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biniaornggue DE PHILOSOPHIE CONTEMPORAINE |“, NIETZSCHE pene Hh i er LIMMORALISME an ALFRED FOUILLEE © METASCHE ET LIMMORALISME WSen4 DU MEME AUTEUR 1a Philoophe de Platon, 2 edition, vl. 4 One ung that edt. goa 1a Posophle de Soeat: 20 a> (Alcan BES eget hme er en rd tan 1 Liberté ot Io Déermiione. 3 dln, va, ot ent ot Cares, 3 ‘lil, ie Keayomontiéatate'w in raclon contre ta setae Le. Mouvement wo 2 mont, poutvate et la Conception cil, a Wistotregénrale din la Phi 40" elton supmente es contemporain. olin rig dso vi str Darga tare LEE on wa ss tee ent Font a ‘Moral salle tir pune Mee compre. a, visa Raye, = cen tr toe Lane teen eeatieteres goers si nln ee: ten ag uaa tae Cliche ae Re na roos. 3 dalton. 4 vol, be DR ra lat, Cat Oras £8 oka. am point de vue national. 2 édition, ish tinct, ans 2 BE ae eed en nora vol nf8(Calin) > frangaie 3 alton. 4 vo in| “leew Eaudgnment pr I pnp. yo is 1d Gonooption morale et civique de VBnseiguemeat. Efition ar “eteme Sie Tro ing ‘ "aul aycheloique ds pups orupénst wl. 18 NIETZSCHE LIMMORALISME SN ay y ALFRED FOUILLEE This. | AVANT-PROPOS: En travaillant & la Morale dee idéer forces, dont je pripare la prochaine publication, fai rencontré les doo- {rines de Nietzsche, qui sont comme une question préala- ble dlevée devant tout travail de moraliste. Ya-til vrai. ‘ment une morale? Bien plus, esti désirable quiy en ait lune? La moral, jusqur’ présont, n'aurait-elle pas fait plus do mal que de bien & Phumanité? Voila ee que Nietziche demande. ‘Les loisirs quo mo laisait lo séjour dans une ville eaux @'AMlemagne m’ont permis do faire connuissanco avec les Hoge da penser allemand, tit ms sem que come ‘moraliste, je devais en quelque sorte déblayer Ie terrain (qn ramonant & leur yraie valour les objections do ee {arouche « immoraliste ». Liexamen de Nietzsche el du ‘scopticisme moral aurait trop grossi la Morale des idéee- forces; jo donne done & part ce travail, qui est vurtout Critique et, en quelque sorte, prétiminaire. Leuvrede Nietzsche ma inspiré porsonnelioment d'au- tant plusd'intérdtquejevoyaisrapprochéaa chaque instant, ‘dans iealivresou dauslesrevues,les deux nomsde Nietzsche Founés, — Mstiche, 0 NIETISCHE EF LaORATISIE do Gyan (1), Sans le saxolr, Nietzsche, Guyau ot mot ‘imo nous avious yeu tous es trois on miéie teinps & ioe ot Menton. Guys seat pas ta motndre connais- saneo du om ei desserts do Rietashe; Nieusee, au contrare, onnat 'sguisse Wane morate ans abtigation ni sanction ot Werligion de Cavenin, livres quit avait [peut dre achetés (aint que Ia Seience sacle contempor Juin) Ta ibraiie Visconti, de Nie, ob te ntlletels fréquentatent alors voloners,feullotant et emportan es Yolumes ‘nouveaux. ‘Toujours est-il que Niotzche avait ‘dans sa billotheque £Eaguisse une morale sone obtiga- lion ni anetin et irveligion de Cavenir 1 en pattoasi dans Bece homo. Ces exsmplaires sont couverts de nates Iarginales, do tralts, do points exclamation, de mar {ques approbation ou d'umprobation. Les jugements de Nietsscho sur Guyau, quo nous reprodulrons plus loin, offrent Te plus grand tntérét, ear ils ‘nous montrent {quel point divergent en sons opposis, malged tos éxi= dent ‘cmstodas que gandent pstols leurs dctins, ‘deux esprits partis d'une méme conception fondamentale, scurjablegs pr das Geto de moe Me Pls nat ore der cin dere We Pas ‘Tfu Je mime dau son Proce ae sociiogieet dana ses aces 4 dee penpals dam oe in nort nt dollops ent peur gprs Nevis, nove tan Be mare exces Ie ery es Sip eat ion etarennotareot WM Rope Rela, fe tours apt don giao ee de Geyat Soe iteetoreponditen te Nate. Lt waite: date pa, te ront coc de othe Casio om eo esl insane etree gue ha sate Me Rel {aise ec “Gacions mart fen fe ene WE Sto dtr ee en data ‘ies qauvrer de Guyen ek do Niourache ont ne Sell nti den sco pho rote crdts: Gut no {inti teen de ache ins ce ict vot do agae kim near sata ten insintant sur Nielarete, do le compare A non devanclet Sinneate: Low théorce du pongeuallomsnd tomtom yori se d= oto de plusleuedes doctiaes que Gyn aval dh agtenues Minports done au plex hawt pola de Pour Te yal tle ore ‘nal wow cortaigos titrations atbologques ul, grae na ta Itt de Nictseho, pavers sadaee ant de ninpion ou tant de ‘ngs Ula Fecherehe bu Beat AvAnT-PnOPOS m celle dela vie intense ot extensive. Cos notes indiquent eillours, do le part de Nietzsche, une réall. sympathio pour Guyau et une tsis profondo estime, qui va jusqu'a Fadmiration (1). ‘Niotzsche m‘offrait encore wn autre intérét, Au moment ‘i je oommencai le lire, Favals depuls Fongtemps entre. pris, comme complément do la Paychologic du peuple francais (ot aussi comme délassement d'études plus abs- {raites) mon esquisse peychologique des peuples euro- péons. Jo trouval jezsche un homme représenta. Lit, par bien des oftés, do 'ame allomande et dos direotions aciuelles dela penséo on Allemagne, —outre quo Nietzsche Tui-méme, en des pages remarquéss de Taine, a fnement esquissé plusieurs physionomiesde peuples, yeompris son peuple et le nro. ‘St je ne me trompe. les psychologues et les moralistes doivent sintéresser A Yeuvre de Nietzsche, non soule- tment pour sa valeur intrinséque, mais encore pour Tins Mluenes quelle exereo par la poésie dont ello est revétue, {Lo poston’a-til pas souvent plus d'action que le pur méta- physicion sur le mouvement das des morales et sociales? Guyau en fut Tak-méme une preuve avant Nietzsche, Bian que Goyen ait 648 plas proprementpilosopbe et ihdorieien. ‘En outro, rien n'est. plus utile que l'étude des eaprits Indépendants, dont a hardiesse etl sineérit6 no rocalent devant aucune barriére, Oporlet heresce exse, cela est encore plus vra do la pilosophie et de la morale que de la religion. Une doctrine qui accuse non pas sonlement la thdologis, mais la morala,d'Sre la vraio cause de la cor- ruption ou de Ia « déeadonoe » humaine, Yo véritable om: Dplchement au progrés de Vespéea par Io’ moyen des indi Vidus supérfeurs, une doctrine qul so powe ast en 1) Ane prisieus romsoqnomenin que M Licbleaberger a bien woul nods fount sur ce quit aval va et he aux Archioes de ‘Wola Mine FOewtor Nitze a aot Jos tens ate une bl fen dont oa a temgoons et "oste nls ratte. lea {hot il copier ntrointentin lem prope totes inet ‘le Nici omeore nets, tt aguas ue morte ane big lion a sanction Noom avons pay euvt note gra grey conn tater des nolagflativeshtUPeijon de Faeroe elon ‘Sonconment la Stance socal cnlomporaing) itn We ot prtend que ex qui rigne » sous Hox rhoms les plus sierés », y compris celui de Ta vertu ee sont des « valeurs de ‘déelin et d'onéantissement », ues te doctrine, renouvelant ha sophistes et des seoptiques coats fa oj au nom de la nature, ne saurait demeuror indiiférente ‘au philosophe ; ear, au point de vue prat quiel tenues pour mauvaises ot qui, selon Nietasche, sont précisément les bonnes :« voluplé instinet ded tion, orguell » cos trols verlus cardinales du nouvel evangile(). u 1 augois de Nletsche, qui até Wabord. pour anata philoso de profession on vr scandals ou dex cases Aont ies unes soa sportelltes,tsautresprotontes. es aplorimo convontent aun poliequ nay We tomps lesmoyeos de ron approfondr equi sen fe volonen: sux Toile sibyliay surtout sales sont podgucs na point do li parsltr spines. L'ubsence min dosaaon homentot de prouvsrégulltre pete au dogmatisne neg teurun air atari yul Impoos dla fouls des demi tas- tral, ltdratour,pottes, musiiens, amaisurs de. oue gnnte. Des paradoxes on tpparence otginaux dnnent {ul te acoope Filton flaianse de Forint, ote tant it ya atl dex rason plas profonde sue ‘Tune doctrine fortement.inviduatst tara Uiqu, aul pesantecomine le renversement dats do " ay pat ‘lane, tonttwaeyegebant xeon nox aireds epee fe ps ote see dogmatianes: Nowe voutoun melons ger es petacos = ire i tt, Noe cmrerne dw mvt al I ‘Morals inieitalste pousnée hae eatrvven rns qucncess tn Nuppretaon ada s" toute oral de