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UDIVJ.

N AMOUR
ET

DE L.A DIVINE SAGESSE


(ll{l\'nAGt: 1l0gTIIU~IF.)

PAR

EftftAlQJEL SWEDENBORG

TRADUIT DU LATIN rAR

J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS

SECONDE ÉDITION

SAINT- AMAND (CHEU)


Ala lihr3Ï1ic de LA NOUVEI.LE'"JÉnUSAl,EM, ohez PORTE. Li"r3ir~.

PARIS
M. MINOT, rue MOllsieur-Ie-Prince, &lI.
K. JUNG-TREDTTEL, Libraire, rue de Lille, 19.
LONDRES
SWEDENBORG SOCIETY, 36, Bloomsbury Street, Oxrol'd Slreel.
NEW-YORK
NEW CHURCH BOOK-ROOM, 3"6, Broa~\"a!.

1860
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DU DIVIN AMOUR

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DE J~A DIVINE SAGESSE

(O(JVRAGE POSTHUME)

PAR

EMMANUEL SWEDENBORG
TRADUIT PAR

.J.-F.-E. LE BOYS DES GOAYS

SECONDE ÉDITION

SAINT-AMAND (CHER)

A la librairie de LA NOUVELLE JÉRUSALEM, chez PORTE, Libraire.

PARIS

M. MINOT, rue MOllsieur-le-Prince, 58.


E. JUNG-TREUTTEL, Libraire, rue de Lille, 10.
LONDRES
SWEDENBORG SOCIETY, 36, Bloomsbllry Street, Oxford Street.
NEW-YORK
NEW CHURCII nOOK-ROOM, 3~(j, Broadway.

'1860
DU

DIVIN AMOUR

I. Dans le Monde, On saisit peu ce que c'est que l'a­


mour, lorsque cependant c'est la vie même de l'homme. On
en trouve une pl'euve évidente dans cette question qui sort com­
munément de la bouche: « Qu'est-ce que l'amour? )) Si on ne le
sait pas, c'est parce que l'amour ne se montre point devant l'en­
tendement, et parce que l'entendement est le réceptacle de la lu­
mière du Ciel, et que ce qui vient dans cette lumière se montl'e in­
tél'ieul'ement, car l'homme sait quelle chose il pense; c'est même
pOUl' cela que l'homme dit que telle ou telle chose est pour lui dans
la lumière de l'entendement; puis aussi, qu'il voit qu'elle est ainsi;
et enfin, qu'il pl'ie Dieu'de l'illustrer et de l'éclairer; c'est même de
la lumièl'e spil'ituelle, à laquelle cOI'respond la lumière natul'elle,
qu'au sujet de son entendement il dit qu'il voit, et que le sage de­
mande à Dieu d'être illustré et éclairé, c'est-à-dire, de comprendre;
puis donc que c'est l'entendement qui se fait voil' par la pensée, et
non l'amoUl', il en résulte que l'homme ne peut avoil' aucune idée de
I;amour, lorsque cependant l'amolli' est l'âme même. ou la vie de la
pensée; la pensée, si on lui enlève l'amour, languit et périt, comme
la fleul', si on lui enlève la chaleur; car l'amour échauffe, vivifie et
anime la pensée. Réfléchis attentivement et médite en toi-même,
s'il est possible que tu penses sans quelque affection appartenant à
j'amour, et tu découvriras en toi que tu ne le peux pas. De là il est
évident que l'amoul' est la vie {le l'entendement et de la pensée qui
en procède; et èe qui est la vie de l'entendement et de la pensée
qui en procède est aussi la vie de l'homme tout ent~~I', cal' c'est la
vie de tous les sens et la vic de tous les mouvements;· ainsi, c'est
la vie des organes par lesquels les sens et les mouvements existent:
que ce soit aussi la vie de tous les llutres viscères, on le \'el'l'a dans
() DU DIVIN AMOUR,
ce qui suit Si l'on ne sait pas ce que c'est que l'amour, c'est en­
core pal'ce que l'amour de l'homme est une vie universelle; pal'
vie univel'selle, il est entendu la vie d~ns les très-s~llguliers; cal'
c'est d'apl'ès etlx qu'il est dit l'universel, comme ô'6ft d'apl'ès les
parties qu'il est dit le commun; ce qui est ainsi universel n'est pas
perçu aull'ement que comme un; el sans une perception singulière
des singuliers, le un est obscul'; il peut être comparé à une lumière
très-blanche qui aveugle; tel est aussi l'Universel Divin dans les
très-singuliel's du Monde; c'est même pour cela que l'universel des
hommes est tellement ollscul', qu'il se montre, non. devaqt I.'œil
ouvert, mais seulement deva,nt l'œil fermé; cal' le tou~ d~ ~lond~
est une œuvl'e du Divin Arnoul' et de la Divine Sag~se, e~ la Sj\-;
gesse dans ses très·singuliers est UDe lUmiè~e Divjne Ir4~~~lanch6
qui aveugle, ainsi qu'il a été dit.
Il. Le Seigneur $eull1st J'amoul' même. paNC(J qu,'ii est lq
vie même; l'homme el t'Ange sent seulement des réc'piefl.I$~
Cela a été précédemment UIustré pal' plusieurs (l01lliidél1atiQns aux...
quelles il sera seulement ajouté que le Seigneur, parce qu1il est le
Dieu de l'Univers, est incréé et infini; mais l'homme e~ l'Ange
sont créés et finis; l'incréé et l'infini, c'est le Divin même en &Oi;
l'homme ne peut pas en etre fOl'mé, cal' il serait ainsi le Divin eQ
soi; mais il peut être formé de choses cl'éées et finies dans lesquelles
le Di'-in peut être et peut communiquel' sa vie, et cela pal' la cha­
leur et la lumièl'e qui procèdent de Lui comme soleil, PlU' consé­
quent de son Divin Amour; comparativement comme les germina­
tions de la terre, qui ne peuvent être fOl'mées de l'essence même du
soleil du Monde, mais qui le sont de choses clléées dont se compQSe
J'humus, dans lesquelles le soleil peut êtl'e pal' Sil cha.leu.l' et sa lu:­
mière et peut communiquer une sorte de vie. D'lIpl'ès cela, il est
évident que l'homme et l'Ange ne sont point en eux..,mêmes la vje,
Mais sont seulement des l'écipients de la vie. Il s'ensuit aussi qua
la conception de l'homme pal' le père n'est pas une .eonoepUoa de
la vie, mais est seulement la conception de I~ premi4re et de la.
Illus pure fOl'me pouvant l'ecevoir la vie, forme à laquelle comme à
une trame ou 'pl'emict' élément se joignent successivem.enl dans
l'utérus, jusqu'à la dernière chose adéquale a9 Monde, les $ub­
stances et les matières adaptées à la réception ùe la viCl.dans lelU'
ordre et dans leur dcgré,
DU DIVIN AMOUR. i
Ill. Lfll)iej qui est te Divin Amour, est dmz.ç une forme.
Le Divin Amollr, 'qui est la vie même, n'est pas ,siml)lemenl 1'8-
mouqlffi'ais H est le Divin procédant, et le Divin procédant 'est ie
Seigneur Lui-Meme. Le Seigneur, à la vérité, est dans le soleil qui
:appal'ail au,x Anges dans les Cieux, et d'où procèdent l'am9ur
comme chalcUI' et la sagesse comme lumière; mai:s toujours est... i1
:que 1''3mour avec la sagesse est aussi le Seigneur Lui·Même hors
du soleil; la distante est seulement une apparence; carle Divin
n'est pas dans l'espace, mais il est non-distant, comme il a été dit
ci-dess'us; s'il appal'alt à distance, c'est pal'ce que le Divin Amour,
tel qu'il est dans le Seigneur, ne peut êtfe reçu par aucun Ange,
08'" il les 'Col'isumerait ; en effet, il est en soi plus ardent que le fell
(lu soleil du Monde; c'est poul'quoi il 'est successivement diminué
'Par des circonvolutions infinies, jusqu'à ce qu'il parvienne tempéré
et accommodé i)our les Anges, et ces cii'convolutions sont en outre
",·oHées d'une nuée Mgère, pour qu'ils ne soient pas blessés par
s'on ardeur, C'est. là la cause de l'apparence dè distance entre ~e
Seigneur comme soleil et le Ciel où sont les Anges; néanmoins,
le Seigneur est Lui-Même présent dans le 'Ciel, mais d'une ma·
nière adéquate à la réception. La présence du Seigneul' n'est pas
nonphls comme la pl'ésence de l'homme, qui remplit u'n espace;
mais c'est ulle présence sans espace, consistant en ce 'qu'elle est
dans les maxima (les plus grandes choses) et dans les minima
(les plus petites choses); ain,si, c'est ,Lui-Même dans les 'maxima,
'et L'ui-Meme dans les minima" Je sais que cela peut difficilement
êtl'e isaisi par l',homme, parce rqu'il peut difficilement des idées
de sa pensée eloignel' les -espaces; mais,etla p~ut. être sa'isi par
les Anges, dans les idées desquels les espaces sont nuls; la pensée
spirituelle diffère en cela de la pensée naturellè. Puis donc que l'a-
·moU!' procédant du -SeigneUl' comme solëil est le Seigl)eur Lui-
M'f!Jm'e, et que cet amour est la vie ~me, il s'ensuit 'que l'Amour
M~me, qui est la vie, est Homme, et'que pair coriséquent illcontlent
a,h)si ,dans ,la forme de !'>infini toutes et chacune des chOses qui sont
ellev. l'h'omme·. (Je sont là aussi des conséquences de ce qui a
été précédemhlcnt dit ,sur la \'ie de tous pal' le Seigneur, et .:sur sa
.pl'ovidenr,i~\'sa Toute-Puissanr..e, sa Toute-Présence e~ sa Toute..
Sdl~nce, ,
8 DU DIVIN AMOUR.
IV. Cette {orme est la {orme de l'usage dans tout le corn·
ple.'re. C'est parce que la forme de l'amour est la fOl'me de l'usage;
en effet, les sujets de l'amoul' sont les usages, car l'amour veut
f~!].leL!2!~ns, et les biens ne sont autre chose que les u~g.!l_s; et
comme le Divin Arnoul' est infiniment transcendant, c'est pour cela
que sa forme est la forme de iusage dans tout le complexe.
Que ce soit en actualité le Seigneur Lui-Même qui est chez les
Anges dans les Cieux et chez les hommes dans les terres, et en
eux, et aussi conjoint à eux par amOUI', et qu'il soit en eux, en­
core bien qu'il soit Lui...,Même incréé et infini et que l'Ange et
l'homme soient cl'éés et finis, c'est ce qui ne peut être saisi pal'
l'homme naturel, tant. que celui-ci ne peut, par illustration venant
du Seigneur, êlre retil'é de l'idée naturelle au sujet de l'espace, et
être par cela même dans la lumièl'e au sujet de l'essence spiri­
tuelle"qui, considérée en soi, est I~J~Ivin[[Q~~dalLl_lllêl)Je accom­
modé pOUl' chaque Ange, tant pour l'Ange du Ciel suprême que
pour l'Ange dans les Cieux infiales, et aussi pour chaque homme,
tant pou l'le sage que pOUl' le simple; car le Divin qui prQ...Q~ge du
Seigneur est le Divin depui§ I~~_ premiers
-_._,....jusqu'aux
-....
~----
derniers; les
derniers sont les choses qui sont aussi appelées osseus~s, c'est-à­
dil'e, la chair et l'os, Que ces choses aienl même été faites Divines
par le Seigneur, c'est ce qu'Il a enseigné aux disciples, en disant
qu'il avait la chail' et l'os, qu'un esprit n'a pas, ~ Luc, XXIV.
39; - et néanmoins il est entré, les portes élant fermée$, et il est
devenu invisible, ce qui prouve manifestement que les derniers de
l'homme ont même été faHs Divins en Lui, et que par suite il y a
correspondance avee les derniers de l'homme. Mais comment .~
Di.vin, proc~!!!nt, qui est la vie même et unique, peut-il être dans
les choses créées et finies, c'est ce qui maintenant sera dit: Cette
vie ne s'applique pas il l'homme, si ce n'est seulement aux usag.es
quLsont dans ces choses; le~~~g~s, considérés en eux-gllilles,
s~llt spirJ.!..!!~s, et le~.!orm~ dê.l'usage, qui sont· les-membres, les
organes et les viscères, sont natill'elles; mais toujours est-il que
1 ces formes sont des s~ies d'u~ge_s, tellement qu'il n'y a pas dans
un seul memhre, dans un seul organe ni dans un seul viscère, une
particule ou la moinùre partie d'une particule qui ne soit un usage
l dans une forme; la vic Divine s'applique all~~'lg~~ elix-mêmes,
DU DIVIN AMOUR. ~

dans toutes les séries, et donne pal' ce moyen la vie à chaque fOl'me;
de là vient à l'homme la vie qu'on nomme son Ame. Cette vérité
, paraît être, il est vrai, transcendante p~û~ïes hommes, ITiâi~elïë ne
l'est pas pOUl' les Anges; néanmoins elle n'est pas au-dessQs!J~)~n­
tendement_~_~mail1, parce qu'elle peut étre':yüë co~~e au tl'avers
d'un treillis pal' ceux qui veulent voir: elle n'est pas au-dessus de
mon entendement, qui est un entendement rationnel illustré.
V. L'homme, dans le particulier, est dans une telle (orme.
Cela peut être vu pal' ceux-là seuls qui examinent toutes les choses
qui sont dans l'homme, Jlon-seulement avec un œil anatomique.
mais aussi avec un œil rationnel; celui qui les examine en même
temps avec un œil rationnel doit VOil' que tous les singuliers et t1'ès-
singuliers y ont été formés d'après l'usage et pour l'usage; que
chaque partie et chaque particule a llne fonction dans le commun;
que l'usage commun, qui est le bien commun, regarde le très-sin-'-
gulier comme soi-même en lui, et que l'écip,'oquement le très-sin-
guliel' se regarde dans le commun: par ce moyen, toutes les choses
qui sont dans le corps depuis la tête jusqu'aux plantes des pieds
sont un, au point même que l'homme ignore absolument qu'il con-
siste en tant de myriades de parties d'une fonction variée et di-
verse. Pour illustrer cè sujet, je vais seulement examiner avec un
œil rationnel la strllctUl'e des poumons et de la trachée: Les Pou-
mons : Leur usage le plus commun est la respil'atioll, qui se fait
en admettant l'air pal' le larynx, la trachée, les bronches et les ra-
meaux dans les vésicules des lobules; par là ils s'étendent et sc
l'essenent alternativement. Par là aussi ils produisent dans tout
le corps organique et dans tous ses membres des mouvements ré-
ciproques; car le cœUl' et le poumon sont, dans le corps tout en-
tier, 1Sl§ d.eux sources de tous les mouvements communs, d'après
lesquels toutes et chacune des choses sont conduites dans leurs ac-
tivités et lems fonctions vitales. Les poumons aussi consocient la
vie motrice volontaire, qui est dirigée par le cerveau, avec la vie
motrice naturelle, qui est sous le gouvernement du cel"'elet. Leul'
usage consiste même à disposer tous les viscères du COI'pS, surtout
ses motoria qui sont appelés mllscles, pour que la volonté exé-
cute ses mouvements d'une manière concol'dante. et sans rupture
nulle part. Leur usage consiste anssi, non-seulement à concou-
2.
JO DLJ DiVIN AMOLJR.
l'il' Mec lous les sons du langage et avec tous les sons du chant,
mais même il les pI'oduire comme d'après un utérus. Lenr usage
«ollsiste encore il: recevoir en eux de [a Jla!'tie droite du cœur tout
le sang du corps, il. le purifiel' de ses parlies visqueuses et pou­
dl't~uses ct il: les l'ejeter, et à lui fournil' des éléments nouveaux,
eomme aliments, pal' ['ail' qu'ils lil'ent, et pal' conséquent à le ren­
voyer comme nouveau dans la cavité gauche du cœUI', changeant
ainsi le sang veineux en sang artérie[; ainsi, quant au sang, les
poumons le filtrent, en expulsent les humeurs, le réparent, le pré­
parent, et de plus ils purifient l'air, Outre ces usages drs l''tumons,
il y en a plusieurs autres, tant communs que parlioll! ,el là
chaque pore et chaque lobule est consocié à toutes ses fonelions,
c'est-a-dire, il: tous ses usages, l'un de plus pl'ès et l'autre de plus
loin. La T7'aclzée: Voici ses usages: 1° Donnet' un chemin, pour
:lller et venir, à l'ail' (aul'is) et au souffle (onimis) des poumons,
et se prêtcl' il chacun de leurs divers modes d'agir, tant dans l'in­
spiration que dans l'expiration. 2° Purifier et corriger l'ail' tombé
dans les poumons, pOUl' qu'il n'influe rien de nuisible, et dilater
celui qui s'échappe pal' des vapeurs, et ainsi par des effœtuités l'en­
lacer et le pousset' dehors; et aussi en général puri fiel' de nouveau
les poumons des pituites visqueuses pal' des excrétions. 3° Sel'vil'
de colonne et de soutien au larynx et à l'épiglotte, DU s'adapter
entièl'ement à tous ses mouvements et i.t toutes les vibrations che­
vl'otantes; disposel' les parois de son canal pour que l'air heurte,
et étendl'e sa membrane pOUl' qu'en heurtant l'ail' frémisse, et ex­
citel' aInsi avec rudesse un son que le larynx et la glolle fOl'ment,
l:'est-à-dire, modifient en .chant ou en paroles; puis aussi humec­
tcr continuellement le lal'ynx d'une rosée vaporeuse. 4° Donnet' des
soins secourables à son voisin l'œsophage, et l'assister dans sa
fonction de déglutition. 5° Introduire les mouvements alternes res­
piratoires des poumons dans les parlies voisines, et pal' celles-ci dans
eelles qui sont plus éloignées et dans les ùemières, il: sa VOil', dans
l'œsophage, et pal' celui-ci avec le diaphragme, dans le ventricule,
f~t ainsi ùans les viscères de l'abdomen, non-seulement dans le ca­
cohile qui monte et dans la veine jugulaire qui descend, mais aussi
dans les nerfs sympathiques du grand intercostal et dans le vagus,
!!t renouveler' pUI' conséqnent la vie motrice du cor'ps, 6° Insinuer
DU DiVIN AMOUlt 11
ses frémissements sonol'es et ceux. du lal'ynx aux parties voisines,
et par celles-ci aùx pal'lies lés plus élevées et les plus basses, et
exciter le sang artériel à s'élever à la tête et au cerveau, et le sang
veineux à "ef1uer de la tête et du cerveau, et par une modification
commune l'éjouir et animer et pa,' conséquent l'enouvelel' la vie
sensuelle du corps. Outre cela, un mental doué d'entendement et
exercé dans les sciences peut, sous la direction de ('anatomie et
avec un œil observateul', s'instl'Uire et connailre pal' la \l'achée et
en même temps par le larynx et les os de l'épiglotte, qui ne sont
pas mentionnés ici, comment la nature module les sons et modère
leurs nombres d'une manière articulée: il n'y a rien dans ce qui
concel'ne l'acoustique, la musique et l'harmonie, quelque profondé­
ment caché que ce soit, ni rien dans les verbérations et les frémis­
sements d'un corps continu, ni dans les modifications d'un volume
contigu ou de ('atmosphère, quelque profondément secret que cc
soit, que le spirituel d'après la nature, ici "enant des intimes, lit
rassemhle en un, et ne porte dans ces deux organes et en même
temps dans ['oreille.
Il ya de semblables arcanes dans tous les autres viscères, tant
de la tête que du COI'pS, et encore plus dans ceux qui sont plus in-,
térieUl'ement cachés et qu'aucun œil ne peut analyser; cal' plus une
chose est intérieure, plus elle a de perfectioll, En Iii'] mot, la vie émi­
nente de tout membre, de tout organe et de tout v'iscère, ou l'excel­
lence de la vie, consiste en ce que rien ne soit propre à quelque par­
tie, à moins que cela ne soit commun, et qu'ainsj ii y aU dal~~ha~e
partie l'idée de l'homme tout e~Uel'. Cet arcane est ùonné comme
un conclusum que l'homme est le complexe de tons les usages,
quels qu'ils soient, tant clans le Monde purement spirituel que dans
le Monde naturè1, et que chaque usage, d'après l'idée de l'univers
en soi, est comme un homme, mais tel qu'esl J'usage, c'est-à-dire,
la fonction de l'usage, dans le commun, L'homme tienl cela de ce
qu'il est llll récipient de la vie procédant dn Seigneur', cal' la vie
qui procède du Se~neur, est le complexe de tous les usages à - '
l'in­
~ni : en effet, le Seigneul' est le seul qni VIve en s9i; de là tout-ap­
partient à s'a vic; et si cette forme de l'usage n'était pas infinie dan~
le Seigneur, il rie pounait y aroir de forme finie en aucun homme,
VI. L'homme, dans le c01l1rmm, (ost. dans /Ille tellejom;f,
12 DU DIVIN AMOUR.
Par les hommes, dans le sens Je plus commun, il est entendu tout
le genre humain; dans un sens comml,ln, tous les hemmes à:@
même royaume; dans un sens moins commun, les hommes d'une
nîê~le ·Ilr<>Vinèe du royaume; dans un sens encore moins com­
mun, les hommes d'une mêm~ ville; dans un sens pal'ticulier, les
hommlls d'une même ma~son ; et dans un sens singulier, chaque
homme; devant le Seigneul' tout le gelll'e humain est comme un
seul homme; et lous c,eux d'un même royau!lle sont aussi cQ!!!m.e
nn sel~!.om_me; pareillement lous ceux: d'une province; puis, tous
ceux d'une ville, et aussi ceux d'une maison; ce ne sont pas les
hommes eux-mêmes qui apparaissent ainsi ensemble, mais ce sont
1 les usages chez eux; ils apparaissent ensemble con~me un homme

\ parfait et beau ceux qui sont de bons usages, à savoir, ceu~ qui
les font pal~e S~iKneur; ce so~tceux qui font les usage~poul' les
usages, c'est-à-dire, ceux qui aiment les usages parce que ce sont
Tés u;ages de la maison, de la ville, de la province, du royaume, ou
de tout le globe: ceux, au contraire, qui font les usages, non pour
les usages, mais pOUl' eux-mêmes seulement ou pour le monde
seulement, apparaissent aussi devant le Seigneur, non comme un
homme beau, mais comme un homme imparfait et difforme. De là,
on peut "oir que le Seigneul' regarde les hommes du Monde un à
un d'après l'us~g2, et en masse d'après les usages conjoints dans
t la forme de l'homme~ Pal' '!§~g~s sont entendus les us~g~ de~ha­
! que fonction, qui appartiennent aU_Qevoir, à I:é~l!..de et al!J!~ail
de celle fonction; ces usages sont les bonnes œuvres elles-mêmes
en présence du Seigneur. Puisque tOU~~C21K 1:.unmêmUQEume
apparaissent devanl le Seigneur comme un seul homme selon l'a­
moUl' des usages, il est évident que tous les Anglais apparaissent
devant le Seigneur comme un seul homme; de même tous les Hol­
landais, tous les Allemands, tous les Suédois el Danois, et aussi
les Français, les Espagnols, les Polonais, les Russes, mais @aque
\ nalion selon ses usages; dans les royaumes, ceux qui aiment iëS
" ( tiSi"ws 'rl~ l~~~ffices:' parce que .~'?E.!. de~~g~, apparaissent
. ensemble comme un Homme-Ange; et ceux qui aiment les usages
l 1 de leUl'S offices pour les se'ul~oluptés séparées d'avec les usages
L apparaissent ensemble comme un ho~~:.Q~ble : les négociants,
dans l'Homme-Ange, sont. ceux qui aiment le commerce etlliment
Dll DIViN AMOUR, 13
r les richesses pour le commerce, et qui en même temps toul'oent
. \ leurs regal'ds vers Dieu; mais, dans l'homme-diable, les négo-
ciants son1 ceux qui aiment les l'ichesses et aiment le commel'ce
~ pOUl' le commerce seul; chez ceux-ci, il ya l'avarice, qui est la
[ racine de tous les maux, maÎs elle n'est pas chez ceux-'Ià; car ai-
mel' !Cs richesses seules, et non quelque usage au moyen des ri-
r chesses, ou mettre les richesses au pl'ëiDier rang et le commerce
au second, c'est le fait de l'avare; ceux-ci, il est vl'a'i, sont utiles
au IlOyaume, mais 10l'squ'ils meurent, quand leul's richesses se "é-
pandent dans l'usage public des négociants, l'utilité du l'oyaume
par ces richesses est alol's une utilité pOUl' le l'oyaume, mais non
-1 f pour leur âme. En un mot, l'acqui~_ilion_ des l'ichess~ pal'~­
merce pour les richesses seules est un commerce de JuifS, mais
l ( l'aCquisition des l'ichesses pal' le commerce poul'-le 'co;;mel'ce est
un commerce de Hollandais; l'opulence n'est pas dangereuse pOUl'
ceux-:ci, mais elle l'est pour ceux-là. On poul'\'oit, il est vrai, au
bien de la république en y accumulant des richesses et en l'enri-
chissant, mais on ne poul'Voit pas au bien de son âme.
VU. Le Ciel est dans une telle {orme. Dans les ARCANES
CÉLESTES, il a été montré que tout le Ciel a été comme divisé en
provinces, selon les usages de tous les membres, ùe tous les ol'ganes
et de tous les viscères du corps humain, et que dans les Cieux les
Anges savent dans quelle pl'ovince sont telles ou telles sociélés;
pal' exemple, quelles sociétés dans la province des yeu le , quelles
dans la pl'ovince des ol'eUles, des narines, de la bouche et ùe la
langue, et quelles dans la pl'ovince des ol'ganes de la génération;
toutes les sociétés qui sont dans ces provinces correspondent abso-
lument aux usages de ces membres, de ces ol'ganes et de ces vis-
cères dans l'homme; c'est d'apl'ès celte cOI'l'espondance que tout le
Ciel apparait devant le Seigneul' comme un seul homme, pareille-
ment chaque province du Ciel et chaque société d'une (ll'ovince;
c'est aussi d'après cette correspondance que IQus les Anges et tous
les Esprits sonl hommes, absolument semblables aux hommes dans
le Monde; et cela, parce que le Divin procédant du SeigneUl', qui
-est la vie et la forme, est homme dans les maxima et dans les
minima, comme il a été dit quelquefois. II a été question de celle
cOl'l'espondancc dans le commun et le pal'liculiel', dans les ARCANt:5
1ft DU DIVIN AMOUH.,
CÉLESTES, aux articles suivants: No' 3021, 3624 à 3629, 3636
à 3643, 3741 à 3745,3883 à 3896,4039 à 4055,4218 à
4228,4318 à 4331, 4403 à 4421, 4527 il. 4533,4622 à 4633,
4652 à 4660,4791 à 4805,4931 il. 4953, 5050à 5061,5171·
à 5189, 5377 à 5396, 5552 à 5573, 5711 à 5'727, 10030. ~
Pour que l'enfer soit aussi dans celle Corme, chacun y e3t contraint
à des travaux; mais comme ceux qui sont là font ces usages, non
pal' amour, mais par nécessiLé de nourt'iture et de vêtements, il en
résulte qu'ils apparaissent, il est vrai, comme un homme, mais
comme un homme-diable, ainsi qu'il vient d'êlre dit; voir, Cέ
dessus.
VIIJ. Toutes les choses du Monde tendent aussi dune
I>emblable (orme. Pal' toutes les choses du Monde, il est entendu
les choses animées, tant celles qui marchent et rampellt sur la
tene que celles qui volent dans les' cieux, et celles qui nagent
dans les eaux; et il est aussi entendu les végétaux, tant les arbl'es
que les arbustes, les Heurs, les plantes et les herbes; mais les eauX:
et les malières de la lene sont seulement des moyens pou.!' leur gé­
nél'ation et leur l)1'oduction.
Pal' la création de "unil'er's, eL enlin par celle de la terre et de
tout ce qui existe dans l'un et dans l'autre, on peut voir, mieux
que pal' tout aulre moyen, que le Divin AmOllI', qui est la vie même
et qui est le Seigneur, est dam; la forme des formes de tous les usa­
ges, laquelle fOl'me est homme; car il n'y a pas pa,' création une
seule chose SUI' la terre qui ne soit pour l'usage; tout le règne mi~
liél'al est plein d'usages; il n'y a pas en lui un grain de poussièr'e,
même le plus petit, qui ne soit pour l'usage: tout le règne végétal
est plein d'usages; il n'y a pas un arbl'e, un planle, une f1eUl', ni
une herbe, qui ne soit pour l'usage; bien plus, il n'y a rien dans
l'arbre, dans la plan le, la fleur' et l'herbe, qui ne soit pOUl' l'usage;
chaque chose, n'importe laquelle, est la forme de son usage: tout
le règne animal est aussi plein d'usages; il n'y a pas d'animal, de­
puis le vermisseau jusqu'au cerf, qui ne soit pour l'usage, eL qui
ne soit aussi la forme de son usage: pareillement les autres choses
qui sont au-dessus de la terre jusqu'au soleil: en un mot, chaque
point d'une chose cl'Me et de celles .qui créent est ml usage, et
même est dans une sél'ie ascendanle pal' un usage dans les prc­
DU DIVl~ AMOUR. 15
miers vers un usage dans les derniers, ainsi continuellemen~ pal'
un usage vers un usage, indice manifeste que le Créateur et le
Formateur, qui est le Seigneur, est le complexe inOni de tous les
usages, dans son essence l'amoul', et dans sa forme l'homme, en
qui est ce complexe, Qui peut jamais être assez insensé, s'il veul
examiner ces choses, quoique dans le commun sens, pour pensel'
qu'elles appartiennent à un soleil mort, et à la nature morte qui
provient de ce soleil?
IX. Il Y a autant d'affec.tions que d'usage.s, Quete Divin
Amour soit la vie même, et que pal' suite l'amour chez l'homme
soit la vie, il y a plusieurs chose:: qui l'attestent; mais parmi les
enseignements qui l'attestent, le plus clair, c'est que 'l'espr'i t de
l'homme n'est ahsolument qu'affection, et que par suite l'homme,
apl'ès la mort, devient affection, affection de l'usage bon, s'il est
Ange du Ciel, et affection de l'usage mauvais, s'il est espl'it de
l'enfer; c'est de là que le Ciel a été distingué en sociétés suivant les
genres et les espèces d'affections, et. pareillement l'enrel' dans l'op­
posé; de là vient que, soit que l'on dise affections ou que l'on dise
sociétés dans le Monde spil'iluel, c'est la même chose; par les affec­
lions il est entendu les continuations et les dérivations de l'amour;
l'amoll1' peul être comparé à une fontaine, et les affections aux
ruisseaux qui en proviennent; il peut aussi être comparé au cœur',
el les affections aux vaisseaux qui en dérivent et qui .en sont la
conlinuation, et l'on sait que les vaisseaux qui lranspol'tent le sang
du cœur représentent en tout point leur cœur, de sorte qu'ils ell
sont comme les extensions; de là les cil'culations du sang à par'lir
du cœul' par les artères, et des al'tères dans les veines, pOUl' l'eve­
nir de nouveau au cœur; lelles sont aussi les affections, cal' elles
sont des dérivations et des continuations de l'amour, et produisent
des lisages dans des formes, el àans celles-ci elles s'a vancenl des
premiers des usages il leurs del'lliers, et reviennent pal' ceux-ci à
j'amour d'où elies procèdent: d'après cela, il est évident que l'af­
fection est l'amour dans son essence, et que l'usage est l'amour
dans sa forme. Il résulte de là que les objets ou fins des affections
sont des usages, et que pal' suite leut's sujets sonl des usages, et
que les formes mêmes, dans lesquelles elles existent, sont des effets
qui sonl leurs effigies dans lesquelles elle~ s'avancenl dp, la (in fll'(~-
16-:-:"- i"~ DU DiViN AMOŒ\.
mièl'e à la dernière, et de la fin dernière à la première, et pal' les­
quelles elles exécutentleul'S_lI'avaux, leurs fonctions et leurs exel'·
cices. Qui ne peut voir, d'après cela, que la seule affection n'est
pas en elle-même quelque chose; qu'elle devient quelque chose en
ce qu'elle est dans un usage; que l'affection de l'usage n'est encore
qu'une idée, à moins qu'elle ne soit dans une forme; et que l'affec­
tion de rusage dans une forme n'est encore autre chose qu'une
puissance; mais que l'affection devient pour la première fois quel­
que chose, quand elle est dans l'acte; celui-ci est ce qu'on entend
par l'usage même, qui, dans son essence, est l'affection. Mainte­
nant, comme les affections sont les essences des usages, et que les
usages sont leurs sujets, il en l'ésulte qu'il y a autant d'affections
que d'usages.
X. Il Y a des genres et des espèces d'affectiom et des dif­
férences d'espèces il l'infini; pareillement pour les usages.
On peut le voir' pal' le corps humain, pal' [e genl'e humain, pal' le
Ciel Angélique, et par le règne animal et le règne végétal; dans
chacun d'eux il y a des genres d'affections ou d'usages, des espèces
et des différences, en Ilombre qU'Ofl ne saul'ait exprimer, cal' il
n'est pas une seule chose qui soit la même qu'une autre; mais il y
a variété, et cette val'iété est partout distinguée en genres et en es­
pèces, et les genres et les espèces sont distingués en dift'érences, et
les différences sont en elles-mêmes infinies, parce qu'elles procèdent
de ['infini; qu'il en soit ainsi, chacun peut le voir d'après les faces
humaines, dont aucuue, depuis le jour de la cl'éation, n'est absolu­
lllent semblable il aucune autre, ni ne peut être semblable à aucune
de celles qui sel'ont créées pendant l'éternité; il n'y a pas non plus
dans le corps humain la moindre chose qni y soit semblable à une
autre: il en est de même des affections et de leurs usages~ Qu'il
Cil soit de même des affections et de leurs usages, j'homme l'ignore
si profondément, qu'il demande ce que c'est que l'affection, et ce
que c'est que l'amoul'; cela ne peut dOllc être illustl'l) 'l'uull'epal't
que du Ctel, où tous, d'après le Divin Amoul', qui est la \lie même,
sont (les affeclions : Là, le Divin Amour, qui est la vie même, est
distingué en deux Royaumes, l'un dans leq,uel règne L'amour eri­
"cr8 le Seigneur, et l'autre dans lequel règne l'amour à l'égal'll du
prochain; l'amour envers le Seigneur enveloppe les usages (l quo
DU DIVIN AMOUR 17
(qui viennenl de la source), et l'amouI' à l'égard du pl'ochain enve­
loppe les usages ad quern (qui retournent à la source); le Divin
ArnoUl', qui est la vie même, est en ouu'e distingué en de plus pe­
tits royaumes qui peuvent être appelés provinces, et celles-ci le sont
de nouveau en sociétés, et les sociétés en familles et en maisons;
telles sont dans les Cieux les ùistinctions du Divin Amour en gem'es
et en espèces, et celles-ci de nouveau en leurs espèces qui sont en­
tendues pal' l'expression différences; si les affections sont ainsi
distinguées, et pareillement les usages, c'est parce que chaque
Ange est affection et aussi est usage. Comme dans l'enfer toutes
les choses sont en opposition a\'ee celles qui sont dans.le Ciel, de
même aussi l'amour: L'amoul' diabolique, qui est la mOlt même,
est aussi distingué en deux royaumes, l'un dans lequel règne l'a­
mour de soi, l'autre dans lequell'ègne l'amour du monde; l'amoul'
de soi enveloppe les mauvais usages a quo (qui viennent de la
source), c'est-à-d,il'e, de soi, et l'amou]' du monde enveloppe les
mauvais lisages ad quem (qui retournent à leur source), usages
qui, parce qu'ils sont faits par soi, sont faits aussi pOUl' soi; car
tout amour retourne comme par un cercle à celui de qui il vient.
Cet amoul' diaboliqne est en outre distingué en provinces, et cellcs­
ci de nouveau en sociétés qui se subdivisent encore. Il y a, dans le
corps humain, de semblables distinctions des affections, et pareil­
lement des usages, parce que toutes les choses de l'homme, ainsi
qu'il a été dit ci-dessus, cOl'l'espondent à toutes les choses du Ciel;
le cœur et les poumons y cOI'respondent aux deux royaumes du
Ciel; les membres, les organes et les \'iscères y correspondent aux
provinces du Ciel, et les contextes de chaque membre, de chaque
ol'galle et de chaque vis,cère conespondent aux sociétés du Ciel;
comme ces choses, dans le commun et dans le pal'ticulier, sont des
nsages, et que les usages vivent de la vie, qui est l'amou!', leUl'
vie ne peut être appelée autrement que atfeclioiJ de l'usage. De
même qu'il en est du corps humain, et du Ciel, de même il en est
aussi de tout le genre humain, puisque celui-ci est, ainsi que le
Ciel, comme un seul Homme (levant le Seigneur, selon ce qui. a
<1éja été dit. Que les êtl'es animés ùe la terre et aussi ses végétaux
soient semblablement disLingués en genres et en espèces, et en dif­
férences tk genres et d'espèees, œla est notoire.
18 DU DIVIN AMOUR.
Il Ya dans le règne animal deux universaux, dans l'un sont les
bêles de la terre, el dans l'autre les oiseaux du ciel; il Ya aussi
dans le règne végélal deux universaux, dans l'un sonlles arbl'es à
fruits, dans l'autre les plantes à graines; d'après ceux-ci et ceux­
là, on peut encore voir qu'il y a des genr'es et des espèces d'affec­
tions, et des différences d'espèces à l'infini, et qu'il en est de même
des usages, puisque, comme il a été dit précédemment, les affec­
tions naturelles sont les âmes des animaux, et que les usages des
affections sont les âmes des végétaux.
XI. 1t Y a des degrés d'affections et d'usages: II y a des
degrés continus et il y a des degrés discl'ets; les uns et les autres
sont dans toute forme, tant dans le MOllde spirituel que dans le
Monde natUl'el; tous les hommes connaissent les degrés continuS',
mais il y en a peu qui connaissent les degrés discrets, et ceux qui
ne les connaissent lias trébuchent comme dans des ténèbres, lors­
qu'ils cherchellt à découvrir les causes des choses. Ces degrés ont
été, les uns et les autres, expliqués dans le Traité DU CIEL ET DE
L'ENFER, N° 38. Les degrés continus, que tout le monde cannait,
sont comme les degrés de la lumière à l'ombre, ùe la chaleur au
fl'Oid, du rare au dense; un tel degré de la lumière, de la chaleur,
de la sagesse et de l'amour, existe dans chaque société du Ciel, au
dedans d'elle; ceux qui y sont au milieu sont dans la clarté de la
lumière plus que ceux qui sont dans les derniel's; selon la distance
du milieu la lumière décrot! jusqu'aux derniel's, pareillement la
sagesse; ceux qui sont au milieu ou au centre de la société salit
dans la lumièl'e de la sagesse; mais ceux qui sont dans les demiers
du Ciel ou dans les périphéries sont ceux qui sont dans l'omhre de
la sagesse et qui sont simples; il en est de même à l'égal'd de l'a­
mour dans les sociétés; les affections de l'amoul' qui constitucnt la
sagesse, et les usages des affections qui constituent la vie de ceux
qui sont dans ces sociétés, décroissent continuellement depuis le
milieu ou le centl'e jusqu'aux derniers ou aux périphéries: ce son t
là les degrés continus. Mais les degrés discrets sont tout à fait dif­
férents; ceux-ci vont, non pas dans la surface vers les côtés alen­
tour, mais du plus haut au plus. bas; aussi sont-ils appelés de­
grés descendants; ils sont discrets comme sont les causes efficientes
et les effets, qui deviennent il leur tOUl' dlicienls jusqu'à l'effet der­
DU DIVIN AMOUR. 19
nier; ils sont aussi entl'e eux comme la force productrice est aux
forces produites, qui deviennent à leur tour productrices jusqu'à la
dernière chose produite; en un mot, ce sont des degrés de forma­
tion de l'un par l'autre; ainsi, depuis le pl'eroie.' ou le suprême
,
jusqu'au dernier ou l'infime, dans lequel la fOI'mation subsiste;
aussi sont-ils des antérieurs et des postérieurs, cal' les supél'ieurs
et les infél'ieul's sont ces degrés. Toute création a été faile. par ces
degrés, et toute production est pal' eux, et pareillement toute com­
position dans la nature du Monde, cal' si tu développes un composé
quelconque, tu ven'as que là l'un vient d'un autre, jusqu'à ('ex­
trême, qui est le commun de tous; les trois Cieux Angéliques ont
été distingués entre eux par de tels degrés, c'est pourquoi l'un est
au-dessus de l'autre; les intérieurs ùe l'homme, qui appartiennent
à son mental, ont aussi été di~tingués entre eux par de tels degrés;
pareillement dans les Cieux des Anges el dans les intérieurs. des
hommes, la lumière qui est la sagesse, et la chaleur qui est l'a­
moul'; pareillement la lumière même qui est procédée du Seigneul'
comme soleil, et aussi la chaleul' même qui pal' suite en -procède;
c'est pourquoi la lumière dans le troisième Ciel est si resplendis­
sante, et la lumière dans le second Ciel est d'une blancheur si
éclatante, qu'elles surpassent mille fois la lumière du midi dans le
Monde; pareillement la sagesse, ear la lumière et la sagesse clans
le Monde spirituel sont dans un pareil degré de perfec.lion; il Ya
donc de semblahles degrés d'affections, et comme il y en a pOUl'
les affections, il y en a aussi pour les usages, cal' les usages sont
les sujets des affections. En outre, il faut savoir que .dans toute
fOI'me, tant spirituelle que naturelle, il y a des degrés tant disc/'ets
que continus; sans les degl'és discl'els, il n'y a pas en elle d'inté­
rieur qui constitue la cause ou l'Ame, el sans les degrés conlinus,
elle n'a pas d'exlension ou d'apparence.
XII. Chaque usage tire sa 'Cie du commun, et du commun
influent les choses nécesutires, utiles et agréables à la vie,
selon la qualité de l'usage et la qualité de SOI! affection. C'est
un arcane qui n'a pas encore été découvert; il s'en manifeste, il est
vrai, quelque chose dans le Monde, mais non dans une telle clarté,
qu'on puisse VOil' que c'est ainsi; en effet, dans le Monde, chaque
homme l'eçoit du commun les choses lJt\cessail'es, utiles et agl'éa­
20 DU DIVIN AMOUlt
bles à la viel selon l'excellence et ('étenùue de son administl'ation.
Quelques-uns sont récompensés d'après les communs j ql!elques
autres sont enrichis d'après le commun; le commun est comme uil
lac d'où coulent les récompenses, et d'où coulent les richesses; les
usages et les exel'cices, qui appartiennent à l'affection, les déter­
minent et les produisent; mais cependant on ne peut pas en con~
clure qu'en eux-mêmes les usages soient tels, parce que.. dans le
Monde, les méchants sont quelquefois récompensés et tnrichis de
même que les bons, ceux qui ne l'emplissent point d'usages, ou
même qui en font de mauvais, de même que ceux qui en font de
bons; il en est autrement dans le Monde spirituel, où les usages sont
mis à nu, et où il est découvert de quelle origine ils sont, et dans
quel lieu ils sont dans l'homme spil'ituel, qui est le Seigneur dans
le Ciel; là, chacun est récompensé selon l'efficacité de l'usage, et
en même temps selon l'affection de l'usage; on n'y tolère aucun oi­
. sif, point de fainéants quù coul'ent çà et là, point de paresseux qui
se vantent des études et des travaux des autres; mais chacun doit
être actif, courageux, empressé l et diligent dans sa fonction et dans
-son commerce, et chacun place l'honneur et la l'éCOltlpense, non au
premier, mais au second ou au troisième rang. C'est d'après cela
qu'influent chez eux les choses néèessair'es, utiles et agl'éables à la
vie; si elles influent du commun, c'est parce qu'ils ne tes acquiè­
J'ent pas comme dans le Monde, mais elles existen't il l'instant
même et sont données gl'atuitement par le Seigneur; et comme il
y a dans le Monde spirituel une communication et une extension de
toutes les pensées et de toutes les affections, et que dans le Ciel la
communication et l'extension des affections de l'usage sont en raison
de leur qualité, et comme tous ceux qui SOllt dans les Cieux sont
affectés et réjouis pal' les usages, voila pourquoi les choses néces­
sail'es, uliles et agréahles à 111 vie refluent et reviennent en abon­
dance dans fe centre des usages de la vie, et comme fruils de l'usage
dans celui qui fait l'usa'ge. Les choses nécessail'es à la vie, qui sont
données gl'atùitement par leSeigneul'! et qui existent en un instant,
sont la nonrriture, le vêlement et l'habitation, lesqHelles correspon­
dent absolument à l'usage dans lequel est l'Ange; les choses utiles
sont celles qui sel'veiJt à ces trÔis et qui lüi procul'ent de la satisfac­
tion; ce sont en outl'e di!l'él'ents objets sur la lable, sul' les vêlements
DU DIVIN AMOUR. 21.
et dans la maison, objets dont la beauté est en raison de l'usage, et
la splendeur en raison de ses affections; les choses agréabies sont
celles que lui procurent ses relations avec son épouse, ses amis, ses
consociés, qui tous l'aiment et qu'il chérit lui-même; cet amour,
qui est mutuel et réciproque, vient de toute affection de l'usage.
S'il y a de telles choses dans le Ciel, c'est parce qu'il y en a de
telles dans l'homme, cal' le Ciel correspond à toutes les choses de
l'homme; l'homme qui est dans l'affection de l'usage, d'après l'u­
sage ou pour l'usage, est aussi le Ciel dans la forme la plus petite;
il n'y a pas dans l'homme un seul membre, ni dans un membre
une seule partie qui ne tire du commun ses besoins nUlritifs, ses
plaisirs; là, le commun pourvoit au besoin des parties selon l'u­
sage; tout ce que l'une ex ige pour son œuvre y est attiré des par­
ties voisines, et par celles-ci aussi de leurs voisines, ainsi de la to··
talité; et elle pal'eillement communique du sien aux aUlres, selon
le besoin; il en est de même dans ['homme spil'ituel qui est le Ciel,
parce qu'il en est de même dans le Seigneur. On voit pal' là que
chaque usage est représentatif de tous les usages dans tout le corps,
et qu'ainsi dans chaque usage il y a une idée de l'univers, et d'a­
près cela une image de l'homme; d'où il résulle que l'Ange du
Ciel est homme selon l'usage, et, bien plus, que l'usage est homme­
Ange, s'il est permis ici "de s'exprimer spirituellement.
XIII. Autant t'homme est dans l'amour de L'usage, au­
tant il est dans l'amour du Seigneur, autant il l'aime et
'aime le prochain, et est homme. D'après l'amoOl' des usages
nous appl'enons ce qui est entendu par aimer le Seigneur et aimel'
le pl'ochain, et aussi ce qui est entendu par être dans le Seigneur
et être homme; pal' aimer le Seigneur, il est entendu faire des
usages d'après Lui et pour Lui; par aimer le prochain, il est en­
tenrlu faire des usages pOUl' l'Église, pOUl' la paIrie, pour une so­
ciété humaine et pOUl' le concitoyen; par être dans le Seigneur, il
est entendu être à l'usage; el par être homme, il est entendu faire
d'après le Seigneul' des usages au prochaiu pOUl' le Seigneur. Que
par aimer le Seigneur il soit entendu fail'e des usages d'après
Lui et pour Lui, c'est pal'ce que tons les bons usages que l'homme
fait "iennent du Seigneur; les bons usages sont les biens, el l'on
sait que les biens viennent du Seigneur; et aimer', c'est. fail'e, car
22 Dl] DIVIN AMOUR.
ce que l'homme aime, il le fait; pel'sonne ne peut aimer le Sei­
gneur autrement, car les usages, qui sont des biens, viennent du
Seigneur, et par suite sonl des Divins, et bien plus sont le Sei­
gneur Lui-Même chez l'homme; ce sont ,là les choses que le Sei­
gneUl' peut aimel'; il ne peut êlre conjoint par amour à aucun des
hommes si ce n'est par ses Divins, pal' conséquent il ne peut donner
autrement à l'homme la l'acuite de L'aimer; car l'homme ne peut
de soi-mOrne aimer le Seigneur; c'est le SeigneUl' Lui-Méme qui
l'attire, et Se le conjoint; c'est pourquoi aimel' le Seigneur comme
une personne, et non les usages, c'est L'aimel' de soi-même, ce
qui n'est pas aimer. Celui qui l'ail· les usages ou les biens pal' le
Seigneur, fait aussi les usages et les biens pour le Seigneur: cela
peut êll'c illustré par l'amoul' céleste dans lequel sont [es Anges du
tl'oisième Ciel; ces Anges SO/lt dans l'am ou l'· envel's le Seigneur
plus que les Anges des antl'es Cieux; les uns et les autres savent
qu'aimer le Seigneur n'est pas autre èhose que faire les biens qui
sont des usages; ils disent que les u:;ages sont le Seigneur chez
eux; pal' usages ils entendent les usages et les biens du ministère,
de l'administration, de la fonction, tant chez les prêtres et les ma­
gistrats que chez les commerçants cl chez les ouvriel's; les biens qui
ne découlent pas de leul's emplois, ils les nomment aumônes, bien­
l'ails et gl'atuilés, et non pas usages. Que pal' m'mer le prochaill,
il soit entendu faire des usages pour l']~glise, pour la patrie, pour
une société et pOUl' le concitoyen, c'est parce que ceux-là sont le
prochain dans le sens large et dans le sens strict; eux non plus'
né peuvent être aimésaulrement que par dès usages qui appar­
tiennent à l'emploi de chacun; le prêtre aime l'Église, la patrie,
une société et le conciloyen, ainsi le prochain, s'il enseigne et con­
duit ses auditeurs par zèle pour leuI' salut. L'administl'ateur prin­
cipal et ceux Qui sont sous ses ordres aiment l'f~glise, la patrie,
uue société et le concitoyell, ainsi le prochain, s'ils l'emplissent
leUl's fonctions pal' zèle pOUl' le bien commun; les juges, si c'est
par,zèle pour la justice; les négociants, si c'est pal' Ull zele de sin·
cérité; les ouvriers, si c'est pal' dl'oitul'e; les domestiques, si c'est
pal' fidélité; et ainsi des autres: 10l'sque chez les uns el chez les
autres il y a fidélité, droiture, sincél'ité, justice el zèle, il y a amoul'
de ces :usages d>apl'ès le SeigneUl', c't d'après Lui il y a en eux
DU DIVIN AMOUR. 23
amour du prochain dans le sens lal'ge et .dans le sens stl'ict, car qu i
est-ce qui, étant de cœur fidèle, droit, sincère, juste, n'aime pas J'É­
glise, la patrie et le concitoyen? Maintenant, d'après ces considé­
rations, on voit que pal' aimel' le Seigneur il est entendu faic'e des
usages a quo (qui viennent de la source) ; que par aimer le pro­
chain il est entendu faire des usages ad quem (qui retournent à la
source); et que propter quem (polir qui), c'est pOUl' le prochain,
pour l'usage et pour le Seigneur; et qu'ainsi l'amolli' l'etollrne à
Celui même de qui il pl'ocMe, et que tout amour a quo retourne
pal' l'amour ad quem à l'amour a quo; ce retour constitue son
réciproque, et l'amolli' va et revient continuellement par des faits
qui sont des lisages; cal' aimer, c~est faire; en effet, si l'amOllI' ne
devient un fait, il eesse d'être amouI'; car le fait est l'effet de· sa
fin, et c'est ce en quoi il existe. Autant l'homme est dans l'a­
mour de l'usage, aulant il est dans le Seigneur: c'est parce
qu'il est autant dans l'Égli~e et autant clans le Ciel, et que l'Église
et le Ciel sont pal' le Seigneur comme lin seul homme, dont les
fOl'mes, qu'on nomme organiques sllpél'ieures et inférieures, et
aussi intérieures et extérieures, sont constituées par tous ceux qui
aiment les usages en les faisant; et les usages eux-mêmes compo­
sent cet homme, parce que c'est un homme spil'ituel qui est con­
stitué non pal' les personnes" mais par les usages qu'elles font:
toujoul's est-il que là sont tous ceux qui reçoivent du Seigneur l'a­
moul' des usages, et ce sont ceux qui les font pour le prochain,
pour les usages et pour le Seigneur; et comme cet homme est le
Divin procédant du Seigneur, et que le Divin procédant est le Sei­
gneur dans J'ltglise et dans le Ciel, il s'ensuit qu'eux tous sont dans
le Seigneur. Si ceux-lit sont homme, c'est parce que tout usage
qui sel'l de quelque manière au bicn commun ou public est un
homme beau et parfait selon la qualité de l'usage et en même temps
selon la qualité de son affection; cela vient de ce que, dans chacune
des choses qui sont dans le corps humain, il y a d'apl'ès son usage
l'idée du tout; cal' chaqne chose y regarde le tout comme son ex
quo (ce dont elle procède), et le tout la regarde en soi comme son
pel' quod (ce par quoi il s'agit) ; d'apl'ès cette idée du tout dans
chacune des choses, il y a que chaque usage y est homme, lant dans
les petites parties quc dans les grandes, et qne la forme organique
2ft DU DIVIN AMüUlt
est dans la partie comme dans la totalité; hien plus, les parties de
parties, qui sont intérieUl'es, sont hommes plus que les composées,
parce que toute perfection devient plus grande vers les intérieurs;
car toutes les fOl'mes OI'ganiques, dans l'homme, ont été composées
d'apl'ès des formes intérieures, et celles-ci d'après des formes en­
core plus intérieures, jusqu'aux intimes, pal' lesquelles existe la
communication avec toute affection et toute pensée du mental de
l'homme; en effet, le mental de l'homme dans chacune de ses
choses s'étend dans tout ce qui appartient à son corps; son excur­
sion est dans toutes les choses du corps, cal' il est )a forme même
de la vie: s'il n'y avait pas un COI'PS pOUl' le mental, l'homme ne
serait ni un mental, ni un homme; c'est de là qtle la décision et
l'assentiment de )a volonté de l'homme sont déterminés à l'in­
!ltant, et produisent et déterminent les actes, absolument comme si
la pensée elle-même et la volonté étaient en eux et non au-dessus
d'eux. Que pal' sou usage chacun des plus petits degrés dans
l'homme soit homme, c'est ce qui 'De tombe pas dans l'idée natu­
relle, comme cela tombe dans l'idée spirituelle; dans l'idée spil'i­
tQelle, l'homme n'est pas une personne, mais il est un usage; car
l'idée spirituelle est sans l'idée de la personne, comme elle est sans
l'idée de la matièl'e, de l'espace et du temps; c'est pourquoi, lors­
qu'un Ange en voit un autre dans le Ciel, il le "oit, à )a vérité,
comme homme, mais il pense à lui comme usage; et même l'Ange
par la face appal'aH selon l'usage dans lequel il est, et son affection
fait la vie de sa face; d'après ces explications, on peut voil' que
chaque usage bon est en forme un homme.
XIV. Ceux qui s'aiment par-dessus toutes chous, et qui
aiment le monde comme eux-mêmes, ne sont ni homme.ç, ni
dans le Seigneur, Ceux qlli s'aiment et aiment le monde peuvent
même faire de bons usages, ct ils en font aussi; mais, chez eux,
les affections de l'usage ne sont pas bonnes, cal' elles viennent
d'eux-mêmes et non du Seigneul', et elles sont pour eux-mêmes
et non pOUl' le prochain; ils disent, il est vl'ai, et ils persua­
dent qu'elles sont pOUl' le prochain, entendu dans le sens laI'ge
ct dans le sens strict, c'est-à-dire, pOUl' l'Église, pOllr la patrie,
pour une société et pour les concitoyens; quelques-uns même osent
dil'e qu'elles sont pOlll' Dieu, parce qu'ils ont agi d'aJ1rè~ ses com­
DU DiVIN AMOUR, 25
mauùelllents ùalls la Pal'ole, el aussi qu'elles viennent de Dieu,
paree que ce sont ùes biens, et que tout bieu est ùe Dieu, lorsque
cependant les usages qu'ils font sont pOUl' eux-mêmes parce qu'ils
. viennent d'eux-memes, et pOUl' le pl'oenain afin qu'ils l'eviennelJL
SUI' eux-mêmes; ils sout connus et distingués de ceux qui t'ont les
usages d'aprèS le SeigneUl' pOUl' le prochain, entendu dans le sem;
large ètdans le sens stl'ict; en ce que dans chaque chose ils se con-
sidèrent eux et le monde, en ce qu'ils aiment la réputation -pour
différentes tins, qui sont des usages ù'après ellx-medies; ils lI'OIlt
même de l'affection pOUl' les usages qu'autant qu'ils se voient' Jau:!
ces usl:lges eux et ce qui leUl' appal'tieut; en outi'e, lems plaisirs
sont tous des plaisil's ÙU COI'pS, et ils rechel'chelll ceux qui viennent
du moude; on peut voil' quels ils sont par cette comparaison: ELix-
mêmes sont la tete j le monde est le corps; l'Église, la patrie, les
concitoyens, sont les plantes des pied~ j et Dieu est la chaussure;
mais pour ceux qui aiment les usages U'après l'amoul' ùes usages, li:
SeigneUl' est la tète; l'Église, la patl'ie, les concitoyens, qui cOlisti~
tuent le p,'ochain, soutle corps jusqu'aux genou! j le moude, ce S'om
les pieds depuis les genoux jusqu'aux plantes, et eux-mèmes sont
es piailles des pieds cbnvena1llement ctlàussées j flal' la on voit que
les uns sont absolument il l'inverse de~ autl'es, el qu'il n'y a ritm
de l'homme en ceux qui font l des uSàges d'apl'èS eux.-mêmts ou
d'apl'ès l'amoul' de soi, Il y à deux origines ùe tous les amoul's d
de toules les alt'ections;, l'une vient du Soleil ùu Ciel, qui est le PU't'
amouI'; l'aulfe, du so'ieil du Monùe, qui est pur feu. Ceux 4ui ti-
l'ent du Soleil du Ciel l'amom' sont spiriluèls et vivanls, el le Sei-
gneuI' les élève au-dessus de leuj' Ill'opl'e; Illais ceux qlfÎ lil'Crit uu
soleil du l'vlonùe l'amOlli' sont naturels et lllorts, ·el se plougenl
ù'cux-mêmes dans leUl' pl'Opl'e, d'où ill'ésulte qu'ils voient fa na-
lUl'e seule dans tous les objets de la vue; et, s'ils l'econuaissC)JL
Dieu, c'est de 1louch~ el non de cœur; ce sonl eux qui sont tlnlen-
llus dans la Pal'ule pai' les aUOl'ateul's UU suleil, de la lune et de
tOlite l'al'mée des cieux j ils apparaissem, il est vl'ai, cOlllme ues
llOmmes dan~ le Monùe spil'iluel~ m,lis comme des monsl ..b a la
lumière du Ci(~1 ~ el leuI' vie leul' pal'ait a eux comme la vie, mais
aux Anges comme la mon; pal'mi eux, il en est plusielll's Ilui ont
été considérés comme érudits dans le Monde; el, ce qui m'a très-
J.
26 DU DIVIN AMOUR,
souvent étonné, ils se Cl'oient sages, parce qu'ils atll'ihuent lout il.
la nature et à la prudence, et ils regarden~ les autres comme des
simples.
XV. L'homme n'est pas d'un mental sain, si l'usage n'est
pas son affection ou son occupation. Il y a en l'homme une
pensée externe, et il y a en lui une pensée intel'De; l'homme est
dans la pensée externe lorsqu'il est en société, soit qu'alors il
écoute, soit qu'il parle, soit qu'il enseigne, soit qu'il agisse, et
aussi lorsqu'il écrit; mais le menlal est dans la pensée inteme lors­
qu'il est à la maison et qu'il replace dans son affection intél'ieure
les questions traitées; cette pensée de son espl'il est la pensée propre
en soi, tandis que la précédente est la pensée p.'opre de son espl'it
dans le corps; elles restent l'une et l'autre chez "homme a,près ·Ia
mort, et alors on ne sait pas quel est l'homme, avant que sa pensée
exteme lui soit enlevée j car alol's la pensée parle et agit d'après
son affection. L'homme qui est d'un mental sain verra et entendra
àlors des choses merveilleuses; il entendra et \'erra que heaueoup
tIe ceux qui, dans le Monde, ont padé avec sagesse, prêché avec
capacité, enseigné avec érudition, écrit avec savoir, et agi même
avec prudence, dès que l'exteme de leur mental est enlevé, pensent,
padent et agissent avec extravagance comme les maniaques dans
le Monde; et, ce qui est élonllant, ils se croient alol's plus sages
que les autl:es. Mais pour qu'ils ne restent pas longtemps dans l'ex­
travagance, ils sont remis de temps à autre dans les exter'nes, et
par ce moyen dans la vie civile et morale dans laquelle ils ont été
dans le Monde: quand, dans les sociétés où ils sont et dans le
Ciel, le souvenir de leurs folies leur est donné, ils voient aussi eux­
mêmes et avouent qu'ils ont padé avec extravagance et agi avec
folie; mais toujours est-il qu'aussitôt qu'ils sont l'emis dans leul's
intérieurs ou dans les propres de leur esprit, ils dél'aisonnent
comme précédemment; ils ont plusieurs folies qui reviennent à
ceci: Ils veulent dominer, voler, commettre adultère, hlasphémel',
faire du mal, mépriser l'honnête, le juste, le sincèl'e, et tout \'rai et
tout bien de l'Église et du Ciel, les rejeter et s'en moquel'; et, ce
qui est encore plus étonnant, ils' aiment cct état de leur esp~it; en
effet, on en Il éprouvé plusieurs pour savoil' s'ils préféraient pensel'
sainement ou follement, et l'on a découverlqu'ils préféraient pen­
DU })IVIN AMOUlt 1.7
!1er follement; on a'aussi dévoilé la cause d'un tel état; c'est qu'ils
s'étaient aimés et avaient aimé le monde pal'..desslJs toutes clioses,
c'est qu'ils ne s'étaient a.ppliquésauXi· usages que pour l'honnelll'
et le lucre, el qu'ils avaient préféré les plaisirs du corps aux plhi':'
sirs de râme ; ils avaient été dans le l\'l'onde d'un tel caraCtère,
que jamais ils n'avaient pensé sainement, si ce iI'est pendant qu'ils
se tl'ouvaient en société avec·des hommes ;Ie seul s6ulagement qui
puisse être d0nné à· leUl' folie,' c'est de· les envoyel' en enfer polir y
faire des ~ravau~ sous' la direction d'un juge; tantqù'ils sont 'Occu­
pés à tl'availler, ils ne dél'3lisonnent paS, car~les t1l avallx"dont'ns
s'occupent les tiennent comme en pr,ison et· dans 'dès liens pdlll'
qu'.ils ne se jettent .pas' dans les délires Mleurs'cupidirés ; lil, ils
travaillent pOUl' la nourrilul'e, le vêtement et le lit, ai'rfsi ma'lgré
~ux par nécessité, et Iiori Iibrenienl par 'affection, Au 'contraire,
tous ceux.qui, dans le Monde, ont a'imé les usages; 'et lés' ont faits
pal' amour des'usages, peilsent sainement ·dans leur esprit, et lem'
esprit pense sainement dans le COl~pS, car cèlre pensée intérieure
est aussi, la pensée extérieure, et le langage est par' ce1ie'-ci d'après
c~lIe-la, eL. aussi lem' action; l'affèction de l'usage a'l'etenu en elle
leur mental, et ne permet pas qu'ils s'abandonncù'l il des frivolités,
à des choses lascives et déshonnêtes, à des extravagances et'à:des
ruses, ni qu'ils soient les jouets de diverses ''CoilvditisdS; ceux-la
après la mort devienl1ent semblables; leurs mentais sont ,en eu'x­
mêmes angéliques, et,lOl'sque la pensée extérieure est 'enlevée, il:;
deviennent spirituels et Anges, et sont a'insi des récipients' de la
sagesse céleste qui procède du Seigneui'.Mairitenant; d'après ces
considérations, il est évident que l'homme n'est pas d'uu mental
sain, si l'usage n'est pas son affection ou son occupation,
XVI. Tout homme est une affection, et ily a autant d'aF
rections diverses qu'il y a d'hommes qui sont nés et qu'il Y
en a qui naitront il éternité, On peut principalement le voil: pal'
les Anges du Ciel et pal' les Espl'its de l'enfer, qui tous sont des
affections; les Espt'its de l'enfer, des affections mauvaises qnisont
des convoitises; et les Anges du Ciel, des affeeti6ns bonnes, Si
10ut homme est une affection, c'est paroe cjlie sa vie esta'motlr, et
que ce sont les continuations et les dél'ivations de l'amour qui
sont appel~es affections; c'esl poul'quoi les affections en elles­
28 DU DiVIN AMo.Un,
mêmes sont auss.i des amours, mais des amOUl'S SUbOI'dooll~ à l'a­
mour commun, comme il leur maître ou à leur chef; ainsi, puisque
la vie elle-méme est amOUI', il s'ensuit que toutes .et chacune des
choses de la vie sont des affections, et que pal' conséquent l'homme
lui -même est une affection. Qu'il en soit ainsi, la plupal't des hom­
mes dans le Monde s'en étonnel'ont; qu'ils s'eo étonnel'ont, il m'a
été donné de le savoir de la bouche de tous ceux qui viennent du
Monde natul'el dans le Monde spirituel; je n'en ai pas enCOl'e
U'ouvé un seul qui sllt qu'il était une atrectiQn ; bien plus, il y en
avait peu qui sussent ce que c'était qu'une affection; et. quand jtl di­
sais que l'nffection était l'amoul' dans sa continuité et· dans sa dêî'i­
vatioD, ils demandaient ce que c'était que l'amoul', disallL que l'a­
moul' est dans la nature des choses, parce qu'ils perçoivent ce que
c'est que la pensée, mais non ce que c'est que l'aft'ection, pal' l'a rai­
sou que celle...,ci, personne ne la perçoit ainsi; ils disaient en aVoÎl'
connaissance par l'amoul' d'un fiancé avant le mariage, pal' l'amoul'
~'une mère envel's son enfant, et un peu aussi pal' l'amoul' d'un pèl'e,
10l'sque ceux-ci embl'assent leuI' fiancée ou leul' enfant; quelques­
uns même au lieu d'une fiancée parlèrent d'une coul'tisane : al\)I's je
leul' dis que la pensée o'est absOlument rien pal' elle-même, ruais
qu'elltl est quelque chose par l'affection qui appartient à l'amoul'
de la vie de l'homme, parce que la pensée existe d'après raffec­
tion, comme la chose formée existe d'après celle qui l'a fOI'mée, et
que si l'on perço,it la pensée et non l'affection, c'est pal'ce que l'on
llerçoit la chose formée et non celle qui fOI'me, de même que l'on
perçoit le corps pal' ses sens et nQI) J'âme; et comme ils a~'aient été
étonnés de ce que je leur avais dit, ils en fUl'ent ins~1'Ilits de nouveau
par plu:-ieurs expériences; pal' exeœple, que toutes les choses de
la pensée viennem de l'affection et sont selon l'atlèctioll; qu'ils lie
I)OutaielH pellsel' sans clic, ni en opposition avec elle; que 'chacun
e~t lei qu'esl son affeclion, el que c'est pOUl' cela que k>us sont
exarilinés d'après leul' affection, el que personne ne l'est d'apr~
son langage; cai' le lallgage procède de !a pensée de l'alfection tlX­
teme, qui consisle en Ct; que l'on veut favol'iset', plail'e, éll'e loué;
passer 1)(J~I' homme civil, mOl'al et sage, et ces choses POUl' les lins
qe l'atl'ecliotl interne, dont elles sont les moyells; mais toujours est­
il que par le son du langage, il moins qu'il ne s'agisse d'U'll hypo­
DU DIVIN AMOUR. 29
crite consommé, l'affection el,le-mêl'l1e e~l entendue, car' le langage
des mots appartient Il la pensée, et le son cliu langage appa rtient à
J'affection; c'est pourquoi il lenr fut dit que, de même qu'il n'y :t
pas de langage sltn~ un son, de même il ne peut pas y l'l"oir de pen­
sée sans une. affection, et qu'il e~t évident, d'apl'ès cela; que l'af­
fection est le tout de lapens~, COfflH'ie le son est le tout dn lan­
gage', car Je langa'g.e est seulement l'articulation du stm. Par là
ils furent imtl'nitsque l'homme (j'est absolument qu'une affection,
et ensuite par cela même ils apprirent que tout le Ciel et tont l'en­
fer ont été distingué~ comme en royaumes, en' provinces et cn so­
ciétés;,seloD' les différences généril:jues et spécifiques des affections,
et n1JI~emen~ selon quelques différences des pensées, et que le Sei­
gneur Seul connaH les affections. Il suit de là' que I~s variétés et
les différences des affections sont infinies, et qu'Hi y en'a autant que
d'hommes qui sont nés- et qui nattront à éterriité.
XVIII. L(l''I!I~e éternelte est à l'homme selon son' affection de
l'usage. Puisque "affection est l'homme' lui-même, et que l'usage,
est l'effet et IrœuIVre de l'a'ffectioR', et est comme' le champ' ou le lIeu,
de son: exercice, et puisqu'îJ n'est pas donné d'a:ffectiori sanll sori so­
iet, et que même èlle' périt, il en J'ésulte qu'il n'y a pas d'affection'
de la "ie de l'homme ~ns rrusage; et puisque l'affection et l'usa'ge
font un, il en résulte'que l~homme, qui est nne affection, est re­
connu teJ,qu'il est Jiar l'usage, difficilement et peu dahs le' Monde
naturel, filais clairement et complètement' dans lelMonde s~ir'iruel';
c'est une conséquence de la ct13leul' et de la lumière du Ciel, car
le spirituel le met à décollrertlui et chacune des choses qui lui :lp­
partiennent, parce'que danssonesseilce le spirituel est divin amour
et divine: sagesse, et' dans son apparence, chaleur du Ciel e( lu­
mière du ~ieJ.; cette chaleur et celle lumière dévoilent les affections
des usages., comme'la chalellll du soleil du Monde dévoile les objets
de la terre par' les odeurs'et Jiarles saveurs-;et comme i la lumière
du soleil du Monde lesdé"oile par'les'couleurs et' par les 'diverses
distinctions de lumière et ,d'ombre. Si la,vie'élel'nelle est a chaque
homme selon son, affection de l'usage, c'est' parce que l'affection
est', l'hommo' lui'-même, et que de là telle est l'affection, tel est
J'homme; mais Ifaffeclioll',de,I'usage est en général-de, deux gen­
l'es; il Ynl'affection spil'itllelle de 11usage, et il y Il l'afl'ection' na­
30 DU' DIVIN AMüUH.
IUl'elle de l'usage l elles sont semhlables l'une et .l'ault'e dans "la
fOl'nle externe, mais eUes sont tout à fait dissemMables dans la
forme interne; c'est ppur· cela qu'elles ne sont pas distif)guéespar
les hommes tians le Monde, mais.elles·,lec sont très-bien par les
Anges dan.s le Ciel; elle,s sont, en effet, entièrement opposées'I'une
à l'aull'e; cal' l'affection spirit.uelle dt) I{usage donne à l'homme le
Ciel"taDd,is que l'ilffecl io~ naturelle de l'usage,sa.ns l'affection spi~
rjtu,elle, ponne l'eofel'; ene.fftll., 'l'affection l1alurelle de l'usage,est
ieulement pOUl' leshoonelHJS et ,les· profits; ainsi pOUl' soi-()jêmeet­
pour le monde comme fins, ,tandis que l'alfealion spirituelle de l'u­
sage est poul"!a gloire de Dieu et pour ses US!lges, ainsi pour le
Seignel,lv et po~r.le_procbain cQmme fins. ~I y a"en effet, dan-s· le·
Monde des homme1s qui rempliss.ent1eul's· fonctions etleu'rs empJo~'
avec applicati9n" travail et al'del!!";: des magistrats, des gouver'­
neurs, des officier~·,·en les exerçant avec diligence et habileté ; des.
!)l'êtres, de~ ministres, en prêchant avec!ll~del,lr comme si c'était
par. zèle; .d~s hommes_de leUI'~,en écrivant des livres remplis de
piété, de dOClrine et d'érudition; ~t d'autres en agissant d'une ma­
nièl'e seml)labl~; et p'.al' l~:aussi, ils rendent de signalés usages à
l'Église, .à la pall'ie, ~. la société et au concitoyen; et. cependant
plusieurs d'enlre:eux font cela ,d'après la seule affection naturelle,\
c'est-à,...dire" P9~r eux-mêmes afin d'êh'e honorés et d'êll'e élevéS
cn dignités, ou pour le monde aOn d'en t.irer pu profit etde s'en­
richil'; ces fins, c~ez quelques-uns d'eux; enflamment tellement
leu\' affection à faire tle~ usages, qu'ils en font parfois de plus émi.:.
nenls queceux qui sont dans t'ilm~()lion spirituelle de l'usage; Yai
parlé, après leur fPQrt, lorsqu'ils étaient devenus des Esprits, avec
plusieurs de ceu~qoi..avaienl,été~ans ce genre d~affeclionde l'u~
sage; ils réclamaient alors le Ciel en raison de leur mérite; mais
comme ils avaient fait des usages. d'après. la seule affection natu­
l'elle, ainsi pour eux-mêmes et pour le monde, .el nenpour Dieu
ni pour le prochain, ils reçurent une réponse semblable à oelle
qu'on trouve ,dans Matlhieu : le PIU$I~eUrSme diront en cejour­
là : Seignewl! Seigneur! par t01~ Mom, n'avons-nous pas pro­
phé.tisé? et parf.o.n N01n.n'avom-nous pas chassé·des démons?
et en 10,12 N.ombeaucoup,d· acte.s de puissance n',aVO!l~~nou,~'
pll.~ rait.~? M{â'~J"or.~ je lew', dira:; ;' J enesllis d' oùvou.~ ~tt:s;
DU DIVIN AMOUR. 31
retirez-vous de Moi, vous tous, ouvn'ers d'iniquité. li -:... VII.
22, 23. - Et dans Luc: (1 Alors vous commencerez, à dire:

Nous avons mangé devant toi, et nous av01U bu, et dans nOs
places tu as enseigné; mais il dira: Je vous dis, je ne sai,
d'où vous êtes, relirez-1'Ous de Moi, vous tous, ouvriers d'i­
niquité. li - XIIl. 26, 27. - On les examina aussi pour savoil'
quels llOmmes ils avaient été dans le Monde, et l'on découvrit que
leurs intél'ieurs étaient pleins de convoitises et de maux condensés,
lesquels, chez quelques-uns, apparurent couleur de feu d'après
l'amour de soi; chez d'autres, Ii'vides d'après l'amour du monde;
chez d'aull'es, sombres' d'après le rejet des spirituels; et toute~ois
les extél'ieurs apparaissaient d'une coulel1l' de neige et de pourpre
d'après les usages dans la forme extel'De. On vit pal' là que, bien
qu'ils eussent fait des usages, cependant ils n'avaient pensé en
eux-mêmes qu'à la réputation pOUl' obtenir des honneul's et des
profits, et que de là vellait la forme qu'avait prise leur esprit, non­
seulement en soi mais encore par sa vie; et que les bonnes actions
avaient été seulement; ou des apparences, pour Ile pas se montrer
tels qu'ils étaient, ou seulement 'des moyens pour arriver aux hon­
neurs et aux richesses qui étaient leurs fins; ces choses concernent
l'affection naturelle des usages. Mais l'affection spirituelle de l'u­
sage est interne et en même 'temps externe, 'et autant elle est ex­
terne ou naturelle, autant aussi elle est spirituelle, Ciu' le spirituel
influe dans le naturel et le dispose ~ la cOI'respondance, par consé­
quent à l'instal' de soi; toutefois, comme on ignore absolument dans
le Monde ce que c'est que j'affection spirituelle de l'usage, et en
quoi elle est distinguée de liaffection naturelle, parce qu'elles pa­
raissent semblables dans la forme extel'De, il sel'a dit comment on
acquiert l'alfectioll spirituelle; elle ne s'acquiert pas pal'Ia foi seule,
qui est la foi séparée d'avec la charité, car celte foi est seulement
une foi cogitative sans l'actuel en elle; et comme elle a été séparée
d'avec la charité, elle a aussi été sépal'ée d'a\'ec l'affection, qui est
l'homme même; c'est pourquoi, après la mort, elle se dissipe même
comme quelque chose d'aérien; mais on acquiert l'affection spiri­
tuelle en fuyant les maux pal'ce qu'ils sont des péchés, cequi se
fait pal' un combat contre eux; les maux que l'homme doit fuil'
sont tous écrits dans le Décalogue; autant l;homme comhat contre
32 nu Dl VIN AMOUR.
ces maux, qui sont les péchés, aulant il devient affection spil'i­
tuelle, et ainsi d'après la vie sp',rituelle il fait des m;ages; (laI' le
comhat contre les maux sO,nt dissipées ces choses qui obsèdent ~es
intérieurs, lesquelles, comme il a été dit ci-dessus, apparais,sent
chez Ifls uns couleur de feu, chez d'alltl'es l'omhres, et chez d'au­
tres livid~s; et ainsi est ouvert ~;on mental spirituel, par lequel' le
Seigneur en,lr'e dans le mentl,l\ naturel d.e l'ho~m~e, et le di!;pose
il f;lire des usages spil'iluels qui paraissent loutefois com~e nalu­
reis; c'est à c.eux-ci, et non aux ilUtres, qne le Seigneul' paqt ac­
cordel' de L'aimer pa~-dessus toules chose,c;, et d~aimer le prochain
comme eux-mêmes. Si l'homme, pal' le cQIl,11>,at çontre les maux,
comme péchés, s'est acquis quelque spil'ituel dans Je Monde, qnel­
que faible que soit ce spiritnel, il est sauvé, el. ses usages croissent.
dnns la snite comme le gl'ain de sénevé qui devient un :lr'bl'~,
, .. selon
les paroles dn Seigneur, dans Milllhieu" - XlII. 312. Març.IV.
30, 31, 32. Luc, XlII,. 18, 19, .
xvnJ. Ln,1/olonté lie /'homme est son offqction. C'est parce
que la volonté de l'homme est le réceptacle de son a,lUour, el. ren­
tendement le récepl:lcle de sa sagesse, et que c.e qui est \~ récep­
tacle dfl l'amour est aussi le réceptaclfl de loutes les affections,
parce que le5; affections sont seulement les eontinnu,ti.qns el. I~ d~­
!'ivations de l'amour, comme il a, été f1i1 ci-dessus; il esl dille ré·
ceptacle de l'amonr, parce que l'amour ne P,çut être donw~ chez
l'homme que dans une forme l'écipiente, (jui, soit S,llhftlantielle; s~n,s
elle, l':HQouJ' n'affecterait pas, -il J'etoul'tlerail" e.t. serait va,r cell\
même comme. ne demeurant pas: la forme même qn,i Je ,'eçoil peut
aussi êlre décrite, mais ce n'flst (las id le lieu,; d~ là vient qne I~
volonté est dite le réceptacle de l'a,mour, .Que la vol,qn,té l'oLt le
10ut de l'homm.e et dans toutes les choses qui le constituent, et,
qu'elle soit ainsi l'homme lui-même, oe qlême que l'amollI' <jansi
son complexe est homme, c'est fe qui va deve~il' év~denl .: ~~ Sil,·
i~t qfl lont ce q,ui appartient à son amour Ol! à son affecn.oh et
même de ce qui appal'tienL à sa vie, l'homme dit qlj'iI, vel,ljt; p,al1
exemple, gü'i1 veut agir, qn'il Ve\lt parler, qu'il veJlt ~en~er.1 qit'iI,
vent per'r.evoir; da~s touW; ces choses il y 11 l~ volonté, e,t si elle.
n'y était pas, il n'agil'ait pns, n~ parlerait pa!'!, JJe renserait pas"
Of'\ perr.evl'llit pas; !lien plus, si elle n'ptait pa!l d:l,n!l les singulie,'s
DU DIVIN AMOUR. 33
et les très-I\inguliers de ces choses, elles cesseraient à l'instant;
car la volonté est en elles comme la vie ou l'âme est dans le corps
et dans chacu,ne de ses pal'ties : on peut dire aussi aimer an lieu
de vouloir; par exemple, qu'on aime faire,. parler', penser, perce,..
voir' j pareillement, au sujet des sens extel'lles du corps, on dit
qu'on veut voir, qu'on veut entendl'e, qu'on veut manger, boire et
savourer; qu'on veut odol'er, qu'on veut marcher, converser, jouer,
et ainsi du reste; dans chacune de ces choses la volonté est encOI'e
J'~gent, ~r si elle. élait relirée, il y aurait 1\ nTlstant an'êl, et c'est
aussi par la volonté qu'elles cessent. Que la vqionté spit l'all-lOur
de l'homme dans une forme, on le voit cl~\rement en ce que tout
phlisir, tout agréIl)ent, tant charme, tout honheur, toute béatitude,
choses qui appartiennent aussi il l'amour, sont de même senties et
pel'çues; qu'elles appartiennent aussi à la volonté, Celil ~~t évid,ent,
car tout ce qui est plaisil', agrément, chal'me, bonheur et héatitude,
l'homme le veut aussi, et même en en parlant il dit qu'il veut;
}'hornm,r- pade de même du bien et qu vrai, car' ce qu'il ain;Je, il
l'ilppelle bien et J~ fait par conséquent chose de sa volonté; et ce
qui confimle le bien de son amolli' ou de sa, volonté, il l'appelle
vrai, et ill'a,ime aussi el. veut le penser et en parlet'• .(tu sujet W.ême
de tont ce qu'il souhaite, ambitionne, désire, appète, c~erche, et
de tout ce à quoi il tend, l'homme dit qu'il veut, parce que tout
cela appm'lient il son amoul'; car il veut ce qu:i1 sOll~ai\e, par'ce
qu'il l'aime; il veut ce qu'il ami;Jitionne et désire, pal'ce qiu'i1 l'ai­
me; il veut c'e qu'il appète et cherche, pal'ce qu'il l'aime ; et il veut
Ge il quoi, il tend, et il y tend, parce qu'il l'ili.nJe. D'après celll, op
peut roil' que la yolonté ell'~mour, on la voJonté et I:affection chez
l'homme &ont un, Pot qu,~ la volonté, pnisqu:~II,e est l'ilmour, est
seulement la vie de J'ilmollr, el qu'elle est l'hw~me même; q.ue la
v<>Jonté soit aussi la vie de l'entendement <le l'homme, et par' suite
la vie d~ sa penste, cela sera confirmé dans ce qui suit. Si,rhomme
jgnor~ que la volonté est l'homme même, c'~st par la même c~llse
d'après laql),elle il ignore que l'amour ou l'affection est J'homme
mên1e; chacu,n a~ssi fait a,vention aux chos,es qu'i1 1 voit ou sent~
mais nQr il I~ vie, âme ou essence, d'après laquelle ill voit e~ sent;
celle-~i est c~chée illtél'ieurement dans les sensitifs, et l'homl).l~
naturel ne porte pas si\pensée jusque là; il en P$t a~ltrAment de
3â DU DIVIN AMOUR.
l'homme spiri'tuel, 'parce que ce n'est pas le sensitif qui est l'objet
de sa sagesse, mais c'est l'essentiel qui est dans le sensitif, et
qui en soi est spirituel aussi: de là vient que plusieurs disent que
la pensée est le tout de t'homme, et qu'elle est l'homme même, ou
que l'homme est homme parce qu'il pense, 100'sque cependant le
tout de sa pensée est l'affection; retit'e de la pensée l'affection, et
tu seras une souche. L'homme qui esf rationnel d'après le spiri­
tuel, qui sait ce que c'est que le bien et le vrai, et pal' suite ce que
c'est que le mal et le faux, peut connaltre, d'après ce qui a été dit,
quelles sont ses affections, et quelle est son' affection dominante;
car il yen a autant d'indices qu'il ya de plaisÎl's de la pensée, du
langage, de l'action, de la vue, de l'ouïe, et qu'il y a d'ambitions,
de désirs et d'intentionS; mais qù'i\ y mette une attention sérieuse,
et qu'il réfléchisse.
XIX. 'Aimer, dans la Parole.• c'est {aire des usages. C'est
parce qll'aimel', c'est vouJoir~ et que vouloir, c'est faÎl'e; qu'aimer,
ce soit vouloir, cela vient d'êlt'e confil'lllé; mais que vouloir~ ce
soit faire, cela va être confirmé ici : La volonté, considél'ée en elle­
même, n'est pas l'amour, mais elle en est le l'éceptacle, et un tel
réceptacle, que non-seulement elfe reçoit l'amour, mais qu'elle
s'imbibe aussi de ses états, et revêt des fOl'mes en l'apport avec
eux; cal' tout ce qui appartient à la vie de l'hommeintlue, parce
que l'homme est, non la vie, mais uri récipient de la vie, par con­
séquent il appartient réciproquement à l'amour, puisque l'amour est
la vie; cela peut être illustré par les sensoria de l'homme; en effet,
l'œil est le téclpient de la lumière, mais il n'est pas la lumière, ayant
dès lors été formé pOUl' recevoir loutes les val'iétés de la lumière; ('o­
reille est le récipient du son, de sa modulation et de son articulation,
mais elle n'cst pas le son; pareillement les autres sens externes de
l'homme; il en est de même des sellsoria internes, qui sont mo­
difiés et mis en aClion pal' lalumière et la chaleur spil'ituelles; pal'
.conséquent, il 'en est de même de la volonté, en ce qu'elle est le
réceptoire de la chaleur spirituelle qui, dans son essence, est l'a­
monr; ce ;'êceptoire est partout dans l'homme, mais 'dâns ses pre:'"
miers il est dans les cerveaux'; ces premiers, ou principes ou chefs,
sont ces substances qui y sou! appélées c61'ticales et cendrées;
c'est de ces substances que la volonlé descend de 10llS côtéS pal' les
DU DIVIN AMOUR. 35
tiLll'es, comme pal' des l'ayons, dans toules les palties de la face et
dans toutes celles du corps, et qu'elle y tournoie et circule selon sa
forme, qui est la forme spirituelle-animale, dont il a été ques..:
tion ailleurs: ain'si toules et chacune des choses y sont mises en
action, depuis les premiers jusqu'aux derniers, et dans les. der­
Iliers elles s'établissent effets, On sait que tout est mis en mouve'­
ment' par un effol't, et que l'effort cessânt, le mouvement cesse;
ainsi la vblonté de l'homme est .l'effort vif Mns l'homme, et elle
agit dans les derniers pal' l'intermédiiiil'e de fibres et de nerfs, qui
en eux-mêmeS' ne'sdnt que ,de per'pêtuels efforts continués 'dèpuis
les principes dilns les cerveaux jusqu'aux derniers dans les corpo­
rels, où les efforts deviennent des actes. Ces' choses ont été 'j'ap­
portées, afin qu'on sache ce que c'est que la volonté,'et qu'elle est
le réceptacle del'Ilmour, dans un perpétuel effort d'agir, lequel
effort est excité et déterminé en actes pal' l'am'our qui inllùe et qui
est reçu,
De la maintenant il suit qu'aimer c'est faire, parce que c'est
voutoir; car tout ce que l'homme aime, Hie veut; et ce qu'i! veut,
il le fait s'il est possihle ; et s'il ne le fair pas, parce que ce n'est
pas possihle, néanmoins cela est dans un acte intédeur qui· n'est
pas manifesté; ca,' il ne peut yavoÎl' chez l'homme aucun' effort ou
aucune volonté, à moins qu'elle ne soit àussi dans les dernièrS ; et
lorsqu'elle est d'ans' les del'lliel's, elle est darls un· acte intériEml';
mais cet acte n'est pas perçu par un a"utre, ni par l'homme lui­
même, pal'ce qll'il' existe dUlls son esprit, et c'est de là que la vo­
10ilté et l'acte sont un, et que la volonté est l'éputée pOUl' le fait;
cela n'est pas ainsi dans le Monde naturel, pai'ce que l'acte inlé­
l'ieur de la volonté ne s'y manifeste pas; mais cela est 'ainsi dans
le Monde spirituel, où il se manifeste; car là tous agissent selon
leurs.amourS; ceux qui sont dans l'amour céleste àgissent saine­
ment; ceuxquj' sont dans l'amour infernal, follement; et si pal'
quelque crair,te ils n'agissent pas, leul' volonté est intérieurement
active; ils laconliennent pour qu'elle n'éclale point', et cette action
ne cesse qU'en même temps que la volonté; puis donc que la vo­
lonté'et' l'aCle SOrltun, et que la volonté est l'effort de l'amour, il
s'ensuit (lue, dans la Parole, pal' aime!' il n'est pas'enlendu oulre
chose que faire; qu'ainsi pal' aimer' le Seigneur' et aime\' le pro­
3li DU DIVIN AMOUR,
cbain il est enten~l,u, fa~l'e des usages pour le prochain, d'après l'a­
mour qui vient du Seigneur'; qu'il en soit ainsi, le SeigneUl' l'en­
seigne Lui-Même, dans Jean: c( Colui qui fl me,~ préceptes et lelf
fait, (',' est relui-/t't qui M'aime; mais celui qui ne M'aime pm:,.
mes, paroles, ne garde pas, 'l-Xn{. 21i, 2ll.-Dans le, Mê,me:
" Demeurez dans mon amour; ,~i mes r,ommandements ;.. OUJI
gardez. l,'01lS demeurerez d{fn,~ mon amour. Il - XV. 0, 10.j
- m" dam; le Même, le Seigneur dit trois fQis à Piel'Iie : (( M'ai­
mes-tu? Il et Irois fois Pierre répon,dib qll'il I.'aimait; et le Sei...
gneul~ lui dit trois fois: Il Pais mes ngn,etlu:r: et me,~ brebis. I l ­
XXI., 15~ 16, 17• .,.......·11 Yq nlls~i den:< choses qui,n,e pen,vent être!
séparées,; ~es den,Xi choses sonll'lJtt'e et l'exislel'; l'êtl'e n'est p3!~,
quelql1e chQse s'ij, n:ex,iste, pas; et i.I de\',ient quelque chose pa,r.
J'existe,~: il en tls.L de même àrl'~gal'd d.'aimer et'de faire, ouà l'é·
gllrd de \Jouloil' et, d~a.gil1; il n'est pas donné d'aimer et de ne pas
fair'e, ni de vouloir et de ne pas llgir; car aimer et vouloir n~e~is­
tent point, lJ)aisj pal' taire ct agir ils existent; c'e.<;t pourquoi" Jors­
qUfll'hemme fait et agit, il y a a,lors se.ulement amour et, volon.té.,
C'est ainsi; et nonl autrement, que le Seigneur est aimé et qlJ(~, le
pl'o«hain est aimé.
XX.' T/nmour prodllilla rhaleur. C'est parce l'amour est la
vie même et la, force vive de loutes les choses qui son1 dans Je
Monde, enlier; l'ol·igine de tOIlS les efforts, de. toutes les forces, de
toules les actiiVités et de tous les mouvemepts, n'y v,ient pas d'au­
tre part ql.le du Di~'in Amour, qui est le Seigneur, et qui dans,les
Cieux de\~ant les Anges appar'ait comme Soleil;, qu'autre chose
soit l'amour eLautœ chose la chaleur, on le voit cla,irement par la
différence de l'un et de l'aull'e dans l'Ange et dans l'homme:
D'après l'amou,'" l'Ange veut et pense, il perçoit et est sage, i1,sel~t
intimement en lui la héatitude et la, félicité, et aussi il aime; fla­
reillement l'homme;, c'est là ce qu'ils ép,'ouveuh danslleur, mental;
maiS'dans Je Ilorps ils sentent J'un el l'autl'e quelque chose de chaud,
et cela sans béMi[nde el, sans f~licité; cle là il est évident que la
chaleur est, un ~ffet de l'activité de la vie ou de l',amour; que, la
chaleur'soit uu effet1 de l'amour" on! peut le, voil'par· heaucoup, de
choses; pal' exemple: L.'homltle par' les inHmes s'pch:llIffe selon
lesllllloUl'S cle sa vie, même an milieu rie l'hil'er', cl la chalcul' dn
"

DU DIVIN AMOUR, 37
soleil du Monde n'a rien de commun avec cette chaleur; selon que
son amour augmente, il bouillonne, il brille et s'enflamme; et se­
lon que son amour diminue, il languit, devient froid et meurt;
ainsi, absolument selon les activités de l'amoul' de la vie. Il en est
aussi de même chez les animaux de la tene et chez les oiseaux du
ciel; les uns et les aull'es ont parfois plus chaud dans le milieu de
l'hiver qu'au milieu de l'été; cal' leur cœur alors tressaille, leur
sang houillonne, .leul's flol'es sont tièdes, et tout ce qu'il y li. de
plus petit en eux avec ce qu'il y a de plus grand l'cmplit sesfonc­
tions vitales, et la chaleur ne lui vient pas du soleil, mais elle vient
de la vie de leOl' âme, qui est l'affection. Si l'amour produit la
chaleur, c'est parce qu'il est la vie de toutes les forces dans l'uni­
vers, et cette vie ne peut entl'el' dalls les substances
, récipientes,
qui ont été créées, si ce n'est au moyen d'un actif qui est la cha­
leur. Le SeigneuI', dans la cl'éation de l'univers, s'est prépal'é de­
puis les premiers jusqu'aux derniers tous les milieux, par lesquels
en tout degré il proùuit des usages; et le milieu universel et le
plus pl'ès de la conjonction cst la chaleut', dans laquelle peut exis­
1er l'essence de l'activité de l'amoul', Comme la chaleOl' existe par

l'amoul' du pl'ochain, c'est pOUl' cela qu'il y a cOl'l'espondallce entre
l'amouI' et la chaleUl', cal' il y a colTespondance entre loute cause
ct son effet; c'est d'apl'ès la c01'l'espondance que le Soleil du Ciel.
qui est le Seigneur. apparall comme de feu, et que l'amour qui en
pI'ocMe est pel'çu pal' les Anges comme chaleul'; que, pareillement.
la Divine Sagesse du SeigneuI' dans les Cieux appal'ait comme
lumière, et que la face du Saigneut', quand il s'est transfiguré, a
resplendi comme le soleil,- Manh. XVU. 2. - C'est d'apl'ès cette
cOITespondanœ, que le saint de l'amoul' du SeigneuI' a été l'epl'é­
senté pal' le feu de l'aulel, et pèi'l' le feu dans les lampes du cbande­
liel' dans le tabernacle; que le SeignouI' est appal'U dans le feu SUl'
la montagne du Sinaï, el dans tlne Hamme de feu pendunl la nuit
SUI' le label'nacle; et que pal' suile plusieul's nations onl eh un feu
sacré, et ont étahli pOUl' le garùel' des vierges ~ui ont été appelées
Veslales. C'est d'àpl'ès celte COI'l'espondancc 1 que ,dans la, Pal'ol'e,
en plusieurs passages, pal' le feu et pal' l'a /Ianllne· il est entendu
l'amoul'. C'est allssi d'après uue pel'ception inlél'ieul'e de celle COI'.
l'espondance, que nous prions' que le feu sacré emol'ase 1I0s OO;UI':;,
38 DU DIVIN AMOUR.
et par cereu nous entendons un sailltamour. C'est d'après cette
même correspondance, que l'amour. céleste, dans le Ciel, apparatt
de loin comme un feu; aussi le SeigneUI' a-t-il dit que les justes
brHlerontcomme le soleil dans le Royaume du. Pèl'e, - Matth.
XIII. 113. ~ C'est de même d'après elle, que, dans l'enfel', l'a­
mour infel'1lal apparaH de loin comme un feu, Voir, dans le Tl'ailé
DU CIEL ET DE L'ENFER, les· Not 566, 575.
XXI. Le Divin Amour, qui est la vie m4me, produit, au
moyen de la chaleur, les formes spirituelles animales avec
toutes et chacune des choses qui sont en elles. II y a dans le
commun deux formes que le Seigneur CI:éateur de l'univers a pro­
duites, dans les derniers et dans les intimes du Monde, par. son
soleil q~i est leDiv,in Amour et la vie.même : La forme animale et
la forme végétale..Par les formes animales sont entendus les ani­
maux de tout genre, le& hommes et les Anges; et p~r les formes
végétales sont entendus les végétaux de tout genre, comme al~bres,
plantes et fleurs; il a déjà été question de ces deux formes; mais
comme il s'agit ici du Divin Arnoul' d'après lequel.toutes.choses
ont été créées, et ,d'après lequel aussi toutes choses depuis la créa­
tionsont pel'pétnellement formées, il m'est permis de rapporlei'
encol'e .ici quelque chose sur la première forme, qui est la forme
animale. Le Divin Amour, qui est la vie même, d'àprès son Au­
teur, qui est le Seigneur, n'a pas dans, son.sein d'autre butquf'lde
créer et de fo'rmer des images et des ressemblance$. dll :lui-même,
qui sont les hommes, et d'après les hommes les Anges, puis aussi
de revêtil' d'un corps correspondant les affections de tout genre,
qui sont les animaux; toutes ces fOI'mes, tant les parfaites que les
impar'failes, sont des formes de l'amour, et sont semblables quant
à la vie dans les externes, qui consiste en ce qu'elles veulent se
mouvoil', marcher,. agi l', voir, entendre, odorer, goûtel', sentil',
manger, boire, se cODsociel' et se multiplier; mais dissemblables
quant à la vie dans les internes, qui consiste en ce qu'elles veulent
penser, vouloir, parler, savoir, comprendre, être sage, et trouvel',
dans ces actes du plaisil' et de la béatitude; ces formes-cL sont les
hommes et les Anges, mais les autres sont des êtres animés de
plusieurs genres. Pour que ces facultés existent dans l'effet et dans.
l'usage, elles ont été faites et admir'ablement organisées de sub­
DU DIVIN AMOUR. 3l}

stances et de matières créées. Que le Seigneur, qui est homme,


ainsi que son Divin Amour, qui est la vie même, les ait formées
de son spirituel pl'océdant de Lui comme Soleil, c'est ce qui est
manifeste en ce qu'elles sont des Ames vivantes et des affections, et
que toutes, tant les imparfaites que les parfaites, son t semblables
dans les extel'lles. A moins d'être myope, ou nyctalope, ou d'avoir
une amaUl'ose sur les yeux, qui 'est-ce qui ne peut voir que de
telles choses ne viennent pas d'autre part? Élève ta raison un peu
au-dessus du fond de la nature, et tu le goûteras. Que la cha­
leur soit le moyen de formation, c'est ce qui est connu pal' le bain
dans lequel est l'embryon dans, l'utél'us et le poussin, dans l'œuf.
Si l'on croit que ç.'est la chaleur d~ soleil.du .Monde qui pl'~duit,
. c'est d'apl'~ un mental aveuglé par l~~ illusiQnsde~,sens du corps;.
la chalelll'. de ce soleil ne fait rien plus qu'ouvrir les extrêmes de,s
corps, ou les parties cutanées, pour que la chaleur interne puisse
même y influer; car ainsi la vie, vient dan,s un plein effet depuis les
pl'emiers jusqu'aux derniers, et c'est de là que chaque année, dans
la saison du printemps et de l'été, les aniUlaux de la tene et les
oiseaux du ciel entrent dans les fonctions, les devoil's et les plai­
sirs de leur prolification, et les l'enouvellent; B.en est autr;ement
de l'homme, chez lequel la chaleUl' ~rQvenant de l:amour intél'ieur
est excitée par les charmes des pensées, et qui a des vêtements
pour chassel' le froid l'épandu dans les pal'ties cutanées, qui sont
les extrêmes du corps.
DE LA

DIVINE SAGESSE

I. La Divine Sagesse, dans les Cieux, apparait comme lu­


mière devant les yeux des Anges. Dans le Seigneul', il ya l'a­
mOUf et il y a la sagesse; l'amour en Lui est l'être, et la sagesse.
en Lui est l'exister; cependant ces choses en Lui sont, non pas
deux, mais un; cilt" la sagesse appartient à l'amoul', et l'anloU1'
appartient à la: sagesse; t'est pal' celle union, qui estl'éCiproque,
qu'ils deviennent un, et cet' un est le Divin Amoul' qui dans les
Cieux apparaH devant les Anges comme Soleil; l'uni'on récijlfoque
de la Divine Sagesse et du Divin Amotll' est entendue pal' ces pa­
roles d'Il Seigneur: II Ne crois-tu pas, Philippe, que Moi (je
suis) dans le Père, et que le Pere (est) en Moi? Croyez-hloi
q1,J.e Moz' (je suis) dans le Père, et (lue le Père (esl) en Moi. J)'
- Jean, XIV. 10, 11, - Et pal' celles-ci: (1 Moi et le Père
nous sommes Urt, Il - Jean, X, 30. - Mais ces deux, qui dans
le Seigneur sonl un, pl'ocèdenl de Lui comme Soleil comme deux
choses dislinctes, la sagesse comme lumièl'e et l'amoul' comme
chaleur; mais elles procèdent distinCles quant à l'appal'E;nce, en
elles-mêmes cependant elles ne sont pas distinctes, cal' la lumière
appal'lient à la chaleU!' et la chaleur appartienl à la lumière; en
etM, elles sont un dalls le plus petil poinl ainsi qu'elles le sont dans
le soleil, cal' ce qui pl'ocMe du soleil eSl aussi le soleil dans les
choses les plus pelites, et pal' suite univel'sellellJeol en tout; il est
ditlOut poiut elle plu::. petit, mais il n'esl cutenf11l ui lin point ni
le plus petit de ['espace; Cil e~'et, dans ce qui esl Divin lln'y a pas
d'espace, cal' ce qui est Divin est spirituet et non pal) nalurel.
Puisquè du Seigneur comme Soleil pl'ocèdcntla sagesse ell'amoul'
cOlUmt: deux choses distincles qUallL à l'apparence, la sagesse sous
D"~ LA. DiVINE SAGl':SSE. 41
une forme de lumière, et l'amour sous une perception de chaleur,
e'est pour cela qu'elles sontl'eçues par les Anges comme étant dis':'
tinctement deux; les uns rel/oi"ent en plus gl'ande abondance la cha­
leur qui est l'amour, et les autres la l'umièl'e qui est la sagesse;
e'est même pour cela que les Anges de tous les Cieux sont distin­
gués en deux Royaumes; ceux qui ontl'eçu plus de chaleur qui est
l'amour, que de lumière qui est la sagesse, constîLuent l'un de ces
royaumes, el sont nommés Anges céleste:); ce sont eux qui com­
posent les Cieux suprêmes; ceux qui oilt reçu plus de lumière qui
est la sagesse, que de chaleur qui est l'amour, cQnstïLu'ent l'autre
royaume, et sont nommés Anges spirituels; ce sont eux qui con­
stituent les Cieux infél'ieurs. Il esl dit que ceux-ci ont plus l'eçu
de lumière, qui est la sagesse, que cIe chaleur qui est I;amoul';
mais ce plus est un plus en appal'ence, cal' ils ne sont pas sages
plus que selon que l'amour chez eux fait uil àVec la sagesse; c'est
aussi pour cela que les Anges spirituels sont appelés intelligents, et
non pas sages. Ceci concerne la lumière dans le Seigneur, et d'a­
près le Seigneur, et dans les Anges. La Divine Sagesse qui, dans
les Cieux, appal'all comme lumièl'e, dans son essence n'est pas lu­
mière, mais elle se revêt de lumièr,e, afin qu'elle apparaisse aussi
devant la vue des Ange.~. Dans son essence, la sagesse est le Divin
Vrai, et la lumière est son apparence et sa correspondance; il en
est de la lumièl'e de la sagesse comme de la chaleur de l'amour,
dont il a été question ci-dessus. Puisque la lumière correspond à
la sagesse, et que le Seigneur est la Divine Sagesse, c'est aussi
Ilour cela que le Seigneur, dans la Pal'ole, est appelé Lumière dans
beaucoup de passages; par exempte, dans les suivants: (( Il était
la lumière l)éritable qui éclaire tout homme venant dans le
monde. li - Jean, J. 9. - « Jésus dit " M Ol~ je suis la lumière
4u monde; celui qui tll e suit ne marche"Q point dans les té­
nèbres, mais il aura la lumière de la vie. 1) - Jean, VIII. i2.
_ (e Jésus dit: Encore un peu de temp,~ la lumière est avec
l'OU,~ ; marchez tandis que la lumière vous avez, de peur que
le.~ ténèbres ne vous surp,'ennen t. Tandis que la lumiè,'e vous
avez, croyez ·en la lumière, afin que fils de lumière vous soyez.
Moi, Lumière, dans le monde je .~uis venu, afin que quiconque
(Toit en Moi dans les ténèbres ne demeure point. Jean,
1) -

Il.
&2 DE LA DIVINE SAGESSE.
XII. 35, 36, &6; - et dans plusieurs endl'oits ailleul's. Sa Di­
·vine Sagesse a été aussi repl'ésentée par ses vêtements, lorsqu'il
s'est transfiguré; Cl ses vêtements apparurent comme la lumiè­
re, resplendissants et blancs comme de la neige, tels qu'un
foulon SU1' la terre ne peut blanchir. » - Marc, IX. 3. Mallh.
XVII. 2; - dans la Parole, les vêtements signifient les vl'ais de
la sagesse; aussi tous les Anges dans les Cieux apparaissent-ils
vêtus selon les vrais de leuI' science, de leur intelligence et de leur
sagesse. Que la lumière soit l'apparence de la sagesse; et qu'elle
en soit la correspondance, cela est évident dans le Ciel et non dans
le Monde; cal' dans le Ciel il n'y a d'autre lumièl'e que la lumière.
spirituelle, qui est la lumièl'e de la sagesse, éclairant toutes les
choses qui d'après le Divin Amour y existent; pal' la sagesse les
Anges p~uvent les compl'endre dans lem' essence, et par la lumière
les voir dans leur forme; aussi dans les Cieux la lumière est-elle
chez les Anges dans un même degré que la sagesse; dans les Cieux
suprêmes, ily a une·lumièl'e de flamme qui brille comme si elle
émanait·de l'or le plus resplendissant; et cela, pal'ce que les Anges
sont dans la sagesse; dans les Cieux infél'ieurs, il ya une lumière
blanche qui brille comme si elle émanait de l'argent le mieux poli;
et cela, parce que les Anges sont dans l'intelligence; et dans les
Cieux infimes, il y a une lumière comme la lumière du Monde en
plein midi; et cela, pal'ce que les Anges sont dans la science; La
lumière des Cieux supérieut's est éclatante absolument comme se
mon~re ulle étoile qui brille et resplendit en elle-même pendant la
Iluit; et il y a continuellement lumière, parce que le soleil ne s'y
coucbe point, C'est celle même lumière qui, dans le Monde, illustre
l'entendement de ces bOrl)mesqui aiment à être sages, mais elle ne
leur apparatt point, parce qu'ils sont natul'els et non spirituels;
elle peut apparattre, car elle m'est apparue, mais devant les yeux
de mon esp.rit; il m'a aussi été donné depel'cevoir que, dans la liI­
mière du Ciel supl'ême, j'étais dans la sagesse; dans la lumière du
second Ciel, dans l'intelligence; et dans la lnmière du demier Ciel;
dans la science; et que quand je me trouvais seulement dans la lu­
mièl'e naturelle, j'étais dans l'ignorance des choses spirituelles.
POUl' que je susse dans quelle lumière sont aujourd'hui les él'u­
dits dans le Monde, il me fut présenté il la vue deux chemins; l'un
DE LA DIVINE SAGESSE. f.3
était. appelé le ,chemin de la sagesse, él l'autre le chemin de la fo-
lie; au bout du chemin de ta: sagesse était lIn palais dans la lu-
mière, mais au bout du chemin de la folifl il y avait quelque chose
qui ressemblail à un palais, mals dans l'ombre; des érudits fUJ'ent
l'assemblés au nombre <le lrois cents, et on leur accorda de choisil'
le chemin pal' lequel ils \'oudmient allel'; et l'on vit que deux cent
soixanle elltraienl dans le chemin de la folie, et seulement quarante
dans le chemin de la sagesse; ceux qui pl'Î\'enlle chemin de la sa-
gesse entraient dans le palais de lumière où élaient des choses ma-
gnifiques, el on leu l' donna des vêlements de fin lin, et ils devin-
rent des Anges; ceux, au contrait'e, qui prirent le themin- de la
folie voulaient enll'er dans ce qui l'essemblait à un palais dans
l'ombre, 'fiais voici, c'était un théâtre d'histrions, où ils se vêti-
l'ell! "d'habits de comédiens', et ils déclamaient couverts de masques,
et ils devi1ll1enl insensés, Il me fut dit ensuite qu'il y avait aujour-
d'hui autant et de semblables érudits insensés qui sont dans" la lu-
mière naturelle, par rapporl au nombl'e d'érudils sages qui sont
dans ta lumière spil'itnelle; et que la lumièl'e Spil;iluelle esl pOUl'
ceux qui aiment à comprendre si ce qu'un autre dil est vrai, tandis
que la lumière nalUl'élle est p<\ul'.ceux qui aiment seulement con-
firmer ce qui a élé dit pal' d'aulr'es,
IL Le Seigneur a créé chez {' homine et ensuÜ'e forme
chez lui un receptacle de l'amour, lequel est sa volonté, et il
y adjoint un réceptacle de la sagesse, lequel est son entende··
ment, Puisque dans le Seigneur il ya deux choses, et que ces deux
choses, ['amoul' el la sagesse, pl'ocMent de Lui, et puisque l'homm'e
a élé créé pour qu'il en soilla ressemblance et l'image, res'sèluhhmce
pal' l'amour, et image pal' la sagesse, c'est pOli l' cela que chez
l'homme il a éle créé deux réceptacles, l'Un pour l'amolli' et l'aU-
tre pour la sagesse; le réceptacle de l'amour es! ce qu'on app.elle
la volonté, et le réceptacle de la sagesse ce qu''ôn appelle ['enten-
dement; l'homme sait que ces deux chOses sont chez lui, mais il
ne sait pas qu'elles ont été conjointes de la même manièl'e qu'ellcs
le sont dalis le Seignellli avec celte diffél'ence que dans le SeignAur
elles sonl ia vie, tandis que dans l'homme elles sont les réceptacles
de la vie, On ne peut développel' quelles sonl leUl's fOl'mes, pal'ce
que ce SOllt des formes spil'ituelles, et que les choses spirilu'elles
ah DE LA DIVINE SAGESSE,
sont h'anscendantes; ce sont des formes au dedans de formes, s'é­
levant jusqu'au troisième degl'é, innombrables, discrètes, mais
toutefois unanimes; toutes ces formes, réceptacles de l'amour et
de la sagesse, ont leur origine dans les cerveaux; là sont les com­
mencements et les têtes des fibl'es, pal' lesquelles leurs efforts et
leurs forces découlent vers toutes les choses du corps, tant les su­
périeures que les infél'ieures, et s'établissent sens dans les organes
des sens, mouvements dans les organes du mouvement, et fonc­
tions de nutrition, de chylification, de sanguinification, de sépal'a­
lion, de répurgation et de prolification, dans les autres organes ;
ainsi, usages spéciaux dans chacun de ces organes. Ces choses
étant données comme préliminaires, on verra que ces formes.
qui sont les. (eceptacles de l'amour et de la sagesse, exjstent en
premier lieu chez l'homme conç.u et naissant dans l'utérus; que
d'elles par le continu sont lil'ées et produites toutes les choses du
corps, depuis la tête jusqu'aux plantes des pieds; que leurs pro­
ductions se font selon les lois de la correspondance, et que c'est
pour cela que toutes les choses du corps, les intel'lles et les exter­
nes, sont des correspondances. Ces formes, qui sont les récep­
tacles de l'amour et de la sagesse, existent en premier lieu
chez l'homme conçu et naissant dans l'utérus: on peut le voir
par l'ex périence, et le conDl'mer par la raison; par l'expérience,
d'après les premiers rudiments des embryons dans les utérUs après
la conception, et aussi d'après les rudiments des poussins dans les
œufs après l'incubation; ces premièl'es fOl'mes ne se montrent pas
elles~mêmes à llœil, mais on aperç.oit leurs premières productions
qui conslituent la tête; que la tête soit plus grosse dans le com­
mencement, on le sait; et l'on sait aussi que de la tête est projetée
une toile pour toutes les choses dans le corps: d'après cela, il est
évident que ces fOl'mes sont les commencements, Par la raison, en
ce que toute cl'éation vient dll Seigneur comme Soleil, qui est le Di­
vin Amour et la Divine Sagesse, d'après lesquels il y a création de
l'homme; la formation de l'embl'yon et de l'homme-enfant dans
l'utérus est à l'instar de la création, et se nomme Génération,
parce qu'elle se fait per traducem; il suit de là que les pr'emières
formes, surtout chez l'homme, sont des réceptacles de l'amoul' et
-de la sagesse, et que la création des autres parties qui constituent
DE LA DIVINE 5AG~SSE. ho
l'homme se fait par ces formes; en outre, aucun effet n'existe par
soi-meme, mais tout effet existe par une cause antérieure qui est
appelée efficiente; et celle-ci existe, non par soi-meme, mais par
une cause qui est appelée fin, dans laquelle tout ce qui suit est en
effort et en idée, en effol't dans le Divin Amour et en idée dans la
Divine Sagesse, lesquels sont la fin des fins. Cette vél'ité sel'I
vue plus pleinement dans ce qui va suivre.- De ces formel par
le continu sont tiries et produites toutes les choses du corps,
depuis la Utejusqu'aux plan~es des pieds: on peut aussi le \'oir
par l'expél'ience, et le confirmel' pal' la raison; par l'expérience,
en ce que de .ces fOl'mes primitives sont tirées des fibres vers les
organes des sens (organa sensoria) de la face, qui sont appelés
yeux, ol'eilles, narines et langue; puis, vers les organes moteurs
(organa motoria) de tout le corps, qui sont appelés muscles; pa~
reillement vers tous les viscères organisés qui servent aux diffél'ents
usages dans le corps; toutes ces choses, tant les \'iscèl'es que les
organes, sont de pm'es contextul'es de fibres et de nerfs qui effiuen'
de l'un et de l'autre cel'veau et de la moelle épinière; les vaisseaux
sanguins eux-memes, par lesquels se font en mQme temps les con­
textQres, sont aussi composés de fibres qui ont là leur origine. Qui..
conque a des connaissances en anatomie peut voir que tout autour
du cel'Veau, puis au dedans du cerveau, ainsi que dans le cervelet,
et dans la moelle épinière, il y a de petites sphères, comme des
molécules, appelées substances et glandes col'ticales et cendrées, et
que toutes les fibres, en quelque nombre qu'elles soient dans les
cel'Veaux, et tous les nerfs qui en sont formés, en quelque nombl'e •
qu'ils soient dans le corps, sortent et procèdent de ces petites sphè­
res ou substances; ce son~ là les formes initiales dont sont tirées et
produites toutes les choses du corps, depuis la tete jusqu'aux plantei
des pieds. - Par la raison, en ce qu'il ne peut pas y av{)il' de fi­
bres sans origines, et que les parties organiques du corps pl'oduites
par des fibres diversement compliquées sont des effets qui ne peu­
vent par eux-memes vivre, sentir, ni se mouvoir, mais qui vivenl,
sentent et se meuvent par le continu d'après leurs ol'igines; soil
une illustration pal' des exemples: L'œil voit, non par lui-meme,
mais par le continu d'après l'entendement; l'entendement voit par
l'œil et meut aussi l'œil, il le fixe vers les objets et y élend sa pé­
46 lΠLA DIVINE SAGESSE.
nétralion (intendit aciem). L'ol'eille aussi entend, non par" elle­
même, mais pal' le continu d'après l'entendement; l'entendemént
entend pal' les oreilles, et les fixe aussi, il les dresse et les tend
"ers les sons, La langue aussi pal'1e, non pal' elle-même, mais d'a­
près la pensée de l'entendement; la pensée parle par la langue, et
elle varie les sons et élève leurs' modes à volonté. JI en est de même
des mnscles, ils ne se meuvent pas pal' eux-mêmes; mais la vo­
lonlé, d'accord avec l'entendement, les meut et les fail agit' comme
il lui plal!. D'après cela, on voit qu'il n'y a j'ieu dans le corps qùi
sente et s~ meuve par soi, mais que loutesses parties sentent et se
meuvent d'après leuI's origines, dans lesquelles résident l'entende­
ment et la volonté, et qui sonlpar conséquent dans l';homme les
réceptacles de l'amotir et de la sagesse; puis aussi, que ces origines
sont·les premièl'esformes, et que les organes, tant ceux des soos
que ceux des. mouvements, sont des forrnes qui .procèdent des pre­
mières; car c'est selon la formatio.n que se fait l'influx, qui va, non
"as des formes secondes dans les premières, mais des premières
ùans les secondes; car l'influx des premières dans les secondes est
l'inllux spil'ituel, et l'influx des secondes dans les premièl'esest
l'inllux naturel, qui est appelé anssi inllux physique. - Ces prcr
duclions se font selon les lois de la correspondance, et c'est
pour cela que to~tes les..choses du corps, les internes et les
externe,ç, sont. des corre.ç polldances. Ce que c'est que là corres.,.
pondance, on l'a jusqu'à présent ignoré dans le Monde, et cela,
parce qu'on a ignoré ce que c'est que le spirituel, et qu'.tYla.cor­
respondance ent.re le naturel et le spirituel ; quand quelque chose,
par le spirituel comme ol'iginc.et cause, devient visible et percep­
tible devant les sens, il y a alors cOlTespondance entre ce naturel
et ce spirituel; une telle corl'espoQdance ex iste. entl'e les spirituels:
et les natul'els chez l'homme; les spiriluels s.onl toutes les choses
qui appartiennent à son amom' et à sa sagesse, pal' conséquent-qui
appal,tiennent à sa volonté et à son entendement! et les Inalurels
sont toutes les choses qui appartiennent à son corps; comme c'eSt
pal' celles-là que celles-çi qnt existé et existent perpétuellement,
c'est-il-dire, subsistent, elles soct des·col'l'espondances,eL par cela
même font un, comme la fin, la cause et l'effet; ainsi la face fait
un ll\'ee les affections du menlal (fl/lilllus), le l~ngage avec la pen­
DE LA DIVINE SAGESSE. !Ji
sée, et les actions de tous les membres avec la volonté; il en est
de même du rl',ste. La loi univel'selle des correspondances, c'est
que le spil'ituel s'adapLe à l'usage qui est sa fin, qu'il fasse agir eL
modifie l'usage par la chaleur et la lumière, et que par des moyens
auxquels il a été pourvu il s'en revête jusqu'à ce qu'il devienne
forme servant à la fin, dans laquelle fOl'me le spirituel fait la lin,
l'usage la cause, et le naturel l'effet; mais, dans le Monde spil'έ
tuel, il yale substantiel au lieu du natul'el ; toutes les choses qui
sont dans l'homme sont de telles formes. Voir plusieurs détails
sur la cOl'respondance dans le Tl'aité DU CIE~ ~T DE L'ENFER,
N°s 87 à 102, 103 à H5; et sur les différentes cOl'l'espondances
dans les ARCANES CÉLESTÈS, où il es'! question de la corresPQlI-:
dance de la face et des aÏl's du visage avec les affections du mental,
N~1568,~988, 2989, 3631,4796,4797, 4880, 5165,5168,
5695, 9306; de la correspondance du corps, quant à ses gestes eL,
à ses actions, avec les intellectuels et les volontaires, Nos 2988,
3632, 4215; de la correspondance des sens dans le commun,
N°' 4318 à 4330; de la correspondance des yeux et de la vue,
N°s 4403 à 4420; de la cOl'l'espondance des narines et de l'odorat,
N°s 4624 à 463h ; de la col'I'espomiance des oreilles et de rouie,
N°s 4652 à 4660; de la correspondance de la langüe et du goo.t,
No' 4791 à 4805; de la correspondance des mains, des bras, des
épaules et des pieds, N°' 4931 à 4953; de la correspondance des
lombes et des membres de la génél'ation, No' 5050 à 5062; de la
cOl'responctance des viscères intérieurs du cdrps, spécialement de
l'estomac, du vagin, de la citerne et des conduits du chyle,
N°' 5171 à 5189; de la correspondance de la rate, N° 9698; de
la correspondance du péritoine, des reins et d,e 13, v~ssi.e, No' 5377
à 5396; de la correspondance de la peau et des os, N°' 5552 à
5573; de la correspondance du cartilage xipho~de, N° 9236; de
la correspondance de la mémoire des choses ahstraites, N° '6808;
de la correspondanèe des chose's matérielles, N° 7253 j de la cor­
respondance du Ciel avec l'homme, N°' 911, 1900, 1932, 29gè,
2998, 3624 à 3629, 3634,3636 à 3643, 37!11 à 3'745, 3884,
4041, 4279, 4523, 4524, 4625, 6013, 6057, 9279, 9632;
que la science des correspondances a été chez les Anciens la science
des sciences, surtout chez les Orientaux 1 mais qu'elle est aujour­
4~ DE LA DIVINE SAGESSE.
d'hui entièl'ement oblitérée, No' 30~1, 3li19, 4280, ft7!l9, 68U,
ft96lJ, 4965, 5702, 6004, 6692, 7097, 7729, 7779, 9301,
10252, 1Oft07; que sans la science des correspondances on ne
comprend ras la Pal'ole, N°' 2890 à 2893, 2987 à 3003, 3213
à 3227, 347~ à 348.5,8615,10687; que toutes les choses. qui
apparaissent dans les Cieu~ ~OIlt des cOlTespondances, N°' 1521,
1532, 1619 à 1625., 180ï, 1808, 1971, 1974,1977,1980,
1981, 2299, 2601, 3213' ~ 322~, 3348, 3350, 3457, 3485,
3i48; 9481, 9574, 9576, 95ï7; que toutes les choses qui sOllt
dans le Monde nalurel et dans ses lrois règnes cOl'respondent à
toutes les choses qui sont dans le Monde spirituel, N°' 1632, 18.81,
2758, 2890 à 2893,2987 à 3003,3213 à 3227, 3.ft83, 3624.
3649, ftOM, ft053, ftU6, 4366, 4939, 5116, 5377, 5U8,
5477,8211,9280. En outre, dans les ARCANES CÉLESTES il a élé
traité de Iii cOlTespondance du ~ens nalur€\1 de la Parole, qui est
le sens de sa lelLre~ avec les spirituels, qui sont l'amoUl' et la sa­
gesse dans le culle par le Seigneur, lesquels constituent sOn sens
interne; 011 voit,aussi celle corresponda,Qce confirmée da.ns la, Doo­
TRINE DE ~ ~OUVELLE JÉRUSALEM SUR L'ÉCRITURE SAINT~, No' {)
à 26, et en outre, No' 27 à 69. Poul'avoir une idée de la corres­
pondance de la volonté et de l'entendement" il fal,lt cOnsultef les
Articles ci-dessus indiqué~.
Ill. De la formation de l'homme dans {'l.!-térus par le Sei­
gneur, au moyen d'un influx dans ces çleux r.~cepta<;Ief. Puis~
que da~s la formation de l'homme dans l'Qt,érus les spirituels se
conjoig,nent aux n~turels, il y a plusieurs choses qui ne peu~ent
éll'e décrites, car les spirituels sont des, choses qui sont abstra.ites
des nalurels, d'où il résulte qu'!l n'y a pas 4e mo~s pour les ex­
primer dans le langage naturel, sil)on quelques e'lpressions géné­
rales que cel'taills hommes coropl'ennen~ ave~. plus d'intelligence
que d'auues hommes; par elles néanmoins e~ par des comp;lratifs
qui sont aussi des correspondanç~s, les points sui~ants, sel~Qnt ex­
pliqués : 1. Le Seigneur se conjQint à l'h.omme dans, l:uté~l!s de la
mère dès la première conception, e\ il le forme. ~~ 11 seconjoinl
dans ces deux réceptacles, dans l'un par l'amour, 'dans l'autre par
la sagesse. 3. L'amour et la sagesse fOrment ensemble et avec una­
nimité toules et chacune des choses, mais toujours est-il qu'cil elles
DE LA Dl VINE 5AGE5Sb:. 49
ils sont distincts. 4. Les réceptacles chez l'homme ont été dis­
tingués en trois degrés, l'un au dedans de l'autre, et les deux de­
grés supérieurs sont les habitacles du Seigneur, mais non le degl'é
infime. 5. L'un des l'éceptacles est pour la volonté de l'homme
fUtUI', et l'autre pour.son enténdement, et cependant il n'y a abso...
lument rien de sa volonté ni de son entendement dans la formation.
6. Dans l'embryon avantl'ellfantement il y a la vie, mais l'embryon
n'en a .pas conscience.
1. Le Seigneur se conjoint à t'homme dans t'Ut~r.U8 de la
mère dès la première conception, et il le forme.-Par 16861­
gnçur il est entendu ici, comme ailleurs, le Divin qui procède. de
Lui comme Soleil du Ciel où sont les Anges, Divin d'après leq,uel
et par lequel toutes choses ont été créées dans le Monde entier; que
ce Divin soit la vie même, cela a déjà été conlh'mé; que celle vie
même soit pl'ésellte dès la premièl'e conception et qu'elle forme,
cela résulte de ce que l'homme doit être formé pal' la vie même, i\lin
qu'il soit une forme de la vie, forme qui est homme; alin qu.'il so,t
l'image et la ressemblance de Dieu, laquelle aussi est homme; afin
qu'il s~it. un l'écipient de l'amour et de la sagesse, qui sont la vie
par le Seigneur, a,insi un récipient du SeigneUl' Lui-Même: que
l'homme soit dans le Seigneur, et le Seigneur en lui, et que le Sei­
gneur ai~sa demeure chez l'homme, si l'homme L'aime, c'est ce qu'il
enseigne Lui-Mêmé; le Seigneur se prépare cela dans l'utérus,
comme .on le verra dans la suite; c'est pourquoi, dans la, Parole,
Jéhovah ou le Seigneur est appelé Créateul', Formateul' et Facteur
dès l'utél'US,-,- Ésaie, XLII. 1. XLIV. 2, 24. XLIX. ô; - et dal)s
David, il est dit que SUI' Lui il a été jeté et appuyé dès l'utérus,
- PS, XXII. 2. LXXI. 6. - Tant que l'homme est dans l'uté­
l'US, il est dans l'innocence; de là son premier état après l'enfante­
ment est un état d'innocence, et le Seigneur n'habile chez l'homme
que dans son innocence, c'est pourquoi alors priucipalement quand
il est dans l'innocence; pareillement l'homme est alors dans l'étal de.
paix; si l'homme est alol'S dans l'état d'innocence et dans l'état de
paix, c:est parce que le Divin Amour et la DivÎl)e Sagesse sont
l'innocence même et la paix même, comme on peut le voir dans le
Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, No' 216 à 283, 284 à 290. Je
prévois que, lorsque tu liras ces choses, quelques doutes se pl'ésen­
50 DE LA DIVINE SAGESSE.
teront à l'esprit; mais lis entièrement jusqu'à la fin, et ensuite l'e­
cueille- toi, et les doutes dispal'aitl'ont.
2~ Il se conjoint daus ces deux réceptacles, dans l'un par
l'amour, dans l'autre par la sagesse. -'- C'est une conséquence
de l'MUcie précédent, où il a été confirmé que d'après ces deux
Jléceptacles ont été formées et produites toutes les choses du corps,
tant les internes que les externes, depuis la tête jusqu'aux pieds;
et comme les auspices et les commencements de toutes les parties
viennent de ces réceptacles, il s'ensuIt qu'il ya en eux le Divin qui
forme, et que par eux il est dans celles qui en sont les continua­
tions; mais IOI'squ'il est dans celles-ci et dans celles-là, c'est spi­
rituellement qu'il y est et non matériellement; cal' il est dans leurs
usages, et les usages considérés en elix-mêmes sont immatériels,
mais les choses indispensables par lesquelles les usages deviennent
effets sont matérielles, Ces premiers réceptacles qui sont les com­
mencements de l'homme sont du père, mais la fOl'mation au com­
plet est de la mère; en effel, la semence vient de l'homme; en lui
sont les vaisseaux spel'matiques et les testicules, dans lesquels la
semence est cohobée et décantée; sa réception est faite par la fem­
me, c'est dans son utérus qu'il y a la chaleur par laquelle elle est
fomentée, et de peLites bouches (oscula) pal' lesquelles elle est
nourrie; dans la nature, l'jen n'existe que d~aprèS une semence, et
ne croit que par la chaleur; dans la suite il sera dit aussi quelle
forme ont ces commencements qui appartiennent à l'homme.
Comme le pl'emiel' rudiment de l'homme est la semence, et qu~elle
est un double réceptacle de la vie, il est évident que l'Ame humaine
~
n'est pas la vie par la vie, ou la vie en soi, car il n'y a qu'une vie
unique, et cette vie est Dieu; il a été dit ailleurs d'où vient à
l'homme le perceptif de la vie; et comme il y a continuité des ré­
ceptacles à partir des cerveaux par les fibres dans toutes les choses
du corps, il est même évident qu'il y a continuité de réception de
la vie en elles, el qu'ainsi l'âme n'est pas ici ou là, mais -qu'eHe
est d'après ces réceptacles dans toute forme, non autl'ement que
comme la cause est dans les choses causées, et le principe dans les
principiés.
3. L'amour et la sagesse (01'me1it ensemble et avec unanz­
ml'Ié toutes ell'hacune des choses, mais toujolln est-il qu'en
DE LA DIVINE SAGESSE. 51
e/les ils sont distincts. - L'amour et la sagesse sont deux ehoses
distinctes, absolument comme la chaleur eL la lumière; la cbaleur
est sentie, pareillement l'amour; et la lumièl'e est vue, pareillement
la saglls~e; la sagesse est vue quand l'homme pense, et l'amour est
senli quand l'homme est affecté; mais toujours est-il que dans les
formations ils opèrent, non comme deux, mais comme un. Il en est
de cela comme de la chaleur et de la lumière du soleil du Monde; la
chaleur, dans la saison du printemps et de l'été, coopère avec la lu­
mièl'e et la lumière avec la chaleul', el il y a végétation. et· germi­
nation; pareillement l'amoUl', dans l'étal de paix et de ll'anquiliité,
coopère avec la sagesse et la sagesse avec l'amour, et il y a pro­
duction et formation, el cela dans l'embryon et dans l'homme. Que
la f.0opération de l'amour et de la sagesse soit comme la coopél'a­
tion de la chaleur et de la lumière, c'est ce qui devient manifeste
par les apparences dans le Monde spirituel; là, l'amour est chaleur
et la sagesse est lumière, et la toul vit dans les Anges et fleurit au­
tOUl' d'eux, absolument selon l'union de l'amoUI' et de la sagesse
chez eux. L'union de l'amour et de la sagesse est récipl'oque; l'a­
mou)' s'unit à la sagesse et la sagesse se l'é-unit à l'amour; de là
J'amoul' agit et la sagesse réagit ; pal' ce réciproque existe tout
effet. Telle esl J'union l'écipl'oque, et pal' suile la l'éciprocation de
la volonté et de l'entendement, du bien et du vrai, puis de la cha­
rité et de la foi chez l'homme dans lequel est le Seigneur; et même
telle est l'union du Seigneur Lui-Méme avec l'Égl\se, ce qui est
entendu par les paroles du Seigneur aux ùisciples, dans Jean,
(1 qu'ils étaient en Lui, et Lui en eux. ))- XIV. 20; - et
ailleurs: la m~me union est aussi entendue pal' l'union de l'homme
avec la femme, diJ,ns Marc: (1 Ils seront deux dans une seule
chair; ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Il
- X. 8 : - élit" -l'homme est né pOUl' éll'e entendement et pal'
suite sagesse, et la femme pOUl' être volonté et par suile affection
provenant de l'amour; SUI' ce sujet, voir dans le Traité DU CIEL
ET DE L'ENFER, les N°' 366 à 386. Comme il y a deux choses,
l'anioul' et la sagesse, qui forment l'embryon dans l'utérus, c'est
pour cela qu'il y a deux ,'éceptacles, l'un pour l'amour et l'autre
pOUl' la sagesse; c'est aussi pOUl' cela que partout dans le corps il
y tl'deux parties qui sont [Itll'eillement distinctes el sont unies; il Y
f>2 DE LA Dl VINE SAGESSE,
a deux hémisphères du cerveau, deux yeux, deux oreilles, deux
narines, deux cavités du cœUI', deux mains, deux pieds, deux.
J'eins, deux testicules; les autres viscères sont aussi doubles, et
partout ce qui est à leur partie droite se l'éfère au bien de l'amour,
et ce qui est à la gauche au vrai de la sagesse; que ces parties
doubles soient tellement conjointes, qu'elles fassent mutuellement
et réciproquement un, c'est ce que peut voir un observateur ha­
bile, s'il veut s'en donnel' la peine; l'union elle-même se montre à
la vue dans les fibres étendues en avant et en arrière et eoll'elacées
daos le, milieu; c'est de là aussi que, dans la Pal'ole, la dl'oite et la
gauche ont une telle signification. D'après cela, on voit clairement
cette vérité, que l'amour et la sagesse forment ensemble e.t avec
unanimité, dans l'embryon, toutes et chacune des choses j mais
toujours est-il qu'en elles ils sont distincts,
la. Us réceptacles chez l'homme ont été distingués 6n
trois degrés, t'un au dedans de l'autre, et les deux degrés
supérieurs sont les habitacles du Seigneur, mais non le de­
gré infime, - Prévoyant le cas où quelqu'un se fOl'mel'ait une
fausse idée des commencements de la forme humaine, qui appal'..
tiennent à la semence de l'homme, en ce qu'ils sont nommés l'é­
ceptacles, car le mot même de réceptacle présente facilement l'idée
d'un petit vase ou d'un petit tube, je vais, autant que les mots du
langage naturel me le permettront, désigner et décrire cette forme
initiale, telle qu'elle il été vue et m'a été montrée dans les Cieux:
Ces réceptacles ne sont pas tubulés ou insinués comme de pe­
lits vaisseaux, mais ils sont comme est un cerveau dont le type
est le plus petit et imper'ceptible, et en même temps comme une
ébauche de la partie antérielJJ'e de la face, sans qu'on y vo.ie aucun
appendice. Ce cerveau primitif dans la partie convexe supérieure
était un assemblage de globules ou de petites sphères contigulls j
ehacune de ces sphères était composée de sphèl'es semblable3, mais
plus petites j et de nouveau chacune de celles-ci était composée de
sphères encore plus petites: par devant, dans la partie concave,
au lieu de la face on voyait une sOl'te d'ébauche; mais dans l'en­
foncement, entre la convexité et celte concavité, il n'y avait pas de
fibre; la partie convexe était enveloppée d'une méninge très·ténue,
qui était transparente, 'l'cl j'ai vu et tel m'a été montré li pl'imitif
DE LA DIVINE SAGESSE. 53
de l'homme, dont le premier degré ou le degré infime était l'as­
semblage décrit en pl'emier lieu; le second degl'é ou le degré du
milieu, l'assemblage décrit en second lieu; et le troisième degl'é ou
Je degré suprême, l'assemblage décrit en tl'oi.sième lieu, ces as­
semblages étant ainsi l'un au dedans de l'autl'e : il m'a été dit que
dans chaque petite sphèl'eil y avait des tissures inexpl'imables,
plus merveilleuses, et encore plus merveilleuses, selon les degrés,
et que dans chacune d'elles la parlie droite est le lit ou Je réceptacle
de l'amour, et la pal'Iie gauche le lit ou le l'éceptacle dela sagesse,
et que cependant pal' des entrelacemenls admirables ils sont comme
étant associés et habilaut la même tente, de la même manière que
sont les deux hémisphères du cerveau. De plus, il m'a été montré,
dans une lumière qui brillait, que l'assemblage des deux degrés
inlél'Îeurs, quant à la position et à la fluxion, était dans l'ordre et
dans la forme du Ciel, mais que l'assemblage du degré infime,
quant à la position et à la fluxion, était dans l'ordre et dans la
forme de l'enfer; de là vient qu'il a été dit que les réceptacles chez
"homme sont distingués en trois degrés, l'un au dedans de l'autre,
et que les deux supél'ieurs sont les bahitacles du Seigneur, mais
non l'infime. Si l'infime était lei, c'était parce que l'homme par la
tache hél'édilaire natl contre l'ordre et contre la forme du Ciel, et
par suite dans les maux de tout genre, et pal'ce que cette tache est
dans le naturel, qui est l'infime de la vie de l'homme, et qu'elle
n'est pas lavée, si chez lui ne sont pas ouverts les degl'és supérieurs
qui ont été formés pour la réception de l'amour et de la sagesse
procédant du Seigneur. Mais comment ces degrés intérieurs sont
ouvel'ts, c'est ce que le Seigneur enseigne dans la Parole, et ce qui
sera enseigné dans la suite. Cependant pOUl' olltenil' de la lumière
sur ce sujet, qu'on voie ce qui a été précédemment di~ sur les
degrés, pag, 18, 19, et sur le cerveau, pag, M, h5. Ces degrés
~ont appelés supérieurs, quoiqu'ils soient inlél'ieurs, et cela, parce
qu'il y a pour les degrés un ordre successif et un ordre simultané;
dans l'ordl'e successif sont les supérieurs et les inférieurs, mais
dans l'OI'dre simultané sont les intérieurs et les extérieurs, et les
mêmes choses qui sont intérieures dans l'ordre simultilné sont su­
périeul'es dans l'ordre successif; de même aussi celles qui sont ex­
lél'icnres dans l'ordre simultané sont inférieures dans l'ordre suc­
ah 1)~ LA DIVINE SAGESSE.
cessif; et, comme il ya tl'ois degrés dans l'homme, il y a pal' con­
séquent trois degrés dé Cieux; en effet, les Cieux consistent en
hommes qui sont devenus Anges; ces Cieux, selon les deg'rés d.ans
l'ordre successif, apparaissent l'un au-dessus de l'aull'e, et selon
les degl'és dans "ordl'e simultané, l'un au dedans de l'autre. Cest
de là que, dans la Pal'ole, le haut signifie l'interne, et que le Sei­
gneur est appelé le Très-Haut, parce qu'il est dans les intimes. En
effet, comme l'homme, à sa première origine, est un tel habitacle
du Seigneul', ainsi que cela a été décl'il, et qu'alol'sces trois degl'és
sont ouverts, et que Io,ut ce qui procède du SeigneUl' comme Soleil
dans les minima et dans les 7naxima est homme, ainsi que cela
a déjà élé confirmé en son lieu, voilà pOUl'quoi il ne peut se faire
d'extension dans une autre forme que dans la fo(~me humaine, et
qu'il ne peut être donné d'extension que par les "ayons de la lu­
mière pl'océdant de la sagesse au moyen de la chaleur procédant
de l'amour, pal' consél]uentque par des libres viviliées; ce sont des
rayons en forme. Qu'il y ait une semblable délel'mination, c'est ce
qui se manifeste à l'œil. Il y a chez l'homme autant de degl'és de la
vie, mais chez les bêtes les deux degrés supérieurs n'existent point,
il y a seulement le degr'é infime; aussi les commencements de leuI'
vie sont-ils, non des l'éceptacles de l'amoul' et de la sagesse du
Seigneur, mais des réceptacles. de l'affection et de la science natu­
relles dans lesquelles même elles naissent; ces réceptacles, chez les
bêtes "Qui ne sont pas immondes, ne sont pas retournés contre 1'01'­
dre du cours universel, mais ils y sont conformes; c'est pourquoi
aussitôt après leur naissance elles sont portées dans leùrs fonctions
et les connaissent; cal' elles n'ont pu pel'vertir leurs affections 1
parce qu'elles n'ont pas un intellectuel qui ait pu, d'après la lu­
mière spirituelle, pense" et l'aisofil.lel', et faire violence aux lois de
l'ordre Divin.
5. L'un des réceptacles est pour la vo{onté de {'homme
futur, et r autre pour son entendem.ent, et cepèndant il n'y (l
absolument rien de sa volonté ni de son entendement dans la
formation. - La volonté et l'entendement ne commencent pas
chez l'homme avant que les poumons aient été ouverts, ce qui n'ar 4

rive qu'après l'enfantement; car la volonté de l'homme devient


alors le. !'éceptacle de l'amour, et l'entendement devient le récep­
DE LA DIVINE SAGESSE. 55
tacle de la sagesse; si cela n'a d'abord lieu que quand les poumons
ont été ouve1'ts, c'est parce que les poumons correspondent à la vie
de l'entendement, eL que le cœur cOl'l'espond à la vie de la volonté,
et parce que sans la coopération de l'entendement et de la volonté,
il n'y a pour l'homme aucune \'ie propre, comme il n'yen a aucune
sans la coopération de l'amour et de la sagessel par laquelle. coo­
pération l'embryon, comme il a été ùil ci-dessus, est formé et vi­
vifié; dans l'embryon le cœur seul hat et le foie bondit, le cœur
ponr la circulation du sang, et le foie pOUl' la réception de la nonr­
l'ilure; le mouvement des autres viscères en pl'oeède; c'est ce 1)10u­
vement qui, apl'ès le milieu de la gestation, est senti comme pul­
satif. Toutefois ce mouvement ne vient pas de qnelque vie propre
du fœtus; la vie propre est la "ie de la volonté et la vie de l'en­
tendement; mais la vie de l'enfant est la vie d'une volonté qui
commence et d'un entendement qui commence 1 d'apl'ès lesquels
seuls existe dans le corps une vie sensitive et motrice; cette
vie ne peut être donnée par le seul battement du cœur, !!!.!!!§..
elle est donnée pal' sa c~lljonction a4~.~Ë !espi~'at~ des_.poumon~
qu'il en soit ainsi, on le voit clairement par les hommes qui ont et
la volonté et l'entendement, eL qui tombent en défaillance ou qui
sont suffoqués; leur respiration étant fermée, ils sont comme morts,
ne sentent pas, ne remuent pas les meml)l'(~s, ne pensent pas, n'ont
pas de volonté, et cependarit le cœur exécute ses systoles et le sang
circule; mais dès que les poumons repl'Emnent leurs respirations,
l'homme rentre dans ses actes et dans ses sens, dans sa volonté et
dans SOli enlendement : d'après ces considérations, on peut con­
clure quelle est la vie du fœtus dans l'utérus, où le cœur seulement
exécute ses mouvements, sans que les poumons puissent encore
agir', c'est-:-à-dil'e qu'il n'y a en lui l'Ïen de la vic de Ja \'olontiïli
rien de la vie de l'entendement, mais que la vie seule, qui vient du
Seigneur, et dont J'homme doit jouit' plus tal'd, dirige la forma­
tion. Mais, SUI' ce sujet, on \'el'ra plusieurs aïJtres détails dans l' M­
ticle suivant.
6. Dans l'embryon avant t'enfantement il y a la vie, ·mais
t'embryon n'en a pas conscience. - C'est une conséquence de
ce qui précède, et aussi de ce que la vie, dontl'embl'yon vit dans
l'utérus, n'est pas à lui, mais appm'lient au Seignem' Seul, qui
Seul est la vie.
5{s DE LA DIVINK SAGESSE,
IV. li Y a similitude et analogie entre la f01'l1zation de

l'homme dans l'utérus et sa réformation et sa régénération.

La réformation de l'homme esl absolument semblable à .'la forma­


tion dans l'utérus, avec la seule différence que l'homme pendant la
réf()rmation a la volonté et l'entendement, et que dans l'utérus il
n'a ni volonté ni entendement; mais toujours est-il que cettë-d-itfé="
rence n'empêche pas qu'il n'y ait similitude et analogie; car lors­
que le Seigneur réforme et régénère l'homme, il conduit pareille­
ment sa volonté et son entendement; toutefois par la volonté don­
née à l'homme et par l'entendement qui lui est donné, il "semble
que l'homme lui-même .'le conduit, c'est-à-dire qu'il veut et fait
par lui-même, et qu'il pense et pal'Ie par lui-même; mais tou­
jours est- il qu'il sait pal' la Parole et par la doctrine d'après
la Parole, que c'est, non pas lui-même, mais le Seigneur, et
qu'ainsi c'est seulement une appal'ence; il peut même savoir que
cette apparence est pour la l'éception et l'appropriation; cal'
sans elle il n'y a pas le réciproque pour qu'il aime le Seigneur
comme le Seigneur l'aime, ni pour qu'il aime le pl'ochain comme
par soi~même, ni pour qu'il cl'oie au Seigneur comme par soi­
même; sans ce réciproque, l'homme serait comme un automate,
dans lequel le Seigneul' ne poulTait éll'e, car le SeigneUl' veut être _
aimé, aussi donné-t-il à l'homme ce vouloir: d'après cela, il est
évident que la volonté n'appartient pas à l'homme, ni l'entende­
ment non plus, et que celui-ci et celle·là sont en lui comme ils y
étaient dans l'utérus, c'est-à-dire qu'ils ne lui appartenaient point; ~
mais que ces deux facultés ont été données à l'homme, afin qu'il
1veuille et pense, et qu'il fasse et pal'le comme par lui-même, mais
que néanmoins il sache, comprenne et cl'oie qu'èlleS néSOiii pas l'al'
lui; par là l'homme est réformé et régénéré, et il reçoit dans la vo­
lonté l'amour et dans l'entendement la sagesse, par lesquelslt a
aussi été formé dans l'utérus. Par là aussi sont ouvel'tseh-ez
l'homme
.
les deux degrés supérit\ul's
. .de- .'la­ vie, degl'és qÙ-i oiïtéié,
comme il a été dit ci-dessus, les habitacles du Seigneur dans .'la

formation; et le degré infime qui était, comme il a enCOl'e été dit

ci-dessus, inverse et retourné, est aussi réfol'mé, Par cette analo.

gie et cette similitude on voit clairement que l'homme qui est régé­

néré est comme de nouveau conçu, formé, enfanté et élevé, et cela,

DE LA DIVINE SAGESSE. 57
dans le but qu'il devienne ressemblance du Seigneur quant à l'a­
mom' et image du Seigneur quan t à la sagesse; et si on le veut
croire, l'homme pal' cela même devient n.~u~u, non-seulement en
ce qu'il lui est donné une nouvelle volonté et un nouvel entende­
, ment, mais aussi en ce qu'i1I'eçoit un nouveau corps pQur ~9n_~s­
p~Llles précédents, il est vrai, ne sont pas détruits, mais ils sont
écartés, de sOl'te qu'ils ne pal'aissent pas, et)es_nQ!lveaux so~.!.f2.!'­
r.ués da..ns le régénéré, comme dans l'utérus, par l'amOlli' et la sa­
gesse, qui sont le Seigneur; en effet, tels sont la volonté et l'en­
- telldemenl de l'homme, tel est aussi l'homme dans toutes choses
et dans chaque chose; cal! loutes et chacune des choses de l'homme,
depuis la tête jusqu'aux pieds, sont des productions, comme il a
aussi été confil'mé ci-dessus.
V. Chez l'homme, après l'enfantement, la volonté devient
le réceptacle de l'amow', et l'entendement le réceptacle de
la sagesse. - Que chez l'homme il y ait deux facultés de la vie,
la volonté et l'entendemenl, on le sait; en effet, l'homme peul vou­
loir et il peut comprendre; bien plus, il peut comprendre ce qu'il
ne veut pas; de là il est évident que la volonté et l'entendement
sont deux choses distinctes chez l'homme, et que la volonté est. le
réceptacle de.l'amoul', et l'entendement le réceplaclede la sagesse;
par là il est évident que l'amour appal'tient à la volonlé, car ce que
l'homme aime, il le veut aussi, et que la sagesse appal'tient à J'en­
tendement, cal' ce que l'homme gollte (sapit) ou sait, il le voit pal'
l'entendement; la vue de l'entendement est la pensée; tant que
l'homme demeure dans l'utérus, il n'a pas ces deux facultés; que
dans sa formation le fœtus n'ait eu absolument rien de la volonté
ni de l'entendement, cela a été confil'mé ci-dessus. Il suit de là que
le Seigneur a préparé deux réceptacles, l'un pour la volonté de
l'rlOmme futur, et l'autre pour son entendement, le réceptacle qui
est appelé volonté pour la réception de l'amour, et le réceptacle
qui est appelé entendement pour la réception de la sagesse, et qu'il
les a préparés par son amour et pal' sa sagesse; mais la volonté et
l'entendement ne passent point en l'homme avant que celui-ci ait
été complètement formé pour être enfanté: le Seigneul' avait aussi
pourvu à des moyens, afin qu'en eux l'amour et la sagesse procédant
de Lui-Même soienll'C(;US tic plus en plus pleinement ~ meSUl'e que
ô~
5!:1 DE LA DIVINE SAGESSE,
l'homme devient adulte et vieillit. Si la volonté et l'entendement
sont dits réceptacles, c'est pal'ce que la volonté n'est pas quelque
spirituel abstrait, mais elle est un sujet sllbstancié et fos'mé pour
la réception de l'amour qui procède du Seigneu l', et parce que
l'entendement n'est pas non plus quelque spirituel abstrait, mais il
est un sujet sllbstancié et formé pour la réception de la sagesse pro­
cédant ùu Seigneur; en effet, la volonté et ('entendement existent
en actualité; quoiqu'ils ne paraissent point devant la vue, toujours
est-il qu'ils sont intél'ieurement dans les substances qui font la par­
tic corticale du cerveau, et aussi çà et là dans la substance médul­
laire du cerveau, sUl'loutlà dans les cos'ps Sll'iés, et intél'ieuœment
dans la substance médullaire du cervelet, et aussi dans la moelle
épiuière, dont ils font le noyau; il Ya donc, non pas deux récep­
tacles, mais des réceptacles innombrables, et chacun d'eux est
double et a aussi les trois degrés, comme il a été dit ci-dessus.
Que la volonté et l'entendement soient des réceptacles et soient là.
on le voit clairement en ce qu'ils sont les principes et les têtes de
toutes les fibres dont tout le COl'pS est tissu, et que par les fibres qui
s'étendent de là ont été formés tous les organes des sens et du mQu­
vement, car ils en sont les commencements et les fins; et les or­
ganes sensoria sentent, el les organes moloria sont mus, unique­
ment parce qu'ils sortent des habitacles de la volonté et de l'enten­
demenl, et qu'ils en sont des continuations; ces réceptacles chez
les enfants sont petits et tends'es; ensuite ils ps'ennent de l'accrois­
sement et sont perfectionnés selon les sciences et ,l'affection des
sciences, sont établis dans leur intègl'ité seloll l'intelligence et l'a­
Ulour des usages, s'amollisent selon l'innocence -et l'amour envers
le Seigneur, et deviennent fermes et se durcissent par les opposés.
Les changements de leur état sont les affections, les vari:ttions de
leur forme sont les pensées, l'existence et la permanence des affeC­
lions et des pensées constituent la mémoil'e, et leur repl'Oduction
lu réminiscence; les unes et les autres pl'ises ensemble sont le
mental humain.
VI. Il Y a une r.orrespondmue du cœur avu 111. volonlé.
i/t du poumon avec l'entendement. C'est une chose inconnue
dans le Monde, pal'ce qu'on ignore ce que c'est qu'une COrl'cspon­
d:w 00 , III qu'il y a p.orl'espondance de loutes Ie.s e,hOlies' (~ul sont
DE LA DiVINg SAGESSE. 50
dans le Monde avec toutes celles qui sont dans le Ciel; on ignore
pareillement que dans l'homme il y a cOl'l'espondance de toutes lès
choses du corps avec toutes celles du mental, car c'est la corres­
pondance des natUl'els avec les spirituels; mais ce que c'est que la
correspondance, puis en quoi elle consiste, et même avec quelles
choses elle a lieu dans le corps humain, cela a été dit ci-dessus,
pag. !J7, !J8. Comme il y a dans l'homme correspondance de
toutes les choses du corps avec toutes celles du mental, il y a SUI'­
tout cOlTespondance avec le cœul' et le poumon; cette corl'espon­
dance est universelle, parce que le cœur règne dans tout le corps,
et aussi le poumon; le cœur et le poumon sont les deux sources de .
tous les mouvements naturels dans le corps, et la volonté et l'en­
tendement sont les deux sources de toutes les activités spirituelles
dans le même corps, et les mouvements naturels du cOt'ps doivent
correspondl'e aux activités de son esprit, car s'ils ne correspon­
daient pas, la vie du corps cesserait, et aussi la vie du mental
(animus): la cOl'l'espondance fait que l'une et l'autre existent et
subsistent. Que le cœur cOrJ'esponde à la volonté, ou, ce qui est la
même chose, à l'amour, cela est évident d'après la variation de son
pouls selon les affections; ses variations consistent en ce qu'il bat
avec lenteur ou avec célérité, fortement ou faiblement, avec mol­
lesse ou avec dUl'eté, également ou inégalement, et ainsi du reste;
pal' conséquent, dans la joie autrement que dans la tristesse, dans
la tranquillité d'esprit autrement que dans la colèl'e, dans l'intré­
pidité autrement que dans la crainte, quand le corps est chaud au­
trement que quand il est fl'Oid, et dil'et'sement dans les maladies,
et ainsi du l'este; toutes les affections appartiennent à l'amour et
pal' suite à la volonté. Puisque le cœur cOl'l'espond aux affections
qui appal'tiennent à l'amour et pal' suite à la volonté, voilà pour­
quoi les sages anciens ont attribué les aft'ections au cœur', el que
quelques-uns y ont placé leur domicile; de là, dans le langage or­
dinaire, sont venues ces locutions: Cœur magnanime, cœur ti­
mide, cœut' joyeux, cœur triste, cœur tendt'e, cetur dur, cœU!'
grand, cœur pusillanime, cœur intègre, cœur hrisé, cœu!' de
chail', cœur de piel'l'e; lourd, mou; vilde cœul', sans cœur, don­
ner du (~œur pour agir, donner un mêmp, cœul', donner un cœur
nouveau, garder dans le cœur, recevoir' dans le cœur, ne pas sc
60 DE LA DIVINE SAGESSE.
monter le cœul', se l'affermir le cœul', s'enorgueillil' le cœur, ami
de cœur; de là viennent aussi les ex pressions, concol'de, discorde,
lAcheté de cœUl' (vecordia), et plusieut's autres semblables. Dans
la Parole aussi, la volonté ou l'amour est partout signifié par le
cœur, et cela, parce que toute la Parole a été éCl'ite par des corres­
pondances. Il en est de JIlême du poumon, dont l'âme ou l'esprit
signifie l'entendement; cal' de même que le cœur correspond à l'a­
mour ou à la volonté, de même l'âme ou l'esprit des poumons,
c'est-à-dire, la respiration, correspond à l'entendement; c'est de
là qu'il est dit dans la Parole que l'homme doit aimer Dieu de tout
cœur et de toute âme, ce qui signifie qu'il doit l'aimer de toute sa
volonté et. de tout son entendement; pal'eillement il est dit que Dieu
doit cl'éer dans l'homme un nou\'eaucœur et un nouvel esprit; là
par le cœut' il est signifié la volonté, et pal' l'espl'it l'entendement,
parce que l'homme cst créé de nouveau quand il est régénél'é;
c'est de là aussi qu'au sujet d'Adam il est dit que Jéhovah Dieu
souilla dans ses nal'ines âme de vies, et le fit âme vivante, ce qui
signifie que Dieu lui inspil'a la sagesse; les narines aussi, d'après
la correspondance de la rcspiration qu'elles procurent, signifient la
perception; c'est de là qu'on dit d'un homme intelligent, qu'il a le
nez fin, et d'un homme dépouI'vu d'intelligence, qu'il a la nal'ine
épaisse (homo naris obesœ); c'est aussi il cause de cela que le
Seigneur souilla SUI' ses disciples, et leur dit: (1 Recevez Esprit
Saint. Il - Jean, XX. 22; - le souffle sur eux signifiait l'intel­
ligence qu'ils devaient recevoir, et pal' Esprit Saint, il est entendu
la Divine Sagesse qui enseigne et illustre l'homme; le Seigneur a
agi ainsi pOUl' manifesler que la Divine Sagesse, qui est filntendue
par Esprit Saint, pl'ocède de Lui. Que l'âme et l'cspl'it soient
employés pour la l'espiration, c'est aussi ce qui est connu pal' le
langage ordinaire; en effet, l'on dit qu'uu homme rend l'âme et
rend l'esprit quand il meUl't, cal' alors il cesse de souffler (animare)
et de respirel' ('~T)irare); en outrc, l'espl'it ('~7Ji1"itus), dans la plu­
part des langues, signifie l'ùn ct l'autre, tant l'espl'it dans le Ciel
que le souille de l'homme, et aussi le vent; de là chez plusieurs
celle idée dominanle que les esprits dans les Cieux sont comme des
\'cnts, et que les âmes des hommes après la mort sont comme des
sûu/11es; ct, qui rlns eSI, CJlle Dieu Lui-Même est comme un souf­
DE LA Dl ViNE SAGESSE. (31.
Ile, parce qu'il est appelé espl'it, lorsque cependant Dieu Lui-Même
est ·Homme, pareillement l'âme de l'homme après la mort, puis
aussi tout espl'it dans les Cieux; mais ils sont appelés ainsi, parce
que l'Ame et l'esprit, d'après la c01'l'espondance, signifient la sa­
gesse. Que le poumon corresponde à l'entendement comme le cœur
correspond à la volonté, on le voit encore mieux d'apl'ès la pensée
et le langage de l'homme; toute pensée appartient à l'entendement,
et tout langage appal'lient à la pensée; l'homme ne peut penser
sans qu'il y ait concours et accord du l>ouffle pulmonaire; c'est
pourquoi, quand il pense tacitement, il respiœ tacitement; s'il
pense profondément, il respil'e profondément; pareillement si c'est
avec lenteur, avec précipitation, avec attention, avec calme, avec
passion, et ainsi du reste; s'il retient tout à fait son haleine, il ne
pourra pas pensel', sinon en son esprit et par la respiration de son
esprit, ct ainsi du l'este; que le langage de la bouche, qui procède
ùe la pensée de l'entendement de l'homme, fasse un avec la respi­
ration des poumons, et tellement un, qu'il ne puisse profél'er le
moindre son ni le moindre mot sans l'assistance secourable qui
vient du poumon par le larynx et l'épiglotte, c'est ce que chacun,
s'il le veut, peut reconnaltl'e en soi-m-ême par une vive expérience.
Que le creuI' cOl'responde à la volonté et le poumon à l'entende­
ment, on le voit aussi par le gouvernement univel'sel de l'un et de
l'autre dans tout le COI'pS et dans tout ce qui, en génél'al et en par­
ticulier, appartient au corps; que le gouvernement du cœur Ysoit
pal' les al'tères et par les veines, on le sait; qu'il y ail aussi le gou­
vernement des poumons, tout anatomiste peut le voil'; car le poumon
par sa respiration agit dans les côtes et dans le diaphragme, et par
le diaphragme et les cOtes, au moyen des ligaments et au moyen du
péritoine; dans tous les viscèr'es du corps entier et aqssi dans tous
ses muscles, et non-seulement ils enveloppent, mais encore ils en­
tl'ent profonùément, et si profondément, qu'il n'y a pas dans un vis­
cèl'e ni dans un muscle, depuis la supel'licie jusqu'à l'intime, la plus
petite partie qui ne til'e quelque chose des ligaments, pal' conséquent
de la respiration; et l'estomac en tire plus que les autl'CS .viscères,
parce que son œsophage passe par le diaphl'agme et s'adjoint à la tra­
chée qui SOl't du poumon; par suite aussi le cœur lui-même a aussi
un mouvement pulmonail'e outre le sien pl'opre, cav il est c0uché
02 DE LA DIVINE SAGESSE,
sur le diaphragme et est étendu dans le sinus du poumon, et par
les oreillellesil y est cohérent et continué; pareillement aussi le
respiratoir'e passe <lans les ai'tères et les· veines; c'est pOUl' cela que
·Ie cœu\' et le poumon sont de compagnie dans une seule chambre
séparéè du reste du corps, laquelle chambre est appelée poitrine.
Un œil scrutateUl' peut VOil' d'après cela que tous les mouvements
vifs, llui sont appelés actions et existent au moyen des muscles,
se font pal' la coopération du mouvement cardiaque et du mouve­
ment pulmonaire, lequel double mouvement, tant le commun qui
est externe qne le singulier qui est interne, se produit dans chacune
des parUes; et celui qui a de la perspicacité peut même voir que
ces deux sout'ces des mouvements du corps correspondent à la vo­
lonté et à l'entendement, puisqu'elles sont produites par ces deux
facultés. Cela m'a même été confirmé dans le Ciel; il m'a été
donné d'être avec des Anges qui représentaient cela d'une manière
vivante : Par llne admirable et inexpI'Îmable fluxion en gyt'es
ils formaient une ressemblance de cœur et une ressemblance de
poumon avec toutes les choses intérieures et extérieures de 'leur
eontexture, et alors ils suivaient le flux du Ciel; car le Ciel,
d'apt;ès l'influx de l'amour et de la sagesse procédant du Sei­
gneul', est en effort pour de telles formes; ils représentaient ainsi
chàcune des choses qui sont dans le cœur et chacune de celles qui
sont dans le poumon, et aussi leur union, qu'ils appelaient mariage
de l'amour' et de la sagesse; et ils disaient que dans tout le corps
et dans chacun de ses membres, de ses organes et de ses viscères,
il y a quelque chose de semblable à ce qui se passait là entre les
.choses qui sont dims le cœU!' et celles qui sont dans le poumon; et
que là où deux n'agissent pas et où chacun d'eux ne remplit pas
distinctement ses fonctions, il ne peut y avoit' aucun mouvement
de la vie par quelque principe volontaire, ni aucun sens de la vie
par quelque principe intellectuel. D'après ce qui a été dit jusqu'ici,
l'homme· qui veut goûter jusqu'aux causes peut être instruit et in­
formé comment la volonté se conjoint à l'entendement et j'entende­
-ment à la volonté, et comment ils agissent dans la conjonction;
comment la volonté agit d'après le cœur, comment l'entendement
agit d'après le poumon, et comment d'après la conjonction du cœur
et du poumon il y a conjonction réciproque de la volonté et de ('en­
DE LA DIVINE SAGESSE. 63
tendement. La vérité de l'At'ticie précédent, que chez l'homme,
apl'ès l'enfantement, le réceptacle de l'amour devient volonté et
le réceptacle de la sagesse entendement, a été confirmée par des
pt'euves humaines; en effet, après l'enfantement les poumons s'ou-
vrent et commencent, de compagnie aveC le cœur, la vie active qui
appartient à la volonté, et la vie sensitive qui appat'tient à l'enten·
dement de l'homme; cette vie active et ceUe vie sensitive existent,
non pas par la seule opération du cœur, ni par la seule opél'ation
des poumons, mais par leur coopération; elles n'existent pas non
plus sans la correspondance, ni dans l'évanouissement, ni cheT.
ceux qui sont suffoqués.
VII. Il Y a conjonction du COl'PS et de l'esprit chez
/'homme par ses mouvements cardiaques et pulmonaires. et
la séparation se (ait quand ces mouvements cessent. Pour que
ceci soit saisi, il est nécessaire de meUre en avant quelques Pro-
positions qui serviront comme de flambeau; on verra qu'il en est
ainsi d'après celles qui sont mises en avant; ce sont celles-ci :
f. L'e."prit de l'homille est également homme. 2. Il a égale-
ment un cœur et par suite un pouls, et un poumon et par suite
une respiration. 3. Le pouls de son cœur et la respiration de
son poumon influent dans le pouls du cœur et dans la respiration
des poumons chez l'homme dans le Monde. h. La vie du COt·ps,
qui est naturel1e, existe et subsiste par cet influx, el elle cesse par
son éloignement et sa séparation. 5, L'homme alors de naturel
devient spirituel.
f. L'esprit de l'homme est également homme: on voit
dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER que cela a été prouvé par
de nombreuses expériences, No' 73 à 77, 31.1. à 316, h5'l, h6l
à 460; el que chaque homme est esprit quant à ses intér'ieurs,
N°' 432 à hM. Il faut y ajouter que tout spirituel dlins son essence
est homme, ainsi tout ce qui appartient à l'amoul' et à la sagesse
pl'océdant du Seigneur, car cela est spirituel; si tout spirituel ou
tout ce qui procède du Seigneur est homme, c'est parce que le
Seigneur Lui-Même, qui est le Dieu de l'univers, est Homme, et
que de Lui il ne peut pas procéder quelque chose qui ne Lui serait
pas semhlable, car le Divin qui procède est immuable en soi et sans
4tendue, ct Ci qui n'a pas d'étendue est pat'tout tcl; de là vient !lM
ôli DE LA DIVINE SAGESSE,
Toute-Présence. Si l'homme a conçu, au sujet de l'Ange, de l'es­
pl'it et de soi-même apl'ès la mort, l'idée qu'on est comme de l'é­
ther ou de l'air sans corps humain, c'est parce que des érudits
sensuels ont conçu l'esprit d'après son nom, qui veut dire souffle
de la bouche, et d'apl'ès son invisibilité et sa non apparence devant
les yeux; car les hommes sensuels pensent seulement d'après le
sensuel du corps et d'après le matériel, puis aussi d'après quelques
passages de la Parole non entendus spil'ituellement; cependant
pal' la Pal'ole ils savaient que le Seigneur, quoiqu'il fllt homme
quant à la chail' et quant aux os, devint néanmoins invisible devant
les disciples, et qu'il sortit les pOl'tes étant fel'mées; ils savaient
aussi pal' la Parole que plusieurs personnages ont vu comme
hommes des Anges qui n'avaient pas pris la forme humaine, mais
qui se manifestaient dans leur p.'opre forme devant les yeux de leur
esprit, lesquels alors avaient été ouverts. Alin donc que l'homme ne
restiU pas plus longtemps dans cette idée erronée sur les Esprits
et les Anges et SUI' les âmes après la mOI't, il a plu au Seigneur
d'ouvl'i!' la vue de mon esprit, et de me donnel' de parler face à
face avec les Anges et avec des hommes décédés, de les ·con­
templer, ùe les touchel', et de leur dire plusieurs choses sur l'in­
cl'édulité et l'illusion des hommes qui vivent maintenant; ce com­
mel'ce joul'llalier avec eux dure depuis l'année 17 h/ljusqu'à ce
moment, c'est-à-dire, depuis dix-neuf ans. D'après ces consi­
dél'alions, on peut voir que l'esprit de l'homme est également
homme.
2. L'espl'it de l'homme a également un cœur et par
~uite un pouls, el un poumoll et par suite une respiration:
cela sera d'abord confirmé pal' l'expérience, et ensuite d'après la
raison. Par l'Expérience: Le Ciel Angiliqlle est distingué en
deux Royaumes, l'Un qui est appelé Céleste, et l'autre qui est-ap­
pelé Spirituel; Je Royaume céleste est dans l'amoUl' envers le Sei­
gnel1l', et le Royaume spirituel est dans la sagesse d'apl'ès cet
amour; le Ciel a été ainsi distingué, parce que l'amoUl' et la sa­
gesse dans le Seigneur et d'après le Seigneur sont deux ,choses dis­
tinctes, mais cependant unies; car elles sont distinctes comme la·
chaleur et la lumière qU,i procèdent du soleil, ainsi qu'il a déjà été:
dit: les Anges du Royaume céleste, parco qU1i15 sont dans l'a­
DE LA DIVINE SAGESSE. 65
mour envers le Seigneur, repl'ésentent le cœur du Ciel, et les An­
ges spirituels, pm'ce qu'ils sont dans la sagesse d'après cet amour,
représehtent le poumon du Ciel; car tout le Ciel, comme il a été
précédemr'ent dit, est en présence du Seigneur comme un seul
homme; l'influx du Royaume céleste dans le Royaume spirituel
est même semblable à l'influx du cœur dans le poumon chez
l'homme; de là vient la correspondance universelle du Ciel avec
ces deux mouvements, le cardiaque et le pulmonail'e, chez chacun.
Il m'a aussi été donné d'entendl'e dil'e aux Esprits et aux Anges
que leurs artèn,;s reçoivent du cœur leurs pulsations, et qu'ils l'es­
ph'ent également comme les hommes dans le Monde; puis aussi,
que chez eux les pulsations val'ient selon les états de l'amour, et
la l'espiration selon l'état de la sagesse. Ils ont eux-mêmes tâté la
jointure de leur main et me l'ont dit, et moi-même j'ai perçu plu­
sieurs fois la respiration de leur bouche. Comme tout le Ciel a été
distillgué en sociétés selon les affections qui appartiennent à l'a­
mOlli', et que toute sagesse et toute intelligence sont selon ces affec­
tions, il en résulte que chaque société a une respiration particu­
lièl'e qui est distincte de la l'espiration d'une autre société, et pa­
reillement un pouls du cœur particulier et distinct; aussi per­
sonne ne peut-il entrer d'nne société dans une autl'e plus élevée,
ni descendre d'un Ciel supérieul' dans un infél'ieur, ou mon­
ter d'un Ciel inférieur dans un supél'ieur, car le cœur souffre
et le poumon est l'esserré; à plus fOI'te raison personne ne peut-il
se rendre de l'Enfer dans le Ciel; celui qui ose monter respire
comme un mOI'ibond à l'agonie, ou comme un poisson tiré des eaux
dans l'ail'. La distinction universelle des respirations et des pulsa­
tions est selon l'idée de Dieu, car de cette idée résultent les diffé­
rences'de l'amour et par suite celles de la sagesse; c'est pourquoi
une nation d'Une religion ne peut entrer chez les nations d'une au­
tre religion; il m'a été montI'é que les Chrétiens ne pouvaient en­
trer chez les Mahométans, à cause de leUl' respiration. La respira­
tion est très-facile et très-donce chez ceux qui ont de Dieu l'idée
d'un homme, et dans la Chrétienté chez ceux qui ont du Seigneur
l'idée qu'il est le Dieu du Ciel j mais la respiration est difficile et
dUl'e chez ceux qui nient sa Divinité, comme font les Sociniens et
les Ariens, Puisque le pouls fait nn avec l'amour de la volonté, et
66 DE LA. DIVINE SAGESSE.
que la respiration fait un avee la sagesse de l'entendement, ceux
qui doivent venir dans le Ciel sont par conséquent d'abord inau­
gUl'és dans la vie angélique pai' des respirations qui sont d'accord,
èe qui se fait pal' ditl'él'cnts moyens; ensuite ils viennent dans des
perceptions intérieur'es, et dans le Iibr'e céleste. D'après la Raison:
L'esprit de l'homme n'est pas IIne substance séparée des viscères,
des organes et des membres de l'homme, mais il y est étroitement
adhérent, car le spirituel suit toute leur chaîne depuis les exLimes
jusqu'aux intimes, et par suite aussi toute chaine et toute fibre du
cœur el des poumons; c'est pourquoi, lorsque le lien entl'e le corps
et l'esprit de l'homme est rompu, l'esprit est dans la semblable
forme dans laquelle était l'homme pr'écédemment; il Ya seulement
séparation de la substance spirituelle d'avec la suhstance maté­
rielle; de là vient que l'Esprit a également un cœur et un poumon,
comme l'homme en avait dans le Monde; c'est même pOUl' cela
qu'il a de semblables sens et de semblables mouvements, et qu'il a
aussi un langage; et les sens, les mouvements et le langage n'exis­
tent pas sans le cœur et sans les poumons; les Espl'its ont aussi
des atmosphères, mais elles sont spil'ituelles; combien s'abusent
étrangement ceux qui assignent à l'âme un lieu parliculiel' quelque
part, soit dans le èerveau, soit dans le cœur, car l'âme de l'hom­
me, qui doit vivre après la mort, est son esprit!
3. Le pouls de son cœur et la respiration de son poumon
influent dans le pouls du cœur et dans la respiration des
poumons chez. l'homme dans le Monde. Cela aussi sel'a confir­
mé par l'expét'iencc et ensuite par la l'aison : Par l'Expérience:
Tant que l'homme vit dans le Monde, il a ~ne double respiration
pulmonaire et un double pouls cardiaque; il ne le sait pas, parce
qu'il ne sail pas que l'homme est esprit quant à ses intél'ieurs, et
que l'esprit est également homme; que cependant l'un et l'autre
mouvement existe continuellement dans l'homme, et que de là ces
mouvements de l'espl'it influent dans ces deux mouvements du
corps, c'est ce qu'il m'a été donné de percevoir. par' le sens: J'ai été
réduit une fois à ces mouvemenls de l'esprit lorsqu'il y avait chez
moi des Esprits qui, dans un fort persuasif, avaient pu enlever à
l'entendement tonte faculté de penser et pareillement alors le pOll­
,'oir de l'espil'er; pOUl' que je n'en éprouvasse pitl' de préjudice, je
DE LA DIVINE SAGESSE. 67
fus réduit à la respiration de mon esprit, que je sentis alors mani­
festement en accord avec la respiration dès Anges du Ciel; de là
il devint évident que le Ciel dans le commun, et là tout Ange dans
le particulier, respire; puis aussi, que,.autant souffre l'entende­
ment, autant souffre aussi la respiration, car le persuasif que pos­
sèdent certains mauvais Esprits dans le Monrle spirituel suffoque
âussi en même temps la respiration et l'entendement; aussi l'ap­
pelle-t-on le suffocatif du corps et le nécatif de l'esprit (anjmu,~):
j\ a aussi été donné également aux Anges pouvoir de dil'iger ma
respiration, et une fois aussi de diminuer et de relirer successive­
ment la respiration de mon corps, jusqu'à ce qu'il ne restât que la
respiration de mon esprit, laquelle je perçus même alors par le
"sens : et, outre cela, Yai été dans la ,respiration de mon esprit
toutes les fois que j'ai été dans le même état que les Esprits et les
Anges; et, autant de fois j'ai été élevé dans le Ciel, autant de fois
j'ai été en esprit et non en corps, étant autre tant en corps qu'en
esprit. Quant au retl'ait de l'animation du poumon et du COl'pS et
au maintien de l'animation de mon esprit, voir aussi dans le Traité
DU CIEL ET "DE L'ENFER, N° 449. D'apl'ès la Raison: Au moyen
de ces vives expériences, on peut voir que chaque homme jouissant
d'une double respiration, l'une au dedans de l'autre, peut d'après
J'entendement penser rationnellement et même spirituellement, et
être aussi par cela même distingué des bêtes; puis encore, qu'il
peut être illustré quant à l'entendement, être élevé dans le Ciel, et
respirer avec les Anges, et ainsi être réfol'mé et être régénéré; de
plus, où est l'externe, là aussi doit être l'interne; cela doit être
dans toute action et dans toute sensation; l'externe donne le com­
mun et l'interne le singuliel', et où le commun n'est pas, le singu­
lier n'y est pas non plus; de là vient que chez les hommes il y a
un mouvement systolique et animatoire tant externe qu'intel'ne, un
mouvement externe qui est naturel, et un mouvement inteme qui
est spirituel; c'est même ainsi que la volonté, de compagnie avec
l'entendement, peut produÎl'e les mouvements corporels, et que
l'entendement peut aussi avec la volonté pr'oduire les sens corpo­
rels. Il y a ~ussi dans les bêtes un pouls commun et un pouls sin­
gulier, une respiration commune et une respiration singulière;
mais chez leg Mtes l'externe et l'interne sont naturels, tandis que
68 DE LA DIVINE SAGESSE.
chez l'homme l'externe est nalul'el et l'interne est spirituel. En un
mot, tel est l'entendement, telle est la l'espiration, parce que tel est
l'esprit de l'homme; c'est l'espl'it qui pense d'après l'entendement
et qui agit d'après la volonté; pOUl' que ces opérations spirituelles
puissent intluer dans le corps, ct pOl'ter l'homme à penser et Il vou­
loil' naturellement, il faut que la respil'ation et le pouls de l'esprit
soient conjoints à la respil'alion et au pouls du corps, et qu'il y ait
influx de ('un dans l'autre, autrement il n'y a pas de t1'allslatjoD.
h. La vie du corps, qui est naturelle, existe et subsiste par
cet influx, et elle cesse par son éloignement et sa sépara­
tion. Que l'homme après la mort soit également homme comme
il l'avait été auparavant, mais qu'après la mort il devienne homme­
esprit, c'est parce que son spirituel ou le substa'ntiel de l'esprit a été
adjoint à son naturel ou au matél'iel du corps avec tant de justesse
et d'union, qu'il n'y a pas une fibrille, une légèl'e trame ou la plus
petite toile où l'humain de l'esprit ne soit avec l'humain du corps;
et comme la vie du tout et la vie des parties dépendent uniquement
de ces deux mouvements univel'saux, -le mouvement systolique du
cœur et le mouvement respiratoire du poumon, il s'ensuit, lorsque
ces mouvements cessent dans le COl'pS, que les naturels qui sont les
matériels sont séparés des spil'Huels qui sont les substantiels, ear
ils ne peuvent plus faire ensemble le même travail; c'est pour cela
que ce qui est l'agent même, c'est-à-dh'e, le spÎI'ituel, se retire de
chacune des choses qui étaient mises en action, c'e~t-à-dire, des
naturels, et ainsi l'homme devient un autre homme; c'est donc là
la mort de l'homme, et celte mort est sa résurrection. Voir, dans
le TI'1\ité DU CIET, ET DE L'ENFER, quelques particularités sur ce
sujet "apportées d'apl'ès une vive expél'ience, No' M5 à h52, h53
à h60, h6! à lt69.
Il parait comme évident que l'homme est mort quand la respÎl'a­
tion cesse, mais toujours est-il qu'il n'est pas mort avant que le
mouvement du cœur ait en même temps cessé, ce qui al'j'ive ordi­
nairement plus tard; que 1'homme ne soit pas mort auparavant,
c'est te que prouve la vie des enfants dans l'utérus, et aussi la
vie des adultes dans lès évanouissements et dans les suffoca­
tions; dans ces éta,ts le cœUl' a ses systoles et ses diastoles, le
poumon étant dans l'inaction, ct cependant ils vivent, quoique pri...
DE LA DIVINE SAGESSE. 60
vés de sens et de mouvement, ainsi quoiqu'ils Jl'aient aucune con­
science de la vie; la raison de cela, c'est qu'alors la l'espiration de
l'espl'it continue même d'exister, mais aucune respil'aliQn du corps
n'y cOl'l'espond, par suite il n'y a pas non plus réciprocation des
deux mouvements vitaux du cœur et du poumon; sans corres­
pondance et sans l'éciprocation, il n'existe pas de vie dans le sens,
et il n'y a pas d'action: il en est de la vie natul'elle du corps de
l'homme comme de la vie spirituelle de son mental j si la volonté
et l'entendement, ou l'amour et la sagesse, n'agissent pas conjoin~
tement, il ne se fait aucune opération l'ationnelle; si l'entendement
ou la sagesse se retire, la volonté avec l'amoul' devient comme
morte j mais toujours est-il qu'elle vit sans avoir' conscience d'elle­
même, si seulement l'entendement a été fermé, comme il afl'ive
chez ceux qui perdent la mémoire; il en est autrement si la \'olonté
ou l'amOlli' se l'ctit'e, alol's c'en est fait du mental de l'homme,
comme c'en cst fait de lui, quand le cœur cesse d~ baHI'e. Il m'a
été donné de savoil' que la sépal'ation de l'esprit d'avec le COI'pS se
fait pour l'ordinaire le second jour après la demière agonie, en ce
que je me suis entretenu, le troisième jour apl'ès celte agonie, avec
quelques défunts qui étaient alors des esprits.
5. L'/zomme alors de naturel devient spirituel, L'homme
naturel diffère ahsolument de l'homme spirituel, et l'homme spiri­
tuel ahsolument de l'homme natUI'el; la différence cst si gl'ande,
que l'homme ne peut êll'e cn méme temps homme spirituel el.
homme naturel. Celui qui ignore ce qu'est le spiri lucl dans son
essence peut croire que le spirituel est seulement le naturel plus
pur qui, dans l'homme, est appelé le ralionnel;, mais le spirituel
est au-dessus du rationnel, et il en diffèl'e autant que la lumière du
jour diffère de l'ombre du soil' dans la saison de l'automne; la dis­
tinction ni la différence ne peuvent êll'e connucs que pal' quelqu'un
qui cst dans l'un ct dans l'aull'e Monde, le naturel ct le spirituel,
el à qui il est donné d'altemel' tour à tour, lantôt d'êlre dans l'un,
et tan lOt dans l'autl'e, et d'inspec.tel' l'un pal' l'aull'e au moyen de
l'éfiexions; d'après celle faculté qui m'a été donnée, j'ai connu
quel est l'homme naturel, et quel est l'homme spÎl'iluel qui est l'es­
prit. POUl' qu'on Je sache, cela sera décrit en peu de mols: Dans
tout ce qui llppal'licnl il sa Jlens~c et il son langage; ct clans lout ce
70 DE LA DIViNE SAGESSE.
qui appartient à sa volonté et à son action, l'homme uaturel a pour
sujet la matière, l'espace, le temps et la quantité; ces choses chez
lui sont fixes et déterminées, et sans elles il n'est dans aucune idée
de la pensée et du langage qui en procède, ni dans aucune affection
de la volonté, ni par suite dans aucune acLion. L'homme spiriLuel
ou l'EspriL n'a pas ces choses pour sujets, mais il les a seulement
pOUl' objets; et cela, parce que dans le Monde spirilUel il y a des
objeLs LouL à fait semblables à ceux qui sont dans le Monde natu­
l'el; il Ya des terres, des campagnes, des champs, des jardins et
des forêts; il Ya des maisons distribuées en chambres, et dans ces
chambl'es LouL ce qui est utile; il Ya aussi des vêtements, les uns
propres aux femmes et les autres aux hommes, comme dans le
Monde; il Ya des Labies, des mets, des hoissons, cOmme dans le
Monde; il Ya aussi des animaux, les uns doux, les autres nuisi­
bles; il Ya par conséquent des espaces et des temps, des nombres
et des mesures; toutes ces choses. ressem bien t tellement à celles
qui sont dans le Monde, que l'œil ne peut absolument pas en faire
la distinction; mais cependant elles sont toutes des apparences,
celles qui appartiennent à l'entendement des Anges des apparences
de la sagesse, et celles qui appartiennent à leul' volonté des appa­
rences de la perceplion des amours; car elles sont cl'éées en un
moment par le Seigneur, et en un moment aussi elles sont dissi­
pées; elles l'estent ou ne l'esLent pas selon la constance ou l'incon­
sLance des Esprits ou des Anges chez lesquels elles sont des appa­
rences; cela vieut de ce qu'elles sont seulement les objets de leurs
pensées et de leurs affections, et que les sujets sont les choses d'a­
près lesquelles elles apparaissent, c'est-à-dire, celles qui, comme
il a été dit, appartiennent à la sagesse et à l'amour, ainsi des spi­
riLuels; par exemple, quand ils voient des espaces, ils n'y pensent
pas d'après l'espace; quand ils voient des jardins, et dans ces jardins
des arbres, des fruits, des arbrisseaux, des fleurs et des semences,
ils y pensent, non pas d'apl'ès l'apparence, mais d'après les choses
en raison desquelles ces objets apparaissent; il en est de même du
reste; de là vient que les pensées des spirituels sont absolument
autres que les pensées des naturels, pareillement les affections,
et tellement aull'es, qu'clics sont transcendantes et ne tombent pas
dans les idées naturelles, si ce u'est quelque peu dans la vue inté­
DE LA DIVINE SAGESS&. 7:l
rieure rationnelle; et cela, non autl'ement que par des ahsll'aetions
ou l'éloignement desquanlités par les qualités; d'après cela, il est
évident que les Anges ont une sagesse qui, pour ('homme naturel,
est incompréhensible et inexprimable; comme telles sont leurs
pensées, ils ont aussi un langage analogue q\li diffère tellement
des langages des hommes, qu'ils ne se ressemblent pas en un seul
mot: il en est de même de leur écriture, qui, bien que semblable
quant aux lettres à l'éCl'iture des hommes du Monde, ne peut ce­
pendant être comprise pal' aucun homme du Monde; chaque con­
sonne y est un sens, chaque voyelle y est une affection; et les
voyelles ne sont pas écl'ites, mais sont ponctuées; les travaux ma­
nuels, qui sont innombrables, el les fonctions de leurs offices diffè­
rent également des travaux el des fonctions des hommes naturels
dans le Monde; ces idées ne peuvent êlre décrites pal' les mots
d'une langue humaine. Par celte légèr'c esquisse, on peut pel'ce­
voit' que le naturel et le spil'itllel diffèrent comme l'omhre et la lu­
mière. Mais néanmoins il ya plusieurs différences, cal' ily a des
spil'ituels sensuels, des spirituels rationnels el des spirituels céles­
tes; il y a aussi des spiriluels mauvais et des spirituels bons; les
différences sont selon les affections et les penSées qui en dérivent,
et les apparences sont selon ces différences. On voit, d'après cela,
que l'homme de natlll'ei devient spirituel, aU:lsiLOt que le poumon
et le cœur du COl'pS cessent leurs mouvements, el que pal' là le
corps matériel est repoussé par le corps spirituel.
VllI. Il n'y fl et il ne peut y avoir aucun Ange, ni aucun
Esprit, qui ne soit né homme dans le Monde. Que les Anges
n'aient pas été créés immédiatement, mais que tous ceux qui sont
da.lls le Ciel soient d'abord nés hommes, et soient develJus Anges
après une vie passée dans le Monde, on le voit démontl'é dans le
Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 312 à 318; et qu'aucun Ange
D'ait pu existel' sans être né homme dans le Mond~, et que cela soit
conforme à l'ol'dre Divin, on le voit d'apl'ès les Propositions qui
suivent: LIly a dans l'homme un mental angélique. 2. Un tel
mental ne peut être formé que dans l'homme. 3. Ni ne peut etre
procréé, et être multiplié pal' des Pl'ocl'éations. !J. Les Esprits et
les Anges tiennent de la de pouvoir subsisler' et vine à. élernité.
5. Et de pou\'oir êlre udjoints ct conjoints au genre humain, 6. F..t
7:2 DE LA DIVINE SAGESSE.
ainsi le Ciel, qui a été la fin (le but) de la cl'éation, a pu exister.
1. JI Y a dans l'homme un mental angélique. On sait dans
la Chrétienté que l'homme est né pour le Ciel, et que même, s'il
vit bien, il doil venil' dans le Ciel, et y êll'e consocié avec les Anges
comme l'un d'eux; on sait aussi qu'illlli a été donné une âme ou
un mental d'une semblable qualité, et qu'il doit vivre à éternité; que
ce mental, considéré en soi, est la sagesse procédant du Seigneur
d'apl'ès l'amour envel's Lui, et que les Anges ont aussi un sembla­
ble mental; de là il est évident qu'il y a dans l'homme un mental
angélique: qu'on ajoute à cela que ce mental est l'homme lui­
même, car tout homme d'après' lui est homme, et tel il est, tel est
l'homme; le corps, dont ce mental dans le Monde est revêtu et en­
veloppé, n'est pas en soi l'homme, car le corps ne peut recevoi!'
pal' soi la sagesse qui procède du SeiglleUl', ni aimer le Seigneur,
mais il le peut par son mental; aussi est-ce pOUl' cela que le corps
est séparé et rejeté, lorsque le mental doit s'en aller et devenil' Ange.
Si même alors l'homme vient dans la sagesse angélique, c'est parce
que les degrés supél'ieUl's de la vie de son menlal saut ouvel'ls, car
dans tout homme il y a les trois degrés de la vic; le degré infime
est naturel, dans ce 'degré est l'homme dans le Monde; le second
degré est spir'ituel, dans ce degré est tout Ange dans les Cieux in­
férieurs; le lroisième degl'é esl célesle, en lui est lout Ange dans
les Cieux supérieurs, et l'homme est Ange, selon que chez lui dans
. le Monde les deux degrés supérieurs sont ouvelts pal' la sagesse
procédant du SeigneUJ', et pal' l'am OUI' envers Lui; mais toujours
est-il que l'homme ne sait pas dans le Monde que ces degrés ont
été ouvel'ts, avant qu'il ait été séparé d'avec le pl'emiel' degré, qui
est le naturel, et la séparation se fait pal' la mort du COI'pS; il m'a
élé donné de voir et d'entendre qu'il possède alol's la sagesse comme
l'Ange, quoiqu'il n'en ait pas été ainsi dans le Monde; j'ai vu dans
les Cieux plusieurs personnes de l'un el de l'au\J'e sexe, que j'avais
1 connues dans le Monde, et qui, pendant qu'elles y viv~ient, avaient

\ cru rlvec simplicilé ce que le Seigneur a dit dans la Parole et y


avaient conformé fidèlementleul' vie; et., les ayant enlendues pal'Ier
dans le Ciel, leurs paroles étaienl ineffahles, comme il est dit des
Anges. 2. Un tel mental ne l},'?ut être formé que dans l' homo
me, C'est parce que lout influx Divin Vil des premiers dans les
DE LA DIVINE 5AGgSSK n
derniers, et par connexion avec les derniers dans les moyens; et
que le SeigneUl' lie ainsi tontes les choses de la cl'éation ; aussi est­
il appelé le Pl'emieret le Derniel'; c'est aU5si pOUl' cela qu'il est
venu Lui-Même dans le Monde, s'est revêtu d'un COl'pS humain, et
,1 s'y est aussi glorifié,' afin de gouverne" pal' les pl'emiers et en mê~le

l lemps pal' les del'OlerS tout l'univers, tant le Ciel que le Monde.
C'cSt la même chose pOUl' toule opération Divine; s'il en est ainsi,
c'est que dans les derniers coexistent toutes choses; cal' toutes les
choses qui sont dans un Ol'dre successif sont là dans un ordr~si­
multané; c'est pourquoi, toutes les choses qui sont dans l'ordre si­
multané sont dans une connexion continuelle avec toutes celles qui
sont dans l'ordre successif; d'où il est évident que le Divin dans le
dernier est dans son plein; ce que c'est que l'ol'dl'e successif et
quel il est, et ce que c'est que l'ordre simultané et quel est cet or­
dre, on le voit ci-dessus, pag, 18, 19 j d'apl'ès cela, il est évident
que toute création a été faite dans les der'niel's, et que tonte opél'3­
tion Divine s'étend jusqu'aux demiers, et que là elle créeet opèl'e.
Que le mental angélique soit formé dans l'homme, on le voit pal'
la formation de l'homme dans l'Utél'US; puis, par sa fOl'mation
après l'enfantement; et par cela que c'est une loi de !'ol'dre Divin,
que toute chose revienne des derniers au pl'emier d'où elle p,'ocède,
et l'homme à son Créateul', Par la formation de l'homme dans
l'utérus; cela est évident d'après ce qui a été dit ci-dessus, pag.
h8 à 55, où il a été montré que' dans l'utél'us, jusqu'à l'enfan­
tement, l'homme est pleinement formé, d'après la vie procédant
du Seigneul', pour la réception de la vie qui vient de Lui, pOul' la
réception de l'amoul' par la volonté future, et pour la réception de
la sagesse pal' l'entendement futur, lesquels constituent ensemhle
le mental, qui peut devenir angélique. Par sa formation après
l'enfantement, en ce que tous les moyens sont pourvus pOUl' que
l'homme puisse devenil' un tel mental; en effet, chaque nation pos­
sède une religion, et la présence du Seigneur est parlout, et il y a
conjonction selon l'amour ct par suite selon la sagesse, ainsi il y a
1 dans tout homme possihilité de formation, et, pour qui le veut, for~
malion 'continuelle depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse pour le
Ciel, afi~ qu'il devienne' Ange. Par cela que c'est une loi de l'or­
dre Divin que toute chor.e J,'em'enne des derniers au premier
6.
7b. ])E LA ])lVINE SAGESSE,
d'où elle procède; on peut le voi., pal' tout objet créé dans le
Monde: La semence e$t le- premier de l'arbre; par la semence l'ar­
bl'e sort de terre, pousse des branches, fleurit, produit des fl'Uits
et y repose la semence; ainsi il revient à ce dont il procède; il en
est de même de tout arbuste, de toute plante et de toute fleur. La
semence est aussi le premier de l'animal; celui-ci est formé ou dans
une matrice ou dans un œuf jusqu'à l'enfantement; ensuite il croît
et devient un animal semblable; et quand il est par'venu à son état
mOT, il a aussi en soi de la semence; ainsi, tout dans le règne animal,
comme tout dans le règne végétal, s'élève dn premier au demier,
et du dernie., revient au premiel' d'où il procède. 11 en est de même
de l'homme, mais avec cette différence que le premier de l'animal
et du végétal est nalurel, et que par conséquent après qu'il s'est élevé
il relombe dans la nalme; au contraire, le premier de l'homme
est spirituel, semblable à son âme, pouvant recevoir le Divin
ArnoUl' et la Divine Sagesse; ce premiel', séparé du corp$ qui
, tombe dans la nalul'e, 'ne peut, pas ne pas .'etoUl'Del' au Seigneul',
de qui lui vient la vie: d'aull'es types de ce fait existent aussi
dans l'un et l'autl'e règne, le végétal et l'animal; dans le végé­
lai, les végétaux sont de nouveau suscités d'une ccndl'e; et dans
le règne animal, d'après la métamorphose des vermisseaux en
chrysalides et en papillons. 3. Le mental angélique ne peul être
procréé, ni être multiplié par des procréations que dans
l'homme: celui qui connaH quelles sont les substances dans le
Monde spirituel, et quelles elles sont relativement à la matière dans
le Monde nalurel, peut facilement voir qu'il n'y a de procréations
de mentais angéliques que dans ceux et d'après ceux qui habitent
sur la tene, œuvre demière de la cl'éation; mais comme on ignore
que\les sont les ~ubstanc~s dans le Monde spirituel relativement
aux matières dans le Monde naturel, cela va maintenant êlre dit :
Les substances dans le Monde spil'ituel appal'aissent cOl,!!!Jl.Ui elles
élaient matél'ielles, mais toujoul's est-il qu'clles ne le'sQnt pas; et
comme elles ne sont pas matérielles, c'est pour cela qu'elles ne sont
pas constantes; elles sont les correspondances des affections des
.Anges, et continuent d'existe.' avec les affections ou avec les An­
ges, et se dissipent avec ces affections; il en aurait été de même
des Anges, g'ils eussent été C1'éés dàns le Monde spirituel; mais en
DE LA- DIVINE SAGESSIC, 7&
outre, chez les Anges, la p,'ocréalion et la mulliplication qui en
provient ne sont et ne peuvent être qu'une procréation et une'mul.
tiplication spil'ituelles, qui appal'liennent à la sagesse et à l'amour,
téiles que sont aussi celles des âmes des hommes qui sonl eilgen­
dr:és de nou\'eau ou l'égénérés; dans le Monde nalul'el, au conlraire,
il y a des matièl'es par lesquelles et d'après lesquelles pel,lvenl être
faites des procréations el ensuite des formations, par conséq-uent des
multiplications d'hommes et par suite des multiplications d'Anges.
- h. Les Esprits et les Anges tiennent de là de pouvoir sr.tb,~is­
ter et vivre à éternité: c'est parce que si -l'Ange ou l'Espl'it
subsiste, il ti,~nl cela de ce qu'il est d'abord né homme dans le
Monde; en effet, il tient avec soi des intimes de la nature un mé­
dium entl'e le spirituel et le natul'el, médium par' lequel il est fini
pour qu'il soit subsistant et permanent; par ce médium il a le re­
latif aux choses qui-sont dans la nature, et aussi le correspondant
à ces choses. 5. Par ce médium aussi les Esprits et les Anges
peUl,ent etre adjoints et con/oints au genre humain: en effel,
il Ya conjonction, et où il y a conjonction, il d9it aussi y avoir un
médium; qu'il y ait un tel médium, les Anges le savent; mais
(',omme il vient des intimes de la nature, et que les mots des lan­
gues appartiennent aux demiers de la nature, il ne peut être décrit
que pa.' des abstractions. Maintenant, d'après ces considérations,
il suit, 6. que le Ciel angélique, qui a été la {m (le but) de III
création, n'a pas existé autrement, et qu'ain,~i le genre humain
en eslla pépinière et le magasin (promptuarium). ---
IX. Le Divin Amour est le Divin Bien, et la Divine Sa­
gesse est le Divin Vrai. C'est parce que tout ce que l'amour fait
est le bien, et que tout ce que la sagesse enseigne est le vrai; de
là il est évident que le Divin ArnOUl', d'après l'effet, qui est l'usage,
est appelé le Divin Bien, et que la Divine Sagesse, aussi d'après
l'effet, qui est l'usage, est appelée le Divin Vrai; car l'effet con­
siste il faire et aussi il enseigner, mais l'un appartient à l'amour et
l'autre à la sagesse; et tout effet est un usage, et l'us:tge est ~-e
qu'on nomme bien et \'l'ai; mais le bien est l'essence de l'lI~age, et
le vrai en est la forme. 11 est inutile d'entrer dan~ de plus longues
explications et de les déduire, puisque chacun d'après la J'ai30n
peut voil' que l'amour fait et que la sagesse enseigOf~,'et que ce que
70 DE LA DIVINE SAGESSE.
l'amour fait est le bien, et que ce que la sagesse enseigne est le
vrai; puis aussi, que le bien que "amoul' fait est l'usage, et que le
vrai que la sagesse enseigne est aussi l'usage, Examine seulement
en toi-même ce que c'est que l'omour sans le bien dans l'effet, et
ce que c'est que le bien dans l'effet sans l'usage j est-ce que l'amour
est quelque chose, et est-ce que le bien est quelque chose? mais
dans l'usage c'est quelque chose j l'amour exisle donc dans l'usage:
pareillement la sagesse pal' le moyen du vrai, cal' celle-ci enseigne
et l'amonr fait, C'est de là qne la chaleul' procédant du Soleil qui
est le Seigneur est appelée Divin Bien, et que la lumière procédant
aussi de ce Soleil est appelée Divin VI'ai; elles sont ainsi appelées
d'après l'effet, car celte choleur est l'effet de l'amour, et celte lu­
mière est l'eltet de la sagesse, et elles sont l'une et l'oulre l'usage;
çar celte chaleur vivifie les Anges, et celle lumière les ilIusll'C; et
pareillemenl les hommes.
Dans l'Al'licle pl'écédent, il a été dit ce que c'est que le Divin
Amour, ici maintenant il sera dil ce que c'est que la Divine Sa­
gesse: La Divine Sagesse est celle qui est appelée Divine Provi­
dence, et qui est aussi appelée Divin Ordre; el les Divins Vrais
soot ceux qui soot appelés lois de la Divine Providence, desquels il
a été trailé ci.dessus, et qui sont aussi appelés lois du Divin Ord.'e :
ces lois d'un cOté regal'dent le Seigneur, de l'autre l'homme, et de
part et d'aulJ'e la conjonction; le Divin Amour a pour objet de con­
duire l'homme et de l'attirer à soi, et la Divine Sagesse a pour ob­
jet d'enseigner à l'homme le chemin qu'il doit suivre pour venir en
conjonction avec le Seigneur, Le Seigneur. enseigne ce chemin dans
la Parole, et spécialement dans le Décalogue; c'est pourquoi du
doigt du Seigneul' Lui-Même ont été éCI'iLes ses deux lables, dont
l'une regal'de le Seigneur et l'autre l'homme, ct l'une et l'aulre la
conjonction: afin donc que ce chemin soit connu, le Décalogue sera
expliqué, ce qui sera fait dans' la suite (1).
L'homme étant un récipient et du Divin ArnOUl' et de la Divine
Sagesse, il lui a par conséquent été donné une volonté et il lui a
élé donné un entendement, une volonté dans laquelle il doit, rece­

(i) Ir s'agit ici du Trailé ayanl pour litre: Doctrine de Vie pOUl' la
Nouvelle lé/'usa/em cl'après/e$ P1'eceptes du Décalogue; publié en i 763,
DE LA DIVINE SAGESSE. 77
voir le Divin Amour, et Un entendement daRs lequel il doit rece­
voir la Divine Sagesse, le Divin Amour dans la volon lé par la vie,
et la Di",ine Sagesse dans l'entendement par la doctrine; mais
comment se fait la rooeption ,flar la, doclrine ,dans la vie, et par la
vie dans la doctrine, c'est là tout le travail, qui sera enseigné aussi
clairement qu'il est pQ$sible de le faire dans, l'expHeaUon du Déca­
lQgue. •
X. Il y a une conjon,ction récipr.oque de l'amour et de la
8agessa; ou, ce qui est la même chose, de la volonté et de l'enten~
dement, puis aussi de l'affection et €le la pensée, et p$reillement du
bien et d'u vrai. C'est là un at'ca;ne' non encore révélé; qu'il yail
conjonction, la raison;peut le,dooouvrir, mais non de,même que la
conjonction est récipl'oque; que· la raison puisse décoUVI'it' qu'il y
a Conjonction, OR le voit en ce'qu'eHe-même ne fleùt existel' que
pal' la conjGnCbion de: l'affection et de la pensée; personne, en effet,
Ile peut ,pensel' sans affection, et qui voudra l'echercher, pel'cena
que l'affection est la v.ie de la pensée, et que telle est l'affection,
telle est la pensée; c'est pOUll(}uoi si l'une 's'écha,uffe, l'autre s'é­
chauffe, et si l'une se refroidit, l'aulre se refroidi!; c'est pourquoi,
quand l'homme est dans l'allégresse, ses, pensées sont gaies·; quand
il est dans ,la tl'Îslesse, ses pensées sont tristes; de même, quand
il se livre à la colère, ses pensées sont véhémentes, et ainsi du
reste; de ta pensée supérieure' pénètre dans ta pensée inférieure, et
donne tOllle ton attention, et tlt le verl~as., Il y a une semblable
cenjene~ion de l'amour et da la sagesse, parce que toule affection
appal'Iient li l'amour, et toulepensée à la sagesse; puis aussi, une
semblab~ conjonction de la velenté, et de l'enlendement, car l'a­
mOUl' ap'parlient à la volonté, et la sagesSe à' l'entendement; et une
semblable'conjonction du bie'D 'et dur vl'aï., parce (i!iue le bien appar­
tient à l'amour. et le vrai.à la sagesse, comme 'il a été confirm~
dans, le' précédent Article,; surcetle conjonction, voir 'Ce qui a été
rapporté dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JtRUSALBM, NOl it
à 2~.·
Que la conjonction 'soit réciproque, cela aussi peut être conclu
de l'affection et, de la pensée, et de celque l'affection· produit la ,pen·
sée et que la pensée reproduit J'affection; mais cela peut surtout
6lre contlu de la conjonction récipl'oqU6 du cœur, et· des poumons;
78
Ir:al',
DE LA DIVINE SAGESSE.
.
ailllli qu'il é/. déjà été monu'é, Art. 'VIl et VIII, il Ya chez
l'IWl1Ime qne correspondance complète entre le creur et la volonté,'
et entre le poumon et l'entendement'; nous pouvons donc, pal' la
conjonction.du cœur et du poumon, etre instl'uitssur la conjonction
de la volonté et de l'entendement, et· par conséquent sur la con­
jonction de l'amour èl de la sagesse. Du parallélisme entre ces
deux instituts on peut voit' : 1. Que fa vie de la volonté se conjoint
à·la lie de l'entendement. 2. Que la conjonction est récipl'oqlle, et
quelle elle est. 3. Que la vie de l'entendement purifie la "ie de la
\'olonté; que pareillemenl elle la perfectionne- et l'exalte. !J. Que la
l'ie (le la. volonté coopèl'e avec la vie de l'entendement dans tout
mouvement, et que réciproquement la vie de l~entendement coopère
ll'vec..la -\lie ,de la volonté dans tout sens. 5. Pareillement dans le
~on, et .da.ns le langage. 6. Pareillement chez les bons ,et chez les
méchants, avec celte différence quelchez leS--méchants la vie de la
"olonté n'est ni pUI'ifiée, ni perfectionnée, ni exaltée par la vie de
l'.entendement, mais qu'elle esl corrompue, dépravée et abl'Utie.
ï . .Que l'a moitI',qui est la vie de la volonté, fait toute la vie de
l'homme.
Mais il faut d'abord qu'on sache,que pal' la vie de la vôlonté il
est entendu ,l"amour el l'affection, et que par la vie de l'entende­
Illent il est entendu la sagesse,la !sci~nce et ('intelligence: il faut
aussi qu'on :sache que le c'reuI" lui~mê.me, avec tous ses vaisseaux
dans tout le corps, cOl'l'espond à la volonté,: et que leur sang cor­
respond à l'amour el à sesaffections1qui constiluenlla1vie de la vo­
Ionté; que .lepoumon avec' la tracb~, le larynx et la glolle" et en­
ti n lalangue,-correspOl1d' à l'entendement; el 'que la respiration,
qui. se fait par l'InfluX' de l'air à· traver,S le larynx et la trachée dans
les bronches des poumons" correspond àlla' vie de l'entendement :
il. faut qu'on saëhe ces choses, pOUl' qiIe la vérité soit saisie, au
moyen desootr-espondance5, a·vec clarté et· justesse. J'arrive main­
teuant au parallélisme. ï .
1. La vie de la volonté se conjoint à la vie de r entende­
ment. Pal' lei parallélisme,'oll voit que la ,~ie ete la v6lonté~ qui est
l'amoul', influe dans l'entendement et en failla vie intime ;que l'en­
tendement la l'èçoitspontanément',1 et que la volonté pal' l'i(lflnx de
son/amoul' dans ('entendement produit d'abord les affections, qui
DE LA DIVINE SAGESSE. 79
sont les propres choses de la volonté ou de l'amour, et ensuite les
perceptions, et enfin les pensées avec les idées, dans la coopéra­
tion. Qu'il en soit ainsi, on peut le voir d'après la conjonction du
cœur avec le ponmon; le cœur par son oreillette droite envoie tout
son sang dans le poumon et ensanglante ses vaisseaux, ce qui fait
que le poumon, de hlanc qu'il est, paral! sanglant; le cœur envoie
son sang par un voile ou une tunique extime, qui est appelée pé­
ricarde, et cette tunique entoure les vaisseaux jusqu'aux intimes du
poumon; ainsi le cœUl' failla vie du poumon et lui donne la fa­
culté de pouvoir respirer j la respiration se fail par l'influx de l'air
dans les bronches et par leurs mouvements réciproques ou ha­
leines. ­
2. La conjonction est récipt'oque, et' quelle est celte con­
jonction. Pal' le parallélisme on peut voil' que J'entendement ren­
voie la vie de l'amour qu'il a reçue de la volonté, non par le même
chemin par lequel il l'a reçue, mais par un autre à cOté j et que pai'
suite la volonté dirige la vie dans tout le corps. Toutefois, cette
conjtlnction réciproque peut être plus amplement saisie d'après la
conjonction ré~ipl'oqùe du cœur et du poumon, parce que ces deux
conjonctions sont semblables: Le cœul' par son oreillette droite en­
voie le sang dans le poumon, comme il v-ient d'êtl'e dit; etlepou­
mon, après l'avoit' reçu, le renvoie dans l'oreillette gauche du
cœur, ainsi par un autre chemin, et le cœur'avec une force vigou­
reuse le l'épand de son ventl'icule gauche de tout cOté par l'aorte
dans le corps, et pal' les carotides dans le cerveau; au moyen de
ces artères et de leurs ramifications, le cœur dirige la vie active
dans tout le corps, car la force active du cœor est dans les artères;
ce sang artériel coule ensuite de tout éOlé dans les veines, par les­
quelles il reflue vers le venll'iculedroit du cœur, et de là, il va de
nouveau, comme auparavant, dans le poumon d'une manière réci­
proque; cette circulation du sang est continuelle dans l'homme.
parce que le sang cOl'l'espond à la vie de l'amour, et la respiration
11 la vie de l'entendement: d'après ce qui vient d'être dit, il est
évident qu'il ya une conjonction réciproque de l'amour et ùe le sa­
gesse, et que l'amour est la vie même et la seule vie de l'homme.
3. La vie de l'entendement purifie la vie de la volonté. Cela
est évid'ent, non-seulemerlL par la correspondance avec le poumon et
80 D~ LA DlVIN~ SAGESSE.
Je creUl', mals encore en ce que'I'homme pal' ses pal'ents est né.dans
lcs maux, et que par suite il aime les chElses cOI'poreHes el mondaines
plus qne les choses célestes et spil'Huelles, et que pal' conséquent
sa vie, qui e~t amour, est mauvaise et impure pal' n&ture; chaou,I1,
d'après sa raison, peut voir que celle vie ne peut être purifiée que
par l'entendement, et qu'elle est purifiée par les vrais. spirituels,
nH)rauX et civils, qui constituent l'entendement: c'est même pOUl'
cela qu'il a été donné à l'Itomme de pouvoil' percevoir et pensel'
av,ec affirmation des choses qui sont contraires à l'amour de sa vo­
lonlé; et non-seulement de voir qu'elles sont contraires, mais aussi
de 'pouvoir y résistel', s'il regarde vers Dieu, et ainsi d'éloignel' les
perversilés et les impuretés de sa volonté, ce qui est être purifié.
Ceci peut aussi être iIJush'é par la .défécation du sang dans le pou­
mon: Que là le sang envoyé du cœuI'soit épuré, c'est ce qui est
connu des anatomistes. en ce que le sang flue du cœur dans le
POilmon en plus grande abondance qu'il ne reflue du poumon dans
le cœur; puis aussi, en ce qu'il flue indigeste et impur, mais qu'il
l'eflue châlié.et pur; puis encofte, en ce qu'il y a dans le poumon
u~ tissucellulellx, dans lequel le sang du cœur nettoie sesim­
puretés, et les jette dans les vésicules et les rameaux des bron­
ches; ~t que l'humeur pi,uilteuse dans les nal'Ïnes et dans la bouc~e
vient en .grande ipartie d.e là, ~insi que l'exhalaison venteuse : d'a­
près cela, il est évident que I.e sang,épais(\u cœur est pUl'ifié dans
le poum,on. Ces faits peuvent iilustl'el' ce qui vient d'être dit, puis­
que l,e sang ~u cœur conrespond à l'amour de la volonté, qui est la
)'ie· d~ l'homme;.~t la respira\ion du poumon à; la perception' et à.la
pensée de l'entendement, percep.tion et pens~ par l,esquelles se fait
la puyification. La vie de l'c1J;tendement per{eqtionne aussi et
e~aÛella vie de la volonté : ,c'est pa~ce que l'amour de la volonté,
qui ~ait la vie de, l',homm,e, aé~é nettoyé ~e$. maux au moyen de
l'enteQ~ment ; l'homm~ (~.corporel et. mondain devieut spirituel
et céles~"et alors les vrais~ et,lles biens d,~ Ciel et de. l'Église de­
vienqepJ chosesi de, l'alfe~ti,on, et nQUIT~ssent son âme; ainsi la .via
de sa volon~~ devi(jnt nouvelle, et ~'apt:èsi elle se fait ,la vie de l'en­
tendement, par conséqUent l'une et l'autl'e vie est pel'fectionnée et
exaltée; ~la..se fait dans.l'enLenden)ellt e~ par l',entendement, mais
d:aprè.~ la ~oIODté, car la volQnté lest l'homme lui-même. C'est
DE LA DIVINE SAGHSSE. 81
aussî ce qui est conlirmé par la correspondance du poumon et du
cœut' : Le poumon, qui correspond à l'entendement, purifie non­
seulement de sa lie le sang, comme il a été dit précédemment,
mais enéore il le nourrit d'ail'; cal' ('air est plein d'éléments vola­
tils et d'odem's, homogènes à la matière du sang; et il y a aussi
d'innombrables plexus sanguins dans les lobes des bronches, qui,
selon la coutume, s'imbibent des fluides dans lesquels ils sont plon­
gés; de là le sang prend de la vigueur et d,e l'éclat, et il devient
artériel, tel qu'il est quand il se rend du poumon dans le sinus
gauche du cœur. Que l'atmosphère nourrisse par de nouveaux ali­
ments le sang pulmonaire; cela est évident pal' beaucoup d'expé­
riences; en effet, il y a des exhalaisons qui nuisent au poumon, et
il y en a qui lui donnent de la vigueur; ainsi les unes sont perni­
cieuses et les autres salutaires; il Ya même des êlre:; qui ont vécu
longtemps sans nourriture terrestl'e, par conséquent avec le seul
aliment atmosphérique; il e?t des espèces d'animaux, COl).lme les
ours, les vipères, les caméléons et d'autres, qui continuent à vivre
sansauh'e nourriture. D'après ces considérations, il, est évident
que le sang pulmonaire est même nouni par l'almosphèl'e; par
oonséquent aussi la vie de l'entendement perfectionne et exalte la
vie de la'.volonté, selon la correspondance.
ft, havie de la volonté coopère avec .là vie de l'entende­
ment dans tout mouvement, et récipl;oquement la vie de l'en­
tende'ment coopère avec la. ?>ie de la volonté, dans tout sens.
Que la yolonlé etl'enlendement coopèl'ent dans.lout.es et dans cha­
cune de:; ch.oses du corps, comme le cœur el le poumon,. cela a été
monlré ci.,dessus ; mais que la volonté tienne le premier l'ang dans
la production des mouvements, et que l'entendement tienne le pre­
miel' ('ang dans l'exercice des sens, cela n'a pas encore été mon­
tré. Si la volonté tient le premier rang dans les mouvenJents, c'est
une conséquence du ministèl'e qu'elle l'emplit; car c'est d'après le
vouloir qu'on fait et qu'on agit; et si l'entendement tient lepremiel1
rang dans les sens, c'est aussi une conséquence de son ministère, en
ce qu,'il perçoit et par suile senl; mais loujOUl'S est-il qu'il ne peut
ex,istel' de mouvement ni de 'sens sans la coopération de l'un et de
l'au~l'e. C'est aussi ce qlii est évident d'api'èsla coopération du
f!,œur et du poumon; que le cœur tieJlne le premier rang et le pou­
82 DE LA DIVINE SAGESSE.
mon le second, cela est évident d'après les muscles, en ce que là
les artèl'es agissent, et les petites tuniques réagissent d'après les li­
gaments; les artères se contractent au moyen de fibl'es mises en
action par le cerveau, et ellcs se détendent au moyen de petites
tuniques d'après les ligaments introduits; les' artères dépendent
du cœur', et les ligaments, parce que par continuation ils viennent
du diaphragme ou du péritoine ou d'autre part, sont dans le mou­
vellient a\lerne des pQumons; de là il est évident que dans les mou­
vementS le sang du cœur tient le premieI' rang, et la respiration
du poumon le second. Quand la ('espil'ation dans les muscles du
poumon tient le second \'ang pal' les ligaments sus-indiqués, qui
sont dans son mouvement, ces ligaments font même une enveloppe
commune 'dans les muscles, et aussi les tuniques des fibl'es motri­
ces, et pénètrent de là vers les minima; ainsi, par suite il y llt,des
réactions eommunes' et singulières, et les singulières peuvent être
multipliées de diverses manières sous le commun,' selon la loi de la
lIatul'e en toutes choses. Il en est de même avec la volonté et l'en­
re'ndement. Que le poumon, au contraire, tienne le premier rang
dans les sens et le cœur le second, cela est évident par' un examen
des organes des sens qui le confirme; mais comme leurs tissus sont
difficiles à démêler, et que leUl's variétés ne peuvent être décrites
ici, il suffit qu'on sadie que tons les organes des sèns correspondent à
des choses analogues qui appartiennent à l'entendement; en elfet,
l'organe de la vue correspond à l'intelligence, l'organe de l'ouïe à
j'ohéissance pal'défél'ence, l'organe de l'odorat à la perception, la
langue à la i 8agesse, et le touchet' à la perception dans le commun.
5. Pareillement dans le son et dans le langage. Il a été dit
précédemment que les formations de l'amoUJ' d'après la volonté
dans l'entendement sont d'abord des affections, ensuit,e des percep­
lions,.et enfin des pensées; et l'on sait que tous les sons existent
par le poumon, et qu'il ya des variations de sons qui tirent fort
peu de choses de ,l'entendement, d'aulres qui en til'ent davantage,
et d'autl'es' qui en tirent beauconp; les sons qui 'tirent peu de ch9ses
de l'entendement sont ceux du chanl et de la musique; ceux qui en
tirent davantage de l'entendement sont les sons intérieUl's du lan­
gage; et ceu?\: qui en tit'cnt encore plus de l'entendemenl sonl~es
~on5 exlériclll's du langage; le langage· lui-même met ces vaJ'ia­
DE LA DIVINE SAGESSE. 88
lions en évidence par les articulations du son, qui sont les mots.
Qu'il y ail correspondance des sons et du langage avec la vie de la
volonté, qui est l'amour, et avec la vie de l'entendement, qui est la
sagesse, cela allssi peut êtl'e perçu d'après le son, qui est tel qu'est
l'affection de l'amoUl', et d'après le langage, qui est tel qu'est la
sagesse de l'entendement; cela est perçu manifestement par les
Anges, mais obscurément par les hommes; la correspondance du
son lui-même est avec l'affection commune cie ['amour dans ['en­
tendement; la cOI'l'espondance des variaI ions du son, tels que sont
les chants et la musique, est avec les variations des affections qui
sont d'après l'amour de la volonté dans l'entendement; la corres­
pondance des variations du son qui tirent fort peu de choses de
l'entendement est avec la perception; celle des variations qui en ti­
renl davantage est avec la variation des perceptions; celle des va­
riations qui en tirent beaucoup est avec la pensée et les variations
de la pensée; et les idées de la pensée ont une correspondance avec
les mots; ceci est dit en somme. Il y a deux poumons qui sont
appelés lobes, les sources de leur respiration sont appelées bron­
ches,le canal dans lequel elles se terminent est appelé trachée ou
tracbée-al'tère, la tête de ce canal est appelé larynx; et l'ouverture
pour le son y est appelée glolle; de là il y a une continuation dans
les narines et dans la langue, et une sortie par ['ouvet'ture des lè­
vres; ces choses appartiennent, dans un seul complexe, au poumon,
à sa respiration et à ce qui concerne le son, et prises ensemble elles
cOI'I'espondent à l'entendement d'après la volonté; ce qui en elles
concerne le son correspond à l'entendement, et ce qui en elles a
rapporlau mouvement correspond à la volonté.
6, Ce/a arrive chez les bons et chez les méchants, avec
cette différence que chez les méchants la vie de la volonté
n'est rii purifiée, ni perfectionnée, ni exaltée par la vie de
l'entendement, mais qu'elle est corrompue, dépravée et abru­
tie, Chez chaque homme il y a volonté et entendement, et il y a
aussi conjonction réciproque de la volonté et de l'entendement, pal'
conséquent aussi bien chez les méchants que chez les bons; mais
['amour de,la volonté diffère chez chacun, et par suite aussi la sa­
gesse de Fentendement, à tel point, que chez les bons et chez les
mécbants c'est l'opposé; chez les bons il y a l'amour du bien et
84 DE LA DIVINE SAGESSE.
par suite l'entendement du vrai, mais chez les méchants il y a l'a­
mOUl' du mal et par suite l'entendement du faux. Puis donc que
chez les bons l'amour de la volonté est noli-seulement purifié pal'
l'entendement, mais encore perfectionné et exalté, comme il a été
confit'iné CÎ- dessus, il s'ensuit que chez les méchants l'amoul' de la
volonté est corl'ompu, dépravé et abruti par l'entendement: dans
les externes, il est vrai, il semble qu'il y ait ressemhlance, parce
que les externes simulent et mentent; mais dans les internes il y a
dissemblance. Mais ce sujet, tel qu'il est en soi, peut être illustré
par la corl'espondance du cam'I' et des poumons : Chez chaque
homme il y a un cœur et un poumon; il ~ a aussi une cOrl'espon-­
dance, même réciproque, entre le cœur et le poumon; el chez cha­
con le sang du cœur est déflegmé dans le poumon et nourri d'air
au moyen d'éléments volatils et 'd'odeUl's, mais cependant d'une
. manière tout à fait diffél'ente chez les bons que cbez les méchants:
quelles sont chez les bons et chez les méchants la déflegmation et
la nutrition du sang dans le poumon, on peut le conclure d'apl'ès
ces enseignements de l'expél'ience : Dans le Monde spirituel , un
Espri~ bon attire avec délices par les narines les exhalaisons odo­
riférantes et suaves, et il a en horreur les exhalaisons pUh'ides et
d'une mauvaise ed.e~lI'; l'Esprit mauvais, au contraire, altÏl'e avec
délices par les narines les exhalaisons putrides et d'une luauvaise
odeur, et il fuit les exhalaisons odOl'iférantes et suaves; de là vient
que dans les enf.el'S il y a des odeUl's infectes, rances, stercoreuses,
cadavél'euses, et autres semblables; et cela, l'm'ce que. toute odeul'
correspond à la perception qui vient de l'affection de l'amour de
chacun; dans les Cieux c'esl lout l'opposé. D'après ces considéra­
tions, il est évident que chez les hommes, dàns le M.onde, le sang
au moyen de l'ail' est nourri par des semblàbJes comme homogènes,
et est purgé pal' des dissemblables comme hétél'ogènes; dans les
intimes, le sang pumain est spit'ituel, dans les exLimes"i1 est cor­
porel; c'est pourquoi ceux qui sont spit'Îluels le noul'rissent de
choses qui lIans la nature corl'espondent 'aux spiritiuels\ ta,nclis' que
ceux qui sont pUl'ement naturels le nourrissent de choses qui dans
la nature correspondent aux corporels; de là vient que' chez les
hommes la dissemblance du sang est aussi grande Q'ue la dissem­
lliance des amours, et qll'ellè est telle que celle des arnoUl's, car le
DE LA DIVINE SAGBSSE. 85
sang corl'espond à l'amour, ainsi qu'il est évident d'apl'ès cc qui a
été dit ci-dessus.
7. L'amour, qui est la vie de la volonté, fait toute la 'Ide
de l'homme. On croit que la pensée fait toute la vie de l'homme,
mais c'est l'amour; si l'on a celte croyance, é'est pal'ce que la pen­
sée se fait voir il l'homme, et non de même l'amour'. Si tu enlèves
l'amour, ou quelque ruisseau de l'amour, qui esl appelé affection,
tu ne penses plus, lu deviens froid, el tu meurs; mais non si tu en­
lèves seulement la pensée, comme il arrive lorsque la mémoire est
perdue, et aussi dans le sommeil, les évanouisseo1enls, les suffo­
cations, et tIans l'utérus, états dans lesquels, quoique l'homme ne
pense pas, loujours est-il qu'il ,'il tanl que le cœur hat, car le
cœUl' correspond à l'amo.ur; semblable chose a lieu avec la volonté
el avec l'enlendemenl, car l'amOlli' appartient à la volonté, et la
pensée appartient à l'enlendement. Que l'amour fasse toute la vie
de l'homme, cela a été illustré dans ce qui précède par la corres­
pondance du cœur avec le poumon; et par elle il a été montré que,
de même que le cœur dans l'ulél'us fOl'me le poumon pOUl' que par
lui il y ait respiration, cl par celle-ci langage, de même aussi l'a­
mour forme l'entendemenl, pour que pal' lui il pense, ct que d'a­
près la pensée il parle; de même aussi il a été montré que l'amour
d'après soi produil les affections auxquelles appartiennent les in­
tenlions, et par les affections la perceplion à laquelle appartiennent
les lumières, et par la perception la pensée à laquelle appartiennent
les idées, et d'après celles-ci la mémoire; el que ces choses, prises
ensemble, auxquelles cOl'l'espondent dans une semblable série toules
celles du poumon, apparliennent à l'amour de l'entendement. Com­
me l'amoUr avait fOl'mé .l'entendement pour l'usage de la pensée et
du langage, de même aussi il avait formé toutes les autres fonc­
tions de la vie pouNeUl's usages, quelques-unes pour l'usage de la
nutrition, d'autl'es pour les usages de la chylificalion et de la san­
guinification, d'aulres pour les usages de la procl'éation, d'autr'es
pour les tlsages de la sensation, d'autres pour les usages.de l'ac­
lion el ùe la locomotion, fonctions dans lesquelles il n'y a que le
formateur lui-même, c'est-à-dire, l'amour, qui puisse diriger la
vie; la formation a été faite par le cœul' et par son sang, parce que
le sang correspond Il l'amour ~ et le cœur RlI réc.eptacle de l'amour;
86 DE LA DIVINE SAGESSE,
et les viscères, les organes et les membres de tout le corps sont les
choses dans lesquelles les fonctions des usages ont été formées pal'
l'amour au moyen du creul' : celui qui peut se li vl'el' à I1n examen
approfondi doit voil' que dans les viscères, les organes et les mem­
bres il y a des progressions d'usages du premier au demiel' Sèffi­
blables à celles qui sont dans le poumon. D'après ces considérations
et celles qui précèdent, il est évident que l'amoul' de la volonté fait
toute la vie de l'homme, et que la vie de l'entendement en provient,
et qu'ainsi l'homme est son amoul' et son entendement d'après l'a­
mour selon l'amour.
XI. L'amour em'ers le Seigneur d'après le Seiglleur existe
dans la charité, el la sagesse existe dans la roi, Ceux qui, au
sujet de l'amoul' envers le Seigneul' et de la charité à l'égard du
prochain, pensent seulement naturellement, et non en même temps
spirituellement, ne pens.ent autl'ement, parce qu'ils ne peuvent
penser autrement, sinon que le Seigneur doit être aimé quant à la
personne, et aussi le prochain quant il la personne; mais ceux qui
pensent et naturellement et spirituellement perçoivent, et d'après
la perception pensent que le méchant comme le bon peut aimer le
Seigneur quant il la personne, .pareillement le (ll'ochain, et que si
le méchant aime, il ne peut être ré-aimé, mais que si le bon aime,
Hie peut; de là l'homme spirituel-natUl'el conclut qu'aimel' le Sei­
gneUl', c'est aimel' ce qui vient de Lui, ce qui en soi est le Divin
dans lequel est le Seigneul', et que c'est lil faire du bien au pro­
chain, et qu'ainsi il n'est pas autl'ement possible d'être aimé du
Seigneur, ni d'être conjoint il Lui pal' amoul'; mais l'homme natu­
"el ne peut pensel' spirituellement sur ce sujet, si ces choses ne
sont pas mises d'une manière distincte so~s ses yeux, La distinc­
tion va donc être établie dans ces Articles· SUI' L'AMOUR ET J,A CHA­
RITÉ, 1, L'amour des usages est la charité, ~e Seigneur est le a
quo (celui de qui procède), et le prochain est le ad quem (celui à
qui se rappone). 3. L'amour envers le Seigneur existe dans la cha­
rité, parce qu'il existe dans l'usage. h, L'usage consiste à s'ac­
quiller de son devoir et à faire son travail dans les formes voulues,
et avec fidélité, sincérité et justice, 5, Il Ya des usages communs,
qui sont aussi des usages de la charité. G. Les usages ne devien­
nent usages de la charité que chez celui qui combat contl'e les maux,

DE LA DIVINE SAGESSE. 8ï
lesquels proviennent de l'enfer. 7. Parce que ces maux sont oppo­
sés à l'amoul' envers le Seigneur et à la charité il l'égard du pro­
chain. 8. Les usages qui ont pour première et demière fin le bien
propre ne sont pas des usages de la charité. Sur LA SAGESSE ET LA
For. 1. La foi n'est autre cho~e que la vél'ité. 2. La l'érité devient
vérité quand elle est perçue et aimée; et elle est appelée foi quand
elle est sue et pensée. 3. Les vl'ais de la foi regardent d'une part
le Seigneul' et de l'autre le prochain. ft. En somme, les vrais en­
seignent comment le-Seigneur doit être approché pour qu'il yait
conjonction, et ensuite comment le Seigneul' fait les usages Jlar
l'homme. 5. L'un et l'autre sont enseignés par les Hais spirituels,
les vrais moraux et les vrais civils. 6. La foi consiste il savoir ces
vrais et à les penser, la charité consiste à les vouloir et à les faire.
7. C'est poul:quoi, lorsque le Divin Amour du Seigneur existe
chez l'homme dans la charité qui consiste à vouloir et à faire ces
vrais, la Divine Sagesse ùu Seigneur existe chez l'homme qans la
foi qui consiste à les savoir et à les penser. 8. La conjonction de
la charité et de la foi est récipl'oque.
. SUR L'AMOUR ET LA CHARITÉ. 1. L'amour des usages est la
charité. Dans tout, en général et en parliculiet', il y a ces trois
choses: La fin, la cause et l'effet; la fin est lea quo (ce d'où
pl'ocècte), la cause est le pel' quod (ce par quoi est fail), et l'effet
est le in quo (ce dans quoi vient la fin); et lorsque la fin par la
cause est dans l'effet, alors elle existe. Dans tout amour et dans
toute affection de l'amour est la fin, et la fin tend il faire ou veut
faire ce qu'elle aime, et l'acte est son effet. Le SeigneuI' est la fin a
quo (celui de qui procède), l'homme est la cause pel' quem (celui
par qui est fail), et l'usage est l'effet in quo (ce dans quoi la fin exis­
te) ; le Seigneur est la fin a quo, parce que par son Di l'in Amour
il tend à fail'e ou veut faire continuellement des usages, c'est-à­
dit'e, des biens pour le genre humain; l'homme est la cause per
quem, parce qu'il est ou peut êtl'C dans l'amour des usages, et que
dans cet amour il tend il faire ou veut faire de~usages, et parce
que les usages SOllt les effets dans lesquels la lin existe; ce sont
aussi les usages qui sont appelés des biens: de là il esl évident que
l'amour des usages esl la charité que l'homme doit avoir à l'égard
du pl'ochain. Que dans tout, en général et en pal'liculiel', il yait
88 DE LA DIVINE 8A6ESSI'.:.
la fio, la cause et l'effet, c'est ce qu'on peut reconna1tre pOUl' cha­
que chose, quelle qu'elle soit; pal' exemple, lorsqu'un homme fait
quelque chose, il dit alors, ou en soi-même, ou à un autl'e, ou un
autre lui dit: POUl'quoi fais-tu cela? ainsi, quelle est ta fin (ton but)?
Par quoi le fais-tu? ainsi, pal' quelle cause? Et, qu'est-ce que tu fais?
ce qui estl'ell'et: la fin,' la cause et l'effet sont aussi appelés cause
finale, cause moyenne et causatwn; et la loi des causes, c'est que
la fin soit le tout dans la cause, et par suite le tout dans ('effet, car
la fin même est l'essence de la cause et de l'effet; pareillement est
le Seigneur, parce qu'il est la fin, le tout dans l'amour des usa­
ges ou dans la charité chez l'homme, et pal' suite le tout dans les
usages faits par l'homme, c'est-à-dire, dans les usages faits au
moyen de l'homme: c'est de là que dans l'Église on doit croire que
tout hien vient de Dieu, et que rien de hien ne vient de l'homme,
et que le bien qui vient de Dieu est le bien même: il s'ensuit donc
que faire la charité, c'est faire des usages, ou des biens qui sont
des usages, qu'ainsi l'amour des usages est la charité.
2. Le Seigneur est le A QUO (celui de qui p,'ocède), et le
prochain est le AD QUEM (celui à qui se rapporte). Que le Sei~
gneul' soit celui de qui procède et existe l'amour des usages ou la
c11arité, cela est· évident d'après ce qui a été dit ci-dessus; que le
prochain soit le ad quem (celui il qui se l'apporte), c'est parce que
le prochain est celui à l'égard de qui on doit avoit' de la charité, et
envers qui la 'chal'ité doit êtl'e exe,'cée, Comme il a été dit que le
pl'ochain est le ad quem, il sel'a dit aussi ce que c'est que le Pl'O­
thain et qui est le prochain: Le prochain, dans le sens large, est
le commun ou le public; dans un sens moins large, c'est l'Église,
la patrie, une société grande et une société petite; et dans le sens
strict, c'est le concitoyen, le compagnon et le frère; faire des usa­
ges pour les uns et pour les autres par' amour, c'est exel'cel'Ia cha­
rilé à l'égard du prochain, cal' celui-là les aime; Hies aime, pal'ce
que l'amoul' des usages et l'amour du:r.'ochain ne peuvent être sé­
pal'és; l'homme, il est \'l'ai, peut par amour des usages ou pal' la
chal'ité fail'c du hien à un ennemi et à un méchant, mais illeul' fait
des usages de résipiscence ou de réconciliation, usages qui sont di­
vers et sont faits de divel'ses manières, Voir - Matth. V. 25,
h3, h!l et suiv, Luc, VI. 27, 28; 35.
D~ LA mVINE 1 ti~GESSE.
; 1 - ! 1
SV
3. L'amour ellve.rfle Seigl.leur; ~xist:e,«flils la ~har~~f' Pqljci
qu'il existe dan.~ l'flsar;,c. ~;~?e~glll~~r l'enslligne ~ui-~e~le\, 4~J;l\l
J~aQ, en ces tCfmes : « Q~i ~ 1~les qml1'l;zqlldem~11H .C!. <csllaz:t.
c'est cel~i,,(ù qlliait1;aùne. S~ 9fle{Qt(.·,Ult 1Jf.'aimc~ mpJl!f?:r.9{e il
(lal'c!,e_. Cellli (I·lfi n~ ~r«,ù~lpP;rsr' lpe.fj'R(l~;~<Ç~ll\lf9arrie.pap
! NY., 21, ,fi3 , 24. ;-;-pa~slle. MWle. :~.«:SlfoIIS f!a~def.me.6
comp'2q.nd~1'(lfllts, ~o,1l1 d.ernc.~{:Çlif:~ dans mon arnRHf;t Il -
-""V. ,1 0,; - parùer .~es, pl:é.ce.p,le~!, ~es pal'oles, mes co\nQH\~de­
rpent~, c:e~l faire le~ biens Ide la. çkaFii~é, ql~i .~p~t !~.es l\S~~~~ au
pl'ocqain. Et d~r~ le ,Même : (,~ J ésu.s ,d(t tf9i~ lois ù Pierre:
I}!'r~~mes-tll? et trois lois. Plw::r,e.lil!P~çf4 ,q1r4: il ff,l imp.it. J,~­
sus ,lui di.t t7'ois (ois: Pais. Imes rfl9l;uaux. et ?1leS fl;çbis.ll ~
~fI. 15" 16, nJ;'- paitre .I~,s ag~eau,x ~t I~s .pr~bi.s, F~ ~9.nt les
usa~~~ op ~e~ hiens qe la;cnaJ'i~é cl\ez ~eux"qn~,p~ê,Chenlr~van~U~
e~ ;l'fJIe.n~ le Seignelll:; de là il d~v.ient r~~i\lent 9ue l'amoul'lenvel's
I~ Se\g.neur existe ~ans la charité,. I?a~ce q\I'il.e;<i~te d~r~ l'u~apr ~
:pu~: ay~s,i,,! que !a ~onjonctiou d~;, l'amqul' ,en~ers l,el ~e,ign~urJ aveç
1~If-l,JHitp I:éga,';d du IlI'oclJ.,ajp"ainsi. la c~njol}~pp~ \lu S~igneul'
avec 1,~I)om!Ue, est da~~ l',u~!~~e, e~ !Ille \e) et, a\lss! gra.nd est ,I~a­
mo~1' ,de l;,ysage, telle et ':~N,s~i .g,.a.n9~ ,~)l la (wnjRnlltion: cal' I~
Seignepr, ~~t. d~ns .1'Usllge.cqrpll;le. ?l\n~lle bien,~,l),i.pl'ocède de Lui;-
Mêrle, et 1'\1O~mequiest dan~ l'allJour de l',usage est .4~ns l'~­
sa.ge com~~ '~ar soi7!1ll~~e"'llllais l~otiJ~qi,Slii l'econnal~,qq'i.IilY e,sl
pal' ,le ,Seign~r\'" el non P~ll'l ~qi-,lpewe :,~n ~~et, l'I,1on!me ~e peut
~e, SOi;~lêl~le I~in}e." ,le ;~J~.ig,q~~r" ~t ~,e peut ~e spi-lllè,llJe f~il'e d~s
us~gGS :, ,rn~lS le ~eigne,u.l'ï!'ai~e, ef fa,i~ 9ge ~on N.pO,ur jen .Iui \'e-
vienne ~'Isa source; el i1f~ivrfsi qu'illp.J1~~i~re.~ l'hogtfD~.qu·il
aimeIl.pal' lui-mênle
. Il i t
le SeilZneU~
1";'•. 1i
: cella111lIlT,'
r
nonc, estt J~l'amoul'
1 -" l
9.11 ~ei-
,1.1 .trl'
g~WH' d'a,pl'~s le Seignew: i. pal' là flU~S,i p~ j 8!t C.Ol;lnH~9t,I'~/ll.our
V

enl'ers\e Seigneur ~x~* plWS \a charité, pP"pa?,s l'alflg.ur de 1"1,-


saae.
l:l "
II. (/u~afle, cO{lsf,~te à s' n,cquil.tel' de, ~on l'Ievoir .et à (air,o
.~p'n tl'avail dans les (ormeS1lWllu.es. et (!z:ec f/d,éLil,1",si!l~ér(té
ctjuslice. On ne sail CJl1'ohSCllr~,nlCnl, et cn~pr,e n:eSI-ce que peu
de personnes, ce qui est propl'~lllent entendu dans la Pal'ole, ~)ar
les biens de la chal'ité, qui sonl aussi appelés œuvres, et même
fruits, cl ici usages; d'II près le sens littéral .de la Parole, on crg!t
7.
90 DE LA DIVINE SAGESSE.
qu'ils consistent à donner aux pauvl'es, à secoul'ir les indigents, à
fail'e du hien aux veuves et aux orphelins, et en d'autres choses
semblables; toulefois, ces usages ne SOllt pas entendus là pal' fruits,
œuvl'es et biens de la charité, mais il est enlendu s'acquitter de son
devoir, de son emploi et de son travail dans les formes voulues, et
avec fidélité, sincérité et justice; lorsqu'on agit ainsi, on est utile
"au commun ou au public, pal' conséquent aussi à la patl'ie, il une
llociété grande et à une société petite, au concitoyen, au compagnon
et au fl'ère, qui sont le prochain dans le sens large et dans le sens
strict, comme il a été dit ci-dessus; car alors chacun, qu'il soit
prêtl'e, ou gouverneur et fonctionnaire, ou négociant, ou artisan,
fait chaque jouI' des usages; le pl'être par la prédication, le gou­
\'ernellr et les fonctionnaires par l'adminislrution, le marchand par
le commerce, et l'artisan par son travail; par exemple, le magis­
trat qui juge dans les formes voulues, avec fidélité, sincérité et
justice, fait des usages au pl'ochain toutes les fois qu'il juge; le mi­
nistl'e pareillement toutes les fois qu'il enseigne; de même aussi
les autres. Que de tels usages soient entendus par biens de la cha­
J'ité et par œuvres, c'est ce qui est évident d'après le gouvemement
du Seigneui' dans les Cieux; là, comme ùans le Monde, chacun
est chal'gé de quelque fQ~qn et de quelque ser_,,"ite, ou de quelque
offi.~, ou de quelque t.rm.i\ ; et chacun y jouit de la magnificence,
de l'opulence et de la félicité, selon qu'il agit avec fidélité, sincé­
l'ité et justice; le pal'esseux ou le lâche n'e;)~ pas admis da/ns le
Ciel, mais il estl'ejeté soit dans l'enfer, soit dans un désert, où il
vit dans le manque ùe tout et dans la misèl'e : ces occupations dans
les Cieux sont appelées biens de la charité, œuvres et usages. Qui­
corîquê aussi, dans le Monde, est fidèle, sincère et juste dans sa
fonction et dans son travail, est de même fidèle, sincère et juste
après sa sortie du Monde, et il est accepté dans le Ciel pal' les An­
ges; et chacun y a aussi la joie céleste selon la qualité de la fidé­
lM, de la sincérité et de la justice; la raison de cela, c'est que le

'!
. nlentai (animus), attaché à sa f<>.!lction et à son travail par l'amo!!I'
dfl)'usa~e, est l'elenu tout entiel', et est alOl'S dans un plaisi-l:Spi­
ritu_~I, qui esliëPiaisil' dë iâ fidélité, de la sincél'ité et de la justice,
et il est détourné du plaisir de la f,'aude et de la malice, puis aussi
d'Ii plaisir de la seule convel'sation et de la table, plaisil' qui est
DE LA DIVINE SAGESSE. 91
aussi celui de l'oisiveté, et l'oisiveté est l'ol'eiller du diable. Chacun
peut voit' que le Seigneur' ne peut pas avoir sa demeUl'e dans l'a­
mOUt' de ceux-ci, mais qu'il peut l'avoir dans l'amoul' de ceux-là.
5. Il Y a des usages communs, qui sont aussi des usages de
ta charité. Les usages propres et réels de la chat'ité sont les usa­
ges de chaque fonction et de chaque administration, comme il 8­
été dit ci-dessus, usages qui deviennent alol's des biens de la cha­
rité, dans lesquels existe j'amoUl' envel's le Seigneur, ou dans les­
quels cet amour est" conjoint, lorsque l'homme les fait d'après la
fidélité et la sincérité spirituelles, lesquelles sont chez ceux qui ai­
ment les usages parce qu'ils sont des usages, et qui croient que
tout bien vient du Seigneur. Mais outre ces usages, il y en a aussi
d'autres qui sont communs ; par exemple: Aimel' fidèlement le
conjoint, élever convenablement les enfants, disposel' pl'udelpment
la maison, agil' justement avec les domestiques; ces œuvres devien­
nent des œuvres de la charité, quand elles se font d'après l'amour
de l'usage, et envers le conjoint quand elles se font d'après un amour
mutuel et chaste: ces usages sont les usages domestiques qui ap­
partiennent à la chat'ité. Il y a encore d'autres usages communs,
comme de faire des présents utiles et dus au ministère de l'Église;
ces biens dev.iennent des usages de la charité, en tant que l'Église
est aimée comme prochain dans un degré supérieur: parmi les
usages communs sont encore ceux de fournil' aux dépenses et aux
travaux de construction et de consel'vation des hospices d'ol'phe'­
lins, des hôpitaux, des lieux d'exerllille et d'autt'es lieux sembla­
bles, usages qui, quant à la portion, sont indilfét'ents; secoul'il'
les indigents, les veuves et les ol'phelins, pal' cela seul qu'ils sont
indigents, vcuves et orphelins, et donner à des mendiants pat· cela
seul qu'ils sont mendiants, ce sont là des usages de la charité ex­
terne, laquelle charité est appelée piété; mais ce ne sont pas des
usages de la charité inteme, si ce n'est qu'autant qu'ils tirent leur
ol'igine de l'usage même et de l'amour de ('usage, cal' la char'ité
externe sans l'interne n'est pas la chat'ité, c'est l'int8me qui fait
qu'elle devient réellement charité; en elfel, la chat'ité externe d'a­
près l'inteme agit prudemment, tandis que la charité externe sans
l'inteme agit imprudemment, et très-souvellt injustement.
6. Les lisages l1e deviennent mages de la charité que citez
~);l DE LA. DiViNE SAGESSE.
(s'ebJ.i qui combat· contl'eles mazix, lesquels proviennent de
l'e'nfer. En effet, les usages que l'homme fait tant qu'il est flans
l'enfel', c'est-à-dire, tant que l'amour 'qui f~it S~ ..vie est dans l',elh
fer et. v.ient de l.'eufer, ne sont pas des usages de la chlll:lté; cal'
teS usages n'on! rien.de commun avec le'Ciel,etle Seigneur n~est
pa~ en' eux., ,L'amoui'.OO la vie de l'homme est en enfet· et vient
del/'enTer, tant que,l'homme n'a pas cbmbaHu contre les maUK gui
--- --
y sont et qui env·tennent; ces maux sont écrits dans le Qé,Ea!.2gue
-~­

et seront ex.aminés tians son Ex:pl-icé\tion:: ces usages qUI se foôt,


ou SO\lS une apparence de cha.rité, @u ,sous une a·ppaœnce de ,piété,
~nt été décrits dans ,1aPal'ole; .ceux qui se font sous,une .!.ppal·e~e
de charité, dans·MIuthicu, en ces'tel'mes : « Rtl/sl'eurs me diront
en ce jOll1'-là 1: Se.igneim! Seigneur! par ,ton Nom. n:ooon8­
nous-pas prophétisU et par tOll Nom n'avons-nous pas éhassé
les démons?· et (In :tfJ?l N onl n'avons-nous pas fait beaucoup
d'actes de puiss(l}'/Ce? /}'htis alors je !eU1' dirai Ollvertemen·t "
Je ne vous'lc(}nllai,~ point; retirez-.vo-lts .ete ~1.oi, ,0u'Q1'iers d'i­
niquité. 1) ~. VII. 22, 23; - et ceux qlJi se fonl'sous Une ~Qa­
rence de piété, ùansLuc : (1 Alors vous, cQmmencere;!- cl dire:
Noüs (liJ01l~ mangé devant ,Toi, et nous avons bu, et dtln,~ nos
places.tu as. enseigné;; -niais il ,dira : Je VOliS dis: J e"ne sais
d'où rvousêt'es; ,'~ti,.ez·vous.·d() ilfoi,vous lOU$,,!ol~vriers d'i­
niquité. 1) - ' XlII. 26, 27; r--.IHs Ol-lt aussiétérftf)l'ésentés' ,par
les dnqivierges folles"quin'ava,iellt p.ointd'huile dans leul's -lalll­
pes'; quand 11époux 'Viflt,illéur ;dit : « Je ne vous comwîs point.)
- Manh. XXV. 1 11 12. -,BR effet, tant queJes maux infernaux
et diaboliqlles n'ont pas été Jéloignés par le combat, l'homme peut
faire .des usages dans. lesquels cepeDdantil n'y ait rien de la cha­
l'Hé, ni pal' suité rien de la piété. 'Cllr ·ils sont intérieurement cor­
rompus.
J,7. !P,arctJ ql/c,ces usages sont opposé~ à l'nmow' em;ers le
Seigneur et à la chatité à l'égard du prochain. En effet, tous
tes usag-es qui, .dans leul' essence, sont des usages de la chal'ilé.,
~iennenl du SeigneUl' el sont faits pal' Lui au moyen ùes hommes,
et alol'5 dans l'usage le Seigneur se conj@int avec l'homme, ou l'a­
mour enNers le SeigneUl' se conjoint avec la charité à l'égard du
prochain: qne ·personne ne puisse {aire quelqneusage qn9 par 18
DE LA DIVINE SAGESSE. ~3

Seigneur, Lui-Mémo l'enseigne, dans Jean': CI CeluI qU1' demeure


en Moi. et Moi en,lui, cellli~là porte d1Jl fi:uÎl beaucoup; car.
slins iJ1 oi, vous ne; jJouvez faire.t:-ie11,' JI - XV. 5; ~ le fl'uit,
c'esl l'usage, Que les usages qui sont fails pai' l'homme qui n~a pas
combauu ou' Qui ne ll9hlbal pa:;. èdnlne les maux ,pl~o"enanl de l'en­
fel' soient opposés à l~arm)U1' <;lnvellS le Seigneul' el à, la. chal/ité
à l'égal'd du prochain,e~est ,parce que les maux qui sont iuté...
rieuremenl cachés dans ces usages sont opposés· ail' Seig.neur, par
conséquent opposés à l'amour envel's Lui, et par suite opposés,à
l'amour de l'usage, qui est la cbarïLé.;. en effeL~.I'enfer et le Ciel ne
peuvent être ensemble, .tar ils sont opposés, ou t'un contre l'autre:
c'est poùrquoi ,ceu» qui font de tels usages n'aimenllpoint le pro­
cllain; c'est-à-dire, le commun :el le pubHc, l'Église, la patl'ie, .une
société, le concitoyen, le compagnonl;et .le fl'él'e, qui sont le pro­
chain dans le sens large et dans le sens strict: Qum en soit ,ainsi,
cela est liIevenU évident pOUl' moi pal' Ull gramdnornbrel ù'expé­
riences•.rfels,sonlcesusages au deùans de l'Romme qui les fait;
maÎs hOl's dM'homme; ils sont néanmoins des usages, que même le
Seigneur excite chez ;l'homme pour.le bien çommun cl,particuHer,
mais ils ne son~ pas. ~ai1s:(flar le SeigneUl' ~ aussi ccS<llsàiges nc.sonl­
ils poilltl'émunérés dans le Ciel mais i,ls sont rémunél'és et doivent
j

l~êtrlrdans te Monde. . ,Il


8. Les usages qui ,ont pow' PJ.lemi';~YI et dennitlrc (ill le bien
propre rte sont pas -<ks usagcS'de la charité. 1Quc,la fin, sail Ile
tout de l'effet. OÛ le loul. de l'us3ge, el que le Seigneur soil CCllOl
fin, et que ce' soit d'apl'ès la fin que l'usage est usage de la chal'i1é l
&eJa a élé confil'mé ci- dessus dans cet A!'ticle; 101's donc que
l'homme est sa fin, c'est-à-dire, son hien proill'e, il est lui-même
le toli~ de l'effet ou le, lout de l'u~age; de là il anive que son usage
n'esllpas usage par l'essence, mais qu'il l'es\ pal' l'appal'en'ce, et
que dans cet usage il ya la vie qui flrocèdc du corps, el non au~
cune .vie procédant de l'esprit.. 1 ."
. SUR U8A1GESSE ET LA FOI. 1. La (oi n'csl autre chose qu,
la vé,.ité. Lit Chrétienté, 2111'ès que la chal'ilé eul cessé, COlllmença.
à igqOl'cr que la chuilé et la foi sonl un, par conséquent qu'il n'y
a, pa~ de foi où il n"ya pas de chal:ilé, et qu'il n'y fi pas de chlll'ilé
,où. il n'Yin/pas de foi; ùe COUQ ignoranrc il esll'ésullé un lei a~eu-
oh DE LA. DIVINE SAGESSE,
glement, qu'on ne sut plus ce que c'était que la charité, ni ce que c'é­
lait que la foi: alors on commen-:.a à les séparer, non-seulement par
la pensée, mais même par la doCI1'ine, ei à diviser par là l'Église
Chrétienne, qui en soi est une, en plusieurs Églises, et à dislinguer
celles-ci selon les dogmes de la foi séparée, Quand, chez l'homme,
la charité et la foi ont été séparées, on ne sait pas ce que c'est que
la charité, ni ce que c'est que la foi; en effet, il doit y avoir charité
pour qu'il y ait foi, et la foi doit enseigner cela, et aussi la charité
doit l'Hlustrel', et la foi doit le l'oh', Si donc la charité et la foi sont
sépal'ées, il n'y a ni l'une ni l'autre chez l'homme; c'est comme
lorsque tu Oies le flambeau, tu Oies aussi la lumière, et il y a ob­
scurité : c'est pOUl' cela que par la foi on entend ce que l'homme
croit et ne "oit pas; aussi dit-on qu'il faut cl'oire telle ou telle
chose, et à peine est-il quelqu'un qui d~e: Il Je ne vois pas; Il mais
on dit: « Je crois; » ainsi personne ne sait si la chose est vraie ou
fausse; par conséquent un aveugle conduit un aveugle, et tous deux.
tombent dans la fosse. Que la foi ne soit autre chose que la vél'ité,
c'est même ce qu'on reconnatt, 10l'squ'on dit que le vrai appartient
à la foi, et que la foi appartient au vrai; mais quand quelqu'un de­
mande si telle ou telle chose est la vérité, on répond: Il C'esl de foi ;1)
el celui-là n'en rechel'che palii davantage, Ainsi, chacùn accepte
pOUl' vél'ité de foi, les yeux fermés et l'entendement bouché, lout
ce qui constitue la croyance dans laquelle il est n'é. Un tel aveugle­
ment n'a jamais été appelé foi par les anciens, mais ils appelaient
foi ce qu'ils avaient pu, par quelque lumièl'e ùans la pensée, l'econ­
naltl'e être Vl'ai; de là vienl que, ùans la Langue Hébraïque, la vé­
rité et la foi sont exprimées pal' le même mot; ce mot est Amen
et Amuna. .
2. La vérité derient vérité quand elle est perçue et aimée;
et elle est appelée roi quand elle est sue et pensée, Les défen­
seurs de la foi séparée veulent qu'on les croie, lorsqu'ils disent que
les choses spirituelles ne peuvent êlre saisies par l'entendement hu­
main, parce qu'elles sont au-dessus de sa portée; mais toujours
est-il qu'ils ne nient point l'illustration; l'i1lustralion qu'i1s'ne nient
point est entendue ici par la perception, ainsi, par ce fait que la
"érité devient vérité quand elle est perçue et aimée; mais toujoul's
est-il que c'est l'amour du vrai qui fait que la vérité perçue devient
DE LA DIVINE SAGESSE. 95
vél'ité, car cet amour donne la vie; que celle illustration soit la
perception, c'est parce que toute vérité est dans la lumièl'e, et que
l'entendement de l'homme peut être élevé dans celte lumièl'e; si
toute vél'ité est dans la lumière, c'est parce que la lumière procé­
dant du Seigneur comme Soleil est la vérité même; c'est de là que
tout vrai brille dans le Ciel, et que la Parole, qui est le Divin Vrai,
y donne aux Anges la iumière commune; c'est pour cela ~ême
que le Seigneur est appelé Pal'ole et aussi Lumière, - Jean,,!. 1,
2, 3, - 11 m'a été.donné de savoir par de nombl'euses expérienc,cs
que l'entendement humain pept être élevé ~alls celle IU1l!ière, même
l'entendement de ceux qui ne sont pas dans l'amour du vrai 1 pourvu
qu',i1s soient dans le désir de savoir, ou dans l'affection de la gloire
provenant de ce désil" avec celte diffél'ence, que ceux qui sont dans
l'amour du vrai sont en actualité dans la lumièl'e du Ciel, et ,par
conséquent dans l'illustration et la p~rceplion du vrai quand ils li­
sent la Pal'ole, tandis que les autres ne sont ni dans l'illustration
ni dans la perception du vrai, mais ils sont seulement dans la con­
firmation de leurs principes, sans qu~ils sachent s'ils sont vrais ou
s'ils sont faux; avec encore cette diffél'ence, que ceux qui sont dans
l'amour du vrai, Iorsqu'ils lisent la Parole et pen~~nt d'après elle,
tiennent constamment la vue de leur entendement dans,le principe
même, et rechel'chent de celte manière si une chose, e,st vraie avant
de la confirmer, tandis que les autres adoptent Ull pl'incipe d'après
une science de mémoire, sans vouloir savoir s'il est vl'ai; el, s'ils
désirent une renommée d'él'udition, ils le confirment par la Parole
et par la raison; et tel est le ~énie de l'érudition, lequel est le faste,
qu'il peut confirmer tout faux au point qu'il apparatl à lui-même
et aux autres comme vrai: de là, dans l' f~glise, des hérésies, des
dissensions et des apologie~ de dogmes qui sont opposés entre eux;
de là aussi il y a celte diffél'ence, que ceux qui sont dans l'amour
du vrai sont dans la sagesse et deviennent spirituels, tandis que
les autres restent naturels et sont dans la foli~ au sujet des .choses
spirituelles. Que.la vérité soit dite foi quand elle est sue et pensée,
c'est parce que la vérité perçue devient ensuite une chose qe mé­
moire, qui est crue; de là encol'e il est évident que la foi n'est au­
tre c~ose que la vél'ité.
3. Les vrais de la l'oi regardellt (['lIlle part {ll Seignellr, cl
M Dl~ L,\ DIV.NE' SAGESSE.
de l'autre le prochain. 'fons tes ~rdis "t1ega\'dent, conirlle leuI's
ohjets unfv'ersahx; ces [rois, il savèM, ~u~dessus d'eux lé'Seign'eut
èt le' Ciel, pl'es'd'eux le Monde' et lë'prochain, et au-dessous d'eux
le diable' et l'en'fel'; ,et "les 1 vrais enselgner6nt à' 11homme' com­
ment 'il peut être 's~pal;é du lliJlJle e'e de l'enter, ei' être c6njoint au
s~igheül' él aü Ciel; et cela, fiai' 'la vie dllOS I~ Monded'âns I~quëi
il esC,1 et l p~I;1 hl"VÎlf avec le procMlin a+éC leq6el il est; par')'U'ne
et l'iluCre vie s'0[ièl1ent tobte' 'séparation et' toute' conjoncÙon' : po\ùl
q'ue l'I~omme sdit sé'pIaré du diabte et de l'enfer, et soit COilIoiut aû
Seigneur; er1âu Ciel, jI(' 'faut qu'rI' 'ctihnaisse 'l'e~ ma'Ux et plu' ~uite
lès faux, parce qu'ï1s'sont'le diaJ)le et l'entdr, et qill~fë6\'lnàfSsc' le~
biens et:d'après'cu,x' {es v~ais', parce q~'il~' s~nt ré"5eigneùr<è\' le
CieÏ'; 'que les màux et les faux silient' le diallle et l'~hfer~' c"eMl' ~~r'ce
q1Ï~i1s erl pl'ovienilërltfèt q~e l~~ hien's'~t les'vrals soient te'Sellgdeu't
et le\ diel;lé'est'pa~M!~u';i1s'eH pl'o~ètle~t. Sll:':iJ'om'me hë' d6tl'~~H
oiêetixJd ni ceu:x.~fà,1 \1 ne 'vort'il,\i~u!'l them'ifiipoUl' sdhh' ede'IJerr.:..
fei', ni' aucun dhEiinln Mùir erit~é'~ dans fé'Ciël; lirls: vi'ai~ ehsèrgh~­
l'oot"Ces cll'emins, etiles vI'~isi' qûl enseighentl oNt 'été: lldb!ti~ ill
l'I'Hrin'm'è' da'JJ's'/a 'Pa'/'ole 'etlPfoVièll~ent tl'é ln Pal/ole {~t'lp~I\~e :'Qllé
e'eSt dè~'le Mdhtl~ (IU"OIl' [i1'ëiid 'le~lIdJi!n'!ihYlponl' '~btM' 'dè"j'etifèr
et, pl5üri el1'il-er:~h 1Ciel, è~ ~o'è 'f~lIbdJhHjl ~itild'ab's' fe' Mollde êt ~'vit
avèc le pi'oclùliri, la vie dans lé'l\fOYt'dâsl par êonséqoont11~ ch~fuin
que' les vl'aiserlserg~enr; si donc fa vie de l'homme e~t' sè'lon les
'ir~is'de la Par01e, ite ëilétilin l qui'è6nduit èH éHfel' et qui vieht de
l'enle,1 s~ ferme,ét I~!éh'en;ifj qlli"conduït faü"Se,'grieul' el'qlli :viêlÙ
dll Seignen'l' s"ol1h'~; iet la"\'le' de 'l'homme de~ient la "ie du Sel~
gllel1f' dlez lui!; 'c'es!(là· ce qhi est enre'rld'u!par 'les parole!dhi SeP
gneur, dil,rth'lJéaW :'(/ Moi, je szÜs'le che~{n, t'a vé1'Ïté et la vie. l)
- XIV. 6. .:..-' Aiti i:6ntr~ii'e, si la vi'e' de l'Hbnüne est en opposi­
(ion ùvec les vrà1iidlel'à Parole, alo'rs le ch\ell1Tn qui'vient d'u Cid.
et qui conrluit:àii ciet: est fermé, eV le chémin qui COlldült à: l'enfui;
ét qiil'vient de l'erifei''él 'Jovet't, et la vie de "homme ned'evient
pas la vie, rnâis-elle 'tlevient la Imort. Que la vie 'hû Seignelir 'clièz
l'hon1nie SOi~llâ vie de là 'charité à l'égal'd dupi'6chain, ~t qtle la:
cdlljoMtibn sdil dans l'amdnr des lisages, cela a é'té dH ci-dessu~
au sujet de la charité; et c.omme les vrais enseignent celle' vie, il
est évident qu"ils regardellt d'une part le Seigneur et de l':llIh'e le
fll'ochain,
DELA! DIVINE SAGESSE. 97
\ ! 4, Les V7'ài,~ etrseïgrrtilt comment' le'; Seigneur doUttr'e
approc'/zé p'o;lr qu'il y ail conjonction. et ensuite com'ltlen't'
I~ Séi'gIU1l1' fiH'l {ès ilsagespaF rhômme~ Col1üMnlle Seigneur
<foil éll'e approché, cela a été dit aIlleurs,' et cela sera dit fOl'l au
lorig dans l'f:xplicatiori du Décltlogu'é ~ rtlâis: eo~en" le Seigtî(\'ur
(Mt ensuite les usages chézl'homme,: cela sera dit mirintenaiJt': On
sait que pa\'lùi-mêmeThomlme ne peul fâire aucun bien qUi soil'le
bien' en sol, mais l'ilie é'esl par le Seigfleur, ni pàr conséquent· 3ti­
con usage qUi soit l'usage en soi, car i'usage esl le bien·j Ir ~!en­
suit que le Seigneüt fa'il pàr l'homme [ouf usage: qiti est ra bien:
que le Sei'grieiir' vëuille 'qde l'hom'mèfassele bien: comme ·pat' sor..l.!
même', cè'1à li étl1 mOlltl'é 'ailleurs; mais 'comn\ènt:'I'homme doit
ta!ir1e le'bieii'comtilép~t soi-m'éille, c'esl au~i ce'qtie les vrliis'de
la'!P~I'ole enséignent; el comme les \lilais'l'e'ns~ignenH H est évident
qiièlelvr~isl appat'tiennent Ir la scierrce eV'~ 'Ia ~ensée, et qneiles
biens ~ppartiennerH li la ~olonté el 'a'U 'rliit; et qu'ainsi les vra'~ de­
vténneni (les b'ie~'pal"faife et ,,<juloit; "èn 'effet: ce que: l'homme
et
veut el' 'fait, it l'appelle lIien; ce que l'hortlll1e sait etïpedse, il
Vappellë tr~i; 'et"lca qiii'èsl"dIUls ·Ie fait, ,par· tOttséquent 'da'lJsnle'
bién';'c'e'5t' et vout&iret pëff~el' let savOiI"; Ile comple;xe· de:ces tfois
dans :Ie'del'rtier e~l'·done! le"biefi, celn enl soi 'à!'uhe forme' externe
d'après lès vrais danS!la,ip'ènsée, et une forme: iDtèrne d'après I!a-i
1'\)oûi' de ln volbrité! Mlii~! èômment le Seignèur fàit oMz l'homme,
le~u~ages qui sont dè;' biens, cehl a été dit et montré dans·l"·ex·
ijJ\cati06 des Lois (J~ sà 'DiviNe ProvidenCe, l ,: l'

5',' L'un 'et l'dJtrifsont erlsel'gnés pli" les vrais spù'iluels~


tés vrais'11lor!tux' el' les vrdis civils.' Il sllta dit p~emlèreinel1t ce'
que c'est qtre les vra'is spirituels, leS' vr~is'morauk et les vrais 'civils;
seëondemenl, qUe l'homme sril'ituel es't aUssi homme moral (it hom-'
me civil; troisièmement; 'que Je spiriiuel est dans re moral et dans'
{e civii; quatrièmement, que s'ills sont sépni'és, i1·n'y a pas Mean..
j'bndliori avec Iè'Sêigneur! ici Ce que c'est que 'les vi'ais spiriltJels,
raW1vI'lils moraux ët ieS"vrais civils: Les vril'is spirituels sont Iceux
què ra Patdtè enseigne sur Dieu; qu'il est i1n, le Créatent de l'u'';
llivers'; 'qu'i1'est' infini;: ~ternel, tout-pùissant, tout-saehatit, tout:"
présent, .
pourvoyant; que l le'S'eigneur
'
quant à l'Humain es'l son fils;
que Dlc-n CJ'é'atetir et le Seigneur sont un; qu'il lest Rétlemptettr,
98 DE LA DIVINE SAGESSE.
Réformateur, Régénérateur et Sauveur; qu'il est le ~eigneur du Ciel
et de la terre; qu'il est le Divin Amour et la Divine Sagesse; qu'il
est le bien même et le vrai même; qu'il est la vie même; que tout
ce.qui appartient à l'amou l', à la charité et au bien, et tout ce qui
appartient à la sagesse, à la foi et au vrai, vient de Lui, et que rien
de c~la ne vient de l'hQmme, et que par suite nul homme n'a aucun
mérite d'après quelque amour, quelque charité, quelque bien, ni
d'après qllelque sagesse, quelque foi, quelque vl'ai ; que pal' consé­
quent Seul il doit être adoré; et, en outre, que la Parole est le
Saint Diviu; qu'il y a une vie alll'ès la. mort; qu'il ya un Ciel et
un enfer, un Ciel pOUl' ceux qui vivent bien, et un enfel' pour ceux.
qui vivent mal; et plusieurs autres· vl'aisqui appartiennent à III
doctrine d'après la ,Parole, par exemple, sur le Baptême et sur la
Sainte Cène. <;es vrais et d'autres semblables sont proprement des
vrais spirituels, Les vrais moraux sont ceux que la Parole enseigne
SUI' la vie de l'homme ,avec le prochain, vie qui est appelée charité,
dont les biens, qui sont les usages, se réfèrent en somme à la jus­
tice et à l'équité, à la sincérité et à la droiture, à la chasteté, à la
tempérance, à la vérité, à la prudence et à la bienveillance; aux
vrais de la vie morale appartiennent même les opposés, qui détrui­
sent la charité, et qui se réfèrent en somme à l'injustice et à l'ini­
quité, à la non-sincérité et à la fraude, à la lasciveté, à l'i,ntempé­
rance, au mensonge, à l'astuce, à l'inimitié, à la haine e~ à la ven­
geance, et à la malveillance. Si ceux-ci sont dits aussi vrais de la
vie mOI'ale, c'est parce que toute chose que l'homme pense être
ainsi, que cette chose soit un mal, ou un bien, il la met au nombre
des vrais, cal' il dit qu'il est vrai que c'est un mal, ou que c'est
un bien : ce sont là les. vrais moraux. Les vrais civils sont les
lois civiles des royaumes et des cités, lois qui en somme se réfèrent
à plusieurs actes, de justice qui sont prescrits, et, dans l'opposé, à
divers actes de violence qui existent. 2° Que l'homme spirituel
est aussi homlPe moral et ~omme ci~l. Plusieurs croient, et, d'a­
près plusieurs, on croit que .les hommes spirituels sont ceux qui
Conl)aits~!!.t l~~ vrais spirituels ci-dessus énumérés, que ceux qui
en discoure.nt sont davantage h.ommes spiri!ue,ls, et qlJe ceux qui
les perçoi!ent pal' quelque entendement le sont encore plus; tou­
j~mrs est:'U cependant qUe, ce n'es~ pas là être homme spil'ituel,
DE LA DIVINE SAGESSS. 99
e'est seulement savoir, c'est penser et parler d'après la science, et
c'est percevoir pal' le don de l'entendement, qui appal'tient à tout
homme; et ces choses seules ne font pas l'homme spirituel, îlleur
manque l'amour qui pl'ocède du Seigneur, et l'amour procédant du
Seigneur est l'amour des usages, amour qui est appelé charité;
dans la charité le Seigneur' se conjoint à l'homme et le fait spi­
l'ituel, car alors l'homme fait des usages d'apl'ès le Seigneur et
non d'après soi; c'est ce que le Seigneur enseigne, dans la Pa­
l'ole, en plusieurs endroits, et en ces termes dans Jean: (e De­
meurez en !rI oi, et Moi en vous; comme le sarment ne peut
de lui-même porter du fruit s'il ne demeure dans le cep, de
m~me non plus, vous, si en Moi vous ne demeurez. Moi, je
suis le cep; vous, les sarments. Qui demeure ,en Moi, et Moi
en lui, celui-là porte du fruit beaucoup; car, sans Moz~ vous
'lie pouvez faire rien. 1) ' - XV. A, 5; -les fruits sont les usages
ou les biens de la charité, et les biens de la charité ne sont autre
chose que les biens moraux: de là il est évident que l'homme spi­
rituel est aussi homme moral. Que l'homme moral soit aussi
homme civil, c'est parce que les lois civiles sont les usages eux­
mêmes en acte, usages qui sont appelés exel'cices, œuvres et faits.
Soit pour exemple le septième précepte du Décalogue: Cl Tu ne
voleras point; le spirituel, dans ce précepte, c'est de n'enlever
1)

au Seigneur aucune chose en se l'attribuant, et en disant qu'elle


appal'Uent en propl'e à l'homme; puis aussi, de ne pas par des
faux enlever à un autre les vrais de sa foi: le moral, c'est de ne
pas agi!' avec le prochain sans sincél'ité, avec injustice et fraudu­
leusement, et de ne pas lui dérober ses richesses: le civil, c'est de
ne pas voler. Qui ne peut voi!' que l'homme qui est conduit par le
Seigneur, et qui en raison de cela"est homme spil'ituel, ne soit
aussi homme moral et homme civil? Soit ~core pOUl' exemple le
cinquième précepte: Il Tu ne tueras point; II le spirituel, dans ce
précepte, c'est de ne pas nier Dieu, par conséquent le Seigneur;
car Le nier, c'est Le tuer et Le cl'ucilier chez soi ; puis aussi, ne
pas détruire en l'homme la vie spirituelle, car c'est tuer ainsi son
âme: le moral, c'est de ne pas avoir de haine pour le prochain, et
de ne pas désirel' se venger de Ini, car la haine et la vengeance
pol'tent en elles-mêmes sa mort: le civil, c'est de ne pas tuer son
too DE LA DIVINE SAGESSE.
corps. Pal' IR', on v.oit'encoreiq'ueTh'omme spirituel, qui est èelui que
le Seigneurl ë'ondlJtl, es~ aussi homme moral et homme 'civi1; mais
i/'E~tJ est' atifrettlen1!de éèlui qui est conduit plil' soi-meme; i'I va en
êtl'equestidtl. 3° Que le spirituel' est datlfi'te morali et d'"ans le,civih
Cèla: résulte de ce qui' tiem d'elPe dlif,qlIe' le' 8eigliêur se' conjoint
aVM l'h'Odime dlllj& li"am'6ur des' usagél#, ('}udans la 'charité' à l'é­
gal'lI du prochain; le spirito'el e~isre 'p:al'Ila conj emetion' du Sei...
gtl~ur, rEl tnoratflàr Hl charité, erle ci\illp~rl'e'Xel'cice de fa cha­
rilé: Le 8p'irHuél doit ,être daM l'homme PdUT qiI'HS'ol'~ sauvé, et
il est pilr lé Seigneur ,"l'on au-de~s'tiS1 (JO IlOlOS d'él'bemn'l'e\ mais au
dl:!da'ns' de\ln'i '; ce même ~pil'itu'èf pe'Üt Mre'dal~'1a'sctenœ seule de
l;homme,. êt 'de 'Ià"dàlis sa pef/sM et dans son langa\ge\ nllils' H fa'l'Jt
qu'II Mit- darls sâ, Vilf; e~ ~à ·vié.,' c"!Jst VQulo'il' et faire ;:e'est f')our­
quoi; quatld~9Voil' et fl~J1sel' sôOt aùssr \IMlok et'.fairé/l!%prrituel
èSl:âlors dahs le rI/orMet danS te·tiviL Si l'on dit: l( Comment puis-je
,,~loil':étfatl'e? 'll Jel'I'époO'à's : il ilbmllats c,aili(j'èlles:ma'ux ~ui sont de
l'eMer; ~t:tu toudl'M et tu teras,tllm pal' t<Jilrtlême,m:iiS par le Sei­
gnen'r;: 'car, les :tnaux 'êtanf: élUighéS, le 'Seigneu'I"fait tout. l) Ab Que
s'ils s<'Jr1t Mpal'és,'itli'y ~ ipaS de coni!Otï~lion a"écl kJ 'SeigtleurJ 'C'est
ee1qu'otl pé'üt vOit'-d'atlrM'la raisun et I·~j.i\lél'lenèe .. D~'pttès la J'a!i...
S(in : Si uh 'tiOWtne possèdé'ùlle relie ltlênl0lt'èet Un!lél'ënlentlement,
ql'1'iliptiissffsavoil' et'perceVoÎl' totitësJês êhoses qui b~n'~ernent le
et
"r.~ldn Ci'el;èt dé I~Ég'Il$e, qtdl 'fie veume"én f!tire àuliune, ne dit­
on pas Ue hH, que c/est ün'h'oouue intelligent,' 'Mals sans: drdilure;
ët mè'me qU'il'ëSHl'ahtanl.plnsj1lldtsMblc? Il suilde l'à que belui qui
sépal'ê léspit\luèIIlll1 tl'roral et dU ciVN; ô "est ni 'honlme sp.rHuel,
ni horinné1njclI'al; ni ho'inrl1e llivi'I, D'~IWès' l'èxpérience: Il'y a dans
le MO'ndè d~1 s'emblilb/es hommes; j'ai pl1l1lê à qll~lques:-u'n's ct 1entre
eux àprès lêur!mort, et j1ahppris qd'ils s:1vaièOlldflles lils"chdses
d~ lia: Pardlè; et 'pal' 's.llil~ beaucddp 'dé vllais f el'Hs lavaient Cl'U
qQ'ên llais<% de Ileo'!' savoit; ils l'JlliBêI'àientdans le Ciel comme des
êtolléS:;: fuai~ for'sqli~'leur Viel Ml' été 'èxttmillée, elle fut· trouvée
ûniqiléllieiJhorp6reile et ttibnda1tJ~,:et infetl1aJ!8id'arirès les 'maux 'et
lëk infàririé~ qo'èn eux-rhêrrles'i1s'avaièil t 'pensés eifdulusi pal' suite
toutè's ies"thoscihih.'i!s savaient de la, Pa:roleléti~ fiii"ent enlevées,
~t i\s fUrent ahan8onnés' ii'leUl' iolontè; etjelés vers'Ieurs sem­
blabYes dans l'enfh: oû ils (inrent des 'discouts extravagan Is selon
DE .LA Dl VINE SAGESSlj:! d01
leul's pensées da/ls!e Monde, ct ,firent ides, !lctions i~OIl~el\SeS se\9n
le.s amours qu'ils .Y ayaient eus:, 1 .

, 6. La foi conûste. à .s{/vo~:r ces vrais e.t .à, les penser, la C~~i
rité ermsiste à les voulrit' et li les fai);e. Quit la vérité soit apJilel~e
foi, quand l'homme la sait et '4 p~nse, cela a été contll:mé ci-des.
\ 1 l ' "

sus; mais que la vérité del'ie(.)ne charité, ,quançll'b,oml~e la veut et


111 fait, cela mainlena.nt va.étl'e con.fil'nl,~5 La vérjté est comme 'up.ç
semellce· qui, hors ·de terre., est cons~dél'6es~ulement lçomme se,
~ence, Ulais qui, mis.e eR L~I'J'~, <l~'yieo.t. pla (}l,e 10,U ~r\:ll:e, en I,'evé~
la fOl'me, et pal' sui~fl. p.rellP un,a,ull:e rom '; la véri~ est a,l\s$i
comme un habiL qui, !lOI'S ,de 1',llomme, est seuleD;l.en~ ~~e étoffe ac-
commodée/pour le corps, mais qui, élant en,dossé, devient, nn.v~­
lement d~ns lequel est ,l'homme. Il en estd~ ,m,$me de ,l,a vérité e~
de la charilé; lant qu~ la vél'ité est seul~ment sue .et ipens,ée, .eJle
est seulemenl vérité·et est,appetée foi,; mais lorsque l'homm~ la
veut ct la fait,. ~lIe devient charité, absoh..lment comme la semenÇe
devient, plante ou arbre, ou co.mme l'~toff.e devient ,un 'vêtemeqt
dans leql,lçl est l'homme. La science et/pal' suile lill pensée sont
aussi deux facultés dislinctes de la volon\é.et ,par conséquent qu fait,
et peUvel)l aussi en êlre séparé,es, cal' ('homme peut ;s~\~oir .et pen-
Iiel' beaucoup de .choses qu'il ny veut pas et par ,suite I/e fail pas,;
sépal'ées, elles ne. (ont pas la vic de l'homme; ma.is conjo,inles,
ell~s liJ.. fonl : c'est la mê/lle chose po.UI~ la foi et la charité. Cel~
sera e{lCOl'e qluSll'é, Pll-l' des c~rnp'aJ'\l.isol\ls : I,.a lum\èl'e el la chaleur
dans le Monde sont deux chose:;,distiLlcles, q,ui peuvenl.~llie et sé-
Pli rées et coqjointes;elles sontlsép~I'ées dans la saisou d~ fb~vel',
.et conjointes (laus la saison de ,l',élé.; SéPll-l'~S, elles ne fonl pas la
vie végétalive, c'est-à-dil'~, elles 1)e produisent riel); ~ais con-
join~es, elles la font et pl'odllisenl. Autre cQluparaison: Le poumon
et le <;œul',dans l'homrpe sQnt de\lx c.hosesdislincles, dont les mou-
vemenls peuvent aussi êll'e et séparés et conjoints; ils ~o,l)tséparés
dans les évanouissements et d~ns les suffocations; sép,lI~és, ils ne
fonl pas la vie du COl'pS de l'ho (111116 ; mais conjoints, ils la font. Il
en est de même de la science et de la pensée de l'homme au~quelles
appartient la foi, et de la volOl/lé et du fait auxquels appal'lient
la chUl'ité; le poumon aussi cOl'respond à la pensée et pal' suite il
la foi, el pareillement la lumière; et le cœnr correspond à 1:1 vo-
i02 DE LA DIVINE SAGESSE.
lonté et par suite à la charité, pareillement la chaleul'. Pal' ces
comparaisons, on peut voir que dans la foi séparée de la charité,
il n'y a pas plus de vie que dans le savoir et le penser sépal'és du
vouloir et du fair'e; la vie, qui est la, consiste seulement en ce que
l'homme veut penser et fait qu'il parle, ainsi croit.
7. C'est pourquoi, 107'sque le Divin Arnoul" du Seigneur
existe chez l'homme dans la charité qui consiste il vouloir
et à faire les vrais, la Vivine Sagesse du Seigneur existe chez
l'homme dans la foi qui consiste à les savoir et t't les pen­
ser. Ce que c'est que le Divin Amour du Seigneur, et ce que
c'e.~t que sa Divine Sagesse, cela a été dit ci~dessus; il a aussi été
parlé de la charité et de la foi, et de la conjonction du Seigneur
dans l'amour des usages, qui est la chal'Îté chez l'homme; mainte­
nant donc il sera parlé de la conjonction du Seigneul' avec la foi
chez l'homme. Le SeigneUl; se conjoillt avec l'homme dans la cha­
rité, et d'après elle dans la foi; mais non dans la foi ni d'apl'ès elle
dans la charité; la raison de cela, c'est que la conjonction ùu Sei­
gneul' avec l'homme est dans l'amour de sa volonté qui fait sa vie,
ainsi dans la charité qui fait sa vie spil'ituelle; de la le SeigneUl'
vivifie les vl'ais de la pensée, qui sont appelés vrais de la foi, et il
les conjoint à la vie. Chez l'homme, les premiers vrais, qui sont
appelés foi, ne SOl,lt pas encol'e vivants, cal' ils a.ppartiennent à là
mémoire seule et pal' suite à la pensée et au langage; ils sont ad­
joints il son amour natut'el qui, d'apl'ès son dés il' de savoil', les
acquiert, et d'apl'ès son désir de faire parade de sa science ou de
son érudition, les réveille, soit poury penser, soit pour en parlel';
mais ces vrais sont pour la première fois vivifiés, 10l'squc l'homme
se régénèl'e, ce qui se fait par une vie confol'me aux vrais, vie qui
est la charité; alors s'ouvre pour l'homme le mental spirituel, dans
lequel se fait la conjonction du SeiglleUl' avec l'homme, et par suite
sont vivifiés les vrais de la première et lie la seconde enfance et de
la pl'emièl'c adolescence de l'homme; puis, se fait la conjonctron
du Divin Amour et de la Divine Sagesse avec la charité chez
l'homme, et de la Divine Sagesse et du Divin Amour dans la foi
chez lui; et il al'l'ive que, de même que le Divin Amour et la Divine
Sagesse dans le Seigneul' sont un, de même la charité et la foi chez
l'homme sont un. Mais, SUI' ce sujet, il en sera dit davantage dans
l'Explication du Décalogue,
DE LA DIVINE SAGESSE. . 103
8. La conjonction de la charité et de la {oi est réciproque.
C'est ce qui a été expliqué ci-dessus, 10l'squ'il a été traité de la
conjonction réciproque de l'amour et de la sagesse; et celle-ci a été
illustl'ée par la correspondance avec la conjonction réciproque du
cœur et des poumons.
XII,' Le Seigneur par son Divin Amour et sa Divine Sa­
gesse anime toutes les choses dans le Ciel et toutes les choses
dans le !rI onde, jusque dans leurs derniers, les unes pour
qu'elles villent, les autres pour qû'elles soient et existent.
L'œil voit l'univers, et le mental pense au sujet de l'univers, d'a­
bOl'd qu'il a été créé, et ensuite pal' qui il a été créé; le mental qui
pense d'après l'œil pense qu'il a été créé par la -nature; le mental
qui ne pense pas d'après l'œil pense qu'il a été créé par Dieu; et
le mental qui tient un juste milieu pense qu'il procède d'un Ètre
dont il n'a pas d'idée, car il perçoit qu'aucune chose ne peut venh'
de rien; mais ce mental tombe dans la nature, parce qu'il a de
l'infini l'idée de l'espace, et de l'éternel l'idée du temps, et ceux­
ci sont naturels intérieut's; et ceux qui pensent avec simplicité à
la nature comme Cl'éatl'ice sont natul'els extél'ieul's; mais ceux qui
pensent avec simplicité que Dieu est le Créateur de l'univers sont
spirituels extérieurs, et ceux qui pensent avec sagesse d'après la
religion que Dieu est le Créateur de J'univers sont spirituels inté­
rieurs; ceux-ci et les précédents pensent d'après le Seigneur'.
Maintenant, pOUl' qu'on perçoive, et qu'ainsi l'on sache que tout a
été cl'éé pal' Dieu, qui est le Seigneur d'étel'Dilé, le Divin ArnOUl'
Même et la Divine Sagesse Même, ainsi la Vie Même, il faut pl'O.
céder distinctement, ce qui sel'a fait dans cet ordre: 1. Le Seigneur
est le Soleil dans le Ciel Angélique. 2. De ce Soleil vient l'origine
de toutes choses. 3. Pal' ce Soleil il y a présence du Seigneul'
pal'tout, h. Toutes les choses qui ont été créées ont été créées pOUl'
le sel'vice de la Vie Même, qui est le Seigneur. 5. Les Ames de vie,
les Ames vivantes et les Ames végétatives, d'après la vie qui pro­
cède duSeigneul', sont animées pal' les usages et selon les usages.
1. Le Seigneur est le Soleil dans le Ciel Angélique. Cela
jusqu'à présent a été ignoré, pal'ce qu'on a ignoré qu'il y a un
Monde spirituel distinct du Monde naturel, que celui-là est au­
dessus de celui-ci, et que le commun n'existe entl'e eux que comme
1011 . DE LA DIVINE S,AGESSK
entre l'antél:ieur et le postérieur, et com~e entre,la call~e ell'elfet;
pal' suite on a ignoré ce que c'est !lue Ippil'ituel, et qu'en ou~re
dans le 'Monde spiriLuel il y a les Anges et les ESpl~its':let ,qqe
les uns et ,les autres sont homn)e$, semblables {M! tout ~ux homq1~~
de notl'e Monde, à la seule différence qu'eux sqnt si\ir,ilullls, t~/1:9i~
que les',hommes sont naturels; puis aussi, que tO!ltes' lçs C~lpSes y
sont d,'Ol'igine spil'iluelle seulemenl, .tandis qu'ici elles sonr d'ori­
gine ta,nt spiritueJle que ~~lurelle j el comme on ignorait c~s cho-:­
ses, on n'a pas su {Ion plus qu'il y a p,ou,r les An,ges et pouf. les
Esprits une autre lumiè.'e el une avire ,chaleur que pQul')es hOfIl7
mes, et que là la lumièl:e ;etla cl)jllieur til:en,t leur, essence de leqr
Soleil, comme la lumière et la ch~le,ul' lirenlleur essence de notre
soleil; qu'ainsi I:essence de la lumière e~ de !Ia chaleur de letui So­
leil est spirituelle, et que lt,esse.llced,e la ,Iurpi,è~e e~' de. la !(haleul'
4e noIre soleil est une essence nalurelle, à laq~l,elle cepe~,dan.l,e~l
adjoint~e spiritl\el procédant de Ie.UI' Soleil ". spirilu~l qui' ~he~
l'homme ,illusl1~e son elltenùemelilL, ~on)me Ile uaturel écl~\re SO~l
œil. D'après ces consjdératio,n$-ci,et celle$-I~,jlliest évid~nt q,ue #
Soleil du :Monde spiritueLesl, dans son es~ell,ce".ce dRpl tOl~t ~pil'~~
tuel tire son. origine,el"que le sole,i1 du, l\'lollt~~ ,natul'el ,esh ,dans
son essence, ce 900t lQul nature! lire son J~rig\l1e.: I~. sP'idlu~!t1,e
,peut til'el' sop e~ence d:autre ;p~l'l quV1u .Qivj,n 4moul' ~l d~ l~
.Divine Sagesse"cay aiQ.JeJ'"ellélJl~, ~.agc.ç·~stlle'$piritl,l~l; et.le na]'"
tUl'el nepeuqil'l,1r, ~o:n,:~U'ig~JI~ d'a~ll:e p'~l't !l~e'ld~qn p~r 1f,~!-\;16t
d'une pureluOlièl'e: ;il s'ensuil ~OIlC que ~e iflA1eil4u ~~9pde,.~piri­
tU,el tians sOIlI,ëtce e~t P,~u, IQ,I,Ji ~~t le St;:igne,l,1!, :,d;l~tel'f\i!é; que ,la
chaleur procédant ~e ce Soleil est l'amq!Jl', et ~t\le ,la:l,wpiè.l:e p,I'O,
cédant de ce Soleil est la sagesse. Si jusqll:~ ,p'r~.,entidl \1>'a ,l'ien
éléJ'évé,lé, sUI'Ce Soleil, quoiqllelce SOi,l l~i q~i e~tel),le~(\.u }9ans la
PaJ'ole, dans pll:Jsieurs passages,où le soleil est nommé, .c'e~L P;al'ce
qt1e cela ne devai.t p~s être révélé ayant q\le le Jug~~,enl Del'oiel'
e1it été accompli,eLqu'une nouvelle Église" qui esqa Npuv~lIe Jé­
rusalem, eût été instaUl'ée par .le Seigneur j il Ya plusieurs ca,uses
qui empêe.haicot que cela ne ((il révéJé .au.parav.é\n,t,..O'\ais ce n'est
pas ici le lieu ,de les pl;é~enLl1r. Quand une foi~ l'on sllit q\.!e les
Anges et les Esprits sont ,hommes. et qu'ils 'iil'enL entl'c eux
comme,les hommes dans le Monde, et sont ahsolumcn,l au-dessus
· DE LA DIVlNE SAGESSE. fOo
de la Dalm'e, tan(l.is que les hommes sont au dedans de la nalure,
on peut; d'après la raison, conclure qu'ils ont UII autre Soleil, et
que c'est (:e ce Soleil que le tout de l'amoUl' et le tout de la sagesse,
et pal' suite le tout de la vie vraiment humaine, tirent leur origine,
Que ce Soleil me soit apparu, et aussi en lui le SeigoeUl', on le
voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, No' 116 à 1!l0; et
dans l'Opuscule DES Pr.ANÈTt;S ET DES TERRES DANS L'UNIVERS,
N°'lJO, !J1, lJ2.
2. De ce Soleil vient l'origine de toutes choses. Personne
ne peut penser que l'univel's soit d'étel'llité, ni qu'il vienne de rien;
et pal' suite l'on ne peut nier qu'il n'ait êté créé, qu'il ne l'ait élé
par quelqu'un, que ce quelqu'un ne soit l'f:tl'e Même en soi infini
et,éternel, l'Amour Même, la Sagesse Même, et la Vie Même; qu'il
n'y ait un centre commun, d'oü il contemple et gouverne toules
choses comme présentes, el pourvoit à tout; qu'il n'y ait conjonc­
tion avec lui; que selon la conjonction de la vie d'amour et de sa­
gesse il n'y àit béatitude et félicité; que oe centre n'apparaisse de­
vant les Anges co'mme Soleil, ni que celle apparence de feu el de
flamme ne vienne du Divin ArnOUl' et de la Divine Sagesse qui
procèdent de Dieu, et par lesquels existe tout spirituel, et pal' le
spil'ituel, au moyen du soleil du Monde, tout natul'el : Le mental
humain, d'après l'entendement qui peut être élevé dans la lumièl'e
de la vérité,peutvoir, s'il le veul, que l'uni\'ers a été cl'éé pal' un
Dieu, qui est tel, et qui esl un, Puis donc qu'il ya deux soleils, l'un
du Monde spil'iluel et l'aulre du Monde naturel, et que le Soleil
du Monde spirituel regarde à pal'lil' du premiel' les derniel's, et
le soleil du Monde naturel, à partir ·du moyen jusqu'aux del'­
niel's, il est évident que le Soleil du Monde spirituel, clans lequel
est Dieu, et lequel procède de Dieu qui est la vie même, est ce
d'après quoi loutes choses ont été faites el créées; el que le soleil
du Monde, dans lequel est un feu, et lequel est d'un feu qui n'est
pas la l'ie, est ce pal' quoi, onl été créées seulement les choses qui
sont au-dessous du moyen, et qui en elles-mêmes sont mortes;
c'est pOUl'quoi l'econnallre la nature, qui en soi est morle, c'est
adore!' le feu qui est clans le soleil du Monde, ceux qui font_cela
sont morts; mais reconnaill'e la "ie créatrice, c'est adorer Dieu
qui est dans le Soleil du Ciel, ceux qui font cela sont vi\'ants;
8.
'106 DE LA DIVINE SAGESSf;.
sont dits hommes morts ceux qui sont dans l'enfel', et sont dits
hommes vivants ceux qui sont Qans le Ciel.
3, Par ce Soleil il y a présence du Seigneur partout, On
sait dans l'Église, d'après la Parole, que la Toute-Présence appar­
tient au Seigneul'; et il a élé dit précédemment ce que c'est que sa
Toute-Présence, et quelle ellc est; ici il scr'a dit commenl elle peut
être saisie: Elle peut êll'e saisie d'après la correspondance du soleil
du ~ollde avec le Soleil du Ciel, et par suile d'après celle de la
natul'e avec la vie, conespondance qui sert aussi pour la compa­
l'aison; chacun sait que le soleil du Monde est partout dans son
Monde, et que sa présence ex iste pal' la lumièl'e et par la chaleur,
présence qui est telle que, quoiqu'il soit distant, il est comme en
elles; la diffél'ence est que la chaleul' qu'il émet est dans son ori­
gine un feu, et que la lumière qu'il émet aussi est pal' suite dans
son origine une /lamme, et que toutes les choses qui ont été créées
par ce soleil sont ses récipienls, plus ou moins parfaits, selon les
formes et les disl;lIlces; de là vient que toules les choses du Monde
natul'el croissent scIon la présence, de leul' soleil, et décroissent se­
lon son ahsence; elles croissent à mesure que sa chaleur fait un
avec sa lumière, et décroissent à mesure que sa chaleur ne fait pas
un avec sa lumière. 'foutefois, ce soleil opère ainsi dans les choses
qui sont au-dessous de lui, lesquelles sont appelées natul'elles; mais
il n'opèl'e ab~olument rien dans celles qui sout au-dessus de lui et
sont appelées spil'ituelles; en effet, opérer dans les choses infé­
rieures, c'est selon l'ordre, car c'est opérel' dans les choses qu'on
a pl:oduiles; mais1
opérer dans les choses supérieures, ou opél'er
dans celles dont on pl'ocMe, c'est contre l'ol'dl'e; le Soleil du Ciel
est celui d'où pl'ocède le soleil du Monde, et les cho~es spirituelles
sont celles d'où procèdent les choses naturelles: par celle eompu-'
raison, la présence peut en quelque sOl'le être \'ue d'apl'ès le soleil.
Mais la présence du Soleil du Ciel est universelle, non-seulement
dans le Monde spil'ituel, où sont les Anges et les Esprits 1 mais
llllssi dans le MOIHle naturel, où sont les hDmmes, cal' les hommes
ne l'eçoivent pas d'aulre part "amoul' de leUl' volonté el la sagesse
de leur entendement; et sans ce Soleil aucun animal ne vivrait,
ni aucun végélal n'existel'ait; SUl' ce sujet, 'Voir ce qui a élé dil
et illustré précédemment, png. 103 li Hlii. La présence de ce So­
DE L.\ DIVINE SAGESSE. 107
leil existe aussi par la chalenl' et la lumièl'e, mais sa chaleur dans
son essence est l'amour, et sa lumière dans son essence est la sa­
gesse, auxquelles la lumière ct la chaleur du soleil du Monde sont
subordonnées, en ajontant ce par quoi elles existent dans la nature
et y subsistent. Mais la pl'ésence du Soleil du Ciel par la chaleUl'
et la lumière spirituelles diffère de la présence du soleil (lu Monde
par la chaleUl' et la lumière natul'elles, en cela que la présence du
Soleil du Ciel est universelle ct dominante, tant dans le Monde spi­
l'ituel que dans le Monde naturel, tandis que la présence du soleil
du l\londe est seulement spéciale pour le Monde naturel, et y est
dans un état de dépendance; puis aussi, en ce que la présence du
Soleil du Ciel n'est pas dans l'étendue de l'espace et du temps,
tandis que la présence du soleil du Monde est dans celte étendue,
cal' l'étendue de l'espace et du temps a été créée avec la nalUl'e;
c'est de là que la présence du Soleil du Ciel est une toute-IH'~sence.
La pl'ésence du Soleil ùu Ciel, considél'ée en soi, est constante; en
effet, le Soleil dn Ciel est toujours dans son orient et dans sa puis­
sance; mais chez les récipients, qui sont pl'incipalement les Anges,
les Esprits et les hommes, il est inconstant et non dans sa puis­
sance, car il est varié selon la réception; en cela, à ce Soleil cor­
respond le soleil du Monde, parce qu'il est c0!istant aussi dans SOli
lieu et dans sa fOI'ce, mais que pOUl' la terre, qui est le ,'écipient,
il devient inconstant et non dans sa force, car il est varié selon I.es
conversions de la terre autour de l'axe, lesquelles font les jours et
les uuits, et selon les progl'essions autour du soleil, lesquelles font
les printemps, les étés, les automnes et les hivers: par là on voit
la cOl'respolldance des choses natul'elles du Monde a\'ec.les choses
spirituelles du Ciel. La présence du Soleil du Ciel dans le Monde
naturel peut aussi être illustl'ée pal' la présence ùe l'entendement
et de la volonté dans le COl'pS de l'homme: là, ce que l'entende­
ment pense, la bouche le pl'Ol1once à l'instant 1 et ce que la volonté
se propose, le corps le fait à l'instant; en effet. Je mental {je
.l'homme est son Monde spil'ituel; et son corps est son Monde na­
turel; c'est de là que les anciens ont appelé l'homme microcosme.
Lorsque ces choses sont comprises, l'homme sage peut voir et per­
cevoir l'opération divine et l'influx spirituel dans les objets de la
natme, soit qu'il examine un arbre avec son fruit, ou une plante
108 DE LA DIVINE SAGESSE.
avec sa semence, ou soit qu'il considère un vel' avec sa chrysalide
ct le papillon qui en sort, ou une abeille avec son miel et sa cire,
ou un autre animal; et il peut aussi voil' la folie de ceux qui, dans
ces merveilles, ,'oient et perçoivent la nature seule.
4. Toutes les choses qui ont été créées ont été créées pour
le .çervice de la Vie Même, qui est le Seigneur. Il sera d'abord
dit quelque chose de la "ie, et 'plus tard, de la création de toutes
choses pour le sel'vice de la vie: La vie est l'amour et la sagesse;
car autant l'homme, par la sagesse, aime Dieu et le prochain, au­
tant il vit; mais la Vie Même, qui est la vie de toutes cho,ses, est le
Divin Amour et la Divine Sagesse; le Divin ArnOUl' est l'Être de la
Vie, et la Divine Sagesse en est l'Exi.. . ter; l'un uni J'éciproquement
à l'autl'e est le Seigneur; l'un et l'autre, tant le Divin Être que le
Divin Exister', sont infinis et éternels, cal' le Divin Amour est in­
fini et éternel, et la Divine Sagesse est infinie et éternelle; celle
sagesse cependant et cet amour peuvent avoit' conjonction avec
l'Ange et avec l'homme, bien qu'il n'y ait pas de l'apport entre le
fini et l'infini: mais comme cela tombe difficilement sous l'enten­
dement, il sera par conséquent expliqué comment il peut y ;!voir
quelque conjonction, quoiqu'il n'y nit pas de rappOl't : Il n'y a au­
cun rapport entre le natUl'el et le spirituel, mais il y a ~onjonclion
par les cOI'respondances; il n'y a pas non plus de rapport entre le
spirituel dans lequel sont les Anges du dernier Ciel et le céleste
dans lequel sont les Anges du Ciel suprême, mais il y a conjonc­
tion par les corl'espondances; pareillement, il n'y a pas de rapport
entre le céleste dans lequel stlnt les Anges du Ciel suprême et le
Divin du SeigneUl', mais néanmoins il y a conjonction pal' les cor­
respondances. Ailleurs il a été dit et expliqué que le Divin est iu­
nni et éternel; et comme il est le tout dans toutes les choses de la
vie d'amour et de sagesse chez les Anges et chez les hommes, et
que les uns et les autres ont été créés l'écipients de la vie procédaut
du Seigneur, pal' conséquent finis, et que le Seigneul' est incréé, est
la vie en soi, et par suite la vie même, c'est pour cela que, bien que
les hommes, et pal' eux les Anges et les Esprits, doivent être multi­
pliés à éternité, le SeigneUl' néanmoins leur donue celle vie, et les
conduit de soi-même dans les très-singuliCl's, comme on le voit con­
fil'mé ci-dessus, où il a été tl'aité de sa Divine Providence; en cela
DE LA DIVINE SAGESSE. 109
est l'éternel, et ou est l'étemel, là aussi est l'infini. Puisqu'il n'y a
pas de rapport enll'e l'infini et le fini, tout homme doit se garder de
pensel' SUi' l'infini comme SUl' une chose de néant; on ne peut pas
dire du néant qu'il est infini et éternel, ni qu'il a conjonction avec
quelque chose; rien non plus ne se fait de rien; mais le Divin in­
fini et éternel est l'ttre Même, d'après lequel le fini a été créé, et
avec lequel il y a conjonction. Mais cela pourrait être il1ustré de
plusieurs manières par. la comparaison des naturels avec les spiri­
tuels, enh'e lesquels il n'y a pas de rapport, quoiqu'il y ait cepen­
dant conjonction par les correspondances: Tels sont entl'e eux la
cause et l'effet, tels entre eux l'antérieur et le postérieur, tels aussi
entre eux un degré supérieur et un degré inférieur, et tels entre eux
l'amour et la sagesse des hommes et des Anges; mais toujours est­
il que l'amour et la sagesse des Anges, quoique ineffables et incom­
préhensibles pOUl' l'homme, sont néanmoins finis l'un et l'autte, et
ne sont susceptibles de l'infini que pal' les cOrI'espondances. Que
toutes les choses aient été cl'éées pOUl' le service de la vie, qui est
le Seigneur, cela suit en Ol'dre de ce que les hommes et d'après eux
les Anges ont étécl'éés pour recevoir la vie pl'océdant du Seigneur,
et aussi ne sont que des l'éceptacles, quoique d'après le libre, dans
lequel ils sont tenus par le Seigneur, ils paraissent comme s'ils
n'étaient pas des réceptacles; mais cependant ils sont toujours
des réceptacles, tant les bons que les méchants; car le libre dans
lequel ils sont tenus vient aussi du SeigneUl'. La vie des hommes
et des Anges, c'est comprendre, et par suite penser et parler, et
c'est vouloir, et par suite faire; c'est pourquoi ces choses appar­
tiennent aussi à la vie procédant du SeigneUl', parce qu'elles sont
les effets de la vie. Toutes les choses qui ont été créées dans le
Monde ont été créées pour l'usage, l'émolument, même pour la
délectation des hommes, quelques-unes d'une manière prochaine,
quelques autres d'une manière éloignée; maintenant, puisqu'elles
pnt été créées pour l'homme, il s'ensuit qu'elles sont pour le sel'­
vice du Seigneur, qui est la vie chez les hommes. Il semble qu'elles
soient des services chez les bons, parce que eux vivent pal' le Sei­
gneUl', mais non chez les méchants; néanmoins les choses qui ont
été créées cèdent à l'usage l'émolument et la délectation, aussi bien
pour les uns que pOUl' les autres; cade Seigneur dit (1 qu'il fait le·
'110 DE LA DIVINE SAGESSE,
\'er son soleil SUI' les méchants et SUI' les bons, et qu'il envoie la
pluie sUI'les justes et SUI' les injustes. ) - MatLh. V. !15 : - que
les méchants n'aient par eux-mêmes rien de la vie, et qu'ils soient
néanmoins conduits par le Seigneur, à leur insu et quoiqu'ils ne
le veui.Ilent pas, on peut le voil' dans les endl'oits' où il a élé trailé
de la vie de ceux qui sont dans l'eofel',
5, Les âmes de vie, les âmes vivantes et les âmes végéta­
tives, d'après la vie qui procède du Seigneur, sont animées
par les usages et selon les usages. Pal' les âmes de vie sont en­
tendus les hommes et les Anges; pal' les âmes vivantes sont enlen­
dus les animaux qui sont aussi nommés, dans la Paroie, âmes vi­
vantes; et pal' les âmes végétatives sont enlendus les arbres et les
plantes de tout genr'e; que les âme5 de vie, ou les' hommes et les
Anges, soient animés de la vie qui procède du Seigneur, il en a été
traité dans ce qui pl'écède; que les âmes vivantes, ou les animaux;
soient animés par la vie procédant du Seigneur, cela aussi a été
montré dans ce qui pl'écède; pareillement les âmes végétatives, car
ces âmes sont les usages qui sont les derniers effets de la vie, et
les Ames vivantes sont les affections de différents gem-es, corres­
pondantes à la vie de ceux qui sont dans le Monde spirituel; elles
peuvent, d'après cette correspondance, être appelées vies médiates;
par animation il est entendu, non-seulement qu'elles vivent, mais
aussi qu'elles sont et existent: si continuellement elles sont ani­
mées, c'est-à-·dil'e, vivent, sont et existent par le Seigneur, c'est
parce qu'une création, pourvu qu'eHe ait été une fois accomplie, est
néanmoins continuée par l'influx procédant du Soleil du Ciel; s'il
n'y avait pas de là un influx nouveau du Ciel, tout pél'irait; car,
sans cet influx, l'influx du soleil du Monde n'est- l'ien; en effet, ce­
lui-ci est seulement la cause instrumentale, tandis que celui-là est
la cause principale: il y a correspondance de la chaleur et de son
effet avec la vie de l'amour du Seigneur, et il y a correspondance
de la lumière et de son effet avec la vie de la sagesse du SeigneUl';
car le Divin Amour procédant du Soleil du Ciel est chaleul' dans
le Monde spirituel, et la Divine Sagesse procédant de ce Soleil y
est lumière; à cette chaleur et à cette lumière correspondent la
chaleul' et la lumière du soleil du Monde, car tout est correspon­
dance. Mais comment le Seigneur, de son Divin Amour et de sa
DE LA DIVINE SAGESSE. lH
Divine Sagesse, qui sont la vie elle-même, influe sllr l'univers créé
et l'anime, cela sera dit aussi en peu de mols: Le Divin procédant
esl ce qui, autour du Seigneur, 'appill'alL aux Anges comme Soleil;
de là procède le 'Divin du Seigneul' par des atmosphèl'es spirituelles
qu'il avait créées pour la tl'anslation de la lumière et de la chaleur
jusqu'aux Anges, et qu'il avait accommodées à la \'ie, non-seule­
ment de leur menlal, mais aussi de leur corps, alin que par la
lumière ils reçoiventl'intelligepce, puis aussi alin qu'ils voient, et
que même ils respirent selon la correspondance, car les Anges res­
pirent comme les hommes, et alin que par la chaleur ils reçoivent
l'amoul', puis aussi qu'ils sentent, et que même leur cœur balle
selon la conespondance, car les Anges jouissent comme les hom­
mes du battement du cœur; ces almosphères spirituelles augmen­
tent en densité pal' les degrés discrets, dont il a élé tl'aité ci-des­
sus, jusqu'aux Anges du Ciel infime, pour lesquels elles se trou­
vent ainsi accommodées; de là vient que les Anges du Ciel supr~me
vivent comme dans l'aure pure, les Anges du Ciel moyen comme
dans l'élhel', et les Anges du Ciel infime comme dans l'air; sous
ces atmosphères, dans chaque Ciel, sont les lelTes sur lesquelles ils
habitent; là, sont leurs palais et le~rs maisons, des jardins pal'a­
disiaques, et, en outre, des champs cultivés, des r~sel'aies, des
lieux pleins de \'erdure, qui chaque malin ex islent nouveaux, cha­
que chose étant en rapport avec l'amour et la sagesse que les An­
ges reçoivent du Seigneul'; toutes ces choses sont d'une origine
5pirituelle, et il n'yen a aucune d'origine naturelle; l'origine
spirituelle est la vie d'après le Seigneur, A la correspondance
de ces choses ont été créées toules celles qui sont vues dans le
Monde naturel, où par conséquent elles existent semblables, avec
celle diffél'ence qu'elles sont pareillement d'ol'igine spirituelle, mais
cn même temps d'origine naturelle; l'origine naturelle a été ajou­
lée, alin qu'elles soient en même temps matérielles et fixes, dans
le but de la procl'éation du genre humain, qui ne peut avoir lieu
que dans les dernie.'s, où est le plein; et afin que d'après le genre
hUlnain comme pépinière existent des habitants du Monde spiriluel,
qui sont les A.nges; celte fin est la première et la del'Dière de la
'création, Toutefois, l'idée complèle de la créalion ou de l'exi3tencs
de toutes les choses dans leur ordre pal' [a vie, qui est le Seigneur,
1'12 DE LA DIVIN~ SAGESSE.
ne peut êll'e donnée, en 1'lIison d'arcanes, qui dans le Ciel sont
connus, et m'ont, il est vrai, été communiqués, mais qui, étant
trop profonds, ne peuvent par cela même être décrits qu'au moy~n
de volumes, et encore seraient-ils à peine compl'is; en voici ce­
pendant le sommaire: Le Soleil du Ciel, dans lequel est le Sei­
gneUl', est le centre'commun de l'univers, et toutes les choses de
l'univers sont des périphér\es et des périphéries jusqu'à la dernière,
et pal' Lui Seul il les gouverne comme un tout coutinu; mais les
moyennes d'apl'ès la del'llière, et perpétuellement il les anime et
les met en activité aussi facilement que l'hQmme par son entende­
ment et sa volonté anime et met en activité son ~orps; et l'influx
est dans les usages, et d'après les usages dans leuI's fOI'mes.
Suit l'idée angélique SUI' la création de l'univers pal' le Sei­
gneur.
IDÉE ANGÉLIQUE
sun LA CREATION DE L'lJNIVEIIS PAil LE SEIGNEUR,

L'idée des Anges sur l'univers créé pal' le SeigneUl' est celle­
ci : Que Dieu est le cenll'e, et qu'il est homme, et que si Dieu
n'était pas homme, la création n'aurait pas été possible, et que
le• Seigneur d'éternité est ce Dieu, SUI' la création, ils dirent que
le Seigneur d'étel'l1ité ou Dieu, pal' son .Divin pl'océdant, a-créé
l'univers et toutes les choses qui y sont, et que le Divin procé­
dant étant aussi la Vie Meme, toutes choses ont été créées d'a­
près la vie et pal' la vie; que le Divin pl'océdant le plus près est ce
qui apparaît comme Soleil devant les Anges; que devant leUl's
yeux: ce Soleil apparaît comme Mfeu et de flamme, et que le Divin
. procédant est le Divin Amour et la Divine Sagesse, qui de loin ont
une telle apparence; ils alléguèrent que ce Divin pl'océdant est ce
que les Anciens ont représenté pal' de simples cercles d'ol' ou de
lumière autoUl' de la tête de Dieu, cercles que les peintl'es d'au­
joul'd'hui d'apl'ès l'antiquité retiennent encore. Ils dirent que de ce
Soleil, comme d'un grand centre, procèdent des cercles, l'un après
l'autre, et l'un de l'autl'e, jusqu'au demiel', où est leur fin, ce der­
niet' subsistant en repos; et que ces cercles, qui procèdent l'un de
l'autre et l'un après l'autre, et qui apparaissent comme étendus
en la,'ge et en long, sont des atmosphères spÎl'ituelles que la lu­
mière et la chaleur de leur Soleil remplissent, et pal' lesquelles
cette lumiMe et cette chateuI' se pl'Opagent jusqu'au demier cercle;
et que dans le demiel', au moyen de ces atmosphères, et ensuite
au moyen des almosphères naturelles qui procèdent du soleil du
Monde, a été faile la création de la terre, et sur elle la création de
tout ce qui sert à l'usage, création qui ensuite est continuée pal'.
des générations d'après des semences dans des utérus ou dans des
œufs, Ces Anges, qui savaient que l'univers ainsi créé était tin ou­
vrage conliuu depuis le Créateur jusqu'aux del'l1iel's, et que, comme

..

1'16 iDÉE ANGÉLlQUE.


ouvrage continu, il était suspendu, mis en activité et goU\'el'né,
comme un tout tenu encharné par le Seigneur, qui est le centre
commun, dirent que le premiel' procédant était continué jusqu'aux
derniers pal' des degrés discrets, absolument comme la fin pal' les
causes dans les effets, ou comme le pl'oduisant et les produits en
série continue; et que la continuation était non-seulement dan.~:.
mais encore autour, depuis le premier, et par suite depuis tout
antérieur dans tout postérieur, jusqu'au plus postéJ'ieul'; et qu'ainsi
le premier et pal' le premier les postérieurs coexistent, selon leur
ordre, dans le plus postérieUl' ou dans le dernier, D'après ce con­
tinu, comme étant un, ils eurent sur le Seigneur l'idée qu'il était
tout dans tous, qu'il était tout-puissant, tout- présent et toul­
sachant, qu'il était infini. et étemel; et aussi l'idée de ce qu'était
l'ordl'e selon lequel le SeigneUl' pal' son Divin Arnoul' et sa Divine
Sagesse dispose tout, pourvoit à tout et gou\'erne tout.
On leur demanda d'où provenait alors l'enfer; ils répondirent:
Du Libre de l'homme, sans lequel l'homme ne serait pas homme;
que l'homme d'après ce libre a rompu en lui le continu, lequel étant
rompu, la séparation a été faite; et le continu, qui pal' la création.
était en lui, est devenu comme une chaine ou un ouvrage accro­
ché qui, lorsque les crochets en dessus ont été rompus et arrachés,
tombe et ensuite pend par de légers fils. La séparation ou la rup­
ture a été faite par la négation de Dieu.

FIN.

OBSERVATlON.

Robert Hindmarsh, auquel nous devons la publication de ce Traité pos­


thume, imprimé à Londres, en 1790, à la suite de l'Apocalypsis expli­
cala, 4· vol., a placé à la fin une note que nous croyons devoir repro­
duire:

Al'INOTATI.ON DU TYPOGRAPHE.

Il faut qu'on sache que le précédent Opuscule sur le DIVIN AMOUR et la


DIVINE SAGESSE, depuis la pag. 225 (p. 253du vol. VU de la Trad.) jusqu'ici,
quoique composé par EMMANUEL SWEDENBORG, a cependant été imprimé,
non d'après l'Autographe, mais d'après une copie défectueuse faite par
un SCribe, qui sans doute n'a pas, en beaucoup d'endroits, suivi exacte­
ment l'Original. Par ce motif, le Typographe ajugé nécessaire de corriger
très-souvent, non-seulement des mots, mais encore des sens, et d'avoir
continuellement sous les yeux, autant qu'il a pu, le dessein de l'Auteur.
Toutefois, s'il se'rencontrait encore quelques erreurs, il est laissé au Lec­
teur bénévole toute latitude de faire, comme il lui plaira, des corrections
plus judicieuses.
Londres.
ROBERT HINDaIARsn.
TABLE

ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE,

NoT,\.- D. A. indique le Traité du Divin Arnoul', el U. S. celui ùe la Divine Sagesse.

Les chiffres romains renvoient aux Articles, et les chiffres arabes aux Subdivisions.

L'acception dans laquelle certains mols doivent EIre pris est présentée en Observatioll.

ADDOMEN (viscères de l'), D. A. V. AFfECTION. Par les affections il


ACOUSTIQUE, D. A. V. est entendu les continuationset les
ACTE. L'affection devient pOUl' la dérivalions de l'amour, D. A. IX.
première fois quelque chose, quand Les affections sont les essences des
elle est dans l'acte; celui-ci est ce usages, et les usages sont leurs su­
qu'on entend pal' l'usllge même, qui, jets, D. A. IX; voir USAGES. L'af­
dans son essence, est l'affection, fection est l'amour dans son es­
D. A. IX. sence, ct l'usage est l'amour dans
ACTIONS (les) de tous les mell1­ l1a forme, D. A. IX. li y a des genres
I:Jres font un avec la volonlé,D. S. II. et des espèces d'affections et des
ACTUAI,ITÉ (en), D. A. IV. D. S. V. différences d'espèces à l'infini, D. A.
o.s. Cette expression e. été emplo)'ée pour X. L'affection et l'usage font un, D.
di:Jtinguer aclualiter de realiter, dont l'Auteur
sc sert aussi; ainsi, entre en actualité ct el1
A. XVU. L'affection de l'usage est
réalité, il y a la m~me distinction qu'entrc ac· en général de deux genres; il Ya
/1"', pris dans le sens philosophique, et Tf/el. l'affection spirituelle de l'usage, et
ADMINISTRATEUR (l') aime le pro­ il y a l'affection naturelle de l'usage,
chain, s'il l'emplit ses fane lions pal' D. A. XVII. L'alfection spirituelle
zèle pOUl' le bien commun, D. A. de l'usage donne à l'homme le ciel,
XIII. Comment il peut faire des usa­ tandis que l'affection naturelle sans
ges au prochain, O. S. XI, lt. l'affection spirituelle donne l'enfer,
ADORATEURS. Qui sont ceux qui, D. A. XVII. L'affection spirituelle
dans la Parole, sont entendus pal' de l'usage ne s'acquiert qu'en fuyant
les adorateurs du soleil, de la lune les maux parce qu'ils sont des pé­
et de toute l'année des cieux, D. A. chés, ce qui se fait pal' un combat
XIV. contre eux, D. A. XVII. Les a{fec­
AOORER. Reconnaltre la nature, tions en elles-mêmes sont aussi des
qui en soi est morte, c'est adorer le amours, mais des amours subor­
feu qui est dans le soleil du monde; donnés à l'amour commun, comme
mais reconnaltre la vie créatrice, à leur maltre ou à leur chef, D. A.
c'est adorer Dieu qui est dans le so­ XVI. L'nITection ne devient quelque
leil du ciel, D. S. XII, 2. ehose que lorsqu'elle est dans l'acte,
117
D. A. IX. L'affection est l'homme est Dieu, D. S. III, 2. L'âme n'est
lui-même, D. A. XVII. L'homme pas ici ou là, mais elle esl dans toule
après la mort, devient affeclion, af­ forme apparlenanl à l'homme, D. S.
fection de l'usage bon, s'i! est ange III, 2. L'âm~ de l'homme est hom­
du ciel, et affection de l'usage mau­ me, D. S. VI. Dans la Parole, l'âme
vais, s'il est esprit de l'enfer, D. A. signifie la sagesse, D. S. VI. Les
IX. Il Y a autant d'affections que âmes' cie vie, les âmes vivanles el
d'usages, D. A. IX. les âmes végélatives, d'après la vie
AFFECTION ET PENSÉE. Il Ya une qui procède du Seigneur, sont ani­
conjonction réciproque de j'affec­ mées pal' les usages et selon les
tion et de la pensée, D. S. X. L'af­ usages, D. S. XII, 5. Par les âmes
fection est la vie de la pensée, et de vie sonl enteDllus les hommes
telle esL l'affection, telle est la pen­ elles anges; pal' les âmes vivantes
sée; exemples, D. S. X. Toute af­ sonl enlendus les animaux, qui sont
fection appartient à l'amour, et aussi nommés, dans la Parole, âmes
toule pensée appal'tient à la sa­ vi van tes; el pal' les âmes végéta­
gesse, D. S. X. L'affcction produiL tives sonl entendus les arbres et les
la pensée, et la pensée l'l'produit planles de toul genre, D. S. XII, 5.
l'affecLion, D. S. X. Les âmes végélatives sonl les usa·
AnIER, c'est faire, parce que c'est ges qui sonl les del'l1iers effets de
vouloir; car lout ce que l'homme ai­ la vie, el les âmes vivan les sonlles
me, il le vcut; et ce qu'il veut, il le affections de différen ts g~nres, cor­
fail si c'est possible, D. A. XIX. Ai­ respondanles à, la vie de ceux qui
mer et faire ne pcuvent êLre séparés, sont dans le monde spirituel, D. S.
cal' aimer n'exisLe point, mais par XII, 5. Les affections naturelles sonl
fail'e il existe, c'esl pourquoi lors­ les âmes des animaux, et les usages
que l'homme fail, il y a alors seu­ des affeetions sonl les âmes des vé­
lement amOlli', D. A. XIX. Aimer, gélaux, D. A. X.
c'esl faire; en effel, si l'amour ne de­ AllEN. Dans la langue hébraïque,
vienl un fail, il cesse d'êlre amour, la védlé et la foi sont exprimées par
D. A. XIII. Aimer, dans la Parole, le même mol; ce mot est Amen,
c'est faire des usages, D, A. XIX. D. S. XI, i (bis). .
Par aimer le Seigneur il esL enlendu A~IOUR MÊME (l'), qui est la vie,
faire des usages d'après Lui et pour est Homme, et.il contienl dans la
Lui.; et par aimer le prochain, il est fOl'me de l'infini Ioules el chacune
entendu fail'e des usages pom' l'é­ des choses qui sonl chez l'homme,
glise, pour la palrie, pour une so­ D. A. III. VoÏ1' DIVIN AMOUR.
ciéLé humaine et pour le conci­ AMOUI\ (l') esl la vie même de
toyen, D. A. XIII. Aimer le Sei­ l'homme, D.A. 1. IX. L'amour pro­
gneur, c'est aimer ce qui vien t de duit la chalelll', D. A. XX. Il échauf­
lui, ce qui en soi esL le divin dans fe, vivifie el anime la pensee, il en
lequel esl le Seigneur, el c'esl là est l'âme même ou la vie, cal' la pen­
faire du bien au prochain, D. S. XI. sée languit et périt, si on lui enlève
AIR. Voir ATMOSPHÈRE. l'amour, D. S. 1. L'amour d'après
AME (l') humaine n'csl pas la vie soi produit les affections, et par les
pal' la vie, ou la vie en soi, ear il affections la perception, el par la
n'y a qu'uilc vie unique, el cclie vie perception la pensée, ct d'après les
:l:l8
idées de la pensée la mémoire. D. S. sont dans l'intelligence, et ceux des
X, 7. Tout amour retourne comme cieux infimes sont dans la science,
par un cercle à celui de qui il vient, D. S. 1.
D. A. X.- Amour du Seigneur d'a­ ANnIAL. Tout le règne animal est
près le Seigneur; ce que c'est, D. S. plein d'usages, D. A. VIII. JI Y a
XI, a. - L'amour diabolique est la dans le règne animal deux univer­
mort même, D. A. X. saux; daus l'un sonl les bêles de la
AMOUR ET SAGI!SSE. L'amour et tel're, et dans l'au Ire les oiseaux du
la sagesse sont deux choses dis­ ciel, D. A. X. Il n'y a pas d'animal,
tinctes, absolument comme. la cha­ depuis le vermisseau jusqu'au cerC,
leur et la lumière, D. S. III, 3. L'a­ qui ne soit pour l'usage, et qui ne
mour est senti quand l'homme est soit aussi la Corme de son usage,
affecté, et la sagesse est vue quand D. A. VIII.
l'homme pense, D. S. III, 3. Dans ANDlVS, D. S. XI, 4. Voir MEN­
le monde spirituel l'amour est cha­ TAL,OBS.
leur, et la sagesse est lumière, D. S. AORTE, D. S. X, 2.
III, 3. "L'union de l'amour et de la ApOLOGIES de dogmes qui, dans
sagesse est réciproque; l'amour s~u­ l'église, sonl opposés entre eux;
nit à la sagesse, et la sagesse se d'où cela vient, D. S. XI, 2 (bis).
ré-unit à l'amolli'; l'amour agit, et ApPARENGES. Toutes les choses.
la sagesse réagit, D. S. III, 3. L'a­ qui sont dans le monde spirituel
mour Cait, et la sagesse enseigne, sont des apparences, celles qui ap­
D. S. IX. Ce que l'amour Cait est le partiennent à l'entendement des
bien, et ce que la sagesse enseigne anges, des apparences de la sagesse,
est le vrai, D. S. IX. Le bien que et celles qui appartiennent à leur
l'alllour Cait est l'usage, et Je vrai volonté, des apparences de la per­
que la sagesse enseigne est aussi ception des alnours, D. S. VJI, 5.
l'usage, D. S. IX. JI Y a une con­ Ces choses sont créées en un mo­
jonction réciproque de l'amour et ment par le Seigneur, et en un mo­
de la sagesse, D. S. X. L'amour ap­ ment aussi elles sont dissipées, D.
partient à la volonté, et la sagesse S. VII, 5. Elles restent ou ne res­
à l'entendement, D. S. X. tent pas selon la constance ou J'in­
ANATO)IlIi. Détails d'anatomie, constance des esprits ou des anges
D. A. V.- D. S. JI. \JI, 4. VI. X, i, chez lesquels elles son t des appa­
2, 3, 4, 5,7. rences, D. S. VII, 5.
ANGE (l') est seull.'ment un réci­ APRÈS (d').
pient de la vie, D. A. JI. Les anges Oos. Cette loculion prép05iliTe est souvent
n'ont pas été créés immédiatement employee pour rendre la préposiLion latino
IX" elle est surtout employec lorsque notre
anges; ils sont d'abord nés hom­
préposition de donnerait lieu à une équivoque,
mes, et sont devenus anges après et l'our éviter la lrop fréquenle répétition do
une vie passée dans le monde, D. S. ces mots qui procède de ou 'ln' prodent do. ..
\' VIII. ühaque ange est affection el ct aussi, du reste, pour sc conrormcr il III
brièveté du tnle.
aussi est usage, D. S. X. Anges cé­
lestes, anges spirituels; e,n quoi ils ARBRE. Il n'y a rien dans l'arbre
diffèrent, o. S. J. Les anges des qui ne soit pour l'usage, D. A. VIII.
cieux supérieurs sont dans la sa­ ARIENS. La respiration est diffi­
gesse, ceux des cieux inréril.'urs cile et dure chez ('.cux qui nient la
119
divinité du Seigneur, comme fonl pelle bien, el ce qui confirme le bien
les Ariens, D. S. VII, 2. de son amour ou de sa volonté, il
ARTÈRES, D. S. VI. X, 2, 4. l'appelle vrai, D. A. XVIJI. Ce que
ARTISAN. Commenll'artisan, peul l'homme veut et fail, il l'appelle
fail'e des usages au prochain, D. S. bien, et ce que l'homme sail et pen­
XI, 4. se, il l'appelle vrai, D. S. XI, 4 (bis).
ATMOSPHÈRES. Lesesprftsonl Il ya une conjonction réciproque du
des atmosphères, mais elles sonl bien el du vrai, D. S. X. Le bien est
spirituelles, D. S. VII, 2, Le divin l'essence de l'usage, et le vrai en est
du Seigneur procède du soleil du la forme, D. S. IX. Les biens et les
ciel par des atmosphères spirituel­ vrais son t le Seigneur et le ciel, D.
les, créées pour la translalion de la S. XI, 3 (bis).
lumièrEj el de la chaleur jusqu'aux BIENS (les) ne sont auh'e chose
anges, et accommodées à leur vie, que les usages, D. A. IV.
D. S. XII, 5. De là vient que les an­ BRONCHES. D. A. V.....,.D. S. X, i, 3.
ges du ciel suprême vivent comme Ce sont les SOlll'ces de la respira­
dans l'aure, les anges du cicl moyen tion des poumons, D. S. X, 5.
comme dans l'éther, et les anges du CACOBILE. D. A. V.

ciel infime comme dans l'air, D. S. CAROTIDES. D. S. X, 2.

XII, 5. Sous ces atmosphères, dans CAUSE. Voil' FINi EFFET.

chaque ciel, sont les ten'es sur les­ CAVITE gauche du cœur, D. A. V.

quelles habilent les anges, D. S. CÜESTE. Il n'y a pas de rapport

XII,5. entre le célesle, dans lequel sont


AURE. Voir ATMOSPHÈRES. les,anges du ciel suprême, et le di­
0 .., )lst appelée aur. (oum) l'aUD"spbère vin du Seigneur, mais il ya con­
du lroisièall~ degré, tant du monde spirituel jonction par les correspondances,
qu. du monde notur.l, D. S. XII, 4. Il n'y a pas non plus de
AVARE. Metlre les richesses au rapport entre ce célesle et le spiri­
pre nI icI' rang et le cominerce au se­ tuel, dans lequel sont les Angea du
cond,c'esllefaitdel'avare, D. A. VI. dernier ciel, mais il y a conjonction
AVARICE (1') eslla racine de lous " par les cOl'l'espondances, D. S. XII,
les maux, D. A. VI. 5.
BtTE. Différence entre l'homme CENTRE. Le soleil du ciel, dans
et la bête, D. S. JII, 4. Chez les bê­ lequel est le seigneur, est le centre
tes les deux degrés supérieurs de la commun de l'univers, et toules les
vie n'existent point, il y a seule­ choses de l'univers sont des péri­
ment le degré infime, D. S. III, 4. phéries el des périphéries jusqu'à
Chez les bêles l'ex terne et l'interne la dernière, n. S. XII, 5.
sont naturels, tandis que chez CERVEAU. Descriplion du cerveau
l'homme l'externe est naturel et chez l'homme, D. S. III, 4. Voir
l'interne est spirituel, D. S. VlI, 3. SPHBR ES. Dans les cervea ux son t
BIEN ET VIIAI. Le bien appartient les commencem~nls el les têtes des
à l'amour, elle vrai apparlient à la fibres, D. S. Il. Toules les formes,
sagesse, D. S. X. Tout ce que l'a­ réceptacles de l'amour et de la sa­
mour fait est le bien, et tout ce que gesse, ont leur origine dans les cer­
la sagesse enseigne est le vrai, D. S. veaux, D. S. If. La vie molrice vo­
IX. Ce que l'homme aime, il l'ap­ lontnire est dirigée pal' le {'erve~u,
120
et la vic molrice nalurclle esl sous VII,2. Il est comme un seul homme
le gouvernement du cervelel, D. donl les formes, qu'on nomme or­
A. V. ganiques supérieures el inférieures,
CERVELET. Voir CERVEAU. el aussi inlérieures el exlérieures,
CHARITÉ (la) exlerne sans l'in­ sonl constiluées par lous ceux qui
terne n'esl pas la charité, r.'esll'ill­ aimenlles usages en les faisant. D.
lerne qui fait qu'elle del'ient réelle­ A. XIII. J_es usages eux-mêmescom­
ment charité, D. S. XI, 5. La cha­ posenL cel homme, parce que c'est
rité exlerne d'après l'inlerne agil un homme spiriluel qui esl consli­
prudemmenl, landis quc la charilé Lué, non par les personnes, mais
exlerne sans l'interne agit impru­ par les usages qu'elles fonL, D. A.
demmenl, et lrès-souvent injuslc­ XIII. Le cicl correspond à Ioules
menl, D. S. XI, 5. les choses de l'homme, D. A. XII.
CHARITÉ ET FOI. La charilé con­ Le ciel a éLé distingué en sociéLés
siste à vouloir et Il faire les vrais, el suivanl les genres el les espèces
la foi consisle Il savoir les vrais el Il d'affecLions, D. A. IX.
les penser, D. S. Xl, 6 (bis). La foi CIEUX (les) consislenL en hommes
el la chari lé sont un; il n'y a pas de qui sonl devenus Anges, D. S. llf,
foi ou il n'ya pas de cbarilé, el il 4. 11 ya trois cieux comme il ya
n'y a pas de charilé où il n'y a pas lrois degrés dans l'homme, D. S.
de foi, D. S. XI, 1 (bis). La conjonc­ III, II. Ces cieux onl élé distingués
tion de la foi el de la charité eslré­ enlre eux pal' les degrés discreLs, D.
ciproque, D. S. Xl, 8 (bis). Quand A. XI. Ces cieux selon les degrés
la charité el la foi onl élé séparées, dans l'orel.re successif apparaissent
011 n(\ sail p8.$ ce que c'esl que la l'un au-dessu~ de l'auLre, eL selon
charité, ni ce que c'esl que la foi, les degrés dans l'ordrc simullané
D. S. XI, 1 (his). Si donc la charilé l'un au dedans de l'auLre, D. S. 111,
el la foi sonl sép3l'ces, il n'y a ni 4.
l'une ni l'aulre chez l'homme, D. S. CIRCULATION DU SANG (la) esl
XI, 1 (his). La foi appartienl à la conLinuelie dans l'homme j pour­
science el Il la pensée de l'homme, qnoi1 D. S. X, 2.
clla charil~ appartienl Il la volonlé ClVlL. Voi1' SPIRITUEL.
el au fail, D. S. XI, 6 (bis). COEun ET l'OûMON. Ils sonL les
CHEMIN. Les vrais enseignenl le deux sources de Lous les niouve­
chemin pOUl" sortir de l'enfer, elle menls naturels dans le corps, eL la
chemin pOllr enlrer dans le ciel, D. volonlé- et l'enLendemenl sonl les
S. XI, 3 (bis). Chemin de la sagesse deux sonrces de Ioules les activilés'
el chemin de la folie dans Ic monde dans Ic même r.orps, D. S. VI. Lc
srJÎriluel, D. S. J. cœur avec Lous ses vaisseaux dans
CHosE.lln'yapasuneselllechose loulle c;orps cOlTespond à la volon­
qui soil la même qu'une aulre, D. lé, el le poumon avec la lracllée, Je
A. X. Plus une chose esl intérieure, larynx eL la glolle, el enlin la lan­
plus elle a de perfection, D. A. V. gue, correspond à l'enlenclelllenl,
CUYLIFICATION. Usages de la chy­ D. S. X. La correspondance du cœur
lification, D. S. X, 7. el du pouillon esluniverselle, parce
CIEL (le) esl en présenr.e du Sei­ qne le cœur règne dans loulle corps,
gneur comllle un seul homme, D. S. el anssi le poumon, D. S. VI. La COI1­
121
jonction du cœur et du pou men est COIJIPARATIFS (les) sont aussi des
réciproque, D. S. X, 2. Il Y a une correspondances, D. S. Il.
correspondance complète entre le CO~IPOSITION (toute) dans la na­
cœur et la volonté, et entre le pou­ ture du monde a lieu par les degrés
mon et l'entendement, D. S. l. Par discrets, D. A. XI,
la conjonclion du C<e\l,r et du pou­ CONCEPTI,ON (Iii) de l'homme pal'
mon on peut être ,instruit sur la le père n'est pas ~,ne conception ~e
conjonction de la XQ!onté et ~e'l'en­ la ,vie, mais est seulement la con­
tendement, et par con~équel)t sur cepl,ion de la première et de la plus
la conjonctio,~ (,le l'amour et de la pure forme pO\lvanl recevoir la vie,
sagesse, D. ~. x. Dans j'\ltérus, le D. A,. Il.
cœur forme ~e pO,umon, pour que CONSOC,IER, ~. A. V.
par lui il y ~it respiration, et par ,0.., Ce mot est employé pour rendre euc­
tClileDl l'expression latine Con.rociare; lcmot
celle-ci langage, D. S. X, 7. L~ cœur Â,&ocier ne conviendrait }lss; il Ya une dit1'é­
et le poumon correspondent ;lUX renpe trè5-'sc~~i~le ~ntre CouIQCi.r et Allo­
deux royaulJ;les du ciel, D. A. X. cipr.
Dans la Parole, le c~ur signifie la C,9NSONNE. ,Voir VOYELL,E.
volonté, et l'esprit ou If! ~espiration ,CORPS. Tou tes les choses du corps,
des poumon~ signifie l'entende­ les internes et les externes, sout des
ment, D. S. VI. correspondances; pourquoi? D. S.
COMI\lERCE. .L'acqui~itiou des ri­ I~. Partout dans le corps humain il
chesses pour les richesses seules eS,t y a deux parties quI sont dislincte,s
un commerce de Juifs, mais l'acqui­ et sont unies; par exemple, d~l,Ix
sition dl'~ richesses par le comnJerce ye,ux, deux ca~ités du cœur, et~.)
pour ,le commerce est un commerce Q. S. IIf, 3. Il n"y ,a pas dans le
de Hollandais, D. A. VI. Mettre les corps hUlIjain la'J1loi'ildrll chose qui
richesses au premier rang et,le com~ y soil sembla~le ,à une autre, D. ~.
merce au ,second, c'est le,fait,(,ie l'a­ X:. Dans ,chaCllne des ~ho~~s qui
vare, D. A. VI. ' sO,nt dans le corps humai.n, il y a
Co m.IU N. Où le commun n'est d'après' son usage l'.id~edu tout,
pas, le singulier \l'y est pas ,non' D.I,.. XUl. " "
plus, D. S. Vll, 3. Le çommun e~t CORPS STRIÉS, D. S. V.
,comme un lac d'où coulentlel> ré­ CO\\RESPONDA~CE. Il y a corres­
compenses, ,et d'où çoulent les ri­ pO,ndance en\re tOute cause et son
chesses, D. A,. XlI. Le c~mmun en:et, D. A. XX; entre l'amour et
chez l'homme pourvoit aux hesoins la èhaleul', D~ A. XX. Correspon­
des parties selou l'us<\~e, D. !}.. XII. dance du soleil d'u monde avec le
i,;' •.

COM~IUNICAT\ON. Dans le ,mo,nde so!~il du ,ciel, D. S. XII, 3 i de \~


spirituel, il y a communication de r1ature a.vec la vie, D. S. XII. 3. Loi
toutes les pensé~s et de toutes les unh:erselÎe ~es correspondances'~
affections, D. A. XII. ' D. S. Il. ~a science des cOI'1'espqn~
COMPARAISONS; au~ujet des af­ dances a été chez les anciens la
fections et de l'amour, D. A. IX; au sclenèe des sciences, D. S. H. San~
sujet de ceux qui font les usages la'sci~nce des cOlTespondânées on
d'après eux-mêmes, et de ceux qui ne compl'end pas la p'arole,'D. s.
les font d'après le Seigneur, D. A. II. Il Ya dans l'homme correspon­
XIV. dance de toutes les r,hoses du corps
9.
122
avec ceiies du mentat, D. s. VI. ou d'appàrènee, D. A. XI. 11 Y a
CÔTES, D. S. VI. pour les degrés un ordre successif
. CRÉATION (toute) vient du Sei­ et un ordre simultané, D. S. III, 4.
gneur comme soleil qui est le divin Voir ORDRE. Comment chez l'hom­
amour, D. S. Il. Toute création a me les deux degrés supérieurs de sa
éW faite par les degtés discrets, D. vie sont ouverts, D. S. IV.
A. XI. Toute création a été faite DERNIERS (dans les) coexistent
daus les dernierS; b. S. VIII, 3. Idée tou tes choses, car toutes les choses
sommaire de la crèation de l'uni­ qui sont dans un ordre successifsoht
vers, D. S. XII, 5. là dans un orMe simultané, D. S.
DÉCALOGUE (le) enseigne le che­ vrn, 2. Le Divin dans le dernier est
min que l'homme doit suivre pour dans son plein, D. S. VIII, 2. Toule
venir en conjonction avec le sei­ création a élé faite dans les de~­
gneur, D. S. IX. niers, et toute opération divine s'é­
DÉFÉCATION du sang dans le pou­ tend jusqu'aux derniers, et là elle
mon; sa correspondance, o. S. X,3. crée et opère, D. S. vm, 2. C'est une
DÉFLEGMATION. Quelle est chez loi de l'ordre divin que toule chose
les bons et chez les méchants la dé­ revienne des derniers au premier,
Oegmation du sang dans le poumon, d'où elle procède ; exemples, D. S.
D. S. X, 6. VIII, 2.
DiGLUTITION (fonction de), D. A. DIAPHRAGME, D. A. V..... D. S.
V. VI. X, 4.
DEGRÉS. Il Ya des degrés conli­ DIASTOLES, D. S. VII, 4.
nus, et i1ya des degrés discrets; les Dn;u lui-même est Homme, D. S.
uns et les autres sont dans toute VL
tot'me, tant dans le monde spirituel DIFFÉRENCE entre l'homme et la
que dans le monde naturel, D. A. bêle, D. S. IlJ, 4; entre le naturel
XL Les degrés conlinus, que tout et le spirituel, b. S. VII, 5.
le monde connalt, sont coiume les DISSENSIONS dans J'église; d'où
degrés de la lumière à l'ombre, de elles viennent, D. S. XI, 2 (bis).
la chaleur au froid, du rare au den­ DIVIN (le) infini et éternel est
se, D. A. XI. Les degrés discrets 'EIre même d'après lequel le fini a
sont tout à fait différents; ceux-ci été créé, et avec lequei il ya con­
vont, non pas de la surface vers les jonction, D. S. XII, 4. Dans ce qui
cOtés alentour, mais du plus haut est divin, il n'y a pas d'espace, car
au plus bas; ce sont des degrés de ce qui est divin est spirituel, et non
formation.de l'un par l'autre; ainsi, pas naturel, D. S; 1.
depuis le premier ou le suprême DIVIN AllOUR (le) est drns une
jusqu'au dernier ou l'infime dans forme, D. A. HI. Le 4ivin amour,
lequel la formation subsiste, D. A. qui est la vie même, n'esl pas sim­
XI. Dans toute forme, tant spiri­ plementl'amour, mais. il est le di­
tuelle que naturelle, Î1 y a des de­ vin prOcédant, et le divin procédant
grés tant discrets que cOtltinus; est le Seigneur iUi-mêine, D. A. III.
sans les degrés discrets, il n'y a pas DIVIN AMOUR ET DIVINE SAGESSE.
en elle d'intérieur qui constitue la Le divin amour est le divin bien, et
cause ou l'Ame, et sans les degrés la divine sagesse esl le divin vrai,
continus, elle n'a pas d'eltension D. S. IX. Le divin amour a pOUl'
t.2~
objet de conduire l'homme et d~ tout effet est un usage, et l'usage
l'attirer à soi, et la divinl! sagesse a est ce qu'on nomme bien et vrai, D,
pour objet d'enseigner Il l'homme S. IX. Tout effet existe par une
le chemin qu'il doit suivre pour ve- cause antérieure qui est appelée
nir en conjonction avec leSeigneur, efficiente; et celle-ci existe, non par
D. S. IX. L'homme doit recevoir le soi-même, mais par une cause qui
divin amour dans sa volonté par la est appelée fin, D. S. Il. '
vie, et la divine sagesse dans son en- ÉGLISE (l') est comme un seul
tendement par la doctrine, D. S. IX. homme, dont les formes, qu'on
DIVIN PROCÉDANT (le) est le Sei- nomme organiques supérieures et
gneur dansl"église et dans le ciel, inférieures, et aussi Intérieures e~
D. A. XIII. Le divin procé4ant dlJ extérieures, son t constituées pal'
seigneur, qui est la vie et 'la forme, tous ceux quI aiment les usages ~n
est homme dans les maxima et dans les' faisant, D. ~ XIII. Les usages
les minima, D. A. m. VII. eux-mèmes composent cet homme,
DIVINE SAGESSE (la) est celle qui p..rce que c'est un homme spirituel
~st appelée divine providence, et qui est constitué, non par les per-
qui est aussi appelée divin ordre. D. sonnes, mais par les usages qu'elles
50 IX. La diville sagesse dans les font, D. A. XIII.
cieux apparalt comme lumière de- EIIBRYON (1') est formé et vivifi~
vant les yeux des anges, b. S. 1. par la coopération de l'amour et dll
DIVINS VRAIS (les) sont ceux qui la sagesse, D. S. lU, 5. La formation
sont appelés lois de la divine provi- de l'em~ryon et de l'homme-enfan\
dence et aussi lois du divin ordre, dans l'utérus est Il l'instar de la créa,
D. S. IX. tion, D. S. H. Dans l'embrYOn avan~
DOMESTIQUE (le) aime le prochain l'enfantement il y ala vie, mais l'elJ,l~
s'II agit par fidélité, D. A. xm, bryon n'en a pas conscience, D. S.
Quels sont les usages domestiques III, 6. La vie dontl'embryonvi~ dau~
qui appartiennent Il la charité, D. l'utérus n'est 'pas Il lui, mai~ elle ap-
S. Xl, 5. l'artient ail Seigneur seul, qui se4l
DROITE. j)ans le corps humain estla vie, D. S.'III, 6. Dans l'embmll!
to11t ce qui est Il la partie droite se le cœur seul bat, et le foie bondit;
réfère au bien de l'jlmour, D. S. Ill, le cœur, pour ,1;1 çircul~tioJl du ~ilng,
3,4. Dans la parole, l,a droite siglli- et le foie, pour la récepti0 ll de la
fie le bien de l'amour, D. S. lll, 3. nourriture; le mouv~mellt des a\l-
EAUX (les) sont seulement des Ires viSCères en procède; c'est ce
moyens pour la génération et la mouvement ql\~, ilprès le milieu de
production dans le règne é\nimal e~ la gestation, est senti COrnQle pul..,.
dans le règne végétal, D. A. VIlI. salif, D. S. III,5.
ÉCRITURE (l') des anges, bien que ENFAIITEHENT. Chez l'holpme,
semblable quant aux lettres Il l'écri- après l'enfantement, la volonté de-
ture des hommes, ne peut cepen- vient le réceptacle de l'amour, et
dan~ être comprise par aucun hom- 'l'entendem.en~ le réceptac,le ~e lil
JIle du monde, D. S. VII, 5. sagesse, D. S. V.
EFFET (l') consiste Il faire et aussi ENFER (l') a é!é d~~ingué en so-
Il enseigner, mais l'un appartient Il ciétés ~uivant les gel)res et les es-
l'amour et l'a~tre Il la s~gesse; et pèces d'affeclions, D. A. IX. Dans
i2h
l'enfer chacun !lst contraint à des ÉTHER. Voir AnIOSPHÈRE. ,
travaux, D. A. VII. ÊTRE (l') et l'exister ne peuvent
ENTENDEMEl'iT (l') est le récepta­ être séparés; l'être n'est pas quel­
cle de la lumière du ciel, D. A. 1. que chose s'il n'existe pas, et il de­
L'entendement est la vue de la pen­ vient quelque chose par l'exister,
sée, D. S. V. L'entendement voit par D. A. XIX.
l'œil et meut aussi l'œil; il le fixe EXHALAISON venteuse, D. S. X, 3.
vers les objets et y étend sa péné­ EXISTER. Voir ÊTRE.
tration, D. S. n. Il entend par les EXTENSION. Dans le monde spiri­
oreilles, et \.es fixe aussi; il les tuel il y a une extension de ,toutes
dresse et les tend vers les sons, D. les pensées et de toutes les alfec­
S. II.- Voir VOLONTÉ .ET ENTEN­ tions, D. A. XII.
DE)IENT. EXTÉRIEURS. Les mêmes choses
ÉPIGLOTTE, D. A. V. - D. S. Vt qui sont extérieures dans l'ordre si­
ÉRUDITS sages et érudits insen­ multané sont inférieures dans l'or­
sés, D. s. 1. dre successif, D. S, Hl, 4.
ESPRIT (l') de l'homme est égale­ EXTERNll. Où est l'externe, là
ment homme, D. S. VII, 1. TI a éga­ aussi doit être !'intèrne, D. S. VII,
lement un cœur et un poumon; 3. L'externe dOnne le commun, et
confirmé par l'expérience et d'après l'interne ponne le singulier, D. S.
la raison, D. S. VII, 1. L'esprit de VII, 3. '
l'homme n'est absolument qu'alfec­ EXTmE, D. S. VII, 2.
tion, D. A. IX. Lorsque le Hen en­ ous. In lime sc dit de ce qui est le plu. en
tre le corps et l'esprit de l'homme dedans; par opposÜion il'! II~Extimc, ce qui
est rompu, l'esprit est dans la sem­ est le plus en dehors.
blable formë dans laquelle était EXTRbIE. Dans un composé quel­
l'homme précédemment, D. S. VII, conque l'extrême est le commun de
2. JI Ya seulement séparation de la tous les composants, D. A. XI.
substance spirituelle d'avec la sub­ }<'ACE(I~} fa il un aveclesalfections
stance naturelle, D. S. vil, 2. Tout du mental, D. S. [J.,
esprit dans Ilis cieux est homme, D. FACULTÉS. Chez l"hom'me' il y a
S. VI. Les esprits sont JlOmmes et deux facu \lés de la vie, la volonté
vivent entré eilx co"ilime les hom­ et l'entendement, D. S. V.
mes dans le monde, D. S. xn, 2. Ils FAINÉANT (aucun) n'est toléré
sont absolument au~dessus dé la na­ dans le cièl, D. A. XII.
ture, tandis que les hommes sont FUIILLES. Dans le ciel les socié­
au dedans de la nature, D. S. XIT, tés sont distingUées en familles et
2. Dans la Parole" l'esprit signifie la les familles en maisons, D. A. X.
sagesse, D. S. VI.. FAUX, D. S. XI, 3 (bis), 5 (bis).
ESPRIT SAINT. Pal' l'esprit sain t, Ous. Il e.t dit (aux au pluriel, quoique don.
-Jean, XX. 22, - il est entendu celte accoption le mot (aux pris sub.tootive·
ment n'ait pas de pluriel; mai, l'Auteur cm ...
la divine sagesse qui enseigne et p)or"nt les deux expressions (aba et (al.ila­
illustre l'homme, D. S. VI. le., la première a été traduite par le. (aux,
ESTOMAC, D. S. VI. et lu seconde par le. (aù..el'" Il rlut distin­
guer eoLre les fllul. ct les faussetés comme
l~TENDUE (J') de l'espace et du entre l'antérieur et le postérieur; l'antérieur
temps a été créée avec 'la nature, est plu! universel que le postérieur; - voir
D. S. XII, 3; R. C. 21.--': On l'eut o"..i consiMrer le! (au",
125
tomme princil,es, el les (o.u'''Ii' comme dé­ FONCTIONNAIRE. Commentlefonc­
ri'f&lion••
tionnaire peut faire des usages au
FEMME (la) est née pour être vo­ prochain, D. S. xr, 4.
lonté, et par suite affection prove­ FOR}IUIONS (les) de l'amour d'a­
nant de l'amour, D. S. III, 3. près la volonté dans l'entendement
FEU (le) de l'autel représentait le sont d'abord des affections, ensuite
saint de l'amour du Seigneur, D. A. des perceptions, et enfin des pen­
XX. Dan~ la Parole, le feu signifie sées, D. S. X, 5.
l'amour, D. A. XX. FORME (la) de l'amour est la fDrme
FIBRES (origine des), D. S. II. Fi­ de l'usage, D. A. IV. La forme du
bres mises en action pal' le cerveau, divin amour est la forme de l'usage
D. S. X, 4. dans tout le complexe, D. A. IV. La
FIN. Le divin amour et la divine forme de l'usage est infinie dans le
sagesse sont la fin des fins, D. S. II. Seigneur; si elle n'était pas infinie,
Dans toute chose il y a la fin, la il ne pourrait y avoir de forme finie
cause et l'effet, D. S. XI, L La fin en aucun homme, D. P.. V. Chaque
est ce d'où procède la chose, la chose, n'importe laquelle, est la
cause est ce par quoi elle est faite, forme de son usage, D. A. VIII.
et l'effet ce dans quoi elle est, D. S. Dans toute forme, tant natul'elle
XI, L La fin tend à faire ou veut que spirituelle, il y a des degrés
faire ce qu'etle aime, D. S. XI, L tant discrets que continus, D. A. XI;
La fin, la· cause etl'elfet sont aussi VOil' DEGRÉS. La forme organique
appelés cause finale, cause moyenne est dans la pal'tie r.omme dans la
et causatum, D. S. XI, 1. Les fins dés totalité, D. A. XIIi. Dans la forme
affections sont des ù'sages, D. A. le spirituel fait ln fin, l'usage la
IX. cause, et le naturel l'effet, D. S. H.
FLA~mE. Dans la Parole la f1am· Les formes qui son t les réceptacles
me signifie l'amour, D. A. XX; de l'am·our· et de la sagesse existent
FLEUR. Il n'y a rien dans la fleor en premier lieu ch'ez l'homme conçu
qui ne soit pour l'usage, D. A. VIII. et naissant dans l'ntérus; c·onfirmé
FLUXION, D. S. III,4. Fluxion en pal' l'expérience et par la raison,D.
gyres, D•. S. VI. S. II. Ces formes initiales ont leur
Fœtus! Quelle est la vie du fœtus origine dans les cerveaux, D. S. Il.
dans l'utérus, D. s. III, 5. De ces formes par le continu sont
FOI (la) n'est autre chose que la tirées et produites toutes les choses
vérité, Di S. XI, 1(bis). Les anciens du corps depuis la tête jusqu'aux
appelaient foi ce qu'ils avaient pu, plantes des pieds; confirmé par
par quelque lumière dans la pensée, l'expérience et par la raison, D. S.
reconnalll'è être vrai, D. S. XI, t II. Forme animale; forme végétale;
(bis). Voir CHARITt ET FOI. comment elles ont été créées, D. A.
FOIE. Dans l'embryon le foie bon­ xxr. Toutes les choses du monde
dit pour la réception de la nour­ tendent à la forme humaine, D. S.
riture, D. S. III, 5. VIII.
FONCTION. Chez l'homme chaque FRUIT (le),-Jenn, XV. 5,-c'est
partie et chaque particule a une l'usage, D. S. XI, 7. Les fruits sont
fonction dans le commun, D.. A. les biens de la charité, et les biens
V. 1 de la charité ne sont autre ch<ise
126
que les biens moraU~, D. S. X.I, 5 poussière, même le plus petit, qui
(bis). ne soit pour l'usage, D. A. VIII.
GARDER les préceptes, les paro­ GYRE. Fluxion en gyres, D. S. VI.
les, les commandements du Sei­ HABITACLE dQ seigneur chel
gneur, c'est faire les biens de la l'homme, D. S. m, 4. IV.
chill'ilé qui sonl des usages au pro- HAINE (la) porte en ell~-même la
c~ain, D. S. XI, 3. mort, D. S. Xl, 5 (bis).
GAUCHE. Dans le corps tout Ce HARMONIE, D. A. V.
qui est à la partie gauche se réfère HAUT. Dans la Parole, III hjlut si.
au vrai de la sages$e, D. S. m, 3, gnifie l'interne, D. S. Ill, 4. Le Sei·
4. Dans la Parole la gauche siguifie gneur est appelé le Très-Haut,
le vrai de la sagesse" D. S. Ill, 3. parce qu'il est dans les intimes, D.
GÉNÉRATION de l'homme. Com­ S, III, 4.
ment elle a lieu, D. S. Il. HÉMISPHhES du cervejlu, D. S.
GÉNIE DE L'ÉI.\UDlTION(le), lequel IlI,3, 4.
est le faste, peut confirmer tou~ HERBE. II n'y a riel! dansl'h~rbe
faUI, au point qu'il appal'alt à lui- qui ne soil pour l'usage, D. A. VIII,
même et aux autres comme vrai, D. HÉRÉSIES dans J'églis~ i d'où elle~
S. Xl, 2 (bis). viennent, D. S. X.l, 2 (bis).
GENRE HUHAIN. Devant le Sel­ HO&IME (1') est seule!llept un ré­
goeur, tout le genre h'umain est cipienl de la vie, D. A. Il; mais i,l
comme un seul homme, D. A. VI, n'est pas la vie, D. },... XIX. Il a été
X. La procréation du genre humain créé pour qu'il soit la ressembli:lDce
ne peut avoir lieu que dans les der- el l'image du seigneur, ressemblan­
Diers, où eslle plein, D. S. XII, 5. ce par l'amour, et image par la sa­
Le genre humain est la pépinière du gesse, D. S. II.Il est né pour être
ciel, D. S. VIll, 6. XIII, 5. entendement et par suite sagesse,
GESTATION. D'où vient le mou­ D. S. III, 3. L'homme n'est absolu­
vernent qui, après le milieu de la ment qu'une affection, D. A. XVI.
gestation, esl senli com!De pulsatif? Il est le complexe de tous les usa­
D, S. III, 5. 1ges, quels qu'ils soient, tant dans le
GL.~DES ~rlicales et cendrées, monde purement spirituel que daniil
D. s. II. le monde naturel, D. A. V. Chaque
GLOBULEl! ou petites sphères con· homme est esprit quant à ~s inté­
tiguès dans le cerveau; leur ~m~ rieurs, D. S. VU, f.' Dans tout hom­
position, D. s.m,4. V9ir SPHÈRES. me il ya les trois degrés de la vie;
GLOTTE, D. A. V. C'est l'ouver­ le degré infime est nat,urel, dans ce
lure pour le son, D. S. X, 5. La degré est l'homme dans le mond,e i
gloUe correspond ~ l'entendelDent, le second degré est spirituel, dans
D. S. X, 5. ' ce degré est 101!~ ange dans les
GOUVERNEJ(ENT universeldu cœur cieux inférieurs; le lrpisième degré
et du poumon daQslecQrpsiJumain, est céleste, en lui est tout ange !lans
D. S. VL les cieux supérieurs; et l'homme
GOUVERNEUR,. COmmen~ le gQU­ est ange sel!>n que chez lui dans le
verneur peUL faÎl'e des usages aQ. /lIonde les de\lx degrés supérieurs
prochain, D. S. Xl, 4. sont ou\'erts par la sagesse procé­
GRAIN. Il n'y a pas uu grail\ de 1 dant du Seigneur el 'pal' l'amour
12i
envei's lui, D.S. Vin, i. Autant D. S. Il. L'infiul dU royaume cé­
l'homme est dans l'amour de l'u­ leste dans le royaume spirituel est
sage, autant il est dans le Seigneur, semblable à l'influx du cœur dans
D. A. XIII. L'homme spirituel est le poumon chez l'liomme, D. S.
aussi homme moral et homme civil, VU, 2.
D. S. Xl, 5 (bis). INNOCENCE. Le d'il'in amour et la
IDÉE (e) spirituellé est sans l'idée divine sagesse sontl'iilnocence mè­
de la personne, comme elle est sans me, D. S. fIl, t.. Tant que l'homme
l'idée dé la matière, de l'espace et est dans l'utérus de la mèl'e, il est
du temps, D. A. XlII. Dans l'idée dans l'innocence, D. S. Ul, 1. Le
spirituelle, l'homme n'est pas une seigneur n'habite chez l'homme
personne, mais il est un usage, D. que dans son innocence, D. S.UI, i.
A. XlII. A la pensée apparliennent INTENTION$. Aux affections ap­
les idées, D. S. X, 7. Les Idées de partiennent J'Cs intentions, Th 5.
la pensée ont une correspondance X,7'. _
avec les mots, ·D. S. X, 5.- Idée INTERCos'TAt (grand), D. A. V.
angélique sur la création de l'u'ni­ INTÉRIEURS. Les mêmes choses
vers par le Seigneur, pag. H~. qui sOnt intérieures dans l'ordre si­
ILLUSTRATION, D. S. xr, 2 (bis). multané sont supèri~ures dans l'or­
Oal. Enlre l'ilIullralion el l'illuminalion, dre successif, D. S. Hl, 4.
molS qui elprimenl l'aclion d'éclairer, il ! a
la mème diaérence qu'enlre lumière el lueur.
JtHOVAH ou le seigneur, dans la
Illuslralion ell un dé,... de LU., lumière; et Parole, est appelé Créateur, Forma­
ilIuminalion ell un dériYé de LU".", lueur; " teur el facteur; pourquoi? D. S.
)oit pour elemple , LlIJDiète dll lolell; lueur III, i.
de la lune.
JUGE (le) aime le prochain, s'il
INCRÉÉ (l'), è'estle divin même" remplit ses fonctions par zèle pour
en soi, D. A. Il. la justice, D. A. xm.
l'NFÉRlllURS. Les mêmes chose~ JUGULAIRE (veine), D. A. V.
qui sont inférieures dans l'ordre LACHE (le) n'est pas admis dans
successif sont extérieures dans l'or­ le ciel, mais il est rejeté, soit dans
dre simultané, D. S. Ill, 4. l'enfer, soit dans un désert, où il vit
INFIME. Le naturel est l'infime de dans le manque de tout et dans la
la vie de l'homme, D. S. lU, 4. misère, D. S. XI, 4.
Oal. Infime le dil de ce qui eslle plus bas,
. par opposilion à Suprime. ce qui esl le plus LANGAGE (le) fait un avec la pen­
baut. sée, D. S. If. Le langage des mots
INFINI (l'), c'est le divin même en appartient à la pensée, et le son du
soi, D. A. lI. li n'y a pas de rapport langage appartient à l'affection, D.
entre le fini et l'Infini, D. S. XIf,4. A. xvr. De même qu'il n'y a pas de
INl'LUX. Tout Influx divin va des
langage sans un son, de même il n'y
premiers dans les derniers, et, pal'
a pas de pensée sans une affection,
connexion avec les demiers, dans
D. A. XVI. Le langage est seulement
les moyens, D. S. VfIl, 2. L'influx
l'articulation du son, D. A. XVI. Le'
spirituel va des formes premières
langage est tel qu'est la sagesse de
dans les formes secondes, D. S. n.
l'entendement, D. S. X, 5. Confor­
L'influx naturel, qui est appelé aussi
mité du langage ordinaire avec cer­
inaux physique, va des formes se­
taines correspondances, D. S. vr.
condes dans les formes premières,
Le langage des anges diffère telle­
128
ment du langage des hommes, qu'ils par d'autres, D. S. I. A la percep­
ne se ressemblent pas en un seul tiOll appartiennent les lumières, D.
mot, D. S. VII, 5. .5. X, 7. Le Seigneur est appelé Lu­
LANGUE(la) correspond à l'enten­ mièrej pourquoi? D. S. XI, 2 (bis).
dement, D. S. X. Elle cOl'respond à MAGISTRAT. Comment le magis­
la sagesse, D. S. x, 4. La langue trat peut faire des usages au pro­
parle, non par elle-même, mais d'a­ chain, D. S. XI, 4.
près la pensée de l'entendement, MAISONS. Dans le ciel les sociétés
D. S. II. sont distinguées en familles, et les
LARYNX, D. A. V. - D. S. VI. ·Le familles en maisons, D. A. X.
larynx correspond à l'entendement, MNIGHAND. Comment le mar­
D. S. X. C'est la tête du canal ap,.. c~ant.l peut faire des usages au pro­
pelé l).achée-artère, D. S. X, 5. chaitl, D. S. XI, 4.
LIBRE (le) dans lequel sonl tenus M~RJ~GE de l'amour el de la sa­
les hommes vient du Seigneur, D. gesse, 0,. S. VI.
S. XII, 4. Libre céleste, D. S. VII, MA.'dRIEL. Le corps malériel de
2. l'homme est repoussé par le corps
Oos. Il Caut distinguer entre l' L&. et If' spirituel, aussitôt que le poumon et
Liberlecomme entre l'~nt~riellr et le posté­ le cœur du corps cessent leurs
rieur; l'Intérieur est plus universel que le pos­
térieur; - roir n; C. N~ 21. _ On peut aussi mouvements, D. S. VII, 5.
considérer ,. Libre comme principe, et 1" .Li­ MATIÈRES (les) de la terre sont
ber/. comme dérivation. seulement des moyens pour la gé~
LIGAMENTS, D. S. V,I. X, 4. nératio.n et la production dans le
LOBES des bronches, D. S. X, 3. règne animal et 4ans le règne végé­
Lobes du pOilmon, D. S. X,5. tal, D. A. VIII.
LOBULES, .1;). A. V. ·M,\ux {les) et les faux sont le.dia~
LOCOMO'~IO!'l(usagesde ,la), D. S. ble et l'enfer, D. S. XI,·3 (bis).
X, 7. MÉDIUM. Entre le spirituel et le
LOI universelledes,correspondan­ matériel il y a un médium qui vien;t
ces, D. S. II..Une loi de Cordre di­ des intimes de la nalure, D..S. vru,
vin, c~est que,toute,chose re"ienne 4. Par ce médium, l~aDge ou l'es:­
des derniers au premier d'où .elle prit a le relatif aux,ohoses qui sont
elle procède, D. s. vnr, 2. La loi dans la nature, .et .aussi le corres.,.
des causes, c'est que Iii fin .soil le p~nd.ant à ces cho.ses, D. S. VIII, 4.
tout dans la cause, ,et pal' .suite le Pal' ce médium le'8 esprits et le~
tout dans l'effet, D.·S. XI, 1. Les j anges.jlcu,Xent ê\re .i\djoinls et con­
lois civiles sont les usages.eux-mê- joillts au ge.l]re ,tlumaln, D. S. VIU,
mes en acte, usages qui sont appe- 5. Qy il Y a cqnjonclion, il doit
lés exercices, œuvres,et fait~, D. S. aus~i y avoir ,U!! médium, D. S.
XI, 5 (bis). VIIf, p.
LWlIimE (la) correspond à la sa- Mt.oULLAIR.E (Bubstance) du cer­
gesse, D. S. 1. La lumièl'e spil'itllelle veau et du cervelet, D. S. V.
est pour ceux .qui aiment à com-M.E~I~RE~ Gles) du corps huma,iQ
prendre si ce qu:un ·autre dit est c()rre~p'!Jndent aux provinces du
vrai, tandis que la lumière njl,tu­ cie. 1, el les contextes de chaque
l'elle est pour ceux qui aiment seu­ membre correspondent aux sociélés
lement confirmer ce qui a été dit du ciel, D. A. X.
12~

~IÉMOIRf;. L'existence et la per­ MIN~RAL. Tout le rilgne minerai


manence des pensées et des alTec­ est plein d'usages, D. A. vm.
tions constituent la mémoire, D. MINISTRE. Comment le ministre
S. V. peut faire des usages au prochai(l,
l\IÉNINGE, D. S. Ill, !J. D. S. XIIf, !J.
MEIITAI.. De quoi se compose le MOELLE iPINIÈRE, D. S. Il. V.
men laI humain, D. S. V. Les inté­ ~IONDE. Toutes les choses du
rieurs de l'homme, qui appartien­ monde tendent il la forme humaine,
nent à son mental, ont été distin­ D. S. VIIl. Dans le monde spirituel
gués entre eux par les degrtls dis­ il y a des objets tout il fait sembla­
cl'ets, D. A. X(, Le mental de l'hom­ bles il ceux qui sont dans le monde
me, dans chacune de ses choses, naturel, n. S. VII,5.
s'étend dans tout ce qui appartient MORAL. Voir SPIRITUEL.
à son corps, D. A. XII[. I,e mental MORT. Cc que c'est que la mort
de l'homme est son monde spiri­ de l'homme,et comment elle Il lieu,
tuel, ct son corps est son monde D. S. VII, !J. La séparation de l'es­
nalurel, D.S.XII,3. Le mental spi­ prit d'avec le corps se fait ordinai­
ritnel s'ouvre ponl' l'homme, quand rement le second jour après la der­
l'homme a une vie conforme aux nière agonie, D. S. Vil,!!. Vhom­
vrais, vie qui est la char'ité, D. S. me est lIIort quand le cœur cesse
XI, 7 (his). Il y a dans l'homme uo de battre, mais non qnand seule­
mental angéliqne, D. s. VIU, 1. Ce ment la respiration cesse, p. S.
mental est l'homme lui-même, le VII, !!.
corps dont ce mental dans le monde MOUVEMENT. Il ne peut pas exis­
est revêtu et enveloppé n'est pas ter de mouvement sans la coopéra­
en soi l'homme, D. S. V11I, 1. lion de la volonté et de l'entende­
Oos. Le Mental (Itfens) se COm(J05C dcsdeuJ: 1 ment, D. S. X, 4. Les mouvements
facultés qui fi.nt que l'homme est homme, à naturels de l'homme doivent cor­
savoir, la volonté et l'cntentlemcDt. Il y 8 un respondre aux activités de son es­
mental na~urel et un mental spiriLuel, parce
quc che7. l'homme il y a volonl6 natllrc1te et
prit, D. S. VI. Mouvement cardiaque
volonté spidtuclle~ entendement naturel ct .et mouvement pulmonaire, D. S. Vi;
entendement spirituel. Le mental spirituel mouv~l1Jent systolique et mouve­
est l'homme interne; il envc}ol)[le l'homQ1c ment respiratoire, D. S. VII,!!. Dans
intime on l'Ame (Anima), et il est enveloppé
par le mental uaturel ; ceilli-ci, ftvec une sorte les mouvements le sang tient le pre­
de men lai lilus exlcrnc ou extérieur, aflpclé mier rang, et la respil'ation du pou­
l'Ânimus, lequel cst formé par deg a1feclions illOn le second, D. S. X, (,.
ct des inclinations cxterncs rcsultant pl'Înci­
r.IUSCLES, D. A. V.- D. S. Il. VI.
palenlent de l'éducation, dc la société eL de
I"habitude, est l'homme externe. Le tout. or­ X, !!. - Les muscles ne se meuvent
ganisé en parfaite forme bnm3ine~ est appelé pas pal' en x-mêmes, mais la volonté
[~~t'rit (Spiritu.s). L'Esprit, dans notr.e D'lQnde, d'accord avec l'entendement les
est envcloppo d'un corps terrestre, qui le rend
in\'isiblc j mais, dégagé de cc corps par la Illort
ment et les fait agir comme il lui
naturelle~ il c'ntrc daR$ le monde spirituel, plall, D. S. Il.
olt son corps spiritucl est parfaitement visible ~I USIQUE, D. A. V.
et tactile, NARIIiES (les) signifient la pel'­
i\'lICr.OCOS~IE. Les anciens ont ap­ ception, D. S. VI. X, 6.
pelé l'homme microcosme; pour­ NATION (chaque) appuralt devant
quoi? D. S. Xfll, 3. le Seigneur comme un seul homme,
10.
130
mais selon les usages de cette na­ jusqu'aux derniers, ct là elle crée
tion, D. A. VI. ' et opère, D. S. VIII, 2.
NATUREL. Il n'y a pas de rapport OPÉRER dans les choses inférieu­
entre le naturel et le spiriluel, mais l'es, c'est selon l'ordre; mais opérer
il ya conjonction par les correspon­ dans les choses supérieures, c'est
dances, D. S. XII, 4. Le naturel et contre l'ol'dre, D. S. XII, 3.
h~ spirituel diffèrent comme l'ombre . OPULENCE. Elle est dangereuse
et la lumière, D. S. VII, 5. Les na­ pOUl~ certains hommes, et elle ne
türels chez l'homme sont toutes les l'est pas pour d'autres, D. A. VI.
choses qui appartiennent à son ORDRE successif, ordre simulta­
corps, D. S. II. Les naturels ont né, D. S. III, 4. Dans l'ordre suc­
existé par les spirituels, et ils exis­ cessif sont les supérieurs et les in­
lent perpétuellement, c'est-à-dire, férieurs, mais dans l'ordre simul­
subsistent par eux, D. S. II. Natu­ tané sont les intérieurs et les exté­
reIs intérieurs, naturels ext~rieurs; rieurs, D. S. III, Il. Les mêmes
qui sont ceux-là, et qui sont ceux- choses qui sont in térieures dans
Ci, D. S. XII. l'ordre simultané, sont supérieures
NÉGOCIANTS, D. A. VI. dans l'ordre successif, et celles qui
NERFS. D'où sortent et procèdent sont extérieures dans l'ordre simul­
les nerfs, D. S. n. Nerfs sympathi­ lané sont inférieures dans l'ordre
ques du grand interc.ostal, D. A. V. successif, D. S. III, 4. Toutes les
NIER le seigneur, c'est le tuer et choses qui sont dans l'ordre simul­
le crucifier chez soi, D. S. XI, 5(bis,) tané sont dans une connexion con­
NUTRITION. Quelle est chez les tinuelle avec toutes celles qui sonl
bons et chez les méchants la nutri­ dans l'ordre successif, D. S. VI.II, 2.
tian du sang dans le poumon, D. S. OREILLE (l') entend, non pal' elle-
X,6. même, mais pal' le continu d'après
OBJETS (les) ou fins des affections l'entendement, D. S. II.
sont les usages, D. A. IX. OREILLETTE, D. S. VI. Oreillette
ODEUR (toute) dans le monde.spi­ droite, D. S. X, 1, 2. Oreillette gau­
rituel correspond à la perception che, D. S. X, 2.
qui vient de l'affection de l'ao:lOur ORGANES (les) du corps humain
de chacun, D. S. X, 6. correspondent aux provinces du
ODORAT (1') correspond à la per­ . ciel, et les contextes de chaque 01'­
ception, D. S. X, !J. gane cOl'I'espondenl aux socU::tés du
OEIL (l') voit, non par lui-même, ciel, D. A. X. Organes des sens::
mais par le continu d'après l'enten­ organes moLeurs, D. S. II. Tous les
dement, D. S. II. organes des sens conespondent à
OESOPHAGE, D. A. V. - D. S. VI. des choses analogues qui appartien­
OEUVRES. En quoi consistent les nent à l'entendement, D. S. X, 4.
œuvres de la charité, qui sont les L'organe de la vue cOl'I'espond il
hiens de la charité, D. S. XI, 4. l'intelliçence, D. S. X, !J. L'organe
OISIF. Aucun oisif n'est toléré de l'odorat correspond il la percer­
dans le ciel, D. A. XII. . tion, D. S. X, 4.
OISIVETÉ (l') est l'ol'eiller du dia­ OR·IGINE. Il ya deux origines de
hIe, D. S. XI, 4. tous les amours et de tauLes les al'­
OPÉRATION DIVINE (tonte) s'étend, fecLions, D. A. XIV. L'ol'igi~e spi­
131
rituelle est la vie d'après le Sei­ XVI. La pensée parle par la langue,
gneur, D. S. XII, 5. et elle varie les sons et élève leurs
OS DE L'ÉPIGLOTTE, D. A. V. modes à volonté, D. S. II. La vue de
OUVRIER (l') aime le prochain, si la pensée est l'entendement, D. s.
dans son travail il agit par droiture, V. Toute pensée appartient à l'en­
D. A. XIII. tendement, et tout langage appal'·
PAiTRE les agne.aux elles brebis, tienl à la pensée, D. S. VI. Les pen­
- Jean, XXI. 15 à 17, - ce sont sées des spirituels sont absolument
les usages ou les biens de la charité autres que les pensées des natlll'els;
chez ceux qui prêchenll'évangile et pareillemen t les affections, D. S.
aiment le Seigneur, D. S. XI, 3. VII, 5. Il Ya en l'homme une pen­
PAIX. Le divin amour et la divine sée externe, el il y a en lui une penl
sagesse sont la paix même, D. S. sée interne, D. A. XV. En quellès
III, 1­ circonstances l'homme est dans la
PARALLÉLISME entre le cœur et pensée ex terne, et en quelles cir­
le poumon d'une part, et la volonté constances il est dans la pensée in­
et ['entendement d'autre part, D. terne; D. A. XV. Voi1' AFFECTION
S. X. X, 1, 2. ET PENSÉE.
PARESSEUX (le) n'est pas admis PENSER. L'homme ne peut penser
dans le ciel, mais il est rejeté, soit sans qu'il y ait concours et accord
dans l'enfer, soit dans un désert, où du souille pulmonaire; exemples,
il vit dans le manque de tout et dans D. S. VI.
la misère, D. S. XI, 4. Aucun pa­ PÉPINIÈRE. Le gem'c humain est
resseux n'est toléré dans le ciel, D. la pépinière du ciel, D. S. VIII, 6.
A. XII. XHI,5.
PAROLE (la) enseigne le chemin PERFECTION (toule) devient plus
que l'homme doit suivre pour venir grande vers les intérieurs, D. A.
en conjonction avec le Seigneur, D. XlIl.
S. IX. Le Seigneur est appelé Pa­ PÉRICARDE, D. S. X, 1­
l'ole; pourquoi? D. S. XI, 2 (bis). PÉRIPHÉRIES. Voir CENTRE.
PENSÉE. L'amour échauffe, vivifie ·PÉRITOINE, D. S. VI. X, 4.
et anime la pensée, D. A. 1. La pen­ PITUITES visqueuses, D. A. V. Hu­
sée existe d'après l'affection, comme meur pituiteuse, D. S. X, 3.
la chose formée exisle d'après celle PLANTE. Il n'y a rien dans la
qui l'a formée, D. A. XVI. Si l'on plante qui ne soit pour l'usage, D.
perçoit la pensée et non l'affection, A. VlII.
c'est parce que l'on perçoit la chose PLEXUS sanguips, D. S. X, 3.
formée et non celle qui forme, de POITRINE, D. S. VI.
même que l'on perçoit Je corps par l'ORE, D. A. V.
les sens et non l'âme, D. A. XVI. POULS (le) du cœur varie selon'
Toutes les choses de la pensée vien­ les affections; exemples, D. ·S. VI.
nent de l'affection et sont selon l'af­ POUMoN. Voir CœUR. Les ·pou­
fection, D. A. XVI. Le tout de la mons correspondent à la vie de
pensée est l'affection, D. A. XVI. Il l'entendement, D. S. lU, 5. Usages
ne peut pas y avoil' de pensée sans des poumons, D. A. V. Les poumons
une affection, de même qu'il n'y a consocient la vie motrice volontaire,
pas de langage sans un son, D. A. qui est dirigée pal' le cerveau, avec
132
la vie motrice naturelle,qui.est sous 1 main ne peut avoir lieu que dans les
le gouverncment du ccrvelet, D. A. dernicr's, où est le plein, D. S. XIll.
V. Usages de la procréation, D. S. X, 7.
POUSSIN dans l'œuf, D. A. XXI. PRODUCTION (toute) a lieu pal' les
D. S. Il. degrés discrets, D. A. Xl.
PREMIER (le) de l'animal et du vé- P Po 0 VIN CES. Tout le ciel a été
gélal est naturel et rtjtombe dans la comme divisé en provinces, selon
nature, après qu'il s'est élevé; au les usages de tous les membres, de
contrairc, le premiel' de l'homme "tous les organes et de tous les vis­
est spirituel, semblable à son àmf.', cères du corps humain, D. A. VU.
pouvant reeevoir le divin amour et Toutes les sociétés qui sont dans ces
la divine sagesse, D. S. VIII, 2. TOllt provinces corrf.'spondent absolu­
dans le règne animal, comme tout ment aux usages de ces membres,
dans le règne végétal, s'élève du de ces organes et de ces viscères
prcmier au dernier, et du dernier dans l'homme, D. A. VIf.
revient \\11 premier d'où il pl'Ocède, IIÉCEPTACLES. H a été créé chez
D. S. VUl, 2. Le Seigneur gouvf.'rne l'homme deux réceptacles, l'un
tout. l'univers, tant le riel que le pOUl'l'amour et l'autre pour la sa­
monde, pal' les premiers et en mê- gesse, D. S. II. Le réceptacle de
mé temps par les derniers, D. S. l'amour est ce qu'on appelle la \'0­
VIII, 2. I
lonté, et le réceptacle de la sagesse
PnÉsENcE (la) du Seigneur n'est ce qn'on appelle l'entendement, D.
pas comme la présence de l'homme, S. Il. Le Seigneur se conjoint à
qui l'emplit un espace, c'est une' l'homme dans ces deux réceptacies,
présence sans espace, D. A. III. dans l'un pal' l'amour, dans l'autre
PRtTR~. Comment le prêtre peut pal' la sagesse, D. S. Ill, 2. Ces pre­
faire des usages au pl'ochain, 1). S. mier's réceptacles, qui sont les com­
XI, 4. Le prêtre aime le prochain, mencements de l'homme, sont du
s'il enseigne et conduit sesauditeUl's père, mais la formation au complet
pal' zèle pOUl' leur salut, D. A. XW; est de la mère, D. 5. III, 2. l,es l'e-
PRIMITIf' (le) de l'homme, tel ceptacles chez l'homme sont distin·
qlI'il a été vu par Swedenborg, et gués en trois degrés, l'un au dedans
tel qu'il lui a été montré, D. S. Ill, de l'autre, et les deux degrés supe­
l,. V Oi7' SPUÈRES. "ieurs sont les habitacles du Sei-
PRINCII'lÉS, D. S. III, 2. gneur, mais non l'infime, D. S. HI,
PROCHAIN (Ie),dans le sens large, 4. Il Ya, non pas deux réceptacles
est Je commun oQ le public; dans pour la volon lé et l'entendement,
un sens moins large, c'est l'église, mais il yen a d'innombrables, et
la patrie, une société grande et une chacun d'eux est double et a aussi
société petite, et dans le sens strict, les trois degrés, D. S. V. Les chan­
c'est lé concitoyen, le compagnon gements d'état des réceptacles sont
et le frère, D. S. Xl, 2. Pal' aimer les affections, et les variations de
le prochain il est entendu faire des' leurs formes sont les pensées, D. S.
usages pour l'église, pour la patrie, V.
pour une société 'humaine et pour nKCIPROQUE. Cequec'esl; saus le
le concitoyen, D. S. :XILT. réciproque, l'homme serail comme
PltOCRÉATION (la) du genre hu- un automate, D, S. IV.
133
HÉCO)IPENSBII. Dnns le ciel chn­ gneur quant il l'amour, el image du
cun est re(:ompensé selon l'effica­ Seigneurquanl il la sagesse, D. 5. IV.
cité de l'usage, et en même tèmps flIGlJESSES, D. A. VI. Voir CO~I­
selon l'affection de l'usage, n. A. MERCE.
XII. f\IEN ne se fait de rien, D. S.
RÉCOtiCILIATlON. Usages ùe ré­ KIl,4.
conciliation, D. S. XI, 2. 'Ronum:. Le ciel ang~liquc est
HÉl'ORMATlON (In) cie l'hommc distingué en deux royanmes, l'un
est absolument scmblable il sa for­ qui est appelé céleste, et l'an Ire
maLion dans l'utérns, D. S. IV. qui est nppelé spirituel, D. S. VII,
RÉGÉNÉREr.. L'homme qui est ré­ 2. Le royaume céleste est dans l'a­
génér'é est comme de nouveau con­ mour envers le Seigneur, et le
çu, fOl'lllé, enfanté et élevé, D. S. royaume spiriluel est dans la sa­
IV, gesse d'après cel amour, D. S. Vtt,
ni;GNB. Tout dans le règne ani­ 2. L'influx du royaume célesle dans
mai, comme tout dans le règne vé­ le royaume spiriluel est semblable
gétai, s'élève du premier au der­ il l'influx du cœur dans le poumon
nier, et du dernicr rcvient au prc­ , chez l'homme, D. S. VII, 2.
miel' d'où il procède, D. S. VIII, 2. !\UDUIENT. Le premier l'udimenl
- Voir ANIMAL; VÉGt:TAL. de l'homme est la semence, D. S.
nÉmNlscENCE. La reprodnclion UI,2.
des affections et des pensées consLi­ SAGESSE. Dans son essence, la
tue la réminiscence, D. S. V. sagesse est le divin vrai, et la lu­
nÉSIPISCENCE. Usages de résipi­ mièl'e est son apparence et sa cor­
scence, D. S. XI, 2. respondance, D. S. J. La sagesse
nESPlRA~'IOi\" (la) est l'usage le dans ses très-singuliers est 'une lu­
plus commun des poumons; com­ mière divine lrès-blanche qui aveu­
ment elle se faiL, D. A. V. La respi­ gle, D. A. 1. - Voir A~lOun ET SA-"
ration est très-facile et très-douce Il GESSE.
ehez ceux qui ont de Dieu l'idée SANG. Dans le monde, le sang,
d'un homme, et dans la chrélienté au moyen de l'air, est nourri par
chez ceux qui ont du Seigneur l'i­ Il des semblables comme homogènes,
dée qu'il est le Dieu du ciel, D. S. et est purgé pal' des dissemblables
Vif, 2. Mais la respiration est diiIi­ comme hétérogènes; D. S. X, 6.
cile et dure chez ceux qUi nient la Dans les intimes, le sang humain
divinité du Seigneur, comme font 'est spirituel; dans les extimes, il est
les Sociniens et les Ariens, D. S. l corporel, D. S. X,6. Chez les hom­
1

VII,2. Tant que l'homme vil dans mes, la dissemblance du sang est
le monde, il a une double respira­ aussi grandc que la dissemblance
tion pulmonaire et un double pouls des amours, et est telle que celle
cardiaque, Il. S. VII, 3. La respira­ des amours, D. S. X, 6. Le sang
Lion qui se fnit pal' l'influx de l:air correspond il l'amour ellc cœur au
à travel's le larynx et la trachée réceptaclc de l'amour, D. S. X, 7.
dans les bronches du poumon cor­ Sang veineux et sang artériel, D. A.
respond il la vie de l'esprit, D. S. X. V.-O. S; X, 2.
[\ESSBMDLANGE. Commenll'Ilom­ SANGUINIF/CATION. Ses usages,
me devient ressemblance du Sei­ D. S. X, 7.
l3!!
SEIGNEUR (le) seul est l'amour l'homme ont été formés d'après l'u­
même, parce qu'il es'lla vie même, sage et pOlll' l'usage, D. A. V.
D. A. II. Le Seigneur est le seul qui SINUS, D. S. YI. Sinus gauche du
vive en soi, D. A. V. Le Seigneur cœur, D. S. X, 3.
lui-même, qui est le divin amour, Soc ll'; n:. Dans le monde spirituel
est Homme, D. S. VII, 1. Le Sei­ chaque société a une respiration
gneur est le soleil dans le ciel an­ particulière, qui est distincte de la
gélique, D. S. XlT, 1. Le seigneur respiration d'une autre société, ct
regarde les hommes du monde un pareillement un pouls du cœur .par­
à un d'après l'usage, et en masse ticulier et distinct, D. S. VII,2.
d'après les usages conjoints dans la SOCINIENS. La respiration est dif­
forme de l'homme, D. A. VI. Le Sei­ ficile et dYl'e chez ceux qui nient la
gneur se conjoint à l'homme dans divinité du Seigneur', comme fon 1
l'utél'Us de la mèl'e dès la première les Sociniens, D. S. VII, 2.
conception, et il le forme, D. s. IIr, SouaL (le) du monde spirituel
:1.. Le Seigneur est appelé le pre­ dans son être est Dieu, qui est le
mier et le dernier; pourquoi? D. S. Seigneur d'étel'llité, D. S. XII, 1. La
VIII, 2. Ce que c'est qu'aimer le chaleur procédant de ce soleil est
Seigneur, D. A. XIII. Ce que c'est l'amour, et la lumière procédant de
qU'être dans le seigneul', D. 11.. ce sol eil est la sagesse, D. S. XII,
XIll. 1. Le soleil du monde spirituel est
OSSo Dans tous le$ ecrits de r.\utcl1r, par ce d'après quoi toutes choses ont
)e Seigneur il est entendu le Saü'"eur du Mon­ été l'aites et créées, D. S. XII, 2.
de JiJsus-CBnuT,qui cslle seul ct unique Sci­ Le soleil du ciel est pur amour, et
goeur.
le soleil du monde est pur feu, D.
SEMENr.E. Dans la nature, rien A. XIV. Le soleil du ciel est celui
n'existe que d'après une semence, d'où procède le soleil du monde, el
'et ne croît que par la chaleur, D. les choses spil'ituelles son t celles
S. Ill, 2. La semence est le premier d'où procèdentlcs choses naturel­
rudimen t de l'bomme; elle est un les, D. S. XII, 3. Le soleil du mon­
double réceptacle de la vie, D. S. de est ce par quoi ont été crMes
Ill,2. seulement les choses qui sont au­
SENS. Il ne peuL pas exister de dessous du moyen, et qui en elles­
sens sans la coopération de la vo­ mêmes sont mortes, D. S. XII, 2.
lonté et de l'entendement, D, S. x. Le soleil du monde est seulement la
h. Dans les sens, le poumon lient le cause instrumentale de l'influx, tan~
premier rang, et le cœur le second, dis que le soleil du ciel en . est la
D. S. X, h. cause principale, D. S. XII, 5.
SENSATION: ses usages, D. S. X, 7. SON .(Ie) est le tout du langage,
SUIULTANÉ. Voir ORDRE. car le langage est seulement l'arti­
SINGULIER. c'est d'après les très- culation du son, D. A. XVI. Le son
singuliers qu'il est dit l'universel, est tel qu'est!'affection de l'amoUl',
comme c'est d'après les parties qu'il D. S. X, 5.
est dit le commun, D. A. 1. Où le SOUFFLE. L'homme ne peut penser
commun n'est pas, le singulier n'y sans qu'il y ait concours et accord
est pas non plus, D. S. VII, 3. Les du souffie pulmonaire.; exemples, D.
singuliers et les très-singuliers dans S. VI. Le soulIl}l du Seigneur SUI' les
135
disciples, - Jean, XX, 22, - signi- l'al par la charité, et le r.ivil par
fie l'intelligence qu'ils devaient re- l'exercice de la charité D. S•. XI. 5
cevoir, D. S. VI. (bis). Quand savoir et penser s~nt
SPHÈIIES. Le cerveau primitif de aussi ,'ouloÏl' et faire, le spirituel est
l'ho.mme, dans la partie convexe su- alors dans le moral et dans le civil,
pérJeure, est un assemblage de glo- D. S. XI, 5 (bis). Celui qui sépare le
bules ou de petites sphères conti- spirituel du moral et du civil n'est
guës j chacune de ces sphères est ni homme spÏl'ituel, ni homm'e mo­
composée de sphères semblables, l'al, ni homme civil, D"S. XI, 5(bis).
mais plus petites, et de nouveau SUBSTANCES (les) dans le monde
chacune de celles-ci est composée spirituel apparnissentcommesi el1es
de sphères enrore plus petites, D. étaient matérielles, mais elles ne le
S. I1I,!J. Dans chaque petite sphère sOl1l pasi et comme elles ne sont
il y a des tissures inexprimables, et pas matérielles, c'est pour cela
dans chacune d'elles la partie droite qu'elles ne sont pas constantes, D.
est le lit ou le réceptacle de l'amoul', S. VIII, 3. Elles sontles..conespon­
et la partie gauche le li t ou le ré- dances des affections des anges, et
ceptacle de la sagesse, D. S. III,!J. elles continuent d'exister avec les
SPIllITUEL (le) chez l'homme suit aITections ou avec les anges, et se
toute la chaIlle des viscères, desor- dissipent avec ces affections, D. S.
ganes ct des membres depuis les VIII, 3. Substances corticales et
extimesjusqu'aux intimes, D. S. VII, cendrées du cel'Veau, D. A. XIX. D.
2. Tout spirituel dans son essence s.n.
est homme, D. S. VIl, 1.. Les spiri- SUnSTANTIEL. Dans le monde spi­
tuels chez l'homme sont toutes les rituel, au lieu du naturel il yale
choses qui appartiennent à sa 1'0- substantiel, D. S. Il. Le substantiel
lontéet à son entendement, D. S. If. de l'esprit a été adjoint au malériel
Dans la formation de l'homme dans du corps avec tant de justesse et
l'utérus les spirituels se conjoignent d'union, qu'il n'y a pas une fibrille,
aux naturels, D. S. 1Il. Les spirituels une légère tl'ame, ou la plus petite
diffèrent entre eux j il Y n des spiri- toile, où l'humain de l'esprit ne soil
tuels sensuels, des spirituels ration- avec l'humain du corps, D. S. VII, !J.
nels et des spirituels célestes j il ya SUJETS (les) de l'amour sont les
aussi des spirituels mauvais et des usages, D. A. IV. tes snjets des af­
spirituels bons, D. S. VIf, 5. Spil'i- fections sont des usages, D. A. IX.
tuels intérieurs, spirituels ex te- SUPÉRIEURS. Les mêmes choses
rieurs; qui sont ceux-ci, et qui sont qui sont supérieures dans l'ordre
ceux-là, D. S. Xli. Il n'y a pas de successifsont intérieures dans 1'01'­
rapport entre le spirituel, dans le- dre simultané, D. S. III,!J.
quel sont les anges du dernier ciel, SUCCESSIF. Voir ÛllDRE.
ct Je céleste dans lequel sont les an- 1 SWEDENnORG, D. S. VII, i. VII,
ges dn eicl supérieur, Ulais il y a 3. VU, 5. XI, 5 (bis). XII, 1..
conjo'nction pal' les conespondan- SYSTOLES, D. S. IH, 5. VII, !J.
ces, D. S. XIf, li. Le spiriLuel est TEllRES SPlIlITUELLES, D; S. XH,
dans le moral et dans 1" civil, D. S. 5.
Xl, 5 (bis). Le spirituel existe par TESTICULES, D. S, Hf, 2.
la conjonction du Seigneur', le 1\10- TÊTE. Chez les embryons la [Ho
J3(j
cst plus grosse dans le commence­ a une idée de l'univel's, et d'après
ment, et de la tête est prujeté~ une cela une image de l'homme, D. A.
toile pour toutes les choses dans le XII. Chaque usage estreprésentatil'
corps, D. S. II. de tous les usages dans tou tle COl'PS,
TISSUS celluleux du poumon, n. D. A. xrr. L'usage COlllmun chez
S. X, 3. Tissus des oq,anes, D. S. l'homme, c'est-à-dire, le bien com­
X, !J. mun, regarde le très-singulier
TOUCHER (le) correspond à la comme soi-même en lui, et récipro­
perception dans le commun, D. S. qnement le lrès-singulier se regarde
X,!J. dans le commun, D. A. V. Par usa­
'fouTE-PnÉsENçE du Seigneur; ges sont entendus les us,lges de
d'où elle vient, D. S. VII, L COlll­ chaque fonction, qui appartiennent
ment elle peut être saisie, D. S. XII, au devoir, à l'étude el au travail de
3. celle fonction, D. A. VI. Il Y a des
TUNIQUE exlime appelée péricar­ genres et des espèces d'usages et
de, X, 1. Petites tuniques, X, !J. des diITérences d'espèces à l'infini,
TnA.cHÉE ou trachée-artère; c'est D. A. X. Les usages sont les sujets
re canal dans lequel se terminent des aITections, D. A. Xl. Considérés
les bronches du poumon, D. S. X, en eux-mêmes les usages sont im­
5. D. S. VI. Ses usages, D. A. V. La 1 matériels, mais les choses indispen­
trachéecorrespondà l'eutendemenl, sables pal' lesquelles les usages de­
D. S. X. viennent eITets sont matérielles, D.
UNION (1') du Seigneul' avec l'é­ S. III, 2. Les usages son t les eITets
glise est entendue dans Marc, ­ dans lesquels la fin existe, D. S. Xl,
X. 5, - par l'nnion de l'homme Il 1. Fnire les usages pour les usages,
avec la femme, D. S. III, 3. c'est aimel' les usages parce qu'ils
UNIVERS. Personne ne peut pen- sont des usages, D. A. VI. Ceux qui
sel' que l'univers soit d'éternité, ni aiment les usages de leurs offices,
(lll'i1 vienne de rien, D. S. XII, 2. parce que ce sont des usages, appa-
UNIVERSAUX. Il ya deux ulliver- raissent ensemble cOlllme un hOIll­
saux dans le règne animal, et deux me-ange, et ceux qui aiment les usa­
Ilnivel'saux dans le règne végétal, ges de leurs offices pour les seules
D. S. X. Voir ANIMAI.; VÉGÉTAI.. voluptés séparées d'avec les usages
UNIVEllSEL. Ce qui est nniversel apparaissent ensemble COJllme un
n'est pas perçu nutrement qlle 1 homme-diable, D. A. VI. Les Ilsa­
comllle un, D. A. 1. ges ne deviennent usages de la .cha­
USAGE (l') est l'amour (lans sa rilé que c.hez celui qui comoat con­
forme, D. A. IX. L'usage est l'en'et 1re les ma~x, D. S. XI, 6. Les usa­
et l'œuvre de l'affection, et est ges qui out pour première et dcr­
comme le champ ou le lieu de son. nière fin le bien propre ne sont pas
exercice, D. A. XVII. L'usage con­ des usages de la charité, D. S. XI,
siste a s'acquitter de son devoir et 8. usages communs qni sont anssi
il faire son travail dans les formes des usuges de la clwrité i exemples,
voulues, et aveC fidélité, sincérité D. S. Xl, 5. Usages domestiques qui
ct justice, D. S. XI, !J. Chaque appartiennent a la chnrilé, D. S.
pointd'unechosecrééeestun usage, XI, 5. Usages de la clHlrité externe,
D. IL VIII. Dans chaque nsage il y n. s. XI, 5. Usages des poumons, D.
137
A. V. Usages de la trachée, D. A. V. et celle vie est Dieu, D. s. III, 2.
UT~nus. Le Seigneur se conjoint La vie est l'amour et la sagesse;
ù l'homme dans l'uté/'us de la mère mais la vie même, qui est la vie de
dès la première conception, ct il le Ioules choses, est le divin amour et
forme, n. S. III, 1. la divine sagesse, D. s. XII, h. Le
VAGUS, D. A. V. divin amour est l'être de la vie, et
VAISSEAUX sanguins, D. S. Il. la divine sagesse en est l'exisler;
vaisseaux spermatiques, D. S. Ill, 2. l'un uni réciproquement à l'autre
VAI\lÉT~. Partout il y a variélé, est le Seigneur, D. S. XII, 6. La vie
et celle variélé est partont distin­ qui est le divin amour est dans une
guée en genres et en espèces, el les forme, D, A. III. La vie qui procède
genres et les espèces sont dislin­ du Seigneur est le complexe de tous
gués en dilTérences, et les dilTéren­ les usages à l'infini, D. A. V. La vie
ces sont en elIes-mèmes infinies, élernelle est à l'homme selon son
parce qu'elles pl'ocMent de l'infini, alTection :de l'usage, D. A. XVII. La
D. A. X. Les' variétés des affections vic de la volonté se conjoint à la vie
sonl infinies, el il y en a autant que de l'enlendement, D. S. X, 1. La vie
d'hommes qui sont nés et qui nal­ de l'homme est mauvaise et impure
tront à éternité, D. A. XVI. par nature, D. S. X, 3.- Voi/' Vo­
V,(GÉTAL. Tout le règne végélal LONTÉ ET ENTENDEMENT.
est plein d'usages, D. A, VII[. Il ya VISCÈRES du corps, D. A. V.-D.
dans le règne végétal deux univer­ S. H. VI. Les viscères du corps hu­
saux; dans l'un sont les arbres à main correspondent aux provinces
fruit, el dans l'autre les planles à àu dei, et les contextes de chaque
graines, D. A. X. viscère cOITespondent aux sociétés
VEINES, D. S. VI. Veine iugulài~ dllciel, D. A. X.
re, D. A. V. VOLONTÉ (la) est l'effort de l'a­
VENGEANCE (la) pOl'leen elle­ mour, D. A. XIX. La volonté est
même la mort, D. S. XI, 5 (bis). le réceptacle de l'amour dans un
V.:NT1UCULE, D. A. V. Ventricule pel'pétuel elTort d'agir, lequel elTol'l
gauche, D. S. X, 2. Ventricule est excité et délerminé en actes par
droit, D. S. X, 2. l'amour qui influe et est reçu, D. A.
VÉRITÉ (toute)estdans la lumièl'e, XIX. La volonté de l'homme est
D. S. XI, 2 (bis). La vérilé devient vé­ l'elTort vif dans l'homme, et elle
rité quand elIe est perçue et aimée, agit dans les del'Oiers pal' l'intermé­
et elle est appelée foi quand elle est diaire de o.~rcs et de nerfs, qui en
sue et pensée, D. S. XI, 2 (bis). La eux-mêmes ne sont que de perpé­
vérité devient charité quand l'hom­ tuels elTorts continués depuis les
me la veu t et la fail; il! ustré pm' des pl'incipes dans les cerveaux jus­
compal'aisons, D. S. Xl, 6 (bis). qu'aux derniers dans les l:Ol'porels,
VÉSICULES des lobules, D. A. V. oil les elTorts deviennent des actes,
Vésicules des hronches, D. S. X, 3. D. A. XIX. La volonté de l'homme
VESTALES, D. A. XX. est son alTection, D. A. XV ur. La
Vf:TE~IENTS (les), dans la Parole, volonté est le tout de l'homme, et
signifielllies vrais de la sagesse, D. elle est dans toutes les choses qui
S.I. le constituent, D. A. XVIII. La vo­
VIF:. Il n'y a qu'une vie unique, lonlé est l'homme même, D.,. A.
11.
'138
XVIII. La volon lé cl l'acte sont un, VI. Comment la volonté de compa­
D. A. XIX. gnie avec l'entendement peut pro­
VOLONT~ ET ENTENDEMENT. La duire les mouvements corporels, et
volonté et j'entendement sont deux comment l'entendement peut aussi
choses distinctes chez l'bomme, D. avec la volonté produire les sens
S. V. La volonté est le réceptacle de corporels, D. S. VII, 3. La volonté
l'amour, et l'entendement le récep­ tient Je premier rang dans la pro­
tacle de la sagesse, D. A. XVIII.­ duction des mouvements, et l'en­
D. S. V. La volonté et l'entendement tendement tient le premier rang
sont dits réceptacles, parce que la dans l'exercice des sens, D. S. X, !J.
volonté n'est pas quelque spirituel VOVLOIn, c'est faire, D. A. XIX.
abstrait, mais elle est un sujet sub­ Vouloir et agir ne peuvent être sé­
stancié et formé pour la réception parés, cal' vouloir n'existe point,
de l'amoUl' qui procède du Sei­ mais par agir il existe, D. A. XIX.
gneur, et de même l'entendement VOYELLE. Dans les écritures du
pOUl' la réception de la sagesse, ciel, chaque consonne est un son,
D. S. V. La volonté et l'entende­ et chaque voyelle est une affection,
ment existent en actualité j quoi­ et les voyelles ne sont pas écrites,
qu'ils n'apparaissent pas devant la mais sont ponctuées, D. S. VII, 5.
vue, ils sont intérieUl'ement dans VnAIS (les) enseignent la vie qui
les substances qui font la partie conduit au Seigneur, D. S. XI,3 (bis).
corticale du cerveau, et aussi çà et Les vrais qui enseignent ont été don­
là dans la substance médullaire du nes dans la Parole, D, S. XI, 3 (bis).
cerveau, surtout dans les corps Les vrais deviennent des biens par
striés, et intérieurement dans la faire et \'oliloil', D. S. XI, ft (bis). Il
substance médullaire du cervelet, y a l('s vrais spirituels, les Hais
et aussi dans la moelle épinière, moraux et les vrais civils, D. S. XI,
dont ils font le noyau, D. S. V. La 5 (bis). Les vrais spiriluels sont
"ie de l'entendement perfectionne ceux que la: Parole enseigne sur
et exalle III vie de la "monté, D. Dieu i exemples, D. S. XI, 5 (bis).
S. X, 3. Pal' la vie de la volonté il Les vrais mOl'aux sont ceux que la
est entendu l'amour et l'affection, Parole enseigne sur la vie de j'hom­
et pal' la vie de l'entendement il est me avec le prochain; exemples, n.
entendu la sagesse, la science et S. XI, 5 (tris). Les vrais civils son[
l'intelligence, D. S. X. Comment la les lois ci\'iles des l'oynumes et des
volonté se conjoint à !'enlendelnent cités, D. S. XI,5 (bis).
et l'entendement à la volonté, et OBS. 11 est di'L t:raisau pluriel, quoique dans
comment ils agissent dans la con­ cette acception le mot vrai; pris subslanti"e­
jonction, D. S. VI. Comment la vo­ œ.ent, n'ait pas de pluriel; mais l'Auteur ew-'
pIO)'8m les deus expressions vera et reritates,.
lonté agît d'aprèsJe cœUl',comment la première a été traduite par les t',"ai.s, ct la
l'enten'dement agit d'après le pou­ seconde Ilar le5 l.·éritJ~. 11 fallt distinguer cn­
mon, et comment d'après la con­ tre les vraig ct les' "érités comme Cotre J'an­
jonction du cœur et du poumon il tcricur ct le postérieur; l'antérieur est plus
universel que le postérieur,- R. C. No 2t ,­
y a conjonction réciproque de la On peUL bussi c.onslt.1ércr Ic~ t.~rais comm~
volonl<~ et de l'entendement, D. S. principes, cL les rériléJ comme déri\'otions.

NOT..... Dans les Ons., R. C. signil1e lIeligio1t Chl'étieune.


INDEX

DES PASSAGES DE LA PAROLE.

NOTA. - Les Lettres placées à la suite d'un Numéro 5ighifient, savuir :

1 Texte formel dû passage.

1 Texte en termes non formels.

• Explicalion.

i lIIuslralion.

te Texte formel ct explication.

li Texle formel et illustration.

le Texte non formel el explication.

li Texte non formel cl illuslration.

Si le Numéro n'esl suivi d'aucune Lettre, il y a seulement renvoi au Passage pour


conlirrnalion.
Le signe i (illuslralion du passage) indique, non ras seulement une Explication
délaillée, mais aussi ct principalement un de ces lraits de lumière, (lui ne (:onsislelll
souvenl ([u'en un senl mot, et qui cependant peuvent résoudre un point controversé.

DIVIN AMOUR.
MATTHIEU. LUC.
Chap. Vers. Numéros. Chap. Vers. Numéros.
VII • • • 22,23. . • . . XVIIIe XIII. • • 18, 19. • • • • XVIIe
XIII. • • 32. . • . . • XVIle 26, 27. . • . • XV[lIe
43• • . • . • • XXle
XVII••• 2 . . • • . • • XXI
XXIV •• 39••••
JEAN.
.' IVIC .
i\IARC 1 XIV. • • 21,24.. .• XIXI
. XV • • • 0,10. • . • • • XIXI
IV. • • • 30, 31, 32 • • . XVlle XXI... 15, 16, 17 • XIXI

DIVINE SAGESSE.
PSAUMES. LUC.
XXII••• H • . • • . llIle VI• • • . 27, 28, 35 •. XI
LXXI •• 5 . • . • . . Ille XlII ••• 26,27. . • XIIe
ÉSAIE. 1
JEAN.
XLII••• 1 • • • . . • • IWo 1. • •. 1, 2, 3 •• XIe
XLIV .2,24• . • • • Ille 9 •..• 110
XLIX .5 • • • • • • . Ille VIll. • • 12. . . . •• Ile
X • • • • '30 • • • • • • IIi
MATTHIEU. XII . .35,36,46 . • • Ile
V• . . • 25,43, 44&s •• Xl XIV. .6 . • • • XlIi
45. • • • . • • Xll1e 10, H •••• Iii
VII • • • 22,23. • . •• XIIe 20• . • • HIle
XVII••• 2 • . • . . le 21, 23, 24 •• XIIe
XXV. • • 1 il 12. . ... XlIe XV. .4,5 . • . .. Xlii
XI!e
5 .•.•••.
MARC. 10. • • • • XIIe
IX•• • 3 .•••••• Ile XX ••• 22• • • • • • VIl;
X• . • • 8 . • . • . . • IIIle XXI ••• 15, 16, 17 • XIIe
TABLE GÉNÉRALE.

DU Dl VIN A}IOUR."
Page••
1. J)ans le Monde, on saisit peu ce que c'est que l'amour, lors­

que cependant c'est la vie mème de l'homme. • . •. 5

Il, Le Seigneul' Seul est l'amour même, parce qu'i! est la vie

même j l'homme el l'Ange sont seuiement des récipients. 6

III. La vie, qui est Je Divin Arnoul', est dans qne forme. . . • 7

IV. Celle forme est la forme de rusage dans tout le complexe. 8

v. L'homme, dans le parliculier,-ësldans une telle forme. 9

VI. L'homme, dans le commun, est dans une telle forme ••. H

Vil, Le Ciel est dans une telle forme: . . • • • • • . • •. 13

VIII. TonIes les choses du Monde lendenl aussi à une semblable

forme, • • • • • • . . • , • . • • • • . • ••. 14

IX. Il Ya autant d'arrecHons que d:~~. • • . • • . , . 15

X. Il y a des genres et des espèces d'affections et des di(T~­

rences d'espèces à l'infini; pareillement pour ~_!!s,ag~~. 16

XI. Il Ya des desrés d'affections et d'usa.ge~. . . . . . . • 18

XII. Chaque usage tire sa vie du commun, el du commun in­

Iluenl'Tés-thosesnécessalres, uliles el agréables à la vie,

selon la qu:l1ilé de l'usage eL la qualité de son affection. 19

XIII. Aulantl'homme est <iâ;ls l;-amJlJ!I:....g~x.~ag..e., aulanl il esl

dans l'amour du Seigneur, autant il l'aime et aime le

prochain, et est homme. . l ' • • • • • • • • • • . 21

XIV. Ceux qui s'aimenl par-dessus Ioules choses, et qui aiment

le monde comme eux-mêlIies, ne sont ni hommes, ni

dans le seigneur. . . • • • • • • • . • . • • . . 24

XV. L'homme n'est pas d'un_menlal sain, si l'usage n'est pas

son affectipnou son occupatIon: . • .-':=-:". . • .-. 26

XVI. Tout homme est une affection,. et il y a aulanl d,'affections

diverses qu'i! y a d'Iwmmes qui sont nés et qu'il yen a

qui nal!fOnt à éternité; . . . • • . . • • . • • • . 27

XVII. La vie éternelle es~ à l'homllle selon 'son affeGtiQn def\l.Sil8e. 29

XVIII. La volonté de <l'homme est son affectiOi!' .--.-.­ . .-:' -;--. 32

XIX. Aimer, dans la Parole, c'est fai~e des l!§!Iges; • . • . • • 8~


~X. L'amour produit I~ chaleur.• ' •• -,-.-' .-. . . • : " . a6
XXI. Le DivinAmour, qui est la vie même, pl:oduit, au moyen

de 11\ chal.eul',.Ies formes spirituelles animales 'avec tontes

el chaoune des ëhosesqui selnt en elles. ~," , . • . • • 68

\'., • 1

TARLE GÉNÉRALE. Hi
DE LA DIVINE SAGESSE.
Page••
1. La Divine Sagesse, dans les Cieux, apparait comme lumière

devant les yeux des Anges. •. . • • • • • . . . . 40

Il. Le Seigneur a créé chez l'homme et ensuite forme chez lui

un réceptacle de l'amour, lequel est sa volonté, et ii y

adjoint un réceptacle de la sagesse, lequel est son en­


tendement. • • • . • • • • • . • • • • . . • • . 43

l. Ces formes, qui sont les réceptacles de l'amour et

de la sagesse, existent en premier lieu chez l'homme

conçu et naissant dans l'utérus. • . . • • . • ••• 44

2. De ces formes par le continu sont tirées et produites

toutes les choses du corps, depuis la tête jusqu'aux

plantes des pieds. . • . . • • • . • • • • • • . . 45

3. Ces prolluctions se font selon les lois de la corres­

pondance, et c'est pour cela que toutes les choses du

corps, les internes et les extQrnes, sont des correspon­


dances • • • • • • . • . • • • • • • . • . • • • 46

III. De la formation de l'hommp, dans l'utérus pal' le seigneur,

au moyen d'un influx dans ces deux réceptacles. • • • 48

l. Le Seigneur se conjoint à l'homme dans l'utérus de

la mère dès la première conception, et il le forme. . • 49

2. Il se conjoiot'dans ces deux réceptacles, daos l'uo

pal' l'amour, dans l'autre par la sagesse. . • . • • . . 50

3. L'amour et la sagesse forment ensemble et avec

unanimité toutes et chacune des choses, mais toujours

est-il qu'en elles ils sont distincts. • • • . . •••• 50

4. Les réceptacles chez l'homme ont été distingués en

trois degrés, l'un au dedans de l'autre, et les deux de­

grés supérieurs sont les habitacles d\l Seigneur, {nais

non le degré infime. . . . • • . • • • • • • • • • 52

5. L'Un des réceptacles est pour la volonté de l'homme

futur, et l'autre pour soo entendement, et c;ependant il

n'y il absolument rien ~e s1\ volonté ni de son entende­

ment dans la fOJ'mation . • • . • • • • • • ..• • . 54

15. pans l'embryon avant l'enl'ante1nent il y a la vil',

mais l'embryon n'en a pas conscience • • . • • . . • 55

IV. Il Ya similitude et analogie entre la formation de l'homme

dans l'utérus et s'l .réformillion et sa régénération . • • 56

V. Chez l'homme, après l'enfantement, la vololllé .devient le

réceptacle de l'amour, et l'e.n!efldementle réceptaole de

la sagesse. . .• • • • . , • . . •. • • ; . • • 57

VI. Il y a une correspondance du cœur avec la ,volon lé, et du

poul)lon aVeC .l'entendement • • . . ••••" •••. 58

1lJ2 TAULE GÉNÉRALE.


l'Iges.
VII. [( y a conjonction ùu corps et de l'e.sprit chez l'homme par

ses mouvements cardiaques et pulmonaires, et la sépa­

ration se fait quand ces mouvements cessent . . • •. 63

1. L'esprit de l'homme est également homme. • • • 63

2. L'esprit de l'homme a également un cœur et par

suite un pouls, et un poumon et par suite une respira­


tion . • . . • . • . . . • . . • . . . • . • • • 64

3. Le pouls de son cœur et la )'espiration de son pou­


mon influent dans le pouls du cœur ct dans la respira­
tion des poumons chez l'homme dans le ~Ionde. . • . 6G
4. La vie du corps, qui est naturelle, existe et subsiste

par cet influx, et elle cesse pal' son éloignement et sa sé­


paration. . • • • . . . . • . • • • • • • • • .-. 68

5. L'homme alors de, naturel devient spirituel. • • . 69

VIII. Il n'y a et ïlne peut y avoir aucun Ange, ni aucun Esprit,

qui ne soit né homme dans le Monde. • . • . . . . • 71

1. Il Ya dans l'homme un mental angélique. • • . . 72

2. Un tel mental ne peut être formé que dans l'homme. 72

3. Ni ne peut être procréé, et être multiplié par des

procréations. • • • • . • .'. . • . . . . . . . • 74

4. Les Esprits et les Anges tiennent de là de pouvoir

subsister et vivre à étel'llité. . . • • • • . • . . • . 75

5. Et de pouvoir être adjoints ct conjoints au genre

humain . • . • • . • . . . • • • . • . . • • . . 75

6. Et ainsi le Ciel, qui a élé la fin (le but) de la créa­

lion, a pu exister. . . . • • • . . • • • • • . • • 75

IX. Le Divin Amour est le Divin Bien, et la Divine Sagesse est

le Divin Vrai. . '.' . • • • • • .. . • . • . • . • 75

x. Il ya une conjonction réciproque de l'amour et de la sagesse. 77

1. La vie de la volonté se conjoint à la vie de l'enten­


dement .•' . • . . • . . . • . . • • . • . • • . 78

2. La conjonction est réciproque, et quelle est celte

conjonction . • . . • • • • . • . . . . . . • • • 79

3. La vie de l~entellllement purifie la vie de la volonté. 79

4. La vie de la votonté coopère avec la vie de l'enten­

dement dans tout mouvement, et rcciproquement la vie

de l'entendement coopère avec la vie cre la volonté dans

tout sens. • . . . . . • . • • . . • • • . . . • 81

5. Pareillement dans le son et dans le langage. . • . 82

, 6. Cela arrive chez les bons et chez les méchants, avec

celte différence, que chez les méchan ts la vie de la vo­

lonté n'est ni purifiée, ni perfectionnée, ni exaltée par la

vie de l'entendement, mais qll'elle est corrompue, dé­

pravée et abrutie. . • . . • . . • . . . • • . • . 83

,TAilLE GtNI~RALE. H3
Piges.
7. L'amOlli', qui est la vie de la volonté, fait toute la
"ie de l'homme. . . . . , • • . . • , . . • , . • 85
.'<J. J:amour envers le Seigneur d'après le Seignem existe dans
la charité, et la sagesse existe dans la foi. • , . • . . 86
SUR L'AMOUR ET LA CHARITÉ.
1. L'amom des usnges est la charité. • .' . . • . , 87
2. Le Seigneur est le a quo (celui de qui procède), et
le prochain est le ad quem (celui à qui se rapporte). • . 88
3. L'amour envers le Seigneur ~xiste dans la charité,
parce qu'il existe dans l'usage, • • . . , • . • • • . 89
4. L'usage consiste à s'acquiLLer de son devoir et il.
faire son travail dans les formes voulues, et avec fidélité,
sincérité et justice . . . • . • • • . . . • , • . , 89
5. Il Ya des usages communs, qui sont aussi des usa-
ges de la charité, . , . • • . . . • . . . . . , . 91
6. Les usages ne deviennent usages de la cbarité que
chez celui qui combat contre les maux, lesquels provien-
nent de l'enfer, . . . • • . . • . • • • • . • . . 91
7. Parce que ces usages sont opposés à l'amour envers
le Seignem et à la charité à l'égard du prochain. . •• 92
8. Les usages qui ont pour première et dernière fin le
bien propre ne sont pas des usages de la charité. 93
SUR LA SAGESSE ET LA fOl,.
1. La foi n'est autre chose que la vérité. , • , . . , 93
2. La vérité devient vérité quand elle est perçue et ai-
mée; et elle est appelée foi quand elle est sue et pensée. 94
3. Les vrais de la foi regardent d'une part le SeigneUl',
et de l'autre le prochain. , , . , • . . • . . • . , 95
4. Les vrais enseiguent comment le Seigneur doit être
approché pour qu'il y ait conjonction, et ensuite comment
le seigneur fait les usages par l'homme. • • . • . .• 97
5. L'un et l'autre sont enseignés pal' les vrais spiri-
tuels, les vrais moraux et les vrais civils, . . . • •. 97
G. La foi consiste à savoir ces vrais et à les penser, la
charité consiste à les vouloir et à les faire. . • . " . . 101
7. C'est pourquoi, lorsque le Divin Amour du Seigneur
existe chez l'homme dans la charité qui consiste à vou-
el à faire les vrais, la Divine Sagesse du Seigneur existe
chez l'homme dans la foi qui consiste à les savoir el à les
penser. . . . . . . " . , • . • . . . . . • • " 102
8. La conjonction de la charité et de la foi est réciproque. 103
XII. Le Seigneur pal' son Divin Amour et sa OÏl'ine Sagesse anime
tontes les choses dans le Ciel et toutrs les eh oses dans le
1U TABLE (iÉNÉRAI.E.
P·s~··
Yonde, jusque dans leurs derniers, les unes pour qu'elles

vivent, les autres pour qu'elles soient et existent.. . 103

i. Le Seigneur est le Soleil dalls le Ciel Angéliquc • 103

2. De ce Solcil vien t l'origine de toutes choses.. . 105

3. Pal' ce Soleil il )' a présence du seigneur partout. 106

4. Toutes les choses qui ont été créées ont été créées

pour le service de la Vie Même, qui est Je Seigneur.. . 108

5. J~es âmes de vie, les âmes vivantes ct les âmes végé­


tatives, d'après la vie qui procède du SeigncUl', sont ani­
mées par les usages et selon les usages. • • • HO
IDÉE ANGÉLIQUE SUR LA CRÉATION DE L'UNIVERS PAR LE SEl­
GNEUR.. • • • • • • • • • • • • • • • . • • . H3