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Chapitre 3

L’Acte pour pourvoir d’une manière plus


efficace aux moyens de prévenir
les feux de forêt
L’ H I S T O I R E D’UNE GUERRE

De nombreux sujets furent abordés au cours du congrès,


mais les participants s’intéressèrent surtout à la protection et ils
formèrent un comité multipartite pour étudier la question.
Après délibérations, les membres de ce comité (Joly, Little,
Bryson et autres) soumirent leurs recommandations au congrès,
au public et aux gouvernements concernés. Ils proposaient
d’abord de soustraire à la colonisation les régions impropres à
l’agriculture et d’y créer des réserves forestières pour la conserva-
tion des forêts de pins et d’épinettes. Ils recommandaient qu’on
prolonge la période de restriction des feux d’abatis pour englo-
ber les mois de mai, juin, septembre et octobre. Ils préconisaient
S la création d’une nouvelle organisation de détection et de sup-
Henri Gustave Joly. L’opinion pression des feux et l’embauche de gardes soumis aux autorités
publique, Vol. 3, no 3, p. 29
(18 janvier 1872). Gravure. compétentes en la matière. Cette organisation devait être financée
conjointement par l’industrie et par le gouvernement et, si néces-
saire, par une légère taxe imposée aux concessionnaires.

Les participants quittèrent Montréal satisfaits du travail


accompli. Au Québec, l’American Forestry Congress eut un impact
considérable. En septembre, Henri-Gustave Joly créa
l’Association forestière canadienne de la province de Québec (elle
ne sera en fonction que pendant un an). Quelques mois plus tard,
le gouvernement promulga une loi qui créait officiellement la
Fête de l’arbre, Jean-Charles Chapais publia un premier manuel
québécois de sylviculture et le commissaire Lynch présenta à
l’Assemblée législative deux nouvelles lois en matière de protec-
tion des forêts contre le feu.

Les régions sauvegardées


S
William Little, organisateur En 1883, William Little fit parvenir l’ensemble des recom-
de l’American Forestry
Congress de Montréal en mandations des congressistes au secrétaire de la province. Le
août 1882. commissaire des Terres de la Couronne, W. W. Lynch, les étudia
Extrait de : et, le printemps suivant, il soumettait un nouveau projet de loi
Report of the Fourth Annual
Meeting of the Canadian à l’Assemblée législative conformément à la première de ces
Forestry Association, 1903, recommandations : les régions impropres à l’agriculture
p. 2. seraient converties en réserves forestières. Par ordre en conseil
(on parlerait plutôt maintenant de « décret »), certains secteurs
boisés du haut et du bas de la rivière des Outaouais
(10 septembre 1883), du Saint-Maurice et des cantons de
Beauce, Compton, Wolfe, Arthabaska, Mégantic et Dorchester
(10 janvier 1884) furent soustraits à la colonisation. Les
industriels auxquels le gouvernement avait concédé ces
territoires étaient ainsi prémunis contre la principale cause de
feux de forêt : la colonisation. Le commissaire dut toutefois faire
adopter une seconde loi pour protéger certaines parties du
domaine forestier d’où il ne pouvait chasser les colons.

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FEUX DE FORÊT

Le 30 mars 1883, il faisait en effet sanctionner l’Acte pour


pourvoir, d’une manière plus efficace, aux moyens de prévenir les
feux de forêt. Cette loi autorisait le lieutenant-gouverneur à décla-
rer, par proclamation, « toute portion ou partie de la province de
Québec comprise dans une région forestière quelconque, région
sauvegardée34 ». Ces régions ou fire districts n’étaient pas soumises
à l’Acte concernant le défrichement des terres de décembre 1870.
La nouvelle loi imposait des mesures préventives particulières et
prévoyait l’établissement d’un système de protection opéra-
tionnel pour les faire observer. Elle interdisait « de mettre ou de
faire mettre un feu dans les bois ou dans leur voisinage35 » entre
le 1er avril et le 1er novembre pour quelque raison que ce soit, sauf
entre le 2 septembre et le 30 juin, où on pouvait le faire pour les
besoins du défrichement. Sur ce point, la loi ignorait les recom-
mandations de l’American Forestry Congress. Par contre, elle
s’attaquait à un autre problème, relativement nouveau : elle
obligeait, en effet, les compagnies ferroviaires à munir les
cheminées des locomotives de treillis métalliques, pour prévenir
les feux causés par les tisons.

Le commissaire devait nommer un « intendant général des


feux de forêt » chargé de faire observer la loi dans chacune des
régions sauvegardées entre le 1er avril et le 1er novembre de chaque
année. En vertu de cette loi, le gouvernement pouvait aussi recru-
ter des gardes chargés de patrouiller et d’organiser la lutte contre
les feux de forêt sur ces territoires. En contrepartie, les marchands
de bois devaient faire leur juste part, en embauchant des hommes
chargés de protéger leurs concessions. Au même titre que les
gardes gouvernementaux, ces employés étaient « sous la sur-
veillance unique et la direction absolue » de l’intendant. Ainsi,
grâce à la juste contribution des concessionnaires, les fire districts
étaient protégés par une organisation uniforme, soumise à
l’autorité gouvernementale. Pour concrétiser ce projet, le gouver-
nement créa quinze régions sauvegardées et accorda un budget de
5 000 $ au département des Terres de la Couronne36.

Le commissaire espérait amener les concessionnaires qui


avaient participé au congrès de Montréal à se joindre à cette orga-
nisation qu’ils avaient eux-mêmes revendiquée :

Les commerçants de bois sont, à mon avis, grandement


intéressés dans le mouvement que nous mettons sur pied.
J’espère qu’ils consentiront volontiers à donner une petite
contribution pour aider à payer les dépenses qu’entraîneront
l’organisation et le maintien du système que nous voulons éta-
blir. Ils seront les premiers à souffrir de la destruction complète
du bois, qui est la matière première de leur industrie. Je crois
même savoir que le gouvernement rencontrera chez ces mes-
sieurs la bonne volonté à laquelle nous avons droit de nous
attendre37.

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L’ H I S T O I R E D’UNE GUERRE

Le 10 mai 1883, il envoyait à tous les concessionnaires une lettre


circulaire dans laquelle il les enjoigna à participer au projet :

J’ai l’honneur de vous informer que le gouvernement ayant


décidé de donner, de suite, cours aux dispositions de l’Acte 46
Victoria, chapitre 10, concernant la protection des forêts contre
les incendies, vous êtes en conséquence respectueusement requis
de vouloir insérer dans la forme ci-dessous les noms des per-
sonnes que vous croirez devoir nommer, aux fins d’assister ce
département dans le but mentionné plus haut. Il est entendu ici
que les traitements des personnes que vous allez ainsi employer
pour ce service seront à votre charge.

En attendant votre réponse immédiate38.

En juillet, l’organisation du système accusait déjà un certain


retard, mais le commissaire demeurait néanmoins confiant de
pouvoir atteindre son objectif avant la fin de l’été. Des employés
du gouvernement reçurent une lettre les avisant qu’ils seraient
bientôt nommés intendants et des centaines de citoyens postulè-
rent également pour ces emplois nouvellement créés. Seul man-
quait le feu vert des concessionnaires qui ne vint jamais. À la fin
de l’été, seulement une dizaine des 194 circulaires envoyées par
Lynch avaient été retournées. Le commissaire avait mal évalué
l’intérêt des compagnies. Sans la participation de l’industrie, le
système ne pouvait pas fonctionner. Il annula donc la nomination
des intendants pour l’été 1883 et chercha à convaincre les conces-
sionnaires, sans succès, pendant le reste de son mandat, qui se ter-
mina en 1886.

Le commissaire était d’autant plus déçu que l’Ontario avait


réussi à mettre un système en place. Dans son rapport pour l’année
1885, il écrivait :

J’ai dû constater avec regret, en ce qui regarde notre pro-


vince du moins, que le projet que j’avais conçu il y a déjà
quelques années a reçu sa mise à exécution chez nos voisins
d’Ontario. Le succès obtenu par nos amis est de nature à faire
réfléchir nos grands propriétaires de locations forestières. Aussi
ai-je tout lieu de croire que, après avoir pris communication des
remarques de l’honorable commissaire d’Ontario, ces messieurs
ne prêteront plus sourde oreille comme par le passé aux propo-
sitions que j’ai l’intention de leur adresser sous peu39.

Le gouvernement conservateur avait erré, en comptant sur la


bonne volonté de l’industrie. Comme la loi n’était pas contrai-
gnante et que la plupart des concessionnaires étaient déjà à l’abri
de la colonisation grâce à la loi sur les réserves forestières, ils
avaient choisi d’ignorer le projet de W. W. Lynch.

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FEUX DE FORÊT

La taxe de feu

Au début de l’année 1887, Honoré Mercier devint premier


ministre du Québec. Dans son programme électoral, le chef du
Parti national avait annoncé que son gouvernement allait
modifier « [les] lois et règlements sur les Terres de la
Couronne, dans un sens favorable aux colons40 ». Mercier
comptait soutenir le mouvement de colonisation pour frei-
ner l’exode des Canadiens français vers les États de la
Nouvelle-Angleterre. Une fois au pouvoir, le premier ministre
tint ses promesses, notamment en abolissant les réserves
forestières, au grand dam des marchands de bois. En contre-
partie, son gouvernement dut répondre au besoin croissant
de protection des forêts contre le feu, conséquence directe de
sa politique pro-colonisation.

Le débat fut relancé au printemps 1888 par le député de


Pontiac, John Poupore, qui proposa à l’Assemblée législative
de revoir l’Acte pour pourvoir d’une manière plus efficace
aux moyens de prévenir les feux de forêt. Après avoir pris
connaissance de la correspondance entre le bureau du
commissaire et les marchands de bois, le député accusa le gouver- S
Honoré Mercier. L’album
nement précédent de laxisme et il fustigea l’industrie : « Je crois universel, Vol. 19, no 2,
que s’il n’y a rien eu de fait, la cause doit en être attribuée aux p. 29 (10 mai 1902).
marchands de bois. Ils n’ont malheureusement pas compris la Gravure.
nécessité de cette mesure et, comme leur coopération n’était pas
compulsive, mais simplement facultative, ils ont négligé de s’en-
tendre avec les autorités41 ».

Le nouveau commissaire des Terres de la Couronne, Georges


Duhamel (1855-1892), dévoila, à mots couverts, ses intentions :
« sans m’engager en rien pour l’avenir, je crois qu’il serait mieux,
si la chose est possible, de rendre la loi obligatoire; c’est mon opi-
nion personnelle42 ». Il fallut néanmoins attendre le début de
1889 pour qu’il passe aux actes et fasse modifier la loi pour lui
donner plus de « poigne ».

Le 21 mars 1889, à la suite des débats soulevés à l’Assemblée


législative par John Poupore, des modifications furent finalement
apportées à l’Acte pour pourvoir d’une manière plus efficace aux
moyens de prévenir les feux de forêt. La loi obligeait dorénavant les
concessionnaires à financer en partie le système de protection, en
stipulant que le commissaire devait « exiger des personnes munies
de licence dans les territoires compris dans une région sauvegardée
de placer, à la disposition de l’intendant général des feux de forêts,
tout nombre d’hommes propres à aider à l’exécution de la présente
loi. Les salaires et les dépenses de ces employés sont payables à frais
communs par les personnes munies de licence et le commissaire43 ».
Pour appliquer cette modification, un ordre en conseil fut rédigé par
un comité du Conseil exécutif et officialisé le 28 mars 1889 :

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L’ H I S T O I R E D’UNE GUERRE

[Que] conformément aux dispositions de l’article 1353e, il


soit autorisé à prélever chaque année, sur toute l’étendue du ter-
ritoire sous licence de coupe de bois, une contribution par mille
carré du territoire ainsi sous licence et dont le quantum pourra
être diminué ou augmenté à la discrétion de l’honorable
commissaire, selon les besoins ou la circonstance et de manière
à ce que le total de ces contributions égale le montant approprié
annuellement par la législature et payé ou à payer par le dépar-
tement des Terres pour les salaires et les dépenses des intendants
et autres personnes employées pour la protection des bois contre
le feu.

Que ces contributions à prélever sur le territoire sous


licence pour la coupe du bois devront être payées en même
temps que les rentes foncières et que, dans le cas où elles excède-
ront le montant réellement dépensé dans le cours de la saison ou
de l’exercice auquel elles s’appliquent, la balance sera propor-
tionnellement et respectivement portée au crédit de ceux qui les
auront payées, pour valoir à leur acquis et en réduction de la
prochaine contribution44.

Le gouvernement dégagea encore une fois 5 000 $ pour la


protection de ces fire districts et exigea un effort financier équiva-
lent des concessionnaires. Il établit alors une taxe de feu de
0,0004 $ l’hectare en divisant le montant requis (5 000 $) par la
superficie couverte par les licences octroyées, 12 500 000 hectares.
Les agents des terres furent chargés de collecter la nouvelle taxe le
1er septembre de chaque année, en même temps que les rentes
foncières. Pour compléter l’organisation, on ajouta cinq nouvelles
régions à sauvegarder à celles qui avaient été établies en 188345.

Certains concessionnaires s’opposèrent vigoureusement à


cette mesure, alors que d’autres n’en connaissaient pas
l’existence46. Toutefois, le gouvernement n’avait nullement
l’intention de faire marche arrière et le procureur général et
député de Trois-Rivières, Arthur Turcotte (1845-1905), le répéta
haut et fort devant l’Assemblée législative :

L’honorable député de Beauce a demandé si on avait obtenu


le consentement des marchands de bois. Je dirais à mon
honorable ami que nous n’avons pas besoin de ce consentement.
Sans doute qu’il serait préférable de l’avoir, mais le droit du gou-
vernement existe et il peut en tout temps faire une loi pour pro-
téger le domaine public contre toute cause de destruction ou de
dommages, et […] obliger les marchands de bois à payer leur
part de la dépense encourue. Le gouvernement, comme le gar-
dien de la fortune publique, est le premier intéressé et si certains
marchands refusent de concourir dans les moyens suggérés pour
protéger nos forêts, nous pourrons nous dispenser de leur
consentement47.

Pour rappeler les plus réticents à l’ordre, le gouvernement


pouvait adopter des mesures exceptionnelles, il pouvait notam-
ment retarder l’émission d’un permis ou simplement l’annuler.

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FEUX DE FORÊT

La détermination du gouvernement l’emporta sur l’inertie de cer-


tains concessionnaires et l’organisation fut mise en place.

Le commissaire des Terres de la Couronne nomma les inten-


dants en tenant compte à la fois des impératifs politiques et de la
compétence des individus. Par exemple, l’ordre en conseil no 328
daté du 3 juillet 1889 autorisait le recrutement de J. B. Charleson,
proche du Parti national et spécialiste de la question forestière,
comme intendant
du district no 1
(haut de la rivière
des Outaouais) de
même que celui de
Louis Désy, cultiva-
teur de Berthier et
organisateur du Parti
national, pour le
district no 2 (bas de
la rivière des
Outaouais et rivière
Saint-Maurice).
Tous les intendants
furent ainsi nom-
més au cours de la
saison de 1889. Ils
gagnaient 600 $ par
année, sauf ceux qui
remplissaient déjà d’autres fonctions pour le Département et qui
n’avaient droit qu’au remboursement de leurs dépenses48. S
Entre autres tâches, les inten-
dants devaient informer les
Le commissaire confia aux détenteurs de concessions fores- pêcheurs des risques qu’ils
tières la responsabilité de désigner leurs propres gardes, mais il se causaient pour les feux de
forêt. Camp du Club de chasse
réserva le droit de confirmer ces nominations et même de faire fi et de pêche Jacques-Cartier,
des recommandations des concessionnaires pour désigner lui- Rivière Jacques-Cartier : au
même certains individus. Les gardes recevaient du commissaire Grand Portage. Le Monde
illustré, Vol. 7, no 337, p. 392
une nomination officielle qui leur conférait l’autorité voulue (18 octobre 1890).
pour remplir leurs fonctions. Les concessionnaires qui sentaient Photographie.
le besoin d’une protection additionnelle pouvaient embaucher
leurs propres gardes pour seconder l’intendant de leur région,
mais ils le faisaient entièrement à leurs frais.

Les critères retenus pour l’embauche des gardes furent établis


par l’intendant Charleson, à qui le commissaire Duhamel
demanda conseil. L’intendant recommanda, notamment, de
recruter des resident fire guardians pour une période déterminée
et de leur confier la prévention et l’extinction des feux le cas
échéant. Selon lui, en embauchant sur place des gardes qui
parlaient la langue de la population, on aurait des patrouilles plus
efficaces dans les secteurs à risque et les rapports d’infraction
seraient mieux étoffés puisque les hommes embauchés

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L’ H I S T O I R E D’UNE GUERRE

connaîtraient bien le territoire qui leur était confié et ses


habitants. Pour rentabiliser l’investissement requis, Charleson
proposait qu’on confie également aux gardiens les fonctions de
garde-chasse et de garde-pêche. Il soutenait que les gardes
seraient fiers de seconder l’intendant, lui-même conseiller du
commissaire. Satisfait, le commissaire Duhamel approuva les
recommandations de l’intendant Charleson dont le rapport
devint la référence en matière de gestion des premiers resident fire
guardians49.

Une grande partie du travail de protection revenait à l’inten-


dant, qui devait expliquer la loi aux colons, en afficher des copies
dans les endroits les plus fréquentés, enquêter sur certaines
infractions et faire rapport au commissaire lorsqu’un feu occa-
sionnait des dommages. Les gardes étaient les auxiliaires des
intendants; ils assuraient la surveillance notamment de certains
secteurs à risque.

Ainsi, le 7 juin 1890, le commissaire chargea le resident fire


guardian Dubuc, habitant de Baie-des-Pères au lac Témiscamingue,
de patrouiller les concessions de John Rudolphus Booth. Ce gros
marchand de l’Outaouais était inquiet parce que le train de la
Société de colonisation du Témiscamingue passait près de ses
terrains et il avait demandé au commissaire d’affecter un garde à
ce secteur. Dans ses mémoires, le père Joseph-Étienne Guinard,
missionnaire dans le nord-ouest de la province, explique bien le
danger représenté par les allées et venues des locomotives :

Cette voie de quatre ou cinq milles était vraiment primitive.


Elle passait dans les abatis, sans terrassement, et reposait sur des
troncs d’arbres. Les voyageurs et les bagages étaient sans abri sur
un wagon ouvert; la suie et les étincelles tombaient sur nous. Il
fallait constamment se surveiller pour ne pas voir brûler nos
habits50.

La mission de Dubuc fut donc de « prévenir les feux qui


pourraient être allumés […] par l’échappement du feu des four-
naises, de la boîte à cendres ou des cheminées de locomotives qui
circulent en cet endroit51 ». Armé d’outils rudimentaires, Dubuc
passa l’été et l’automne à courir le long de la voie ferrée pour
éteindre les tisons.

Le système mis en place de 1889 à 1892 était rudimentaire;


de plus, il n’était pas pleinement exploité. Ainsi, on ne dépensa
jamais entièrement le montant de 10 000 $ alloué à la protection
des forêts. Toutefois, le principe du financement conjoint par
l’État et l’industrie était désormais passé dans les mœurs. Avec le
temps, le mode de gestion de la protection a changé, tout comme
les méthodes, mais ce principe a subsisté.