plus grand voyageur de son époque, qui nous a légué d’importants témoignages d’al-Andalus

ainsi que de nombreux lieux lointains jusqu’alors inconnus.

La philosophie et le soufisme

Dans les premiers temps de l’Islam en Orient, la science de la philosophie et de la logique

furent étudiées dans un climat de grande tolérance religieuse et intellectuelle. C’est en al-

Andalus que furent traduites pour la première fois en arabe les œuvres des philosophes grecs,

en particulier Aristote et où se développa un vif intérêt pour cette matière malgré le regard des

rigoureuses autorités religieuses. Son étude fut so uvent interdite et les œuvres de Ibn Hazm,

de l’oriental al-Gazali et d’Averroès furent brûlées. Cependant, les philosophes assuraient que

l’intellect et la raison n’étaient pas du tout incompatibles avec la révélation, et qu’ils

représentaient l’outil le plus efficace pour atteindre la vérité. "La philosophie est l’âme et la

sœur de lait de la religion. Elle ne contredit pas la révélation, mais plutôt la

confirme." défendait Averroès.

Le promoteur de l'étude de la philosophie fut Ibn Masarra (panthéiste),

auteur du Xe siècle suivit de Ibn Hazm et de son contemporain de Malaga,

le juif Ibn Gabirol qui professa une philosophie néoplatonicienne dans son

"Yambu al-hayat". Le XIIe siècle fut marqué par Ibn Bayyah (Avempace)

et son disciple Ibn Tufayl, dont l'œuvre susnommée, "Hayy Ibn Yaqzan",

eut un fort impact parmi les chrétiens. Mais sans doute, celui qui eut la plus

grande influence aussi bien dans le monde musulman qu'en Europe fut

Averroès (Ibn Rushd, 1126-1198), de qui de nombreuses oeuvres ont été

conservées et qui fut le contemporain de l'éminent philosophe juif Moïse

Maimonide (1135-1204). Mais, face à cette pensée rationaliste, en al-

Andalus, furent reconnus plusieurs mystiques soufis de la taille d’Ibn al-

La philosophie et le soufisme Dans les premiers temps de l’Is lam en Orient, la science

Arif (1088-1141) ou d’Ibn Arabi de Murcie (1165-1240), qui soutenaient

cette tradition prophétique qui disait: "connais-toi à toi-même, et tu connaîtras ton Seigneur",

pas au point de vue rationnel et intellectuel mais purement intuitif et mystique.

Les sciences naturelles

En sciences naturelles, on ne peut éviter de mentionner les grands sages

qui révolutionnèrent de nombreux aspects de la vie grâce à leur savoir. Ils

étudièrent les mathématiques, l’astronomie, la médecine, la botanique et

l’agronomie, mais encore d’autres sciences blâmées par l’orthodoxie,

telles que l’astrologie, l’alchimie et la magie. Les mouvements des étoiles

et des planètes furent minutieusement étudiés au moyen d’astrolabes

sophistiqués. L’oriental al-Jwarizmi fut le précurseur de l’algèbre et

l’arithmétique, desquelles nous avons hérité le logarithme. Enfin, en

médecine, les théories d’Hippocrate et de Galien se perfectionnèrent.

En al-Andalus, furent reconnus Ibn Taimiya (m. 928) en astronomie et en

médecine ; Abu Bakr al-Ansari, qui enseigna l’arithmétique et la

géométrie dans la Cour d’al-Hakam II, et le célèbre Maslama al-Mayriti

(m. 1008), surnommé l’Euclide d’Espagne et expert de nombreuses

disciplines.

La médecine eut ses représentants majeurs en Averroès et les frères

Harrani, qui exercèrent sous la protection d’al-Hakam II. Sans oublier,

dans ce bref résumé, le botaniste de Malaga Ibn-Baytar (1197-1248) et

l’agronome Ibn al-Awam, à qui nous devons un traité d’agriculture, le

"Livre de l’Agriculture", d’une exhaustivité et d’une valeur

Les sciences naturelles En sciences naturelles, on ne peut éviter de mentionner les grands sages qui

exceptionnelles. Tous furent très influents en Europe contemporaine et

moderne et leurs textes furent étudiés jusqu’au XVIIe siècle par des hommes de notoriété tels

que Michel Servet, Nicolas Copernic, Nicolas Massa ou Galilée.

La vie quotidienne

La vie d’un peuple ne s’évalue pas seulement à travers ses réussites artistiques et

scientifiques, mais surtout en examinant de près la vie de tous les jours, ses coutumes, ses

structures sociales et son organisation.

Al-Andalus connut aussi une grande renommée dans ce domaine. Elle créa un nouveau type

de société urbaine très structurée et bouleversa, en même temps, les travaux des champs, tout

en renouvelant l’agriculture, et en appliquant de nouvelles méthodes de culture.

Le centre urbain était la médina, muni d’un tracé serré et dense, qui, à son tour, s’organisait

en deux zones : la commerciale et la résidentielle. Le souk était un lieu de rencontres, surtout

masculin, où, au milieu d’un va-et-vient incessant, se faisaient les plus diverses affaires. Les

métiers et petites boutiques s’étendaient le long de zones spécialisées, où l’on pouvait trouver

toutes sortes de marchandises :

épices, parfums, légumes, fruits, viande, tissus, orfèvrerie et

céramique. Une rude série de normes fixait la vie commerciale, normes que nous pouvons

encore trouver dans les minutieux traités sur la hisba de Ibn Abdun.

Al-Andalus mit en place une administration solide et un système judiciaire assez complexe.

Les échanges commerciaux s’effectuaient en arge nt comptant. Les dinars, dirhams et felous

étaient l’unité monétaire d’al-Andalus.

La mosquée était un lieu très fréquenté pas seulement pour prier mais pour organiser

différentes réunions de type so cial et éducatif, ou tout simplement pour étudier en toute

tranquillité ou échapper à la chaleur de l’été. La vie domestique se déroulait en dehors de

l’enceinte commerciale, dans les qu artiers fortifiés de la médina laquelle, pour en assurer la

sécurité et la surveillance, se fermait le soir avec l’aide de deux portes. Les résidences,

austères et sobres à l’extérieure, pouvaient être très luxueuses à l’intérieure et étaient des

refuges de paix et de confort. Elles s’agençaient toutes autour d’un patio, et si la famille

pouvait se le payer, elle y plaçait un bassin ou, au moins, un puit. Sur ce patio s’ouvraient les

alcôves, les salons et la cuisine. Le mobilier était simple, à peine quelques coffres, une table

basse en marqueterie, et quelques soupentes et planchettes où poser un livre ou tout ornement

en ivoire.

Toutes les résidences possédaient des "toilettes" dignes, un système d’égouts, et même un

système d’éclairage de la ville, qui se distribuait par un réseau parfaitement organisé. Quelque

chose d’extraordinaire, si nous considérons qu’il s’agissait du IXe et du Xe siècle. Les bains

publics étaient très nombreux, il en existait plus de six cents dans le Califat de Cordoue.

Dedans, les clients se lavaient, se détendaient et prenaient un message énergique. L’après-

midi, c’était le tour des femmes. Les pâtes dépilatoires, l’henné (henna), l’huile de violettes,

le parfum de musc et de jasmin, le savon argileux pour les cheveux, l’antimoine pour mettre

en relief le regard (kohol), écorce de noix pour teindre les lèvres et gencives

...

, représentaient

un véritable arsenal cosmétique pour le soin et la beauté de la femme andalusie.

Le jardin potager fleurit comme il ne l’avait jamais fait auparavant, et il apporta de nouveaux

légumes comme l’aubergine, l’artichaut, l’endive, l’asperge, et de nouveaux fruits comme la

grenade, le melon, et les abricots. Les fleurs comme la giroflée, la rose, le chèvrefeuille et le

jasmin poussaient en libérant leur fragrance et couleur.

céramique. Une rude série de normes fixa it la vie commerciale, normes que nous pouvons encore

On améliora la technique des greffes, et de s jardins botaniques à des fins médicaux furent

créés, de mêmes que les hôpitaux.

L’éducation, comme on l’a déjà vue, était un bien très précieux pour les musulmans, qu’ils

s’occupèrent, depuis les organismes officiels, d’assurer et de développer. L’étudiant pouvait

se rendre à la mosquée ou à la médersa et recevoir l’enseignement qu’il avait choisi, une fois,

qu’il dominait déjà les textes sacrés et les sciences théologiques.

Glossaire

Termes arabes ou d’origine arabe

Al-arif, chef des travaux. Al-baniqa, parements triangulaires aux côtés d’un arc. Al-barrana,

tour édifiée en dehors des murs de la fortification qui servait de défense et de

contrôle. Alcazar, al-qasr, forteresse, palais royal. Alhondiga, al-funduq, maison publique

destinée à la vente et à l’achat de blé. Al-jama, al-yami, mosquée pour la prière du

vendredi. Al-mugawir, dans l’ancienne milice, soldat d’une troupe élue qui faisait des

incursions dans le quartier ennemi. Al-muhtasib, personne chargée de vérifier officiellement

les poids et les mesures. Al-muaddin, personne qui, depuis le minaret, appelle la population

musulmane à la prière. Al-munya, jardin potager, ferme. Al-qisariya, quartier commerçant. At-

tauriq, ornement végétal arabe. Calife, jalifa, prince arabe qui exerçait le pouvoir spirituel et

civil. Casbah, al-qasbah, enceinte fortifiée. Emir, amir, prince ou chef arabe. Haram, salle

principale de la mosquée. Hisba, étude normative d’organisation sociale. Imam, celui qui

dirige la prière. Iqlim, division administrative au sein de l’Espagne musulmane. Kura, division

territoriale au sein d’al-Andalus. Médersa, al-madrasa, école musulmane d’études

supérieures. Maris-tan, hôpital arabe. Médina, al-madinat, centre urbain d’une ville

musulmane. Mihrâb, niche qui indique la direction de la Mecque depuis laquelle est dirigée la

prière des musulmans. Mocarabe, al-muqarbas, stuc qui divise l’espace par la répétition et la

superposition d’alvéoles semi-sphériques ou prismatiques donnant l’effet d’un véritable

essaim d’abeilles. Moresque, musulman baptisé qui, après la Reconquista, est resté en

Espagne. Mozarabe, mustarab, chrétien qui sous l’Espagne musulmane resta tributaire

conservant son organisation ecclésiastique, judiciaire et sa religion. Mudéjar, mudayyan,

musulman qui sous la domination chrétienne resta tributaire conservant sa religion. Muladi,

muwaladi, hispanique chrétien qui embrassa l’Islam pendant l’Espagne musulmane. Qanat,

conduite d’eau, souterraine. Qibla, point d’horizon et mur d’une mosquée vers lequel se

tournent les musulmans pour prier. Rabida, forteresse musulmane, militaire et

religieuse. Sebka, ornement typique des almohades imitant un essaim. Sufi, de suf, laine.

Mystique musulman. Taha, taa, région. Taifa, taifa, bande, chacun des royaumes qui

divisèrent al-Andalus, après la dissolution du Califat. Wali, préfet d’une province de l’Etat

musulman. Zahoya, école de théologie et mystique musulmane. Zéjel, zayad, composition

espagnole en strophes d’o rigine arabe.

Texte tiré de la fondation « El legado andalusí»

se rendre à la mosquée ou à la médersa et rece voir l’enseignement qu’il avait choisi,

al-Andalus La présence musulmane en Espagne (711-1492)

al-Andalus La présence musulmane en Espagne (711-1492) TRADUCTION EN FRANÇAIS LA PENINSULE IBERIQUE AVANT LES MUSULMANS:

TRADUCTION EN FRANÇAIS

LA PENINSULE IBERIQUE AVANT LES MUSULMANS: LES WISIGOTHS

Les invasions germaniques du V siècle touchèrent l’Espagne, province romaine, à

partir de l’an 409, avec l’entrée des Suèves, des Vandales, et des Alains, peuples

qui restèrent depuis cette même date fédérée à Rome.

Les Suèves s’installèrent dans l’actuelle région galicienne et le Nord du Portugal

établissant leur centre politique dans la cité de Bracara (Braga). Les Alains se

dispersèrent sur le plateau et la Lusitanie. Tandis que les Vandales, avec leur roi

Genseric traversèrent, en 419, le Détroit de Gibraltar et s’établirent au Nord de

l’Afrique. De là, ils établirent leurs zones d’influence aux Baléares, la Sardaigne et

la Sicile. Les Wisigoths provenant de l’embouchure de la Vistule furent fixés par

Téodose en Moèsie et en Trace. Cependant, en 410, ils prirent d’assaut et pillèrent

Rome. Ils se déplacèrent vers l’Ouest pour former le royaume de Toulouse (410-

507), qui durera jusqu’à la bataille de Vouillé (507) et qui aura comme base

géographique le sud de la France et le nord de la Péninsule Ibérique.

L’unification territoriale entre wisigoths et Suèves a lieu avec les campagnes de

Léovigilde, qui en 585, annexa le royaume Suève réunissant avec l’appui de Suintila,

l’expulsion des Byzantins.

INVASIONS GERMANIQUES

On donne le nom de barbares (étrangers) aux peuples du Nord de l’Europe non

soumis à l’Empire Romain.

On attribue aussi ce nom aux tribus, qui étaient originaires des régions de l’actuelle

Allemagne et Scandinavie et qui envahirent l’empire après avoir lutté, fait des

accords, et repris la lutte contre les empereurs de Rome.

Les peuples qui formaient les principales tribus s’appelaient les Suèves, Vandales,

Alains, Lombard, Goths, Bourguignons, Saxons, Francs, etc.

L’invasion de ces peuples par l’Empire romain ne se réalisa pas en une seule fois, ni

sur une courte période. Ce fut un travail successif d’infiltrations. Pour essayer de

las contenir on donna des terres aux colons barbares, on admit des troupes

germaniques parmi les cohortes romaines, on introdui sit des étrangers d ans les

postes de commandement de l’Empire.

L’ISLAM

Le premier pouvoir européen qui se constitua en Occident après la dissolution de

l’ordre romain fut l’empire Byzantin. Une autre force va apparaître au sud-est de la

Méditerranée, influençant fortement l’évolution de l’Europe : l’Islam.

Cette nouvelle force expansive aura comme noyau protagoniste le peuple arabe,

lien entre l’Orient et l’Occident à travers sa participation dans les caravanes

commerciales. Ce peuple aura comme esprit propulseur une nouvelle religion

monothéiste, prêché par Mahomet (570-632) qui intègre dans ses prescriptions la

guerre sainte contre les infidèles.

Mahomet obtint, depuis Médine et La Mecque, la soumission des tribus nomades de

la Péninsule Arabique. Ses successeurs étendirent le domaine musulman jusqu’à

l’Asie Mineure, Israël, Egypte, Syrie, Phénicie, Perse et Mésopotamie. Ses armées

arrivèrent à l’Est jusqu’aux Indes. Partant de l’Egypte vers l’Occident, les

musulmans dominèrent le reste du Nord de l’Afrique, la Péninsule Ibérique et

pénétrèrent jusqu’au royaume des francs où ils firent vaincus par les troupes

commandées par Charles Martel au cours de la bataille de Poitiers (732), date que

l’on peut considérer comme la fin des conquêtes territoriales musulmanes ou

comme l’épuisement de leur force expansive.

L’ARRIVÉE DES MUSULMANS

La conquête de la Péninsule Ibérique par les musulmans constitue le dernier jalon

occidental de l’expansion musulmane et ouvre des nouveaux horizons à l’Islam qui

combine sa culture à l’Hispano Romaine et donne lieu à la formation d’un peuple

d’une authentique personnalité qui rejoint les valeurs les plus remarquables de la

civilisation médiévale occidentale.

L’adaptation des musulmans au territoire espagnol fut facile et rapide. Habitués aux

zones rudes nord-africaines, la Péninsule a dû leur paraître une libération par la

variété de son territoire et de son climat. Il se produisit rapidement une synthèse

de cultures entre l’hispano chrétienne, la romano germanique et la musulmane.

La supériorité militaire des musulmans était incontestable. Un petit nombre de

combattants avec une cavalerie réduite, mais très mobile, pouvaient manoeuvrer et

s’imposer facilement aux lourds et lents bataillons qui leur faisaient face. Ils

utilisaient comme armes offensives l’épée, la lance, l’arc et se défendaient avec

des casques et cottes de mailles. Leurs villes étaient admirablement fortifiées et

leur système de défense fut imité par les Chrétiens. Ils furent aussi à cette époque

maître incontestés des eaux maritimes qu’ils fréquentaient.

LA CORDOUE OMEYA

Pendant le X siècle la Cordoue Omeya atteint un développement sans égal dans

l’Occident. Seulement Bagdad et Byzance lui sont comparables. Ce fut sans doute le

centre fondamental de l’Islam Occidental et en même temps le pôle d’attraction de

l’Europe Chrétienne.

Elle avait dans sa période d’apogée :

  • - 113 000 logements

  • - 300 bains publics

  • - 30 hôpitaux

  • - 80 écoles publiques

  • - 17 universités

  • - 20 bibliothèques publiques (chacune possédait des centaines de milliers de livres,

et la plus importante d’entre elles : 400 000 ouvrages).

La convivialité qui régnait dans le Califat de Cordoue influença sans doute les rois

chrétiens du Nord.

Entre l’arrivée au pouvoir d’Abdel Rhaman III, en 912, et la mort d’Almanzor, en

1008, ce qui représente presque un siècle, il y eut une importante récupération

économique de Cordoue, grâce aux succès militaires Omeyas en Afrique du Nord. On

canalisa cers la Péninsule l’or saharien, et, à l’intérieur, on collecta des impôts

supplémentaires en faveur de l’État.

Grâce à cela l’autorité centrale de Cordoue put contrôler l’espace politique d’al-

Andalus et peser de tout son poids contre les pouvoirs chrétiens du Nord qui avaient

profité de la faiblesse de l ‘émirat, à la fin du IX siècle, pour repeupler les terres

conquises, ce qui leur avait permis d’asseoir leurs bases d’appui.

POPULATION PERIODE OMEYA

Nombre total d’habitants : 10 millions

  • - Les autochtones convertis à l’Islam formèrent l’immense majorité de la population

musulmane d’al-Andalus.

Ceux qui procédaient de l’extérieur étaient :

  • - Les Berbères ; Ils étaient le noyau principal. Ils procédaient des régions les plus

proches d’al-Andalus : le Djebel et le Rif marocain. Ils s’arabisèrent rapidement au

point d’oublier l’usage de leurs langues d’origine.

  • - Les Arabes étaient

Syrie et d’Asie.

inférieurs en nombre aux berbères. Ils étaient originaires de

  • - Des noirs africains ; Ils étaient presque tous esclaves, ramenés en Espagne par les

trafiquants, spécialisés dans la traite des esclaves.

L’effondrement que connut le Califat de Cordoue au début du XI siècle (1031) et sa

division en petits royaumes, permit aux chrétiens du Nord de chercher une nouvelle

frontière dans le système montagneux central et le fleuve Tage.

LITTERATURE

Nos connaissances sur la littérature Arabe de l’avant période Omeya sont très

faibles. Nous connaissons seulement quelques vers improvisés occasionnellement

par les Émirs et les poètes de la Cour.

L’apogée de la poésie andalouse eut lieu sous les rois des Taifas. La prose littéraire

était un genre cultivé par les Arabes sous le nom d’Abad, mais elle a toujours eu

une importance inférieure à la poésie.

Le Cordoaun Ibn Huzman, poète et homme de lettres, à qu i on doit le nom al-

Andalus, qui désigna dans les écrits arabes, se qu’était l’Espagne Musulmane dans

toute son extension territoriale, jouit d’une grande autorité.

On peut dire que ce fut lui qui lança le « Zejel » : dialecte andalusi, mélange

d’arabe et de romance, mis en circulation par les écrits de Muqaddam-Ben-Mu’Afa

(840-920), illustre poète andalusi.

MATHÉMATIQUES, BOTANIQUE, ASTRONOMIE

La science mathématique fut jusqu’au XIII siècle très avancée dans le monde arabe.

Des mathématiciens comme Yabir B. Aflah introduisirent une trigonométrie de haut

niveau dans le monde chrétien. On enseignait l’existence d’un univers infini, contre

Aristote. Cette conception du monde était arrivée aussi en Occident par d’autres

voies.

Ibn Al Banna et Al-Qalasadi créèrent les symboles mathématiques modernes.

Maslana fut un autre grand mathématicien qui vécut au XI siècle. Il détermina les

longitudes célestes. Cette trigonométrie sphérique perfectionna l’astrolabe. Les

musulmans améliorèrent l’astrolabe, instrument déjà connu dans l’antiquité et qui

était utilisée pour observer la hauteur, la situation, et les mouvements des

planètes. Abbas Ibn Firma, né à Ronde, était très connu par ses contemporains

comme le savant d’al-Andalus. C’était un scientifique précurseur de la fabrication

de planétaires, de cristal, de machines, d’horloges, de sphères armillaires et

d’engins pour voler.

L’étude des plantes médicinales a recu une grande impulsion à partir du X siècle. Al

Bakri (mort en 1094), Al-Gafiqui (mort en 1165), Abu-Al-Abbas al Nabat (mort en

1239) et beaucoup d ‘autres andalusis avaient augmenté notablement le nombre

d’éléments simples connus par Dioscorides. Tous ces apports ont été recueillis dans

l’oeuvre d’Ibn-Al-Baytar (mort en 1248). Son encyclopédie énumère

alphabétiquement 1400 médicaments d’origine animale ou végétale. Il jouissait

d’une grande autorité parmi les spécialistes médiévaux de l’Occident européen. Ses

travaux sur l’agronomie, la biologie, et la botanique appliquée faisaient encore

autorité au XIX siècle.

L’AGRICULTURE

Les productions les plus originales vont surgir : olives, raisins secs et vins pur

lesquels l’Islam s’accomode des traditions locales. Légumes et fruits des vallées du

Levante, relais essentiels pour les migrations des plantes vivrières de l’Orient vers

l’Europe. Toute une tradition horticole illustrée, avant la grande période des XI et

XII siècles, pour toute une littérature de traités agronomiques. Canne à sucre,

palmiers, lins et coton complètent le paysage.

Les jardins : véritable dialogue d’eau et de verdure dont celui de l’Alhambra de

Grenade conserve l’image. Sans doute la Medinat-az-Zahrâ avait-elle, déjà, à

travers la tradition gréco-romaine, ou par le relais recueilli les modèles hors du

jardin de l’orient iranien. Mais les héritages affluent aussi hors de ces paradis clos :

en tous ses arts, l’Espagne brode joyeusement sur des thèmes importés de la

Mésopotamie, de la Perse et de Byzance.

L’ART ANDALOUSI

L’art se développe avec une personnalité propre, originale et bien différencié du

reste de l’Islam. Du VIII au IX siècle, on édifia des monuments qui causent encore

admiration par leur beauté et par leur originalité.

La Mosquée de Cordoue est un monument unique aussi bien par sa structure

complexe et le savoir qu’elle renferme, que par la richesse de son ornementation.

Les palais de Madinat et AL Zahara sont ornés avec une grande perfection artistique.

L’immense palais de l’Alhambra de Grenade est merveilleusement conservé malgré

la fragilité de sa structure. L’eau et la végétation de ses jardins se fusionnèrent

pour donner lieu à une des scènes les plus suggestives et attendrissantes.

Le minaret de

la Giralda de

Séville est

une des plus belles réussites du monde

islamique.

LA MÉDECINE

Le sens de l’observation et les expériences réalisées sur le corps humain permirent

aux médecins musulmans de réaliser de nombreux progrès dans la médecine. Les

médecins et chirurgiens d’al-Andalus étaient réputés par les diagnostics qu’ils

faisaient et les opérations qu’ils réalisaient. Les soins se faisaient autant à domicile

que dans les hôpitaux. Le premier hôpital de l’Islam semble être fondé par

l’influence perse, par le Calife Walid I (705-715).

À cette époque, il existait déjà des salles spéciales dans les hôpitaux pour soigner

les différentes maladies. Parmi celles-ci il y avait une salle pour les schizophrènes.

Cette salle acquis avec le temps une telle importance que l’on ouvrit plus tard une

salle pour les aliénés. En Occident, il a fallu attendre Philippe Pinel, après la

Révolution française pour qu’on accepte le principe de sortir les aliénés de prisons,

où on les maintenait reclus, pour les transférer dans les hôpitaux. On réalisait déjà

des opérations de cataractes en utilisant des anesthésiques. On prescrivait l’écoute

de musique douce comme thérapie pour les malades mentaux. On fabriquait des

lunettes dans la Grenade Nazari et toutes sortes de verres optiques. On traitait les

hernies par opération et l’on enlevait les calculs rénaux et la vessie. On soudait les

fractures osseuses et l’on pratiquait plusieurs types d’opérations oculaires.

Ibn Rush étudia les maladies infectieuses comme la variole. Ibn-Khaitib et Ibn-

Chatima, médecins de Grendee, firent de grands progrès pour le traitement et la

guérison de la peste. À cette même époque, la médecine occidentale, sauf

exception, se réduisait essentiellement à l’imposition des mains, exorcismes, et

prières.

IBN RUSH AVERROES

Averroes est né à Cordoue en 1126. Il fut philosophe, médecin et rabbin. Ses

travaux ont supplanté ceux d’Aristote en Occident. Il reste le plus éminent des

philosophes arabes, et celui qui a influencé le plus la philosophie chrétienne,

malgré les attaques qu’il a reçu de tout temps. Il avait accumulé de très larges

connaissances sur le savoir de l’époque. Ses idées se maintiennent vivantes encore

aujourd’hui dans le monde.

Il écrivit les fameux commentaires qui lui valurent le surnom de « commentateur »

Depuis le XIII siècle, l’averroïsme fut le courant philosophique le plus important

d’Occident.

MAIMONIDES

« De nos jours, règnent d’excessives préoccupations et toute se place sous la

pression de temps difficiles. La science de nos savants a disparu ; la compréhension

de nos hommes prudents occultée ».

Maimonides de religion juive naquit à Cordoue en 1135 et s’éteignit au Caire en

1204. Il fut médecin, théologien, et philosophe. Il essaya d’harmoniser la foi avec la

pensée rationaliste d’Aristote. Il rédigea un traité : » Guide des perplexes » dans

lequel il définit les quatre principes éternels susceptibles de résoudre les

problèmes historiques entre chrétiens, musulmans et juifs.

Contenu des principes essentiels

  • - L’être humain peut se développer seulement dans une société saine, où les devoirs

sont placés avant les droits.

  • - L’homme progresse quand son raisonnement se développe pleinement, et quand il

acquiert la conscience des limites de son raisonnement et des postulats qu’il

formule.

  • - La raison de l’âtre humain n’est qu’un e participation de la raison de Dieu, cette

dernière le surpasse infiniment.

  • - Chaque nouveau cycle de l’histoire commence quand un prophète comme Moise

descend jusqu’au peuple pour lui proposer de nouvelles lois.

IBN ARABI

Ibn Arabi naquit à Murcie, en 1165, et mourut en 1240 à Damas. Étant encore jeune,

il se rendit à Séville et Damas. Il fut qualifié de nourrisseur de la religion, maître et

sultan des savants.

On le considéra comme le plus grand représentant du soufisme musulman en

Occident, de posséder une grande intelligence. Sa philosophie influença

profondément celle du philosophe Kant. Le penseur allemand aurait eu du mal à

concevoir l’imagination transcendante sans Ibn Arabi.

ALPHONSE X LE SAGE

Alphonse X le Sage est né à Tolède en 1221, et il est mort en 1284. Il fut roi de

Castille et de Léon. Ses troupes conquirent plusieurs places, telles que Cádiz,

Huelva et Nieble. Il fut un grand protecteur des arts et de la culture.

« L’acte le plus glorieux de mon règne a été ouvert à Murcie avec le philosophe

musulman, Mohammed Al –Riquti, la première université islamique du monde, pour

instruire, ensemble, à des musulmans, des chrétiens et des juifs ».

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