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2. Les changements d’état de l’eau

Ce chapitre a pour but d’apporter quelques notions sur les différents états de l’eau. L’aspect thermodynamique des changements d’état y sera abordé par l’introduction de notions comme la pression de vapeur saturante et la chaleur latente de changement d’état.

1. Les changements d’état de l’eau

Dans la nature, l’eau peut exister sous différentes formes : on parle de différents états ou de différentes phases. Ces états sont l’état solide, l’état liquide et l’état vapeur (appelé aussi état gazeux). Selon les valeurs des variables thermodynamiques que sont la pression et la température, l’eau se trouve sous l’état solide, liquide ou vapeur. En faisant varier ces variables, il donc est possible de passer d’un état à un autre : on parle de changement d’état ou encore de changement de phase.

Les différents changements d’état sont :

la fusion : c’est le passage de l’état solide vers l’état liquide. Le changement inverse est la solidification ;

la vaporisation : c’est le passage de l’état liquide vers l’état vapeur (ou gazeux). Le changement inverse est la liquéfaction (on parle parfois de condensation à l’état liquide) ;

la sublimation : c’est le passage de l’état solide vers l’état vapeur. Le changement inverse est la condensation.

Les différents noms de ces changements de phase sont rappelés sur la figure ci- dessous :

Solide

Fusion Solidification
Fusion
Solidification
Sublimation Condensation
Sublimation
Condensation

Liquide

Liquéfaction

la figure ci- dessous : Solide Fusion Solidification Sublimation Condensation Liquide Liquéfaction Vaporisation Gaz
la figure ci- dessous : Solide Fusion Solidification Sublimation Condensation Liquide Liquéfaction Vaporisation Gaz

Vaporisation

Gaz

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Durant le passage d’un état à un autre état, il y a équilibre entre les deux phases, c’est- à-dire que l’eau est présente sous deux états différents. Tous ces passages d’un état de la matière à un autre sont caractérisés par une pression et une température qui restent constantes durant le changement d’état.

Comme on le voit sur la figure ci-dessous, l’apport d’une quantité de chaleur à la pression P = 1 atm permet de réaliser ces changements d’états.

La quantité de chaleur qu’il faut fournir à l’unité de masse d’un corps pour le faire passer de l’état solide à l’état liquide à la température T est appelée chaleur latente de fusion (L f = 333 kJ/kg à T = 0°C, cette valeur signifie qu’il faut 333 kJ pour transformer

1 kg de glace en 1 kg d’eau liquide à T = 0°C).

La phase liquide étant caractérisée par un désordre des molécules plus important que celui de
La phase liquide étant caractérisée par un désordre des molécules plus important que
celui de la phase solide, cette énergie a permis de lutter contre les forces d’attraction
pour libérer les molécules de leur position relativement fixe dans le solide et leur
permettre de se mouvoir les unes par rapport aux autres, ce qui correspond à la phase
liquide.
Changement de phase de l’eau à la pression atmosphérique
Température (°C)
Vapeur
Mélange Liquide-Vapeur
100°C
Mélange Solide-Liquide
Liquide
0°C
Solide
L V = 333 Kj/Kg
L F = 2250 Kj/Kg
Quantité de chaleur
Kj/Kg

De même, la quantité de chaleur qu’il faut fournir à l’unité de masse d’un corps pour le faire passer de l’état liquide à l’état gazeux à la température T est appelée chaleur latente de vaporisation (L V = 2 250 KJ/Kg à T = 100°C. Cette valeur signifie qu’il faut

2 250 KJ pour transformer 1 kg d’eau liquide en 1 kg de vapeur à T = 100°C).

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2. Diagramme d’équilibre de l’eau

Si on refait l’expérience précédente à une autre pression, les valeurs des températures

de fusion et de vaporisation sont différentes. Il est alors possible de tracer la courbe

P = f (T) pour le passage de l’état liquide à l’état gazeux. Ce tracé est possible pour tous les

changements de phase, ce qui permet d’obtenir, en plus de la courbe de fusion, les
changements de phase, ce qui permet d’obtenir, en plus de la courbe de fusion, les
courbes de sublimation et de vaporisation. Sur un même graphe, l’ensemble de ces
courbes constitue le diagramme d’équilibre du corps pur, qui pour l’eau est représenté
sur la figure ci-dessous.
Pression (atm)
Point Critique
(218 atm - 374°C)
Courbe de Fusion
Solide
Liquide
Vapeur (gaz)
1 atm
Courbe de Vaporisation
Courbe de
Sublimation
Point triple
0,006 atm-0,01°C
0°C
100°C
Température (°C)

Pour l’eau, la courbe de fusion a la particularité d’avoir une pente négative. Cela se traduit par le fait que l’eau sous forme solide occupe à masse égale un volume plus important que l’eau sous forme liquide (une bouteille plastique pleine d’eau liquide placée au congélateur éclate lorsqu’elle se solidifie).

On peut noter sur ce diagramme deux points particuliers : le point triple et le point critique.

Le point triple est le point où il y a coexistence de l’eau sous trois états : liquide

+ vapeur + solide. Les coordonnées de ce point pour l’eau sont T T = 273,16 K (0,01°C.) et P T = 0,006 atm.

Le second point particulier est le point critique. Il est caractéristique de la courbe d’équilibre liquide-vapeur. Au delà du point critique, on ne peut plus distinguer la vapeur et le liquide. À titre indicatif, le point critique de l’eau a pour coordonnée Tc = 370°C et Pc = 218 atm.

Le point critique et le point triple sont mis en évidence lors d’une compression isotherme de l’eau. Cette expérience consiste à faire varier la pression du corps pur en faisant varier son volume et ce à une température constante (figure ci-après).

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Pression Fluide T 5 > T C Solide S + L T 4 > T
Pression
Fluide
T
5 >
T C
Solide
S + L
T
4 >
T C
L + V
Vapeur (gaz)
T
3 = T C
Ligne triple
S + V
T
T <
T 2
T
1 <
T T
Volume
Liquide

Sur cette figure, les lignes en trait plein correspondent aux courbes d’équilibre et les lignes en pointillés aux transformations isothermes.

Ainsi, pour une température comprise entre la température du point triple et celle du point critique, on observe la coexistence de la phase liquide et de la phase vapeur ; pour une température supérieure à T C , il n’est plus possible, quelle que soit la pression, d’observer cette coexistence. On parle alors pour cet état d’état fluide. Pour la température égale à la température du point triple, on peut observer la coexistence des 3 états, c’est la ligne triple. Pour une isotherme inférieure à la température du point triple, on peut observer le phénomène de sublimation.

3. Pression de vapeur saturante

Dans le cas de l’équilibre liquide-vapeur, la pression d’équilibre à une température donnée est appelée pression de vapeur saturante.

Pour une gamme de 0 à 100°C, une formule empirique, la formule de Duperray, permet de calculer la pression de vapeur saturante de l’eau en fonction de la température.

Cette formule est : P s = (

t

100

) 4

Dans cette relation, la température t est exprimée en degrés Celsius et la pression de vapeur saturante P S est exprimée en atmosphère.

Ainsi, au niveau de la mer où la pression atmosphérique vaut 1 atm, l’eau bout à 100°C.

En haute montagne en revanche, la pression est plus faible qu’au niveau de la mer. Par exemple, à une altitude d’environ 3 000 m, la pression est de l’ordre 0,7 atm et la température d’ébullition de l’ordre de 91°C. Au sommet du Mont Blanc elle est de 83°C et au sommet de l’Everest elle est d’environ 74°C.

Cela signifie qu’à cette altitude il est impossible d’avoir de l’eau à plus de 74°C, ce qui rend difficile la préparation d’un thé ou d’un café bien chaud !

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