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Coordination AgroBiologique des Pays de la Loire (GAB 44, GABBAnjou 49, CIVAM BIO 53, GAB

Coordination AgroBiologique des Pays de la Loire

(GAB 44, GABBAnjou 49, CIVAM BIO 53, GAB 72, GAB 85)

Loire (GAB 44, GABBAnjou 49, CIVAM BIO 53, GAB 72, GAB 85 ) F F F

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Financée par

o o o i i i r r r e e e 2 2 2 0

SOMMAIRESOMMAIRESOMMAIRESOMMAIRE

I. Généralités

5

A. La plante

5

1. Définition

5

2. Caractéristiques de la plante

6

B. Historique du chanvre : D’hier à

6

1. L’origine

6

2. 18 ème siècle : L’apogée du chanvre en France

7

3. Fin 19 ème siècle : Le déclin

7

4. Depuis 1950 : Le renouveau en marche

8

C. Réglementation spécifique au Chanvre

9

1. Cadre réglementaire général

9

2. Principaux décrets relatifs à la culture du Chanvre en France

9

3. Démarche réglementaire pour les agriculteurs

11

II. Etat des lieux de la filière chanvre actuelle

13

A. Les différentes utilisations du chanvre

13

1. Les fibres de la tige

13

2. La chènevotte

13

3. Le chènevis

14

B. Chiffres de la production actuelle

16

1. Place du chanvre dans la production agricole mondiale et européenne

16

2. La Production de Chanvre en France

17

3. La production de Chanvre en Pays de Loire

19

C. Organisation de la filière

19

1. Producteurs

19

2. Encadrement de la production

19

3. Les unités de transformations

20

4. Autres intervenants de la filière

23

D. Les opérateurs Bio en France

25

1. Terrachanvre

25

2. Chanvre Mellois

26

3. Agriculteurs Bio 44

26

4. La chanvrière de Midi-Pyrénées (Projet en cours)

26

III. Faisabilité de la production de Chanvre Bio en Pays de Loire

28

A. Approvisionnement en Semences

28

1. Les variétés disponibles

28

2. Zone de protection de semences

29

B. Conduite de la Culture

29

1. Développement de la Plante

29

2. Intérêt de la culture et place dans la rotation

30

3. Conduite de culture issue des entretiens avec la FNPC

31

IV.

Valorisation et débouchés dans le secteur du chanvre en Pays de Loire.

34

 

A. Industrie Papetière

 

34

B. Litière pour lapins

35

1. Les atouts et les contraintes de la litière de chanvre

35

2. Evaluation de la demande potentielle

35

Nombre de nids utilisant du chanvre

36

 

3. Les aspects techniques

 

36

4. Quel potentiel de la litière de chanvre pour le Maine et Loire?

38

C. Huile alimentaire

39

1. Atouts et contraintes de l’huile de chanvre

39

2. Les aspects techniques : de la graine à l’huile

40

D. Huile essentielle

42

E. Paillage de chanvre pour les haies

43

1. Les atouts et les contraintes du paillage chanvre

43

2. Travail déjà

 

43

F. Utilisation du chanvre en bâtiment

 

44

1. Utilisations

 

44

2. Atouts et contraintes

 

46

3. Les aspects techniques

47

4. Liste des utilisateurs du Chanvre en Pays de Loire

47

V.

Préconisation pour le développement d’une filière chanvre Bio en Pays de la Loire

49

 

A. Atouts et contraintes d’une filière Chanvre Bio en Pays de Loire

 

49

1. Pour la production

49

2. Pour

la

valorisation

49

B. Actions à mettre en place

 

52

BIBLIOGRAPHIE

 

54

ANNEXES

 

56

INTRODUCTIONINTRODUCTIONINTRODUCTIONINTRODUCTION

Plusieurs filières biologiques rencontrent actuellement des difficultés. Pour pérenniser les systèmes en place, il est important et urgent de trouver une diversification des productions, principalement pour les systèmes grandes cultures. La CAB avec le soutien de la Région Pays de la Loire a souhaité étudier la culture de chanvre en bio comme alternative, cette plante paraissant intéressante pour les producteurs et la société. En effet, cette plante présente de nombreux atouts agronomiques et de multiples utilisations du produit et de ses dérivés pour des applications diverses en litières animales, construction, alimentation, cosmétique

Cette étude se propose d’étudier la filière actuelle et l’émergence d’actions pour le développement d’une filière dans la région Pays de la Loire.

Ainsi, dans un premier temps, l’étude fera le point sur le contexte général de la culture du chanvre : atouts, contexte historique, contexte réglementaire. L’étude s’attachera, dans un second temps, à l’analyse de la filière actuelle d’un point de vue européen, national et régional : développement, acteurs et débouchés. Enfin, la faisabilité d’une production de chanvre en Pays de la Loire en Agriculture Biologique ainsi que l’étude de quelques débouchés sera analysée. Des propositions d’actions futures seront émises pour poursuivre le travail entrepris.

I. Généralités

A. La plante

1. Définition

Le chanvre est une plante dicotylédone herbacée appartenant à la famille des Cannabinacées, au genre Cannabis et à l’espèce Sativa.

Règne

Végétal

Embranchement

Spermatophytes

Sous

 

embranchement

Angiosperme

Classe

Dicotylédones

Sous classe

Pétalées

Famille

Cannabacées

Genre

Cannabis

Espèce

Sativa

Le chanvre cultivé est aussi désigné par les termes « industriel » ou « à fibres » (par opposition au chanvre semence localement produit sur le territoire).

au chanvre semence localement produit sur le territoire). Cette plante annuelle pouvant atteindre plus de 3

Cette plante annuelle pouvant atteindre plus de 3 mètres de haut est odorante et gluante à cause de poils glanduleux. Sa tige est droite, dressée, cannelée et plus ou moins ramifiée. Ses feuilles, caractéristiques, sont palmées en 5 à 7 segments inégaux. Elles sont opposées, élancées avec des bords dentés.

Le chanvre est très résistant. Cette résistance est due à la constitution de la plante. Elle est composée tout d’abord de fibres dans sa périphérie et d’un cœur appelé « chènevotte ». La plante produit des graines appelées « chènevis ».

2. Caractéristiques de la plante

Semé en mai et récolté en septembre le chanvre est une excellente tête de rotation. Grâce à ses racines profondes et très ramifiées, il améliore la structure du sol, augmente la capacité hydrique du sol et la protège de l’hydromorphie. Se mé en dernier parmi les cultures de

printemps, le chanvre a une croissance très rapide de 2.5m à 3.5m entre mai et septembre.

Actuellement, aucune maladie ni aucun ravageur capable de provoquer des pertes significatives de rendement n’est connu. La plante ne subit en conséquence aucune

intervention phytosanitaire. Seule l’orobranche, plante non chlorophyllienne, parasitant les racines du chanvre, peut devenir problématique pour la culture. (Mathieu, Beherec, 1995) (Hercy, 2004).

Le parasitisme et les maladies sur chanvre sont pratiquement inexistants, la culture ne

nécessite aucun traitement fongicide. (Matthieu, beherec, 1995)

Le chanvre laisse le sol préparé à tout point de vue et permet d’obtenir les plus hauts rendements. C’est une plante améliorante en raison des fumures et de la parfaite préparation du sol qu’il exige, et c’est une plante nettoyante, car il étouffe toute végétation. (Levêque, 1925)

B. Historique du chanvre : D’hier à aujourd’hui.

1. L’origine

Originaire d’Asie centrale, le chanvre « Cannabis sativa », à ne pas confondre avec le chanvre indien « Cannabis indica », est cultivé depuis plus de 8 000 ans pour sa fibre textile et sa graine oléagineuse. L’utilisation de sa fibre textile pour la fabrication des cordages et des toiles était, jusqu’au milieu du siècle dernier, une activité importante en France, surtout dans le Val de Loire. (La culture du Chanvre, FNPC, 2002 ; Les échos du Chanvre, n°1, hiver 95-96 )

2. 18 ème siècle : L’apogée du chanvre en France

Au XVIIIème siècle, le chanvre sert à fabriquer des toiles pour la maison, les vêtements. La marine à voiles constitue un débouché primordial : les voiles et la corderie ; un navire à voiles portait plusieurs tonnes de cordages de chanvre.

Les cultivateurs de la Sarthe ont connu, avec le chanvre, une période prospère de plusieurs siècles. L'apogée de cette culture eut lieu au XVIIIème siècle. Le Haut Maine produisait alors 4 300 000 livres de chanvre, devant l'Anjou et la Touraine. Le Bas Maine en produisait aussi mais se consacra plutôt à la culture du lin. Les terres alluviales, limoneuses et sableuses retiennent l’eau et sont appropriées pour le chanvre. D'autres régions le cultivaient : la Bretagne, la Bourgogne, la région de Lyon, le Poitou et l'Auvergne pour un total 176 000 hectares en France.

et l'Auvergne pour un total 176 000 hectares en France. Cordage de chanvre Un four à

Cordage de chanvre

pour un total 176 000 hectares en France. Cordage de chanvre Un four à chanvre dans

Un four à chanvre dans la Sarthe (Cliché Paule Marie Jullien).

3. Fin 19 ème siècle : Le déclin

La fabrication pour la marine entraîne la culture de variétés grossières et robustes. En conséquence, le chanvre français grossier et cassant va être détrôné par des chanvres importés de meilleure qualité ainsi que par des textiles exotiques (coton, jute…) qui arrivent sur le marché en quantité dès la fin du XIXème siècle. Au XIXème siècle, l’apparition des fibres synthétiques précipite le secteur du chanvre dans une chute massive des surfaces cultivées. Ainsi, les surfaces de chanvre ont régressé rapidement et de façon continue jusqu’en 1939 atteignant 3400ha. La régression de la culture du chanvre est un phénomène général en Europe malgré la diversité des situations économiques.

La puissance maritime de l’empire romain fut à l’origine de l’arrivée et du développement de la culture du chanvre en Gaule occupée. Au milieu du XIXème siècle, le coton produit dans les colonies, associé au déclin de la marine à voile, sonna le début d’un recul de la cullture. On observa même une quasi dis parition du chanvre en France vers 1960. A cette époque, l’industrie papetière avait alors besoin de fibres végétales, de plus en plus rares dans les chiffons. [ Desanlis, 1996/1997 ]

4. Depuis 1950 : Le renouveau en marche

Des actions spécifiques ont été menées à partir du milieu du siècle dernier afin de préserver la culture : La culture s’est mécanisée en vue d’un défibrage des tiges en atelier, le chanvre a été développé pour une utilisation en papiers fins et résistants. Pendant les années 50 à 70, l’utilisation du chanvre était essentiellement papetière : papiers spéciaux,

fins et élastiques (papiers à cigarettes, papiers techniques,

l’industrie papetière a utilisé le chanvre comme matière première de qualité, sous forme d’étoupes, de sous-produits de filatures. Mais la diminution des approvisionnements et la pollution par les matières plastiques ont conduits les papetiers à engager une politique d’approvisionnement direct auprès des agriculteurs ou des coopératives de défibrage. (Source : Echos du Chanvre, hiver 95-96, N°1 ) En 1960, où les surfaces de chanvre étaient quasiment nulles, l’industrie papetière avait alors besoins de fibres végétales, de plus en plus rares dans les chiffons. La sélection venait de développer des variétés de chanvre plus facileme nt mécanisables. Cependant, seul le débouché papetier était visé, les utilisations traditionnelles, corderie et filature, n’ont pas été retrouvées. La graine qui servait à fabriquer une huile appréciée pour l’éclairage, la

En effet depuis toujours,

).

savonnerie, l’encre, les peintures et le vernis n’est plus vendue que pour alimenter les oiseaux et appâter les poissons.

Aujourd’hui, nous sommes à un tournant de l’évolution. Depuis quelques années, nous assistons à une augmentation des surfaces cultivées en France, mais aussi en Europe. D’autres débouchés doivent être développés. La chènevotte est maintenant devenue un co-produit. La valorisation dans les domaines des litières, puis maintenant dans la construction a compensé en partie la baisse du prix des filasses papetières. (Desanlis, 1996/1997)

C. Réglementation spécifique au Chanvre

1. Cadre réglementaire général

Le Chanvre est réglementé par la Politique Agricole Commune. Sa culture à des fins

papetières peut être menée soit sur jachère industrielle, soit hors jachère. Dans ce dernier

cas , les superficies emblavées en chanvre ne rentrent pas dans le calcul du taux de jachère

et la culture est subventionnée par l’union européenne. Sa culture à des fins textiles ou

oléagineuses ne peut être conçue qu’en dehors du cadre des jachères industrielles.

Parallèlement, le chanvre étant classé parmi les plantes à stupéfiants, il existe une

réglementation, différente selon les pays, autorisant ou interdisant sa culture. Le système

français prévoit que seules les variétés dosant au dessous de 0.30% THC (delta-9-

tetrahydrocannabinol) soient autorisées pour la mise en culture. (Extrait de l’article « le

chanvre » JP Matthieu et O ;Beherec, fascicule n°21 30. collection des « Techniques

agricoles » (décembre 1995), dans les échos du chanvre, N°1, hiver 95/96, pp3-4 ; Les

réglementations de l’Union européenne pour la culture du chanvre, Les échos du chanvre,

Automne 97, N°8)

Dans le cas général, la culture se fait par contrat avec un transformateur agréé par le biais

d’un dossier PAC (contact : DDAF).

Dans certains cas particuliers, la culture peut se faire "hors PAC" à la condition de faire

parvenir au Comité Economique Agricole de la Production du Chanvre (CEAPC) une

déclaration sur l’honneur de positionnement géographique, qui sera communiquée au

Ministère de l’Intérieur.

2. Principaux décrets relatifs à la culture du Chanvre en

France

Décret n° 88-1231 du 29/12/88 relatif à certaines s ubstances et préparations dangereuses J.O. du 31/12/88 - page 16815. Article R 5181 page 16822

Sont interdits la production, la mise sur le marché, l’emploi et l’usage :

1- du Cannabis, de sa plante et de sa résine, des préparations qui en contiennent ou de

celles qui sont obtenues à partir du Cannabis, de sa plante ou de sa résine ;

2- des Tétrahydrocannabinols, de leurs esters, éthers, sels ainsi que des sels des dérivés

précités et de leurs préparations.

Des dérogations aux dispositions énoncées ci-dessus peuvent être accordées par le

Ministère de la Santé, aux fins de recherche, de contrôle ou de fabrication de dérivés

autorisés.

Cependant, le Ministre chargé de la Santé, le Ministre chargé de l’Agriculture et le Ministre

chargé de l’Industrie peuvent, par arrêté conjoint, autoriser la culture, l’importation et

l’exportation de variétés de Cannabis dépourvues de propriétés stupéfiantes.

Ministère des Affaires Sociales et le de la Solidarité Arrêté du 22/08/90 portant application de l’article R.5181 pour le Cannabis J.O. du 04/10/90 page 12041 modifié par l’arrêté du 27 mai 1997 - J.O. du 31/05/97 modifié par l’arrêté du 2 juillet 1999 - J.O. du 08/07/99

Le Ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection Sociale, le Ministre de

l’Agriculture et de la Forêt, le Ministre de l’Industrie et de l’Aménagement du Territoire ;

vu le code de la Santé Publique, notamment les articles L.627 et R.5181 ;

vu le règlement CE n°1172/2000 de la Commission ;ar rêtent :

Article 1 : Sont autorisées au sens de l’article R.5181 du code susvisé, la culture,

l’importation, l’exportation, l’utilisation industrielle et commerciale (fibres et graines) des

variétés de Cannabis sativa répondant aux critères suivants :

le poids de THC (tétrahydrocannabinol) de ces variétés, par rapport au poids d’un

échantillon porté à poids constant, n’est pas supérieur à 0,20 % ;

la détermination du taux de tétrahydrocannabinol et la prise d’échantillons en vue de

cette détermination sont effectuées selon la méthode unique prévue en annexe 1.

Article 2 : Les variétés autorisées sont les suivantes :

Carmagnola CS Delta-Llosa Delta-405

Fedora 17 Fédrina 74 Félina 32 Férimon

Fédora 19 Fibrimon 24 Félina 34 Futura

Fibranova Santhica 23 Fibrimon 56 Futura 75

Epsilon 68 Dioïca 88

Article 3

Le Directeur de la Pharmacie et du Médicament au Ministère de la Solidarité, de la Santé et

de la Protection Sociale, le Directeur Général de l’Alimentation au Ministère de l’Agriculture

et de la Forêt et le Directeur Général de l’Industrie au Ministère de l’Industrie et de

l’Aménagement du Territoire sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du

présent arrêté, qui sera publié au Journal Officiel de la République Française.

Pour tous renseignements et précisions complémentaires, s’adresser au :

Comité Economique Agricole de la Production du Chanvre 20 rue Paul Ligneul - 72000 Le Mans Tél. 02 43 51 15 00 - Fax 02 43 51 15 09

3. Démarche réglementaire pour les agriculteurs

Il existe deux possibilités de culture du chanvre industriel :

a) Avec un contrat de transformation avec un

transformateur agréé :

Le producteur devra:

Avoir un contrat pour produire du chanvre

S’inscrire annuellement auprès de l’ONIOL (registre des producteurs de chanvre)

Co-signer avec le transformateur le « contrat administratif »

Semer le chanvre sur des terres éligibles PAC

Inscrire le chanvre dans le dossier PAC

Envoyer à la DDAF les certificats de semences certifiées

Livrer intégralement la paille au transformateur.

b) Sans contrat de transformation avec un transformateur

agréé : (pour les expérimentations)

Le producteur devra :

Remplir une déclaration de positionnement géographique de la culture (faire la

demande à la CCPSC)

Mettre à la disposition des forces de l’ordre cette déclaration

Déclarer en gendarmerie le lieu de la production

Conserver les certificats présents sur les sacs (prouvent le caractère licite de la

culture)

L’Organisation Commune de Marché (O.C.M) du lin et du chanvre a été mise en place en

1971 par des règlements portant sur l’organisation commune des marchés dans le secteur

du lin et du chanvre (en 1970) et fixant les règles générales d’octroi de l’aide pour le lin et le

chanvre (en 1971). Pour pouvoir demander le versement d’une aide, les producteurs de plantes textiles doivent établir dans les délais imposés une déclaration de superficie ensemencée et une déclaration de récolte. C’est la SIDO (Office des Oléagineux, Protéagineux et Plantes Textiles) qui est l’organe officiel en la matière. Concernant le chanvre, les demandes d’aide sont instruites par le C.E.A.P.C. (Comité Economique Agricole de la Production du Chanvre), qui agit pour le compte de la SIDO et par convention pour un ensemble de tâches précises. L’aide est payée directement au producteur. En 1997, son montant s’élevait à 4 792 F./ha. La date limite de dépôt des déclarations d’ensemencement est fixée au plan national au 31 mai (des dérogations sont accordées pour des semis retardés). Les documents (déclaration de semis, déclaration de récolte, demande d’aide) sont adressés directement à chaque producteur par le C.E.A.P.C. qui se charge du visa des D.D.A.F. (Directions Départementales de l’Agriculture et de la Forêt). En cas de problème de cultures non levées, le producteur est tenu de communiquer une fiche de modification de sa déclaration de superficie.

Cette réglementation rend parfois difficile la mise en place des projets. Dans le cadre d’utilisation de chanvre sans transformation, il y a un vide juridique qui est à l’appréciation de chaque DDAF (cas par exemple d’un paillage des haies avec la plante de chanvre en entier). D’autre part, pour des projets collectifs à petites échelles, il faut que le transformateur obtienne un agrément auprès de l’ONIOL. Sans cela, les agriculteurs peuvent perdrent leurs aides primes PAC.

II. Etat des lieux de la filière chanvre actuelle

A. Les différentes utilisations du chanvre

Le chanvre (paille) est constitué comme nous l’avons présenté précédemment de fibres en périphérie, d’un cœur appelé chènevotte et de graines appelé chènevis.

La transformation « classique » de la tige de chanvre se fait pas défibrage mécanique ou décorticage. Cette opération consiste à battre et broyer la tige pour en extraire des fibres appelées aussi filasses qui représente 30 à 35 % de la masse totale de la tige et d’autre part la chènevotte qui représente 50 à 55% de la masse de la tige.

1. Les fibres de la tige

Les fibres de chanvre sont situées en périphérie de la tige. Autrefois très utilisée pour la fabrication de cordages et textiles, la fibre du chanvre est aujourd’hui employée dans d’autres secteurs. Selon la quantité de chènevotte restant dans la tige, la longueur ou la couleur des fibres, les utilisations seront différentes :

Les fibres de qualité médiocres dites « papetières » servent à la fabrication de pâtes à papiers spéciaux. Elles sont valorisées pour des papiers hauts de gamme

(papier extra fin, papiers médicaux, papiers cigarettes, billet de banque

)

Les fibres de meilleures qualités dites « techniques » sont utilisées dans la transformation de la laine de chanvre pour isolatio n et dans la plasturgie

2. La chènevotte

C’est l’intérieur de la tige. Elle est utilisée sous différentes formes :

Les matériaux de construction :

Mélangée à de la chaux, la chènevotte est appréciée pour sa légèreté et son caractère

isolant. Pour la construction, la chènevotte se présente sous deux formes :

En vrac, le mélange chanvre chaux est incorporé en banchage ou en projection En parpaing, le béton de chanvre est monté bloc par bloc

Le paillage des sols :

La chènevotte a une capacité d’absorption intéressante car elle peut absorber jusqu’à 4 fois son poids en eau. Une fois épandue sur le sol, l’eau d’arrosage et l’eau de pluie est stockée par la chènevotte et restituée aux plantes au fur et à mesure de ses besoins.

La litière pour animaux

Grâce à son pouvoir d’absorption et à sa légèreté, la chènevotte est employée en litière à

la fois pour les animaux domestiques (chats, lapins

)

et pour les chevaux.

3. Le chènevis

Les graines appelées chènevis représentent un produit à valeur ajoutée. Les graines sont utilisées sous différentes formes :

L’oisellerie et la pêche de loisir. Les produits alimentaires

L’oisellerie et la pêche de loisir. Les produits alimentaires

Le chanvre connaît de plus en plus de débouchés dans l’alimentation : pâtes, farine,

sucreries, bières, huile

assaisonnement. Les produits cosmétiques

L’huile, qui se développe, est utilisée froide comme

Beaucoup de produits cosmétiques peuvent être fabriqués à base d’huile extraite de la graine de chanvre. Des recherches ont démontré que l’huile de chanvre aide à raffermir le corps et empêche sa dégradation. Cela grâce à des acides gras essentiels facilement assimilables par les cellules de la peau. Elle peut être utilisée comme huile de massage, dans les baumes pour les lèvres, savons ou lotions pour le corps.

Un autre débouché existe mais est plus rare, celui de la peinture et du vernis à base de chanvre.

Pour aider à la réflexion, un tableau récapitulatif des utilisations du Chanvre est présenté ci-dessous. Il ne met cependant pas en avant les marchés les plus conséquents.

CAB - 9, rue André Brouard BP 70510 - 49105 ANGERS CEDEX 02 P 15

B. Chiffres de la production actuelle

1. Place du chanvre dans la production agricole mondiale et

européenne.

La production mondiale de chanvre en 2002 est estimée à 200 000 ha. Cela représente en 120 000 tonnes de paille et de 83 000 tonnes de fibres produites (source FAO). Elle n’occupe qu’une place marginale aujourd’hui dans la production mondiale de fibres naturelles (0.3% de la production mondiale) largement dominée à près de 75% par le coton.

La production européenne de chanvre est estimée à 14 839 ha en 2002 soit 76500 tonnes de pailles, 20 600 tonnes de fibres, 38 000 tonnes de chènevottes. La production européenne de chanvre en Europe occupe une place relativement faible au plan mondial avec 7% des surfaces cultivées.

Part des surfaces en chanvre de l'UE dans les surfaces mondiales (AND International, 2002)

Monde

93%

les surfaces mondiales (AND International, 2002) Monde 93% Union européenne 7% Le lin et le chanvre

Union

européenne

7%

Le lin et le chanvre sont deux cultures ancrées dans une tradition historique ancienne en Europe. Si le poids économique de ces secteurs dans la production mondiale de fibres naturelles et les grandes cultures européennes est relativement modeste, la tradition attachée aux productions de lin et de chanvre dans des zones localisées, bénéficiant de conditions pédoclimatiques favorables, leur confère une dimension sociale et culturelle forte en Europe.

La France reste le premier producteur européen en terme de tonnage et de surface cultivées en chanvre, suivi de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

A l’échelle des grandes cultures européennes, largement dominées par les céréales, le chanvre n’occupe qu’une

A l’échelle des grandes cultures européennes, largement dominées par les céréales,

le chanvre n’occupe qu’une place très réduite. Les plants à fibres ne représentent que 7%

des surfaces classées dans la catégorie des plantes dites industrielles, largement dominée

par les oléoprotéagineux.

Les surfaces de grandes cultures dans l’Union européenne à quinze en 2002

Grandes cultures

Surfaces cultivées (ha)

%

Céréales (dont riz et maïs)

53

244

856

77.14%

Protéagineux

2

426

049

3.51%

Plantes sarclées

5

005

552

7.25%

Plantes industrielles

8

350

324

12.10%

Dont plantes à fibres

 

551

014

0.80%

-dont coton

 

445

363

0.65%

-dont lin

 

91 305

0.13%

-dont chanvre

 

14 346

0.02%

Total Grandes Cultures

69

026

781

100%

Source : Eurostat, 2002.

2. La Production de Chanvre en France

La production française est évaluée en 2004 à 8600 hectares environ et constitue

presque la moitié de la production européenne. Actuellement, la culture du chanvre perdure

dans la Sarthe, dans l'Aube et dans leurs départements limitrophes ainsi que dans certains

départements de Bretagne, et de l'Est. On estime le rendement moyen à 6.5t/ha soit une

production récoltée nationale de 60 000 tonnes de pailles. (Source : Agreste, 2004)

Répartition des surfaces de chanvre cultivées en France. (source FNPC)

des surfaces de chanvre cultivées en France. (source FNPC) On y distingue plusieurs bassins de production

On y distingue plusieurs bassins de production correspondant à l'implantation des unités de transformation. Les principaux sites de production sont (source FNPC):

L’Aube : 5 200 ha

La Sarthe : 1 500 ha

Haute-Saône : 1000 ha

la Bretagne : 200 ha

Surfaces et unités de production de chanvre en France

2% 8% 12% 61% 17%
2% 8%
12%
61%
17%

Chanvrière del'Aube Sarthe et lim. Haute-saône Bretagne Autres

l'Aube

Sarthe et lim.Chanvrière de l'Aube Haute-saône Bretagne Autres

Haute-saôneChanvrière de l'Aube Sarthe et lim. Bretagne Autres

BretagneChanvrière de l'Aube Sarthe et lim. Haute-saône Autres

AutresChanvrière de l'Aube Sarthe et lim. Haute-saône Bretagne

3. La production de Chanvre en Pays de Loire

En Pays de Loire, la production de chanvre est estimée à 1600 ha environ. (Source FNPC). On estime à environ 1500 ha la production en Sarthe, la production en Mayenne est de 30 ha environ. En Loire Atlantique la production de chanvre s’élève à environ 50 ha. Enfin, en Vendée, quelques hectares sont produits pour expérimentation.

En Maine et Loire, on compte 500 ha environ de chanvre destinés à la production de semences. Organisation de la filière.

C. Organisation de la filière

1. Producteurs Principaux.

Les principaux producteurs français de fibres de chanvre et de chènevottes sont :

La société coopérative agricole « La chanvrière de l’Aube » (+/- 5000 ha)

La société coopérative agricole « Eurochanvre »en Haute-Saône. (+/- 1000 ha)

Les producteurs de la Sarthe en contrat avec la société PDM Industrie/SWM (+/- 1500 ha).

La chanvrière de l’Aube (LCDA) représente à elle seule 60% de la production de chanvre en France La chanvrière de l’aube a été crée en 1973 et regroupe 326 agriculteurs adhérents. La production est de 5 200 ha cultivé en 2004. La production se présente ainsi :

Fibres : 13 500 tonnes

Chènevotte : 18 000 tonnes

Poudre : 6 000 tonnes

Chènevis : 5 000 tonnes

La chanvrière de l’Aube a un statut de coopérative agricole, le capital de la société

(2.009.000 Euros) est détenu par les adhérents eux-mêmes. L’entreprise est dirigée par un conseil d’administration. Les agriculteurs s’engagent envers leur coopérative :

contrat en tonnage pour 5 ans,

apport exclusif à LCDA,

paiement à la qualité (couleur de la paille, humidité, pas de pollution plastique).

2. Encadrement de la production

a) La fédération nationale des producteurs

La Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre (FNPC), basée au Mans et créée en 1932, a pour rôle de défendre les intérêts syndicaux de la filière, d’aider au développement

des nouveaux projets et également de créer de nouvelles variétés de chanvre (obtenteur variétal et recherche génétique). La FNPC accueille dans ses locaux du Mans le CEAPC auprès de qui il faut réaliser ses dossiers réglementaires liés au Chanvre.

b) La coopérative de semences de chanvre

La Coopérative Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre (CCPSC), créée en 1965, est basée à Beaufort en Vallée. Elle est l’unique multiplicateur de semences de chanvre en France et travaille en collaboration avec la FNPC. En Maine et Loire, on dénombre environ 500ha de chanvre semences qui produisent environ 600-700 tonnes de semences dont 100t partent pour l’oisellerie.

3. Les unités de transformations

Les fibres du Chanvre Français (22.000 tonnes environ) se voient utilisées majoritairement dans le secteur papetier puisque les intervenants ci-dessous n’ont pas vraiment développé de stratégie dans les secteurs utilisateurs de fibres techniques. Seuls LCDA et Eurochanvre approvisionnent quelque peu le marché encore naissant de l'isolation du bâtiment (laine de chanvre) ou de l'automobile. Des essais de chanvre textile ont été menés ces dernières années mais à la fois les conditions de culture et les perspectives du marché font que ce chanvre a peu d’avenir en France.

Les litières animales constituent le principal débouché de la chènevotte française (30.000 tonnes environ). Quelques 2 à 3000 tonnes (en progression sensibles ces dernières années) sont cependant utilisées dans le bâtiment.

Le Chènevis voit ses ventes réalisées sur le marché du courtage vers les fabricants de graines pour l’oisellerie. Seule une très faible part de ces tonnages, est à ce jour transformée en huile alimentaire, même si le marché est très prometteur.

Les trois principaux transformateurs de chanvre sont :

La chanvrière de l’Aube

Interval - Eurochanvre (Eurochanvre est une filiale d’Interval)

L’industriel Papiers De Maudits (PDM industrie)

Les parts de marché des transformateurs de chanvre

Interval-

Eurochanvre

11%

PDM industries

23%

de marché des transformateurs de chanvre Interval- Eurochanvre 11% PDM industries 23% Chanvirères de l'Aube 66%

Chanvirères de

l'Aube

66%

Ces groupements sont situés au sein de l’union des transformateurs de Chanvre

(Représentation des industriels).

La Chanvrière de l’Aube (LCDA) La LCDA réalise la première transformation du chanvre. Cela consiste à séparer les fibres de

l’intérieur de la tige (partie boisée) encore appelé « chènevotte ». Ce défibrage est opéré

dans un moulin à marteaux (hammer-mill), encore appelé broyeur, qui frappe les tiges de

paille jusqu’à quasi-séparation des fibres et de la chènevotte. Selon le taux de chènevotte

restant dans les fibres, leur finesse, leur couleur, leur longueur, LCDA les destinera vers

plusieurs utilisations :

Les fibres dites « papetières » serviront à la fabrication de pâtes à papier spéciaux, le

plus souvent mélangées avec d’autres fibres naturelles comme le lin.

Les fibres dites « techniques » seront utilisées par des transformateurs différents.

LCDA approvisionne ainsi la Sté EFFIREAL (49-CHEMILLE) qui fabrique et vend la laine de

chanvre et des panneaux rigides de chanvre.

Les fibres aiguilletées ou non tissées, encore appelés mats, seront utilisées notamment par

les équipementiers automobiles pour fabriquer par moulage à chaud, des panneaux

intérieurs de portière, des tablettes AR, ou d’autres pièces techniques.

Des polymères renforcées en fibres de chanvre, pour remplacer la fibre de verre sont

réalisés par AFT-PLASTURGIE filiale de la LCDA située à FONTAINE LES DIJON (21).

La LCDA travaille aussi pour la chènevotte Bâtiment avec la société BALTHAZARD et

COTTE BATIMENT (25-Besançon) qui commercialise les liants à base de chaux formulés

pour la confection de mortier ou de béton de chanvre, ainsi que la société CHANVRE ET

TECHNIQUES. L'huile de chanvre est élaborée par les Huileries du Berry (41 - Noyers sur

Cher) qui la commercialise en France et à l'étranger pour le marché alimentaire, et via la

Stéarinerie DUBOIS sur les autres marchés (cosmétique,

Les produits distribués par la LCDA sont :

)

Oliose : huile de chanvre

Aubiose : litière pour chevaux et petits animaux

Solenbiose : paillage des sols

Orgabiose : Granulé pour plantes

Chanvribat : chènevotte pour mortier et béton de chanvre

Chénevis : la graine de chanvre

Fibres de chanvre : le papier, l’isolation, l’automobile,

Usine de Défibrage de Spay/ L’industriel Papiers De Maudits (PDM industrie) 1500 ha cultivés par les agriculteurs de la Sarthe et des départements voisins sont en contrat notamment avec l’usine de défibrage de Spay appartenant au groupe papetier PDM industrie qui approvisionne ses papeteries de Quimperlé (29) et de Saint Girons (09).

Les Papeteries DE MAUDUIT (SCHWEITZER-MAUDUIT International) sont le premier producteur mondial de papier à cigarettes. Le groupe représente 25 % du marché mondial en papier à cigarettes, 69 % du marché mondial en papier de gainage poreux. Les Papeteries de Mauduit ont une capacité de production de 60 000 tonnes par an (papier à cigarettes, papiers séparateurs pour piles alcalines, support pour adhésif double face, etc 800 salariés travaillent sur le site de Quimperlé pour un total de 1 900 personnes en France, et 3 500 sur l'ensemble des sites.

Eurochanvre, filiale d’Interval (Coopérative) La SARL Eurochanvre a été crée en 1994 à l’initiative de la coopérative Interval. Elle transforme1500 ha de pailles de chanvre issues de Haute-Saône. Peu de données sont disponibles sur ce transformateur.

Autres transformateurs :

Effireal (1 rue National, 49120 Chemillé) Basé dans le Choletais, Effireal est spécialisé dans le recyclage des chutes de tissus issues des industries textiles locales. L’entreprise développe depuis plusieurs années la transformation et la valorisation des fibres végétales en particuliers du chanvre. Ils produisent de la laine de chanvre, alternative écologique à la laine de verre. Effireal bénéficie depuis 3 ans d’une croissance à 2 chiffres. La production de laine de chanvre représente plus de 30% du CA d’Effireal établi à 1.2 millions d’euros.

La chanvrière du Belon-Technichanvre

La chanvrière du Belon, qui a pris le nom de Technichanvre, propose différents produits (bâtiment, alimentaire) dont certains sont issus de l’agriculture biologique. Les produits

Bières

- Laine de chanvre

Huiles

- Laine en vrac

Graines

- Enduit

Limonade

4. Autres intervenants de la filière

a) L’institut technique du Chanvre.

L’Institut Technique du Chanvre (ITC), basé à Troyes est créé depuis 2003. Il a pour rôle d’assurer la recherche agronomique sur la culture du chanvre, de développer les études de recherche et de développement pour les débouchés de la filière.

b) Interchanvre.

Interchanvre, créée en 2003, est la structure d’interprofession du chanvre. Elle regroupe des représentants des agriculteurs et des représentants des trois principaux transformateurs (regroupés eux-mêmes au sein de l’Union des transformateurs de Chanvre :

UTC). Elle permet de trouver une voix commune pour le développement de la filière face aux pouvoirs publics.

La filière Chanvre en France est extrêmement réglementée et relativement intégrée. Trois opérateurs détiennent les 90% de la production française. Les Pays de Loire sont parmi les régions productrices du Chanvre avec 17% de la production française. Elle possède deux transformateurs importants : L’usine de Défibrage de Spay, dans la fabrication de papiers et Effireal, dans la production de laine de chanvre. Les débouchés du papier et des litières animales sont donc largement fournis par les trois grands opérateurs français. La création d’une nouvelle filière de chanvre Bio semble ne pouvoir s’intéresser qu’aux débouchés émergents : Bâtiment, Alimentation… Quelques projets en ce sens rassemblant des agriculteurs/transformateurs émergent en France et en Pays de Loire mais ils sont pour l’instant d’envergure très locale.

Schéma de la filière chanvre en France :

Schéma de la filière chanvre en France : CAB - 9, rue André Brouard BP 70510

D. Les opérateurs Bio en France

1. Terrachanvre

La société Terrachanvre a débuté en 2000 avec 4-5 agriculteurs passionnés par le chanvre. Aujourd’hui, Terrachanvre rassemble 15 agriculteurs Bio en contrat pour environ 100ha. 4.5 salariés travaillent pour la société de transformation. L’objectif est de d’augmenter la production à 200ha et 30 agriculteurs dans les 2 ans. Ils ont pour cela fait appel à la FRAB pour augmenter le nombre de producteurs.

Le débouché principal du chanvre est le bâtiment po ur Terrachanvre. Terrachanvre a investi dans un outil de transformation de 500 000 euros. Cela fait 5 ans qu’ils travaillent sur cet outil de transformation pour produire des produits de qualité. Cet outil permet un approvisionnement régional.

Au niveau débouché, cela se fait de proche en proche. Ils effectuent un gros travail de formation et d’information auprès des professionnels du bâtiment. L’étude de marché est très difficile à faire. Potentiellement la demande est là mais les professionnels du bâtiment sont peu informés de ces matériaux, ils doivent donc aller chercher les entrepreneurs les uns après les autres.

Terrachanvre a accompagné 4-5 agriculteurs à monter une petite filière bio en charente.

Les produits :

Granulats pour mortier

Granulats pour enduit isolant

Granulat enduit finition

Laine de chanvre isolation

Huile de chanvre bio

Huile d’imprégnation

Un accompagnement des artisans sur les chantiers est effectué au prix de 180 euros/ demi- journée.

2. Chanvre Mellois

Chanvre Mellois est une association Loi 1901 qui a débuté en avril 2005 regroupant 9

agriculteurs (Bio et non Bio). La culture du chanvre se fait sans pesticides et sans engrais chimiques. Ils produisent :

Chènevotte standard pour enduit isolant mural

Chènevotte fine pour isolation de finition

Chènevotte fibrée pour réalisation de chapes isolantes, colombages

Laine de chanvre

Essai sur les graines de chanvre

En 2005, les agriculteurs ont réalisé un essai sur 4ha avec un essai de transformation durant l’hiver 2005. Cette transformation a été suivie d’une démonstration aux élus et artisans locaux. En 2006, une trentaine d’hectares sont mis en place. L’association est intervenue lors de l’AG des artisans maçons (chambre des métiers) afin de promouvoir le chanvre dans la construction.

La Commercialisation des produits est plutôt bonne. Le Débouché est très local. 60-65% sont des particuliers et le reste des artisans. 80% des ventes se fait sur internet. 80% des ventes internet concerne des personnes qui se trouvent dans un rayon de 100km. Pour 2006, les 30ha sont déjà réservés. L’objectif futur est de 200ha.

Ils sont intégrés dans un programme de recherche avec des universités pour le remplacement de la fibre de verre en plasturgie. Recherche sur 4-5 ans.

3. Agriculteurs Bio 44

En Loire Atlantique, un groupe de 5 producteurs Bio de chanvre s’est constitué (dont Hubert Morice et Bruno Gauthier qui ont été rencontrés, cf annexe 4). Ils trouvent le débouché de leur produit dans le bâtiment (paille broyée) et dans l’huile alimentaire (100l d’huile). Pour le Bâtiment, c’est un marché très local de militants. L’huile est vendue quant à elle sur les marchés. Le CIVAM Bio 44 a acquis une presse à huile qui leur permet de réaliser la transformation.

4. La chanvrière de Midi-Pyrénées (Projet en cours)

La chanvrière de Midi-Pyrénées a été crée en 2002. C’est un projet porté par le GAB du lot et Garonne. Le projet s’est étendu progressivement aux 8 départements de midi-pyrénées. Le projet a abouti à la création récente d’une coopérative : Coopérative des Chanvriers Bio Midi-Pyrénées.

170 agriculteurs ont été sensibilisés, 80 agriculteurs Bio cultivent du chanvre en 2002. Entre 20-30 agriculteurs ont versés le capital à la coopérative. L’objectif est de 300ha en 2006 et 800ha en 2009.

Débouchés prévus :70% isolation du bâtiment,10% chènevis principalement pour l’huile alimentaire, 20% de fibres techniques. En 2006, 3 salariés travaillent pour la coopérative.

La coopérative va acquérir en 2006 un atelier de défibrage mobile qui traitera jusque 400ha.

L’association est soutenue par l’ADEME, l’ANVAR, la DRAF et le Conseil Régional.

Leur projet a été accompagné par une étude juridique (pour définir le statut de l’entreprise), une étude économique (pour évaluer les débouchés), une étude technique (sur l’outil de transformation des pailles), des expérimentations de cultures.

L’association de la chanvrière Midi-Pyrénées souhaite aujourd’hui travailler sur la transmission de leur savoir (formation, sensibilisation) et souhaiterai à terme créer un label Chanvre Bio pour regrouper toutes les initiatives locales.

III.Faisabilité de la production de Chanvre Bio en Pays de Loire

La faisabilité de la production de Chanvre en Pays de Loire a été évaluée au moyen d’une bibliographie, d’entretiens avec des agriculteurs produisant déjà du Chanvre en Pays de Loire, en étudiant le bilan des essais de culture réalisés par le GABB Anjou, avec l’aide de la FNPC (cf bibliographies et contacts). Les entretiens avec les agriculteurs et le bilan des essais du GABB Anjou sont présentés en annexe 4.

A. Approvisionnement en Semences

1. Les variétés disponibles

La Coopérative Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre (CCPSC) est basée à Beaufort en Vallée. Elle est l’unique multiplicateur de semences de chanvre en France et travaille en collaboration avec la FNPC. Depuis 2005, il existe une variété de chanvre biologique «Fédora 17». Ces semences sont produites en Ille et Vilaine. Cette variété a un faible pouvoir de tallage. Le prix de vente est d’environ 3,43 euros/Kg de semences (sources : FNPC).

Les différentes variétés présentent à la coopérative de Beaufort en Vallée

     

PLEINE

VARIETE

TARDIVETE

NATURE

FLORAISON

Félina 32 (F32)

Moyenne

Monoïque

6

août

Félina 34 (F34)

Moyenne

Monoïque

6

août

Férimon (F12)

Précoce

Monoïque

31 juillet

Fédora 17 (F17)

Précoce

Monoïque

2

août

Futura 75 (F75)

Tardive

Monoïque

14 / 15août

Santhica 27(S27) sans THC

Moyenne

Monoïque

4

août

Epsilon 68 (E68)

Tardive

Monoïque

8 / 9 août

Pour un rendement en graine supérieur, il faut utiliser les variétés monoïques à maturation précoce car le rendement est supérieur à celui des variétés dioïques. En culture :

- Non battue : variétés tardives

- Battue : variétés précoces

2. Zone de protection de semences

Une zone de protection de semences de chanvre a été créée début 2006 en Maine et Loire L’arrêté du 24 mars 2006 relatif à la création d'une zone protégée « Beaufort-en-Vallée » de production de semences certifiées de chanvre monoïque dans les départements de Maine- et-Loire et d'Indre-et-Loire présente les implications de la création d’une telle zone. (cf annexe 2)

Cette zone implique une distance minimale d’environ 10km d’isolement autour des zones de production de semences de chanvre. Afin de produire du chanvre à l’est du Maine et Loire, une déclaration de culture doit être envoyée entre le 1er février et le 1er mars à la DDAF qui vérifiera les distances d’isolement. Concrètement, il est quasiment impossible de produire du chanvre industriel dans l’est du Maine et Loire.

Les Pays de la Loire sont le site principal de production de semences de chanvre. L’approvisionnement en semences ne pose donc pas de problème et une variété est produite selon le mode d’agriculture Biologique. Il est évident qu’un travail de sélection sur des semences Biologiques devra être mis en place en lien avec la FNPC si la production et les débouchés venaient à augmenter. La limite à cette situation en Pays de la Loire est l’impossibilité de production de chanvre industriel aux alentours de Beaufort en Vallée.

B. Conduite de la Culture

Peu de données existent en Agriculture Biologique. La FNPC fournit néanmoins des renseignements sur cette culture peu exigeante et les expériences en Agriculture Biologique à travers la France se multiplient.

1. Développement de la Plante

La levée, qui s’effectue après 4 à 9 jours selon les conditions du sol, est la phase la plus délicate de la culture. Elle exige des températures entre 15/20°C. L’implantation, phase de croissance lente de la culture, se situe entre la première semaine et 3 semaines après le semis. Pendant cette phase, la couverture du sol se réalise. A la fin de cette période la culture fait environ 25/50cm et comporte 3 paires de feuilles. C’est ensuite une phase de croissance active qui suit pendant 1mois/ 1mois et demi. C’est pendant cette période que s’élabore le rendement en paille et fibres. La fertilisation soit être

bien contrôlée lors de cette phase. La plante a des besoins maximums mais une fertilisation excessive entraînerait la verse. La floraison marque le début du ralentissement de la croissance. Cette étape est critique quand l’objectif de la culture est la production de graines. Les stresses hydriques doivent être limités. La maturité des graines se fait 40 jours environ après la pleine floraison. (source FNPC)

40 jours environ après la pleine floraison. (source FNPC) 2. Intérêt de la culture et place

2. Intérêt de la culture et place dans la rotation

Les caractéristiques de la plante présentées précédemment montre que la culture est une excellente tête de rotation. Grâce à sa vigueur et à la rapidité de sa croissance, elle couvre rapidement le sol et peut-être considérée comme une plante nettoyante. Elle libère le sol tôt (en septembre), laissant une terre, non seulement propre, mais aussi ameublie en profondeur par son système racinaire, en faisant un très bon précédent à blé. Les agriculteurs rencontrés (cf annexe 4) placent le chanvre selon les rotations suivantes :

M. Supiot : Blé/ chanvre ou Maïs/chanvre ou encore Luzerne/chanvre.

M. Gauthier: Maïs/chanvre/céréales ou Gel/chanvre

Les intérêts du Chanvre en Bio sont donc indéniables : c’est une culture qui ne nécessite pas de traitements chimiques, et qui est peu exigeante en eau et fertilisants si elle est bien implantée.

Système racinaire profond donc aère le sol

Quel sol ? - Argilo- calcaire - Limoneux - Sableux - Sol réchauffé (avec fraîcheur)
Quel sol ?
- Argilo- calcaire
- Limoneux
- Sableux
- Sol réchauffé (avec fraîcheur)
- Sol pas trop imperméable
Sol à éviter
- Acide
- Lourd
- Tassé
- Détrempé

Excellente tête de rotation

Ex de rotation :

- Maïs/chanvre/céréales

-

Blé/chanvre

A éviter :

- Colza/chanvre et

- Tournesol/chanvre

Le chanvre
Le chanvre

Semis : mai Récolte : septembre

La levée (environ 6 jours après le semis) :

Phase la plus délicate de la culture

3. Conduite de culture issue des entretiens avec la FNPC

a) Préparation du sol

La Levée et l’implantation de la culture sont des phases très importantes pour la culture du chanvre. Cela nécessite une préparation du sol afin de constituer et de conserver la réserve en eau du sol nécessaire à la germination et à la croissance de la plante et créer un lit de semences assez fin pour permettre une levée rapide et régulière. Il est ainsi conseillé d’effectuer un labour d’hiver sur sols Argilo-calcaire afin de favoriser la rétention de l’eau ou un labour de printemps sur terres légères ou battantes. Juste avant le semis, une préparation fine du sol devra être effectuée. James Lorieux ( Annexe 4) utilise une herse rotative juste avant son semis.

Le semis sera effectué de fin avril à début juin, l’idéal se situant la première quinzaine de mai sur un sol réchauffé. A noter que les graines de chanvre sont fragiles, sensibles aux accidents de structure et aux tassements. Le semis pourra être effectué à l’aide d’un semoir à céréales. La densité de semis est fonction du mode de culture (battue ou non battue) et variera de :

- De 40 à 60 kg / ha (culture battue)

- De 50 à 70 kg / ha (culture non battue)

Plus le semis est épais, moins il y a de mauvaises herbes. L’écartement entre les rangs devra être compris entre 7 et 17cm et la profondeur de semis entre 3 à 4 cm

Bruno Gauthier effectue un écartement entre les rangs assez faible de l’ordre de 8-10cm. Il passe ensuite un rouleau après le semis pour planifier la surface. Le roulage est en effet possible pour favoriser les remontées d’eau par capillarité, mais celui-ci ne doit intervenir que lorsque la levée est complète. Cette pratique a méliore de plus la qualité de la fauche et empêche la remontée des cailloux au moment du pressage.

b) Irrigation :

Le chanvre est une des cultures d’été les plus tolérantes aux conditions sèches. L’irrigation n’est guère utilisée pour la production de pailles (fibres) puisque le chanvre, bien implanté, va chercher l’eau nécessaire très profond grâce à son système racinaire développé. Cependant, pour une production de chènevis, l’irrigation peut être envisagée.

c) Fertilisation :

Les besoins en fertilisation se situent principalement entre le stade 3 feuilles et la fin de la floraison. Bien enraciné, le chanvre mobilise les ressources du sol. La fertilisation vise donc à compléter les fournitures d’azote du sol. D’après la FNPC, les apports en fertilisants sont compris entre 70-100 unités d’N/ha, 40-60 unités de P2O5, 160-200 unités de K2O. Un excès d’azote peut entraîner une verse. M. Bruno Gauthier a utilisé du fumier de volailles composté à hauteur de 10 tonnes.

d) Entretien :

Grâce à son pouvoir de compétition, la plante empêche toute rivalité de la part des mauvaises herbes, et aucun traitement n’est alors nécessaire. Le parasitisme et les maladies sur le chanvre sont pratiquement inexistants. Dans certains cas (en monoculture), on observe des foyers d’orobanche qui est un parasite dangereux de la culture, et contre lequel seule la rotation est efficace. Symptômes :

- perte de vigueur pouvant aller jusqu’à la mortalité des plantes

- Perte de densité

e) Récolte

La récolte s’effectue autour de Août/ septembre (120/140 jours après semis)

Maturité des graines 15 jours avant maturité des fibres. La récolte est une étape difficile sur

le chanvre car c’est une plante très résistante auxquelles les machines ne sont pas

habituées. La récolte peut donc se dérouler ainsi :

Battage des inflorescences des tiges de préférence à la moissonneuse batteuse.

Fauchage des tiges avec une faucheuse à lames ou faucheuse à section. Barre de

coupe à 1,40m

Séchage sur andain. Dans certains cas il est nécessaire de faner les andains en

utilisant un gyro-andaineur.

Ensiler (ensileuse à maïs) ou Botteler

La récolte des pailles est le problème principal po ur la culture du chanvre. Beaucoup de

questions se posent sur le matériel à utiliser. Les tiges du chanvre peuvent mesurer jusqu’à

3 mètres de haut et contiennent de la fibre qui les rend dures.

La culture de Chanvre s’adapte bien au mode de production biologique. C’est une

plante qui ne demande pas d’entretien en désherbage du fait de sa forte couverture du

sol, elle n’a de plus pas de maladies.

En Pays de Loire, les sols et le climat sont bien adaptés à la culture du Chanvre. C’est

d’ailleurs un bassin historique de production. L’eau peu être un facteur limitant dans

la région. La phase d’implantation est donc importante à surveiller afin que la plante

aille chercher l’eau en profondeur.

La difficulté principale réside dans la récolte qui demande du matériel spécifique et un

certain savoir-faire. En Maine et Loire, la FD CUMA a investi dans une faucheuse

Buzzati spéciale pour le Chanvre.

Le savoir faire des grandes chanvrière devra être étudié. Les agriculteurs doivent de

plus retrouver une certaine expérience et s’adapter aux exigences de qualité des

différents débouchés.

Pour en savoir plus :

Chanvre,- Etude Agrice, ADEME et ITCF, Publication interne, 1998

IV.

Valorisation et débouchés dans le secteur du chanvre

en Pays de Loire.

Il existe plusieurs possibilités de débouchés pour le chanvre en Pays de Loire. Il n’existe cependant pas d’unités de transformation certifiée Agriculture Biologique dans la région D’autre part, il y a une nécessité d’allier les différents débouchés pour permettre une valorisation complète du produit.

A. Industrie Papetière

D’après l’étude de la filière que nous avons réalisée dans les chapitres précédents, il

apparaît que le débouché principal pour le chanvre est l’industrie papetière. En effet, elle absorbe 90% de la production de chanvre française. Les fibres du chanvre entrent dans la composition de papiers spéciaux :

Papiers à cigarette : Cette application a toujours été un secteur porteur. Le choix de la fibre de chanvre est aussi une question de goût pour le fumeur. Connaissant toutes les contraintes, le chanvre s’impose comme la seule fibre utilisable.

Secteur Fiduciaire : La Banque de France achetait, il y a quelques années, une partie

de la production française pour la confection des billets de banque mais l’utilisation fiduciaire du Chanvre est désormais révolue. Papiers à usage spécifique : Le chanvre entre en très petites quantités dans des papiers à usage spécifiques comme les plastiques renforcés, les matériaux composites. En Pays de la Loire, la filière « chanvre-Papier » est presque entièrement présente et bénéficie à plus de 1500ha. Cependant, ce débouché stagne et ne semble pas pouvoir absorber beaucoup plus de volumes. Il est important de statuer sur le fait qu’il n’y a pas vraiment de place pour se mettre en concurrence avec les géants industriels de la cigarette qui achètent la quasi-intégralité du chanvre fabriqué en France (Mathieu et Salgueiro, 2003). De plus, la valorisation en Bio dans cette filière de Papier serait nulle. Néanmoins, nous n’avons pas eu de contacts avec l’entrepreneur Papier de Mauduits et les entreprises de défibrage de Spay pour connaître leurs projets et attentes.

Afin de valoriser au mieux l’ensemble de la plante, une production de litières pourrait être étudiée. En Pays de la Loire, il n’existe pas d’unités de transformation importante de litière. La majorité de la production française est réalisée par la Chanvrière de l’aube. D’autres débouchés plus porteurs mais plus diffus doivent donc être étudiés.

B. Litière pour lapins

La filière de l’élevage de lapins évolue très vite. Ainsi, il est difficile de quantifier le nombre

d’élevages. Il en est de même pour les groupements d’élevages, qui, de part l’évolution

rapide de la filière et la difficulté du marché, ont tendance à fusionner. Il y a donc création de

groupements départementaux et disparition des groupements locaux.

1. Les atouts et les contraintes de la litière de chanvre

Les lapins sont des animaux fragiles et sensibles aux maladies. La litière est donc un facteur

à prendre en compte pour améliorer la santé de ces animaux. Le chanvre a une capacité

d’absorption supérieure aux autres litières, les nids sont donc moins humides et dans un

meilleur état sanitaire. Cela permet de mieux maîtriser le développement microbien et

améliorer la santé des animaux.

Tableau récapitulatif des atouts et contraintes de la litière de chanvre :

 

Les copeaux de bois

La litière de chanvre

Date

De la naissance des lapereaux jusqu’à une semaine

Les deux et troisième semaines suivant la naissance

d’utilisation

Avantages

- Plus moelleux, douillet - Se mélange mieux avec les poils de la lapine

Meilleure capacité d’absorption ( 2 à 3 fois plus que le bois)

-

Les nids sont plus secs et plus propres

-

   

-

Moins souple, moins

Contraintes

- Absorption de l’humidité médiocre

confortable que les copeaux de bois

-

Prix plus élevé

La première semaine après la naissance des lapereaux, les nids sont généralement faits

avec des copeaux de bois. Puis les deux semaines d’après, l’éleveur ajoute du chanvre

broyé. Cette utilisation est cependant faible, la plupart des éleveurs utilisent uniquement la

litière de copeaux de bois

2. Evaluation de la demande potentielle

La région des Pays de la Loire se situe parmi les premières régions productrices de lapins

en France. On estime à 900 le nombre d’élevage de lapins en Pays de Loire (source service

élevage, CA 85): 687 selon la FENALAP (Fédération nationale des éleveurs de lapins) et

1000 selon le GIE. Il existe très peu d’élevages biologiques (moins de 5 recensés à ce jour)

compte tenu des contraintes techniques très importantes de ces élevages très spécialisés.

Il n’y a pas de chiffres exacts concernant les éleveurs qui utilisent du chanvre en litière.

Cependant si l’on interroge les groupements de producteurs, ils estiment à environ 10% le

nombre d’agriculteurs utilisant du chanvre, cela représenterait environ 90 exploitations. Ainsi,

les 90% restant utilisent des copeaux de bois.

Les chiffres ont été développés en Pays de Loire et dans les Mauges plus particulièrement.

En effet, Mission Bocage était intéressé par ce débouché pour valoriser du chanvre.

Evaluation du Nombre d’exploitations et de Nids utilisant la litière de chanvre en Pays de Loire :

 

MAUGES

Pays de Loire

Copeaux de bois

140 exploitations

900 exploitations

Chanvre

15 exploitations

90 exploitations

Les groupements nous ont indiqué qu’une évolution dans l’utilisation du chanvre dans

l’élevage de lapins est en cours. Les éleveurs utilisent cette litière pour les nombreux

avantages que cela apporte sur la santé des lapins mais également sur sa capacité

d’absorption. Il a été constaté que se sont surtout les élevages de taille moyenne qui utilisent

de la litière de chanvre. On compte environ 400 nids pour un élevage.

 

Mauges

Pays de Loire

Nombre d’éleveurs utilisant du chanvre

15

90

Nombre de nids par éleveurs

400

400

Nombre de nids utilisant du chanvre

400 x 15 = 6 000

400 x 90 = 36 000

Evaluation du besoin en chanvre pour le secteur élevage cunicole en Pays de Loire :

 

Mauges

Pays de Loire

Nombre de nids utilisant du chanvre

6 000

36 000

Quantité de chanvre utilisé pour un nid sur 1an

4 250 g

4 250 g

Quantité de chanvre utilisé pour l’ensemble des nids sur 1 an

6 000 x 4 250 = 25,5 Tonnes

36000 x 4 250 = 153 Tonnes

3. Les aspects techniques

a) La composition de la litière

La litière de chanvre est composée uniquement de la chènevotte. La production de litière de

chanvre implique donc une association avec d’autres débouchés pour les fibres.

La plupart du chanvre utilisé pour la litière de la pins, est issu de la chanvrière de l’Aube.

Actuellement, sur le marché, la LCDA produit une litière sous le nom commercial

« Aubiose ».

Les lapins sont sensibles au niveau respiratoire et pulmonaire, ainsi, leur litière doit être

propre et exempt de poussières. C’est pourquoi il est important que la paille soit transformée

dans une unité de transformation agrée.

b) L’approvisionnement pour la litière

Actuellement, les éleveurs de lapins s’approvisionnent auprès des groupements suivants :

- Groupement Terrena

- Comité des Producteurs de Lapins du Bocage (CPLB) Vendée

- Groupement des lapins du Poitou (Sarthe)

Le circuit de commercialisation de la litière de chanvre est présenté dans le schéma ci-

dessous. La LCDA a des contrats avec des producteurs dans toute l’Europe. La production

ne se fait donc pas localement. Producteur / transformateur : Chanvrière de l’Aube Distributeur :
ne se fait donc pas localement.
Producteur / transformateur :
Chanvrière de l’Aube
Distributeur :
Grimault frères
Les groupements :
- Terrena
- CPLB
- Poitou Lapins
Les éleveurs

Les tarifs :

L’AUBIOSE (chanvre)

Lapins Les éleveurs Les tarifs : L’AUBIOSE (chanvre) Prix unitaire Prix quantité Sac (30l/20Kg) 9,90 €

Prix unitaire

Prix quantité

Sac (30l/20Kg)

9,90 €

6,90 €

Les prix unitaires correspondent aux prix d’achat d’un sac. Les prix quantités correspondent

à une commande en palette (plusieurs sacs).

4.

Quel potentiel de la litière de chanvre pour le Maine et

Loire?

Compte tenu des données que nous disposons, nous pouvons estimer les besoins des éleveurs en Pays de la Loire à 153 tonnes de chènevotte. Si on considère, une production de pailles de 6.5 tonnes/hectare et un rendement en chènevotte de 50-55%, un hectare de chanvre peut produire 3.25t de chènevotte. Ainsi le débouché litière de chanvre pourrait absorber une surface de 7.5 hectares à l’échelle régionale. Cette production engendrerait aussi une production de 14 tonnes de fibres dont il faudrait trouver un débouché.

Au vue de la filière actuelle, il semble difficile de concurrencer le circuit actuel. En effet, la litière de chanvre, fabriquée à partir de la chènevotte, représente pour la LCDA un sous- produit de la fabrication de fibres papetières. Il semble difficile de produire à un coût équivalent. Cependant, la LCDA s’approvisionne en France et à l’étranger et distribue dans toute la France. Une production locale permettrait une diminution des frais de transports.

Pour des questions de coûts, le mélange chanvre et copeaux de bois pourrait être une alternative intéressante permettant notamment de diminuer les coûts au niveau des élevages. Compte tenu des contraintes sanitaires très importantes en élevage cunicole, la préparation de la chènevotte pour la litière doit se faire dans des unités de transformations permettant de limiter des poussières qui sont préjudiciables à la bonne santé des lapereaux. Ceci implique un savoir faire important en terme de technique de transformation.

Comme nous l’avons dit, la chènevotte utilisée pour la litière ne concerne qu’une partie du chanvre produit, il faut donc envisager le développement d’une filière permettant de valoriser

les

autres

produits

de

la

plante.

C. Huile alimentaire

1. Atouts et contraintes de l’huile de chanvre

Les atouts de l’huile de chanvre La graine de chanvre contient des acides gras très utiles à notre organisme comme l’oméga 3 et l’oméga 6. Ce type d’acide gras est recommandé par les médecins et nutritionnistes pour son action favorable sur le cholestérol sanguin. La graine de chanvre contient des Acides Gras Essentiels (AGE) qui ne peuvent être synthétisés par notre organisme. A partir des AGE présents dans cette graine, notre organisme peut produire l’Acide Gamma Linoléique (GLA) indispensable à la fluidité des membranes cellulaires. Par sa consommation régulière, elle permet un renforcement du système immunitaire ainsi que de l’activité des cellules. Une autre propriété diététique de cette graine concerne sa teneur en vitamines : très riche en vitamines A, B1, B2, B6, C, D ainsi qu’en vitamines E. De plus, ses fibres naturelles facilitent la digestion. L’huile est utilisée froide comme assaisonnement. Elle peut également être mélangée à d’autres huiles.

Ce débouché semble intéressant en agriculture Biologique car l’aspect nutritionnel et santé peut être d’autant plus valorisé.

Les contraintes

Aujourd’hui la production d’huile de chanvre est très réduite. On estime que 5% des graines de chanvre produites sont destinées à l’alimentation humaine. Les 95% restant sont utilisés pour l’alimentation animale (graines pour oiseaux) (Mickaël Karus, Industrie européenne du chanvre, juin 2002). La demande de la part des consommateurs est encore marginale car c’est un produit nouveau dont les propriétés ne sont pas assez mises en valeur. Pour un tel débouché, la valorisation des qualités du produit et donc la communication ne devront pas être négligées.

Synthèse des atouts et contraintes du débouché Huile alimentaire pour une filière chanvre Bio en Pays de la Loire

Les atouts

Les contraintes

Riche en acides gras : Oméga 3 et oméga 6

Peu de demandes

Action sue le cholestérol

Prix élevé

Facilement valorisable en huile biologique

 

2. Les aspects techniques : de la graine à l’huile

a) La Transformation

Nous avons rencontré plusieurs transformateurs présents en Pays de Loire afin de connaître les exigences de la transformation d’huile de chanvre : James Lorieux, transformateur agrée en Huile Bio, Bruno Gauthier, agriculteur/transformateur en Loire Atlantique. De plus, nous avons utilisées les données disponibles sur le site Internet concernant la transformation en huile qu’effectue la LCDA.

Le processus de transformation de chènevis en huile alimentaire requiert une phase de séchage des graines importantes. Le tableau suivant récapitule les conditions nécessaires à une fabrication d’huile de qualité. Dès la récolte, elles doivent être mises à sécher et conservées dans un frigo à l’abri des ravageurs.

Le taux requis pour les graines :

Graines

Taux d’humidité requis pour le pressage

Taux d’humidité requis pour le stockage

Taux d’acidité

entre 5% et 8%.

entre 5% et 8 %

sinon, il y a des risques de moisissure,

< 0,5 % pour l’huile douce

Les graines sont transformées dès qu’elles sont sèches. Elles doivent être triées, propres et l’humidité doit être comprise entre 5 % et 8 % (au-dessus l’huile a du goût). Les étapes de la transformation comprennent : le pressage, la décantation et la filtration.

James LORIEUX utilise une presse TABY pour transformer les graines en huile. Les graines de chanvre sont faciles à presser. De plus, la température de l’huile pour une pression à froid ne doit pas être supérieure à 40°. Pour avoir un me illeur rendement de pressage, il faut prendre en compte le choix de la presse et également éviter de laisser de l’huile dans la presse. Pour la décantation, il faut des conditions climatiques favorables (doux et sec). La décantation se fait à température ambiante pendant 2 à 3 semaines. L’huile de chanvre peut être stockée pendant 14 mois.

Sur une tonne de graines :

Sur un hectare, la quantité de graines produites est d’environ 1 tonne.

Quantité d’huile de chanvre produite par différents transformateurs français pour 1 hectare de chanvre

 

James LORIEUX (Transformateur)

Huilerie du Berry (LCDA)

Bruno GAUTHIER (Producteur)

Le pourcentage d’huile

25

%

30%

10

%

Le nombre de litres d’huiles produits

250 litres

300 litres

100 litres

     

90

%

Le pourcentage de résidus

(tourteaux,

)

70

%

(tourteaux+petites

graines)

Le pourcentage de pertes

5 %

   

(petites graines,

)

A noter : 1 litre d’huile pèse 920 g. Pour fabriquer 1 litre d’huile on utilise environ 4 kg de graines.

Il reste toujours un peu d’huile dans les tourteaux. Ces tourteaux peuvent servir à

l’alimentation des animaux (cheptel), pour la pêche. Bruno GAUTHIER valorise les sous-

produits pour l’alimentation des volailles.

A partir d’un hectare de chanvre, la production d’huile peut varier entre 100 et 300 litres

d’huiles.

1ha de chanvre 1 tonne de chènevis 100-300 litres d’huile

b) Circuits de vente

La LCDA produit une huile sous le nom d’Oliose. Ce sont les HUILERIES DU BERRY qui

assurent la sous-traitance et qui fabriquent l’huile de chanvre vierge et vend le produit sur le

marché alimentaire Européen. Selon la FNPC, la LCDA produirait 5000t de chènevis dont 50

tonnes utilisées pour l’huile. 15t d’huiles seraient produits soit 30000 bouteilles. En cours de

référencement par les chaînes de magasins françaises, elle est aujourd’hui disponible dans

plusieurs magasins de la région Champagne et sa présence va maintenant être développée

en France dans les circuits Diététique et Santé.

Terrachanvre, en Bretagne, produit aussi une huile alimentaire Bio. Pour compléter le

débouché, Terrachanvre produit une huile à base des chènevis mais à destination du

bâtiment comme enduit.

D’autres producteurs Bio réalisent la transformation pour un marché local. Ex : Bruno

Gauthier.

James Lorieux, transformateur basé à Vernoil, est agrée pour transformer les graines de

chanvre biologique en huile Biologique. Il est prêt à transformer pour des producteurs et a

une capacité maximale d’1 tonne de graine.

Produits déjà en vente sur le marché :

 

James LORIEUX (Transformateur)

Bruno

Terrachanvre

LCDA

Producteur qui

GAUTHIER

Huilerie du

approvisionne

 

(Producteur)

Berry

la CABA

Quantité

0

 

NC

16 000l

 

produite

Prêt à transformer pour des producteurs

100l

NC

Equivalent en ha

 

0,30ha

 

50 ha

 

Mode de conditionnement

Bouteille

Bouteille

Bouteille

Bouteille

Bouteille

Capacité

25 cl

25 cl

25cl

50cl

25 cl

Prix (pour 25 cl)

Conditionnement :

 

8.50 €

NC

6, 16 € (Prix producteur / CABA) 8, 74 € (Prix CABA / consommateurs)

0,70€/ bouteille

7 €

     

Magasins

Grandes

 

Distribution

Vente

spécialisés/

surfaces/

Biocoop

directe

Internet

magasins

spécialisés

 

Conclusion : L’huile de chanvre peut présenter un débouché intéressant pour le

Chanvre Bio. Ses qualités nutritives sont intéressantes à valoriser. Cependant, la

production d’huile ne pourra absorber des surfaces très importantes, les débouchés

étant limités à l’heure actuelle. Un complément de débouchés pourrait être trouvé en

cosmétique. Dans le cas d’une mise en place de production d’huile de chanvre, une

étude technique devrait être mise en place pour améliorer le process de

transformation et s’approcher d’un rendement de 30%.

D. Huile essentielle

L’huile essentielle de chanvre contient les composés les plus volatiles de l’arôme de

chanvre. Elle est extraite à partir des fleurs de chanvre par distillation à la vapeur. Sa

concentration en THC est très faible et peut atteindre 0.08%. Les utilisations possibles des

huiles essentielles se trouvent dans les cosmétiques, les additifs alimentaires,

l’aromathérapie et la parfumerie.

En suisse, la production est d’environ 200l ce qui correspond à approximativement 20ha de

chanvre cultivé. Le potentiel de vente n’est pas déterminé bien que ce soit un produit de

niche. Les prix varient selon la qualité de 1500 à 3500 dollars le Kilo. Etant donné son

pouvoir, des quantités infimes suffisent et le marché mondial n’est pas important. Dans les conditions normales, on produit environ 10l d’huile essentielle par hectare de chanvre. En Maine et Loire, des producteurs ont essayé la production d’huile essentielle. JC Châle a participé à cette expérimentation. Les rendements en huile ont été trop faibles et l’expérience n’a pas été reconduite.

E. Paillage de chanvre pour les haies

1. Les atouts et les contraintes du paillage chanvre

Le chanvre est une plante dont la fibre est lente à la dégradation naturelle. Ainsi, le paillage de chanvre met plus de temps à se dégrader et dure donc plus longtemps. Le chanvre est une alternative au paillage plastique plus polluant.

Le chènevotte à une capacité d’absorption intéressante car elle peut absorber jusqu’à quatre fois son poids. Une fois épandue sur le sol, l’eau d’arrosage et l’eau de pluie est stockée par la chènevotte et restituée aux plantes au fur et à mesure de ses besoins. Alors que d’autres produits de paillage apportent de l’acidité au sol, le pH du chanvre est neutre, proche de 7. Par la suite, le paillage est transformé en humus et s’incorpore au sol.

Cependant, il est difficile de valoriser le chanvre biologique en tant que tel, il y a des risques qu’il soit mélangé avec le chanvre conventionnel.

2. Travail déjà mené.

Un projet de mise en place d’une petite filière de chanvre pour le paillage des haies a été initié il y a 2-3 ans par Mission Bocage. Des échanges entre producteurs ont été organisés et une recherche sur le matériel à utiliser a été initiée. Le projet a cependant souffert d’un manque de temps d’animation pour suivre le projet. De plus, le coût de production du chanvre était assez élevé et il a été difficile de proposer un prix d’achat qui convienne aux deux parties. Effireal produit aujourd’hui du paillage en chanvre pour les haies. Le chanvre provient de la LCDA. Mission Bocage, qui avait rencontré Effireal, semble ouvert à la discussion pour un approvisionnement local.

Les atouts

Les contraintes

Alternative au plastique Fibres lentes à la dégradation Forte capacité d’absorption pH neutre

Difficulté à récolter Matériel inadapté Difficulté de valoriser le chanvre bio

F. Utilisation du chanvre en bâtiment

1. Utilisations

D’après Nova Institut, on estime à 4.5% de la production européenne l’utilisation du chanvre dans la construction et les matériaux d’isolation.

Les produits les plus développés aujourd’hui en Europe appartiennent aux domaines de la construction et plus particulièrement dans le secteur de l’isolation. Trois types de produits sont proposés :

Les laines d’isolation thermique et phonique (les fibres sont collées sur le principe des laines minérales)

Les bétons de chanvre composés de mélange de chènevotte et de liant à base de

chaux Et plus récemment le parpaing en béton de chanvre pour l’enveloppe des bâtiments.

La chènevotte est parfois utilisée en vrac sous plancher.

a) Laine de Chanvre

La laine de chanvre fabriquée grâce aux fibres du c hanvre, permet de remplacer la laine minérale ou polystyrène. C’est à la fois un isolant thermique et phonique qui est employé

Perméable, elle permet

de réguler les flux de vapeurs résultant des différences de températures intérieures/extérieures. De plus, le chanvre fibré s’utilise comme enduit isolant sur maçonnerie (pierre, plâtre, mur,

pour l’isolation de combles, de planchers, de cloisons, de toitures,

La laine d’isolation à base de fibres végétales représente un tonnage de 1 500 à 2 500 tonnes suivant les années. Les laines d’isolation les plus utilisées sont les laines de verre et les laines de roche dont la production a été estimée à 500 000 tonnes en 2001 par les syndicats des Fabricants d’isolants. Le marché de l’isolation est donc dominé à 90% par la laine minérale et le plastique alvéolaire et les 10% restant se partagent entre les laines végétales, les fibres et le liège.

Cependant, les laines d’isolation minérales subissent l’effet amiante et sont ressentis comme présentant des risques pour la santé. Les performances de la laine de chanvre sont bonnes et répondent aujourd’hui correctement aux exigences des marchés. Seul le prix est aujourd’hui un facteur bloquant. La laine de chanvre est aujourd’hui un matériau techniquement viable restant à promouvoir. Aujourd’hui, on peut estimer le marché français à 2500 tonnes (fibres seules) et les professionnels sont optimistes quant à son évolution. Ils estiment que ce marché peut représenter d’ici à 5 ans 2% du marché de la laine d’isolation soit environ 10 000 tonnes. (Ernst et Young, ADEME, 2005)

b) Béton de Chanvre

Le béton de chanvre trouve ses applications dans les dallages isolants, l’isolation des toitures, et le remplissage des murs. Dans ce dernier cas, le matériau, non porteur est généralement banché en noyant l’ossature bois dans une épaisseur d’environ 30cm.

Le Béton de chanvre a une meilleure valeur d’isolation que le béton traditionnel. Un fonctionnement hydrothermique permettant un meilleur confort à température égale et des économies d’energie, une qualité environnementale dans le stockage du CO2. (Ernst et Young, ADEME, 2005)

Le béton de chanvre est un mélange de chanvre, plus précisément de chènevotte et d’un liant à base de chaux. Ses plages de performances sont fonction des dosages de chaux. Le béton de chanvre est un matériau léger et dont les performances mécaniques sont modestes. Il est donc utilisée avec une ossature Bois et dans ce cas sert de remplissage. Toutefois, il n’est pas exclu dans un avenir proche d’obtenir un béton de chanvre porteur.

L’un des grands atouts du béton de chanvre est sa grande respirabilité. Le CSTB( le centre scientifique et technique du bâtiment) vient de réaliser des essais de résistance au feu sur un ouvrage. Le potentiel constructif en neuf ou en réhabilitation du chanvre se confirme d’années en années. (Batirama, n° 394, avril 2006).

La technique du Banchage n’est pas aisée et peu adaptée aux pratiques courantes des constructeurs. La construction de maisons individuelles s’effectue en France et en Europe à 90% avec des blocs à maçonner. Un projet est en cours pour mettre au point la fabrication de blocs en béton de chanvre. En France, ce programme de recherche est suivi par la LCDA, BCB (fabricant de liant à base de chaux) et l’ENTPE (laboratoire de géomatériaux de

l’ENTP). (le moniteur, 10/03/2006). A Clermont-Ferrand, la maison de l’habitat et du cadre de vie a été construite en blocs de bétons de chanvre dans le cadre d’un chantier expérimental.

2. Atouts et contraintes

Le chanvre est de plus en plus utilisé dans l’éco construction. Cette culture entre dans une problématique d’Haute Qualité Environnementale (HQE). En effet, le chanvre est une culture qui ne demande aucun apport, elle respecte l’environnement.

Les valeurs du chanvre est construction sont multiples : sain, naturel, régulateur thermique, hydrométrique ou acoustique. Elles en font un produit confortable et non dangereux pour la santé. Grâce à une isolation de qualité, la sensation de bien-être est approuvée dan une maison en chanvre. Constituant un matériau respectueux de l’homme et de l’environnement, le chanvre intéresse de plus en plus de particuliers.

Les

nombreuses :

contraintes

d’utilisations

pour

les

professionnels

du

bâtiment

sont

cependant

Prix plus élevé que les matériaux conventionnels Difficulté à obtenir des produits de qualités, approvisionnement souvent à l’international Pas de DTU

Il est donc difficile de valoriser le chanvre dans l’éco-construction en le transformant soi- même. En effet, les artisans ont des exigences importantes : pas de poussière, chanvre de bel couleur… Le nombre de transformateurs agréés est limité et préfèrent utiliser du chanvre issu des chanvrières plutôt que des petites quantités de chanvre issu de producteurs. Pour eux, le chanvre issu des chanvrières est gage de qualité. Malgré les avantages du chanvre, les artisans ne sont pas forcément prêts à l’utiliser au prix actuel et n’ont pas les techniques d’utilisations. Enfin, Il n’existe pas de Document de Technique Unifié (DTU). Sans ce DTU, les compagnies d’assurance refusent d’assurer les maisons. Des efforts restent donc à faire pour que le chanvre soit reconnu et utilisable dans les collectivités publiques notamment.

Si le matériau chanvre a atteint une maturité qui lui permet d’espérer une large utilisation, espérance qui se confirme en rénovation, la construction de bâtiments en chanvre reste très marginale. Les réalisations construites jusqu’à aujourd’hui sont disséminées et mal connues. Les systèmes constructifs utilisés (banchage béton de chanvre sur ossature bois) n’ont jamais fait l’objet d’études d’optimisation. Un travail est cependant réalisé par l’association construire en chanvre pour recenser les initiatives et le programme et l’ADEME et la FFB

(fédération française du bâtiment) travaille au suivi d’un site pilote : Programme Montholier présenté dans un DVD.

3. Les aspects techniques

La création de produits en chanvre est une activité très technique. La création de bétons de chanvre demande une activité de recherche développement qui n’est pas présente dans notre région. Cependant, pour ce qui est de la production de chènevotte et de laine de chanvre. Il est tout à fait possible d’envisager une production en Pays de la Loire. Il existe déjà la société Effireal qui fabrique de la laine de chanvre et qui travaille avec la LCDA et la chanvrière du Belon.

Certains projets collectifs d’agriculteurs travaillent de plus à la mise en place de filières locales. La difficulté réside dans la transformation : prix abordable, qualité (pas de poussière…). Cas des agriculteurs du CIVAM Bio 44 En Loire Atlantique, 5 agriculteurs se sont regroupés et cultivent 30 hectares de chanvre. Ils réalisent la transformation eux-mêmes. La fibre est utilisée pour l’isolation, la chènevotte pour les mortiers et enduits. Le tout est vendu en direct dans un circuit de proximité. La vente se fait surtout dans un circuit militant. Elle permet par contre un prix de vente de 30 à 40% moins cher que les autres fournisseurs. Les machines de transformation sont artisanales. Elles ont été réalisées à partir une batteuse d’Indre et Loire. D’autres projets sont en cours et de plus grande ampleur. C’est le cas de Chanvre Mellois et de Terra chanvre cités plus haut.

Afin d’obtenir un soutien dans la mise en place de cette filière, l’association construire en chanvre peut accompagner et fournir des informations importantes.

4. Liste des utilisateurs du Chanvre en Pays de Loire

Principaux distributeurs :

Laine de chanvre ISONAT (www.isonat.com), Chanvre et Technique

(www.technichanvre.com), HOCK (www.thermo-hanf.de), ISOVER (www.isover.fr), Béton

de chanvre (BCB balthazard et Cotte Bâtiment (www.lhoist.be). (Source, Des Bioproduits dans les collectivité, ADEME)

La liste en Pays de Loire a été difficile à déterminée. Pas de site en Pays de Loire où sont

répertoriés les fournisseurs, les architectes, les entrepreneurs ou maçons utilisant le chanvre

dans la construction. Cette liste a donc été élaborée suite à différents contacts dans la région

et la tenue du salon maison Bois à Angers (cf annexe XX)

Avantages

Contraintes

Entre dans problématique de HQE (Haute Qualité Environnementale)

Pas de DTU (Document de Technique Unifié)

Isolant thermique et phonique

Pas de réglementation reconnu pour l’utilisation dans les bâtiments (pas d’assurance)

Matériau sain, naturel, respectueux de l’environnement

Prix élevé

Perméable

Exigences de la part des entrepreneurs

Différente utilisations :

 

bétons, enduits, isolation

Difficulté de valoriser le chanvre bio

Le débouché du chanvre en bâtiment semble une solution très porteuse avec une

bonne valorisation de l’ensemble de la plante. La demande augmente et risque

d’augmenter si l’interdiction de l’usage des isolations en fibres de verre et le DTU se

mettent en place. Plusieurs acteurs sont déjà en place en Pays de la Loire sur lesquels

il faudrait se reposer. La mise en place d’une filière dans ce secteur demande

néanmoins un professionnalisme important pour fournir des matériaux de qualité qui

dépassent le marché des militants.

V. Préconisation pour le développement d’une filière chanvre Bio en Pays de la Loire

A. Atouts et contraintes d’une filière Chanvre Bio en

Pays de Loire

1. Pour la production

La production de Chanvre en Pays de la Loire possède différents atouts et contraintes :

Les Pays de la Loire possèdent comme atout :

Un historique dans la production

Une production en conventionnelle et un savoir-faire déjà présent dans la Région

Des expériences de production en Bio proches : Loire Atlantique, Bretagne, Deux-Sèvres

Un terroir et un climat adapté

Des semences produites localement

Un entourage technique proche : FNPC en Sarthe

Les contraintes de la mise en place d’une production Bio en Pays de Loire sont :

Un savoir faire à redécouvrir

Des conditions climatiques localement difficiles en terme de sécheresse

Une fertilisation dans la conduite culturale à maîtriser en AB et plus difficile pour les

spécialisés grandes cultures Une récolte difficile, des entrepreneurs à trouver.

Impossibilité de produire du chanvre industriel sur l’Est du Maine et Loire, à cause de

la définition d’une zone semencière chanvre (historiquement, cette zone était aussi une zone de production pour la fibre).

2. Pour la valorisation

Plusieurs débouchés sont possibles en Pays de la Loire :

Papeterie

Litière animale

Paillage des haies

Huile alimentaire

Huile essentielle

Bâtiment/construction

Parmi ces débouchés, certains semblent plus porteurs que d’autres, présentent une plus ou moins grande valeur ajoutée et surtout une valorisation « Agriculture Biologique » plus ou moins intéressante. Le tableau suivant récapitule les atouts et les freins de chaque débouché.

Tableau récapitulatif des leviers et freins pour les différents débouchés du chanvre Bio en Pays de la Loire

 

Partie de

Intérêt du Produit à base de chanvre

Atouts

Freins au débouché

Acteurs en Pays de Loire

Actions à mener

la plante

Au débouché

Papeterie

Fibres

Papier technique Goût apprécié en papier à cigarette

Débouché stable Filière déjà présente en Pays de Loire

Débouché stagnant Faible valorisation pour le Bio Filière intégrée : difficile à aborder

Papiers de Mauduits/ Usine de défibrage du Spay Coopérative des producteurs de la Sarthe

Rencontre avec Papiers de Mauduits/ défibrage du Spay pour connaître projets, vision du Bio,

 

Chènevotte

Produit avec des propriétés intéressantes :

 

Faible valeur ajoutée Prix plus élevé que les litières classiques Filière déjà bien installée Débouchés faibles Processus de transformation à maîtriser Faible valorisation en Bio

Pas de transformateur implanté

Possibilité de mettre en place ce produit à des échelles très locales pour diminuer le coût de transport. Travailler avec des CC, Pays, PNR, associations Débouché secondaire et non premier

Litière de chanvre

Forte capacité d’absorption (2 à 3 fois plus que le bois)

 

Producteurs liés à leurs fournisseurs par le groupement de producteurs

 

Paille :

- Alternative au plastique,

     

Effireal réalise le Paillage des haies et est ouvert à la discussion.

Mettre producteurs, collectivités, Effireal et PNR autour de la table

fibres +

chènevottes

-

fibre lente à la dégradation, pH neutre

- Bocage encore important en

Initiative déjà amorcée dans les Mauges par Mission Bocage

 

-

Pays de Loire

Faible valeur ajoutée pour le

producteur

Faible valorisation en Bio

Paillage des Haies

- Dynamique de Pays à développer

 

Développement des Pays et actions liées à l’entretien des haies en expansion

 

Chènevis

- Atouts

forts

du

   

Transformateurs présents localement :

Recherche développement à développer Communication forte à mener Débouché national à développer

 

produits

//

Demande faibles Prix élevé

consommateurs :

Débouchés possibles sur marchés, Bioccop, magasins spécialisés.

Riches en oméga 3 et

- du

Valorisation

Rendement de production faible Procédé de transfo mal maîtrisé

Huile Alimentaire

6

label AB

 

Partie de

Intérêt du Produit à base de chanvre

Atouts

Freins au débouché

Acteurs en Pays de Loire

Actions à mener

la plante

Au débouché

 

Fleurs

-

 

Demande faibles Rendement de production

Transformateurs présents localement :

Recherche développement à développer Communication forte à mener Débouché national à développer

- Valorisation

du

faible Procédé de transfo mal maitrisé

Huile essentielle

label AB

 

Fibres +

-

Bonne

capacité

- Entrée

dans

la

 

Quelques transformateurs présents en Pays de Loire :

Réunir tous les intervenants de la filière Recherche développement sur les outils de transfo Nécessité de trouver des porteurs de projets

chènevotte

d’isolation

problématique

-

Utilisation

diverses :

HQE

Utilisation encore marginale

Transformation à maîtriser

Concurrence en

Effireal Architectes et Maître d’oeuvres

Construction/Bâtiment

-

Béton,

isolation…

Matériau Sain

enduit,

- Marché Porteur

- Bonne

valorisation Bio

-

- de

Pas

concurrence

développement (laine de

mouton, paille…)

   

localement

 

B. Actions à mettre en place

La mise en place d’une filière chanvre en Pays de Loire nécessite maintenant un travail d’animation pour évaluer les motivations des différents maillons de la filière débouché par débouché.

Développer les contacts avec les acteurs actuels de la filière en Pays de Loire

Rassembler les acteurs déjà présents, les personnes intéressées autour de la table

Définir les objectifs :

o

Créations de petites filières à l’échelle d’un territoire avec débouchés locaux ?

o

Association avec des transformateurs plus conséquents ?

Mise en commun du travail des petits projets actuels (Loire Atlantique, Deux- Sèvres, Maine et Loire) ? Accompagnement technique des producteurs pour une réappropriation des pratiques culturales

o

Etude plus précise de la demande locale pour un ou deux débouchés notamment le bâtiment

Trouver des porteurs de projets, Etudier les investissements dans les projets de transformations

Se rapprocher des différentes institutions compétentes : ADEME, ANVAR, ITC, Construire en Chanvre, …

CONCLUSIONCONCLUSIONCONCLUSIONCONCLUSION

Les débouchés possibles pour le chanvre Bio sont très divers. Cependant, excepté le marché des fibres papetières qui est déjà très organisé et stable, les autres débouchés ont des marchés extrêmement difficiles à appréhender. Le marché national est détenu par quelques sociétés en France qu’il est difficile de concurrencer.

A côté de cela, la mise en place de filières locales notamment pour la construction semble une option très intéressante. En effet, ce marché semble en expansion et des initiatives en Agriculture Biologique en France montrent qu’il est possible de mettre en place une filière régionale à condition de trouver des entrepreneurs et des producteurs motivés.

Le débouché alimentaire semble intéressant pour l’Agriculture Biologique mais doit faire l’objet d’une étude de marché plus précise notamment pour d’autres transformations (pousses de chanvres…).

Il est nécessaire aujourd’hui de rassembler les différents acteurs de la filière en Pays de Loire ainsi que les producteurs ou porteurs de projets intéressés pour évaluer les motivations de chacun dans le développement de cette production Bio en Pays de la Loire. Ceci demande un travail d’animation important et continu pour favoriser la dynamique. Il conviendrait de suivre les différentes initiatives nationales en chanvre Bio pour connaître leur pérennité.

BIBLIOGRAPHIEBIBLIOGRAPHIEBIBLIOGRAPHIEBIBLIOGRAPHIE

ADEME et ITCF, Chanvre, Etude Agrice, Publication interne, 1998

Les échos du chanvre, Le Chanvre, Hiver 95/96, N°1

Les échos du chanvre, Le chanvre, technique culturale, Printemps 96, N°2

Les échos du chanvre, Le chanvre, technique culturale 2, Eté 96, N°3

Les échos du chanvre, Souvenirs, Souvenirs. Le chanvre au fil de la Loire. Hiver 96/97,

N°5

Les échos du Chanvre, La chanvrière de Belon, été 97, N°7.

Les échos du chanvre, Les réglementations de l’Union européenne pour la culture du chanvre, Automne 97, N°8

Les échos du chanvre, Production d’Huile essentielle de chanvre en Suisse, Automne 99, N°15

I. Duffaure-Ballais, Adapter le béton de chanvre aux pratiques courantes de la construction, Le moniteur, 10 mars 2006.

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Bâtirama, Maçonnerie de chanvre, avril 2006, N°384 .

M. Karuse, Industrie européenne du chanvre 2001, Nova Institut (Allemagne), Juin

2002

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Ernst et Young-AND International, Etat des lieux du secteur du lin et du chanvre, Evaluation de l’organisation commune de marché dans le secteur du lin et du chanvre, septembre 2005.

X.Matthieu et X.Salgueiro, Le chanvre dans l’industrie papetière, Travail de 2 ème année, Ecole d’Ingénieur EFPG, mai 2003.

Desanlis, 1996/1997

(Mathieu, Beherec, 1995)

(Hercy, 2004)

WEBOGRAPHIEWEBOGRAPHIEWEBOGRAPHIEWEBOGRAPHIE

Association Construire en Chanvre http://www.construction-chanvre.asso.fr

Terrachanvre

http://www.terrachanvre.com

ITC

http://www.champagne-ardenne-tech.fr

LCDA

http://www.chanvre.oxatis.com

La chanvrière de Belon http://www.technichanvre.com

http://www.chanvre-info.ch

ANNEXESANNEXESANNEXESANNEXES

Annexe 1 - Réglementation du chanvre (p 57 à p 80)

Annexe 2 - Zone de protection de semence (p 81)

Annexe 3 - Bilan des essais et démarches, GABB Anjou, 2005 (p 82 à p 88)

Annexe 4 - Les enquêtes de terrain (p 89 à p 96)

Annexe 5 - Liste utilisateurs du chanvre (p 97 à p 98)

Annexe 6 - Contacts (p 100)

Annexe 1 - Réglementation du chanvre

Ministère de la solidarité, de la santé et de la protection sociale

DECRET N°88-1232 DU 29 DECEMBRE 1988

relatif aux substances et préparations vénéneuses et modifiant le Code de la santé publique (deuxième partie)

Le Premier Ministre,

Sur le rapport du Ministre d'Etat, Ministre de l'économie, des finances et du budget, du Garde des sceaux, Ministre de la justice, du Ministre de l'intérieur, du Ministre de l'industrie et de l'aménagement du territoire, du Ministre de l'agriculture et de la forêt et du Ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale, porte-parole du Gouvernement,

Vu le Code de la santé publique, notamment les articles L. 601, L. 626 à L. 628, L. 658-5 et L. 658-

7,

Vu le Code du travail, notamment les articles L. 231-6 et L. 231-7,

Vu le Code des douanes,

Vu la loi du 1er août 1905 sur les fraudes et falsifications en matière de produits ou de services,

Vu la loi N° 72-1139 du 22 décembre 1972 étendant le champ d'application de la loi validée du 2 novembre 1943 modifiée relative à l'organisation du contrôle des produits antiparasitaires à usage agricole et des produits assimilés,

Vu la loi N° 75-1349 du 31 décembre 1975 relative à l'emploi de la langue française,

Vu la loi N° 77-771 du 12 juillet 1977 modifiée sur le contrôle des produits chimiques,

Vu la loi N° 79-595 du 13 juillet 1979 relative à l'organisation du contrôle des matières fertilisantes et des supports de culture,

Vu le décret N° 69-446 du 2 mai 1969 portant publication de la Convention unique sur les stupéfiants du 30 mars 1961,

Vu le décret N° 75-1076 du 4 novembre 1975 portant publication du protocole portant amendement de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, signé à Genève le 25 mars

1972,

Vu le décret N° 77-41 du 11 janvier 1977 portant publication de la Convention du 21 janvier 1971 sur les substances psychotropes,

Vu la directive du Conseil des communautés européennes N° 79-831 C.E.E. du 18 septembre 1979 portant sixième modification de la directive N° 67-548 C.E.E. concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives relatives à la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses,

E/NL. 1989/5-8

Page 6

Vu la directive du Conseil des communautés européennes N° 76-768 C.E.E. du 27 juillet 1976 modifiée concernant le rapprochement des législations des Etats membres relatives aux produits cosmétiques,

Vu la résolution AP 82-2 du Conseil de l'Europe du 2 juin 1982 relative à la classification des médicaments dont la délivrance est soumise à ordonnance,

Le Conseil d'Etat (section sociale) entendu,

Décrète :

Art. 1er -

Le chapitre premier du titre III du livre V du Code de la santé publique (deuxième pattie) est remplacé par les dispositions suivantes :

Section 1 CHAPITRE PREMIER

Généralités

Article R.5149

Sont comprises comme substances vénéneuses les substances dangereuses énumérées à 1'article R.5152, les substances stupéfiantes, les substances psychotropes et les substances inscrites sur la liste I et la liste II définies à l'article R.5204.

On entend par "substances" les éléments chimiques et leurs composés comme ils se présentent à l'état naturel ou tels qu'ils sont produits par l'industrie, contenant éventuellement tout additif nécessaire à leur mise sur e marché.

On entend par "préparations" les mélanges ou solutions composés de deux substances ou plus.

Section 2 Substances dangereuses stupéfiantes ou psychotropes

Article R.5150

Les dispositions de la présente section s'appliquent aux substances et préparations vénéneuses qui ne constituent ni des médicaments ou produits mentionnés à la section III ni des produits cosmétiques ou d'hygiène corporelle.

Article R.5151

Des arrêtés des Ministres chargés de la santé, de l'industrie et de l'agriculture, pris après avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France, peuvent dispenser du respect de certaines ou de toutes les dispositions de la présente section des préparations vénéneuses renfermant une ou plusieurs substances dangereuses à des doses ou concentrations trop faibles pour justifier qu'elles y soient soumises.

Des arrêtés du Ministre chargé de la santé pris après avis de la commission mentionée à l'article R.5182, peuvent dispenser du respect de certaines ou de toutes les dispositions de la présente section des préparations renfermant une ou plusieurs substances stupéfiantes ou psychotropes à des doses ou concentrations trop faibles pour justifier qu'elles y soient soumises.

[

]

Article R.5171 3. Substances stupéfiantes

Sont interdits, à moins d'autorisation expresse, la production, la mise sur le marché et l'emploi des substances ou préparations classées comme stupéfiants et, d'une manière générale, toutes opérations agricoles, artisanales, commerciales et industrielles relatives à ces substances ou préparations.

L'autorisation est donnée par le Ministre chargé de la santé.

Par dérogation aux dispositions du premier alinéa, tiennent lieu d'autorisation, pour le seul usage professionnel :

1. L'enregistrement à la préfecture prévu à l'article L.574;

2. L'autorisation du préfet délivrée en application de l'article L.577;

3. L'inscription au Conseil supérieur de l'ordre des vétérinaires

vétérinaires;

pour les docteurs

4. La faculté accordée par 1'article L.610 aux chefs des Services de pharmacie et

toxicologie des écoles nationales vétérinaires.

Toute modification de l'un des éléments mentionnés dans la demande rend caduque l'autorisation précédemment donnée. Le titulaire doit en informer le Ministre et lui faire retour du document attestant l'autorisation.

Article R.5172

L'autorisation mentionnée à l'article précédent ne peut être accordée qu'à une personne physique. Elle indique les substances et les préparations dont la production, le transport, 1'importation, 1'exportation, la détention, l'offre, la cession, l'acquisition ou l'emploi est autorisé.

Elle peut être assortie de conditions particulières en ce qui concerne la détention des substances stupéfiantes et le contrô1e de leur extraction, de leur fabrication et de leur transformation.

Elle fixe la quantité de stupéfiants qui peut être cédée ou remise lorsqu'elle est accordée à des fins de recherche ou d'enseignement.

Elle ne peut être donnée et elle est retirée d'office à quiconque aura été condamné pour infraction aux dispositions de la présente section ou pour usage illicite de stupéfiants.

Article R.5173

I1 eat interdit d'importer ou d'exporter des stupéfiants, de les mettre en entrepôt ou de les en sortir, de les transporter en transit, de les constituer en magasin ou mire de dédouanement ou de les placer sous tout autre régime douanier sans autorisation spéciale délivrée pour chaque operation par le Ministre chargé de la santé.

L'autorisation mentionne la dénomination et la quantité du produit faisant l'objet de l'opération, la nature et la quantité de substance stupéfiante qu'il renferme, les nom et adresse de l'expéditeur et du destinataire, le mode de transport, le point de passage en douane et, s'il y a lieu, le transitaire en douane.

Les documents attestant les autorisations délivrées en application du present article sont conserves pendant trois ans pour être présentés à toute réquisition des autorités compétentes.

Article R.5174

Les récipients ou emballages renfermant des stupéfiants et servant A leur importation, à leur transport ou à leur détention sont revêtus d'une étiquette, de format adapté à leur volume, apposée de manière à ne pouvoir être involontairement détachée.

Cette étiquette porte, en caractères noirs indélébiles et lisibles, les indications suivantes:

1. Pour une substance: la dénomination commune internationale recommandée par l'Organisation mondiale de la santé, chaque fois qu'elle existe, ou, dans le cas contraire, celle de la pharmacopée européenne ou frangaise ou, à défaut, la dénomination scientifique;

2. Pour une préparation : sa dénomination commerciale, s'il y a lieu, accompagnée du nom

de la ou des substances stupéfiantes gu'elle renferme exprimée comme ci-dessus;

3. Le poids brut et net;

4. Le nom et l'adresse du fabricant ou du distributeur ou de l'importateur;

5. Une tête de mort à tibias croisés sur un fond carré de couleur orangé-jaune et de

dimensions suffisantes; ce carré et placé à l'angle supérieur gauche de l'étiguette;

6. Un numéro de référence pour chague récipient ou emballage.

Toutefois, en cas de transport, les emballages extérieurs des colis ne doivent comporter aucune autre indication que le nom et l'adresse de l'expéditeur et du destinataire. Les colis sont cachetés ou scellés à la marque de l'expéditeur.

Article R.5175

Un arrêté du Ministre chargé de la santé détermine les modalités matérielles de détention des substances et préparations classées comme stupéfiants.

Tout vol ou détournement est signalé sans délai aux autorités de police et à l'inspection régionale de la pharmacie.

Article R.5176

Toute acquisition ou route cession de stupéfiants, à 1'exclusion de de'celles destiniées à des fins de recherche et d'enseignement est soumise à l'utilisation du carnet de commande mentionné à l'article R.5210.

Elle est inscrite sur un registre spécial coté et paraphé par le maire ou le commissaire de police. L'autorité qui vise ce registre se fait présenter l'autorisation dé1ivrée en application de l'article R.5171. La date et le numéro de cette autorisation sont mentionnés à la première page du registre. L'inscription de chaque operation sur le registre recoit un numéro d'ordre qui peut s'appliquer à tous les produits ayant fait l'objet d'une livraison unique. Elle doit être faite au moment de l'opération sans blanc, ni rature, ni surcharge. Elle indique les nom, profession et adresse soit du cessionnaire, soit du cédant, la quantité du produit acquis ou céàé, sa dénomination ou sa composition et le numéro de référence prévu à l'article R.5174.

Lorsque l'exploitation est poursuivie sous le couvert d'une nouvelle autorisation, la date et le numéro de celle-ci sont mentionnés sur le registre prévu à l'alinéa précédent.

Dans le cas de cessions successives d'un produit sous un emballage revêtu d'un cachet d'origine, le numéro de référence porté sur l'étiquette d'origine doit être conservé.

Article R.5177

Les personnes gui fabriquent, transforment ou divisent des stupéfiants sont tenues d'inscrire, au moment de l'opération et à la suite, sur le registre special prévu à l'article R.5176 :

1. Les operations effectuées;

2. La nature et la quantité des stupéfiants employes;

3.

La nature et la quantité des produits obtenus;

4. La mention des pertes résultant de ces opérations.

Décharge de ces pertes est donnée sur ce registre par les pharmaciens inspecteurs de la santé, si elles leur paraissent résulter normalement des transformations ou manipulations déclarées.

Ce registre spécial doit être conservé dix ans à compter de la date de la derniére opération mentionnée pour être présenté à route réqutsition des autorités compétentes.

En cas de cession du fonds ou de l'entreprise, ou s'il y a changement du titulaire de l'autorisation, l'ancien et le nouveau titulaire procédent à un inventaire du stock des stupéfiants; cet inventaire est consigné sur le registre et contresigné par les intéressés.

Article R.5178

Les personnes titulaires de l"autorisation prévue à l'article R.5171 sont tenues de dresser un état annuel indiquant pour chaque stupéfiant:

1. Les quantités recues;

2. Les quantités utilisées pour la fabrication ou la transformation, en indtquant la nature et

la quantité des produits obtenus;

3. Les quantités cédées;

4. Les stocks en fin d'année, y compris les stocks de produits en cours de transformation.

Cet état, qui couvre l'année civile écoulée, est adressé au Ministre chargé de la santé, au plus tard le 15 février.

L'autorisation prévue à l'article R.5171 peut imposer A son titulaire l'établissement et la production au cours de chaque annie civile de plusieurs états récapitulatifs.

Article R.5179

Sont interdits la production, la mise sur le marché, l'emploi et l'usage des substances suivantes, de leurs sels et des préparations en contenant ainsi que, d'une maniére générale, tous acres commerciaux ou non relatifs à ces produits :

1. Diacétylmorphine;

2. Phencyclidine;

3. Ténocyclidine, ou T.C.P.;

4. Rolicyclidine, ou P.H.P. ou P.C.P.Y.;

5. Eticyclidine, ou P.C.E.

Des dérogations aux dispositions précédentes pourront être accordées par le Ministre chargé de la santé, aux fins de recherche, de contrôle ou de fabrication de dérivés autorisés.

Article R.5180

Sont interdits la production, la mise sur le marché, l'emploi et l'usage du khat et des préparations contenant ou préparées A partir du khat.

Des dérogations aux dispositions précédentes peuvent être accordées par le Ministre chargé de la santé, aux fins de recherche et de contrôle.

Article R.5181

Sont interdits la production, la mise sur le marché; l'emploi et l'usage :

1. Du cannabis, de sa plante et de sa résine, des préparations qui en contiennent ou de

celles qui sont obtenues à partir du cannabis, de sa plante ou de sa résine;

2. Des tétrahydrocannabinols, de leurs esters, éthers, sels ainsi que des sels des dérivés

précités et de leurs préparations.

Des dérogations aux dispositions énoncées ci-dessus peuvent être accordées par le Ministre de la santé, aux fins de recherche, de contrôle ou de fabrication de dérivés autorisés.

Cependant, le Ministre chargé de la santé, le Ministre chargé de l'agriculture et le Ministre chargé de l'industrie peuvent, par arrêté conjoint, autoriser la culture, l'importation et l'exportation de variétés de cannabis dépourvues de propriétés stupéfiantes.

Article R.5182

Les dispositions du présent paragraphe peuvent être appliquées, en totalité ou en partie, à des substances et aux préparations les contenant qui, bien que n'étant pas classées comme stupéfiantes, sont fabriquées à partir de stupéfiants ou donnent lieu à la formation de stupéfiants au cours de leur fabrication ou, en raison d'usages abusifs, peuvent nécéssiter un contrô1e à certains stades de leur commercialisation.

Le Ministre chargé de la santé fixe par arrêté, pour chacune de ces substances, les dispositions du présent paragraphe qui leur sont applicables.

Une commission dite des stupéfiants et des psychotropes formule un avis sur toute question que lui soumet le Ministre concernant l'application des dispositions du présent paragraphe.

Article R.5183 4. Substances psychotropes

Sont interdits, à moins d'autorisation expresse, la production, la mise sur le marché et l'emploi des substances ou préparations classées comme psychotropes par arrêté du Ministre chargé de la santé et, d'une manière générale, toutes opérations agricoles, artisanales, commerciales et industrielles relatives à ces substances ou préparations.

Cette autorisation est donnée ou retirée dans les conditions prévues aux articles R.5171 et R.5172.

Article R.5184

Par dérogation aux dispositions de l'article R.5183, tiennent lieu d'autorisation pour le seul usage professionnel :

1. L'autorisation ministéielle délivrée en application des articles L.598 ou L.616;

2. L'enregistrement à la préfecture prévu à l'article L.574;

3. L'autorisation préfectorale délivrée en application de l'article L.577;

4.

L'inscription au Conseil supérieur de l'ordre des vétérinaires

pour les docteurs

vétérinaires;

5. L'habilitation établie en faveur de l'Institut Pasteur par l'article L.597;

6. La faculté accordée par l'article L.610 aux chefs de Services de pharmacie et toxicologie

des écoles nationales vétérinaires;

7. L'agrément ministériel accordé en application de l'article L.667;

8. L'autorisation administrative dé1ivrée en application de 1'article L.757.

Article R.5185

Pour les organismes de recherche et d'enseignement, l'autorisation prévue à l'article R.5183 est donnée par arrêté préfectoral.

Article R.5186

Les personnes qui se livrent à la fabrication, à la transformation et au commerce intérieur et international des substances psychotropes et de leurs préparations sont tenues de mentionner sur un registre ou par tout système approprié d'enregistrement approuvé par le Ministre chargé de la santé :

1. La nature et la quantité de substances psychotropes ou de leurs préparations

employées;

2. La nature et la quantité du ou des produits obtenus;

3. La nature et la quantité des substances psychotropes et de leurs préparations qui sont

acquises ou importées, cédées ou exportées en précisant pour chaque opération les nom et

adresse soit du fournisseur, soit de l'acquéreur;

4. La date de réalisation des operations.

Les factures, documents de fabrication, bons de livraison, bons de commande peuvent tenir lieu d'enregistrement dès lors qu'ils permettent de justifier des opérations et de fournir avec précision les renseignements nécessaires à l'établissement des états annuels mentionnés à l'article R.5187.

Le registre, les enregistrements ou les documents en tenant lieu sont conservés dix ans à compter de la dernière opération mentionnée pour être présentés à route réquisition des autorités compétentes.

Les industriels et grossistes qui se livrent à l'exportation des substances et préparations psychotropes figurant sur une liste fixée par arrêté du Ministre chargé de la santé doivent déclarer préalablement chaque expédition à cette autorité. Un arrêté du même ministre détermine les modalités de cette déclaration.

Article R.5187

Les industriels qui fabriquent ou transforment les substances psychotropes ou leurs préparations, les importateurs et exportateurs sont tenus de dresser un état annuel récapitulatif indiquant pour chaque substance psychotrope :

1. Les quantités fabriquées;

2. Les quantités acquises sur le marché national;

3.

Les quantités importées;

4. Les quantités utilisées pour la fabrication des préparations mentionnées aux articles

R.5151 et R.5192 ou la fabrication de substances non psychotropes;

5. Les quantités cédées sur le marché national;

6. Les quantités exportées.

Cet état, qui couvre l'année civile écoulée, est adressé au Ministre chargé de la santé, au plus tard le 15 février.

L'autorisation prévue à l'article R.5183 peut imposer à son titulaire l'établissement et la production au cours de chaque année civile de plusieurs états récapitulatifs.

Article R.5188

Les dispositions de l'article R.5174 sont applicables aux récipients ou emballages renfermant des substances psychotropes ou leurs préparations, à l'exclusion de celle qui est relative au numéro de référence.

Article R.5189

La commission prévue à l'article R.5182 formule un avis sur toute question que lui soumet le Ministre chargé de la santé concernant l'application des dispositions du présent paragraphe.

Section

appliqués sur l'homme, produits destinés à l'entretien ou à l'application des lentilles oculaires de contact

être

3

Médicaments,

produits

insecticides

et

acaricides

destinés

à

Article R.5190

Les dispositions de la présente section s'appliquent aux médicaments mentionnés à l'article L.511, aux produits insecticides ou acaricides, destines à être appliqués sur l'homme et aux produits destinés à l'entretien ou à l'application des lentilles oculaires de contact, mentionnés à l'article L.658-11, lorsque ces médicaments ou produits :

Les médicaments ou produits mentionnés au premier allinéa peuvent faire l'objet d'un classement autre que celui de la ou des substances ou préparations classées qu'ils comportent. Ils sont alors soumis au régime se rapportant au classement mentionné en 1. ci-dessus.

Lorsqu'un médicament ou un produit non classé contient plusieurs substances ou préparations relevant d'un classement différent, il est soumis au régime le plus strict se rapportant au classement de ces substances ou préparations selon l'ordre décroissant suivant : stupéfiant, liste I, liste II.

1. Sont classés, par arrêté du Ministre chargé de la santé, sur les listes I ou II définies à

1'article R.5204 ou comme stupéfiant;

2. Ou renferment une ou plusieurs substances ou préparations classées, par arrêté du

Ministre chargé de la santé, sur les listes I ou II ou comme stupéfiants.

Article R.5191

Les médicaments et produits mentionnés à la présente section doivent être détenus dans un endroit où n'ont pas librement accès les personnes étrangères à l'établissement.

Article R.5192

Ne sont pas soumis aux dispositions de la présente section :

1. Les médicaments et produits mentionnés à l'article R.5190 qui sont destinés à la

médecine humaine et renferment des substances classées à des doses ou concentrations trop faibles pour justifier qu'ils soient soumis auxdites dispositions; les formes ou voies

d'administration de ces médicaments ou produits, leur composition, les doses ou concentrations maximales de substances qu'ils renferment sont fixés par arrêtés du Ministre chargé de la santé pris après avis de l'Académie nationale de pharmacie et de la commission prévue à l'article R.5140;

2. Les médicaments mentionnés à l'article R.5190 qui sont destinés à la médecine

vétérinaire et renferment des substances classées à des doses ou concentrations trop faibles pour justifier qu'ils soient soumis auxdites dispositions; les formes ou voies d'administration de ces médicaments, leur composition, les doses ou concentrations maximales de substances qu'ils renferment et les espèces animales concernées sont fixées par arrêté du Ministre chargé de la santé et du Ministre chargé de l'agriculture pris après avis de la commission constituée à cet effet.

Article R.5193

Les pharmaciens délivrent les médicaments ou produits mentionnés à la présente section sur prescription ou sur commande à usage professionnel :

Les opticiens-lunetiers délivrent sur prescription d'un médecin les produits destinés à l'entretien des lentilles oculaires de contact mentionnés à la présente section.

1. D'un médecin;

2. D'un directeur de laboratoire d'analyse de biologie médicale dans les limites prévues à

l'article L.761;

3. D'un chirurgien-dentiste, pour l'usage de l'art dentaire;

4. D'un docteur vétérinaire pour la médecine vétérinaire;

5. D'une sage-femme dans les limites de la liste-mentionnée à l'article L.370.

Article R.5194

Toute ordonnance comportant une prescription de médicaments ou produits mentionnés à la présente section doit indiquer lisiblement :

1. Le nom, l'adresse et la qualité dú prescripteur, sa signature et la date à laquelle elle a

été rédigée;

2. La dénomination du médicament ou du produit prescrit, sa posologie et son mode

d'emploi;

3. La quantité prescrite ou la durée du traitement et, éventuellement, le nombre de

renouvellements.

En outre, elle mentionne :

1. Lorsqu'elle est destinée à la médecine humaine, les nom et prénoms, le sexe et l'âge du

malade;

2.

Lorsqu'elle est destinée à la médecine vétérinaire, les nom et prénoms et l'adresse du

détenteur de l'animal ou des animaux, ainsi que les moyens d'identification de ceux-ci.

Toute commande à usage professionnel de médicaments ou produits mentionnés à la présente section doit indiquer :

1. Le nom, la qualité, le numéro d'inscription à l'ordre, l'adresse et la signature du

praticien, ainsi que la date;

2. La dénomination et la quantité du médicament ou du produit;

3. La mention "Usage professionnel".

Article R.5195

Les médecins, les docteurs vétérinaires et les groupements définis à l'article L.612 qui sont autorisés à délivrer des médicaments sont soumis aux obligations imposées aux pharmaciens par le présent chapitre sous réserve, pour les docteurs vétérinaires, des dispositions du troisième alinéa de l'article R.5146-52.