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LES

Chapitrc 13

RANGS

DU

POUVOIR

Régimes de préséances et bureaucratie d'Êtat dans la France des XIXe et XX e siècles

Olivier Ihl

Étrange classification, celle qui en France rixe l'ordre hi émrchique des positions de pouvoir. Rangée sous une rubrique ulIstère, le "droit des préséances", elle ne suscite qu'une attention

dédaigneuse. Comment ne pas juger frivole la question des honneurs uHachés aux mngs et aux fonctions? Simple notification décomtive, cst- il rétorqué, maniérisme puéril hérité d'un passé que personne n'ose pilis s'abaisser à congédier. Après cinq années d'intenses tractations, un nouveau code relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs ci vils et militaires a été adopté par décret le 13 septembre 1989. Une rdo nte qui a confirmé la mauvaise presse dont jouit en France le rég ime des préséances. Pour les uns, il viendrait consacrer une "nouvelle hiérarchie des vanités"l. Composé de "règles délicieusement surannées", il aurait pour objet des "susceptibilités froissées" et des "rancoeurs picrocholines"2. Pour d'autres, ce "toilettage" répondait à

avant qui et pourquoi ?"3 od les petits culonés qui passent

tou jours devant"4. Les auteurs de la réforme ne sont pas étrangers à

ull e question insignifiante: "qui passe cnc ore "comment remettre à leur place

,1

l. "Protocole : la v. lse des 6t;quel.tes ". Le Fi,a,o. 15 . c:ptanbre 1989. Je tiens il remerder

I.cqu"" Chevallie r p<>ur u

lectu'" d'une pl'Wlièn: v.",ion de ce tu,,".

2.

"Les 0'" de la R6puhl ique Ile r:av,vent'\ La CTOix. 16 '''Ptemb

,

1989.

3.

"1 R6pu blique change d·'; tiqu ellc", Le Monde , 16 oer,emb", 1989 .

 

4.

"Protocole : le p<>id. d

fonc'ion., 10 clJoc de. amb,'ion

Uhiralion,

11 .e ptembno

1'189.

233

celte manière de voir. À les écouter, il n'y aurait en la matière que ~règles de politesse", "apprentissage de bonnes manières", moyen ingénieux d'éviter "incidents et bousculades"5. Peut-on réellement se contenter d'une telle lecture ? La réglementation des préséances recouvre un phénomène plus essentiel qu'on ne le dit, peut-être même plus important qu'on ne le croit. Au

XVIIe siècle. le juriste Jean Domat en a énoncé le principe cardinal.

L'utilité des préséances

est de l'ordre public de la société que rien n'y soit en désordre. et c'en

serait un qui

qui le composent n'avaie nt pas leurs places réglées et qu'en chaque occasion du concours de plusieurs personnes, soit pour des séances. soit pour des marches ou autrement, il fallut confondre les rangs. ou faire perdre le temps de ceux qui devraient ranger les pcrso!1nes, à régler ce qui serait dans l'incertilude"6. Prévenir le désordre, arbitrer les ambitions. solisfaire le souci de distinction: tels sont les principaux traits de ce qui fonne a lors un rite d'incorporation au pouvoi r monarchique 7 Hommage rendu à la fidélité. le prolOCole consacre les dignités: celles de la lignée et de la bravoure. Suspendu aux caprices de la grace royale, il vient stimuler un marché de la faveur où le roi est à la fois juge ct parties. Avec la Révolution française. en revanche. l'ordre des préséances s'autonomise. Appuyé sur la règle de droit. il se spéc ialise pour ne plus

concerner que les positions pub liques d'autorité. Ce faisant, la notion d'étiquette rompt avec la logique patrimoniale d'Ancien Régime. Elle

prend désormais un tout autre visage. Son but n'cst plus seuleme nt de renforcer le pouvoir d'un homme ou de conforter les privilège s de 13 naissance mais de m e ttre en forme un ~style d'autorité bureaucratique",

Un mode de coereition s usceptible

de favoriser un type im personne l de

contrOle s ur et entre les divers corps de fonctionnaire s. On l'aura compris : ce que raconte la codification des préséances. c'est la transformation d'une administration palrimoniale en une bureaucratie de

fonctionn.1ires.

tiendrai t à la rationalisation de l'incertitude: "II

serai t suivi de plusieurs inconvénients. si les membres

S.

'

r"",,,,,Ii". 156, df<;e;nb,

milillli,

,

• • le .

min ;' t,

,.

et ~~

jll<!icia ires, les officie

, 6. Droi' publi(;, Pari., r:.dilion Rm.~, 1829,1. IX, 3. Domal, apob . voir .uigno! le premi.r

'lue le

des f",'ncet,

",.

J. Oondou in. "l,.o rtr'}nnc du pltllocolc". f.I~8"rds

c le

~. dlvi

i! les lo I ques

en huil ordres: le .

1989.

et .rti

l'In8 .u

Prince h<HlOre d.n l .o n conK il. lei magil tl'l'" et off",;e

lei p,,,,,onnes profus",,! 1

les eulliv.leurs et 1

cienee, ct lu. a rt. lib.!l'Iu~, le. commerçants, l~s "",vrie

bergers.

7 .

Sur

ce

point,

vuir

l'ouvl'lilc

injoSltment

m~connu d'Alfred

F ranklin, LA ciyiJjr~.

N riq"'/I•. /" mo,le . le bo~ 10~ du XIIIe"" X1Xe s,·ù/e. Poori., E. Paul. 1908.

S.

Sur l'Impo /laf1Çc

dtll ran8 ' cl de . di,linction, ao XVI I e .~ç\e. on con"oh

~, Nn"qudl. '0""' l'Anci tn R ~g i"'t. Paris, F. Ale a n,

IÇI lravau1

1 934; N. Eli • • , L"

"La cnur", dan. P. No", Pari., G.mmlru, 1992.

de H . B ltlcher, Le ,,,n,

6ocil,~ de COIO" Pari . , Clim.nn UV!' 1975 c, plus

(dir.), Lei li'l« rI~ ",~moirc, vol. n ,Lu F'''/lCe. \l'me 2. TmdiliOM.

p.129-193.

réce mment J. Reve!.

234

Pour Max Weber, on le sait, les caractéristiques de la hurea ucratie sont au nombre de trois : la présence de droits et obligations attachés à la. fonction el non à la personne; l'existence d'une hiérarchie organisée par des règles impersonnelles, écrites et légales ; la mise en oeuvre de compétences techniques et

processus de rationalisation autant

juridic tionnelles 9 . Conçu comme un

que comme une structure d'autorité, ce modèle répond à des exigences d'efficac ité. Il se manifeste, comme l'a bien vu Roben Merton. par un

de

confonnité aux actions prescrites lO • Mais par quels moyens matériels

de gcstiOfl s'est-il imposé? Scion quelles procédures de mobilisation et de régulation? L'une de ces logiques a précisément été la mise en rangs

de positions d'autorité_ CeUe-ci s'est opérée grâce au monopole légal

que se sont arrogés les pouvoirs publics sur les "prérogatives d'honneur", aussi bien les droits à la préséance que les honneurs civi ls

double impératif: une régularité de

comportement e t un fort degré

ct

militai res ou le s distinctions honorifiques. Je ne m'attacherai ic i qu'à

la

première de ces marques distinctives: celle qui, e n magnifiant la

hiérarc hie des fonctions d'autorité, orchestre un formidable

développement de l'''esprit de corps".

E n j eta nt les bases d'une polarisation en différents échelons,

places, classes. rangs, les préséances rendent visiblçs la s tructure du

po uvoir. Du même coup, elles favorisent un sens de la distinclion qui

joue comme un puissant moyen de contrôle. La mise e n rangs de la

plus que

de parure au politique: elle en fail voir et vivre J'é loqu ente majesté.

C e.,>t la raison pour laquelle la réglementation des préséances me parait

comprendre sur quelles dynamiques s'es t constru ite

ta bureaucratie d 'État. Trois d'entre e lles retiendron t particulièrem ell t

hureaucratie mais au delà ceUe des pouvoirs pub lics sert donc

cruci ale si l'on veut

,'attention:

_

le passage d 'un État-personne à un État co nç u comme

la

I)COpr iété collective d' un être co ll ectif : c'est l' hi s toire de dépersonnalisation de l'appareil admin istratif

la

_ le développement d'une loyauté professionnelle imposée par des co ntraimcs d'un genre 1l000VeaU , des incitations fo rm e ll es capab les de sanctionner tou te confusion des rôles: c'est la co nstitution d'un ('Ihos bureaucratique - enfm l'intégratio n des différents segments administratifs à un

sc héma institutionnel défini par réféccnce à un ce ntre exerçant une

e mprise abso lue. Or, fait intéressa nt: celte cen tralit é s'cst cOnSLrUile.

e n France, comme une position de surplomb. dans une ha uteur, mieux ulle "grandeur" productrice de dépendance et de m41jcslé.

l

'

.

9 . M. Wel>t::r. É~o""mie ~l Soci"~, P.ri s , l'Ion,

10. R.K.

M.rton, Éléme,,1,t M

lh~od~ ~r de

196.

235

1971, p. 226. mJlhode sociotoglqu t , Vori.,

Plon. 1965,

UN

PRIVILÈGE

D'ÉTAT

Le pro tocole a de pui s longt emp s mauvaise réputation. Le XVIIIe siècle, plus que d'autres, en a raillé les faux- se mblants.

"Farfadet capricieux" aux yeux d'un Mercier, cette police de J'é tiquette serail une maîtresse exigeante, celle d'une société d'ordres, obnubilée par les distinctions en tout genre ll , Responsable pour Duclos d'une "fierté de dupes", clle serait l'expression du hasard el non du mérite.

Aussi, réglant les devoirs extérieurs des "hommes d'Étal", cc carrousel

des honneurs passe pour celui du déshonneur. C'est l'opinion de

François de Neufchateau: réservée aux dignités de cour. la préséance sc

révèle indigne des peI"SOnncs qui CIl reconduisent le cérémonial car ce

spectacle n'csi autre que celui de leur orgueil et de leur servilité.

nocivité du protocole monarchique . les

Convaincus de la

révolutionnaires n'ont pas hésité à e n supprimer la plus grande part, notamment l'étiquette du Palais ct le cérémonial diplomatique. À leurs yeult, il ne pouvait y avoir pire manifestation de la tyrannie du trOne que ce commerce débridé des places et des manières. Non seulement parce qu'il contredisait la revendication d'une égalité formelle entre les hommes l2 mais parce qu'il était devenu inutile dès lors que la noblesse n'eltis tait plus 13 . La préséance administrative devait . elle. être conservée mais sur des bases largement renouvelées.

Une

ostentation

légale

et

rationnelle

Soumise à l'ac tion des assemblées, dépourvue d'attribution

réglementaire, l'administration avait pour les révolutionnaires une vocation particulière: chasser le spec tre d'un exécutif despo lique. Le résultat fut spectaculaire. La confusion des pouvoirs entre corps administratifs et judiciaires, l'indépendance des administrateurs

détenteurs de leurs Moffices", l'enchevetrement des règle."

et fon c tion s:

pour mi\lle 1'f1iqueue :

pour l'enlrfc dll com lc <k K. unitz, il d QI commander ~di. habiu de l"'l'fe plonn& SUr 101i1e.

les

a'len t , dCI cbpeooua ~oonnes galonn60 en r"!_ en manille ~ point. d'Esp"p>e~ un ~rier

immenM pour le SuiaR. Le c:aparaçon de

Bou",o&"e en

'e. I,,,de. cl

Il . Il rallail. comme ."''<IUe Dufon <k o.cvcmy. IIflC mise ouinc

,

i Ues. dot plon& du plus Brand rnodMe .\lfe dc. va lu

rouget! plonn60 '"

cheyaua hama,. en CUir de R

rvNttes en soie lui cou

it

di. mille li"Ie'~, Lu i"jroducl~UTS des "",,,.,~otk

r,

lW -l 900.

Pari_, F~lia Ak&rl,

190 1. p.

60.

.

ile", Ynir D. J. Denby. S~nu",~(1/(l1 NO,r (""f o.M/1Ie

$tH:ial O,J., i~ F,of\C~ 1760-M2O, 1994, C a mbridge, CIltrI briJge Universily P reN . p. 139 "'1.

13. Rl pp<llnnJ que depuis 1789 1. nobleue comme ordle n'. Jlmli . lepl"'. 1:-

Re$l au",linn, comme l'. montr~ Adeline Dlum.rd. inyentc", de nouveaux nnbl Cl. 1. Monorcl\\e de JuiUet el ln deux empire . de nouv. I Ull;t!U . Lo noblesse, cUe. a" . ;1 e.a5~ d'uioler ou nc

. u

12 . SUI C~ """ntimentali.m~ ~~i

init, lU mieu •• que oou.

II

formc

d"'une diatinclion honorifique anlchl. l

un ~om"

("Noblcue et .rioto<",'ie en l' rance au XIX • • i~Ie". lAs ""bk:rs~l ~uropün,."

Pon

&ole r",,,,,ai , e de Rnm., 19&8 ).

0" XIX' "icI

236

lout ceci ne fut bientôt plus qu'un souvenir. À leur place. une institution nouvelle que les Constituants comme les Conventionnels voulaient uniforme sur tout le territoire nalional 14 Il s'agissait d'instituer une structure d'autorité distincte des relations d'ascendance sociale, notamment du clergé e t de la noblesse d'épée . Pour autant, l'image très négative de l'Administration propagée sous la Révolution n'incitait guère à accroître sa puissance d'action, Présenté comme l'ennemi du Législateur. le pouvoir des bureaux allait être encadré, confiné, surveillé. Jusqu'au Directoire. il fut combattu au Ilom d'une

définition intransigeante des libertés civiques.

D'où les réticences à le

pourvoir de signes de majesté. Le souci de rationaliser l'appareil d'État ne déboucha, en matière d'honneurs publics, que sur une série de lelttes embryonnaires. Le premier d'entre eux est la loi du 30 décembre 1789 : les administrations de département ct de di strict. les corps muni c ipaux s'y voient reconnaître. lors des cérémonies publiques organisées sur leur territoire. la préséance sur les officiers o u les corps civils ct militaires. Mani~re de lier la légitimité du pouvoir central au prestige de

circonscriptions décentralisées. L'instruction du 20 août 1790 fixe. clic. la hiérarchie des autorités administratives: elle donne la préséance à l'administration départementale s ur celle du district et à cette dernière s ur l'administration municipale. E nfin , la loi du 20 avril 1790 règle les rangs entre les autorités munic ipales: le maire, puis les officiers municipaux. ensuite le procureur de la commune ct ses substitu ts. les greffiers e lles trésoriers. Que conclure d'un tel système sillOn qu'il Lire sa cohérence de la nature des focmes d'autorité que ses prescriptions rassemblent et hiérarchisent tout li. la fois. Si l'administration en occupe le sommet. c'est comme l'explique Aeurigeon, parce que son pouvoir s'étend sur tous les citoye ns et que son action s'avère indépendante de leur volonté. De sorte que "veillant constamment su r tous et pour tous". l'administration jouit de la préséance absolue. Vient ensuite le pouvoir judiciaire dont les fonctions passent pour "éventuelles" car elles peuvent être annulées par le recours des particuliers. Enfin, le pouvoir militaire fenne le ban : subordonné ault autorités civiles. il est réputé ne "commander qu'aux mi litaires"lS.

Mais celte

organique ou fonctionnelle. Affaiblie. éclatée. elle deme ure entravée,

l'aulte par la

structure pyrJ.JTlidale ne dispose pas pour autant d'auto nomie

d'un côté par la légitimilé des mandaiS é lectomux, de liberté des com munautés territoriales.

14.

Cent conception de l a fonclion

WI.

1

.dmlnl ll"'ti~c Se re lrouve dan.

l'in~lruclinn du S

ja nvier 1790 : "L'ÉIII c Ol

adminisl",tion unifonne doit donc le. cnlb",

parl~m~nla;ru, tome Il, p. 203.

Mp"ncmcnl l ne l un l que de< . ections du même 10UI. une

er tous

dl n.

un régime ""mmun", ATC~ivtl

IS. Cotk odmi,unro.lif, \.orne 2. 3ème Pl rtie, Pa ria, VllIde, 1806, p. lOIS.

237

Au bout de quelques années cependant. une reprise en main s'opère, Le Consulat. puis l'Empire s'attellent à faire de l'administrati on un appareil à la fois centralisé et assujetti à des règles communes. L'obé issance devient alors le maître mot pour un système administratif qui se définit comme "l'agence des communications

réciproques entre la volonté publique ct les intérêts

cette formule. Rocderer fixait un nouvel horizon au pouvoir bureaucraLique, ce lui de "procure r l'action" : "Instruction . impulsion. direction. inspection, surveillance, sanction des proposiLions utiles. contrôle des actes suspects. censure, réfonnation. redressement. punition , voilà les fon ctions que suppose cette partie de l'administration que l'on peut appeler procuraLion d'action nl6 Une Ilche qui impliquait d'encadrer les conduites par des procédures nouvelles.

particuliers" . Par

C'est le sens du réaménagement napoléonien du code des préséances.

Un

dressage

institutionnel

Déterminer les rangs des fonctionnaires, fixer la marche et le

placement des autorités dans les cérémonies publiques. subordonner les corps les uns aux autres: n'était-cc pas réaliser le projet panoptique qui est au fondement de la ce ntralisation bureaucratique. celui de "pouvoir embmsser d'un coup d'ocil tous les rouages de la machine, en suivre tous les ressorts, précipiter l'acLion des uns, ralentir celle des autres, faire en sorte en un mot que toutes les parties du tout soient sans cesse

en harm oni e les

un cs avec le s autres"17 ? L'augmentation du nombre

des agents 18 e t surt out le nouveau sta tut conféré aux employés et com mi s, autrefois libremen t salariés par leurs chefs et dorénavan t

placés

nouvell es opportunités. Élllliséc, la gestion du personnel administratif

rendait possible l'avènement de la figure moderne du fonctionnaire lll , Celle-ci .se réalisa dan s la haute fonction publique par un amalgame

entre les élites d'Ancien Rég ime et la nouve lle noble sse d'Empire . Le développement des grands corps administratifs pennîl de rallier à

l'Empereur les restes de l 'a ri stoc ratie comme les forces SOCÎa les

confortées par la Révolution ell donnanl le jour ~ une véritab le bureaocraLie d'État.

sous 1;1 mainmise des assemblées. offraienl, il est vrai. de

16. ILrd,ivu P''''f~ltn/(''·~s. J60 llce du 18 plu.in.e o n Vlll, 2è",e .~ri~, l, p. 170.

17.

flourige<>n. C"d~ ad",,-,,,'lIr,, /;/, to",. l, "f' c;,

18. A ce prop,, ", ~oir C. II . Chu~h, R~"ol"/I"" 'u,

! . ,.

R~d Tap~. The French M;'';J1eri,,1

8"reaucrllC}' 1770-/850, o~rord, Clorendon Preu , 1981, p. 85 . q.

Ill. A.-M. P.laull, '"la orilin

!'\\vo luli on n.imr d. Jo fonction publiqu e : de ]".lnplo}'~.u

{ondionn . i,.", Re.ut hillorlql'fl <k ilroi, fro""lis ~/ ilranla, 1986. nOlommeol p. )89 .q.

238

Tableau

1

:

Prendre

rang

et

séance

li

Paris

selon

le

décret

de

messidor

an

XII

(13

juillet

]804)

Avec

rang

individuel

:

 

Avec

rang

de

corps:

t° Les princes français 2° Les grands dignitaiI-es JO Les cardinaux

 

Le Sénal

 

Le

Co nse il d'État corps lég is la ti f

 

JO Le

4° Les ministres Les grands officiers de l'Empire Les sénateurs dans leur sé nalorie 7° Les conseillers d~tat en mission Les grands officiers de la

Le tribunat La cour de clISsation Les membres des cours d'appel

7<> Les

orficic rs de l'étaHnajor de

division Les mcmbres des cours c rimin e lle s Lcs conscils de préfecture

10° Les membres des lribunaux dc

Légion

d'honneur

Les généra ux de division dans l'arrondissement de leur commandement 10° Les premiers présidenls des

cours

d'appel

 

prcmiè re

in sta nce

 

11 ° Les archevêques

11 0 Le corps municipal 12° Les officiers de l'élut-major de

12° Le président du collège

électoral du IJ o Les préfels

département

   

la

place

13° Les membres du tribunal de

14° Les présidents des cours de

co mmer ce 14° Le~ jugcs de pHU

 

jus ti ce

criminelle

 

15° Les généraux de brigade

15° Les commissaires de police

com mandant

un

département

16° Les évêques

17°

18°

Les comm issaires généraux de police Le président du co llège

électoral

d'arrondissement

19° Les

sous-p réfet s

20° Les présidents des tribunaux de

première

instllnce

21° Le président du tribunal de commerce 22° Les maires

23° Les commandanls d'annes

24° Les présidents de consistoire

239

Mais pour s'a ttacher la fidélité de cet ensemble hétéroclite . il restait à proposer une rémunération appropriée. Un salaire qui ne coûta ri en à l'Élal ma is que lui seul put dispe nser : les gratifications

rétablissement des titres nobiliaires 20 D'où aussi le

d'honne ur. D'où le

fasle retrouvé des costumes ou la créa tion de la Ugion d'Honneur.

D'où. enfin ct surtout. la fixation d 'une distinction statutaire liée a ux modes"lle répartition des corps dans l'espace public : les préséances civiles et militaircs 21 Le principe général du décre t de messidor est de lier les places d'honneur à l'étendue du territoire s ur lequel s'exerce nt les attribution s bureaucratiques. D'où un véritable tableau synoptique des positions de pouvoir. un "ordre de préséances H où il est aisé de cons tater le rôle prééminent des instilutions militaires. religieuses et policières. Ainsi. aucun rang n'cs t accordé aux mandataires élus. ni au~ recteurs. Le préfet. lui-même, pourtant agent direct de l'État, est relégué derrière les généraux de division ou les présidents des cours d'appel. Passons du conte nu à la structure de cette amb iti euse classification. Deux divisions "organisent : d'un côté les rangs individuels, ceux des hauts fonctionnaires et à leur suite les che fs des corps civils et militaires; de l'autre . les rangs de s corps de l' État et des pouvoirs publi cs : ces derniers emboîtent le pas de la dernière personne à qui a été reconnue une préséance individ ue lle et n'ont rang et séance qu'aux cérémonies

l'Empereur les a

s~cialement convoq ués. Les hiérarchies à l'intérieur

de ces corps sont détemlinécs par les dispositions organiques de chaque

service 22

À signa ler qu'en auc un cas le rang attribu é à un corps

n'appartie nt indi viduellement aux membres qui le composent. Le jeu

est purement fonctionn e l. Et si le corps

sa pl ::tCc habituelk!, du titulaire, soi t un

les personnes exerça nt par inté r im ou e n l'absence

des dist inc tio ns honorifiques ou le fon cti onn aire. au teur de

l'in vit::ttion, conserve

20. LlimpcfCU' cherçha ~ meure 15011 pn:>r" k, Ctlnnaissanœs de Mme de Genlis 1 propol

blir l'Eti <ple n e dans 50n p n:>pre

Mme de

Ge nl i•• De rfspri, dll (publit par E. Que.nflJ,

2 1. Pour T alle1

la n6c_ill d'un dfftnonial fin ct n!Jlllif' se faisail "'nlir. ç'<$I "dan. t""" ceux <pli 1'6tablîssml

onlre "01. que

enlre ici difl"t

irc el. il 1'(>5\ igalrme nl d'en us ianer la me'u", n.~ pr6cllion".

I

d'l gatdo aonl W1 lribut I\ku

de•• ru::;~

~os de la Cour.

En khanse de 5011 aide pou r n!

logemenl

~

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CaiUihe. URS. p. Vil.

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entourlSc, il lu, orrrii U/lf pcnsion fi un

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hibiiolh&J.uc de rArsenal.

rOncÏfnN cour f i M' wsales du mollde tU Cf umps,

,poot&

de •

,uvcrli""

nd. "e n·.1 P" "",lc m""l 01

Clalle. d"ommc fi de dignil& donlla oocillo! le """'?M<'. Du Ibnoi~.S"

Lu i~'roducl.,.rl

de Talleyrand au «Imle d' Uauleriv" le 8 oclobre 1806. Cilo! da

d"lImbIlSllld c . "p. cil.• p. 2.

22. M. Blocx (di r.).

.~p.n! de

Dierio"",,;,. df l'Adminis"",;on /rafIÇaise. P lriS, Sorger I.cvrau H,

,.

r6clamatlon. l·tJcv~renl co nlre Cc

)

J>cnse-t-on qu'un p,

place , ill"" ,., qu ' l

I.

lêl e

,mier

1856, p. 1362. De nombreu

Chambre dei dipulo!l tn UI6, un tlu in.i.l. lOIr l'inconv~nienl d'i50ler le. chef. de. grlndl ""''P" du reslC de leura mem br~, , '·N'est·~e pli.! J'un del premierS principes dans Wlc mon. rt:hio

pm.iden l

de sc. m l !$i. lntt. 1" Lf

se fuI

que les CO'P" .onl touI, quo let individWl ne oonl rion 1 (

di~p<>lilif. À la lribune de la

compagnie, le fu t C,," à

M oniltur. 1816. p. 769. Flire RI ' rch" l es cb~f. de corps lia tête de leurunil E " "",,,t.' en croire

autorilé< publiques. Cel. lurail

les

notamment tvil de devoir mtler, dlns ces fresques en moovo:tnent que foml,nl 1"" cortège, fonClions el les ÇQ,lumea 1•• plu. di.paral"'.

certlin., donn~[,lu. de dignil~ el de PORI"" lU d~ploieRle,,1 d

240

commandement soit une fonction . ne jouissent pas, sauf pour le chef

de l 'Éta t . du droit de préséance attribué à la fonction. Le Co n~ il d'État, ins ti tution administrative et juridietionncUe. est là pour y veille r.

l'autorité rejaillit so us la

fo nne d'une multitude de relations hiérarchiq ues. À la fois anonymes e t fo nctionnelles, indépendantes et parfa iteme nt orc hestrées, ce lles-ci déli mitent les relations de subordinatio n consignées par le code des préséances. Désormais . la chaîne d'exéc ution pouvait. selon l'expression du ministre de l'Intérieur Chaptal. "descendre sans interruption du ministre à l'administré ct transme ttre la lo i et les ordres du gouvernement jusqu'aux dernières ramifications de l'ordre social avec

On le constate: la déférence due à

la rapidité du fluide électrique".

UNE NOMENCLATURE DE LA

DÉFÉRENCE

Avec le décret du 24 messidor an XlI, le eode des préséa nces dev ie nt le fondement d'une véritabl e "sci e nce d e l'ordre" 23. Classer, marquer, distinguer, subordonner. récompenser: autant de procédures pa r lesquelles s'institue un système emboîté de commandement.

mécani smes, en encadra nt le s

conduites par la production de statuts ct de règlemen ts. encourage nt la

professio nnalisation des se rvices de

Opé ration politiqu e donc puisque ces

l'État. Les agents de discipline d'une idéo log ie

bu reaucra tiqu e : ce ll e par laque ll e s'é tab lit un li en strict de

l'ad minis tration sont dorénavant soumi s

à la

auto rités c ivi les e t militaires. po urrait-on ajouter. tant ce

forma lis me. en même temps qu 'il fa vori se la dép::ttrimo nialisa ti on des

modes de domination traditionnel s, renforce le mou vement d 'é tatisa tion de la société. To ut au long du XIXe sièc le. le no mbre des unités

le ur

ad ministratives va se multiplie r sa ns que soit mi se à

in tégration fonctionne lle. La raison en es t simp le : c hacu ne d 'ell es pourra exprimer sa position e n se référan t désormais à la géométrie d'un

céré monial d'État.

s ubordination e ntre les différentes Opéra tion double me nt pol it ique.

mal

23. L'upre

ion

est de A;Ogtl.~ JuUien. ch~v"ier de S~iol-Lo~i. CI. de 1. Ugion d'honn"".,

'Iui, .o 1818, n!d 'ge un Euo, Sf'r 1 Qfdr~ C"M"U,j d;J1IS l

({ , ;elleu (Pari., B a udouin, p. 40) Fuci""'; p . r l es proc6dh n1~ean'que, d

dmil'lJs'~~"o~ publique «1 dOM lu

m •. nur.çt u~. l e

lo un. n., t app liqu er

re~endiqulnt d

lMologuu el de a .c on. ce 10U.-lI1spcçle ur l UI Revu

a u t,.vlil d

, lirrtrcntiü Son bu l ? CI

Un<: mithode "qui . br<:gc le trav.il . uquel eUe pn!aide".

bure. u .

Ja (onnul

gfn IT.Ic. i,:,"pi~o.

de 1'.lg~bre ct nOI.,,~~en t ~u c. kul

er CI conlrôler 1

0Ilv ,l & de ch.que "' SlneOI adm ,nlitrauf Srlce ,

24 1

Une

géométrie

solennelle

QueUe plus belle marque d'honn eur que de dispose r d'une place enviée dans la pompe des cortèges et des cérémonies? Une telle

lie u de véritable récompense: non pas les de niers mat é rielle . non pa s l a g râ ce d'un m é ri LC pe r so nn e l

peut

c hoisi r le te rm e le plu s flatt eur. Pour cela. to ut un sys tème d' indexation est mi s a u poi nt. S i Mie rang" indique la place que les

mais un tarif de comparaison. Une échelle de mesure où c hacu n

prérogative ti e nt d'une rétribution

représentants du pouvoir occupent panni les autorités et fonctionnaires

d'une cérémonie re li gieuse. les personn alités les plus importa ntes se

rejoignent dans le c hoeur. c t à défa ut d'espace , dans la nef mai s toujows dans l'ordre protocolaire. D'ailleurs. le nombre de stall es retenues es t précisé pour les présidents des cours et tribunaux, les procureurs ct les

la division et de la place, l'officier

supérie ur de gendarmerie.

préfecturc 24 . On s'en rend compte, une nouvelle fois: la médiation

spatiale s'a vère fo ndame ntale. En inscrivant les s ignes hiérarchiq ues dans la matérialité d'un jeu d'espace. c'cs t tout un o rdre soc ial qui es t

donné à voir. toute une représentation

principaux officie rs de l'état· major de

le doyen e t les membres du conseil de

du pouvoir qui s' impose .

du même

ordre, du même ministère ou d u même corps, "la préséance".

Ostentation réglée, l'ordre des préséances est également un

elle, fixe

la place re spective des fo nc tionnaires et des corps d'ordre

formidable

instrument de surve illance. Courbant des gé nérations

différents. Il s'agit, dans ce dernier cas. du droit de prendre place au devant de quelqu'un . de le précéde r dans une hié rarc hie protocolaire. U ne place d'honneur qui ouvre des droi ts: la cé rémonie ne commence que

lorsque l'aut orité occ upant la premiè re pl ace a pris séance; ce Ue autorité se retire la premiè re ; avant 1816, c'es t chez e ll e que sont co nvoqués les autre s fonctionnaires qui s'i nstallent el se reti rent dan s l'ordre prévu par les préséa nce s. De cet ordre hié rarchiqu e découlen t auss i le mode des in vitations. le lieu de réunion, 1:1 place dans la marc he. l'emplaceme nt dans l'église o u à table. le régime des visites Chaque occasio n so le nnelle en apporte l'expérie nce :

l'e mplacement inn ue directement sur la cons idération dont j ouÎssentles

"pouvoirs publics". Celu i qui occ upe un ran g

une position considérée com me

supériorité du côté droit sur le côté gauche. Un privilège de position

s ur une fil e

variable selon que l'o n es t assis

le s uns à la s uite des a utres ou au contraire les un s à cô té des autres. Dans trois places ju xtaposées. la place d' ho nneur est ce ll e du milieu, la

autres se

s upérie ur do it occ uper car plus e n vue. D'où la

plu s ho norab le

o u debout . que l'on march e

sec onde ce ll e de droite, la trois iè me. ce ll e de gauc he. les

entières au devoir de révérence, il organise "l'appre ntissage d'une

serv itude volo ntaire ". Le d éc ret organique du 24 mess ido r an XII e n

fixée e ntre les di sci pline . Un

principe de s urveillance qui e ntraîne ct s uppose un e subordination du

du

protocole: attacher à la relation de subordination ceux qui l'exercent autant que ce ux qui lui obéi sse nt. Toussaint en a décrit le mécanism e principaJ : "il y a dans c haque o rdre de fonction s une hiérarchie de grades qui parte nt tous d'un centre commun ; un is par ,des lie ns é tro its ct s ubordo nnés les uns aux autres. tous les membres de celle hiécarchi e

Ixmvoir s urve illé au pouvoir s urveillant 2s . C'est sall s dout e la force

dresse l'arc hitec ture. La correspondance hiérarchi que grades e t les fo nc tions établit un mode ingé nie ux de

se classent na turel lement e ntre e ux d'après la p lace qu' il s y occ upent ;

celui Qui co mmande marche ava nt ce lui qui reço it les ordres, le

s upéri eur avanl l'inférieur"26. Dès lors. lout était prêt pour la mi se en

pla ce d ' un e u.dminis tration verticalisée . hié rarchisée et

professionmilisée , ulle adminis\J'ation où chaque age nt a llai t s'asservir

but d 'asse rvir ses s ubord o n nés. d'inculcatio n, procédure de structura tion du monde

soi~mêm e dan s le

Opération

classant

selon la di stance de la place d'honneur en aJlcm an t de droite à

soc ial. le di spositif protocolaire institue. e nfin , une rela tion

gauche.

À tabl c. ce sont les places s ituées e n fa ce de 1:1 première qui

d'i nterdépendance : celle qui lie les fonctionnaires c t

dig nilaires du

correspondent aux places d'honneur, Dans la signature de textes

offi

ciels. la place d'honneur eSlla première en haut et à droite. Dans tou s les cas . la valeur attribuée détenn inc une s\J'ucturation

de

l'espace ca lqu ée s ur les relatio ns

de s ubordination. Un e géométrie

sole nnelle dont le tracé do it lOujows indicatio ns du minis tère de la Jus tice

fonc tionn aire ay ant r

sa p lace reste vide. Dans les cé rémo ni es pub liqu es, qu'elles soie nt

civ il es ou re li gie uses, les autorit és r e présentant l' Éta t ce ntral

(minis\J'es, conse ill e rs d'État) ou qui le ur sonl assimilées (c ardinaux.

grands o ffi ciers de la Ug iOll d'h o nneu r) se placent au cent rc du local:

en le ur abscnce, cet emplacement es t, encore, réservé. Lorsq u'il s'agit

i ndi v iduel ne s'es t pas rendu à un e invita tio n .

Confo rmé ment aux mai 1838. lorsqu'un

être préservé. e n da te d u 29

ang

242

lorsqu'un être préservé. e n da te d u 29 ang 242 ré.s ime au to

ré.s ime au to ut d ' un e co mmun auté é tatiqu e . Cc n'est pa s un hasard si l'Etat déti ent le monopole léga l de ces marques di stin ctives. Depui s

l'ordonnan ce

du 10 juillet 18 16, les mes ures de tout e nature ay ant le

caractère d'un ho mmage pub lic relèvent du pouvoir central. Chef d e bureau au ministère de l1ntérieur. Léon Morgand en rappelle la règle au

début de la m e Ré pub lique: "Le dro it de déceme r des témoignages de

24. Sur CCI di'po,itions ' p"' iolM. voir !'Mjclc "Prhéan= des lutulilh publiqu es"

M, Slock

p.r l'ayo "" , et I nCIcn .u diteu , au Cons.,il d'Et. t, Ch.rI

/)icrioMWiu

p . 1362.

T

nch. nt

d

rtdig~

(di,.),

op. ci'

25 . J . B.rtMl~mr' L~ ,6fe dl'

p"u"oi, uÜu.if du= I~s Ripubli qws

mO<krMs. P lriS , Gi . rd

et Briè

"

1906, p.

4

8.

26. G. ToullUin"

Code d~s prùJtlMtl

tl du

MII/IeU'S

ci.ils,

mililtlins.

II"CCluiasliqw. CI f

~~b,u. Po ris. Libtairie militaire J. Du"",i~. 1845, p. 10.

ma,ili",u,

243

reconnaissance publique est un attribut essentiel de 1'É1Itt. Nul ne peut se substituer à lui et n'a qualité pour parler en son nom~21. Autant di re que l'ordre protocolaire est juridiquement protégé. L'État en garantil la valeur en meuant ses bénéficiaires à l'abri de toute dévaluation comme de toute remise e n causc. Reste qu 'une fo is consignée par un décret. l'architecture des préséances n'est pas figée. Elle continue de faire l'objet d'i nterprétations qui sont autant de tematives. individuelles ou collectives, de reappropnalion.

Conquérir une place d'honneur

L' his toire des corps de l'élItt abonde en co nflits de préséa nces. Pour en rendre compte. les considérations psychologiques ont toujours élé pri vilégiées, Et d'abord par les intéressés eux-mêmes, L'~explication" qu'avance Andréani, chef de division à la préfecture dc.~ Alpes Maritimes, l'illustre, Pour lui, cene question loucherait "de trop près à la vanité humaine pour être examinée et résolue à la satisfaction de tous"28. Si les blessures narci ssiques ont leur importance, je voudrui in sister ici s ur des raisons proprement sociologiques. Après tout. Ic~ réactions du psychisme individuel. pour aveuglantes qu'elles soient, onl aussi une origine sociale. Elles ont leur ressort dans des principes de classement qui s'imposent à la conscience individuelle. Une décision récente le fait voir clairement. Le 20 septembre 1995, un décret est venu améliorer le rang protocolaire des magistrJts dans les cér é monies officielles. Réclamé à corps et à c ri depui s ln réfonne d e 1989, ce nouveau l exte consacre la noti o n d '~a ul o ril é

judiciaire~ e n l a faisant figurer e n tout es l e ltr es au l3e mll g du protocole républicain 29 La modifi c ation a son importan ce: grâ ce Il

de la 12e à la ge place,

deux ran gs (du 15 e au

l3 e ), les chefs de la cour d'appel remontent de la 30C à la 26C place.

gouverneur de la Banq ue de France

ceux du tribuna1. relégués derrière k!

eUe. les c hefs des cours d'appe l passent. à Paris. les magi s lr.llS de la Cour de Cassation gagne nt

ou le Directeur généra l de la Caisse des DépôtS, conquièrent, e ux, cinq places (35 e contre 4QC). En province aussi, le changement est notable. Les présidents ct proc ureurs des tribunaux de grande instance, rétrogradés au 22e f'J.Ilg derrière la totalité des élus du département e t de

. 27. L. Morgand, Dt l Iwmma,cl publjcs d&.rnb par I~~ a>rp~ atlminislr<llifs "u aU/ru,

Panl , Berser LeV"Ull, 1884, p. 4. S ur ce poinl, voir I Uli i D. de M. ilhol. Cath c/ficid ,lu

clrb

"nilll,

Plru, Lib

irio ~p6ciole. 1894. pAO.

28. C,,1k du honllt-u,," <lu prls~anct~. Nin , 1893 . p . 10 . C"U I le oenS de la fonnule cle

. une occa.ion de confllt•. t.e protocole

lui"" Simon: "I.e plUlocole tient le monde enli.r

ngf

""",eU. l'or ordm de pmoh nc

~Iquo mot, chique gellle, chlquo emplleement peUl êt

ve,Ue .ur toul cela; il

liofl il ~ 10000Ies o,."nu",·pmpra" , lA P. ri. Mars. mail ,) m." 1896.

29. lA M onde du 2 1 "'pt embre 1995 .

244

la région. les anciens combattants, les dignitaires de la Légion d'honneur et les membres du corps préfectoral, gagnent neuf rangs JO !--C nouveau d&:ret prend également e n eompte les rivalités entre jus tice Judiciaire et justice administrative: tandis que la réciprocité des visites est rétablie, les chefs de juridi ction ne sont plus derrière mais aux côtés des présidents de tribunal administratif et de cours administratives d'appe l. Ainsi. en donnant un meilleur rang aux juges, malgré l'o pposition résolue du Conseil d'État . le go uvernement a donné satisfaction à de pressantes revendications. "Les magistr,:lIs ne sont pas royalement payés. au moins qu'ils aient leur place" : la fonnule du représentant de l'Union syndicale des magistrats est révé latrice. Con forter le rang de la justice dans l'échelle des soixan te-trois corps de l'État. c'est l'élever en dignité. Cest lui accorder une rétribution

s ymbolique,

une gratification d'autant plus appréciée qu'elle intervie nl

p rès des désillusions sur le budg e t , le s tatut du parqu e t o u l'indépendance du corps. Le sens du pouvoir hiérarc hique doit donc être considéré non ~ partir d'un quelconque "besoin" de déférence ou d'ordre mais à partir des signes qui le désignent, ceux précisé ment que tentent de s'arroger les différents corps dans leurs rivalités incessantes. Autre précaution méthodologique. On a pu &:rire que "sans le protocole. toutes les réceptions offic ielles, toutes les occasions de rencontre entre personnalités politiques, culture lles. économiques et to us ceux qui "en sont" et qui "s'y croient" scraientl'OCC3sion de joutes inc essa ntes H)I. Or, l'histoire des différends protocolaires incite plutôt à

.';c ulOnir l'in verse . C'est parce qu'il existe de s règles de préséances que

des litiges sans

fin s'organisent, notamm e nt pour détcrminer la

prééminence de leI ou tel corps. Le contre-exemple des États-Unis est

éclairant. Nul con nit dans ce cas : le protocole n'y ex iste pas. Aucun ordre arrêté de préséances lors des cérémonies publiques: les deux

réce ptions m e n s uelle s

du pr és id e nt à La Mai son Blan c h e s ' e ff ect uent

sans invitation , ni faste quelconque 32 . Le prés ident de la République et

les fonc tionnaires civils ne di sposent pas de costume o fficiel. Mê me

JO. te d~ laumtenl ~n! pl r le déc"'l dt 19119, "ollnu n rnl d u roil dei ran gs au ignb 'u~

,nl':'~ ,lu C on .~ ,1 Su~n w r de Aud,ov

d'oul~

n!o.cl~on du SJ~ic~1 de la Magist

n<l UVU UJ . ven

la Com", ," ,,,,, n l ll. ml le I nf o rmal , q u e e l Libert k . : : U.dmini l .trU i o n et .m mili.t l i"" nOul pUII irnl

~ nez. C'fto,1 un "'gne d"" tempo, la JuoItce devena,1 un • • ""oe public lU même li t n: que

que

, le "" ,~",bI gnme-pop,er"" (C . Pemolel, prhident de l'U n ion . yndiçale du m a gi l l", lI ) Mnne

.I"'r la ttouo::he de F. Sott.l, Incien I U\:w.I;!UI : "Not re

r un pn!venu un

on

tic. ) au, t lt~ pc~u con:""" une

! tl

n!!

~I curnphm , memb~ 5 . de l C,!", il b ~O nomj !llH:5 el "",,;IU ~ ,

u; uel ou de humililtioro

l'Agricuhu

NDUI n'~; "". pl

de dU~

, ,,,icœ de l'ÉII~. din:ction . ae l'É<ju;pmtc n t ou de

tu

. " IOnIE en I Vln rn s un coup . Lo rs que Je demlIlda, .

med; m l lin, il "1 I V. il jam ai . d 'dfec1.ifl. Le pmel, lui, obten . il ç. qu'il voula;1 pour la COurse

I Ul pol;cie

c ydi l le clu coin" .

ibùa,ion. 14 .ocpltmh

I99 S.

l'. 199 1, "la

)

1.

32.

Lo.coumes , ""I.e protocole ou cont",enl .·~p . rgn er la IIO HI OS

polil

", AUIr~m~nr, 2

f~vrier

es", p. 119.

O'n~ l'admiration dOl< n!publi coi n. franç l i.

part;. vi l ile r le NoU>'uu· Mo nclc. Comme le

lion,. il

di\ l'un d' eul : -U, point d' e nseign es de

. "fri t que tOUI soi l noble el dfcent"·. An. Éliquenc, Lt ,r and LoraUlI~ du XIX~ liù l~ Plri l

, ,,,ilude, polnl d·lpk, de chlln", de d~co

IK66· f879,

p.

IOS8.

'

,

245

les correspondances administratives ne sont pas astreintes à la formul e

protocolaire. Dès lors, il faut s'en convaincre: ce qui a naturalisé ln

nécessité des préséances. ce n'est pas un énigmatique souci de "paix",

d'Mordre" ou de "clarté"n. Ces! plutôt l'action des différents corps pour marquer el prot éger leur positio n au sein de la hiérarchie

admini Slrali vc34.

La préséance ne se contente pas d'exprimer l'importance de teUe

ou telle [onction : c lic la cons titue. El . de fail. cette imponance n'est

souvent pas autre chose que la sole nnité à laquelle la préséance nous

de désacco rd s su r

permet de croire. D'où, au XIX e sièc le, 5e nombre

l'interprétation du décret de messidor: ks agents qui imposcnt la leur

fixent du même coup les bonncurs auxquels ils peuvent prétendre. Les

dossiers d'archives du département de l'Isère en offrent d'aill e urs un

aperçu éloquent. Avant l'a vènement de la me République, trois groupes, au moin s, sont à la pointe de cc type de conflit: le corps préfectoral, les maires ct les professions judiciaires.

Le corps prt[eclOral.

La place du préfet est marquée avant celle des fonctionnaires dont l'au tor ité s'exerce comme la sienne dans l'étendue d'un déparlement. C'est ainsi qu'il marche sur le mêm e rang que les présidents des cours d'assise. les maréchaux de camp, les évêques. e l à leur droite. Cependant, le pouvoir civil reste subordonné au pouvoir militaire: le préfet prend séance dans les cérémonies publiques à gauche. en face du général commandan t la division. Une situation propre à l'Empire pu isque sous la Révo lution, le décrel du 14 messidor an IX leur accordail la droite y compris face aux autorités militaires. Même siluation pour les sou s-préfets. Alors que la Révolution leur

• l'Empire les priva de toute

prérogali ve d'honneur. Au sous-pré fet de Vienne qui se plaignait de ne

l'Inté rieur rép liqua en janvier

1 806 : ~ I'arli cle 14 du titre 25 défend à tout fonctionnaire public

d'exiger d'autres honneurs que ceux qui leur soni attribués par cc

j)ls avoir assez ~d'égards". le ministre

avait fourni une place spéc ifique

3s

de

lnLlion n!cente de cel'e Iooc.u",. J . Sc,"",. M(l~1 p,(lliqu~ du p,o 'ocol~,

V"ry ·lc FnnÇo". LA"I uebuoe. 1965 ••p . 14 C". ou M. Pfrico.rd. Oui4 du protocol." /"u.r",~

tin m(JIT".1 <Lu 'lus I«".wc,

.

33.

P<:Iur u~e ill

·

l'_ri •• Ed. du Moni' eur, 19S9. p. 16.

34. A. P. Oaml esl amm~ par ce1te id~. qu'i] ",vendique même, lU<"«lu'i] "",scmble d_na un

'lue clu.que officier ou fonctionnai", mimai", a

mlm. v,!hme "les "'sles Inc,,,,,n •• e. """veU

le Clut ,n.t~l , connlit",". H.uu~iI dn dispos,tiolU relatives aIL"< IwM~urs <"

prÜ'oflul

mi ikli"'.' q"i on' ",,,J'pi I~

18 Omnin.l a n li tlablil que wul fonclionn.i", • • • .-çanl uno

lulonl6 e,vlle ou mlll•• ,,.,, de m&". que lou. membre d'un corps formant une au. ori ' 6 on' droil l

une pl a eo di,tinclo 10 " des ctn!mnniu publique •. La préfets ct ,0U5· prHet5, 1•• m l i_ le.

mc~b",. du Trlb~n.l Civil, le lieule na nt de gendarmerie ou 1 nIIUonolc peu ven. JOUir d. ceUe dis'inc'ion.

''''plTial du U

nJ~ sidor (Jn XII. P . ri ., Libniri. mililai

command.nta d. 1.0 8~nle

J . Dun

,n.,

1853. p. 6.

dkr~t

loi du

~S. ~,.'.icl. 47 . ~ •. la

246

dkr~t loi du ~S. ~, • .'.icl. 47 . ~ •. la 246 règ lcment"36 .

règ lcment"36 . Un avertissement en forme de désaveu, Car cc à quoi s'expose dès lors le fonctionnaire. c'est à perdre la face. Comme à Saint Marcellin où une inimitié personnelle l'oppose au ministre du culte. Re fusant toute concertation. le curé sc contente de convoquer le sous- préfet, avec les autres fonctionnaires, pour le jour et l'heure qu'il a

choisis. Au grand dam du soos-préfet

31

La situation des auditeurs -en mission~ du Conse il d'État est encore plus significative. Non contents d'être placés juste après les secrétaires généraux de prefecture dans J'ordre des préséances (décret du 1 ju in 1811). ils on t tenté de mellre à profit la co nfiance toute particulière que l'Empereur plaçait en eux. N'hési tan t pas à les appeler "ses hommes de confiance R , Napoléon, on le sait, en fit un emp loi important: dans l'administration des Ponts et Chaussées, dans les Douanes, à l'Enregistrement et à la direction générale de la conscription mais aussi dans les polders de Hollande ou, au delà des Alpes, dans les I)rovi nces annexées à la France. Utilisés, soit en qualité de sous-préfet.

so it co mme attachés à des Conseils de préfecture. ces fonctionnaires avaient une haute idtc de l'influence que pouvait avoir sur leur position le ur qualité d'Audileur38. Croyant y trouver un titre de prééminence sur les sous-préfets ordinaires. ils en prirent prétexte po ur re vendiquer une place à part dans le cérémonial d'Étut. Ou pour ne pas se servir dans leurs correspondances avec les préfet') des fonnules de déférence que t'usage ct les convenances leur faisaient pourtant un de vo ir d'employer.

De sorte que , ministre de l'Intérieur. le comte Montali vet dut intelvenir

du 21 mai 1812: "un sous-pré fet

4uel qu'il soil n'a dans l'Administration d'autre rang que celui de sous- l>féfet, tous entre eux sont égaux et si l'on pouvait y établir quelque différence e ll e serait en faveur des plus anciens~)\l. Estime personnelle. lignée. litre , mérite: désormais. ces ~qualilés~ n'avai e nt p l us de prise .

Nul ne pouvai l occuper une autre place que celle assignée par son corps

üaPJXll1enance.

I)ar une vigoureuse circulaire datée

36.

31. AD IK '" 54 M 1. Let!", _u p~fCI du 13 novembre ISI6.

AD b~r. 54 M 1. !.d.", du 30 janv ier l8Ofi.

38. CeUe "'quê•• !cnll il de ü",r pani d'une analogie avec II . itullion dCl con.eiUuI d-e•• •

"." mi,"ion"' ~ui. eux. IYlien. rang ct O<!ance di",ctemenl aprà les mini

lM. 11'.mpi,., ct 1•• '~~lleU,. d

,~,e Ica pn!fett corue,Hen d'État p",nnent d·.bord rang do con

l>or l'OrrJoolllncC du 28 novembre 1828. Rappclon. au•• i que !co MC",1 du 7 avril lS11 portail '

n!plni. e n trois cll ' .C "

15 0. le nomb", de ccs luditcu

nl m"ire" 611 icnl oltach~. au. minist~,.". ou Ou Conlcil d'êtal t a ndl f que 162 fUll'nt no,run~.

. "u ' · pn!fctl ou I u_chli•. , UI préfe.:'ur.,. Sur COlI " 8enl$ du Con"dl d'Etal, voir Lo<:~. Qu.lquu

,."

n

• • rvice

",•• les g",ndl omei

onnellemen. ni1!'

Un. ",

ure .boh.

di~ " en

de flOIT'

ri, inJ'

leur

L'Ernp"rcur IVIl! ",trne p"

iUer d·É

Parmi eux.

188

IUr

1.

COlI.ull d Etol ~on.s,dlTi dont UJ rapporlS "VIle lu ,y'l~n

l, Par ia, 1S31, p .

JO "'1.

>nt/i' /di on,

3\1. AD r.~"'. 54 M 1.

247

Les maires.

Dans l'ordre de préséances, le maire occ upe un rang indi viduel. Il marche après Je président du tribunal de comm erce e t ava nt le commandant de place. Lorsqu ' il remplit les fon c ti o ns du ministère

public, il siège à la droite du juge de paix; dans le conse il de fab rique ,

en revanche, il s iège à la gauc he et

Dernière indkatk>n : il préside toutes les cérémonies qui concerne nt au

premier chef la commune

très vile rend u in supportable

ce carcan. D'innombrables conflits en ont résulté, au premier chef, avec les curés ct desservants. A Chaix, ayant convoqué en chaire et sans concertation préalable les autorités civiles pour une cérémonie religieuse, le ministre du culte susc ita le méconte ntement de la municipali té; au point que le préfet dut intervenir pour rétablir le calme dans la commune"l. La ri valité concerne a uss i les o ffi ciers de la Grande arm ée. Le ma ire d 'un e autre com mune de l' Isère refuse ra de paraître dans les cérémo nies publiques à la s uite d'un différe nt avec le général de brigade. Lors de la céré mo nie du Te Deum chanté pour la

prise de Dantzig, l'o fficier préte ndait avoir le pas s ur lui quoiqu'i l ne fut

le

li eutenant en qua1ité d e major général d e la Légion. 11 f audra que le

pas le commandant du dé parteme nt : il ne faisait qu'ac co mpagner

municipa1lout au long du XIX e siècle a

. Toutefois, l'affirmation du pouvoir

le c uré à la dro ite du président .

40

ministre de l'Intérieur s'interpose pour que le maire entre dans ses

grades m il itaires mai s

seuleme nt aux fonctions militaires locales exercées en qualité de titulaire 42 .

droits: la préséance ne

pouvait être donnée a ux

Les professions judiciaires.

d'un droit de

préséance s ur les autres fon c ti on na ires civ il s et milit ai res. Un priv ilège

fu re nt dépo uillé avec l'Assemb lée constituante. Les corps

judiciaires n'ont pas été mi e ux traités par le décret de mess idor puisque relégués dans les profondeurs du tableau des honneurs. De sorte que

Jusqu 'en 1789. les COlllS de judi cat ur e ont bé n é fi c ié

dont elles

40. Sur

le

p

:u""le

municipa l , ~o;, Id. Ou'l

nel, LoiR

"'

niâl'

l~s

~, di"' ; oN>lJ;,'

WUUtiâpol, ' '''01, /JJIninisrr,,'if el de ""lia.

Iomc 2, Pari

,

o,ez 1·I" leUr, IU~, p. 432.

41 . AD l ù", S4 Id 1. Leu", du mal", au prtret du 19 octobre 1812.

ire

42. AD latre S4 Id l , Let lre du m in illre-de r"uf ri eu. r lU p d f et du 4 se p !e mb", 1 W6. A

propos d" mode de rfunÎon. il s·cot flcv6 darulla commune: de Be lurep aire , en octobre 11116, un

de la mon de Mlric·Antoinclle.

l'uuge vOkllail Que l'II"Ifo",.,.I;oo soit proplS&: lIOn de clisoe. lU coin dei !\ICI l<>Cllut wnf.,. ; 1.

nid de ~ ijlc tr onllll\c n iit ~glkm",,!I '&Y is pu vole

Un p mc6d6

incident rh~llteu,. Pou, annoncer lU public l'lIU\ivc

d'affoche lU de~on' de II h.Ue.

l'lIU\ivc d'affoche lU de~on' de II h.Ue. jug6 " ind 6::en'" pa, p lu.ieurs memb, ,.

jug6 " ind 6::en'" pa, p lu.ieurs memb,

,.

du con'cil de la commune. de l'hoapice, d. Il fobrique,

plr les officie

et milillo;""

demi- .o ld~ ou en

rel",ile. n.

u igelien l dho",.,. i .

dei ni.

Ind ividu cla

çommuniQu~1 PiT leU re.

D'o~ une

TelUfinition

de.

rêglc.

dc

l'i nvitatio n

:

individuelle ~r lei fonctianna;Te5 de 10 com mune . ccll.·ci dev a il ~'" .n';onc~c par lambou,

paur tout.,. 1

uI

P"

,

(officiers cl p.niculiero).

248

paur tout.,. 1 u I P" , (officiers cl p.niculiero). 248 sous la Resta uratio n,

sous la Resta uratio n, de no mbreuses protestations s'é levère nt pour que les magistrats aient une place plu s e nviable. A in s i , des proc ureurs

gé néraux près les cours royales, N'ayant point droit à un rang ou à des ho nneurs personnels, ils multiplière nt les philippiques contre l'autorité

mililaire, no ta mment en

d'autres: la corporation des avoués. Lorsque le tribunal de première instanc e prend rang. il n'es t pas accompagné des avocat s ct des" avoués.

les greffiers comme les huissiers font partie intégrante de ce corps

mais parce qu'ils ser vent d'escorte a u sorti r de l'ég li se

Tribunal se met en cort ège, derrière le mai re ct ava nt le consei l municipal. Cependant, l'usage s'est répandu que les membres du barreau ct de la corporation des avoués occupent la queue de cortège, cela en ve rtu d'un texte qui . avant l'an XII , les a utorisait à s'intercaler dan s les

cérémon ies avec un rang dé ter miné. C'est au no m de ce t usage qu'à Saint-Marcellin, avoca ts et avoués sc risquen t e n 186 1 à acco mpagllCf le Tribu na l. décalant d'auta nl le consei l m unicipal. Avec les réactions d'émo i q ue l'on pe ut ima g iner" 3. Lorsqu' il s'agit de se faire voir Cl de sc faire valo ir, l'in génios ité de certain es professions ne co nnaît auc une limite. Po ur tourner les disposition s peu favorables du décret de messidor, le ju ge de paix de la Côte Saint André proposa de créer deux lignes : à droite. le maire et ses adjoints; à gauche. le juge de paix et ses suppléants. Une manière de se placer au même rang que les édiles locaux. Mais le stratagème fut

dé noncé par le pré fet.

Non se ule meu tl'ordre des préséa nces n'admettait

pas les suppléants du juge de paix mais les autorités étaient tenues de fo nner le cort ège sur une seul e li g ne. Et, nul ne po uva it se so us traire à la hié rarc hi e qu'imposait la logique des préséances 44 . 11 va de soi que

ces exemplcs mérite raien t d'être réévalués à la lumière d'une enquête systé matique. En attendant . ils o nt un mérite: faire voir combien les con nits d'honneur s'attac he nt à tous les aspects des relations de face à face_ Tocqueville l'a noté: s'il n'y a rien au premier abord qui semble moi ns important que la forme ex térie ure d es action s humai nes. en même temps il n' y a rien à quoi les hommes all:lchenl plus de prix4~, En ces années où les conse illers de préfect ure revendiquent e ncore de po rter l' arme , où les autorit és se réunis se nt au domici le du

la

matière de rég ime de visites. Exem ple parmi

lorsque le

fo nc tio nn aire qui a

fonn ule n'a jamais é té plu s vrai e.

la préséance avan t de sc re ndre à l'ég li se 46 ,

43 . P ou r le pr~ct "ed tc pr étention tel;1 illldmi

 

L u

huiue Tf 1 10 rigueu r.

mlis les

av» uéo n'ont dro;1 l

un

""'g. Cc n ·e st [>II

une p

l ie du Tribu llll", AD lsère 54 M

1. Let!",

au

·pdffl

do S.int-Marcellin du 12 10QI ISGI.

44. AD II~"', S4 M l , Lettre du prHel'u mini.!", de ]"]ntüi~ur du 27 moi 180g.

45. A. 0. Toc:qu~"iUe, D~ la

CI XlV .

46.

Sur ce

Il

Uv i. 1990.

Hig gs.

r~tour des

p",ti,!ue.

arl.loc

li'!u

dans

1.

di",,,,,,,"'·c ." tt",jriq"e, ""ri. , O.llim . nt, 1961 , IOm~ 2, p. III

Frsnce pott_ révolutionna ire,

Noblcs . ,i,,". tl,is'QC''' 'u en F,a/lCc apù R 1<1 R~vol",;o" 1800 ·1870. ' ':o.ri l . Uan.

249

Agissant simultanément sur les personnes, les choses et les ac tions, les préséances forment une technique de gouvernement à part entière. Elles re lèvent d'un art de l'assujettissement mais sans ome ttre de prendre e n compte la subjectivité. Guizot s'en fit l'écho sous la

par des

forces extérieures à ses forces , par des machines établies à sa s urface mais qui n'ont poin t de raci nes dans ses entJailles et n'y puise nt poin t

le principe de le ur mou ve me nt "47. L 'o rdre moyens. Il doona le jour à ce qu'on peut

des positi ons de po uvoir". Si la di stin ction en forme le ressort fondamental , le droit administratif en cons titue le vocabu laire privi légié. Ne l'oublion s pas : dan s la prem ière moitié d u XI XC s iè cle. le droit public se conçoit comme une science 48 . Pour les publicistes. les lois admi ni stratives ont un cOle précis: déterminer les rapports des personnes avec l'État. "L'art de l' admin istra tion a pour but d'empêche r, dira Bonnin, que la chaîne de ces rapports ne vie nne à se rompre. e l que les règles qui en ci mentent l'harmonie ne so ient e nfreinl es"49. Dès Jo rs, re nfo rcer l'éc lat des corps constit ués c'est résoudre un problème crucial: c'est attacher chaque fonclionnaire à un point de vue à partir duquel il s'anéantit pour ne plus exister qu'à travers son action au servicc de l' État So En somme, gar.mtir l'autorité de la hiérarchie e n conjuguant son effi cacité à ce ll e de l'administra lion dans ses r appons avec l'universalité des c itoye ns,

des préséances fut l'un de ces appe ler un "art hi érarc hiqu e

Restauration: " il est vain,

écrit- il , de prétendre régir la société

LA

GRANDEUR

DE L'ÉTAT

Outre la différencia tion de l'appareil d'État e t la co nsolidatio n d 'un tthos bureaucra tique, la "sc ie nce protocolaire" re mplit une a utre fonction prim ordi ale. Les lo is s ur lesque lles s'appuie l'ord re des préséances . mai s plus largeme nt les honrtCurs que confère nt e mplois e t dignités. les principes de distinction e t de correspondance éta blis entre les grades: to ut es ces mises en fonne contribuent à objecliver la

47 . f .

Guizot, Du "'OJMS d~ l0 ri.u"", ,,, ~ nr ~ I d'opposilio"

Franc., Paris , l'Iognem:, 1821, p. 130.

dans

l'itat <l C lri

1 tk

la

48. Le. pagu du juriste et plmph.l~tlire J. - M. Connenin . ont pa nni 1", plu• ."thouaiast

A l'en croi~, ill"8 i ",it l ' "d'une ,c ience v ~ rit.b le et compl~t e" , Dr oi l adm;"i$lr"Ii/, l'Ioril ,

Pagtlerte-Tho~l, JS40, p. XUII .

49 . C.-J . Bonnin, p,j,. ci pel d'adm,'"is trali'M

nnk. p lu i tl ,d , LA. M.""", I, Cours d'"d",i",'slrlJ/;OI' ,b.ira l e, /NIl/840, 1840, P lri >, Iml,'rimerie l'andouckc, p. 13.

50. F l ut·1l le "' ppete, ,ee n'clt p" J'indi vidu qu, jouit de cene faveur moi. 1. fo nction qu'il

occupe. Sur Ce poin t, J . Saumur, Fl t., ., cI,lmo";.s. HOMea,s mUita;ru . l{o nU UrI ci vil, .

Duco ars d'Ori"'rlW"

Voi r IU~li, quelqu u

publiqlUl, P l ri A, R.n.~dière, 1812, p . XV.

I

1. j

R~ueil tUS dk'tlJl.d~ul"I,u el ù'$lruclions '.I"Ii/1 aux cirlmoniu tI mu: ho""e

Limollea, Il.C. LavllUelle, 1895, p. ] 2.

n,

Pari"

250

grandeur de J'État. Le protocole donne le cadre et trace les limites d'une

org anisation verticale des positions

ou

représentants élus , soit les uns des autres, soit des simples particuliers. les dés ignant par là-même au respec t stat utaire . D'où l'importance des ré férences qui légitiment cette vcrticalisation des positions de pouvoir.

de

pouvoir . Il di s tingue le s

"hommes en possession d'État- t

qu'ils soient fonctionnaires

La

république dans son

protocole

Les signes de majesté diffèrent selon le sc héma institut ion nel

dans lequel s'i nscrit l'ordre des préséances. C'es t a insi qu e lo rs de la

rév ision du

république

triomphante. la hi é rarchie des préséances civ iles e t m il itaires c hangea profondé men t de cootenu5 l . Dans le rappon qu'il adressa au président de

la République, Georges C léme nceau ra ppe lle les axes principaux de

celte réforme: substitue r au principe I,ropreme nt politique , de l'am pleur des

ac te des transfonnalions opérées par la Séparati on de l' Ég li se et de

l'État en 1905 en n'accordant plus de rang protocolaire aux

person nalités l'apa nage du

hon neurs dont "l'apparat et le formalism e" étaient jugés "i nconciliables

avec la s im plicit é du régime républicain " ; donn e r la prééminence a ux ho nneurs civ il s sur ceux militaire s; rése rver les ran gs les plu s

é mine nts

l'économie générale du décret. Mais ces conventions ne sont pas propriété d'essence de la République. Elles furent édictées à la fave ur de to ute une sé ri e de co nflits e t de s tratégies pour défendre o u promouvoir. inventer o u imposer de nouveaux privilèges de posiûon.

a ux autorités élues s ur ce ll es nommées Sl . Voilà pour

religieuses; s upprim er les dignités qui "cons tituaient sa ng, de la fortune o u d'une classe" ; proscrire les

général de territoriali té celui. attributions exercées ; prendre

protocole

de

1907. e n ple ine période de

Les procès-verbaux des séances de la commission in te rmini sté rielle chargée de la rédaction de ce protocole e n

5

1 .

A van t '1"" ce

d~j' i nterv e n de l'incident , cn

de Hlicien David. L'officier c01J\lJ\f.ndanl le ~uchcmcnt .' tI.it retiré avec:

il purement civi l . D' OÏl une: interpellation' la un projd de loi . ur 1ft hoooeura mililli re•. De:

,,,,

<1&""1 ne

au it ldopl~, plUlieu

!anoces.

nlcr

La pllll

modiflCltion. ~ t.ient

imporUn~ c~t lieu loIS

un ordre

,.

de

11

du jour mo tiv~

,la

1'0.-.1", des honn eurs ct des

pré

minlSlè re ,

p

1H76, d.,. obMqu

OC" tR>Upco< lorsq u ' i la pprit 'l.ue l 'en te=m m t

(ltambre q

Ma rcère. mini.l'" de l' lnU;rieuc. dûl pouc le r. i re pU,ler ' 0 o;I/;lIOlidlri

jumbo

~orlScien~t el l'tgo.]il~ deVint la 10'". Oblig~ de d6ni",ionner, il fui ,tml]ld par lul U Simon le 11 dkcm bn: 1816, Le prob]bn~ IC"," frnalemenl ~a1~ par un dlçret du 0 novembre J883 lU. le

la mlioon mortuaire; e ll portent ]es que le co"~.e e s t pl"~ clf l ei IroUpes

ne doivent p]U I figurer don . le . c~r~moni Cl re!igieU 8C1. Autre mod ifie l tion : l e dk",t

Icco rd a il une escorte d'honneur . u~ archc v~qu Cl e t lu~ hlquu. enlran t

de leu' to<ëeh&. Ce ne d i'pooilion fut

on a nn

d" 24 m .,., idor an Xl i

IKtu r ]1 prem!~", foi a _u .iè ge de leur archC\lhh~ ou

.h,u8~e pif M e rcI le 2a octobre .n::hv&ch& el ~vêch60.

i d~cidl le

dro ite c\~ri".lc:. U lu, l a "Iibert~ de

a10", dan.

]e piège de la p-uche qui vol.

,

1

troup "

ne le ",,,d e nl plu l qu'l

""t enk:v~ e t le re t ;renl

18 83

de

~

.

",~me que

oc rvice dCl pl a"",

. n"ea a u mo m ~~1 o~ le c0'P '

ICI

pOl t "" d'h onneur au~ portes

d u

52. J.O., Loi. et décrets . 16S, 2a juin 1901, p. 4274.

251

 

,

'

'

d'

n o rdre trOp é loigdans le

lé moignclll n , Les luit es de classement y appara issent au grand jour.

se rait

à cra in d r e qu e

1 aUrtb ui~~~ co~m e un e sorte d e d éc h éance " , ~1

Elles con sÎste nt pour les re présentan ts de s

diffé rent s corps i'l ma intenir

classement nouveau ne fu t co ns

 

é é al Mourl an membre

du C onseil

l'écart. la distance, le rang . cn un mot "les relalÎons o rdina les" qui

e u

l

à la ,resc~ u sse e g , ~ r

 

u

l e n e ' j u g e q

u e

par ce q u 'i~

définissent la hi érarch ie des pouvoi rs publics . Exemple : le prés ident de

de

bea u a p pe l er l'Or dr e d e la

Lég i on d Ho nn e ur ,

Le

ée la

c

on s id éra ti on qui lUI

la Commiss ion, le conse ille r d'État Vel-D urand, interv int pour

que son

v

o i t . il fa u l n o n se ul e m e nt conserver/~ " R i en

n' y fil. L'in s t i tuti o n

corps de rattac hement ne so it pas distin gué

Conse il

peut cl ne doi t sous aucun

d u Parlement : "le

e

s

t

du e

m a i s

a u g m e nt er

s~n pres I~~ nce co mm e s ur l es h o n neu r s

d'État co llabore à l'oeuvre lég islat ive. il ne

m

ili tai re deva

it s u b ir . e n , m~ li~re ? e P

 

'

st

a in s i

qu' a u

n o

m

d e

l a

prétexte être séparé du Parleme nt" . Ou encore pour que le numéro 7 des

rangs indi viduels so il réservé au vice -président du Conse il d'É ta t b ie n

qu' il n'ai! q ue le tille de vice-préside nt : "la vice-prés idence q u'il exerce

d'une façon presq ue pcnna nenle du Consei l en lan l qu'assemb lée

po litiq ue e l a d mini stra tive sc double e n eere t de la et qui n'appart ie nt q u'à lui du Conse il siégeant en

dire comm e plus ha ute juridiction de l'État N , L'un ct l'a utre so uha its seront adoptés, Le Conseil d'Éta l o btiendra le 3 e rang à ti tre de corps e t même le je à titre indi v idu el d u fa il de la di sparition des rangs pe rso nnels des cardin aux comme des maréc haux el am ira ux S4 , Mais d'autres corps eurent moi ns de chances, Ai nsi le Co nse il Supérieur de l'Ins truc tio n Publiq ue : e n dépit des rés istances véhémentes de

prés ide nce e ffec tive Cont ent ie ux c'es t-à-

M, Baye l. Directe ur de l'Enseig ne me nt Supérie ur, il perdi lt ro is ran gs , dé pa ssé par le Cons eil Su pé ri e ur d e la gue rre, celu i de la mari ne ct l'In stitut de France, Autre antagoni sme: dan s la séance du 24 mars

1903 , une lutt e faro uc he m it face à face les défen se urs des conse il s de

préfec ture e l ceux des co nse il s d'uni vers ité , A près un âpre dé ba l el un

vote serré, la préséan ce tant co nvo itée rev int Pour un tem ps se ule ment: aprè s réexam en du

c on se il d' uni vers ité fi nit p ar co nqué rir le 9C rang dan s Je co nseil de pré fecture dev ant se co n te n te r de la 13e

au conse il de pré fectu re , Co nseil d'État. en séance

de co nte nti e ux, le le s dé parte me n ts, pl ace,

A u tOlal, la grande perdanlC de ce vasle remaniement fut l'année ,

An ac hé à l'Éta t-major, le li e utenant-colone l Ve rrie r, eut

beau menace r :

"l'armée est nationale ct c Ue répond de la conservation

du territ oi re , Il

~

C ell e 'q ",! sen l an lS d u Sén.

co mon

iuÎ on

~J

,

, ' es l

""; u nie

d~

dtçemb r e

de i

il d É la i , d e 10 IVande ch.nec!! e ri.

P' , c,

I!KIJ , Ell e

fé~, ie T

r~u n

îl

de

l, de

Ugi on d b onneu. cl

la Ch a mbre d~. M I"' I U

de ci"'que: mini ' lère.

, du Co<uc

de

1.

Un d<>cumen ' de plu.;e u

cc nl. inu

prd e ' ", ,, e d e "" d ~ li boll'O t iolU : R lp uh/ i'i "" fr"","' s ~ . M

l'r JÜQIIUS, Melun, Imp rimerie . dm in i" "'ttv e, 1906 ,

d e m eu i,lo r donl Ja onin ute Ci l

dlpock .u~ Arc hi ve. n. ' ion. l"

7 69) , Indi ea !.i oo p.uieuoe puisqu'ell e r . it voi r 1"010 f u renl leo . rb i l ra ge . ,u,,!u et. il pm ctda ,

ln ill . len,,:n1 l'

t ra ;Ié comme: le sm . ! en co'l"'-' V . ni de f UI . u pp rim é l'" r J'Empereu r : Je Conocil d';' lal v iend "" ,

Ju th , ' / n/lr i eur , H O Meu rs ~ ,

in d e l'Em pe~r ( AF 1 V

. era"

-i ' 00'

ép

nil

.'>4, Qucl'JU<"

t

moIS dt. rapp d ici , lA forme pri m it i

"

corn!",n . de, . """""Ii

icle

1 d u Iii'"

10 ptivo y. it q~

d u dbo de Ja

1

e CO,," i l d'Éli.' en co rp'

. le S m . 1 m .il ''''' . nl la Cbamboe It ~ îJl .tivc (!.co Moni/eur,

Il mo n arcl1ie de Juillel un lri buna l adm lRi$l"l if '" u n _

va

,., d ~c rcl .l e j Uin 1907 c on fi

de

~ ,

f

Con'I i lu l io nn el rai

l

~

d

k .tnb re 1 80 8 ), JX VeII U 10 111

il ro"",, )t . tif deo mi n iSln: I , ce co rp.

ue '" les m. rkh .u~

cl le COrpll n ' i nl e rc al e

léliSbti f, l.co e C on s e l!

19 ' 8

l ' ordre <l eo ""'8" de ro<pf ,

en pren an t séanc e . prb les œ u x ch . m brco, Le ro'l'" d i pl om'I iq

d «

Arr« 1352, il , etlOUYe 1.

rm

Cc

I""j,i~m. plu:,

,a ll g .~ . n' q ue

. prh

c du i

l 1 n"" '~'U "",ule r l e Consei l d ' Ëlal dot

~

le

S én. 1

de

252

p ublics , des

c onsécr a tion d u po U VO lf CIVI .' f Ct drama tisé à J'extrême par le gé néral

rec uls

s~gn~h,~attfSPr3e~pri t le pas sur les o fliciers

u

géné ra ux_ U n re n ve rse me nt q UI Mourlan :

" "

les officiers généraux doivent rdre le r ang q u' ils oc c u p e nl

un

11. 1 Chambre des députés q UI , onl

s e

"S i la Corn ln l S$ lon d,~id;l~qu~

d éc h é aoce , q~ I l s

,

depUIS

u n

Of

. 11. l'armée ,

1

t~

s u b ir une

sans contestat ion

d é menti a u c hef d e l'

~

ol~è'"l P'

SI

c e,

d "O qu' e ll e inflige r a il

B

nt l e ur Ilf f cclÎon '"

: elle

pays, c

Il

c

Je

lat , a u Séln ,' eur es lm

to ujo ur s man l c s

m c ttrait

mé c onnaÎlfllil l es servI c e s r~n u S'II" P',ut p a s d i r c à l ' mm 6e e n q u i

à l a R

le pays a confiance qu leran, on va flut,' qUIs 1 on

s' ils ne m n lalen

, elle désire seule ment conserver VIS

fo rce de la nation, 1

l

rcu VCS qu'elle a données de

s ou c i de 10 s éc urité du

e n c o tltrlld lc li~n o v c c dlC

t

t

pas

Ân ubltqu e , , e descendre ne des généraux comme

~I'

ne

fa ut pas

1

3

t

urd'hui, L'armée esl la

a

u"

Elle ne demande n , e n,

d ' es populatio ns toule la

uJO'

dO °

Imm à '

,

VISCe n'est pas une ques tion

son dévouemen

'

0

°

,

considération ind ispensable à son ,ach Oll "

le"

de petite po lit ique ma is une q u es t IOn

n allOna

'

,

d

t affro nteme nt te na it

à

la

p ré f ets

dé fi niti o n du r é g un ,c des ,V ~SltC~, te: r arri vée, au x li eut e n a nt s g é n é r aux do nn a i e nt l a p~emtè~ v LSl t e ; -à - dir e a u x c o mman dan t s d'a rm ée e t d e

L ' un de s , en j e u x l,n~voués ec e \ec:é c r e t de m e ss id o r , l e s

des d e u x p re mi èr es c 1as.~ s, ces ~

t s

d es di v i s i o n s

t e rrit o ri a l es , I ls

corp s d'arm ée , et au x

c omm a

an

échaux de camp re mp lissant les

rec ev ai e nt , à y m ve r s e,

cc lI~ cs ,m~l e p r é fet qui

reç oi t la vi s it e

d e

s

mê me s fonc lJo ns, Après l

autorit és ml °1" ItalreS,

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a dro it

a u salut

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s des fête s et céré mo ni es

militai res ct mar ins de to us gra

p ubliques ,

l'accompagne et ,le recon UI , 1 po u vait être m an t fe s t ée avec P u s

l'autorité préfec torale , L a bureaucra le à Gabriel Hanoteaux ' à défaut

d~tat é l ai t parven u e a u som m et

o r mandée

officier

d'honne ur

'

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À t' é

s,

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v id e com nce, l' a ll égeance

d'éclat non plus que la

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un e

e sco r

de l'arm~e n e

suprémati e de

d e sa p ui ss a n ce , C~a n'éc~ al~~~~~~ratio n l u i se~ blait d 6~rm ais e n

d ' être ~ I'â m e d e la

fo rmer "le sq uelette o u P us,

r' J n c e, 1

e x a c t e m e nt e n co r e l'a rma tur e ; u ne

les

asttqu ~, ~t~~'de la vic, ct sans laquelle

é

r

déterminant

to uS

co mpliqu ée.,

mé c an iq ue

mouvements du co rps, fmsan t tous cs g

253

d'ailleurs. la vie de la soc iété ne serail apparemmen t qu'une tortueuse

,

impuissance"$S,

:

Un

autre enseignement peut êlre

retiré de

cette révision

protocolaire. cette fois plus général. Ainsi redéfini, J'ordre des préséances abolissait la singularité au profit de l'abstraction du concept. Dans le décret de messidor an Il, une place d'honneur é tait réservée aux

grands dignitaires (le. grand électeur, ('archichancclier de l'Empire.

l'archichancelier d'Étal, le con nétable) com me aux princes de sang el

.aux officiers détenteurs de leur charge. Autrement dit, le procès de

classification s'établissait encore sur la singularité d'un être ou d'un

nom propre. Dorénavant, le s signes traditionnels de la distinction

sociale se difféœncient du protocole d'Étal. Il s sc détachent de

l'inventaire légal cl standardisé. anonyme ct uniformisé, des positions d'autorité. Transfonnation fondarnellta1e, celle finaJ ement d'une société de l'honneur en une bureaucratie des honneurs.

impératif un iverse l de

confonnité. Ce qui entraîne une dissociation entre protocole et étiquette: si l'un régill'espace public, l'autre sc cantonne au domaine

privé. C'est celte séparation que les élites traditionnelles vo nt juger inacceptable. Car pour elles J'étiquette renvoie à une morale publique. Incorporée aux gestes de tous les jours 56 , elle se compose d'une foule de prescriptions qu'il convient de maîtriser sous peine d'êlre déclassé pour "manque d'usage". Un mode de vie dont l'existe nce justifie el le partage de la société ct la domination de celte classe imbue de manières qu'est la noblesse. On imagine dès lors les réactions provoquées par le

"relâcheme nt"

rastaquouérisme" é trutlié à cette redéfin ition des rapport s e ntre pub li c

et privé, 11 s'infi ltrait "par le s portes complaisantes qui trouvaient channant. original celte ignorance des co nvenances, ce manque absolu de correction poussant la candeur jusqu'à excuser la plus grande

inrraclÎon"S7,

En

1907, les préséances fixent

un

des

moeurs.

Pour

la

com tesse

de

Tramar.

"le

55. G. H onoteoux, O u c ItoU d',,~ ClUri/U, l'lori• . T.l.l.ondi~r, 1902, p. 270.

'd

ur",

56. "Eliqueuo il Ille bturiu ",icll SMie'Y tIr""" ,,'aund ,'/Self III " pral.ClilM "l";'UI

il ,',,, sclli.ld ","!rUI th. in/rusio" 0/ III. impe'li"""I. Ih. "80i/ll1 Iho,~ ablusc p."O/ll wh" ha.;III Il.ilhu ,,,1.111

1/0, delic"c~ "",uld N cOII,i/IU.'1y rhrus/Ôn, 11Io1/II,I.u imo rite s<xi." of """ /0 w/tom Ihti, prtsenc. m'enl (J'Dm Iht diff~'./ICC 0/ fulln t and habil) N offt/ll;.t ~,.J .""n i"<"I'Porlabl. ~,

Anonym~. l1ifllS on Etique". ~nd lire US"f.u 0/ Sod.'Y, LorodO"el, L<mgmo.ll, 1839, p. 12.

a sad/II

da", ""'Us /cl CÎrcOMlallcu rie

la vit . ",",.; V. Hn.rd, 1905, p. 527.